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Vivement l'Ecole!

Articles avec #histoire tag

Jean-Luc Mélenchon et la Russie : ce qui nous dérange - Par un collectif d'universitaires...

20 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Histoire

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Plusieurs chercheurs en histoire, en sociologie et en science politique sur la Russie dénoncent les erreurs d'appréciation et les compromissions du leader de La France insoumise avec le régime de Vladimir Poutine.

Depuis un siècle au moins, le monde politique français est partagé sur la Russie. Si l’alternative du temps de l’Union soviétique – fascination ou rejet – semble dépassée, l’attirance pour la figure du chef et la dénonciation de l’impérialisme états-unien alimentent la complaisance envers Vladimir Poutine, qui dirige le pays depuis 1999. Après l’extrême droite et une partie de la droite, elle semble avoir conquis ces dernières années Jean-Luc Mélenchon. Déjà, en mars 2015, ce dernier avait traité l’opposant Boris Nemtsov de «voyou politique», juste après son exécution par balles à quelques mètres de la place Rouge. Certes, Mélenchon a déjà répondu aux critiques à ce propos, balayant l’idée qu’il serait «lié» à Poutine et reconnaissant l’existence d’un climat de violence à Moscou. Mais ces explications ne nous ont pas satisfaits. Les prises de position du candidat de La France insoumise sur la Russie et l’Ukraine heurtent ce que disent notre expérience personnelle, nos travaux de recherche et bien des enquêtes journalistiques. Pire, elles relaient souvent directement la communication gouvernementale russe : un comble pour celui qui dénonce depuis des mois la «médiasphère officielle» dans l’hexagone.

Il y a tout d’abord la façon dont il qualifie le pouvoir russe. Lors d’un meeting au Havre le 30 mars, Mélenchon a déclaré : «Je combats la politique de Poutine… Mais […] je ne suis pas d’accord pour participer au chœur des excités qui passent leur temps à espérer qu’on déclenche un conflit avec les Russes parce que ceci est une abomination. Je suis pour la paix.» Son conseiller sur les questions internationales, le chercheur en géopolitique Djordje Kuzmanovic, a affirmé le 28 mars devant l’association Dialogue franco-russe qu’en tant que président de la République, Jean-Luc Mélenchon entretiendrait des «relations cordiales et […] de partenariat avec Monsieur Poutine ou tout autre président que les Russes se seront choisi». Passons sur les procédés rhétoriques qui consistent à faire croire que critiquer fermement Poutine signifie vouloir la guerre avec la Russie, et qu’il est un chef d’Etat élu comme les autres. De telles formules banalisent un régime qui, s’il conserve une apparence de pluralisme, a été instauré par un ancien responsable des services secrets qui a conduit à son arrivée au Kremlin une guerre atroce en Tchétchénie, sous couvert d’«opération antiterroriste». L’issue des élections en Russie est, depuis le milieu des années 2000, déterminée par l’impossibilité pour les candidats d’opposition de faire campagne dans des conditions acceptables en démocratie : l’absence de débats à la radio et à la télévision, les restrictions mises aux manifestations publiques, mais aussi le bourrage des urnes et l’intimidation, voire la violence physique. Même s’il ne nie pas ouvertement cette réalité, Jean-Luc Mélenchon tend consciemment ou non à la faire oublier. La vision qu’il porte de la Russie et de l’Ukraine dans le débat public le confirme sur plusieurs points.

Erreurs d’appréciation

D’abord, ses erreurs d’appréciation sur l’opposition en Russie. Structurée lors des manifestations de l’hiver 2011-2012 contre la fraude électorale et la corruption, elle fédère aujourd’hui des partis «libéraux» (proches par leurs programmes de la social-démocratie européenne), une partie de la mouvance nationaliste, dont l’avocat blogueur Alexeï Navalny, mais aussi des écologistes et des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que les marxistes du «Front de gauche», la plateforme groupusculaire de Sergueï Oudaltsov, actuellement emprisonné en Russie. Vu la coalition de ces courants face à Poutine et Medvedev, même si elle ressemble à «l’alliance de la carpe et du lapin» comme disent les observateurs, il est absurde d’opposer les uns aux autres.

