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Vivement l'Ecole!

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Évaluations nationales : un fiasco documenté…

7 Décembre 2022 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Evaluation

Appropriations de nouvelles prescriptions - Activités en éducation scolaire

EXTRAIT

À quoi servent les évaluations nationales ? La question a souvent été posée par le Café pédagogique qui montre leurs limites. C’est aussi le résultat du travail de Nicole Raybaud-Patin, chercheuse à l’unité Éducation formation travail savoirs de l’Université Jean Jaurès. Ses observations d’enseignantes dans deux écoles (publiées dans « Appropriations de nouvelles prescriptions – Activités en éducation scolaire », édition Octares) montrent comment celles-ci s’emparent des évaluations et en modifient les prescriptions. Résultat, les deux objectifs poursuivis par le ministère, piloter par les résultats et aider les enseignants, ne sont pas atteints. Pour faire des évaluations, des outils réels pour une politique, le ministère devrait commencer par en faire partager les enjeux…

Un système d’évaluation

Nicole Raybaud-Patin est allée observer sur le terrain la façon dont les enseignantes s’appropriaient les évaluations nationales dans deux écoles, une école Rep+ et une école d’application nettement plus privilégiée. Elle a confronté ses observations aux remarques des enseignantes et aux injonctions officielles qui encadrent les évaluations.

Car Nicole Raybaud-Patin rappelle tout l’environnement des évaluations. Voulues par le ministre JM Blanquer, conçues par les services du ministère, les évaluations bénéficient du soutien de tout l’appareil hiérarchique de l’institution scolaire. L’administration centrale prépare des outils de communication qui sont ensuite assénés aux inspecteurs qui eux-mêmes les assènent aux enseignants. Tout un système de vérifications, du sommet à la base, vise à imposer les évaluations qui sont en effet effectivement passées par les écoliers de CP. Les enseignants ont les injonctions des inspecteurs. Ils ont aussi des guides qui dictent très étroitement les conditions de passation.

Nicole Raybaud-Patin montre comment ces évaluations participent d’un mouvement international qui vise à piloter par les résultats à travers des outils numériques et à imposer des pratiques pédagogiques. En France, cet appareil est d’autant plus lourd que les évaluations sont une nouveauté et que les enseignants ne les veulent pas. L’autrice évoque « l’environnement hostile » qui les entoure.

(...)

François Jarraud

Nicole Raybaud-Patin, Des évaluations nationales en cours préparatoires : appropriations de nouvelles prescriptions, dans « Appropriations de nouvelles prescriptions – Activités en éducation scolaire », édition Octares, ISBN : 978-2-36630-127-4.

L’article

A lire en cliquant ci-dessous

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Évaluations nationales : Le bilan médiocre des années Blanquer

30 Novembre 2022 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Evaluation

Évaluations nationales : Le bilan médiocre des années Blanquer

EXTRAIT

Les résultats des évaluations nationales de CP, Ce1 et 6ème , conçues et organisées par l’Éducation nationale, plaident guère en faveur de la politique éducative menée sous le premier quinquennat Macron et poursuivie sous le second. Si les résultats sont meilleurs à l’entrée en CP, ils baissent à l’entrée en Ce1 en 2022 par rapport à 2021. En 6ème on observe une nette chute aussi bien en français qu’en maths pour la génération qui a connu les premiers dédoublements.

Des élèves mieux préparés au test en maternelle

Que dire d’évaluations où l’Éducation nationale s’autoévalue et où le politique s’invite pour commenter les résultats, d’évaluations où certains exercices sont changés d’année en année, interdisant toute comparaison ? Rien ne peut remplacer les évaluations internationales qui, jusque-là ne plaident pas en faveur des politiques éducatives menées par la rue de Grenelle. Se pose aussi la question de la normalité des résultats. Alors que les politiques commentent longuement la moindre variation de pourcentage il n’y a aucun commentaire sur l’énormité du taux d’échec en Rep+ et même du taux moyen.

En CP, à la rentrée 2022, 81% des élèves connaissent le nom et le son des lettres, 82% savent manipuler des syllabes et 83% des phonèmes. Ces résultats sont légèrement meilleurs (de 0.5 à 1%) qu’à la rentrée 2021. Et le ministère s’en félicite. Nous y voyons plutôt une progression dans la préparation aux tests en maternelle, sans que cela soit forcément un progrès. Un tiers des enfants a encore du mal à comprendre des mots à l’oral ou à résoudre un problème.

(...)

François Jarraud

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Évaluations nationales en CP, CE1, 6e : des enseignants pointent une "évaluationnite"

26 Novembre 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Evaluation

Évaluations nationales en CP, CE1, 6e : des enseignants pointent une "évaluationnite"

C'est à partir d'aujourd'hui que démarrent les évaluations nationales en CP, CE1, 6e... Cette année, elles sont aussi expérimentées sur un petit échantillon en CM1 et 4ème. Les élèves passent des tests en français et en mathématiques. Cette "évaluationnite" aiguë n'est pas du goût des professeurs.

