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Vivement l'Ecole!

femme

Le "féminisme" vu par Eric Dupond-Moretti...

20 Juillet 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Femme

"Phrases sorties de leur contexte", d'après le Garde des sceaux... Salaud de "contexte"!

"Phrases sorties de leur contexte", d'après le Garde des sceaux... Salaud de "contexte"!

EXTRAIT

(...)

Depuis sa nomination au ministère de la Justice accompagnant la promotion de Gérald Darmanin à l’Intérieur, Eric Dupond-Moretti se voit rappeler ses prises de position pas franchement compatibles avec la «grande cause du quinquennat» qu’est l’égalité entre les femmes et les hommes. Les femmes qui «regrettent» de ne plus être «sifflées», Me too c’est très bien mais il y a quand même «des folasses qui racontent des conneries» et autres joyeusetés. Alors le garde des Sceaux a tenu à se défendre, hier soir au JT de France 2. Se disant favorable à une stricte égalité des droits entre les femmes et les hommes notamment du point de vue salarial, l’ex-ténor des prétoires a affirmé : «Je suis féministe et je le dis sans avoir à rougir.» Sauf qu’il a ensuite enchaîné avec tout plein d'arguments caricaturaux qui suggèrent l’inverse. Balayant «deux ou trois phrases sorties de leur contexte», il a rétorqué : «Le féminisme, c’est une très grande cause, mais il est dévoyé quand il est excessif.» Les militantes visées seront ravies d’apprendre ici qu’elles militent mal. «J’ai dit qu’il fallait condamner les salauds qui se tenaient mal avec les femmes. […] J’ai dit aussi qu’il était arrivé que des hommes soient accusés à tort.», a aussi tenu à rappeler «EDM». Et un point de plus pour l’écoute de la parole des victimes. Puis cette conclusion : «Moi je ne veux pas vivre la moralisation comme on la connaît aux Etats-Unis, je veux qu’un homme puisse prendre l’ascenseur avec une femme [c’est bien entendu le cas aux Etats-Unis, rassurez-vous, ndlr]. Et la guerre des sexes, franchement je trouve qu’elle est inutile.» Ça y est c’est bon, il semblerait que tous les arguments des vrais féministes aient été avancés.

(...)

Via ChezPol/Libération

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Se préparer à relever le défi de l’égalité...

17 Juillet 2020 , Rédigé par Sciences Po Publié dans #Inegalites, #Femme

Photo Guillaume Adjagba / Sciences Po

Photo Guillaume Adjagba / Sciences Po

Découvrir le programme du Certificat Égalité femmes hommes et politiques publiques avec Hélène Périvier et Najat Vallaud-Belkacem

Depuis 2019, le Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques forme les élèves de l'École d’affaires publiques et de l’École des affaires internationales de Sciences Po aux politiques de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes et les discriminations. Najat Vallaud-Belkacem et Hélène Périvier, les directrices de ce Certificat, nous présentent le programme pour l’année 2020-2021.

Pourquoi avez-vous créé le Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques ?

Najat Vallaud-Belkacem : Nous sommes convaincues que lutter contre les biais qui conduisent aux différences de traitements réservés aux femmes et aux hommes, ça ne s’improvise pas. Qu’il y a des méthodes à acquérir pour le faire. Des méthodes scientifiques et des leçons tirées du partage d’expérience. Nous voulons faire des étudiantes et des étudiants qui auront suivi ce certificat de futurs responsables au regard extrêmement aiguisé sur ces questions. Pour qu’ils deviennent des agents du changement, que ce soit dans le secteur public ou privé.

Hélène Périvier : Il s'agit de former des étudiantes et étudiants pour les préparer à relever le défi de l'égalité dans leur vie professionnelle, et plus largement dans leur citoyenneté. Nous souhaitons créer entre les élèves d'une même promotion une forme d'entraide et de solidarité en espérant que cet esprit se prolongera au-delà de leur scolarité pour porter l'égalité.

Lors de chaque séance du Certificat, vous invitez une personne à témoigner ou à présenter un état des savoirs. Comment choisissez-vous les thématiques abordées ?

Hélène Périvier : Nous essayons d'articuler savoirs académiques et mise en oeuvre pratique, avec des cours au premier semestre puis des études de cas au deuxième semestre. Le premier semestre propose un état des lieux par thématiques, comme le féminisme d'État, les inégalités de représentation en politique et les inégalités professionnelles.

Najat Vallaud-Belkacem : Rien de tel que d’être confronté à l’expérience pratique pour comprendre les écueils de la réalité au delà de la théorie ! Ce qui fait la force de ce Certificat c’est justement l’alternance d’éclairages théoriques et d’illustrations pratiques. Ce sont ces dernières qui permettent de comprendre les difficultés mouvantes rencontrées par les femmes dans certains mondes professionnels, la complexité à conduire des réformes, les techniques de débat et de communication...

