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Vivement l'Ecole!

environnement

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Le Maroc, quelque part sur la terre...

15 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Environnement

Les sources bleues de la vallée du Ziz (episode 6) - freeridermagasine

 

Le Maroc, quelque part sur la terre...

 

Je parle peu d'écologie, d'environnement, de sauvegarde de la planète qui souffre tant des maux que l'humain lui impose. J'ai évidemment tort mais ce silence ne signifie pas que les malheurs de notre Terre m'indiffèrent. Loin de là.

 

Je vous parlerai donc des paysages qui m'ont fait devenir ce que je suis. Je crois en effet, j'en suis persuadé même, qu'ils nous modèlent, que les détruire c'est massacrer les humains invités au festin des couleurs, des parfums, des bruits et des silences.

 

La chance de ma vie sera d'avoir vécu les années de mon enfance – 1958/1975 - et de mon adolescence dans un pays baigné par la lumière, bercé par le frisson du vent venu de la mer ou parfois du sud, du désert brûlant, emportant avec lui quelques milliards de grains de sable repeignant en ocre les murs blanchis à la chaux, accueillant des rivières de bougainvilliers en fleurs ou la nonchalance d'un chat à demi ensommeillé de chaleur.

 

Les couleurs de ce pays sont ceux de mes souvenirs. Celles et ceux qui me lisent ici et ailleurs savent mon attachement, mon amour infini pour la douceur et la violence de son climat, pour la beauté des courbes de ses plages caressant l'Atlantique et la Méditerranée, pour ses contrastes entre villes surpeuplées accueillant riches et pauvres et campagnes faites de terres avares à rendre ce qu'on leur donne et celles, plus généreuses, offrant à nos palais le goût des clémentines, oranges, citrons, olives après avoir enchanté nos narines des parfums mêlés de leurs fleurs au printemps.

 

Mon pays, celui de mes souvenirs comme celui présent, mérite à lui-seul que nous autres, frères humains, nous battions pour lui. Et bien évidemment, pour tous les autres.

 

Je ne supporterai pas que disparaissent par notre faute, nos égarements, notre appât du gain, nos inconsciences partagées car je suis aussi coupable que tant d'autres, les dunes, ces océans immobiles fracassant les rochers du Hoggar. Remplacées peut-être un jour par des villes géantes aux tours illuminées construites par des femmes et hommes venus tout exprès survivre pour des salaires de misère mais nourrissant les rêves fous de quelques nababs en mal d'une reconnaissance frelatée.

 

Je ne supporterai pas que meurent les champs d'amandiers illuminant le Rif, la source bleue de Meski dans la vallée du Ziz, les neiges du Toubkal entre Marrakech et Taroudant, les grandes forêts de chênes-liège et celles d'eucalyptus dont je cueillais les feuilles en les faisant siffler serrées entre mes mains ; que disparaissent à jamais les poissons amassés sur les quais des ports avides des odeurs fortes envahissant l'azur, les hérissons du désert, les caracals, les flamants rose affamés de crevettes, les scinques et les mangoustes ichneumon, les vipères de l'erg, les grands-ducs ascalaphe, les oryx algazelle et ce caméléon qui venait au jardin jouer au magicien par ses couleurs changeantes.

 

Et puis mon Atlantique, polluée tant et plus, dont j'entends les rouleaux écrasant de sa force les rives ensablées où mes courses anciennes m'amenaient à plonger et puis à revenir vers la maison-jardin envahie de mille fleurs aux mille noms oubliés.

 

Voilà ce que je suis. Paysages, animaux, fleurs et parfums. Massacrer tout cela, c'est me tuer et nous tuer !

 

Je n'ai pas dit le nom du pays dont je parle : le Maroc, quelque part sur la terre...