Traiter Nemtsov de «libéral fanatique» comme l’a fait Jean-Luc Mélenchon dans son blog de mars 2015 était par ailleurs injustifié, alors qu’il s’était engagé, l’année précédent son assassinat, dans l’organisation des «marches de la Paix» (les 15 mars et 21 septembre 2014) contre la guerre en Ukraine. L’enrichissement personnel de Nemtsov pendant toute sa carrière fut négligeable par rapport aux cas de Poutine et de Medvedev, lesquels ont favorisé la mainmise économique de la Russie par leurs proches. Quant aux propos douteux de Navalny sur les Juifs et la Shoah, rapportés en 2013, ils n’apparaissent plus aujourd’hui dans ses discours ; en revanche il a gagné le soutien d’une frange importante de l’opinion par son travail d’investigation contre la corruption au sommet de l’Etat poutinien, comme en témoigne le succès des rassemblements du 26 mars dernier.

De même, le jugement du candidat «insoumis» sur le soulèvement de Maïdan à Kiev en 2013-2014, un cas d’occupation de l’espace public proche de ceux qui, aux Etats-Unis, en Espagne et en France, ont été salués par son mouvement, est déroutant. Pour de nombreux chercheurs, ce fut une révolution rassemblant – comme celle de février 1917 à Petrograd – une coalition hétéroclite contre le président ukrainien Viktor Ianoukovitch (1). Ce dernier, élu de façon démocratique en 2010, s’était aliéné une partie de l’opinion à Kiev et dans l’ouest du pays, en particulier de la jeunesse, en tournant le dos à l’Union européenne et en laissant s’instaurer une oligarchie très corrompue. Il a provoqué sa chute en faisant tirer à balles réelles sur la foule des manifestants le 20 février 2014 (75 morts).

Les médias officiels russes y ont vu le résultat d’une opération conjointe de la CIA, de l’OTAN et de l’Union européenne destinée à instaurer un régime fasciste en Ukraine. Jean-Luc Mélenchon leur a alors emboîté le pas, dénonçant «un pouvoir putschiste aventurier [influencé par] des néonazis». Or, s’il y avait une composante d’extrême droite dans le mouvement du Maïdan, le nouveau parlement ukrainien élu en octobre 2014 ne compte qu’une trentaine de députés (sur 450) issus de cette mouvance, qui a obtenu 15% des voix environ. Des dizaines d’activistes pro-russes ont bien péri à Odessa le 2 mai 2014 dans l’incendie d’un bâtiment, et un climat de violence persiste du fait de la guerre dans le Donbass qui a déjà fait environ 10 000 morts en trois ans. Pour autant, le pouvoir en Ukraine n’est pas fasciste.

Nouveau cours du nationalisme russe

Justement, considérons la situation militaire à l’Est. Le romancier russophone Andreï Kourkov écrivait en mars 2014, s’adressant à Vladimir Poutine : «Je n’ai pas besoin que l’on me protège, et j’exige le retrait immédiat des forces russes du territoire de l’Ukraine.» La Russie a en effet commis une agression caractérisée à l’égard de son voisin : invasion et annexion de la Crimée après un référendum non démocratique, puis déclenchement d’un conflit en Ukraine orientale (Donbass), via des troupes irrégulières pour une guerre longue de basse intensité, avec le soutien de forces spéciales et l’envoi de blindés. Lorsqu’il affirme que «les différentes puissances, et spécialement les Etats-Unis et Poutine, utilisent des bouts de pays pour servir leurs intérêts» dans cette partie du monde, le conseiller de Jean-Luc Mélenchon pratique une langue de bois remarquable. Il dit par ailleurs : «Sur Poutine, nous faisons une distinction nette entre sa politique intérieure et sa politique extérieure. C’est un nationaliste russe et un libéral.» Comprendre : la première caractéristique est acceptable, pas la seconde.

