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Vivement l'Ecole!

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9 décembre... Journée de la laïcité...

8 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Laicite

ac-reims.fr

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Quelle est la raison d'être de l'enseignement laïque ?

Extrait de L'Enseignement du peuple, Chapitre XIV, 1849.

"On répète incessamment que la société laïque n'a aucun principe, et par conséquent rien à enseigner. Il faut du moins reconnaître qu'elle peut mieux qu'aucune autre s'enseigner elle-même, et voilà précisément de quoi il est question dans l'enseignement laïque. Pour moi, j'ai toujours prétendu qu'elle possède un principe que, seule, elle est en état de professer et c'est sur ce principe qu'est fondé son droit absolu d'enseignement en matière civile. Ce qui fait le fond de cette société, ce qui la rend possible, ce qui l'empêche de se décomposer est précisément un point qui ne peut être enseigné avec la même autorité par aucun des cultes officiels. Cette société vit sur le principe de l'amour des citoyens les uns pour les autres, indépendamment de leur croyance. Or, dites-moi qui professera, non pas seulement en paroles, mais en action cette doctrine, qui est le pain de vie du monde moderne ? Qui enseignera au catholique la fraternité avec le juif ? Est-ce celui qui, par sa croyance même, est obligé de maudire la croyance juive ? Qui enseignera à Luther l'amour du papiste ? Est-ce Luther ? Qui enseignera au papiste l'amour de Luther ? Est-ce le pape ? Il faut pourtant que ces trois ou quatre mondes, dont la foi est de s'exécrer mutuellement, soient réunis dans une même amitié. Qui fera ce miracle ? Qui réunira trois ennemis acharnés, irréconciliables ? Evidemment un principe supérieur et plus universel. Ce principe, qui n'est celui d'aucune église, voilà la pierre de fondation de l'enseignement laïque."

Edgar Quinet

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La laïcisation du personnel de l'enseignement public... Par Claude Lelièvre...

2 Novembre 2016 , Rédigé par Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Laïcité

La laïcisation du personnel de l'enseignement public... Par Claude Lelièvre...

La loi du 30 octobre 1886 parachève l'oeuvre de laïcisation de Jules Ferry en substituant – mais très progressivement- un personnel laïque aux congréganistes présents dans les écoles communales. La « laïcisation » : un long fleuve (tranquille?)

Depuis la loi Guizot de juin 1833, les écoles primaires se distribuaient en quatre groupes d'inégale importance : «publiques laïques» (c'est à dire encadrées par des ''laïcs'', des ''non religieux'') ; «publiques congréganistes» ; «privées congréganistes» ; «privées laïques».

Les écoles privées et publiques sont alors distinguées uniquement par la nature de leur financement :« Les écoles publiques sont celles qu'entretiennent, en tout ou partie, les communes, les départements, ou l'Etat »  (article 8 de la loi Guizot. Une école qui reçoit - même un peu – un financement public est ipso facto considérée comme ''publique'').

Pour le ministre de l'Instruction publique René Goblet (qui est l'auteur de la loi du 30 octobre 1886), « l'enseignement primaire étant devenu de toutes les manières, au point de vue matériel comme au point de vue moral, un service public analogue à tous les autres, il est incontestable que l'Etat a le droit de mettre dans les écoles des maîtres formés par lui […]. La laïcisation du personnel est le seul moyen d'établir dans l'école la neutralité confessionnelle qui a été le le but de la loi de 1882 » (Sénat, 8 février 1886).

Deux jours plus tôt, lors de la présentation de la loi au Sénat, René Goblet avait précisé la raison de cette laïcisation du personnel de l'enseignement primaire public : « Il y a une nécessité d'ordre moral parce que je ne comprends pas qu'on laisse le soin d'enseigner et d'apprendre les libertés civiles et politiques à des hommes qui n'ont ni la liberté de l'âme, ni la liberté de conscience, ni la liberté de pensée » (à savoir les congréganistes).

La loi du 30 octobre 1886 institue que les maîtres congréganistes doivent être remplacés dans un délai de cinq ans maximum par des instituteurs laïques, les institutrices congréganistes au fur et à mesure que leurs postes deviennent vacants.

Si la mesure visant les maîtres congréganistes est plus expéditive que celle ayant trait aux institutrices, c'est qu'elle est plus facile à prendre car ceux-ci sont déjà très minoritaires dans l'enseignement primaire public masculin. En 1886, au moment du vote de la loi, sur cent élèves garçons du primaire, 82 se trouvent dans le public laïque, 6 dans le public congréganiste, 10 dans le privé congréganiste et 2 dans le privé laïque.

