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Vivement l'Ecole!

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Qu’est-ce que la laïcité : interview de Jean-Paul Delahaye. (Audio)

25 Février 2021 , Rédigé par RSM Publié dans #Laïcité

Qu’est-ce que la laïcité : interview de Jean-Paul Delahaye. (Audio)

Après nous être interrogés sur ce qu’étaient les valeurs de la République dans notre précédente émission, nous avons voulu savoir ce que signifiait la notion de laïcité. Cette notion est au cœur des discours politiques actuels, et l’assassinat de Samuel Paty l’a remise sur le devant de la scène. Tout le monde invoque l’idée de laïcité, ou brandit les menaces qui pèseraient sur elle. Pour en savoir plus, nous avons interrogé Jean-Paul Delahaye.

Il a été professeur d’histoire-géographie, Inspecteur général de l’éducation nationale, conseiller spécial de Vincent Peillon et Directeur général de l’enseignement scolaire. Il possède une connaissance approfondie du système scolaire, où il s’est intéressé aux questions de grande pauvreté. En tant qu’historien et administrateur délégué à la laïcité à la Ligue de l’Enseignement, il est également fin connaisseur de la notion qui nous intéresse aujourd’hui.

A écouter en cliquant ci-dessous

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Vers un enseignement du fait laïque? - Par Claude Lelièvre

12 Février 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Laïcité

Vers un enseignement du fait laïque? - Par Claude Lelièvre

Blanquer vient de confier à Jean-Pierre Obin une mission destinée à unifier et améliorer la formation à la laïcité des enseignants et chefs d'établissements. En restera-t-on à une énième mouture de l'enseignement du ''fait religieux'' ou bien ira-t-on au cœur du sujet à savoir l'enseignement du ''fait laïque'' ?

Les conclusions de la mission qui va être conduite par l'ex-inspecteur général Jean-Pierre Obin doivent être rendues rapidement, en avril. Elles sont déjà en principe fort orientées si l'on en juge par ce qu'a déclaré Jean-Pierrre Obin au « Figaro » de jeudi dernier :« La conclusion du dernier rapport de l'Inspection générale rendu à l'automne, pointe un défaut d'unité sur la conception même de la laïcité parmi les enseignants et même parmi les cadres de l'Éducation nationale. Il faut donc se recentrer sur une conception d'ensemble de la République, qui est celle du gouvernement et celle du Conseil des sages »

Il y a bien sûr lieu de se méfier pour des raisons qui vont de soi, mais aussi parce qu'il y a tout un passé et un passif qui sont généralement inaperçus mais qui sont fort étranges quand on y songe.

Au cours de la campagne présidentielle du printemps 2012, François Hollande avait en effet évoqué que l’on devrait enseigner le «fait laïque» à l’Ecole. Le 17 mars  2012, la FCPE  (la principale fédération de parents d’élèves de l’Education nationale) avait  invité les candidats à répondre à une batterie de questions sur l’Ecole. Et, lors de son audition, François Hollande avait déclaré qu’il serait opportun d’enseigner le « fait laïque » à l’Ecole (à l’instar du ‘’fait religieux’’ avait-il dûment précisé).

Cette idée était alors portée en particulier par  Vincent Peillon qui était chargé du thème de l’éducation dans l'équipe de campagne de François Hollande. Le 1er mars 2012, dans un entretien sur "France Culture", Vincent Peillon avait d'ores et déjà plaidé pour une « reconquête de la laïcité à l'Ecole». Interrogé sur l'enseignement du «fait religieux» il avait estimé que cet enseignement était mieux mis en place que l'enseignement du « fait laïque ». Et il avait  même déclaré « découvrir qu'il n' y avait aucun enseignement de la laïcité pour les élèves », et que l'«on ne préparait pas les enseignants à ces valeurs ».

On en est toujours là pour l'essentiel ; et il serait souhaitable de ne pas louper, une fois encore, le cap essentiel..

Pourtant cette question de la laïcité et de ses conditions de possibilité ne peut être que centrale dans une école républicaine et laïque. Et, depuis longtemps, comme on peut le saisir par exemple dans l’extrait suivant de l’article « laïcité » du célèbre Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, dirigé par Ferdinand Buisson et paru en 1911. « Que faut-il entendre par laïcité de l’enseignement ? […] C’est la séparation de l’église et de l’école. L’instituteur à l’école, le curé à l’église, le maire à la mairie […]. Mais est-il possible de s’en tenir à ces lignes générales ? Le culte de la logique, que nous professons plus peut-être qu’un autre peuple, n’exige-t-il pas que nous disions où commence et où finit la laïcité ? Suffit-il que le prêtre n’entre pas dans l’école, que le catéchisme n’y soit pas enseigné ni les prières récitées, pour que l’enseignement soit laïque ? »

Encore faudrait-il en la matière non seulement former les professeurs (et les élèves) au « fait religieux », mais aussi et surtout au « fait laïque ». C’est certes difficile et ce serait inédit. Mais il est temps d'en finir avec cette configuration très étrange où la question de l'enseignement du ''fait religieux'' l'emporte (voire occulte) celle de l'enseignement du ''fait laïque'' !

