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Vivement l'Ecole!

jeunesse

Ces jeunes que la classe politique ignore...

28 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

Une jeunesse sacrifiée ? - Tom Chevalier - laviedesidées.fr - Format  Physique et Numérique | PUF

Sarah Pickard : «Ce n’est pas sain pour une démocratie d’avoir une jeune génération en colère»

S’ils délaissent le vote et se tournent parfois vers les extrêmes, beaucoup de jeunes s’engagent aussi sur des causes précises, comme le féminisme ou l’écologie, estime la sociologue. Pourtant, la classe politique continue de les ignorer.

C’est un gilet jaune qui vote pour Marine Le Pen. C’est une «marginale» qui vit dans un habitat collectif dans un quartier populaire. C’est un membre d’Extinction Rebellion en pleine action en octobre 2019 qui ne jure que par l’activisme écologique. Ils viennent de Dunkerque, Bordeaux ou Montréal et ont tous moins de 28 ans. Trois profils différents soumis à un même sentiment : la colère. Dans Une jeunesse sacrifiée ? (ouvrage collectif qui vient de paraître aux PUF), Cécile Van de Velde, professeure de sociologie à l’université de Montréal, et Sarah Pickard, maîtresse de conférences en civilisation britannique contemporaine à la Sorbonne Nouvelle, décrivent à partir de ces trois portraits les relations complexes que les jeunes entretiennent avec la politique (1). L’abstention ou l’essor des votes pour des partis «antisystèmes» reflètent davantage le désir d’une expression citoyenne nouvelle qu’un rejet ferme de la politique, estime Sarah Pickard.

Pourquoi analyser l’engagement politique par le prisme de la colère ?

L’émotion joue un rôle important dans la mobilisation politique, surtout chez la jeunesse. Si la peur et l’angoisse peuvent parfois freiner la participation, la colère motive l’engagement militant, pousse les jeunes à se tourner vers les extrêmes ou encourage l’abstention. Dans leur rapport à la politique, cette émotion est sans cesse en toile de fond, et vient de leur déception de la classe politique. Il ne faut pas oublier qu’en France, le vote de la jeunesse pour les extrêmes est important, tout comme la proportion de votes blancs et l’abstention.

Cette colère peut-elle permettre un autre mode d’expression plus positif ?

Elle encourage d’autres formes d’expressions politiques qui ne se traduisent pas forcément par les urnes mais plutôt par un mode de vie – le végétarisme par exemple – ou par des mouvements de protestation autour de causes très précises – comme les marches pour le climat ou Black Lives Matter.

On dit souvent que les jeunes ne s’intéressent plus à la politique et qu’ils sont passifs parce qu’ils votent moins qu’avant, mais c’est tout le contraire : ils font de la politique d’autres manières qui peuvent leur offrir un certain optimisme. D’ailleurs, il y a une importante politisation chez les jeunes, un engagement que l’on n’a jamais vu aussi fort depuis les années 60 mais qui ne correspond plus au système politique actuel.

Est-ce un marqueur générationnel ?

Les protestations nouvelles pour le racisme, l’environnement ou le féminisme se diffusent particulièrement chez les jeunes. Cela témoigne d’une conscience de génération qui crée un décalage de valeurs avec les générations plus âgées qui n’étaient pas forcément aussi sensibles et mobilisées sur ces questions. Plus généralement, de très nombreux jeunes ressentent un sentiment de déclassement, d’abandon et parfois d’impuissance dans leur discours. En bref, ce qu’ils recherchent, c’est de l’espoir : ce que ne donne plus le système politique en place mais que représente le fait de participer à ces nouveaux mouvements sociaux.

En dehors de la déception que suscite chez eux le système politique, y a-t-il d’autres causes à cette colère ?

Depuis son enfance, la jeune génération n’a connu que le néolibéralisme et une série de crises. Et notamment la crise financière de 2007 qui a engendré des politiques d’austérité qui touchent en premier les jeunes dans des domaines comme l’éducation, le logement, les loisirs ou la santé. Il y a également la crise écologique et puis la crise sanitaire et économique de 2020 et 2021. Résultat : cette suite de crises prolonge de plus en plus la transition de l’adolescence à l’autonomie de l’âge adulte. Il y a habituellement un contrat social entre générations qui s’établit pour permettre un avenir meilleur aux générations futures. Mais les jeunes se rendent bien compte que cette promesse ne sera pas tenue : ils n’auront pas accès à la situation que les plus âgés ont connue.

