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Vivement l'Ecole!

litterature

Coup de coeur... Jean Rouaud...

23 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Avec  le temps, d'un été à l'autre, j'aurais pu grâce à Georges me faire une  idée de ce qui se passait et disait sur l'autre rive, me familiariser  avec une pensée politique, avec son vocabulaire, mais après la mort de  notre père tout s'est écroulé. La joie ayant déserté la maison, les uns  et les autres n'osaient plus pousser la porte de peur de déranger notre  pleureuse. On y parlait à voix basse, comme dans une chambre mortuaire.  Fini les discussions. On se contentait de venir aux nouvelles et  d'apporter un peu de réconfort à la pauvre Annick, notre mère, laquelle  n'avait qu'un souhait, que ça se termine au plus vite, ce rituel de la  visite annuelle, pour pouvoir réintégrer son monde de tristesse. Et dans  cet isolement carcéral du deuil aucune information ne passait. Ce qui  obligeait à développer un imaginaire de résistance, éthéré, nourri par  la seule rêverie, qui était pour moi un rêve d'amour.    

Lequel ne m'a pas quitté, enfantin, précieux, inadapté, tenace, auquel  je n'ai pas renoncé en dépit de son peu de réalité, et qui m'a conduit  jusqu'à ce "Mmm, enfin" que m'adressa la fiancée par courrier  électronique, à qui j'avais confié, après des mois d'attente pour elle  qui, suite au malentendu de la Grand-Place, désespérait que je la  remarque, mon désir de la revoir. Mais si vous avez envie de me revoir,  j'aimerais que vous me le disiez plus. Et j'avais longtemps retourné ses  mots, est-ce que je lisais bien? Et comprenant enfin ma stupidité :  J'ai très envie de vous revoir, j'ai très envie de vous revoir, et pour  tout dire, j'ai très envie de vous revoir. Mmm enfin, avait-elle  simplement répondu, juste ce soupir lumineux, ce cri de soulagement  quand on a été au bord de tout lâcher, qu'on s'est cramponné contre les  apparences trompeuses, qu'on a tenu encore et encore jusqu'à penser n'en  plus pouvoir. Mmm enfin, vous êtes là. Mmm enfin, votre voix à mon  oreille. Mmm enfin, je ne me suis pas trompée, sur moi, sur vous. Mmm  enfin, peut-être ai-je une chance d'aborder ma vraie vie, de trouver une  place à mes aspirations cachées, à mes désirs de poésie, d'envol. Mmm  enfin, vous m'avez vue et vous voulez me revoir. Mais un étrange écho ce  mmm enfin. Pas seulement l'aveu solaire de la femme aimée. J'aurais pu  le formuler moi aussi s'il n'avait été aussi profondément enseveli sous  les décombres. Longue attente, remontant à bien plus loin, à se demander  comment elle avait survécu, comment je pouvais encore y croire,  interminable attente commencée dans les nocturnes de Saint-Louis, au  milieu des hululements plaintifs des cornes de brume et des gifles de  pluie sur les vitres. Mmm enfin. Mystère de mon amour. Mais depuis, je  sais : les rêves sont des programmes.

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Coup de coeur... Jean Amrouche...

22 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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En donnant ces chants berbères au public, j'ai le sentiment de livrer un trésor privé, de me dessaisir d'un bien de famille. Mais, il n'est pas de meilleure manière de préserver de la destruction une richesse. Aussi loin que j'essaie de remonter le cours de ma vie, le moindre événement qui affleure à ma mémoire est accompagné du bercement des chants de mon pays.

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Eboulez-vous montagnes
Qui des miens m’avez séparé,
Laissez à mes yeux la voie libre,
Vers le pays de mon père bien-aimé.
Je m’acharne en vain à l’ouvrage;
 Mon cœur là-bas est prisonnier. 
 Paix et salut, ô mon pays !
 Mes yeux ont parcouru des mondes.
 Ma vue est orage de printemps
 Dans le tumulte des neiges fondantes.
 Mère, ô mère bien-aimée, 
 Ah ! l’exil est un long calvaire        

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J'ai versé tant de pleurs sans que vous pleuriez.
J'ai compris : je suis étranger

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Coup de coeur... Claude Simon...

