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Vivement l'Ecole!

Articles avec #internet tag

Réseaux "sociaux" ou agonie démocratique?...

20 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Internet

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Twitter, les "débats", les "talk show" ou l'agonie démocratique...

Une place de choix est désormais réservée dans nos emplois du temps quotidiens aux réseaux dits "sociaux". La parole y est ouverte et libre. Immense "talk show" sans le son, quasiment sans contrôle. Il suffit pour s'en convaincre de lire les horreurs antisémites, racistes, homophobes sur Twitter et Facebook. Des pépites aussi, des erreurs souvent, des naïvetés et des mots d'amour, des polémiques à jets continus. Bref, la vie en 140 signes. Un ersatz de vie...

La parole ouverte et libre disais-je... Mais une parole utilisant un vecteur dont la particularité est de la faire sonner en échos multiples et successifs. Formidable roulement permanent, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, déferlantes ininterrompues de messages cognant aux falaises de nos vies anonymes. Ou pas. Des vies exposées ou dissimulées mais des vies qui peu à peu, sans s'apercevoir ou, bien pire, s'apercevant, que le lien social REEL n'existe plus, se réfugient dans un cadre rassurant: celui de la parole investie d'une fonction sociale et socialisante. Rassurant mais illusoire, éphémère, impersonnel, parfois menaçant et dictatorial.

La parole ouverte et libre... Des débats à n'en plus finir, à n'en plus manger ni dormir. A n'en plus exister sinon pour et par ces quelques pseudos et avatars. A n'en plus se rendre compte qu'on échange davantage avec de parfaits inconnus et beaucoup moins avec celles et ceux qui partagent votre lieu de VIE! A ce sujet je ne peux que recommander la lecture du merveilleux livre/témoignage de Guy Birenbaum: Vous m’avez manqué, Editions des Arènes. Il dit tout. Et il le dit bien.

Mais revenons aux "débats". L'éducation est un thème inépuisable donnant l'occasion quasi quotidienne de s'étriper entre collègues. Débats qui n'apportent souvent rien d'autre que le fait de faire exister des "spectacles", de faire "entendre" des éclats de voix, de faire voler parfois les noms d'oiseaux, d'utiliser, en en usant et en abusant, la raillerie récurrente en lieux et place de l'argument. Et lentement, imperceptiblement, ou soudainement et violemment, le "débat" perd ce qui devrait faire sa force, perd sa "trinité": l'information; la délibération; l'éducation. Il n'existe plus que par lui-même. Il devient monstrueux, difforme. Un Quasimodo qui aurait perdu toute humanité pour se muer en gargouille sur une des tours de Notre-Dame...

La parole ouverte et libre... Plus exactement, je le disais pour commencer, des "talk show" silencieux, chacun rivé devant un écran et un clavier. Toutes les opinions affluent, chacun certain d'avoir raison, certain aussi que l'autre a tort s'il n'est pas de votre avis. Je suis le premier à être coupable souvent de ce travers. Alors le "débat" tourne court et devient hurlement, engueulade, insulte. Mais surtout, INUTILE! La pârole ouverte et libre devient un bruit inaudible. Un comble!

Pour reprendre Jean-Claude Guillebaud parlant de tout cela (Ecoutez bien!):

" Cette gueulante individuelle, omniprésente, fiévreuse, qui peut choquer sur le moment mais qui, en réalité, ne mange pas de pain et ne dérange aucun intérêt: existe-t-il meilleur symptôme de la déréliction politique?"

Et Guillebaud ajoute:

" A la limite, la démocratie du talk show, c'est un autre nom donné à l'agonie démocratique". (In supplément Télé de l'Obs en date du 27 juin 2015)

A méditer...

Christophe Chartreux

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Moi président : "Les profs doivent s'armer pour répondre aux théories du complot"...

12 Février 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Internet

Sophie Mazet, 36 ans, a lancé un cours d'autodéfense intellectuelle dans son lycée de Seine-Saint-Denis. L'idée ? Armer ses élèves face aux fake news, aux théories du complot et aux faux pas du monde médiatique.

Sa proposition

Assurer une formation pluridisciplinaire des profs pour qu'ils soient mieux armés face aux questions d'actualité des élèves. A mon sens, la formation d’un professeur ne devrait pas se concentrer uniquement sur sa discipline (les maths, l’anglais, etc.), mais demeurer pluridisciplinaire le plus longtemps possible. Cela aiderait les enseignants à répondre aux questions des élèves provoquées par l’actualité, qu’elles concernent les médias, la laïcité ou qu'elles soient teintées de complotisme.

Pourquoi les profs d’histoire se retrouveraient-ils seuls à s'occuper des cours d’éducation civique ? Bien souvent, ce sont eux qui ont été le moins désarçonnés après les attentats pour parler aux élèves : leur formation disciplinaire les a bien armés. Avoir des bases dans différents domaines m'a permis de m’aventurer dans un projet qui sortait de l’anglais : lancer des cours d’autodéfense intellectuelle.