Claude Lelièvre... 

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Dans les cours de récréation, la question des religions à hauteur d’enfant...

7 Janvier 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Laïcité

Dans les cours de récréation, la question des religions à hauteur d’enfant...

EXTRAITS

Le sujet, au cœur des débats publics avec le projet de loi « confortant les principes républicains », s’impose aussi dans les conversations d’enfants et d’adolescents. En quels termes ? Et pour dire quoi ?

Les enseignants en conviennent : l’école sert, très souvent, de « caisse de résonance » aux débats de société. Alors qu’ont démarré, à l’Assemblée nationale, les auditions concernant le projet de loi « confortant les principes républicains », censé répondre au « séparatisme » islamiste, Le Monde leur a demandé, à eux qui ont pour mission de faire de la pédagogie sur la laïcité, ce que disent leurs élèves de la question des religions et de leur place dans la société. Réponse spontanée, largement partagée : c’est un « non-sujet ». Suivie d’une autre, plus nuancée : si on se met « à niveau d’enfant », « à leur écoute », alors le débat prend.

« Et moi, si je crois en rien, est-ce que je ne suis rien ? » Quand Alain Talleu, enseignant à Bailleul (Nord), a entendu cette question parmi ses élèves de CM1-CM2, il a mis un point d’honneur à s’en saisir. « Tu ne crois pas en l’existence du Dieu des chrétiens, ni dans le Dieu des musulmans ou des juifs, mais tu n’es pas rien pour autant : simplement, tu n’es pas un croyant. »

Laurent Klein, directeur d’école dans le 19e arrondissement parisien, se sent, lui aussi, « à l’aise » face à ce type de questions. Chaque année, cet enseignant chevronné emmène ses élèves faire une « tournée des lieux de culte » à Paris. Une étape à l’église, une autre à la synagogue, une troisième à la mosquée, et même une visite au temple de Ganesh de son quartier : « Cela rend la pluralité des convictions très concrète, explique-t-il. Elle n’en est que plus facile à transmettre aux enfants. » La sortie scolaire sur plusieurs jours est aussi, pour lui, l’occasion de montrer aux écoliers que cet « héritage » n’est pas réservé aux croyants. « Ils peuvent tous se l’approprier de façon laïque, et en parler librement. »

(...)

Alors, que ce soit en classe, dans la cour de récréation ou à la cantine, les professeurs parlent avec beaucoup de prudence – et même, parfois, avec réticence – de ce qui se dit, entre enfants. Parce que, rappellent-ils, ils ne « voient pas tout » et n’« entendent pas tout ». Parce que le sujet, à leurs yeux, n’est que « rarement » l’objet de tensions. Parce qu’ils redoutent, aussi, que des « mots d’enfants » puissent donner lieu à une « instrumentalisation ».

Leurs témoignages prennent la forme d’anecdotes. Il y a ces élèves de maternelle en Seine-Saint-Denis, de confession évangélique, qui se demandent si « c’est Dieu qui pleure quand il pleut ». Ces écoliers musulmans de la banlieue lyonnaise qui redoutent de « finir en enfer » s’ils mangent, « même sans faire exprès », de la gélatine de porc dans des bonbons ou de la viande qui n’est pas hallal à la cantine. Ces enfants catholiques qui, dans le Nord, attendent de leur maître qu’il leur explique « si Dieu existe ».

« Haram ou hallal ? »

Ces récits d’enseignants mettent en scène, la plupart du temps, un petit nombre d’enfants ; parfois un seul, qui peut se retrouver isolé face au groupe. Comme cet élève musulman, originaire des Flandres, qui, en classe de neige et à la demande de ses parents, a fait « chambre à part » pour pouvoir dire ses prières. Cette fillette témoin de Jéhovah, en Sologne, dont les parents ont refusé qu’elle participe à un spectacle mettant en scène une sorcière. Cette autre encore, dernière-née d’une famille turque installée dans le Sud, qui n’a pas participé à la fête de Noël, pourtant préparée dans une « démarche laïcisée », rapporte son enseignante, sans symbole ni signe religieux, comme le recommande l’institution.