Et comment la classe politique considère-t-elle les jeunes générations ?

La classe politique ne prête que peu d’attention à la jeunesse parce qu’elle vote moins et parce que les jeunes représentent une part mineure de l’électorat. Certes, les politiques vont de plus en plus sur les réseaux sociaux pour essayer de s’adresser à eux. Mais ces communications ne sont pas toujours sincères : adapter son discours n’est pas offrir une réponse réelle aux problèmes concrets. Sur ce point, la jeune génération n’est pas dupe, ce qui peut engendrer un certain cynisme.

Ensuite, il y a une tendance à ne pas les prendre au sérieux sur ce qu’ils peuvent dire, les faire passer pour une masse immature. La classe politique a tendance à les ignorer, les instrumentaliser ou les dénigrer. Ils ne se posent pas ces questions essentielles : comment faire venir les jeunes vers le vote ? Comment leur donner réellement l’envie de voter ? Ce n’est pas sain pour une démocratie d’avoir une jeune génération en colère. Pourtant, la remise en question est quasiment inexistante. En réalité, ce n’est pas tant une rupture intergénérationnelle, comme on a souvent pu l’entendre, qu’une fracture entre le système politique et les jeunes.

Lucas Sarafian

(1) Une jeunesse sacrifiée ? ouvrage dirigé par Tom Chevalier et Patricia Loncle, PUF, collection «la Vie des idées», 112 pp., 9,50 €, paru le 25 août.

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Paris 2024 : le discours indécent de coach Macron

15 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Jeunesse, #Education

Paris 2024 : comment le Covid chamboule les Jeux olympiques - L'Express  L'Expansion

Les athlètes français ne rapportent pas assez de médailles par rapport à l’argent public investi dans le sport, et il va falloir changer tout ça : c’est le message transmis lundi soir par Emmanuel Macron aux médaillés de Tokyo qu’il recevait à l’Elysée.

Ils n’avaient plus besoin de prouver qu’ils avaient un mental à toute épreuve. Les médaillés olympiques français viennent pourtant de le démontrer une nouvelle fois, en subissant lundi les consignes en vue de Paris 2024 concoctées par coach Macron, qui les recevait à l’Elysée pour une cérémonie en leur honneur. Sauf que d’hommage, il a été peu question au beau milieu d’un exposé échevelé qu’on aurait pu intituler «le macronisme appliqué au sport», ponctué de quelques concepts inaudibles : «pacte de performance»«cordée du sport» ou «capital sportif-entrepreneur»...

Evacués quelques mots rapides de félicitations pour Tokyo, le Président a prévenu celles et ceux sans qui la France ne figurerait pas dans le top 10 du tableau des médailles : il faudra «faire beaucoup plus» dans trois ans. Belle leçon d’hypocrisie envers des personnes qui se sont ruinées (souvent au sens financier du terme) et épuisées pendant cinq ans pour brillamment contribuer à remplir les objectifs olympiques. Sans chiffrer son rêve de médailles, le chef de l’Etat a souhaité que la France fasse, a minima, partie des cinq meilleures nations olympiques en 2024.

Le manège rhétorique fonctionne peut-être devant d’autres publics. Mais athlètes confirmés et autres aspirants à la médaille n’ont pas envie d’entendre de telles inepties: ils veulent du concret. Qu’on leur parle des aides envisageables pour les trois ans qui les séparent des prochaines olympiades, d’un plan pour former plus d’entraîneurs, d’éducateurs avec des vraies compétences ou de moyens financiers mis dans le développement des clubs.

Le rapport Onesta, base de travail pour 2024

Dans son discours d’une dizaine de minutes, le président a promis qu’il annoncerait «dans les prochaines semaines un plan massif pour les équipements sportifs de proximité». C’est bien, mais l’Agence nationale du sport (ANS), financée par les crédits du ministère des Sports, subventionne déjà des projets de construction ou de rénovations d’équipements. Et surtout, c’est au début du quinquennat qu’il aurait fallu mettre le paquet. Au moment même où les Jeux ont été attribués à Paris, en 2017. Ce moment où l’ancienne ministre des sports Laura Flessel évoquait déjà l’ambitieux objectif de 80 médailles. Qui apparaît aujourd’hui démesuré, tant les investissements en faveur du sport n’ont pas suivi.

