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Vivement l'Ecole!

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Lire des histoires aux enfants, pourquoi c’est important

28 Décembre 2022 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Lecture

Pourquoi les enfants aiment lire et relire les mêmes histoires

Lire des histoires aux enfants, pourquoi c’est important
Frédéric Bernard, Université de Strasbourg

Lorsqu’elle est pratiquée de façon régulière, la lecture présente un certain nombre de vertus sur le plan cognitif et le plan émotionnel. Dès lors, identifier les facteurs qui favorisent cette activité revêt un intérêt notable, en particulier pour permettre aux plus jeunes de bénéficier le plus tôt possible, et de façon durable, de ces bienfaits.

Parmi ces facteurs, il en est un qui peut particulièrement exercer un effet précoce sur le goût pour la lecture : le fait de lire des histoires à son enfant, ce qu’on appelle aussi la lecture partagée.

Découvrir la « langue des livres »

Simple de prime abord, cette activité pourra néanmoins susciter une expérience forte. Découvrons comment Maryanne Wolf, professeure de développement de l’enfant et de neurosciences cognitives aux États-Unis, décrit avec acuité et sensibilité la dimension phénoménologique de cette activité conjointe dans l’ouvrage Proust et le calamar :

« Imaginons la scène suivante. Un enfant est blotti contre l’un de ses proches et écoute attentivement les mots prononcés coulant comme un ruisseau, des mots contant des histoires de fées, de dragons et de géants vivant dans des contrées lointaines encore jamais imaginées ».

Selon la professeure, le cerveau de l’enfant à qui on lit des histoires se prépare à lire bien plus tôt que ce que l’on pourrait penser. Par exemple, le traitement de mots comme « elfe » ou d’expressions comme « il était une fois », que l’on rencontre rarement dans les conversations ordinaires, familiarisera l’enfant de façon précoce à la « langue des livres ».

Ainsi, les deux activités qui se produisent en parallèle pendant la lecture partagée, « entendre la langue écrite et ressentir un sentiment d’amour », seraient « les meilleures fondations de ce long apprentissage qu’aucun spécialiste des sciences cognitives ou de l’éducation ne peut mettre en œuvre », poursuit Maryanne Wolf.

Développer son langage oral et écrit

Plusieurs recherches ont été menées ces dernières décennies pour déterminer les effets de la lecture partagée sur le développement de l’enfant. Dans une méta-analyse publiée en 2011 dans le journal scientifique Psychological Bulletin, Suzanne Mol et Adriana Bus de l’Université de Leiden aux Pays-Bas les ont répertoriés.

Dès l’introduction de l’article, il est indiqué, références à l’appui, que la lecture partagée est considérée comme l’une des activités les plus importantes pour le développement des connaissances préalables aux succès ultérieurs en lecture. La mise en place avant l’âge de deux ans d’une habitude de lecture partagée exposerait l’enfant à une variété de stimuli linguistiques qui stimulent le développement de son langage et posent les jalons d’une pratique régulière de la lecture.

Ainsi, les enfants à qui on a fréquemment lu des histoires entrent à l’école avec un vocabulaire plus important et de meilleures capacités de compréhension. Cet effet significatif pourrait s’expliquer, au moins en partie, par le fait que les livres pour enfants contiennent trois fois plus de mots peu fréquents que les contenus télévisés ou que les conversations entre adultes et enfants selon Donald Hayes et Margaret Ahrens dans un article publié dans Journal of Child Language en 1988.

Par ailleurs, une méta-analyse d’Adriana Bus et de ses collègues, publiée en 1995 dans Review of Educational Research, montrait déjà que 64 % des enfants bénéficiant de la lecture partagée étaient les meilleurs lecteurs à l’école, ce nombre chutant à 36 % pour les enfants n’en bénéficiant pas. Ainsi, la lecture partagée aurait un impact significatif sur le développement des enfants en favorisant les habiletés nécessaires pour apprendre à lire et en suscitant une attitude positive vis-à-vis de la lecture.

Les résultats de la méta-analyse de 2011 vont dans le même sens en pointant les corrélations positives entre les activités de lecture partagée avec des enfants entre 2 et 6 ans et leur niveau de langage oral, tout comme l’étendue de leur vocabulaire et la capacité à l’utiliser et, enfin, le niveau atteint par la suite en lecture.