(...)

« Clivage culturel »

Leurs résultats, publiés en 2018, ont mis en lumière des écarts importants entre les élèves se déclarant musulmans et les autres – croyants ou non. Avec une part « minoritaire » de jeunes partageant une « conception absolutiste de la religion », explique Olivier Galland, mais qui avoisine quand même le tiers des sondés.

Une autre enquête d’ampleur divulguée en 2020 par le Cnesco, organisme d’évaluation du système scolaire, portant sur un échantillon national de 16 000 élèves de 3e et de terminale, a brossé un tableau plus apaisé : 90 % des jeunes interrogés considèrent qu’il est important, voire très important, qu’ils soient tolérants entre eux, même s’ils n’ont pas les mêmes croyances. Plus des trois quarts se déclarent attachés à l’expression de leurs croyances (ou de leur absence de croyances). Presque autant se disent opposés à ce que les règles de vie prescrites par la religion soient plus importantes que les lois de la République.

En creux, reste toutefois un quart d’adolescents soutenant que la religion peut ou doit primer. Un peu moins que dans l’enquête du CNRS. Si Olivier Galland parle de « clivage culturel entre deux jeunesses » (les jeunes musulmans et les autres), il insiste sur un point : celles-ci ne s’opposent pas. En tout cas « pas dans les établissements où elles cohabitent encore ».

(...)

Préjugés tenaces

Au primaire, c’est le temps de la découverte. Au collège, l’intérêt des élèves se développe. « Ils peuvent être noyés dans des codes et des rites qui rythment leur quotidien, mais en ignorer totalement le sens, explique Mohand-Kamel Chabane, qui enseigne dans un collège parisien. Alors, du sens, on leur en donne… et ça les passionne ! »

Mais l’espace et le temps des cours leur suffisent-ils ? « On aimerait avoir un temps banalisé pour parler, au lycée, de ce qui nous concerne vraiment, revendique Lina, en terminale à Nice. Débattre de la religion, de l’islamophobie, de tout ce qui fait partie de notre vie. » « On nous parle tout le temps de la laïcité à la française, mais moi, ça m’intéresserait de savoir comment le principe se décline ailleurs », souffle Saradans la même classe. Toutes deux disent pourtant ne pas « oser » s’en ouvrir auprès des enseignants. Parce qu’elles sentent bien que, l’année du bac, ce n’est « pas la priorité » ; parce qu’elles redoutent aussi que leur « besoin » soit interprété comme une remise en cause de la laïcité.

La rencontre, houleuse, entre la secrétaire d’Etat à la jeunesse, Sarah El Haïry, et une centaine de jeunes fréquentant les centres sociaux à Poitiers, le 22 octobre 2020, a, de fait, achoppé sur ce type de demandes. Des revendications jugées « non conformes au pacte républicain » par Mme El Haïry. Parmi les propositions avancées par ces adolescents, la liberté de « pouvoir porter des signes religieux à partir du lycée » – ce qui est interdit depuis la loi de 2004 – mais aussi de « vrais cours » sur les religions et des espaces pour en débattre dans les établissements.

(...)

Mattea Battaglia

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Débat : La défense des enseignements laïques, oubliée du projet de loi sur les « principes républicains » ?

7 Janvier 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Laïcité

Comment les marques utilisent-elles l'oubli dans leur marketing ?

EXTRAIT

Pour ce qui concerne les questions scolaires, le projet de loi contre « le séparatisme », rebaptisé projet de loi « confortant les principes républicains », est nettement dominé par les préoccupations d’ordre sécuritaire.

L’article 18 indique que « l’instruction obligatoire est donnée dans les établissements publics ou privés » ; il interdit donc l’instruction dans la famille sauf « pour des motifs tenant à la situation de l’enfant ou à celle de la famille ». Pour pouvoir pratiquer de façon dérogatoire cette instruction en famille, il faudra une autorisation limitée à une année scolaire délivrée par le ministère de l’Éducation nationale. L’enfant devra être inscrit obligatoirement au CNED qui veillera à ce qu’il suive les cours.

Afin de mieux surveiller ce qu’il en est, l’article 20 précise l’obligation faite au maire de dresser la liste de tous les enfants soumis à l’obligation scolaire (dès 3 ans) résidant sur sa commune. Un identifiant national devra être attribué à chaque enfant.

L’article 21 et les suivants facilitent la fermeture des écoles clandestines et, de façon plus générale, la surveillance des écoles hors contrat. Nombre de mesures pourront, dans ce cadre et dans cette optique, être prises par l’autorité administrative et académique sans intervention de la justice.