15 .00 élèves de CM1 et 25.000 de 4e sont concernés par cette expérimentation. Il s'agit de tester des exercices et d'analyser les réponses des élèves, pour ensuite généraliser ces nouvelles évaluations nationales l'année prochaine. "Il y a toujours un intérêt à tester ses élèves au début de l'année, quel que soit le niveau", estime Émilie, qui enseigne en CM1, en éducation prioritaire, en Gironde. Les enseignants conçoivent eux-mêmes ce que l'on appelle des "évaluations diagnostiques" qui permettent de savoir où en sont les élèves et comment on va organiser les apprentissages de l'année. "Par contre, les évaluations que l'on nous propose, si elles ressemblent à celles qui existent déjà CP, CE1 et en 6e, ne nous paraissent pas aussi intéressantes que celles que l'on peut concevoir nous-mêmes" ajoute Émilie.

Des évaluations pour mesures des acquis

Car elles n'évaluent pas toutes les compétences que les enseignants voudraient voir évaluer. Elles n'évaluent pas forcément les élèves sur des choses qu'ils maîtrisent déjà : en CP par exemple, il y a des évaluations sur la lecture alors que les enfants n'ont pas commencé à apprendre à lire. "On n'évalue pas les compétences dont on a vraiment besoin, c'est-à-dire la compréhension fine des textes, la production d'écrit ou la résolution de problèmes qui vont nous indiquer si l'élève est en difficulté ou non."

Le CM1 est le début du cycle 3 (qui correspond aux classes de CM1, CM2, 6e). Ces nouvelles évaluations en début de CM1 permettent donc de mesurer les acquis du cycle 2 (qui se termine en fin de CE2) et de vérifier le niveau des élèves en début de cycle 3. "Mais il y a quand même déjà des évaluations qui ont lieu en CP, en CE1 et en 6e", rappelle Émilie. "Là, on en rajouterait encore tous les 2 ans. L'élève serait évalué en CP, en CE1, en CM1, en 6e et en 4e, puis en seconde. C'est beaucoup !"

"Une nouvelle ère où l'on enseigne pour tester"

L'enseignante explique que ces "évaluations, si on veut les faire passer exactement comme c'est préconisé, sont chronométrées avec des exercices qui ne correspondent pas toujours au niveau des élèves. Cela leur met une certaine pression. Elles sont aussi très chronophages. On perd du temps alors qu'avec nos propres évaluations, on aurait davantage de temps pour ensuite les aider. Tous les deux ans, cela fait presque une semaine de perdue en début d'année pour faire passer ces évaluations et pour rentrer les résultats."

Selon Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp, premier syndicat d'enseignants du primaire, "ces évaluations n'ont pas d'utilité d'abord parce que les enseignants n'ont pas besoin d'évaluations standardisées et nationales pour évaluer leurs élèves. Ils évaluent leurs élèves au quotidien et ce n'est pas ce qui va permettre la réduction des inégalités. Ces évaluations engendrent forcément un bachotage." L'enseignante poursuit : "On a découvert des manuels qui commencent à sortir sur "préparer en grande section et en moyenne section les élèves aux évaluations" avec les mêmes formes d'exercices. Cela met une certaine pression sur les élèves mais aussi sur les parents car on en parle tellement qu'ils sont préoccupés par ces évaluations, et vont parfois préparer leurs enfants. On parle souvent de stress à l'école, et de la pression vis-à-vis des attendus et de la réussite des élèves. Les évaluations sont aussi là pour mettre cette pression et cela ne favorise pas certains élèves en difficulté".

Même des inspecteurs sont circonspects, Eric Nicollet est inspecteur de l’Éducation nationale et secrétaire général du syndicat unitaire de l'inspection de la FSU, il regrette cette dérive et cette "évaluationnite". "Il est toujours important de savoir quels sont les acquis des élèves à tout moment de leur scolarité", dit-il*. "C'est d'ailleurs le métier des enseignants. Principalement, c'est d'enseigner, mais c'est aussi en permanence de regarder si les acquis sont bien consolidés. Sans doute l'objectif du ministère est-il de tester les élèves à un moment charnière, en CM1 et en 4e, mais honnêtement nous avons un peu de mal à comprendre. J'ai employé le mot "test" et je crois que c'est bien ce qu'il faut retenir : on teste des élèves, on entre véritablement dans une nouvelle ère où l'on enseigne pour tester et on perd de vue l'objectif de la formation et de l'enseignement."*

Culture de l'évaluation

Guislaine David, représentante du syndicat Snuipp, dénonce également "cette culture de l'évaluation""Elle est affichée publiquement par le ministère", précise-t-elle. "Pour nous, elle met en difficulté les élèves, elle met en difficulté aussi les écoles qui peuvent être comparées entre elles et quand les résultats remontent au niveau de la circonscription, on va mettre sous pression les enseignants de ces niveaux de classe. On est sur des systèmes de prescription qui empêchent les enseignants d'avoir cette liberté pédagogique et qui engendre une certaine perte de sens du métier que l'on fait."

Les enseignants ne sont pas contre les évaluations mais préféreraient des tests sur des échantillons d'élèves, plus fiables et plus représentatifs. "Avec ces nouvelles évaluations, on a toujours la même question : quel objectif poursuit-on ?", fait remarquer Alexis Torchet, secrétaire national du Sgen-CFDT en charge des politiques d'éducation et de formation. "On poursuit en réalité deux objectifs à la fois : une information sur le fonctionnement du système, l'état du système éducatif, et en même temps ces évaluations sont censées pouvoir répondre aux difficultés des élèves. On veut faire les deux mais en faisant les deux, on n'atteint pas les objectifs qu'on se fixe. Si on veut que ce soit pertinent, il faut concevoir des outils distincts. On ne dit pas qu'il ne faut pas d'évaluation du système éducatif, mais leur conception doit être rediscutée. Si on veut que ce soient des outils professionnels, il faut aussi s'appuyer sur le retour des professionnels."

