Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

macron

Quand l'Afrique anglophone enterre la "Françafrique" face à un Emmanuel Macron soudain sans humour...

4 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Françafrique, #Macron

Et tout à coup, Monsieur le Président de la République ne fait plus du tout dans l'humour...

Deux phrases à retenir mais je laisse chacun écouter la totalité du discours du  President Akufo-Addo (en anglais). car il est là le discours fondateur de la fin de la Françafrique, décidée par l'Afrique et non imposée par la France!

"Il est temps que les africains cessent de conduire leurs politiques sur la base de ce que souhaitent l’UE ou la France";

"60 ans après les "indépendances", il est temps que les pays africains financent eux-mêmes leur éducation et leur santé. Sous ce rapport, il est urgent de rompre avec la mentalité d’assistés et de mendiants éternels."

On est très loin de la pantalonnade de Ouagadougou...

Ce discours, manifestement et visiblement fort mal vécu par un Emmanuel Macron plus habitué à donner des leçons qu'à en recevoir, n'a pas été très commenté par les habituel-lle-s "snipers" sévissant sur les réseaux dits "sociaux"...

Ni par les quelques médias si prompts à retransmettre les moindres faits et gestes d'un Président omniprésent.

Comme c'est bizarre...

Christophe Chartreux

Traduction du discours du Président du Ghana, Nana Akufo-Addo

« J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle.

Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l'aide des occidentaux, de l’Europe, de l’union européenne ou la France.

Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas !

Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes.

Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen.

Au stade où nous sommes, nous devions être capable de financer nous-mêmes nous besoins de base. Nous allons considérer les 60 années à venir comme une période de transition où nous pourrons être capable de voler de nos propres ailes.

Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

Cependant, malgré tout ce qu'il a subi, ce continent reste celui qui détient 30% de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin.

Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour trverser le Sahara et la Méditerranée. Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent. Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implantons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu'ils sont l’espoir, qu’il y a des opportunités ici en Afrique.

Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux. Ils sont aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le fait que les gens qui quittent chez eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie.

Aujourd’hui, vous n'entendez plus parler de cette immigration-là.

Les jeunes italiens et irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes africains restent aussi en Afrique (applaudissements). Pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assistés. Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France fera pour nous (La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, "tant mieux" comme on dira en Français).

Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders, des personnes responsables de leurs actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leurs propres intérêts.

Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle.

Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, c’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays.

Nous avons des ressources énormes sur ce continent. Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit, nous nous demanderons chaque fois "comment se fait-il que que la Corée [du Sud], Singapour, la Malaisie qui ont eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde?"

On nous a appris qu’à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée [du Sud]. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander)?

Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre part de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe.

Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays. Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assistés.

Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’africains et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.

J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement.

C’est pourquoi le slogan de mandat est : Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le président voilà la contribution que je peux apporter."

Nana Akufo-Addo

Lire la suite

Macron, coolitude du dominant...

4 Décembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Macron

Macron, coolitude du dominant...

Le chef de l’état en tournée en Afrique a fait rire des étudiants burkinabés aux dépens de leur président, Roch Kaboré. Bernard Kouchner a dû cesser de tutoyer l’humoriste Yassine Belattar sur un plateau télé. Les deux pensaient qu’un rapport de domination pouvait s’effacer de façon unilatérale.

Donc, il y eut un «clim-gate». Une mini-affaire, déjà oubliée quand le lecteur lira ces lignes, mais sur laquelle il est intéressant de revenir. Emmanuel Macron se trouve au cœur d’un échange en mode stand-up avec les étudiants burkinabés, à Ouagadougou. Le président burkinabé, Roch Kaboré, est à ses côtés sur scène. Les étudiants s’étant plaints d’un problème de climatisation, Macron leur répond qu’il ne lui appartient pas de régler les problèmes de clim à Ouagadougou. Ça, c’était l’époque du colonialisme. C’est fini. Grandissez un peu les enfants, je ne suis plus une puissance coloniale. Réglez vos problèmes de clim entre fiers décolonisés. A cet instant, le président du Burkina sort de scène. Macron, hilare : «Il est parti réparer la clim.» Rires dans la salle. Polémique immédiate : Kaboré s’est-il senti «humilié» ? (On apprendra le lendemain qu’il est seulement parti aux toilettes).

