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Vivement l'Ecole!

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Comment former des profs innovants?...

29 Juillet 2017 , Rédigé par L'Etudiant Publié dans #Education, #Formation

Comment former des profs innovants?...

Publié le

Peut-on apprendre à innover ? Oui, selon Lasalle Beauvais et l’Insa Toulouse qui ont mis en place des dispositifs de formation à l'innovation présentés lors des QPES (Questions de pédagogie dans l'enseignement supérieur), du 17 au 19 juin à Brest.

Comment forme-t-on les enseignants à l’innovation ? C’est une des questions à laquelle ont essayé de répondre les participants du 8e colloque des QPES (Questions de pédagogie dans l'enseignement supérieur) organisé à Brest du 17 au 19 juin 2015. Un enseignement difficile à définir et encore à l’état d’expérimentation, selon Tiphaine Liu, chercheuse en innovation à l’ENS Cachan. "Former à l’innovation signifie lui donner une forme, ce qui peut paraître paradoxal. L'enseignement permet d'‘outiller’ et de ‘pousser’ à l’innovation", avance la chercheuse.

À Lasalle Beauvais, la pédagogie érigée en stratégie

Depuis 2012, l’Institut Lasalle Beauvais s’est donné comme mission de soutenir le développement pédagogique des enseignants avant de proposer des outils innovants, explique Pascale Rigaud, directrice des études. Première étape : la pédagogie a été réinscrite dans le plan stratégique de l'établissement, et un conseil de perfectionnement en pédagogie, qui se réunit une fois par an, a été créé.

Un "rendez-vous pédagogique" a lieu une fois par mois autour de thèmes tels que l'évaluation interactive d'un rapport de stage, le cours idéal ou encore l'évaluation des apprentissages. Objectifs : échanger sur les pratiques pédagogiques et les difficultés rencontrées. Entre 25 et 30% du corps enseignant qui se compose d'une centaine d'enseignants-chercheurs a déjà participé à ce type de rencontre, précise Pascale Rigaud. "C’est évidemment sans obligation, car l'innovation ne doit pas être une injonction", précise Pascale Rigaud. Trois jours de formation continue facultatifs, mais obligatoires pour la petite dizaine de nouveaux entrants, sont également proposés chaque année.

Cette pratique réflexive individuelle puis collective favorise l'émergence de l'enseignant innovant.
(P. Rigaud)

La cellule d'appui à l'enseignement centralise l'ensemble de ces actions. "Cette pratique réflexive individuelle puis collective favorise l'émergence de l'enseignant innovant, avance Pascale Rigaud. Aujourd’hui, il y a une vraie visibilité de cette cellule d'appui. La moitié des enseignants ont participé à au moins une des actions proposées et 78% déclarent avoir changé leurs pratiques. "

Cinq conseillers pédagogiques ont également été nommés afin d’assister les nouveaux  enseignants et de soutenir les innovations des plus expérimentés. C’est l’évaluation des enseignements par les étudiants, mis en place depuis une douzaine d'années, qui sert d’indicateur qualité. Environ 20% des enseignants ont même démarré des classes inversées.

Le dispositif semble rencontrer l'adhésion des enseignants, assure Pascale Rigaud, mais attention au "clivage qui peut se créer entre ceux qui ont entamé une démarche de pédagogie active et ceux qui n'ont pas commencé", prévient-elle.

À Toulouse, les jeunes enseignants ciblés

Cible privilégiée : les nouveaux entrants. C’est vers ces jeunes enseignants que l’Insa de Toulouse, l’INP Toulouse, les Mines d’Albi et l’ISAE ont mis l’accent à travers le projet "DEFI Diversités" labellisé Idefi en 2012. Difficile, selon le responsable de la pédagogie à la direction des études, Christophe Romano, car les enseignants, qui n'ont pas été formés durant leurs études, ne s'intéressent pas tous à la pédagogie.

"Nous avons commencé doucement en proposant une demi-journée puis nous avons accéléré." Aujourd’hui, l’Insa propose une formation sur 10 jours la première année, et 5 jours la deuxième année. "Nous commençons par expliquer ce qu'est la pédagogie, nous les aidons à construire un enseignement, et nous travaillons sur les bonnes pratiques dans l'enseignement traditionnel sans aller tout de suite sur l'innovation. Petit à petit, nous introduisons des notions de pédagogie active." Le cycle se termine par deux journées autour de l'apprentissage par problèmes et par projets. 55 enseignants ont à ce jour bénéficié de ce dispositif.

Moodle, Mooc, APP (Apprentissage par problèmes et par projets)... À l'issue de leur formation, une trentaine d'ateliers de deux ou trois heures chacun sont proposés. L’école fait le pari de la durée : "Nous passons une sorte de contrat moral avec eux pour qu’ils suivent une dizaine d'ateliers sur l’année, souligne Christophe Romano. L’idée est de transmettre le virus…"

Morgane Taquet

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La formation continue des enseignants doit être AUSSI un projet personnel...

