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Vivement l'Ecole!

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Pourquoi tant de haine contre l’école maternelle ?

18 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Maternelle

Pourquoi tant de haine contre l’école maternelle ?

La réforme des programmes de l’école maternelle vise notamment à multiplier les évaluations avant d’entrer au cours préparatoire, à coups de tests et de bilans de compétences.

Tribune. L’école maternelle bénéficie d’une image très positive et est appréciée de tous, comme l’atteste le fait que quasiment tous les enfants âgés de 3 ans et plus soient scolarisés, et cela depuis près de deux décennies, comme le notait en 2017 un rapport de l’Inspection générale. Malgré cela, le Conseil supérieur des programmes (CSP) vient de publier un document consternant appelé «Note d’analyse et de propositions sur les programmes de l’école maternelle». Il a pour visée de réformer l’école maternelle de façon à l’enfermer dans une seule de ses missions, celle de préparer au cours préparatoire, ou plus précisément aux tests d’entrée au cours préparatoire. C’est donc un changement d’identité de l’école maternelle qui se prépare.

La concomitance de deux événements qui, apparemment, n’ont rien à voir entre eux doit nous alerter : pile au moment où le Parlement examine une loi qui interdit l’instruction à domicile, le CSP publie un projet de refonte des programmes de l’école maternelle. Mais d’abord, pourquoi réformer l’école maternelle ? Le CSP est bien embarrassé pour répondre à cette question. Les auteurs de la note justifient la refonte des programmes par l’obligation d’instruction à partir de 3 ans inscrite dans la loi de 2019, puis par l’obligation de scolarisation qui va être votée. Mais eux-mêmes ne semblent pas croire à cet argument, d’autant que toutes les études montrent que ces mesures ne peuvent avoir d’incidence sur la fréquentation de l’école.

On se souvient qu’en 2019, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait tenté d’introduire dans sa mal nommée loi sur «l’école de la confiance», une mesure rendant obligatoire la scolarisation à partir de 3 ans afin que les municipalités soient obligées de financer l’école maternelle privée. Le Conseil constitutionnel avait retoqué cette mesure et le ministre avait dû se contenter du fait que la loi porte uniquement sur l’obligation d’instruction. Mais il n’allait pas en rester là : l’obligation de scolarisation réapparaît par le biais de l’article 21 du projet de loi «respect des principes de la République» (anciennement appelée loi sur le séparatisme) qui stipule : «l’instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou privés». Ainsi chassée par la porte, l’obligation de scolarisation revient par la fenêtre et est invoquée à point nommé pour justifier une refonte des programmes de l’école maternelle. Mais ce n’est qu’un prétexte. La refonte des programmes vise à satisfaire trois partis pris ministériels : concentrer l’enseignement sur les «fondamentaux» ; accélérer les apprentissages avec l’idée que cela ferait gagner des points dans les comparaisons internationales, piloter le système éducatif par l’évaluation.

A l’épreuve des tests

Le ton est donné par le mantra ministériel «lire, écrire, compter», (ou sa variante «lire, écrire, compter, respecter autrui») que les auteurs de la note psalmodient à intervalles réguliers. Mais que signifie «lire» ou «écrire» dans le texte du CSP ? On connaît la boutade d’Alfred Binet, le psychologue qui mit au point les premiers tests de QI, et qui, lorsqu’on lui demandait de définir l’intelligence, répondait : «c’est ce que mesure mon test», avec humour. Mais c’est sans humour que le CSP envisage la lecture uniquement sous l’angle des tests que passent désormais les élèves à l’entrée du cours préparatoire. De la riche palette des activités scolaires destinées à initier les enfants de maternelle au fonctionnement de l’écrit et à la culture de l’écrit, notamment grâce à la fréquentation de la littérature de jeunesse, il ne devrait donc subsister que les exercices qui visent à des apprentissages strictement techniques puisque ces derniers sont mesurés par les tests.

S’il est vrai que l’école maternelle prépare les élèves à entrer au cours préparatoire, est-il bien raisonnable de focaliser toute la scolarité en maternelle sur ce seul objectif, surtout si l’unique indicateur retenu est la réussite aux tests d’entrée au CP ? Les auteurs de la note en sont persuadés et ils fulminent contre les enfants de maternelle dont ils dressent un portrait calamiteux, quasiment haineux, parce que les résultats nationaux aux tests ne répondent pas à leur attente. Et au lieu de se demander si des tests auxquels l’ensemble des élèves échoue sont bien adaptés à leur âge, ils préfèrent croire que ce sont les élèves qui ne sont pas adaptés aux tests…

Les auteurs de la note ne se sont autorisés à consulter que trois chercheurs en grâce auprès du ministre et en ont interprété les propos, se privant ainsi des apports de la recherche en sociologie, linguistique de l’acquisition, didactique, etc. qui permettent de comprendre l’école maternelle. C’est dommage. Ils nous auraient épargné des remarques qui confinent souvent à l’absurde ou des propositions puisées dans le répertoire de l’école élémentaire, voire du collège, comme si cela pouvait hâter la croissance des petits de maternelle. Ils se seraient abstenus de se plaindre que les élèves de maternelle ne maîtrisent pas les marques des relations de cause et de conséquence, parce qu’ils auraient su qu’elles s’acquièrent plus tard. Ils auraient évité de préconiser aux maîtres de petite section d’exiger d’enfants de 3 ans qu’ils reformulent leur propos jusqu’à arriver à une forme correcte, car ils auraient su que le grand défi des enseignants de petite section est d’amener les enfants à oser prendre la parole en classe. Ils auraient évité de dire des élèves qui ne savent pas encore écrire qu’ils doivent tenir un «cahier de mots» comme on le fait à l’école élémentaire ou au collège…

