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Vivement l'Ecole!

histoire

L’éducation civique ne peut être fondée principalement sur les cours et les discours - Par Claude Lelièvre

20 Octobre 2021 , Rédigé par Hypthèses Publié dans #Education, #Histoire

Haguenau - Droits et devoirs. L'importance de l'éducation civique

EXTRAIT

LE CELEBRE Plan Langevin-Wallon de 1947 commence le chapitre consacré à cette question par une citation tout à fait caractéristique de Paul Langevin, l’un des hérauts du Groupe français de l’éducation nouvelle (GFEN) : « L’école est une véritable entreprise de culture dont l’individu ne profite pleinement que s’il est entraîné et soutenu par le milieu scolaire. L’école fait faire à l’enfant l’apprentissage de la vie sociale et, singulièrement, de la vie démocratique. Ainsi se dégage la notion du groupe scolaire à structure démocratique auquel l’enfant participe comme futur citoyen et où peuvent se former en lui, non par les cours et les discours, mais par la vie et l’expérience, les vertus civiques fondamentales: sens de la responsabilité, discipline consentie, sacrifice à l’intérêt général, activités concertées et où on utilisera les diverses expériences de  »self-government » dans la vie scolaire […]. »

Et le texte du Plan Langevin-Wallon poursuit : « L’éducation morale et civique n’aura sa pleine efficacité que si l’influence de l’enseignement proprement dit se complète par l’entraînement à l’action. Le respect de la personne et des droits d’autrui, le sens de l’intérêt général, le consentement à la règle, l’esprit d’initiative, le goût des responsabilités ne se peuvent acquérir que par la pratique de la vie sociale. L’école offre aux enfants et aux adolescents une société à leur mesure, où ils vivent au milieu de leurs pairs. L’école devra donc s’organiser pour leur permettre de multiplier leurs expériences, en leur donnant une part de plus en plus grande de liberté et de responsabilité, dans le travail de la classe comme dans les occupations de loisir.[…] Chaque citoyen, en régime démocratique, est placé dans la vie professionnelle en face d’une double responsabilité : responsabilité du dirigeant, responsabilité de l’exécutant. Il sera donc nécessaire que les activités scolaires s’organisent de telle sorte que tous aient alternativement des responsabilités de direction et d’exécution. Il importe en effet d’éviter de cultiver en certains l’absolutisme du chef prédestiné et en d’autres l’habitude paresseuse d’une aveugle soumission. »

Eh bien, il faut le dire, soixante-dix ans après, « éviter de cultiver en certains l’absolutisme du chef prédestiné et en d’autres l’habitude paresseuse d’une aveugle soumission » apparaît (plus que jamais ?)  »à l’ordre du jour ». Et les  »réseaux sociaux » apparaissent comme les lieux dominants de la  »socialisation civique » des jeunes : entre  »pairs » dans une certaine mesure certes, mais avec leurs risques plutôt incontrôlés.

(...)

Claude Lelièvre, historien de l'éducation

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17 octobre 1961 : il y a 60 ans, un massacre en plein Paris - Vidéo

16 Octobre 2021 , Rédigé par France 24 Publié dans #Histoire

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Coup de coeur... Samuel Paty...

15 Octobre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

Samuel Paty - Le noir, société et symbolique, 1815-1995 - Mémoire de recherche d'un apprenti historien.

La fonction emblématique des couleurs est ancrée dans la réalité, dans le quotidien, elle obéit à des règles que l’on peut découvrir et maîtriser car elle est logique. La fonction symbolique des couleurs est du domaine de l’irréel, de l’invisible, de l’essence. La symbolique est insaisissable car elle est analogique, vivante, mouvante. La fonction emblématique est civilisée, la fonction symbolique est sauvage.

Les symboles (les signifiants) sont en interaction avec les réalités (les signifiés), et donc avec les emblèmes. Un symbole ne s’exprime pas nécessairement dans un emblème car ce qui relève de l’emblématique n’est qu’une partie de la réalité. Par exemple, le noir renvoie à l’idée de chaos primordial, ce qui ne se traduit dans aucun emblème. Le champ symbolique d’une couleur peut s’altérer sans que ses utilisations emblématiques en soient affectées, mais pas l’inverse. Il existe ainsi une interaction imparfaite entre le monde emblématique et le monde symbolique.

À une fonction symbolique d’une couleur ne correspond pas une fonction emblématique, mais le plus souvent, des fonctions emblématiques ; et des utilisations emblématiques différentes peuvent traduire une ou des idées communes.

