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Vivement l'Ecole!

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Baron orange (scénario de politique-fiction éducative)... A lire absolument! - "On va écrire un guide!"...

16 Mai 2018 , Rédigé par L'Instit Humeurs Publié dans #Education, #Pédagogie, #Lecture

Baron orange (scénario de politique-fiction éducative)... A lire absolument! - "On va écrire un guide!"...

EXTRAIT

SCENE 1. MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE. BUREAU DU MINISTRE. INTERIEUR / AUBE.

Le ministre est devant la fenêtre. Il regarde le lever de soleil, orangé, à l’horizon. La porte s’ouvre, Daniel, le DIRCAB, entre. Il a l’air à la fois frais et fatigué. Le ministre ne se retourne pas, il fera toute la scène face à la fenêtre, baigné dans la lumière de l’aube.

LE MINISTRE. Bonjour Daniel. Avez-vous avancé sur le dossier lecture ?

LE DIRCAB. A vrai dire… j’ai été occupé par le dossier "Chorale en classe", donc...

LE MINISTRE. Dites-moi où vous en êtes. Le niveau baisse, les élèves ne savent plus lire. A votre avis, pourquoi, Daniel ?

LE DIRCAB (consulte ses notes). D’après une méta-analyse portant sur le sujet, il semblerait que les causes soient multifactorielles : taille des classes, mixité sociale, background socioculturel, contexte familial, typologie des quartiers et des écoles, diversité des profils d’élèves, variété des pratiques enseignantes…

LE MINISTRE. Des conneries ! Il y a une explication, claire, nette, toute la recherche va dans ce sens : la coupable, c’est la méthode globale !

LE DIRCAB (cherche dans ses notes, semble perdu, fait tomber une ou deux feuilles). Je… C’est-à-dire que… Enfin, il semblerait quand même que la méthode globale n’existe plus tellement, globalement…

LE MINISTRE. Vous êtes naïf, Daniel ! Vous savez pourquoi vous ne l’avez pas trouvée, la globale ? Parce qu’elle est cachée ! Elle est partout, elle est dans chaque méthode qui n’est pas purement syllabique !

LE DIRCAB. …

LE MINISTRE. Je vais vous dire, ce qu’on va faire : on va interdire les méthodes qui ne sont pas strictement syllabiques. Il est temps de revenir aux méthodes qui ont fait leurs preuves et d’éliminer les autres ! C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures, la recherche est catégorique.

LE DIRCAB. … D’accord monsieur le Ministre. Vous voulez écrire de nouveaux programmes ?

LE MINISTRE. Non… Les derniers sont à peine en place, les Français ne comprendraient pas qu’on arrive et qu’on change tout. C’est ce que les autres font depuis toujours or nous, on n’est pas comme les autres. On ne change pas tout, on modifie les choses en douceur.

LE DIRCAB. Mais, déjà que les enseignants ne suivent pas toujours les programmes, alors si on ne change même pas les programmes, comment changer les enseignants ?…

LE MINISTRE (sourire, regard vers l’horizon). On va écrire un guide.

LE DIRCAB. Un guide pédagogique ?

LE MINISTRE (s’énerve). Pas de gros mot, Daniel ! Allez, une pièce dans la boite !... (Le DIRCAB sort une pièce de la sa poche et la glisse dans une boite où figure la mention « gros mots et énormités »). Non, un guide qui explique aux enseignants ce qui est bien, pas bien, ce qu’il faut faire, pas faire, en s’appuyant sur la recherche, bien entendu.

LE DIRCAB. Bien entendu. Je contacte le Conseil scientifique ?

LE MINISTRE. Ca ira, pas la peine, Daniel, je maitrise le sujet. On va écrire le guide, un manuel de bonne conduite à l’intention des enseignants, pour leur faire comprendre que la fête est finie, mais gentiment, hein, toujours dans « l’école de la confiance ».

LE DIRCAB. Bien entendu. L’école de la confiance.

(...)

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Lucien Marboeuf

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Remèdes aux mensonges et autres idées reçues - Lecture : une question de méthode ?

