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Vivement l'Ecole!

litterature

Coup de coeur... Wendy Delorme...

28 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "La Mère, la Sainte et la Putain"

Laisse-moi d'abord te parler de ton père. Comment on s'est connus, pourquoi on s'est quittés.
Te dire d'où tu viens, comment on t'a faite et comment on a posé ensemble un point final à cette histoire, pour que tu puisses naître.
Ce n'est pas qu'il ne te voulait pas. C'est qu'on n'est pas de la même espèce, lui et moi. Ta mère est une putain, lui est un bourgeois. Et puis c'était l'été, un amour de vacances, un amour de tournée. On t'a conçue plusieurs fois. À Paris, Bruxelles et Berlin. Mais ta ville natale est Helden, en Allemagne. Je te raconterai.
Laisse-moi te dire qu'on s'est aimé, un mois quinze jours. Au soleil. Il avait le regard le plus noir, le plus aiguisé, les reins les plus rapides. Il m'a chevauchée loin.
Laisse-moi te décrire où il m'a emmenée.
Te dire que ce qu'il m'a laissé en partant est plus précieux que tout ce qu'il ne m'a jamais donné.

Wendy Delorme - La Mère, la Sainte et la Putain

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Coup de coeur... Seth Greenland...

27 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Un Afro-Américain au volant d' une voiture de luxe doit respecter les limitations de vitesse s'il ne veut pas courir le risque d' être arrêté pour "conduite en état de négritude". Qu' importe sa réussite sociale, son degré de célébrité ou d' éducation, ce spectacle provoque chez un vaste échantillon de policiers américains une dissonance cognitive bien connue de presque tous les hommes de race noire. Pour cette raison, Lourawls prend soin, en ce début de soirée, de ne pas dépasser les 90 km/h en roulant sur Palissades Parkway à bord de la Cadillac Escalade.

Seth Greenland - Mécanique de la chute

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Les quartiers populaires? Mais c'est aussi littérature, partage, inventivité! Qu'on en parle!!!!

27 Octobre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Littérature

 

 

A Montpellier, un quartier populaire invente la boulangerie littéraire

Samedi soir, une modeste boulangerie coincée entre des HLM va se métamorphoser une nouvelle fois en salon littéraire. Ce projet, porté à bout de bras par deux bénévoles, réenchante le quartier populaire de La Paillade.

L’étroite boulangerie d’Ahmed est plantée en plein cœur de La Paillade, vaste quartier populaire et excentré de Montpellier. C’est là, entre les confiseries, les viennoiseries et un vieux photomaton, que samedi soir ils vont lire et écouter, rire et peut-être pleurer. Ensemble. A la fois ceux du quartier – des Pailladins qui vivent ici depuis toujours, des gamins et leur mère, des gars plus vieux mais toujours curieux – et ceux d’ailleurs – des Montpelliérains du centre-ville, lettrés ou pas, des gens connus et des gens de peu –, tous séduits par l’idée d’échanger et de se rencontrer.

Car depuis quelques mois, le «point chaud» d’Ahmed se transforme régulièrement en café littéraire. «J’ai appelé ce rendez-vous «Dites-le avec un livre», raconte Nourdine Bara, 43 ans, initiateur de ces rencontres, et également auteur de romans et de pièces de théâtre. L’idée, c’était d’aller à la rencontre de l’autre avec un livre à la main. Les gens peuvent venir parler de n’importe quel ouvrage qu’ils ont aimé. Tout ça raconte quelque chose d’eux, de nous, de nos aspirations communes.»

Le code de la route, un dictionnaire, Sénèque ou Camus

L’aventure littéraire a ainsi démarré à tâtons, en mars. Depuis, on s’y presse dans un joyeux melting-pot. L’événement intrigue, fait causer, surprend et séduit. A tel point que la réalisatrice Laure Pradal est venue filmer ces échanges pour immortaliser ces instantanés.

