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Vivement l'Ecole!

jeunesse

Les jeunes, grands perdants de la réforme des APL

15 Février 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Jeunesse

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Depuis le 1er janvier, les APL sont calculées par rapport aux revenus des douze derniers mois et sont révisées tous les trimestres. De nouvelles modalités de calcul qui pénalisent les étudiants, déjà fragilisés par la crise sanitaire.

« C’est le coup de grâce ». La réforme de l’aide personnalisée au logement (APL), en vigueur depuis le 1er janvier 2021, a un goût d’injustice. Le 25 janvier pour les locataires du parc HLM et le 5 février pour ceux du parc privé, les 6,6 millions de bénéficiaires ont vu leur montant d’aides changer. Désormais, les APL sont calculées « en temps réel ».

La réforme, qui se veut plus juste selon le gouvernement et plus adaptée à la situation actuelle des bénéficiaires, conduit à de nouvelles modalités de calcul qui pénalisent les jeunes. Une double peine, au moment où beaucoup sont en détresse financière ou psychologique à cause de la crise sanitaire.

Grands oubliés des allocutions du président de la République, la réforme des APL ne fait qu’augmenter le malaise. Une pétition (accessible ici) demandant à ce qu’elles soient maintenues dans les mêmes conditions qu’avant a ainsi reçu près de 25 000 signatures.

« On a l’impression qu’on coupe dans les APL »

Depuis le 1er janvier, les APL sont calculées par rapport aux revenus des douze derniers mois et non plus par rapport à ceux de l’année n-2. Leur révision ne se fera plus une fois par an comme précédemment, mais tous les trimestres. Ainsi, alors que les jeunes qui démarraient dans la vie bénéficiaient d’un coup de pouce de l’État pendant deux ans, cette aide a été supprimée pour beaucoup d’entre eux. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de jeunes affluent.

Un effet pervers de la réforme ? Le syndicat étudiant UNEF conteste cette hypothèse : « On s’y attendait totalement. On s’est justement opposé à la réforme parce qu’on savait que les étudiants allaient perdre de l’argent », affirme Mélanie Luce, présidente de l’UNEF.

« Sous prétexte de plus d’égalité, c’est en réalité une mesure budgétaire », poursuit-elle. En novembre 2020, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, déclarait en ce sens que la réforme des APL permettrait d’économiser entre 500 et 700 millions d’euros. « On a encore une fois l’impression qu’on coupe dans les APL », s’indigne Mélanie Luce.

Un trou dans le budget

Mais quels sont les effets de la réforme sur les jeunes ? Pour les étudiants, si leurs revenus peuvent augmenter au cours de leurs études, leur situation, elle, ne change pas. C’est ce qu’explique Juliette, 22 ans, en deuxième année de master d’école de commerce à Paris. « Avant, je touchais 310 euros d’APL et maintenant, je n’ai plus rienIls considèrent que je touche trop alors qu’en soi, ma situation n’a pas forcément changé depuis mon M1 ».

« Je suis à Paris, j’ai un loyer de 650 euros, j’ai des charges, je dois payer TGV Max et le métro. Ce qui me fait 950 euros de dépenses sur un salaire de 1050 euros », confie-t-elle. Un trou dans le budget qui l’a contrainte à rendre son appartement et à s’installer avec une camarade de classe, dans un 15 m2.

« A la fin du mois, sans les APL, on va souvent être dans le négatif »

Les jeunes actifs, qui démarrent dans la vie avec de petits revenus, sont désormais exclus du dispositif de la CAF, alors qu’ils pouvaient y prétendre pendant les deux premières années de vie active. Une aide qui avait pourtant un poids conséquent dans le portefeuille de beaucoup d’entre eux.

C’est le cas de Céline, 23 ans, et son conjoint Willy, 24 ans. Elle est étudiante en troisième année de licence de chinois et intérimaire le week-end pendant que lui travaille dans la restauration. Avec un SMIC et un salaire de contrat à temps partiel pour deux, selon les modalités de calcul des APL, ils touchent trop. Alors qu’ils percevaient 258 euros d’aide avant janvier 2021, ils n’ont désormais plus droit à rien.

Margaux Gable

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Pour la jeunesse, Macron continue de proposer une politique de rustines...

10 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Jeunesse

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EXTRAITS

La précarité de plus en plus visible des jeunes bouscule les rangs macronistes. Entre mesures d’urgence et recyclage de promesses de campagne, l’exécutif tente de se tirer d’une situation devenue très politique, à l’approche de la présidentielle.

Les questions se multiplient à mesure que les files d’attente s’allongent. Depuis plusieurs jours, les images d’étudiants attendant de recevoir une aide alimentaire ravivent les promesses passées – et parfois non tenues – d’Emmanuel Macron. Les membres de la majorité et du gouvernement qui s’époumonent depuis quatre ans dans l’espoir d’un « rééquilibrage politique » n’attendent désormais plus grand-chose des quelques mois qui les séparent de la présidentielle de 2022. Mais ils continuent toutefois de donner de la voix face à un président de la République persuadé qu’aucun de ses prédécesseurs n’a fait autant que lui « en matière sociale ».