14 Mai 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie, #Lecture

Remèdes aux mensonges et autres idées reçues - Lecture : une question de méthode ?
EXTRAIT
 
Puisque la méthode globale n’existe pas, il faut l’inventer... On pourrait résumer à cela les débats récurrents sur les méthodes d’apprentissage de la lecture employées à l’école primaire. Rien n’est exact dans l’affirmation que les « jeunes d’aujourd’hui » ne sauraient plus lire à cause de la « méthode globale ». Sur ce sujet qui a déjà fait couler tant d’encre et de salive, faisons le point de manière plus rigoureuse.
 
"Les élèves, au sortir du cours préparatoire, ne savent plus lire. C’est la faute de la méthode globale. "

Ces affirmations souvent entendues allient la déploration sur le déclin de l’école et la condamnation des manières de faire des enseignants d’aujourd’hui. Qu’en est-il au-delà des impressions subjectives de chacun ? Car, à partir d’un point de vue partiel, tout le monde, parent, enseignant, chercheur dans une spécialité pointue, a une opinion tranchée, à défaut d’être fondée, sur ce qu’on devrait faire ou pas en classe pour enseigner la lecture. Mieux vaudrait aller voir ce que nous disent les enquêtes et les synthèses de recherche.

Déjà en 1959 !

Il faut dans toute période difficile trouver un bouc émissaire. La Méthode Globale est aujourd’hui responsable de tous les maux dont souffre l’École.
Si les enfants lisent moins bien qu’autrefois, c’est la faute à la Méthode Globale.
S’ils manquent d’attention et de concentration dans leurs devoirs, s’ils font trop de fautes dans leurs dictées ou dans leurs lettres, c’est évidemment la méthode globale qui en est la cause.
La discipline elle-même, et donc la marche générale des établissements, en sont affectés. Qu’on revienne donc à la bonne règle préalable du B-A BA et aux exercices méthodiques ; qu’on enseigne les bases avant d’aborder le tout, et l’éducation refleurira. L’État sera sauvé.

Célestin Freinet « La Méthode Globale, cette galeuse ! », supplément à la revue l’Éducateur (n° 19 du 30 juin 1959).

Tout d’abord, le niveau des élèves en lecture baisse-t-il ? Difficile de comparer les performances sur une longue durée, car les attentes ont bien changé depuis un siècle. Il ne suffit plus aujourd’hui de déchiffrer et de comprendre un texte simple pour pouvoir s’insérer dans la vie sociale et professionnelle. Les ambitions sont plus grandes, les textes, les documents, les situations de lecture sont multiples et complexes, notamment lorsqu’il s’agit de lire pour apprendre. En revanche, les points de comparaison existent si on remonte à une vingtaine d’années, grâce aux évaluations organisées en France par la DEPP et aux évaluations internationales (PIRLS au CM1, PISA pour les élèves de 15 ans). On y constate des scores médiocres des élèves français et leur légère baisse au fil des années.

En fait, ces résultats cachent un contraste entre les meilleurs élèves, très performants, et les moins bons, qui font baisser le score moyen. C’est là le point inquiétant : notre enseignement de la lecture n’est pas inefficace pour tous les élèves, mais pour les élèves les plus faibles, qui sont aussi, très souvent, les plus défavorisés socialement. Le système français se révèle parmi les plus inégalitaires des pays de l’OCDE. Pour bien poser la question de l’efficacité respective des différentes manières d’enseigner la lecture, il faut surtout s’interroger sur leur efficacité pour les élèves le plus en difficulté.

(...)

Jacques Crinon

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Méthode syllabique, méthode globale: 100 ans de débat pour rien?...

13 Mai 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Lecture

Les récents propos de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, ont réveillé l'ancestrale querelle pédagogique entre méthode syllabique et méthode globale. Retour sur l'histoire d'une polémique plus politique qu'il n'y paraît.

C’est un débat que l’on pensait dépassé, mais les récents propos de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, ont fait resurgir la querelle entre méthode syllabique et méthode globale. Le 23 août 2017, dans Le Nouvel Observateur, il déclarait en effet :

"On s'appuiera sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet qu'elle a des résultats tout sauf probants."