L’ANS devait alors se substituer au ministère des Sports en vue des Jeux, et permettre le développement des structures dédiées aux athlètes partout en France. Or ses prérogatives et les moyens qui lui ont été alloués ont été bien trop limités pour espérer une première «montée en gamme» lors des JO de Tokyo cet été.

Si le président parle d’un bilan «mitigé», qu’on ne s’y trompe pas : les 33 médailles grappillées (olympiques et paralympiques) au Japon (contre 42 à Rio en 2016) sont peu ou prou conformes à ce que la France pouvait espérer, au vu de l’intérêt minime porté par le gouvernement pour le secteur jusqu’ici.

Le discours présidentiel n’a d’ailleurs pas l’air d’avoir convaincu les concernés. Teddy Riner, plutôt bien placé pour savoir de quoi il en retourne, vu le nombre de récompenses récoltées dans sa carrière. «La France est une grande nation de sport mais se dire qu’on va faire 90 médailles à Paris 2024, non. Faut faire beaucoup plus de choses pour prétendre à 90 médaillés dans trois ans», a-t-il réagi. Avant de résumer la pensée de beaucoup: «Il fallait investir déjà sept ans en arrière dans le sport, massivement.»

Et suivre les recommandations de la cellule de haute performance montée sur mesure en 2017 afin de dicter une ligne directrice sur sept ans. Emmanuel Macron en a repris aveuglément certains points lundi. Il a indiqué vouloir imiter les prédécesseurs chinois et anglais, qui ont doublé leur moisson de breloques lors de leurs éditions organisées à domicile en 2008 et 2012, en concentrant les efforts «sur les profils et les disciplines à fort potentiel».

Entrer dans le fameux top 5 est jouable à condition d’être au rendez-vous dans ce qui fait la force de la délégation française: le judo, l’escrime, les sports cos, et – ce sont les gros chantiers – l’athlétisme et la natation, deux disciplines ayant raté le coche à Tokyo. Mais il ne faut pas négliger les autres sports, nécessaires dans cette quête vers les sommets, où quelques futurs champions et championnes ne demandent qu’à éclore, à condition de bénéficier d’un environnement sportif décent, propice à la performance.

Claude Onesta, l’ancien entraîneur des handballeurs français, deux fois doré aux Jeux et désormais manageur de la haute performance, vient de remettre au gouvernement ses préconisations en vue des JO de Paris. Une fois n’est pas coutume, espérons que l’exécutif le suive au pied de la lettre. Pas sûr que les athlètes doivent être les seuls à «en faire beaucoup plus».

Romain Métairie

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« Le vaccin, ça va faire des zombies ! » : des ados déboussolés

19 Juillet 2021 , Rédigé par Le Point Publié dans #Education, #Jeunesse

Covid19 : la vaccination des 12-18 ans | Ministère de l'Education Nationale  de la Jeunesse et des Sports

EXTRAITS

Faut-il se vacciner ? « Le Point » est parti à la rencontre d’adolescents dont les avis divergent diamétralement, parfois même de leurs propres parents.

Le débat déchire la Toile et les rues depuis quelques jours : faut-il ou non se faire vacciner ? Les arguments divisent familles et amis, surtout à l’approche du mois d’août. Le Point est parti à la rencontre d’adolescents dont les avis divergent diamétralement, parfois même de leurs propres parents.

Pour Redouan et Lukas, 15 ans et résidant à Melun (77), leur choix fuse d’emblée : « Nous, on se fait pas vacciner, c’est mort. » Ces deux garçons affirment très vite avoir d’ailleurs pensé à tout : « En août, on part en vacances dans le Sud avec les parents d’un pote à nous, on leur a dit qu’on était vaccinés, mais on va se débrouiller pour trouver des QR codes », raconte Lukas, l’air goguenard. Opinant du chef, Redouan confirme : « Sur Snap, ça vend des QR codes, y a plein de pubs. » En effet, des business de pass sanitaires et QR codes fleurissent sur le réseau social Snapchat, proposant leurs services contre des sommes parfois astronomiques. « Au pire, on a des potes qui se sont fait vacciner qui vont nous filer leurs QR codes avec des photos de leurs cartes d’identité », ajoute Lukas, visiblement frileux à l’idée de débourser une grosse somme

(...)

