Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

jeunesse

« Le vaccin, ça va faire des zombies ! » : des ados déboussolés

19 Juillet 2021 , Rédigé par Le Point Publié dans #Education, #Jeunesse

Covid19 : la vaccination des 12-18 ans | Ministère de l'Education Nationale  de la Jeunesse et des Sports

EXTRAITS

Faut-il se vacciner ? « Le Point » est parti à la rencontre d’adolescents dont les avis divergent diamétralement, parfois même de leurs propres parents.

Le débat déchire la Toile et les rues depuis quelques jours : faut-il ou non se faire vacciner ? Les arguments divisent familles et amis, surtout à l’approche du mois d’août. Le Point est parti à la rencontre d’adolescents dont les avis divergent diamétralement, parfois même de leurs propres parents.

Pour Redouan et Lukas, 15 ans et résidant à Melun (77), leur choix fuse d’emblée : « Nous, on se fait pas vacciner, c’est mort. » Ces deux garçons affirment très vite avoir d’ailleurs pensé à tout : « En août, on part en vacances dans le Sud avec les parents d’un pote à nous, on leur a dit qu’on était vaccinés, mais on va se débrouiller pour trouver des QR codes », raconte Lukas, l’air goguenard. Opinant du chef, Redouan confirme : « Sur Snap, ça vend des QR codes, y a plein de pubs. » En effet, des business de pass sanitaires et QR codes fleurissent sur le réseau social Snapchat, proposant leurs services contre des sommes parfois astronomiques. « Au pire, on a des potes qui se sont fait vacciner qui vont nous filer leurs QR codes avec des photos de leurs cartes d’identité », ajoute Lukas, visiblement frileux à l’idée de débourser une grosse somme

(...)

Aïssatou, collégienne franco-sénégalaise de 14 ans, résidant à Montreuil (93), s’alarme elle aussi des réactions des antivaccins. Et pourtant, dans sa famille, personne n’est d’accord. « Ma mère s’est fait vacciner dès le début car elle est « personne à risque », mais mon père qui l’est aussi n’a pas voulu le faire. Il a peur que ça le tue dans quelques années alors qu’il va mieux depuis un an. C’est un complotiste, mon père ! » raconte-t-elle en levant les yeux au ciel. Les deux grands frères d’Aïssatou partagent l’avis de leur père et ne veulent pas se faire vacciner, au grand dam de leur mère. « Ma mère, qui a toute notre famille au Sénégal, sait que c’est dur en Afrique. Là-bas, on meurt du Covid et personne n’est vacciné, et la France nous donne cette chance et eux ils crachent dessus ! » Selon l’OMS, les morts du Covid en Afrique ont augmenté de 43 % la semaine dernière.

Nora Bussigny

Lire la suite

Entre 7 000 et 10 000 mineur·e·s se prostituent en France, selon un rapport inquiétant

16 Juillet 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Jeunesse

Prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis : « Le parcours de ces  jeunes filles est marqué par les violences subies »

Un rapport remis mardi au gouvernement dresse un constat alarmant sur la prostitution des mineur·e·s en France : entre 7 000 et 10 000 enfants et adolescents seraient concernés. Le développement du proxénétisme sur les réseaux sociaux permettrait à de plus en plus de jeunes d'y accéder.

Le nombre de mineur·e·s victimes de proxénétisme n'a cessé d'augmenter en France : le service statistique ministériel de la sécurité intérieure a recensé une hausse de 70 % en cinq ans. Le secteur associatif, lui, comptabilise entre 7 000 et 10 000 jeunes se prostituant. Ces chiffres préoccupants sont mis en avant dans un rapport du groupe de travail sur la prostitution des mineur·e·s. Ce dossier a été remis, ce mardi, au secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, Adrien Taquet. Celui-ci a annoncé un plan national pour lutter contre cette pratique pour l'automne 2021.

Principalement de jeunes adolescentes "vulnérables"

Selon ce rapport, les victimes de proxénétisme sont majoritairement des jeunes filles de 15 à 17 ans. L'association d'aide aux prostitué·e·s l'Amicale du Nid 95 n'accompagnent, par exemple, que 10% de garçons. Ces mineur·e·s sont généralement issus de milieux défavorisés. Ainsi, sur les 113 signalements comptabilisés par le parquet de Bobigny l'année dernière, plus de deux tiers d'entre eux concernaient des jeunes originaires de Seine-Saint-Denis, et notamment des villes touchées par la pauvreté.

