Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Articles avec #fn tag

L’école de Le Pen: de refus en restaurations, vers une école d’Ancien Régime?...

5 Mars 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #FN

Résultat de recherche d'images pour "ancien regime"

Ce n’est pas l’instrumentation de Jean Zay qui peut transformer en programme progressiste une vision éducative qui rompt avec les principes mêmes de l’école républicaine.

Depuis la publication de son projet présidentiel[1] le 4 février dernier, on sait de quelle vision de l’école est porteuse la candidate à la présidence de la République Marine Le Pen.

Elle s’exprime plus particulièrement dans deux chapitres, Une France qui transmet et se transmet, et Une France qui crée et qui rayonne, ainsi que dans quelques autres des 144 engagements constitutifs de ce programme présidentiel.

Au fil de la lecture, on note les verbes « rétablir » (3 occurrences), « restaurer », « refuser » (2 occurrences), « supprimer » (ou le nom « suppression »), « revenir sur », « mettre un coup d’arrêt » qui traduisent à la fois une volonté de s’opposer et de revenir en arrière. Volonté que peuvent exprimer aussi les verbes « revaloriser » ou « instaurer ». 

Que s’agit-il de refuser, de supprimer, sur quoi faut-il revenir dans l’enseignement scolaire ? Suppression progressive du collège unique (engagement 81) allant de pair avec l’autorisation de l’apprentissage à partir de 14 ans. Refus du principe de discrimination positive (engagement 99). Suppression de l’enseignement des langues et cultures d’origine –ELCO- (engagement 101). Revenir sur la réforme des rythmes scolaires (engagement 104)

Que s’agit-il de rétablir ou restaurer ? L’autorité et le respect du maître (engagement 103), une véritable éducation musicale généraliste dans les établissements scolaires » (engagement 112).

Que faut-il instaurer ? Le port d’un uniforme à l’école (engagement 103).

Que faut-il revaloriser ? Le travail manuel (engagement 81), cette revalorisation étant associée à la suppression du collège unique.

(...)

Jean-Pierre Véran

Suite et fin à retrouver ci-dessous

Lire la suite

Extrême(s) droite(s) contre éducation, éducation contre extrême(s) droite(s)... Mercredi 1er mars 2017 à 19h Paris...

24 Février 2017 , Rédigé par Question(s) de classe(s) Publié dans #Education, #Politique, #FN

Résultat de recherche d'images pour "attention"

Soirée Questions de classes autour du dernier numéro de la revue N’autre école :

Extrême(s) droite(s) contre éducation,
éducation contre extrême(s) droite(s)

Mercredi 1er mars 2017 à 19h
Bar restaurant Le Lieu Dit - 6, rue Sorbier 75020 Paris

« Nous pensons qu’il y a un lien intime et nécessaire entre pédagogie et lutte sociale et que les réflexions, les luttes et les pédagogies se partagent ». Ainsi peut-on résumer la dynamique qui porte la revue N’autre école et le site Questions de classes, depuis leur lancement.

Sorti cet hiver, le numéro 5 de la revue consacre un long dossier aux extrêmes droites et l’école. Il incarne pleinement cette volonté de relier réflexions pédagogiques et luttes sociales et politiques.

Cette soirée au Lieu-Dit est l’occasion de se retrouver autour de certain-e-s auteur-e-s ayant contribué à ce numéro, en compagnie du collectif d’animation de la revue.

À partir de témoignages d’enseignants et d’habitants des communes au main du FN, de décryptages des thématiques au cœur de l’offensive réactionnaire (Histoire, culture, laïcité, etc.) et d’une cartographie de la nébuleuse des "réac-publicains", ce numéro ne se contente pas de décortiquer le programme éducatif des droites extrêmes, il met en lumière ses enjeux, son histoire, sa diffusion... et surtout envisage des pistes, sociales, syndicales, politiques et pédagogiques pour reprendre l’initiative.