Ces réflexions appellent une étude des rapports de l’homme et des couleurs, une étude qui reste à réaliser, car le domaine de la couleur a été largement négligé par les sciences humaines. En 1984, une bibliographie internationale de la couleur a été effectuée par Michel Indergand. On y trouve des ouvrages concernant l’histoire de la couleur dans l’art, des livres sur les successives conceptions scientifiques de la couleur, des histoires des techniques de production de la couleur, mais il n’existe aucun essai sur les liens de la couleur et de la société. En 1986, est traduit de l’italien l’Histoire des couleurs de Manlio Brusatin. L’essai est court, il traite pourtant des couleurs de l’Antiquité à nos jours. Une très large place est faite aux problèmes techniques que pose la production des couleurs, à l’histoire de la pensée des philosophes ou des peintres sur les couleurs, et aux découvertes scientifiques sur la couleur. Les rares passages qui ont trait soit aux utilisations sociales des couleurs, soit à la symbolique des couleurs ne dépassent pas le niveau des évidences. Il faut attendre les travaux de Michel Pastoureau pour que la couleur soit étudiée différemment. Son essai majeur est Couleurs, images, symboles. Mais seule une cinquantaine de pages est consacrée à l’histoire des couleurs, et ce, sur une très longue période (de l’Antiquité à nos jours). Médiéviste de formation, il insiste plus particulièrement sur le Moyen Âge. Pastoureau n’a fait qu’ouvrir des pistes très générales, surtout en histoire contemporaine. Une maîtrise s’attachant à l’étude d’une seule couleur au XIXe et au XXe siècle ne peut donc en aucun cas être un travail qui aurait déjà été fait. Nous avons néanmoins adopté certaines des idées de Pastoureau. Nous sommes d’accord avec l’une de ses conclusions majeures : depuis le XVIe siècle, l’Occident refuse les couleurs vives. En 1995, une collection sur les couleurs a été lancée. Chaque tome traite d’une couleur. Ces livres n’ont aucune valeur universitaire, ils ne sont qu’une collection d’images (peintures ou photographies) mises bout à bout et accompagnées d’un commentaire très dépouillé. Ils pourraient être utiles pour fournir des sources, mais les lacunes sont nombreuses et étonnantes. Par exemple, dans le livre intitulé Noir 12, on trouve des photographies sans intérêt de poules noires ou d’une tasse de café, mais le noir protestant est absent (alors que Rembrandt s’impose à nos yeux dans une compilation d’images sur le thème de la couleur noire). Il n’y a rien non plus sur le costume noir de la bourgeoisie du XIXe siècle (dont les tableaux de Gustave Caillebotte, par exemple, constituent une bonne illustration).

Samuel Paty - Le noir, société et symbolique, 1815-1995

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La philosophie arabe : voyage dans l'histoire des idées (La vidéo débute à 2 minutes 50 secondes)

14 Octobre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Philosophie, #Histoire

Dès le IXe siècle, le monde islamique connut une période d’intense renouveau intellectuel. Tout en s’inscrivant dans la continuité des auteurs grecs, dont ils se considéraient comme les héritiers, les philosophes arabes proposèrent des solutions originales aux questionnements de leur époque.

Du VIIIe au Xe, Bagdad fut le centre d’un immense mouvement de traduction du grec vers l’arabe qui irrigua la pensée philosophique et médicale du nouvel empire islamique. Quelles sont les modalités de ce transfert culturel, quel rôle jouèrent dans cette entreprise  intellectuelle les mécènes, les traducteurs et les philosophes et pourquoi finalement les Arabes se sont-ils emparés de cet héritage antique ?

Pauline Koetschet, chargée de recherche au CNRS, philosophe et spécialiste de textes arabes médiévaux

Cristina Cerami, spécialiste  de la tadition philosophique grecque et arabe et directrice du Centre d’Histoire des Sciences et des Philosophies Arabes et Médiévales. 

Une Table ronde modérée par Ziad Bou Akl, chargé de recherche au CNRS et maître de conférences en philosophie à l’Ecole normale supérieure.

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Zemmour? "Une réhabilitation de l’extrême droite vichyste au nom d’une France chrétienne."

9 Octobre 2021 , Rédigé par Le DDV Publié dans #Politique, #Histoire

Les Croisades : le départ en Terre Sainte - Chrétiens aujourd'hui

EXTRAITS

Éric Zemmour, glaive et bouclier de l’extrême droite

Figure incontournable de l’information spectacle, Éric Zemmour a opéré ses transgressions politiques en toute transparence. Ses assertions et ses écrits délivrent à eux seuls les ressorts de son imperturbable conquête des esprits. Une réhabilitation de l’extrême droite vichyste au nom d’une France chrétienne. Et, pour le polémiste lui-même, une assimilation revendiquée jusqu’à la négation de soi.

Par Gaston Crémieux

Les ambitions présidentielles d’Éric Zemmour amènent à une redécouverte et à la diffusion importante de son discours. Le mode d’énonciation de ses idées est le plus souvent celui de la transgression : qu’il s’agisse de ses propos sur Vichy ou sur les immigrés, le but est de choquer, de provoquer la polémique, d’introduire de nouveaux clivages, pour le grand bénéfice de Zemmour lui-même, qui en tire tout le profit médiatique et politique possible. À chaque polémique, le cycle est immuable : provocation savamment calculée, réactions outrées, approbations bruyantes, positions artificiellement nuancées (« quoi qu’on pense de », « on peut tout de même en débattre ») et, malheureusement, oubli et dispersion dans le flot médiatique ininterrompu.