Le bilan de compétences des enfants

Tous ceux qui connaissent l’école maternelle sont atterrés par cette note du CSP, qui s’attache à détruire toute l’expérience acquise par l’école maternelle à travers une attaque frontale contre un programme qui avait reçu l’assentiment de la communauté éducative. Cela pour satisfaire une frénésie évaluative qui trouve son point d’orgue dans la proposition de faire un bilan de compétences des enfants de 3 ans, lors de leur entrée en petite section. Pour terminer sur une note optimiste, on signalera qu’il reste malgré tout un passage à sauver de cette note du CSP, celui où est formulé le souhait que les enseignants bénéficient de plus de formation et que les effectifs des classes soient moins nombreux.

Sylvie Plane - professeure émérite de sciences du langage, ancienne vice-présidente du Conseil supérieur des programmes

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La start-up nation commence désormais en maternelle...

17 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Maternelle

La start-up nation commence désormais en maternelle...

EXTRAIT

Jeudi 10 décembre, mes collègues et moi étions très occupées à rattraper chez quelques jeunes élèves les effets d’une déscolarisation prolongée, lorsque nous avons eu connaissance d’une note émanant du CSP. Laquelle note formule des propositions pour une modification des programmes de maternelle.

Un changement de programme. Il ne manquait plus que cela pour achever une année qui nous a vu construire à marche forcée un enseignement à distance, puis un enseignement hybride au printemps, puis une grande reprise en main éducative au mois de septembre avec des enfants qui ont passé six mois loin de l’école. Nous commençons tout juste à pouvoir construire de nouveaux apprentissages, à trouver une organisation avec un protocole sanitaire qui semble enfin s’être stabilisé… Nous voilà sommées de nous projeter dans une nouvelle logique pédagogique. Je l’avoue, j’étais passablement irritée lorsque j’ai commencé la lecture des cinquante pages de la Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle (ça ne s’est pas amélioré par la suite).

Dans sa forme et son ton, le texte est un peu décousu. Après une introduction sur les « enjeux de la maternelle  » et un paragraphe sur le jeu, on trouve trois chapitres : un sur le langage, un sur les nombres, et un dernier sur les sciences.

UNE IMAGE NÉGATIVE DES ENSEIGNANTS ET DES ÉLÈVES

La première moitié du document adopte un ton plutôt blessant pour les enseignants, les élèves et les familles. Grâce à « l’instruction obligatoire à partir de 3 ans », l’école maternelle devient une « école à part entière », « une école de l’exigence et de l’ambition ». Je découvre qu’en travaillant en maternelle depuis douze ans, jusqu’ici, je n’étais pas enseignante « à part entière  ». Plus loin, on demande aux enseignants de « renoncer à parler bébé  », ils apprécieront. On est dans la veine de la communication du ministère depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer : nier l’expertise de l’enseignant, le traiter comme un exécutant.

Les élèves, eux, sont regardés sous l’angle de leurs déficits et non de leurs potentiels : « Nombre d’entre eux arrivent à l’école à l’âge de 3 ans en parlant un français très éloigné de celui qu’ils vont apprendre à lire et à écrire. Il s’agit d’abord d’une pauvreté de vocabulaire et de sa compréhension approximative ou erronée. »

À ce stade, il faut rassurer les familles : l’immense majorité des enfants de 3 ans possède toutes les capacités pour acquérir ces compétences au cours des années suivantes. En effet, si l’on prend les résultats de l’évaluation nationale de début de CP de 2019 fournis par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance ), 85,8 % des élèves réussissent l’épreuve « comprendre des textes à l’oral », 84% réussissent à l’épreuve « comprendre des phrases à l’oral » [1].

Les passages consacrés aux nombres et aux sciences ont un ton plus consensuel. Ils correspondent davantage à ce que j’attends d’un programme : décrire les processus d’apprentissage, proposer des démarches d’enseignement que l’on juge plus efficaces ou plus appropriées, mettre en garde contre des oublis ou des pratiques sources de malentendus chez l’élève, et enfin fixer des objectifs d’apprentissage.

Voilà pour la forme, et sur le fond, que dit-elle, cette note ?

(...)