En revanche, sur cent élèves filles du primaire, 49 seulement sont dans le public laïque, 23 dans le public congréganiste, 24 dans le privé congréganiste et 4 dans le privé laïque.

Alors que sur 100 garçons dans le primaire public, il n'y a que 7 d'entre eux encadrés par des congréganistes, sur 100 filles dans le primaire public il y a 32 d'entre elles éduquées par des congréganistes. La mise en place de la laïcisation du personnel de l'enseignement primaire public sera donc plus longue et plus délicate pour ce qui concerne les filles. Mais c'est là aussi que se situe l'enjeu essentiel. Rien n'est jamais simple … La modification des réalités ne relève pas de la magie à effets immédiats !

En 1902, à la veille des mesures d'Emile Combes interdisant aux congrégations d'enseigner, 13% des filles de l'enseignement primaire public seront encore encadrées par des institutrices congréganistes (et 58% des filles seulement sont alors scolarisées dans le public laïque contre 83% des garçons).

Il convient de le rappeler (et de se le rappeler en ces temps troublés voire troubles), la ''laïcité'' (ou plutôt la ''laïcisation''), n'est pas un état mais un processus : un long fleuve (pas si tranquille que cela d'ailleurs...)

1889. Une date importante dans le long processus de la laïcisation des enseignants du primaire public : les instituteurs et institutrices deviennent fonctionnaires. Mais Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de droite, préconise de supprimer le statut de fonctionnaire « dans un grand nombre de missions pour lequel il n'est pas nécessaire », en donnant l'exemple des enseignants : « on n'est pas obligé d'être fonctionnaire pour être enseignant »...

Claude Lelièvre

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Ferry contre Marine Le Pen... Par Claude Lelièvre...

21 Octobre 2016 , Rédigé par Claude Lelièvre Publié dans #Histoitre, #Laïcité

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Lundi, sur RMC, Marine Le Pen a prétendu que « la religion catholique n'a pas de signe ostentatoire [...] parce qu'elle a inventé en réalité la laïcité ». En contre, deux citations de Ferry (Jules, pas Luc) pour commencer.

Discours de Jules Ferry au Sénat le 10 juin 1881 :« Nous sommes institués pour défendre les droits de l'Etat contre un certain catholicisme, bien différent du catholicisme religieux, et que j'appellerai le catholicisme politique. Quant au catholicisme religieux, qui est une manifestation de la conscience d'une si grande partie de la population française, il a droit à notre protection […]. Oui , nous sommes entrés résolument dans la lutte anticléricale ; je l'ai dit et la majorité républicaine m' a acclamé quand j'ai tenu ce langage. Oui nous avons voulu la lutte anticléricale, mais la lutte antireligieuse, jamais, jamais »

Qu'est-ce à dire ? La « question laïque » est fondamentalement liée à l'institution même de la République. C'est ce que développe très nettement Jules Ferry dans son discours du 23 décembre 1880 à la Chambre des députés : « Il importe à la sécurité de l'avenir que la direction des écoles et la déclaration des doctrines qui s'y enseignent n'appartiennent pas aux prélats qui ont déclaré que la Révolution française est un déicide, qui ont proclamé comme l'éminent prélat que j'ai l'honneur de trouver devant moi [il s'agit de Monseigneur Freppel, le chef de file des députés catholiques] que les principes de 89 sont la négation du péché originel ».

Il est significatif que Paul de Cassagnac ait pu écrire en mars 1886 (dans le journal « L'Autorité ») qu' « il n'y avait eu jusqu'à présent en France qu'un prêtre assez abandonné du ciel et des hommes pour s'avouer républicain ». Comme l'a bien dit l'historienne Mona Ozouf, « l'espèce du ''républicain catholique'' est alors encore inconnue, et l'expression elle-même scandaleuse »

C'est en restant ferme sur ses principes politiques républicains (tout en veillant à ne pas verser dans la lutte antireligieuse) que l'Etat républicain de la troisième République contribuera à l'apparition puis à la propagation de ''l'espèce du républicain catholique''.

On notera que Jules Ferry s'est montré très ferme sur le plan directement politique, par exemple en plaçant les manuels d'histoire et d'instruction civique mis à l'index par l'Eglise de France à la fin des années 1880 parmi les manuels recommandés en annexe de sa célèbre lettre-circulaire aux instituteurs  cette fameuse lettre où il dit qu'il ne saurait être question de  « blesser la conscience des enfants ou des parents » : mais, dans l'esprit de Jules Ferry, cela ne s'applique qu'à l'enseignement de la morale, de la morale «  commune »).

Claude Lelièvre

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