Dans l’instant, la conversation virtuelle nationale s’enflamme. Deux camps s’affrontent. Les anti-Macron jugent la blague raciste. Et les pro-Macron, au contraire, ripostent que ce qui est raciste, c’est de croire que les Africains ne sont pas capables de s’indigner tout seuls. Et justement - heureux hasard, relevé par les pro-Macron -, la presse burkinabée a adoré la visite de Macron. Donc la blague sur la clim n’était pas raciste. CQFD.

C’est d’ailleurs l’analyse livrée le lendemain par Emmanuel Macron lui-même, interrogé sur l’incident. «Ce sont eux, les paternalistes, car c’est considérer qu’on ne peut pas faire d’humour quand on parle avec un dirigeant africain. J’aurais fait de l’humour avec tout dirigeant européen avec qui j’ai cette relation. Je l’ai par exemple avec Jean-Claude Juncker. Ça dépend de la relation personnelle. Il se trouve qu’avec Roch Kaboré, nous nous entendons bien. Donc nous plaisantons et, d’ailleurs, ça ne vous aura pas échappé que ça l’a fait rire. Il y avait simplement l’énergie, la vitalité, la sincérité d’un moment et de son instantanéité.»

Et d’assurer que l’humour est la preuve, au contraire, d’un profond respect pour le président du Burkina Faso : «L’humour, c’est une relation d’égal à égal. C’est se dire qu’on peut plaisanter de soi et de l’autre. Il y aurait des sujets interdits en Afrique ? Il y aurait des vérités qu’on ne peut pas se dire ? On doit pouvoir se dire les choses de manière dépassionnée, et on doit aussi pouvoir plaisanter.» Traduisons : entre ex-colonisateur et ex-colonisé, on doit pouvoir rire ensemble. Etudiants burkinabés et président français, à nous de construire le monde de demain, finissons-en avec les coincés, les guindés, les cérémonieux. Soit dit en passant, on ne les savait pas copains à ce point, Macron et Kaboré. Ils doivent bien rigoler, dans les bilatérales.

Une innocente blague entre égaux ? C’est tentant. On aimerait y croire. On balance. Pour trancher, pourtant, il suffit d’imaginer une inversion des rôles. La blague «il est parti réparer la clim» est-elle imaginable de Macron, adressée à Trump ou Merkel ? De Kaboré, adressée à Macron ? Non. Question tranchée.

Comme en écho, quelques jours plus tard, c’est un autre moment de révélation d’asymétrie, qui fait le buzz. L’ex-ministre Bernard Kouchner et l’humoriste Yassine Belattar, «acteurs de la société civile», débattent sur un plateau de Léa Salamé de l’affaire Charlie -Mediapart. Soudain, le ton monte. Kouchner : «Je fais ce que je veux, mon gars.» Belattar : «Je ne vous appelle pas mon gars.» Kouchner : «Tu parles tout le temps.» Belattar, éberlué : «Mais pourquoi vous me tutoyez ?» Kouchner, dépité : «Pardon. Monsieur, vous parlez tout le temps.»

Dans les deux situations, éclate cette tranquillité du dominant, qui vit dans le rêve éveillé d’une relation d’égal à égal. Après tout, le président de la cinquième puissance mondiale ne consent-il pas à un échange décontracté avec les étudiants africains ? Après tout, l’ancien ministre, la légende vivante des «French doctors», ne consent-il pas à un échange d’égaux avec un (à ses yeux) wanabee Coluche ?