Car tous ceux qui ont participé à ce que l’on appelle ici désormais «la boulangerie» ont vécu des moments forts. Nourdine raconte ainsi comment Ali, moniteur d’auto-école, s’est levé devant l’assistance avec un simple code de la route à la main. «Il nous racontait qu’il s’agissait là du livre le plus lu, que c’était un livre très ancien… Puis sa voix s’est brisée quand il a évoqué cette femme tuée ici, à La Paillade, par un chauffard, en marge d’un match de foot. C’était son ancienne voisine.» Nourdine se souvient aussi de cette mère du quartier, venue avec un dictionnaire : «Elle aussi était en pleurs, parce qu’elle voulait qu’on arrête de maltraiter la langue française. Le rejet de la langue, disait-elle, ce n’est pas notre culture.»

De Sénèque à Céline, de Camus à Dumas, du génocide des Juifs à celui des Gitans, on parle de tout et sans tabou à la boulangerie. Les interventions sont parfois aussi ponctuées de moments de grâce. Comme lorsque Narimène Bey, une cantatrice de Montpellier, se lève pour interpréter la Sonnambula de Bellini… La voix puissante de cette jeune femme voilée inonde alors la cité, si peu habituée à baigner dans un air d’opéra. «Ces soirées offrent une dynamique remarquable, estime Souad Sebbar, déléguée du préfet dans le quartier. Leur thème, les échanges, même le lieu : tout est pertinent.»

Ces boulangeries, qui font toujours salle comble, sont animées par Lazreg Ghenaim, 40 ans, chargé de mission dans le handicap. Copain et complice de longue date de Nourdine, lui aussi a grandi à La Paillade. Des accidentés de la vie, Lazreg en voit tous les jours. Et à la boulangerie aussi : des personnes marginalisées, handicapées, désorientées, à qui il donne la parole avec tact et sans réserve. «Ma formation m’a beaucoup aidé à gérer, dit-il. Mon rôle, durant ces rencontres, c’est de faire passer le ballon, de laisser faire le jeu… Les uns surmontent leur crainte, ou leur handicap, pour parler devant les autres, qui les écoutent avec bienveillance. Certains nous disent en fin de soirée "On m’a écouté !", comme si on leur avait ainsi donné de la valeur. Tous ces gens sont comme des petites lumières qui brillent ensemble.»

Un «sas sécurisé» où chacun peut s’exprimer

Ensemble, Nourdine et Lazreg ont par le passé organisé d’autres rencontres, comme ces «agoras» toujours placées sous le signe de l’ouverture et de la mixité. «Ce qui m’a motivé, au départ, c’est de voir comment les gens du quartier s’exprimaient lorsque des politiciens venaient nous parler à La Paillade, raconte Nourdine. Je voyais des copains qui perdaient leur français ou tronquaient leur pensée, apparaissaient parfois même comme des perturbateurs, parce qu’ils étaient mis dans une situation d’urgence : on voulait qu’ils s’expriment, là, tout de suite, avant de leur voler le micro.» Blessé de voir ses amis ainsi mis en difficulté, il commence, avec Lazreg, à imaginer un «sas sécurisé» où chacun pourrait sereinement s’exprimer. Ceux d’ici, mais aussi ceux d’ailleurs.

Les deux amis réfléchissent à présent à s’adresser plus particulièrement aux enfants du quartier, les plus vulnérables face à ce qu’ils appellent le «piège de l’isolement». Quant à Ahmed, il s’étonne encore que son petit «point chaud» puisse attirer autant de monde. Tout en servant des pizzas et des thés à la menthe, il raconte, presque gêné : «Maintenant, des gens viennent me demander si c’est bien ici, les rencontres littéraires…»

Sarah Finger

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Coup de coeur... David Dufresne... "Dernière sommation"...

