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Vivement l'Ecole!

Articles avec #macron tag

Coolitude officielle...

19 Septembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Macron

Coolitude officielle...

La rentrée, et probablement une chute de popularité sévère, a quelque peu modifié la communication présidentielle ces derniers jours.

Passons aux choses sérieuses : la douche. Monsieur le Président, comment allez-vous vous doucher ? En bras de chemise et cravate, Emmanuel Macron se tient devant un micro. La nuit est tombée sur l’île de Saint-Martin, où il a décidé au dernier moment de dormir, à la gendarmerie. Il entame son énième point presse. Face à lui, Hugo Clément, un des reporters impertinents de l’émission Quotidien (TMC-TF1). «Monsieur le Président, je discutais tout à l’heure avec un Saint-Martinois qui voulait vous poser une question mais qui n’osait pas. Vous savez qu’il n’y a pas d’eau potable ici. Il se demandait comment vous allez vous doucher ce soir. Est-ce que vous allez faire comme les habitants ici, dans un bac avec de l’eau récupérée avec la pluie ?» Macron : «Je vais faire comme les habitants, puisque je serai avec eux ce soir.» Applaudissements (la caméra se tourne alors vers la petite assistance des applaudissants). On apprendra quelques jours plus tard qu’il a en fait dormi dans le vrai lit de la vraie maison d’un gendarme.

Voici encore quinze jours à peine, Emmanuel Macron en tenait pour la fameuse stratégie de communication jupitérienne. Jupiter ne descend pas parmi les mortels. Jupiter ne répond pas aux questions des journalistes, ces inaptes à saisir la complexité de la pensée présidentielle. Jupiter ne désire être suivi, interrogé, que par des spécialistes pointus, qui poseront des questions sérieuses. Et voici donc que Jupiter répond à une question pointue sur la nature de l’eau qui lavera l’épiderme présidentiel. Qu’il informe l’univers que le président de la cinquième puissance mondiale va dormir sur un lit de camp. Jupiter ne précise pas si les toilettes du bivouac seront européennes ou à la turque, mais c’est tout juste.

Depuis quelques jours, le sol des sondages se dérobant sous ses pas, Jupiter a dégringolé de son Olympe. Il fraie grave avec les mortels, les fainéants, les illettrés, les rien du tout, les encore moins que rien, qui composent son peuple bien aimé. Ici, au cours d’un bain de foule, il répond longuement à une question d’un militant de l’association Droit au logement (et envoie aussitôt la vidéo sur son compte Twitter, avec cette légende, sobre et souveraine : «Un militant me pose une question sur les APL. J’y réponds»). Là, il répond (encore) à une autre question sur son usage de l’insulte «fainéant». Regrette-t-il d’avoir traité de fainéants les opposants à la réforme du travail ? Non, il ne regrette pas. Il ne manquerait plus que Jupiter regrette. Plus loin, il est interpellé par un adolescent en larmes, qui le remercie de le rendre «fier d’être français». A Saint-Martin encore, il s’attarde avec une habitante qui se présente elle-même comme «une chieuse».

Au fil des jours, on dirait qu’il y prend goût, qu’il s’enhardit. Il plonge dans le peuple, sans tri apparent (pas de naïveté, sa protection rapprochée le fait pour lui). Tout fait ventre, tout fait buzz. On imagine la cellule de com de l’Elysée archivant les fichiers des séquences buzz, et chargée d’inventer des mots-clés. Le gamin qui pleure. La chieuse. La douche. Fainéants 1. Fainéants 2. Fainéants 3.

Aucun tri ? Hum. En y regardant de plus près, dans la tribu des journalistes, c’est toujours aux mêmes, que Jupiter répond à la (fausse) volée, comme il se prêtait avant son élection aux fausses paparazzades de Match. Pas n’importe lesquels : les journalistes de l’émission Quotidien, diffusée sur TMC, filiale de TF1 (Bouygues). La douche ? Quotidien. Le retour sur les fainéants ? Quotidien encore. A priori, on pourrait conclure qu’il a choisi la difficulté. Dans le jeu des sept familles des journalistes (les carpettes, les investigateurs, les spécialistes pointus, etc.), ceux de l’émission Quotidien sont classés «les impertinents». Ceux qui posent les questions que les citoyens n’osent pas poser.

Difficile ou pas, en tout cas c’est habile. Par la grâce de quelques réponses, voici l’émission sacrée interlocuteur privilégié du Président, et voilà la parole présidentielle «greenwashée» par ce summum de l’impertinence télé. La coolitude de Macron déteint sur Barthès, celle de Barthès déteint sur Macron. Comme son photographe attitré, Pete Souza, avait fabriqué l’image d’un Obama cool, Barthès est promu fournisseur officiel de coolitude à l’Elysée. C’est un marché gagnant-gagnant, comme on dirait en macronie.

