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Vivement l'Ecole!

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TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

11 Janvier 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Environnement, #Education

TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

EXTRAITS

Deux chercheurs en sciences de l’éducation, Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst, appellent la France à rafraîchir l’apprentissage à l’école des réalités environnementales pour le rendre plus « politique ».

Par Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst

Nous sommes au cœur d’un changement climatique majeur, d’un appauvrissement de la vie sur Terre, et de phénomènes de pollution de plus en plus destructeurs. Nous avons chaque jour l’expérience d’une zoonose devenue pandémique, de migrations climatiques qui s’intensifient, de records de douceur hivernale et de canicule estivale, d’une intensification de tempêtes et d’ouragans, etc.

Mais, face à ces réalités, nous n’avons pas l’air de croire en ce que nous savons. Et nos dirigeants non plus. C’est un rapport nouveau à l’idéal des Lumières, qui semblait guider nos sociétés occidentales depuis plus de deux siècles : nous ne sommes plus illettrés, inféodés à des traditions et des superstitions. Pourtant, il est possible que nous versions collectivement dans une nouvelle ignorance. Nous savons, mais ne voulons pas savoir.

(...)

Revoir de toute urgence les programmes

De plus, il faut revoir de toute urgence les programmes scolaires, particulièrement au collège et au lycée, de chacune des matières enseignées pour que nous enseignions l’ampleur de l’altération du système Terre de nature anthropique, et travaillions à assurer la pérennité de l’aventure humaine à partir d’une transformation de sa relation au vivant.

Il faut développer fortement notre culture scientifique : éducation au climat et à ses interactions avec le vivant, compréhension du fonctionnement systémique de la biosphère, intégration des limites planétaires à ne pas franchir pour ne pas courir le risque d’emballements irréversibles… Cela doit se faire sur fond d’une critique vive du capitalisme rentier et spéculatif de nos sociétés, qui ne cesse de nous conduire toujours plus en avant dans l’anthropocène.

Oui, l’éducation doit devenir davantage « politique » et quitter son apparente « neutralité » qui n’est autre que le relais des logiques du marché ! Enfin, il s’agit de chercher par tous les moyens possibles à apprendre d’autres types de relation au monde : en renonçant à faire du vivant seulement une « ressource » pour générer des gains, ou encore en apprenant à écouter le monde et non pas uniquement à le manipuler techniquement.

(...)

Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst sont enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation et notamment auteurs de « Résistance, résonance – Apprendre à changer le monde avec Hartmut Rosa » (Le Pommier, 2020).

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

8 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

Deux ans et demi après les premières mobilisation les vendredis, symbolisées par la figure de Greta Thunberg en Suède, le mouvement s’est structuré et s’est étendu à travers le monde. Avec plus ou moins de difficultés selon le régime politique.

Greta Thunberg n’a rien changé à ses habitudes. La jeune Suédoise, passée en deux ans et demi de collégienne inconnue à nouveau visage de la lutte climatique, continue à brandir sa pancarte «Grève scolaire pour le climat» tous les vendredis devant le Parlement à Stockholm, ou en ligne ces derniers mois. Cent vingt semaines d’affilée, sans un moment de faiblesse et avec un énervement croissant. «Tant que nous ne considérons pas la crise climatique comme une crise, nous pourrons organiser autant de conférences climat que nous le voulons, mais elles se limiteront comme aujourd’hui à des mots creux et à du greenwashing», a-t-elle encore tonné en novembre dans le Guardian.

Vendredi, à la veille d’un sommet international sur le climat, les jeunes du monde entier qui lui ont emboîté le pas participeront à une nouvelle grève mondiale. Les mots d’ordre sont les mêmes : se battre pour maintenir le réchauffement planétaire sous 1,5 °C (nous sommes déjà à + 1 °C) et «écouter la science». 