Le groupe de travail relève aussi la "vulnérabilité" des jeunes victimes, souvent en situation de rupture familiale. Entre 40% et 49% des mineur·e·s disent avoir subi des violences pendant leur enfance, notamment familiales et/ou sexuelles, avant de se prostituer. Selon Arthur Melon, secrétaire général de l'association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), “des circonstances particulières accroissent la potentialité de basculer dans la prostitution : une rupture familiale, une période d'errance (fugue ou rejet de la cellule familiale) ou une addiction (alcool, drogues)."

Les mineur·e·s étranger·e·s, parfois isolé·e·s, sont également nombreux à avoir recours à la prostitution. Souvent très vulnérables, les trafiquants de migrants les poussent à cette pratique "comme moyen de remboursement du coût du voyage", révèle la Fondation Scelles. Leur prise en charge est d'autant plus compliquée qu'ils leur fournissent de faux passeports ou leur demandent de mentir sur leur âge.

Une organisation par les réseaux (sociaux)

Suite à la pandémie et aux confinements, la prostitution sur la voie publique recule. C'est par les réseaux sociaux ou les sites d'annonces que les prostitué·e·s sont mis en relation avec leurs clients. Les proxénètes utilisent également ces outils pour recruter des jeunes de 14 à 25 ans.  Le numérique permet aux mineur·e·s "de s'initier à des comportements pré-prostitutionnels, n'impliquant pas des contacts physiques avec les clients" comme l'envoi de photos dénudées, ajoute Arthur Melon de l'ACPE.

Internet permet également de réserver des chambres d'hôtel mais surtout des Airbnb, qui sont moins facilement traçables. La procureure de la République d'Évry note ainsi une "professionnalisation des réseaux de proxénétisme de mineurs" dans son département. Avec des techniques similaires à celles du trafic de stupéfiants, la prostitution de mineur·e·s est de plus en plus structurée et hiérarchisée, s'inquiète le rapport.

Du côté des mineur·e·s, des difficultés à se reconnaître victimes

Ces mineur·e·s ne reconnaissent pas forcément être victimes du proxénétisme. La procureure de la République d'Évry l'explique ainsi : "ces jeunes [filles] sont en effet généralement attirées par l'appât du gain et banalisent les relations sexuelles tarifées auxquelles elles se prêtent. Elles considèrent les jeunes hommes participant à leur activité (réservant les lieux de prostitution, publiant leurs annonces, les surveillant pendant les actes sexuels, mais aussi récupérant un pourcentage des gains) comme des 'collaborateurs' ou des 'protecteurs'."

Une étude du département du Nord de 2021 montre qu'un mineur prostitué sur deux reconnaît des aspects positifs à la prostitution. L'autonomie financière, principalement, mais aussi le besoin d'affection, le sentiment de reprendre le contrôle sur sa vie, d'appartenir à un groupe ou d'être considéré comme un adulte sont les arguments avancés par ces jeunes.

Un plan de lutte du gouvernement 

Face à ces constats alarmants, le rapport du groupe de travail préconise une meilleure formation des acteurs de la lutte contre la prostitution, ainsi qu'une meilleure coordination entre eux au niveau local. "L’enjeu de la prise en charge réside dans la capacité à proposer des réponses à la fois dans l’urgence et dans la durée" résumé le dossier. Les experts proposent de travailler sur la "prise en charge médicale tant physique que psychique" de ces jeunes, ainsi que sur "l'accès à l'hébergement" en évitant de les placer "plusieurs nuits en foyer d'urgence ou en hôtel", où leurs proxénètes "les retrouvent systématiquement".

Avec le développement de la prostitution sur les réseaux sociaux, le rapport réclame plus de moyens pour la police. Cela permettrait notamment à des officiers de réaliser des enquêtes sous pseudonymes sur Internet. De plus, le groupe de travail réclame des campagnes de prévention à destination des jeunes mais aussi des parents.