Cette sadisation régulière du débat public n’est pas l’apanage de Zemmour. Celui-ci ne fait que s’inscrire dans le courant le plus délétère de l’infotainment à la française, celui initié par Thierry Ardisson, poursuivi par Laurent Ruquier, Jean-Marc Morandini et Cyril Hanouna. Zemmour doit d’ailleurs sa carrière à ce cirque médiatique où il a tout d’abord joué le rôle de bon client, puis celui de chroniqueur régulier avant de devenir animateur dans une série d’émissions à forte audience. Jean Birnbaum et Raphaël Chevènement1 ont bien montré comment ce genre de talk show a puissamment remodelé le champ culturel et politique français.

Cet infotainment à la française permet en effet d’introduire progressivement dans la conversation publique, plus sûrement que toute action politique directe, des idées qui avaient auparavant très peu droit de cité. Dans une démonstration implacable, Birnbaum et Chevènement insistent ainsi sur la façon dont Ardisson a, avec minutie et patience, exploité les tendances identitaires de la société française pour en faire un spectacle, donné une chambre d’écho fantastique au complotisme et propulsé le phénomène Dieudonné. Cette formidable caisse de résonance, Zemmour s’en est de son propre aveu intensément servi : « Je suis dans un combat idéologique et culturel, et j’ai retourné contre la gauche ses propres armes. Je suis entré dans la machine à propagande par les émissions où se produisent aujourd’hui les nouveaux maîtres à penser : acteurs, chanteurs, people2. » Éric Zemmour est en cela fidèle aux thèses du théoricien marxiste Antonio Gramsci et à leur reformulation par la Nouvelle Droite ou par l’essayiste Patrick Buisson : « La victoire politique passe d’abord par la conquête culturelle des esprits3. » C’est donc le contenu de cette conquête culturelle qu’il s’agit ici d’éclairer en identifiant précisément l’idéologie qui émerge de ces déclarations chocs.

Une reconquête culturelle au grand jour

L’une des caractéristiques de cette reconquête culturelle est en effet qu’elle se fait au grand jour et qu’il suffit de prendre au sérieux ce que dit Zemmour pour savoir vraiment à quoi s’en tenir. Un travail de recensement systématique doit être fait4 contre l’oubli et l’irresponsabilité induites par le principe même de l’infotainment à la française : les séquences sont courtes, sur le ton de l’humour ou de l’ironie et donc apparemment sans conséquences. Éric Zemmour a ainsi beau jeu aujourd’hui de dire qu’il n’a jamais souhaité réhabiliter Vichy5. Nous verrons qu’il n’en est rien : il se livre depuis des années à un travail systématique de remise en cause de l’héritage politique de la lutte contre l’antisémitisme en France et des conquêtes politiques associées au franco-judaïsme.

Qu’on juge de l’ensemble avant d’entrer dans le détail : contestation de l’innocence du capitaine Dreyfus, condamnation de Zola et des dreyfusards, réhabilitation du maurrassisme, notamment de son rôle dans la Résistance, insistance sur la supposée filiation entre maurrassisme et gaullisme, réhabilitation de Pétain et de Vichy et défense d’un rôle supposément positif de l’État français dans le sauvetage des juifs français, défense de l’attitude de Maurice Papon pendant la Seconde Guerre mondiale, critique de la loi Gayssot pénalisant le négationnisme de la Shoah et de la loi Pleven pénalisant racisme et antisémitisme, rejet du discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac reconnaissant la responsabilité de l’État français dans la déportation des juifs (1995), mépris pour Sébastien Selam, l’une des premières victimes juives françaises de l’islamisme, le 20 novembre 2003, et enfin dénationalisation des victimes juives de Mohamed Merah, coupables pour Zemmour d’avoir été enterrées à l’étranger. Cette litanie apparaît improbable. Nous montrerons, citations à l’appui, qu’il s’agit bien de ce qu’Éric Zemmour a écrit, dit et parfois répété.

Une réécriture radicale de l’histoire

Cette offensive idéologique continue se fait au prix d’une réécriture radicale de l’histoire. Le récit que véhicule Éric Zemmour dans ses émissions sur l’affaire Dreyfus est ainsi tout particulier : « Beaucoup étaient prêts à dire Dreyfus innocent, même si c’est trouble cette histoire aussi, mais on ne va pas refaire le procès de Dreyfus ici », déclare-t-il dans une émission sur Émile Zola6. Quinze jours plus tard il enfonce le clou, expliquant à propos des expertises mensongères qui ont conduit à la mise en accusation de Dreyfus qu’« on ne saura jamais », à propos de l’innocence de Dreyfus, que « ce n’est pas évident » et qu’en tout état de cause Dreyfus n’était pas attaqué «  tellement en tant que juif » mais en tant qu’« Allemand7. Aucune considération pour les travaux journalistiques et judiciaires de l’époque qui démontrèrent l’innocence de Dreyfus8. Aucune considération pour les dizaines de milliers de pages de travaux historiques confirmant cette innocence et l’existence d’un antisémitisme de masse au moment de l’affaire Dreyfus9. Pour parachever cette stratégie du soupçon, Zemmour, s’appuyant sur une lecture biaisée de l’historien Simon Epstein10, parle de « listes interminables »11 de dreyfusards ayant rejoint Vichy ou la Collaboration (en fait une trentaine de noms) oubliant d’évoquer la distance séparant l’un et l’autre de ces événements. Il s’en prend également à Zola, d’après lui coupable par son dreyfusisme d’avoir désarmé la France face à l’Allemagne12.