Daniel Schneidermann

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Coluche - Sois fainéant ou conseil à un nourisson...

17 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron, #Faineant

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On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

3 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Macron

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

Depuis deux mois, le microcosme s'étonnait, pour ne pas dire s'inquiétait en constatant que le président n'avait toujours pas nommé de collaborateur chargé de suivre les questions éducatives. Fallait-il y voir un désamour soudain pour le "combat premier" de sa campagne ? Ou l'influence occulte de la certifiée de lettres Brigitte Trogneux, qualifiée de meilleur ex-prof de France par Jean-Michel Blanquer dans une philippique énamourée ?

(...)

Gurvan Le Guellec

L'article complet est à lire ci-dessous. Vous y découvrirez le nom de l'heureux "élu"...

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Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire. Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros. Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens. Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe : "Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération). 

"Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante. 

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"? 

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase : « L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. » Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres :

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National. 

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues - alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort. Sinon:

l'économie aura pris le pas sur la raison;

l'esprit d'entreprise triomphera de toute sagesse;

la rentabilité sera, même à l'école, partout la norme;

l'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure;

la bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées !

Christophe Chartreux

Publié également ci-dessous

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"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

30 Juillet 2017 , Rédigé par Là-bas si j'y suis Publié dans #Politique, #Macron

"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

Voici la transcription de l’émission "La guerre des idées" du 18 juillet 2017 : « Macron ou la tentation autoritaire ». Un entretien d’Aude LANCELIN avec Juan BRANCO, l’avocat français du fondateur de Wikileaks, Julian Assange. A lire et à relire à tête reposée.

Extrait

(...)

AL : Il y a toujours eu des forces capitalistiques derrière les candidats, des intérêts oligarchiques même. On pense évidemment au précédent Nicolas Sarkozy. Mais qu’est-ce qui fait la spécificité de Macron à vos yeux ? Effectivement, on sent que ce n’est pas tout à fait la même chose. A cet égard, certains ont pu aller jusqu’à invoquer un coup d’Etat démocratique, un putsch du CAC 40. Ce type de scénario qui n’a rien à voir avec le complotisme, qui naît simplement d’une analyse des forces en présence complètement légitimes. Qu’est-ce qui fait cette différence dans le ressenti ?

JB : C’est un être qui s’est constitué politiquement à travers les réseaux d’influence, c’est la grande différence avec Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac. Jacques Chirac, par exemple, a une position un peu plus ambiguë, mais quand même. C’est quelqu’un qui va se mettre au service de l’Etat pour le bien ou pour le mal, et qui va avoir un parcours sacrificiel de rapport au politique, avec toutes les jouissances que peut apporter le politique, mais dans lequel il va tenir une ligne d’engagement qui est la sienne, qui est plus ou moins corrompue, tout ce qu’on pourra penser. Mais qui va faire qu’il va passer par toutes les étapes de l’élection, de la mise au service d’autres hommes politiques, du gouvernement, de la constitution d’un parti, de la prise de pouvoir de ce parti, pour arriver à terme à s’imposer comme une figure qui puisse revendiquer sa légitimité politique dans l’exercice du pouvoir. Macron arrive à ce pouvoir porté par des forces qui sont étrangères au politique, c’est-à-dire étrangères au bien commun. En effet, quoi qu’on pense de Chirac et des modalités de son exercice du pouvoir, ce sont des forces qui à la base sont servies par rapport aux citoyens et à la constitution politique dans le sens démocratie libérale le plus classique du terme. Au contraire, Macron est quelqu’un qui va sauter toutes ces étapes pour s’imposer d’en haut dans l’espace politique à travers cette campagne-éclair, après avoir été nommé ministre de l’Economie, après avoir été secrétaire général de l’Elysée, sans fonction élective. C’est-à-dire qu’il va créer une tension qui va faire que sa légitimité, et du coup sa fidélité, ne tient pas tant au peuple, qui a été utilisé pour valider sa mise sur le trône, pour lui donner une onction, qu’aux forces qui l’ont propulsé jusque-là. La force du parcours de Macron c’est l’ENA, c’est Rothschild, c’est le réseau de la technocratie, les réseaux d’affaires qui vont le porter jusque-là. Ce n’est pas un rapport au politique, ce n’est pas un rapport au peuple, ce n’est pas un rapport à l’élection qui vont fonder son pouvoir. Nicolas Sarkozy, certes, devient maire de Neuilly pour constituer un réseau avec tout l’affairisme neuilléen et après avoir rencontré toutes ces personnes qu’il va marier et qui vont lui permettre d’accélérer son parcours, de permettre à cette personne très banale de devenir président de la République. Mais avec toujours principalement cette idée d’élection. C’est-à-dire d’abord cette légitimation par le rapport au populaire, le rapport au politique, le rapport pour finir au service de l’Etat. Là, au contraire, on puise de l’Etat immédiatement, pour ensuite, utiliser cette puissance accumulée et la déverser à travers les réseaux médiatiques, oligarchiques, etc. sur le peuple et s’imposer à lui. Il y a un vrai rapport d’imposition à la France, d’imposition au peuple chez Macron. Dans la façon dont il agit il y a une grande cohérence. Que ce soit au Louvre ou dans tout ce qu’il a déployé depuis, il y a une grande volonté de mise en scène de son autorité qui vise à écraser l’autre – non pas tant l’opposition, ce n’est pas intéressant, mais la France tout simplement – et qui s’explique par cette trajectoire venue d’en haut. Et là, pour moi, il y a une vraie rupture parce que c’est une création de ces milieux-là. A partir de là, il ne peut rien leur opposer, il en fait parfaitement partie. Il est là pour défendre complètement leurs intérêts parce qu’il les considère comme légitimes. Il n’a pas de rapport au peuple.

