Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

feminisme

Najat Vallaud Belkacem est l’invitée de Sophie Iborra dans Les Héritières (Audio)

2 Décembre 2022 , Rédigé par La Tribune Publié dans #Feminisme, #Femmes

Najat Vallaud Belkacem est l’invitée de Sophie Iborra dans Les Héritières (Audio)

Les crises, qu’elles soient sanitaires, climatiques, ou liées à des conflits géopolitiques, ont-elles des impacts spécifiques sur les femmes et les jeunes filles ? Force est de constater que la place des femmes a longtemps été négligée dans les travaux visant à quantifier et à analyser leur exil.

En France, la part des femmes dans la migration est en augmentation depuis ces dernières années. Le nombre de femmes étrangères présentes sur le territoire dépasse ainsi celui des hommes depuis 2008 avec 51,5% du total en 2020 tous types d'immigrations confondues. Originaires à 55% du continent africain, elles sont aussi issues d'Europe à 24%. Les Nations Unies indiquent ainsi qu'elles représentent plus de la moitié des personnes déplacées dans le monde en 2020.

Pourquoi est-il si important d'analyser ces données avec un prisme de genre ? Parce qu'il existe bel et bien des spécificités féminines à l'origine de leur exil :  mariages forcés et précoces, violences conjugales et intra-familiales, traites aux fins d'exploitation sexuelle, mutilations sexuelles...en constante augmentation chaque année. L'exil leur permet donc le plus souvent d'échapper à des situations dangereuses et intenables pour elles.

Leur parcours d'intégration est aussi plus difficile que celui des hommes. Accès aux soins, formation professionnelle, emplois ou apprentissage de la langue, les traumatismes et les violences subis dans leur pays d'origine ou pendant le trajet migratoire sont autant de freins à une véritable insertion réussie.

En 2018, le Haut Conseil à l'Égalité pointait, notamment, le manque de place d'hébergement spécifique pour ces femmes et la formation des acteurs de l'asile en la matière.

Depuis, 300 places ont été créées au sein d'un dispositif national d'accueil dédié aux femmes en danger qu'elles soient demandeuses d'asile ou réfugiées. Des sessions de formation sur les questions de vulnérabilité et de violences faites aux femmes ont été mises en place pour former, notamment, les personnels et agents de l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration). Enfin un plan vulnérabilité publié en 2021 par le Ministère de l'Intérieur a pour objectif, entre autres, d'améliorer leur prise en charge.

Épisode 3- Saison 2 -Najat Vallaud Belkacem

Symbole de la diversité et de l'intégration réussie, surdouée de la politique avec un parcours fulgurant, mon invitée, ce mois-ci, dans les Héritières, est une femme engagée à gauche. Femme libre et curieuse de tout, Directrice générale d'une ONG qui lutte contre l'extrême pauvreté dans le monde, elle est aussi Présidente de France Terre d'Asile qui défend, accueille et accompagne, les demandeurs d'asile et les mineurs isolés étrangers.

Najat Vallaud Belkacem est la nouvelle invitée du podcast Les Héritières - Saison 2

Bonne écoute !

Lire la suite

Violences sexuelles dans la recherche : «Doctorante, on est le premier maillon de la chaîne alimentaire»

28 Novembre 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Universite, #Feminisme, #Droit des femmes

Comment les universités luttent contre le harcèlement sexuel - Le Figaro  Etudiant

Dans l’intimité d’un laboratoire ou lors d’un colloque international, les jeunes chercheuses sont les premières victimes de comportements abusifs à connotation sexiste ou sexuelle. Pour «Libération», plusieurs doctorantes ou ex-doctorantes témoignent. Les procédures disciplinaires demeurent incertaines, malgré une attention accrue du ministère de l’Enseignement supérieur.

Après huit mois de thèse, Julia (1) jette l’éponge. L’ambiance toxique de son laboratoire a raison de son doctorat. Elle mène à l’époque, en 2021, une recherche en physique nucléaire, une discipline identifiée comme masculine. Dans son équipe, les brimades sexistes, qui s’apparentent à du harcèlement sexuel aux yeux de la loi, sont monnaie courante. «Dans les couloirs, à la cafèt, lors de mes présentations, c’est toujours une petite remarque glissée, malveillante.» Du genre «t’es bien une femme pour faire des jolis PowerPoint». Quand ce n’est pas des allusions et des blagues plus douteuses. «On vous compare à un chien, on rit de vous parce que vous avez la bouche pleine. C’est du niveau collège, et tout le monde se marre.» La jeune femme raconte un lourd climat sexiste entretenu par son directeur de thèse en personne. Très vite, elle sollicite un référent du pôle «égalité et parité» de son département, qui lui propose une médiation avec ses «harceleurs». L’idée d’une confrontation directe la met en pleurs. Elle refuse.

Julia peine à alerter la direction de son université de l’Est de la France. «J’ai fait face à des murs», dit-elle. Entamer des démarches pour changer de tuteur, de laboratoire voire de département de recherche peut s’avérer très complexe : le contrat doctoral, principale forme de soutien, notamment financier, attribué aux étudiants souhaitant se lancer dans une thèse, est fléché en fonction de projets scientifiques validés en amont par des pairs et en concertation avec le directeur de thèse lui-même. Dans la plupart des cas, ce dernier est aussi à l’initiative de la composition du comité de suivi de thèse, bureau chargé de veiller au bon déroulement de la formation doctorale. Ecœurée, elle finit par s’isoler. «J’avais peur de sortir de mon bureau pour aller aux toilettes, fumer une clope ou rester tard le soir.» Après deux mois et demi d’arrêt maladie, elle fait un abandon de poste et parvient à négocier son licenciement.