 

Christophe Chartreux

 

 

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"Il faudra plus que des coups de com' sur Twitter pour assurer notre survie sur cette planète" - Najat Vallaud-Belkacem

8 Décembre 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Economie, #Politique, #Environnement

COP26] Il reste dix ans pour sauver la planète

"Un monde plus juste, c’est l’ambition de ONE. Cela doit aussi être celle de nos futurs élus", résume Najat Vallaud-Balkacem, directrice de l'ONG et ancienne ministre socialiste.

La pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques, additionnées aux conflits et aux effets des changements climatiques, n’en finissent pas d’accroitre les inégalités. Pour la première fois depuis les années 90, le nombre de personnes dans le monde vivant sous le seul de l’extrême pauvreté -soit avec moins de 1,60 euro par jour- est en augmentation, tandis qu’en France, le Secours catholique rapporte que près de 10% de la population française auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2020.

Le nombre de catastrophes naturelles quant à lui a été multiplié par 5 sur les 50 dernières années. Et si tous les continents en ont été les victimes, 90% des personnes qui en sont décédées vivaient dans les pays en développement.

Nous ne pouvons plus l’ignorer, l’aggravation des sécheresses et des inondations vont non seulement affecter la production alimentaire mondiale, mais également accroitre le potentiel épidémique de certains virus et la transmission de maladies infectieuses. L’inaction contre le changement climatique tue déjà, sous nos yeux, et la crise du Covid-19 nous prouve qu’il n’est plus possible de penser l’avenir de notre pays sans se soucier de ce qui se passe dans le reste du monde.

“Assurer notre survie sur cette planète”

Pourtant, les échecs des récents sommets du G20 à Rome et de la COP26 à Glasgow nous le rappellent cruellement. Les actions politiques concrètes continuent de se faire attendre, éclairant le poids des intérêts économiques contraires à ce qui répond pourtant aux attentes majoritaires des populations du monde, et plus globalement à l’intérêt général humain le plus élémentaire : assurer notre survie sur cette planète. Triste illustration de de la gravité des crises mondiales face auxquelles il nous revient d’agir et du manque de volonté de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui pour s’en donner les moyens.

Récemment, le directeur du Programme alimentaire mondial des Nations Unies a lancé un défi sur Twitter au milliardaire Elon Musk: serait-il cap’ de consacrer à peine 2% de sa fortune personnelle pour lutter contre la faim dans le monde? Ce à quoi le mégalomane a rétorqué que si on pouvait lui prouver que ces 2%, soit 6 milliards de dollars, pouvaient réellement éradiquer les famines, il ferait immédiatement un chèque. Comme si les crises climatiques, les conflits et la fuite des capitaux, créés ou entretenus par un système inégalitaire dont il est le grand gagnant, celui-là même qui lui a permis de bâtir sa fortune, n’entraient pas dans l’équation. Comme si tout s’arrangeait toujours simplement à coup de chèques et de milliards. Comme s’il ne valait même pas la peine de dépenser 2% de sa richesse si ce n’était “que” pour sauver la vie de 42 millions de personnes au bord de la famine.

Comment en est-on arrivé à accepter une société ou les milliardaires s’affranchissent de payer leur juste part d’impôt presque légalement, puis viennent dicter leurs conditions aux institutions internationales qui les supplient publiquement de participer à l’effort collectif pour sortir des populations entières de la misère?

“Les plus grandes fortunes rivalisent d’égoïsme”

Le fossé qui ne cesse de se creuser entre les plus pauvres et les plus riches sur la planète sape la lutte contre la pauvreté et les inégalités, nuit à nos économies et fragmente nos sociétés. Pourtant, loin de prendre leur juste part à cet effort collectif pour notre survie, les plus grandes fortunes et leurs multinationales, soumises aux taux d’imposition les plus bas depuis des décennies, rivalisent encore d’égoïsme.