En fin de semaine, l’Élysée a programmé deux déplacements du chef de l’État sur la thématique de « l’égalité des chances » : le premier à Nantes (Loire-Atlantique) pour promouvoir la diversité des recrutements dans la fonction publique ; le deuxième pour lancer, depuis le siège parisien de la Licra, la plateforme nationale de signalement des discriminations qu’il avait annoncée sur Brut, début décembre. Pour préparer cette « séquence », selon le jargon de la communication politique, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a martelé dans Le Monde la nécessité de renforcer ce type de mesures afin d’« être fidèle aux engagements de 2017 ».

(...)

Le chef de l’État véhicule un discours lui aussi ancien, pour ne pas dire éculé, qui laisserait penser que l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans favoriserait, dès la majorité, un prétendu « assistanat », celui-là même que le président Les Républicains (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez qualifiait en son temps de « cancer »« Comme si, nous, on ne pensait pas à la formation et à l’accès à l’emploi… », s’agace Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre. Avec le temps, ce préjugé s’est imposé à droite comme une évidence, jusqu’à constituer l’essence même du macronisme. « Protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’État », arguait Emmanuel Macron dès juillet 2017.

Depuis lors, ce schéma de pensée n’a plus jamais cessé de transpirer au travers des expressions présidentielles, des « premiers de cordée » au « pognon de dingue », en passant par le « je traverse la rue et je vous trouve un travail », lancé à un jeune horticulteur au chômage, en septembre 2018. « C’est le propre de l’éthique libérale, indiquait à Mediapart le sociologue Vincent Tiberj, au début du quinquennat. On est dans une logique d’individus, qui reconnaît éventuellement les carcans sociaux, mais ne remettra pas en question les mécanismes de la domination collective. » Avant d’ajouter : « Tout le problème du pouvoir macronien, c’est le manque de discours global. Le gouvernement empile des mesures qui ne font pas système. » 

(...)

« La solution, pour un pays, ce n’est pas de faire la charité »

Dans un tel contexte et malgré les résistances, Christophe Robert, pour la Fondation Abbé Pierre, considère tout de même que « les choses sont un peu en train d’évoluer ». Y compris au sein de l’exécutif. « Le Covid bouscule quand même pas mal de choses, à commencer par la philosophie générale », admet un conseil ministériel. « Je ne suis pas au gouvernement, mais il y a une inflexion, affirme aussi Antoine Dulin, président de la Commission insertion des jeunes du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ). La crise a révélé et rendu visible ce que longtemps beaucoup de femmes et d’hommes politiques de gauche et de droite n’ont pas voulu voir. Avant la crise, un jeune sur cinq vivait sous le seuil de pauvreté. La crise a accru la précarité les jeunes. »

Dans un entretien accordé à Mediapart, ce dernier rappelle que la ministre du travail Élisabeth Borne, a récemment confié vouloir « systématiser le versement d’une rémunération pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois lorsqu’un jeune, qui entre dans un parcours vers l’emploi, en a besoin et en fait la demande »« Elle ne veut pas appeler ça le RSA, pour des raisons sans doute politiques, mais je sens quand même qu’on a, en ce moment, une petite fenêtre de tir et il ne faut pas qu’on la rate, analyse Antoine Dulin. On profite de cet espace pour tenter de faire avancer les choses… »

Quelques ministres et députés tentent de les y aider, mais le gros des troupes macronistes reste sur la ligne défendue par le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire, mi-janvier, sur BFM-TV : « À 18 ans, ce qu’on veut, c’est un travail. On veut une rémunération de son travail, on ne veut pas une allocation. » « La solution, pour un pays, ce n’est pas de faire la charité, c’est de proposer à tout le monde de vrais emplois, de gagner sa vie, de se projeter, de créer son avenir », complète le haut-commissaire au plan et patron du MoDem François Bayrou, qui aimerait « qu’on réponde à la question de savoir comment on va financer durablement le social qu’on fait déjà, celui sur lequel on est déjà engagés ».

(...)

« Penser que ce qui préoccupe le pays aujourd’hui, c’est la question identitaire est une profonde erreur, poursuit-il. La priorité des priorités, ça doit être la réparation du pays. Comment se relever ensemble ? Quelles réponses apporter aux situations humaines dramatiques de vulnérabilité, de précarité et d’exclusion ? On luttera efficacement contre l’extrême droite en étant à la hauteur sur ces enjeux. Pas en agitant les chiffons rouges qui n’ont jamais fait que la renforcer. » Pourtant, en pleine crise sanitaire, économique et sociale, le gouvernement a bien choisi de consacrer deux semaines à l’examen du projet de loi sur le « séparatisme » et de « séquencer » ses mesures sociales jusqu’au mois de mai. Sans même faire semblant de poser un « acte fort », comme l’appelait récemment de ses vœux la ministre déléguée en charge du logement Emmanuelle Wargon.

Ellen Salvi

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Réforme des APL : une mauvaise surprise pour les jeunes...

8 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

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Les bénéficiaires des aides aux logements (APL) pourraient voir, ce vendredi, leur montant d’aides changer. Parmi les premiers mécontents, les étudiants, jeunes actifs et contrats de professionnalisation qui se disent «lésés».

Voilà une situation à laquelle Mathilde, 25 ans, technicienne de laboratoire à côté de Lyon, ne s’était pas préparée. Jeune active depuis moins d’un an, elle gagnait en moyenne 1 300 euros et percevait 248 euros d’aide personnalisée au logement (APL) pour payer ses 590 euros de loyer. Depuis la mise en application de la réforme des APL, en janvier, elle ne touche plus rien. Et elle est loin d’être la seule dans cette situation.