20 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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C'était  la fin de l'après-midi sans doute car il me dit que le vent avait  cessé. Le soleil bas, jaune foncé, glissait  presque horizontal dans la  chambre, projetait sur le mur la tâche marbrée virant lentement du  citron au chrome, puis du chrome à l'orangé, tandis qu'elle se déplaçait  insensiblement, et du dehors (tintement des brocs des femmes à la  fontaine, appel, et un murmure las, multiple, épuisé) parvenaient les  bruits du soir. Comme une exhalaison du jour fané, révolu. Puis un  frémissement, un long cri de soie déchirée fendant l'air, se répétant,  et Montes pensant : «  Déjà. Les hirondelles. Elles sont déjà ... » Et  maintenant la barre du soleil comme du bronze en fusion glissant  semblait-il de plus en plus vite, au point qu'il pouvait presque suivre  sa lente dérive, la lente, terrifiante et irrémédiable dérive du temps.  Et toujours cette chose qu'il savait qu'il devait faire, ou qu'il  voulait faire, répétant maintenant : «Non, je vous dis qu'il faut que  je parte. Excusez-moi. Je dois...»

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Coup de coeur... Paul Nizan...

19 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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"Je vais vivre parmi mes ennemis. Constamment, c'est-à-dire non passivement, mais sans laisser le temps m'endormir du bruit paresseux et aimable de son cours, avec patience, attention et colère. Il me faut la vertu qui nous fit le plus constamment défaut, la constance.

Mais il est plus facile d'être constant avec la guerre qu'avec la poésie, qu'avec une femme. La poésie et les femmes passent, mais la révolution n'est jamais passée."

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Coup de coeur... Joy Sorman...

18 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Depuis longtemps déjà le lion m'a détrôné, ravalé au rang de bouffon même si mon aspect imposant impressionne encore un peu. Mais les hommes me suspectent de douceur et de bonhomie - ma tête trop arrondie, trop fournie en poils soyeux, ce brun trop duveteux, cet air mélancolique et cette prédisposition à devenir peluche, serrée contre un cœur enfantin, dernier rempart face à la peur de l'obscurité quand il est l'heure de dormir. L'ours est passé du côté des enfants, il n'y aura pas de retour possible, rien ne pourra défaire cette malédiction et cet attachement, à moins que je ne décapite sur-le-champ un jeune spectateur.

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Coup de coeur... Albert Camus...

17 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitation de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit. L'homme absurde dit oui et son effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y a point de destinée supérieure ou du moins il n'en est qu'une dont il juge qu'elle est fatale et méprisable. Pour le reste, il se sait le maître de ses jours. À cet instant subtil où l'homme se retourne sur sa vie, Sisyphe revenant vers son rocher, contemple cette suite d'actions sans lien qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l'origine tout humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme.

Le mythe de Sisyphe, Albert Camus

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Coup de coeur... Fernando Pessoa...

16 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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La grammaire, qui définit l'usage, établit des divisions légitimes mais erronées. Elle distingue, par exemple, les verbes transitifs et intransitifs ; cependant, l'homme sachant dire devra, bien souvent, transformer un verbe transitif en verbe intransitif pour photographier ce qu'il ressent, et non, comme le commun des animaux-hommes, pour se contenter de le voir dans le noir. Si je veux dire que j'existe, je dirai : " Je suis. " Si je veux dire que j'existe en tant qu'âme individualisée, je dirai : " Je suis moi. " Mais si je veux dire que j'existe comme entité, qui se dirige et se forme elle-même, et qui exerce cette fonction divine de se créer soi-même, comment donc emploierai-je le verbe être, sinon en le transformant tout d'un coup en verbe transitif ? Alors, promu triomphalement, antigrammaticalement être suprême, je dirai : " Je me suis. " J'aurai exprimé une philosophie entière en trois petits mots. N'est-ce pas infiniment préférable à quarante phrases pour ne rien dire ? Que peut-on demander de plus à la philosophie et à l'expression verbale ?

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Coup de coeur... Brina Svit...

15 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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« Schumann, je vais mettre du Schumann… C’est moi qui ai acheté ce disque, je ne me souviens même plus à quelle occasion. Un anniversaire ? Un dîner ? Ou juste le plaisir de poser quelque chose sur [la] table à la suite d’une flânerie dans Paris… Voilà, le Quatuor pour piano, opus 47, puis le Quintette pour piano, opus 44… Lila préfère le Quintette, plus gai, plus vigoureux, plus affirmé, dit-elle. Plus maîtrisé dans l’émotion, plus sec, sans fléchissement… Tandis que moi, c’est l’Andante cantabile, le troisième mouvement du Quatuor, vous voyez… C’est bouleversant, déchirant, ça fait pleurer. Voilà, c’est parti, Lila… »

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Coup de coeur... Georges Brassens...