"Plutôt que de recevoir des livrets d'évaluation de CM1", ajoute Émilie, "on a besoin d'enseignants. On fait des évaluations pour voir les difficultés des élèves, mais après on n'a pas d'enseignants spécialisés pour les aider scolairement, ni de psychologue scolaire pour les accompagner. On voudrait être remplacés quand on est absent : dans mon école en CE2 l'an dernier, il y a eu un congé maternité non remplacé, pendant un mois et demi ! Ces élèves arrivent en CM1 mais leurs difficultés sont liées à un dysfonctionnement de l’Éducation nationale."

Sonia Princet

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Evaluations - «On fait de plus en plus bachoter les élèves»

25 Novembre 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Evaluation

Evaluations - «On fait de plus en plus bachoter les élèves»

Evaluations nationales : les élèves ont retrouvé leurs niveaux pré-Covid

Ces tests, réalisés en septembre dans les classes de CP, CE1 et sixième, sont défendus par Pap Ndiaye comme une volonté d’«ancrer la culture de l’évaluation». Le ministre compte particulièrement scruter les résultats au collège.

Le niveau des élèves est à peu près revenu à celui d’avant la crise sanitaire. Le ministère de l’Education nationale a publié ce vendredi les résultats des évaluations nationales, en mathématiques et en français, menées en septembre dans les classes de CP, CE1 et sixième. Quels grands enseignements retenir du dédale de statistiques déballé avec précision devant la presse ? D’abord, les élèves ont globalement un niveau stable en français et en maths par rapport à l’an dernier, après la chute enregistrée en 2020 à la suite de la fermeture des établissements scolaires à cause de la crise sanitaire. En CP, les élèves, qui avaient beaucoup progressé à la rentrée 2021, obtiennent des résultats au même niveau ou même en légère amélioration, comme en compréhension des mots à l’oral, en capacité à résoudre des problèmes ou à comparer des nombres.

«On fait de plus en plus bachoter les élèves»

Bonne nouvelle sur le plan des inégalités scolaires : les écarts entre les élèves de REP + et les élèves hors éducation prioritaire se réduisent à tous les niveaux, surtout en CP, entre 2019 et 2022. Les élèves REP + «surperforment», estime Edouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire. La raison ? C’est «très probablement la conséquence du dédoublement des classes [instauré à partir de 2017 par l’ex-ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer dans les zones d’éducation prioritaire, ndlr] de grande section et du fruit du travail des professeurs», estime le numéro 2 du ministère de l’Education. Les syndicats enseignants y voient plutôt la conséquence de la pression imposée par ces tests nationaux sur les professeurs : «Il existe de plus en plus de manuels pour préparer les évaluations de CP à partir de la moyenne section», pointe Guislaine David, cosecrétaire du SnuiPP-FSU, premier syndicat du primaire. En clair : «On fait de plus en plus bachoter les élèves pour faire réussir ces évaluations.»

Même en bachotant, il y a des déceptions. Le niveau de français des CE1 et des sixièmes est cette année en baisse, notamment sur la compétence «écrire des mots» ou la compréhension des phrases et de texte. Une baisse «très probablement encore liée à la crise sanitaire», estime le ministère. Les mois de janvier et février dernier ont en effet encore été perturbés dans les écoles et collèges alors qu’il s’agit d’une période charnière dans les apprentissages. En maths, leurs résultats sont en baisse pour la «lecture des nombres entiers», mais en hausse dans le domaine des soustractions.

Résultats en baisse en français

En sixième, la classe particulièrement scrutée par le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye en vue de sa réforme du collège (des propositions doivent être annoncées la semaine prochaine), les résultats sont stables en mathématiques. Mais l’écart se creuse entre les élèves les plus performants, avec une part croissante d’élèves très à l’aise dans cette discipline, et les moins performants qui arrivent avec des difficultés à leur entrée au collège et ont du mal à s’en sortir sur les soustractions et les additions. En français, les résultats sont en revanche en baisse. Leur score moyen est de 256,5 points, contre 260,8 points en 2021. Même si leur part augmente, seulement un peu plus de la moitié (55%) des élèves de sixième ont aussi un niveau «satisfaisant» en fluence (la capacité à lire à voix haute rapidement un grand nombre de mots). Pour Guislaine David, il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour autant : «L’apprentissage de la lecture, c’est comme l’apprentissage du langage et de la marche : ils n’apprennent pas tous en même temps à avoir le même nombre de mots acquis et le même nombre de reconnaissance de mots.»

Le ministère devrait aussi publier prochainement les résultats des évaluations nationales menées dans les classes de seconde. Ces tests ont également été expérimentés pour la première fois dans les classes de CM1 et de quatrième, où ils seront généralisés à partir de l’année scolaire 2023-2024. Pap Ndiaye ne s’en cache pas : il souhaite «ancrer la culture de l’évaluation», mantra de son prédécesseur Jean-Michel Blanquer qui a mis ces évaluations nationales en place en 2018.