Morgane Moal

Lire la suite

Edgar Morin, ses conseils aux jeunes : "Il faut risquer sa vie" (Vidéo)

8 Juillet 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Jeunesse, #Philosophie

Lire la suite

Macron opposé au crop top à l’école : quand Schiappa et Moreno défendaient la liberté vestimentaire des lycéennes

2 Juillet 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Jeunesse

La journée du Cropped top

Crédits : Vanessa MEYER - Maxppp

Dans l’hebdomadaire « Elle », le chef de l’Etat s’oppose au crop top à l’école et se dit partisan d’une « tenue décente exigée ». En septembre dernier, deux ministres avaient soutenu les lycéennes et défendaient leur droit à s’habiller comme elles le souhaitent.

« À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée”, aussi bien pour les filles que pour les garçons. » Dans un entretien au magazine « Elle », publié ce jeudi 1er juillet, Emmanuel Macron s’est dit hostile au port du crop top – un t-shirt qui dévoile le nombril – à l’école, estimant que « tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école ». Une petite phrase qui n’a pas manqué de faire réagir et qui risque de mettre en porte-à-faux au moins deux membres du gouvernement.

La raison ? En septembre dernier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, défendait le port d’une tenue « républicaine » à l’école« [Ce] n’est pas un lieu comme les autres, ce n’est pas comme si vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Chacun peut comprendre qu’on vient à l’école habillé d’une façon républicaine », avait-t-il déclaré.

Des propos qui lui avait valu un recadrage public de la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes Elisabeth Moreno. « En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut, avait-elle martelé. Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s’affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n’a pas de prix. » Et d’ajouter : « C’est aussi un enjeu d’éducation des jeunes garçons, du rapport qu’ils entretiennent aux jeunes filles et lié aux valeurs de respect. »

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

2 Juillet 2021 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education, #Université, #Jeunesse

Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

EXTRAIT

Une étude de Linkee menée auprès de 3 281 étudiants révèle que la précarité étudiante n’a jamais été aussi élevée. Et 40 % des participants envisagent même d’arrêter complètement leurs études.

«Pas de vacances pour la précarité», explique Julien Meimon, président de l’association Linkee qui vient en aide aux plus démunis tout en luttant contre le gaspillage alimentaire à Paris. Cette organisation vient de publier une étude inquiétante sur la précarité étudiante: 97 % des participants vivent sous le seuil de pauvreté. Julien Meimon souligne les difficultés rencontrées par les étudiants, au-delà de la crise sanitaire: «Ces jeunes vont mettre beaucoup de temps à s’en relever. C’est un problème de fond qui n’est pas tranché parce que les terrasses ont ouvert et que les gens se préparent à partir en vacances».

(...)

Jean Cittone

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Vaccination des 12-15 ans: quand Macron trouvait "choquant" de les faire passer avant les pays pauvres

3 Juin 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Jeunesse

Au dernier sommet mondial de la Santé, Emmanuel Macron avait préféré se concentrer en priorité sur la vaccination des adultes dans les pays les plus pauvres.

POLITIQUE - Vaccin pour tous. En France. Ce mercredi 2 juin, le président Emmanuel Macron a annoncé que la vaccination contre le Covid-19 va être élargie aux moins de 18 ans à compter de la mi-juin. Le chef de l’État en déplacement dans le Lot à la rencontre d’acteurs du tourisme s’est montré optimiste pour l’été tout en appelant les Français à rester “prudents” face à des signaux d’alerte dans le Sud-Ouest. Et s’est félicité au passage que près de 50% des Français adultes aient déjà reçu une première dose de vaccin.

Cette décision a été prise lors d’un conseil de défense sanitaire dans la matinée à l’Élysée, après le feu vert lundi de la Commission européenne sur l’utilisation du vaccin anti-Covid-19 de BioNTech/Pfizer sur cette tranche d’âge. Au mois de mars, le laboratoire Pfizer/BioNTech avait annoncé des résultats très concluants pour les adolescents. 

Changement de registre

Il y a quelques jours pourtant, Emmanuel Macron avait rappelé que cet élargissement de la vaccination n’était pas une priorité. “Ce n’est pas tout de suite, mais c’est peut-être”, avait ainsi répondu Olivier Véran à BFM TV lundi 17 mai. Le lendemain, lors du Sommet mondial de la santé, le chef de l’État avait réaffirmé cette position alors que l’écart de la vaccination contre le Covid-19 entre les pays riches et les pays défavorisés se creuse. “Il est choquant, vous en conviendrez, qu’on commence parfois à vacciner des enfants là où on n’a pas encore commencé à vacciner les plus âgés et les plus fragiles dans certains pays”, avait-il expliqué. 