Alors que les locataires des parcs privés reçoivent, ce vendredi, leur APL pour le mois de janvier, beaucoup d’étudiants et de jeunes actifs ont constaté une diminution, voire une suppression totale de leurs aides. Au lieu de calculer les droits sur les sommes perçues deux ans avant, comme c’était le cas jusqu’en décembre 2020, la réforme des APL permet d’actualiser le montant des aides tous les trois mois, sur la base des revenus des douze mois précédents. «Nous avons fait exprès d’intégrer au maximum l’année 2020 dans le calcul des droits car cette année a été difficile et associée à d’importantes pertes de revenus pour beaucoup de Français», confie l’entourage de la ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon.

Une réforme qui suscite de l’incompréhension

Même si le ministère refuse de parler d’une «mesure budgétaire», à terme, la réforme devrait permettre, selon eux, de réaliser entre 700 millions et 1,3 milliard d’euros d’économie. L’Etat espère ainsi réduire ses dépenses, en versant à chaque Français une aide plus proche de sa situation réelle. Interviewé sur RTL en juillet 2019, Gérald Darmanin, à l’époque ministre des Comptes publics, avait ainsi légitimé sa réforme : «Des cadres [fraîchement diplômés] qui touchent aujourd’hui 3 000 ou 3 500 euros, continuent de toucher l’APL.» En effet, le montant de leurs droits était calculé sur leur situation financière deux ans auparavant. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Interrogés par Libération, le ministère du Logement et la Caisse d’allocations familiales (CAF) n’ont pas été en mesure de communiquer des chiffres précis sur le nombre de Français qui verront leur APL diminuer avec la réforme.

Ce nouveau mode de calcul, présenté comme «plus juste» par le gouvernement, ne passe pas pour Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement. «Quand on fait 1,5 milliard d’économie, c’est autant d’argent qui n’est pas versé aux Français, explique-t-il. Dans une période où les jeunes ont besoin de sécurité et de confiance, est-ce que c’était le moment de mettre en application une réforme qui va créer de la tension et de l’incompréhension 

Dans l’incompréhension, François, 30 ans, l’est depuis quelques semaines. Intermittent du spectacle dans un théâtre de Cherbourg (Manche), il a perdu ses 70 euros d’aide personnalisée au logement. Depuis le début de la crise sanitaire, le technicien régisseur a réussi à signer quelques contrats mais la plupart des événements culturels auxquels il devait participer ont été annulés. «On m’a supprimé mes APL car la moyenne de mes revenus de l’année dernière était trop élevée. Sauf qu’actuellement, je touche 1 300 euros de chômage et une fois que j’ai versé mon loyer, remboursé mon crédit à la consommation et payé toutes mes factures, il ne me reste plus grand-chose pour vivre. Je suis à découvert tous les mois et ce n’est pas comme si la situation allait s’améliorer pour les intermittents du spectacle.» Il espère retrouver ses aides personnalisées au logement dans trois mois, après réactualisation du calcul, comme la réforme le prévoit.

(...)

Julie Richard et Solenne Bertrand

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« Le Covid-19 révèle les problèmes structurels de l’enseignement supérieur et, plus généralement, ceux de la jeunesse »

21 Janvier 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Université, #Jeunesse

« Le Covid-19 révèle les problèmes structurels de l’enseignement supérieur et, plus généralement, ceux de la jeunesse »

EXTRAITS

Les conditions d’existence difficiles des étudiants sont celles des 18 -25 ans, explique dans une tribune au « Monde » le sociologue François Vatin, pour qui la crise sanitaire met en évidence « la nécessité d’un grand service social de la jeunesse ».

Tribune. La fermeture des établissements d’enseignement supérieur au cours de l’hiver et du printemps 2020, leur réouverture un peu chaotique cet automne suivie de leur nouvelle fermeture sine die ont soulevé de nombreuses interrogations. Celles-ci révèlent les problèmes structurels de l’enseignement supérieur français et, plus généralement, ceux de la jeunesse postscolaire.

Commençons par l’incongruité, ô combien révélatrice, qui a conduit à ce que, depuis le second confinement, les universités soient fermées, mais pas les classes postbac des lycées, qui profitent de la protection accordée à l’enseignement secondaire. A l’instar des établissements culturels, l’université se voit alors rangée dans la catégorie du « non-essentiel », ce qui ne peut manquer d’alimenter un sentiment fondé de manque de considération des pouvoirs publics.

Une vision myope

Que penser d’une loi [celle de programmation de la recherche] promulguée le 24 décembre 2020, qui a conduit, par l’effet d’un amendement sénatorial de dernière minute, à bouleverser, sans concertation, les modalités du recrutement des universitaires ? Pourtant, sur deux points essentiels – la condition sociale étudiante et les modalités pédagogiques –, les idées les mieux partagées sur les effets désastreux du Covid-19 sur l’université me semblent témoigner d’une vision myope. Sur ces deux points, cette situation inédite devrait au contraire être mobilisée au profit de la résolution de problèmes antérieurs à l’épidémie et qui lui survivront.

(...)