«Mon directeur m’a dit : “Je te baise”»

Un rapport soutenu par la Défenseuse des droits et rendu public en octobre fait état de conditions d’études «grevées par un climat sexiste et sexualisé» dans le milieu universitaire en France, doctorat compris. Au point de «conduire à l’abandon des études ou à des difficultés à suivre des enseignements». Un constat qui corrobore le panorama brossé dans Comment l’université broie les jeunes chercheurs (Autrement, 2022), une enquête effectuée par questionnaire en ligne auprès de 1 800 doctorants et docteurs par Adèle B. Combes, elle-même docteure en neurobiologie : 25 % des répondants disent y avoir «subi une situation à connotation sexuelle ou sexiste au moins une fois durant leur doctorat». L’encadrant de thèse est souvent cité comme l’auteur des agissements, même si de telles situations impliquent aussi des collègues aux statuts variés et sensiblement du même âge que les victimes. «Une fois, mon directeur m’a dit : “Je te baise”», confie une ancienne doctorante à Adèle B. Combes.

Proche de la quarantaine, Sandrine (1) est aujourd’hui une chercheuse titulaire en sciences de la Terre. Elle dit avoir été violée par son supérieur hiérarchique alors qu’ils étaient en mission sur le terrain. Les faits remontent à une dizaine d’années mais elle ne porte plainte qu’en 2020, comme l’atteste un procès-verbal consulté par Libération«J’étais jusqu’à il y a peu dans une situation précaire où j’enchaînais les contrats s’étalant de quelques mois à quelques années. Je reste persuadée que si j’avais parlé, je n’aurais fait que briser mon rêve de devenir chercheuse. Il s’agit d’un petit monde où les relations professionnelles s’entremêlent aux liens amicaux. Ça m’aurait porté préjudice sans que ça l’atteigne lui. C’est quelqu’un de très charismatique, j’étais fière de travailler avec lui. Je n’ai rien vu venir.»

D’après son récit, ni son désir ni son consentement n’ont été interrogés pendant l’acte. Après les faits, elle raconte des années «en mode pilote automatique» et un travail de longue haleine chez des psychothérapeutes et des gynécologues pour retrouver le «goût de la vie». En parallèle de la procédure judiciaire, une enquête administrative est en cours au sein de l’institut parisien employeur du mis en cause au moment des faits.

Certaines doctorantes en viennent à redouter les colloques scientifiques. Cadre idéal pour diffuser ses résultats et débattre entre pairs, les séminaires et autres congrès internationaux sont aussi des lieux propices aux situations de harcèlement et d’agression. Aujourd’hui jeune docteure en études politiques, Manon (1) se souviendra toujours de son premier colloque et ses commentaires dégradants. Alors que son directeur de thèse la présente à des collègues, l’un d’eux remarque : «On comprend pourquoi tu l’as choisie, tu t’emmerdes pas mon salaud.» «Comme si je n’étais pas là», se remémore-t-elle.

Selon elle, les gestes déplacés lors de ce type de rencontres sont récurrents. «Lors d’un nouveau colloque à l’étranger, je parle avec un ponte de mon domaine, quelqu’un de plus âgé et dont je cite les écrits dans mes recherches. On logeait dans le même hôtel. En rentrant, il me propose un verre au bar. Je préfère montrer me coucher. Il m’accompagne et fait le piquet devant la porte de ma chambre. C’était en 2018, je finissais ma thèse, j’étais effrayée et sans recours. Avec le recul, je comprends qu’il a interprété mon intérêt pour son travail comme un blanc-seing.»

«Vieux profs un peu dégueu»

Les colloques constituent «un observatoire privilégié pour analyser la ligne de tension entre consentement et abus de pouvoir», écrit Farah Deruelle, doctorante en sociologie à Toulouse Jean-Jaurès, dans la revue Terrains et Travaux (Cairninfo, 2022). «Ainsi, si la proximité physique entretenue par les colloques autorise les transgressions de toutes sortes, leur confinement géographique assoit le sentiment d’omnipotence des auteurs de violences, constate-t-elle au terme d’une enquête menée au sein d’une délégation régionale du CNRS. Dans un mouvement parallèle, il favorise aussi leur non-dénonciation, chez des victimes plutôt résolues à les subir.»

Car ces journées d’études, où circulent promesses d’embauche, projets de publication, opportunités de collaboration avec des entreprises et d’intégration de sociétés savantes, sont des espaces d’échanges informels indispensables au développement d’une carrière naissante. «En recherche, il se passe plein de trucs au bar. Moi, c’est comme ça que j’ai trouvé mon postdoc», raconte une chercheuse en biologie à Farah Deruelle.

Pour Manon, être une femme, jeune et de surcroît doctorante, c’est la triple peine. «On doit supporter les autres doctorants, les docteurs, les enseignants-chercheurs un peu plus installés et certains vieux profs un peu dégueu en fin de carrière, résume l’ancienne thésarde. En fin de compte, jeune doctorante, on est le premier maillon de la chaîne alimentaire.» Un statut d’autant plus vulnérable que le secteur de la recherche, où les titularisations sont rares, est marqué par une forte concurrence.

L’horizon professionnel s’assombrit plus encore pour les femmes : trois ans après l’obtention de leur doctorat, elles gagnent en moyenne 7 % de moins que leurs homologues masculins et sont 63 % à accéder à un emploi stable contre 68 % des hommes, d’après les données du ministère de l’Enseignement supérieur. Et si elles sont aussi nombreuses que les hommes en doctorat, toutes filières confondues, elles ne sont que 35 % à occuper des directions de thèses et 29 % à devenir professeures des universités, l’un des postes les plus prestigieux du monde académique.

Les situations abusives ne se déroulent pas que dans l’intimité d’une relation de subordination propre à l’encadrement doctoral. En septembre 2021, Léa vient à bout de sa thèse en mathématiques au prix d’une dégradation de son état de santé physique et morale. En cause, le harcèlement sexuel qu’elle subit de la part d’un collègue de labo pendant près d’un an, jusqu’à l’agression. «Dès qu’on se croisait, il me faisait des réflexions sur mes fesses, mes seins ou comment j’étais habillée, que je mette un col roulé ou une jupe. Je me suis surprise à réfléchir à quelle tenue j’allais mettre le matin pour être tranquille au bureau. Puis, il a commencé à me toucher, à mettre ses mains sur mes épaules, au niveau de la taille sans s’apercevoir que ça me gênait.» A plusieurs reprises, elle lui demande d’arrêter. Il insiste et tourne sa requête en dérision. Un soir lors d’un verre entre collègues : «Il m’a glissé la main sur la cuisse et l’a remontée sous ma robe jusqu’à mon sexe. Je lui ai tout de suite retirée. Je lui ai fait comprendre que je ne voulais pas mais il m’a quand même suivie jusqu’à chez moi.»

