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Vivement l'Ecole!

Articles avec #histoire tag

A lire... Laure Moulin, résistante et soeur de héros - Thomas Rabino

21 Janvier 2021 Publié dans #Histoire

Saint-Andiol, mi-juillet 1943. Le petit village à cheval sur la nationale 7 est écrasé par la chaleur. Un élégant trentenaire, cheveux plaqués en arrière, fine moustache, large carrure, vient de parcourir à vélo la vingtaine de kilomètres qui le séparent d’Avignon. Avec son allure, le commissaire Charles Porte ne manquerait pas de se faire remarquer si, à cette heure, les rues n’étaient pas vides.

La maison des Moulin est la première, sur sa droite, juste avant la route de Verquières. Une bâtisse typiquement provençale, carrée, deux étages, des encadrements de fenêtre bordés de blanc, derrière lesquels vivent Blanche Moulin et sa fille Laure, professeure d’anglais ne profitant guère de ses vacances. Car Laure est inquiète. La dernière lettre de son frère remonte au 17 juin. En avril, dans ce même salon, il l’avait bien prévenue d’une prochaine mise au vert, mais ce silence tranche avec ses habitudes. L’angoisse ronge cette femme entrée dans la cinquantaine, dont la retenue quotidienne prend, au premier abord, des airs d’austérité. Ses rides, légères au début de la guerre, se sont creusées sous le poids des soucis.

La cloche du portillon retentit. Rien qu’au regard de cet homme, Laure comprend. C’est le garde du corps de Jean. Il vient de loin. Elle garde une contenance pour ne pas alarmer sa mère et s’isole en compagnie du résistant.

Son frère a été arrêté à Lyon le 21 juin, puis transféré à Paris.

Le choc aurait pu être plus fort encore, car Porte ne souffle mot sur les autres bruits qui circulent au sujet de la mort de Jean Moulin, alias Max, le président du Conseil national de la Résistance. Maintenue dans l’ignorance pendant tout l’été, tenue à l’écart par peur d’une réaction qui mettrait en danger les cadres de la Résistance, Laure garde espoir. Jean a été arrêté ? Il doit être encore en vie. On ne tue pas un homme qui en sait autant ! Mais elle sait aussi que son frère n’est pas du genre à parler. Il préférerait mourir.

Hors de question pour elle de se morfondre à Montpellier et de soutenir le regard inquiet de leur mère. Que faire ? Sans attendre, Laure prend un train pour la capitale et ment une première fois à sa mère, prétextant une réunion de l’organisation de bienfaisance dont elle est membre. Il s’agit, aussi, de se rapprocher physiquement du lieu où Jean est détenu. Du moins le croit-elle.

Au terme d’un interminable voyage, Laure découvre une Ville lumière qui n’est plus que l’ombre d’elle-même : teintée de vert-de-gris par les colonnes de soldats et les grappes de militaires sillonnant ses boulevards et ses places, Paris est souillée. D’immenses oriflammes à croix gammée s’étendent sur les monuments, places et boulevards sont hérissés de panneaux de signalisation en allemand. Comme en zone sud, depuis le 11 novembre 1942. Dans sa ville de Montpellier, elle croise chaque jour cet ennemi contre lequel elle lutte aux côtés de son frère depuis trois ans, quasiment jour pour jour.

 

Thomas Rabino - Laure Moulin - Résistante et soeur de héros

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Coup de coeur... Gilles Siouffi (sous sa direction)

12 Décembre 2020 , Rédigé par Actes Sud Publié dans #Histoire, #Littérature, #Art

La phrase française n’avait jusqu’à ce jour jamais été racontée. Or depuis le premier texte qui nous soit parvenu dans une langue distincte du latin (les Serments de Strasbourg en 842) jusqu’aux écritures numériques devenues notre quotidien, l’objet mouvant qu’est la phrase résiste à toute définition. Les linguistes eux-mêmes peinent à en proposer une description stable tant elle a évolué au fil des siècles. Et la notion elle-même n’est apparue qu’au XVIIIe siècle.