Cécile Bourgneuf

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Notation des élèves : une étude avance que les enseignants ne seraient pas objectifs

22 Octobre 2022 , Rédigé par Midi Libre Publié dans #Education, #Evaluation

Notation des élèves : une étude avance que les enseignants ne seraient pas objectifs

Les bulletins de notes sont un incontournable dans notre système éducatif. Mais ce mode d’évaluation est loin de faire consensus. Il serait même biaisé, si l’on en croit des chercheurs de l’université de Trente.

Ilaria Lievore et Moris Triventi se sont penchés sur le système d’évaluation par notation en menant l’enquête auprès de près de 40 000 élèves italiens en seconde. Ils ont comparé les résultats qu’ils ont obtenus lors de tests standardisés en langues et en mathématiques, aux notes qu’ils ont décrochées durant leurs examens de fin d’année.

Le but : montrer que l’attribution d’une note à toute production scolaire contribue à renforcer un problème systémique.

En effet, les chercheurs ont constaté que les enseignants ont tendance à attribuer de meilleures notes aux filles qu’aux garçons dans toutes les matières.

Les écarts de performance entre les deux sexes sont plus marqués lorsqu’on s’intéresse aux résultats des tests standardisés. Les filles se sont plus démarquées en sciences humaines, en langues et en lecture, tandis que leurs homologues masculins réussissent mieux en mathématiques.

De précédents travaux scientifiques confirment les conclusions d’Ilaria Lievore et de Moris Triventi, qui ont récemment été publiées dans le British Journal of Sociology of Education. Le psychologue du développement Jean-Paul Fischer et le démographe Xavier Thierry ont découvert, dans une étude publiée en mai dans le British Journal of Developmental Psychology, qu’un écart entre les deux sexes se creuse au CP. En moyenne section de maternelle, filles et garçons ont les mêmes performances en mathématiques. Le niveau des garçons se révèle toutefois supérieur en fin de CP.

Des récompenses scolaires aux nombreuses implications

Mais comment expliquer que le système d’évaluation des enseignants semble favoriser les filles ? Les deux chercheurs de l’université de Trente ont essayé de comprendre cette préférence en prenant en compte des facteurs tels que le type d’école ou encore la taille et la composition des classes.

Ils ont également cherché à savoir si certaines caractéristiques propres aux professeurs, comme leur ancienneté, leur expérience ou même leur genre, peuvent justifier ce biais de notation.

Seuls deux facteurs se sont avérés avoir un effet sur les notes des filles et des garçons, et uniquement en mathématiques. Il s’agit de la taille des classes et du type d’établissement scolaire.

Ainsi, l’écart entre les sexes en matière de notes en maths était plus important lorsque les classes étaient plus grandes. Les filles étaient également mieux notées que les garçons dans les écoles techniques et académiques que dans celles professionnelles.

Selon les auteurs de l’étude, il est possible que les enseignants récompensent inconsciemment les élèves plus calmes et disciplinés, qui leur facilitent la vie.

Autre théorie avancée : gonfler les notes des filles en mathématiques est un moyen de les encourager à se tourner vers les filières scientifiques.

Quoiqu’il en soit, ces biais de notation dans le système éducatif italien sont considérables.

Pire encore, ils pourraient avoir des conséquences à long terme. "Il existe une forte corrélation entre le fait d'avoir des notes élevées et des résultats scolaires souhaitables, comme le fait d'être admis dans de bons collèges ou d'avoir moins de chances d'abandonner l'école", a déclaré Ilaria Lievore, doctorante en sociologie à l’université de Trente, dans un communiqué.

Les performances scolaires des élèves ont, sur le long terme, un impact sur le fait d’avoir des revenus plus élevés, une meilleure situation professionnelle ou même une plus grande satisfaction dans la vie.

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Faut-il continuer à noter les élèves ?

20 Septembre 2022 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Evaluation

Faut-il continuer à noter les élèves ?
Faut-il continuer à noter les élèves ?
Charles Hadji, Université Grenoble Alpes (UGA)

L’évaluation des élèves par notation a fait l’objet de nombreuses critiques, en particulier de la part du didacticien des mathématiques André Antibi, qui a dénoncé, de façon retentissante, une « constante macabre ». La formule renvoie à la pression sociale qui pousserait les enseignants, pour que les évaluations soient considérées comme crédibles, à mettre un certain pourcentage de mauvaises notes quel que soit le niveau de la classe.

Si cette analyse a rencontré de multiples échos depuis sa première apparition, en 1988, les notes ne semblent pas être descendues depuis de leur piédestal dans le monde scolaire et universitaire. Elles continuent à jouer un rôle essentiel, tant dans les examens, comme le bac, que dans les procédures d’orientation ou d’affectation, telles que Parcoursup, ou Affelnet.

Faut-il conclure de cette persistance que la notation serait une nécessité incontournable quand il s’agit de tester les connaissances des élèves et déterminer leurs acquis ? Faut-il y voir un mal nécessaire, faute de pouvoir évaluer mieux ? Ou existe-t-il des alternatives ?

Former ou sélectionner ?

On est redevable à André Antibi, disparu en mai 2022, d’un double apport, aussi instructif qu’utile. En premier lieu, on lui doit la mise en évidence de ce qu’il a désigné, selon la formule citée plus haut, et qui a frappé les esprits, la « constante macabre ». Il la définit comme « le pourcentage à peu près constant d’échec qu’il doit y avoir dans toute évaluation pour qu’elle paraisse crédible ».