Aïssatou, collégienne franco-sénégalaise de 14 ans, résidant à Montreuil (93), s’alarme elle aussi des réactions des antivaccins. Et pourtant, dans sa famille, personne n’est d’accord. « Ma mère s’est fait vacciner dès le début car elle est « personne à risque », mais mon père qui l’est aussi n’a pas voulu le faire. Il a peur que ça le tue dans quelques années alors qu’il va mieux depuis un an. C’est un complotiste, mon père ! » raconte-t-elle en levant les yeux au ciel. Les deux grands frères d’Aïssatou partagent l’avis de leur père et ne veulent pas se faire vacciner, au grand dam de leur mère. « Ma mère, qui a toute notre famille au Sénégal, sait que c’est dur en Afrique. Là-bas, on meurt du Covid et personne n’est vacciné, et la France nous donne cette chance et eux ils crachent dessus ! » Selon l’OMS, les morts du Covid en Afrique ont augmenté de 43 % la semaine dernière.

Nora Bussigny

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Entre 7 000 et 10 000 mineur·e·s se prostituent en France, selon un rapport inquiétant

16 Juillet 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Jeunesse

Prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis : « Le parcours de ces  jeunes filles est marqué par les violences subies »

Un rapport remis mardi au gouvernement dresse un constat alarmant sur la prostitution des mineur·e·s en France : entre 7 000 et 10 000 enfants et adolescents seraient concernés. Le développement du proxénétisme sur les réseaux sociaux permettrait à de plus en plus de jeunes d'y accéder.

Le nombre de mineur·e·s victimes de proxénétisme n'a cessé d'augmenter en France : le service statistique ministériel de la sécurité intérieure a recensé une hausse de 70 % en cinq ans. Le secteur associatif, lui, comptabilise entre 7 000 et 10 000 jeunes se prostituant. Ces chiffres préoccupants sont mis en avant dans un rapport du groupe de travail sur la prostitution des mineur·e·s. Ce dossier a été remis, ce mardi, au secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, Adrien Taquet. Celui-ci a annoncé un plan national pour lutter contre cette pratique pour l'automne 2021.

Principalement de jeunes adolescentes "vulnérables"

Selon ce rapport, les victimes de proxénétisme sont majoritairement des jeunes filles de 15 à 17 ans. L'association d'aide aux prostitué·e·s l'Amicale du Nid 95 n'accompagnent, par exemple, que 10% de garçons. Ces mineur·e·s sont généralement issus de milieux défavorisés. Ainsi, sur les 113 signalements comptabilisés par le parquet de Bobigny l'année dernière, plus de deux tiers d'entre eux concernaient des jeunes originaires de Seine-Saint-Denis, et notamment des villes touchées par la pauvreté.

Le groupe de travail relève aussi la "vulnérabilité" des jeunes victimes, souvent en situation de rupture familiale. Entre 40% et 49% des mineur·e·s disent avoir subi des violences pendant leur enfance, notamment familiales et/ou sexuelles, avant de se prostituer. Selon Arthur Melon, secrétaire général de l'association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), “des circonstances particulières accroissent la potentialité de basculer dans la prostitution : une rupture familiale, une période d'errance (fugue ou rejet de la cellule familiale) ou une addiction (alcool, drogues)."

Les mineur·e·s étranger·e·s, parfois isolé·e·s, sont également nombreux à avoir recours à la prostitution. Souvent très vulnérables, les trafiquants de migrants les poussent à cette pratique "comme moyen de remboursement du coût du voyage", révèle la Fondation Scelles. Leur prise en charge est d'autant plus compliquée qu'ils leur fournissent de faux passeports ou leur demandent de mentir sur leur âge.

Une organisation par les réseaux (sociaux)

Suite à la pandémie et aux confinements, la prostitution sur la voie publique recule. C'est par les réseaux sociaux ou les sites d'annonces que les prostitué·e·s sont mis en relation avec leurs clients. Les proxénètes utilisent également ces outils pour recruter des jeunes de 14 à 25 ans.  Le numérique permet aux mineur·e·s "de s'initier à des comportements pré-prostitutionnels, n'impliquant pas des contacts physiques avec les clients" comme l'envoi de photos dénudées, ajoute Arthur Melon de l'ACPE.