Par ailleurs, selon l’article 4, il est prévu de « punir de cinq ans de prison le fait d’user de menaces, de violence et d’intimidation contre un agent public afin d’obtenir une exemption ou une application différenciée des règles pour des motifs tirés de convictions ou de croyances. ». Une rédaction que l’on peut trouver bien alambiquée et qui devrait recevoir sans doute des observations de la part du Conseil d’État.

Face à cet ensemble de mesures, et pour mieux saisir par comparaison ce qu’il en est, il convient de savoir par ailleurs qu’une proposition de loi « visant à instaurer un délit d’entrave à la liberté d’enseigner dans le cadre des programmes édictés par l’Éducation nationale et à protéger les enseignants et personnels éducatifs » a été déposée fin octobre dernier. Elle tient en un article unique : insérer après le deuxième alinéa de l’article 131-1 du code pénal, un nouvel alinéa :

« Le fait de tenter d’entraver ou d’entraver par des pressions, menaces, insultes ou intimidations, l’exercice de la liberté d’enseigner selon les objectifs pédagogiques de l’Éducation nationale, déterminés par le Conseil supérieur des programmes, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. »

Cette proposition a été faite par le sénateur de l’Oise, Olivier Paccaud, professeur agrégé d’histoire-géographie, en compagnie d’une cinquantaine de sénateurs appartenant pour la plupart au groupe Les Républicains.

(...)

Claude Lelièvre

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Le sens de la laïcité en France en 2020...

14 Novembre 2020 , Rédigé par Telos Publié dans #Laïcité

Le sens de la laïcité en France en 2020...

EXTRAIT

Les Français ont le génie de transformer en débat idéologique une question de politique publique. La présence d’une forte population musulmane et l’expansion d’un islam politique dans le monde posent de nouveaux défis à des sociétés démocratiques fragiles. Dans le cas de la France (où se trouvent les plus nombreuses populations musulmanes d’Europe, voisinant avec la plus forte communauté juive), on peut – et on doit même – s’interroger sur les modalités de leur participation à la vie collective, comme on l’a fait dans le passé s’agissant d’autres vagues migratoires. Comment les faire participer aux pratiques qui organisent la vie commune des démocraties et, en particulier, comment leur faire respecter deux des principes fondamentaux de la tradition de la démocratie européenne, la séparation du politique et du religieux et l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ?

On le sait, à la suite des violences qui déchirèrent l’Europe au XVIe siècle lorsque catholiques et protestants, au nom de la vraie religion d’amour, rivalisèrent dans l’horreur, la neutralité religieuse de l’Etat fut progressivement pensée, puis appliquée au cours d’une évolution qui dura plusieurs siècles. Elle constitue l’une des caractéristiques de l’ordre démocratique, fondé sur l’égalité des droits et des devoirs des citoyens, quelles que soient leurs origines et leurs croyances.

(...)

Dominique Schnapper

Directrice d'études à l'EHESS (retraitée), ancienne membre du Conseil constitutionnel

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Faut-il repenser la laïcité à l'école ? (Vidéo)

10 Novembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Laïcité

«Emancipation générale ! Les combats pour l’éducation» : Pour cette journée spéciale, rendez-vous avec Vincent Peillon, philosophe, chercheur au CNRS, spécialiste de Merleau-Ponty, auteur de nombreux ouvrages consacrés à la philosophie républicaine. Il a été ministre de l'Éducation nationale de mai 2012 à mars 2014. Il publie L'émancipation. Essais de philosophie politique (PUF, 16.09.20), un ouvrage réunissant différentes études, des conférences pour la plupart, des préfaces, des entretiens.

(La laïcité, c'est : ) clarté et distinction des idées, protection de l'école, appel au jugement et à la liberté de chacun, respect du savoir et des professeurs.              
(Vincent Peillon)

Selon lui, jamais on ne s’est tant revendiqué de la République, même ses détracteurs. Derrière ce retour en force, une escroquerie historique et intellectuelle. Ainsi, la République est devenue le drapeau sous lequel se cachent des pensées antirépublicaines. La preuve qu’elle n’est pas toujours un objet froid mais l’enjeu de luttes et d’appropriations. C’est notamment le cas pour le thème de la laïcité, central dans le travail de Vincent Peillon. En effet, celui-ci a créé « l’enseignement moral et civique » en 2013 afin d’ouvrir aux lycéens un parcours autour de sujets comme l’État de droit, les croyances ou encore l’éthique.

