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Vivement l'Ecole!

histoire

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Exposition « Shoah et bande dessinée » : la force des images pour raconter l’indicible... (+ videos)

6 Mars 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Histoire

Jusqu’au 30 octobre 2017, le Mémorial de la Shoah fait découvrir, notamment aux collégiens et lycéens, comment l'Holocauste a été représenté par le 9e art.

L’idée d’une exposition sur la représentation de la Shoah à travers la BD, portée par Didier Pasamonik, éditeur de bandes dessinées, et Joël Kotek, historien, était dans les cartons du Mémorial de la Shoah depuis une bonne dizaine d’années. Jusqu’au 30 octobre 2017, les visiteurs pourront découvrir 190 planches, pour la plupart originales, abordant la question du génocide (juif, mais aussi arménien, tutsi, tzigane…).

Au total, les oeuvres de 90 auteurs sont exposées au Mémorial de la Shoah, à Paris. Elles permettent de découvrir d’une façon pédagogique, comment le “9e art” a représenté l’Holocauste.

Shoah et bande dessinée” retrace l’historique de la représentation de l’indicible dans la BD : au départ, au lendemain de la guerre, les artistes dessinent la Shoah d’une façon réfractée (à travers des métaphores, ou d’une manière très fugace), puis ils décident de la montrer clairement à partir de 1955, avec “Master Race”, de Bernard Krigstein, jusqu’à l’oeuvre la plus connue : “Maus”, d’Art Spiegelman (1986).

Toutes ces oeuvres sont à retrouver lors de l’exposition, au milieu d’une multitude d’autres bandes dessinées de grande qualité, qui permettent de se plonger dans l’Histoire à travers le dessin. De la BD franco-belge aux Comics, en passant par les mangas, le visiteur constatera à quel point la Shoah a marqué la narration graphique, longtemps considérée comme réservée aux enfants.

(...)

Fabien Soyez

Pour en savoir plus, cliquer ci-dessous

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Retour sur les dernières déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation et sur la «Manif pour tous». Le candidat d’En marche a peut-être commis une confusion de catégories....

24 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Histoire

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http://www.npr.org/sections/13.7/

Retour sur les dernières déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation et sur la «Manif pour tous». Le candidat d’En marche a peut-être commis une confusion de catégories.

En déclarant à quelques heures d’intervalle que la colonisation était un «crime contre l’humanité» puis que l’on a «humilié» les opposants au mariage homosexuel, Emmanuel Macron a peut-être commis une confusion de catégories. Le concept juridique de crime contre l’humanité peut difficilement s’appliquer à un système de pouvoir, aussi injuste soit-il. Sans compter que le caractère imprescriptible de tels crimes ouvrirait la voie à des procès qu’il serait téméraire d’intenter aujourd’hui. Le candidat aurait été mieux inspiré de réserver le terme d’humiliation au colonialisme. Malgré les routes, les jardins et les écoles brandis par les nostalgiques de cette époque, le colonisateur ne pouvait justifier ses privilèges qu’en humiliant le colonisé. C’est une condition nécessaire à sa présence : pourquoi serait-il là à tout diriger si les indigènes étaient capables de se gouverner eux-mêmes ? Pour des raisons structurelles, et malgré quelques bons sentiments distribués à l’occasion, le colonisé est maintenu par la force dans un état de minorité.

L’humiliation est un rapport à l’autre fondé sur son annulation. En un sens, c’est un sentiment démocratique : pour que quelqu’un se sente humilié, il faut qu’il se voie comme l’égal de celui qui le blesse. C’est la différence avec l’offense, une action qui convient mieux à des sociétés d’ordres. Dans des systèmes hiérarchiques, il était relativement facile de repérer l’offense : elle émanait d’un être «inférieur» qui sortait de son rang ou, à la limite, d’un égal qui ne respectait pas les rites ou les codes. Avant la révolution démocratique, on n’imaginait pas un pauvre humilié par un riche ou un roturier par un noble. A l’inverse, l’humiliation peut s’abattre n’importe quand sur un être supposément égal que l’on infériorise. C’est le cas du colonisé face à un colonisateur qui proclame l’universalité des droits de l’homme au moment même où il les foule aux pieds.

