Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

litterature

Coup de coeur... Jacques Higelin...

6 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Jacques Higelin...

Le drapeau de la colère

Je te vois
Dans la nuit des temps
Visionnaire occidental
Bâtir à l'ombre
Des cathédrales
L'empire d'un Dieu tout puissant
Dont le pouvoir

Allait s'étendre
Jusqu'au rempart de l'orient

Devant le drapeau de la colère
dans le poing du guerrier
Je te vois
Dans la nuit des temps
Missionnaire occidental
Ouvrant les portes
De l'Eldorado
Aux invasions coloniales
Je te vois
Porter le fléau

Sous la bannière et la croix

Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du paria
Qui se bat pour défendre ses frères
Pour qu'on respecte ses droits
Je vois le drapeau de la colère
J'entends battre tambour...

Née d'un sourire du sable
Sur les lèvres du vent
Je suis celle que l'amour illumine
Je suis
Celle qui ranime
La flamme de la foi
Dans les déserts hostiles de l'occident
Je suis celle
Dont l'ombre du regard s'étend
Jusqu'aux frontières de tes racines

Je te vois
Dans la nuit des temps
Visionnaire occidental
Bâtir à l'ombre
Des cathédrales
L'empire d'un Dieu tout-puissant
Je te vois
Porter le fléau
Sous la bannière et la croix

Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du paria
Qui se bat pour défendre ses frères
Pour qu'on respecte ses droits

                            ______________________________________

Poil Dans La Main

Poil dans la main payé à rien foutre
Regarder la poutre dans l'oeil du voisin
Poil dans la main payé à rien foutre
Regarder la poutre dans l'oeil du voisin
Qu'il est donc doux de rester sans rien faire
Tandis que tout s'agite autour de soi
Touche à tout sauf à la moustiquaire

Touche à tout juste bon à m'amadouer
Poil dans la main payé à rien foutre
Regarder la poutre dans l'oeil du voisin

Un jour j'ai vu une chaise
Toute seule sur le trottoir
Une putain de belle chaise toute noire en fer
Avec des lanières de plastique tendues
Une vraie chaise de bar à putes
Une chaise à l'état brut
Qui avait dû en voir et en recevoir des culs
Des gros lourdingues à fessier mou
Des p'tits malingres resserrés du trou

Ou des jolis voluptueux qui vous attirent le bout des yeux
Pour mieux leur passer les menottes

Qu'il est donc doux de rester sans rien faire
Tandis que tout s'agite autour de soi
Poil dans la main payé à rien foutre
Regarder la poutre dans l'?il du voisin

Mais va savoir à c'moment-là
J'avais perdu le goût de m'asseoir
Et d'amarrer ma solitude
Mon cafard et mes habitudes
À celles des piliers d'abreuvoir
J'en ai eu marre de les voir s'écrouler sur eux-mêmes
En s'raccrochant à des histoires qui tiennent pas d'bout

Ces p'tites histoires qui vous entraînent
Au fil des heures des jours des soirs des s'maines
De soirs pisseux en matins blêmes
Direct au trou

Qu'il est donc doux de rester sans rien faire
Tandis que tout s'agite autour de soi
Touche à tout sauf à la moustiquaire
Touche à tout juste bon à m'amadouer

                            _______________________________________

Duo d'anges heureux

Je t'allume
Tu m'éteins
Je te fume
Tu m'étreins
Tu me plais
Je te plains
Tu me plains

Je te plume
Tu me cherches
Je te trouve
Tu craques, tu te consumes
Je te consomme
Je te baise
Tu me niques
Tu me plaque
J'assume

On prend nos distances
Un mur de silence
Nous renvoie dos à dos

Chacun dans son égo

Je t’agace je te lasse
Je te fâche je te gâche
Tu me quittes je te quitte
On se quitte on est quittes
Bye !