Ce dossier entend ne pas laisser le monopole de la contestation de l’école telle qu’elle est, c’est-à-dire déjà trop inégalitaire et autoritaire, aux seuls « réac-publicains ». Comment résister ? Puisque la démocratie est en crise, il s’agit de la repenser dès l’école où les élèves construisent des savoirs partagés et s’approprient une connaissance méthodique et poétique du monde. C’est aussi là qu’ils et elles peuvent expérimenter des formes de vie collective, apprendre à coopérer et à agir ensemble dans la réciprocité. La passion de l’égalité pour donner une perspective à la vie, en somme.

Composé de militantes et de militants de différents horizons syndicaux, associatifs et sans étiquette, Le collectif d’animation travaille à diffuser une réflexion critique pour que les luttes pour une autre école dans une autre société se construisent chaque jour, à la base, sur le terrain, dans les AG, dans la rue et les quartiers.

La soirée permettra de (re)découvrir la revue N’autre école, le site coopératif Questions de classes et la collection de livres N’autre école aux éditions Libertalia.

Bar restaurant Le Lieu Dit - 6, rue Sorbier 75020 Paris - 01 40 33 26 29 - contact chez lelieudit.com : http://lelieudit.com/Extreme-s-droite-s-contre-education-education-contre-extreme-s-droite-s

Lire la suite
Lire la suite

A Voir... Chez Nous... Lucas Belvaux... Sortie le 22 février...

22 Février 2017 , Rédigé par Youtube - Télérama Publié dans #Cinéma, #FN

De coiffeuse dans Pas son genre, elle est devenue infirmière à domicile : revoici Emilie Dequenne (immédiatement convaincante, à nouveau) en héroïne quotidienne du nord de la France. Mais la cohésion sociale, qui semblait encore relier les habitants modestes d'Arras dans le précédent film de Lucas Belvaux, a disparu au sein de cette petite ville imaginaire, située entre Lens et Lille. La précarité, le chômage et l'isolement font mourir les gens à petit feu (c'est le thème de la première scène), ou bien les dressent les uns contre les autres. De sorte que le parti populiste appelé le Bloc patriotique (toute ressemblance avec une formation existante est délibérée) n'a plus qu'à peaufiner sa stratégie, à l'approche de l'élection locale. Il s'agit de recruter une tête de liste unanimement appréciée sur place. Le notable dévoué au parti que joue André Dussollier (excellent, lui aussi) jette son dévolu sur Pauline l'infirmière. D'abord abasourdie (son père est un ancien métallurgiste gauchiste), puis flattée, elle se laisse convaincre.

(...)

Louis Guichard

Suite et fin de la critique de Télérama en cliquant ci-dessous...

Lire la suite

Extrême(s) droite(s) contre l’éducation...

21 Février 2017 , Rédigé par Questions de classe(s) Publié dans #Education, #Politique, #FN

Résultat de recherche d'images pour "front national danger"

Connaître & comprendre pour mieux combattre... ensemble !

Dans le prolongement du stage Extrême(s) droite(s) contre l’éducation (Bourse du travail de Saint-Denis, mai 2016), les organisations à l’initiative de cette rencontre ont rédigé un argumentaire de 4 pages contre l’offensive des extrêmes droite sur l’école... Il est possible de commander ce document en écrivant à Q2C.

JPEG - 1.3 Mo
4 pages intersyndicale extrêmes droites contre éducation à télécharger

Au sommaire

- Combattre ensemble !

- Leur école n’est pas la nôtre !

- Une obsession historique

- Une rhétorique conspirationniste

- Ces réseaux à l’assaut de l’école publique

- L’école laboratoire de la rééducation frontiste

- Bibliographie et sitographie

L'ensemble des textes est à retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous

Lire la suite

Macron et Le Pen, fomenteurs d'une crise politique majeure...