AL : C’est un fondé de pouvoir d’une certaine façon.

JB : L’élection présidentielle ne résout rien à ça. La façon dont elle a été menée fait qu’il n’y a pas de rapport organique qui se crée. On est sur une vraie distinction qui, encore une fois, ressemble un peu à ce qui est arrivé à Poutine au début de son mandat ; avec toutes les différences qui existent qui font que Poutine arrive là pour combler un vide (en l’occurrence c’était Eltsine, on pourrait comparer Eltsine et Hollande). Cette sorte de chose où on met quelqu’un là pour sauver la France, où ça n’allait plus, où on était en pleine dérive avec un incompétent, etc. Et enfin on a un soulagement parce qu’on a quelqu’un qui a une certaine autorité, une certaine prestance, qui va s’imposer là sans être vraiment passé vraiment par une quelconque initiation. Je pense qu’il y a quelque chose qui a été ressenti par beaucoup de personnes : quand on le voit remonter les Champs-Elysées sur cet appareil militaire, j’ai l’impression qu’il y a peu de personnes (en tout cas je ne l’ai pas ressenti) qui aient senti une forme de sens à ce geste, toute sa symbolique. Vous voyez Chirac, vous voyez Mitterrand, y compris Sarkozy, vous voyez un destin qui s’accomplit, qui après vingt, trente, quarante ans, finit par arriver là et du coup porte en lui un rapport au politique très déployé. Là, on voit quelqu’un qui a pris ce pouvoir comme ça, sans que personne comprenne trop comment ça s’est fait, et qui ne charrie rien derrière lui – si ce n’est ses discours managériaux sur l’excellence, la qualité, mais on pourrait placer n’importe qui à cette place-là. Sans que toute la fonction d’incarnation que le pouvoir politique doit porter soit existante.

AL : Le nombre de gardes républicains ce jour-là sur les Champs-Elysées était inversement proportionnel au nombre de passants agglutinés pour le voir.

JB : Oui, il y a un besoin de surinvestissement de ces espaces-là, parce qu’on sent qu’il n’y a rien derrière. La seule façon qu’a Macron de compenser tout ça, c’est par la force, par une forme d’autoritarisme marqué qui va écraser toute contestation qui, naturellement, pourrait dire : mais qui est ce type, qu’est-ce qu’il fait là, d’où sort-il, comment se fait-il qu’on l’ait placé dans cet espace-là ?

(...)

Propos recueillis par Aude Lancelin

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Que change la déclaration de Macron sur les classes bilangues?... (+ commentaire)

16 Mai 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Macron

Que change la déclaration de Macron sur les classes bilangues?... (+ commentaire)

«J’ai décidé de restaurer les classes bilangues. A partir de septembre prochain, les classes bilangues rouvriront en France.» Ainsi va ce tweet, balancé lundi après-midi, par Emmanuel Macron au premier jour de sa présidence. Cette annonce s’est retrouvée noyée dans une avalanche de messages postés en direct de Berlin où le nouveau chef de l’Etat s’est rendu pour saluer Angela Merkel. Une minute avant, le compte officiel du Président était sur le mode : «L’un et l’autre, nous sommes convaincus que nous avons besoin d’une vraie refondation de l’Europe.» Et trois minutes après : «La feuille de route doit donner une véritable efficacité à l’Union européenne. Il n’y aura pas de tabou sur les changements de traités.» A première vue, on pourrait trouver incongrue cette annonce concernant le système scolaire français au beau milieu d’une rencontre entre chefs d’Etat. En réalité, rien d’étonnant, tant ces classes ont une résonance diplomatique. Explication.