Prise en charge

Ce que l’épidémie met donc en évidence, c’est la nécessité d’un grand service social de la jeunesse. On imagine des solutions spécifiques pour la population jeune qui ne serait ni en formation ni en emploi. C’est ne rien comprendre à la sociologie de la jeunesse, car ce sont les mêmes qui partagent leur vie entre temps de formation, petits boulots, engagements associatifs, etc.

Il faut arrêter de penser qu’un jeune de 18 à 25 ans, parce qu’il a une carte d’étudiant, rentrerait dans une catégorie spécifique dont la gestion sociale incomberait aux universités. Elles sont là pour former intellectuellement ceux qui en ont le désir, pas pour assurer la protection sociale de tous les bacheliers. On se préoccupe actuellement de l’accès des plus « fragiles » aux campus, autrement dit de ceux dont on sait que les chances d’obtenir leur diplôme sont extrêmement faibles, épidémie ou pas.

(...)

Bien sûr, l’enseignement universitaire à distance soulève des problèmes de natures diverses : qualité de l’équipement et des connexions, des étudiants et des enseignants, apprentissage des outils, imagination pédagogique… mais rien de tout cela n’est insurmontable et le contexte épidémique mérite qu’on s’attelle à résoudre ces problèmes.

Les vrais problèmes sont ailleurs ; ils sont antérieurs à l’épidémie qui les a seulement exacerbés. Peut-être aussi ces événements vont-ils permettre enfin de les aborder sereinement et sérieusement. A l’université aussi, on peut rêver du monde d’après…

François Vatin est professeur de sociologie à l’université Paris-Nanterre.

Tribune à lire intégralement en cliquant ci-dessous

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VIDEO. Pour savoir à quoi sont exposés nos ados, "Complément d'enquête" a créé un faux compte TikTok

13 Janvier 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Jeunesse

En apparence, c’est fun : on danse, on chante, on se filme, et on poste sur le réseau social. En France, selon une étude, un jeune de 11 à 12 ans sur deux utiliserait TikTok. L'application vidéo chinoise qui monte semble avoir fait des mineurs son cœur de cible. "Complément d'enquête" a voulu savoir exactement à quoi elle expose nos ados. 

En France, la moitié des 11 à 12 ans, selon une étude, utiliseraient TikTok. Pour savoir à quoi les expose la plateforme vidéo qui a détrôné YouTube chez les moins de 15 ans, une journaliste de "Complément d'enquête" a tenté une expérience. Elle s'est créé un compte sur l'application en entrant "2007" comme date de naissance, comme si elle avait 13 ans.

Treize ans, c'est l'âge minimum légal pour s'inscrire sur la plateforme – qui ne fait aucune vérification. Notre journaliste va ainsi savoir quelles vidéos TikTok propose à un enfant qui vient de s'inscrire. Le résultat de l'expérience, visible dans cet extrait, n'est pas très rassurant.

" - Comment faire pour avoir une belle voiture ? - Ah bah on se prostitue"

Au début, rien de bien méchant : juste des vidéos rigolotes. Au bout d'une minute déboule sur l'écran une jeune femme plutôt aguicheuse. Elle est suivie immédiatement d'une autre, tout aussi sexy. Ensuite, presque quatre minutes anodines, puis quelques secondes de vulgarité. Deux minutes plus tard, une autre vidéo répond à la question "Comment on fait pour avoir une belle voiture ?" : "Ah bah on se prostitue ! Bois de Boulogne le soir, bois de Vincennes la journée..."

Ces vidéos sont suggérées à la fausse ado par l'algorithme de TikTok. L'intelligence artificielle ne sait rien d'autre d'elle que son âge, 13 ans. Elle n'a indiqué aucun centre d'intérêt qui aurait pu influencer ses choix.

Vidéos de vie de couple, propos et gestes explicites

"Globalement, conclut la journaliste, des vidéos de vie de couple, qui parlent de sexe, de rouler des joints en soirée..." Et certains contenus avec gestes et propos explicites, auxquels personne ne souhaite voir exposé un public de 13 ans. Voire moins... Car selon le témoignage d'un ancien modérateur, la plateforme ne supprimerait pas les comptes des utilisateurs théoriquement trop jeunes pour s'inscrire. Contrairement à ce qu'elle affirme dans un mail à "Complément d'enquête"...

Extrait de "Tous toqués de TikTok !", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 14 janvier 2021.

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".

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Jeunes - «Le virus a tout gâché, je dois encore chercher une entreprise»

22 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

Jeunes - «Le virus a tout gâché, je dois encore chercher une entreprise»

Les restrictions sanitaires ont rendu la recherche d’emploi ou de place en apprentissage plus difficile pour les primo-arrivants sur le marché du travail. Témoignages entre angoisse, déception et colère.

Benoît, 15 ans, lycéen en bac pro, Melun : «Face à tous ces refus, je me sens  un peu perdu, fatigué»

«"Bonjour, je m’appelle Benoît (1), je suis en bac pro et à la recherche d’une alternance en entreprise." Cette phrase, je l’ai répétée des dizaines de fois. Et même plus encore. Après trois mois de recherche, j’ai fait le compte : 60 appels et plus de 180 mails envoyés depuis septembre. Mais voilà, je n’ai toujours pas trouvé d’entreprise pour mon apprentissage. Lors de mon dernier coup de fil, la semaine passée, une femme, m’a répondu : "Laisse-nous tes coordonnées et si le patron est intéressé, on te rappelle." Huit jours après, toujours rien.