Dans ses rêves les plus fous, le dominant se rêve égal au dominé. Il ne réalise pas que le pouvoir de plaisanter sur son interlocuteur est… un pouvoir. Le pouvoir d’opter librement entre tutoiement et vouvoiement est un pouvoir. Le dominant est si imprégné, et si inconscient en même temps de son statut de dominant, qu’il imagine pouvoir à son gré en décréter l’abolition, dans l’universalité de la bonne humeur et de la décontraction. Il s’imagine le pouvoir inimaginable de décréter abolie la relation de domination. Mais celui-là, il ne l’a pas. C’est sans doute le seul.

Daniel Schneidermann

Lire la suite

A Lire... Le Néant et le politique - Critique de l’avènement Macron - Harold Bernat

26 Novembre 2017 , Rédigé par Rue89 Publié dans #Politique, #Macron

A Lire... Le Néant et le politique - Critique de l’avènement Macron - Harold Bernat

Dans l’avalanche d’essais consacrés à Macron – et certains poids lourds n’ont pas hésité à pondre leur petite lecture personnelle de l’irrésistible ascension de notre président, tels Jean- Noël Jeanneney (Le moment Macron) ou Régis Debray (Le Nouveau pouvoir), pour ne parler que des derniers arrivés sur les tables des libraires – le livre d’Harold Bernat va faire tache. Le titre déjà décoiffe : Le Néant et le politique, avec en sous-titre, Critique de l’avènement Macron (Editions l’Echappée).

(...)

Suite et fin à découvrir ci-dessous

Lire la suite

Macron: de la majesté au ridicule...

14 Octobre 2017 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Histoire, #Macron

Macron: de la majesté au ridicule...

EXTRAIT

Emmanuel Macron est-il un Président anormal ?

Il y a un an, le 16 octobre 2016, afin de se différencier de François Hollande, Emmanuel Macron se définissait comme « jupitérien » dans une interview au magazine Challenges :

« La France a besoin d’un Président jupitérien. Je ne crois pas au Président normal. Les Français n’attendent pas cela. »

Qu’en est-il un an plus tard ? Macron est-il un Président anormal ?

(...)

Macron s’affiche (...) aux côtés des autres leaders du moment, Poutine et Trump, invités en des lieux prestigieux et symboliques de la grandeur nationale : Versailles, les Champs-Élysées, les Invalides… Il parvient à s’emparer de tous les attributs du pouvoir, avec une rapidité et une efficacité aussi surprenantes que son élection.

Même la mise à l'écart du chef d'état-major des armées, en juillet 2017, parfois présentée comme un faux pas, inscrit Macron dans la hiérarchie traditionnelle : l’armée est au service du pouvoir politique, non l’inverse. Un empereur romain n’aurait pas agi différemment, si ce n’est que la mise à l’écart aurait été plus brutale encore.

Mais le flot de représentations du nouveau Président énerve parfois : n'en fait-il pas trop ?

Ne frise-t-il pas l’indécence ? En fait, il n’y a pas de grande différence entre le ridicule et la majesté, ni entre la démesure et le charisme, seulement une question de perception. À charge pour le chef de faire croire que le costume du sacre n'est pas un déguisement.

Il y a toujours eu quelques moqueurs pour trouver ridicule la perruque ou les chaussures à talons de Louis XIV, mais la majorité des hommes, comme l’écrivait Machiavel dans Le Prince, ne jugent que sur l’apparence.

Les qualités exceptionnelles du chef

Le numéro de L’Express du 4 au 10 octobre 2017 est en grande partie consacré à l’examen des qualités hors norme d’Emmanuel Macron. On y apprend que le président ne dort que quatre heures par nuit ; le reste du temps (soit 20 heures sur 24), il travaille ! Un scientifique explique que cette capacité n’est pas donnée à tout le monde, mais à seulement 1 % de la population. « Ils doivent cette particularité à leurs gènes », explique le professeur. Une sorte de storytelling laissant entendre que Macron était prédestiné à devenir chef ?