Opacité des procédures disciplinaires

Après l’agression, Léa déserte autant que possible le campus et consulte un médecin spécialisé en psychiatrie à plusieurs reprises. Elle n’envisage aucun recours en justice mais dépose une main courante pour signaler la situation. «L’ambiance de travail est déjà assez pourrie avec les histoires de manque d’argent, de manque de postes… On est tous un peu dans la même merde, je ne voulais pas que ça aille trop loin.» Ce n’est qu’en apprenant que d’autres doctorantes ont elles aussi eu affaire à son agresseur, que son directeur de thèse était au courant de faits similaires précédents et qu’après une suspension de contrat son collègue avait été autorisé à reprendre son poste, qu’elle porte plainte. Elle se constitue partie civile. Son dossier remonte au procureur de la République qui retient le qualificatif de «harcèlement sexuel». Son agresseur est notifié d’un rappel à la loi assorti de l’obligation d’une indemnisation de 800 euros en échange de la fin des poursuites judiciaires, selon les pièces du dossier consultées par Libération.

Pour prévenir les faits de harcèlement et de violences physiques, un arrêté du 26 août 2022 a renforcé les missions de détection et d’alerte des comités de suivi de thèses, introduits dans la réglementation nationale en 2016. Les écoles doctorales ont désormais l’obligation de signaler à une cellule d’écoute au sein de l’établissement tous les «actes de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel ou d’agissements sexistes» dès qu’elles en ont connaissance.

Tout en reconnaissant qu’il y a «des cas d’abus dans les organismes de recherche comme dans tout milieu professionnel», les garde-fous «sont plus vertueux qu’ailleurs», assure Sylvie Pommier, présidente du Réseau national des collèges doctoraux (RNCP), qui a publié en octobre un guide de suivi de thèse destiné aux écoles doctorales. «A la différence des entretiens annuels en entreprise, les comités de suivi de thèse ne se font pas avec le n + 1.»

De son côté, le CNRS a mis sur pied cette année une cellule de signalements assurant «l’organisation des enquêtes administratives jugées nécessaires», explique le Centre de recherches. «Il y a un réel décalage entre toutes ces évolutions qui sont très récentes et théoriques, et la réalité encore loin de permettre aux victimes de s’exprimer en toute confidentialité», explique May Morris biochimiste au CNRS et coordinatrice d’un programme de mentorat des doctorantes au sein de l’association Femmes et Sciences.

En octobre, la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, annonçait dans le Parisien doubler le budget annuel alloué contre les violences sexistes et sexuelles en 2023, de 1,7 à 3,5 millions d’euros. Si l’institution se décide à agir, les démarches pouvant mener à des procédures disciplinaires relèvent encore du parcours du combattant, pour de multiples raisons : longueur et opacité des procédures, sanctions peu dissuasives ou encore bon vouloir du président d’université, seul à pouvoir décider de saisir une section disciplinaire, selon le code de l’éducation.

«Il reste beaucoup à faire, commente Anne (1), maîtresse de conférences à l’université Toulouse Jean-Jaurès, qui a alerté sur le comportement d’un professeur des universités, déjà mis en cause par le passé. Il y a un véritable plafond de verre, ajoute-t-elle, un professeur des universités qui siège dans un conseil d’administration ou occupe un rôle syndical important reste intouchable car il a trop de pouvoir.» Après n’avoir jamais été inquiété, l’intéressé a pris sa retraite et s’est vu décerner l’éméritat, un titre honorifique. Ce qui l’autorise à continuer d’encadrer des thèses.

Simon Blin

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Lire la suite

La nocturne féministe de Najat Vallaud-Belkacem à Orléans

24 Novembre 2022 , Rédigé par MagCentre.fr Publié dans #Feminisme, #Droit des femmes, #Femmes

La nocturne féministe de Najat Vallaud-Belkacem à Orléans

L’ex-ministre Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée ce jeudi 17 novembre 2022 de la nocturne féministe du FRAC Centre Val-de-Loire. La directrice de l’ONG ONE est venue parler des leçons féministes de la crise du Covid avec son livre La Société des vulnérables, co-écrit avec la philosophe Sandra Laugier. Un ouvrage vif et incisif qui a le mérite de mettre en avant des vérités dérangeantes.

Ce n’est pas tous les jours que le FRAC reçoit une ex-ministre à Orléans. Même si Najat Vallaud-Belkacem est directrice de l’ONG ONE depuis le 7 avril 2020, et plus récemment. présidente de France Terre d’Asile, elle est bien sûr largement revenue sur son expérience de ministre chargée du droit des femmes entre 2012 et 2014, (un ministère qui avait disparu pendant 26 ans, NDLR) puisqu’elle était l’invitée de la nocturne féminisme de Novembre.

Une femme qui reste résolument du côté des femmes avec son livre La société des Vulnérables, leçons féministes d’une crise co-écrit avec la philosophe Sandra Laugier et publié en septembre 2020 en pleine crise du Covid dans la collection Tracts Gallimard.

C’est Abdelkader Damani, directeur du FRAC qui a mené la discussion. Beaucoup de thèmes ont été abordés durant plus d’une heure. En voici quelques extraits en commençant tout d’abord par la vulnérabilité :

Tous mes engagements passés et actuels tournent autour de la vulnérabilité parce que pour moi le vrai rôle du politique est d’être au service des plus vulnérables, c’est-à-dire de ceux qui ne peuvent compter que sur des services et des politiques publiques adapté.e.s. Et depuis trois années que j’ai décidé de faire un pas de côté et de m’engager dans le monde des ONG, c’est clair que j’ai encore une fois été attirée par cette question des plus vulnérables, notamment le souci des populations les plus pauvres dans les pays du Sud mais aussi le sort des demandeurs d’asile en France. 

J’estime que la façon dont les politiques publiques répondent à cette question de la vulnérabilité, c’est précisément ce qui permet de juger la bonne santé ou non d’une société. 