Cette année, les élèves travailleront à partir d’études de cas portant sur des thématiques actuelles. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Hélène Périvier : L'idée derrière ces études de cas est de montrer que les politiques d'égalité doivent être pensées en cohérence avec les savoirs de la recherche, mais cela ne suffit pas : leur mise en oeuvre est bien plus complexe du fait des résistances de toutes sortes. Les thématiques retenues sont centrées sur des enjeux importants de l'égalité, comme les politiques familiales, par exemple les congés parentaux qui ont été réformés dans de nombreux pays européens pour promouvoir l'investissement des hommes dans la famille.

Najat Vallaud-Belkacem : Nous aimons plonger nos étudiants dans la peau des législateurs et leur demandons à chaque fois une perspective comparative internationale. À travers ces études de cas, ils se familiarisent avec la notion d’arbitrage politique en apprenant à tenir compte des contraintes inhérentes à l’action politique.

En savoir plus

"Le Certificat Égalité a donné du sens à ma préparation des concours administratifs." Elsa, stagiaire au Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes

"Le Certificat m’a apporté du répondant, il m’a permis de me construire dans cette lutte féministe, de m’y retrouver et d’établir un discours cohérent."Rita, fondatrice d'une association contre la précarité menstruelle

"Il me semblait important, pour poursuivre dans la fonction publique, d’avoir conscience des biais de genre et des inégalités fondamentales qui persistent."Clotilde, stagiaire à la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences

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Stop Fisha: cybersexisme et faiblesse de l’arsenal juridique...

28 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Société, #Femme

« Les corps des femmes et des filles ne doivent pas être source d’exploitation et de divertissement à leur insu ». Contre l'explosion des comptes “fisha” (“affiche” en verlan) qui diffusent photos et vidéos à caractère sexuel majoritairement de filles et de femmes pour la plupart mineures, un collectif s'est créé. Avec un grand nombre de soutiens, il tire la sonnette d’alarme face à grande faiblesse de l’arsenal institutionnel et juridique pour lutter contre le cybersexisme. 

Elyse, 16 ans, a mis fin à ses jours au Havre, mercredi 1er avril 2020, à cause d’un compte fisha. Depuis le confinement, les violences faites aux filles et aux femmes ont augmenté et le cyberharcèlement sexuel a explosé. Bien que virtuelles, ces attaques ont de graves conséquences et force est de constater que les comptes fisha tuent.

Slut-shaming de masse

Des comptes dits “fisha” (“affiche” en verlan) ont été massivement créés sur les réseaux sociaux dans le but de diffuser des photos et vidéos à caractère sexuel majoritairement de filles et de femmes, pour la plupart mineures, sans leur consentement. Appelés “nudes”, ces contenus sont souvent divulgués avec le nom de la victime, son adresse, son établissement scolaire… Si cette pratique existait déjà, cette vague est sans précédent. 

Sur ces comptes fisha, sont publiés chaque jour des messages incitant à la diffusion de “dossiers” pour humilier et punir : « vous avez d’autres dossiers sur cette pute ? », « Faut afficher mon ex, cette sale chienne », ou bien « afficher des dossiers de gens ça rend service à tout le monde. Les personnes affichées peuvent changer de voie ou rester dans leur puterie ». Ils les traquent, les persécutent, et les condamnent systématiquement, publiquement - puis se félicitent. Certains nudes sont monétisés par les agresseurs, d’autres sont publiés sur des sites pornographiques sans que les victimes ne soient au courant. On y a aussi trouvé des photos et vidéos pédocriminelles, de viols en réunion, d’agressions sexuelles. Les diffuseurs veulent toujours plus de contenu trash pour attirer toujours plus de monde. Un compte fisha Instagram nommé “les putes de Liège” a publié la vidéo d’un viol en réunion - d’une jeune fille, mineure, qui avait été droguée. Le contenu est resté disponible plus de 16 heures. Et ce, malgré les milliers de signalements.

Les diffuseurs deviennent des agresseurs et s’auto-proclament juges : c’est du revenge-porn* et du slut-shaming* de masse.

#STOPFISHA : l’auto-organisationface à un système défaillant 

Notre collectif auto-organisé Stop Fisha s’est créé en urgence, en mars 2020. Depuis, nous nous battons nuit et jour pour agir contre ces délits impunis qui ne cessent de prendre de l’ampleur et contre ces comptes fisha qui ne cessent de se multiplier. Les membres du collectif mènent deux types d’actions :

  • Traque, dénonciation des comptes fishaet veille sur les réseaux sociaux ;
  • Soutien aux victimes trop souvent seules et isolées face aux cyber-violences qu’elles subissent. 