Mais pour agir efficacement et sur le long terme contre la pauvreté et les inégalités, et permettre d’atteindre en 2030 les Objectifs du développement durable sur lesquels la communauté internationale s’est accordée en 2015, il faudra plus que des coups de com’ sur Twitter. Les multimilliardaires ne sont pas plus légitimes que n’importe quel citoyen français pour demander comment sera dépensé leur argent pour faire face aux grands défis de notre époque.

"Un monde plus juste, c’est ni plus ni moins l’ambition de ONE et des citoyens engagés partout en France. Cela doit aussi être celle de nos futurs élus." Najat Vallaud-Belkacem, directrice France de l'ONG One.

C’est pourquoi l’ONG One lance une grande consultation citoyenne avec Make.org et pose la question. “Comment l’État, les entreprises et les associations peuvent-ils mettre fin à l’extrême pauvreté et aux inégalités dans le monde?”.

À quelques mois de l’élection présidentielle, il est temps de mettre en avant les solutions: comment enclencher un processus de réduction des inégalités en France et dans le monde? Que devraient faire nos représentants, nos industries et notre société civile pour lutter contre les flux financiers illicites, le manque d’accès aux soins ou à une éducation de qualité, les inégalités entre les femmes et les hommes, le pillage des ressources naturelles ou encore le manque de représentation des pays pauvres dans les négociations internationales?

Œuvrer pour un monde meilleur là-bas, c’est aussi participer à la construction d’un monde meilleur ici. Un monde plus juste, c’est ni plus ni moins l’ambition de ONE et des citoyens engagés partout en France. Cela doit aussi être celle de nos futurs élus.

Najat Vallaud-Belkacem, Directrice France de l'ONG One

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Grand entretien avec Najat Vallaud-Belkacem : Penser le monde d'après... (Vidéo)

11 Octobre 2021 , Rédigé par Institut Open Diplomacy Publié dans #Environnement

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Education à l’environnement : «Une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école»

25 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Qu'est ce que l'éducation à l'environnement ?

Encore le fruit d’initiatives personnelles, cette pédagogie centrée sur le respect de la nature, connaît un intérêt croissant de la part des établissements. Au collège Saint-Pierre de Jarnac, les enfants sortent de classe pour chausser des bottes.

Visseuse en main, des collégiens entreprennent de fixer des planches sur le toit de leur poulailler. Objectif : rendre la construction, installée dans la cour de l’établissement scolaire plus résistante à la pluie. Un peu plus loin, leurs camarades moins bricoleurs tentent de communiquer avec les poules. Cet après-midi au collège Saint-Pierre de Jarnac (Charente), pas de cours de maths ou de français. Les élèves de sixième passent l’après-midi en plein air, à désherber leur jardin potager et à déguster à l’aveugle des plantes aromatiques. Pour les guider, des animateurs de l’association Les Jardins Respectueux, qui intervient dans plusieurs établissements scolaires dans le département pour sensibiliser et éduquer les élèves à l’environnement et au développement durable.

«L’aspect ludique permet d’assimiler pas mal d’informations», glisse Rémi Marcotte, architecte paysagiste de formation et fondateur de l’association. Au programme par exemple, la construction d’un composteur, pour valoriser les biodéchets de la cantine. De plus en plus d’écoles, collèges et lycées mettent en place ce type d’initiations, encore rares il y a quelques années : début 2020, un peu plus d’un tiers des établissements de l’académie de Poitiers proposait un projet d’éducation au développement durable, contre un quart en 2017. Non prévu au programme, l’enseignement à l’environnement dans les collèges reste disparate et «essentiellement le fruit d’initiatives spontanées», relevait en 2014 une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La situation a depuis évolué, affirme le ministère de l’Education nationale, qui a signé en mai un accord de partenariat avec le ministère de la Transition écologique, qui vise une «démultiplication» de l’éducation au développement durable de la maternelle au lycée.