Compétences et goût pour la lecture

Pour en revenir aux liens entre lecture partagée et goût pour la lecture, regardons les résultats de l’étude d’Elsje van Bergen et de ses collègues réalisée aux Pays-Bas et publiée en 2017 dans The Journal of Child Psychology and Psychiatry. Les chercheurs ont exploré les liens de causalité entre les capacités de lecture et le goût pour la lecture, mesuré en tenant compte uniquement de la lecture pour le loisir à la maison – et pas de celle d’ouvrages proposés par l’école – chez plus de 11 000 jumeaux ayant un âge moyen de 7,5 ans.

Après avoir mis en évidence dans un premier temps la corrélation positive (0,41) significative entre les capacités de lecture et le goût pour la lecture chez ces enfants, les auteurs de l’étude ont fait une analyse statistique supplémentaire qui leur a permis d’en conclure que ce sont les capacités de lecture, variables d’un enfant à l’autre, qui déterminent le goût pour la lecture plutôt que l’inverse.

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Ainsi, selon les résultats de cette étude, c’est l’aisance par rapport à la lecture qui amènerait les enfants âgés de 7-8 ans à lire davantage pour le plaisir et non pas le goût pour la lecture qui déterminerait les capacités de lecture.

Si nous reprenons maintenant l’ensemble des résultats décrits dans cet article, nous constatons qu’ils étayent le postulat proposé par Fletcher et Reese dans un article publié en 2005 dans le journal Developmental Review, selon lequel la lecture partagée déclenchera la mise en marche d’une causalité spirale : la lecture partagée stimulera le développement des capacités de langage et de lecture, ce qui en retour stimulera le goût pour la lecture.

Il ne faut bien évidemment pas pour autant écarter la possibilité que la lecture partagée puisse exercer un effet direct sur le goût pour la lecture. Cependant, les études scientifiques publiées à ce jour nous amènent à ne pas faire l’impasse sur le fait de considérer l’aisance par rapport à la lecture comme une variable intermédiaire entre lecture partagée et goût pour la lecture.The Conversation

Frédéric Bernard, Maître de conférences en neuropsychologie, Université de Strasbourg

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Les jeunes lisent-ils encore ? (Vidéo)

24 Juin 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Lecture

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Quels rapports les jeunes entretiennent-ils avec la lecture ?

28 Novembre 2021 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education, #Lecture

Quels rapports les jeunes entretiennent-ils avec la lecture ?

À l’occasion d’un dossier consacré aux influenceurs littéraires et aux nouveaux enjeux pour la critique, nous nous sommes intéressés aux rapports que les jeunes entretiennent avec la lecture. Décryptage avec Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de l’association Lecture Jeunesse.

Lecture Jeunesse est une association qui étudie la lecture et l’écriture des adolescents.

Les jeunes lisent-ils ?

Avec les réseaux sociaux, les SMS, internet, l’école… en réalité ils n’ont jamais autant lu et écrit qu’aujourd’hui. En revanche la lecture de livres à tendance à diminuer. Mais c’est le cas dans toute la population, pas que chez les jeunes.

On constate que l’âge du décrochage se situe au collège, vers 13 a ns. 48,5 % des jeunes du collège ont des difficultés de lecture et de compréhension. Le niveau ne baisse pas d’année en année, c’est surtout les écarts qui se creusent entre les jeunes qui maîtrisent le mieux la lecture et l’écriture, et ceux qui maîtrisent le moins bien.

« En France, on lit moins pour le plaisir »

Pourquoi ?

On constate que l’origine sociale a une forte incidence sur les compétences de lecture et d’écriture. Avoir des livres au domicile familial, voir ses parents lire, a clairement un impact. Mais il y a aussi un caractère mortifère qui colle à la lecture. C’est une pratique qui reste associée à l’isolement, en opposition avec la socialisation que désirent particulièrement les jeunes.

D’ailleurs, en France, on lit moins pour le plaisir que dans les autres pays de l’OCDE. Pourtant, la lecture peut être un moyen de partager, la preuve avec les communautés qui se forment autour des mangas ou des influenceurs littéraires : les jeunes se servent des livres comme d’un support de discussion.

« Pas d’opposition avec le numérique »

Quelles sont les solutions pour limiter le décrochage au collège ?