«Innocents»

Mais en deux ans, Fridays for Futur, ou mouvement des Jeunes pour le climat dans certains pays, a grandi. Une fois passé le choc des premières grèves de ces jeunes clamant l’absurdité d’aller à l’école dans un monde qui leur refuse un futur viable, le mouvement s’est structuré. Il compte des membres dans presque tous les pays et des représentants à tous les sommets climatiques. «Leur militantisme reste imprégné d’indignation, relève Michiel De Vydt, doctorant en science politique à l’université d’Anvers. L a force de leur message tient en partie au fait qu’il soit porté par des enfants "neutres", "innocents", qui n’avaient pas de liens avec les ONG environnementales.» A ses yeux, Fridays for Future («vendredis pour l’avenir», le nom officiel) se distingue encore des autres mouvements pour le climat. «Ils s’adressent aux autorités nationales ou locales, contrairement aux mobilisations précédentes qui visaient souvent des multinationales ou l’industrie des énergies fossiles, et valorisaient les petits gestes individuels. Ils ne prétendent pas amener de solutions.»

Souvent privé par la pandémie de manifestations de rue, Fridays for Future a réussi à rester visible autrement. A l’automne, les jeunes Européens ont mené en ligne la charge contre la nouvelle Politique agricole commune de l’UE, dénoncée pour son manque d’ambition environnementale. Entre le 19 novembre et le 1er décembre, 330 délégués de plus de 140 pays ont aussi organisé et mené une fausse COP pour «montrer ce qu’il se passerait si les jeunes étaient les décideurs», et compenser le report à l’an prochain de celle qui devait se tenir à Glasgow. Leur déclaration finale appelle les Etats à conformer toutes leurs actions à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Dans la forme aussi, ils ont tenté d’éviter les erreurs de leurs aînés, en donnant plus de poids aux pays du Sud, premiers affectés par le changement climatique. «La majorité des dirigeants entendent le message de Fridays for Future, même s’ils ne l’appliquent pas, estime Michiel de Vydt. Comme l’a noté l’ancien vice-président du Giec, le Pacte vert européen n’aurait probablement pas été aussi ambitieux sans la pression constante exercée par les jeunes.»

Fausse COP

Le 30 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme a aussi donné raison à six jeunes militants portugais, en intimant à 33 Etats européens de répondre à leur plainte qui estime que les gouvernements font trop peu pour le climat. Si ces pays échouent à convaincre la cour de leur bonne foi, ils devront relever leurs ambitions. En ce 8 décembre, journée mondiale du climat, celles des jeunes grévistes restent, elles, entières.

Aude Massiot et Nelly Didelot

A lire intégralement en cliquant ci-dessous

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"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

16 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique, #Environnement

"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

Ringardise

Avant-hier, les «chevelus en sandales et pulls qui grattent». Hier, les «Khmers verts», les «ayatollahs de l’écologie». Désormais… les «amishs». En voilà une trouvaille subtile et inventive qu’a dégotée Emmanuel Macron pour moquer les élus EE-LV et de gauche mobilisés pour réclamer un moratoire et un débat sur le déploiement de la 5G.

Certes, les Verts ont l’habitude de servir d’épouvantails obscurantistes, d’être taxés de dangereux décroissants, de végans excités, d’austères dépourvus du sens de la fête (voir l’épisode de feu le sapin de Noël bordelais). La tactique est éculée, à défaut d’être constructive. Car Emmanuel Macron, chantre de la «pensée complexe», ne s’est pour le coup pas foulé. Refuser en bloc une innovation technologique est un peu court. Mais y voir un bienfait au seul motif que c’est une innovation, est-ce ainsi que l’on remporte la palme de la modernité ? Est-ce avoir fait le tour de la notion de progrès ?

Ses opposants lui ont renvoyé ses compliments de ringardise et de posture. Que Macron veuille en découdre avec ses adversaires verts en les cornérisant dans une «écologie du moins» face à ce qui serait une «écologie du mieux» est une chose. Mais c’est vite oublier la parole donnée en juin à la Convention citoyenne pour le climat. Ces 150 personnes auxquelles le Président savait gré de «tourner le dos au modèle de la décroissance», et dont il promettait de retenir les propositions, sauf trois d’entre elles. Leur demande d’un moratoire sur la 5G ne figurait pas parmi ces «jokers».

Discréditer l’émetteur est par ailleurs commode pour se débarrasser de son message. Sans opposer d’emblée un «niet» à la 5G, de multiples questions méritent pourtant d’être posées, dans le calme et, de part et d’autre, sans oukase. Son impact environnemental d’abord ; son utilité sociale (à ce titre, la cantonner au visionnage de «pornos en HD dans un ascenseur», dixit Eric Piolle, était aussi un raccourci) ; la priorité de franchir ce cap quand il faudrait déjà en finir avec les zones blanches ; ses enjeux de souveraineté et de sécurité ; ses risques sanitaires.