Ce nouveau cours du nationalisme russe a également séduit une partie de l’opposition à Moscou : le Parti communiste comme Oudaltsov, l’opposant que défend publiquement Mélenchon, ont approuvé l’annexion de la Crimée. Conséquence de ce ralliement partiel et de la répression du pouvoir à son encontre, le «Front de gauche» a connu plusieurs défections et pratiquement cessé toute activité (2). Un de ses fondateurs, Ilia Ponomarev, vit désormais en exil à Kiev. Mais, outre Navalny, qui propose sur la Crimée une voie médiane avec la tenue d’un nouveau référendum, d’autres responsables politiques pourraient incarner le changement en Russie. Dans ces conditions, appeler à soutenir le seul «Front de gauche» comme le fait le leader de La France insoumise, nous paraît surtout servir la cause du pouvoir en place.

(1) Ioulia Shukan, Génération Maïdan : vivre la crise ukrainienne, La Tour-d’Aigues, Éditions de l’Aube, 2016.
(2) Les profils du «Front de gauche» russe sur les réseaux sociaux n’ont rien publié depuis juin et décembre 2016 respectivement. L’URL de son site internet n’est plus valide.

Signataires : Laurent Coumel, Françoise Daucé, Marc Elie, Anne Le Huérou, Marie-Hélène Mandrillon, Valérie Pozner, Amandine Regamey, Bella Ostromooukhova, Anna Colin-Lebedev

Un collectif d'universitaires

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La patrie, ou la nation et la guerre? Par Claude Lelièvre...

18 Avril 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Histoire, #Politique

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Samedi, François Fillon a prétendu (en vrac!) que l' « on n'ose plus prononcer aujourd'hui les mots d'identité, de France, de nation, de patrie ». Le 4 avril dernier, Emmanuel Macron avait lancé à Marine Le Pen : « le nationalisme, c'est la guerre ! ». ''Patrie'' ou ''nation'', une querelle ''byzantine'' sans enjeu ? Pas si sûr !

Emmanuel Macron et surtout Jean-Luc Mélenchon mettent en avant la « patrie ». Marine Le Pen et François Fillon, eux, évoquent volontiers la « nation » mais aussi « la patrie », sans distinguo.

La formule d'Emmanuel Macron est une reprise de celle de François Mitterrand s'exprimant le 17 janvier 1995 devant les parlementaires européens :« Il faut vaincre ses préjugés. Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre histoire et pourtant si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme, c’est la guerre ! La guerre ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir ».

« Si l'on considère le sang que la nation a fait couler au cours de l'histoire, la manière dont elle a contribué à nourrir les préjugés, le racisme, la xénophobie et le manque de compréhension entre les peuples et les cultures, l'alibi qu'elle a offert à l'autoritarisme, au totalitarisme, au colonialisme, aux génocides religieux et ethniques », on peut sans doute en arriver à dire avec Mario Vergas Llosa que « lanation semble l'exemple privilégié d'une imagination maligne » (conférence prononcée à Vienne le 3 juin 1993).

Mais si l'on suit l'analyse que fait Edgar Morin (notamment de certains rapports entre la « patrie » et... l' « Etat-nation ») on ne peut manquer d'être interpellé par la possibilité de certaines ambiguïtés aussi. « La nation est féminisée en Mère nourricière […]. L'Etat est paternalisé, dans son autorité toujours justifiée […]. La fusion sacralisée du Maternel et du Paternel se manifeste dans le nom même de Patrie, masculin-féminin. La religion de l'Etat-nation est de substance matri-patriotique [...] . C'est ce qui donne à l'Etat-nation la conjonction d'une formidable puissance mytho-religieuse […] .L'identité de l'individu, fixée dans une Terre-Mère, se nourrit d'une histoire très riche en infortunes et en gloires, qui procurent des souffrances et jouissances mimétiques surdéterminant l'identification à la Patrie » (Edgar Morin, « Penser l'Europe », Gallimard, 1987, pages 54et 55).