Afin de dévoiler tous les usages de la phrase, comme ses virtualités, cette histoire convoque de nombreuses pratiques culturelles où entrent en jeu l’oral et l’écrit : domaines religieux, éducatifs, politiques, juridiques, administratifs, journalistiques, commerciaux, et bien sûr la littérature. Elle explore ses aspects aussi divers que :

– le contact du français avec les autres langues (le latin d’abord, puis bien d’autres, comme l’anglais) et ses variations (patois, créoles, etc.) ;

– les rapports entre l’oral et l’écrit ;

– les fonctions du souffle, du rythme, de la prosodie, de la rhétorique ;

– la fonction littéraire de la phrase (quel rôle joue-t-elle pour l’écrivain ? quelles normes impose-t-elle ? qu’est-ce qu’un style personnel ou un style d’époque ?) ;

– le rapport de la phrase à la poésie (le vers la perturbe-t-il la phrase ?) et à la musique (chante-t-on une phrase comme on la dit ?) ;

– les fonctions sociales de l’écriture et de l’oralité (qui écrit et comment ? qu’est-ce qu’un peu-lettré ? quels sont les lieux des discours ?) ;

– l’importance des représentations savantes et normatives (grammaires, ouvrages de rhétorique, etc.) et des pratiques pédagogiques ;

– les mutations apportées par les révolutions technologiques successives (imprimerie, numérique).

Ainsi, au-delà de la phrase elle-même, ce livre fait-il découvrir au plus grand nombre l’étonnante « fabrique » de notre langue.

Cette entreprise inédite propose au lecteur un récit chronologique conduit par des spécialistes de chaque période et fondé sur l’exploitation directe de sources littéraires et non littéraires. Les nombreux textes observés sont toujours cités dans leur physionomie d’origine et parfois montrés en images (manuscrits, imprimés, cahiers d’écolier, SMS, etc.).

Serment de Louis le Germanique

Extraits des "Serments de Strasbourg"/842

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Un automne à Paris... Une chanson dédiée aux disparus de janvier et novembre 2015

13 Novembre 2020 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education, #Histoire

Un souvenir terrible et aussi un autre...

Celui de l'enseignant que j'étais - et que je reste - qui avait honoré la mémoire de ces victimes innocentes avec ses élèves à partir de cette chanson/poème...

Mes 4e et 3e avaient complété d'une strophe imaginée par eux-mêmes...

Ils s'en souviennent... Je m'en souviens...

Une belle idée de Najat Vallaud-Belkacem pour un terrible moment...

Une déflagration dans les cœurs et les âmes...

CC

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13 novembre 2015 - 13 novembre 2020... Quand on n'a que l'amour...

13 Novembre 2020 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Histoire

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Le Chemin des Dames...

11 Novembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

Le Chemin des Dames...

Le Chemin des Dames

                                             “Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme.”   Colette

Dans le cimetière de Varengeville, pendant que tu admirais les vitraux bleutés de Braque, je me suis arrêté devant la tombe d’un homme. 1889-1917. Mort à 28 ans donc. Légèrement effacée, la mention:

« Mort pour la France » .

C’était un jour d’août. Les années soixante. 1965 peut-être. Les vacances d’été dans le Pas-de-Calais permettaient à mes parents de revoir les leurs. Mon grand-père maternel, né lui aussi en 1889, avait été soldat pendant la « Grande Guerre ». Il avait connu les combats, l’horreur des assauts pour cent mètres gagnés et trois mille vies perdues, les poux, les rats, la peur à se pisser dessus, l’absurdité de l’attente, le bonheur du courrier et de nouveau la boue, le silence avant les bombes et, bien pire encore, le silence après les bombes. Verdun, Douaumont, le Chemin des Dames. Il ira jusqu’aux Dardanelles. L’unique voyage à l’étranger de toute sa vie d’ouvrier agricole. Il s’en serait volontiers passé. Mais au moins en était-il sorti vivant.

Tout cela, et rien que cela, je le tiens de ma mère. Son père ne parlait jamais des quatre années passées loin de sa femme, elle aussi ouvrière agricole. Évoquer cette période devant lui vous exposait à une remarque immédiate, indiscutable. « Ça suffit ! C’est loin tout ça » .

Ce matin d’août 1965, il faisait très beau. Un ciel aussi bleu que celui tutoyant les falaises de Varengeville. Mon grand-père me prit la main et me dit, avec la brièveté qui caractérisait cet homme silencieux : « Viens, je vais te montrer quelque chose. Mais faudra pas le dire hein ! Ce sera notre secret ! »

Partager un secret avec mon grand-père adoré, admiré, à sept ans. J’étais fier ! Oh non, je ne dirai rien. J'ai toujours su conserver les confidences en autant de secrets.

