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Vivement l'Ecole!

Articles avec #langue tag

A Lire... Maudits Mots. La fabrique des insultes racistes, Marie Treps...

20 Février 2017 , Rédigé par TV5 Monde Publié dans #Histoire, #Langue, #Racisme

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Avec Maudits mots, la linguiste et sémiologue Marie Treps publie une enquête originale : l'origine des insultes racistes. Peu de pays sont épargnés. Cette prose purulente, qui prospéra sur le fumier de l'Histoire, continue d'irriguer le discours des extrêmes. Un ouvrage salutaire.

D'emblée, Marie Treps avoue une crainte : " Je ne voudrais pas que mon ouvrage alimente la rigolade et qu'il devienne comme une bible".

Aucun risque.

Avec Maudit mots (Tohubohu éditions), la linguiste a mené l'enquête. Sérieusement. Avec sa curiosité en guise de lampe-torche, elle est partie explorer la forêt dangereuse des insultes racistes.

Elle nous éclaire sur les racines du mal, qu'elle exhume avec précaution pour mieux les porter à notre connaissance. "Je m'intéresse aux mots et à ce qu'il y a derrière. Les mots sont le miroir de notre société. Ils apparaissent dans un certain contexte" dit-elle.

Son champ exploratoire concerne les mots  outrageants et humiliants, les mots qui blessent, les mots qui tuent.

L'insulte xénophobe, publiée ou non, est un poison. Elle attaque le tissu sain de la démocratie jusqu'à la pourrir.

En cas d'intoxication majeure, dans les périodes de crise aiguë, en cas de guerre par exemple, elle peut même banaliser l'irréparable. On ne rafle pas des hommes mais des "youpins". On ne fait pas monter au  front des tirailleurs Sénégalais mais des "bamboulas".

L'être humain a disparu. On envoie à la mort sa caricature.

Pour le raciste, être différent, c'est être contraire.

Pendant la Première Guerre mondiale, la France coloniale utilisait des tirailleurs sénégalais, forcément "joviaux" et "disponibles" pour la grande boucherie.

La marque Banania s'empara  de leur image afin de promouvoir la marque d'un chocolat en poudre. Ce qui fit dire à Léopold Ségar Senghor, poète et chantre de la décolonisation :  "Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France".

(...)

Frantz Vaillant

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Insultes adressées au Noirs, aux Arabes...

Voici donc quelques insultes et leurs origines dévoilées.

L'auteure a pris soin, pour chacun de ces mots, de l'illustrer avec des extraits d'ouvrage où l'on trouve les "mots maudits". Les exemples empruntés relèvent de textes signés parmi les écrivains les plus fameux de la langue française : Maupassant, Cendrars, Céline,  Pérec etc. Marie Treps compartimente ses chapitres avec un catalogue d'insultes adressées aux Allemands, aux Arabes, aux Asiatiques etc.

Nous ne donnons ci-dessous, en guise d'amuse-bouches,  que quelques précisions sommaires.

Bamboula

Terme culturel africain devenu appellation raciste à l'égard des personnes noires, des Africains en particulier. Ka-mombulon, kam-bumbulu, "tambour", emprunté aux langues sarar et bola, parlées en Guinée portugaise, est introduit par Michel Jajolet La Courbe, de la Compagnie du Sénégal, dans Premier voyage fait par le sieur La Courbe a la coste d'Afrique en 1685. (...) Entre 1914 et 1918, par l'intermédiaire de l'argot militaire des tirailleurs algériens, bamboula en vient à désigner une fête exubérante, notamment dans l'expression faire la bamboula. Il désigne dans un même temps un tirailleur sénégalais

Boucaque

Terme injurieux raciste, récemment apparu. Il est notamment utilisé dans le sud de la France à l'encontre de personnes dont la peau est sombre. Ce mot-valise, association de bougnoul, mot raciste appliqué aux Arabes, et de macaque, mot raciste appliqué aux Noirs, surgit à la fin des années 1990. (...) Toute référence raciale ou culturelle particulière étant gommée, boucaque est une sorte de terme générique, une injure raciste passe-partout.