Et c'est bien ce qui semble se passer dans un ouvrage aussi emblématique et historiquement fondateur que le ''roman national''  à l'oeuvre dans les manuels d'histoire de France de Lavisse, à savoir « Le Tour de la France par deux enfants » (sous titré « Devoir et Patrie ») qui a été le best-seller des manuels de lecture courante durant la troisième République triomphante.

Le père de deux enfants lorrains, avant de mourir, a murmuré le mot « France ». La France, la patrie, est ce qu'il faut rejoindre pour obéir au père, mais aussi ce qui est refuge (maternel). Ainsi se tisse dans une histoire ''singulière'' ce qui doit être la trame du destin collectif de tout Français : « A travers cette odyssée des deux orphelins est recréée la généalogie des transferts. Sur la mort du père se fonde l'exigence de servir la France. Après la mort des pères/mères, c'est la patrie qui se substitue à ces derniers pour assurer leur protection. Le ''Tour de la France par deux enfants''est un parcours de réintégration à la mère » (Yveline Fumat, « Revue française de pédagogie », n°44, 1978).

Mais il est non moins remarquable que « la patrie » l' emporte dans ce manuel emblématique sur « la nation » . Une cinquantaine d'occurrences pour « la patrie » et seulement une douzaine pour « la nation ». A vrai dire, ce dernier terme n'apparaît que lorsqu'il y a comparaison avec les autres « nations », lorsqu'il s'agit de prétendre à la « première place ».

Et, dans le programme de 1882 du Cours moyen, c'est « la patrie » qui occupe toute la place (comme on peut le voir dans l'en-tête même du manuel) : « Programmes officiels de 1882 et pages correspondantes du Tour de la France. La patrie. La France , ses grandeurs et ses malheurs. Devoirs envers la patrie et la société. Voir le livre tout entier. Voir aussi les « Vies des grands homme de la France et l'histoire des grands patriotes » : Jeanne d'Arc ; Drouot ; Vauban ; Vercingétorix; Michel de l'Hôpital ; Bayard ; Mirabeau, Portalis; Cujas ; Daumesnil; Duguesclin ; l'abbé de Saint-Pierre ; Colbert) .

Le manuel ne met à l'honneur que deux grandes catégories : les savants inventeurs et les militaires ''patriotes'' (ceux qui défendent la ''Patrie'', résistent). Il ignore les rois et les conquérants.

Un abbé – l'abbé de Saint-Pierre - figure en bonne place dans la liste  des « grands hommes et des grands patriotes » parce qu'il a écrit en 1712 « un beau livre intitulé : ''Projet de paix perpétuelle''. Il y soutenait qu'on pourrait éviter la guerre, en établissant un tribunal choisi dans toutes les nations et chargé de juger pacifiquement les différends qui s'élèveraient entre les peuples. Sans doute nous sommes loin encore de cette paix perpétuelle rêvée par le bon abbé Saint-Pierre. Mais ce n'en est pas moins un honneur pour la France d'avoir été, entre toutes les nations, la première à espérer qu'un jour les peuples seraient assez sages pour renoncer à s'entre-tuer et pour terminer leurs querelles par un jugement pacifique » (page 250).

Loin de s'inscrire dans l'horizon d'une revanche militaire contre l'Allemagne qui vient d'annexer l'Alsace et la Lorraine, l'ouvrage se termine par des considérations des plus pacifiques . Le dernier chapitre intitulé « J'aime la France » est sous-titré : « Le travail fait renaître le bonheur et l'aisance où la guerre ne laisse que deuil et misère » et se termine par une exhortation significative : « Que chacun des enfants de la patrie s'efforce d'être le meilleur possible ; alors la France sera aimée autant qu'admirée par toute le terre ».