25 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le formateur parla des écoles de police....
L'esprit cow-boy à gangrené toute la maison.
Ils se sentent protégés, et couverts, totalement; jamais connu pareil sentiment d'impunité dans toute ma carrière, une page est vraiment tournée, Étienne.. .
Il savait pertinemment ce que ses collègues cherchaient : la bâtonnite, faire du chiffre; une interpellation, un bâton; une garde à vue, une statistique ; une déferrement devant le parquet, un pourcentage ; une condamnation, le pactole....
La carotte, c'était les primes.
Jusqu'à 84 000 euros, un commissaire parisien avait touché une année. Ses officiers avaient pris entre 500 et
1 000 euros.
La DOPC fulminait toutes ces testostérones devant le préfet.. ..du fric facile, ça n'avait qu'un rapport lointain avec la République.

David Dufresne - Dernière sommation

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Coup de coeur... Joris-Karl Huysmans...

24 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Eh! croule donc, société! meurs donc, vieux monde! s'écria des Esseintes, indigné par l'ignominie du spectacle qu'il évoquait; ce cri rompit le cauchemar qui l'opprimait

Ah! fit-il, dire que tout cela n'est pas un rêve! dire que je vais rentrer dans la turpide et servile cohue du siècle! Il appelait à l'aide pour se cicatriser, les consolantes maximes de Schopenhauer, il se répétait le douloureux axiome de Pascal "L'âme ne voit rien qui ne l'afflige quand elle y pense", mais les mots résonnaient, dans son esprit comme des sons privés de sens, son ennui les désagrégeait, leur ôtait toute signification, toute vertu sédative, toute vigueur effective et douce.

 

Joris-Karl Huysmans - A rebours

 

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Coup de coeur... Charles Dickens...

23 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

- Cela passera avec le temps.

- Jamais Estella !

- Dans une semaine, vous m'aurez chassée de vos pensées.

- De mes pensées ! Mais vous faîtes partie de mon existence, partie de moi-même. Vous avez été dans chaque ligne que j'ai lue depuis que je suis venu ici pour la première fois, pauvre gamin vulgaire et grossier dont vous torturiez déjà le cœur. Vous avez été présente dans chaque paysage que j'ai vu depuis lors, sur la rivière, dans les voiles des bateaux, dans les marais, dans les nuages, dans la lumière, dans l'obscurité, dans le vent, dans les bois, dans la mer, dans les rues. Vous avez été l'incarnation de toutes les gracieuses fantaisies dont mon esprit s'est rempli. Les pierres dont sont faits les plus solides bâtiments de Londres ne sont pas plus réelles ni plus impossibles à déplacer que votre présence et votre influence en moi, ici, et partout, et toujours. Estella, jusqu'à la dernière heure de ma vie, vous continuerez en dépit de vous-même à faire partie de moi, du peu de bien qu'il y a en moi, et aussi de ce qu'il y a de mauvais. Mais au moment de cette séparation, je ne veux vous associer qu'avec le bien, et je continuerai fidèlement à le faire, car vous devez m'avoir fait beaucoup plus de bien que de mal, quelle que soit la peine immense que j'éprouve en ce moment. Oh! que Dieu vous bénisse! que Dieu vous pardonne!

 

Charles Dickens - Les grandes espérances

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Coup de coeur... Nina Berberova...

22 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le soir de nôtre arrivée, je me suis jetée au lit sous l'édredon. Au moment de m'endormir, j'ai senti un animal gratter sous l'oreiller, mais je n'avais pas la force de rallumer la bougie et de laisser s'échapper cette bête inconnue. D'après les bruits qui me parvenaient, je devinais qu'elle devait être petite et active. Elle ne grignotait pas comme une souris, de façon monotone, ennuyeuse et obstinée. Elle jouait sous mon oreiller et explorait les contours de ma tête. Je décidai que, de toute manière, elle ne pouvait pas me manger et m'endormis, épuisée.

