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Vivement l'Ecole!

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« Le Covid-19 révèle les problèmes structurels de l’enseignement supérieur et, plus généralement, ceux de la jeunesse »

21 Janvier 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Université, #Jeunesse

« Le Covid-19 révèle les problèmes structurels de l’enseignement supérieur et, plus généralement, ceux de la jeunesse »

EXTRAITS

Les conditions d’existence difficiles des étudiants sont celles des 18 -25 ans, explique dans une tribune au « Monde » le sociologue François Vatin, pour qui la crise sanitaire met en évidence « la nécessité d’un grand service social de la jeunesse ».

Tribune. La fermeture des établissements d’enseignement supérieur au cours de l’hiver et du printemps 2020, leur réouverture un peu chaotique cet automne suivie de leur nouvelle fermeture sine die ont soulevé de nombreuses interrogations. Celles-ci révèlent les problèmes structurels de l’enseignement supérieur français et, plus généralement, ceux de la jeunesse postscolaire.

Commençons par l’incongruité, ô combien révélatrice, qui a conduit à ce que, depuis le second confinement, les universités soient fermées, mais pas les classes postbac des lycées, qui profitent de la protection accordée à l’enseignement secondaire. A l’instar des établissements culturels, l’université se voit alors rangée dans la catégorie du « non-essentiel », ce qui ne peut manquer d’alimenter un sentiment fondé de manque de considération des pouvoirs publics.

Une vision myope

Que penser d’une loi [celle de programmation de la recherche] promulguée le 24 décembre 2020, qui a conduit, par l’effet d’un amendement sénatorial de dernière minute, à bouleverser, sans concertation, les modalités du recrutement des universitaires ? Pourtant, sur deux points essentiels – la condition sociale étudiante et les modalités pédagogiques –, les idées les mieux partagées sur les effets désastreux du Covid-19 sur l’université me semblent témoigner d’une vision myope. Sur ces deux points, cette situation inédite devrait au contraire être mobilisée au profit de la résolution de problèmes antérieurs à l’épidémie et qui lui survivront.

(...)

Prise en charge

Ce que l’épidémie met donc en évidence, c’est la nécessité d’un grand service social de la jeunesse. On imagine des solutions spécifiques pour la population jeune qui ne serait ni en formation ni en emploi. C’est ne rien comprendre à la sociologie de la jeunesse, car ce sont les mêmes qui partagent leur vie entre temps de formation, petits boulots, engagements associatifs, etc.

Il faut arrêter de penser qu’un jeune de 18 à 25 ans, parce qu’il a une carte d’étudiant, rentrerait dans une catégorie spécifique dont la gestion sociale incomberait aux universités. Elles sont là pour former intellectuellement ceux qui en ont le désir, pas pour assurer la protection sociale de tous les bacheliers. On se préoccupe actuellement de l’accès des plus « fragiles » aux campus, autrement dit de ceux dont on sait que les chances d’obtenir leur diplôme sont extrêmement faibles, épidémie ou pas.

(...)

Bien sûr, l’enseignement universitaire à distance soulève des problèmes de natures diverses : qualité de l’équipement et des connexions, des étudiants et des enseignants, apprentissage des outils, imagination pédagogique… mais rien de tout cela n’est insurmontable et le contexte épidémique mérite qu’on s’attelle à résoudre ces problèmes.

Les vrais problèmes sont ailleurs ; ils sont antérieurs à l’épidémie qui les a seulement exacerbés. Peut-être aussi ces événements vont-ils permettre enfin de les aborder sereinement et sérieusement. A l’université aussi, on peut rêver du monde d’après…

François Vatin est professeur de sociologie à l’université Paris-Nanterre.

Tribune à lire intégralement en cliquant ci-dessous

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VIDEO. Pour savoir à quoi sont exposés nos ados, "Complément d'enquête" a créé un faux compte TikTok

13 Janvier 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Jeunesse

En apparence, c’est fun : on danse, on chante, on se filme, et on poste sur le réseau social. En France, selon une étude, un jeune de 11 à 12 ans sur deux utiliserait TikTok. L'application vidéo chinoise qui monte semble avoir fait des mineurs son cœur de cible. "Complément d'enquête" a voulu savoir exactement à quoi elle expose nos ados. 

En France, la moitié des 11 à 12 ans, selon une étude, utiliseraient TikTok. Pour savoir à quoi les expose la plateforme vidéo qui a détrôné YouTube chez les moins de 15 ans, une journaliste de "Complément d'enquête" a tenté une expérience. Elle s'est créé un compte sur l'application en entrant "2007" comme date de naissance, comme si elle avait 13 ans.

Treize ans, c'est l'âge minimum légal pour s'inscrire sur la plateforme – qui ne fait aucune vérification. Notre journaliste va ainsi savoir quelles vidéos TikTok propose à un enfant qui vient de s'inscrire. Le résultat de l'expérience, visible dans cet extrait, n'est pas très rassurant.

