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Vivement l'Ecole!

environnement

Grand entretien avec Najat Vallaud-Belkacem : Penser le monde d'après... (Vidéo)

11 Octobre 2021 , Rédigé par Institut Open Diplomacy Publié dans #Environnement

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Education à l’environnement : «Une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école»

25 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Qu'est ce que l'éducation à l'environnement ?

Encore le fruit d’initiatives personnelles, cette pédagogie centrée sur le respect de la nature, connaît un intérêt croissant de la part des établissements. Au collège Saint-Pierre de Jarnac, les enfants sortent de classe pour chausser des bottes.

Visseuse en main, des collégiens entreprennent de fixer des planches sur le toit de leur poulailler. Objectif : rendre la construction, installée dans la cour de l’établissement scolaire plus résistante à la pluie. Un peu plus loin, leurs camarades moins bricoleurs tentent de communiquer avec les poules. Cet après-midi au collège Saint-Pierre de Jarnac (Charente), pas de cours de maths ou de français. Les élèves de sixième passent l’après-midi en plein air, à désherber leur jardin potager et à déguster à l’aveugle des plantes aromatiques. Pour les guider, des animateurs de l’association Les Jardins Respectueux, qui intervient dans plusieurs établissements scolaires dans le département pour sensibiliser et éduquer les élèves à l’environnement et au développement durable.

«L’aspect ludique permet d’assimiler pas mal d’informations», glisse Rémi Marcotte, architecte paysagiste de formation et fondateur de l’association. Au programme par exemple, la construction d’un composteur, pour valoriser les biodéchets de la cantine. De plus en plus d’écoles, collèges et lycées mettent en place ce type d’initiations, encore rares il y a quelques années : début 2020, un peu plus d’un tiers des établissements de l’académie de Poitiers proposait un projet d’éducation au développement durable, contre un quart en 2017. Non prévu au programme, l’enseignement à l’environnement dans les collèges reste disparate et «essentiellement le fruit d’initiatives spontanées», relevait en 2014 une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La situation a depuis évolué, affirme le ministère de l’Education nationale, qui a signé en mai un accord de partenariat avec le ministère de la Transition écologique, qui vise une «démultiplication» de l’éducation au développement durable de la maternelle au lycée.

«Plus on commence tôt, mieux c’est»

Pour Christian Bonnin, président des Jardins Respectueux, il est important de débuter l’éducation à la nature dès le plus jeune âge : «plus on commence tôt, mieux c’est, car la sensibilité à l’écologie des enfants est bien plus importante que celle des adultes.» Une façon pour les animateurs d’espérer avoir un impact sur le long terme, «même en dehors de l’école». «L’éducation à l’environnement est une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école», abonde Orane Larbi, éducatrice à l’environnement. «Ce qui me fait extrêmement plaisir c’est quand des enfants nous disent qu’ils ont construit un petit jardin chez eux avec leurs parents.»

Les élèves semblent très réceptifs : «Plus les gens agiront comme nous, plus la planète sera en bonne santé», résume une sixième, qui assure ne plus supporter les comportements «irresponsables» de certains. «Quand je vois les autres jeter des déchets par terre je m’empresse d’aller les ramasser pour les mettre à la poubelle !», se vante la pré-ado entre deux animations. Mathias – qui depuis le début de l’atelier poulailler se promène avec une poule sur la tête – a de son côté convaincu ses parents d’installer un composteur à la maison. Sa camarade Adèle s’est, elle, convertie à la consommation en circuit court : «On peut manger ce qu’on a cultivé au collège et ramener quelques aliments chez nous, alors qu’en grande surface, on ne sait pas forcément d’où ça vient…», commente la jeune fille.