Toubab

Le mot vient de loin. Son ancêtre, toubib, emprunté à l'arabe, est relevé au Maroc au cours d'un voyage exploratoire et glosé comme "médecin". (...) Toubab est employé en Afrique de l'Ouest, dans le sens noble originel ou alors, avec une nuance péjorative, dans celui d'homme blanc tout-puissant. (...) Dans les années 1990, quand la jeunesse française s'approprie toubab, en inventant au passage une forme en verlan, babtou, elle ne retient que le sens péjoratif du mot

Youpin, youpine

Désignations injurieuses et racistes appliquées aux personnes juives.

C'est dans le Tam Tam, revue créée en 1867 par le caricaturiste Alfred Le Petit, que youpin apparaît en 1878. ainsi vouée d'emblée à un usage dépréciatif, il a été créé par déformation de l'hébreu yëhûdî "Juif", selon certains, de youdi ou de youtre, selon d'autres. Et au moyen du suffixe argotique - pin, que l'on retrouve également dans Auverpin, désignation péjorative de l'Auvergnat.

Niakoué (e), Niaqué (e), Niaquoué (e)

Désignation péjorative et raciste appliquée aux Asiatiques, en particulier à ceux originaires de l'Asie de l'Est ou du Sud-Est. Le mot vietnamien nhà quê désigne la campagne et, avec une forte couleur péjorative, celui qui en vient : "paysan", "villageois", "péquenaud". Dans le contexte de la colonisation, le mot a d'abord été employé par les Français d'Indochine, pour se moquer des paysans vietnamiens, puis appliqué à l'ensemble des Indochinois.

L'article complet, où il est question aussi des insultes odieuses adressées à Christiane Taubira (on aurait pu ajouter toutes celles lues sur les réseaux dits "sociaux" ou affichées de manière plus ou moins subliminale par certaines UNES de magazine comme Valeurs Actuelles, à l'encontre de Najat Vallaud-Belkacem) est à lire en cliquant ci-dessous

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Le discours d'Emmanuel Macron? "Le nouvel iPhone. Il produit l’offre en fonction de la demande"...

24 Janvier 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique, #Langue

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Parce qu'elle en avait marre des "petites phrases", la chercheuse Cécile Alduy a mouliné des millions de mots prononcés par les candidats à la présidentielle de 2017. Avec un objectif : comprendre "ce qu'ils disent vraiment". Edifiant.

EXTRAIT

(...)

Que pensez-vous de la langue d’Emmanuel Macron ?

Je suis d’abord frappé par le titre de son ouvrage "Révolution". C’est vraiment un mot qui peut être approprié par la droite, la gauche, le centre. C’est un mot faire-valoir qui parle aux électeurs qui expriment leur dégoût pour les partis et la classe politique. Emmanuel Macron a un très fort sens du marketing.

La deuxième chose, c’est qu’il présente une très grande cohérence idéologique : il est libéral économiquement, mais aussi culturellement. Le Front national est pour la fermeture dans tous les domaines. Les Républicains sont ouverts sur l’économie mais plutôt fermés du point de vue de l’immigration et des mœurs. Le Parti socialiste, c’est l’inverse. Macron se situe au centre, ouvert sur tout. C’est une force rhétorique car il présente un discours sans contradiction interne. Il est pour la liberté partout.

Enfin, il s’inscrit dans une démarche plutôt que dans un discours. Il est dans le performatif, il incarne, met en scène le changement. Il mène une sorte d’élaboration de produits, qu’il teste sur des sous-groupes, qu’il remet sur le métier, qu’il va ensuite présenter comme si c'était le nouvel iPhone. Il produit l’offre en fonction de la demande.

Les mots mèmes

Cela semble finir de façonner un rapport marketing à la politique… Quel est le danger le plus grave pour vous ?  