20 Février 2017 , Rédigé par La Tribune Publié dans #Politique, #FN

Résultat de recherche d'images pour "crise"

Que l'un ou l'autre remporte l'élection présidentielle, la majorité sera introuvable à l'Assemblée nationale et la crise assurée. Par Virginie Martin, Politologue

Les dernières études nous prédisent chaque semaine la fin des partis traditionnels. De sondage en sondage, le candidat LR se tasse et le candidat PS a du mal à accrocher une première ou une seconde place. Bien sûr, il ne s'agit que de sondages et on espère encore que la démocratie ne passe pas par ces seuls instituts.

Cependant, faisons ici un peu de prospective, car, à force d'être focalisé sur la présidentielle et ses deux tours on oublie l'essentiel, à savoir les élections législatives... Autrement dit nous avons une élection à 4 tours.

Or, les deux candidats qui ne sont pas dans le système des partis de gouvernement que ce soit Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, ne nous disent rien de la suite de leur scénario en cas d'élection. Pourtant, l'élection de l'un ou l'autre de ces deux candidats conduira, assurément, à une crise politique et institutionnelle de très grande ampleur. Car, vouloir renverser la table est une chose, mais créer de toutes pièces une crise de régime en est une autre.

Une vraie crise politique

Et en effet, les deux scénarii nous amènent à deux impasses : celle de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale.

Même si son projet ne semble pas être très différent par certains points de la gauche, par d'autres de la droite, le cavalier Macron aura bien des difficultés à construire une majorité "En Marche" à l'Assemblée nationale. Il ne pourra pas compter sur les primo-arrivants en politique et devra se contenter de recycler sous la bannière EM des anciens du PS ou de LR. Un calcul qui n'atteindra certainement jamais la barre des 288 députés ; au mieux, il pourrait avoir un groupe à l'Assemblée nationale. À moins qu'il ne fasse des tractations qu'il semble pourtant tellement reprocher aux partis traditionnels...

De fait, le calcul de Macron est-il en une année de créer en France une des crises politiques majeures pour au final ne proposer rien d'autre que ce que l'on trouve déjà ici où là à gauche comme à droite ? Juste une aventure personnelle qui ne peut aboutir qu'à une cohabitation et à un président qui sera considéré comme illégitime tant il n'a pas d'expérience politique de terrain, qu'il n'aura jamais été élu localement, qu'il ne sait somme toute pas grand-chose des fonctions régaliennes... bref le président Macron en cohabitation sera un Chirac sans socle ou une reine d'Angleterre sans héritage. Tout ça pour ça ?

Et par ailleurs, selon la majorité à l'AN, quel Premier ministre ? Manuel Valls ? Benoit Hamon ? Xavier Bertrand ? François Fillon ?

Quelle majorité pour Marine Le Pen, quel Premier ministre?

Dans le cas de l'élection de Marine de Pen ; le scénario est identique (ou quasi) : la majorité à l'AN ne sera pas atteinte par le FN et les députés frontistes pourront là aussi peut-être avoir un groupe, mais seront bien loin de pouvoir compter sur une assise à l'Assemblée nationale.

Une cohabitation sera dès lors en route avec un Premier ministre LR ou PS ? Rien n'est moins sûr et quel responsable politique acceptera un tel poste ? Pour quel gouvernement ?

À moins qu'une droite dure se mette en place sortie tout droit de chez LR. Marine Le Pen ne pourra pas appliquer son programme tant les contre-pouvoirs seront forts, mais elle pourra donner à coup sûr quelques signes de sympathie à un Trump ou un Poutine.

La fin du clivage gauche-droite, vraiment?

Finalement, à leur façon et parce que la Ve République les y oblige, Macron rejoindra après moult tractations la gauche, et Le Pen se rangera à droite... la fin du clivage qu'ils disaient... À moins que le libéralisme de l'un rebute la gauche de Mélenchon et même celle de Hamon et que l'électorat populaire de Le Pen ne soit rebuté par une droite dure.