Au-delà de la sensibilisation nécessaire aux enjeux écologiques, Svenja Lhez, professeure d’allemand qui a contribué à la création de ce projet – qui a valu au collège d’obtenir le label E3D (label obtenu lorsqu’un établissement s’engage dans une démarche de développement durable) délivré par l’Education nationale en début d’année – voit aussi dans ces ateliers en extérieur l’occasion d’«apprendre différemment, en ne restant pas assis toute sa journée sur une chaise jusqu’à 17 heures». Un moyen aussi pour les collégiens de gagner en autonomie : «certains élèves qui s’autocensurent lors de travaux théoriques se découvrent et se révèlent sur ce genre de travaux pratiques», remarque Adrien, professeur de physique-chimie. Pour l’équipe encadrante, les ateliers n’ont pas vocation à transformer les élèves en Greta Thunberg en puissance. Simplement à initier une prise de conscience, sans culpabilisation, pointe Marie Lozac’h, membre de l’association : «C’est un peu comme des graines qu’on sème, ça germe ou pas dans l’esprit des élèves !»

Aurore Savarit-Lebrère

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C'est la journée mondiale de l'eau... (Vidéos)

22 Mars 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Environnement

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TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

11 Janvier 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Environnement, #Education

TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

EXTRAITS

Deux chercheurs en sciences de l’éducation, Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst, appellent la France à rafraîchir l’apprentissage à l’école des réalités environnementales pour le rendre plus « politique ».

Par Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst

Nous sommes au cœur d’un changement climatique majeur, d’un appauvrissement de la vie sur Terre, et de phénomènes de pollution de plus en plus destructeurs. Nous avons chaque jour l’expérience d’une zoonose devenue pandémique, de migrations climatiques qui s’intensifient, de records de douceur hivernale et de canicule estivale, d’une intensification de tempêtes et d’ouragans, etc.

Mais, face à ces réalités, nous n’avons pas l’air de croire en ce que nous savons. Et nos dirigeants non plus. C’est un rapport nouveau à l’idéal des Lumières, qui semblait guider nos sociétés occidentales depuis plus de deux siècles : nous ne sommes plus illettrés, inféodés à des traditions et des superstitions. Pourtant, il est possible que nous versions collectivement dans une nouvelle ignorance. Nous savons, mais ne voulons pas savoir.

(...)

Revoir de toute urgence les programmes

De plus, il faut revoir de toute urgence les programmes scolaires, particulièrement au collège et au lycée, de chacune des matières enseignées pour que nous enseignions l’ampleur de l’altération du système Terre de nature anthropique, et travaillions à assurer la pérennité de l’aventure humaine à partir d’une transformation de sa relation au vivant.

Il faut développer fortement notre culture scientifique : éducation au climat et à ses interactions avec le vivant, compréhension du fonctionnement systémique de la biosphère, intégration des limites planétaires à ne pas franchir pour ne pas courir le risque d’emballements irréversibles… Cela doit se faire sur fond d’une critique vive du capitalisme rentier et spéculatif de nos sociétés, qui ne cesse de nous conduire toujours plus en avant dans l’anthropocène.

Oui, l’éducation doit devenir davantage « politique » et quitter son apparente « neutralité » qui n’est autre que le relais des logiques du marché ! Enfin, il s’agit de chercher par tous les moyens possibles à apprendre d’autres types de relation au monde : en renonçant à faire du vivant seulement une « ressource » pour générer des gains, ou encore en apprenant à écouter le monde et non pas uniquement à le manipuler techniquement.

(...)

Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst sont enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation et notamment auteurs de « Résistance, résonance – Apprendre à changer le monde avec Hartmut Rosa » (Le Pommier, 2020).

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

8 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

Deux ans et demi après les premières mobilisation les vendredis, symbolisées par la figure de Greta Thunberg en Suède, le mouvement s’est structuré et s’est étendu à travers le monde. Avec plus ou moins de difficultés selon le régime politique.

Greta Thunberg n’a rien changé à ses habitudes. La jeune Suédoise, passée en deux ans et demi de collégienne inconnue à nouveau visage de la lutte climatique, continue à brandir sa pancarte «Grève scolaire pour le climat» tous les vendredis devant le Parlement à Stockholm, ou en ligne ces derniers mois. Cent vingt semaines d’affilée, sans un moment de faiblesse et avec un énervement croissant. «Tant que nous ne considérons pas la crise climatique comme une crise, nous pourrons organiser autant de conférences climat que nous le voulons, mais elles se limiteront comme aujourd’hui à des mots creux et à du greenwashing», a-t-elle encore tonné en novembre dans le Guardian.