Maëliss Rousseau

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Maternelle - « Quel nouveau programme ? », « Ah bon ? Qui a dit ça ?! », « C’est quoi cette histoire encore ? »

15 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Maternelle

Maternelle - « Quel nouveau programme ? », « Ah bon ? Qui a dit ça ?! », « C’est quoi cette histoire encore ? »

EXTRAIT

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a rendu publique une Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de la maternelle, le ministre de l’Éducation nationale lui ayant confié pour mission de se pencher sur ce niveau en 2020-2021. Cette note a provoqué beaucoup d’émoi chez les professeurs des écoles, en particulier ceux enseignant en maternelle : elle semble préfigurer des programmes centrés sur l’enseignement quasi exclusif des mathématiques et du français, et destinés à faire réussir aux élèves les tests passés à l’entrée en CP, plutôt qu’à leur faire apprendre ce qui leur sera nécessaire pour réussir au cours de leur scolarité.

« Quel nouveau programme ? », « Ah bon ? Qui a dit ça ?! », « C’est quoi cette histoire encore ? », « Ce n’est pas sûr encore… Si ? », « Encore ?! Ras le bol !  », « Mais faut vraiment qu’ils mettent leur grain de sel partout ! », « Et ça va servir à quoi de changer de programme ?  », « Et c’est encore le yo-yo ! Un coup c’est ci, et après ça, et maintenant re-ci, pfffff...  », «  Et c’est quoi le but ? »

Voici quelques réactions qui ont surgi quand j’ai demandé à mes collègues s’ils étaient informés qu’un nouveau programme pour l’école maternelle allait surgir du chapeau ministériel. Pour faire simple, la première réaction a été une surprise, parfois agacée, parfois teintée de lassitude blasée. Un orage, ça finit toujours par passer…

Mais, au fait, c’est quoi un programme ? Plus ou moins explicitement, un programme a deux visées. La première est de donner les grandes orientations, il recèle les buts sociopolitiques de ses créateurs. Par exemple, dans le programme 2015 était écrit « L’école maternelle est une école bienveillante, plus encore que les étapes ultérieures du parcours scolaire. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité. Elle s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser. En manifestant sa confiance à l’égard de chaque enfant, l’école maternelle l’engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et réussir sa scolarité et au-delà. »

Sont donc ici exprimés une visée émancipatrice dépassant le cadre scolaire (l’enfant y apprend à penser et agir par lui-même, à devenir un être singulier dans le collectif, la réussite visée n’étant pas seulement scolaire), ainsi que le postulat que tout enfant peut apprendre, quels que soient son origine, son milieu de vie, ses difficultés.

La deuxième visée d’un programme est de préciser ce que les enfants-élèves doivent apprendre en classe pour avancer avec réussite sur le chemin de l’école, et comment les enseignants doivent s’y prendre. Le fait par exemple d’indiquer que l’enfant apprend en jouant, en résolvant des problèmes, nécessite pour l’enseignant de maternelle de mettre en place des environnements et situations d’enseignement-apprentissage où l’enfant joue pour apprendre, où l’enfant résout des problèmes pour apprendre. Y sont également présentés, de façon plus précise, des gestes professionnels tel que « l’enseignant s’adresse aux enfants les plus jeunes avec un débit ralenti de parole » (programme de 2015).

 

(...)

 

Rachel Harent
Professeure des écoles dans le Finistère


À lire également sur notre site
L’École maternelle par celles et ceux qui la font vivre par Rachel Harent

« L’école maternelle, est une école à part entière, école première où l’on apprend ensemble ! », lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale

Jean, Sofiane, Shaïma et Pauline, avant-propos de notre n° 517 "Tout commence en maternelle", par Christophe Blanc et Valérie Neveu

La réussite pour tous en CP : oui, mais comment ? Par Claude Seibel

 

Suite et fin en cliquant ci-dessous

 

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Petit tour en maternelle... Ecrit en 2006... Les menaces évoquées sont en passe de devenir réalités...

11 Décembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Maternelle

Petit tour en maternelle... Ecrit en 2006... Les menaces évoquées sont en passe de devenir réalités...

« Depuis que je suis enseignante, je me suis très souvent remise en question » ; « Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes » ; J’adore inventer des situations nouvelles pour vois comment vont réagir les enfants » ; « Mes lectures ? Des livres de pédagogie, de linguistique, de psychologie de l’enfant, et pas seulement du Dolto… ».

Mais quel est ce Professeur d’Ecole qui s’exprime aussi librement, avec autant d’enthousiasme ? Certainement une « mordue » qui ne décrochera plus.

Oui mais seulement voila…C’est une veinarde : elle enseigne en maternelle, la section « chouchoute », l’univers clos, protégé, à l’écart des conflits et du démon de l’échec scolaire. En maternelle, ni examen, ni sanction. De plus, c’est la vitrine de la recherche pédagogique. Bref la maternelle est une oasis, un lieu d’expression et d’épanouissement épargné par les contraintes.