Une affirmation destinée à l’époque aux États-Unis et au Canada qui avaient déjà élargi leur politique de vaccination aux plus jeunes. Ce changement d’avis toutefois ne devrait pas empêcher la France de distribuer 30 millions de doses à Covax et aux pays pauvres comme promis par le gouvernement lors de ce sommet.

Les vaccins anti-Covid continuent en effet manquer cruellement faute de production suffisante et le système international mis en place pour garantir un accès équitable aux vaccins est très loin du compte. Il devait assurer une immunisation de 20% des populations des pays participants d’ici la fin de l’année. En mai, il manquait approximativement 190 millions de doses par rapport aux volumes initialement prévus.  

Lire la suite

« Chez certains jeunes, la pandémie de Covid-19 radicalise un sentiment d’impuissance et de colère »

2 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Jeunesse

Portrait de jeunes en colère qui s'opposent à la «machine» | Le Devoir

EXTRAITS

La crise sanitaire attise, chez certains jeunes, une forme de frustration, estime la sociologue Cécile Van de Velde dans un entretien au « Monde ».

(...)

Avoir vécu cette pandémie à 20 ans peut-il constituer un marqueur générationnel ?

La pandémie réactualise la question des générations telle que le sociologue et philosophe Karl Mannheim l’avait formulée au tournant des années 1930. Selon lui, les périodes de déstabilisation sociale peuvent créer une « condition de génération » commune pour ceux qui entrent dans la vie adulte, et favoriser alors la naissance d’une « conscience de génération ».

Bien sûr, tout le monde a été affecté par la crise engendrée par la pandémie. Dans le cas des jeunes, elle a pu résonner comme un choc d’incertitude et de solitude à un âge justement pensé comme celui de la prise d’élan vers l’âge adulte. L’ampleur de la cicatrice va dépendre des évolutions économiques et des choix politiques dans les années à venir. On sait également que la pandémie accroît fortement la pression inégalitaire au sein même des jeunes générations, qui étaient déjà marquées par une forte compétition sociale et des risques accrus de décrochage pour les moins diplômés.

Par ailleurs, on sait que la crise économique de 2008 – et les politiques d’austérité qui l’ont suivie – a largement contribué à la montée d’une « voix » générationnelle, en France comme au niveau mondial. Elle s’est exprimée au sein des mouvements sociaux et a été portée avant tout par des étudiants et des jeunes diplômés. On peut y lire le refus croissant d’une « dette » ou d’un « héritage » considérés comme trop lourd à porter, et injustement transmis aux jeunes générations, les obligeant à subir des décisions dont elles ne seraient pas responsables.

Cette critique s’est d’abord forgée sur les conditions économiques et sociales, puis s’est élargie à des questions environnementales. Aujourd’hui, la crise sanitaire lui donne encore un nouveau relief, car elle a conduit à des arbitrages politiques visibles entre générations.

(...)

Quelles pourraient être les traductions politiques de cette colère générationnelle ?

Un enjeu politique fondamental serait de répondre au défi démocratique qui s’annonce, et de re-susciter ce qui est en train de s’échapper : l’adhésion. En effet, déjà avant la pandémie, la montée de certaines frustrations ou problématiques au sein des jeunes générations était peu portée politiquement par les partis ou les institutions – notamment en France –, en partie parce que les jeunes constituent un électorat minoritaire et qu’ils votent moins. Pour certains d’entre eux, la pandémie radicalise un sentiment d’impuissance et de colère. Politiquement, la colère peut prendre plusieurs chemins : celui de l’abstention volontaire, mais elle peut être captée aussi par les rhétoriques antisystèmes et les radicalismes politiques.

(...)

Ce qui ressort de presque tous les témoignages de ces jeunes, c’est la conscience de la crise écologique. Est-ce le signe d’une identité commune pour cette génération ?

Cette conscience climatique se diffuse fortement parmi les jeunes, même si elle reste plus forte chez ceux qui vivent en ville et qui sont diplômés. Elle s’est exprimée dans les marches proclimat, avec des slogans comme « Vous allez mourir de vieillesse, nous de détresse » ou « Vous avez volé notre avenir ».