Vendredi, à la veille d’un sommet international sur le climat, les jeunes du monde entier qui lui ont emboîté le pas participeront à une nouvelle grève mondiale. Les mots d’ordre sont les mêmes : se battre pour maintenir le réchauffement planétaire sous 1,5 °C (nous sommes déjà à + 1 °C) et «écouter la science». 

«Innocents»

Mais en deux ans, Fridays for Futur, ou mouvement des Jeunes pour le climat dans certains pays, a grandi. Une fois passé le choc des premières grèves de ces jeunes clamant l’absurdité d’aller à l’école dans un monde qui leur refuse un futur viable, le mouvement s’est structuré. Il compte des membres dans presque tous les pays et des représentants à tous les sommets climatiques. «Leur militantisme reste imprégné d’indignation, relève Michiel De Vydt, doctorant en science politique à l’université d’Anvers. L a force de leur message tient en partie au fait qu’il soit porté par des enfants "neutres", "innocents", qui n’avaient pas de liens avec les ONG environnementales.» A ses yeux, Fridays for Future («vendredis pour l’avenir», le nom officiel) se distingue encore des autres mouvements pour le climat. «Ils s’adressent aux autorités nationales ou locales, contrairement aux mobilisations précédentes qui visaient souvent des multinationales ou l’industrie des énergies fossiles, et valorisaient les petits gestes individuels. Ils ne prétendent pas amener de solutions.»

Souvent privé par la pandémie de manifestations de rue, Fridays for Future a réussi à rester visible autrement. A l’automne, les jeunes Européens ont mené en ligne la charge contre la nouvelle Politique agricole commune de l’UE, dénoncée pour son manque d’ambition environnementale. Entre le 19 novembre et le 1er décembre, 330 délégués de plus de 140 pays ont aussi organisé et mené une fausse COP pour «montrer ce qu’il se passerait si les jeunes étaient les décideurs», et compenser le report à l’an prochain de celle qui devait se tenir à Glasgow. Leur déclaration finale appelle les Etats à conformer toutes leurs actions à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Dans la forme aussi, ils ont tenté d’éviter les erreurs de leurs aînés, en donnant plus de poids aux pays du Sud, premiers affectés par le changement climatique. «La majorité des dirigeants entendent le message de Fridays for Future, même s’ils ne l’appliquent pas, estime Michiel de Vydt. Comme l’a noté l’ancien vice-président du Giec, le Pacte vert européen n’aurait probablement pas été aussi ambitieux sans la pression constante exercée par les jeunes.»

Fausse COP

Le 30 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme a aussi donné raison à six jeunes militants portugais, en intimant à 33 Etats européens de répondre à leur plainte qui estime que les gouvernements font trop peu pour le climat. Si ces pays échouent à convaincre la cour de leur bonne foi, ils devront relever leurs ambitions. En ce 8 décembre, journée mondiale du climat, celles des jeunes grévistes restent, elles, entières.

Aude Massiot et Nelly Didelot

A lire intégralement en cliquant ci-dessous

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"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

16 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique, #Environnement

"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

Ringardise

Avant-hier, les «chevelus en sandales et pulls qui grattent». Hier, les «Khmers verts», les «ayatollahs de l’écologie». Désormais… les «amishs». En voilà une trouvaille subtile et inventive qu’a dégotée Emmanuel Macron pour moquer les élus EE-LV et de gauche mobilisés pour réclamer un moratoire et un débat sur le déploiement de la 5G.

Certes, les Verts ont l’habitude de servir d’épouvantails obscurantistes, d’être taxés de dangereux décroissants, de végans excités, d’austères dépourvus du sens de la fête (voir l’épisode de feu le sapin de Noël bordelais). La tactique est éculée, à défaut d’être constructive. Car Emmanuel Macron, chantre de la «pensée complexe», ne s’est pour le coup pas foulé. Refuser en bloc une innovation technologique est un peu court. Mais y voir un bienfait au seul motif que c’est une innovation, est-ce ainsi que l’on remporte la palme de la modernité ? Est-ce avoir fait le tour de la notion de progrès ?