Internet permet également de réserver des chambres d'hôtel mais surtout des Airbnb, qui sont moins facilement traçables. La procureure de la République d'Évry note ainsi une "professionnalisation des réseaux de proxénétisme de mineurs" dans son département. Avec des techniques similaires à celles du trafic de stupéfiants, la prostitution de mineur·e·s est de plus en plus structurée et hiérarchisée, s'inquiète le rapport.

Du côté des mineur·e·s, des difficultés à se reconnaître victimes

Ces mineur·e·s ne reconnaissent pas forcément être victimes du proxénétisme. La procureure de la République d'Évry l'explique ainsi : "ces jeunes [filles] sont en effet généralement attirées par l'appât du gain et banalisent les relations sexuelles tarifées auxquelles elles se prêtent. Elles considèrent les jeunes hommes participant à leur activité (réservant les lieux de prostitution, publiant leurs annonces, les surveillant pendant les actes sexuels, mais aussi récupérant un pourcentage des gains) comme des 'collaborateurs' ou des 'protecteurs'."

Une étude du département du Nord de 2021 montre qu'un mineur prostitué sur deux reconnaît des aspects positifs à la prostitution. L'autonomie financière, principalement, mais aussi le besoin d'affection, le sentiment de reprendre le contrôle sur sa vie, d'appartenir à un groupe ou d'être considéré comme un adulte sont les arguments avancés par ces jeunes.

Un plan de lutte du gouvernement 

Face à ces constats alarmants, le rapport du groupe de travail préconise une meilleure formation des acteurs de la lutte contre la prostitution, ainsi qu'une meilleure coordination entre eux au niveau local. "L’enjeu de la prise en charge réside dans la capacité à proposer des réponses à la fois dans l’urgence et dans la durée" résumé le dossier. Les experts proposent de travailler sur la "prise en charge médicale tant physique que psychique" de ces jeunes, ainsi que sur "l'accès à l'hébergement" en évitant de les placer "plusieurs nuits en foyer d'urgence ou en hôtel", où leurs proxénètes "les retrouvent systématiquement".

Avec le développement de la prostitution sur les réseaux sociaux, le rapport réclame plus de moyens pour la police. Cela permettrait notamment à des officiers de réaliser des enquêtes sous pseudonymes sur Internet. De plus, le groupe de travail réclame des campagnes de prévention à destination des jeunes mais aussi des parents.

Morgane Moal

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Edgar Morin, ses conseils aux jeunes : "Il faut risquer sa vie" (Vidéo)

8 Juillet 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Jeunesse, #Philosophie

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Macron opposé au crop top à l’école : quand Schiappa et Moreno défendaient la liberté vestimentaire des lycéennes

2 Juillet 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Jeunesse

La journée du Cropped top

Crédits : Vanessa MEYER - Maxppp

Dans l’hebdomadaire « Elle », le chef de l’Etat s’oppose au crop top à l’école et se dit partisan d’une « tenue décente exigée ». En septembre dernier, deux ministres avaient soutenu les lycéennes et défendaient leur droit à s’habiller comme elles le souhaitent.

« À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée”, aussi bien pour les filles que pour les garçons. » Dans un entretien au magazine « Elle », publié ce jeudi 1er juillet, Emmanuel Macron s’est dit hostile au port du crop top – un t-shirt qui dévoile le nombril – à l’école, estimant que « tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école ». Une petite phrase qui n’a pas manqué de faire réagir et qui risque de mettre en porte-à-faux au moins deux membres du gouvernement.

La raison ? En septembre dernier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, défendait le port d’une tenue « républicaine » à l’école« [Ce] n’est pas un lieu comme les autres, ce n’est pas comme si vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Chacun peut comprendre qu’on vient à l’école habillé d’une façon républicaine », avait-t-il déclaré.

Des propos qui lui avait valu un recadrage public de la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes Elisabeth Moreno. « En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut, avait-elle martelé. Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s’affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n’a pas de prix. » Et d’ajouter : « C’est aussi un enjeu d’éducation des jeunes garçons, du rapport qu’ils entretiennent aux jeunes filles et lié aux valeurs de respect. »

(...)

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Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

2 Juillet 2021 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education, #Université, #Jeunesse

Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

EXTRAIT

Une étude de Linkee menée auprès de 3 281 étudiants révèle que la précarité étudiante n’a jamais été aussi élevée. Et 40 % des participants envisagent même d’arrêter complètement leurs études.