Claude Lelièvre

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La Chanson de Craonne... Non à la conscription! Non à la guerre! Non aux tyrans!

16 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

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Fillon, Gergovie et Vichy...

10 Avril 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelievre Publié dans #Politique, #Histoire

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Vendredi dernier, le candidat à l’élection présidentielle s’est comparé à Vercingétorix, le chef gaulois vainqueur à Gergovie de Jules César. La dernière tentative de ce genre date de Vichy...

« Là-bas, il y a quelques siècles [sic] un rebelle gaulois, Vercingétorix, infligea une défaite magistrale à Jules César… qui était pourtant le favori des sondages [re-sic] », s’est-il exclamé lors d'un meeting à Clermont-Ferrand. On pourrait dire que c'est un simple avatar de son inclination pour un certain ''récit national'' (ou plutôt un certain ''roman national'') tordu sans vergogne dans le sens ad hoc souhaité.

Mais c'est vraiment une étrange ''référence'' et un étrange ''anachronisme''. Cela devrait nous inciter à voir plus loin et plus profond dans ''l'inconscient historique'' à l'oeuvre actuellement chez François Fillon (en rupture de ''gaullisme'', et en régression idéologique et programmatique patente).

Si l'on consulte le tome 2 du célèbre ouvrage « Les lieux de mémoire » (paru chez Gallimard il y a 20 ans, sous la direction de Pierre Nora) à l'article « Gaulois et Francs », une drôle de résonance semble s'imposer.

« Mis à part l'utilisation de la ''croix celtique'' par un groupuscule d'extrême droite et de rares références dans des discours officiels, les Gaulois sont aujourd'hui les grands absents de la vie politique française. Mais il n'en est ainsi que depuis la fin de la guerre. Moins de cinquante ans nous séparent, en effet, de la dernière tentative importante de les embrigader. Le 30 août 1942, la Légion, une organisation d'anciens combattants créée par Vichy et devenue plus tard la Milice de Darnand, célébrait en grande pompe à Gergovie son deuxième anniversaire, placé sous le signe de la Terre de France et de l'unité française […]. Un document dû à la plume de René Giscard d'Estaing établissait plusieurs correspondances entre le passé le plus ancien et le présent le plus récent ; deux ans de la ''Légion française des combattants et des volontaires de la Révolution nationale'' et vingt siècles depuis l'éveil du sentiment national en Gaule ; chef arverne, Vercingétorix, et chef de l'Etat français, le maréchal Philippe Pétain. […]. Le régime de Vichy se posait ainsi à Gergovie à la fois en garant de l'intégralité du territoire national et en héritier du passé entier de la France. Mais il se posait en même temps comme celui qui fit renaître la France » (page 2247).

Un certain air ''nationaliste'' connu...

Pour mémoire, on peut se référer à certains de mes anciens billets. A « Fillon, l'histrion de l'illusion ; une proposition ''historique'' » (29 août 2016) et à « Nos ancêtres les Gaulois ; le contresens » (20 septembre 2016) bien sûr. Mais aussi à « Fillon, fol qui s'y fie» (21 novembre 2016), à « L'habit ne fait pas le moine » (16 décembre 2016) et à « Public-privé ; fuyons Fillon » (3 février 2017).

Pour mémoire aussi, les révélations du « Canard enchaîné » n'ont commencé qu'à partir du 24 janvier 2017.

Claude Lelièvre

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"Si je reviens un jour"... Webdocumentaire France24/Stéphanie Trouillard... Remarquable!