Les réactions n'ont pas tardé à se faire entendre, entre irritations et incompréhension des enseignants et syndicats de l'enseignement qui considèrent qu’il s’agit là d’un faux débat. En réveillant un débat ancien, Jean-Michel Blanquer agite en réalité un épouvantail, une vieille ritournelle pédagogique. Malgré les tentatives pour désamorcer la polémique, la controverse est bel et bien réveillée. Retour sur l’histoire d’un débat de plus d'un demi-siècle.

“B.a-ba” vs “Ba-b.a”

Dans cette querelle, il y a d'un côté la méthode syllabique, ce mode d’apprentissage qui fait son apparition en 1762 avec le pasteur Jean-Georges Stuber. Communément définie par l’expression “B.a-ba”, cette méthode synthétique préconise l’apprentissage des lettres ou syllabes pour pouvoir former les mots. Particulièrement en vogue à la fin du 19ème siècle avec l’essor de l’école gratuite et obligatoire de Jules Ferry, cette méthode est perçue comme un socle d’apprentissage solide et fiable permettant aux enfants d’associer son et graphie.

De l’autre côté, la méthode globale est une méthode analytique qui part de la visualisation de mots familiers pour arriver ensuite jusqu'aux lettres. C’est le “Ba.b.a”. Cette méthode est développée début 1900 en Belgique, par le pédagogue Ovide Decroly qui s’appuie sur les apports de la psychologie, en remettant par ailleurs le désir d'apprendre au centre de l'apprentissage. La méthode est introduite en France dans les années 1920 par une institutrice, dont l'histoire se souvient comme d'une certaine "Madame Rouquié".

Derrière les deux pédagogies ainsi opposées, on trouve en réalité bien des nuances et une diversité de méthodes, qu'elles soient globales ou syllabiques. Une série de méthodes hybrides, combinant pour partie chacune des deux approches, qui émergent progressivement très tôt, dès les années 1950. A cette époque, les méthodes mixtes font leur apparition.

(...)

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Lecture : "Imposer une méthode unique est un abus de pouvoir" (R. Goigoux)

13 Mai 2018 , Rédigé par L'Instit Humeurs - Lucien Marboeuf Publié dans #Education, #Pédagogie, #Lecture

Lecture : "Imposer une méthode unique est un abus de pouvoir" (R. Goigoux)

EXTRAIT

Quinze jours après la publication par le ministre Blanquer de ses quatre circulaires et de son "guide orange" sur la lecture au CP, voici une analyse à la fois synthétique et complète, assez nettement au-dessus de la mêlée. Elle provient de Roland Goigoux, chercheur spécialiste de la lecture, formateur et auteur d’une étude référence sur le sujet. Dans une lettre aux formateurs, il explique en quoi le guide orange est suspect scientifiquement et fait peser un danger sur les pratiques enseignantes efficaces qui ne seraient pas en phase avec sa doxa.

« D’inégale valeur sur le plan scientifique »

Pour Goigoux, le guide orange est « d’inégale valeur sur le plan scientifique » et « comporte de nombreuses contradictions, on devine une pluralité de rédacteurs ». Impossible cependant de savoir qui, le guide n’étant pas signé. Le ministre avait vanté « un travail issu d’une intelligence collective, réalisé sur la base des recherches les plus avancées », rédigé avec l’expertise du Conseil scientifique de l’Education nationale (CSEN) installé par le ministre lui-même en janvier dernier. Mais Goigoux dit autre chose : « Les rédacteurs mentionnent que le guide a été relu par quelques-uns de ses membres sans préciser lesquels. Le conseil n’a pas été saisi, il a même été court-circuité, ce qui laisse planer un doute sérieux sur son utilité présente et future. Notre collègue clermontois Michel Fayol qui coordonne en son sein le groupe chargé d’étudier les manuels de lecture au CP a découvert le guide sur internet après sa publication. Cette démarche discrédite les conclusions que le CSEN devait livrer dans quelques semainesLe ministre avait assuré que les recommandations seraient fondées « sur les résultats d'expérimentations et à la lumière de la recherche la plus récente ainsi que de la comparaison internationale ». Cette exigence nous réjouissait mais malheureusement elle n’a pas été respectée : aucune expérimentation n’a validé la méthode promue par le ministère et aucune comparaison internationale n’a conclu à sa supériorité ».

