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Vivement l'Ecole!

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Le discours d'Emmanuel Macron? "Le nouvel iPhone. Il produit l’offre en fonction de la demande"...

24 Janvier 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique, #Langue

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Parce qu'elle en avait marre des "petites phrases", la chercheuse Cécile Alduy a mouliné des millions de mots prononcés par les candidats à la présidentielle de 2017. Avec un objectif : comprendre "ce qu'ils disent vraiment". Edifiant.

EXTRAIT

(...)

Que pensez-vous de la langue d’Emmanuel Macron ?

Je suis d’abord frappé par le titre de son ouvrage "Révolution". C’est vraiment un mot qui peut être approprié par la droite, la gauche, le centre. C’est un mot faire-valoir qui parle aux électeurs qui expriment leur dégoût pour les partis et la classe politique. Emmanuel Macron a un très fort sens du marketing.

La deuxième chose, c’est qu’il présente une très grande cohérence idéologique : il est libéral économiquement, mais aussi culturellement. Le Front national est pour la fermeture dans tous les domaines. Les Républicains sont ouverts sur l’économie mais plutôt fermés du point de vue de l’immigration et des mœurs. Le Parti socialiste, c’est l’inverse. Macron se situe au centre, ouvert sur tout. C’est une force rhétorique car il présente un discours sans contradiction interne. Il est pour la liberté partout.

Enfin, il s’inscrit dans une démarche plutôt que dans un discours. Il est dans le performatif, il incarne, met en scène le changement. Il mène une sorte d’élaboration de produits, qu’il teste sur des sous-groupes, qu’il remet sur le métier, qu’il va ensuite présenter comme si c'était le nouvel iPhone. Il produit l’offre en fonction de la demande.

Les mots mèmes

Cela semble finir de façonner un rapport marketing à la politique… Quel est le danger le plus grave pour vous ?  

L’accélération du temps médiatique. Qu’est-ce qu’on peut dire en quelques secondes à part "la France est en guerre" ? Tout le monde se voit servir la même petite phrase, mais une petite phrase ne fait pas une pensée. Il y a donc un amoindrissement de l’espace pour penser les problèmes. Presque personne ne fait l’effort de proposer une lecture, de raconter la France d’aujourd’hui. Il n’y a, de toute façon, presque plus d’espace médiatique pour le faire.

(...)

Propos recueillis par Rémi Noyon

A retrouver entièrement ci-dessous

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Jack Lang : «La langue arabe doit être traitée comme l'anglais» + commentaire...

13 Décembre 2016 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Langue

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A l'occasion de la fête  de la langue arabe à l'Institut du monde arabe, son président rappelle  son rayonnement dans le monde et en France, et préconise un test  d'évaluation équivalent au Toefl anglais.

EXTRAITS

Quel est l’objectif de cette semaine de la langue arabe ?

C’est la quatrième langue la plus parlée au monde, la sixième officielle des Nations Unies, la cinquième en France. Nous sommes dans un pays où la langue arabe devrait être reine. En créant le Collège de France en 1530, François Ier avait privilégié trois langues : le grec ancien, l’hébreu et l’arabe – les langues orientales en 1538. Les liens de la France avec le monde musulman sont très anciens : le même François Ier avait noué la première alliance entre un empire chrétien et un non chrétien avec Soliman le Magnifique, le souverain de l’Empire ottoman. Sans refaire toute l’histoire, il y a une sorte de tropisme français envers le monde arabe pour le meilleur et pour le pire. Le monde arabe fait partie de nous-mêmes. Et c’est une chance d’avoir été ensemencé par ses cultures. Il faut le revendiquer avec fierté.

(...)

Comment expliquez-vous que l’arabe soit trop peu enseigné en France ?

Entre 2000 et 2002, quand j’étais ministre de l’Education nationale, je me suis bagarré pour l’enseignement des langues vivantes dès le CP, et en particulier de l’arabe. On a alors augmenté de 43 % le nombre de postes certifiés en arabe en deux ans. Le mouvement s’est ensuite ralenti. Depuis deux ou trois années, on sent toutefois un réveil. Najat Vallaud-Belkacem s’est engagée plus clairement que ses prédécesseurs sur ce sujet. Longtemps, l’Education nationale s’est reposée sur les Elco [Enseignements des langues et des cultures d’origine], sur l’apport des ambassades et des pays étrangers. Mais le système paraissait inégal et incertain, avec un manque de moyens et parfois de qualité, cet enseignement n’étant pas toujours dénué d’arrière-pensée politique. Najat Vallaud-Belkacem a annoncé la fin des Elco au plus tard en 2018 et la mise en œuvre des Eile [Enseignements internationaux de langues étrangères]. Elle a affirmé privilégier une généralisation : depuis la rentrée 2016, à partir de la 5e, les élèves ont une deuxième langue vivante. J’avais rêvé plus ambitieux. Ainsi je n’ai pas compris la mise en cause des classes bilangues, des sections européennes créées et des classes orientales. Si globalement j’approuve ce que fait l’actuelle ministre de l’Education nationale, ma seule réserve porte sur les langues. Ce n’est pas en supprimant des classes d’exception ou d’excellence qu’on assure automatiquement une généralisation des langues. Quand on veut vivre longtemps, il faut toujours viser haut.*

(...)

Frédérique Roussel

Fête de la langue arabe, Centre de langue et de civilisation arabes. IMA, 1, rue des Fossés Saint-Bernard, Paris Ve. Rens. : 01 40 51 38 38. Jusqu’au 18 décembre.

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* "Quand on veut vivre longtemps, il faut toujours viser haut."

Absolument exact à condition de ne pas se pincer le nez quand la Ministre veut généraliser cette "haute visée", non plus seulement pour quelques-uns (ceux-là continuant d'exceller et nous les en félicitons!) mais pour tous.

A moins que ce "tous" provoque une gêne...

Ce que je ne peux croire.

Christophe Chartreux

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