6 Avril 2017 , Rédigé par France24 Publié dans #Education, #Histoire

En 2010, lors d’un déménagement au sein du lycée Jean-de-La-Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, des lettres et des photographies ont été trouvées dans une vieille armoire. Enfouis là depuis des dizaines d’années, ces documents appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Plusieurs mois durant, cette jeune lycéenne a correspondu avec sa professeure de lettres. Son dernier courrier date du 22 janvier 1944, jour où elle est arrêtée avec sa famille. Internés à Drancy, le père, la mère et les quatre enfants ont été déportés à Auschwitz. Ils n’en reviendront pas.

Informée de cette découverte, Stéphanie Trouillard, journaliste de France 24, a prêté main forte à Khalida Hatchy, une professeure de l’établissement qui souhaitait reconstituer le parcours de cette jeune fille. À partir des documents de Louise, elles ont pu retrouver des témoins, des cousins éloignés et des anciennes élèves. Ce webdocumentaire raconte ce travail de mémoire, qui les mènera jusqu’à Jérusalem. Il rend enfin la parole à Louise, une élève particulièrement douée, qui n’a pas pu vivre l’existence brillante à laquelle elle semblait destinée.

Le webdocumentaire est à retrouver en cliquant ci-dessous

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A Lire... Les oubliés du roman national...

2 Avril 2017 , Rédigé par La Vie des Idees Publié dans #Histoire

Résultat de recherche d'images pour "Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours"

À propos de : Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, La Découverte

L’histoire populaire de la France que conte Michelle Zancarini-Fournel est celle de figures individuelles et de combats politiques souvent occultés. Comblant nos « failles mémorielles », elle suggère aussi une autre narrativité.

Recensé : Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, Paris, La Découverte, 2016, 1008 p., 28 €.

H. Zinn, l’auteur d’Une histoire populaire des États-Unis d’Amérique, considérait l’écriture de l’histoire comme un moyen d’éveiller les consciences et de susciter l’action. Il fixait pour ce faire à l’histoire populaire, qu’il appelle aussi « radicale », cinq objectifs politiques majeurs : aiguiser notre sensibilité au destin des victimes ; dénoncer les prétentions des gouvernements à la neutralité ou à la bienfaisance, et l’idéologie qui brouille notre lucidité ; préserver de l’oubli les moments qui ont montré la possibilité d’une vie meilleure, mais aussi les trahisons des leaders révolutionnaires. Ces objectifs, H. Zinn entendait les atteindre en redonnant, à côté de l’histoire officielle écrite par les dominants, une voix aux oubliés.

M. Zancarini-Fournel s’inscrit dans cette filiation et relève, pour la France, le défi de cette histoire populaire. Les dominants s’autorisant aujourd’hui non seulement à réécrire le passé, mais à imposer des lectures du présent qui font ouvertement fi des faits, il y a urgence, et les historiens l’ont bien compris : on attend également l’Histoire populaire de la France. Du XIVe siècle à nos jours, promise par G. Noiriel. Pour autant, le défi n’était pas mince : on ne peut que remercier M. Zancarini-Fournel et son éditeur G. Chamayou, de l’avoir relevé.

Le défi était d’autant plus lourd que l’histoire populaire instaure non seulement un autre rapport aux sources et aux acteurs du passé, mais exige une autre narrativité, plus vivante, attachée à transmettre les émotions des acteurs et la complexité de leurs motivations. Et c’est peut-être par là qu’elle se distingue légèrement de l’ « histoire vue d’en bas » de E. P. Thompson ou E. Hobsbawm, dont elle est issue. M. Rediker, qui représente la relève américaine de cette histoire populaire, considère ainsi que « l’historien doit avoir le regard du romancier sur ses personnages » [1]. Lui-même évoque les récits populaires du Kentucky que lui racontait son grand-père. M. Zancarini-Fournel ouvre son livre sur l’évocation des « récits de [s]es grands-parents et de [s]es parents », qui ont forgé son imaginaire. On laissera les lecteurs juger si elle a réussi à donner à son récit le souffle qui a fait le succès de ceux de Zinn, Thompson ou Rediker.