Précis, Goigoux affine : « Le guide formule des conclusions abusives et comporte des oublis importants, par exemple sur l’écriture et la compréhension. Ses rédacteurs convertissent imprudemment de simples hypothèses de recherche en recommandations. La planification de l’étude des correspondances graphèmes-phonèmes présentée pages 55 à 61, par exemple, est fondée sur une analyse linguistique rigoureuse mais elle n’a jamais été expérimentée en classe de manière probante. Elle n’est, de surcroit, pas cohérente avec celle proposée par le manuel valorisé dans le guide quelques pages plus loin. Les chercheurs doivent donc mettre en garde les enseignants, les formateurs et les inspecteurs contre certaines affirmations péremptoires non étayées sur des résultats scientifiques, notamment sur la méthode syllabique radicale. Nos collègues des sciences de la santé en feraient autant si leur ministre recommandait un médicament avant d’en avoir testé les effets. La seule recherche dont dispose le ministère pour justifier son choix est celle de Jérôme Deauvieau, un sociologue membre du conseil scientifique de l’Éducation  nationale (CSEN) et proche collègue des auteurs du manuel préconisé. Mais cette étude présente de si graves défauts méthodologiques qu’elle n’a jamais été publiée par une revue scientifique : elle compare par exemple les performances d’élèves en fin de CP sans avoir pris soin de les évaluer au début de l’année. Elle ne permet donc pas d’affirmer la supériorité d’un manuel testé dans 5 classes sur un autre ».

A contrario, l’étude Lire-Ecrire au CP dirigée par Goigoux, fait référence : 2500 élèves concernés, dans 131 classes réparties sur 16 académies, 60 chercheurs, 20 docteurs et doctorants de 13 universités ont travaillé pendant deux ans, rendant une étude qui a donné lieu à une vingtaine de publications scientifiques et été reprise lors de la Conférence de consensus du Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO) en 2016. Mais, regrette Goigoux, les rédacteurs du guide orange « ne mentionnent notre travail que lorsque nos conclusions vont dans leur sens. Dans le cas contraire, ils les passent sous silence ».

(...)

Lucien Marboeuf

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Apprentissage de la lecture - Quand la science s'appuie sur des enquêtes discutables...

13 Mai 2018 , Rédigé par christophe - IFE Publié dans #Education, #Pédagogie, #Lecture

Apprentissage de la lecture - Quand la science s'appuie sur des enquêtes discutables...

Pour Stanislas Dehaene (Voir Twitter @StanDehaene ), président du Conseil Scientifique de l'Education Nationale:

"30% des enseignants improvisent sans manuel (enquête Goigoux), et le  reste utilise majoritairement les manuels les moins efficaces (enquête  Deauvieau)"       

Petit souci: l'enquête Deauvieau 2013 est pour le moins sujette à interrogations:

"On pourrait arguer de la faiblesse relative de l'échantillon. Mais la méthodologie n'est pas sans faille et parfois on trouve des libertés curieuses. Ainsi dans les appréciations portées sur les usages des enseignants des classes "déviantes" qui se trouvent écartées vite fait ou les liens entre manuel et pratiques. Enfin l'appareil statistique tel qu'il est ne permet pas vraiment une mesure infaillible de l'effet maitre et le niveau des progressions."

F Jarraud (Lien en bas de page)

C Chartreux

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Roland Goigoux, enseigner la lecture et l'écriture au cours préparatoire : questions vives

Quels sont les savoirs sur l'enseignement du lire-écrire au cycle 2 qui font consensus ? Où sont les discussions ? Peut-on proposer des pistes utilisables pour les enseignants ? Roland Goigoux fait le point à partir des fruits de la recherche Lire-Ecrire qu'il a dirigée, en pointant ce qui lui semble converger (ou pas...) avec d'autres résultats de recherches...