Il faut d’abord sortir de l’idée que c’est une génération d’ignares, collés aux téléphones, que la lecture n’intéresse plus. C’est faux Cette idée crée une représentation chez les jeunes eux-mêmes qui se disent : « on n’aime pas lire, donc on ne lit pas ».

Il n’y a pas d’opposition à faire avec le numérique. Il faut plutôt partir de leurs centres d’intérêt, de leurs besoins, et les amener vers des pratiques de lecture adaptées. Il faut également voir commenter dans la formation des enseignants, on peut développer la connaissance de la littérature jeunesse pour l’intégrer aux parcours scolaires, en parallèle des « classiques » qui sont aussi nécessaires. Famille, Éducation nationale… On doit multiplier les incitations de façon complémentaire.

https://www.ouest-france.fr/culture/livres/entretien-quels-rapports-les-jeunes-entretiennent-ils-avec-la-lecture-c277d000-4855-11ec-a192-3afacb30e02d

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Niveau de lecture : «L’Education nationale se trompe d’indicateur et fait l’impasse sur la compréhension»

17 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Lecture

Niveau de lecture : «L’Education nationale se trompe d’indicateur et fait l’impasse sur la compréhension»

Roland Goigoux, auteur d’outils didactiques sur l’enseignement de la compréhension, réagit pour «Libé» aux évaluations du ministère sur le niveau de lecture des élèves, notamment de sixième.

Selon une évaluation du ministère de l’Education nationale, révélée ce lundi et réalisée auprès d’élèves de CP, CE1 et sixième, les retards constatés en français et en mathématiques après le premier confinement de 2020 ont été résorbés. Toutefois, Jean-Michel Blanquer confiait à nos confrères du Parisien «qu’une petite moitié d’élèves en difficulté» devait encore faire «l’objet d’efforts particuliers» en lecture, ne parvenant pas à atteindre le niveau «satisfaisant» au cours du test de fluence permettant de mesurer l’aisance de l’élève dans sa lecture d’un texte. Pour Roland Goigoux, professeur des universités et auteur d’outils didactiques sur l’enseignement de la compréhension, l’Education nationale se trompe de combat.

Les récentes évaluations scolaires menées auprès des sixièmes pointent qu’un peu plus de la moitié d’entre eux n’atteint pas le niveau «satisfaisant» au cours du test de fluence. En quoi consiste ce test ? Et qu’en pensez-vous ?

Le test de fluence, tel que l’Education nationale française le propose, est une évaluation du niveau de lecture des élèves selon deux critères : la vitesse et la précision. On oublie complètement l’expressivité ou la compréhension. Très clairement, on donne aux enfants à lire à haute voix un texte standardisé, qu’ils découvrent au moment de la lecture. Puis on relève le nombre de mots qu’ils ont su prononcer correctement en une minute, ce qui donne un indicateur de fluence. Mais cet indicateur n’est pertinent que si l’on considère que la lecture dépend seulement de la capacité des enfants à déchiffrer un texte. C’est ce que fait le ministère de l’Education nationale avec ces évaluations. On a renoncé à la compréhension, qui est pourtant la clé de tout. Le critère de qualité du déchiffrage est certes nécessaire, mais pas suffisant, il ne faut pas en faire un indicateur vedette. Quand on est professeur et que l’on veut que ses élèves apprennent une leçon, on leur demande de la lire. Mais pour que cette lecture soit efficace, il faut qu’ils comprennent.

Alors comment améliorer l’apprentissage de lecture chez les élèves de sixième ?

Cela suppose une tout autre pédagogie basée sur la qualité de la compréhension et c’est là que le ministère fait l’impasse. Il se trompe de cible. Par exemple, on utilise excessivement les questionnaires de lecture qui jugent le degré de compréhension des élèves par rapport à l’évaluation de l’enseignant, ce qui balise le parcours de lecture. Je pense qu’il faudrait remplacer cela par d’autres activités : de la reformulation, de la paraphrase. Lire, c’est traduire. Un enfant comprend un texte s’il arrive à le raconter à son tour, avec ses propres mots. Cela suppose d’aller chercher à comprendre entre les lignes, à faire parler les jeunes sur ce qu’ils perçoivent. Cela se travaille dès la maternelle, avec la lecture et l’explication de textes par des adultes, et cela pourrait également combler l’autre principale lacune des élèves : le manque de vocabulaire. Il ne suffit pas d’une leçon par semaine. Le vocabulaire de la langue écrite doit être une obsession incessante dans toutes les disciplines de l’école primaire.