Dans les récits individuels, elle donne lieu à des discours sur l’émergence d’une génération condamnée, privée du temps et de la qualité de vie qui devaient lui revenir. Ces discours sont marqués par un nouvel acteur à protéger : les générations futures. On y trouve une rhétorique d’inversion des rôles entre enfants et adultes, avec des jeunes générations responsabilisées très tôt, face à des générations adultes qui ont été trop insouciantes.

Marine Miller

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Jeunesse - "La politique du cool est l’alliée efficace de celle de la répression"

30 Mai 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

Des millions de vues et des critiques: le coup médiatique de Macron avec  McFly et Carlito

Le président de la République en discussion avec des youtubeurs d’un côté. L’agressivité de son ministre de l’Intérieur de l’autre. Ces registres sont complémentaires : la politique du cool est l’alliée efficace de celle de la répression.

D’un côté, la face souriante du président de la République en discussion avec les youtubeurs McFly et Carlito. L’ambiance est cool, sympa, détendue. Le Président fait des blagues, parle de foot, joue au jeu des anecdotes. De l’autre, l’agressivité de son ministre de l’Intérieur qui cherche à intimider une responsable politique, Audrey Pulvar, en portant plainte contre elle pour diffamation, au nom de son ministère, en raison de propos où elle explique simplement avoir trouvé l’image du rassemblement des policiers du 19 mai devant l’Assemblée nationale, en présence de Gérald Darmanin, «assez glaçant». Deux salles, deux ambiances ? En réalité, la diversion et l’intimidation sont les deux faces d’une même médaille : une façon de délégitimer toute forme de conflictualité.

D’un côté, un visage aimable qui cherche à se présenter en président sympa. De l’autre, un quinquennat qui aura amplifié tout un arsenal répressif pour diminuer les possibilités concrètes de s’opposer et de protester. Le cool sert alors à masquer la politique répressive et nous promet à la fois le LBD et le buzz, la répression et le sourire, les droits démantelés et les bonnes blagues.

Spectacle pour enfant

Le cool s’inscrit dans la prétendue mort des clivages. Pas besoin de se disputer si on doit être d’accord sur l’essentiel ! Et si jamais par malheur nous ne l’étions pas, surtout restons cool ! Zombie de la pensée politique, cette mort toujours annoncée et rejouée hante nos débats et offre régulièrement à des acteurs politiques la possibilité de se distinguer en termes d’aptitudes personnelles et non de programme (1). La personnalisation extrême de notre vie politique va bientôt rejouer, avec l’élection présidentielle, la fiction du sauveur ou de l’élue qui viendra guider le peuple français. Confessions, jugements moraux, remarques sur les caractères (il est grognon, elle est sympa) : voilà un pays de presque 70 millions d’habitants qui s’apprête à regarder la nouvelle édition d’un spectacle pour enfant qui alimente toujours plus le cycle «illusion déception» bien décrit par Vincent Martigny (le Retour du prince, Flammarion, 2019). De rares initiatives, comme la Primaire populaire, tentent d’échapper à ce piège.

Pour nous faire oublier les libertés qui se réduisent, les violences économiques et sociales, l’urgence écologique, le cool est là. C’est le fantasme de transformer le débat démocratique en rituel télévisé, plein de paillettes et de rires, fun et tranquille, et surtout pas agressif, avec Cyril Hanouna en arbitre des élégances. Le 14 juillet 2020, le président de la République et son épouse se promènent aux Tuileries et croisent des manifestants, dont plusieurs se revendiquent des gilets jaunes, de retour de la Bastille. Ces personnes lui parlent des brigades de répression de l’action violente (la Brav-M, un binôme à moto), de la réforme des retraites ou encore de justice fiscale. Le Président répond que certains ont été «violents» dans leurs rangs et lâche cette formule incroyable : «Voyez, qu’on soit cool, franchement si tout le monde est cool, y’aura pas de problème.»

Casser l’ambiance

L’expression de la colère et des désaccords est souvent considérée comme inopportune et inacceptable. Or, c’est facile d’être cool, chill, «détendu», quand il n’y a aucune raison d’être en colère. Cool dans de grands et beaux appartements. Cool en tirant profit des inégalités. Cool sans avoir peur de la fin du mois. Cool si les années d’études peuvent être passées dans le plaisir et l’insouciance, plutôt que dans des distributions de colis alimentaires. Cool si on ne crève pas à petit feu faute de savoir comment vivre aujourd’hui. En réalité, rien de ce qui peut changer les choses n’est cool. Oui, ça casse l’ambiance. Mais quelle ambiance ? Celle d’un banquet dont l’écrasante majorité de la population est exclue. Casser cette ambiance est juste essentiel et libérateur.