Dans une démocratie, l’humiliation est à la fois plus répandue et moins facilement définissable. On peut se sentir humilié sur son lieu de travail par les brimades de son chef, dans la rue par le tutoiement d’un policier, mais aussi dans son couple par une infidélité de son conjoint ou dans une relation amicale par une injure. Le point commun entre ces situations est qu’une parole ou une action remet en cause l’intégrité du moi et abaisse l’estime qu’un sujet se porte à lui-même. On peut tenir que n’importe quel sentiment d’humiliation relève de la politique, et cela semble bien être la position de Macron dans son jugement sur la «Manif pour tous». Certains usages du thème de la «reconnaissance» participent de cette généralisation : dès l’instant où se produit quelque part une blessure subjective, il reviendrait au gouvernement d’en prendre soin.

On peut néanmoins établir une distinction valable même dans une société d’égaux, et qui éviterait de sacraliser toutes les expériences humiliantes. Dans le cas de la brimade d’un chef ou du mauvais traitement d’un policier, il y a abus d’autorité. L’humiliation devient un élément objectif (pas seulement un sentiment) puisqu’elle est le fait d’une institution où s’exerce un pouvoir (l’entreprise ou l’Etat). Ici encore, le colonialisme fournit un bon exemple, lui qui repose sur l’institutionnalisation de l’humiliation dans toutes les strates de la société. Réclamer une «société décente» (1), c’est justement lutter contre les institutions qui fonctionnent à l’humiliation de ceux qui y ont affaire (par exemple, une justice qui pratique des châtiments dégradants).

On voit mal, à cette aune, en quoi les adversaires du mariage homosexuel auraient été «humiliés», et moins encore en quoi le gouvernement aurait pu leur venir en aide. En s’opposant à un texte de loi qui visait d’ailleurs à ce qu’une institution civile devienne égalitaire, ils ont simplement pris part à une dispute politique. C’est le régime normal de la démocratie, et cela s’appelle le conflit. Qu’ils aient (jusqu’à ce jour) perdu la partie a, sans surprise, provoqué leur mécontentement. On peut, à la limite, admettre que ce dépit ait été vécu comme une humiliation : si toute l’estime que l’on a pour son couple vient de ce qu’il est composé d’un homme et d’une femme, on percevra les autres formes de conjugalité comme un affront. Mais la politique n’a rien à faire avec ces sentiments normatifs pour la simple et bonne raison qu’elle ne peut les satisfaire tous. Seul un mauvais joueur sort humilié d’une partie qu’il a perdue et où, pourtant, toutes les règles ont été respectées. Donner une prime à sa colère ne le ramènera pas à la table de jeu dans de meilleures dispositions.

(1) Avishai Margalit, la Société décente, Flammarion, 2007.

Cette chronique est assurée en alternance par Sandra Laugier, Michaël Fœssel, Anne Dufourmantelle et Frédéric Worms.

Michaël Foessel Professeur de philosophie à l’Ecole polytechnique.

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Bayrou, une résolution très ''personnelle''... Par Claude Lelièvre...

22 Février 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Histoire

Son dernier livre («Résolution française») écrit en vue de l'élection présidentielle est tout à fait édifiant quant à son mode - très personnel - de «résolution». En particulier le moment «carolingien» où il se réfère à «Carolus Magnus» (un substitut du «Grand Charles» ?)

Au cœur de son exposition sur l'Ecole : une opposition (plus que caricaturale, mais susceptible de capter des électeurs) entre « deux conceptions de l'école, l'école qui veut d'abord transmettre, qui croit aux contenus, et l'école qui croit que la pédagogie est d'abord animation » (sic). Pour en finir avec « cette guerre qui dure depuis des décennies » (re-sic) et refonder à sa façon l'Ecole, François Bayrou a une solution inédite : en revenir à la fondation (fantasmée) de l'école carolingienne  et à son programme (soi-disant) quasi intemporel (!) de '' blocs de connaissance'' !

« Du temps où Charlemagne inventait l'école - ce sacré Charlemagne - son ministre de l'éducation nationale à la mode du temps s'appelait Alcuin. Le moine Alcuin définit les premiers programmes scolaires auxquels on réfléchissait depuis sept ou huit siècles. Nous croyons toujours avec une touchante naïveté, que nous inventons tout . Il y a deux mille ans qu'on y pense, qu'y réfléchissent des esprits incroyablement profonds et agiles. Et la réflexion du temps conduisit à deux blocs de connaissance, trois disciplines d'un côté, le trivium, les ''trois chemins'', quatre disciplines de l'autre, le quadrivium, les ''quatre  chemins''. Et pour qu'une éducation soit achevée, il fallait maîtriser les deux blocs : le premier, les disciplines littéraires, la grammaire, la maîtrise de la langue, sa correction, le bien parler, et l'argumentation ; et le deuxième bloc, c'était les disciplines que nous dirions ''scientifiques'', l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie (on dirait aujourd'hui la'' physique'') auxquelles on ajoutait la musique. Si je peux y ajouter l'éducation physique et sportive, je signe tout de suite  […]. Voilà d'où nous venons. Voilà ce que tous les parents cherchent instinctivement pour leurs enfants » (« Résolution française », François Bayrou, éditions de l'Observatoire, février 2017, pages 213 et 214).