Il m’emmena au fond du jardin où étaient disposés quelques clapiers à lapins. Il ouvrit une des portes, écarta doucement le locataire et plongea la main sous la paille qui servait de litière. Après avoir tâtonné quelques secondes, il retira sa main…

« Tu viens ? »

Tu me rappelais que nous avions peu de temps. Paris t’attendait… Nous remontâmes l’allée du cimetière pour retrouver le parking, la voiture, la route… Je n’ai pas pensé te parler de mon grand-père et de ses lapins. Tu aimes pourtant tellement que je me raconte…

« Regarde… Sais-tu ce que c’est ? »

Mon grand-père tenait à la main une sorte de long couteau, rouillé avec deux anneaux aux deux extrémités de ce qui me sembla être une poignée. L’objet, inquiétant, mesurait une quarantaine de centimètres. Je ne savais pas ce que c’était.

Mon grand-père, devenu soudain très grave, me dit :

«On appelle ça une baïonnette. Quand j’étais soldat, pendant la guerre, on la mettait au bout du fusil. Et parfois, quand y’avait plus de cartouches à tirer, on se défendait avec. Mais ça je te raconterai pas. Quand la guerre a été finie, j’ai volé la baïonnette. Oh, pas pour la garder en souvenir ! Les souvenirs de cette guerre, j’en ai trop dans la tête ! Comme c’était la victoire, que tout le monde était heureux, j’ai raconté à mon lieutenant que je l’avais perdue. J’ai pas été puni. Mais je l’avais pas perdue ! Je l’avais glissée dans la grande poche de mon manteau et je l’ai ramenée avec moi ».

- Mais puisque tu ne voulais pas te souvenir, pourquoi est-elle là?

- Ah, ça, c’est une bonne question ! Elle est là parce que lorsque j’ai été démobilisé – ça veut dire que j’étais plus militaire; je redevenais un homme – je me suis juré de la montrer un jour à ceux qui viendront après pour que ça recommence jamais ! Tu vois, ce bout de fer, c’est la guerre ! C’est ça la guerre ! Un couteau au bout d’un fusil. Pour faire du mal. À des gens qu’ont rien demandé par d’autres gens qu’ont rien demandé non plus ! Je te le montre mais je ne te le donne pas. C’est pas un cadeau à faire à un enfant ! Tiens, remets-la dans le fond du clapier ».

J’ai délicatement posé l’objet près du lapin. Mon grand-père a recouvert sa baïonnette de paille, a refermé la porte et m’a emmené voir le colombier où roucoulaient des couples d’oiseaux amoureux. Je n’ai plus jamais entendu parler de cette arme et ne l'ai jamais revue. 

Le « Père Maurice », comme l’appelait tout le village, n’a jamais assisté à aucun défilé du 14 juillet ni à aucune cérémonie du 11 novembre. Il pleurait ses camarades « morts pour la France » tous les jours, en silence, dans le secret de sa mémoire, dans son « Chemin des Dames ».

La route défilait. Elle aussi. C’était un moment heureux, dans le soleil de juin. Tu passais d’une chanson à l’autre. Dans les champs commençaient à poindre les coquelicots. Ceux que les soldats de 1914, ceux que mon grand-père a vus en partant combattre l’ennemi. En pantalon rouge !

1914-1918. Mais il y eut 1939-1945. 1940. La débâcle. L’exode. À nouveau les Allemands. Et cette fois triomphants. Le Père Maurice a dû endurer ça. Avec lui, tous ceux qui avaient connu l’enfer vingt-cinq ans seulement avant.

1940. La maison de mon grand-père servira de logement à un capitaine allemand. Avec le « Père Maurice », il était mal tombé. Il lui rejouera "Le silence de la mer" de Vercors. Pas un mot pendant environ quarante-huit mois !

À son départ, ce capitaine viendra saluer mon grand-père :

« Je sais que vous avez été un soldat de la Grande Guerre. Je comprends votre silence. Vous êtes l'honneur de votre pays ». En français, presque sans accent.

Et un matin de 1962, un homme s’est présenté à la grille de la maison. C’était « lui ».  Mon grand-père lui a enfin parlé. J'étais présent C'était en août. Hélas, le « Père Maurice, un homme "rude", m'a dit :

« Laisse-nous. Nous devons parler entre grandes personnes ».