Mais qui sommes-nous ? Nous avons entre 16 et 50 ans. Et nous sommes épuisé·e·s. Nous sommes étudiant·e·s ou salarié·e·s et en peu de temps, nous sommes devenu·e·s la nouvelle brigade numérique, qui remplace celle censée nous protéger. En deux mois, le collectif est parvenu à fédérer plus de 12.000 membres actif·ve·s prêt·e·s à nous aider. L'existence de notre combat est la preuve d’un système défaillant.

Le cybersexisme mis à l'abandon

Le confinement a accéléré la digitalisation de notre quotidien : la société se numérise à une vitesse éclair, les cybercrimes et le cybersexisme aussi. Triste est de constater qu’il n’y a à ce jour aucun moyen mis en place pour nous en protéger, tant dans la sphère digitale que physique.  

PHAROS, la plateforme de signalement de contenus dangereux sur internet, compte une centaine de policiers·ères et gendarmes pour lutter contre la cybercriminalité. Parmi ces agent·e·s, seule une vingtaine traite les affaires de cyberviolences. Depuis le début du confinement, le site reçoit 45 000 signalements par mois, 1500 par jour, plus d’un par minute! C’est sans compter les signalements de comptes Snapchatque Pharos refuse de comptabiliser depuis plusieurs semaines. Y aurait-il un “bug” ? Du côté des réseaux sociaux, Instagram ne prend que peu de signalements en compte : “En raison [du] COVID-19, […] nous ne pouvons examiner que les contenus qui présentent le plus grand risque de préjudice”. Quant à Snapchat, les signalements sont toujours trop vagues : la pédopornographie n’est catégorisée que de  “malveillante”. Pourtant, c’est un délit, puni de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.  

Notre seul allié institutionnel est Net Ecoute (e-Enfance) qui a constaté une explosion de 60% des comptes fisha depuis mars et des appels qui ont bondi à plus de 350 par semaine, soit 50 par jour.Le tout, géré par 6 personnes.

Si les réseaux sociaux ne prennent pas en compte nos signalements, la police non plus. L’état d’urgence sanitaire a servi de justification aux refus - déjà trop nombreux - de dépôts de plaintes. « Il y a des priorités ». Nous sommes en état d’urgence sanitaire, « les plaintes ne peuvent plus être prises ».  

La situation, en plus d’être pathétique, est dangereuse. 

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a proposé, afin de pallier l’inaction des réseaux sociaux, de créer une chaîne Snapchat ayant pour vocation de sensibiliser au revenge-pornNous souhaitons aller plus loin et que ces chaînes soient créées sur tous les réseaux sociaux. 

Du côté de la Belgique, le pays s’est saisi du problème des fishas en avril 2020 en votant une loi contre le revenge-porn. La France, a récemment voté la loi AVIA dite de « lutte contre les contenus haineux sur Internet », en plus d’être insuffisante, elle a été partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel

Nous pointons du doigts son inefficacité : Pharos était censée collaborer avec les réseaux sociaux, à qui toute la responsabilité a été reléguée. Cependant, le sous-effectif de Pharos, pourtant au coeur de la loi, n’a pas été évoqué. Comment pouvait-elle être appliquée ? 

Face à la faiblesse de l’arsenal juridique actuel, nous tirons la sonnette d’alarme : Nous demandons des mesures concrètes, fortes, urgentes.  

Agir, maintenant.  

Notre collectif s’est créé suite à un constat, une urgence : nous n’avions plus le temps d’attendre que les choses se passent, il a fallu agir. Nous alertons de nouveau face à la passivité et le manque d'intérêt des pouvoirs publics : il faut agir.  

Lutter contre le (cyber)sexisme, c’est empouvoirer la protection numérique, l’éducation à l’égalité de genre, et la justice. 

Lutter contre le cybersexisme, c’est s’attaquer à la sensibilisation dans les milieux scolaires et professionnels. C’est donner des cours de responsabilisation et de protection numérique. C’est former les forces de l’ordre à ces nouvelles violences, et augmenter l’effectif et les moyens d’action des plateformes concernées. C’est prendre en charge différemment les victimes d’infractions d’un nouveau genre.  

Lutter contre le cybersexisme, c’est créer les outils nécessaire au système judiciaire pour reprendre le dessus sur les schémas de dominations sociétaux, tant dans la rue que sur la toile.  

Parce que les corps des femmes et des filles ne doivent pas être source d’exploitation et de divertissement à leur insu, parce que les diffuseurs n’ont pas à jouir de leurs actes sous prétexte que c’est la victime qui en serait coupable, parce qu’une photo ne doit pas prendre une vie, la honte doit changer de camp et justice doit être faite.

*Revenge porn : ou encore “vengeance pornographique” est la diffusion de contenus intimes d'une personne sans son consentement dans le but de se “venger” et l’humilier.

*Slut-shaming : rabaisser ou humilier une femme en la ramenant à la figure de la "salope".

