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Vivement l'Ecole!

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Les femmes, en première ligne des «métiers du soin» - Entretien croisé entre Marie-Basile Mbarga, auxiliaire de vie, et Najat Vallaud-Belkacem...

14 Novembre 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Femme

Les femmes, en première ligne des «métiers du soin» - Entretien croisé entre Marie-Basile Mbarga, auxiliaire de vie, et Najat Vallaud-Belkacem...

        La vidéo de l'entretien est à regarder et écouter en cliquant sur le lien de bas de page

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Entretien croisé entre Marie-Basile Mbarga, auxiliaire de vie, et Najat Vallaud-Belkacem, co-autrice de La Société des vulnérables. Elles racontent comment les métiers du care, essentiels à la société, sont à la fois très féminisés et mal reconnus. Une émission de « La révolution féministe ».

« Et si le care devenait, enfin, l’affaire de tous ? » Voilà l’hypothèse politique qui guide le petit essai publié par l’universitaire Sandra Laugier et l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, La Société des vulnérables. Leçons féministes d’une crise (Gallimard, 2020). Elles y dissèquent comment la crise pandémique affecte les femmes de manière disproportionnée, notamment parce que celles-ci assurent l’essentiel des métiers du soin. 

Indispensables à la société, les métiers du soin sont cependant très mal reconnus. Marie-Basile Mbarga en sait quelque chose : cette auxiliaire de vie, dont le portrait par Vincent Jarousseau a été publié par Mediapart, vit au quotidien la condition de salariée du care, et la précarité qui va avec. « Nous sommes les oubliées derrière les portes », résume-t-elle à plusieurs reprises. 

Si les confinements à répétition ont encore dégradé ses conditions de travail, elle aime son métier et en parle avec passion. Son témoignage illustre et corrobore les analyses de La Société des vulnérables, présentées au cours de cet entretien croisé par Najat Vallaud-Belkacem, aujourd’hui directrice en France de l’ONG ONE, en lutte contre l’extrême pauvreté. 

> Cette émission peut aussi s’écouter en version audio

> Retrouvez tous les grands entretiens du Studio. 

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A lire... « Paroles De Femmes d’El Jadida » - Une source du mémoire de la chercheuse Fatima-Ezzahra Abid

30 Octobre 2020 , Rédigé par Mustapha Jmahri Publié dans #Femme

A lire... « Paroles De Femmes d’El Jadida » - Une source du mémoire de la chercheuse Fatima-Ezzahra Abid

« Le moment révolutionnaire anticolonial : espace d’appropriation et de redéfinition du politique pour les femmes marocaines » tel est l’intitulé du mémoire de méthodologie présenté en vue de la validation de la seconde année de master par la chercheuse marocaine Fatima-Ezzahra Abid et soutenu en septembre 2020 à l’Ecole normale supérieure de Lyon sous la direction du professeure Anne Verjus, directrice de recherche au CNRS.

Comme précisé dans l’introduction, il s’agit d’un mémoire à plusieurs voix, il a été possible grâce aux rencontres et aux témoignages de Touria Serraj, Fatima Hmed, Fatima Mohammed, Fatima Hassar, Zhour Lemseffer, Fatiha Saddas, Fatima-Zahra Al Fassi, Hind Hassar, et Fatna El Bouih. La chercheuse ajoute dans son introduction que : « Ce travail a été possible grâce à l’aide de Mustapha Jmahri qui a eu l’amabilité de me renseigner et de m’aider à entrer en contact avec les femmes d’El Jadida qui ont témoigné dans son livre ».

L’étude de Fatima-Ezzahra Abid tente de rendre justice aux résistantes marocaines des centres urbains, quelle que soit leur implication dans le mouvement de résistance. Elle a voulu leur donner la parole pour fonder ce travail les concernant. Bien que de nombreuses femmes interviewées ont, d’elles-mêmes, minimisé leur travail de résistance, toutes ont exprimé leur déception devant le traitement réservé à l’histoire des femmes au Maroc dans la société actuelle. Pour elles, le rôle des femmes et leur travail n’ont pas acquis assez de visibilité dans la société marocaine. Ainsi, en dépit de leur pudeur à raconter leurs actes de résistance, elles ont exprimé leur désir d’être reconnues dans l’histoire et elles souhaiteraient que leurs récits soient davantage diffusés et mieux entendus.

Afin d’appréhender la socialisation des femmes marocaines ayant vécu dans les années quarante et cinquante, la chercheuse s’est fondée sur des sources directes comme les entretiens menés au cours de son mémoire, et aussi, ajoute-elle, sur « les entretiens retranscrits de Mustapha Jmahri dans son livre El Jadida 1949-1969, Paroles de femmes ». Fatima-Ezzahra a également inclus les écrits de la sociologue marocaine Fatima Mernissi dans son roman Rêves de femmes : une enfance au harem (1994) dans lequel, en prenant le point de vue d’une enfant grandissant dans un harem à Fès dans les années quarante, elle décrit et analyse les rapports sociaux entre hommes et femmes, entre Marocaines et colons.

