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Vivement l'Ecole!

histoire

"Emmanuel Macron, président du CNR"...

10 Avril 2020 , Rédigé par Charlie Hebdo Publié dans #Politique, #Histoire

"Emmanuel Macron, président du CNR"...

EXTRAITS

Nationaliser ? C’est désormais possible. Oubliées, les piteuses privatisations des autoroutes, des aéroports de Nice, de Lyon, de Toulouse, et celle, prévue, de Paris-Orly et de Paris-Charles-de-Gaulle, ou de la Française des jeux. Interdire les licenciements ? On a cru un instant aussi que c’était possible, Les Échos ayant titré le 16 mars « EXCLUSIF : le gouvernement veut interdire les licenciements pendant la crise du coronavirus », la ministre du Travail ayant, selon certaines sources, affirmé « qu’aucun plan de licenciement ne serait accepté dans la période ».

Heureusement, Édouard Philippe a ramené la trotskiste Muriel Pénicaud à la raison lors de son intervention sur France 2 le lendemain, estimant, du haut de son immense science : « L’interdiction administrative des licen­ciements, comme elle a pu exister, n’est jamais, je crois, une solution totalement satisfaisante.  » Et Édouard préfère toujours une absence totale de solution à une très bonne solution non totalement satisfaisante, c’est un principe.

La règle de Maastricht des 3 % de PIB maximum pour le déficit public ? On n’en parle même plus. L’État a ouvert, et pour longtemps sans doute, son grand chéquier : impôts, cotisations sociales, loyers, électricité, gaz, eau…, désormais, c’est Manu qui régale. Une commission doit se réunir pour décider du taux de remboursement des notes de mouton-rothschild.

Emporté par son élan, le 16 mars dernier, notre Sauveur s’est laissé aller à dire que les personnels soignants « ont des droits sur nous  ». Bon, pas au point qu’on les paie correctement, qu’on les protège de la maladie en leur filant des gants et du gel, ou qu’on leur donne les moyens de travailler. Mais, si les mots ont un sens, ceux-ci sont forts.

(...)

Pour le moment, la réforme des retraites est « suspendue ». Il va être rigolo de voir si, après deux mois de confinement et des milliers de morts, Macron va nous remercier de notre civisme et fêter la libération avec nous en cisaillant nos pensions. À moins, évidemment, qu’il ne lise le programme du CNR en entier. Il va avoir le temps, là.

A lire en entier en cliquant ci-dessous

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"Evoquer le CNR (Conseil National de la Résistance) pour le "monde d'aprés"... Est-ce abusif ?" (Spoil: oui!)

10 Avril 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Histoire

"Evoquer le CNR (Conseil National de la Résistance) pour le "monde d'aprés"... Est-ce abusif ?" (Spoil: oui!)

La référence au programme du CNR (Conseil National de la Résistance) est de plus en plus utilisée pour décrire les réformes du ‘monde d’après’…

Oui,  les écologistes, des membres de la majorité, des intellectuelles s’y référent. 

Dès lors, il faut rappeler l’œuvre fondatrice du CNR pour évaluer la pertinence (ou non !) de cette  référence ! Le CNR, constitué, pendant la guerre, pour unifier les  principaux mouvements de résistance, les représentants clandestins des partis politiques (issus de la IIIe République défunte) et les syndicats, avait élaboré un programme qui servit de base aux ordonnances du gouvernement provisoire de 1944/46.

C’est à ce moment-là que la République est officiellement devenue non seulement démocratique mais aussi sociale. Nous vivons toujours  sur ces principes. La Sécurité Sociale a été instaurée, les acquis du Front Populaire rétablis et complétés, et puis il y a eu de vastes  nationalisations. Hormis Renault, puni pour collaboration, les  nationalisations étaient stratégiques : banques, assurances,  énergie… 

La tâche était immense parce qu’il fallait reconstruire et  réinventer un autre monde, plus égalitaire, plus solidaire. Il  s’agissait de donner à la démocratie un contenu socialement assez  attrayant pour éviter le retour des solutions autoritaires. L’Etat providence et stratège a ainsi fourni une formidable prospérité  et de nombreux nouveaux droits et libertés.

La comparaison avec le "monde d’après" le coronavirus est-elle pertinente ?