Signataires :

Famille de Élyse Emo : Cindy Emo, Arnaud Deschamps, Sandrine Emo. 
Collectif StopFisha: Shanley Clemot McLaren, Hajar Outaik, Hana Outaik, Zakarya Ait Ouaid, Iman El Hakour, Maeva Janvier, Davy Beauvois, Sara Pellegrin, Léa Reynaud, Chloé Bourne, Mickael Ferreira, Mhawa Grandiere, Laura Pereira Diogo, Sabrina Haouari. 
Association En avant toute(s)
HumansForWomen, association féministe intersectionnelle 
Association HandsAway, application contre le harcèlement sexuel de rue
Collectif des collages féministes de Tours
Collectif des collages féministes de Poitiers
Collectif féministe lycéenne et enragées, du lycée Dumont d'Urville de Toulon
Association Volar (Poitiers)
AssociationChafia, contre les violences faites aux femmes
P8 Féministe dtr, collectif féministe de l’université Paris 8 
Equipe de "Maintenant Assume"(@mtn_assume)
Anna Toumazoff alias @memespourcoolkidsfeministes, militante féministe
Elvire Duvelle-Charles alias @clitrevolution, militante féministe
Sarah Constantin, activiste féministe, co-créatrice de Clit Revolution
Illana Weizman, militante féministe et membre du collectif #MonPostPartum
Selma Anton, activiste féministe et créatrice du compte @ca_va_saigner
Fatima Benomar, féministe, dessinatrice, cofondatrice des@effrontees
Marie Laguerre, étudiante et militante féministe 
Masha Sexplique, militante féministe et blogueuse sexo
Camille Aumont Carnel, militante @jemenbatsleclito - @jedisnonchef
Ginevra Bersani, militante féministe et co-Présidente @Politiqu’elles Paris
Sophia Antoine, activiste, cyberactiviste, militante féministe
Noémie de Lattre, activiste féministe 
Marie-Elise Vidal, activiste féministe
Luce Villemin, activiste féministe
Judith, alias @tapotepute 
Laura Jovignot, militante #NousToutes et fondatrice du collectif #PasTaPotiche
Rebecca Amsellem, Les Glorieuses
Rokhaya Diallo, journaliste, militante antiraciste et féministe
Fiona Schmidt, journaliste et autrice 
Sofia Fischer, journaliste
Paloma Clément-Picos,journaliste
Arnold Nguenti, journaliste, collectif @echobanlieues
Chahinaz Berrandou, étudiante, collectif @plumebanlieue
Baptiste Beaulieu, romancier
Vincent Lahouze, travailleur social, romancier
Yseult, chanteuse 
Inas Chanti, actrice
Marion Seclin, actrice
Tay Calenda, photographe professionnelle 
Rachid Sguini (Rakidd), auteur et illustrateur 
Bouchera Azzouz, réalisatrice et présidente Féminisme Populaire
Laura Berlingo, gynéco-obstétricienne
Olga Pérez, professeure d'espagnol et référente égalité filles/garçons au lycée Dumont d'urville de Toulon
Marion Castellani, professeure de Mathématiques au lycée Dumont d’Urville, Toulon
Camilya Othmani, consultante en stratégie de communication
Rachel-Flore Pardo, avocate
Joachim Scavello, avocat
Ines Seddiki, fondatrice et présidente de GHETT'UP
Ouarda Sadoudi, présidente Home et cofondatrice Féminisme Populaire 
Élu.e.s Conseil National de Vie Lycéenne : Yannis Perrier-Gustin, Alcyone Bernard, Emanuela Periers, Nina Sevilla, Amélie Four, Maxime Rodrigues, Clairanne Dufour
Élu.e.s Conseil Supérieur de l’Education: Teddy Wattebled, Zoé Perochon-De Jametel, Camille Galvaire
Union Nationale Lycéenne, syndicat lycéen
Lyes Louffok, Membre du Conseil National de la Protection de l'enfance
Laurence Rossignol, Sénatrice PS de l'Oise
Esther Benbassa, sénatrice EELV
Sophie Taillé-Polian, Sénatrice Génération-s du Val de Marne 
Michelle Meunier, Sénatrice PS de la Loire-Atlantique
Laurence Cohen, Sénatrice PCF du Val-de-Marne. 
Danièle Obono,députée LFI de Paris
Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne 
Leïla Chaibi, députée européenne France Insoumise
Caroline Fiat,député LFI de Meurthe-et-Moselle
Marie Toussaint, eurodéputée EELV
Danielle Simmonet, conseillère de Paris
Clémentine Autain, Députée LFI
Manon Aubry, Députée Européenne LFI
Anne Vignot, conseillère municipale de Besançon 
Léonore Moncond’huy, militante écologiste, candidate à la mairie de Poitiers 
Laura Slimani, conseillère municipale de Rouen et membre du collectif national Génération-s
Collectif national de Génération-s: Jimmy Behague, Joséphine Delpeyrat, Corinne Acheriaux, Sorayah Mechtouch, Sandrine Lelandais, AlexisDebuisson, Alice Brauns, William Leday, Michel Bock, Margot L’Hermite, Nicolas Braemer, Marie Luchi, Isabelle Couradin, Zerrin Battaray, Anne Joubert, Eric Mauger, Bruno Gavarri
Alice Bosler, coordinatrice des Jeunes Génération-s
Roberto Romero, conseiller régional d'île de France Génération-s
Claire Monod, coordinatrice Nationale de Génération-s 
Manon Aubry, Députée Européenne LFI
Youth For Climate Paris
Quidam, Association d'éducation populaire
NPA Nanterre