" - Comment faire pour avoir une belle voiture ? - Ah bah on se prostitue"

Au début, rien de bien méchant : juste des vidéos rigolotes. Au bout d'une minute déboule sur l'écran une jeune femme plutôt aguicheuse. Elle est suivie immédiatement d'une autre, tout aussi sexy. Ensuite, presque quatre minutes anodines, puis quelques secondes de vulgarité. Deux minutes plus tard, une autre vidéo répond à la question "Comment on fait pour avoir une belle voiture ?" : "Ah bah on se prostitue ! Bois de Boulogne le soir, bois de Vincennes la journée..."

Ces vidéos sont suggérées à la fausse ado par l'algorithme de TikTok. L'intelligence artificielle ne sait rien d'autre d'elle que son âge, 13 ans. Elle n'a indiqué aucun centre d'intérêt qui aurait pu influencer ses choix.

Vidéos de vie de couple, propos et gestes explicites

"Globalement, conclut la journaliste, des vidéos de vie de couple, qui parlent de sexe, de rouler des joints en soirée..." Et certains contenus avec gestes et propos explicites, auxquels personne ne souhaite voir exposé un public de 13 ans. Voire moins... Car selon le témoignage d'un ancien modérateur, la plateforme ne supprimerait pas les comptes des utilisateurs théoriquement trop jeunes pour s'inscrire. Contrairement à ce qu'elle affirme dans un mail à "Complément d'enquête"...

Extrait de "Tous toqués de TikTok !", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 14 janvier 2021.

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".

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Jeunes - «Le virus a tout gâché, je dois encore chercher une entreprise»

22 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

Jeunes - «Le virus a tout gâché, je dois encore chercher une entreprise»

Les restrictions sanitaires ont rendu la recherche d’emploi ou de place en apprentissage plus difficile pour les primo-arrivants sur le marché du travail. Témoignages entre angoisse, déception et colère.

Benoît, 15 ans, lycéen en bac pro, Melun : «Face à tous ces refus, je me sens  un peu perdu, fatigué»

«"Bonjour, je m’appelle Benoît (1), je suis en bac pro et à la recherche d’une alternance en entreprise." Cette phrase, je l’ai répétée des dizaines de fois. Et même plus encore. Après trois mois de recherche, j’ai fait le compte : 60 appels et plus de 180 mails envoyés depuis septembre. Mais voilà, je n’ai toujours pas trouvé d’entreprise pour mon apprentissage. Lors de mon dernier coup de fil, la semaine passée, une femme, m’a répondu : "Laisse-nous tes coordonnées et si le patron est intéressé, on te rappelle." Huit jours après, toujours rien.

«Tous les apprentis de ma classe sont déjà en entreprise, excepté moi. Pendant qu’ils bossent, je passe ma vie à faire des courriers. J’appelle, mais je ne trouve rien. Une dizaine d’entreprises m’ont déjà fait la réponse suivante : "Nous ne prenons pas d’apprentis en raison des restrictions sanitaires."

«Face à tous ces refus, je me sens un peu perdu, fatigué et en colère. Car il me reste très peu de temps pour trouver une entreprise. J’ai jusqu’à fin décembre, en théorie, pour signer un contrat et débuter mon bac pro Melec (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés) en alternance. Si je ne trouve pas, je devrai stopper ma formation. Récemment, un responsable du Centre de formation des apprentis m’a expliqué qu’ils avaient reporté au mois de février la date limite pour s’adapter à la crise sanitaire, mais cela reste tout de même un grand sujet d’angoisse que je garde pour moi.

«Nous avons bien du coaching, au CFA, pour nous aider à nous exprimer au téléphone, à rédiger des mails, à bien tourner les CV. Manifestement, cela ne suffit pas.

«La plupart des élèves ont trouvé grâce à leur famille, aux réseaux de leurs parents. Mon oncle électricien a demandé à son entreprise, sans succès. Ce qui me gêne le plus, dans cette histoire, c’est que tous ceux qui sont déjà en entreprise sont rémunérés. Ils peuvent s’acheter des choses, et pas moi. Noël approche. J’avais prévu de faire des dépenses : passer mon brevet de sécurité routière, m’acheter une voiture sans permis, un téléphone, des vêtements, etc. Tout cela est impossible, pour le moment. Le virus a tout gâché. Donc je dois encore chercher, en espérant trouver avant février. Si je ne trouve pas, je serais en galère, j’aurais perdu un an de ma vie et de l’argent. Et je n’ai pas de plan B.»

Chloé, 25 ans, en formation, Toulouse : «Je suis au chômage et j’ai peur du regard des autres, de ce qu’ils vont penser»

«Et toi Chloé, tu fais quoi en ce moment ?» Je n’ai pas vu venir la question. D’habitude, je m’en sors très bien en allant fumer avant qu’on ne m’interpelle. Mais là, obligée de répondre, de sentir mon cœur s’emballer et de chercher une issue de secours.