Si François Bayrou dit vrai, alors c'est cela qu'il aurait dû avoir à l'esprit lorsqu'il a répondu à l'une de mes questions lors de son audition par la commission'' Thélot''. Mais il s'en est fallu de beaucoup !

Verbatim de l'audition de François Bayrou le 28 avril 2004.

Claude Lelièvre : « D'après mes informations, vous demandez en 1994 à la direction des Ecoles, et certainement à son directeur, de rédiger en deux pages une liste de ce qu'un élève ne peut ignorer en quittant les enseignements du premier degré pour entrer au collège. Avec une certaine obstination, quelques jours plus tard, vous réitérez la demande. […]. Il n'y a pas eu de suites- en tout cas que j'ai perçues. Quel diagnostic portez-vous sur cet épisode ? »

François Bayrou : « Merci beaucoup, monsieur Lelièvre. C'est très attentif et chaleureux de votre part d'avoir mentionné cet épisode. Je pourrais vous en citer cinquante de ce type, mais celui-là est éclairant . Du temps où j'étais ministre de l'Education nationale, j'avais énoncé les deux lois de Bayrou. Première loi : quand vous demandez quelque chose de ce genre, le directeur vient vous voir et vous dit :''Monsieur le ministre, c'est impossible''. Alors vous laissez entendre que si c'est impossible avec ce directeur là, on le fera avec un autre. Et là, deuxième loi de Bayrou, on revient vous voir le lendemain en disant : ''Monsieur le ministre, c'est déjà fait''. C'est donc sûrement ce qui s'est passé.

Et cependant la question était juste, pertinente, essentielle. Et je peux essayer d'y répondre ; il me semble que c'est assez simple. Je serais heureux pour notre pays qu'au moment d'entrer en sixième, les élèves sachent lire un texte à une vitesse raisonnable, en comprenant l'intrigue et les mots courants qui sont utilisés. Je serais heureux qu'ils sachent écrire un paragraphe sans trop de fautes. Je serais heureux qu'ils sachent compter de tête. - et je voudrais m'arrêter quelque temps sur ce sujet […]. Pour poursuivre sur la question de monsieur Lelièvre, je suis pour qu'on sache où on en est dans le temps et dans l'espace. Et qu'on essaye de se représenter les principaux événements historiques et les principales figures que cela impose – on a réécrit les programmes de l'école primaire en ce sens. C'est depuis ce changement que l'on étudie les grandes figures que sont Saint-Louis, Jeanne d'Arc, Marie Curie – on a pris comme ça 22 grandes figures. De la géographie également : espace et temps. Et puis une initiation à la musique des langues vivantes, la langue française ayant une inscription tonale particulière, avec accent sur la dernière syllabe des mots, les autres langues romanes et anglo-saxonnes n'ayant pas du tout la même mélodie, je trouverais important que l'on ait cette notion à la sortie de l'école primaire. Avec ça, qui tient effectivement en deux pages, je trouve que l'on aurait déjà bâti quelque chose. »

Claude Thélot : « Sur le processus d'élaboration du socle, monsieur le ministre ? »

François Bayrou : « Je pense que le boulot d'un ministre est de prendre le risque d'écrire sur deux pages – en fait, monsieur Lelièvre, c'est ce que j'aurais dû faire, tout simplement. Mais à l'époque, je croyais encore aux directeurs »

On aura remarqué qu'il y a des différences très sensibles quant à ce qui doit être ''transmis'' ( pourtant un point capital selon François Bayrou, et qui devrait s'imposer sans différences et sans différends majeurs à ce qu'il prétend) entre d'une part la définition donnée par l'ancien ministre de l'Education nationale lors de son audition par la commission Thélot en avril 2004 et d'autre part la définition qu'il donne comme évidente du trivium et quadrivium en 2017 (en particulier : en 2004, mentions d'histoire, de géographie et de langues étrangères qui ne font pas partie formellement du trivium et du quadrivium ; et inversement absence totale de références aux arts ou aux sciences, qui existent -elles- dans le cadre du trivium et du quadrivium... ).