«Tous les apprentis de ma classe sont déjà en entreprise, excepté moi. Pendant qu’ils bossent, je passe ma vie à faire des courriers. J’appelle, mais je ne trouve rien. Une dizaine d’entreprises m’ont déjà fait la réponse suivante : "Nous ne prenons pas d’apprentis en raison des restrictions sanitaires."

«Face à tous ces refus, je me sens un peu perdu, fatigué et en colère. Car il me reste très peu de temps pour trouver une entreprise. J’ai jusqu’à fin décembre, en théorie, pour signer un contrat et débuter mon bac pro Melec (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés) en alternance. Si je ne trouve pas, je devrai stopper ma formation. Récemment, un responsable du Centre de formation des apprentis m’a expliqué qu’ils avaient reporté au mois de février la date limite pour s’adapter à la crise sanitaire, mais cela reste tout de même un grand sujet d’angoisse que je garde pour moi.

«Nous avons bien du coaching, au CFA, pour nous aider à nous exprimer au téléphone, à rédiger des mails, à bien tourner les CV. Manifestement, cela ne suffit pas.

«La plupart des élèves ont trouvé grâce à leur famille, aux réseaux de leurs parents. Mon oncle électricien a demandé à son entreprise, sans succès. Ce qui me gêne le plus, dans cette histoire, c’est que tous ceux qui sont déjà en entreprise sont rémunérés. Ils peuvent s’acheter des choses, et pas moi. Noël approche. J’avais prévu de faire des dépenses : passer mon brevet de sécurité routière, m’acheter une voiture sans permis, un téléphone, des vêtements, etc. Tout cela est impossible, pour le moment. Le virus a tout gâché. Donc je dois encore chercher, en espérant trouver avant février. Si je ne trouve pas, je serais en galère, j’aurais perdu un an de ma vie et de l’argent. Et je n’ai pas de plan B.»

Chloé, 25 ans, en formation, Toulouse : «Je suis au chômage et j’ai peur du regard des autres, de ce qu’ils vont penser»

«Et toi Chloé, tu fais quoi en ce moment ?» Je n’ai pas vu venir la question. D’habitude, je m’en sors très bien en allant fumer avant qu’on ne m’interpelle. Mais là, obligée de répondre, de sentir mon cœur s’emballer et de chercher une issue de secours.

«Je suis toujours au chômage en fait. Mais j’ai beaucoup de chance d’avoir la mission locale pour m’aider. Et j’ai une idée de formation dans le secrétariat. Mais il faut que je trouve un stage pour que Pôle Emploi me finance ce projet.» Voilà ce que j’aurais dû dire à mes amies ce soir-là. Au lieu de ça, j’ai bêtement souri en bredouillant quelque chose. Au même moment, j’ai senti les vibrations de mon téléphone. «Maman» s’affichait en grand sur l’écran, vite vite j’ai décroché sans même me soucier des autres.

«Dimanche, on fêtera l’anniversaire de mon frère. Ça me faisait plaisir rien que d’y penser. Au moins, on me parlera d’autre chose. Enfin, c’est ce que je croyais…

«Dans le secrétariat ? ! Mais ça te plaît d’être gratte-papier ? En plus, t’auras un salaire qui ne volera pas haut et tu vas travailler toute ta vie pour un patron plus con qu’un balai.» Ça m’a déprimée. D’autant plus que ma mère travaille là-dedans… Et j’étais contente d’avoir enfin une idée qui me pousse à me lever le matin.

«Non, je ne glande pas sur Netflix toute la journée à regarder toutes les séries qui existent. Mais après m’être forcée à postuler à au moins une offre d’emploi, il me reste beaucoup de temps libre pour cogiter. Et j’ai peur du regard des autres, de ce qu’ils vont penser. Alors c’est tout vu, rester chez moi c’est bien plus facile. Ce soir, mon copain veut qu’on aille s’aérer, il dit que ça me fera beaucoup de bien de sortir. Sur le chemin, il me raconte que le lendemain, au boulot, ils fêteront l’anniversaire d’un collègue. En plus, ils sont sur un projet hyper intéressant en ce moment. Je l’écoute déjà d’une oreille distraite. La chance qu’il a d’aller au travail…

«En général, je m’intéresse et j’arrive à lui répondre. Mais là je n’ai pas le cœur et je suis jalouse parce que demain il sera bien occupé. Heureusement, et c’est aussi pour ça que je l’aime beaucoup, il s’en rend compte et change discrètement de sujet tout en me serrant la main un peu plus fort. Ce geste me rassure, il me soutient.

«Souvent, dans la journée, j’ai tendance à me dévaloriser énormément et à culpabiliser. Est-ce qu’au regard de la société j’existe ? Oui j’existe, derrière ces lignes se trouve une fille de 25 ans qui se bat chaque jour pour sortir la tête haute de cet enfer qu’est le chômage.»

(...)