14 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Je me suis fait tout petit

Je n'avais jamais ôté mon chapeau
 Devant person...
 Maintenant je rampe et je fais le beau
 Quand ell’ me sonne.
 J'étais chien méchant...ell’ me fait manger 
 Dans sa menotte. 
 J'avais des dents d’ loup… je les ai changées 
 Pour des quenottes ! 
  
 Je me suis fait tout petit devant un’ poupée 
 Qui ferm’ les yeux quand on la couche, 
 Je m’ suis fait tout p’tit devant un’ poupée 
 Qui fait « maman » quand on la touche. 
  
 J'étais dur à cuire elle m'a converti, 
 La fine mouche, 
 Et je suis tombé, tout chaud, tout rôti, 
 Contre sa bouche 
 Qui a des dents de lait quand elle sourit, 
 Quand elle chante, 

 Et des dents de loup quand elle est furi’, 
 Qu'elle est méchante. 
  
 Je me suis fait tout petit devant un’ poupée 
 Qui ferm’ les yeux quand on la couche, 
 Je m’ suis fait tout p’tit devant un’ poupée 
 Qui fait « maman » quand on la touche. 
  
 Je subis sa loi, je file tout doux 
 Sous son empire, 
 Bien qu'ell’ soit jalouse au-delà de tout, 
 Et même pire... 
 Une jolie pervenche qui m'avait paru 
 Plus joli’ qu'elle, 
 Un’ joli’ pervenche un jour en mourut 
 A coup d'ombrelle. 
  
 Je me suis fait tout petit devant un’ poupée 
 Qui ferm’ les yeux quand on la couche, 
 Je m’ suis fait tout p’tit devant un’ poupée 
 Qui fait « maman » quand on la touche. 
  
 Tous les somnambules, tous les mages m'ont 
 Dit, sans malice, 
 Qu'en ses bras en croix je subirais mon 
 Dernier supplice… 
 Il en est de pir’s, il en est d' meilleurs, 
 Mais, à tout prendre, 
 Qu'on se pende ici, qu'on se pende ailleurs… 
 S'il faut se pendre. 
  
 Je me suis fait tout petit devant un’ poupée 
 Qui ferm’ les yeux quand on la couche, 
 Je m’ suis fait tout p’tit devant un’ poupée 
 Qui fait « maman » quand on la touche.

                           ______________________________________

Je suis un voyou.

La mignonne allait aux vêpres
Se mettre à genoux,
Alors j'ai mordu ses lèvres
Pour savoir leur goût...
Ell' m'a dit, d'un ton sévère:
"Qu'est-ce que tu fais là?"
Mais elle m'a laissé faire,
Les fill's, c'est comm' ça...
J'lui ai dit: "Par la Madone,
Reste auprès de moi!"
Le Bon Dieu me le pardonne,
Mais chacun pour soi...
Qu'il me le pardonne ou non,
D'ailleurs, je m'en fous,
J'ai déjà mon âme en peine:
Je suis un voyou.

C'était une fille sage,
A "bouch', que veux-tu?"
J'ai croqué dans son corsage
Les fruits défendus...
Ell' m'a dit d'un ton sévère:
"Qu'est-ce que tu fais là?"
Mais elle m'a laissé faire,
Les fill's, c'est comm' ça...
Puis j'ai déchiré sa robe,
Sans l'avoir voulu...
Le Bon Dieu me le pardonne,
Je n'y tenais plus...
Qu'il me le pardonne ou non,
D'ailleurs, je m'en fous,
J'ai déjà mon âme en peine:
Je suis un voyou.

J'ai perdu la tramontane
En perdant Margot,
Qui épousa, contre son âme,
Un triste bigot...
Elle doit avoir à l'heure,
A l'heure qu'il est,
Deux ou trois marmots qui pleurent
Pour avoir leur lait...
Et, moi, j'ai tété leur mère
Longtemps avant eux...
Le Bon Dieu me le pardonne,
J'étais amoureux!
Qu'il me le pardonne ou non,
D'ailleurs, je m'en fous,
J'ai déjà mon âme en peine:
Je suis un voyou.

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La mauvaise réputation

Au village, sans prétention,
J'ai mauvaise réputation ;
Que je me démène ou je reste coi,
Je pass’ pour un je-ne-sais-quoi.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En suivant mon ch’min de petit bonhomme ;
Mais les brav’s gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Non, les brav’s gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Tout le monde médit de moi,
Sauf les muets, ça va de soi.