Au total, ces deux candidats, l'un par simple et brutale ambition personnelle, par dandysme politique, l'autre par volonté de faire de la France un autre type de pays, au total ces deux candidats pourraient nous préparer à une crise institutionnelle majeure.

Deux solutions à ces scénarii en forme d'impasse : l'éthique de responsabilité, chère à Max Weber, qui pourrait traverser la conscience politique de l'un ou de l'autre et laisser la place ? Ce schéma n'étant guère probable alors il est à souhaiter que celui qui sort vainqueur de cette présidentielle soit issu de nos bons vieux partis traditionnels, corps intermédiaires qui sont encore capables d'éviter une dérive vers une forme de démocratie directe.

Virginie Martin

Lire la suite

Le programme du FN sur l’école... Plus indigent que sinistre ou plus sinistre qu’indigent ?...

19 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #FN

Jean-Michel Zakhartchouk/7 décembre 2015

Le premier tour des élections régionales du 6 décembre a donc placé le Front national en tête dans plusieurs régions et au niveau national. Ceci étant posé avec toutes les précautions liées au taux d’abstention très important (proche de 50%), particulièrement chez les 18-25 ans qui sont 64% à ne pas être allés voter -et 30% à avoir voté FN. Rien de rassurant. En cette semaine d’entre-deux tours, alors que le FN est en situation de maintenir un candidat dans chaque région, nous republions cet article de mars 2015 qui décortique son projet en matière d’éducation, quand ses responsables se gardent bien de le détailler dans les médias.

Si l’on veut connaitre les positions précises du Front national sur l’école, on ne peut se référer sur le site officiel qu’à un ensemble assez court qui apparemment date de la fin du quinquennat de Sarkozy et qui n’a pas été mis à jour. Certes, depuis a été créé le collectif Racine, les enseignants «  bleu marine  » dont j’ai parlé dans un précédent billet et qui régulièrement publient des communiqués qui vont toujours dans le sens de la nostalgie d’un passé mythifié et de la soi-disant «  restauration  », dans le démolissage de toutes les initiatives gouvernementales et dans le soutien aux mouvements les plus réactionnaires dans le domaine scolaire.

Mais revenons au programme FN qui ose se qualifier de «  refondateur  » – il sera peut-être prochainement réactualisé, probablement en allant vers le pire puisqu’on suppose que les reproches adressées à l’école de Sarkozy ne sont rien par rapport à l’attaque en règle contre l’école «  socialiste  » (théorie du genre, interdisciplinarité ou fin des bourses au mérite…).

D’abord, je me suis demandé qu’est-ce qui distingue ce programme des positions sur l’école de ceux qui pilonnent sans cesse le «  pédagogisme  » ? Sans doute la radicalité et l’extrémisme, mais au fond pas tant de choses. On trouve l’affirmation de l’autorité-rataplaplan, la référence à la culture nationale, la verticalité du rapport maitre/élève, la condamnation du collège unique et le recours à la sélection précoce, le recentrage en primaire sur le français et le calcul (on ne parle même pas de mathématiques et l’on réduit le français aux règles d’orthographe et de grammaire).

Ce qui frappe quand même, c’est l’extrême fermeture de cette école : fermée aux nouvelles technologies, à l’histoire européenne et mondiale, au monde du XXIe siècle. On objectera que le mot «  ouverture  » est présent dans la phrase : «  L’école doit aussi donner au citoyen les moyens de subvenir à ses besoins et à ceux des siens, sachant qu’il changera probablement trois ou quatre fois de métier au cours de sa vie active. Les programmes doivent présenter les fondamentaux de chaque matière dans une perspective d’ouverture.  » Mais on ne voit pas bien ce que signifie ici cette «  ouverture  » qui devrait, si on prend le début «  subvenir à ses besoins  » (remarquons le caractère réducteur de la formule, digne d’une mauvaise rédaction de troisième), être justement une conception large des compétences du siècle présent (savoir s’exprimer à l’oral, travailler avec les autres, se constituer un esprit critique, pour pouvoir par exemple décoder un tract du FN…) qui ne se trouvent absolument pas dans ce «  programme  » rudimentaire.

