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Vivement l'Ecole!

Articles avec #litterature tag

Coup de coeur... Colette...

4 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "claudine à Paris"

Eh bien, ce n'est pas si terrible de sortir seule dans Paris. J'ai rapporté de ma petite course à pied des observations très intéressantes : 1° il fait beaucoup plus chaud qu'à Montigny ; 2° on a le dedans du nez noir quand on rentre ; 3° on se fait remarquer quand on stationne seule devant les kiosques à journaux ; 4° on se fait également remarquer quand on ne se laisse pas manquer de respect sur le trottoir.

Narrons l'incident relatif à l'observation N°4. Un monsieur très bien m'a suivie, rue des Saints-Pères. Pendant le premier quart d'heure, jubilation intérieure de Claudine. Suivie par un monsieur très bien ; comme dans les images d'Albert Guillaume ! Deuxième quart d'heure : le pas du monsieur se rapproche, je presse le mien, mais il garde sa distance. Troisième quart d'heure : le monsieur me dépasse, en me pinçant le derrière d'un air détaché. Bond de Claudine, qui lève son parapluie et l'assène sur la tête du monsieur, avec une vigueur toute fresnoise. Chapeau du monsieur dans le ruisseau, joie immense des passants, disparition de Claudine confuse de son trop grand succès.

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Coup de coeur... Léo Malet...

3 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "leo malet brouillard au pont de tolbiac"

À présent nous étions seuls, sur le quai. Les voyageurs déposés par la rame qui nous avait amenés, pour la plupart des gens qui allaient visiter des malades à la Salpêtrière, ne s’y étaient pas attardés.

Je m’approchai de la belle créature.

Elle ne devait pas m’avoir perdu du regard, car, deux pas nous séparaient à peine qu’elle se retourna et me fit face. Elle ne me laissa pas le temps d’ouvrir la bouche.

Elle attaqua la première :

- Vous êtes... Nestor Burma, n’est-ce pas ?
- Oui. Et vous ?
- N’y allez pas, dit-elle, en guise de réponse. N’y allez pas. C’est inutile.

Sa voix au timbre voluptueux, un peu rauque, rendait un son fatigué, mélancolique. Une infinie tristesse, sinon un soupçon de crainte, se lisait dans ses prunelles marron foncé, striées de paillettes d’or.

- Ne pas aller où ? demandai-je

- Où vous allez ...

Elle baissa la voix :

- ... Voir Abel Benoit. C’est inutile.

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Coup de coeur... Pierre Jourde...

2 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "pierre jourde pays perdu"

Depuis  que  l’autoroute  existe,  la  complexité  du  parcours  n’a  guère  diminué.  Au  néophyte,  on  doit  fournir  des explications détaillées et des plans, car on va de ramification en ramification, avec cette circonstance aggravante qu’on emprunte toujours la branche secondaire, la moins évidente, la plus étroite, celle qui monte. 

L’autoroute quittée, il faut traverser un plateau, descendre en lacets dans une vallée étroite, serrée entre des falaises basaltiques. Là, on rejoint la nationale. On la quitte presque tout de suite, en franchissant un pont de pierre, pour prendre la direction d’une bourgade écartée de deux kilomètres de l’axe principal. Mais on ne va pas jusque là, on bifurque à nouveau très vite pour aller vers un autre village, plus petit. On longe une vallée de prairies et de vergers entre des montagnes couvertes de petits chênes presque estompés d’usure. Jusqu’à une date très récente, rien n’y changeait, d’année en année. L’inanité des cantonniers était proverbiale.

On dépassait aux mêmes endroits les mêmes chantiers déserts, les travailleurs tentant encore d’apaiser leur soif  inapaisable.  Un  trou  dans  la  chaussée,  soigneusement  entouré  de  banderoles,  devenait  un  accident  naturel,  une  part  inaltérable  du  paysage.  Depuis  peu,  comme  partout  ailleurs,  une  rage  de  travaux  a  saisi  les maires, les routes ne cessent de s’élargir, on en ouvre de nouvelles, on bitume les pistes. Les bulldozers passent partout, transforment les chemins creux en fondrières, arrachent en quelques minutes les vieux murs patiemment édifiés. Pourtant, dans la vallée, un autre temps se conserve, comme une ombre dans les creux. Les ponts de pierre et les pommiers rabougris maintiennent le paysage dans une désuétude paresseuse. Eux-mêmes se retiennent, se tassent. La croissance figée dans leur masse noueuse s’est muée en retours tortueux sur soi.    

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Coup de coeur... Paul Verlaine...

1 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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C'est l'extase langoureuse

C'est l'extase langoureuse,
C'est la fatigue amoureuse,
C'est tous les frissons des bois
Parmi l'étreinte des brises,
C'est, vers les ramures grises,
Le choeur des petites voix.

O le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l'herbe agitée expire...
Tu dirais, sous l'eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante,
C'est la nôtre, n'est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s'exhale l'humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?

                                         __________________________________

Hier, on parlait de choses et d'autres

Hier, on parlait de choses et d'autres,
Et mes yeux allaient recherchant les vôtres ;

Et votre regard recherchait le mien
Tandis que courait toujours l'entretien.

Sous le banal des phrases pesées
Mon amour errait après vos pensées ;

Et quand vous parliez, à dessein distrait,
Je prêtait l'oreille à votre secret :

Car la voix, ainsi que les yeux de Celle
Qui vous fait joyeux et triste, décèle,

Malgré tout effort morose ou rieur,
Et met au plein jour l'être intérieur.