Une grande partie de notre histoire nous relie à des actions qui n’étaient pas cool, comme le montre la lente marche du mouvement social et ouvrier à partir du XIXe siècle. Ce n’est pas la bonté patronale qui a amélioré les conditions de vie mais l’action de milliers de femmes et d’hommes qui se sont battus pour avoir plus de droits. Ils ont monté des barricades, bloqué des usines, organisé des grèves, occupé les rues. D’autres ont créé des syndicats, des coopératives, des sociétés de secours mutuels, des journaux ou des associations. Certains ont écrit des articles, des poèmes, des tracts. La convergence de tous ces combats a donné sa force au mouvement ouvrier, où beaucoup ont tout perdu, quand ce n’est pas la mort qui a interrompu la lutte. Rien de cool, donc.

Du mouvement social au mouvement écologique, les luttes politiques et sociales ne sont pas dans l’air du temps ou à la mode. Elles rompent les habitudes, brisent les préjugés, renversent les évidences. Elles sont souvent perçues comme agressives parce qu’elles s’exercent contre des intérêts puissants et organisés. Elles ont pourtant fabriqué cette République que beaucoup aujourd’hui salissent et détruisent en prétendant la servir.

(1) A propos du clivage gauche-droite, «le sens du clivage évolue en permanence et son contenu idéologique est l’enjeu permanent de luttes politiques. Quand vous regardez les dictionnaires politiques du XIXe siècle, vous avez toujours l’idée que ce clivage a bien vécu, mais qu’il est dépassé». Voir : Christophe Le Digol (entretien avec Hélène Combis), «Deux manières d’appréhender le clivage gauche droite», France Culture, 20 mars 2017.

Antoine Hardy, Doctorant en science politique au Centre Emile Durkheim

Lire la suite
Lire la suite

«Les jeunes ruraux sont jugés à partir d’un modèle urbano-centré»

21 Mai 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

Réseau Rural Normand | Réseau rural français

Pour les sociologues Benoît Coquard et Yaëlle Amsellem-Mainguy, la jeunesse légitime est représentée en milieu urbain, et ce même dans les classes populaires, rendant difficile la construction d’un contre-modèle rural.

Benoît Coquard, sociologue à l’INRAE, est l’auteur de Ceux qui restent (La découverte, 2019), une enquête immersive de plusieurs années auprès des jeunes ruraux du Grand-Est. Yaëlle Amsellem-Mainguy, sociologue à l’INJEP, s’est, elle, intéressée à la vie des jeunes femmes à la campagne dans plusieurs régions françaises dans son livre les Filles du coin (Presses de Sciences Po, 2021). Ils dialoguent ici avec le photographe Cédric Calandraud, lauréat de la bourse Laurent Troude 2020, qui mène un projet au long cours sur la jeunesse rurale charentaise.

Comment situez-vous les jeunes qui grandissent et vivent en milieu rural par rapport au reste de la jeunesse française ?

Yaëlle Amsellem-Mainguy : Entre les jeunes ruraux et les jeunes urbains, il y a d’abord une question de classes sociales qui est presque plus forte que les territoires. Les jeunes ruraux sont très éloignés des jeunes urbains de classes supérieures. En revanche, ils vont partager, aux regards des conditions de vie et matérielles, des aspirations professionnelles et des trajectoires d’études, un certain nombre de points communs avec les jeunes de milieux populaires en milieu urbain. Les filles que j’ai pu rencontrer, qui sont majoritairement de classes populaires, s’adaptent à l’offre de formation, aux emplois disponibles, à «ce qu’il y a». En ça, elles vont retrouver un certain nombre de points communs avec la jeunesse urbaine populaire. Mais dans les mondes ruraux le fait d’être une fille de famille à forte notoriété, à forte popularité locale a des effets importants sur les trajectoires, sur l’obtention des premiers emplois, des premiers stages, y compris sur les territoires les plus en difficulté économique.