Pétain repeint en sauveur de juifs

On ne sera pas surpris de retrouver ces libertés prises avec l’histoire dans la façon systématique qu’a Zemmour de réécrire le déroulement de la persécution des juifs par Vichy. Il n’hésite pas dans Le suicide français à louer la « stratégie adoptée par les Pétain et Laval face aux demandes allemandes : sacrifier les Juifs étrangers pour sauver les Juifs français. »13. Face à Léa Salamé, il outre encore son propos allant jusqu’à affirmer que « 95% des juifs français »14 avaient été sauvés grâce à Pétain. Comme Jacques Isorni, l’avocat de Pétain, qui disait au procès « Messieurs, il n’y a pas eu de crime », Zemmour lâchera, excédé, à l’un de ses contradicteurs : « Mais on n’a pas commis de crime15 ! ». Ce qui lui importe, c’est de défendre la thèse du « glaive et du bouclier », celle du dernier discours de Pétain : « S’il est vrai que de Gaulle a levé hardiment l’épée de la France, l’histoire n’oubliera pas que j’ai tenu patiemment le bouclier des Français16 ». Cette thèse fut aussi celle des avocats de Pétain et de l’historien Robert Aron dans son Histoire de Vichy17, constituée à partir de témoignages18. L’ouverture des archives, et non la survenue d’une offensive idéologique américaine avec la « révolution paxtonienne » tant décriée par Zemmour19, a permis d’y voir plus clair : les travaux successifs d’Eberhard Jäckel20 puis de Robert Paxton21, soutenu par Michel Winock et Pierre Milza, et enfin de Laurent Joly22 ont bien montré la volonté autonome de Vichy de mettre en place une politique raciale et le rôle incontournable et largement volontaire du régime de Vichy dans la mise en œuvre de la politique d’extermination nazie. Laurent Joly rappela d’ailleurs à la barre du tribunal face à Zemmour que 24 000 juifs français avaient été déportés23 s’attirant de piteuses réponses : « ce n’est pas mon sujet, je ne l’ai pas étudié », « tout dépend si vous comptez les enfants des juifs étrangers » (qui étaient français selon la loi de 1927)24

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Des transgressions autoritaires visant l’islam

Le troisième mobile de ce dispositif idéologique est plus discret, peut-être plus profond et explique pourquoi Éric Zemmour s’en prend avec autant d’acharnement aux grandes conquêtes du franco-judaïsme issues de l’affaire Dreyfus et de la Résistance. Dans son livre Le Juif de Savoir53, le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner donne la clé de cette obsession : «  Parmi ceux qui ont cru aux droits politiques, il y a bien entendu le juif français ». Par « droits politiques », Milner entend « suffrage universel, libertés formelles, droit à l’instruction, prise en charge de l’instruction par l’État, etc. », soit le programme républicain. Milner note que de la gauche vient une critique forte des droits politiques jugés formels et incapables « d’accomplir le bien de la société ». Ce qu’il vise ici, c’est probablement la frange anti-républicaine de la gauche, indigéniste, décoloniale. Milner pointe le fait que cette gauche cherche à « se rassembler contre les droits politiques » et, dans la mesure où «  le juif français a été lié par l’histoire aux droits politiques, l’antijudaïsme est devenu l’idéologie la plus propre à garantir un tel rassemblement »54. Zemmour est le pendant de droite de cette hostilité à la figure du juif français. Il en veut également aux droits politiques, à la République. Non parce qu’elle ne peut accomplir le bien de la société mais parce qu’elle ne peut, selon lui, garantir la lutte contre l’islamisme voire l’islam : «  La laïcité peut, certes, contenir l’offensive islamique. Mais je pense qu’elle ne suffira pas. Il faut un vrai renouveau de la religion chrétienne qui incarne l’identité de la France55. » Zemmour veut donc, pour réarmer la France, en finir avec cette histoire de l’antisémitisme français qui fait crouler le pays sous la « repentance », en finir avec la République et la laïcité si bien incarnées par le juif français pour revenir à l’identité chrétienne de la France, en finir avec l’État de droit et les lois antiracistes, destinées initialement à lutter contre l’antisémitisme, pour construire un État autoritaire, seul à même selon lui de contenir la poussée de l’islam. Il y a fort à parier que ses futures transgressions viendront alimenter ce projet.

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Zemmour, Zemmour, Zemmour... Jusqu'à la nausée ! - Par Christophe Chartreux

9 Octobre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Histoire

NAUSÉE - Definition and synonyms of nausée in the French dictionary

 

Zemmour, Zemmour, Zemmour... Jusqu'à la nausée !