Elle est surdimensionnée. Le CNR voulait construire un monde plus  démocratique et plus solidaire. Aujourd’hui, il s’agit  de construire un écosystème économique et social plus souverain et plus  écologique en gardant les principes du CNR. Ça passe, par exemple, par  le green new deal européen et français. Si nationalisations il y a, ce  sera plus dans le cadre de l’Etat sauveteur que de l’Etat stratège… Les réformes des retraites, de  l’assurance-chômage, seraient sans doute définitivement enterrées.

Mais…  qui déterminerait, et selon quelle procédure, la nouvelle politique à  mettre en place ? Qui la validerait démocratiquement et comment ? Le CNR était une instance d’Union nationale, dans laquelle, la gauche  était dominante, certes, du fait de son poids majoritaire dans la  résistance… mais tout le monde non pétainiste était représenté !

L’Union nationale est-elle possible, souhaitable demain ? 

Emmanuel Macron peut-il, compte-tenu de ce qu’était son inclinaison  plutôt libérale, incarner la tête de ce changement ? A-t-il l’autorité  politique, outre la légitimité institutionnelle, pour être l’homme de  ces ‘circonstances’, pour reprendre un mot gaullien ? Le CNR s’était soudé (non sans d’âpres combats politiques) dans le sang de  la Résistance, le général de Gaulle avait acquis une légitimité  historique en sauvant l’honneur et l’indépendance de la France !  

Aujourd’hui, les circonstances sont bien moins tragiques, les conditions politiques ne sont pas dramatiques comme il y a 75 ans ! Dès lors, invoquer le CNR est largement abusif ! On peut cependant  trouver un point commun entre la situation de 45 et celles  d’aujourd’hui. Non pas dans l’ampleur mais dans la nature :  c’est un ‘reset’. Un nouveau départ… comme en 1945, le moment devrait  être fondateur, nous devrions entrer dans une nouvelle ère économique et  sociale.

Thomas Legrand

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Covid-19: Non, tout ne va pas changer - Quelques leçons à tirer de l’histoire...

6 Avril 2020 , Rédigé par Medium Publié dans #Histoire

Covid-19: Non, tout ne va pas changer - Quelques leçons à tirer de l’histoire...

EXTRAITS

« Quelques années auparavant, la maladie s’était déclarée dans les pays orientaux, où elle avait enlevé une innombrable quantité de vivants ; puis, poursuivant sa marche d’un lieu à un autre, sans jamais s’arrêter, elle s’était malheureusement étendue vers l’Occident. Ni la science, ni aucune précaution humaine, ne prévalait contre elle. » Voilà comment le grand écrivain italien Boccace décrit, dans son Décaméron rédigé quelques années après l’événement, la Grande Peste noire de 1347–1348 qui frappa Florence, emportant la moitié de la population. Or, quand il en vient à évoquer les réactions des individus face à la pandémie, parmi des scènes de panique ou des appels à la miséricorde divine, il relate certaines attitudes que l’on croirait survenues il y a quelques semaines en France ou ailleurs en Europe : «N’ayant souci de rien autre que d’eux-mêmes, beaucoup d’hommes et de femmes abandonnèrent la cité, leurs maisons, leurs demeures, leurs parents et leurs biens, et cherchèrent un refuge dans leurs maisons de campagne ou dans celles de leurs voisins ». En est-on revenu à cette époque considérée comme révolue, comme semble le prouver ce confinement qualifié par certains de « solution moyenâgeuse » ?

(...)

L’illusion d’une “prise de conscience” ou d’une révolution naturelle

Le regard sur le passé permet en tous cas de relativiser les prédictions apocalyptiques que l’on peut entendre aujourd’hui. Si l’on observe les grandes pandémies du passé, on est étonné de voir à quel point elles n’ont, finalement, que très rarement bouleversé en profondeur les sociétés. La plus meurtrière, celle de la peste en 1348, n’a pas mis à bas le système social, ni dans l’Europe féodale, ni dans le monde musulman, ni en Asie ; les épidémies de choléra du XIXe siècle, tout en entraînant ponctuellement révoltes et crises, n’ont pas non plus détruit le dynamisme des espaces qu’elles ont traversés. Fait peut-être exception l’introduction en Amérique des germes européens, qui ont entraîné la mort de millions d’Amérindiens. Mais, même dans ce dernier cas, attribuer aux seules épidémies l’effondrement des sociétés précolombiennes serait excessif. En fait, comme la plupart des catastrophes dites naturelles, les pandémies sont un grand révélateur des solidités, des fragilités et des contradictions des sociétés — et, particulièrement, de leurs inégalités. Ceux qui en ont les moyens peuvent trouver des conditions de confinement moins difficiles et avoir accès à un système de santé performant, quelle que soit l’époque : ainsi, en 1347–1348, seuls 21% des 450 membres de la Curie pontificale d’Avignon meurent de la peste, quand environ 50% de la population de la ville en décède.