J'apprécie beaucoup le fonctionnement par projet : les enseignants ont plus de libertés pour innover. Mais pour cela, il faut aussi que les équipes soient pérennes. Il faut donc fonctionner au maximum avec un corps d'enseignants titulaires, stables sur leur poste et suffisamment formés !”

Son histoire

Et soudain, une avalanche de livres. Au mur, Chomsky, Baillargeon, Fourest, Meddeb, Todorov. A peine le temps de souffler : Celui-ci, c’est un article scientifique qui essaie d’analyser le “baratin pseudo-profond”. Sophie Mazet reçoit dans un appartement à l'ambiance intello un brin décalée.

Cette prof d'anglais du lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, a servi d'exemple à la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem lorsqu'il a fallu répondre à une question de plus en plus pressante : que doit faire l'Education nationale face aux désormais célèbres fake news, à l'accélération du temps médiatique, au succès de Dieudonné. De Soral. De Trump. Au début de l'année 2016, lors d'une journée d'étude Réagir face aux théories du complot, la ministre a mis l'accent sur l'éducation aux médias et à l'information, au collège. Ce que fait Sophie Mazet va un peu plus loin. On rembobine.

En 2009-2010. Cette enseignante donne à lire à ses élèves de terminale différents textes, dont l’un est tiré de The Onion, site satirique américain, équivalent du Gorafi (qui n’existait pas encore à l'époque). Un faux discours de Barack Obama qui se termine par ces quelques mots bien peu présidentiels : God bless America, and fuck you. Je me suis dit : “C’est pas possible.” Ils avaient un bon niveau et savaient qu’il y avait des faux parmi les textes que nous allions étudier. Le problème, c’est qu’ils me faisaient confiance, ne remettaient pas en question la source que j’étais.

Elle peaufine alors un projet de cours qu’elle propose au chef d’établissement. Avec en exergue la phrase de l’égérie de la gauche radicale américaine, le linguiste Noam Chomsky : Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. A la même époque, elle remplace au débotté une collègue pour un voyage scolaire au Rwanda. J’ai eu une sorte de choc quand on a visité le principal mémorial du génocide à Kigali. C’est là que je me suis dit : “Qu’est-ce qui a fait que des gens normaux aient pu aller massacrer leurs voisins ?” Je m'interrogeais sur le mécanisme de déclenchement de la haine.

Elle passe donc un été à lire des études consacrées au négationnisme de la Shoah, à la propagande nazie, à la manipulation des foules. J’avais déjà entendu des élèves dire : “Madame, les juifs contrôlent tous les médias en France.” La voilà qui placarde des affiches partout dans le lycée. J’ai fait une sorte de campagne de recrutement avec des questions un peu étranges : “Qui est le plus méchant : la banane tueuse ou le concombre masqué ?” Derrière ces quiz saugrenus, de vraies histoires (sur les rumeurs alimentaires, par exemple). Des élèves mordent à l'hameçon. Premier cours.

L’idée est de proposer une boîte à outils, à utiliser chaque fois que les élèves reçoivent de l'information ou ce qui voudrait bien passer pour de l'information. On y parle d’Orwell, du greenwashing, des pièges de la perception, des biais statistiques. Son module évolue avec le temps : comment lancer une polémique sur Twitter grâce à l'astroturfing (technique qui consiste à donner l'impression d'un mouvement de masse) ? Comment retrouver les métadonnées d’une image et retracer son parcours pour débusquer les hoax ?

La théorie du complot est venue dans un second temps. Le jour où un élève lui assure que le 11 Septembre a été organisé par les services secrets ou les juifs : Je ne m’y attendais pas du tout. C’était très construit, il avait réponse à tout. C’est là qu’elle s'est mise à travailler sur le conspirationnisme. On commence par les vrais complots dans l’histoire, comme la dépêche d’Ems, un message falsifié qui a déclenché la guerre franco-prusse de 1870. Puis on travaille la rhétorique des complotistes. A ce stade, les élèves savent normalement reconnaître une généralisation hâtive, un argument d’autorité, un post hoc ergo propter hoc (prendre pour la cause ce qui n'est qu'un fait antécédent).