On aura remarqué aussi (et sans doute surtout...) la curieuse légèreté du mode de ''gouvernance'' (ou de ''résolution''...) du ministre de l'Education nationale François Bayrou : une demande à son directeur des Ecoles qui n'est pas exaucée, mais dont il se satisfait finalement dans la pratique sans s'en inquiéter pour autant (« c'est donc sûrement ce qui s'est passé ») alors même qu'il la jugeait pourtant essentielle (« et cependant la question était juste, pertinente, essentielle »)...

On a ainsi, en deux moments différents, un concentré du personnage « Bayrou » qui en dit long sur lui (en particulier sur son mode de ''résolution'' des problèmes : une grande ''assurance'' quant au ton, mais finalement très ''oscillante'' voire ''vacillante'' sur le fond). Et il n'était pourtant pas alors (pas encore, à Dieu ne plaise !) en situation d'être chef de l'Etat (même s'il a toujours cru fermement qu'il le deviendrait). Une sacrée « Résolution française », sacré Charlemagne !

Qui a eu cette idée folle
Un jour d'inventer l'école
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Participe passé
4 et 4 font 8
Leçon de français
De mathématiques
Que de que de travail
Sacré sacré sacré Charlemagne

Claude Lelièvre

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A Lire... Maudits Mots. La fabrique des insultes racistes, Marie Treps...

20 Février 2017 , Rédigé par TV5 Monde Publié dans #Histoire, #Langue, #Racisme

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Avec Maudits mots, la linguiste et sémiologue Marie Treps publie une enquête originale : l'origine des insultes racistes. Peu de pays sont épargnés. Cette prose purulente, qui prospéra sur le fumier de l'Histoire, continue d'irriguer le discours des extrêmes. Un ouvrage salutaire.

D'emblée, Marie Treps avoue une crainte : " Je ne voudrais pas que mon ouvrage alimente la rigolade et qu'il devienne comme une bible".

Aucun risque.

Avec Maudit mots (Tohubohu éditions), la linguiste a mené l'enquête. Sérieusement. Avec sa curiosité en guise de lampe-torche, elle est partie explorer la forêt dangereuse des insultes racistes.

Elle nous éclaire sur les racines du mal, qu'elle exhume avec précaution pour mieux les porter à notre connaissance. "Je m'intéresse aux mots et à ce qu'il y a derrière. Les mots sont le miroir de notre société. Ils apparaissent dans un certain contexte" dit-elle.

Son champ exploratoire concerne les mots  outrageants et humiliants, les mots qui blessent, les mots qui tuent.

L'insulte xénophobe, publiée ou non, est un poison. Elle attaque le tissu sain de la démocratie jusqu'à la pourrir.

En cas d'intoxication majeure, dans les périodes de crise aiguë, en cas de guerre par exemple, elle peut même banaliser l'irréparable. On ne rafle pas des hommes mais des "youpins". On ne fait pas monter au  front des tirailleurs Sénégalais mais des "bamboulas".

L'être humain a disparu. On envoie à la mort sa caricature.

Pour le raciste, être différent, c'est être contraire.

Pendant la Première Guerre mondiale, la France coloniale utilisait des tirailleurs sénégalais, forcément "joviaux" et "disponibles" pour la grande boucherie.

La marque Banania s'empara  de leur image afin de promouvoir la marque d'un chocolat en poudre. Ce qui fit dire à Léopold Ségar Senghor, poète et chantre de la décolonisation :  "Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France".

(...)

Frantz Vaillant

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Insultes adressées au Noirs, aux Arabes...

Voici donc quelques insultes et leurs origines dévoilées.

L'auteure a pris soin, pour chacun de ces mots, de l'illustrer avec des extraits d'ouvrage où l'on trouve les "mots maudits". Les exemples empruntés relèvent de textes signés parmi les écrivains les plus fameux de la langue française : Maupassant, Cendrars, Céline,  Pérec etc. Marie Treps compartimente ses chapitres avec un catalogue d'insultes adressées aux Allemands, aux Arabes, aux Asiatiques etc.

Nous ne donnons ci-dessous, en guise d'amuse-bouches,  que quelques précisions sommaires.