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#IWD2020 - L’écart entre les sexes des effectifs de l’enseignement primaire a diminué de moitié ces 25 dernières années

8 Mars 2020 , Rédigé par UNESCO Publié dans #Education, #Femme

#IWD2020 - L’écart entre les sexes des effectifs de l’enseignement primaire a diminué de moitié ces 25 dernières années

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, l’UNESCO a publié une nouvelle fiche d’information sur l’éducation des filles, intitulée « Son éducation, notre avenir », qui présente les progrès réalisés au cours des 25 dernières années. Elle montre que le taux de scolarisation des filles dans l’enseignement primaire et secondaire a presque doublé dans les pays à faible revenu, et que l’écart entre les sexes des effectifs de l’enseignement primaire a été réduit de moitié. Mais elle montre aussi que le changement n’est pas assez rapide. Au rythme actuel, ce n’est qu’en 2050 que l’on parviendra à scolariser toutes les filles dans l’enseignement primaire.

Cette année, nous célébrons le 25e anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes (tenue à Beijing en 1995), qui a abouti à la Déclaration et Programme d’action de Beijing, document de politique mondiale clé sur l’égalité des sexes qui constitue la feuille de route la plus ambitieuse pour l’autonomisation des filles et des femmes.

« Ignorer l’éducation des filles revient à ignorer l’une des solutions les plus efficaces pour le développement », explique la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay. « Lorsque les filles accèdent à une éducation de qualité, cela les encourage à briser les stéréotypes sociaux qui freinent l’égalité des sexes. L’éducation leur donne également les outils nécessaires pour mieux orienter leurs futurs choix de vie, en ce qui concerne la grossesse, l’accouchement et les problèmes de santé qui coûtent la vie à des millions d’enfants dans le monde. Nous ne pouvons pas réaliser le monde que nous voulons sans l’éducation et l’autonomisation de toutes les filles et femmes ».

Le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) de l’UNESCO montre que si toutes les femmes terminaient leurs études primaires, la mortalité maternelle serait réduite de deux tiers. Si elles recevaient une éducation secondaire, la mortalité infantile serait réduite de moitié, ce qui sauverait 3 millions de vies, et il y aurait deux tiers de mariages d’enfants en moins. Si toutes les filles d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud et de l’Ouest recevaient une éducation secondaire, le nombre de grossesses des moins de 17 ans diminuerait de près de 60 %. Mais la lenteur des progrès empêche les filles de profiter de ces avancées potentielles. Comme l’illustre visuellement le nouveau site Web interactif education-progress.org, le taux de scolarisation des filles dans le primaire n’a augmenté que de dix points de pourcentage ces 25 dernières années, passant de 78 % à 88 %, soit moins d’un demi-point par an.

La nouvelle fiche d’information montre, en s’appuyant sur les données de Son Atlas de l’UNESCO, les progrès réalisés depuis 1995 en matière d’engagement mondial, via les conventions internationales, en faveur du droit des filles à l’éducation – et fait ressortir les zones où des progrès sont encore nécessaires. En 1995, le Programme d’action de Beijing a exhorté les pays à éliminer la discrimination fondée sur le genre dans l’éducation, désormais interdite par les constitutions de 90 pays. Depuis le Programme d’action de Beijing, le nombre d’États ayant ratifié la Convention de l’UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement est passé de 82 à 105. Cela signifie toutefois que près de la moitié ne l’ont pas encore signée. En 1995, 150 États avaient ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), qui consacre l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. Elle a depuis été ratifiée par 189 États parties, mais 27 pays l’ont signée en formulant des réserves concernant certains articles sur le mariage des enfants ou la politique de discrimination.

Une nouvelle campagne dans les médias sociaux, intitulée « Son éducation, notre avenir » (#HerEducationOurFuture), est en cours de lancement, en partenariat avec de nombreuses organisations du secteur de l’éducation ; son objectif est de contribuer à tenir les engagements pris en matière d’éducation dans la Déclaration de Beijing. La campagne invite les filles et les enseignants, afin d’appeler au changement, à donner leur avis sur ce qu’ils voudraient améliorer pour la prochaine génération de filles, à un horizon de 25 ans. Le lancement de la campagne coïncide avec la Journée internationale de la femme et la réunion de la Commission de la condition de la femme – ce qui nourrira le Forum Génération Égalité, rassemblement mondial pour l’égalité des sexes convoqué par ONU-Femmes et coprésidé par la France et le Mexique, avec la société civile comme chef de file et partenaire. Le Forum démarrera à Mexico (Mexique) les 7 et 8 mai 2020 et se clôturera, sur une durée de trois jours, à Paris (France), du 7 au 10 juillet 2020.