Les épidémies ne changent donc que rarement le cours de l’histoire, mais elles l’accélèrent. Aujourd’hui, la pandémie de COVID-19 fait voir à tous la fragilité de notre économie mondialisée, dépendante d’un système de flux tendus inadapté aux besoins d’une crise ; elle met à nu les conséquences d’une politique de compétitivité dans le domaine de la santé et, plus largement, dans le service public ; elle montre à qui en douterait l’importance fondamentale des Etats et d’une couverture sociale solide face à des crises qui ne peuvent être, par définition, prévues. On peut penser que l’épidémie provoquera une prise de conscience chez beaucoup ; qu’elle entraîne une inflexion, en bien ou en mal dans la marche de l’histoire, cela est moins certain : car cela ne dépendra que des hommes et des femmes qui sauront agir après elle, et à cause d’elle.

Joël Chandelier, historien de médecine médiévale, Paris 8

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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"C'était mieux avant"... et ça fait 2 000 ans que ça dure!...

18 Février 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Histoire

"C'était mieux avant"... et ça fait 2 000 ans que ça dure!...

EXTRAIT

Le passéisme, ça vous parle ? C'est cette certitude que le monde tournait bien mieux avant, que l'humain avait de plus hautes aspirations, que l'intelligence n'avait pas encore capitulé... Contrairement à ce que pourrait laisser croire notre époque, le passéisme ne date pas d'aujourd'hui.

"Les jeunes n'ont plus aucun respect et plus rien ne les intéresse", "La fin de l'humanité est pour bientôt et c'est tant mieux", "Le QI de la population est en baisse", etc.

Qui n'a jamais entendu (ou ne s'est jamais laissé aller à...) ces récriminations ? Les temps semblent plus que jamais angoissants à l'aune (bien concrète) du changement climatique et des inquiétudes sociales... mais le sentiment prégnant que "c'était mieux avant" a probablement agité nos ancêtres avant nous.

De fait, le poète latin Horace en témoignait déjà il y a presque 2 000 ans, dans son _Art poétique (_v. 173-174) : "Mille incommodités assiègent le vieillard… Quinteux, râleur, vantant le temps passé, quand il était gosse, toujours à censurer les jeunes…" Parmi de nombreuses imprécations antiques et atemporelles, nous pouvons aussi citer celles de Valerius Caton dans ses Poetae minores (v. 178-182.) : "Est-ce ma faute si nous n’en sommes plus à l’âge d’or ? Il m’aurait mieux valu naître alors que la Nature était plus clémente. Ô sort cruel qui m’a fait venir trop tard, fils d’une race déshéritée !" ; ou encore les lamentations de Juvénal, dans ses Satires (v. 69-70) : "Déjà du temps d’Homère notre race baissait. La terre ne nourrit plus aujourd’hui que des hommes méchants et chétifs."

Pourquoi le passéisme (préférence exclusive pour le passé) semble-t-il à ce point anthropologique ?

Non, tout n'était pas mieux avant (loin s'en faut)

Pour le psychologue Serge Ciccotti, ce sentiment a probablement toujours existé, nourri notamment par les religions et le mythe du paradis perdu, mais la communication étant bien plus importante aujourd’hui avec les réseaux sociaux et la diffusion scientifique, elle produit un effet de loupe sur ce phénomène. Et ce, même si de nombreux contre-exemples pragmatiques viennent contrecarrer l'idée d'un monde forcément plus noir qu'hier, comme le soulignait avec force l'historien des sciences et philosophe Michel Serres dans son manifeste C'était mieux avant, en 2017 : avant, "les usines sans contrainte, répandaient leurs déchets dans l'atmosphère, ou la mer, ou la Seine, le Rhin ou le Rhône", avant "on ne connaissant pas les antibiotiques, on mourait de vérole ou de tuberculose", avant, il n'y avait pas de soins palliatifs, avant "les chambres à coucher restaient glaciales tout l'hiver", etc.

Chères Petites Poucettes, chers Petits Poucets, ne le dites pas à vos vieux dont je suis, c'est tellement mieux aujourd'hui : la paix, la longévité, les antalgiques, la paix, la Sécu, la paix, l'alimentation surveillée, la paix, l'hygiène et les soins palliatifs, la paix, ni service militaire ni peine de mort, la paix, le contrat naturel, la paix, les voyages, la paix, le travail allégé, la paix, les communications partagées, la paix... Michel Serres

(...)