Qu’en est-il des classes bilangues : ont-elles été supprimées ?

Non, les deux tiers d’entre elles existent encore, même si elles sont inégalement réparties sur le territoire (leur nombre n’a pas changé à Paris, mais est en baisse dans l’académie de Caen par exemple). La réforme du collège, dans son esprit initial, devait pourtant les rendre exceptionnelles. Mais face au tollé suscité et à l’écho médiatique, les rectorats se sont engouffrés autant que possible dans le régime d’exception.

Rembobinons en version accélérée. Mars 2015, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem présente sa réforme, vantant sa mesure phare : tous les élèves apprendront une deuxième langue vivante dès la cinquième, et non plus à partir de la quatrième. Du coup, avait-elle balayé d’une phrase, l’option bilangue, permettant d'apprendre deux langues dès la sixième, n’a plus de raison d’être. Cette option, bénéficiant à 16% des élèves, permettait parfois aux chefs d’établissement de faire des classes de niveaux, chères aux parents mais désastreuses en termes de mixité sociale. La suppression de l’option bilangue avait aussi une visée égalitaire : de fait, cette option revenait à rajouter des heures d’enseignement, et donc à donner plus à un petit nombre d’élèves, souvent issus de milieux favorisés.

Dès le départ, la ministre avait précisé que toutes les classes bilangues ne disparaîtraient pas. Quelques-unes devaient subsister, dans le cas où les élèves auraient commencé en primaire une autre langue que l’anglais. A l’époque, la ministre pensait surtout aux enfants de l’est de la France, apprenant souvent l’allemand en primaire. Mais en réalité, les rectorats qui avaient les ressources humaines nécessaires (comme Paris par exemple), se sont mis à proposer à la rentrée 2016 des enseignements d’allemand ou espagnol en primaire, et ainsi conserver ouvertes les sections bilangues au collège.

Pourquoi Macron fait-il cette déclaration depuis Berlin ?

Quand la réforme du collège a été présentée au printemps 2015, les réactions ont été très vives en France mais aussi… outre-Rhin. Inquiète de voir chuter le nombre de classes bilangues, la secrétaire d’Etat allemande Maria Böhmer avait même averti : «Ce projet ne doit pas voir le jour.» L’enjeu dépasse le cadre pédagogique, il est politique. Et diplomatique. Le traité de l’Elysée, qui lie depuis 1963 la France et l’Allemagne, prévoit explicitement que «les deux gouvernements s’efforc[ent] de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre d’élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande.» Ces classes bilangues anglais-allemand permettaient de doper les effectifs, en rameutant 11% des sixièmes.

Pour déminer les tensions, Najat Vallaud-Belkacem avait même nommé «une déléguée ministérielle au renforcement de l’apprentissage de l’allemand», clamant sur les plateaux télé qu’elle n’avait rien contre la langue allemande, bien au contraire. Rien d’étonnant donc que Macron, soucieux de soigner les relations avec le partenaire allemand, choisisse ce premier déplacement pour faire cette annonce.

Qu’avait dit Macron sur les classes bilangues jusqu’ici ?

Son programme était beaucoup moins affirmatif que ce tweet-annonce. Dans ses propositions de campagne, Macron proposait d’insuffler plus de «souplesse» (il dit aussi «autonomie») dans le système éducatif, et notamment dans l’application de la réforme du collège. Son équipe en charge du volet éducation, nous avait précisé pendant l’entre-deux-tours que l’apprentissage de la deuxième langue serait conservé dès la cinquième.

Mais qu’en revanche, les choses pourraient changer pour les 20% dégagés dans l’emploi du temps des élèves pour les enseignements pratiques interdisciplinaires (les fameux EPI), ces projets transversaux montés par deux ou trois profs. «Ce volume horaire de 20% demeure mais chaque établissement pourra décider de ce qu’il en fait : continuer les EPI, ou remettre en place des parcours bilangues, ou bien des enseignements de langues anciennes», expliquait alors Fanny Anor, membre de l’équipe de campagne. «Chaque conseil d’administration dans les collèges sera libre de décider et de s’organiser», ajoutait-elle, insistant sur cette idée chère à Emmanuel Macron de laisser plus de liberté aux équipes. Ce tweet-annonce semble beaucoup plus directif.