Nous synthétisons ci-dessous le propos de Roland Goigoux dans chacun des neuf chapitres de la conférence.

Si les vidéos ne démarrent pas, n'hésitez pas à recharger la page dans votre navigateur, ça devrait s'arranger...

Suite et fin en lien ci-dessous

 

(En particulier les vidéos 3 et 9/Le webmaster)

 

Lire aussi

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Apprendre à lire : le b.a.-ba d’une fausse polémique... Par Luc Cédelle...

11 Mai 2018 , Rédigé par Le Monde - Luc Cédelle Publié dans #Education, #Pédagogie, #Lecture

Apprendre à lire : le b.a.-ba d’une fausse polémique... Par Luc Cédelle...

EXTRAITS

Le 26 avril, le ministre de ­l’éducation nationale vantait la méthode « syllabique » et conspuait la « globale ». Pourquoi feint-il d’oublier qu’enseignants et ­spécialistes s’accordent aujourd’hui sur l’essentiel ? Retour sur la longue querelle de l’apprentissage de la lecture.

Une phrase-clé qui claque : « La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique. » Et une affirmation non moins retentissante : « Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique –, il ne peut y avoir de “compromis” mixte. » Avec son entretien au Parisien du 26 avril, accompagné de la publication, le même jour, de quatre notes de service sur l’enseignement des « fondamentaux » et d’un guide de 130 pages détaillant ses recommandations pédagogiques sur l’apprentissage de la lecture, Jean-Michel Blanquer était certain de marquer les esprits. D’une double façon : en se mettant la plupart des syndicats d’enseignants à dos et l’opinion publique dans sa poche.

Méthodes validées par la science

Le ministre de l’éducation nationale avait déjà, en août 2017, laissé percer ses intentions en déclarant à L’Obs que, pour la lecture, il s’appuierait « sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a eu des résultats tout sauf probants ». Aujourd’hui, tout en se défendant de vouloir imposer quoi que ce soit, il est passé à l’action. Quelle que soit la part calculée de communication politique, il faut lui faire crédit de sa conviction qu’il est possible d’obtenir – ou, à tout le moins, d’approcher – les « 100 % de réussite au CP », selon l’objectif-slogan énoncé dès son arrivée Rue de Grenelle. Pour Jean-Michel Blanquer, cet objectif est atteignable si l’éducation nationale a recours aux méthodes validées par la science.

La science semble, à ses yeux, idéalement incarnée par le neuroscientifique et psychologue cognitiviste Stanislas Dehaene, qu’il a nommé, fin décembre 2017, à la présidence d’un tout nouveau Conseil scientifique de l’éducation. Ce chercheur de renommée internationale s’intéresse depuis longtemps aux apprentissages scolaires et leur a consacré plusieurs livres : La Bosse des maths (1996), Les Neurones de la lecture (2007) et, sous sa direction, Apprendre à lire (2011), édités chez Odile Jacob. Situé au carrefour de domaines disciplinaires contigus – la psychologie cognitive, qui a pour objet les apprentissages et les comportements, et les neurosciences, qui, grâce à l’imagerie cérébrale, examinent leurs corrélats en termes d’activité neuronale –, il assure que « l’éducation est une science » et qu’elle doit être « fondée sur la preuve ».

Lire aussi :   Apprentissage de la lecture : le point sur les savoirs et les pratiques

D’autres chercheurs, en majorité du côté des sciences humaines, objectent que l’inextricable écheveau de variables inhérent à toute situation éducative fait que la « preuve », en ce domaine, tend à se dérober ou, ce qui revient au même, à ne fournir que des données partielles. L’accusation de scientisme affleure souvent. Elle reste cependant limitée à un milieu de spécialistes et n’empêche pas Jean-Michel Blanquer de porter, avec les neurosciences, un puissant et moderne message : la « science » va remettre sur les rails les apprentissages, à commencer par le plus déterminant d’entre eux, la lecture.