Hélène Combis

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Coup de coeur... Condorcet (Sur l'éducation)

28 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

"Messieurs,

Offrir à tous les individus de l'espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d'assurer leur bien-être, de connaître et d'exercer leurs droits, d'entendre et de remplir leurs devoirs ; Assurer à chacun d'eux la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d'être appelé, de développer toute l'étendue des talents qu'il a reçus de la nature, et par là, établir entre les citoyens une égalité de fait, et rendre réelle l'égalité politique reconnue par la loi : Tel doit être le premier but d'une instruction nationale ; et, sous ce point de vue, elle est pour la puissance publique un devoir de justice.

Diriger l'enseignement de manière que la perfection des arts augmente les jouissances de la généralité des citoyens et l'aisance de ceux qui les cultivent, qu'un plus grand nombre d'hommes deviennent capables de bien remplir les fonctions nécessaires à la société, et que les progrès toujours croissants des lumières ouvrent une source inépuisable de secours dans nos besoins, de remèdes dans nos maux, de moyens de bonheur individuel et de prospérité commune ;

Cultiver enfin, dans chaque génération, les facultés physiques, intellectuelles et morales, et, par là, contribuer à ce perfectionnement général et graduel de l'espèce humaine, dernier but vers lequel toute institution sociale doit être dirigée ;

Tel doit être l'objet de l'instruction ; et c'est pour la puissance publique un devoir imposé par l'intérêt commun de la société, par celui de l'humanité entière. (...) Nous avons pensé que, dans ce plan d'organisation générale, notre premier soin devait être de rendre, d'un côté, l'éducation aussi égale, aussi universelle ; de l'autre, aussi complète que les circonstances pouvaient le permettre ; qu'il fallait donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous, mais ne refuser à aucune portion de citoyens l'instruction plus élevée, qu'il est impossible de faire partager à la masse entière des individus ; établir l'une, parce qu'elle est utile à ceux qui la reçoivent ; et l'autre, parce qu'elle l'est à ceux même qui ne la reçoivent pas. La première condition de toute instruction étant de n'enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu'il est possible de toute autorité politique. (...) Nous avons observé, enfin, que l'instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où il sortent des écoles ; qu'elle devait embrasser tous les âges ; qu'il n'y en avait aucun où il ne fût utile et possible d'apprendre, et que cette seconde instruction est d'autant plus nécessaire, que celle de l'enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites."

Cité dans "1789, recueil de textes et documents du XVIIIème s. à nos jours", édité par le Ministère de l'Education Nationale et le Centre National de la Documentation Pédagogique, 1989, p. 139

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Auschwitz... Souvenons-nous...

23 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

J'ai choisi cette interprétation, par une voix d'aujourd'hui... Christophe...

Charlotte Delbo naît en 1913 à Paris. Elle adhère à la Jeunesse communiste en 1932 et rencontre Georges Dudach en 1934, qu'elle épouse. Assistante de Louis Jouvet, de 1938 à 1941, jusqu'au départ du comédien, en mai 1941, pour une tournée en Amérique latine. Avec son mari, elle entre dans la Résistance en 1941 et fait partie du « groupe Politzer », responsable de la publication des Lettres françaises dont Jacques Decour était rédacteur en chef. Ils sont arrêtés le 2 mars 1942 et Georges Dudach sera fusillé au Mont Valérien, le 23 mai 1942, à l'âge de 28 ans. D'abord incarcérée à la Santé, à Paris, elle est transférée à Romainville, le 24 août 1942, avant d'être déportée à Auschwitz, par le convoi du 24 janvier 1943 - un convoi de 230 femmes dont elle racontera le destin, après la guerre. Elle est l'une des 49 femmes rescapées de ce convoi et portera, le reste de sa vie, le numéro 31661 tatoué sur le bras. Par la suite, elle est envoyée à Ravensbrück le 7 janvier 1944. Libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945, elle est rapatriée en France en passant par la Suède. Après la guerre, Charlotte Delbo travaille pour l'O.N.U. puis, à partir de 1960, au C.N.R.S., devenant la collaboratrice du philosophe Henri Lefebvre. Elle mourut à Paris en 1985.