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Egalité des sexes - Bilan et perspectives - Najat Vallaud-Belkacem à la Sorbonne, mardi 17 mars, 18h

8 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Femme

Egalité des sexes - Bilan et perspectives - Najat Vallaud-Belkacem à la Sorbonne, mardi 17 mars, 18h

Le 18 décembre 2019, Christina Koch devenait officiellement la femme ayant passé le plus de temps dans l’espace en continu. Son retour, le 6 février 2020, était ainsi l’occasion pour l’ensemble du monde scientifique de saluer une avancée majeure en matière d’égalité des sexes. Elle-même déclarait : « Mon plus grand espoir pour ce record est qu’il soit dépassé aussi vite que possible, puisque cela signifierait que nous continuons à repousser ces limites. ».

Ces limites, si elles sont l’objet d’une remise en question de plus en plus fréquente dans la majorité des domaines, ne peuvent en effet être ignorées : le record de Koch est honorable, mais c’est bel et bien un homme, Valery Polyakov, qui occupe la première place toutes catégories confondues (438 jours consécutifs contre « seulement » 328 pour Koch). Aujourd’hui encore, les femmes doivent se battre pour justifier leur place lorsqu’elles occupent une position importante.

Notre invitée, Mme Najat Vallaud-Belkacem, en est la preuve vivante : par son témoignage, elle nous permet de faire un bilan sur le combat pour l’égalité des sexes. Tant par son parcours que par les idées qu’elle porte, elle offre au débat actuel sur le féminisme un exemple de la combativité qui va de pair avec une fonction de premier plan pour une femme.

Porte-parole de Ségolène Royal, puis de François Hollande, conseillère régionale puis présidente de la commission culturelle, elle devient ensuite conseillère municipale à Lyon avant d’accéder aux postes ministériels prestigieux qu’on lui connaît sous les gouvernements de Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, puis Bernard Cazeneuve. Si un tel parcours inspire le respect, il permet aussi de comprendre que si la société est plus encline à favoriser l’égalité, cette dernière reste cependant l’enjeu d’un combat quotidien. Insultes et dévalorisations récurrentes jonchent une carrière politique placée sous le signe d’une lutte pour la reconnaissance d’idées fortes, comme l’égalité des chances ou le droit à l’éducation pour tous.

C'est pourquoi le Groupe Socialiste Universitaire vous invite à partager l'honneur de cette rencontre, organisée sous la forme d'une conférence à laquelle vous êtes toutes et tous conviés !

📣 Événement ouvert à toutes et à tous, dans la limite des places disponibles.

⚠️ Ouverture de la billetterie le dimanche 8 mars à 20H.

Rendez-vous le 17 mars dans l'amphithéâtre Turgot !

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#IWD2020 - Droits des femmes : 45 ans après la loi Veil, l’IVG est menacée en Europe...

8 Mars 2020 , Rédigé par Télérama Publié dans #Femme

Acquis de haute lutte, le droit à l’avortement régresse en Europe… En cette Journée internationale des droits des femmes, nous vous proposons un ensemble d’articles pour tirer la sonnette d’alarme et mettre à l’honneur celles et ceux qui résistent.

Elle affronta les insultes, les menaces, les pressions. Elle tint bon. Portée par des convictions féministes qui se passaient de bannière mais plaçaient au-delà de tout le respect de la dignité humaine, elle fit légaliser l’avortement en France, le 17 janvier 1975. Enfin, les femmes n’étaient plus obligées de se cacher et de subir des interventions dans des conditions sanitaires souvent déplorables, qui mettaient leur vie et leur liberté en danger. Nombre de jeunes Françaises d’aujourd’hui ne mesurent pas à quel point le combat de Simone Veil fut difficile. Et sa victoire, historique. Désormais, l’autorisation de l’IVG semble aller de soi. Pourtant, ses opposants n’ont jamais désarmé. Ils ne cessent même de se renforcer.

Leurs offensives, réelles en France, s’avèrent plus acérées encore dans d’autres pays qui nous sont proches. Pas besoin d’aller aux États-Unis, où la situation devient dramatique dans des bastions conservateurs tels que l’Alabama, la Géorgie, l’Ohio, le Mississippi… Dans notre Europe aussi, l’accès à l’avortement, et même parfois à la contraception, est entravé bien plus qu’on ne le pense, au nom de convictions religieuses, de politiques natalistes, ou en raison d’un manque de moyens dont les plus vulnérables, comme toujours, font les frais. Ce dossier spécial est un cri d’alarme, et un coup de chapeau à celles et ceux qui résistent pour que les femmes conservent le contrôle de leur corps. Un hommage, aussi, à Simone Veil, libre et courageuse, que nous n’aurons jamais fini de remercier

Valérie Lehoux

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#IWD2020 - Viols, harcèlement : des étudiants de Sciences-Po Paris témoignent sur Facebook...