Théâtre idéologique

Ce message est d’autant plus fort qu’il en croise un autre, déjà bien ancré dans l’opinion. Dans le théâtre idéologique que constitue, en France, le débat public sur l’éducation, se joue une pièce inusable : celle de la méthode « syllabique » contre la « globale ». Selon les représentations en vigueur, la première est l’expression du « bon sens » : elle apprend aux enfants à lire comme tout le monde se souvient d’avoir appris, c’est-à-dire en associant des lettres pour former des sons – c’est le « b.a.-ba ». Aux yeux de ses partisans, elle serait la seule à apprendre systématiquement aux élèves le « code de lecture », soit les correspondances entre les phonèmes et les graphèmes – les graphèmes « o », « ô », « au », « eau » sont ainsi associés au phonème « o ». La seconde, qui repose sur la reconnaissance visuelle de la forme des mots, est présentée comme le péché absolu du « pédagogisme » et la cause des piètres performances des élèves français dans les enquêtes internationales.

(...)

Aujourd’hui, en l’état des savoirs, personne ne peut prétendre sérieusement détenir la clé du succès en lecture. En revanche, entre chercheurs de parcours et de disciplines différentes, présumés « scientistes » ou non, issus des sciences cognitives, de la sociologie ou des sciences de l’éducation, s’est installé ces dernières années un véritable consensus sur l’essentiel. Réaffirmé de colloques en conférences, il n’a cessé de se renforcer depuis une quinzaine d’années. En 2016, en concluant une conférence de consensus organisée par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) sur la compréhension en lecture, Jean-Emile Gombert, professeur de psychologie du développement cognitif, ancien président de l’université ­Rennes-II et partisan d’une « pédagogie fondée sur la preuve », faisait état d’un « accord entre les chercheurs, tant au niveau international que national ».

Cet accord sur l’essentiel peut être ainsi résumé : l’apprentissage explicite et progressif du code dès le tout début du CP doit s’accompagner d’un travail suivi sur la compréhension. Bien sûr, chaque école de recherche garde ses spécificités. Des divergences subsistent sur le temps à accorder aux différentes compétences que doivent acquérir les élèves ou sur la manière de les agencer au cours de l’apprentissage, mais elles sont désormais de l’ordre du dialogue scientifique et non des affrontements idéologiques d’antan. L’apprentissage de la lecture est en quelque sorte délivré de sa charge polémique, mais le public l’ignore. Et pourquoi l’ignore-t-il ? Sans doute parce qu’il reste politiquement plus « rentable » d’exploiter des clivages dépassés.

Luc Cédelle

L'article (passionnant) complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Glose, l’application de lecture pour l’école...

30 Avril 2018 , Rédigé par Academie Grenoble Publié dans #Education, #Pédagogie, #lecture

En espérant très vivement que tablettes, téléphones portables et autres écrans ne soient pas purement et simplement bannis des enceintes scolaires.

CC

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Glose est un site internet et une application pour smartphone et tablette, qui permet aux professeurs et professeurs documentalistes de choisir des livres pour leurs élèves, de les distribuer au format numérique (ebook), et d’enrichir leur lecture d’annotations, commentaires et analyses autour des textes. Glose permet donc une lecture numérique, mobile, interactive et augmentée, qui encourage les élèves à lire plus et de manière plus approfondie les textes qu’ils étudient en classe.

 

Elle regroupe trois services en un :
 
  • une interface de lecture enrichie permettant de partager des notes, images, vidéos et conversations dans les marges des textes lus en classe ou à la maison.
  • un réseau social où chaque professeur et chaque élève a son profil personnel sécurisé pour archiver textes et notes, échanger avec les autres lecteur, et créer des cercles de lecture fermés.
  • une librairie numérique de près d’un million de titres disponibles en un clic – avec des dizaines de textes gratuits particulièrement pertinents – et de nombreux contenus vidéo autour des livres.
La plateforme est facile à prendre en main et plait aux élèves testés. Elle regroupe beaucoup de contenus (100 grands classiques gratuits, textes historiques : l’essentiel des textes que nous utilisons en collège et lycée etc…) et d’outils pédagogiques (outils de contribution, de collaboration, de discussion) dans une intégration élégante. Elle permet aussi au professeur d’avoir un compte rendu détaillé de l’activité de ses élèves en lien avec le texte (sur demande).
 