Dans son chapitre intitulé « D’El Jadida à Casablanca la mobilisation des classes populaires », la chercheuse marocaine a cité de nombreux passages du recueil El Jadida 1949-1969, Paroles de femmes notamment ceux de Zhour Lemseffer, Touria Serraj, Latifa Ayada, Khadija Benrhanem et Leïla Benallal où il était question d’école et de vision du Protectorat. Cette vision au-demeurant partagée par bien d’autres femmes interviewées a été un moment-clé dans la résistance marocaine qui a uni tout le peuple marocain dans le rejet du Protectorat.

Comme le précise la chercheuse elle-même : « La majorité des femmes ayant accepté de témoigner pour ce mémoire sont des contacts de Mustapha Jmahri. Ce sont des femmes de classe moyenne, éduquées, qui ont témoigné dans son livre. La plupart de ces femmes, tout comme celles issues des classes populaires, avaient l’impression de ne pas être assez qualifiées et informées. Souvent elles s’excusaient en début ou en fin d’entretien pour leur témoignage qu’elles estimaient ne pas être assez important ». La chercheuse conclut que l’apport des femmes, souvent invisible et pourtant essentiel dans la lutte anticoloniale, a permis aux marocaines d’accéder à de nouveaux espaces et de développer des compétences politiques. Toutefois ce travail n’est pas reconnu et elles sont trop souvent maintenues dans des rôles subalternes.

Je pense que le travail de Fatima-Ezzahra Abid a contribué, sous d’autres cieux, à faire connaitre cette histoire des femmes d’El Jadida et d’autres villes. Ainsi les témoignages que j’ai eu tout le plaisir de collecter permettent à mon livre de continuer à vivre.

jmahrim@yahoo.fr

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Intervention de Najat Vallaud-Belkacem au CESE - 20 ans de la Délégation aux Droits des Femmes et à l'Egalité (vidéo)

27 Octobre 2020 , Rédigé par CESE Publié dans #Femme

L'intervention de Najat Vallaud-Belkacem commence à partir de 18 minutes 56 secondes...

CC

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A lire... "La démocratie féministe - Réinventer le pouvoir" par Marie-Cécile Naves (Video)

14 Octobre 2020 , Rédigé par Youtube - Sciences Po Publié dans #Femme

À propos

Comment penser le monde après Donald Trump et Jair Bolsonaro ? Comment expliquer l'aura d'Alexandria Ocasio-Cortez, de Jacinda Ardern ou de Greta Thunberg ? Le pouvoir prédateur sur les autres et la planète, incarné par les populismes néofascistes et le néolibéralisme, n'est pas une fatalité. Avec les crises démocratiques, environnementales, sanitaires et sociales que nous traversons, ce sont à la fois les récits, les agendas et les styles politiques qui doivent être questionnés. Le féminisme figure parmi les réponses. Fort d'une histoire plurielle, sur tous les continents, il est de plus en plus inclusif et transversal. Sur les plans théorique, pratique et programmatique, en multipliant les terrains d'expression et de revendication, il propose de renouveler les cadres de pensée pour construire un nouvel universel. Par l'onde de choc qui est la sienne, dont #MeToo n'est qu'un exemple, le féminisme, avec d'autres approches du réel, jette les bases d'un projet durable et solidaire. Il promeut aussi un nouveau leadership, fondé sur la coopération et la responsabilité collective. Dans des contextes de crise, le féminisme est indispensable au renouveau démocratique, à l'émergence d'une nouvelle forme de pouvoir, de l'action publique à l'entreprise, en passant par l'art ou encore le sport. L'ouvrage, clair et documenté, offre une grille de lecture de nos sociétés dans leur complexité. Il invite à repolitiser le monde, à recréer du commun, du débat, en s'appuyant sur l'imagination, le savoir et l'engagement de toutes et de tous.

https://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782702180020-la-democratie-feministe-reinventer-le-pouvoir-marie-cecile-naves/

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« Voilé ou dévoilé, le corps féminin est toujours coupable »

6 Octobre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Femme

Avec son voile, elle est élue « la mieux habillée » de son lycée

EXTRAITS

Après la polémique sur la « tenue républicaine » voulue par Jean-Michel Blanquer, l’historienne Christine Bard rappelle que l’émancipation des femmes s’est jouée sur la modification des dosages entre les trois fonctions traditionnelles du vêtement : parure, pudeur et protection.

Spécialiste de l’histoire des femmes, Christine Bard a notamment écrit Ce que soulève la jupe. Identités, transgressions, résistances (Autrement, 2010) et Une histoire politique du pantalon (Le Seuil, 2010). Après la polémique suscitée par les propos du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, sur la « tenue républicaine » demandée aux lycéennes, elle revient sur la récurrence historique des controverses à propos du vêtement féminin.