Le temps de l'école, le temps de la réflexion, le temps de l'enseignement des valeurs de la République, n'est pas le temps de l'émotion.            
(Vincent Peillon)

Samuel Paty a été assassiné parce que les professeurs font bien leur travail.            
(Vincent Peillon)

Notre deuxième invité est Dominique Schnapper. Sociologue et politologue, directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, membre honoraire du Conseil constitutionnel, elle a été nommée en 2017 à la tête du conseil des sages de la laïcité à l'éducation nationale.

(La laïcité), c'est un problème à long terme, pas seulement le problème dans les moments où il y a une crise. (…) Il doit être traité autant que faire se peut, à tous les niveaux non seulement de l'éducation mais de la société. C'est un véritable projet politique directement lié au projet démocratique lui-même.              
(Dominique Schnapper)

En réaction aux attentats islamistes qui ont frappé la France, Dominique Schnapper montre que la menace qui pèse aujourd’hui sur la laïcité et sur l’école ne date pas d‘hier. Pendant trente ans, dit-elle, les ministres de l’Éducation qui se sont succédés ont refusé de regarder en face les atteintes à la laïcité et la montée de la pression islamiste à l’école, et ce malgré la publication en 2002, déjà, de l’ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République qui, faisant état de l’antisémitisme, du racisme et du sexisme à l’œuvre en milieu scolaire, mettait la question sur la table.

Plus que de changer la loi, il importe de l'appliquer, de la faire appliquer, et de comprendre les raisons de son application.          
(Dominique Schnapper)

Elle publie avec Alain Schnapper Puissante et fragile, l'entreprise en démocratie (Odile Jacob,  30 septembre 2020).

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Laïcité à l’école, la séparation de la théorie et de la pratique...

8 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Laïcité

Laïcité à l’école, la séparation de la théorie et de la pratique...

Face à des élèves qui essaient parfois de tester les limites, les professeurs, souvent isolés, s’adaptent pour faire comprendre et respecter les principes laïques.

Une fois de plus, grosse pression pour les professeurs. L’assassinat de Samuel Paty à la suite d’un cours sur la laïcité où il avait montré des caricatures de Mahomet a été pour eux un choc, mettant en évidence les difficultés à transmettre et à défendre les valeurs de la République. Comment trouver les mots justes en cette rentrée reconfinée qui débutera par une minute de silence en mémoire de leur collègue décapité ? Parler de laïcité à l’école ? Nombreux sont ceux qui manifestent un sentiment de solitude ou d’abandon lorsqu’ils font face à des cas difficiles.

Le temps manque

Pour mieux cerner ces difficultés, l’équipe de recherches Redisco (religions, discriminations et racisme en milieu scolaire) enquête depuis cinq ans dans les collèges et lycées. «Après les attentats de 2015, on a assisté à une mise en cause de l’école. Elle n’aurait pas fait son travail de transmission des valeurs républicaines, et aurait même contribué à fabriquer des terroristes. Nous sommes allés voir sur le terrain ce qu’il en était», explique Françoise Lantheaume, directrice de la recherche Redisco. Déployés dans 96 établissements et sept académies, les chercheurs totalisent à ce jour près de 1 000 entretiens et observations de terrain. Ils ne demandent pas aux professeurs de dire ce qu’ils pensent de la laïcité en général, mais de raconter les cas concrets qui se présentent. Au total, ils ont relevé plus de 900 situations dans lesquelles intervient un conflit ou un débat ouvert autour de la laïcité. «Les cas de radicalisation dont les enseignants ont témoigné se comptent sur les doigts de la main. Nous avons au contraire trouvé de nombreuses situations ordinaires. Nous avons également constaté que dans l’immense majorité des cas, les enseignants trouvent des réponses lorsque la laïcité est mise à l’épreuve», décrit Lantheaume.

Mais «ordinaire» ne veut pas dire facile : élèves qui lancent inopinément un débat sur les religions, collégiennes qui refusent de noter un cours sur la reproduction, d’autres qui viennent en cours avec des vêtements assimilables à des habits de prière musulmans, jeune de 6e qui vient drapé d’un drapeau israélien parce qu’il a été choqué quelques jours plus tôt par le keffieh que portait un camarade comme un «accessoire de mode»… Les situations sont diverses, et la capacité d’adaptation des enseignants et personnels de vie scolaire est mise à rude épreuve. Pour y faire face, les ressources pédagogiques sont nombreuses, à commencer par la charte de la laïcité créée en 2013 par le ministère de l’Education nationale, mais elles nécessitent d’être discutées entre collègues et adaptées aux situations particulières qu’ils rencontrent. Or, le temps manque souvent aux enseignants pour travailler en commun. Les formations sur la laïcité existent, mais elles ne tiennent pas assez compte des cas concrets.