L’accélération du temps médiatique. Qu’est-ce qu’on peut dire en quelques secondes à part "la France est en guerre" ? Tout le monde se voit servir la même petite phrase, mais une petite phrase ne fait pas une pensée. Il y a donc un amoindrissement de l’espace pour penser les problèmes. Presque personne ne fait l’effort de proposer une lecture, de raconter la France d’aujourd’hui. Il n’y a, de toute façon, presque plus d’espace médiatique pour le faire.

(...)

Propos recueillis par Rémi Noyon

A retrouver entièrement ci-dessous

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Jack Lang : «La langue arabe doit être traitée comme l'anglais» + commentaire...

13 Décembre 2016 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Langue

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A l'occasion de la fête  de la langue arabe à l'Institut du monde arabe, son président rappelle  son rayonnement dans le monde et en France, et préconise un test  d'évaluation équivalent au Toefl anglais.

EXTRAITS

Quel est l’objectif de cette semaine de la langue arabe ?

C’est la quatrième langue la plus parlée au monde, la sixième officielle des Nations Unies, la cinquième en France. Nous sommes dans un pays où la langue arabe devrait être reine. En créant le Collège de France en 1530, François Ier avait privilégié trois langues : le grec ancien, l’hébreu et l’arabe – les langues orientales en 1538. Les liens de la France avec le monde musulman sont très anciens : le même François Ier avait noué la première alliance entre un empire chrétien et un non chrétien avec Soliman le Magnifique, le souverain de l’Empire ottoman. Sans refaire toute l’histoire, il y a une sorte de tropisme français envers le monde arabe pour le meilleur et pour le pire. Le monde arabe fait partie de nous-mêmes. Et c’est une chance d’avoir été ensemencé par ses cultures. Il faut le revendiquer avec fierté.

(...)

Comment expliquez-vous que l’arabe soit trop peu enseigné en France ?

Entre 2000 et 2002, quand j’étais ministre de l’Education nationale, je me suis bagarré pour l’enseignement des langues vivantes dès le CP, et en particulier de l’arabe. On a alors augmenté de 43 % le nombre de postes certifiés en arabe en deux ans. Le mouvement s’est ensuite ralenti. Depuis deux ou trois années, on sent toutefois un réveil. Najat Vallaud-Belkacem s’est engagée plus clairement que ses prédécesseurs sur ce sujet. Longtemps, l’Education nationale s’est reposée sur les Elco [Enseignements des langues et des cultures d’origine], sur l’apport des ambassades et des pays étrangers. Mais le système paraissait inégal et incertain, avec un manque de moyens et parfois de qualité, cet enseignement n’étant pas toujours dénué d’arrière-pensée politique. Najat Vallaud-Belkacem a annoncé la fin des Elco au plus tard en 2018 et la mise en œuvre des Eile [Enseignements internationaux de langues étrangères]. Elle a affirmé privilégier une généralisation : depuis la rentrée 2016, à partir de la 5e, les élèves ont une deuxième langue vivante. J’avais rêvé plus ambitieux. Ainsi je n’ai pas compris la mise en cause des classes bilangues, des sections européennes créées et des classes orientales. Si globalement j’approuve ce que fait l’actuelle ministre de l’Education nationale, ma seule réserve porte sur les langues. Ce n’est pas en supprimant des classes d’exception ou d’excellence qu’on assure automatiquement une généralisation des langues. Quand on veut vivre longtemps, il faut toujours viser haut.*

(...)

Frédérique Roussel

Fête de la langue arabe, Centre de langue et de civilisation arabes. IMA, 1, rue des Fossés Saint-Bernard, Paris Ve. Rens. : 01 40 51 38 38. Jusqu’au 18 décembre.

                                      _______________________________

* "Quand on veut vivre longtemps, il faut toujours viser haut."

Absolument exact à condition de ne pas se pincer le nez quand la Ministre veut généraliser cette "haute visée", non plus seulement pour quelques-uns (ceux-là continuant d'exceller et nous les en félicitons!) mais pour tous.

A moins que ce "tous" provoque une gêne...

Ce que je ne peux croire.

Christophe Chartreux

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