Marie Piquemal

Commentaires:

"Vouloir remplacer des heures en petit groupe pour tous par 1 bonus pour une minorité, c'est attaquer la méritocratie " Agathe Cagé

1/3 des classes bilangue n'ont pas disparu;

+6,1% de germanistes au collège;

+7,9% de débutants allemand LV2 depuis entre 2015 et 2016

A qui Monsieur Macron a-t-il voulu faire plaisir?...

Christophe Chartreux

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Les élus d’En marche ! « se montreront d’une docilité absolue »...

14 Mai 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique, #Macron

Docilité et soumission

Je reprends ci-dessous quelques passages-clés de la tribune signée David Dornbusch, président de l’ONG CleanTuesday, qui œuvre pour le développement de technologies propres, parue sur le site du Monde.fr

Il y évoque la structure du mouvement - qu'il convient désormais d'appeler "parti" - "LaRépubliqueEnMarche" ainsi que la manière très verticale, très entrepreneuriale, de désigner des candidats aux législatives.

Christophe Chartreux

                                        ________________________________

(...)

La structure du mouvement est certainement la plus verticale de tous les grands partis politiques français. Les leaders sont tous désignés d’en haut sans aucune concertation locale. Plus significatif encore : la totalité des candidats à la députation est sélectionnée par une commission centrale, leur profil devant correspondre à des critères définis par Emmanuel Macron. Ce centralisme est quasi unique, tandis que la plupart des partis pratiquent un mode de désignation par la base qui est ensuite plus ou moins « validée » et « corrigée » par le sommet. L’exécutif français s’apprête donc à désigner une très large partie des membres de l’Assemblée législative.

Ces futurs députés sans base locale, qui seront paradoxalement affaiblis par la saine réforme du non-cumul des mandats, ne seront redevables qu’envers le président élu. (...) ... ils se montreront d’une docilité absolue. Premier signe très inquiétant dans une démocratie où l’équilibre des pouvoirs reste précaire.

(...)

... l’entourage du nouveau président (...) est très largement constitué de hauts fonctionnaires, qu’Emmanuel Macron a croisés au cours de ses années à Bercy, à l’Elysée et autres ministères.

Le futur exécutif sera donc sous la houlette de ces hauts fonctionnaires expérimentés, dont beaucoup participaient au précédent gouvernement et n’auront même pas à faire leurs cartons. Hauts fonctionnaires expérimentés et bénéficiant de la confiance du président versus députés inexpérimentés et devant tout à ce même président. Le match s’annonce tellement déséquilibré qu’on en frémit.

(...)

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Le collège selon Emmanuel Macron...

12 Mai 2017 , Rédigé par L'Ecole de demain Publié dans #Education, #Politique, #Macron

Résultat de recherche d'images pour "lire entre les lignes"

EXTRAIT

En cette période de transition d’entre-deux présidences, force est de constater que le projet politique d’Emmanuel Macron s’attache fort peu à la question du collège. Dans les quelques informations que l’on peut glaner ici ou là, il y a au mieux des imprécisions, au pire un flottement de vocabulaire, un certain flou artistique qui complique l’anticipation sur ce qui va réellement se passer pour les collégiens et les équipes pédagogiques à la rentrée 2017. Comme le dit la sagesse populaire, quand c’est flou, c’est qu’il y a – éventuellement – un loup.

Il faut en effet lire entre les lignes et croiser les informations pour tenter d’avoir une vision un peu plus nette des intentions du président élu. Car le discours n’est pas le même quand il s’agit de publier une brochure, de mettre en ligne son programme, de répondre aux questions de journalistes ou de syndicats de l’éducation.

Par exemple, si, dans la brochure programmatique présentée le 2 mars on peut lire : « Nous rendrons possible le rétablissement de parcours bilangues au collège, de parcours européens et d’un véritable enseignement du grec et du latin. » , dans le programme détaillé en ligne (consulté le 10 mai) sur le même sujet, la mention aux langues anciennes a purement et simplement disparu : « Pour les collèges, rendre possible le rétablissement de parcours bilangues en 6e et de parcours européens. »

(...)

L'ÉCOLE DE DEMAIN

Suite et fin à retrouver ci-dessous

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Enquête : au cœur de la sélection des nouveaux députés En Marche!...

11 Mai 2017 , Rédigé par France2 Publié dans #Politique, #Macron

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