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Vivement l'Ecole!

Articles avec #litterature tag

Coup de coeur... La Fontaine...

23 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Education

Coup de coeur... La Fontaine...

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"

Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Education Nationale, JDD 23/07/2017

                              _________________________________________

LE CORBEAU ET LE RENARD

       Maître Corbeau, sur un arbre perché,
           Tenait en son bec un fromage.
       Maître Renard, par l'odeur alléché,
           Lui tint à peu près ce langage :
       Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
           Sans mentir, si votre ramage
           Se rapporte à votre plumage,
     Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
           Et pour montrer sa belle voix,
   Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
   Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
              Apprenez que tout flatteur
     Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

   Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
           Le Corbeau honteux et confus
   Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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Coup de coeur... William Faulkner...

22 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... William Faulkner...

J'étais par hasard en train de verser du chocolat derrière l'armoire aux médicaments quand Jody est venu me dire: " Dis donc, Skeet, il y a une femme à la porte qui veut voir le docteur. Quand je lui ai dit: Quel docteur voulez-vous voir ? elle m'a dit qu'elle voulait voir le docteur qui travaille ici, et quand je lui ai dit : II n'y a pas de docteur qui travaille ici, elle est restée plantée, les yeux tournés de ce côté.

- Quel genre de femme? dis-je. Dis-lui de monter au cabinet d'Alford.

- Une paysanne, dit-il.

- Envoie-la au tribunal, dis-je. Dis-lui que tous les médecins de la ville sont allés à Memphis pour un congrès de barbiers.

- Bon, dit-il en s'éloignant. Pour une fille de la campagne, elle n'est pas mal.

- Attends" , dis-je. II a attendu et je suis allé regarder par la fente. Mais je ne pouvais rien voir, si ce n'est qu'elle avait de jolies jambes à contre-jour. "Est-ce qu'elle est jeune ? dis-je.

- Pour une fille de la campagne elle a l'air d'avoir le feu au cul, dit-il.

- Tiens ça", dis-je en lui passant le chocolat. J'enlève mon tablier et je m'amène. Elle n'était pas mal. Une de ces petites aux yeux noirs qui vous flanqueraient un coup de couteau comme rien si vous les trompiez. Elle n'était pas mal. II n'y avait personne d'autre dans le magasin. C'était l'heure du déjeuner.

"Que puis-je faire pour vous ? dis-je.

- C'est vous le docteur ? dit-elle.

- Parfaitement", dis-je.

Elle détourna les yeux comme si elle cherchait autour d'elle.

"Est-ce que nous pourrions aller là-bas, dans le fond ? "

II était juste midi et quart. Je suis allé dire à Jody de surveiller et de siffler au cas où le patron arriverait, bien qu'il ne revienne jamais avant une heure.

"Tu ferais mieux de ne pas faire ça, dit Jody. II te fichera dehors à coups de pied dans les fesses sans te laisser le temps de dire ouf.

II ne revient jamais avant une heure, dis-je. Tu pourras le voir entrer à la poste. Ouvre l'œil et siffle un coup.

- Qu'est-ce que tu vas faire?

- Ouvre l'oeil. Je te dirai ça plus tard.

- Tu ne me laisseras pas prendre la suite ? dit-il.

- Non, mais des fois ! Où c'est-il que tu te crois, dans un haras ? Fais le guet. Je vais engager les pourparlers."

Là-dessus, je retourne dans le fond. Je m'arrête devant la glace pour lisser mes cheveux, et je passe derrière l'armoire aux médicaments où elle m'attendait. Elle regarde l'armoire, puis elle me regarde.

- Alors, madame, dis-je exposez-moi votre affaire.

- C'est justement rapport à mes affaires, dit-elle en m'observant. J'ai l'argent.

- Ah, dis-je. C'est-il que vous les avez ou que vous voudriez les avoir ? Dans ce cas vous vous êtes adressée au médecin qu'il vous fallait." Ces gens de la campagne. La moitié du temps ils ne savent pas ce qu'ils veulent et le reste du temps ils ne peuvent pas l'expliquer. La pendule marquait midi vingt.

" Non, dit-elle.

- Non quoi ? dis-je.

- J'les ai pas, dit-elle, c'est justement ça." Elle me regardait. "J'ai l'argent", dit-elle.

Alors, j'ai compris ce qu'elle voulait dire.

"Oh, dis-je. Vous avez quelque chose dans le ventre que vous aimeriez mieux ne pas avoir ?" Elle me regarde. "Vous voudriez bien en avoir un peu plus ou un peu moins, hé ?

- J'ai l'argent, dit-elle. II m'a dit que je trouverais quelque chose à la pharmacie.