«Je suis toujours au chômage en fait. Mais j’ai beaucoup de chance d’avoir la mission locale pour m’aider. Et j’ai une idée de formation dans le secrétariat. Mais il faut que je trouve un stage pour que Pôle Emploi me finance ce projet.» Voilà ce que j’aurais dû dire à mes amies ce soir-là. Au lieu de ça, j’ai bêtement souri en bredouillant quelque chose. Au même moment, j’ai senti les vibrations de mon téléphone. «Maman» s’affichait en grand sur l’écran, vite vite j’ai décroché sans même me soucier des autres.

«Dimanche, on fêtera l’anniversaire de mon frère. Ça me faisait plaisir rien que d’y penser. Au moins, on me parlera d’autre chose. Enfin, c’est ce que je croyais…

«Dans le secrétariat ? ! Mais ça te plaît d’être gratte-papier ? En plus, t’auras un salaire qui ne volera pas haut et tu vas travailler toute ta vie pour un patron plus con qu’un balai.» Ça m’a déprimée. D’autant plus que ma mère travaille là-dedans… Et j’étais contente d’avoir enfin une idée qui me pousse à me lever le matin.

«Non, je ne glande pas sur Netflix toute la journée à regarder toutes les séries qui existent. Mais après m’être forcée à postuler à au moins une offre d’emploi, il me reste beaucoup de temps libre pour cogiter. Et j’ai peur du regard des autres, de ce qu’ils vont penser. Alors c’est tout vu, rester chez moi c’est bien plus facile. Ce soir, mon copain veut qu’on aille s’aérer, il dit que ça me fera beaucoup de bien de sortir. Sur le chemin, il me raconte que le lendemain, au boulot, ils fêteront l’anniversaire d’un collègue. En plus, ils sont sur un projet hyper intéressant en ce moment. Je l’écoute déjà d’une oreille distraite. La chance qu’il a d’aller au travail…

«En général, je m’intéresse et j’arrive à lui répondre. Mais là je n’ai pas le cœur et je suis jalouse parce que demain il sera bien occupé. Heureusement, et c’est aussi pour ça que je l’aime beaucoup, il s’en rend compte et change discrètement de sujet tout en me serrant la main un peu plus fort. Ce geste me rassure, il me soutient.

«Souvent, dans la journée, j’ai tendance à me dévaloriser énormément et à culpabiliser. Est-ce qu’au regard de la société j’existe ? Oui j’existe, derrière ces lignes se trouve une fille de 25 ans qui se bat chaque jour pour sortir la tête haute de cet enfer qu’est le chômage.»

(...)

1- le prénom a été modifié

ZEP - Zone d'Expression Prioritaire

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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JEUNESSE NAUFRAGÉE - Témoignages sur les parcours de mineurs secourus par l'Aquarius et l'Ocean Viking

15 Décembre 2020 , Rédigé par SOS Méditerranée Publié dans #Jeunesse, #Refugies

JEUNESSE NAUFRAGÉE - Témoignages sur les parcours de mineurs secourus par l'Aquarius et l'Ocean Viking

Mineurs naufragés : un devoir de protection

Près du quart des rescapés secourus par l’Aquarius et l’Ocean Viking, les navires de SOS MEDITERRANEE, sont mineurs, dont la grande majorité voyagent seuls. Ce dossier a pour but de raconter leur histoire, sur la base de leurs propres témoignages.

Télécharger le dossier "Jeunesse naufragée"

"Au début je n’avais pas peur car je ne pouvais rien voir. Mais quand le soleil s’est levé, j’ai été terrifiée de me retrouver au milieu de la mer. J’ai vu les autres pleurer, vomir, prier. Je n’ai pas bougé, je voulais pleurer mais j’avais trop peur de tomber à l’eau. J’étais paralysée par la peur.”

Esther, 17 ans, originaire du Ghana
 

Ils s’appellent James, Esther, Sélim, Souleyman, Yasmine, Magdi, Youssouf, Abdo, Hamid et Yussif. Avant d’être des « migrants », ce sont avant tout des adolescents avec des histoires singulières éprouvantes. Leur âge, leur isolement et les dangers qui jalonnent la route migratoire maritime la plus mortelle au monde en Méditerranée centrale les rendent tout particulièrement vulnérables. 

Les droits humains fondamentaux et les besoins essentiels de ces jeunes - exposés à de multiples exactions durant leur trajet, leur séjour en Libye et la traversée de la Méditerranée - doivent être garantis en toute circonstance : le premier de ces droits est celui de vivre.

Le devoir d’assistance à personne en danger de mort devrait s’imposer sans ambages à terre comme en mer : c’est pourquoi SOS MEDITERRANEE réclame depuis sa création en 2015 que des flottes navales européennes soient mobilisées sans plus attendre pour secourir toutes ces embarcations de fortune perdues en haute mer.

A défaut, des ONG comme SOS MEDITERRANEE continuent de porter assistance aux femmes, aux hommes et aux enfants qui fuient l’enfer libyen au péril de leur vie. La protection de tous les rescapés à bord des navires de SOS MEDITERRANEE demeure une priorité jusqu’au débarquement dans un port sûr, comme le prévoit le droit maritime international. Une attention particulière est portée à ces rescapés mineurs doublement vulnérables.