Quelques pages plus loin, le lecteur découvre les qualités, intellectuelles cette fois, de Macron, brillant jeune homme, repéré à 22 ans par le grand philosophe Paul Ricœur qui l’engage alors comme assistant. Des capacités exceptionnelles et un destin exceptionnel…

Le chef n’est pas vu comme un homme normal. On attend de lui une habileté et des qualités censées le distinguer des autres. Xénophon, chef militaire et penseur grec, écrivait, dans la Cyropédie :

« Un chef et un simple soldat ne sont pas affectés de la même façon par les mêmes fatigues. »

Exactement ce que suggère l’éditorial de L’Express à propos du Président Macron.

Christian-Georges Schwentzel, Professeur d'histoire ancienne, Université de Lorraine

Christian-Georges Schwentzel a publié « La Fabrique des Chefs, d’Akhenaton à Donald Trump », éditions Vendémiaire.

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Macron, quelle histoire?...

11 Octobre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Histoire, #Politique, #Macron

https://iai.tv/video/the-eureka-moment

https://iai.tv/video/the-eureka-moment

EXTRAIT

Pour Jean-Noël Jeanneney, le Président serait le fils spirituel de Saint-Simon et de Waldeck-Rousseau. A condition de se souvenir de la leçon d’Alain : celui qui annonce dépasser le clivage droite-gauche appartient à la droite.

Qui résoudra l’énigme Macron ? Depuis l’avènement de cet homme mystère, chauve-souris politique, mi-droite mi-gauche, mi-philosophe mi-banquier, mi-sauveur mi-hâbleur, mi-ange mi-démon, les excellences de la République des lettres se sont lancées sur toutes sortes de pistes, plus ou moins baroques. Historien, ancien secrétaire d’Etat, homme de radio autant que de livres, Jean-Noël Jeanneney se lance à son tour dans l’exercice. Il y apporte sa double sensibilité d’érudit du passé et de passionné du présent, lui qui anime depuis dix-huit ans l’émission de France Culture Concordance des temps, consacrée à la comparaison des événements d’aujourd’hui avec leurs précédents d’hier. De sa plume ductile, il passe en revue les précurseurs possibles du macronisme, tout en étudiant, avec minutie, le rapport du nouveau président avec l’ancienne histoire.

(...)

Dans cet esprit, le sort d’En marche s’apparente à celui de ces centristes plus ou moins flamboyants, Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber et quelques autres, qui voulaient se situer au juste milieu pour ensuite se retrouver juste au milieu de gouvernements de droite. Voilà une «concordance des temps» que Jean-Noël Jeanneney pourrait ajouter à son élégante généalogie du macronisme…

Laurent Joffrin

Chronique à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Coolitude officielle...

19 Septembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Macron

Coolitude officielle...

La rentrée, et probablement une chute de popularité sévère, a quelque peu modifié la communication présidentielle ces derniers jours.

Passons aux choses sérieuses : la douche. Monsieur le Président, comment allez-vous vous doucher ? En bras de chemise et cravate, Emmanuel Macron se tient devant un micro. La nuit est tombée sur l’île de Saint-Martin, où il a décidé au dernier moment de dormir, à la gendarmerie. Il entame son énième point presse. Face à lui, Hugo Clément, un des reporters impertinents de l’émission Quotidien (TMC-TF1). «Monsieur le Président, je discutais tout à l’heure avec un Saint-Martinois qui voulait vous poser une question mais qui n’osait pas. Vous savez qu’il n’y a pas d’eau potable ici. Il se demandait comment vous allez vous doucher ce soir. Est-ce que vous allez faire comme les habitants ici, dans un bac avec de l’eau récupérée avec la pluie ?» Macron : «Je vais faire comme les habitants, puisque je serai avec eux ce soir.» Applaudissements (la caméra se tourne alors vers la petite assistance des applaudissants). On apprendra quelques jours plus tard qu’il a en fait dormi dans le vrai lit de la vraie maison d’un gendarme.