Dans les établissements d’éducation prioritaire renforcée (REP +), soit ceux qui se situent dans les zones les plus défavorisées, seuls 40 % des sixièmes ont le niveau requis, et un tiers de ces élèves (33 %) possèdent un niveau de CE2, en lisant moins de 90 mots en une minute. Faut-il adapter cet apprentissage au niveau des différents élèves ? Et cet enseignement doit-il s’étendre au-delà du milieu scolaire ?

L’école française est championne du monde dans la reproduction d’inégalités sociales. Les enfants de milieux populaires disposent d’un champ lexical bien moins développé que ceux des classes moyennes. S’il existe de telles différences dans le niveau de lecture des élèves, elles sont liées aux pratiques familiales. Dans certains milieux, les parents passent énormément de temps à dialoguer, font argumenter les enfants, les placent comme témoins de tout, du matin au soir. D’autres familles ne le font pas du tout. Et c’est là qu’intervient l’école, qui doit jouer son rôle compensatoire. L’école n’aura jamais le temps nécessaire pour compenser les heures d’interaction avec la famille, mais il faut développer des techniques collectives pour compenser une partie des écarts et décalages. Il y a toute une série de techniques pédagogiques pour faire dans un temps limité ce que les familles savent très bien faire au bout d’un millier d’heures. Cela s’appelle la pédagogie. Mais il n’y a pas de pédagogie spéciale pour les enfants issus de quartiers défavorisés. Par contre, il y a une nécessité de donner plus à ceux qui ont le moins. Cela ne veut pas dire donner autre chose. Selon les enfants, on va plus ou moins vite, on étaye davantage. Il faut permettre à ces gamins de progresser. Si on va trop vite, ils peuvent se décourager car les autres font mieux, plus vite, et on va renforcer ce sentiment d’incompétence. Il faut faire attention au niveau initial, mais au fond la pédagogie doit être universelle.

Alicia Girardeau

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Aucune méthode n’a su garantir à 100% la réussite des enfants en lecture - Par Christophe Chartreux

9 Janvier 2021 , Rédigé par christophe chartreux Publié dans #Education, #Lecture

Aucune méthode n’a su garantir à 100% la réussite des enfants en lecture - Par Christophe Chartreux

Instructions du 20 juin 1923 relatives au nouveau plan d’études des Ecoles Primaires Elémentaires (Bibliothèque pédagogique EDSCO, Editions scolaires, Chambéry 1950, (Edition originale,  page 10) : 

LECTURE : « Nous ne préconisons aucune méthode : la meilleure sera celle qui donnera les résultats les plus rapides et les plus solides. Entre la méthode d’épellation et la méthode syllabique ou la méthode globale, nous ne faisons aucun choix. »

Si l’enseignement de l’écriture n’a guère changé à l’exception de l’art et la manière de former les « anglaises », si celui du calcul s’est transformé dans la lettre mais pas dans l’esprit, l’enseignement de la lecture reste l’épicentre des plus violentes polémiques qui ont secoué les 50 dernières années du XXème siècle et les premières années du siècle qui commence.

A notre droite, les tenants de la méthode alphabétique qui, pensent ils, a fait ses preuves depuis la IIIème République auprès de ceux qui accédaient à l’instruction. A notre gauche, les tenants de la méthode dite « globale », élaborée par Ovide Decroly. En caricaturant et pour faire court, la méthode alphabétique permet de mémoriser les lettres puis de les combiner entre elles. La méthode globale permet de mémoriser des mots. Dans cette querelle, on retrouve les durs et les mous, les croyants et les athées, plus quelques intégristes fanatiques. Et encore ! Pour le grand public, la querelle n’oppose que deux méthodes. Mais l’affaire se complique singulièrement quand on sait qu’il existe beaucoup d’autres façons d’apprendre à lire ! Une seule chose est sûre : aucune méthode n’a su garantir à 100% la réussite des enfants en lecture.

Ceci est d’autant plus vrai que la querelle s’est accompagnée d’imprécations, d’imprécisions, de non-dits, d’interprétations, de mensonges même. N’a-t-on pas accusé la méthode globale de provoquer des troubles de la mémoire et de rendre certains enfants dyslexiques ? On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien mais la rumeur a laissé des traces indélébiles. Très récemment, on a même eu le culot d’expliquer les révoltes des banlieues par cette même méthode globale ! Les enfants lisent mal, c’est la faute à Decroly, donc ils brûlent des voitures ! Ah bon !