Outre sa mission de sauvetage et de protection des rescapés, l’association porte également une mission de témoignage tout aussi vitale. Ce dossier rassemble des extraits de dix témoignages de jeunes recueillis entre 2016 et 2020, mettant en lumière le drame qui se déroule en mer aux portes de l’Europe dans l’indifférence quasi générale, afin de donner un visage et une voix à cette jeunesse naufragée.

Illustrations : Hippolyte, reporteur graphique.

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Service civique dans la culture: "On se fait exploiter mais on est consentant"...

14 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Culture, #Jeunesse

Service civique dans la culture: "On se fait exploiter mais on est consentant"...

EXTRAITS

Travail de larbin ou postes à responsabilité… «Libération» a recueilli une trentaine de témoignages de volontaires, de la Gaîté lyrique à Manifesta, dont les tâches dépassaient largement le cadre de leur mission d'intérêt général. Une dérive d'autant plus inquiétante que ces postes sont rendus indispensables au fonctionnement de structures associatives.

Dans le secteur culturel, les services civiques sont partout. Qu’on aille dans un centre d’art renommé, une friche culturelle en région parisienne ou une troupe de théâtre en milieu rural, il y a de fortes chances pour tomber sur l’un de ces volontaires âgés de 16 à 25 ans qui se consacrent, pour une durée de six mois à un an, à une mission d’intérêt général. Manifesta, la Biennale européenne de création contemporaine qui a posé d’août à octobre ses valises à Marseille – la manifestation a pris fin un mois avant la date prévue à cause du confinement – en a par exemple enrôlé une armada. Elle a engagé une vingtaine de personnes en service civique, notamment pour des tâches de médiations et d’accueil aux publics. «On espérait, avant le Covid, en engager 40», dit l’organisation, dont le budget visé pour cette édition de trois mois est de 6,5 millions d’euros. Dans le discours, le dessein est louable : renforcer la mixité sociale, aider des jeunes en décrochage scolaire, les former aux métiers de la culture… Dans les faits, les volontaires payés 580 euros par mois pour un 35 heures ont «plutôt le profil "diplômés d’école d’art" que celui de "jeunes des quartiers populaires"», assure une «service civique» de Manifesta, elle-même en master.

Pendant plusieurs mois, Libération a recueilli près d’une trentaine de témoignages, qui font part d’un véritable dévoiement de cet «engagement au service de l’intérêt général» dans la culture. Souvent, ces volontaires sont de jeunes femmes, fraîchement diplômées des Beaux-Arts ou en gestion de projets culturels, cherchant désespérément un emploi. Qu’elles soient dans une compagnie de théâtre en mal de financement ou un musée subventionné, leurs missions de volontariat ressemblent souvent à la fiche de poste d’un salarié. La plupart vont jusqu’à parler de «travail dissimulé» ou de «salariat précaire déguisé», dénonçant parfois «heures supplémentaires non payées» et tâches ne correspondant pas à la philosophie du service civique. En effet, certaines se sont retrouvées à faire du nettoyage ou du service au bar. Et la conjoncture actuelle n’annonce rien de bon. La culture traversant une crise sans précédent causée par la gestion du Covid-19, on peut imaginer que ce type d’arrangement n’aille qu’en s’aggravant.

(...)

Faire semblant d’être dans les clous

Ces volontariats ne viennent pas seulement combler le manque d’argent des associations culturelles en lutte pour leur survie. Certains organismes plutôt bien installés n’hésitent pas à recruter des étudiants diplômés au parcours déjà chargé de stages. Aux centres d’art Bétonsalon ou à la Gaîté lyrique à Paris, des anciens volontaires assurent passer un véritable entretien d’embauche. «Il fallait avoir un bon background, raconte Marie, qui a un master en histoire des arts. En 2018-2019, à la Villa Vassilieff [résidence d’artistes et second lieu d’exposition de Bétonsalon, ndlr], l’année où j’ai été prise, la direction cherchait des gens avec une solide culture en art contemporain, un bon niveau d’anglais qui pouvaient faire de la régie d’œuvres ou coordonner des projets.» La concurrence est parfois rude. Au Centre de création contemporaine Olivier-Debré (CCCOD) à Tours, la direction reçoit en moyenne 25 à 30 candidatures pour une offre. Ce n’est donc pas un hasard si les missions rangées dans la catégorie «culture et loisirs» par l’Agence du service civique sont celles où l’on trouve les volontaires les plus diplômés. Près de 35% d’entre eux ont au moins un bac+3 (contre 19% au niveau national).

(...)