Bamboula

Terme culturel africain devenu appellation raciste à l'égard des personnes noires, des Africains en particulier. Ka-mombulon, kam-bumbulu, "tambour", emprunté aux langues sarar et bola, parlées en Guinée portugaise, est introduit par Michel Jajolet La Courbe, de la Compagnie du Sénégal, dans Premier voyage fait par le sieur La Courbe a la coste d'Afrique en 1685. (...) Entre 1914 et 1918, par l'intermédiaire de l'argot militaire des tirailleurs algériens, bamboula en vient à désigner une fête exubérante, notamment dans l'expression faire la bamboula. Il désigne dans un même temps un tirailleur sénégalais

Boucaque

Terme injurieux raciste, récemment apparu. Il est notamment utilisé dans le sud de la France à l'encontre de personnes dont la peau est sombre. Ce mot-valise, association de bougnoul, mot raciste appliqué aux Arabes, et de macaque, mot raciste appliqué aux Noirs, surgit à la fin des années 1990. (...) Toute référence raciale ou culturelle particulière étant gommée, boucaque est une sorte de terme générique, une injure raciste passe-partout.

Toubab

Le mot vient de loin. Son ancêtre, toubib, emprunté à l'arabe, est relevé au Maroc au cours d'un voyage exploratoire et glosé comme "médecin". (...) Toubab est employé en Afrique de l'Ouest, dans le sens noble originel ou alors, avec une nuance péjorative, dans celui d'homme blanc tout-puissant. (...) Dans les années 1990, quand la jeunesse française s'approprie toubab, en inventant au passage une forme en verlan, babtou, elle ne retient que le sens péjoratif du mot

Youpin, youpine

Désignations injurieuses et racistes appliquées aux personnes juives.

C'est dans le Tam Tam, revue créée en 1867 par le caricaturiste Alfred Le Petit, que youpin apparaît en 1878. ainsi vouée d'emblée à un usage dépréciatif, il a été créé par déformation de l'hébreu yëhûdî "Juif", selon certains, de youdi ou de youtre, selon d'autres. Et au moyen du suffixe argotique - pin, que l'on retrouve également dans Auverpin, désignation péjorative de l'Auvergnat.

Niakoué (e), Niaqué (e), Niaquoué (e)

Désignation péjorative et raciste appliquée aux Asiatiques, en particulier à ceux originaires de l'Asie de l'Est ou du Sud-Est. Le mot vietnamien nhà quê désigne la campagne et, avec une forte couleur péjorative, celui qui en vient : "paysan", "villageois", "péquenaud". Dans le contexte de la colonisation, le mot a d'abord été employé par les Français d'Indochine, pour se moquer des paysans vietnamiens, puis appliqué à l'ensemble des Indochinois.

L'article complet, où il est question aussi des insultes odieuses adressées à Christiane Taubira (on aurait pu ajouter toutes celles lues sur les réseaux dits "sociaux" ou affichées de manière plus ou moins subliminale par certaines UNES de magazine comme Valeurs Actuelles, à l'encontre de Najat Vallaud-Belkacem) est à lire en cliquant ci-dessous

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Sortir... Cimaises du malaise sous l’Occupation... Galerie Franck Elbaz/Paris...

20 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Histoire, #Art

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Portrait des princesses de Saxe, Sibylla, Emilia et Sidonie, vers 1535, Lucas Cranach l’Ancien, (Vienne, Kunsthistorisches Museum).

Une édifiante exposition parisienne détaille la vie artistique et la spoliation des galeristes juifs par le régime de Vichy.

L’histoire de l’art ne se limite plus depuis quelques années à retracer la vie des artistes, ni à commenter les œuvres. Elle prend aussi pour objet les expositions et les lieux où elles sont tenues, les acteurs enfin (curateurs ou galeristes) qui les ont organisés. Ce sont ces à-côtés économiques, géographiques, politiques, voire mondains du monde de l’art, mais sous la période bien précise de l’Occupation, que met en lumière la galerie Frank Elbaz. Des archives épluchées par la chercheuse Emmanuelle Polack qui, ici, dans un accrochage dense mais précautionneux, se penche sur le destin tragique de galeristes juifs, victimes d’«aryanisation» - ce processus sordide et arbitraire par lequel le gouvernement de Vichy nommait à la place du propriétaire un administrateur tirant parti à sa guise de l’entreprise. Ce sera le sort d’Hedwige Zak qui, ayant pris les rênes de la galerie du même nom à la mort de son mari, dans les années 20, sera déportée à Auschwitz en 1943. L’administrateur continuera, lui, de faire des expositions sous le nom et dans les murs de la galerie Zak, au 16, rue de l’Abbaye (Paris VIe). Pour certains, dans l’art, marché florissant, tout va très bien madame la marquise et les vernissages de la galerie Charpentier présentant Van Dongen ou bien des toiles de maîtres («De Corot à nos jours», le 3 juillet 1942) sont du dernier chic.