Surtout, la facilité à gérer les situations varie d’un enseignant à l’autre. La matière enseignée est un facteur discriminant : puisque l’histoire-géo ou la philo intègrent des questions liées à la laïcité, les professeurs de ces disciplines sont mieux formés et donc souvent sollicités par leurs collègues. L’ancienneté est déterminante aussi. Les professeurs expérimentés et connus des élèves ont une meilleure capacité à cadrer les débats. Ils vont parfois jusqu’à faire preuve d’humour lorsqu’ils relatent les miracles exposés dans les textes sacrés, voire contourner leur devoir de neutralité en interprétant des textes religieux. Un professeur d’EPS explique ainsi à ses élèves musulmans que «[s’]ils ne courent pas pendant le ramadan, ils cassent le ramadan, parce qu’ils évitent les difficultés, alors que Mahomet, lui, il s’est battu pendant le ramadan», témoigne-t-il auprès de la chercheuse Charlène Ménard. Pour les jeunes enseignants, la marge de manœuvre est plus réduite, d’autant que les élèves savent que la laïcité est un sujet sensible qu’ils peuvent utiliser pour les tester. Un professeur de musique nouvellement arrivé dans un collège en fait les frais en proposant de parler de la mémoire coloniale aux Etats-Unis à travers un chant gospel. «Il y avait pas mal d’élèves qui me disaient "Ouais, nous, on veut pas chanter ça ! Ça parle de religion, je vois pas pourquoi on apprend ça au collège" !», témoigne-t-il auprès de la chercheuse. «C’est typiquement une action de provocation visant un jeune professeur qui ne s’y attendait pas. Après avoir pris conseil auprès d’un collègue, il a maintenu son cours, et a eu peu de difficultés par la suite», analyse Ménard.

L’islam est la religion la plus représentée parmi les cas recensés par Redisco, ce qui s’explique notamment par le faible nombre d’établissements privés musulmans : les enfants de familles très pratiquantes fréquentent donc l’école publique, là où juifs ou catholiques vont dans le privé. En revanche, d’une religion à l’autre, les demandes ou les contestations relèvent globalement des mêmes motifs. «Elles portent sur les menus, les horaires des cours, etc.», dit Ménard, qui relève dans sa thèse des cas classiques de classes peu remplies lors de fêtes religieuses juives ou musulmanes. Difficile pour les enseignants de faire le tri entre les situations qui autorisent souplesse ou tolérance, les alertes sérieuses, les provocations liées à l’adolescence, la simple tentative de perdre du temps de cours grâce à un débat houleux sans oublier les maladresses liées à l’ignorance. «Les élèves posent beaucoup de questions et disent parfois des bêtises en matière de religions ou de laïcité, comme pour d’autres contenus d’enseignement. Il ne faut pas considérer que c’est anormal. Au contraire, l’école est là pour les corriger, et pour enseigner ce que c’est que la laïcité», estime Lantheaume.

Les règles ne sont pas claires

Aussi les professeurs font-ils preuve de prudence, préférant la pédagogie et le débat à la sanction. Pour éviter dérapages ou situations conflictuelles, ils ne parlent pas de laïcité en début d’année, laissent une question sans réponse jusqu’à une séquence ultérieure bien préparée, ou organisent des projets pluridisciplinaires avec d’autres enseignants ou des intervenants extérieurs. Quant aux cas individuels, ils ne sont pas traités à travers le seul prisme de la laïcité. «Les enseignants constatent souvent que les élèves qui manifestent de façon inappropriée leur appartenance à une religion sont en difficulté scolaire et cherchent une valorisation à travers ces discours», explique Lantheaume. Sa collègue Ménard parle de «laïcité à la carte», au sens où les professeurs adaptent la règle au cas par cas, en fonction de l’attitude de l’élève, du contexte familial et des enjeux éducatifs. «Leur priorité, c’est de transmettre des connaissances aux élèves. Ils préfèrent donc les avoir en cours avec eux», résume la chercheuse, exemples à l’appui. Comme ce prof de maths qui accepte qu’un élève juif ne touche pas à l’ordinateur nécessaire à un exercice dans un cours du vendredi soir, alors que shabbat a débuté. Motif : l’élève l’a prévenu et vient assister au cour

A l’inverse, un professeur d’histoire-géo regrette d’avoir dû renvoyer une élève musulmane insistant pour porter son voile sur le trajet entre le collège et la bibliothèque lors d’une sortie scolaire. «On l’a remontée au collège, on a appelé les parents, elle est rentrée chez elle. […]. Et du coup, elle n’est pas allée au truc ! Ouais, mais quelque part, elle a gagné !» confie-t-il un peu amer lors de l’enquête, persuadé qu’elle aurait quitté le voile dans la bibliothèque s’il avait fermé les yeux durant le trajet. Ces situations sont d’autant plus difficiles à appréhender que les règles ne sont pas claires. Jusqu’où appliquer la laïcité en voyage scolaire ? Souvent, les enseignants intègrent une marge de souplesse en tolérant le port du voile le soir et dans les chambres.