Pour ces jeunes, la reconnaissance sociale ne passe pas forcément par le diplôme…

Benoît Coquard : Les jeunes ruraux de classes populaires se disent certes qu’ils ne font pas forcément de longues études, qu’ils disposent de peu de capital économique. Néanmoins, ils se disent aussi qu’ils disposent d’un réseau de relations, d’une bonne réputation sur place qui va leur permettre d’accéder à ce qu’on appelle localement «une bonne place» sur le marché de l’emploi, voir un «bon plan» pour pouvoir travailler au noir à côté. Cela permet de valoriser des manières d’accéder à la vie adulte qui ne vont pas être les plus conformes à l’échelon national, mais qui localement vont être tout à fait légitimes et respectables. C’est là où les jeunes ruraux peuvent tirer un certain avantage symbolique de leur relatif isolement géographique et social. Il y a peu de confrontations avec d’autres classes sociales qui pourraient dévaloriser leur style de vie populaire et renvoyer par effet miroir un sentiment d’échec social.

Y.A.-M. : Ce que je trouve très intéressant et qui rompt avec la représentation sociale des femmes de classe populaires en milieu rural, c’est l’aspiration à une indépendance économique qui est très forte. Je n’ai pas du tout observé le stéréotype de la jeune fille qui voudrait se faire entretenir par son conjoint et s’occuper uniquement de l’intérieur de la maison. Ce qui s’impose à elle, c’est de s’occuper de l’intérieur, de travailler, de gagner leur vie et vivre sur son territoire, vivre sa jeunesse en tant que fille, en tant que conjointe, et cumuler les différentes facettes. Elles doivent composer avec les reproches qu’on leur fait de se retrouver dépendantes alors que ce n’est pas ce à quoi elles aspirent.

«Tout ce repli sur soi qu’on suppose d’eux, notamment parce qu’il y aurait une montée du vote RN, c’est à mon sens un signe du mépris que subissent ces classes populaires et du manque de connaissance de ceux qui se permettent de parler d’elles sans les avoir jamais côtoyées.»

—  Benoît Coquard, sociologue à l’INRAE

On leur pose toujours la question de partir ou rester. Pourtant, elle ne se pose pas toujours pour eux.

Y. A.-M. : C’est une question qu’on leur impose et leurs moyens d’y répondre sont complètement inégaux tant ils sont liés aux capitaux scolaires et économiques de leur famille mais aussi à leur place dans la famille. On est dans une société d’injonction au départ et à la mobilité extrêmement forte. Quand on grandit dans une métropole, l’injonction à la mobilité est vers l’étranger. Quand on grandit en milieu rural, elle est vers les métropoles. Il y a une tension forte à devoir réussir par le départ. Pour autant, les parcours des jeunes ruraux qui sont souvent marqués par une succession de mobilités ne sont pas valorisés comme tels. Partir pour aller au collège ou en internat n’est pas considéré comme une mobilité satisfaisante. Pour les filles, l’autre tension autour de cette question est liée à leur part du travail domestique où elles sont des piliers et des soutiens de la famille. Leur départ peut venir déstabiliser l’organisation de la vie familiale et collective.

Les jeunes qui partent faire des études reviennent-ils sur le territoire ? Et quand c’est le cas, comment se passe ce retour ?

B. C. : On se rend compte dans les régions rurales, qu’il y a grosso modo un tiers d’une génération qui part vers la ville pour les études supérieures. Ensuite, ce qui définit en grande partie qu’une campagne perd des habitants ou non, c’est si les jeunes femmes diplômées en âge de procréer arrivent à revenir sur le marché de l’emploi local, à valoriser leur diplôme, à réintégrer leur milieu d’appartenance. Certaines d’entre elles me disaient qu’on les appelait «celles des week-ends» et qu’elles se sentaient peu à peu «zappées» par leur bande de potes restés au village. L’appartenance à ce genre de collectif est certes valorisante, mais elle requiert toujours un fort investissement en temps. Il faut être là, sinon «on te zappe». C’est d’autant plus vrai pour les étudiantes de classes populaires qui viennent d’un milieu où les études renvoient à quelque chose d’abstrait.

Y. A.-M. : Pour celles et ceux qui partent faire des études, le diplôme protège en général de l’absence d’emploi, mais ne permet pas forcément d’accéder à des emplois qualifiés qu’il n’y a pas ou peu sur le territoire, et sur lesquels il y a de la concurrence. On le voit avec des filles qui sont parties faire des études supérieures, souvent un Bac +3, et qui reviennent pour être embauchées en tant que caissières.