(...)

Deborah Cohen

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Histoire des immigrations en France : un bel outil pédagogique...

11 Mars 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Histoire

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Dans le cadre toujours émouvant de la Cité de l’immigration à Paris, a été présentée le 1er mars dernier une production dont Canopé peut être fier : Histoire des immigrations en France, un double DVD qui sera utile aux enseignants pour travailler sur cette histoire longue qui, à bien des égards, a construit notre pays.

Ouverte par Benjamin Stora, dans cette Cité de l’immigration qui fête ses dix ans (mais n’a été inauguré qu’en 2012 !), la séance a alterné présentation du DVD et mini-débats sur la place de cette histoire dans notre imaginaire, l’importance d’une appropriation de celle-ci par ceux qui l’ont faite ou en sont les héritiers, en présence d’historiens qui interviennent dans le DVD, de sociologues et d’enseignants. Ainsi, Gilles Manceron, historien spécialiste du colonialisme français, a-t-il plaidé pour une meilleure connaissance de l’histoire coloniale pour comprendre les continuités jusqu’à notre présent.

Dans la dernière table ronde, après la projection passionnante de séquences pédagogiques en collège et lycée, deux enseignantes dont on voit le travail en classe, nous ont proposé une réflexion stimulante autour d’histoire et mémoire. Véronique Servat a notamment plaidé pour qu’un tel travail soit pleinement intégré aux programmes scolaires, trop timides à son goût suite aux pressions exercées sur le Conseil supérieur des programmes, et pas réservé aux projets. Mais en même temps, Valérie Morin, professeure-relais à la Cité de l’immigration, a rappelé l’intérêt de construire avec les élèves des projets interdisciplinaires.

L’outil vidéo se compose de deux DVD comprenant 15 films d’une durée totale de 5h30 : le premier retrace 150 ans d’histoire jusqu’en 2008, en dix périodes, avec force documents et commentaires d’historiens, le second exploite les ressources de la Cité de l’immigration, en particulier la « galerie des dons » où sont exposés des objets symboliques depuis la modeste valise jusqu’au coffret en marqueterie ou la bouleversante « tête en mie de pain » venue des prisons argentines. On trouve aussi dans ce DVD 2 un film sur l’immigration portugaise et une « histoire de banlieues et de quartiers ». Les deux DVD sont accompagnés d’un livret pédagogique de 32 pages.

Jean-Michel Zakhartchouk

À lire également :

Qu’est-ce qui ne va pas avec l’arabe à l’école ?
Antidote n° 20, par Françoise Lorcerie

La parole des uns pour l’éveil des autres
« 100 témoins, 100 écoles » à Mayotte

Enfants de l’immigration, une chance pour l’école
Recension du livre de Marie-Rose Moro, Bayard, 2012

Histoire et mémoire des immigrations
Par Françoise Lorcerie

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Quand Emmanuel Macron se pique de pédagogie, d'Histoire et... se plante!

9 Mars 2017 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education, #Histoire, #Macron

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Je ne résiste pas au "plaisir" de vous faire prendre connaissance de ce petit morceau d'anthologie:

Sources Europe 1 et France Culture

Le candidat d'En Marche! à la présidentielle a précisé jeudi l'idée qu'il se faisait de l'enseignement de l'Histoire dans les écoles.

Le candidat d'En Marche! à la présidentielle, Emmanuel Macron, a précisé jeudi l'idée qu'il se faisait de l'enseignement de l'Histoire. "Il ne faut pas enseigner l'Histoire comme un bloc de vérités mais essayer d'en donner l'épaisseur" a expliqué Emmanuel Macron sur France Culture, estimant qu'on pouvait "innover sur le plan pédagogique en enseignant pas simplement des dates" mais en donnant "l'accès à des traces de l'Histoire, des manuscrits, en dépliant la capacité à représenter".