Beaucoup de fausse naïveté : dans un programme global, les solutions aux manquements à l’autorité qui sont proposées sont : «  se lever quand le professeur entre en classe, bannir le tutoiement par l’élève de l’enseignant.  » On ne sait pas si cela s’étend à l’école maternelle d’ailleurs ! En oubliant, comme Sarkozy qui était friand de cette formule de l’élève qui se lève, que ce qui compte vraiment c’est ce qui se passe une fois qu’il est assis et que cela ne peut se régler par la multiplication de sanctions (alors qu’on sait que c’est plutôt un mauvais signe quand les établissements battent les records de conseils de discipline).

On est là dans les solutions simplistes, d’ailleurs irréalistes du FN, sauf à être dans un régime vraiment autoritaire qui très vite remplirait les prisons et les lieux de rétention spécialisés. La désinformation de l’opinion en la matière est faramineuse et j’en veux à certains intellectuels de se faire l’écho de cette désinformation, comme si le respect des professeurs et le combat pour plus d’autorité n’étaient pas déjà à l’ordre du jour de tous les établissements, mais sous d’autres formes et avec une vraie réflexion dans les meilleurs des cas. Cette histoire du laxisme généralisé est tellement éloignée de la réalité ! Au passage, le FN écrit : «  Depuis une quinzaine d’années, l’insécurité à l’école n’a cessé de progresser, de l’ordre de 10 % par an d’après les chiffres officiels. Or la transmission du savoir ne peut s’effectuer ni dans le chaos, ni dans l’anarchie.  » On aimerait les références à ces chiffres, mais la précision des données n’est pas le fort de ce parti, on le sait.

Sur les savoirs, on trouve très peu d’ambition, sauf pour «  l’élite  » à l’image des candidats aux élections départementales à mille lieues de ceux qui savent comme l’ancien élève HEC Filippot ou quelques rares lettrés réactionnaires et qui brillent par leurs manquements à l’orthographe dans leur tract (mais c’est sans doute la faute de notre école !) et ne savent pas parfois dans quel canton ils se présentent. Le FN parle de «  viatique  » limité. Eh bien, on y est dans le viatique limité, là.

Quels contenus ? «  Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble.  »

J’adore le «  vivre ensemble  », qui en langage FN signifie «  chez nous  », là où on ignore l’histoire de l’Afrique ou de l’Asie, la littérature mondiale. Quels textes de grands auteurs nous proposeront les programmes FN ? Le Hugo pourfendant la guillotine, le Zola de l’affaire Dreyfus que des journaux attaquaient parce qu’il n’était pas «  français de souche  » (expression récemment revendiquée explicitement par Marion Maréchal-Le Pen) ? Et de quelles grandes figures historiques est-il question ? Nul doute qu’on va être plutôt du côté de Zemmour et Casali que de Jeanneney ou Borne.

On trouve encore bien des choses qui ne déplairont pas à certains.