Je te saoule
Tu me broies
Je te bride
Tu me braques
Je te brasse
Tu te coules dans le moule de mes bras
Je te griffe tu te froisses
Je t'enlace tu me gifles
Je te frappe je te bats
Je t’écœure, tu pleures

Avant ce plaqué, avant ce coulé
J'aimais mieux avant
Que l'avant se change en après

Pourquoi les amants
Après s'être tant aimés avant
Oublient juste après
Tout le bien qu'ils se sont faits

Avant que l'amour nous quitte à jamais
Effaçant d'un trait regrets et remords
Avant qu'épuisés nos corps ne se séparent
Lassés des bagarres nus aveugles et sourds
Devant ton regards embué de larmes
Et tes lèvres closes, je dépose les armes

Célébrons la trêve, la fin des combats
L'amour et le rêve, le chemin, la voie
Par où tu reviens vers moi
Vers toi
A toi
A moi
A toi et moi

Lire la suite

Coup de coeur... Paul Baldenberger...

5 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Paul Baldenberger...


" Le pistolet était placé à côté du frein à main. Quand le conducteur fut assuré que personne ne pouvait voir la scène sur le point de se dérouler, la scène imaginée, fantasmée, celle qui marquerait son entrée hors du champ de la norme, de la loi, de la vie sociale, quand il fut tout à fait sûr que la longue et morne rue longeant le mur d'enceinte du lycée était déserte, il prit l'arme, la pointa sur ma tête, m'ordonna d'ouvrir la portière et de monter à l'avant, à côté de lui, à la place du mort. "

Paul Baldenberger - La place du mort

Lire la suite

7 avril - Journée Albert Camus en public à l'Espace Cardin...

5 Avril 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Littérature, #Art

7 avril - Journée Albert Camus en public à l'Espace Cardin...

France Culture et le Théâtre de la Ville s’associent pour une journée consacrée à la lecture de textes d’Albert Camus (discours, récits, extraits de romans, carnets ) en écho au spectacle "L’Etat de siège"

JOURNÉE ALBERT CAMUS
A L’ESPACE CARDIN 3 avenue Gabriel 75008 Paris​

France Culture et le Théâtre de la Ville s’associent pour une journée consacrée à la lecture de textes d’Albert Camus (discours, récits,  extraits de romans, carnets ) en écho au spectacle L’Etat de siège.

14h30 RÉSERVEZ ICI
La Crise de l’Homme, lu par Hugues Quester  et le premier chapitre du Premier Homme, lu par Elodie Bouchez

16h RÉSERVEZ ICI
L’Eté à Alger, lu par Valérie Dashwood et Les Carnets, extraits choisis et lus par Serge Maggiani

18h RÉSERVEZ ICI
Le Témoin de la liberté, lu par Alain Libolt

Accompagnement musical : Mahut / Réalisation de Pascal Deux / Textes publiés aux Éditions Gallimard 

Et découvrez actuellement à l'Espace Cardin L'État de siège d'Albert Camus , mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota avec la Troupe du Théâtre de la Ville Compagnie

Lire la suite

Coup de coeur... Louise Erdrich...

4 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Des petits arbres avaient attaqué les fondations de notre maison. Ce n'étaient que de jeunes plants piqués d'une ou deux feuilles raides et saines. Les tiges avaient tout de même réussi à s'insinuer dans de menues fissures parcourant les bardeaux bruns qui recouvraient les parpaings. Elles avaient poussé dans le mur invisible et il était difficile de les extirper. Mon père a essuyé la paume de sa main en se la passant sur le front et a maudit leur résistance. Je me servais d'un vieil arrache-pissenlit rouillé au manche plein d'échardes ; mon père maniait un long et fin tisonnier en fer qui devait faire plus de mal que de bien. Comme il piquait à l'aveuglette là où il supposait que des racines avaient pu pénétrer, à coup sûr il ouvrait dans le mortier des trous bien pratiques pour les jeunes plants de l'année à venir.