«Pas de vacances pour la précarité», explique Julien Meimon, président de l’association Linkee qui vient en aide aux plus démunis tout en luttant contre le gaspillage alimentaire à Paris. Cette organisation vient de publier une étude inquiétante sur la précarité étudiante: 97 % des participants vivent sous le seuil de pauvreté. Julien Meimon souligne les difficultés rencontrées par les étudiants, au-delà de la crise sanitaire: «Ces jeunes vont mettre beaucoup de temps à s’en relever. C’est un problème de fond qui n’est pas tranché parce que les terrasses ont ouvert et que les gens se préparent à partir en vacances».

(...)

Jean Cittone

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Vaccination des 12-15 ans: quand Macron trouvait "choquant" de les faire passer avant les pays pauvres

3 Juin 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Jeunesse

Au dernier sommet mondial de la Santé, Emmanuel Macron avait préféré se concentrer en priorité sur la vaccination des adultes dans les pays les plus pauvres.

POLITIQUE - Vaccin pour tous. En France. Ce mercredi 2 juin, le président Emmanuel Macron a annoncé que la vaccination contre le Covid-19 va être élargie aux moins de 18 ans à compter de la mi-juin. Le chef de l’État en déplacement dans le Lot à la rencontre d’acteurs du tourisme s’est montré optimiste pour l’été tout en appelant les Français à rester “prudents” face à des signaux d’alerte dans le Sud-Ouest. Et s’est félicité au passage que près de 50% des Français adultes aient déjà reçu une première dose de vaccin.

Cette décision a été prise lors d’un conseil de défense sanitaire dans la matinée à l’Élysée, après le feu vert lundi de la Commission européenne sur l’utilisation du vaccin anti-Covid-19 de BioNTech/Pfizer sur cette tranche d’âge. Au mois de mars, le laboratoire Pfizer/BioNTech avait annoncé des résultats très concluants pour les adolescents. 

Changement de registre

Il y a quelques jours pourtant, Emmanuel Macron avait rappelé que cet élargissement de la vaccination n’était pas une priorité. “Ce n’est pas tout de suite, mais c’est peut-être”, avait ainsi répondu Olivier Véran à BFM TV lundi 17 mai. Le lendemain, lors du Sommet mondial de la santé, le chef de l’État avait réaffirmé cette position alors que l’écart de la vaccination contre le Covid-19 entre les pays riches et les pays défavorisés se creuse. “Il est choquant, vous en conviendrez, qu’on commence parfois à vacciner des enfants là où on n’a pas encore commencé à vacciner les plus âgés et les plus fragiles dans certains pays”, avait-il expliqué. 

Une affirmation destinée à l’époque aux États-Unis et au Canada qui avaient déjà élargi leur politique de vaccination aux plus jeunes. Ce changement d’avis toutefois ne devrait pas empêcher la France de distribuer 30 millions de doses à Covax et aux pays pauvres comme promis par le gouvernement lors de ce sommet.

Les vaccins anti-Covid continuent en effet manquer cruellement faute de production suffisante et le système international mis en place pour garantir un accès équitable aux vaccins est très loin du compte. Il devait assurer une immunisation de 20% des populations des pays participants d’ici la fin de l’année. En mai, il manquait approximativement 190 millions de doses par rapport aux volumes initialement prévus.  

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« Chez certains jeunes, la pandémie de Covid-19 radicalise un sentiment d’impuissance et de colère »

2 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Jeunesse

Portrait de jeunes en colère qui s'opposent à la «machine» | Le Devoir

EXTRAITS

La crise sanitaire attise, chez certains jeunes, une forme de frustration, estime la sociologue Cécile Van de Velde dans un entretien au « Monde ».

(...)

Avoir vécu cette pandémie à 20 ans peut-il constituer un marqueur générationnel ?

La pandémie réactualise la question des générations telle que le sociologue et philosophe Karl Mannheim l’avait formulée au tournant des années 1930. Selon lui, les périodes de déstabilisation sociale peuvent créer une « condition de génération » commune pour ceux qui entrent dans la vie adulte, et favoriser alors la naissance d’une « conscience de génération ».

Bien sûr, tout le monde a été affecté par la crise engendrée par la pandémie. Dans le cas des jeunes, elle a pu résonner comme un choc d’incertitude et de solitude à un âge justement pensé comme celui de la prise d’élan vers l’âge adulte. L’ampleur de la cicatrice va dépendre des évolutions économiques et des choix politiques dans les années à venir. On sait également que la pandémie accroît fortement la pression inégalitaire au sein même des jeunes générations, qui étaient déjà marquées par une forte compétition sociale et des risques accrus de décrochage pour les moins diplômés.