Or, hier je suis parti plein d'ivresse :
Est-ce un espoir vain que mon coeur caresse,

Un vain espoir, faux et doux compagnon ?
Oh ! non ! n'est-ce pas ? n'est-ce pas que non ?

                                           ______________________________________

L'ennemi se déguise en l'Ennui

L'ennemi se déguise en l'Ennui
Et me dit : " A quoi bon, pauvre dupe ? "
Moi je passe et me moque de lui.
L'ennemi se déguise en la Chair
Et me dit : " Bah, bah, vive une jupe ! "
Moi j'écarte le conseil amer.

L'ennemi se transforme en un Ange
De lumière et dit : " Qu'est ton effort
A côté des tributs de louange
Et de Foi dus au Père céleste ?
Ton Amour va-t-il jusqu'à la mort ? "
Je réponds : " L'Espérance me reste. "

Comme c'est le vieux logicien,
Il a fait bientôt de me réduire
A ne plus vouloir répliquer rien.
Mais sachant qui c'est, épouvanté
De ne plus sentir les mondes luire,
Je prierai pour de l'humilité.

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Coup de coeur... Stendhal...

28 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "stendhal de l'amour"

On se plaît à orner de mille perfections une femme de l’amour de laquelle on est sûr ; on se détaille tout son bonheur avec une complaisance infinie. Cela se réduit à exagérer une propriété superbe, qui vient de nous tomber du ciel, que l’on ne connaît pas, et de la possession de laquelle on est assuré.

Laissez travailler la tête d’un amant pendant vingt-quatre heures et voici ce que vous trouverez :

Aux mines de sel de Salsbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver : deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes. Les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grandes que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants . on ne peut plus reconnaître le rameau primitif.

Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit qui tire de tout ce qui se présente, la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections

En un mot, il suffit de penser à une perfection pour la voir dans ce que l’on aime.

Ce phénomène, que je me permet d’appeler la « cristallisation », vient de la nature qui nous commande d’avoir du plaisir et qui nous envoie le sang au cerveau, du sentiment que les plaisirs augmentent avec les perfections de l’objet aimé, et de l’idée qu’elle est à moi.

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Coup de coeur... Paul Bowles...

27 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Un thé au Sahara par Bowles

Kit tira sur sa robe et dit : "Quand j'étais jeune..."

- Jeune?

- Avant d'avoir vingt ans, je veux dire, je croyais que le mouvement de l'existence ne cessait de s'accélérer, qu'elle devenait chaque année plus riche et plus profonde, qu'on apprenait davantage, qu'on gagnait en sagesse, en compréhension, qu'on allait plus loin dans la vérité...

Elle hésita. Port eut un rire brusque.

- Et maintenant tu sais que ce n'est pas comme ça? Oui? Ça ressemble plutôt à une cigarette, Les premières bouffées sont merveilleuses, et on imagine pas qu'on en verra le bout. Puis ça devient naturel. Et tout à coup on s’aperçoit qu'on la presque finie. Et c'est alors qu'on sent le gout amer.

- Mais je suis toujours consciente de son amertume et je sais toujours qu'il n'y en a pas pour longtemps, dit-elle.

- Alors tu devrais cesser de fumer.

- Que tu es mesquin! s'écria-t-elle.

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Coup de coeur... Léon Tolstoï...

26 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Cinéma

Image associée

Le ruban de velours noir qui retenait son médaillon lui ceignait le cou avec une grâce particulière. Vraiment le ruban était exquis ; Kitty, qui devant le miroir de sa chambre l’avait déjà trouvé parlant, lui sourit encore en le revoyant dans une des glaces de la salle de bal. Elle pouvait nourrir quelque anxiété sur le reste de la parure, mais rien sur ce velours, non, décidément, il n’y avait rien à redire. Elle sentait sur ses épaules et ses bras nus cette fraîcheur marmoréenne qu’elle aimait tant. Ses yeux brillaient, et la certitude qu’elle avait d’être charmante mettait à ses lèvres roses un sourire involontaire.

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Coup de coeur... Robert Merle...

25 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "week end à zuydcoote robert merle"

-Imaginez! Un sergent citant Shakespeare!
  Il parut sur le point de recommencer à rire, mais se domina.
  - Cela n'a rien d'extraordinaire. Je ne suis pas sergent dans le civil.
  - Oui, dit Gabet, la conscription. Et maintenant que j'y pense, même chez nous, il doit arriver des choses de ce genre.
  - Anglais à droite! Français à gauche! reprit-il aussitôt.
  - Je sais, dit-il en remontant sur son socle, la conscription... Mais même avec cette damnée conscription vous avez été battus, finalement.
  Il y eu un silence. L'Anglais avait l'air surpris et paraissait réfléchir.
  - En effet, finit-il par dire d'un ton poli, nous aussi, nous avons été battus.
  Mais Maillat eut l'impression que c'était bien la première fois que cette idée se présentait à lui, et que même maintenant, il ne l'accueillait pas sans réserves.
  - Anglais à droite! Français à gauche!

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Coup de coeur... Anne Révah...

24 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "Anne révah l'enfant sans visage"

Il y avait eu un processus psychologique, un état difficile à décrire où le corps n’avait pas entendu ce qui se passait en lui. Mais voilà qu’à la seconde où la gynécologue lui confirmait d’une voix ferme et chaleureuse qu’elle était enceinte, Bénédicte ouvrait ses yeux sur ce qui venait de se passer en elle pendant des semaines. Bénédicte en était là, enceinte pour de vrai. Il était temps de reprendre le fil de cette grossesse, au début.

Son dernier livre

Résultat de recherche d'images pour "Anne révah le pays dont je me souviens"

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