Faut-il des cadres plus stricts ? «Les enseignants sont demandeurs de règles nationales, et, en même temps, ils font l’expérience que plus elles sont rigides, plus elles risquent de les priver de ces marges de manœuvre indispensables», tempère Lantheaume. L’équipe Redisco pointe plutôt l’importance de l’organisation du travail, des moyens et du temps nécessaires aux enseignants pour construire des réponses adaptées ou parler collectivement des difficultés qu’ils rencontrent. Mais elle souligne aussi que l’école ne peut pas tout. «Les enseignants se heurtent à la contradiction entre les principes qu’ils enseignent et la pratique : comment parler de liberté et d’égalité d’accès aux emplois quand des élèves de milieux populaires ont déjà intégré que ce n’était pas le cas ?» demande Ménard.

Thibaut Sardier

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Faut-il repenser la laïcité à l'école ?

4 Novembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Laïcité

C'est quoi, la laïcité ?

Comment traiter de la laïcité à l'école? En cette journée d'hommage à Samuel Paty, professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020, rendez-vous avec Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education nationale, et la sociologue Dominique Schnapper.

«Emancipation générale ! Les combats pour l’éducation» : Pour cette journée spéciale, rendez-vous avec Vincent Peillon, philosophe, chercheur au CNRS, spécialiste de Merleau-Ponty, auteur de nombreux ouvrages consacrés à la philosophie républicaine. Il a été ministre de l'Éducation nationale de mai 2012 à mars 2014. Il publie L'émancipation. Essais de philosophie politique (PUF, 16.09.20), un ouvrage réunissant différentes études, des conférences pour la plupart, des préfaces, des entretiens.

(La laïcité, c'est : ) clarté et distinction des idées, protection de l'école, appel au jugement et à la liberté de chacun, respect du savoir et des professeurs.              
(Vincent Peillon)

Selon lui, jamais on ne s’est tant revendiqué de la République, même ses détracteurs. Derrière ce retour en force, une escroquerie historique et intellectuelle. Ainsi, la République est devenue le drapeau sous lequel se cachent des pensées antirépublicaines. La preuve qu’elle n’est pas toujours un objet froid mais l’enjeu de luttes et d’appropriations. C’est notamment le cas pour le thème de la laïcité, central dans le travail de Vincent Peillon. En effet, celui-ci a créé « l’enseignement moral et civique » en 2013 afin d’ouvrir aux lycéens un parcours autour de sujets comme l’État de droit, les croyances ou encore l’éthique.

Le temps de l'école, le temps de la réflexion, le temps de l'enseignement des valeurs de la République, n'est pas le temps de l'émotion.            
(Vincent Peillon)

Samuel Paty a été assassiné parce que les professeurs font bien leur travail.            
(Vincent Peillon)

Notre deuxième invité est Dominique Schnapper. Sociologue et politologue, directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, membre honoraire du Conseil constitutionnel, elle a été nommée en 2017 à la tête du conseil des sages de la laïcité à l'éducation nationale.

(La laïcité), c'est un problème à long terme, pas seulement le problème dans les moments où il y a une crise. (…) Il doit être traité autant que faire se peut, à tous les niveaux non seulement de l'éducation mais de la société. C'est un véritable projet politique directement lié au projet démocratique lui-même.              
(Dominique Schnapper)

En réaction aux attentats islamistes qui ont frappé la France, Dominique Schnapper montre que la menace qui pèse aujourd’hui sur la laïcité et sur l’école ne date pas d‘hier. Pendant trente ans, dit-elle, les ministres de l’Éducation qui se sont succédés ont refusé de regarder en face les atteintes à la laïcité et la montée de la pression islamiste à l’école, et ce malgré la publication en 2002, déjà, de l’ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République qui, faisant état de l’antisémitisme, du racisme et du sexisme à l’œuvre en milieu scolaire, mettait la question sur la table.

Plus que de changer la loi, il importe de l'appliquer, de la faire appliquer, et de comprendre les raisons de son application.          
(Dominique Schnapper)

Elle publie avec Alain Schnapper Puissante et fragile, l'entreprise en démocratie (Odile Jacob,  30 septembre 2020).

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La loi contre les séparatismes critiquée par les syndicats...