Quel regard portez-vous sur le débat autour des propos de Jean-Michel Blanquer sur la nécessité pour les élèves de porter une « tenue républicaine » ?

La République, c’est d’abord la liberté et l’égalité. Or la formule du ministre de l’éducation nationale équivaut à limiter la liberté vestimentaire des jeunes filles dans un geste inégalitaire, puisque ces polémiques ne visent que les jeunes filles. L’historienne que je suis observe la récurrence des controverses à propos du vêtement féminin. Elles n’en finissent pas. Trop courte, la minijupe fait problème, trop longue aussi, car elle serait devenue un signe religieux ostentatoire. Il y a quelques semaines, on s’inquiétait des risques sociaux de la mode non genrée… Le vêtement met en tension permanente trois fonctions traditionnelles : la parure, la pudeur et la protection. L’émancipation des femmes s’est jouée sur la modification des dosages entre ces trois fonctions.

(...)

On pense forcément au débat sur le voile à l’école. Que faites-vous de cette double injonction contradictoire faite aux jeunes filles ?

Elle est sexiste parce qu’elle ne s’adresse qu’aux jeunes filles. Le voilé, la pudeur, la modestie d’un côté ; le dévoilé, l’audace, la parure, l’érotisation des apparences de l’autre. Cette dialectique anime toute l’histoire du vêtement féminin. J’aurais tendance à désenclaver le débat sur le voile musulman pour monter en généralité. Le vêtement a toujours été, dans toutes les sociétés, un outil de contrôle social, et l’on sait le rôle que les religions jouent traditionnellement dans ce contrôle consolidant l’ordre moral et sexuel patriarcal. La sexualisation du corps des jeunes filles, celle qui panique encore, visiblement, c’est tout autant la monstration du corps que son effacement. Voilé ou dévoilé, le corps féminin est coupable. C’est celui de l’Eve tentatrice.

(...)

Voyez-vous une fonction politique à ces polémiques récurrentes ?

Le désir de limites, de normes, d’interdiction qui s’exprime dans la controverse a bien sûr une dimension politique conservatrice. On peut se demander aussi si ce type de controverse n’a pas d’autres fonctions. Au lieu d’affronter les urgences sanitaires, sociales, on discute de manière un peu routinière, avec un petit côté de déjà-vu, sur la façon dont doivent s’habiller des jeunes filles. C’est fou. Les lycéennes en crop top de 2020 sont aussi, à mon avis, les victimes collatérales d’une angoisse diffuse qui active les désirs autoritaires de contrôle du corps des femmes. Au risque de nous faire régresser collectivement.

Propos recueillis par Valentine Faure

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Eric Dupond-Moretti et Simone de Beauvoir...

1 Août 2020 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Femme

EXTRAITS

« On ne naît pas ministre on le devient » : Quand Eric Dupond-Moretti reprend Simone de Beauvoir à contre-sens

Le Garde des Sceaux a plaidé pour qu’on lui laisse le temps d’apprendre en utilisant une phrase de Simone de Beauvoir qui a fait bondir la philosophe Manon Garcia, qui en est spécialiste

« On ne naît pas ministre on le devient », a déclaré vendredi 31 juillet au soir le Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, dans un entretien accordée à BFM TV, en réemployant une phrase de la philosophe féministe Simone de Beauvoir à contresens. Un entretien où il a notamment accusé « certaines féministes » de se comporter « comme des Ayatollahs ».

(...)

Pas de « modèle déposé » de femme, disait Beauvoir

La phrase « On ne naît pas femme : on le devient » est une citation extraite du livre le plus célèbre de Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe. Dans ce livre, la philosophe retrace des siècles d’assignation sexiste et de discriminations des femmes, récusant le principe d’une « nature » féminine. Bien plutôt, les femmes sont construites comme telles par le regard et les préjugés, qui leur prêtent tout un tas de qualités, qui souvent se retournent contre elles.

« Tout être humain femelle n’est donc pas nécessairement une femme ; il lui faut participer à cette réalité mystérieuse et menacée qu’est la féminité. Celle-ci est-elle sécrétée par les ovaires ? ou figée au fond d’un ciel platonicien ? Suffit-il d’un jupon à frou-frou pour la faire descendre sur terre ? Bien que certaines femmes s’efforcent avec zèle de l’incarner, le modèle n’en a jamais été déposé », se moque Simone de Beauvoir dans l’introduction, contre tout essentialisme qui voudrait enfermer les femmes donc, dans une essence prédéfinie, et surtout, définitive.

(...)