«Faire le ménage, vider les poubelles»

Nombreux sont les volontaires à avoir occupé des postes à responsabilité. A la Gaîté lyrique, Charlotte (1) a géré certains budgets sans son tuteur (dont le budget prévisionnel d’une saison) et a été à plusieurs reprises la référente à contacter en cas d’urgence lors de concerts : «C’était comme si j’occupais un CDD de chargée de production. Ça nous faisait bien rire avec les autres volontaires d’être seulement payés 580 euros par mois pour occuper un vrai emploi.» Le service communication du BAL, espace d’exposition indépendant dédié à l’image contemporaine à Paris, ne pourrait quant à lui plus fonctionner sans son service civique chaque année renouvelé, estime une ancienne volontaire.

Si cela peut permettre à beaucoup d’acquérir de l’expérience, certains se plaignent d’avoir été pris pour des larbins. «On s’est retrouvées à faire le ménage, à vider les poubelles. On nous demandait aussi de faire à manger, mais on n’avait pas le droit de manger ce que l’on avait préparé», déplore une ancienne service civique du Jardin parallèle (JP), institution rémoise consacrée à l’art de la marionnette et qui jouit d’une réputation notable. A peine arrivée, Camille, une autre volontaire venue au JP avec l’envie d’apprendre à travailler les costumes, se retrouve dans un hangar à trier pendant une semaine des tas de tissus poussiéreux entassés pêle-mêle. «On m’a dit "tiens, ça pourrait être une de tes missions !" rapporte la jeune femme diplômée d’un BTS couture. On ne m’a rien confié d’autre et puis, les autres m’ont culpabilisée…» La même année, une autre volontaire se souviendra des allers-retours en mode «chauffeuse de taxi» pour les comédiens, tandis que Camille attire l’attention sur une collègue qui s’est occupée du poulailler. Mi-2019, tous quittent prématurément leur poste après l’alerte d’une volontaire, à l’agence, sur les abus de la structure. Depuis, le Jardin parallèle n’accueille plus de services civiques. «Nous avons toujours fait de notre mieux», se défendent sommairement par texto les directeurs, qui n’ont pas souhaité en dire plus à Libération.

(...)

«Travail déguisé et sous-payé»

Et même si certains parviennent à décrocher des contrats – au CCOD de Tours, sur 24 services civiques depuis 2015, 4 travaillent pour le centre, dont 3 en CDI –, les postes de volontaires viennent fragiliser un marché de l’emploi déjà à bout de souffle. «Avec ces offres, on découvre qu’il y a donc du travail, mais qu’il n’y a pas d’emploi. On veut bien que ce travail soit fait, mais on ne veut pas embaucher de façon pérenne les gens», tance Ophélie Latil. Derrière, c’est l’Etat qui se retrouve moteur de cette précarisation : «Quand on finance les associations par des subventions, on peut espérer créer de l’emploi salarié stable, estime la directrice de recherche Maud Simonet. Quand on diminue les subventions, et qu’en même temps on incite à prendre des services civiques, cela revient à précariser davantage le travail en l’invisibilisant et le "gratuitisant".»

(...)

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Anna Mutelet , Annabelle Martella

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Crise du Covid-19 : la jeunesse française est inquiète mais reste optimiste pour son avenir, selon un sondage...

11 Décembre 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Jeunesse

Crise du Covid-19 : la jeunesse française est inquiète mais reste optimiste pour son avenir, selon un sondage...

Pour les 18-24 ans, la crise sanitaire est synonyme de privations, notamment alimentaires, et de projets personnels et professionnels compromis. Ils sont pourtant une grande majorité à vouloir changer le monde et agir pour l'environnement, d'après une étude de l'institut Elabe.

La jeunesse française vit la crise du Covid-19 avec inquiétude mais refuse le fatalisme. Sous pression, les 18-24 ans restent malgré tout optimistes pour leur avenir. C'est ce qui ressort d'un sondage* effectué sur les 18-24 ans par l'institut Elabe pour le Cercle des économistes, publié mercredi 9 décembre. Une enquête réalisée dans le cadre de la journée de débat "Comment éviter une génération sacrifiée ?" organisée le 10 décembre par le Cercle des économistes, en partenariat avec Radio France à suivre en direct à partir de 9h30 sur franceinfo.fr.

Le confinement, une période d'angoisse et d'isolement

Inquiétude et lassitude sont les deux sentiments qui caractérisent principalement le quotidien des jeunes. Ils sont 29% à se dire inquiets et près d'un quart (23%) à se sentir las. Mais deux jeunes sur dix soulignent malgré tout leur optimisme (21%) et leur bonheur (30% se disent heureux). Ils ne sont que 10% à faire part de leur pessimisme, et 8% à se dire en colère. 

Les périodes de confinement sont vécues par les jeunes comme des épreuves. Pour près de six personnes interrogées sur dix, il s’agit d’une période de grande angoisse, et d'un moment d’isolement. Pour les trois quarts (74%), la crise sanitaire a renforcé les fractures dans notre pays. Si plus de la moitié (52%) ont eu le sentiment de perdre leur temps, près de six jeunes sur dix (68%) ressentent la période comme un moment d'isolement. 