«Plus on commence tôt, mieux c’est»

Pour Christian Bonnin, président des Jardins Respectueux, il est important de débuter l’éducation à la nature dès le plus jeune âge : «plus on commence tôt, mieux c’est, car la sensibilité à l’écologie des enfants est bien plus importante que celle des adultes.» Une façon pour les animateurs d’espérer avoir un impact sur le long terme, «même en dehors de l’école». «L’éducation à l’environnement est une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école», abonde Orane Larbi, éducatrice à l’environnement. «Ce qui me fait extrêmement plaisir c’est quand des enfants nous disent qu’ils ont construit un petit jardin chez eux avec leurs parents.»

Les élèves semblent très réceptifs : «Plus les gens agiront comme nous, plus la planète sera en bonne santé», résume une sixième, qui assure ne plus supporter les comportements «irresponsables» de certains. «Quand je vois les autres jeter des déchets par terre je m’empresse d’aller les ramasser pour les mettre à la poubelle !», se vante la pré-ado entre deux animations. Mathias – qui depuis le début de l’atelier poulailler se promène avec une poule sur la tête – a de son côté convaincu ses parents d’installer un composteur à la maison. Sa camarade Adèle s’est, elle, convertie à la consommation en circuit court : «On peut manger ce qu’on a cultivé au collège et ramener quelques aliments chez nous, alors qu’en grande surface, on ne sait pas forcément d’où ça vient…», commente la jeune fille.

Au-delà de la sensibilisation nécessaire aux enjeux écologiques, Svenja Lhez, professeure d’allemand qui a contribué à la création de ce projet – qui a valu au collège d’obtenir le label E3D (label obtenu lorsqu’un établissement s’engage dans une démarche de développement durable) délivré par l’Education nationale en début d’année – voit aussi dans ces ateliers en extérieur l’occasion d’«apprendre différemment, en ne restant pas assis toute sa journée sur une chaise jusqu’à 17 heures». Un moyen aussi pour les collégiens de gagner en autonomie : «certains élèves qui s’autocensurent lors de travaux théoriques se découvrent et se révèlent sur ce genre de travaux pratiques», remarque Adrien, professeur de physique-chimie. Pour l’équipe encadrante, les ateliers n’ont pas vocation à transformer les élèves en Greta Thunberg en puissance. Simplement à initier une prise de conscience, sans culpabilisation, pointe Marie Lozac’h, membre de l’association : «C’est un peu comme des graines qu’on sème, ça germe ou pas dans l’esprit des élèves !»

Aurore Savarit-Lebrère

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C'est la journée mondiale de l'eau... (Vidéos)

22 Mars 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Environnement

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TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

11 Janvier 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Environnement, #Education

TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

EXTRAITS

Deux chercheurs en sciences de l’éducation, Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst, appellent la France à rafraîchir l’apprentissage à l’école des réalités environnementales pour le rendre plus « politique ».

Par Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst

Nous sommes au cœur d’un changement climatique majeur, d’un appauvrissement de la vie sur Terre, et de phénomènes de pollution de plus en plus destructeurs. Nous avons chaque jour l’expérience d’une zoonose devenue pandémique, de migrations climatiques qui s’intensifient, de records de douceur hivernale et de canicule estivale, d’une intensification de tempêtes et d’ouragans, etc.

Mais, face à ces réalités, nous n’avons pas l’air de croire en ce que nous savons. Et nos dirigeants non plus. C’est un rapport nouveau à l’idéal des Lumières, qui semblait guider nos sociétés occidentales depuis plus de deux siècles : nous ne sommes plus illettrés, inféodés à des traditions et des superstitions. Pourtant, il est possible que nous versions collectivement dans une nouvelle ignorance. Nous savons, mais ne voulons pas savoir.

(...)

Revoir de toute urgence les programmes

De plus, il faut revoir de toute urgence les programmes scolaires, particulièrement au collège et au lycée, de chacune des matières enseignées pour que nous enseignions l’ampleur de l’altération du système Terre de nature anthropique, et travaillions à assurer la pérennité de l’aventure humaine à partir d’une transformation de sa relation au vivant.