L’usage de cette plateforme en classe est intéressant pour :
 
  • promouvoir la lecture (notamment sur tablette)
  • permettre aux élèves d’interagir sur leurs découvertes : l’exercice de lecture et d’analyse des textes reste une tâche habituellement personnelle
  • développer une nouvelle pratique des médias modernes, comme supports de pratiques citoyennes mais aussi créatives
  • développer une pratique sur le mode de la classe inversée
Voici une plaquette de Glose qui met en évidence les fonctionnalités principales et des exemples de scénarios pédagogiques.
 
Voir aussi: 
 
http://www2.aclyon.fr/enseigne/lettres/IMG/pdf/gloseeducation_pour_enseignants.pdf
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« On dit que les jeunes lisent moins : ils n’arrêtent pas de lire!...

17 Février 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie, #Lecture

« On dit que les jeunes lisent moins : ils n’arrêtent pas de lire!...
Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde et fondateur de Mediapart, a commencé sa carrière comme journaliste éducation. Il reste un fin observateur des enjeux des politiques éducatives, ainsi qu’un défenseur de l’éducation nouvelle et de son apport pour former les futurs citoyens et travailleurs. Il intervenait lors de la Biennale de l’éducation nouvelle en novembre dernier.

L’école, pour vous, c’était comment ?

J’étais un bon élève, copain avec les cancres et qui n’avait pas envie d’être premier de la classe. J’ai en particulier un excellent souvenir d’une institutrice, durant la période où je ne vivais pas avec mes parents, de 8 à 10 ans. Madame Montalin a été la personne qui m’a donné le plus confiance en moi.

Je viens d’une famille bretonne, mon père était professeur d’histoire, mes sœurs enseignantes en Seine-Saint-Denis, terre d’immigration bretonne ! Une toute petite bourgeoisie urbaine qui fait son chemin grâce à l’école. Un fils d’enseignant (puis vice-recteur) a forcément un rapport un peu biaisé à l’école.

D’où vient votre connaissance de l’éducation nouvelle ?

Du militantisme. J’arrive à Paris à 18 ans, pour poursuivre mes études à l’université, et je suis happé par l’engagement banal de 68. J’ai alors choisi la famille intellectuelle la plus émancipatrice, l’opposition de gauche au stalinisme, dans sa variante la plus libertaire. J’ai été rapidement responsable du secteur lycéen de mon organisation. Aussi, quand on crée un quotidien en janvier 1976, je passe à la rubrique éducation au sens large. C’est là que je fais l’apprentissage à la fois d’un métier, avec des journalistes plus chevronnés, et de la matière de l’éducation. Je découvre comme cela l’univers infini de l’éducation nouvelle. Et j’ai subi sans doute l’influence de ce lieu, l’IPN (Institut pédagogique national), dont est issu l’IFÉ (Institut français de l’éducation), rue d’Ulm, où je fréquentais toutes sortes de laboratoires de recherche en éducation.

Je découvre aussi le mouvement ­Freinet, des pratiques peut-être évidentes aujourd’hui, mais piétinées par le discours dominant, comme la correspondance scolaire, l’idée que la classe est une société où se construisent des liens entre des personnes qui ne sont pas effacées par le «  nous  » de la collectivité.

Quels rôle et place voyez-vous pour les mouvements pédagogiques aujourd’hui ?

Il y a une nouvelle jeunesse de ces mouvements, liée à la révolution numérique. Tout à coup, existe la possibilité technologique d’une révolution permanente. Le sachant est descendu de l’estrade et est au même niveau que celui qui apprend. Twitter, Facebook ont à peine dix ans. Nous sommes à l’orée de ce monde-là, qu’il faut penser comme un monde transnational. J’étais, il y a peu, en Guinée pour les vingt ans d’un journal guinéen numérique. Aujourd’hui, un Guinéen connait mieux notre société française qu’un paysan français il y a un demi-siècle.