8 Mars 2020 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Femme

#IWD2020 - Viols, harcèlement : des étudiants de Sciences-Po Paris témoignent sur Facebook...

Depuis quelques jours, des dizaines d’étudiantes et d’étudiants de l’établissement parisien racontent sous couvert de l’anonymat des agressions sexuelles dont ils ont été victimes.

Les plus grandes écoles parisiennes ne sont pas épargnées par la misogynie, le sexisme, le harcèlement, ni même les agressions sexuelles. Sciences-po ne fait pas exception à la règle. Depuis plusieurs jours, des dizaines et des dizaines d'étudiantes, suivies par des étudiants, se confient sous couvert de l'anonymat via les groupes Facebook des différentes promotions. Habituellement, ces groupes ne sont utilisés par les étudiants que pour parler de leurs cours, des événements à venir, ou encore pour obtenir des conseils et de l'aide de camarades. Leur usage s'en trouve désormais bouleversé.

Tout a basculé mercredi soir, sur le groupe de la promo 2 024. Un témoignage anonyme, partagé à plusieurs reprises, raconte le viol d'une étudiante de première année. « En première année, j'ai été violée. Je n'ai réussi à mettre ce mot là-dessus que très récemment. Encore aujourd'hui, je ressens beaucoup d'angoisse quand je le croise à Sciences-po et que je sens son regard sur moi. »

Ce message va entraîner une véritable vague de témoignages. Trois jours plus tard, on estime à au moins 200 le nombre de posts, publiés essentiellement dans les groupes d'étudiants de première, deuxième et troisième années. Pour préserver leur anonymat, les étudiants transfèrent leurs mots par messagerie privée à des amis, qui se chargent ensuite de les diffuser dans les groupes. « Certains font référence à des événements vécus dans le cadre de Sciences-po, d'autres sont totalement indépendants. Mais à notre âge, l'école représente une part importante de notre vie », confie Mathilde*, étudiante en troisième année.

« J'ai dit non, tout doucement. Je ne sais pas s'il m'a entendue. Je sais juste qu'il ne m'a pas écoutée. Je sais juste qu'à ce moment-là, il m'a violée », écrit une étudiante dans un autre post. Certaines victimes ont accepté de transmettre au Parisien des extraits de leurs messages, mais en soulignant qu'elles redoutaient d'être identifiées.

« Les victimes sont partout »

L'anonymat total - aucune victime et aucun agresseur ne sont cités - explique aussi cet effet boule de neige. Les faits décrits sont particulièrement graves. Ils concernent des cas de harcèlement, de viols. Des faits de pédocriminalité y seraient également décrits. « Cette année, pendant ma troisième année, j'ai été agressée sexuellement par un étudiant duquel je refusais les avances depuis pourtant quelques mois, publie une troisième étudiante. J'étais en boîte, il m'a empoigné le postérieur et il m'a embrassée. Comme ça, comme si de rien n'était. »

Mathilde fait également partie des étudiantes qui ont décidé de sortir du silence, pour raconter le viol dont elle a été victime. « J'ai vécu des choses qui étaient très difficiles à partager. Lorsque j'ai vu les premiers témoignages, je me suis dit que je voulais contribuer à cet élan. J'ai pu échanger ensuite avec des personnes qui avaient subi des agressions tout aussi graves que la mienne. On se rend compte que les victimes sont partout. »

Les récentes polémiques ne seraient pas étrangères à cette vague de témoignages. « Le contexte joue forcément, explique Mathilde. Nous sommes plus de deux ans après #MeToo, l'affaire Polanski a joué énormément, poursuit l'étudiante. À Sciences-po, on ne s'en est pas remis, il y avait de la colère. La volonté de témoigner s'est faite de façon très spontanée. »

La direction de Sciences-po, qui n'a pas encore réagi officiellement sur le sujet, n'était pas joignable samedi. Des courriels de soutien auraient tout de même été envoyés de façon informelle auprès de plusieurs étudiants. L'école dispose depuis cinq ans d'une cellule de veille pour la prévention du harcèlement sexuel. Celle-ci travaille à la bonne information des étudiants sur cette thématique. Elle propose aussi un accueil aux étudiants qui en auraient besoin et peut « proposer une protection des personnes et mettre en place un dispositif d'accompagnement nécessaire à la situation », ou encore signaler aux instances disciplinaires les faits lorsque cela est nécessaire.