« Ignorance »

Concernant le mot « hystériser », Manon Garcia estime aussi « qu’on ne peut plus utiliser ce terme à part dans un contexte d’histoire de la psychiatrie » : « C’est un concept qui a été construit d’une manière sexiste pour médicaliser et sexualiser un certain type de trouble. C’est la version polie pour accuser les femmes d’être mal baisées. C’est l’idée que si les femmes étaient pénétrées comme il fallait il n’y aurait plus de problème. Je ne comprends pas qu’un ministre de la justice puisse employer ce terme. Les bras m’en tombent devant une telle ignorance. »

S’agissant enfin du terme « ayatollahs », Manon Garcia juge « particulièrement mal venu de faire une analogie entre les femmes qui se battent pour leurs droits et les Ayatollahs qui ont tout fait pour que les femmes n’aient plus de droits ».

 

Aude Lorriaux

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Gisèle Halimi est morte... La plaidoirie du procès de Bobigny. Le triomphe des idées!

28 Juillet 2020 , Rédigé par Gisèle Halimi Publié dans #Femme

« Monsieur le président, Messieurs du tribunal,

Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un parfait accord entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre, et ma condition de femme.

Je ressens donc au premier plan, au plan physique, il faut le dire, une solidarité fondamentale avec ces quatre femmes, et avec les autres.

Ce que j’essaie d’exprimer ici, c’est que je m’identifie précisément et totalement avec Mme Chevalier et avec ces trois femmes présentes à l’audience, avec ces femmes qui manifestent dans la rue, avec ces millions de femmes françaises et autres.

Elles sont ma famille. Elles sont mon combat. Elles sont ma pratique quotidienne.

Et si je ne parle aujourd’hui, Messieurs, que de l’avortement et de la condition faite à la femme par une loi répressive, une loi d’un autre âge, c’est moins parce que le dossier nous y contraint que parce que cette loi est la pierre de touche de l’oppression qui frappe les femmes.

C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée.

Voilà vingt ans que je plaide, Messieurs, et je pose chaque fois la question et j’autorise le tribunal à m’interrompre s’il peut me contredire. Je n’ai encore jamais plaidé pour la femme d’un haut commis de l’État, ou pour la femme d’un médecin célèbre, ou d’un grand avocat, ou d’un P-DG de société, ou pour la maîtresse de ces mêmes messieurs.

Je pose la question. Cela s’est-il trouvé dans cette enceinte de justice ou ailleurs ? Vous condamnez toujours les mêmes, les « Mme Chevalier ». Ce que nous avons fait, nous, la défense, et ce que le tribunal peut faire, ce que chaque homme conscient de la discrimination qui frappe les mêmes femmes peut faire, c’est se livrer à un sondage très simple. Prenez des jugements de condamnation pour avortement, prenez les tribunaux de France que vous voudrez, les années que vous voudrez, prenez cent femmes condamnées et faites une coupe socio-économique : vous retrouverez toujours les mêmes résultats :

- 26 femmes sont sans profession, mais de milieu modeste, des « ménagères » ;
- 35 sont employées de bureau (secrétaires-dactylos) : au niveau du secrétariat de direction, déjà, on a plus d’argent, on a des relations, on a celles du patron, un téléphone… ;
- 15 employées de commerce et de l’artisanat (des vendeuses, des coiffeuses…) ;
- 16 de l’enseignement primaire, agents techniques, institutrices, laborantines ;
- 5 ouvrières ;
- 3 étudiantes.

Autre exemple de cette justice de classe qui joue, sans la moindre exception concernant les femmes : le manifeste des 343.

Vous avez entendu à cette barre trois de ses signataires. J’en suis une moi-même. Trois cent quarante trois femmes (aujourd’hui, trois mille) on dénoncé le scandale de l’avortement clandestin, le scandale de la répression et le scandale de ce silence que l’on faisait sur cet avortement. Les a-t-on seulement inculpées ? Nous a-t-on seulement interrogées ? Je pense à Simone de Beauvoir, à Françoise Sagan, à Delphine Seyrig – que vous avez entendues – Jeanne Moreau, Catherine Deneuve… Dans un hebdomadaire à grand tirage, je crois, Catherine Deneuve est représentée avec la légende : « La plus jolie maman du cinéma français » ; oui certes, mais c’est aussi « la plus jolie avortée du cinéma français » !

Retournons aux sources pour que Marie-Claire, qui s’est retrouvée enceinte à seize ans, puisse être poursuivie pour délit d’avortement, il eût fallu prouver qu’elle avait tous les moyens de savoir comment ne pas être enceinte, et tous les moyens de prévoir.

Ici, Messieurs, j’aborde le problème de l’éducation sexuelle.

Vous avez entendu les réponses des témoins. Je ne crois pas que, sur ce point, nous avons appris quelque chose au tribunal. Ce que je voudrais savoir, c’est combien de Marie-Claire en France ont appris qu’elles avaient un corps, comment il était fait, ses limites, ses possibilités, ses pièges, le plaisir qu’elles pouvaient en prendre et donner ?