Tout se passe comme si les évaluateurs postulaient qu’il doit y avoir, dans une distribution de notes, quel que soit par ailleurs le niveau du groupe, « une sorte de constante : la proportion de mauvaises notes ». D’où une répartition constante des élèves en trois groupes à peu près équilibrés – avec des notes supérieures à celles des autres pour le premier, des résultats dans la moyenne pour le deuxième et inférieures à la moyenne de la classe pour le troisième – contenant chacun environ un tiers des sujets évalués. Ce qui crée artificiellement de l’échec pour les élèves classés dans le dernier tiers, victimes alors d’« une forme de violence ».

Pour Antibi, c’est « la société » qui a « mis en place cette constante », en faisant « jouer aux enseignants un rôle de sélectionneurs malgré eux ». La pression sociale qui s’exerce en faveur d’une « sélection sournoise » contraint les enseignants/évaluateurs à jouer le « rôle désagréable » de sélectionneur social. Le remède serait alors simple : redonner « à l’enseignant son vrai rôle : former (et non pas sélectionner ».

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Ainsi se comprend le second apport décisif d’Antibi, dans le sens d’une évaluation qui serait davantage conforme à ce vrai rôle, autrement dit d’une évaluation « formative » : l’Évaluation Par Contrat de Confiance (EPCC). Celle-ci permettrait de commencer à substituer au « contrat implicite » de sélection « dicté par la société », un contrat explicite pour une évaluation mise au service des élèves, contrat dicté par leur besoin principal : apprendre.

L’Évaluation Par Contrat de Confiance repose sur l’idée qu’il ne faut pas chercher à piéger l’élève, mais au contraire à l’encourager. Cela peut se faire au moyen d’une évaluation se développant dans un « climat de confiance », en étant davantage destinée à évaluer les connaissances qu’à classer les élèves : « Le principe est simple : l’élève dispose d’une liste d’exercices traités en classe, et il sait que l’essentiel de son sujet sera constitué d’exercices de cette liste ».

Récompenser le travail

Il faut observer, d’une part, que cette pratique évaluative ne peut concerner que des « contrôles » faits en classe, en cours d’apprentissage. Et, d’autre part, que la critique d’Antibi ne porte que sur un usage contestable de l’évaluation par notation, et non sur le principe de la notation lui-même. Car la « constante macabre », ne représentant qu’un « dysfonctionnement », n’est pas une fatalité. On pourrait très bien imaginer, et juger souhaitable, une distribution ne comportant que de bonnes notes !

Le style de notation varie selon les systèmes scolaires (Karambolage/Arte).

En restreignant le champ de l’évaluation à ce qui a été effectivement travaillé et appris, l’EPCC permet de récompenser le travail, et de ne pas transformer chaque contrôle en concours classant les élèves. Mais, si elle semble réunir certaines conditions sociales et pédagogiques d’une meilleure prise en compte des résultats d’apprentissage, elle ne garantit nullement, d’une part, une appréciation pertinente des acquis des élèves ; en soi, elle n’assure pas que les notes attribuées sont objectives et justes.

D’autre part, elle ne remet pas en cause la pertinence de la notation, ne posant pas la question de savoir en quoi une note aurait vraiment la capacité de traduire la réalité d’un apprentissage. N’y a-t-il pas mieux à faire que noter ? S’il faut refuser une notation qui fabrique injustement de mauvais élèves, faut-il accepter la notation comme moyen pertinent d’évaluer ?

Le vrai problème est celui de la production de la note, ou plutôt du jugement appréciatif que la note est censée exprimer, jugement qui pourrait s’exprimer sous d’autres formes. Car le jugement qui, dans l’évaluation, traduit l’appréciation des acquis des élèves, obéit à une double contrainte. Celle de traduire le plus objectivement et exactement possible la réalité d’un état ou niveau de compétence (problème de saisie du réel). Et celle de traduire cette réalité d’une façon claire et opératoire (problème de communication du résultat de la saisie).

Or, la note, par son apparence de résultat de mesure, semble respecter la deuxième contrainte. Mais elle fait oublier la première, que l’on tient pour automatiquement respectée (quoi de plus immédiatement objectif qu’une mesure ?). La difficulté principale est que l’évaluation n’est pas une mesure au sens strict, et que la note donne une fausse impression de rigueur.

Nourrir l’ogre algorithmique

Évaluer signifie formuler un jugement sur l’acceptabilité d’une situation par référence à des attentes. L’évaluateur scolaire est à la recherche d’informations utiles pour étayer un jugement défendable sur le niveau des élèves. On peut alors distinguer deux grands types de situations.

Ou bien il aura besoin d’informations éclairantes sur l’état d’avancement de chaque élève dans ses apprentissages, en vue de l’aider à progresser. À supposer alors qu’il trouve (comme tente de le faire l’EPCC), des modalités et des épreuves d’évaluation pertinentes, respectant la première contrainte, la note, par sa sécheresse, et la faiblesse de son pouvoir d’information, est loin d’être pour lui la meilleure façon d’exprimer son jugement.

Repenser le systèmes de note français ? (Interview de Philippe Meirieu/SQOOL TV).

Il pourra, par exemple, préférer des outils de communication tels que les grilles d’observation analytiques, fondées sur des descripteurs concrets des activités révélant (ou non !) les connaissances ou compétences visées. Une évaluation « formative », en cours d’apprentissage, n’a guère besoin de notes. Et l’on peut à juste titre demander ici aux enseignants/évaluateurs d’« évaluer sans noter ».