Chaque fois que je réussissais à dégager un tout petit arbre, je le posais à côté de moi tel un trophée sur l'étroit trottoir qui entourait la maison. Il y avait des pousses de frêne, d'orme, d'érable, de négondo, même un catalpa de bonne taille, que mon père a mis dans un vieux seau de crème glacée en pensant qu'il trouverait peut-être un endroit où le replanter. Pour moi c'était un miracle que les arbrisseaux aient survécu à un hiver passé dans le Dakota du Nord. Ils avaient peut-être eu de l'eau, mais bien peu de lumière et seulement quelques miettes de terre. Pourtant chaque graine était parvenue à plonger profondément l'ardillon d'une racine et à projeter une vrille exploratrice vers l'extérieur.

Mon père s'est mis debout, en étirant son dos douloureux. Ça suffit, a-t-il dit, lui qui d'habitude était un perfectionniste.

Mais je n'avais pas envie de m'arrêter, et quand il est entré dans la maison pour téléphoner à ma mère, partie à son bureau chercher un dossier, j'ai continué à tirer sur les petites racines cachées. Il n'est pas ressorti et j'ai pensé qu'il avait dû s'allonger pour faire la sieste, ce qui maintenant lui arrivait de temps à autre. On aurait pu imaginer qu’à ce moment-là, un garçon de treize ans avait mieux à faire, je me serais arrêté, mais bien au contraire. Alors que l’après-midi s'écoulait et que tout sur la réserve était gagné par le calme et le silence, il m'a paru de plus en plus nécessaire que chacun de ces envahisseurs soit tiré de là jusqu'à l'extrême bout de sa racine, où se concentrait toute la croissance vitale. Et il me semblait tout aussi nécessaire de faire un boulot méticuleux, comparé à tant de mes tâches mal terminées. Aujourd'hui encore, je m'étonne de la vigueur de ma concentration. Je glissais les dents de mon outil le plus près possible le long de la pousse. Chaque petit arbre exigeait une stratégie propre. Il était presque impossible de ne pas le briser avant que ses racines puissent être retirées intactes de leur cachette tenace.

J'ai fini par abandonner, je suis entré en catimini dans la maison et me suis glissé dans le bureau de mon père. J'ai pris l'ouvrage de droit que mon père appelait La Bible. Le Manuel de droit fédéral indien de Felix S. Cohen. Mon père l'avait reçu des mains de son père; la reliure rouille était éraflée, le long dos craquelé, et chacune des pages comportait des commentaires manuscrits. Je tentais de me familiariser avec la langue désuète et les perpétuelles notes de bas de page. Mon père, ou mon grand-père, avait mis un point d'exclamation p. 38, à côté de l'affaire en italiques qui m'avait naturellement intéressé, moi aussi : États-Unis contre 43 gallons de whisky. Je suppose que, comme moi, l'un d'eux avait trouvé ce titre ridicule. Malgré tout j'analysais l'idée, introduite dans d'autres affaires et confortée par celle-ci, que nos accords conclus avec le gouvernement étaient semblables à des traités conclus avec des nations étrangères. Que la grandeur et la puissance dont parlait Mooshum, mon grand-père, n'avaient pas entièrement disparu, car elles étaient, du moins dans une certaine mesure que je voulais connaître, encore protégées par la loi.

Louise Erdrich - Dans le silence du vent

Lire la suite

Coup de coeur... Joseph Kessel... Wagon-lit...

3 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Combien de fois, dans mon enfance assez pauvre, ai-je rêvé sur les quais des gares devant les rames uniquement composées de wagons-lits et qui contenaient pour moi toute l’essence, toute la magie du voyage terrestre. Sur leurs flancs les pancartes portaient les noms des capitales, des grandes villes inconnues. Ils y menaient directement. À l’intérieur brillaient doucement des bois polis, des velours. Les femmes, dans les couloirs, paraissaient plus belles, les hommes plus audacieux. Puisque j’avais d’un seul coup mis en jeu toutes mes chances et toute ma fortune je ne pouvais faire autrement que de les emmener dans une de ces cabines fascinantes.

J’en jouissais comme un enfant comblé pour la première fois dans ses désirs. Je m’étendais sur la couchette pelucheuse, je disposais mes bagages légers dans le vaste filet, je m’asseyais dans le fauteuil qui fait face à la table, j’ouvrais le cabinet de toilette.