Combien ?

Très peu, j’en ai peur.

Il y a dans mon dossier une attestation de Mme Anne Pério, professeur dans un lycée technique, qui indique que, durant l’année scolaire 1971-1972, il y a eu treize jeunes filles entre dix-sept ans et en vingt ans en état de grossesse dans ce lycée. Vous avez entendu, à l’audience, Simone Iff, vice-présidente du Planning familial. Elle est venue vous dire quel sabotage délibéré les pouvoirs publics faisaient précisément de cet organisme qui était là pour informer, pour prévenir, puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Vous avez, Messieurs, heureusement pour vous, car je vous ai sentis accablés sous le poids de mes témoins et de leur témoignage, échappé de justesse à deux témoignages de jeunes gens de vingt ans et de dix-sept ans, mes deux fils aînés, qui voulaient venir à cette barre. Ils voulaient vous dire d’abord à quel point l’éducation sexuelle avait été inexistante pendant leurs études. L’un est dans un lycée et l’autre est étudiant. Ils voulaient faire – il faut le dire – mon procès. Mon procès, c’est-à-dire le procès de tous les parents. Car l’alibi de l’éducation sexuelle, à la maison, il nous faut le rejeter comme quelque chose de malhonnête. Je voudrais savoir combien de parents – et je parle de parents qui ont les moyens matériels et intellectuels de le faire – abordent tous les soirs autour de la soupe familiale l’éducation sexuelle de leurs enfants. Mme Chevalier, on vous l’a dit, n’avait pas de moyens matériels, et elle n’avait pas reçu elle-même d’éducation sexuelle. Je parle de moi-même et de mes rapports avec mes enfants. Moi, je n’ai pas pu le faire. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Mais je peux peut-être essayer de l’expliquer. Peut-être parce que, entre les parents et les enfants, il y a un rapport passionnel, vivant, vivace, et c’est bon qu’il en soit ainsi ; peut-être aussi parce que, pour les enfants, il y a cette image des rapports amoureux des parents et que cela peut culpabiliser les enfants et la mère ? Toujours est-il que l’on ne peut décider que les parents auront l’entière responsabilité de l’éducation sexuelle. Il faut des éducateurs spécialisés, quitte pour les parents à apporter, en quelque sorte, une aide complémentaire.

Pourquoi ne pratique-t-on pas l’éducation sexuelle dans les écoles puisqu’on ne veut pas d’avortement ?

Pourquoi ne commence-t-on pas par le commencement ? Pourquoi ?

Parce que nous restons fidèles à un tabou hérité de nos civilisations judéo-chrétiennes qui s’oppose à la dissociation de l’acte sexuel et de l’acte de procréation. Ils sont pourtant deux choses différentes. Ils peuvent être tous les deux actes d’amour, mais le crime des pouvoirs publics et des adultes est d’empêcher les enfants de savoir qu’ils peuvent être dissociés.

Deuxième responsabilité :

L’accusation, je le lui demande, peut-elle établir qu’il existe en France une contraception véritable, publique, populaire et gratuite ? Je ne parle pas de la contraception gadget, de la contraception clandestine qui est la nôtre aujourd’hui. Je parle d’une véritable contraception. Je dois dire que j’ai cru comprendre que même la contraception était prise à partie dans ce débat.

Je dois dire qu’il m’est arrivé de parler à plusieurs reprises de ce problème, publiquement. J’ai eu face de moi des hommes d’Église : même eux n’avaient pas pris cette position. La contraception, à l’heure actuelle, c’est peut-être 6% ou 8% des femmes qui l’utilisent. Dans quelles couches de la population ? Dans les milieux populaires, 1% !

Dans la logique de la contraception, je dis qu’est inscrit le droit à l’avortement.

Supposons que nous ayons une parfaite éducation sexuelle. Supposons que cela soit enseigné dans toutes les écoles. Supposons qu’il y ait une contraception véritable, populaire, totale, gratuite. On peut rêver… Prenons une femme libre et responsable, parce que les femmes sont libres et responsables. Prenons une de ces femmes qui aura fait précisément ce que l’on reproche aux autres de ne pas faire, qui aura manifesté constamment, régulièrement, en rendant visite à son médecin, sa volonté de ne pas avoir d’enfants et qui se trouverait, malgré tout cela, enceinte.

Je pose alors la question : « Que faut-il faire ? »

J’ai posé la question à tous les médecins. Ils m’ont tous répondu, à l’exception d’un seul : « il faut qu’elle avorte ». Il y a donc inscrit, dans la logique de la contraception, le droit à l’avortement. Car personne ne peut soutenir, du moins je l’espère, que l’on peut donner la vie par échec. Et il n’y a pas que l’échec. Il y a l’oubli. Supposez que l’on oublie sa pilule. Oui. On oublie sa pilule. Je ne sais plus qui trouvait cela absolument criminel. On peut oublier sa pilule. Supposez l’erreur. L’erreur dans le choix du contraceptif, dans la pose du diaphragme.