Sur internet, il n’y a pas de format, on peut partager des conférences, des vidéos de débats, sans être interrompu par la publicité, et on peut mélanger les expériences individuelles avec les avis d’experts. Cela permet une autodidaxie permanente, qui est au cœur de la démocratie. C’est ce que les mouvements d’éducation nouvelle ont voulu porter, contre le mythe de l’école libératrice traditionnelle, selon lequel il suffirait d’aller à l’école pour apprendre, sans voir qu’elle reproduit les inégalités.

Vous ne devez pas vous sentir le dos au mur, ni intégrer une mise à l’écart dans le discours dominant. Vous êtes au cœur de ce que vivent les jeunes et les élèves ! Dans le discours sur le «  pédagogisme  », il y a une diabolisation du numérique, un refus de voir que cet instrument est au cœur de la manière dont les enfants apprennent, vérifient. On dit que les jeunes lisent moins : mais ils n’arrêtent pas de lire !

Et à la différence de ce que disent les contempteurs de la pédagogie, les mouvements d’éducation nouvelle ont mis le travail au cœur de leur projet. On va travailler ensemble, faire, fabriquer des choses ensemble, là où l’académisme méprise le travail, donc les ouvriers, l’enseignement technique ou professionnel.

On a oublié la radicalité originelle des mouvements d’éducation nouvelle ; ce dont ils sont porteurs, c’est un projet politique démocratique. La coopération fait écho à la relation, au lien, à l’échange, au partage. Mais ce sont des outils qui ne sont pas uniquement pédagogiques ni démocratiques, il peut y en avoir un usage élitiste et individualiste, par exemple si on les conçoit ou perçoit sans la dimension du lien. C’est la différence entre Célestin Freinet et Maria Montessori : ce que prône Freinet, c’est une émancipation collective des élèves, par, dans et pour le collectif, tandis que le projet de Montessori est plus individualiste.

Il faut aussi penser l’écosystème : les grandes lois sur la presse et sur l’obligation scolaire sont contemporaines, en 1881. Aujourd’hui, la vague technologique nouvelle arrive en même temps qu’une vague conservatrice, néolibérale, autoritaire et réactionnaire, et pas dans un moment d’émancipation.

L’école est au cœur de la bataille pour l’exigence démocratique et sociale. Pour fabriquer des femmes et des hommes libres, qui se sentent responsables de leur liberté.

Propos recueillis par Cécile Blanchard

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Daniel Pennac : "J'ai utilisé la lecture à voix haute pour faire aimer la lecture silencieuse et solitaire"...

20 Janvier 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Lecture

 Daniel Pennac : "J'ai utilisé la lecture à voix haute pour faire aimer la lecture silencieuse et solitaire"...

Porte-parole de la littérature et du plaisir de lire, Daniel Pennac est le parrain de la deuxième "Nuit de la lecture". L'auteur de la saga Malaussène est notre invité pour nous parler de la lecture à voix haute, qu'il a défini comme un "droit imprescriptible" du lecteur dans "Comme un roman".

Daniel Pennac est le parrain de la seconde édition de la Nuit de la lecture. Un événement qui se déroule ce samedi 20 janvier partout en France - et à travers le monde - dans les bibliothèques et les librairies.

"J'ai été professeur durant une trentaine d'années. J'avais affaire avec des élèves en grandes difficultés scolaire (...) Pour les réconcilier avec la lecture silencieuse et solitaire j'ai transité par la lecture à voix haute. 

Quand un élève vous dit qu'il n'aime pas lire, il ne sait pas ce qu'il dit. Si vous le croyez, il est foutu et vous aussi comme professeur."

Références des extraits des œuvres lues par Daniel Pennac et Caroline Broué durant l'émission : 

Daniel Pennac est le parrain de la seconde édition de la Nuit de la lecture. Un événement qui se déroule cette nuit partout en France - et à travers le monde - dans les bibliothèques et les librairies.

"Si vous croyez un élève qui vous dit qu’il n’aime pas lire, il est foutu et vous aussi"

Références des extraits des œuvres lues par Daniel Pennac et Caroline Broué durant l'émission : 

Références des œuvres citées :

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1 Janvier 2018 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education, #Polony, #Lecture

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