Coin-poupées, coin-cuisines, coin-livres…Des images aux couleurs vives accrochées partout aux murs…Un cochon d’Inde dans une cage, la mascotte des enfants…L’énorme calendrier où sont notés les anniversaires… En rouge et en gros caractères le dimanche... Des bouts de moquette de toutes les couleurs où l’on s’assoit pour lire, en puisant à pleines mains dans de grands paniers remplis de livres… Nathalie s’est mise à part ; elle prépare la cuisine des poupées… Tout à l’heure sera « le temps des mamans » où chacune d’elles viendra dans la classe chercher son enfant, en prenant tout le temps qui lui sera nécessaire… C’ est qu’elle a bien changé l’école maternelle. Hier on y exécutait les ordres au sifflet ; aujourd’hui elle est le salon de l’innovation pédagogique, enviée par le monde entier ! Lentement mais sûrement, la scolarisation des tout-petits (2 ans) progresse. Personne ne conteste plus les apports d’une école maternelle vivifiée par les recherches pédagogiques et par l’application de méthodes nouvelles :

-       elle permet de repérer très tôt les handicaps

-       elle offre de meilleures chances pour la réussite scolaire ultérieure

Il convient néanmoins de nuancer ces indiscutables réussites. L’école maternelle n’efface pas la tare indélébile du système éducatif, à savoir la reproduction des inégalités sociales. Le fils d’ouvrier/employé qui rentre à l’école à trois ans n’a guère d’espoir, statistiquement parlant, de mieux réussir sa scolarité primaire que son camarade fils de cadre, lequel ne l’aura pourtant rejoint qu’en CP. Et la créativité des professeurs d’école en maternelle n’est pas encore pour eux un passeport pour la réussite scolaire. Hélas !

A ce sujet, il est nécessaire de souligner que les professeurs d’école exerçant en maternelle pratiquent un militantisme pédagogique hors du commun. La liste des « charmes » de l’école maternelle, trop longs à énumérer, est le résultat de ces réflexions en commun, de ces permanentes remises en question, de l’ébullition pédagogique qui font envier notre école maternelle partout dans le monde :

-       Le dialogue parents/enseignants y est plus qu’encouragé. Les parents ont le droit d’entrer dans les classes, de s’attarder avec les autres parents et enseignants

-       Certains parents mettent la main à la pâte et participent à l’animation de l’école

-       Les heures d’accueil peuvent être modulées en fonction du rythme des enfants

-       La sonnerie est très souvent supprimée

-       Dans les écoles où sont scolarisés les « 2 ans », ceux-ci entrent après les « géants » de 5 ans afin d’éviter les bousculades

-       L’enfant est astreint au code collectif de vie mais il peut choisir ses activités, avancer à son rythme

-       L’enseignant est délivré de programmes imposés trop contraignants,  des carnets de notes et des devoirs

-       L’enseignant peut prendre son temps, observer, écouter et attendre tel ou tel bambin.

Mais les premiers sombres nuages commencent à s’accumuler au dessus de nos écoles maternelles. On a dit et répété aux parents qu’elles préparaient, qu’elles conditionnaient l’avenir scolaire des enfants. Désormais la maternelle est de plus en plus intégrée dans la stratégie scolaire. (En particulier dans les milieux aisés). Certains vont jusqu’à se persuader qu’intégrer le CP à 5 ans offrira plus de chances à leur progéniture pour « faire » Normale Sup. ou Polytechnique.  Les professeurs d’école maternelle font l’objet d’une cour (d’une pression ?) insistante de la part des parents qui souhaitent voir leur enfant savoir lire à 5 ans, voire 4. On veut désormais une maternelle performante, mieux organisée, bref qui « produise » des effets visibles rapidement. Et la maternelle se mue, peu à peu, en antichambre du CP. C’est une erreur formidable !  Mais elle résulte :

-       de la pression que d’aucuns font peser sur les parents par un discours lamentablement alarmiste et non dépourvu d’arrières pensées politiques.

-       d’une période incertaine où « avenir » rime souvent avec « chômage ».

Il est à craindre que d’autres demandes croissantes pesant sur cette école ne fassent voler en éclats ce qui assurait les belles heures de la maternelle :

-       la liberté pédagogique

-       l’inventivité et la prise en compte des innovations pédagogiques

-       l’absence de contraintes

-       la prise en compte du développement de l’enfant sanctionné par son évolution et par elle seule

Tout ce qui n’existe plus en élémentaire...

Christophe Chartreux

PS: M. Blanquer et sa réforme de la maternelle auront donc bientôt dépassé mes craintes...

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Réforme - "Maternelle : Mireille Brigaudiot : "On va vers des échecs considérables"

11 Décembre 2020 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Maternelle

Réforme - "Maternelle : Mireille Brigaudiot : "On va vers des échecs considérables"

EXTRAIT

" On va vers des échecs considérables en CP. Les enfants, surtout en REP, seront perdus devant le « charabia » des correspondances graphèmes – phonèmes le jour de la rentrée". Spécialiste de l'apprentissage du langage, Mireille Brigaudiot analyse la Note du CSP sur les nouveaux programmes de maternelle.

 

Voici les caractéristiques de ce texte :

 

L’opportunité : profiter de la scolarité obligatoire à 3 ans pour écrire un autre Programme.

Le but : imposer les documents Blanquer déjà en ligne (lecture et vocabulaire).

Les moyens : les approches scientifiques (il y en a 2, et seulement 2, celles de Dehaene et Bentolila).

Le style du texte : beaucoup de copier – coller, sans tenir compte des incohérences que cela entraîne souvent.