L’échec, l’erreur, l’oubli…

Voulez-vous contraindre les femmes à donner la vie par échec, par erreur, par oubli ? Est-ce que le progrès de la science n’est pas précisément de barrer la route à l’échec, de faire échec à l’échec, de réparer l’oubli, de réparer l’erreur ? C’est cela, me semble-t-il, le progrès. C’est barrer la route à la fatalité et, par conséquence, à la fatalité physiologique.

J’ai tenu à ce que vous entendiez ici une mère célibataire. Le tribunal, je l’espère, aura été ému par ce témoignage. Il y a ici des filles, des jeunes filles qui, elles, vont jusqu’au bout de leur grossesse pour des raisons complexes, mais disons, parce qu’elles respectent la loi, ce fameux article 317. Elles vont jusqu’au bout.

Que fait-on pour elles ? On les traites de putains. On leur enlève leurs enfants, on les oblige, la plupart du temps, à les abandonner ; on leur prend 80% de leur salaire, on ne se préoccupe pas du fait qu’elles sont dans l’obligation d’abandonner leurs études. C’est une véritable répression qui s’abat sur les mères célibataires. Il y a là une incohérence au plan de la loi elle-même.

J’en arrive à ce qui me paraît le plus important dans la condamnation de cette loi. Cette loi, Messieurs, elle ne peut pas survivre et, si l’on m’écoutait, elle ne pourrait pas survivre une seconde de plus : Pourquoi ? Pour ma part, je pourrais me borner à dire : parce qu’elle est contraire, fondamentalement, à la liberté de la femme, cet être, depuis toujours opprimé. La femme était esclave disait Bebel, avant même que l’esclavage fût né. Quand le christianisme devint une religion d’État, la femme devint le « démon », la « tentatrice ». Au Moyen Âge, la femme n’est rien. La femme du serf n’est même pas un être humain. C’est une bête de somme. Et malgré la Révolution où la femme émerge, parle, tricote, va aux barricades, on ne lui reconnaît pas la qualité d’être humain à part entière. Pas même le droit de vote. Pendant la Commune, aux canons, dans les assemblées, elle fait merveille. Mais une Louise Michelle et une Hortense David ne changeront pas fondamentalement la condition de la femme.

Quand la femme, avec l’ère industrielle, devient travailleur, elle est bien sûr – nous n’oublions pas cette analyse fondamentale – exploitée comme les autres travailleurs.

Mais à l’exploitation dont souffre le travailleur, s’ajoute un coefficient de surexploitation de la femme par l’homme, et cela dans toutes les classes.

La femme est plus qu’exploitée. Elle est surexploitée. Et l’oppression – Simone de Beauvoir le disait tout à l’heure à la barre – n’est pas seulement celle de l’économie.

Elle n’est pas seulement celle de l’économie, parce que les choses seraient trop simples, et on aurait tendance à schématiser, à rendre plus globale une lutte qui se doit, à un certain moment, d’être fractionnée. L’oppression est dans la décision vieille de plusieurs siècles de soumettre la femme à l’homme. « Ménagère ou courtisane », disait d’ailleurs Proudhon qui n’aimait ni les juifs, ni les femmes. Pour trouver le moyen de cette soumission, Messieurs, comment faire ? Simone de Beauvoir vous l’a très bien expliqué. On fabrique à la femme un destin : un destin biologique, un destin auquel aucune d’entre nous ne peut ou n’a le droit d’échapper. Notre destin à toutes, ici, c’est la maternité. Un homme se définit, existe, se réalise, par son travail, par sa création, par l’insertion qu’il a dans le monde social. Une femme, elle, ne se définit que par l’homme qu’elle a épousé et les enfants qu’elle a eus.

Telle est l’idéologie de ce système que nous récusons.

Savez-vous, Messieurs, que les rédacteurs du Code civil, dans leur préambule, avaient écrit ceci et c’est tout le destin de la femme : « La femme est donnée à l’homme pour qu’elle fasse des enfants… Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier. » Certes, le Code civil a changé, et nous nous en réjouissons. Mais il est un point fondamental, absolument fondamental sur lequel la femme reste opprimée, et il faut, ce soir, que vous fassiez l’effort de nous comprendre.

Nous n’avons pas le droit de disposer de nous-mêmes.

S’il reste encore au monde un serf, c’est la femme, c’est la serve, puisqu’elle comparaît devant vous, Messieurs, quand elle n’a pas obéi à votre loi, quand elle avorte. Comparaître devant vous. N’est-ce pas déjà le signe le plus certain de notre oppression ? Pardonnez-moi, Messieurs, mais j’ai décidé de tout dire ce soir. Regardez-vous et regardez-nous. Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes… Et pour parler de quoi ? De sondes, d’utérus, de ventres, de grossesses, et d’avortements !...