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Tentatives historiques pour que les enseignants travaillent autrement et/ou plus - Par Claude Lelièvre

19 Décembre 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Histoire

Tentatives historiques pour que les enseignants travaillent autrement et/ou plus - Par Claude Lelièvre

Le ministre de l'Éducation nationale actuel s'est prononcé dernièrement à plusieurs reprises pour une «redéfinition du travail des enseignants». Il a déjà pris des mesures pour qu'ils travaillent plus. Et il tente de saisir l'occasion de la revalorisation envisagée pour «avancer». Vers quoi exactement?

Le rappel de quelques tentatives passées permet de mieux situer les enjeux et la situation.

En 1998, le comité d’organisation de la consultation sur les lycées dirigée par Philippe Meirieu propose pour les certifiés une formule dite « 15+4 » (15H d’enseignement et 4H d’activités pédagogiques choisies par chaque enseignant). Le cabinet du ministre Claude Allègre impose de placer le curseur à « 15+3 ». Et, pour que cette proposition ne se traduise pas mécaniquement par l’embauche de professeurs, le cabinet la lie à une réduction, parallèle, de l’horaire lycéen, fixé à 26H de cours au lieu d’une trentaine (cette diminution, pour les lycéens, de l’horaire de cours, devant s’accompagner d’une « augmentation de leur temps d’activités encadrées »). Les horaires hebdomadaires moyens des élèves de collège ainsi que ceux de lycée étaient alors supérieurs de deux heures en France à la moyenne de ceux des pays de l’OCDE. Mais Claude Allègre était déjà en mauvaise posture. Et cela n’alla pas plus loin.

En octobre 2004, le rapport de la commission Thélot indique que « de nombreux enseignants suivent leurs élèves de manière plus individualisée, participent à des évaluations collectives, travaillent en équipe, construisent des relations régulières avec les parents de leurs élèves et divers partenaires éducatifs, assurent des remplacements et se forment. Ces missions sont souvent mal reconnues. Aussi la Commission propose-t-elle que le cadre national de la définition d’un professeur de lycée et collège soit clarifié et qu’à côté du service d’enseignement, les missions relevées ci-dessus soient réglementairement inscrites et reconnues. Cette proposition devrait se traduire par un allongement du temps de présence des enseignants du second degré dans les établissements, par exemple de quatre à huit heures par semaine, à prendre en compte dans leur rémunération ; parce qu’elle transforme la définition du service des enseignants, tout en s’inscrivant dans le prolongement de pratiques existantes mais disséminées, cette proposition s’appliquerait à tous les jeunes recrutés et serait proposée au choix des autres PLC » les mises en caractères gras sont celles du texte du rapport d’octobre 2004 de la Commission )

Mais l’intervention du ministre de l’Education nationale François Fillon à l’Assemblée nationale le 16 février 2005 met fin à cette perspective : « La Commission a suggéré de faire évoluer le métier de professeur en prévoyant que trois heures à six heures par semaine soient consacrées à l’accompagnement des élèves. Mais l’article 912-1 du code de l’éducation, issu de la loi d’orientation de 1989, inclut déjà ces missions dans celles des enseignants ; et il est ressorti des discussions avec les syndicats que le temps d’enseignement serait inévitablement amputé par cette tâche. Enfin, il est délicat de quantifier cette partie du métier d’enseignant auquel beaucoup consacrent déjà bien plus de trois heures par semaine ». La position de François Fillon s'explique avant tout parce qu'il considérait, comme il l'a dit dans le débat, que les propositions de la commission Thélot risquaient de ''coûter fort cher " si on les reprenait.

On le sait, la période ''sarkoziste" a été marquée par le slogan ''travailler plus pour gagner plus", dans le monde scolaire aussi.

Et en octobre 2014, lors d'une réunion publique à Toulouse, l'ancien président de la République candidat à la présidence de l'UMP a repris une idée qu'il avait déjà formulée lors de sa campagne pour les présidentielles de 2012 « augmentation de la durée de travail des enseignants afin que chacun puisse consacrer 4 ou 5 heures en plus pour aider en dehors de la classe des enfants dans l'établissement qui ont du mal à suivre », mais en situant cette ancienne proposition dans un ensemble (d'avenir?) destiné à'' frapper les esprits'' : « 30% d'heures en plus pour les enseignants, 30% de rémunération en plus pour les enseignants, et 30% d'enseignants en moins : cela me semble une politique adaptée à la situation que connaît notre pays ».

Sous sa présidence, les mesures allant dans ce sens n'avaient pas pris cette ampleur, mais elles n'en avaient pas moins été réelles: augmentation du nombre des heures supplémentaires, et surtout baisse du nombre d'enseignants. Vers la fin de sa présidence, le DGESCO (le lieutenant du ministre de l'Education nationale Luc Chatel) était un certain Jean-Michel Blanquer.