Dans la même intervention - sans risques, devant un parterre de startuppeurs de la French Tech -, Macron a eu beau jeu d’en appeler à un «débat éclairé». Le voilà bien parti. Pour en poser le cadre, peut-être eut-il fallu éviter d’emblée de se ranger du côté de la France «des Lumières» contre les tenants du «retour à la lampe à huile». Conseil d’amish.

Laure Equy

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L’après-pandémie, des leçons et une boussole pour l’avenir - Najat Vallaud-Belkacem

7 Août 2020 , Rédigé par Libération - Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Environnement, #Inegalites, #pandémie

L’après-pandémie, des leçons et une boussole pour l’avenir - Najat Vallaud-Belkacem

Santé, égalité femmes-hommes, climat, financements innovants et lutte contre la corruption : la crise sanitaire mondiale pourrait être le point de départ d'un nouveau multilatéralisme, estime l'ancienne ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.

Tribune. Cette année marque le 25anniversaire du processus de Barcelone, et l’occasion de célébrer la coopération régionale et multilatérale. Mais c’est aussi l’heure de réinterroger nos objectifs – nationaux, régionaux, internationaux, à l’heure où la pandémie du Covid-19 bouscule nos certitudes les plus ancrées. De précieux enseignements surviennent de cette période douloureuse : la menace d’une résurgence fait craindre que nous ne soyons en sécurité que lorsque nous le serons toutes et tous. Ce virus ne connaît pas de frontière, et la solidarité et la coopération internationales ne devraient pas en avoir non plus. Le multilatéralisme est donc plus que jamais nécessaire, mais il ne doit pas faire l’économie de se réinventer : les coopérations Nord-Sud devraient être renforcées, en assurant un pied d’égalité aux pays en développement et en élevant les voix africaines. Le multilatéralisme doit être équipé d’une vision et d’une mission solides. Santé, égalité femmes-hommes, lutte contre la corruption et contre le changement climatique sont autant de pistes pour le partenariat Euromed et l’Union pour la Méditerranée de demain que pour le multilatéralisme et le monde que nous souhaitons construire ensemble.

L’importance de l’investissement dans les services publics et le renforcement des systèmes de santé sont des piqûres de rappel coûteuses, mais aussi un héritage majeur pour l’après-Covid. La recherche nous avait prévenus sur le risque d’épidémies, et même équipé d’outils restés sous utilisés. Avec pour preuve le Règlement sanitaire international : en 2005, suite à l’épidémie meurtrière du Sars, 196 pays s’engagent à se préparer à détecter, communiquer et répondre aux futures menaces sanitaires. Aujourd’hui, aucun pays ne respecte complètement ce règlement, et les pays à faible revenu accusent le plus de retard. La crise du Covid-19 nous enseigne encore une fois que la prévention est et restera toujours plus efficace et moins coûteuse en vies humaines et en ressources que la politique de l’urgence.

Au-delà des secteurs essentiels rappelés par la pandémie, il y a les travailleurs essentiels – où devrais-je dire, ici, les travailleuses. Les femmes sont en première ligne dans le combat contre le virus, comme en témoigne d’ailleurs le cas français, avec plus de 90% de femmes dans les métiers d’aides-soignantes, de personnel d’Ehpad, de caissières et d’aides à domicile. Ces métiers du care reposent la question de l’asymétrie entre la valeur sociale du travail et leur valorisation sociale et financière. Les femmes restent par ailleurs très peu représentées dans les postes de décision durant la crise, et n’ont pas voix égale au chapitre pour un avenir qui les concerne tout autant. Le Forum Génération Egalité, sous l’égide franco-mexicaine et reporté à 2021, est un appel aux féministes du monde entier, et pourrait être l’occasion de faire naître des synergies en région euro-méditerranéenne. La revalorisation des métiers du care, l’inclusion d’un volet relatif à l’égalité femmes-hommes dans les négociations internationales (on ne peut plus se permettre des politiques publiques aveugles à la question du genre), ainsi qu’un mécanisme de redevabilité chargé du suivi des engagements et des avancées sur l’égalité femmes-hommes sont autant de questions à investir pour le Partenariat, et dont le Forum féministe l’an prochain pourrait se faire le porte-voix.