- Croyez-vous que l’injustice fondamentale et intolérable n’est pas déjà là ?
- Ces quatre femmes devant ces quatre hommes !
- Ne croyez-vous pas que c’est là le signe de ce système oppressif que subit la femme ? Comment voulez-vous que ces femmes puissent avoir envie de faire passer tout ce qu’elles ressentent jusqu’à vous ? Elles ont tenté de le faire, bien sûr, mais quelle que soit votre bonne volonté pour les comprendre – et je ne la mets pas en doute – elles ne peuvent pas le faire. Elles parlent d’elles-mêmes, elles parlent de leur corps, de leur condition de femmes, et elles en parlent à quatre hommes qui vont tout à l’heure les juger. Cette revendication élémentaire, physique, première, disposer de nous-mêmes, disposer de notre corps, quand nous la formulons, nous la formulons auprès de qui ? Auprès d’hommes. C’est à vous que nous nous adressons.
- Nous vous disons : « Nous, les femmes, nous ne voulons plus être des serves ».

Est-ce que vous accepteriez, vous, Messieurs, de comparaître devant des tribunaux de femmes parce que vous auriez disposé de votre corps ?... Cela est démentiel !

Accepter que nous soyons à ce point aliénées, accepter que nous ne puissions pas disposer de notre corps, ce serait accepter, Messieurs, que nous soyons de véritables boîtes, des réceptacles dans lesquels on sème par surprise, par erreur, par ignorance, dans lesquels on sème un spermatozoïde. Ce serait accepter que nous soyons des bêtes de reproduction sans que nous ayons un mot à dire.

L’acte de procréation est l’acte de liberté par excellence. La liberté entre toutes les libertés, la plus fondamentale, la plus intime de nos libertés. Et personne, comprenez-moi, Messieurs, personne n’a jamais pu obliger une femme à donner la vie quand elle a décidé de ne pas le faire.

En jugeant aujourd’hui, vous allez vous déterminer à l’égard de l’avortement et à l’égard de cette loi et de cette répression, et surtout, vous ne devrez pas esquiver la question qui est fondamentale. Est-ce qu’un être humain, quel que soit son sexe, a le droit de disposer de lui-même ? Nous n’avons plus le droit de l’éviter.

J’en ai terminé et je pris le tribunal d’excuser la longueur de mes explications. Je vous dirai seulement encore deux mots : a-t-on encore, aujourd’hui, le droit, en France, dans un pays que l’on dit "civilisé", de condamner des femmes pour avoir disposé d’elles-mêmes ou pour avoir aidé l’une d’entre elles à disposer d’elle-même ? Ce jugement, Messieurs, vous le savez – je ne fuis pas la difficulté, et c’est pour cela que je parle de courage – ce jugement de relaxe sera irréversible, et à votre suite, le législateur s’en préoccupera. Nous vous le disons, il faut le prononcer, parce que nous, les femmes, nous, la moitié de l’humanité, nous sommes mises en marche. Je crois que nous n’accepterons plus que se perpétue cette oppression.

Messieurs, il vous appartient aujourd’hui de dire que l’ère d’un monde fini commence. »

Gisèle Halimi

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Un point de vue - "Démission de Christophe Girard, ou l'influence d'une morale de dupe"

25 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Femme

Un point de vue - "Démission de Christophe Girard, ou l'influence d'une morale de dupe"

Par Perrine Simon-Nahum, Philosophe, directrice de recherches au CNRS

Jamais mis en cause par la justice dans «l’affaire Matzneff», l'adjoint à la culture de la mairie de Paris a été contraint de démissionner de son poste. Au nom de quels principes éthiques, demande la philosophe Perrine Simon-Nahum.

Tribune. La démission annoncée hier soir de Christophe Girard de son poste d’adjoint à la culture de la mairie de Paris ne concerne pas seulement le cercle restreint des édiles parisiens. Elle doit secouer nos consciences de citoyens. Je ne parle pas ici de l’aspect judiciaire de ce qu’il est désormais convenu d’appeler «l’affaire Matzneff» dans laquelle l’écrivain est visé par une enquête pour «viols sur mineurs», affaire pour laquelle Christophe Girard n’a jamais été mis en cause par la justice. On rappellera pour mémoire qu’il a été entendu en mars au titre des fonctions de secrétaire général de la maison Yves Saint Laurent (dans les années 80), elle-même citée dans cette affaire pour avoir, à l’instar d’autres institutions comme le Centre national du livre (CNL), un moment, financé l’écrivain.