Je n'ai jamais su ce qu'ils s'étaient raconté. Peut-être lui a-t-il parlé d’une jeune fille que tout le monde voyait chaque jour enfourcher son vélo pour des « promenades ». La jeune fille avait quatorze ans. Elle assurait des missions de liaison entre des groupes appartenant à son réseau. C’était ma mère.

Ce capitaine appartenait à la Wermacht. Ce n'était pas un SS, ni même un nazi. Comme l'officier allemand de Vercors, il récitait des poèmes français du premier au dernier vers. Il était l’ennemi imposé par l’Histoire.

Lorsqu’ils sont sortis de la pièce qu’ils occupaient pour se dire ce qu’ils avaient à se dire, leurs yeux brillaient, humides.

Mon grand-père est mort, un hiver de 1970. Loin de moi.

J’ai la guerre et le militarisme en horreur. Mon enfance et mon adolescence furent « bercées » par des récits de guerre d’Algérie. Par ces photographies découvertes dans Paris-Match. Les soldats américains épuisés dans les rizières du Viet Nam, pupilles dilatées par la consommation de haschich. Ces paysans, la terreur dans le regard. Les bombardements depuis les B-52 et les tapis de bombes au napalm. Et puis, en 1972, à Tran Bang, une petite fille courant nue, brûlée, hurlante, les bras écartés du corps car elle ne peut supporter le contact avec sa peau. La photo, prise par Nick Ut Cong Huynh, photographe de l'agence Associated Press, fera le tour du monde. Je n’ai jamais pu oublier Kim Phuc, sauvée après dix-sept opérations et quatorze mois d’hôpital. Elle deviendra Ambassadrice de Bonne Volonté (Goodwill Ambassador) de l'UNESCO en 1997.

Dans la voiture, j’aurais aimé te faire écouter Jimmy Hendrix, Bob Dylan ou Joan Baez. Ou La Chanson de Craonne.

Mais j’aurais fait disparaître ton sourire. Les guerres ont fait et font encore assez de mal comme ça. Syrie, Libye. Tragédie en Méditerranée. Réfugiés que même la France hésite à accueillir. Je n’oublierai jamais l’Aquarius et son « Odyssée ».

Lorsque mon grand-père a retrouvé ma grand-mère, quelques jours après l’armistice, sur un quai de gare, il l’a embrassée bien sûr. Puis il a eu ces mots :

« Allez, on rentre. Il doit y avoir de l’ouvrage »

C’est tout…

Il reprit le chemin avec sa dame…

Tu souriais et chantais... Il faisait si beau...

Christophe Chartreux

 

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A Voir... «La Maquisarde» de Nora Hamdi...

16 Septembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Cinéma, #Histoire

"«La Maquisarde» de Nora Hamdi questionne la place des femmes en temps de guerre dans ce huis-clos carcéral entre une paysanne et une Française pro-FLN, résistante sous l’Occupation."

(...)

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Enseignement de la Shoah - Depuis 2012, des progrès sur les connaissances historiques...

12 Septembre 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Histoire

L'enseignement de la Shoah fait encore l'objet de crispations sur fond de concurrence mémorielle, selon un sondage

Deux jeunes français sur dix affirment avoir déjà observé un ou plusieurs élèves remettre en cause un aspect du génocide des juifs lors d'un cours, selon un sondage Ifop pour "Le Journal du dimanche" et l'Union des étudiants juifs de France.

Près de 9 Français sur 10 (87%) âgés entre 15 et 24 ans ont déjà entendu parler de la Shoah, selon un sondage réalisé par l'Ifop pour Le Journal du dimanche et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). Cette enquête, nommée "Le Regard des jeunes sur la Shoah", revient sur les représentations et la transmission de l'histoire du génocide des juifs, et dessine un horizon parfois troublé par des phénomènes de concurrence mémorielle. Elle est publiée dimanche 13 septembre, à l'occasion de la cérémonie du souvenir en mémoire des déportés et des victimes de la Shoah, diffusée sur France 2.

Des progrès sur les connaissances historiques

Quelque 80% des sondés disent avoir acquis des connaissances sur le génocide des juifs à l'école, pendant les cours. Ils sont 33% à citer les films ou les livres, et 14% les musées ou le cadre familial. “On peut se féliciter des progrès faits au sein de la société sur la connaissance de la Shoah”, commente Noémie Madar, présidente de l’UEJF contactée par franceinfo. Quelque 68% des jeunes sondés assurent connaître la rafle du Vel' d'Hiv, contre 58% dans une autre enquête menée en 2012 dans toutes les catégories d'âge.