Un autre chantier incontournable : le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité sont, on l’a vu, étroitement liés au développement d’épidémies. Il faut tirer les mêmes conclusions pour la santé que pour le climat : l’heure d’agir est avant les crises. Le respect des accords de Paris et de principes de justice climatique doit trouver une centralité dans les fora internationaux, à commencer par l’euro-méditerranéen.

L’épineuse question des financements de ces politiques ambitieuses peut trouver un double ancrage : la lutte contre les flux financiers illicites et la corruption, qui engloutissent des milliards chaque année, mais aussi la mobilisation autour de financements solidaires. Un bon exemple est celui de la taxe sur les transactions financières en France, dont une partie des revenus est affectée à l’aide au développement, dans un effort de corriger les effets néfastes de la mondialisation.

Santé, égalité femmes-hommes, climat et financements innovants : la liste n’est pas exhaustive, mais cette nouvelle décennie pourrait être celle où le partenariat euro-méditerranéen, mais aussi le multilatéralisme sous ses autres formes, se saisissent de ces sujets pour en faire des boussoles pour l’avenir.

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne Ministre de l'Education Nationale, Directrice générale de ONE France

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A lire... "Soon", de Thomas Cadène (scénario) et Benjamin Adam (Dessin)

1 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Environnement

A lire... "Soon", de Thomas Cadène (scénario) et Benjamin Adam (Dessin)

2034... La planète Terre, très abimée par onze tempêtes successives et une pandémie de "grippe" dévastatrice, s'engage dans une autre vie...

BD visionnaire puisqu'écrite et dessinée en 2019, avant ce futur encore imaginaire à l'époque.

Le chaos est proche, voire inévitable pensaient sans doute Thomas Cadène et Benjamin Adam qui, par leurs qualités respectives, nous tiennent en haleine et enrichissent notre réflexion par des questionnements indispensables. Questions auxquelles il faudra répondre. Urgemment.

Le chaos est proche?

Non. 

Il est là!

A lire absolument!

Christophe Chartreux

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Climat : l’ire aux enfants...

27 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Environnement

Climat : l’ire aux enfants...

A l’opposé des idées reçues l’imaginant inculte et indifférente, la jeunesse exhorte les adultes à ne plus ignorer la réalité du bouleversement climatique et défilera une nouvelle fois vendredi.

Édito

A l’occasion du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, Libération ouvre ses pages aux auteurs et illustrateurs jeunesse ce mercredi, sous la direction de Marie Desplechin.

Parmi les bouleversements inouïs qu’impose à nos sociétés le désastre écologique en cours, il y a le rapport entre les générations. Il était possible jusque-là de vouloir former les enfants à notre image, de nous prévaloir de l’expérience, de la connaissance, de la raison, qui leur permettraient de poursuivre le trajet glorieux de l’espèce vers l’horizon lumineux du progrès. C’est fini. Les quarante dernières années ont vu se potentialiser des menaces pourtant largement annoncées. En l’espace d’une vie d’adulte, non seulement l’espèce n’a rien fait, mais elle a tragiquement accéléré sa course à l’abîme. L’horizon est en feu. Quelle gratitude pouvons-nous demander aux enfants pour les avoir mis au monde ? Quelle confiance ? Quel respect leur demander envers leurs aînés, quand Donald Trump ou Jair Bolsonaro - qui ont été élus - se chargent de préparer leur futur ?

Mouvement horizontal

Nous sommes convoqués par chaque enfant, chaque adolescent croisé dans une famille, dans une école, dans la rue, chaque bébé dans une poussette. Contraints de réévaluer ce que nous avons vécu et à quoi nous croyions. Le champ de cet examen est vertigineux. Il comprend l’inventaire de nos habitudes matérielles, et celui de nos habitudes de penser. Comment utiliser désormais ce que nous avons appris de vivre, et comment le transmettre ? Probablement pas en célébrant la liberté d’investir et les premiers de cordée.

Il y a une grande douleur dans cette conscience de la faillite. Elle explique sans doute la violence de ceux qui conspuent Greta Thunberg. Elle les vole de la tranquillité repue qu’ils estimaient avoir méritée, à l’automne de leur vie. Et surtout elle est visible. Le mouvement qu’elle a initié est, lui, horizontal et fait tourner les porte-parole.