1- le prénom a été modifié

ZEP - Zone d'Expression Prioritaire

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JEUNESSE NAUFRAGÉE - Témoignages sur les parcours de mineurs secourus par l'Aquarius et l'Ocean Viking

15 Décembre 2020 , Rédigé par SOS Méditerranée Publié dans #Jeunesse, #Refugies

JEUNESSE NAUFRAGÉE - Témoignages sur les parcours de mineurs secourus par l'Aquarius et l'Ocean Viking
Mineurs naufragés : un devoir de protection
Près du quart des rescapés secourus par l’Aquarius et l’Ocean Viking, les navires de SOS MEDITERRANEE, sont mineurs, dont la grande majorité voyagent seuls. Ce dossier a pour but de raconter leur histoire, sur la base de leurs propres témoignages.

Télécharger le dossier "Jeunesse naufragée"

"Au début je n’avais pas peur car je ne pouvais rien voir. Mais quand le soleil s’est levé, j’ai été terrifiée de me retrouver au milieu de la mer. J’ai vu les autres pleurer, vomir, prier. Je n’ai pas bougé, je voulais pleurer mais j’avais trop peur de tomber à l’eau. J’étais paralysée par la peur.”

Esther, 17 ans, originaire du Ghana
 

Ils s’appellent James, Esther, Sélim, Souleyman, Yasmine, Magdi, Youssouf, Abdo, Hamid et Yussif. Avant d’être des « migrants », ce sont avant tout des adolescents avec des histoires singulières éprouvantes. Leur âge, leur isolement et les dangers qui jalonnent la route migratoire maritime la plus mortelle au monde en Méditerranée centrale les rendent tout particulièrement vulnérables. 

Les droits humains fondamentaux et les besoins essentiels de ces jeunes - exposés à de multiples exactions durant leur trajet, leur séjour en Libye et la traversée de la Méditerranée - doivent être garantis en toute circonstance : le premier de ces droits est celui de vivre.

Le devoir d’assistance à personne en danger de mort devrait s’imposer sans ambages à terre comme en mer : c’est pourquoi SOS MEDITERRANEE réclame depuis sa création en 2015 que des flottes navales européennes soient mobilisées sans plus attendre pour secourir toutes ces embarcations de fortune perdues en haute mer.

A défaut, des ONG comme SOS MEDITERRANEE continuent de porter assistance aux femmes, aux hommes et aux enfants qui fuient l’enfer libyen au péril de leur vie. La protection de tous les rescapés à bord des navires de SOS MEDITERRANEE demeure une priorité jusqu’au débarquement dans un port sûr, comme le prévoit le droit maritime international. Une attention particulière est portée à ces rescapés mineurs doublement vulnérables.

Outre sa mission de sauvetage et de protection des rescapés, l’association porte également une mission de témoignage tout aussi vitale. Ce dossier rassemble des extraits de dix témoignages de jeunes recueillis entre 2016 et 2020, mettant en lumière le drame qui se déroule en mer aux portes de l’Europe dans l’indifférence quasi générale, afin de donner un visage et une voix à cette jeunesse naufragée.

Illustrations : Hippolyte, reporteur graphique.

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Service civique dans la culture: "On se fait exploiter mais on est consentant"...

14 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Culture, #Jeunesse

Service civique dans la culture: "On se fait exploiter mais on est consentant"...

EXTRAITS

Travail de larbin ou postes à responsabilité… «Libération» a recueilli une trentaine de témoignages de volontaires, de la Gaîté lyrique à Manifesta, dont les tâches dépassaient largement le cadre de leur mission d'intérêt général. Une dérive d'autant plus inquiétante que ces postes sont rendus indispensables au fonctionnement de structures associatives.

Dans le secteur culturel, les services civiques sont partout. Qu’on aille dans un centre d’art renommé, une friche culturelle en région parisienne ou une troupe de théâtre en milieu rural, il y a de fortes chances pour tomber sur l’un de ces volontaires âgés de 16 à 25 ans qui se consacrent, pour une durée de six mois à un an, à une mission d’intérêt général. Manifesta, la Biennale européenne de création contemporaine qui a posé d’août à octobre ses valises à Marseille – la manifestation a pris fin un mois avant la date prévue à cause du confinement – en a par exemple enrôlé une armada. Elle a engagé une vingtaine de personnes en service civique, notamment pour des tâches de médiations et d’accueil aux publics. «On espérait, avant le Covid, en engager 40», dit l’organisation, dont le budget visé pour cette édition de trois mois est de 6,5 millions d’euros. Dans le discours, le dessein est louable : renforcer la mixité sociale, aider des jeunes en décrochage scolaire, les former aux métiers de la culture… Dans les faits, les volontaires payés 580 euros par mois pour un 35 heures ont «plutôt le profil "diplômés d’école d’art" que celui de "jeunes des quartiers populaires"», assure une «service civique» de Manifesta, elle-même en master.

Pendant plusieurs mois, Libération a recueilli près d’une trentaine de témoignages, qui font part d’un véritable dévoiement de cet «engagement au service de l’intérêt général» dans la culture. Souvent, ces volontaires sont de jeunes femmes, fraîchement diplômées des Beaux-Arts ou en gestion de projets culturels, cherchant désespérément un emploi. Qu’elles soient dans une compagnie de théâtre en mal de financement ou un musée subventionné, leurs missions de volontariat ressemblent souvent à la fiche de poste d’un salarié. La plupart vont jusqu’à parler de «travail dissimulé» ou de «salariat précaire déguisé», dénonçant parfois «heures supplémentaires non payées» et tâches ne correspondant pas à la philosophie du service civique. En effet, certaines se sont retrouvées à faire du nettoyage ou du service au bar. Et la conjoncture actuelle n’annonce rien de bon. La culture traversant une crise sans précédent causée par la gestion du Covid-19, on peut imaginer que ce type d’arrangement n’aille qu’en s’aggravant.