  • L’insistance sur le fait que le maitre «  sait  » : il n’est jamais question de chercher ensemble, de travailler avec les élèves sur les manières non pas de «  construire les savoirs  » au sens où l’entendent les réactionnaires mais de comprendre comment on peut savoir quelque chose, comment on va chercher à le savoir, le trier, le vérifier, à l’heure d’internet. Tout cela est totalement absent, mais il est vrai qu’on aime bien obéir à un chef aveuglément, sans trop réfléchir, au FN…
  • L’école «  sanctuaire  », ce qui veut dire le rejet de l’état d’esprit «  pédagogiste  » qui n’est guère défini, un état d’esprit qui est en tout cas FN-incompatible, c’est vrai !
  • La flatterie envers le professeur, avec une hostilité marquée envers le monde des parents qui aurait tendance, suggère-t-on, à se considérer comme «  client  », comme si c’était un fait général. Mais il est vrai que ceux qui ne maitrisent pas la langue française devront la fermer ou suivre des cours obligatoires (comme ceux qui la manient avec vulgarité à travers leurs tweets racistes, n’est-ce pas ?)
  • L’installation de portiques de détection des métaux, comme remède à la violence (mais il s’agit ici de faire peur en laissant penser que les armes entrent à l’école).
  • Le maintien obligatoire de la note (ils devraient dire d’ailleurs son rétablissement là où elle a été supprimée). Et réacs de tous bords d’applaudir, non ? Michel Onfray, ça fait partie des vérités dites par la Droite extrême ? Dans la foulée, le Bac sans le moindre contrôle continu, mais avec beaucoup plus de sélectivité. Pourquoi pas un mot d’ordre : 20 % d’une classe d’âge au niveau du bac pour 2020 ?
  • La démagogie d’une phrase telle que «  les efforts de réduction d’effectifs seront concentrés sur l’administration centrale du ministère de l’Education nationale  », comme si cela pouvait représenter quelque chose de significatif en matière de dépenses.

On peut relever bien entendu tout ce qui est absent de ce programme, en plus de ce que j’ai noté plus haut : le travail d’équipe, les projets, le développement de la créativité et de compétences civiques et sociales, le souci de réduire les inégalités (et on dit que le FN se préoccupe des classes populaires !), la réduction de la fracture numérique, sans oublier le partage d’une culture artistique par tous. Et bien entendu, tout ce qui aurait un rapport même lointain à la construction d’une conscience européenne ou de «  citoyen du monde  ».

En fait, si les aspects nationalistes sont un peu accentués par rapport à la doxa anti-pédagogique, on retrouve bien des thématiques qui justifient le soutien clairement exprimé du FN et du collectif Racine aux syndicats réactionnaires et anti-réformes aux élections professionnelles de l’Éducation nationale, ainsi que celles de ces intellectuels qui font honte à la pensée dès qu’ils parlent de l’école (les Finkielkraut, Julliard, Comte-Sponville). Je connais les sophismes de ces derniers : en gros, on a laissé l’autorité, la transmission, l’histoire nationale, etc. au FN, il faut les revendiquer. Or, on ne parle pas de la même chose quand on parle de tout cela, «  on  » n’a rien laissé à personne, les pédagogues qui se respectent sont les premiers à revendiquer la connaissance, la nécessaire autorité (mais pas celle qui diminue les pouvoirs de chacun, celle qui aide à se construire), mais aussi bien sûr les outils de la citoyenneté nécessaires pour s’opposer aux idées folles et plus que démagogiques du FN et de quelques autres. Il faut bien dire qu’on est loin d’avoir réussi à faire passer ces idées.

Plus que jamais, il faut démonter le discours de l’extrême-droite, même masquée et s’opposer à sa «  résistible ascension  ».

Billet publié sur le blog de Jean-Michel Zakhartchouk.

http://blog.educpros.fr/Jean-Michel-Zakhartchouk/2015/03/17/plus-indigent-que-sinistre-ou-plus-sinistre-quindigent-le-programme-du-fn-sur-lecole/#more-604

Lire la suite

Jean Zay, figure de gauche et de la laïcité récupérée par le FN (et par d'autres)...

19 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Laïcité, #Politique, #FN

Résultat de recherche d'images pour "laicite front national"

Dessin de Jean-Marie Olaya pour Les Cahiers Pédagogiques

EXTRAIT

Des circulaires de celui qui fut ministre de l'Education nationale sous le Front populaire sont utilisées pour défendre de nouvelles attaques contre les musulmans. Hélène Mouchard-Zay, sa fille, s'attaque à ce «rapt».