Greta Thunberg ne s’inscrit pas seulement dans la longue liste des figures héroïques de l’adolescence. Sa nouveauté est de nous imposer un autre ordre que celui que nous connaissions. Relayant les résultats des rapports des scientifiques, c’est elle qui possède les connaissances, c’est elle qui les enseigne, c’est elle qui appelle (en anglais) à la discipline et à la raison. Elle s’est placée du côté des impératifs moraux et du bien commun avec courage et obstination. Et en plus elle est efficace. Qu’on lui enjoigne de retourner au lycée, où elle «apprendrait», est risible.

Convergence des luttes

Ce que révèle Greta Thunberg, et ce que les manifestants ont entendu, est que la jeunesse n’est assignée par essence ni à l’indifférence, ni à l’ignorance, ni à la soumission, catégories auxquelles elle est traditionnellement cantonnée. Il est possible que l’adolescente suédoise marque le début d’un empowerment de la jeunesse. Celle qui habitera le monde qui vient. Celle qui est en capacité de le construire. Voilà qui ouvre des perspectives ébouriffantes. Jusqu’où faudra-t-il prendre en compte la parole des enfants ? A quel âge consentirons-nous à leur donner le droit de vote ? Quel type de démocratie représentera justement leurs intérêts ? Quelle école serait la mieux à même de les former ? Il se trouve heureusement que le monde de leurs aînés n’est pas composé uniquement de cyniques, de démissionnaires et de climatosceptiques. Il compte son lot de résistants, de militants et d’activistes. L’imminence de la catastrophe s’avère en outre extraordinairement féconde pour la pensée, philosophique, scientifique et politique, attachée à élaborer ce qui est et ce qui sera. Enfance, intelligence, on peut croire à la convergence des luttes…

Discrédité par certains - il donnerait aux paresseux une opportunité de «sécher» les cours -, le mouvement des marches est en réalité une étonnante université de tous les savoirs, où s’acquièrent et se rodent connaissances et compétences. Il reste pour l’heure circonscrit aux enfants des classes aisées des pays riches. Il y a à cela une quantité de raisons, au premier rang desquelles la souffrance sociale et l’accès à l’information. Mais il faut souhaiter qu’il gagne toutes les couches des sociétés, partout dans le monde, et s’emballe. Sinon, compte tenu des chocs à venir, ce sont la violence et le chaos qui l’emporteront.

Marie Desplechin

Lire aussi:

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"Greta Thunberg a entièrement raison et ses détracteurs sont un paquet de vieux cons"...

25 Septembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Environnement

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Les chroniqueurs et éditorialistes français après le discours de Greta Thunberg à l'ONU et après que celle-ci a porté plainte contre la France (entre autres) ont déversé leur haine. 

Allons-y, c'est parti!

"Tous les enfants ont du génie et une conscience écologique, sauf Greta Thunberg" - Jérôme Béglé, directeur adjoint de la rédaction du Point

"Une jeune femme fanatisée"- Pascal Praud, éditorialiste Cnews

"À quoi ça sert d'aller chouiner devant les caméras du monde entier ?" - Le même

"les jeunesses hitlériennes" et "les jeunesses maoïstes";  "Cette jeune femme est porteuse d'une idéologie d'essence totalitaire"- Ivan Rioufol/Le Figaro

"À l'ONU, il n'y a que les tyrans qui se font remarquer, Khrouchtchev, Castro, Kadhafi. Et là, on a un tyran de 16 ans. Mais en général les tyrans de 16 ans sont plus sincères dans l'indignation" - Vincent Hervouet/LCI

"vestale fiévreuse" - Le même

"Le changement climatique, c'est un problème technique, avec des solutions techniques, qu'une jeune fille de 16 ans ne peut pas avoir" - François Lenglet/LCI

" Elle n'apporte pas vraiment de solutions concrètes (...) ça ne fait pas avancer le débat" - Christophe Barbier/BFMTv

(Au passage, rappelons à Christophe Barbier que Greta Thunberg n'a jamais prétendu apporter de solutions puisque celles-ci sont déjà connues. La jeune activiste suédoise se contente à juste titre de rappeler aux gouvernants qu'ils ont été élus pour faire appliquer ces solutions.)

"La tyrannie de l'émotion" - Christophe Barbier/Encore!