 

Les disparitions catastrophiques: l’évaluation positive et le Langage

 

 Sur l’évaluation des élèves, en 2015, le groupe de rédaction avait choisi de faire un pas de géant vers une école moins injuste : l’évaluation positive, définie comme les progrès d’un enfant par rapport à lui-même. Elle devenait le geste le plus professionnel qui soit. Elle supposait un maître, formé, ayant des connaissances développementales (scientifiques !) et des objectifs de fin de cycle clairs considérés comme noyaux durs pour un bon démarrage en CP. Tout ça a disparu de ce texte. Pour la formation, on remarquera qu’elle est évoquée par la seule phrase du texte au conditionnel : « il conviendrait de consacrer des heures de formation… ». Pour l’évaluation des élèves, on doit se reporter aux évaluations actuelles de début CP. Et comme on le sait, celles-ci ont fait apparaître un scandale : les enfants entrant au CP ne savent pas lire…

(...)

 

Mireille Brigaudiot

Maître de conférence en sciences du langage

 

A propos du guide Les mots de la maternelle

En maternelle, que faire de la circulaire de rentrée ?

 

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous. Et c'est TRES inquiétant!

 

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"Une note du CSP annonce un nouveau programme de maternelle"

10 Décembre 2020 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Maternelle

"Une note du CSP annonce un nouveau programme de maternelle"

EXTRAITS

Epargnée jusque là, l'école maternelle va elle aussi être profondément modifiée par JM Blanquer. Arguant de la scolarisation obligatoire dès 3 ans, le Conseil supérieur des programmes (CSP) définit un recadrage important du programme de maternelle. La nouvelle école maternelle sera celle des fondamentaux, des évaluations nationales (de le PS à la GS), des listes de vocabulaire et surtout de la préparation de l'évaluation de CP. Car l'école maternelle sera axée sur la préparation à l'entrée en CP. Alors que les programmes existants donnent toute satisfaction, le ministre fait plus qu'amener un nouveau programme. Il construit une véritable rupture dans la culture professionnelle des enseignants de maternelle.

(...)

Etablir les fondamentaux

Le premier objectif de la maternelle devient "permettre une entrée en CP réussie". " L’école maternelle acquiert un nouveau statut : elle devient une école à part entière, un lieu qui constitue le premier jalon de la scolarité. Il lui revient d’établir les fondements, éducatifs et pédagogiques, qui permettront aux enfants de bénéficier des meilleures conditions pour aborder, dès le cours préparatoire, l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter et respecter autrui". Il est précisé d'ailleurs que les enseignants devront "se conformer à des protocoles précis" pour enseigner en maternelle.

On ne trouvera donc dans la Note de définition du nouveau programme que pour le français, les maths et les sciences. Tout le reste disparait. L'école maternelle se recentre sur les fondamentaux.

Fabriquer des français

L'accent est mis sur le langage, ce qui n'est pas une nouveauté à l'école maternelle. Mais l'approche est toute autre. " Si le programme en vigueur affirme bien « la place primordiale du langage comme condition essentielle de la réussite de toutes et de tous », il ne met pas suffisamment l’accent sur la « langue », orale et écrite, comme premier moyen d’entrer dans les apprentissages et comme condition de la réussite scolaire".

Voilà la nouvelle présentation de l'apprentissage de la langue : " Le langage désigne une faculté d’expression et de communication qui recouvre diverses formes, mais aussi un immense défi de conceptualisation et d’énonciation que l’Homme a relevé. Ainsi, pour l’être humain, le langage remplit une fonction essentielle intimement liée au fait qu’il soit doué de pensée. C’est dans une langue déterminée que le langage réalise sa fonction proprement humaine... Cette langue est d’abord celle de son milieu familial, sa langue maternelle. À l’école maternelle, l’enfant apprend la langue française qui est la langue de la Nation, creuset commun qui lui est ouvert dès l’âge de 3 ans. Cette langue, facteur de cohésion nationale et de rayonnement culturel, constitue le socle de son identité en France et dans le monde". Car l'école maternelle a pour mission de fabriquer des Français.

(...)

François Jarraud

La Note

A lire intégralement en cliquant ci-dessous

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Maternelle : Un Forum pour penser l'école...

19 Novembre 2018 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Maternelle

Maternelle : Un Forum pour penser l'école...

EXTRAIT

Quelques semaines après une initiative nationale du ministre qui avait fortement remonté nombre de professionnel•e•s de la maternelle, l'idée d'organiser une proposition alternative, forcément plus modeste, mais ne lâchant rien sur la qualité de la réflexion et du débat autour de la maternelle a germé. Le 17 novembre, les associations et syndicats sont passés à l'acte. Articulant conférences de fond et ateliers de pratiques, le Forum de la maternelle a tenu ses promesses en faisant échanger les professionnel•e•s, notamment enseignant•e•s et ATSEM, et en nourrissant leurs expériences des mots de la recherche. En ces temps où la prise de parole de ceux qui travaillent semble de plus en plus refoulée par celle et ceux qui entendent leur prescrire ce qu'il y a à faire, l'initiative a séduit ceux et surtout celles qui avaient fait le voyage.