« En réalité, très peu d'étudiants ne se tournent vers cette cellule », confie une étudiante. Difficile, quand on est victime d'une agression, de pousser la porte des administrations pour se faire aider. Encore plus lorsque le traumatisme demeure grand. Ce que raconte une victime sur un groupe Facebook : « Il me faudra encore plus d'un an pour sortir du déni. Encore quatre ans après, le mot « viol » résonne en moi, me ronge, sans que je réussisse néanmoins à me l'approprier. »

« Sciences-po est de bonne volonté, ils ont lancé des initiatives mais, dans les faits, ça ne sert pas à grand-chose, appuie Mathilde. Les situations sont tellement complexes. Souvent, les victimes ne souhaitent même pas porter plainte. Les témoignages montrent qu'elles sont dans la majorité des cas agressées par un ami, un parent, un proche, un camarade… L'agresseur est connu et agit souvent avec une malveillance inconsciente, qui n'excuse rien. » Et qui n'empêche plus de témoigner.

Ludwig Gallet

*Le prénom a été modifié

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Tribune de Despentes : «La preuve que la littérature n’est pas morte» - Yves Citton

7 Mars 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Femme

Tribune de Despentes : «La preuve que la littérature n’est pas morte» - Yves Citton

«Le texte de Virginie Despentes montre la force de l’écrivain de mobiliser l’attention sur une question dans l’espace public. C’est la preuve que la littérature n’est pas morte. En quoi cette tribune est littéraire ? D’abord, par la capacité à intégrer la dimension affective. Ensuite, par celle de raconter des histoires : le texte raconte une petite histoire des césars, avec Adèle Haenel qui sort, Roman Polanski dans le rôle du violeur. Mais surtout, il est très riche en ce qui concerne le jeu des adresses. Dans un rapport scientifique, on dit très clairement à qui on s’adresse. La littérature, elle, peut problématiser le jeu des adresses : quand Virginie Despentes dit "vous", elle s’adresse à "vous" les puissants, "vous" les mecs. Mais moi, en tant que mec, professeur d’université, je suis aussi un puissant, je m’identifie donc à eux. Si elle disait "Monsieur Macron, vous êtes une ordure", je serai du côté de ceux qui dénoncent. L’ambiguïté de son "vous" est que je dénonce en même temps que je suis dénoncé.

«Cette tribune est finalement assez proche du type de réaction qu’on peut avoir sur les réseaux sociaux : c’est un coup de gueule qui a pour but de partager des affects. Qu’on le fasse sur des paragraphes ou en 240 signes revient au même. Despentes réagit aux césars, les gens réagissent à Despentes : le texte s’inscrit dans une logique où chacun exprime ses affects. C’est un texte réactif : il présuppose quelque chose à quoi on réagit, et que cette chose a de l’importance. C’est d’ailleurs le paradoxe de toute chose réactive, parce que ça donne de l’importance à un machin comme les césars qui ont assez peu d’intérêt.

«C’est bien de gueuler ensemble. Dans une manifestation, gueuler permet de faire foule, les affects sont importants pour des questions énergétiques. Mais une fois qu’on a gueulé, la question est : qu’est-ce qu’on construit, qui on attaque ? "Les puissants", on ne va pas pouvoir les cibler tous d’un même tir ; dans un second temps, il faut donc viser plus précisément. C’est ce qui explique le retour de bâton : une fois le temps des affects passé, certains peuvent avoir le sentiment que le texte est incomplet. Mais ils ne saisissent pas que la réponse est dans la fuite, le refus de se confronter à ce système.

«C’est un texte riche, on voit l’écrivaine qui prend la plume. En ce qui concerne la tonalité, je classerais cette tribune dans le genre littéraire de l’élégie, qui est une plainte centrée sur le sujet. C’est le lyrisme d’un cœur qui soit vomit sa rage, soit exprime sa douleur. L’élégie donne un style à la communication des affects, un peu comme le rap, qui a permis de donner un lieu commun pour exprimer la rage que l’on ressentait. Ressentir la rage à plusieurs, c’est quelque chose d’important !

«Je dirais que ce texte s’inscrit dans une lignée de gestes historiques qui ont eu une importance dans les mouvements sociaux, des gestes qui ont su capter et exprimer la rage pour que les gens s’y reconnaissent. Je ne pense pas qu’on puisse parler de violence ici : ce qu’on désigne comme violent, c’est souvent une contre-violence ponctuelle à des formes de violence institutionnalisées. Par ailleurs, Virginie Despentes ne nomme personne pour dire qu’il faut lui casser la gueule. L’emphase tient plus à la tonalité lyrique du texte. Dire que son texte est populiste ou démagogique reviendrait à laisser au seul populisme la faculté de mobiliser des affects. Or c’est là le propre de l’écriture.»

Recueilli par Nicolas Celnik.

Yves Citton professeur de littérature et média à l’université Paris-VIII, auteur de Contre-courants politiques (Fayard, 2018), Médiarchie (Seuil, 2017)

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