Le jour du quatorze-Juillet,
Je reste dans mon lit douillet ;
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n'écoutant pas le clairon qui sonne ;
Mais les braves gens n'aiment pas que


L'on suive une autre route qu'eux…
Non les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Tout le monde me montre au doigt,
Sauf les manchots, ça va de soi.

Quand je croise un voleur malchanceux,
Poursuivi par un cul-terreux;
Je lance la patte et pourquoi le taire,
Le cul-terreux se r’trouv’ par terre.
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En laissant courir les voleurs de pommes ;
Mais les brav’s gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Non les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Tout le monde se ru’ sur moi,
Sauf les culs-d’-jatt’, ça va de soi.

Pas besoin d'être Jérémi’,
Pour d’viner l’ sort qui m'est promis :
S'ils trouv’nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En suivant les ch’mins qui ne mèn’nt pas à Rome ;
Mais les brav’s gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Non les brav’s gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…
Tout le monde viendra me voir pendu,
Sauf les aveugl’s, bien entendu.
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Coup de coeur... René Char...

12 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas?

                                       _________________

Le Visage Nuptial

A présent disparais, mon escorte, debout dans la distance ; La douceur du nombre vient de se détruire. Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices. Tout vous entraîne, tristesse obséquieuse.J'aime.

L'eau est lourde à un jour de la source. La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton front, dimension rassurée. Et moi semblable à toi, Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom, J'abats les vestiges, Atteint, sain de clarté. Ceinture de vapeur, multitude assouplie, diviseurs de la crainte, touchez ma renaissance. Parois de ma durée, je renonce à l'assistance de ma largeur vénielle ; Je boise l'expédient du gîte, j'entrave la primeur des survies. Embrasé de solitude foraine, J'évoque la nage sur l'ombre de sa Présence.

Le corps désert, hostile à son mélange, hier, était revenu parlant noir. Déclin, ne te ravise pas, tombe ta massue de transes, aigre sommeil. Le décolleté diminue les ossements de ton exil, de ton escrime : Tu rends fraîche la servitude qui se dévore le dos : Risée de la nuit, arrête ce charroi lugubre de voix vitreuses, de départs lapidés.

Tôt soustrait au flux des lésions inventives (La pioche de l'aigle lance haut le sang évasé) Sur un destin présent j'ai mené mes franchises Vers l'azur multivalve, la granitique dissidence.

O voûte d'effusion sur la couronne de son ventre,Murmure de dot noire ! O mouvement tari de sa diction !Nativité, guidez les insoumis, qu'ils découvrent leur base,L'amande croyable au lendemain neuf. Le soir a fermé sa plaie de corsaire où voyageaient les fusées vagues parmi la peur soutenue des chiens,Au passé les micas du deuil sur ton visage.

Vitre inextinguible : mon souffle affleurait déjà l'amitié de ta blessure, Armait ta royauté inapparente, Et des lèvres du brouillard descendit notre plaisir au seuil de dune, au toit d'acier,La conscience augmentait l'appareil frémissant de ta permanence :La simplicité fidèle s'étendit partout.

Timbre de la devise matinale, morte-saison de l'étoile précoce,Je cours au terme de mon cintre, colisée fossoyé. Assez baisé le crin nubile des céréales : La cardeuse, I'opiniâtre, nos confins la soumettent, Assez maudit le havre des simulacres nuptiaux :Je touche le fond d'un retour compact.

Ruisseaux, neume des morts anfractueux,Vous qui suivez le ciel aride,Mêlez votre acheminement aux orages de qui sut guérir de la désertion,Donnant contre vos études salubres,

Au sein du toit le pain suffoque à porter coeur et lueur, Prends, ma Pensée, la fleur de ma main pénétrable,Sens s'éveiller l'obscure plantation.

Je ne verrai pas tes flancs, ces essaims de faim, se dessécher, s'emplir de ronces : Je ne verrai pas l'empuse te succéder dans ta serre : Je ne verrai pas l'approche des baladins inquiéter le jour renaissant : Je ne verrai pas la race de notre liberté servilement se suffire,

Chimères, nous sommes montés au plateau, Le silex frissonnait sous les sarments de l'espace :La parole, lasse de défoncer, buvait au débarcadère angélique, Nulle farouche survivance :L'horizon des routes jusqu'à l'afflux de rosée, L'intime dénouement de l'irréparable,

Voici le sable mort, voici le corps sauvé :La Femme respire, I'Homme se tient debout.

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