Voici encore quinze jours à peine, Emmanuel Macron en tenait pour la fameuse stratégie de communication jupitérienne. Jupiter ne descend pas parmi les mortels. Jupiter ne répond pas aux questions des journalistes, ces inaptes à saisir la complexité de la pensée présidentielle. Jupiter ne désire être suivi, interrogé, que par des spécialistes pointus, qui poseront des questions sérieuses. Et voici donc que Jupiter répond à une question pointue sur la nature de l’eau qui lavera l’épiderme présidentiel. Qu’il informe l’univers que le président de la cinquième puissance mondiale va dormir sur un lit de camp. Jupiter ne précise pas si les toilettes du bivouac seront européennes ou à la turque, mais c’est tout juste.

Depuis quelques jours, le sol des sondages se dérobant sous ses pas, Jupiter a dégringolé de son Olympe. Il fraie grave avec les mortels, les fainéants, les illettrés, les rien du tout, les encore moins que rien, qui composent son peuple bien aimé. Ici, au cours d’un bain de foule, il répond longuement à une question d’un militant de l’association Droit au logement (et envoie aussitôt la vidéo sur son compte Twitter, avec cette légende, sobre et souveraine : «Un militant me pose une question sur les APL. J’y réponds»). Là, il répond (encore) à une autre question sur son usage de l’insulte «fainéant». Regrette-t-il d’avoir traité de fainéants les opposants à la réforme du travail ? Non, il ne regrette pas. Il ne manquerait plus que Jupiter regrette. Plus loin, il est interpellé par un adolescent en larmes, qui le remercie de le rendre «fier d’être français». A Saint-Martin encore, il s’attarde avec une habitante qui se présente elle-même comme «une chieuse».

Au fil des jours, on dirait qu’il y prend goût, qu’il s’enhardit. Il plonge dans le peuple, sans tri apparent (pas de naïveté, sa protection rapprochée le fait pour lui). Tout fait ventre, tout fait buzz. On imagine la cellule de com de l’Elysée archivant les fichiers des séquences buzz, et chargée d’inventer des mots-clés. Le gamin qui pleure. La chieuse. La douche. Fainéants 1. Fainéants 2. Fainéants 3.

Aucun tri ? Hum. En y regardant de plus près, dans la tribu des journalistes, c’est toujours aux mêmes, que Jupiter répond à la (fausse) volée, comme il se prêtait avant son élection aux fausses paparazzades de Match. Pas n’importe lesquels : les journalistes de l’émission Quotidien, diffusée sur TMC, filiale de TF1 (Bouygues). La douche ? Quotidien. Le retour sur les fainéants ? Quotidien encore. A priori, on pourrait conclure qu’il a choisi la difficulté. Dans le jeu des sept familles des journalistes (les carpettes, les investigateurs, les spécialistes pointus, etc.), ceux de l’émission Quotidien sont classés «les impertinents». Ceux qui posent les questions que les citoyens n’osent pas poser.

Difficile ou pas, en tout cas c’est habile. Par la grâce de quelques réponses, voici l’émission sacrée interlocuteur privilégié du Président, et voilà la parole présidentielle «greenwashée» par ce summum de l’impertinence télé. La coolitude de Macron déteint sur Barthès, celle de Barthès déteint sur Macron. Comme son photographe attitré, Pete Souza, avait fabriqué l’image d’un Obama cool, Barthès est promu fournisseur officiel de coolitude à l’Elysée. C’est un marché gagnant-gagnant, comme on dirait en macronie.

Daniel Schneidermann

Lire la suite

Coluche - Sois fainéant ou conseil à un nourisson...

17 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron, #Faineant

Lire la suite

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

3 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Macron

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

Depuis deux mois, le microcosme s'étonnait, pour ne pas dire s'inquiétait en constatant que le président n'avait toujours pas nommé de collaborateur chargé de suivre les questions éducatives. Fallait-il y voir un désamour soudain pour le "combat premier" de sa campagne ? Ou l'influence occulte de la certifiée de lettres Brigitte Trogneux, qualifiée de meilleur ex-prof de France par Jean-Michel Blanquer dans une philippique énamourée ?