Lorsque j’ai commencé mon enquête, les jeunes que je photographiais étaient surtout des garçons, en extérieur et en groupe. Les filles étaient beaucoup moins visibles dans l’espace public. Comment vous l’expliquez ?

B. C. : Ce sont surtout les jeunes hommes qui occupent l’espace en milieu rural, qui se montrent en collectif, que ça soit dans le club de foot, sur les terrains de motocross, à la société de chasse… Ils s’approprient l’espace et sont beaucoup plus autonomes dans leurs déplacements que les filles, car ils accèdent plus au scooter à l’adolescence, et au permis de conduire par la suite. Le fait qu’ils forment des groupes très solidaires renvoie aussi au fait que les classes populaires n’ont pas le luxe de l’individualisme. Ici, ce qui est lié à l’hédonisme, aux loisirs, passe avant tout par le groupe. Il y a donc cet investissement à la fois ludique mais aussi stratégique dans la bande de potes. Parmi les quelque 200 personnes que j’ai interrogées lors de mon enquête, la plupart avaient trouvé un emploi et un ou une partenaire via les groupes d’amis. Tout ce repli sur soi qu’on suppose d’eux, notamment parce qu’il y aurait une montée du vote RN, c’est à mon sens un signe du mépris que subissent ces classes populaires et du manque de connaissance de ceux qui se permettent de parler d’elles sans les avoir jamais côtoyées.

Y. A.-M. : C’est aussi lié à une socialisation en France sur la place des hommes et femmes qui n’est pas spécifique au monde rural, mais que l’on va retrouver sur l’ensemble de la population. Une fille qui traîne dehors remet en question sa respectabilité et celle de sa famille. Dans les pratiques de loisirs extérieures, elles vont se retrouver plus souvent spectatrices du match de foot ou de la course de moto mais pour autant cette place de spectatrices n’est pas pensée. Les filles investissent davantage les intérieurs. Le groupe de potes est alors important car il inclut et exclut : celle qui n’invite pas n’est plus invitée. Chez elles, elles bricolent, font des «loisirs créatifs» ou encore cuisinent grâce aux tutos sur internet. Mais elles ont aussi des activités où elles se retrouvent entre femmes comme au loto ou encore à la zumba, où elles peuvent être avec des femmes d’âges bien différents du leur.

J’entends souvent les jeunes répéter «ici, c’est mort». Pourtant, j’ai l’impression qu’ils ne s’arrêtent jamais, qu’ils ont toujours quelqu’un à voir, une moto à réparer, un coup de main à donner.

B. C. : C’est lié à la construction sociale qu’il y a derrière. Les jeunes ruraux doivent s’en remettre à une construction qui les juge à partir d’un modèle urbano-centré. La jeunesse légitime est représentée en milieu urbain, et ce même dans les classes populaires. Je me souviens que dans ma jeunesse, en milieu rural, on voulait copier les jeunes de banlieues, ceux qui faisaient du rap, que l’on voyait dans les médias, qui occupaient l’espace culturel et qui correspondaient en grande partie à notre condition sociale. Il n’y avait pas de contre-modèle rural valorisé dans l’espace public à ce moment-là. Nous aussi, on aurait dit «ici, c’est mort» parce qu’on ne savait pas quoi valoriser dans notre style de vie. Alors même que l’on était tout le temps ensemble, que l’on était impliqué dans des sociabilités très intenses et donc qu’on ne se sentait pas du tout à l’écart du monde. La centralité pour nous correspondait à l’endroit où l’on vivait. Et ça, je le retrouvais bien chez les jeunes que j’ai rencontrés, ils disent «Paris, jamais de la vie !» et ne sentent pas relégués par rapport aux métropoles.

Là où le discours du déclin correspond véritablement à leur vécu, c’est sur le contexte économique et les perspectives d’avenir, notamment parce qu’il y a moins d’emplois, et que les jeunes sont plus soumis à la précarité, à la peur du déclassement. Néanmoins, ils ne cessent de récréer des cadres collectifs, certes informels, mais qui vont rendre une intensité à la vie locale et leur permettre de faire leur vie là où ils sont. Simplement, c’est une intensité précaire, qui est moins vécue positivement parce qu’elle est aussi faite de concurrence pour l’emploi, de conflits en tout genre.

Propos recueillis par Cédric Calandraud

A lire:

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>