C. Passerieux : L'école maternelle est une école

Christine Passerieux doit contextualiser par une conférence introductive « ce qu’on fait à l’école maternelle ».  Tout au long de sa carrière elle a travaillé à l’articulation de la recherche, de la formation, et de l’enseignement. « Si la question des enjeux de l’école maternelle se pose avec une telle fréquence, c’est que les menaces qui pèsent sur elle ne sont pas nouvelles et présentent dans le temps des similitudes. Sa spécificité d’école est sans cesse remise en cause ». Elle cite à l’appui le rapport de France Stratégie publié au moment des Assises ministérielles, qui annonce la fin de l’école maternelle. « Les arguments sont toujours les mêmes : sous couvert de lutter contre l’échec scolaire, argument irréfutable, la manœuvre est de dissoudre l’école maternelle actuelle dans des dispositifs de petite enfance plus globaux, aux objectifs flous. « Les programmes de 2015 avaient été bien accueillis, malgré quelques ambiguïtés dans leur contenu, mais ils ont produit des interprétations différentes ». Le groupe d’experts qui les a écrits était en rupture forte avec ceux de 2008, mettant au cœur « la question de l’égalité de l’accès au savoir». Or depuis la parution de ces programmes, c'est la dimension sur la bienveillance, le jeu qui est mise en avant, même si le « tous capables » a été mis au fronton des programmes.

Christine Passerieux tient à revenir sur une analyse de fond du rôle de l'école dans le développement des petits élèves.  « Il y a plusieurs manières de regarder les différences entre enfants. On peut affirmer les talents individuels, dans une  conception innéiste du développement qui perdure, alors qu’elle est réfutée par les scientifiques. Cette naturalisation permet d’évacuer la question des inégalités, puisque chacun devient comptable de ses échecs et de ses réussites. Dans cette perspective on continue d'observer une convocation très forte de la vieille notion de « handicap socio-culturel», comme si par essence l’enfant des milieux populaires avait des manques. On se situe dans une promotion de l’individualisation, d’où découle une logique de compensations, de remédiations... Pourquoi ramener ces différences sur le plan de caractéristiques individuelles alors qu’on pourrait les penser en terme de différence de construction, de développement ? »

Elle invite à ne pas « enfermer les enfants dans des catégories, au motif que la manière dont on les met dans ces catégories a des effets », c’est aussi ça le pouvoir d’agir de l’enseignant•e. Questionnée au sujet des missions de l'école (« transmettre la culture, oui mais laquelle ? »), elle précise : il s’agit « d’inscrire les enfants dans une histoire, une manière d’être au monde. Les enfants les plus à distance de l’univers scolaire sont ceux qui restent le plus dépendants de l’expérience qu’ils vivent, sont en difficultés pour se défaire de la situation immédiate, pour mettre des mots sur les situations. La mise en retrait est nécessaire pour comprendre ce qui nous arrive et pour ne plus subir ». Certains enfants apprennent à la maison cette distanciation, et si l’on veut lutter contre les inégalités, « la mission centrale de l’école est de faire en sorte que les enfants construisent grâce à l'enseignement des outils, langagiers et disciplinaires, pour comprendre qu’il y a possibilité d’agir et transformer la situation dans laquelle ils se trouvent, pour ne plus être soumis à ce qui advient ». Pour elle, l’école doit être un lieu « d’ouverture et de découvertes ».

(...)

Lucie Gillet

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Scolarisation obligatoire dès 3 ans : Jupiter en maternelle...

28 Mars 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

https://femmes.orange.fr/people/news-people/article-emmanuel-macron-moque-par-des-eleves-de-maternelle-a-cause-de-ses-poils-CNT0000010Ol28.html

https://femmes.orange.fr/people/news-people/article-emmanuel-macron-moque-par-des-eleves-de-maternelle-a-cause-de-ses-poils-CNT0000010Ol28.html

EXTRAIT

La politique, cet art du symbole. Emmanuel Macron intervient très peu dans le débat éducatif mais, quand il le fait, c'est avec un sens aigu du retour sur investissement. Ce mardi 27 mars, en marge des Assises de la maternelle, qui se tiennent actuellement au Conservatoire national des arts et métiers, le président de la République s'est donc déplacé en compagnie du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans une école maternelle du 19e arrondissement de Paris.

Il s'agissait pour lui d'assister à un atelier de phonologie (l'étude des sons et de leurs correspondances alphabétiques) et surtout d'annoncer une mesure à très haut potentiel médiatique, en l'occurrence l'abaissement de l'âge de la scolarité obligatoire de 6 à 3 ans, et ce dès la rentrée 2019. Depuis 1959 et l'ordonnance Berthoin portant la fin de la scolarité à 16 ans, personne n'avait osé toucher au totem de l'obligation scolaire. C'est dire le niveau de disruption.

Faux problème

L'école obligatoire à 3 ans : dans les gros titres, cela sonne fort. Et cela sonne d'autant mieux aux oreilles du président que cela ne coûte – presque – rien au budget de l'Etat. Notre école maternelle passe à raison pour un joyau de la République et, à l'exception de quelques territoires d'outre-mer, le réseau d'établissements de l'Education nationale est accessible à l'ensemble de la population, scolarisant 97,6% des 3-6 ans.