Il faut développer fortement notre culture scientifique : éducation au climat et à ses interactions avec le vivant, compréhension du fonctionnement systémique de la biosphère, intégration des limites planétaires à ne pas franchir pour ne pas courir le risque d’emballements irréversibles… Cela doit se faire sur fond d’une critique vive du capitalisme rentier et spéculatif de nos sociétés, qui ne cesse de nous conduire toujours plus en avant dans l’anthropocène.

Oui, l’éducation doit devenir davantage « politique » et quitter son apparente « neutralité » qui n’est autre que le relais des logiques du marché ! Enfin, il s’agit de chercher par tous les moyens possibles à apprendre d’autres types de relation au monde : en renonçant à faire du vivant seulement une « ressource » pour générer des gains, ou encore en apprenant à écouter le monde et non pas uniquement à le manipuler techniquement.

(...)

Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst sont enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation et notamment auteurs de « Résistance, résonance – Apprendre à changer le monde avec Hartmut Rosa » (Le Pommier, 2020).

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

8 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

Deux ans et demi après les premières mobilisation les vendredis, symbolisées par la figure de Greta Thunberg en Suède, le mouvement s’est structuré et s’est étendu à travers le monde. Avec plus ou moins de difficultés selon le régime politique.

Greta Thunberg n’a rien changé à ses habitudes. La jeune Suédoise, passée en deux ans et demi de collégienne inconnue à nouveau visage de la lutte climatique, continue à brandir sa pancarte «Grève scolaire pour le climat» tous les vendredis devant le Parlement à Stockholm, ou en ligne ces derniers mois. Cent vingt semaines d’affilée, sans un moment de faiblesse et avec un énervement croissant. «Tant que nous ne considérons pas la crise climatique comme une crise, nous pourrons organiser autant de conférences climat que nous le voulons, mais elles se limiteront comme aujourd’hui à des mots creux et à du greenwashing», a-t-elle encore tonné en novembre dans le Guardian.

Vendredi, à la veille d’un sommet international sur le climat, les jeunes du monde entier qui lui ont emboîté le pas participeront à une nouvelle grève mondiale. Les mots d’ordre sont les mêmes : se battre pour maintenir le réchauffement planétaire sous 1,5 °C (nous sommes déjà à + 1 °C) et «écouter la science». 

«Innocents»

Mais en deux ans, Fridays for Futur, ou mouvement des Jeunes pour le climat dans certains pays, a grandi. Une fois passé le choc des premières grèves de ces jeunes clamant l’absurdité d’aller à l’école dans un monde qui leur refuse un futur viable, le mouvement s’est structuré. Il compte des membres dans presque tous les pays et des représentants à tous les sommets climatiques. «Leur militantisme reste imprégné d’indignation, relève Michiel De Vydt, doctorant en science politique à l’université d’Anvers. L a force de leur message tient en partie au fait qu’il soit porté par des enfants "neutres", "innocents", qui n’avaient pas de liens avec les ONG environnementales.» A ses yeux, Fridays for Future («vendredis pour l’avenir», le nom officiel) se distingue encore des autres mouvements pour le climat. «Ils s’adressent aux autorités nationales ou locales, contrairement aux mobilisations précédentes qui visaient souvent des multinationales ou l’industrie des énergies fossiles, et valorisaient les petits gestes individuels. Ils ne prétendent pas amener de solutions.»