Je fus réveillée, le lendemain matin, par une sensation curieuse. Quelque chose mordillait doucement les doigts de mon pied droit. C'était le tamias qui s'était amusé durant la nuit sous mon oreiller. On trouve partout en Amérique ces petites bêtes enjouées à la queue touffue qui, lorsqu'elles aperçoivent un homme, se dressent sur les pattes postérieures et les saluent de leurs pattes antérieures. Le mien s'installa le matin même dans la cuisine, puis il disparut pour reparaître de temps à autre dans la cabane, en compagnie d'une demi-douzaine d'autres.

Nina Berberova - C'est moi qui souligne

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Coup de coeur... Molière - Le Misanthrope

21 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Célimène

Mais de tout l'univers vous devenez jaloux.

 

Alceste

C'est que tout l'univers est bien reçu de vous.

 

Célimène

C'est ce qui doit rasseoir votre âme effarouchée,

Puisque ma complaisance est sur tous épanchée ;

 

Et vous auriez plus lieu de vous en offenser,

Si vous me la voyiez sur un seul ramasser.

 

Alceste

Mais moi, que vous blâmez de trop de jalousie,

Qu'ai−je de plus qu'eux tous, Madame, je vous prie ?

 

Célimène

Le bonheur de savoir que vous êtes aimé.

 

Alceste

Et quel lieu de le croire a mon coeur enflammé ?

 

Célimène

Je pense qu'ayant pris le soin de vous le dire,

Un aveu de la sorte a de quoi vous suffire.

 

Alceste

Mais qui m'assurera que, dans le même instant,

Vous n'en disiez peut−être aux autres tout autant ?

 

Molière - Le Misanthrope

 

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Coup de coeur... Henry Miller...

19 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Je souris parce que toutes les fois que nous touchons au sujet de ce livre qu'il écrira quelque jour, les choses prennent un tour incongru. Il suffit qu'il dise "mon livre", et aussitôt le monde s'amenuise aux dimensions privées de Van Norden et Cie. Il faut que le livre soit absolument original, absolument parfait. C'est pourquoi, entre autres raisons il lui est impossible de le mettre en train. Dès qu'il a une idée, il se met à la contester. Il se rappelle que Dostoïevski s'en est servi, à moins que ce ne soit Knut Hansum, ou encore un autre. " Je ne dit pas que je veuille mieux faire qu'eux mais je veux être différent". Ainsi donc, au lieu de s'attaquer à son livre, il lit auteur après auteur, afin d'être absolument sûr qu'il ne vas pas fouler leurs plate-bandes. Et plus il lit, plus il cède au mépris. Il n'en est point de satisfaisant, point qui atteigne à ce degré de perfection qu'il s'est imposé. Et, oubliant complètement qu'il n'a pas écrit un chapitre, il parle d'eux avec condescendance, exactement comme s'il existait une étagère de livres portant son nom, livres familiers à tous et dont il est superflu de mentionner les titres.

Henry Miller - Tropique du Cancer

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Coup de coeur... Dominique Barbéris...

18 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Elle n’a pas allumé. Elle paraissait perdue dans sa rêverie, les yeux toujours fixés sur l’arbre.
J’ai pensé que nos souvenirs étaient comme lui, qu’ils avaient un tronc solide et caché dans l’ombre. La nuit, quand on se penche et qu’on regarde le jardin on croit que tout est noir, mais c’est faux. Il y a, au cœur de l’ombre, ces troncs solides. Et si on marchait dans le noir sans faire attention, on se cognerait le front et on se ferait un bleu terrible.
J’ai demandé : “Quelqu’un que tu vois encore ? – Oh non, bien sûr que non ! C’est fini depuis longtemps. Simplement, je t’ai dit, ça me revient. Le dimanche, tu ne trouves pas, certaines choses vous reviennent davantage.” 

Dominque Berbéris - Un dimanche à Ville-d'Avray

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