Ses opposants lui ont renvoyé ses compliments de ringardise et de posture. Que Macron veuille en découdre avec ses adversaires verts en les cornérisant dans une «écologie du moins» face à ce qui serait une «écologie du mieux» est une chose. Mais c’est vite oublier la parole donnée en juin à la Convention citoyenne pour le climat. Ces 150 personnes auxquelles le Président savait gré de «tourner le dos au modèle de la décroissance», et dont il promettait de retenir les propositions, sauf trois d’entre elles. Leur demande d’un moratoire sur la 5G ne figurait pas parmi ces «jokers».

Discréditer l’émetteur est par ailleurs commode pour se débarrasser de son message. Sans opposer d’emblée un «niet» à la 5G, de multiples questions méritent pourtant d’être posées, dans le calme et, de part et d’autre, sans oukase. Son impact environnemental d’abord ; son utilité sociale (à ce titre, la cantonner au visionnage de «pornos en HD dans un ascenseur», dixit Eric Piolle, était aussi un raccourci) ; la priorité de franchir ce cap quand il faudrait déjà en finir avec les zones blanches ; ses enjeux de souveraineté et de sécurité ; ses risques sanitaires.

Dans la même intervention - sans risques, devant un parterre de startuppeurs de la French Tech -, Macron a eu beau jeu d’en appeler à un «débat éclairé». Le voilà bien parti. Pour en poser le cadre, peut-être eut-il fallu éviter d’emblée de se ranger du côté de la France «des Lumières» contre les tenants du «retour à la lampe à huile». Conseil d’amish.

Laure Equy

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L’après-pandémie, des leçons et une boussole pour l’avenir - Najat Vallaud-Belkacem

7 Août 2020 , Rédigé par Libération - Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Environnement, #Inegalites, #pandémie

L’après-pandémie, des leçons et une boussole pour l’avenir - Najat Vallaud-Belkacem

Santé, égalité femmes-hommes, climat, financements innovants et lutte contre la corruption : la crise sanitaire mondiale pourrait être le point de départ d'un nouveau multilatéralisme, estime l'ancienne ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.

Tribune. Cette année marque le 25anniversaire du processus de Barcelone, et l’occasion de célébrer la coopération régionale et multilatérale. Mais c’est aussi l’heure de réinterroger nos objectifs – nationaux, régionaux, internationaux, à l’heure où la pandémie du Covid-19 bouscule nos certitudes les plus ancrées. De précieux enseignements surviennent de cette période douloureuse : la menace d’une résurgence fait craindre que nous ne soyons en sécurité que lorsque nous le serons toutes et tous. Ce virus ne connaît pas de frontière, et la solidarité et la coopération internationales ne devraient pas en avoir non plus. Le multilatéralisme est donc plus que jamais nécessaire, mais il ne doit pas faire l’économie de se réinventer : les coopérations Nord-Sud devraient être renforcées, en assurant un pied d’égalité aux pays en développement et en élevant les voix africaines. Le multilatéralisme doit être équipé d’une vision et d’une mission solides. Santé, égalité femmes-hommes, lutte contre la corruption et contre le changement climatique sont autant de pistes pour le partenariat Euromed et l’Union pour la Méditerranée de demain que pour le multilatéralisme et le monde que nous souhaitons construire ensemble.

L’importance de l’investissement dans les services publics et le renforcement des systèmes de santé sont des piqûres de rappel coûteuses, mais aussi un héritage majeur pour l’après-Covid. La recherche nous avait prévenus sur le risque d’épidémies, et même équipé d’outils restés sous utilisés. Avec pour preuve le Règlement sanitaire international : en 2005, suite à l’épidémie meurtrière du Sars, 196 pays s’engagent à se préparer à détecter, communiquer et répondre aux futures menaces sanitaires. Aujourd’hui, aucun pays ne respecte complètement ce règlement, et les pays à faible revenu accusent le plus de retard. La crise du Covid-19 nous enseigne encore une fois que la prévention est et restera toujours plus efficace et moins coûteuse en vies humaines et en ressources que la politique de l’urgence.