Ces mouvements absurdes et bienheureux me reposaient de l’excitation maladive où me tenait la difficulté, l’imprécision de mon dessein final et l’espérance, malgré tout, de réussir. Le rythme du train ne faisait que précipiter mes pensées, mes craintes, mes ambitions. La confusion, la vitesse de leur ronde démente, me devenaient parfois intolérables. Mais quand j’arrivais au point de rupture nerveuse, un coup d’oeil sur mon domaine enchanté, un frôlement de la main sur le velours vert me donnaient une joie si forte et si ingénue que tout me paraissait facile, ordonné et préparé pour un succès que je ne cherchais pas à définir.

Les heures passèrent dans un contentement des yeux, de la peau, traversé de brusques inquiétudes qui s’enfonçaient dans ma poitrine comme des flèches glacées. Je regardais à peine le paysage à travers la vitre contre laquelle crépitait une pluie d’automne. Le miracle était à l’intérieur, dans cette boîte close, vernie et capitonnée et dans les battements de mon coeur fondus aux halètements de la bête métallique qui m’emportait, m’emportait…

Et la nuit vint, et avec elle, dans l’ombre bleue du compartiment le dur sommeil de la jeunesse. »

Joseph Kessel - Wagon-lit

Lire la suite

Coup de coeur... Violette Leduc...

2 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« J’ai mis ma main sur sa bouche. Isabelle voulait me le dire.

- Je vous…

Je l’étouffais pendant qu’elle voulait avouer. J’ôtai ma main de sa bouche : ses bras sont tombés.

- Ne craignez rien. Je ne vous le dirai pas.

Elle a eu un regard triste pour le ciel dans la découpe de la porte. Je l’avais blessée. Nous étions portées par la tempête des cris.

- Vous ne comprenez pas ?

- Je ne comprends pas, dit Isabelle.

- Ce que vous vouliez me dire… vous me le direz plus tard.

Elle enleva mes mains de sa taille. Le ciel changeait la découpe : le beau ciel au bleu anonyme nous déprimait.

- C’est trop bête. Tout à l’heure nous nous entendions.

- Maintenant nous ne nous entendons plus, dit Isabelle.

Son double sage aux yeux fermés parlait pour elle.

J’ai reculé d’un pas, j’ai eu, dans un brouillard, une douce silhouette d’Isabelle. Elle s’est reprise dans un rêve refroidissant. Les cris de la cour nous transperçaient.

- Vous boudez ?

- Je ne boude pas, dit Isabelle.

- Parlez.

- Non.

La statue entrera dans le mur, elle sera absorbée par le mur.

- Vous me quittez ?

- Moi aussi j’attends, dit-elle.

Plénitude ronde du « non » dit à voix basse, beauté serrée de la boule de neige au mois de mai que je négligerai quand je commencerai de mourir loin des jardins.

Je voyais en fraudant la couleur bitumineuse de l’eau dormante.

Isabelle leva un bras, elle tira l’épingle d’écaille de sa torsade de cheveux mais elle ne l’enleva pas. Son geste inachevé me charmait. Isabelle n’ouvrait pas l

Je l’étreignais de toutes mes forces de repentie, je la respirais, je la serrais sur mon ventre et j’avais d’elle un pagne.

Je titubais avec mon incrustée. »

Violette Leduc - Thérèse et Isabelle

Lire la suite

Coup de coeur... Fiodor Dostoïevski...

1 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le secrétaire le regardait avec un sourire de supériorité triomphante bien qu’avec une certaine commisération, comme si Raskolnikov avait été un naïf que l’on déniaise et il semblait vouloir dire : « Et alors, comment te sens-tu maintenant ? ». Mais que représentait, pour Raskolnikov, une traite, une assignation ! Valaient-elles, maintenant, la moindre inquiétude et pouvait-il y prêter le moindre intérêt ? Machinalement, il restait à lire, à écouter, à répondre et même à poser des questions. Le bonheur de se sentir sauf, de sentir le danger écarté, voilà ce qui, en ce moment, le baignait d’une joie purement animale. Mais à cet instant, le tonnerre sembla éclater dans le bureau. C’était le lieutenant qui, encore tout ébranlé du manque de respect qu’on lui avait témoigné, voulant, par ailleurs, restaurer son prestige, venait de tomber comme la foudre sur la pauvre « dame somptueuse », laquelle, dès son entrée, l’avait regardé avec le sourire le plus niais.