Quand elle a vu ça, elle est «tombée de sa chaise», dit-elle à Libération. Hélène Mouchard-Zay est la directrice du Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv d’Orléans. L’objet de sa surprise figure dans le programme de Marine Le Pen, candidate du Front national à l’élection présidentielle. Voici sa proposition n°102, sur les 144 que compte son programme :

«Faire de l’école un "asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas" (Jean Zay), donc en y imposant non seulement la laïcité, mais également la neutralité et la sécurité.»

Laïcité, neutralité, sécurité ? Le programme de Marine Le Pen ne précise pas ce qu’elle entend par ces mots. S’agirait-il d’aller plus loin que la loi de 2004, qui interdit le port de signes religieux «ostensibles» à l’école ? Et si oui, de quelle manière ? Contacté, le directeur de la communication de la candidate, Florian Philippot, n’a pas répondu.

A défaut de préciser son propos, Marine Le Pen se réfère à une grande figure de l’Education nationale française, Jean Zay. Une figure de gauche aussi : ministre sous le Front populaire, résistant, Jean Zay a été assassiné par la milice française en 1944. Hélène Mouchard-Zay est sa fille et voir son père récupéré par le Front national la dérange beaucoup.

L’école, un «asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas» : ces mots sont bien de Jean Zay. Ils figurent dans une circulaire signée par le ministre de l’Education nationale le 31 décembre 1936, portant «sur l’absence d’agitation politique dans les établissements scolaires». A cette circulaire en succédera une autre, le 15 mai 1937, «interdisant le prosélytisme religieux». Elles sont toutes deux lisibles dans leur intégralité sur le site de la BNF. Au cours des dernières années, ces deux circulaires ont été régulièrement citées dans les débats sur la laïcité et l’école. Et les voilà qui reviennent donc dans le programme du FN. Mais que disent-elles vraiment ? Et surtout, dans quel contexte ont-elles été adoptées ?

Des circulaires pour contrer l’influence de l’extrême droite

Le contenu, d’abord. La circulaire du 31 décembre 1936 vise des méthodes d’agitation politique menées par des personnes ou des partis non désignés : «Ici le tract politique se mêle aux fournitures scolaires. L’intérieur d’un buvard d’apparence inoffensive étale le programme d’un parti. Ailleurs, des recruteurs politiques en viennent à convoquer dans une "permanence" un grand nombre d’enfants de toute origine scolaire, pour leur remettre des papillons et des tracts à l’insu, bien entendu, de leurs parents et les envoyer ensuite les répandre parmi leurs condisciples», dénonce Jean Zay. «On devra poursuivre énergiquement la répression de toute tentative politique s’adressant aux élèves ou les employant comme instruments, qu’il s’agisse d’enrôlements directs ou de sollicitations aux abords des locaux scolaires», ajoute-t-il.

La circulaire du 15 mai 1937 complète celle de 1936 en précisant que ces recommandations valent aussi pour les «propagandes confessionnelles» : «L’enseignement public est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements. Je vous demande d’y veiller avec une fermeté sans défaillance.»

Le contexte, ensuite. Dans un texte publié sur Facebook, et partagé notamment par l’actuelle ministre de L’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, Hélène Mouchard-Zay le rappelle : «Ceux […] qui, dans les années 30, menacent la laïcité, ce sont essentiellement les ligues d’extrême droite qui, pour détruire la République, maintiennent l’agitation dans les établissements scolaires et cherchent à y introduire leur propagande, par toutes sortes de ruses : tracts, recruteurs, enrôlement, etc. C’est contre les menées de ces ligues que Jean Zay veut protéger les enfants, et par la protection de la loi.»