En 2006, il n’est en tout cas pas un seul maître en France pour prétendre n’utiliser QUE la méthode globale. En revanche, tous ou presque mélangent les genres : un zeste d’alphabétique, trois gouttes de globale et une sauce toute personnelle. Le cocktail fut d’ailleurs officialisé lors d’un colloque organisé en 1979 par Christian Beullac, Ministre de l’Education Nationale. Devant une assistance médusée et regardant le bout de ses chaussures, Colette Chiliand, psycholinguiste, concluait en ces termes :

« On ne peut pas réellement savoir si une méthode est bonne ou mauvaise. Quand le maître qui l’applique est convaincu, il y a toujours un taux exceptionnel de réussite. Quand il ne l’est pas, quand il obéit à untel ou untel, à une mode du moment, c’est l’échec ! »

Qu’on se le dise !.... en relisant les instructions officielles de1923 !

Christophe Chartreux

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École : Lego, la “nouvelle” méthode de lecture qui divise déjà...

9 Janvier 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education, #Lecture

École : Lego, la “nouvelle” méthode de lecture qui divise déjà...

Actuellement testée dans quelques centaines de classes de CP, cette méthode privilégie l’entrée dans la lecture par les lettres plutôt que les sons. Rien de révolutionnaire, mais certains craignent surtout la diffusion, à terme, d’un manuel officiel.

Nul ne peut ignorer cet incontournable jeu de Noël qui consiste à assembler des briques en plastique. Mais « lego », c’est aussi un verbe qui peut signifier « lire » en latin et qui désigne aujourd’hui une nouvelle méthode de lecture. Élaborée par une inspectrice de l’Éducation nationale et deux conseillères pédagogiques, celle-ci est testée à bas bruit dans 370 classes réparties dans plusieurs départements. Le ministère soutient cette expérimentation dans la foulée de la publication au printemps 2018 d’un « guide orange », présenté comme un outil pédagogique « pour enseigner la lecture et l’écriture au CP ».

Et, déjà, sur les réseaux sociaux, les discussions entre pairs vont bon train. « Ici dans les Pyrénées-Orientales, on nous a dit que [la méthode Lego] serait sûrement obligatoire l’année prochaine », avance une enseignante. « Je viens de Paris et je ne vois absolument pas de quoi vous parlez », glisse une autre. « Maths ? Lecture ? Merci de me préciser de quoi vous parlez », insiste encore une internaute. Réponse d’une collègue : « Logique de ne rien trouver. On nous a interdit de faire des diffusions à ce stade de l’expérimentation. »

Marion Rousset

(Suite et fin en cliquant ci-dessous)

Pour en savoir plus:

 

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Vers une nouvelle guerre pour la ''méthode syllabique"? - Par Claude Lelièvre

8 Janvier 2021 , Rédigé par L'Express Publié dans #Education, #Lecture

Vers une nouvelle guerre pour la ''méthode syllabique"? - Par Claude Lelièvre

EXTRAIT

On se souvient de la dernière en date, en 2005, alors que Gilles de Robien était ministre de l'Education nationale. Deux des protagonistes d'alors, Stanislas Dehaene (professeur au Collège de France) et Alain Gest (député UMP de la Somme) viennent de participer à une nouvelle offensive en ce sens. La chronique de Claude Lelièvre.

Dans une tribune publiée par Le Monde le 20 décembre dernier, le professeur de psychologie cognitive expérimentale Stanislas Dehaene (qui avait participé en 2005 sur la demande du ministre de l'Education nationale Gilles de Robien à sa croisade pour la " méthode syllabique ") dénonce un ''scandale'' en se fondant sans autre précaution sur les résultats d'une étude menée par le sociologue Jérôme Deauvieau dans les écoles ECLAIR de la petite couronne parisienne: seuls 4 % des enseignants adopteraient une méthode syllabique, alors que c'est ce système qui réussirait le mieux aux enfants qui obtiendraient 20 points de réussite supplémentaires sur 100 aux épreuves de lecture et de compréhension. Mais il suffit pourtant de prendre connaissance de la façon dont cette étude a été menée et de ses limites méthodologiques pour avoir de sérieux doutes sur la solidité de ses conclusions. 