Un jeune sur deux a réduit ses dépenses alimentaires

L'état d'esprit des 18-24 ans est aussi marqué par un quotidien sous pression. Leurs difficultés financières restent un élément prégnant. Plus de quatre jeunes sur dix (42%) vivent dans un foyer en étant contraints de se restreindre, de puiser dans leurs réserves, ou de se faire prêter de l’argent pour boucler les fins de mois. Un tiers d'entre eux (29%) recherche systématiquement les prix les plus bas pour les courses alimentaires. Quatre sur dix le font pour les autres dépenses, habillement (41%), loisirs (37%) ou équipement de la maison (42%). Un quart des jeunes avouent rencontrer des difficultés pour régler les factures d'électricité ou de gaz ((26%), de communication (26%) ou pour payer le loyer (25%)). Un tiers des personnes interrogées (36%) a renoncé ou retardé des soins de santé pour des raisons financières.

Mais c’est sur l’alimentaire que la privation est la plus forte : un jeune sur deux (48%) confie avoir réduit ses dépenses alimentaires ou dû sauter un repas au cours des six derniers mois. Si près de six parents sur dix (58%) ont pu aider financièrement leurs enfants dans les derniers mois, ils sont aussi touchés par la crise. Un sur dix déclare ne plus avoir les moyens de le faire aujourd'hui.

Emploi et santé, priorités de la jeunesse

Selon ce sondage, l'épidémie a entravé les projets de la jeunesse française. Six jeunes sur dix ont dû modifier (dont 48% retardé) leurs projets personnels. Quatre sur dix ont fait de même pour leurs projets professionnels. Ils ont notamment dû faire une croix sur certains rites initiatiques de la jeunesse, voyages, rencontres, mariage, ou engagement associatif.

Sur le plan professionnel, trois quarts des jeunes (76%) qui projetaient de chercher du travail, un contrat d’alternance ou un stage déclarent n’avoir pas réussi, et huit sur dix parmi ceux qui prévoyaient de terminer leurs études n’ont pu le faire. La crise fait de l’emploi et de la santé les préoccupations centrales de la jeunesse. L'emploi est la première préoccupation pour 48% des personnes interrogées, devant la santé, citée par 41% des sondés. Ces deux thématiques se détachent nettement de tous les autres thèmes y compris des questions environnementales qui arrivent en troisième position : 24% des jeunes en font une priorité. 

Ils veulent changer le monde et agir pour l'environnement

Malgré cette morosité, les jeunes de 18 à 24 ans n'en gardent pas moins un certain optimisme. Ils sont plus nombreux (75%) à miser sur l’énergie de la jeunesse pour rebondir, qu’à constater qu’ils font partie d’une génération sacrifiée (63%). De même, une large majorité (65%) estime que c’est une période difficile mais que l’on va s’en sortir. Aujourd'hui, les jeunes affichent un optimisme prudent. 55% des personnes interrogées sont optimistes sur leur avenir professionnel, 58% le sont pour leur avenir personnel. 

Pour faire face à l'après Covid et surmonter leurs difficultés, les jeunes comptent d’abord sur eux-mêmes, à 52%, et sur leur famille comme leur entourage (50%). La crise a fait émerger chez eux de nouvelles priorités, la santé et la famille comptent nettement plus qu’avant pour six jeunes sur dix. Au final, les deux tiers des 18-24 ans (65%) évaluent leur moral comme étant plutôt bon. Et malgré les difficultés, ils se sentent en capacité de changer le monde et d’agir pour l’environnement. Près de huit jeunes sur dix (78%) affirment qu'ils ont de l'énergie pour changer le monde, et sept sur dix (70%) assurent qu'avec eux, rien ne sera plus pareil pour l'environnement. 

*Ce sondage Elabe pour le Cercle des économistes a été réalisé par Internet du 23 novembre au 4 décembre auprès d'un échantillon de 800 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans à 24 ans et sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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TRIBUNE. Quand l'antiterrorisme piétine la justice des mineurs...

7 Décembre 2020 , Rédigé par JDD Publié dans #Education, #Jeunesse

TRIBUNE. Quand l'antiterrorisme piétine la justice des mineurs...

L'avocat Nabil Boudi déplore "l'abandon du principe de prééminence de l'éducatif sur le répressif" face à la menace terroriste.

La tribune : "Depuis 1945, l'ordonnance relative à la délinquance des mineurs fait prévaloir l'éducation de nos enfants sur leur répression. Bien qu'elle ait subi nombre d'évolutions dont certaines fort regrettables, le cœur de cette philosophie a toujours tenu. Mais aujourd'hui, la France est confrontée à une nouvelle menace qui bouleverse notre conception de la justice : le terrorisme. Face à ce fléau qui, en plus de massacrer des innocents, s'attaque à la conscience des plus jeunes, nous avons laissé la peur anesthésier notre vigilance collective pour laisser une place croissante à de faux remèdes qui déshonorent notre histoire et trahissent nos principes les plus élémentaires.