Par ailleurs, on sait que la crise économique de 2008 – et les politiques d’austérité qui l’ont suivie – a largement contribué à la montée d’une « voix » générationnelle, en France comme au niveau mondial. Elle s’est exprimée au sein des mouvements sociaux et a été portée avant tout par des étudiants et des jeunes diplômés. On peut y lire le refus croissant d’une « dette » ou d’un « héritage » considérés comme trop lourd à porter, et injustement transmis aux jeunes générations, les obligeant à subir des décisions dont elles ne seraient pas responsables.

Cette critique s’est d’abord forgée sur les conditions économiques et sociales, puis s’est élargie à des questions environnementales. Aujourd’hui, la crise sanitaire lui donne encore un nouveau relief, car elle a conduit à des arbitrages politiques visibles entre générations.

(...)

Quelles pourraient être les traductions politiques de cette colère générationnelle ?

Un enjeu politique fondamental serait de répondre au défi démocratique qui s’annonce, et de re-susciter ce qui est en train de s’échapper : l’adhésion. En effet, déjà avant la pandémie, la montée de certaines frustrations ou problématiques au sein des jeunes générations était peu portée politiquement par les partis ou les institutions – notamment en France –, en partie parce que les jeunes constituent un électorat minoritaire et qu’ils votent moins. Pour certains d’entre eux, la pandémie radicalise un sentiment d’impuissance et de colère. Politiquement, la colère peut prendre plusieurs chemins : celui de l’abstention volontaire, mais elle peut être captée aussi par les rhétoriques antisystèmes et les radicalismes politiques.

(...)

Ce qui ressort de presque tous les témoignages de ces jeunes, c’est la conscience de la crise écologique. Est-ce le signe d’une identité commune pour cette génération ?

Cette conscience climatique se diffuse fortement parmi les jeunes, même si elle reste plus forte chez ceux qui vivent en ville et qui sont diplômés. Elle s’est exprimée dans les marches proclimat, avec des slogans comme « Vous allez mourir de vieillesse, nous de détresse » ou « Vous avez volé notre avenir ».

Dans les récits individuels, elle donne lieu à des discours sur l’émergence d’une génération condamnée, privée du temps et de la qualité de vie qui devaient lui revenir. Ces discours sont marqués par un nouvel acteur à protéger : les générations futures. On y trouve une rhétorique d’inversion des rôles entre enfants et adultes, avec des jeunes générations responsabilisées très tôt, face à des générations adultes qui ont été trop insouciantes.

Marine Miller

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Jeunesse - "La politique du cool est l’alliée efficace de celle de la répression"

30 Mai 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Jeunesse

Des millions de vues et des critiques: le coup médiatique de Macron avec  McFly et Carlito

Le président de la République en discussion avec des youtubeurs d’un côté. L’agressivité de son ministre de l’Intérieur de l’autre. Ces registres sont complémentaires : la politique du cool est l’alliée efficace de celle de la répression.

D’un côté, la face souriante du président de la République en discussion avec les youtubeurs McFly et Carlito. L’ambiance est cool, sympa, détendue. Le Président fait des blagues, parle de foot, joue au jeu des anecdotes. De l’autre, l’agressivité de son ministre de l’Intérieur qui cherche à intimider une responsable politique, Audrey Pulvar, en portant plainte contre elle pour diffamation, au nom de son ministère, en raison de propos où elle explique simplement avoir trouvé l’image du rassemblement des policiers du 19 mai devant l’Assemblée nationale, en présence de Gérald Darmanin, «assez glaçant». Deux salles, deux ambiances ? En réalité, la diversion et l’intimidation sont les deux faces d’une même médaille : une façon de délégitimer toute forme de conflictualité.

D’un côté, un visage aimable qui cherche à se présenter en président sympa. De l’autre, un quinquennat qui aura amplifié tout un arsenal répressif pour diminuer les possibilités concrètes de s’opposer et de protester. Le cool sert alors à masquer la politique répressive et nous promet à la fois le LBD et le buzz, la répression et le sourire, les droits démantelés et les bonnes blagues.