Mais, dans un second grand cas, il pourra avoir besoin d’informations « classantes », c’est-à-dire d’informations permettant de comparer des individus selon leurs « performances » dans des domaines précis, en vue de procéder à des tris, ou à des choix, dans une perspective de certification, ou, plus largement, de sélection.

Il faut bien reconnaître que plus l’on s’approche d’un seuil de certification, comme le bac, ou d’orientation, comme les choix de filières après le collège, ou d’une formation pour l’entrée dans l’enseignement supérieur, et plus les décideurs (jurys, commissions travaillant dans les systèmes d’affectation) ont besoin d’informations « classantes », faciles, sinon à interpréter (que signifie la note de 11,5/20 ?), du moins à manipuler ! Car il faudra bien, in fine, répartir sur une échelle verticale, et classer, ne serait-ce qu’en deux tas : reçus/collés ; acquis/non acquis.

Tant qu’il faudra donc, en quelque sorte, nourrir l’« ogre algorithmique », dans sa fonction d’aide au choix, et à la décision, l’apparente clarté, et l’apparente objectivité, de la note, en font un outil d’information très commode, dont on a (et aura) beaucoup de mal à se passer.

Mais la facilité d’utilisation justifie-t-elle le déni des ambiguïtés et des difficultés ? Peut-on continuer à faire « comme si » la note était une mesure assurée et indiscutable des performances scolaires ? Antibi avait raison sur ce point : c’est la pression que la société exerce en faveur de la sélection qui provoque des « dysfonctionnements » tels que la « constante macabre ».

Mais chaque fois qu’une sélection s’avère nécessaire, la tentation de la notation devient quasi irrésistible. Pourra-t-on, en ce dernier cas, se passer de notes ? Il faudrait pouvoir leur substituer d’autres repères simples et parlants… qui restent à inventer ! À bon inventeur, salut !The Conversation

Charles Hadji, Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes (UGA)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Des avantages de l'évaluation par compétences...

21 Mai 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie, #Evaluation

Des avantages de l'évaluation par compétences...

Depuis désormais quatre ans - tout a commencé en 2014 - les 6e de l'établissement dans lequel j'enseigne sont évaluées par compétences, sans notes chiffrées. Ces quatre années, dont la première fut riche en découvertes et en inquiétudes aussi - car défricher c'est s'engager sur des chemins parfois pleins de surprises - ont permis aux enseignants, aux élèves et aux parents de constater la pertinence d'autres méthodes d'évaluation que celles auxquelles des décennies d'habitudes avaient fini par faire croire à toutes et tous qu'elles étaient immuables, gravées dans le marbre, intouchables, voire "sacrées".

Or si l'école est un "sanctuaire" dans lequel le "sacré" et ses "rituels" doivent trouver et conserver leur place respective, il n'est écrit nulle part que ce "sanctuaire" doive rester fermé à l'expérimentation, au changement, au "faire autrement", à l'innovation. C'est ce que, très modestement, les équipes pédagogiques en charge des 6e ont entrepris de faire à partir de septembre 2014.

Je voudrais insister sur quelques points qui me semblent, à l'expérience, fondamentaux et à connaitre, à appréhender, si d'autres (comme beaucoup le font déjà et depuis bien plus longtemps que nous) enseignants souhaitent s'engager dans cette voie.

- l'évaluation sans notes ne doit JAMAIS être présentée - car c'est un non sens - comme une "suppression" des notes chiffrées, mais comme leur remplacement par une AUTRE méthode;

- l'évaluation par compétences (que par commodités je désignerai sous l'acronyme EPC) n'est pas une solution miracle, une baguette magique. C'est un outil de travail qui permet néanmoins, et beaucoup plus efficacement que les notes, de centrer les apprentissages sur les difficultés des élèves sans jamais retarder ceux dont les difficultés sont moindres ou inexistantes. Pour être plus clair

* les EPC ne ralentissent pas les meilleurs et aident les "moyens" et "faibles" à progresser bien plus rapidement et utilement qu'avec les notes.

* l'évaluation par compétences est un accompagnement permanent quand la note est une sanction définitive.

- les EPC doivent être expliquées, avant tous les autres "intervenants" impliqués, aux parents dès la mise en place du projet. Ce sont eux les plus inquiets souvent. Habitués qu'ils ont été aux notes en rouge et aux moyennes;

- la mise en place des EPC ne peut se faire qu'en EQUIPE pédagogique et avec le soutien de la hiérarchie de l'établissement. Il serait vain et épuisant de bâtir un projet sans l'accord de toutes et tous;

- il ne faut jamais avoir "peur" de se tromper au début. L'erreur ne doit pas être répétée mais elle est autorisée. Un exemple: j'ai toujours pensé, et le pense toujours, que l'élève de collège (c'est moins vrai au lycée) recevant une copie évaluée par chiffres ne lit pas l'appréciation. Encore moins si celle-ci est détaillée. Nos élèves, j'en ai fait l'expérience, lisent très peu, voire pas du tout, les annotations en marge. Seul compte le CHIFFRE!

J'ai longtemps pensé aussi, et ne le pense plus, que sans note chiffrée, l'élève lirait davantage son appréciation et ses annotations. Pas forcément! Souvent, très souvent, l'élève se satisfait de son code couleur et ne lit pas les appréciations que vous avez patiemment et consciencieusement rédigées.