“Tout commence par la discrimination des femmes”

Mais Najat Vallaud-Belkacem place la discrimination entre les hommes et les femmes comme étant celle qui conditionne toutes les autres :

Parce que la première des hiérarchies qui a été créée entre les êtres, c’est bien celle entre les sexes. C’est pour cela d’ailleurs qu’en arrivant ici au FRAC je souriais en voyant dans la cour la grande toile Fuck Patriarcat. Merci de l’assumer et de le dire comme ça. Car ce qui est en jeu lorsque l’on combat le patriarcat, c’est un monde de hiérarchies. Et ne vous y trompez pas dans ce  monde qui déconsidère une partie des individus, on retrouve aussi bien le sexisme que le racisme. Parce qu’à partir du moment où vous vous convainquez que tous les êtres ne se valent pas vraiment, alors vous allez appliquer ça sur tout un tas de critères : l’ethnie, l’orientation sexuelle…

Mais à la base de tout cela, de façon historique et documentée et quelles que soient les sociétés à travers le monde, ça commence toujours par une hiérarchie entre les hommes et les femmes. Et il ne faut pas s’illusionner par l’idée qu’il y aurait des pays où l’on ne connaîtrait plus du tout ça, où l’on serait passé à autre chose. En fait, ce n’est pas du tout le cas.

Le mépris du domaine pourtant essentiel du Care 

D’ailleurs, notre livre La société des Vulnérables nous a été dicté par l’irritation que l’on a ressenti au moment de la crise du Covid. Nous avons en effet constaté que Simone de Beauvoir avait raison lorsqu’elle disait qu’il suffira d’une crise pour que les droits des femmes soient remis en question. Car cette crise, par sa spécificité, donnait le sentiment que les femmes allaient être mieux valorisées et mises en lumière, ne serait-ce que parce qu’elles constituent le gros des bataillons des soignants, des premiers de corvée et des métiers de première nécessité qui prennent soin de nous justement et que l’on a tellement applaudis à nos fenêtres.  

Mais la vérité c’est que, très vite, elles ont totalement disparu à la fois de l’analyse de la situation, du discours politique sur ce qui était en train de se passer et évidemment de la conception des réponses et des solutions politiques à apporter. 

Souvenez-vous de ces tribunes publiées dans la presse et qui n’étaient signées que par des hommes. Ces couvertures de journaux sur le monde de demain où comme hasard on ne trouvait plus aucune femme à mettre en avant. Ces plateaux-télé où l’on interrogeait plus que des hommes. Sans oublier les conseils de défense autour du Président de la République totalement masculins alors que soi-disant on avait la parité au gouvernement, c’était flagrant.

Quand j’étais ministre du droit des femmes, je disais que le combat pour le droit des femmes c’est comme le vélo : quand on arrête de pédaler, on ne fait pas du surplace, on tombe. Et on régresse parce que, malheureusement, la tentation naturelle de nos sociétés notamment avec la montée des populismes, c’est de nous tirer en arrière du point de vue du droit des femmes. Regardez la remise en cause de l’IVG en Pologne et aux États-Unis…  

Car si les leçons féministes du Covid ont été clairement identifiées, elles sont loin aujourd’hui d’être appliquées dans notre société qui s’est empressée de retrouver ses mauvais réflexes du monde d’avant, en oubliant très vite selon la formule percutante de Najat Vallaud-Belkacem « le primat de la qualité de vie sur toute autre considération ».

Par Sophie Deschamps 

 

Plus d’infos autrement sur Magcentre : Nocturne féministe avec Céline Piques 

Lire la suite

A Voir... Riposte féministe...

8 Novembre 2022 , Rédigé par Youtube Publié dans #Cinema, #Feminisme

Lire la suite

Femmes dans l'histoire : comment mettre fin à l'oubli ?

7 Octobre 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Histoire, #Feminisme, #Femmes

Les chevaleresses, de la gloire à l'oubli

Résumé

À l'occasion de la publication de "Les grandes oubliées" de Titiou Lecoq, Être et savoir s'interroge sur la place des femmes dans les manuels scolaires et l'enseignement de l'Histoire.

avec :

Titiou Lecoq (Journaliste, romancière), Véronique Guarrigues (Professeure agrégée au collège (académie de Toulouse), docteure en histoire moderne, membre du bureau de Mnémosyne), Yannick Ripa (Professeure en histoire contemporaine, histoire sociale et politique de l’Europe, membre du Centre d’Etudes féminines et d’études du Genre à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis).

En savoir plus

Comment se saisir de la question de l'effacement des femmes dans l’enseignement et la transmission de l’Histoire ? Ces femmes qui furent chevaleresses, bâtisseuses, recluses, paysannes, autrices, ouvrières, suffragistes, journalistes (ce sont parfois les mêmes personnes), scientifiques, résistantes, et que quelques noms célèbres (oui Jeanne d’Arc, Madame de Lafayette, Olympe de Gouge) ont finalement peut-être servi à encore plus invisibiliser...

Réponse ce soir avec nos invitées Titiou Lecoq, journaliste, essayiste et romancière, autrice de Les grandes oubliées : pourquoi l'histoire a effacé les femmes (L’Iconoclaste, 16/09/21, préface de Michelle Perrot), Véronique Garrigues, professeure agrégée au collège (académie de Toulouse), docteure en histoire moderne, membre du bureau de Mnémosyne, association pour le développement de l'histoire des femmes et du genre et Yannick Ripa, professeure en histoire des femmes et du genre à l’Université Paris 8, autrice notamment de L'Histoire féminine de la France de la Révolution à la loi Veil (Belin, 2020) et de Femmes d'exception, les raisons d'un oubli, réédité en poche au Cavalier Bleu en juin 2021.

Dans cette émission vous entendrez également les voix de Michelle Perrot, historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot, autrice notamment de Les femmes ou les silences de l’Histoire (Flammarion, réédition, 2020), de Maryse Wolinski, journaliste et autrice, notamment de Dis maman y a pas de dames dans l’Histoire (La Farandole, 1982) et de Stefania Giannini, sous-directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation.