(...)

Gurvan Le Guellec

L'article complet est à lire ci-dessous. Vous y découvrirez le nom de l'heureux "élu"...

Lire la suite

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire. Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros. Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens. Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe : "Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération). 

"Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante. 

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"? 

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase : « L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. » Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres :

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National. 

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues - alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort. Sinon:

l'économie aura pris le pas sur la raison;

l'esprit d'entreprise triomphera de toute sagesse;

la rentabilité sera, même à l'école, partout la norme;

l'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure;

la bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées !

Christophe Chartreux

Publié également ci-dessous

Lire la suite

"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

30 Juillet 2017 , Rédigé par Là-bas si j'y suis Publié dans #Politique, #Macron

"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

Voici la transcription de l’émission "La guerre des idées" du 18 juillet 2017 : « Macron ou la tentation autoritaire ». Un entretien d’Aude LANCELIN avec Juan BRANCO, l’avocat français du fondateur de Wikileaks, Julian Assange. A lire et à relire à tête reposée.

Extrait

(...)

AL : Il y a toujours eu des forces capitalistiques derrière les candidats, des intérêts oligarchiques même. On pense évidemment au précédent Nicolas Sarkozy. Mais qu’est-ce qui fait la spécificité de Macron à vos yeux ? Effectivement, on sent que ce n’est pas tout à fait la même chose. A cet égard, certains ont pu aller jusqu’à invoquer un coup d’Etat démocratique, un putsch du CAC 40. Ce type de scénario qui n’a rien à voir avec le complotisme, qui naît simplement d’une analyse des forces en présence complètement légitimes. Qu’est-ce qui fait cette différence dans le ressenti ?

JB : C’est un être qui s’est constitué politiquement à travers les réseaux d’influence, c’est la grande différence avec Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac. Jacques Chirac, par exemple, a une position un peu plus ambiguë, mais quand même. C’est quelqu’un qui va se mettre au service de l’Etat pour le bien ou pour le mal, et qui va avoir un parcours sacrificiel de rapport au politique, avec toutes les jouissances que peut apporter le politique, mais dans lequel il va tenir une ligne d’engagement qui est la sienne, qui est plus ou moins corrompue, tout ce qu’on pourra penser. Mais qui va faire qu’il va passer par toutes les étapes de l’élection, de la mise au service d’autres hommes politiques, du gouvernement, de la constitution d’un parti, de la prise de pouvoir de ce parti, pour arriver à terme à s’imposer comme une figure qui puisse revendiquer sa légitimité politique dans l’exercice du pouvoir. Macron arrive à ce pouvoir porté par des forces qui sont étrangères au politique, c’est-à-dire étrangères au bien commun. En effet, quoi qu’on pense de Chirac et des modalités de son exercice du pouvoir, ce sont des forces qui à la base sont servies par rapport aux citoyens et à la constitution politique dans le sens démocratie libérale le plus classique du terme. Au contraire, Macron est quelqu’un qui va sauter toutes ces étapes pour s’imposer d’en haut dans l’espace politique à travers cette campagne-éclair, après avoir été nommé ministre de l’Economie, après avoir été secrétaire général de l’Elysée, sans fonction élective. C’est-à-dire qu’il va créer une tension qui va faire que sa légitimité, et du coup sa fidélité, ne tient pas tant au peuple, qui a été utilisé pour valider sa mise sur le trône, pour lui donner une onction, qu’aux forces qui l’ont propulsé jusque-là. La force du parcours de Macron c’est l’ENA, c’est Rothschild, c’est le réseau de la technocratie, les réseaux d’affaires qui vont le porter jusque-là. Ce n’est pas un rapport au politique, ce n’est pas un rapport au peuple, ce n’est pas un rapport à l’élection qui vont fonder son pouvoir. Nicolas Sarkozy, certes, devient maire de Neuilly pour constituer un réseau avec tout l’affairisme neuilléen et après avoir rencontré toutes ces personnes qu’il va marier et qui vont lui permettre d’accélérer son parcours, de permettre à cette personne très banale de devenir président de la République. Mais avec toujours principalement cette idée d’élection. C’est-à-dire d’abord cette légitimation par le rapport au populaire, le rapport au politique, le rapport pour finir au service de l’Etat. Là, au contraire, on puise de l’Etat immédiatement, pour ensuite, utiliser cette puissance accumulée et la déverser à travers les réseaux médiatiques, oligarchiques, etc. sur le peuple et s’imposer à lui. Il y a un vrai rapport d’imposition à la France, d’imposition au peuple chez Macron. Dans la façon dont il agit il y a une grande cohérence. Que ce soit au Louvre ou dans tout ce qu’il a déployé depuis, il y a une grande volonté de mise en scène de son autorité qui vise à écraser l’autre – non pas tant l’opposition, ce n’est pas intéressant, mais la France tout simplement – et qui s’explique par cette trajectoire venue d’en haut. Et là, pour moi, il y a une vraie rupture parce que c’est une création de ces milieux-là. A partir de là, il ne peut rien leur opposer, il en fait parfaitement partie. Il est là pour défendre complètement leurs intérêts parce qu’il les considère comme légitimes. Il n’a pas de rapport au peuple.