Il existe alors une méthode très simple, une "ruse": rendre les copies SANS code couleur, avec uniquement les appréciations (brèves et précises pour des 6e), PUIS révéler le code couleur à la classe en projetant ces résultats au tableau et en vérifiant - c'est très rapide - que les élèves, toujours malicieux, n'ont pas transformé un "rouge" en "vert" vif sur leur copie!

Il est possible aussi, voire recommandé, de pratiquer l' auto-évaluation en fonction des appréciations et annotations. Un exercice ponctuel mais constructif sur la durée. Bien évidemment, c'est l'évaluation du professeur qui "fait loi".

Il pourrait m'être dit, à juste titre, que cette "méthode" est possible avec des évaluations chiffrées. Certes mais l'évaluation chiffrée, quelle que soit la méthode de rendu des devoirs, reste une addition de points. Je devrais dire une soustraction puisque la note est le résultat d'erreurs sanctionnées par des points soustraits à un total de 20. L'EPC est une valorisation des acquis, un surlignage des réussites et, bien entendu, la mise en lumière pour l'élève du POURQUOI de ces échecs et du COMMENT ne pas les répéter;

- il convient aussi de très bien choisir les logiciels permettant l'enregistrement des évaluations. Je n'ai pas ici à en conseiller car chaque établissement à ses habitudes. Il devra être le plus simple possible et disposer d'outils permettant d'illustrer UTILEMENT les conseils de classes;

- ces conseils de classe DOIVENT (c'est mon avis) être dirigés par le Professeur Principal (en présence du Chef d'établissement ou pas) et par lui ou elle seul-e. Pourquoi cette insistance?

L'EPC est un travail d'EQUIPE. D'équipe PEDAGOGIQUE! Sans diminuer le rôle du chef d'établissement, il est impératif que ces moments de rencontre, de dialogues, de CONSEILS aux élèves et aux parents, restent la "propriété" des professeurs. Il est également capital à mes yeux que la CPE et la professeur-documentaliste assistent aux conseils de classes. Leur éclairage est toujours un "plus" indéniable.

Enfin - mais c'est une fin provisoire - je peux affirmer ici que les élèves évalués par compétences en 6e, l'année suivante en 5e et évalués de manière traditionnelle, n'ont connu aucun problème d'adaptation. L'EPC n'est pas un frein, un épouvantail ni "la fin de la civilisation". (Je l'ai lu!).

J'espère avoir été utile en donnant mon éclairage. Il est certes engagé et convaincu. Je n'ai pas la prétention de l'imposer à qui que ce soit. Chacun choisira ce qui lui semble être le meilleur pour ses élèves et pour lui-même.

Christophe Chartreux

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Evaluer POUR les apprentissages, ça marche!... (Vidéo)

10 Août 2017 , Rédigé par Thot Cursus Publié dans #Education, #Pédagogie, #Evaluation

Les évaluations, leurs outils, leurs méthodes, leur efficacité sont régulièrement remises en question. Elles sont au coeur de nombreux débats même si les échanges de pratique entre collègues sont limités.

Dans une série d'articles, de vidéos et d'animations, François Muller nous propose de passer à une évaluation plus utile, plus vivante et plus stimulante, qui ferait intégralement partie des apprentissages. Une évaluation POUR apprendre.

Les notes ne font pas de musique

Le constat est assez sombre. Un proviseur a compté 90 000 notes attribuées dans son établissement de 600 élèves. Les notes envahissent l'espace scolaire, et le temps passé à évaluer est plus important que le temps passé à concevoir des formations. Les effets sur l'image de soi, sur le plaisir d'apprendre, et même sur le plaisir d'enseigner sont néfastes. Parents et élèves y sont très attachés. "C'est noté ?" demandent souvent les élèves pour savoir s'ils doivent s'investir dans l'activité proposée.

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Ne sont-ce pas les enseignants D'ABORD qui font d'une "nouveauté" une réussite ou un échec?...

7 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie, #Evaluation

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Toutes les "nouveautés", lorsqu'il s'agit d'éducation encore davantage, sont analysées, évaluées, jugées de manière objective et subjective.

J'ai accueilli dans le courant de l'année dernière une collègue remplaçante qui a du, puisqu'elle était en charge du français dans une des cinq 6e évaluées par compétences,  s'habituer à cette méthode qu'elle n'avait jamais pratiquée. Ses premiers mots furent les suivants :

"Les élèves sont contre. Les parents aussi". Elle n'avait encore rencontré que les élèves.

Cette réflexion, très abrupte et définitive, qui tient compte de l'avis d'élèves de 6e, quand on n'en tient si peu compte en d'autres occasions et sur d'autres sujets, illustre à quel point toutes les réformes, et celle de l'évaluation en collège fait partie de celles qui sont à la fois urgentes et particulièrement piégeuses, sont acceptées ou pas en fonction du regard, du degré d'approbation, de la "croyance" en telle ou telle "nouveauté". (Les guillemets s'imposent, l'évaluation par compétences étant une "nouveauté" déjà fort ancienne dans les écoles élémentaires.)