Par ailleurs, le député UMP de la Somme Alain Gest, en compagnie d'une quarantaine de députés UMP, a déposé en juin dernier un projet de loi imposant le choix de la "méthode syllabique" pour l'apprentissage de la lecture : "il convient d'inscrire dans la loi le choix de la méthode syllabique d'apprentissage de la lecture qui se révèle bien plus efficace que la méthode mixte et qui a largement fait ses preuves ". 

Alain Gest s'était distingué en 2005 en posant le premier à l'Assemblée nationale une question au gouvernement sur les méthodes d'apprentissage de la lecture qui avait donné l'occasion au ministre de l'Education nationale Gilles de Robien de commencer publiquement sa croisade en faveur de la méthode syllabique. 

On notera par ailleurs que Florian Philippot, le vice-président du Front National, s'est également prononcé en ce sens dans un communiqué le 22 mai dernier : " L'école doit miser sur les méthodes classiques d'enseignement : apprentissage de la géographie sur des cartes, de l'histoire sur des frises chronologiques, de la lecture par la méthode syllabique".  

(...)

Claude Lelièvre

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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La lecture comme résistance... (Vidéo)

30 Novembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Littérature, #Lecture

Il est important devant un texte que l’on connaît, de retrouver une attitude "d’enfant" ou de "convalescent" comme disait Baudelaire, qui voit le monde en nouveauté. Être capable de retrouver cette sorte de virginité, qui fait que vous lirez dans un texte, des choses que vous n’avez jamais lues…

"Nous lisons parce que, même si lire n’est pas indispensable pour vivre, la vie est plus aisée, plus claire, plus ample pour ceux qui lisent que pour ceux qui ne lisent pas."

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"Dix instituteurs invitent leur ministre à visiter leurs classes pour constater que leur enseignement marche"...

9 Novembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Pédagogie, #Lecture

"Dix instituteurs invitent leur ministre à visiter leurs classes pour constater que leur enseignement marche"...

EXTRAIT

D'autres méthodes que le b.a.-ba

Le ministre de l'éducation nationale affirme que l'école pourrait mieux réussir l'enseignement de la lecture ; nous le pensons aussi. Il considère qu'il n'y a pas de lecture maîtrisée si l'élève ne manipule pas avec aisance "les correspondances entre les lettres et les sons" ; nous aussi. Mais il y a différentes façons d'y parvenir, et notre expérience de plusieurs années de CP nous a appris qu'enseigner le "b.a.-ba" dès le début de septembre est loin d'être le procédé le plus efficace.

Nous n'enseignons donc pas le "b.a.-ba" au début du CP. Nous ne pratiquons pas non plus ce que l'on dénomme "méthode globale". Dès le début de l'année, en revanche, nous mettons à la disposition de nos élèves les outils qui les rendent progressivement autonomes dans l'écriture de textes dont ils sont les auteurs. En rectifiant les programmes pour y énoncer l'obligation de pratiquer le "b.a.-ba" dès le début du CP, le ministre nous empêcherait d'emprunter cette voie originale et féconde qui vise à ce que les enfants s'approprient parallèlement la maîtrise des codes : le code grapho-phonologique certes, mais aussi le code orthographique, grâce auquel le lecteur repère plus directement le sens des mots (sept, cette, Sète, set) et leur rôle dans la phrase (Quand elles lui content des histoires, il est content).

(...)

Suite et liste des signataires à retrouver en cliquant ci-dessous

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Avis aux déclinistes et aux "anti écrans"... Les jeunes lisent en France...

19 Juin 2018 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education, #Lecture

Avis aux déclinistes et aux "anti écrans"... Les jeunes lisent en France...

Avis aux pessimistes qui pensent que les jeunes ne lisent plus. Non seulement, c’est inexact, mais de plus, les jeunes ont la chance de pouvoir le faire de plusieurs manières : en consultant un ouvrage papier, un e-book ou un livre audio. Selon une étude* du Centre national du livre, confiée à Ipsos et révélée ce mardi, 86 % des 15-25 ans ont lu au moins un livre au cours des 12 derniers mois (la moyenne étant de 13 livres). Et si le format papier reste le principal support de lecture des 15-25 ans (83 %), la lecture de livres numériques concerne aujourd’hui plus du tiers des jeunes adultes et le recours aux livres audio le quart d’entre eux.