AL : C’est un fondé de pouvoir d’une certaine façon.

JB : L’élection présidentielle ne résout rien à ça. La façon dont elle a été menée fait qu’il n’y a pas de rapport organique qui se crée. On est sur une vraie distinction qui, encore une fois, ressemble un peu à ce qui est arrivé à Poutine au début de son mandat ; avec toutes les différences qui existent qui font que Poutine arrive là pour combler un vide (en l’occurrence c’était Eltsine, on pourrait comparer Eltsine et Hollande). Cette sorte de chose où on met quelqu’un là pour sauver la France, où ça n’allait plus, où on était en pleine dérive avec un incompétent, etc. Et enfin on a un soulagement parce qu’on a quelqu’un qui a une certaine autorité, une certaine prestance, qui va s’imposer là sans être vraiment passé vraiment par une quelconque initiation. Je pense qu’il y a quelque chose qui a été ressenti par beaucoup de personnes : quand on le voit remonter les Champs-Elysées sur cet appareil militaire, j’ai l’impression qu’il y a peu de personnes (en tout cas je ne l’ai pas ressenti) qui aient senti une forme de sens à ce geste, toute sa symbolique. Vous voyez Chirac, vous voyez Mitterrand, y compris Sarkozy, vous voyez un destin qui s’accomplit, qui après vingt, trente, quarante ans, finit par arriver là et du coup porte en lui un rapport au politique très déployé. Là, on voit quelqu’un qui a pris ce pouvoir comme ça, sans que personne comprenne trop comment ça s’est fait, et qui ne charrie rien derrière lui – si ce n’est ses discours managériaux sur l’excellence, la qualité, mais on pourrait placer n’importe qui à cette place-là. Sans que toute la fonction d’incarnation que le pouvoir politique doit porter soit existante.

AL : Le nombre de gardes républicains ce jour-là sur les Champs-Elysées était inversement proportionnel au nombre de passants agglutinés pour le voir.

JB : Oui, il y a un besoin de surinvestissement de ces espaces-là, parce qu’on sent qu’il n’y a rien derrière. La seule façon qu’a Macron de compenser tout ça, c’est par la force, par une forme d’autoritarisme marqué qui va écraser toute contestation qui, naturellement, pourrait dire : mais qui est ce type, qu’est-ce qu’il fait là, d’où sort-il, comment se fait-il qu’on l’ait placé dans cet espace-là ?

(...)

Propos recueillis par Aude Lancelin

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 > >>