Souvent privé par la pandémie de manifestations de rue, Fridays for Future a réussi à rester visible autrement. A l’automne, les jeunes Européens ont mené en ligne la charge contre la nouvelle Politique agricole commune de l’UE, dénoncée pour son manque d’ambition environnementale. Entre le 19 novembre et le 1er décembre, 330 délégués de plus de 140 pays ont aussi organisé et mené une fausse COP pour «montrer ce qu’il se passerait si les jeunes étaient les décideurs», et compenser le report à l’an prochain de celle qui devait se tenir à Glasgow. Leur déclaration finale appelle les Etats à conformer toutes leurs actions à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Dans la forme aussi, ils ont tenté d’éviter les erreurs de leurs aînés, en donnant plus de poids aux pays du Sud, premiers affectés par le changement climatique. «La majorité des dirigeants entendent le message de Fridays for Future, même s’ils ne l’appliquent pas, estime Michiel de Vydt. Comme l’a noté l’ancien vice-président du Giec, le Pacte vert européen n’aurait probablement pas été aussi ambitieux sans la pression constante exercée par les jeunes.»

Fausse COP

Le 30 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme a aussi donné raison à six jeunes militants portugais, en intimant à 33 Etats européens de répondre à leur plainte qui estime que les gouvernements font trop peu pour le climat. Si ces pays échouent à convaincre la cour de leur bonne foi, ils devront relever leurs ambitions. En ce 8 décembre, journée mondiale du climat, celles des jeunes grévistes restent, elles, entières.

Aude Massiot et Nelly Didelot

A lire intégralement en cliquant ci-dessous

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"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

16 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique, #Environnement

"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

Ringardise

Avant-hier, les «chevelus en sandales et pulls qui grattent». Hier, les «Khmers verts», les «ayatollahs de l’écologie». Désormais… les «amishs». En voilà une trouvaille subtile et inventive qu’a dégotée Emmanuel Macron pour moquer les élus EE-LV et de gauche mobilisés pour réclamer un moratoire et un débat sur le déploiement de la 5G.

Certes, les Verts ont l’habitude de servir d’épouvantails obscurantistes, d’être taxés de dangereux décroissants, de végans excités, d’austères dépourvus du sens de la fête (voir l’épisode de feu le sapin de Noël bordelais). La tactique est éculée, à défaut d’être constructive. Car Emmanuel Macron, chantre de la «pensée complexe», ne s’est pour le coup pas foulé. Refuser en bloc une innovation technologique est un peu court. Mais y voir un bienfait au seul motif que c’est une innovation, est-ce ainsi que l’on remporte la palme de la modernité ? Est-ce avoir fait le tour de la notion de progrès ?

Ses opposants lui ont renvoyé ses compliments de ringardise et de posture. Que Macron veuille en découdre avec ses adversaires verts en les cornérisant dans une «écologie du moins» face à ce qui serait une «écologie du mieux» est une chose. Mais c’est vite oublier la parole donnée en juin à la Convention citoyenne pour le climat. Ces 150 personnes auxquelles le Président savait gré de «tourner le dos au modèle de la décroissance», et dont il promettait de retenir les propositions, sauf trois d’entre elles. Leur demande d’un moratoire sur la 5G ne figurait pas parmi ces «jokers».

Discréditer l’émetteur est par ailleurs commode pour se débarrasser de son message. Sans opposer d’emblée un «niet» à la 5G, de multiples questions méritent pourtant d’être posées, dans le calme et, de part et d’autre, sans oukase. Son impact environnemental d’abord ; son utilité sociale (à ce titre, la cantonner au visionnage de «pornos en HD dans un ascenseur», dixit Eric Piolle, était aussi un raccourci) ; la priorité de franchir ce cap quand il faudrait déjà en finir avec les zones blanches ; ses enjeux de souveraineté et de sécurité ; ses risques sanitaires.

Dans la même intervention - sans risques, devant un parterre de startuppeurs de la French Tech -, Macron a eu beau jeu d’en appeler à un «débat éclairé». Le voilà bien parti. Pour en poser le cadre, peut-être eut-il fallu éviter d’emblée de se ranger du côté de la France «des Lumières» contre les tenants du «retour à la lampe à huile». Conseil d’amish.

Laure Equy

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