15 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Formation

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Ecrit en 2009

 

La formation doit aussi être un projet personnel

 

A un moment où les enseignants – et plus généralement les fonctionnaires – sont invités ou menacés de flexibilité, de mobilité, voire de redéfinition de leurs missions1… il est urgent de réfléchir concrètement aux moyens de faire bouger les lignes, d’étudier ce qui pourrait favoriser des changements qui soient des avancées pour tous.

 

Les enseignants sont souvent critiqués pour leur (supposé) immobilisme. Il est fréquent de lire dans la presse, sur des blogs, des jugements sévères sur l’École et son fonctionnement, pointant la responsabilité des enseignants qui seraient accrochés à leur statut, incapables de s’adapter au monde d’aujourd’hui, attachés à des savoirs académiques décalés et à des pratiques pédagogiques dépassées : bref un peu « fossilisés ». Nous ne nions pas l’existence de tels enseignants et il ne s’agit pas ici d’adopter un point de vue corporatiste. Mais - ce qu’ignorent ceux qui ne fréquentent pas le monde de l’École – c’est qu’il s’agit d’un système professionnel qui est lui-même immobile.

 

Les formations, quand elles existent, ne sont plus qu’octroyées au compte-goutte. Elles ne sont pas professionnalisantes. Elles ouvrent peu sur le monde extérieur (et après on reproche aux professeurs d’être fermés au monde de l’entreprise ?). Elles ne conduisent à aucune « promotion ». Certes, ont été créés des concours internes (CAPES interne, Agrégation interne…) mais il ne s’agit que d’un ascenseur limité compte tenu du nombre de postes offerts. Dans le monde de l’École, ceux qui se forment – sur leur temps personnel et avec leurs moyens propres – le font pour le plaisir, la gloire, l’intérêt. Pour ne citer qu’un exemple : l’université Paris-Diderot Paris 7 offre un Master recherche de didactique des disciplines. Ces « étudiants » (en fait professeurs en titre parfois chevronnés), venant pour certains de province chaque semaine pour assister aux séminaires, consacrant leur temps libre pendant deux années en moyenne pour l’obtention du Master… ne toucheront pas un centime d’euro de plus sur leur salaire. Ils pourront, dans certains cas, envisager plus facilement des postes dans un IUFM (devenu ESPE) intégré à une Université, mais, compte tenu des grilles indiciaires qui régissent la fonction publique, cela ne leur vaudra aucune réelle « promotion ».

 

Or, oui un enseignant peut avoir le désir de changer de métier, de monter dans la hiérarchie, de réorienter son projet professionnel. Mais quelles sont les possibilités concrètes offertes au personnel de l’éducation nationale ? Devenir inspecteur ou chef d’établissement ? Tout enseignant, toute personne travaillant dans la sphère scolaire, doit pouvoir construire – dans la perspective d’un Éducation tout au long de la vie – son projet personnel ; enrichir sa formation en enrichissant du coup la communauté éducative ; évoluer vers de nouvelles fonctions en y étant accompagné.

 

Il y a urgence à ce qu’une réflexion collective soit menée dans ce domaine. En réponse au Livre vert sur l’évolution du métier de la commission Pochard (janvier 2008 !), le ministère devait répondre par un Livre blanc sur la redéfinition du métier de l’enseignant. Il y a urgence décidément : quelles sont précisément les missions de l’enseignant ? Que propose l’institution pour aider chaque enseignant à évoluer et à devenir toujours plus performant ? Comment penser intelligemment l’articulation complexe entre projet individuel et projet collectif (au sein d’un établissement par exemple) ? Comment promouvoir un parcours, individuel - évalué de manière collégiale dans ce même établissement - et prenant en compte la cohérence du trajet de chacun ? Comment valoriser (y compris matériellement) les enseignants qui se forment ? Les interrogations sont nombreuses et, parce qu’elles touchent à l’évaluation des enseignants, sensibles : l’histoire a montré l’infantilisation qui sévit parfois et la démagogie qui peut aussi exister.

 

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

 

Aller plus loin

 

Pochard Marcel [sous la direction de] (2008) Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant. MEN.

[Rapport clair établi par la commission après une large consultation des acteurs. Il dresse un diagnostic de la condition enseignante et trace les contours des évolutions de la fonction et du métier qu’il conviendrait d’accompagner. Noter le constat sans appel à la question Quelles carrières professionnelles pour les enseignants ? « Débuts de carrière faiblement rémunérés, parcours de carrière ensuite trop « plats » et insuffisamment diversifiés, reconnaissance du mérite très limitée, fins de carrière non aménagées : les carrières aujourd’hui proposées aux enseignants ne permettent de valoriser correctement ni leurs compétences, ni leur engagement. », p. 193]

1- Voir le Livre vert sur la redéfinition du métier de l’enseignant remis par Marcel Pochard à Xavier Darcos le 4 février 2008.