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Faire semblant d’être dans les clous

Ces volontariats ne viennent pas seulement combler le manque d’argent des associations culturelles en lutte pour leur survie. Certains organismes plutôt bien installés n’hésitent pas à recruter des étudiants diplômés au parcours déjà chargé de stages. Aux centres d’art Bétonsalon ou à la Gaîté lyrique à Paris, des anciens volontaires assurent passer un véritable entretien d’embauche. «Il fallait avoir un bon background, raconte Marie, qui a un master en histoire des arts. En 2018-2019, à la Villa Vassilieff [résidence d’artistes et second lieu d’exposition de Bétonsalon, ndlr], l’année où j’ai été prise, la direction cherchait des gens avec une solide culture en art contemporain, un bon niveau d’anglais qui pouvaient faire de la régie d’œuvres ou coordonner des projets.» La concurrence est parfois rude. Au Centre de création contemporaine Olivier-Debré (CCCOD) à Tours, la direction reçoit en moyenne 25 à 30 candidatures pour une offre. Ce n’est donc pas un hasard si les missions rangées dans la catégorie «culture et loisirs» par l’Agence du service civique sont celles où l’on trouve les volontaires les plus diplômés. Près de 35% d’entre eux ont au moins un bac+3 (contre 19% au niveau national).

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«Faire le ménage, vider les poubelles»

Nombreux sont les volontaires à avoir occupé des postes à responsabilité. A la Gaîté lyrique, Charlotte (1) a géré certains budgets sans son tuteur (dont le budget prévisionnel d’une saison) et a été à plusieurs reprises la référente à contacter en cas d’urgence lors de concerts : «C’était comme si j’occupais un CDD de chargée de production. Ça nous faisait bien rire avec les autres volontaires d’être seulement payés 580 euros par mois pour occuper un vrai emploi.» Le service communication du BAL, espace d’exposition indépendant dédié à l’image contemporaine à Paris, ne pourrait quant à lui plus fonctionner sans son service civique chaque année renouvelé, estime une ancienne volontaire.

Si cela peut permettre à beaucoup d’acquérir de l’expérience, certains se plaignent d’avoir été pris pour des larbins. «On s’est retrouvées à faire le ménage, à vider les poubelles. On nous demandait aussi de faire à manger, mais on n’avait pas le droit de manger ce que l’on avait préparé», déplore une ancienne service civique du Jardin parallèle (JP), institution rémoise consacrée à l’art de la marionnette et qui jouit d’une réputation notable. A peine arrivée, Camille, une autre volontaire venue au JP avec l’envie d’apprendre à travailler les costumes, se retrouve dans un hangar à trier pendant une semaine des tas de tissus poussiéreux entassés pêle-mêle. «On m’a dit "tiens, ça pourrait être une de tes missions !" rapporte la jeune femme diplômée d’un BTS couture. On ne m’a rien confié d’autre et puis, les autres m’ont culpabilisée…» La même année, une autre volontaire se souviendra des allers-retours en mode «chauffeuse de taxi» pour les comédiens, tandis que Camille attire l’attention sur une collègue qui s’est occupée du poulailler. Mi-2019, tous quittent prématurément leur poste après l’alerte d’une volontaire, à l’agence, sur les abus de la structure. Depuis, le Jardin parallèle n’accueille plus de services civiques. «Nous avons toujours fait de notre mieux», se défendent sommairement par texto les directeurs, qui n’ont pas souhaité en dire plus à Libération.

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«Travail déguisé et sous-payé»

Et même si certains parviennent à décrocher des contrats – au CCOD de Tours, sur 24 services civiques depuis 2015, 4 travaillent pour le centre, dont 3 en CDI –, les postes de volontaires viennent fragiliser un marché de l’emploi déjà à bout de souffle. «Avec ces offres, on découvre qu’il y a donc du travail, mais qu’il n’y a pas d’emploi. On veut bien que ce travail soit fait, mais on ne veut pas embaucher de façon pérenne les gens», tance Ophélie Latil. Derrière, c’est l’Etat qui se retrouve moteur de cette précarisation : «Quand on finance les associations par des subventions, on peut espérer créer de l’emploi salarié stable, estime la directrice de recherche Maud Simonet. Quand on diminue les subventions, et qu’en même temps on incite à prendre des services civiques, cela revient à précariser davantage le travail en l’invisibilisant et le "gratuitisant".»

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(1) Les prénoms ont été modifiés.

Anna Mutelet , Annabelle Martella

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Crise du Covid-19 : la jeunesse française est inquiète mais reste optimiste pour son avenir, selon un sondage...

11 Décembre 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Jeunesse

Crise du Covid-19 : la jeunesse française est inquiète mais reste optimiste pour son avenir, selon un sondage...

Pour les 18-24 ans, la crise sanitaire est synonyme de privations, notamment alimentaires, et de projets personnels et professionnels compromis. Ils sont pourtant une grande majorité à vouloir changer le monde et agir pour l'environnement, d'après une étude de l'institut Elabe.