 

Eric Zemmour... Faut-il en parler ou pas ?

 

Ne pas en parler, c'est laisser le champ libre à des affirmations scandaleusement racistes, homophobes, sexistes. A des comparaisons inacceptables. Récemment encore, N'osait-il pas parler de Joseph Mengele, l' « ange de la mort » d'Auswitch pour évoquer les décisions prises par Jean-Michel Blanquer en direction des élèves transgenres ? Insupportable !

 

En parler, c'est lui offrir l'occasion d'apparaître en lumière, d'en faire un adversaire de poids, de relayer son « discours ». L'essentiel à ses yeux n'étant pas qu'on parle de lui en mal mais seulement qu'on parle de lui .

 

Je ne lui offrirai pas l'occasion ici de revenir sur son dernier « livre », sur ses dernières sorties, sur ses multiples entretiens complaisamment offerts par des rédactions flairant le « bon » client, candidat putatif susceptible de faire de l'audience chez Hanouna, le tout amplifié par les réseaux dits « sociaux ». Il est suffisamment tous les jours à l'antenne, y compris indirectement tant il occupe les esprits des chroniqueurs.

 

Eric Zemmour semble en tout cas avoir bien retenu les leçons d'Edouard Drumont, père de l'antisémitisme français qui, en son temps, avait montré du doigt et de la plume - à l'époque pas de radios ni de télévisions - un ennemi de l'intérieur parfaitement imaginaire et accablé de toutes les responsabilités des malheurs de la France, passés, présents et à venir : les juifs. Eric Zemmour, à longueur de journée, évoque à son tour un « ennemi de l'intérieur » qui serait cette fois les français et étrangers musulmans résidant sur notre sol. A tel point et sans crainte du ridicule que l' ex polémiste et journaliste du Figaro évoque la responsabilité des musulmans lorsqu'un journaliste l'interroge sur l'insécurité – les musulmans ! - , l'éducation en panne – les musulmans ! - , l'économie fragile – les musulmans - , le réchauffement climatique – les musulmans ! « »Le poumon, le poumon, le poumon » comme disait Molière, avec talent, lui. Hélas, force est de constater qu'une partie non négligeable de nos concitoyens est prête, d'après les sondages, à accorder sa confiance à celui qui, comme Drumont d'ailleurs, sait utiliser les médias populaires et populistes pour distiller son venin. Venin d'autant plus dangereux qu'il a la capacité d'effacer les réflexions indispensables sur les véritables immenses enjeux qui attendent, non seulement la France, mais le monde : enjeux climatiques, internationaux - le poids immense de la Chine – éducatifs, de santé, tant d'autres encore dont Eric Zemmour ne parle jamais et donc pour lesquels il n'avance aucune proposition.

 

Quant à la vision de la France future qu'il offre à celles et ceux qui le croient, c'est celle d'un pays dont il « révisionne » l'Histoire, replié sur lui-même, enfermé dans les peurs qu'il agite comme autant d’appâts faciles et paresseux : l'Islam et l'islamisme qu'il ne distingue même plus ! Malin et diabolique, il sait enfin habiller ses propos d'une rhétorique implacable qui disqualifie systématiquement toute critique. D'autant plus facilement que celles et ceux qui lui sont opposés n'osent pas utiliser les mêmes armes pour les retourner contre lui. J'attends que des historiens lui soient un jour présentés bien davantage que des politiques, des philosophes ou des journalistes.

 

J'attends aussi – c'est urgent – un Pete Seeger français se levant et chantant, entraînant derrière lui écrivains, comédiens, cinéastes et dénonçant, avec la force d'un tambour, le danger qui guette, chaque jour plus prégnant.

 

Dénonçant, accusant et proposant une autre voie que celle de la division entre français ! Cette division qui nourrit la haine alimentant le « programme » d' Eric Zemmour !

 

Christophe Chartreux

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Le 17 octobre 1961 vu par un écrivain noir : qui est borgne ?

8 Octobre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Histoire

17 octobre 1961 : "Ce massacre a été occulté de la mémoire collective"

Un Algérien blessé est emmené par le photographe Elie Kagan et un journaliste américain à l'hôpital de Nanterre, le 17 octobre 1961. 

EXTRAIT

Le tout premier livre à évoquer le massacre des Algériens en 1961 date de 1963. Il paraît pour la toute première fois en français.

Il aurait ainsi fallu attendre 23 ans pour qu’un premier roman s’affronte au 17 octobre 1961. C’est-à-dire, à la répression violente que la police parisienne a opposée, un mardi d’automne humide dans la huitième année de la guerre d’Algérie, à la manifestation illicite organisée par le FLN contre le couvre-feu auquel venaient d’être assignés les Algériens en Ile-de-France. Vingt-trois ans de silence ? C’est du moins ce qu’on a longtemps cru, de ce côté-ci de l’Atlantique. A tort. Car, bien avant 1984 et Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx à qui l'on doit quelques mises au point pionnières et décisives vers le décillement sur cet épisode de la Guerre d’Algérie, un romancier avait bien publié un livre. Deux ans à peine après les faits. Mais aux Etats-Unis, et en langue anglaise exclusivement.