Écrire l’Histoire

"La question c’est de savoir qui écrit, avant de se poser la question du contenu", explique Véronique Guarrigues.

"Un récit historique c’est un choix." Michelle Perrot

"Il faut saluer le travail de nos devancières, de femmes comme Edith Thomas, qui ont fait un travail considérable." Michelle Perrot

"Y compris quand les femmes ne sont pas là, elles jouent un rôle." Yannick Ripa

"Pendant longtemps, on a considéré que les femmes ne faisaient pas l’histoire" rappelle Michelle Perrot.

"Il y un soupçon qui pèse sur l’histoire des femmes qui serait une histoire militante." Titiou Lecoq

"Georges Sand, Jeanne d’Arc, c’est le piège de la femme exceptionnelle." Titiou Lecoq

"Cherchons Edith Thomas dans les manuels, je vous mets au défi de la trouver." Véronique Guarrigues

(...)

 

Suite et fin à lire et à entendre en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Face à l’affaire Bayou, on ferait bien de relire Gisèle Halimi

4 Octobre 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Feminisme, #Droit des femmes, #Femmes

Gisèle Halimi : l'avocate de tous les défis (1re partie) - Contribution :  Le Soir d'Algérie

Les écologistes, qui regroupent certainement les militants les plus en pointe sur les questions de sexisme, devraient se replonger dans un texte publié par l’avocate en 2003, après la sortie d’une enquête sur les violences sexistes et sexuelles.

Comment en est-on arrivé à cette dérive inquisitoriale qui conduira peut-être à la mort politique du parti écologiste alors même que, sur l’état de la planète, ce sont bien les écologistes qui ont eu raison avant tout le monde ? Comment les écologistes qui, là encore, sont précurseurs et avant-gardistes sur la question de l’égalité femmes-hommes en politique et la prise en compte de la réalité de la violence faites aux femmes, comment se sont-ils débrouillés pour se fourvoyer à ce point dans les dérives de l’espionite interne ?

Aux yeux du grand public, EE-LV est une sorte de mouvement politique de quelques milliers de membres, pour la plupart inconnus, qui ne cessent de s’écharper sur leurs statuts internes et se perdent dans une course à la radicalité puriste. Ils avaient pourtant un boulevard parce qu’ils sont dans le sens de l’histoire.

Dérives tragiques

L’historienne Michèle Riot-Sarcey explique que depuis toujours «la liberté aurait dû se décliner dans tous les domaines (politique, social et privé). Or, celle des femmes a été particulièrement négligée». Depuis MeToo, nous assistons à un rattrapage. Pierre Bourdieu soulignait déjà l’existence de la domination masculine qui «inscrit dans la définition de l’être humain des propriétés historiques de l’homme viril, construit en opposition avec les femmes». Le monde (occidental au moins) commence à comprendre que la vraie libération des femmes passera par cette déconstruction masculine et que, donc, le combat féministe n’est pas qu’un combat législatif.

Les partis politiques, ces machines à conquérir le pouvoir politique, sont-ils les mieux formatés pour mener un combat anthropologique ? Non, et les dérives tragiques observées chez les Verts en sont le signe. En France, cette idée selon laquelle le combat féministe le plus important était celui que les hommes devaient faire sur eux-mêmes est apparue au grand jour en 2003, au moment de la publication de l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF), qui montre que les violences dont les femmes sont victimes n’apparaissent pas spécifiquement dans les statistiques de la délinquance. Cette enquête, pour la première fois, regroupe alors plusieurs sortes de violences physiques et psychologiques subies par les femmes. Elle révèle que près d’une femme sur dix vivant en couple a été victime de violences conjugales et qu’une femme sur cinq a été importunée sexuellement dans la rue ou au travail en 1999.

Enthousiasmante révolution des rapports humains

Cette enquête avait été très critiquée par la presse de droite et des féministes dites de la vieille école parce qu’elle semblait pointer une responsabilité intrinsèquement masculine plus que politique. Certains (même parmi les féministes) parlaient encore, en défense des hommes, de leurs pulsions souveraines… La crainte était que le féminisme dérive en guerre des sexes. Mais, cette même année 2003, une féministe universaliste et républicaine comme Gisèle Halimi, dans un très beau texte que republie ces jours-ci le Monde diplomatique, à qui il était destiné, défendait l’importance de l’ENVEFF. Gisèle Halimi s’adressait à l’autre partie de l’humanité ainsi : «Les hommes doivent avoir «l’intelligence théorique» de leur libération à travers la nôtre. Nous les convaincrons.»

Le travail le plus utile que puisse mener un parti politique qui voudrait être fer de lance du combat féministe moderne, post-MeToo, serait de suivre le conseil de Gisèle Halimi et d’œuvrer pour convaincre les hommes qu’ils ont tout à gagner de se débarrasser de l’injonction séculaire à la domination, à la virilité violente et écrasante. Les écologistes, qui regroupent certainement les militants les plus en pointe sur ces questions, sont en train de tout gâcher par leurs dérives coupeuses de têtes de surveillance interne. En répondant à ceux qui critiquaient l’enquête de 2003, Gisèle Halimi disait aussi ceci : «Nos procureurs ont-ils voulu nous mettre en garde contre des dérapages éventuels ? Ce serait la (toute) petite utilité de leurs propos.» Les dérapages éventuels, nous y sommes. Mais il ne faudrait pas que la dénonciation utile de ces dérapages ne fasse oublier l’importance et même l’enthousiasmante révolution des rapports humains entre hommes et femmes qui s’amorce en ce début de XXIe siècle.

Thomas Legrand

Lire la suite

Débat : Qui a peur des études féministes et antiracistes à l’université ?

4 Octobre 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Feminisme, #Université

FÉMINISME ET ANTIRACISME : INTERSECTIONS | Amnistie internationale

Débat : Qui a peur des études féministes et antiracistes à l’université ?
Francis Dupuis-Déri, Université du Québec à Montréal (UQAM)

« Panique morale » : telle était l’expression qu’utilisait il y a 50 ans déjà le sociologue Stanley Cohen en observant la couverture disproportionnée par les médias britanniques de quelques bagarres survenues sur des plages entre des jeunes de la contre-culture des années 1960, les rockers et les mods.