Pour autant, les cours ne se passent pas toujours dans de bonnes conditions. Remise en cause de certains aspects du génocide (évoquée par 21% des jeunes interrogés), refus de cet enseignement (13%)... Quelque 11% des sondés affirment même que le professeur d'histoire est dans l'impossibilité d'enseigner cette période de l'histoire. “Lors d’interventions dans des classes, nous avons déjà été confrontés à des propos très virulents d’élèves, commente Noémie Madar. Quand ils sont confrontés à cet antisémitisme du quotidien, on imagine mal comment des élèves juifs peuvent rester dans ces classes.”

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De la tablette d’argile au Big Data, comment a-t-on appris à apprendre ? - France Culture

11 Septembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Histoire

De la tablette d’argile au Big Data, comment a-t-on appris à apprendre ? - France Culture
De la tablette d’argile au Big Data, comment a-t-on appris à apprendre ? - France Culture

Comment, tout au long de l’histoire, l’humanité, les sociétés, civilisations ont-elle appris ? Comment a-t-on enseigné, comment a-t-on formé, éduqué ? De quelles transmission parle-t-on : des savoirs, des savoir faire, des connaissances ? Dans quels domaines : langues, numération et calcul...?

Le savoir est une entité mouvante, évolutive : parfois stagnante, une société n’apprend plus rien, ou presque, pendant un temps donné. Parfois même régressive, lorsque des dirigeants s’en prennent à une certaine forme de savoir pour la bannir. Mais qu’est-ce exactement le savoir, et surtout, comment se transmet-il ? Question facile à l’époque de l’écriture, ou les mécanismes de transmission sont figés mais avant l’écriture ? Comment nos ancêtres, comment les premières civilisations se transmettaient-elles leurs connaissances ? C’est à cette archéologie de la transmission que nous allons nous intéresser aujourd’hui ou comment a-t-on appris à apprendre ?

(...)

Nicolas Martin

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A lire... "Papa, qu'as-tu fait en Algérie?" - Raphaëlle Branche

3 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Histoire

Extrait

Faire l’histoire d’un silence

"Pourquoi les anciens appelés ont-ils peu raconté à leurs proches, notamment à leurs enfants ? Pourquoi les familles découvrent-elles tardivement l’importance de cette expérience ? Parfois après le décès des hommes eux-mêmes ? Si les vécus de cette guerre de plus de sept ans sont marqués du sceau de l’extrême diversité, l’impression de silence est ce qui domine.

Quels que soient l’endroit, le moment, le grade en Algérie, quels que soient l’origine sociale, le niveau de diplôme, le métier, les hommes qui ont participé à ce conflit sont décrits comme ayant peu transmis, au moins jusqu’aux années 2000. Dès lors, les explications de cette faible transmission sont sans doute moins à chercher dans le détail des expériences combattantes que dans les conditions ayant ou non permis sa possibilité, dès la guerre puis pendant des décennies. Plutôt que de se pencher exclusivement sur ce qui s’est passé en Algérie, l’analyse doit alors considérer ce qui a formé le premier espace pour dire (ou non) l’expérience : leurs familles. En effet, les silences des hommes ne sont pas solitaires : ce sont des silences familiaux, au sein d’une société française longtemps oublieuse de son passé algérien.

Ces « structures de silence » sont historiques. D’une part, elles renvoient à des contextes sociaux, politiques, culturels qui pénètrent les familles et les conditionnent en partie. Des normes existent, dans la société française, sur ce qu’il est possible, désirable ou pas de dire et d’entendre sur la guerre d’Algérie. Ces normes ont varié dans le temps. D’autre part, les structures de silence renvoient à des situations de communication internes aux familles (il n’est pas toujours possible de parler) qui, elles aussi, sont prises dans le temps. Ainsi, la valeur attribuée à la parole d’un père ou à la question d’un enfant a connu d’importants changements dans la seconde moitié du XXe siècle. Ces changements ont, en retour, influencé les transmissions de l’expérience algérienne dans les familles."

A lire... "Papa, qu'as-tu fait en Algérie?" - Raphaëlle Branche

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