"Elle se ridiculise"- François Lenglet/Encore!

"Aller à la tribune de l'ONU et pleurer, c'est un peu stupide. Dans la vie publique, on ne pleure pas. Et puis porter plainte, c'est ridicule" - François Lenglet/Très en verve

"Cette femme me fait peur" - Alexis Brezet/Le Figaro

"créature totalement construite par les médias et par ses parents". "Un discours indécent" - Pascal Bruckner/sur LCI

une "enfant hystérique et impérieuse" - Gilles-William Goldnadel/sur LCI

Tous des hommes...

A tous ces ronchons qui n'ont toujours pas compris que la planète avait besoin de lanceurs d'alerte face à des dirigeants inactifs, tenus par les lobbies productivistes et ne comprenant que le rapport de force, Yann-Arthus Bertrand a parfaitement répondu:

Greta Thunberg "a entièrement raison" et ses détracteurs sont "un paquet de vieux cons"

Christophe Chartreux. Merci à Samuel Gontier/Télérama pour le repérage des diverses déclarations.

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Pourquoi j'ai décidé de ne pas être candidat au poste d'éco-délégué

3 Septembre 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Environnement

Pourquoi j'ai décidé de ne pas être candidat au poste d'éco-délégué

Parmi les nouveautés de la rentrée scolaire : la généralisation des éco-délégués au collège et au lycée. Une fausse bonne idée ?

Je n’ai jamais été délégué de classe. L’aurais-je souhaité que mes parents s’y seraient opposés, ce qu’ils firent d’ailleurs, au prétexte que nous avions déjà suffisamment à faire avec les devoirs. J’imagine que, si j’étais encore au collège, ils ne m’encourageraient pas non plus à devenir éco-délégué.

Qu’est-ce qu’un éco-délégué ? C’est un ‘’ambassadeur de l’environnement et du développement durable auprès de ses camarades de classe’’, ainsi que le formule un communiqué du ministère de l’Education. Le dispositif relève d’une circulaire de février 2015. Jean-Michel Blanquer a décidé de le généraliser. A la fin du mois, toutes les classes de collège et de lycée devront élire le leur.

Voilà qui part sans doute d’une bonne intention : tout ce qui peut favoriser l’engagement des élèves, a fortiori lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi essentiel que la défense de l’environnement, mérite d’être encouragé. Et il suffit d’aller faire un tour sur le site éco-délégués.fr pour constater la variété des initiatives et l’enthousiasme avec lequel elles sont menées. On peut y voir Sasha parler d’un projet de mur végétal, Damien raconter le tri des aliments à la cantine, ou encore Felicia évoquer le réaménagement des alentours de son lycée.

Mais fallait-il généraliser ce dispositif, l’imposer pour chaque classe du second degré ? Ce qui relevait du volontariat devient obligatoire : c’est rarement du meilleur effet.

On peut par ailleurs trouver étrange cette idée de déléguer aux élèves le soin d’éduquer leurs pairs aux enjeux du réchauffement climatique et de la biodiversité. Ou alors il faudrait pousser jusqu’au bout la logique et confier aussi, aux plus doués, l’enseignement des mathématiques, l’apprentissage du français. Sauf à considérer que l’environnement n’est pas si important, qu’il relève avant tout des activités parascolaires.

Après le foulard rouge, le vert ?

Un chroniqueur des Matins de France Culture, par ailleurs écrivain, me faisait remarquer que cette initiative lui en évoquait une autre, il y a quelques années, lorsque Nicolas Sarkozy eut la curieuse idée de vouloir faire porter à chaque élève de CM2 la mémoire d’un enfant déporté.

J’y vois pour ma part un autre cousinage, encore plus lointain, avec le mouvement des Pionniers, cette organisation de jeunesse du temps de l’URSS. Loin de moi l’idée de comparer le communisme avec l’écologie politique, mais il y a dans cette façon d’assigner une mission à la jeunesse quelque chose qui me chiffonne. Les petits Soviétiques avaient vocation à incarner les valeurs de leur société. Les foulards qu’ils portaient autour du cou étaient rouges, vont-ils devenir verts ?