L'évaluation par compétence est pratiquée par l'ensemble des professeurs de 6e dans toutes les disciplines depuis la rentrée 2014. Je parle ici évidemment de l'établissement qui est celui où j'enseigne. J'ai fait partie de celles et ceux qui ont encouragé ce changement d'habitude, rendu d'autant plus nécessaire que le niveau 6e est désormais intégré dans un seul et même cycle: le cycle 3 : CM1/CM2/6e, l'évaluation par compétences étant pratiquée, je viens de le rappeler, en élémentaire depuis fort longtemps.

Dans les 6e placées sous ma responsabilité, les réticences au changement ont été très vite dissipées. Les années passant, plus rapidement encore que les années initiales. Plus aucun élève, plus aucun parent n'expriment la moindre volonté de retour en arrière. L'évaluation par compétences n'est plus l' "usine à gaz", expression si souvent utilisée par celles et ceux qui faute d'arguments caricaturent et falsifient. Elle n'est pas non plus cette baguette magique que d'autres, par excès d'enthousiasme, par conviction pédagogique très (trop?) forte ont voulu croire capable de résoudre tous les problèmes liées aux apprentissages et à leurs évaluations. Parce que j'y crois, parce que j'ai pris et continue de prendre le temps d'expliquer la méthode, parce que j'écoute les inquiétudes légitimes des parents, ce qui semblait si incompréhensible à la naissance de la mise en place est devenu un "confort" aussi bien pour les élèves que pour moi-même. Ce "confort" n'interdit absolument pas, bien au contraire, l'exigence nécessaire requise par le "métier d'élève". L'élitisme républicain repose sur l'exigence pour tous, on l'oublie trop souvent.

Dans quelques autres 6e, des collègues - et c'est leur droit le plus absolu - y croient moins. L'influence des enseignants est telle, surtout avec des élèves de cet âge, qu'évidemment l'auditoire a tendance à moins y croire aussi, qu'il soit composé d'enfants ou de parents.

Alors, une jeune remplaçante peut avoir ce mot : " Les élèves sont contre. Les parents aussi"... Mais ne sont-ce pas les enseignants D'ABORD qui acceptent ou pas telle ou telle "nouveauté", qui sont "contre" ou "pour"  ? Ne sont-ce pas les enseignants D'ABORD qui font d'une "nouveauté" une réussite ou un échec selon la réception puis la transmission qu'il en font  ? Ces questionnements provoqués par la réflexion de ma collègue - à laquelle je ne fais aucun reproche  ! - sont ceux provoqués par toutes les réformes. Leur succès dépend souvent de la traduction qui en est faite, des caricatures dont elles sont l'objet, des dithyrambes excessifs qui leur assignent des responsabilités trop importantes.

L'évaluation par compétences - mais le propos peut être élargi à tous les changements d'habitudes - fait partie de ces réformes qui, comme la réforme du collège, entraînent des débats d'experts, des guerres pédagogiques, des chamailleries "twittesques" et "facebookiennes" absolument passionnantes parfois, très ennuyeuses et inutiles souvent.

Et qui, in fine, ne font que les mêmes malheureux:

- les élèves très éloignés idéologiquement de ces champs de bataille mais qui y "vivent" au quotidien, victimes collatérales de disputes picrocholines;

- les enseignants, qu'ils soient favorables ou opposés à tel ou tel texte officiel, décision ministérielle pourtant toujours très longuement discutée et débattue, eux aussi victimes des enkystements si préjudiciables à un univers, l'éducation, qui devrait être celui des enthousiasmes quand il n'est, depuis trop longtemps et encore plus ces derniers mois, que celui des immobilismes injustifiables.

Christophe Chartreux

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L’évaluation des enseignants dans le cadre du rendez-vous de carrière, l’analyse d’un IPR... (+ vidéo)

14 Février 2017 , Rédigé par SGEN-CFDT Publié dans #Education, #Evaluation

Philippe Guizard, IPR d'histoire-géographie dans l'académie de Montpellier, analyse la nouvelle évaluation des enseignants dans le cadre du PPCR et du rendez-vous de carrière. L'évaluation et l'accompagnement des personnels vont enfin être découplés, ainsi que le proposait le Sgen-CFDT.

Découplage de l’évaluation et de l’accompagnement

Après avoir inspecté plus de 1000 enseignants tout au long de sa carrière, Philippe Guizard ne regrette pas l’ancienne évaluation qui donnait lieu à une notation et qui n’était satisfaisante ni pour les enseignants, ni pour les inspecteurs.

C’est une très bonne chose de pouvoir découpler les moments d’évaluation et les l’accompagnement des enseignants, de façon individuelle ou collective.

Il pourra s’engager désormais un travail des enseignants avec les inspecteurs qui sera fondé sur plus de décontraction, de franchise et de confiance.

Le document préparatoire que l’enseignant rédigera préalablement à son rendez-vous de carrière permettra que l’entretien avec l’inspecteur, puis avec le chef d’établissement, tourne autour des problématiques qui seront celles de l’enseignant.

L’avis partagé que devront formuler le chef d’établissement et l’inspecteur est une avancée significative qui permettra d’envisager la globalité de l’activité de l’enseignant, dans la classe et dans l’établissement. cependant ce double regard est à construire.

Les chefs d’établissement et les inspecteurs auront à se préparer ensemble à l’évolution des pratiques qui les concernent également pour donner à cette réforme essentielle le sens porté par le Sgen-CFDT, c’est à dire la responsabilisation des enseignants dans une confiance nouvelle avec l’encadrement de proximité.

Pour aller plus loin

Ressources complémentaires

 
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