Dans son livre Folk Devils and Moral Panics (jamais traduit en français), le chercheur américain estimait que ces rixes n’étaient pas aussi significatives et intéressantes à analyser que le processus de diabolisation des jeunes à l’œuvre du côté des médias et des politiques.

Un phénomène similaire se produit régulièrement au sujet des universités depuis plusieurs décennies, de la peur des communistes sur les campus aux États-Unis dans les années 1950 (maccarthysme), à celle des des féministes et des antiracistes dans les années 1980-90, jusqu’à aujourd’hui.

Assurément, il existe aujourd’hui des féministes et des antiracistes dans les corps étudiants et professoraux à l’Université (comme on retrouvait quelques rockers et mods sur les plages anglaises des années 1960), qui critiquent parfois telle conférence, exigent le développement des études féministes ou dénoncent le racisme et les agressions sexuelles sur les campus.

Mais ces forces restent nettement minoritaires et pour comprendre les rapports de force dans la société, il importe surtout de se pencher sur certaines des réactions médiatiques et politiques paniquées et victimaires au sujet des féministes et des antiracistes, qu’on qualifie alors de « social justice warriors », « islamogauchistes » ou plus récemment de « wokes » pour mieux les dénigrer. C’est ce que souligne ainsi l’ouvrage d’Alex Mahoudeau, La panique woke. Autopsie d’une offensive réactionnaire.

Les campus, des lieux de « disputes » ?

Ces polémiques carburent à l’oubli du passé ancien et récent, de récits fondés sur l’amplification, les exagérations et les hyperboles, qu’elles parlent de « lynchage », de « totalitarisme », ou de « terreur » et sont entretenues à coup de dizaines d’interventions d’éditorialistes, de chroniques d’humeur, de lettres ouvertes, de faux débats et de pétitions sur une même « affaire » survenue sur un campus et dont on sait, en fait, bien peu de choses.

S’invitent ensuite dans ces échanges de représentants institutionnels ou politiques, par exemple des présidents et des ministres, qui peuvent rivaliser de déclarations scandalisées ou financer des colloques, lancer des commissions d’enquête et des chaires de recherche sur la « liberté d’expression » et même voter des lois pour la protéger sur les campus.

[Plus de 80 000 lecteurs font confiance à la newsletter de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde. Abonnez-vous aujourd'hui]

Ces phénomènes de panique morale s’appuient donc sur un ensemble de mécanismes sociaux. On sonne d’abord l’alarme en présentant la menace comme une pure nouveauté, ce qui stimule un sentiment d’urgence. Pourtant, le fait que des contestations se produisent sur des campus n’est pas en soi un événement surprenant. Depuis le Moyen Âge, les universités ont été régulièrement été des espaces de conflits intellectuels, politiques et religieux et les étudiants ont contesté et fait grève dès la fondation de cette institution.

Deux mots de la langue française font d’ailleurs référence à cette réalité : « chahuter » et « boycotter » un professeur ou une classe. Au cours de l’histoire de l’université, le tumulte a pu être provoqué par des communistes, des républicains, des catholiques, des monarchistes ou des fascistes, selon le contexte. De tels évènements surviennent très rarement, mais s’inscrivent tout de même dans une longue tradition universitaire. Les polémistes d’aujourd’hui préfèrent agiter le néologisme anglais « cancel culture », plus effrayant que le mot « chahut » et qui donne l’impression d’un problème généralisé.

On fabrique aussi la menace à partir d’anecdotes répétées à plus soif et en opérant un changement d’échelle grâce à des formules telles qu’« on ne compte plus les cas ».

Or, qui prend le temps de compter sait qu’il n’y a chaque année aux États-Unis que quelques dizaines de collègues qui subissent des mesures disciplinaires pouvant mener au renvoi, sur un total de près de 1,5 million de professeurs dans plus de 4 000 établissements universitaires.

On découvre aussi que, parmi des professeurs qui ont été mis à pied ou ont vu leurs conférences annulées, certains l’ont été pour avoir changé d’identité de genre, appuyé un événement en non-mixité pour la communauté afro-américaine ou s’être déclaré sympathisant antifasciste. Des collègues ont aussi été limogés pour avoir critiqué les offensives militaires israéliennes contre les territoires palestiniens et des campagnes sont menées au Canada pour empêcher l’embauche d’une professeure qui défend les droits des Palestiniens.

Des enquêtes montrent aussi que les campagnes de dénonciation lancées par les forces conservatrices réussissent plus souvent que celles lancées par les progressistes à forcer l’annulation d’une conférence ou la mise à pied d’un collègue.

Bref, ce phénomène reste ultra-marginal, contrairement à ce que les polémistes répètent dans tant de tribunes, mais il touche aussi des progressistes, ce que ne mentionnent jamais les fabricants de la panique « anti-wokes ».

Des présentations biaisées

La réalité est ainsi déformée quand certains laissent entendre que les féministes et les antiracistes sur les campus s’arrogeraient les postes et imposeraient leur volonté dans l’enseignement et la recherche. Une vérification empirique permet de constater que l’on compte 80 % d’hommes à la direction des 200 plus prestigieuses universités au monde et que les hommes sont majoritaires dans le corps professoral et à la direction de chaires de recherche.

L’université est-elle vraiment menacée par les « wokes » (Francis Dupuis-Déri – TEDxHECMontréal).

On amplifie le sentiment de menace par des références aux pires violences de l’histoire, comme la chasse aux sorcières, la terreur révolutionnaire et le totalitarisme, alors que les féministes et les antiracistes n’exercent pas de violence sur la communauté universitaire. En Occident, depuis les années 1990, l’extrême-gauche est littéralement désarmée – il n’y a plus de groupes comme Action directe ou les Brigades rouges) et les groupes armés sont généralement d’extrême droite.

A contrario, des universités associées à la communauté afro-américaine aux États-Unis ont reçu des dizaines d’appels à la bombe en 2022 et des universitaires racisées ou féministes sont la cible de menaces de mort.