- Qui vous a dit ça ? dis-je.

- Lui, dit-elle en me regardant.

- Vous ne voulez pas nommer la personne, dis-je. C'est celui qui vous a semé la graine dans le ventre? C'est lui qui vous a dit ça ?" Elle ne dit rien. "Vous n'êtes pas mariée, hein ?" Je n'avais pas vu d'alliance, mais il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce que l'usage des alliances fût inconnu dans son pays.

"J'ai l'argent", dit-elle. Elle me le montra, noué dans son mouchoir. Un billet de dix dollars.

"Je ne doute pas que vous l'ayez. C'est lui qui vous l'a donné ?

- Oui, dit-elle.

- Lequel ?" dis-je. Elle me regarde. "Lequel d'entre eux ?

- J'en ai qu'un", dit-elle. Elle me regarde.

"Allons donc !" dis-je. Elle ne dit rien. L'inconvénient de la cave c'est qu'il n'y a qu'une sortie, par-derrière, près de l'escalier intérieur. La pendule marquait une heure moins vingt-cinq. "Une jolie fille comme vous !" dis-je.

Elle me regarde. Elle s'apprête à renouer son argent dans son mouchoir. "Excusez-moi une minute" disj-je. Je passe de l'autre côté de l'armoire aux médicaments. Je dis : "Dis donc, t'as jamais entendu raconter l'histoire du type qui s'est foulé l'oreille au point qu'il ne pouvait même plus s'entendre roter?

- Tu ferais mieux de la faire sortir avant l'arrivée du patron, dit Jody.

- Si tu veux me faire le plaisir de rester là-bas, à l'entréee du magasin, la où tu es payé pour te tenir, il n'y aura que moi de pincé."

I1 s'éloigna lentement vers l'entree :

- Qu'est-ce que tu es en train de lui faire, Skeet ? dit-il.

- Je ne peux pas te le dire, dis-je. Ca ne serait pas moral. Va faire le guet.

- Dis donc, Skeet, dit-il.

- Oh ! assez, dis-je. J'exécute une ordonnance, tout simplement.

- II ne dira peut-être rien au sujet de la femme, mais s'il te trouve en train de batifoler avec l'armoire aux médicaments il pourrait bien te botter les fesses jusqu'au bas de l'escalier de la cave.

- Mes fesses ont été bottées par de plus grands cornards que lui, dis-je. Allons, retourne monter la garde."

Je reviens. La pendule disait une heure moins le quart. Elle noue son argent dans son mouchoir.

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Coup de coeur... Albert Camus...

21 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Albert Camus...

Il n'y a plus de déserts. Il n'y a plus d'îles. Le besoin pourtant s'en fait sentir. Pour comprendre le monde, il faut parfois se détourner, pour mieux servir les hommes, les tenir un moment à distance. Mais où trouver la solitude nécessaire à la force, la longue respiration où l'esprit se rassemble et le courage se mesure? Il reste les grandes villes. Simplement, il y faut encore des conditions.

Albert Camus - L'Eté

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Coup de coeur... Rosa Montero...

20 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Rosa Montero...

Au début, elle était résolue à ne plus jamais le revoir. Mais, à mesure que les jours passaient, une sorte de trou avait grandi à l'intérieur d'elle, une sensation de faim ou d'asphyxie, la certitude désolante d'être incomplète. Avec le temps, la folie de l'amour, du désir d'amour, avait commencé à s'allumer dans sa tête.

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Coup de coeur... Alberto Moravia...

18 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Alberto Moravia...

Il y a dans l’œuvre de Poe une nouvelle qui me paraît décrire parfaitement mon état d’âme de ce temps-là, c’est celle qui relate l’aventure d’un pêcheur attiré avec son propre bateau dans les spirales d’un tourbillon marin. Il tourne avec sa barque tout autour des parois de l’abîme et avec lui, au-dessus, à côté, en dessous, tournent les innombrables épaves des naufrages antérieurs. Il sait qu’en tournoyant il approche de plus en plus du fond du gouffre où la mort l’attend et il sait quelle est l’origine de ces épaves. Eh bien ! Ma vie pouvait se comparer à un tourbillon constant. J’étais pris dans les spirales d’un entonnoir obscur et je voyais tournoyer en même temps que moi toutes les choses que j’aimais. Ces choses dont j’étais censé vivre et que je voyais au contraire entraînées avec moi dans le même étrange naufrage. Je me sentais tourner en cercle avec tout ce qui au monde est bon et beau et pas un seul instant je ne cessais d’apercevoir le fond sinistre de l’entonnoir qui me promettait comme à toutes les autres épaves une fin inévitable. Par moments le tourbillon semblait diminuer, s’aplanir, tourner plus lentement et me rendre à la calme surface de la vie quotidienne. À d’autres, au contraire, le tournoiement se faisait plus rapide et plus profond ; je descendais alors toujours davantage dans l’abîme, et toutes les œuvres humaines, tous les principes humains me suivaient et j’en arrivais à désirer l’engloutissement définitif.