Au-delà des secteurs essentiels rappelés par la pandémie, il y a les travailleurs essentiels – où devrais-je dire, ici, les travailleuses. Les femmes sont en première ligne dans le combat contre le virus, comme en témoigne d’ailleurs le cas français, avec plus de 90% de femmes dans les métiers d’aides-soignantes, de personnel d’Ehpad, de caissières et d’aides à domicile. Ces métiers du care reposent la question de l’asymétrie entre la valeur sociale du travail et leur valorisation sociale et financière. Les femmes restent par ailleurs très peu représentées dans les postes de décision durant la crise, et n’ont pas voix égale au chapitre pour un avenir qui les concerne tout autant. Le Forum Génération Egalité, sous l’égide franco-mexicaine et reporté à 2021, est un appel aux féministes du monde entier, et pourrait être l’occasion de faire naître des synergies en région euro-méditerranéenne. La revalorisation des métiers du care, l’inclusion d’un volet relatif à l’égalité femmes-hommes dans les négociations internationales (on ne peut plus se permettre des politiques publiques aveugles à la question du genre), ainsi qu’un mécanisme de redevabilité chargé du suivi des engagements et des avancées sur l’égalité femmes-hommes sont autant de questions à investir pour le Partenariat, et dont le Forum féministe l’an prochain pourrait se faire le porte-voix.

Un autre chantier incontournable : le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité sont, on l’a vu, étroitement liés au développement d’épidémies. Il faut tirer les mêmes conclusions pour la santé que pour le climat : l’heure d’agir est avant les crises. Le respect des accords de Paris et de principes de justice climatique doit trouver une centralité dans les fora internationaux, à commencer par l’euro-méditerranéen.

L’épineuse question des financements de ces politiques ambitieuses peut trouver un double ancrage : la lutte contre les flux financiers illicites et la corruption, qui engloutissent des milliards chaque année, mais aussi la mobilisation autour de financements solidaires. Un bon exemple est celui de la taxe sur les transactions financières en France, dont une partie des revenus est affectée à l’aide au développement, dans un effort de corriger les effets néfastes de la mondialisation.

Santé, égalité femmes-hommes, climat et financements innovants : la liste n’est pas exhaustive, mais cette nouvelle décennie pourrait être celle où le partenariat euro-méditerranéen, mais aussi le multilatéralisme sous ses autres formes, se saisissent de ces sujets pour en faire des boussoles pour l’avenir.

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne Ministre de l'Education Nationale, Directrice générale de ONE France

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A lire... "Soon", de Thomas Cadène (scénario) et Benjamin Adam (Dessin)

1 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Environnement

A lire... "Soon", de Thomas Cadène (scénario) et Benjamin Adam (Dessin)

2034... La planète Terre, très abimée par onze tempêtes successives et une pandémie de "grippe" dévastatrice, s'engage dans une autre vie...

BD visionnaire puisqu'écrite et dessinée en 2019, avant ce futur encore imaginaire à l'époque.

Le chaos est proche, voire inévitable pensaient sans doute Thomas Cadène et Benjamin Adam qui, par leurs qualités respectives, nous tiennent en haleine et enrichissent notre réflexion par des questionnements indispensables. Questions auxquelles il faudra répondre. Urgemment.

Le chaos est proche?

Non. 

Il est là!

A lire absolument!

Christophe Chartreux

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Climat : l’ire aux enfants...

27 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Environnement

Climat : l’ire aux enfants...

A l’opposé des idées reçues l’imaginant inculte et indifférente, la jeunesse exhorte les adultes à ne plus ignorer la réalité du bouleversement climatique et défilera une nouvelle fois vendredi.

Édito

A l’occasion du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, Libération ouvre ses pages aux auteurs et illustrateurs jeunesse ce mercredi, sous la direction de Marie Desplechin.