6 Octobre 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Laïcité

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EXTRAIT

FSU et Se-Unsa soulignent les limites de la proposition de loi sur les séparatismes présentée par E Macron. Tous deux dénoncent par exemple la complaisance envers l'enseignement privé qui est lui aussi religieux. Anne Coffinier prend la défense des écoles hors contrat et dénonce un amalgame.

"La diversité culturelle n’est pas une menace. C’est quand la République se détourne des réalités sociales, qu’elle laisse perdurer ou s’amplifier les inégalités et les discriminations facteurs d’exclusion, que s’installe le terreau favorable à la remise en question de la laïcité et du vivre ensemble", estime la FSU, première fédération syndicale de l'éducation. "Si l’instrumentalisation du fait religieux existe, les usages radicaux et politiques de la religion ne relèvent pas uniquement de l’islamisme. Les réseaux liés à l’intégrisme chrétien ou à des sectes au sein de nombreux secteurs sont passés sous silence, peut-être parce qu’ils sont parfois ancrés dans les sphères de décision". Pour la FSU, cette loi vise surtout à lancer une campagne électorale. "L’ensemble du discours présidentiel s’inscrit en droite ligne de celui de son ministre de l’Intérieur pour préparer les futures élections présidentielles en instrumentalisant la laïcité".

(...)

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François Jarraud

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« L’enseignement des faits religieux à l’école n’est pas une entorse à la laïcité mais une extension de celle-ci »

22 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Laïcité

« L’enseignement des faits religieux à l’école n’est pas une entorse à la laïcité mais une extension de celle-ci »

EXTRAITS

Cinq ans après les débats sur la laïcité à l’école, qui avaient suivi les attentats de janvier 2015, et seize ans après la loi sur le port de signes religieux, Philippe Gaudin, directeur de l’Institut européen en sciences des religions, plaide pour un enseignement des faits religieux en classe.

Tribune. Depuis les années 1980, notre école a connu deux changements majeurs qui ne peuvent pas être sans incidence sur la manière de mettre en pratique la laïcité scolaire : d’une part, elle s’est « massifiée », c’est-à-dire que près de 80 % d’une classe d’âge (contre 30 % en 1970) accède au niveau du baccalauréat ; d’autre part, beaucoup de jeunes sont désormais issus d’une immigration d’installation, et non de travail, et sont de culture musulmane. L’école n’est plus guère le sanctuaire, « l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas », pour reprendre les termes conclusifs de la circulaire du 31 décembre 1936 du ministre de l’éducation nationale, Jean Zay.

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Formation citoyenne

Cet enseignement n’est pas un enseignement religieux, il consiste à rendre accessible aux élèves la somme considérable de connaissances peu à peu construites en histoire, en histoire de l’art, en anthropologie, en sociologie, en philologie, en philosophie, etc., dans toutes les disciplines qui croisent d’une manière ou d’une autre les faits religieux et constituent ainsi les « sciences des religions », pour employer le vocable qui a cours aujourd’hui.

En France, il ne s’agit pas d’enseigner une de ces disciplines en tant que telle ou une discipline générale de sciences des religions, mais de plus et mieux prendre en compte cette dimension des faits religieux dans l’enseignement des disciplines scolaires existantes, comme l’histoire, les lettres… Les justifications de cet enseignement sont à la fois de l’ordre de la qualité intellectuelle de l’enseignement, comme de la formation citoyenne des élèves, qui vivent dans une société marquée par le pluralisme religieux et convictionnel, ces deux justifications étant d’ailleurs parfaitement indissociables.

Sans connaissance des faits religieux, pas de bonne compréhension de l’histoire comme du monde contemporain, pas d’accès de bonne qualité non plus au patrimoine culturel, qu’il soit littéraire, musical ou concernant les arts visuels.

Cet enseignement n’est donc pas une entorse à la laïcité mais, au contraire, une extension de celle-ci, un véritable accomplissement de celle-ci, puisqu’il s’agit de donner aux élèves, quelles que soient leurs appartenances ou non-appartenances religieuses, un accès à une culture commune selon les critères laïques des savoirs se construisant peu à peu de manière critique.

Cet enseignement, que défend l’Institut européen en sciences des religions depuis sa création, en 2002, est déjà mis en œuvre mais reste encore trop timide et trop dépendant des programmes des disciplines, qui changent régulièrement. C’est bien là sa faiblesse structurelle, puisque s’il n’est pas identifié comme une discipline indépendante, il n’est pas même un enseignement ayant un horaire, un programme et une évaluation dédiés, et les futurs professeurs ne sont pas assurés de recevoir dans tous les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspe) de France une formation sérieuse le concernant.

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