Les seuls à y échapper sont les 30% de petits Guyanais, que Jean-Michel Blanquer, recteur à Cayenne de 2004 à 2006, n'a pas réussi davantage que ses prédécesseurs à scolariser (les Mahorais ne sont pas mieux lotis). Auxquels il faut ajouter – de manière plus marginale – les rejetons de bobos cévenols (ou parisiens !) avides de pédagogies alternatives, quelques enfants de primo-arrivants ne maîtrisant pas les codes de leur pays d'accueil, et la progéniture de familles traditionalistes chrétiennes et musulmanes soucieuses d'éduquer leurs enfants selon les préceptes de la Sainte Bible et du Saint Coran.

Faut-il le préciser : l'annonce présidentielle ne changera rien au sort de ces derniers. Car en France, ce n'est pas l'école, mais l'instruction qui est obligatoire, la liberté de l'enseignement étant protégée formellement par la Constitution. Autrement dit, les parents restent libres de scolariser leurs enfants où bon leur semble – à leur domicile notamment – pourvu qu'ils se soumettent au contrôle des inspecteurs de l'Education nationale. Un contrôle qui s'est toujours exercé de manière aléatoire, et dont on peut douter qu'il devienne plus exigeant à l'avenir.

Pour ce qui est des petits oubliés de l'océan Indien ou du fleuve Maroni, la question qui se pose par ailleurs n'est pas celle de l'obligation scolaire, mais bien celle des moyens. Le ministère en est conscient et souhaite porter le plus gros de ses efforts – soit 1.000 postes équivalents temps-plein d'ici 2019 – sur ce dossier. Mais déjà faudrait-il que les collectivités outre-marines, exsangues financièrement, construisent suffisamment d'écoles pour accueillir des milliers de nouveaux écoliers. Or, rien n'indique que ce sera le cas.

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Gurvan Le Guellec

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La maternelle est déjà au top, donnez-lui simplement les moyens de remplir ses missions... (+ vidéo... hilarante)

28 Mars 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

EXTRAITS

Mardi 27 mars, Emmanuel Macron a ouvert les Assises de la maternelle en annonçant l'abaissement à 3 ans de l'âge de la scolarité obligatoire. Une mesure symbolique, qui a éclipsé la nécessité d'accorder des ressources supplémentaires à cette école.

La mesure n'était pas au programme d’Emmanuel Macron et on ne sait pas depuis quand elle était prévue, seulement que la rumeur enflait depuis la veille: l’âge de début de l’obligation d’instruction change, elle sera désormais fixée à 3 ans.

Ce n’est pas tous les jours que nous assistons à une annonce de cette ampleur en éducation, et le Président de la République l’a annoncée en personne, le mardi 27 mars, avec toute la solennité qu’une telle déclaration peut inciter à adopter:

L'âge de la scolarisation obligatoire était fixée à 6 ans depuis… la loi Jules Ferry de 1882. Revenir dessus, c’est s’attaquer à un symbole très fort. Le Président n’a d'ailleurs pas manqué de rappeler le lien étroit et historique unissant la République à son école.

Consensus autour de la maternelle à 3 ans

Dans la vision des politiques, la République se construit «dans et par l’école» –une idée aujourd'hui très consensuelle, saluée entre autre par la CGT Éduc'action dans le communiqué publié juste après la déclaration élyséenne: «En annonçant ce mardi 27 mars, lors de ces Assises, la scolarisation obligatoire des élèves dès 3 ans, le président accède à une vieille revendication de la CGT Éduc’action. Nous reconnaissons que c’est un geste important pour travailler à l’égalité d’accès aux savoirs, aux connaissances et à la sociabilisation des tous les enfants vivant dans notre pays.»

L'idée de devoir scolariser les enfants à 3 ans a largement pénétré la société: 97% des enfants français en âge de fréquenter la maternelle y vont –même si ce chiffre cache des disparités, en particulier dans certains départements d’outre-mer. Pas de révolution scolaire donc, loin de là.

Ce matin du 27 mars, il ne s’agissait que d'un symbole; les questions pratiques ont d’ailleurs été laissées de côté. Celle de l’assiduité et du temps effectif de présence des enfants n’a pas été abordée: beaucoup d’élèves de petite section ne fréquentent pas la maternelle l’après-midi, dont une grande partie est consacrée à la sieste. Devront-ils désormais rester ou revenir après le déjeuner? Même si le ministre Blanquer a parlé d’une obligation similaire à celle qui vaut pour l'élémentaire, on peut parier que la mesure va donner lieu à des aménagements locaux et des tolérances, en fonction des établissements.

L’ouverture des Assises de la maternelle, qui fut le théâtre de cette annonce, ont permis de développer la vision du pouvoir politique pour la maternelle. Le Président et le ministre se sont exprimés, tout comme le psychiatre Boris Cyrulnik, organisateur de ces journées. Balayant les inquiétudes qui circulaient, le discours s’est voulu fédérateur.

L’école maternelle est essentielle aux apprentissages, a précisé Emmanuel Macron. Les enseignants en sont convaincus et les parents scolarisent tous leurs enfants; même s'il est toujours opportun de le dire et de l’entendre, difficile de trouver des contradicteurs. Si la maternelle avant 3 ans fait encore débat, la scolarisation à partir de cet âge ne rencontre pas d’opposition majeure. Les partisans de l’instruction à domicile ne sont pas plus nombreux pour les enfants de 3 ans que pour les années qui suivent.