Cet auteur américain, méconnu en France où pourtant il vivait encore à sa mort au milieu des années 70, s’appelait William Gardner Smith. Et c’est son roman, le seul des siens encore à n’avoir jamais été ni traduit ni publié en France, qui sort ce mois d’octobre, chez Christian Bourgois, à l’occasion des 60 ans du 17 octobre 1961.

Lorsque paraît Le Visage de pierre - ou plutôt, The Stone face, en 1963 aux Etats-Unis, lui-même alors est vraiment le premier romancier à s’emparer des faits. Son récit d’un épisode à la brutalité encore tiède ne traversera pas l’Atlantique : en France, un silence rapide et tenace ensevelira à la va-vite le 17 octobre 1961. Dès le lendemain, Le Figaro titrait en Une sur “deux morts et quarante-quatre blessés graves”, et aussi “7 500 Nord-africains arrêtés”

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Chloé Leprince

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Sortir les plus humbles du silence de l’histoire

7 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Histoire

etre ouvrier en france du 19eme au 21eme siecle

Jusqu’au XIXe siècle, la parole des ouvriers et ouvrières fut rarement consignée. C’est l’un des enjeux d’une histoire du travail «par le bas» qui documente la fatigue des corps, les temporalités ou les conflictualités.

Si la parole des ouvriers et des ouvrières devient un peu plus prolixe au cours du XIXe siècle, elle est difficile à traquer pour les périodes antérieures. Quand elle existe, celle des plus humbles est rarement consignée, n’évoque qu’exceptionnellement la peine au travail et reste cantonnée aux hommes, tant à la ville qu’à la campagne. Plutôt que de se contenter d’en faire le constat, mieux vaut tenter de forcer ce mutisme des sources pour retrouver les multiples facettes de leur vécu. C’est tout l’enjeu d’une nouvelle histoire du travail que les Rendez-Vous de Blois donnent l’occasion de présenter au grand public. Celle-ci a en effet retrouvé en France, comme un peu partout dans le monde, de nouvelles couleurs depuis un peu plus d’une décennie. Dresser la liste des thèmes qui la parcourent est ici impossible. Mais une des postures méthodologiques forte qui la traverse est celle d’une «histoire par le bas» lancée dans les années 60 par l’historien britannique Edward Palmer Thompson, revigorée et reformulée.

Le bruit des machines

Certains aspects de la pénibilité du travail peuvent être une évidence dont personne ne parle. La pauvreté des sources a longtemps porté les chercheurs à redoubler leur silence. Il en est ainsi de la fatigue des corps mal nourris, mal soignés et usés par le labeur quotidien. Même les ouvriers d’usine du XIXe siècle, qui commencent à dire «nous souffrons parce que nous produisons trop», passent sous silence quantité d’agressions qu’ils subissent (1). Le bruit assourdissant des machines dans une filature ou un tissage mécaniques est de ceux-là. Le plus souvent, la pression sonore se situe au-delà de ce que peut supporter l’ouïe humaine. Elle provoque des lésions douloureuses, vite irréversibles. Elle est de surcroît source de fatigue extrême, enfermant l’ouvrier dans une solitude qui rend encore plus éprouvant l’écoulement du temps de travail quotidien. Pourtant, on cherche en vain l’évocation de cet épuisement sensoriel auquel peu de contemporains ont prêté attention. Sortir de ce théâtre d’ombres est néanmoins possible dès lors que l’on est attentif aux indices qui parsèment, y compris bien avant l’industrialisation, des documents très divers (2).

Ce «paradigme de l’indice», pour reprendre les mots de l’historien Carlo Ginzburg, peut également servir à reconstituer l’histoire longue des temporalités et des rythmes du travail de façon à mieux mettre en perspective les débats actuels sur ces sujets. En effet, les questionnements autour du temps de travail remontent bien en deçà du XIXe siècle. Dans la première utopie de l’époque moderne (1516), Thomas More imagine un monde où le temps de travail serait réduit à six heures quotidiennes. Presque un siècle plus tard, Tommaso Campanella propose, lui, quatre heures par jour (3).

Le contraste est saisissant avec les réalités de leur temps où «le triste sort de l’ouvrier» est de s’atteler «au travail comme des bêtes de somme depuis le grand matin jusque bien avant dans la nuit», une «vie abrutissante pour l’esprit et pour le corps […] pire que la torture et l’esclavage (4)». Treize, quatorze, quinze heures de travail, dix-sept heures parfois à la campagne sont les amplitudes horaires que l’on peut alors reconstituer dans bien des secteurs. La question des pauses est déjà un enjeu de certaines relations de travail, tout comme celle du travail de nuit, structurel dans certains métiers. Ces questions deviennent aussi politiques car les autorités s’en mêlent ou sont prises à partie dans les conflits.