(Note du webmaster:

donc pour Monsieur Macron, l'enseignement de l'Histoire se fait encore par l'apprentissage par coeur de dates et qu'il conviendrait donc d' innover en donnant accès à des traces de l'Histoire, des manuscrits, en dépliant la capacité à représenter".

Depuis combien d'années Monsieur Macron n'a-t-il pas mis les pieds dans une salle de classe, notamment dans celle des professeurs d'Histoire/géographie/EMC de ce pays? Le jour où il daignera le faire, il s'apercevra que ce qu'il appelle "innovation" est DEJA pratiqué)

"Roman totalitaire". Au même titre qu'il souhaite "ramener de la complexité" dans le débat politique, Emmanuel Macron a émis l'idée d'enseigner "un roman national" qui ne soit "pas un roman totalitaire, une vérité d'Etat enseignée sans aucun recul". "Beaucoup de candidats à droite et à l'extrême droite utilisent le terme d'identité nationale pour replier la France sur, en quelques sortes, la haine de l'autre, le fantasme d'un passé qui n'a peut être jamais été" a dénoncé le candidat d'En Marche!, qui "croit beaucoup plus au concept d'appartenance à une Nation".

Une "composante de la fierté française". Plutôt que "d'imposer" des programmes d'Histoire, ce qui ne serait selon lui "pas le rôle d'un président de la République", Emmanuel Macron a expliqué concevoir "l'éducation et la culture comme une composante de la fierté française"*. Pour définir l'enseignement de l'Histoire, "le ministre (de l'Éducation nationale) a un rôle important, les enseignants ont un rôle important et il faut un vrai débat pédagogique sur ce sujet" a-t-il plaidé.

* Commentaire du webmaster: ?????????????

"Ce qui est important c'est que, dans l'Histoire, on ait toujours cette part d"herméneutique, mais qu'elle ne vienne pas déconstruire ce rapport... Allez, allons-y puisque c'est un débat qu'il faut lancer, à la vraie identité française"

Emmanuel Macron

La "vraie identité française"?...

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Exposition « Shoah et bande dessinée » : la force des images pour raconter l’indicible... (+ videos)

6 Mars 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Histoire

Jusqu’au 30 octobre 2017, le Mémorial de la Shoah fait découvrir, notamment aux collégiens et lycéens, comment l'Holocauste a été représenté par le 9e art.

L’idée d’une exposition sur la représentation de la Shoah à travers la BD, portée par Didier Pasamonik, éditeur de bandes dessinées, et Joël Kotek, historien, était dans les cartons du Mémorial de la Shoah depuis une bonne dizaine d’années. Jusqu’au 30 octobre 2017, les visiteurs pourront découvrir 190 planches, pour la plupart originales, abordant la question du génocide (juif, mais aussi arménien, tutsi, tzigane…).

Au total, les oeuvres de 90 auteurs sont exposées au Mémorial de la Shoah, à Paris. Elles permettent de découvrir d’une façon pédagogique, comment le “9e art” a représenté l’Holocauste.

Shoah et bande dessinée” retrace l’historique de la représentation de l’indicible dans la BD : au départ, au lendemain de la guerre, les artistes dessinent la Shoah d’une façon réfractée (à travers des métaphores, ou d’une manière très fugace), puis ils décident de la montrer clairement à partir de 1955, avec “Master Race”, de Bernard Krigstein, jusqu’à l’oeuvre la plus connue : “Maus”, d’Art Spiegelman (1986).

Toutes ces oeuvres sont à retrouver lors de l’exposition, au milieu d’une multitude d’autres bandes dessinées de grande qualité, qui permettent de se plonger dans l’Histoire à travers le dessin. De la BD franco-belge aux Comics, en passant par les mangas, le visiteur constatera à quel point la Shoah a marqué la narration graphique, longtemps considérée comme réservée aux enfants.

(...)

Fabien Soyez

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