Un succès qu’explique aisément Vincent Monadé, président du Centre national du livre : « Ces jeunes étant des digitals natives, le livre numérique est une extension naturelle de leurs pratiques culturelles classiques. Ils le bouquinent sur leur smartphone. Et la forte progression du livre audio s’explique par leur engouement pour les podcasts ou le streaming qu’ils apprécient notamment lors de leurs déplacements en transport en commun ». Mina Bouland, responsable de la commission jeunesse à l' Association des bibliothécaires de France, partage le même avis : « Ces supports correspondent bien aux pratiques nomades des jeunes. Ils aiment par exemple, écouter un livre audio en faisant une autre activité. De plus, alors que leurs parents aiment posséder des ouvrages, les jeunes n’y accordent pas d’importance. Ils veulent juste y avoir accès et rapidement », observe-t-elle.

Ils plébiscitent le fantastique et la science-fiction

Face à cette demande, les éditeurs ne sont pas restés de marbre. Ils ont largement numérisé leur catalogue. Quant aux livres audio, l’offre est en pleine progression. « Les éditeurs sont de plus en plus réactifs pour proposer la version audio d’un ouvrage. Et comme ils sont lus par leurs auteurs ou des comédiens, l’émotion passe », constate Mina Bouland. Des ouvrages que les jeunes achètent sur des sites, des plateformes ou qu’ils téléchargent aussi illégalement sans doute, même si l’étude ne le dit pas. « Et le fait que les livres numériques soient 15 à 30 % moins cher que les exemplaires papier est aussi une clé de leur succès ».

Les bibliothèques municipales ont aussi développé leur offre dans ces deux domaines, en veillant à proposer plusieurs genres littéraires. « Les jeunes ont des goûts éclectiques et lisent une majorité de romans (fantastique, science-fiction, romans policiers…), mais ils sont aussi nombreux à lire des livres illustrés, notamment des mangas et des BD », constate Vincent Monadé. « Ils se passionnent souvent pour une série d’ouvrages dont ils lisent ou consultent plusieurs tomes rapidement avant de passer à autre chose. Avec une prédilection pour les univers fantastiques ou de science-fiction qui les font sortir de leur quotidien », observe Mina Bouland. Leurs amis étant les principaux prescripteurs de lecture, l’effet boule de neige joue à plein dans ce domaine.

Des pratiques qui encouragent « la curiosité littéraire »

Et les vertus de la lecture numérique et de l’écoute d’œuvres sont multiples, selon le président du Centre national du livre : « Le livre audio perpétue le plaisir de se faire raconter une histoire, d’être en contact avec des beaux mots. Et tout comme le livre numérique, il permet d’entretenir la curiosité littéraire des jeunes », explique-t-il. Une activité qui a lieu plutôt le soir avant de se coucher pour six jeunes sur dix. « Cela perpétue le rituel du soir de la lecture qu’ils suivaient déjà avec leurs parents lorsqu’ils étaient petits » constate Mina Bouland.

Pour encourager la lecture, quel que soit le format de l’ouvrage, le ministre de l’Education a d’ailleurs lancé l’opération « Un livre pour les vacances » 2018. Les Fables de La Fontaine, illustrées par Joann Sfar sont actuellement distribuées aux élèves de CM2*. Et le livre est aussi disponible sous le format audio sur Eduscol. Le Centre national du livre organise quant à lui, Partir en livre. « Dans ce cadre, les jeunes seront notamment invités sur leurs lieux de vacances à découvrir des livres audio », explique Vincent Monadé.

Delphine Bancaud

  • Si le livre papier n’est pas détrôné, les 15-25 ans plébiscitent aussi d’autres façons de lire. Ainsi, 35 % des jeunes adultes lisent des livres numériques et 13 % écoutent des livres audio.
  • Ces supports correspondent bien aux pratiques nomades des jeunes, qui apprécient d’avoir accès immédiatement aux contenus qui les intéressent et n’accordent pas d’importance à la possession du livre comme objet.
  • La facilité d’accès de ces ouvrages et leur faible coût permettent aussi aux 15-25 ans de s’immerger dans des séries qui les passionnent.

* Au sujet de cette opération, lire ci-dessous

CC

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