Depuis 2015, les réformes adoptées en la matière ne cessent d'entériner nos renoncements. Le dernier en date n'est pas le moins préoccupant. Ces derniers jours, j'ai eu la responsabilité d'assurer la défense d'une jeune lycéenne mineure qui, pour des propos que l'on doit évidemment désapprouver sur le fond mais qui ne demeurent que de simples propos, a passé plus de sept heures en garde à vue et été exclue de son lycée. Le traitement pénal et disciplinaire disproportionné dont a fait l'objet cette jeune lycéenne témoigne de l'abandon du principe de prééminence de l'éducatif sur le répressif.

(...)

En des temps si troublés, il faut en effet du courage pour préférer une politique d'investissements à une dérive répressive qui remet en cause ces principes. À l'évidence, cela fait bien longtemps que ce courage a déserté l'action de ceux qui ont la lourde responsabilité de diriger ce grand pays. Une société qui ne sait plus faire la différence entre un enfant et un adulte est une société en mauvaise santé, en perte de repères, et dans laquelle on peut redouter le pire. Une société qui néglige ses enfants est une société qui fait le lit de sa propre perte."

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

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Les jeunes, premières victimes de la pauvreté en France...

7 Décembre 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Jeunesse

Les jeunes, premières victimes de la pauvreté en France...

(La vidéo est en lien de bas de page)

Entretien filmé avec Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités, et Christian Lampin, chargé de la jeunesse au Secours populaire. Ils pointent la situation dramatique des plus jeunes dans l’accroissement de la pauvreté en France, en particulier depuis le début de la crise sanitaire. Et posent la question de la mise en place d’un revenu minimum universel.

 

Emmanuel Macron a une fois de plus fermé la porte. Non, le RSA ne sera pas ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans. « Le grand défi de notre société, c’est un rapport au travail », a justifié le chef de l’État dans un entretien à Brut, alors que cette tranche d’âge est depuis longtemps négligée par la solidarité nationale. 

Le problème a été aiguisé par la crise sanitaire, qui se métamorphose de plus en plus en crise sociale. Les premiers touchés par la pandémie demeurent en effet les plus pauvres et les plus précaires, soit une partie significative de la jeunesse du pays. Dans son rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France, l’Observatoire des inégalités, présidé par Noam Leandri, consacre dix pages à ces « jeunes en première ligne », mineurs et jeunes adultes, souvent invisibilisés dans les statistiques officielles.

Sur le terrain, le Secours populaire, dont Christian Lampin dirige la mission Jeunes, a vu arriver 45 % de nouveaux bénéficiaires lors du premier confinement, certes de tous âges, mais dont une proportion non négligeable était constituée d’étudiants privés de petits boulots et de décrocheurs abandonnés par le système des aides, qui continue de cibler les foyers et les ménages.

elon le travail de compilation effectué par l’Observatoire des inégalités, 22 % des 18-25 ans qui ne vivent pas chez leurs parents sont pauvres et un enfant sur dix grandit dans une famille pauvre. Et selon des projections du ministère de la santé, le nombre d’allocataires du RSA (réservé aux plus de 25 ans, donc) devrait bondir de 10 % cet année.

D’où, aujourd’hui, la mise en débat d’un revenu minimum universel afin de pallier l’absence d’aides directes pour les jeunes les plus démunis frappés par une crise sans précédent. Une idée soutenue par les deux invités de ce grand entretien. 

> Cette émission peut aussi s’écouter en version audio.

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"Interview de Macron sur Brut : le président a-t-il réussi à parler à la jeunesse ?" (Non...)

6 Décembre 2020 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education, #Jeunesse

"Interview de Macron sur Brut : le président a-t-il réussi à parler à la jeunesse ?" (Non...)

Invités d'Europe Soir Week-end, la secrétaire d'État à la jeunesse Sarah El Haïry et plusieurs jeunes reviennent sur l'interview qu'Emmanuel Macron a donné au média en ligne Brut sur de nombreux sujets vendredi. Au coeur du débat, cette question : le président a-t-il réussi à parler à la jeunesse ? 

INTERVIEW

Une interview pour s'adresser à la jeunesse. Vendredi, Emmanuel Macron a accordé un entretien d'environ 2h30 au média en ligne Brut, prisé notamment par la jeunes. Un échange au cours duquel le chef de l'État a abordé des sujets aussi variés que les violences policières, la guerre d'Algérie, le climat, le glyphosate, le coronavirus, ou encore les Ouïghours. Si 70% des personnes qui ont regardé cette interview ont moins de 35 ans, les thèmes abordés reflètent-ils vraiment la réalité des préoccupations de ceux qu'Emmanuel Macron a surnommé la "génération Covid" ? 

Pour la secrétaire d'État à la jeunesse, l'interview est un succès

"Oui", affirme au micro d'Europe Soir week-end Sarah El Haïry, secrétaire d'Etat à la jeunesse. "C'est un président qui a parlé à des jeunesses, je l'ai trouvé très sincère et il a rappelé à chaque jeune que l'État est là et qu'il aidera tout le monde, personne n'est seul."