Bon, est-ce que ça sert à quelque chose ? Elle n'en sait rien. Mon but n’est pas de retourner des conspis. J’ai vite compris que, quand on était là-dedans, on ne peut pas en être sorti par un tiers, il faut s'en dégager tout seul. Mon but est plutôt d’aller vers ceux qui sont tentés mais qui n’ont pas basculé. Tout juste se contente-t-elle de constater que les théories du complot se sont rapprochées avec les attentats : Avant, c’était le 11 Septembre ou Elvis ; là, c’est chez nous. Il est vrai qu'on a le sentiment que ça s'accentue. Les raisons en sont probablement multiples : l'absence de hiérarchisation sur internet, les formats courts et l'absence de confiance dans les médias alimentée par la collusion entre journalistes et politiques et la concentration des titres, etc. Est-elle inquiète ? Je crois que c’est pas gagné, ça ne veut pas dire que c’est perdu. ♦

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Fake, manipulations et réseaux sociaux: pourquoi il faut vite comprendre ce qu’est “l’astroturfing”...

11 Février 2017 , Rédigé par Les Inrocks Publié dans #Médias, #Internet

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Fake, manipulations et réseaux sociaux: pourquoi il faut vite comprendre ce qu’est “l’astroturfing”

A l’ère de la post-vérité, au milieu des fake news et alternative facts, émerge l’astroturfing. Cet anglicisme un brin barbare, qui évoquerait plutôt un délire mystique ou une nouvelle façon de lire son horoscope, fait référence à un procédé perfide qui sévit sur internet : la simulation d’une activité ou d’une initiative qui serait issue du peuple, en réalité montée de toutes pièces par un acteur souhaitant influer sur l’opinion.

Fabrice Epelboin, qui a donné plusieurs cours à Sciences Po Paris sur la disruption sociale et politique apportée par les réseaux sociaux, nous éclaire sur ce phénomène qu’il étudie depuis plusieurs années. Le sujet d’abord ignoré puis dédaigné, a finalement obtenu plus de considération et une réelle légitimité : le Brexit, la montée des extrêmes, et l’élection de Donald Trump sont passés par là.

Juste pour être certains d’avoir bien compris, pouvez-vous nous donner une définition complète de l’astroturfing ?

Fabrice Epelboin –  L’astroturfing englobe l’ensemble des techniques – manuelles ou algorithmiques – permettant de simuler l’activité d’une foule dans un réseau social. On peut commencer à parler d’astroturfing quand plusieurs personnes interagissent de concert et sans dévoiler leur connivence dans un même fil de discussion, pour tromper ceux qui ne sont pas dans le secret. Mais l’astroturfing implique le plus souvent des identités créées de toutes pièces, destinées à mettre en scène des phénomènes de foule dans un environnement tel que Facebook, de façon à influencer la perception des utilisateurs de la plateforme ou à donner plus de visibilité à un sujet, en fabriquant de façon artificielle sa popularité.

Quand le terme a-t-il été utilisé pour la première fois ?

Le terme est issu d’une marque créée par l’entreprise américaine Monsanto qui a imaginé un faux gazon pour le stade de baseball de Houston, dont l’équipe s’appelle les Astro – d’où la marque, “astroturfing”, qui désigne un faux gazon. En anglais, un mouvement populaire spontanée est appelée “grassroot”, du coup, astrotrufing peut être compris comme “faux grassroot”. Ceci dit, le concept date de bien avant. Nixon avait une équipe à la Maison Blanche dont les membres se faisaient passer pour des citoyens ordinaires en écrivant aux courriers des lecteurs des médias américains pour chanter les louanges de sa politique. Dans Jules César de Shakespeare, Cassius envoie à Brutus de faux courriers censés être écrits par des citoyens ordinaires l’incitant à renverser César.

Qui, exactement, met en place des stratégies d’astroturfing ? Les gouvernements ?

Nombreux sont les Etats à pratiquer l’astroturfing dans le but d’influencer l’opinion publique. La Chine est célèbre pour sa “water army”, une véritable armée de plus de 280 000 fonctionnaires, qui passe son temps à diffuser les messages du gouvernement sur les réseaux sociaux. La Corée du Sud également, a par exemple lourdement influencé l’opinion publique lors des présidentielles de 2012 avec une vaste opération de diffamation du candidat de l’opposition, orchestrée à travers un vaste réseau de faux comptes sur Twitter, opéré par les services secrets.

Les Etats-Unis, suite à une fuite orchestrée par Anonymous, ont montré qu’ils développaient des outils pour mettre en place des opérations d’astroturfing. Snowden a révélé que le CGHQ – les services de renseignement anglais – faisait de même et savait manipuler n’importe quel sondage, tels que ceux que vous trouvez quotidiennement sur les sites médias. Cela n’inquiétait personne jusqu’à ce que l’astrotrufing apparaisse, avec la Big Data, la psychométrie et les fake news, comme le fer de lance de la campagne électorale de Donald Trump.

(...)

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Comment réseaux politiques et sphères d’influences se saisissent-ils d’Internet : quels enjeux et quels risques ? (Vidéo)

19 Décembre 2016 , Rédigé par Canal-U Université de Caen Publié dans #Internet, #Reseaux

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