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Coup de coeur... George Sand...

17 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... George Sand...

Par toutes ses voix, par celle de l’amitié comme par celle de l’opinion, le monde lui criait de se relever et de se reprendre. C’était là le devoir en effet selon le monde, dont le nom en pareil cas équivaut à celui d’ordre général, d’intérêt de la société : « Suivez le bon chemin, laissez périr ceux qui s’en écartent ». Et la religion officielle ajoutait : « Les sages et les bons pour l’éternel bonheur, les aveugles et les rebelles pour l’enfer ! » Donc peu importe au sage que l’insensé périsse ?

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Coup de coeur... Bruce Chatwin...

12 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Bruce Chatwin...

"Une après-midi au début des années 1970, à Paris, j'allai voir l'architecte et designer Eileen Gray qui, à l'âge de quatre-vingt-treize ans, trouvait tout naturel de travailler quatorze heures par jour. Elle habitait rue Bonaparte. Dans son salon était accrochée une carte de Patagonie qu'elle avait peinte à la gouache.

"J'ai toujours voulu aller là-bas, dis-je.

- Moi aussi, ajouta-t-elle. Allez-y pour moi."

J'y suis allé. J'ai envoyé un télégramme au Sunday Times de Londres : "Parti en Patagonie". Dans mon sac à dos, j'emportai le Voyage en Arménie de Mandelstam et In Our Time (De notre temps) de Hemingway. Six mois plus tard, je revins avec l'ossature d'un livre qui, cette fois, fut publié."

Anatomie de l'errance

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Sylvain Prudhomme, écritures du souffle... (Videos)

12 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Littérature

crivain arpenteur d’ailleurs, Sylvain Prudhomme s’intéresse, dans son œuvre romanesque comme dans ses articles et essais, aux voix et aux corps, à leur musique particulière et à leur souffle. Toute sa création articule le poétique et le politique, dans une langue qui lui est propre, porteuse d’histoires qui s’ancrent dans l’Histoire. Dans le studio de Mediapart, face à Gabrielle Napoli, il s’est confié sur son travail, l’origine de ses récits…

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Coup de coeur... Yasmina Khadra...

11 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"Je suis aux portes de la mémoire, ces infinies bobines de rushes qui nous archivent, ces grands tiroirs obscurs où sont stockés les héros ordinaires que nous avons été, les mythes camusiens que nous n'avons pas su incarner, enfin les acteurs et les figurants que nous fûmes tour à tour, géniaux et grotesques, beaux et monstrueux, ployés sous le fardeau de nos petites lâchetés, de nos faits d'armes, de nos mensonges, de nos aveux, de nos serments et nos abjurations, de nos bravoures et nos défections, de nos certitudes et nos doutes; bref, de nos indomptables illusions. Que garder de ces rushes en vrac? Que rejeter? S'il n'y avait qu'un seul instant de notre vie à emporter pour le grand voyage, lequel choisir? Au détriment de quoi et de qui? Et surtout, comment se reconnaître au milieu de tant d'ombres, de tant de spectres, de tant de titans?...

Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ? Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous que nous avons ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ? Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servi de bûchers ? Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l'ensemble des fantômes qui nous hantent... nous sommes plusieurs personnages en un, si convaincants dans les différents rôles que nous avons assumés qu'il nous est impossible de savoir lequel nous avons été vraiment, lequel nous sommes devenus, lequel nous survivra."

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Coup de coeur... André Gide...

10 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

“J'aimerais te donner une joie que ne t’aurait donnée encore aucun autre. Je ne sais comment te la donner, et pourtant, cette joie, je la possède. Je voudrais m’adresser à toi plus intimement que ne l’a fait encore aucun autre. Je voudrais arriver à cette heure de nuit où tu auras successivement ouvert puis fermé bien des livres cherchant dans chacun d’eux plus qu’il ne t’avait encore révélé ; où tu attends encore ; où ta ferveur va devenir tristesse, de ne pas se sentir soutenue. Je n’écris que pour toi ; je ne t’écris que pour ces heures. Je voudrais écrire tel livre d’où toute pensée, toute émotion personnelle te semblât absente, où tu croirais ne voir que la projection de ta propre ferveur. Je voudrais m’approcher de toi et que tu m’aimes.”

Les Nourritures Terrestres

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