Les autorités sollicitées

Ainsi, les propriétaires de vignes d’Auxerre, dans un mémoire bien connu des médiévistes, accusent en 1493 leurs employés d’«apeticer l’heure» en repartant chez eux à «l’heure de none», soit vers 3 heures de l’après-midi, et non pas à «vêpres basses», autrement dit vers 8 heures du soir. Les travailleurs rétorquent, par la plume d’un avocat et devant le Parlement de Paris, que : «Même s’ils sont de pauvres gens, ce sont des hommes, et on ne peut exiger d’eux le travail d’un bœuf ou d’un cheval (5).» La protestation révèle comment, à la fin du Moyen Age, les autorités sont sollicitées pour régler le conflit entre ceux qui vendent et ceux qui achètent du labeur et, plus largement, pour imposer des normes temporelles au travail. Les cloches de travail installées dans les grandes villes textiles le sont par les municipalités. Et le roi s’en mêle lorsqu’il impose aux tisserands de Troyes de ne pas s’arrêter pour manger (1372), lorsqu’il ratifie (1688) le nombre de feuilles de papier que doivent fournir les papetiers chaque jour ou avalise (1698) le nombre de gestes que les tondeurs de draps de la manufacture royale de Sedan doivent faire chaque heure. Ces exemples révèlent que les horaires ne sont pas tout : interviennent aussi l’urgence saisonnière liée à un moment de presse, le contenu même du travail, son intensité, bref, la totalité des rythmes qui le composent et permettent d’en restituer l’épaisseur (6). Contre cela, les ouvriers n’ont eu de cesse d’affirmer leur fierté, leurs coutumes, dans l’espoir de garder, ou de retrouver, la maîtrise de leur travail.

Aussi, l’histoire du travail peut conduire à rêver d’un monde nouveau, où l’utopie ne pécherait pas par son excès, mais par son insuffisance. Le mythe du pays de Cocagne n’est-il pas apparu au XIIe siècle ? Il peut être réinterprété à la lumière du présent en invitant à une culture de l’otium. Elle passerait nécessairement par la contestation d’un capitalisme débridé, la promotion d’une décroissance soutenable, équitable, et la valorisation du travail au service du bien commun.

par Corine Maitte, Professeure d’histoire moderne, directrice du laboratoire Analyse comparée des pouvoirs, présidente de l’Association française d’histoire des mondes du travail, université Gustave-Eiffel

(1) Archives départementales du Nord, M 607-4 /115, non daté (fin 1848).

(2) Histoire de la fatigue. Du Moyen Age à nos jours, de Georges Vigarello, Paris, Seuil, 2020.

(3) La Cité du Soleil, de Tommaso Campanella, Paris, Aden, 2016. Le livre écrit en 1602 sera publié en 1604.

(4) L’Utopie, de Thomas More, Editions sociales, «Essentiel 7», Paris, 1982, pp. 61-62.

(5) Les Rythmes au Moyen Age, de Jean-Claude Schmitt, Gallimard, Paris, 2016, pp. 669.

(6) Les Rythmes du labeur. Enquête sur le temps de travail en Europe occidentale, XIVe-XIXe siècle, de Corine Maitte, Didier Terrier, Paris, La Dispute, 2020.

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La connerie, un moteur de l’histoire ?

4 Octobre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Histoire

Aujourd’hui Anaïs Kien n'est pas venue délivrer seule le Journal de l’Histoire puisque Yann Potin, notre invité lui prête main-forte, sur un sujet délicat, la mise en histoire d’une grossièreté

Antisémitisme, homophobie, sexisme, racisme, culturophobie, certitudes historiques, la liste est longue de ce que nous rangeons volontiers dans la catégorie construite à la va-vite sous le label « connerie », encore fallait-il commencer à construire cet objet pour le penser. C’est le projet de Jean-François Marmion dans Une histoire universelle de la connerie, publiée ces jours-ci par les éditions Sciences humaines. Marmion ne débute pas sur ce terrain puisqu’il a déjà publié une Psychologie de la connerie en 2018. 

Pour cette histoire universelle de la connerie, il s’est entouré d’historiennes et d’historiens, d’expertes et d’experts, qui ont accepté de relever le défi. Car la tâche est délicate si l’on veut respecter les règles de la discipline. Objet innovant dont la présence nous saute aux yeux une fois nommée, la connerie vivait là tapie dans un repli du champ historique et semble repérable à toutes les époques. Relativisme, anachronisme, absence de sources pour dater l’élaboration de la première belle connerie, sont autant d’écueils qu’il leur a fallu surmonter. Les auteurs de cette histoire entament donc vaillamment l’enquête avec un état-major aguerri même si le but de cette campagne parait incertain.

La connerie au temps de pharaons

Commençons par les temps anciens, avec Florence Maruéjol, attachée de cours à l’Institut supérieur d’égyptologie Khéops qui se penche sur « La connerie au temps des pharaons » :

"Les Egyptiens ayant prêté leur comportement et leurs sentiments à leurs divinités, la connerie n’épargne pas les dieux. La création est une œuvre imparfaite où le mal est apparu en même temps que le bien. Il en résulte un affrontement permanent entre les divinités incarnant le bien et d’autres personnifiant les forces du chaos."