Cette panique serait-elle rentable ? Depuis 2021 en France seulement, il s’est publié une vingtaine de livres dénonçant les « décoloniaux », les « islamo-compatibles », les « théories sur l’identité, le genre, la race, l’intersectionnalité », etc.. Ces livres sont souvent présentés par des éditeurs ou des journalistes comme à « contre-courant » et « courageux », même s’ils semblent sortis du même moule, répétant en chœur que les études féministes et sur le racisme auraient renié la science au profit de l’idéologie.

S’appuyant trop souvent sur une représentation tronquée de la vérité, ou de purs mensonges, ces essais se défèrent principalement à quelques anecdotes – une statue déboulonnée, une formation sur l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI) ou une rencontre en non-mixité sur un campus – sans présenter la complexité de la réalité universitaire ou mobiliser des enquêtes empirique pour fournir des données chiffrées (ce qui se comprend, puisque les enquêtes infirment la thèse de l’université dominée par les « wokes »).

Or ces champs d’études si violemment attaqués devraient en réalité être salués en ce qu’ils posent de nouvelles questions et développent de nouvelles théories, de nouveaux concepts, de nouvelles méthodes d’enquête, ce qui devrait être une des missions de l’université. Il s’agit pour les sciences humaines et sociales, des champs qui produisent le développement des connaissances le plus important des plus récentes décennies, qui ont en plus des impacts positifs pour la société en termes de justice sociale individuelle et collective.


L’auteur vient de publier « Panique à l’Université : rectitude politique, wokes et autres menaces imaginaires ».The Conversation

Francis Dupuis-Déri, Professeur, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Lire la suite

Najat Vallaud-Belkacem "Le féminisme c'est de rétablir l'équilibre, et les lois parité servent à ça" - Vidéo

1 Octobre 2022 , Rédigé par Les Temps Qui Courent Publié dans #Droit des femmes, #Feminisme, #Femmes

La loi sur la parité est la source de divisions originelles des féministes. Et Najat-Vallaud Belkacem, ancienne ministre du droit des femmes est l’héritière de ce combat. Fille d’immigrée (00:46), la « petite paysanne de la terre aride du Rif » est tiraillée entre la place que sa famille lui assigne en tant que fille et son désir d’intégration. Elle tient bon et débarque à Sciences-Po (04:03) à 20 ans, alors que les féministes se déchirent sur la question des quotas en politique. Attachée parlementaire auprès d’une députée femme (05:23), elle découvre la violence des débats sur la parité, la mauvaise foi des partis qui accusent les femmes d'incompétence. La déflagration du 21 avril 2002 sert de « déclencheur » à son ascension politique fulgurante (08:25) qui aiguise la jalousie des hommes. Elle avoue parce que femme travailler trois fois plus, ignorer les blagues sexistes de ses collègues politiques et des médias, fustige l’image de « cruche » de la candidate Ségolène Royal, alors qu’elle est sa porte parole. Douze ans après le vote de la loi sur la parité, c’est elle qui en tant que Ministre du droit des femmes durcit les sanctions financières à l’encontre des partis (13:09). Et pourtant elle concède « On n’est pas prêt pour avoir une femme Présidente de la République et c'est déprimant » !

Abonnez-vous à notre chaine Les Temps Qui Courent :

https://www.youtube.com/c/LTQCLesTemp...

Lire la suite

"La pauvreté est sexiste" - Najat Vallaud-Belkacem (Vidéo)

1 Août 2022 , Rédigé par 50/50 Magazine Publié dans #Droit des femmes, #Feminisme, #femme

Najat Vallaud-Belkacem fut ministre des Droits des Femmes de 2012 à 2014. Aujourd’hui elle est directrice pour la France de l’ONG ONE, une ONG co-fondée par le chanteur Bono, qui lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables. Pour Najat Vallaud-Belkacem, la pauvreté touche majoritairement les femmes de tous les continents, la pauvreté est sexiste !

L’ancienne ministre donne quelques exemples de la précarité des femmes. Ainsi, elles ne possèdent que 3% des terres agricoles alors qu’elles sont très nombreuses à travailler la terre. De plus, la crise du COVID a fortement impacté le travail des femmes, par exemple aux Etats-Unis ce sont essentiellement elles qui se sont retirées du marché du travail.

Les politiques publiques doivent agir afin que les inégalités entre les femmes et les hommes ne se perpétuent pas.

Le Forum Génération Égalité qui s’est déroulé Paris du 30 juin au 2 juillet 2021 a lancé des actions concrètes visant à réaliser des progrès d’égalité entre les femmes et les hommes.  Najat Vallaud-Belkacem regrette la faible couverture médiatique de ce projet ambitieux qui a mené à la création d’un fond de 40 milliards de dollars pour les pays en développement sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes.

« Pour One, si une solution existe à un problème, il n’est pas possible de ne rien faire. C’est pourquoi, sans être une ONG de terrain, nous agissons par le plaidoyer auprès des Etats les plus riches pour qu’ils décident de politiques publiques d’aide au développement. Nous avons ainsi créé un Fond global de lutte contre les maladies évitables qui rapporte aujourd’hui, tous les trois ans, 15 milliards de dollars, c’est énorme ! Nous l’avons ensuite complété par le Fond mondial pour l’éducation, et les considérons comme nos deux réussites. Notre action est donc d’informer et de faire ensuite pression pour que les pays riches se sentent concernés et agissent contre la pauvreté. Mais ça ne suffisait pas. Il a fallu y ajouter la lutte contre la corruption ou l’évasion fiscale qui sont les dysfonctionnements favorisant la pauvreté. N’oublions pas que celle-ci n’est pas une fatalité, on peut y remédier !