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Le droit des enseignants à une formation avant et pendant toute leur carrière est inaliénable...

17 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Formation

Le droit des enseignants à une formation avant  et pendant toute leur carrière est inaliénable...

Une formation des enseignants, ambitieuse et continue… c'est possible !

Le droit des enseignants à une formation avant  et pendant toute leur carrière est inaliénable.

Un principe fondamental 

Tout enseignant a droit, en entrant dans le métier et tout au long de sa carrière, à l’accès à des formations diplômantes, prises en compte dans l’avancement et le calcul de son traitement et de sa retraite (moyen de compenser l’accès tardif au métier et juste retour sur investissement comme c’est le cas dans toute profession).

Trois piliers essentiels doivent constituer cette formation tout au long de la vie professionnelle

Celui concernant les  savoirs de référence (dits savoirs « savants » ou  académiques) 

Il s’agit du droit essentiel à une permanente mise à jour de savoirs qui évoluent très rapidement dans tous les domaines ; ainsi que de la réflexion théorique, plus proprement didactique, sur ces savoirs dès qu’ils doivent être enseignés. Universités, grandes Écoles, etc. doivent recevoir aussi comme mission d’offrir aux professeurs des enseignements de qualité, en prise avec les programmes scolaires et de s’ouvrir à des problématiques nouvelles portant sur toutes les grandes questions de sociétés (développement durable ; éducation à la santé ; questions de citoyennetés…) qui sont aujourd’hui inscrites dans les programmes. Si la spécialisation extrême est légitimement l’apanage des travaux universitaires, il n’est pas concevable que des enseignants en soient réduits à de « l’autodidactisme » sur des questions fortes, sociétales… parce que n’intéressant pas les chercheurs spécialistes. Universités et grandes Écoles ont aussi une fonction sociale, et ce d’autant plus, que la disparition des MAFPEN a créé un vide considérable dans la formation continuée des enseignants.

Celui concernant la  pédagogie proprement dite

Les ESPE doivent être chargées – parallèlement à leur rôle en formation initiale – de proposer des modules de formation continuée sur toutes les questions touchant à la connaissance de l’élève et des problématiques d’apprentissage (approches psychologique, cognitive, théories de l’apprentissage et du développement, sociologie du curriculum, etc.). L’hétérogénéité des publics, la complexification de certains savoirs imposent de considérer ces apports théoriques comme indispensables, à réactualiser en permanence, et totalement imbriqués aux savoirs eux-mêmes. Le suivi personnalisé des élèves suppose que les enseignants soient outillés pour penser des remédiations efficaces : les difficultés des élèves dans l’acquisition de savoirs fondamentaux ne sont pas imputables à ce qui serait une « mauvaise pédagogie » ; mais, à la nécessité de prendre en compte des profils d’élèves très différents, des manières d’apprendre diverses, des obstacles parfois personnels face à tel ou tel apprentissage. Une formation très pointue sur ces questions (en lien avec des Universités de psychologie, de psycho-sociologie) ; une information large de tous les outils, écoles, méthodes existants déjà (avec des forums ou journées d’études faisant partie du service enseignant) est une priorité à mettre en œuvre rapidement.

Celui concernant les  savoirs professionnels transversaux à toutes les disciplines

Tous les cycles d’enseignement sont concernés ; on pourrait même y inclure les enseignants d’Université qui découvrent les difficultés à enseigner face à de jeunes bacheliers. De telles formations/informations doivent prendre en compte la complexité de besoins professionnels couvrant des champs de plus en plus vastes. Ces derniers peuvent être purement personnels (tel enseignant ayant conscience d’un « manque » dans sa pratique et souhaitant se former) ; émaner d’équipes enseignantes (pour assurer efficacement un projet pédagogique d’établissement) ou émerger ponctuellement dans un contexte spécifique (situation de crise particulière ou terrain difficile). 

Les thématiques sont de plus en plus variées : communication, travail sur la voix, gestion du stress, gestion des conflits, travailler en équipe, gérer des groupes, accompagner des projets, connaître les nouvelles technologies et leurs usages pédagogiques, faire face aux violences scolaires, aider les élèves dans la construction de leur projet professionnel … la liste est sans limite.

Chaque enseignant doit pouvoir trouver dans l’Institution des réponses à ses problèmes professionnels qu’il se pose – ce qui n’est pas incompatible avec des démarches personnelles - et que l’Institution lui pose par sa nécessaire adaptation aux demandes du temps.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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