La jeunesse française vit la crise du Covid-19 avec inquiétude mais refuse le fatalisme. Sous pression, les 18-24 ans restent malgré tout optimistes pour leur avenir. C'est ce qui ressort d'un sondage* effectué sur les 18-24 ans par l'institut Elabe pour le Cercle des économistes, publié mercredi 9 décembre. Une enquête réalisée dans le cadre de la journée de débat "Comment éviter une génération sacrifiée ?" organisée le 10 décembre par le Cercle des économistes, en partenariat avec Radio France à suivre en direct à partir de 9h30 sur franceinfo.fr.

Le confinement, une période d'angoisse et d'isolement

Inquiétude et lassitude sont les deux sentiments qui caractérisent principalement le quotidien des jeunes. Ils sont 29% à se dire inquiets et près d'un quart (23%) à se sentir las. Mais deux jeunes sur dix soulignent malgré tout leur optimisme (21%) et leur bonheur (30% se disent heureux). Ils ne sont que 10% à faire part de leur pessimisme, et 8% à se dire en colère. 

Les périodes de confinement sont vécues par les jeunes comme des épreuves. Pour près de six personnes interrogées sur dix, il s’agit d’une période de grande angoisse, et d'un moment d’isolement. Pour les trois quarts (74%), la crise sanitaire a renforcé les fractures dans notre pays. Si plus de la moitié (52%) ont eu le sentiment de perdre leur temps, près de six jeunes sur dix (68%) ressentent la période comme un moment d'isolement. 

Un jeune sur deux a réduit ses dépenses alimentaires

L'état d'esprit des 18-24 ans est aussi marqué par un quotidien sous pression. Leurs difficultés financières restent un élément prégnant. Plus de quatre jeunes sur dix (42%) vivent dans un foyer en étant contraints de se restreindre, de puiser dans leurs réserves, ou de se faire prêter de l’argent pour boucler les fins de mois. Un tiers d'entre eux (29%) recherche systématiquement les prix les plus bas pour les courses alimentaires. Quatre sur dix le font pour les autres dépenses, habillement (41%), loisirs (37%) ou équipement de la maison (42%). Un quart des jeunes avouent rencontrer des difficultés pour régler les factures d'électricité ou de gaz ((26%), de communication (26%) ou pour payer le loyer (25%)). Un tiers des personnes interrogées (36%) a renoncé ou retardé des soins de santé pour des raisons financières.

Mais c’est sur l’alimentaire que la privation est la plus forte : un jeune sur deux (48%) confie avoir réduit ses dépenses alimentaires ou dû sauter un repas au cours des six derniers mois. Si près de six parents sur dix (58%) ont pu aider financièrement leurs enfants dans les derniers mois, ils sont aussi touchés par la crise. Un sur dix déclare ne plus avoir les moyens de le faire aujourd'hui.

Emploi et santé, priorités de la jeunesse

Selon ce sondage, l'épidémie a entravé les projets de la jeunesse française. Six jeunes sur dix ont dû modifier (dont 48% retardé) leurs projets personnels. Quatre sur dix ont fait de même pour leurs projets professionnels. Ils ont notamment dû faire une croix sur certains rites initiatiques de la jeunesse, voyages, rencontres, mariage, ou engagement associatif.

Sur le plan professionnel, trois quarts des jeunes (76%) qui projetaient de chercher du travail, un contrat d’alternance ou un stage déclarent n’avoir pas réussi, et huit sur dix parmi ceux qui prévoyaient de terminer leurs études n’ont pu le faire. La crise fait de l’emploi et de la santé les préoccupations centrales de la jeunesse. L'emploi est la première préoccupation pour 48% des personnes interrogées, devant la santé, citée par 41% des sondés. Ces deux thématiques se détachent nettement de tous les autres thèmes y compris des questions environnementales qui arrivent en troisième position : 24% des jeunes en font une priorité. 

Ils veulent changer le monde et agir pour l'environnement

Malgré cette morosité, les jeunes de 18 à 24 ans n'en gardent pas moins un certain optimisme. Ils sont plus nombreux (75%) à miser sur l’énergie de la jeunesse pour rebondir, qu’à constater qu’ils font partie d’une génération sacrifiée (63%). De même, une large majorité (65%) estime que c’est une période difficile mais que l’on va s’en sortir. Aujourd'hui, les jeunes affichent un optimisme prudent. 55% des personnes interrogées sont optimistes sur leur avenir professionnel, 58% le sont pour leur avenir personnel. 

Pour faire face à l'après Covid et surmonter leurs difficultés, les jeunes comptent d’abord sur eux-mêmes, à 52%, et sur leur famille comme leur entourage (50%). La crise a fait émerger chez eux de nouvelles priorités, la santé et la famille comptent nettement plus qu’avant pour six jeunes sur dix. Au final, les deux tiers des 18-24 ans (65%) évaluent leur moral comme étant plutôt bon. Et malgré les difficultés, ils se sentent en capacité de changer le monde et d’agir pour l’environnement. Près de huit jeunes sur dix (78%) affirment qu'ils ont de l'énergie pour changer le monde, et sept sur dix (70%) assurent qu'avec eux, rien ne sera plus pareil pour l'environnement. 

*Ce sondage Elabe pour le Cercle des économistes a été réalisé par Internet du 23 novembre au 4 décembre auprès d'un échantillon de 800 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans à 24 ans et sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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