Cette année, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a d'ores et déjà pris quelques mesures allant dans le sens du "travailler plus pour gagner plus". On voit mieux ainsi où il veut aller.

En février 2019, il a porté à deux heures au lieu d'une heure le nombre d'heures supplémentaires pouvant être imposées aux enseignants du second degré.

Un décret publié au JO en septembre de cette année crée une allocation de formation de 120 euros/jour pour les enseignants qui se formeront pendant les vacances scolaires sur demande de leur administration. Jusqu'à 5 jours de formation par année scolaire pourront leur être imposés durant cette période.

On le sait, le ministre avance désormais le chiffre de 10 milliards d'euros pour mener la revalorisation à son terme . Dix milliards, c'est précisément le chiffre qu'avait évoqué le Chef de l'Etat à Rodez le 3 octobre dernier: "si je voulais revaloriser, c'est 10 milliards" en ajoutant ''on ne peut pas mettre 10 milliards demain, c'est vos impôts; c'est le déficit, c'est la dette pour vos enfants", en expliquant qu'il fallait surtout "repenser la carrière et mieux payer les enseignants'' en précisant qu'il faudrait "du coup, parce qu'on paie mieux, peut-être qu'on change le temps de travail et la relation au travail". On y est?

Claude Lelièvre

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A lire... "Le chemin des femmes" - Michelle Perrot

14 Novembre 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Histoire

https://next.liberation.fr/livres/2009/09/01/michelle-perrot-la-chambre-ce-tout-petit-espace-qui-a-tellement-d-importance_653233

https://next.liberation.fr/livres/2009/09/01/michelle-perrot-la-chambre-ce-tout-petit-espace-qui-a-tellement-d-importance_653233

Le Cours de l'histoire reçoit aujourd'hui l'historienne Michelle Perrot pour son nouvel ouvrage "Le Chemin des femmes", ainsi qu'Anaïs Flechet et Valérie Hannin, qui viendront toutes deux présenter le nouveau numéro du magazine L'Histoire.

Dans Le Cours de l’histoire, une main nous est tendue, alors saisissons-la : elle va nous guider sur le chemin. C’est une voix qui s’adresse à nous, alors écoutons-la. C’est un étrange chemin où, pour regarder loin devant, il est nécessaire de tourner la tête vers l’arrière. C’est un chemin à la fois plein de sinuosités et à la fois très cohérent. Suivre ce chemin, c’est parcourir des lieux : ici une école religieuse, le cours Bossuet ; là, la Petite Roquette, une prison pour enfant. Ici la chambre des dames ; plus loin, la prison Saint-Lazare, un établissement pénitentiaire pour femme. Ici une usine, là-bas la maison de George Sand à Nohant. Parcourir ce chemin, c’est aussi faire des rencontres : Simone de Beauvoir, Virginia Woulf, Lucie Baud, Michel Foucault, et tant d’hommes et de femmes, apaches, ouvrières, criminel et victimes… Suivre ce chemin, c’est écouter des voix, des paroles qui nous touchent, qui nous parlent. Ce chemin est celui des femmes, et encore : ce chemin est notre chemin, un parcours revigorant où le déplacement se fait à l’intérieur de nous. Notre guide est Michelle Perrot dont la voix nous ouvre la voie !

"Le chemin ne mène pas plus à Rome qu'aux femmes" nous dit Michelle Perrot, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot, dont une anthologie de ses œuvres, intitulée Le Chemin des femmes est parue aux éditions Robert Laffont, le 10 octobre dernier. 

Ce seront ensuite Anaïs Flechet et Valérie Hannin qui viendront nous parler de l'embrasement d'un continent en 1959, celui de l'Amérique latine. Un dossier au sommaire du dernier numéro du magazine L'histoire.

Sons diffusés : 

Archives :

  • Jean Maitron, dans les Chemins de la Connaissance, le 16 juillet 1976, sur France Culture
  • Marguerite Yourcenar, le 11 mai 1968, au moment où est publiée Œuvre au noir 
  • Fernando Solanas le 10 octobre 2004 sur France Culture

Musiques : 

  • El pueblo unido jamás será vencido par le groupe chilien Quilapayún
  • Aquele abraço ! par Gilberto GilI, 1969 

Générique de l'émission : Origami de Rone

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13 novembre... Nous n'oublions pas...

13 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

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