Plus loin, Hélène Mouchard-Zay rappelle les liens historiques qui rapprochent précisément le Front national de ceux à qui Jean Zay s’opposait : «En 1940, c’est cette même extrême droite qui accueille comme une "divine surprise" (Maurras) l’accession au pouvoir, grâce à la victoire de l’Allemagne, de Pétain et de ce régime qui va s’empresser de mettre à mort la République, avant d’engager les persécutions contre ceux qu’il désigne comme "l’anti-France". Ses journaux, en particulier Gringoire et Je suis partout, ne cessent pendant toute l’occupation d’alimenter la haine contre les juifs et les résistants, et Jean Zay, depuis toujours détesté par l’extrême droite, continue à être l’une de leurs cibles principales. La milice s’engage activement dans cette chasse à mort contre les juifs et les résistants. Cette même milice qui assassinera Jean Zay en 1944… Le FN est l’héritier historique de cette extrême droite française, maurrassienne et pétainiste. Il ne s’en est jamais démarqué, et chacun peut constater l’inspiration maurrassienne des idées qu’il développe.»

Quant à la «neutralité» vantée par Marine Le Pen à travers ces circulaires, là aussi, Hélène Mouchard-Zay estime que la candidate du FN tape à côté de la plaque : «Jean Zay appelle les enseignants à la mobilisation pour la défense de la République et les valeurs qui la fondent. S’il refuse tout militantisme politique, idéologique ou religieux dans l’école, c’est au nom des valeurs qui fondent la République et que combat au contraire Marine le Pen : il veut une école qui apprenne à juger par soi-même et non à applaudir des hommes – ou des femmes – providentiel(le)s. Il veut une République ouverte, fraternelle, solidaire, qui n’exclut personne en raison de ses origines ou de sa religion, et dont le fondement est une école qui accueille tous les enfants, quels qu’ils soient, et qui tente de les ouvrir au monde.»

Une vision aux antipodes donc de celle que défend Marine Le Pen, qui voudrait voir l’interdiction des signes religieux, et notamment des voiles islamiques, étendue à tous les lieux publics… tout en favorisant l’enseignement privé hors contrat.

(...)

Frantz Durupt

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

A Lire... "La France identitaire - Enquête sur la réaction qui vient" par Eric Dupin...

17 Février 2017 , Rédigé par Eric Dupin Publié dans #Politique, #FN

Résultat de recherche d'images pour "La France identitaire - Enquête sur la réaction qui vient"

L’obsession de l’identité taraude une France bousculée par la crise et la mondialisation sur fond d’immigration mal intégrée. C’est ainsi que se développe une mouvance identitaire de plus en plus influente dans le monde politique et intellectuel.

Dans cet univers où l’on craint pour la survie d’un peuple français blanc et chrétien, on croise les jeunes militants de l’extrême droite identitaire mais aussi l’écrivain Renaud Camus, l’inventeur du « grand remplacement », ou encore Pierre Sautarel, l’animateur du site très fréquenté « desouche ».

Éric Dupin montre comment ce courant d’idées et de militants pénètre le Front national, même si ses thèses y sont discutées. Il interroge les intellectuels qui s’inscrivent, chacun à sa manière, dans la veine identitaire comme Alain de Benoist ou Alain Finkielkraut. Il examine comment cette question percute l’ensemble du champ politique, avec le témoignage de personnalités aussi diverses que Marion Maréchal-Le Pen ou Jean-Pierre Chevènement.

L’auteur s’interroge enfin sur la profonde mutation du peuple français et sur la crise du « vivre ensemble » qui imposent une redéfinition des valeurs républicaines. C’est l’un des grands défis pour une gauche désemparée par la question de l’identité et profondément divisée sur les réponses à y apporter. Une réflexion d’autant plus indispensable que la pulsion identitaire, avivée par le terrorisme islamiste, travaille l’ensemble des sociétés européennes.

205 pages, 17 €, parution le 2 février 2017.

En savoir plus en cliquant ci-dessous

Lire la suite
Lire la suite
1 2 > >>