Vous trouvez que j’exagère ? Bien sûr que j’exagère ! Il n’empêche, prenons garde à ne pas faire de nos enfants des petits modèles de vertu, des alibis bien pratiques. D’abord parce que nous ne sommes pas si bien placés que ça pour le faire et qu’ils sont assez grands pour savoir ce que nous avons si longtemps ignoré. Ensuite parce que le ridicule nous pend au nez.

Dans un article récent du site Actualitte.com (consacré aux univers du livre), on apprend que ‘’la très prestigieuse Academy of American Poets’’ vient de créer un prix littéraire d’un genre particulier : il distinguera les textes poétiques ‘’qui évoquent avec une justesse et une intensité particulières les dangers qui pèsent sur l’avenir de la planète et de la biodiversité.’’ Ce n’est pas encore l’Ode à Staline mais ça y fait penser.

Pour toutes ces raisons, et en dépit des pressions amicales d’un certain nombre de mes collègues à France Culture, que mes parents soient rassurés : j’ai décidé de ne pas être candidat au poste d’éco-délégué.

Hervé Gardette

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« Greta la science « et Onfray l’autistophobe ? Par Martina Charbonnel...

25 Juillet 2019 , Rédigé par Martina Charbonnel Publié dans #Environnement

« Greta la science « et Onfray l’autistophobe ? Par Martina Charbonnel...

J’aurais préféré ne rien avoir à écrire au sujet de Greta Thunberg tant il est vrai que l’on en parle trop et qu’il faut être bien naïf pour ne pas voir les manipulations à l’origine de la tentative forcenée d’en faire une icône de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il se trouve que Greta Thunberg se présente comme autiste Asperger . J’aurais aussi aimé ne pas me sentir interpellée mais je le suis car mon fils adulte présentant aussi ce syndrome.

L’invitation de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale a été à l’origine d’un véritable déferlement de haine sur les réseaux sociaux. Dans le meilleur des cas, les gens s’en sont pris à ceux qui la manipulent mais bien des critiques se sont résumées à des injures et des propos méprisants

On peut légitimement déplorer que Greta Thunberg s’exprime sur le registre de la menace (on peut le dire ainsi puisque son but revendiqué est de nous faire peur).

On peut aussi regretter qu’elle donne des leçons aux adultes allant jusqu’à dire aux députés qu’ils sont immatures.

Le fait qu’une jeune fille de 16 ans s’adresse aux grands de se monde et aux élus pour dire l’inquiétude de sa génération appelée à vivre les conséquences plus ou moins graves du réchauffement climatique est tout à fait recevable. Ils doivent entendre ces craintes et tenter d’y répondre. Mais peut-être ne sont-ils pas obligé de la vénérer quand elle leur explique ce qu’ils doivent faire.

Sur ce point, je rejoins Michel Onfray qui dans son texte « Greta la science fustige la civilisation de l’enfant roi.

Je n’approuve plus du tout Onfray lorsqu’il a des mots très durs envers Greta :

 » Cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie. »

« Quelle âme habite ce corps sans chair? On a du mal à savoir « 

 » Elle lit les volumineux dossiers du GIEC dont elle débite les chiffres. »

La majeure partie de son texte ressemble à un règlement de comptes avec la jeune suédoise ainsi qu’avec ceux qui l’écoutent religieusement.

Les pamphlets de Michel Onfray qui font les délices du lecteur lorsqu’il se moque des gens puissants ne passent plus dut tout quand ils visent une jeune fille souffrant du syndrome d’Asperger.

Ce qu’il dit de son attitude, de sa gestion de l’émotion qui donne à penser qu’elle ne ressent, rien, sa voix glaciale quand elle énumère des chiffres ne fait que décrire quelques manifestations de ce syndrome.

Pourtant Onfray reste prudent pour aborder la question de l’autisme de Greta :« Les journalistes nous font savoir avec moult précaution, presque en s’excusant, qu’elle est autiste – il faut le dire, sans le dire, tout en le disant quand même. Dont acte. Je laisse cette information de côté. « 

Mais il poursuit : « L’usage métaphorique de ce mot est interdit par la bienpensance, mais on découvre également qu’il l’est aussi dans son sens premier. Donc on le dit, mais on n’a rien dit. »

Il me semble évident qu’il contourne le sujet de l’autisme pour mieux ironiser sur les symptômes. En ce sens,il y a une dimension « autistophobe  » dans le texte de Michel Onfray.