Parmi les bouleversements inouïs qu’impose à nos sociétés le désastre écologique en cours, il y a le rapport entre les générations. Il était possible jusque-là de vouloir former les enfants à notre image, de nous prévaloir de l’expérience, de la connaissance, de la raison, qui leur permettraient de poursuivre le trajet glorieux de l’espèce vers l’horizon lumineux du progrès. C’est fini. Les quarante dernières années ont vu se potentialiser des menaces pourtant largement annoncées. En l’espace d’une vie d’adulte, non seulement l’espèce n’a rien fait, mais elle a tragiquement accéléré sa course à l’abîme. L’horizon est en feu. Quelle gratitude pouvons-nous demander aux enfants pour les avoir mis au monde ? Quelle confiance ? Quel respect leur demander envers leurs aînés, quand Donald Trump ou Jair Bolsonaro - qui ont été élus - se chargent de préparer leur futur ?

Mouvement horizontal

Nous sommes convoqués par chaque enfant, chaque adolescent croisé dans une famille, dans une école, dans la rue, chaque bébé dans une poussette. Contraints de réévaluer ce que nous avons vécu et à quoi nous croyions. Le champ de cet examen est vertigineux. Il comprend l’inventaire de nos habitudes matérielles, et celui de nos habitudes de penser. Comment utiliser désormais ce que nous avons appris de vivre, et comment le transmettre ? Probablement pas en célébrant la liberté d’investir et les premiers de cordée.

Il y a une grande douleur dans cette conscience de la faillite. Elle explique sans doute la violence de ceux qui conspuent Greta Thunberg. Elle les vole de la tranquillité repue qu’ils estimaient avoir méritée, à l’automne de leur vie. Et surtout elle est visible. Le mouvement qu’elle a initié est, lui, horizontal et fait tourner les porte-parole.

Greta Thunberg ne s’inscrit pas seulement dans la longue liste des figures héroïques de l’adolescence. Sa nouveauté est de nous imposer un autre ordre que celui que nous connaissions. Relayant les résultats des rapports des scientifiques, c’est elle qui possède les connaissances, c’est elle qui les enseigne, c’est elle qui appelle (en anglais) à la discipline et à la raison. Elle s’est placée du côté des impératifs moraux et du bien commun avec courage et obstination. Et en plus elle est efficace. Qu’on lui enjoigne de retourner au lycée, où elle «apprendrait», est risible.

Convergence des luttes

Ce que révèle Greta Thunberg, et ce que les manifestants ont entendu, est que la jeunesse n’est assignée par essence ni à l’indifférence, ni à l’ignorance, ni à la soumission, catégories auxquelles elle est traditionnellement cantonnée. Il est possible que l’adolescente suédoise marque le début d’un empowerment de la jeunesse. Celle qui habitera le monde qui vient. Celle qui est en capacité de le construire. Voilà qui ouvre des perspectives ébouriffantes. Jusqu’où faudra-t-il prendre en compte la parole des enfants ? A quel âge consentirons-nous à leur donner le droit de vote ? Quel type de démocratie représentera justement leurs intérêts ? Quelle école serait la mieux à même de les former ? Il se trouve heureusement que le monde de leurs aînés n’est pas composé uniquement de cyniques, de démissionnaires et de climatosceptiques. Il compte son lot de résistants, de militants et d’activistes. L’imminence de la catastrophe s’avère en outre extraordinairement féconde pour la pensée, philosophique, scientifique et politique, attachée à élaborer ce qui est et ce qui sera. Enfance, intelligence, on peut croire à la convergence des luttes…

Discrédité par certains - il donnerait aux paresseux une opportunité de «sécher» les cours -, le mouvement des marches est en réalité une étonnante université de tous les savoirs, où s’acquièrent et se rodent connaissances et compétences. Il reste pour l’heure circonscrit aux enfants des classes aisées des pays riches. Il y a à cela une quantité de raisons, au premier rang desquelles la souffrance sociale et l’accès à l’information. Mais il faut souhaiter qu’il gagne toutes les couches des sociétés, partout dans le monde, et s’emballe. Sinon, compte tenu des chocs à venir, ce sont la violence et le chaos qui l’emporteront.

Marie Desplechin

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