Pendant ce temps, «à la demande du commissariat aux questions juives» - qui, au passage, s’est installé dans les murs de la galerie Rosenberg, au 21, rue de la Boétie (Paris VIIIe) -, l’Hôtel des ventes Drouot interdit «de manière absolue» aux Juifs l’entrée dans ses salles. L’affiche figure même en marge d’un article que le magazine grand public Toute la vie consacre à la salle des ventes en prenant pour guide un certain Jean Tissier, le 30 octobre 1942. Un portrait de cet acteur populaire, admirant une peinture de Cranach, fait la couverture. Sauf qu’en vrai, ainsi qu’en témoigne la photo originale chez Frank Elbaz, c’est un autre tableau qu’il admirait, pas moins bon, mais simplement pas du même auteur. Alors pourquoi publier Cranach, plutôt que l’autre ? Parce que c’était un des peintres favoris du Führer.

Judicaël Lavrador

Des galeries d’art sous l’Occupation Galerie Frank Elbaz, 66, rue de Turenne, 75003. Jusqu’au 11 mars. Rens. : www.galeriefrankelbaz.com

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Les multiples sens du discours «antisystème»...

16 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Histoire

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Dans les années 20, la presse nazie vitupérait avec violence «das System». Le «système» désignait alors les Juifs. Et aujourd’hui?

Si j’étais le «Système», je raserais les murs et me ferais bien discret. Voyez le nombre des gens qui veulent lui régler son compte ! Et pas n’importe lesquels ! Tout candidat qui se respecte à n’importe quelle élection présidentielle, de ce côté-ci ou de l’autre de l’Atlantique, se proclame antisystème. Pour être élu, cela semble être même devenu indispensable, comme le montre le récent exemple américain.

Il serait trop facile d’ironiser sur le caractère «antisystème» d’un milliardaire ami de tous les puissants, introduit comme personne dans les milieux politiques et financiers qu’il fréquente depuis le début de sa carrière de magnat de l’immobilier, il y a un petit demi-siècle. En France, on compte également de redoutables adversaires du système. A ma droite, un ancien Premier ministre, homme politique professionnel, élu à presque toutes les fonctions depuis plus de trente-cinq ans, se dit la bête noire d’un «Système» qui aurait juré sa perte. A la gauche du précédent, un authentique représentant des élites, énarque, banquier, ancien ministre, se veut lui aussi un saint Georges terrassant le dragon systémique.

Le plus curieux est que ce type de discours semble porter. C’est de bonne foi que bien des Blancs déclassés américains, représentants typiques de ce que la langue américaine appelle, sans aménité, le «White Trash», ont cru voir dans Donald Trump leur digne représentant. Quel point commun entre le garagiste endetté de l’Arkansas et le milliardaire égomaniaque ? L’opposition supposée au «Système». Alors, voyons un peu de quoi l’on parle… Dans mes souvenirs, le système revêt les traits dignes et paisibles, un peu compassés, du vénérable et néanmoins auguste système philosophique. Les manuels de la IIIe République faisaient apprendre le système de Platon et celui de Hegel aux quelques candidats au baccalauréat qui fréquentaient les lycées. Est-ce celui qui est visé ici ? Sans doute pas. Construction de l’esprit, agencement de concept, le système se fait plus concret quand il devient astronomique, solaire par exemple : le voilà qui désigne des éléments réellement existants, des entités interdépendantes, dont le mouvement de l’une affecte les autres (l’explosion du Soleil aurait vraisemblablement raison du Système solaire).