Mais il y a surtout chez lui une méconnaissance de certaines caractéristiques du syndrome d’Asperger. Que Greta soit manipulée à grande échelle par des gens qui ont intérêt à promouvoir un simulacre d’écologie est une évidence. Ceci ne signifie pas qu’ils décident à sa place ce qu’elle dit. C’est mal connaître l’autisme que de croire que les obsessions, les peurs qu’exprime Greta et les chiffre qu’elle cite lui ont été dictés par ces mêmes gens.

« Ce qu’elle lit, à défaut de le dire librement, n’est pas écrit par une jeune fille de son âge. « 

Ce n’est pas forcément exact : Des ados présentant le syndrome d’Asperger ne s’expriment pas comme des gens de leur âge. Lorsqu’un sujet devient obsessionnel pour eux, ils l’explorent avec une précision incroyable. Ce pourrait être leur force lorsque leur sujet de préoccupation est d’intérêt général ( c’est le cas avec le climat). C’est aussi et surtout leur drame car leur façon de s’exprimer avec autant de précision dérange et provoque souvent le rejet, ce qui renforce leur isolement. Très difficile à vivre pour eux.

Michel Onfray a beau se justifier : « Il n’y a rien à reprocher à une enfant qui veut voir jusqu’où va son pouvoir d’agenouiller les adultes, c’est dans l’ordre des choses. » En raillant l’attitude de Greta Thunberg en grande partie déterminée par son syndrome d’Asperger ( et l’importance démesurée que l’on accorde à ses propos), il vient de rejoindre cette partie de l’humanité qui regarde avec empathie des reportages sur l’autisme mais qui fuit les gens trop différents qui ne communiquent selon d’autres codes sociaux. Sa façon de s’en prendre à la jeune fille renforce l’ostracisme dont sont victimes bon nombre d’autistes Asperger.

Mais peut-être ne s’agit-il pour lui que d’écrire un bon billet amenant une réflexion sur le transhumanisme et les cyborgs. Si tel est le cas, il instrumentalise à sa façon une jeune fille fragile, faisant d’elle un cyborg en lui déniant sa sensibilité et son humanité.

Greta Thunberg n’est peut-être pas en mesure de stopper le réchauffement climatique mais elle a réussi à faire trébucher Michel Onfray.

Martina Charbonnel

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"It's time to rebel"... Vidéo - The 1975

25 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Environnement

We are right now in the beginning of a climate and ecological crisis, and we need to call it what it is—an emergency. We must acknowledge that we do not have the situation under control, and that we don't have all the solutions yet; unless those solutions mean that we simply stop doing certain things. We must admit that we are losing this battle. We have to acknowledge that the older generations have failed. All political movements in their present form have failed, but Homo sapiens have not yet failed. Yes, we are failing, but there is still time to turn everything around. We can still fix this. We still have everything in our own hands, but unless we recognise the overall failures of our current systems, we most probably don't stand a chance.

We  are facing a disaster of unspoken sufferings for enormous amounts of people, and now is not the time for speaking politely or focusing on what we can or cannot say. Now is the time to speak clearly. Solving the climate crisis is the greatest and most complex challenge that Homo sapiens have ever faced. The main solution, however, is so simple that even a small child can understand it: we have to stop our emissions of greenhouse gases, and either we do that, or we don't. You say that nothing in life is black or white, but that is a lie—a very dangerous lie—either we prevent a 1.5 degree of warming, or we don't; either we avoid setting off that irreversible chain reaction beyond human control, or we don't; either we choose to go on as a civilisation, or we don't—that is as black or white as it gets; because there are no grey areas when it comes to survival.

Now  we all have a choice: we can create transformational action that will safeguard the living conditions for future generations, or we can continue with our business as usual and fail. That is up to you and me. And yes, we need a system change rather than individual change, but you cannot have one without the other. If you look through history, all the big changes in society have been started by people at the grassroots level—people like you and me. So, I ask you to please wake up and make the changes required possible. To do your best is no longer good enough. We must all do the seemingly impossible. Today, we use about 100 million barrels of oil every single day. There are no politics to change that; there are no rules to keep that oil in the ground. So, we can no longer save the world by playing by the rules, because the rules have to be changed—everything needs to change, and it has to start today. So, everyone out there, it is now time for civil disobedience. It is time to rebel.

Greta Thunberg
 

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