Mais la connerie est-elle indissociable de la naissance de nos civilisations ? A n’en pas douter elle règne aussi bien dans le monde animal, il y a peut-être donc une nécessité de la connerie à la pérennité des espèces. Jean-François Marmion a posé la question à Steven Pinker, linguiste et professeur de psychologie à l’université de Harvard : les connards représentent-ils un avantage évolutif pour le groupe social ?

"C’est bien possible, jusqu’à un certain point car il y a autant d’avantage que d’inconvénient à être un connard. L’avantage, c’est qu’on se sent plein d’assurance, qu’on cherche le pouvoir, qu’on revendique les ressources d’autrui. Les connards sont souvent populaires, ils trouvent facilement des partenaires sexuels…L’inconvénient c’est qu’ils blessent beaucoup d’autres personnes qui peuvent alors unir leurs efforts pour les destituer."

La connerie, moteur majeur de l'histoire

Les schémas historiques nous assaillent à cette évocation, vous en conviendrez. Et c’est bien là le caractère universel de cette histoire. Comment ne pas convenir que la meilleure façon de transformer quelqu’un en connard réside dans l’absence totale de contradiction qui lui est donnée ? A lire ces nombreuses contributions on serait tenté d’admettre que la connerie est un des moteurs majeurs de l’histoire, du côté des fauteurs comme de ceux qui les combattent.

"L’Histoire, après tout, ne serait-elle qu’une connerie de plus ? Oui, pour peu qu’on la prenne pour une machine à pondre des certitudes. Et que l'_hubris saisisse les historiens pour juger les temps arriérés du haut de notre Olympe actuelle. En temps normal, ils savent éviter cet écueil. Une enquête est le fruit d’une curiosité, d’une soif d’explorer, de débroussailler, de comprendre. Sans savoir ce qu’on va trouver, ni forcément ce que l’on cherche. A ces conditions, pourquoi la connerie, au fil de ses mues, de ses défroques ou de ses paillettes, ne serait-elle pas digne, elle aussi d’intérêt ?"

par Anaïs Kien, avec la collaboration de Yann Potin

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Eric Zemmour sur Vichy : « un rapport manipulatoire à l’histoire »

2 Octobre 2021 , Rédigé par Conspiracy Watch Publié dans #Histoire, #Politique

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EXTRAIT

Si Eric Zemmour récuse les « caricatures » qui seraient faites de ses propos sur le régime de Vichy, les travaux des spécialistes les plus sérieux de la période contredisent catégoriquement ses thèses.
Les pertes de sang-froid d’Eric Zemmour sont suffisamment rares pour être notées. Invité de la journaliste Ruth Elkrief sur LCI lundi dernier, le possible futur candidat à l’élection présidentielle 2022 s’est montré très gêné, deux jours plus tôt, lorsque Sonia Mabrouk (Europe 1) l’a interrogé sur une énième déclaration de sa part réhabilitant le régime de Vichy (1940-1944) qui aurait, a-t-il estimé, « protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers. »

Face à Ruth Elkrief, Eric Zemmour s’est emporté : « Vous n’en n’avez pas marre ? Non, je ne vous laisse pas poser votre question. Je me suis expliqué mille fois sur cette question […]. On ne va pas m’enfermer tout le temps là-dedans. J’ai dit ce que j’avais à dire, je maintiens ce que j’ai dit. » Et de tenter de mettre fin à la séquence en assénant : « Vous parliez tout à l’heure de mon agression par un homme qui m’a dit « je vais te fumer sur le Coran », c’est plus important et plus contemporain que ces […] discussions historiques. »

Il faut dire que les propos du polémiste ont provoqué un tollé médiatique. Sur Europe 1, samedi 25 septembre, Eric Zemmour s’était laissé aller à expliquer que les lois antisémites prises par le régime de Vichy n’avaient pas « d’objectif exterminatoire » (sic). « Ce sont les Allemands qui ont introduit cette logique exterminatrice. Vichy a protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers. C’est facile de dire, cinquante ans après, que la France est coupable. La France n’est pas coupable, c’est l’Allemagne qui est coupable. » Invoquant la figure du général de Gaulle dans un débat portant sur « l’État français » dirigé par Philippe Pétain, l’ex-journaliste du Figaro n’hésitait pas à conclure : « Si on est gaulliste, on ne considère pas que c’est la France qui a arrêté ses Juifs. »

Il est toutefois plus simple d’allumer un feu que d’éteindre un incendie. C’est pourtant ce qu’Eric Zemmour a  essayé de faire le surlendemain sur LCI, tentant de glisser sous le tapis ses propos sur Vichy et les Juifs. Rebelote mercredi soir alors qu’il accordait une interview à « Restons Zen » sur Paris Première, émission présentée par son comparse Eric Naulleau : « Contrairement aux caricatures qui sont faites, il n’a jamais été question de “réhabiliter” Pétain. Quel ridicule de m’accuser, moi, d’une telle chose. Il est question de combattre la repentance qui nous tue pour relever la France. » Circulez, il n’y a rien à voir.

(...)

Maxime Macé et Pierre Plottu

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