Le système devient bigrement matériel quand il se fait physique, organique ou mécanique. Là encore, même idée : tous les éléments se tiennent dans ce qui est création de la nature (le système cardio-vasculaire) ou artefact humain (un système de drainage des eaux, ou d’arrosage automatique). C’est quand l’on parle d’artefact que l’on revient à notre définition première, à celle des philosophes, voire des philosophes rois dont nous parlions plus haut : un système de facture humaine est pensé, dessiné, élaboré, construit par des ingénieurs, des spécialistes, des experts : le système de chauffage de votre immeuble, le système scolaire ou judiciaire, le système monétaire ou bancaire… Ces systèmes-là cumulent (et dépassent) toutes les définitions précédentes : ils sont des créations de l’intelligence humaine, ils sont composés d’éléments interdépendants, solidaires, et ils sont par ailleurs construits pour fonctionner de manière pérenne, en dépit de la défaillance ou de l’opposition d’un individu.

On voit bien, dès lors, toutes les redoutables connotations du mot, tous les sombres soupçons qu’il peut susciter : la machination ou le complot ne sont pas loin… surtout lorsque le système est privé d’adjectif qualificatif (respiratoire ou fiscal, peu importe), lorsqu’il est devenu un absolu. Le Système devient alors Golem, Moloch et Nosferatu tout à la fois. C’est un monstre, d’autant plus redoutable et effrayant que le mot, non spécifié, ne veut plus rien dire, est devenu signifiant vide, prêt à accueillir tous les sens que l’on voudra.

Dans les années 20, la presse nazie vitupérait avec violence «das System». Le terme désignait bien sûr la République de Weimar, instaurée en 1919, mais également tous ses partisans : sociaux-démocrates, francs-maçons, communistes, conservateurs, réactionnaires… Que les communistes et les réactionnaires aient été franchement antirépublicains, que les conservateurs aient été plutôt réservés à l’égard de la démocratie importait peu. La ligne de front était claire, qui séparait les authentiques représentants du peuple réel (les nazis) des autres. Le mot «système» était pratique, car il était plastique : véritable auberge espagnole de l’exécration, il accueillait tout ce que ceux qui l’employaient souhaitaient dénoncer.

Dans le cas nazi, cela allait loin : le système, au fond, c’était les Juifs. Et les Juifs, c’était non seulement l’affreux bolchevique qui, depuis son repaire moscovite, méditait la destruction de la civilisation européenne et l’instauration de kolkhozes de l’Ukraine jusqu’à la Beauce, mais aussi le hideux capitaliste, l’odieux financier qui, assis sur son tas d’or londonien ou new-yorkais, souhaitait boursicoter en paix (et sans kolkhoze).

Moralité de ce petit détour par l’histoire : on ne prête qu’aux riches… Le «Système» est riche de toutes les terrifiantes significations qu’on veut bien lui attribuer. Et les candidats antisystème ne cesseront pas de sitôt de faire prospérer ce petit capital sémantique.

Cette chronique est assurée en alternance par Serge Gruzinski, Sophie Wahnich, Johann Chapoutot et Laure Murat.

Johann Chapoutot Historien, professeur d’histoire contemporaine à Paris-Sorbonne.

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A Saint-André de Cubzac, des lycéens font de l'histoire et du français sans s'en apercevoir...

15 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Histoire

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Tous les quinze jours, «Libération» met en avant des initiatives d'enseignants motivés. Aujourd'hui, Maud Madec-Loeuil, prof-documentaliste et Laurence Lefebvre-Druelle, prof de lettres-histoire.

Ils sont enseignants et débordent d’idées et d’envies. Dans leur classe, ils tentent de nouvelles manières d’enseigner, en inventent ou réinventent. Parfois ça foire, parfois ça marche. Depuis la rentrée, Libération met en avant une initiative concrète dans l’Education nationale tous les quinze jours. Ce mardi, un duo de choc : Maud Madec-Loeuil, 38 ans, prof-documentaliste et Laurence Lefebvre-Druelle, 42 ans, prof de lettres-histoire. Nous les avions croisées lors du forum des profs innovants, organisé fin novembre par le Café pédagogique. Passionnées et inséparables, elles parlent d’une seule voix.

L’établissement. «Nous enseignons dans un lycée professionnel, au nord de Bordeaux, à Saint-André de Cubzac. Nos élèves sont en maintenance industrielle, logistique, électrotechnique ou commerce. Et disons qu’ils n’ont pas tous envie d’être là. Forcément, quand ils se retrouvent chez nous par défaut, ils ne sont pas motivés, les classes sont plus agitées. Notre premier défi, c’est d’arriver à donner du sens à leur apprentissage. Les amener ensuite à s’ouvrir le plus possible pour acquérir une culture générale.»