Spectacle pour enfant

Le cool s’inscrit dans la prétendue mort des clivages. Pas besoin de se disputer si on doit être d’accord sur l’essentiel ! Et si jamais par malheur nous ne l’étions pas, surtout restons cool ! Zombie de la pensée politique, cette mort toujours annoncée et rejouée hante nos débats et offre régulièrement à des acteurs politiques la possibilité de se distinguer en termes d’aptitudes personnelles et non de programme (1). La personnalisation extrême de notre vie politique va bientôt rejouer, avec l’élection présidentielle, la fiction du sauveur ou de l’élue qui viendra guider le peuple français. Confessions, jugements moraux, remarques sur les caractères (il est grognon, elle est sympa) : voilà un pays de presque 70 millions d’habitants qui s’apprête à regarder la nouvelle édition d’un spectacle pour enfant qui alimente toujours plus le cycle «illusion déception» bien décrit par Vincent Martigny (le Retour du prince, Flammarion, 2019). De rares initiatives, comme la Primaire populaire, tentent d’échapper à ce piège.

Pour nous faire oublier les libertés qui se réduisent, les violences économiques et sociales, l’urgence écologique, le cool est là. C’est le fantasme de transformer le débat démocratique en rituel télévisé, plein de paillettes et de rires, fun et tranquille, et surtout pas agressif, avec Cyril Hanouna en arbitre des élégances. Le 14 juillet 2020, le président de la République et son épouse se promènent aux Tuileries et croisent des manifestants, dont plusieurs se revendiquent des gilets jaunes, de retour de la Bastille. Ces personnes lui parlent des brigades de répression de l’action violente (la Brav-M, un binôme à moto), de la réforme des retraites ou encore de justice fiscale. Le Président répond que certains ont été «violents» dans leurs rangs et lâche cette formule incroyable : «Voyez, qu’on soit cool, franchement si tout le monde est cool, y’aura pas de problème.»

Casser l’ambiance

L’expression de la colère et des désaccords est souvent considérée comme inopportune et inacceptable. Or, c’est facile d’être cool, chill, «détendu», quand il n’y a aucune raison d’être en colère. Cool dans de grands et beaux appartements. Cool en tirant profit des inégalités. Cool sans avoir peur de la fin du mois. Cool si les années d’études peuvent être passées dans le plaisir et l’insouciance, plutôt que dans des distributions de colis alimentaires. Cool si on ne crève pas à petit feu faute de savoir comment vivre aujourd’hui. En réalité, rien de ce qui peut changer les choses n’est cool. Oui, ça casse l’ambiance. Mais quelle ambiance ? Celle d’un banquet dont l’écrasante majorité de la population est exclue. Casser cette ambiance est juste essentiel et libérateur.

Une grande partie de notre histoire nous relie à des actions qui n’étaient pas cool, comme le montre la lente marche du mouvement social et ouvrier à partir du XIXe siècle. Ce n’est pas la bonté patronale qui a amélioré les conditions de vie mais l’action de milliers de femmes et d’hommes qui se sont battus pour avoir plus de droits. Ils ont monté des barricades, bloqué des usines, organisé des grèves, occupé les rues. D’autres ont créé des syndicats, des coopératives, des sociétés de secours mutuels, des journaux ou des associations. Certains ont écrit des articles, des poèmes, des tracts. La convergence de tous ces combats a donné sa force au mouvement ouvrier, où beaucoup ont tout perdu, quand ce n’est pas la mort qui a interrompu la lutte. Rien de cool, donc.

Du mouvement social au mouvement écologique, les luttes politiques et sociales ne sont pas dans l’air du temps ou à la mode. Elles rompent les habitudes, brisent les préjugés, renversent les évidences. Elles sont souvent perçues comme agressives parce qu’elles s’exercent contre des intérêts puissants et organisés. Elles ont pourtant fabriqué cette République que beaucoup aujourd’hui salissent et détruisent en prétendant la servir.

(1) A propos du clivage gauche-droite, «le sens du clivage évolue en permanence et son contenu idéologique est l’enjeu permanent de luttes politiques. Quand vous regardez les dictionnaires politiques du XIXe siècle, vous avez toujours l’idée que ce clivage a bien vécu, mais qu’il est dépassé». Voir : Christophe Le Digol (entretien avec Hélène Combis), «Deux manières d’appréhender le clivage gauche droite», France Culture, 20 mars 2017.

Antoine Hardy, Doctorant en science politique au Centre Emile Durkheim

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