Un sentiment qui n'est pas forcément partagé

Mais force est de constater que la jeunesse visée par le président ne fait pas la même analyse que la membre du gouvernement. C'est notamment le cas de Rayane, étudiant en sciences sociales qui passe le confinement chez ses parents à Forbach. Invité d'Europe Soir pour débattre avec Sarah El Haïry il estime que la tentative du président est un échec. "Parler des violences policières, de l'article 24 du projet de loi sécurité globale, du président turc Erdogan... Je ne pense pas que se soient des sujets pour la jeunesse."

Décrivant la précarité de ses amis étudiants et leur détresse psychologique - qu'il ressent lui-même vis-à-vis du marché du travail -, il n'a pas "eu l'impression que le président voulait s'adresser à la jeunesse."

"Si vous avez des amis qui ont besoin d'aide, ils doivent se faire connaître", lui rétorque alors Sarah El Haïry. "La semaine dernière, on a encore annoncé 56 millions d'euros pour le plan d'aide d'urgence aux étudiants", rappelle-t-elle. "Notre objectif est de venir en aide à l'ensemble de nos jeunesses."

"Il n'est pas venu pour répondre à nos questions mais pour nous dire quoi faire et quoi penser"

Également invité à débattre, Clément, un Grenoblois de 17 ans, a lui été très déçu par le chef de l'État. "Il n'est pas venu pour répondre à nos questions mais pour nous dire quoi faire et quoi penser", tacle-t-il en faisant référence pêle-mêle aux mesures de la convention citoyenne contre le climat ou aux discriminations contre la police. 

Une charge que Sarah El Haïry trouve "un peu injuste", notamment sur la question environnementale. Rappelant que la convention citoyenne est "une première pour notre pays", la secrétaire d'État pointe également que "tout le plan de relance à un regard vert". Et d'abonder : "On n'a jamais eu un État aussi fort, aussi présent, aussi protecteur. Il faut être juste et éviter les réponses hâtives et radicales."

Par Ugo Pascolo

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La délicate « opération junior » de Macron...

4 Décembre 2020 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Jeunesse

La délicate « opération junior » de Macron...

EXTRAITS

LE CLIN D’ŒIL DE SERGE RAFFY. Comment calmer la colère qui gronde chez les 15-24 ans ? Le président, en parlant sur le média en ligne Brut, joue plus gros qu’il n’y paraît. Car chez les « millennials », le volcan est au bord de l’éruption. Attention, danger.

Comment parler aux « millennials », la génération née après 2000, adepte des Snapchat, TikTok et autres réseaux sociaux, à qui le Covid a volé une partie de leur jeunesse ? Ils voient en Emmanuel Macron un représentant d’une génération de croulants liberticides. Ces « kids », suractifs sur les portables, informés en live sur tout et rien, des infos les plus tragiques aux blagues les plus hilarantes, ne sont pas coupés du monde. Au contraire ! Ils sont le « nouveau monde », celui que ce président au look de premier communiant, tente de sauver du désastre.

Sur un ring incertain

Ces « millennials » sont très injustes avec lui ? Ils n’en finissent pas de lui coller le sparadrap de « président des riches » et des traders. A tort ? Malgré sa figure poupine, son énergie adolescente, le chef de l’État, pour eux, incarne « l’ancien monde », celui que « Young Manu » vitupérait fougueusement avant d’être élu, en 2017. Un paradoxe de plus chez lui. Au fil des épreuves, il a revêtu le costume du « vieux ». Recoller aux jeunes ? Pour notre président à la quarantaine pimpante, l’exercice n’est pas nouveau. Il est monté sur le ring des 15-24 ans depuis le début de sa carrière politique à plusieurs reprises. Il a essuyé les plâtres de sa « teen-communication » chez Konbini, durant sa campagne électorale de 2017, puis sur YouTube, faisant quelques apparitions fugitives sur Snapchat. Il est sans doute un des hommes politiques qui a le mieux perçu la toute puissance des images, et leur dangereuse viralité. Elles ont des effets de souffle dévastateur sur notre classe politique tout entière. D’où son intervention chez Brut, le média en ligne fondé par un ancien réalisateur de Canal+.

(...)

Que leur raconter sur la République, la laïcité, le communautarisme rampant ? Quel patriotisme nouveau peut bien présenter ce président exempté du service militaire à des jeunes pour qui la question est quasiment antédiluvienne ? Comment s’afficher comme le père de la nation alors qu’il a l’allure d’un grand frère vibrionnant et exalté ? Peut-il seulement les écouter ? Et non plus palabrer durant des heures, comme il l’a fait durant le grand débat national, qu’il avait initié pour garder le contact avec une nation dévorée par le doute ? Bien sûr, personne ne lui demande de jouer les « djeun’s », de revêtir un sweat à capuche ou de ponctuer ses phrases de « ouaich, bro ». Mais s’il se mettait simplement en position d’écoute d’une génération « sacrifiée », ou presque. Oui, seulement tendre l’oreille. Pour ne pas perdre le contact. Est-ce encore possible ?

Serge Raffy

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