Enfin, nous défendons la nécessité de toujours prendre en compte les filles et les femmes dans les projets qui sont soutenus : quelle répercussion ceux-ci auront-ils sur la vie des femmes au quotidien ? Il faut qu’ils leur apportent à la fois l’autonomie financière, l’aide à l’entreprenariat, mais aussi l’accès à la santé sexuelle et reproductive. C’est ce qu’une diplomatie féministe devrait soutenir, et non seulement au travers d’une influence culturelle, telle qu’elle est trop souvent conçue aujourd’hui… »

Propos recueillis par Caroline Flepp 50-50 Magazine

Vidéo Rafaël Flepp 50-50 Magazine

Lire la suite

«Le short, c’est la dernière fois!»: un lycée basque convoque une élève plusieurs fois pour ses tenues

4 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Feminisme

https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/ONHrNG2BLLdFz-fIM78itFr26Rw/600x400/regions/2020/09/19/5f65c8288bf84_maxnewsworldthree015292-5008818.jpg

Dans les Pyrénées-Atlantiques, une jeune adolescente a été convoqué mi-mai par son établissement pour être venue en short au collège. Alors que les sanctions pour tenues jugées «indécentes» concernent principalement les jeunes filles, la direction se défend de tout sexisme.

Sur la côte basque, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, Karen (1) peine à faire retomber sa colère. Sa fille de 13 ans, Julie (1), a été convoquée mi-mai par la vie scolaire de son collège en raison d’une tenue jugée «indécente». Les habits en question : un large sweat blanc, des baskets et un mini-short. «Il était environ 9 heures ce jour-là quand on est arrivées pour les cours avec mon amie. On s’était dit qu’on viendrait en short car la journée s’annonçait très chaude. On a été très vite stoppées par une surveillante», se remémore Julie. L’accès en classe leur est refusé et leurs parents sont contactés dans la foulée. «Je suis tombée des nues en découvrant le message vocal laissé par son école. On m’a expliqué que le bas ne couvrait pas ses jambes jusqu’aux genoux et que je devais apporter deux pantalons. Un pour ma fille, un autre pour son amie», détaille Karen. Cette dernière refuse de s’exécuter : «Je l’ai vue partir le matin, il n’y avait pour moi rien d’indécent», gronde-t-elle. Finalement, les deux jeunes filles sont autorisées à se rendre en cours avec un avertissement oral : «Le short, c’est la dernière fois.»

L’exaspération monte d’un cran quand le conseiller principal d’éducation (CPE) de l’établissement justifie sa décision pendant la pause déjeuner : sa tenue pourrait, selon les propos rapportés par la mère et la fille, «susciter la jalousie d’autres filles à cause du regard des garçons et amener à du harcèlement sur les réseaux sociaux». Une semaine plus tard, nouvelle remontrance de la part d’une surveillante, cette fois-ci c’est un crop-top qui pose problème. En janvier déjà, Julie avait dû mettre une veste pour couvrir un pull qui laissait entrevoir un bout de peau. «J’ai l’impression qu’on régresse et qu’on nous demande de couvrir davantage nos filles. Au lieu de légiférer sur la taille du short, on devrait déjà travailler sur le regard des garçons», cingle Karen qui se désole d’avoir vu sa fille écarter une robe de sa penderie les jours suivants par peur d’être «mal vue» par les adultes.

«Un défi de taille»

La coupe est d’autant plus pleine que sa fille aînée, scolarisée au lycée, a elle aussi été sermonnée par le biais d’un mail lunaire rédigé par la direction que Libération a pu consulter. «Aucun habit n’est interdit et “l’indécence” se situe bien souvent davantage dans le regard posé que dans la tenue elle-même. Néanmoins… les oiseaux chantent, les papillons volent et les esprits s’éveillent, s’évadent, stimulés par le raccourcissement des centimètres carrés de tissu sur la peau des camarades. Essayer d’intéresser un maximum d’élèves […] quand le “paysage” de la classe devient moins habillé est un défi de taille !»

Leur colère et leur incompréhension font écho à une histoire similaire qui s’est déroulée le 11 mai, dans les Hauts-de-France, avant une épreuve du bac : une jeune lycéenne s’est indignée après avoir été obligée par la direction de se changer pour cause de «tenue indécente». Là encore pas une première. Parce qu’un flou juridique permet aux établissements d’interdire les vêtements jugés provocants, en 2020, des collégiennes et des lycéennes s’étaient déjà mobilisées avec les hashtags #Lundi14septembre et #Balancetonbahut pour revendiquer leur droit de porter ce qu’elles veulent sans être vues comme des objets sexuels.

La direction du collège de Julie se défend pourtant de tout sexisme. «Que ça soit pour les filles ou pour les garçons, notre règlement est le même. On demande seulement une tenue correcte et décente pour travailler et non pas une tenue de détente. Et lorsque la jalousie et les garçons sont évoqués dans la conversation, c’est souvent parce que les principaux intéressés amènent d’eux-mêmes le sujet sur le tapis», argue-t-elle auprès de Libé. Le règlement intérieur de l’établissement n’entre pas dans les détails, chaque adulte peut donc y aller de son appréciation. «Ça fait partie de notre rôle d’éducateur : on pose un cadre. Il y a des parents compréhensifs, d’autres moins, mais on essaie toujours d’être pédagogues.»

«Les règles se sont bien durcies»

Ces sanctions liées à la tenue vestimentaire restent toutefois «problématiques», selon Isabelle Delanoé, membre de la Fédération des conseils de parents d’élèves du département. «Rappelons déjà que la tenue n’a rien à voir avec la façon de travailler. Ensuite, nous constatons que les règles se sont bien durcies dans certains établissements. Avec, à la clef, des abus récurrents.» Elle se souvient notamment d’une élève «très déstabilisée» après avoir été convoquée et invitée à rentrer chez elle devant toute la classe car elle était en combishort. «Cette jeune lycéenne a été stigmatisée de manière complètement disproportionnée», regrette la parent d’élève.

Renaud Robert, le secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré, est plus tempéré. «Il peut y avoir des interprétations exagérées, surtout en période estivale, mais heureusement, cela reste à la marge.» Pour s’en préserver, le règlement est soumis selon lui à discussion lors du conseil d’administration en concertation avec les parents d’élèves et les personnels enseignants. Le chef d’établissement ne décide pas tout seul. Pourtant, le syndicaliste ne s’en cache pas : quand il y a un abus, il concerne quasi exclusivement des jeunes filles…

Eva Fonteneau

(1) Le prénom a été modifié

Lire la suite
1 2 > >>