Quelque 27.000 enfants seraient concernés par la nouvelle mesure –un chiffre assez faible, comparé aux douze millions d’élèves français. Mais elle permettra peut-être une homogénéisation des situations et de conforter le statut d’école «à part entière» de la maternelle.

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Maternelle, une lettre ouverte au ministre...

28 Mars 2018 , Rédigé par Snuipp - FSU Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

Maternelle, une lettre ouverte au ministre...

À l'initiative du SNUipp-FSU et à quelques jours des "assises", dix organisations du monde éducatif écrivent leur ambition pour l'école maternelle, une école première qui nécessite de vrais moyens et une formation de qualité

Lettre ouverte au ministre de l'éducation nationale

Paris le 24 mars 2018

à M. Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le ministre de l’Éducation,

Des assises de l’école maternelle sont organisées. Sans doute s’agit-il de faire un état des lieux de l’existant et présenter les leviers d’amélioration. C’est pourquoi, nous, représentants des personnels, de parents et d’associations qui constituons la communauté éducative, devons participer à la réflexion. Nous avons une analyse et un projet pour l’école maternelle qui repose sur les réalités de terrain. L’école n’est pas un sujet qui doit être traité dans l’entre soi mais qui doit prendre en compte les approches plurielles et être mis en débat avec celles et ceux qui la font vivre. Pour nous l’école maternelle, est une école à part entière, école première où l'on apprend ensemble !

L'école maternelle doit être une école bienveillante et exigeante. Souvent lieu de la première socialisation hors de la famille et lieu de la première rencontre des familles avec l'institution scolaire, elle est avant tout un milieu où l'on grandit en apprenant avec les autres... Les apprentissages y sont multiples et complexes, permettant le développement de chaque enfant. Les enseignantes et enseignants, les ATSEM, les AESH et l’ensemble des interventions des personnels qualifiés et experts prennent en compte les multiples dimensions du développement de l'enfant et mettent en place des modalités spécifiques d'apprentissage. Les enseignants s'assurent de la construction des savoirs par une évaluation des acquisitions fondée sur une observation continue et attentive des réussites et des progrès de chaque élève. Le langage, dont la place essentielle a été réaffirmée dans le programme de 2015, est à la fois le produit et la source de ces apprentissages. C'est bien à l'école maternelle que les élèves sont amenés à construire un nouveau rapport au langage, pour communiquer mais aussi parler et penser le monde. 

Les parents ne s'y trompent pas, ils manifestent à l'école maternelle soutien et confiance et y scolarisent massivement leurs enfants. Entre la crèche et l'école élémentaire, l'école maternelle doit prendre toute sa place et défendre sa spécificité. Pour cela elle doit offrir un cadre sécurisant à tous les enfants, leur renvoyer un regard positif, créer les conditions d'une égalité d'accès au savoir, permettre l'activité intellectuelle grâce à l'action et au langage pour élaborer leur pensée.

Le rôle de l’école maternelle est fondamental pour garantir la réussite de tous les élèves.

Tout au long du cycle 1 se construisent des savoir être et savoir-faire essentiels pour un développement harmonieux de chaque enfant et de ses capacités à entrer dans les apprentissages de l’école maternelle et de la suite de leur scolarité. L’école s’appuie sur le principe fondamental que tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser.

Des recherches nationales montrent la corrélation entre scolarisation précoce et réussite future. La scolarisation à 2 ans est un facteur de réussite notamment pour les enfants les plus éloignés de la culture scolaire. Mais cela suppose des adaptations matérielles et temporelles, des moyens et une pédagogie prenant en compte les besoins et le développement des très jeunes enfants. Les conditions d’accueil doivent donc répondre à ces exigences.

Gratuite, l'école maternelle bien que non obligatoire, exige une feuille de route ambitieuse. Elle a aussi besoin de stabilité pour confirmer son rôle essentiel dans la réussite de toutes et tous. Cela nécessite un investissement de l’état et des collectivités locales.

C'est en agissant sur les effectifs par classe, la formation de tous les personnels, l'aménagement des espaces et du temps, le maintien de contenus d'apprentissages exigeants dans tous les domaines, le développement de la relation aux familles, la présence effective des réseaux d'aide (RASED), la complémentarité des personnels que nous ferons grandir encore l'école maternelle.

C'est cette ambition partagée que nous souhaitons porter dans le cadre des assises de la maternelle.

Isabelle Racoffier, présidente de l’AGEEM
Roseline Prieur-Ndiaye, présidente du CRAP-Cahiers pédagogiques
Liliana Moyano, présidente de la FCPE
Isabelle Lardon, secrétaire du GFEN et Jacques Bernardin, président du GFEN
Agnès Joyeux, membre du CA collégial de l'ICEM-pédagogie Freinet
Claire Le Calonnec, secrétaire générale d’Interco-CFDT
Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT
Regis Metzger, Arnaud Malaisé, Francette Popineau, secrétaires généraux du SNUipp-FSU
Didier Bourgoin, secrétaire général du Snuter-FSU

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