L’idée. «Nos élèves aiment inventer, laisser libre cours à leur imagination. Et ils aiment écrire. On s’est en rendu compte un peu par hasard il y a trois ans. Ils étaient en train de fabriquer un poisson en cours de maintenance industrielle, on leur a proposé d’inventer l’histoire de ce poisson. Jusqu’ici, on faisait des ateliers d’écriture que nous animions déjà en binôme. Là, c’était l’étape d’après : ils devaient écrire un roman sur ce poisson et en référer à des élèves de CM2 d’une école voisine, qui ont participé aux illustrations notamment. Les petits sont des lecteurs exigeants, ils relevaient la moindre incohérence dans l’histoire. Le projet a bien marché. Tellement bien, d’ailleurs, que le retour en classe classique a été rude. Ces élèves qui avaient écrit sans s’en rendre compte dix pages du roman bloquaient à nouveau pour m’écrire 30 lignes en classe, et rendaient à nouveau des copies blanches…. Il fallait trouver un subterfuge. Les remettre en situation de créer tout en abordant les points du programme cette fois. On a cogité, travaillé. On s’est amusé aussi. Nous avons inventé une famille, avec un immense arbre généalogique qui va de l’époque des Lumières à aujourd’hui. Chacun des personnages avait une petite carte d’identité, avec quelques mots sur son rôle dans l’Histoire et une contrainte d’écriture. Par exemple, Clothilde, une suffragette, pour parler de la condition des femmes. Chaque élève avait son personnage, libre à lui de choisir le mode d’écriture, avec une cohérence évidemment historique. Conversation téléphonique, lettre, article de journal… Leur imagination n’était pas bridée.»

(...)

Marie Piquemal

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Elle a osé... "Marine le Pen, dans son programme, ose invoquer le nom de Jean Zay"...

13 Février 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique, #Histoire

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Après avoir rapté avec cynisme le concept de laïcité pour en faire une machine de guerre contre les musulmans, voilà que Marine le Pen, dans son programme, ose invoquer le nom de Jean Zay , citant une phrase de la circulaire signée par lui en 1936, qui interdit tout signe politique dans les établissements scolaires.

Mais sait-elle pourquoi Jean Zay réaffirme avec force dans cette circulaire le devoir de laïcité dans les établissements scolaires ? Ceux en effet qui, dans les années 30, menacent la laïcité, ce sont essentiellement les ligues d’extrême-droite qui, pour détruire la République, maintiennent l’agitation dans les établissements scolaires et cherchent à y introduire leur propagande, par toutes sortes de ruses : tracts, recruteurs, enrôlement, etc . C’est contre les menées de ces ligues que Jean Zay veut protéger les enfants, et par la protection de la loi . L’année suivante, il rappelle que l’interdiction vaut aussi pour les propagandes confessionnelles. : « Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements… » .

Loin de prôner une « neutralité » qu’invoque M. Le Pen, Jean Zay appelle les enseignants à la mobilisation pour la défense de la République et les valeurs qui la fondent . S’il refuse tout militantisme politique, idéologique ou religieux dans l’école, c’est au nom des valeurs qui fondent la République et que combat au contraire M. le Pen : il veut une école qui apprenne à juger par soi-même et non à applaudir des hommes – ou des femmes – providentiel(le)s. Il veut une République ouverte, fraternelle, solidaire, qui n’exclut personne en raison de ses origines ou de sa religion, et dont le fondement est une école qui accueille tous les enfants, quels qu’ils soient, et qui tente de les ouvrir au monde.

En 1940, c’est cette même extrême-droite qui accueille comme une « divine surprise » (Maurras) l’accession au pouvoir, grâce à la victoire de l’Allemagne, de Pétain et de ce régime qui va s’empresser de mettre à mort la République, avant d’engager les persécutions contre ceux qu’il désigne comme « l’anti-France ». Ses journaux, en particulier Gringoire et Je Suis Partout, ne cessent pendant toute l’occupation d’alimenter la haine contre les juifs et les résistants et Jean Zay, depuis toujours détesté par l’extrême-droite, continue à être l’une de leurs cibles principales. La milice s’engage activement dans cette chasse à mort contre les juifs et les résistants. Cette même milice qui assassinera Jean Zay en 1944 …

Le FN est l’héritier historique de cette extrême-droite française, maurassienne et pétainiste. Il ne s’en est jamais démarqué, et chacun peut constater l’inspiration maurassienne des idées qu’il développe.

Hélène Mouchard-Zay

Circulaire du 31 décembre 1936

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