Crime et Châtiment - Fiodor Dostoïevski

Lire la suite

Coup de coeur... Afonso Cruz...

31 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Afonso Cruz...

Rosa est avec sa grand-mère, et elle a vraiment honte d'être là, au milieu de la rue, à côté d'elle. Elle éloigne un peu ses pieds quand l'urine touche la semelle de ses chaussures, mais elle ne peut s'écarter autant qu'elle le voudrait, car Antonia s'accroche à sa robe pour garder l'équilibre.

C'est là, dans des situations comme celle-ci, qu'elle regrette le plus l'absence de son grand-père. S'il vivait encore, les choses seraient différentes. Lui revient alors en mémoire le jour où il s'est jeté dans le puits.

Rosa avait presque cinq ans quand son grand-père, l'haleine sentant l'eau-de-vie, lui avait dit qu'il allait revenir tout de suite, qu'il n'en avait pas pour longtemps. Et ensuite il avait boité jusqu'au puits, s était laissé tomber la tête la première. Le corps avait cogné contre les parois en pierre, parce que c'était l'été et qu'il n'y avait presque pas d'eau. Rosa était restée immobile, sans savoir que faire, mais au bout de quelques minutes, tremblant de tout son corps sous le soleil, elle s'était approchée du rebord et elle l'avait appelé. Quand sa grand-mère l'avait trouvée, elle était encore en train de l'appeler. Le vieux flottait tout en bas, un bras tordu au-dessus de la tête et un bout de chemise en moins, qui était resté accroché aux parois du puits.

Afonso Cruz - Jésus Christ buvait de la bière

Lire la suite

Coup de coeur... Sarah Haidar... La Morsure du Coquelicot...

30 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« La poésie est une plante omnivore qui ne se satisfait que du sang, et c'est en cela qu'elle ressemble le mieux à ma terre : corps vorace et limpide, créature horrifiante refusant la distinction entre la beauté et la laideur... Personne ne comprend l'essence strictement lyrique de l'insurrection, la nôtre : celle s'élançant du pus de la blessure. »

Sarah Haidar - La Morsure du Coquelicot

Coup de coeur... Sarah Haidar... La Morsure du Coquelicot...
Lire la suite

Coup de coeur... Robert Littell...

29 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le poète Mandelstam lit ses vers devant une petite douzaine de personnes; celui à qui les critiques avaient prédit l'avenir du plus grand poète russe du siècle. Il est composé de cette matière étrange qu'est la poésie et il devient lui-même un poème. On est en 1934, il est oublié de tous, ces vers ne sont plus édités depuis six ou sept ans. La collectivisation bat son plein, comme les paysans résistent, le parti affame des régions entières, les morts se comptent par centaines de milliers. A l'époque où plus personne n'ose protester ou dire la vérité Mandelstam conçoit le projet audacieux d'écrire un poème pour faire vaciller le pouvoir de Staline. Comme les atomes renferment des quantités d'énergie capables de faire imploser l'univers, le poème de Mandelstam doit avoir ce noyau dure d'énergie pouvant faire tomber le "montagnard du Kremlin". Le grand Staline avait escaladé des tas de cadavres de ces anciens amis et compagnons , tout comme de simples anonymes, pour se hisser au sommet de la pyramide de l'horreur. Mandelstam entre en lutte... J'ai rarement vu une description aussi fidèle et aussi fine de la Russie sous Staline. Vivement que ce vingtième siècle avec ses horreurs se termine, mais que la mémoire demeure...

Robert Littell - L'hirondelle avant l'orage

Lire la suite