Tout citoyen averti, tout philosophe intéressé aux choses du politique ne pourront en revanche que s’alarmer devant ce qui relève, au minimum, d’une dangereuse confusion des genres, au pire, d’une mauvaise compréhension de ce que signifie la gestion de la chose publique. Car c’est bien ce signal inquiétant entre tous que nous envoie le collectif de militantes féministes et d’élus écologistes qui semble avoir obtenu hier la démission de l’adjoint à la culture après avoir manifesté sous les fenêtres de l’hôtel de ville où se tenait le premier conseil de Paris de la nouvelle mandature.

Conduite des affaires publiques

Au début des années 90, Michel Rocard s’alarmait déjà de ce que le développement des actions judiciaires en responsabilité allait détourner ceux qui en manifestaient la vocation de s’engager en politique. Il ne resterait, disait-il, pour incarner l’avenir du pays, que les médiocres ou ceux qu’anime le désir du pouvoir et, pire encore, l’idée d’étancher cette soif de reconnaissance au cœur de la chose publique. Il semble que nous y soyons. On aurait tort de se focaliser sur les seuls effets néfastes que provoque sur la conduite des affaires publiques le désintérêt qu’elle suscite chez les citoyens. Personne ne niera que la montée de l’abstention lors des récentes élections soit un signal dont il faut s’inquiéter. Bien peu, en revanche, s’alarment des effets délétères que produit l’ordre moral qui étend petit à petit son ombre sur le domaine de la culture et nuit à la qualité d’action de nos dirigeants politiques.

Les militantes féministes et les élus écologistes en question, qui se réclament d’une légitimité dont on ne sait si elle s’ancre dans une élection acquise au rabais (rappelons qu’aux dernières municipales parisiennes, le taux d’abstention a battu un record) ou d’une mode idéologique, celle de la cancel culture, imitée des Etats-Unis, nous offrent un avertissement à grands frais. Leurs protestations, qui ne reposent sur aucune preuve et violent les procédures, ne sont que le côté émergé de l’iceberg qui nous entraîne vers le fond de la culture, de la politique, de la démocratie. Il faudra un jour sans doute revenir sur l’action de Christophe Girard à la tête de la culture parisienne dont on sait qu’il y a travaillé à accueillir ces minorités, ces diversités dont se réclament ses adversaires et s’est toujours montré attentif, au-delà des différences, au respect de chacun.

Nouveaux justiciers

Aux nouveaux justiciers qui s’appuient sur «la rumeur, les amalgames et les soupçons» comme le dit Anne Hidalgo, je rappellerai la nécessité de prendre quelque distance historique. Il importe de garder les choses dans leur contexte. Au nom de quelle morale le met-on en cause et par qui ont été investis ceux qui s’en font les porte-voix ? Ce n’est pas en pratiquant l’anathème et l’exclusion que l’on fera avancer la cause des femmes et des enfants. La morale n’est pas affaire d’idéologie, encore moins de politique. Elle est à l’image d’une société, diverse, mouvante, qui se cherche et met un point d’honneur à s’interroger. Le reste n’est qu’une morale de dupes.

Sans doute doit-on se montrer attentifs au fait que nos dirigeants nationaux ou municipaux fassent preuve des qualités d’«éthique» et de «responsabilité», pour reprendre les termes utilisés par les élues féministes et leurs alliés écologistes. A ceux-ci, il faut rappeler cependant que la grandeur de la politique réside sans doute dans sa capacité à faire entendre des voix différentes mais plus encore à les mettre en dialogue pour parvenir à un consensus dont les institutions démocratiques sont les porteuses et à défendre ainsi ce qui s’appelle encore «l’intérêt général».

Perrine Simon-Nahum, Philosophe, directrice de recherches au CNRS

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Un "modèle" de féminisme... Alexandria Ocasio-Cortez... (+ bref commentaire)

25 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Femme, #Politique

Une femme libre et raisonnable pour un féminisme qui défend les femmes sans haïr les hommes. Raisonnable au sens de "dotée de raison", l'un des piliers du pacte républicain avec le droit fondant l'Etat.

Depuis quelques années et de plus en plus ces trois dernières, la raison recule. Les idées perdent poids.

Quant à l'Etat de droit, il est fragilisé par des contre-pouvoirs populistes et par le "tribunal du peuple". Tout le monde désormais peut se transformer en sinistre Fouquier-Tinville. Et, pire encore, parvenir à ses fins.

Mettant en péril les "noces de la République et de la raison" pour reprendre une formule utilisée par Christophe Prochasson dans son livre "Voyage d'un historien à l'intérieur de l'Etat", Fayard/collection Raison de plus, Paris 2019.

Loin de moi l'idée de nier la part immense de responsabilités de millions d'hommes de par le monde coupables des pires actes à l'encontre de jeunes filles et de femmes! Mais je suis persuadé que la cause des femmes avancera beaucoup plus vite en associant les hommes - de bonne volonté et il en existe beaucoup - à leurs combats plutôt qu'en les stigmatisant dans des amalgames imbéciles comme ceux que véhicule Alice Coffin ces derniers jours. 

Christophe Chartreux

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