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Vivement l'Ecole!

enfance

"L'inceste est partout" - Vidéo

19 Septembre 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Enfance

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A une femme voilée, follement aimée... Par Christophe Chartreux

13 Février 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Enfance

Cette femme voilée que j'ai tant aimée...

Un jour entre Rouen et Paris...

Du coin de l’œil, et furtivement car je devais fixer la route, je regardais tes pieds nus. Ils étaient jolis. Me revinrent alors en mémoire d’autres pieds nus…

Ceux de Khadija, que j’appelais khaddouj. Elle était notre bonne au Maroc. Je déteste ce terme : « Bonne ». Il était utilisé par les familles françaises. Pas par mes parents qui avaient connu les ravages du colonialisme entre 1952 et 1960 en Algérie, avant de s'installer au Maroc.

Elle était d'abord avant tout la grande sœur à qui je me confiais lorsqu'enfant j'avais à partager un moment heureux ou moins heureux. Cette femme ne savait ni lire ni écrire mais elle savait mieux que personne lire dans mon regard et écrire dans ma mémoire. Rien d'elle ne s'est jamais effacé. J'ai appris énormément d'une femme illettrée. Paradoxe intéressant. Elle aussi, dès son arrivée à la maison jusqu’à son départ, retirait ses chaussures et restait pieds nus. Des pieds peints de la cheville aux orteils. Ces figures me fascinaient car je ne les comprenais pas. C’était une jeune femme de vingt-cinq ans, brune aux yeux sombres, très mince, le visage toujours illuminé d’un sourire. Souvent, elle chantait en travaillant. Jamais elle ne se plaignait. Ses pieds nus rendaient sa démarche, d’une noblesse infinie acquise depuis l’enfance par le port de divers récipients posés en équilibre sur la tête, légère, élégante et délicate. Elle ne touchait pas le sol, elle le frôlait, l’effleurait, le caressait. C’était une fée. Ma fée.

Au plus fort de la chaleur du jour, elle m’invitait à la cave. Il y faisait si frais. S’asseyant en tailleur et, dans un geste ample sculptant l’espace,  ramenant son sarouel entre ses jambes repliées, elle m'invitait à me blottir dans le berceau ainsi formé. Alors, caressant mon front, je l’entendais reprendre une mélopée ancienne. Jamais je n’ai entendu la fin. Je m’endormais, tranquille, mes pieds nus reposant au sol, secoués de quelques soubresauts provoqués par des rêves oubliés.

La journée finie, elle réajustait le voile finement transparent qu'elle avait retiré à son arrivée. Il couvrait son visage et son regard souriait. Il me parlait. 

Je l'ai follement aimée.

Christophe Chartreux

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Canada - Un nombre record d’enfants hospitalisés

31 Décembre 2021 , Rédigé par La Presse (Québec) Publié dans #Enfance

Ottawa dévoilera aujourd'hui un plan d'aide de plus de 25 milliards |  Coronavirus | Radio-Canada.ca

EXTRAITS

La vague Omicron frappe de plein fouet les jeunes enfants, de plus en plus nombreux à être hospitalisés en raison de la COVID-19. Un nombre record qui inquiète les pédiatres.

Le jour de Noël, 11 enfants de moins de 10 ans atteints de la COVID-19 ont été admis à l’hôpital, soit le plus grand nombre depuis mars 2020 au Québec, selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec. Le 26 décembre, 9 enfants de cette tranche d’âge ont aussi été hospitalisés, puis 6 les 27 et 28 décembre respectivement.

« Les enfants ne sont pas chanceux, parce que la vague est arrivée avant qu’ils ne soient tous vaccinés », déplore le DChristos Karatzios, spécialiste en infectiologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

(...)

"Il y a des sécrétions qui entrent plus rapidement dans les poumons et qui vont congestionner la respiration de façon plus importante que le [variant] Delta."

La Dre Julie St-Pierre, pédiatre

« Ça va apporter une réaction d’enflure et d’inflammation dans le système qui atteint les poumons. Ça, c’était peu présent, voire presque inexistant, dans les autres vagues. »

Plusieurs symptômes alarmants peuvent indiquer que des tout-petits doivent recevoir des soins médicaux, indique la Dre St-Pierre. Les très jeunes qui ne veulent plus manger ou boire et qui n’ont pas uriné depuis quelques heures, par exemple. Ou encore une fièvre persistante (les bébés de moins de 2 mois devraient toujours aller à l’hôpital en cas de fièvre), un vomissement ou une diarrhée trop abondante, ou une rétraction des muscles entre les côtes. De plus, un parent devrait consulter pour un bébé qui fait des efforts supplémentaires avec ses narines pour respirer ou dont le contour de la bouche devient bleuté, ou encore qui peine à se réveiller et devient irritable.

Rappelons que le 17 décembre, un nourrisson a succombé à la COVID-19 au CHU Sainte-Justine, devenant le premier enfant de moins de 10 ans à mourir du virus au Québec.

(...)

Lila Dussault

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

Il n’est pas certain que le variant Omicron soit plus dangereux pour les enfants, indiquent plusieurs experts consultés par La Presse. Par contre, la propagation exponentielle du virus contribue à augmenter le nombre d’enfants ayant besoin de soins hospitaliers.
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Covid-19 : flambée des cas positifs chez les enfants, le dépistage seul en cause ?

30 Décembre 2021 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Enfance

Covid-19 à l'école : que faire si mon enfant est cas contact ? : Femme  Actuelle Le MAG

Le taux d’incidence dépasse désormais 1 000 chez les enfants âgés de 6 à 10 ans, et le nombre de tests réalisés atteint lui aussi des niveaux record. Mais ce n’est pas la seule raison à la très forte augmentation des cas positifs.

« Le mot est trop fort ! », s’est insurgé Jean-Michel Blanquer mardi matin. Pas question, pour le ministre de l’Education nationale, d’accepter l’idée d’une « explosion » des contaminations chez les enfants.

Le taux d’incidence, soit le nombre de cas positifs pour 100 000 personnes sur la semaine écoulée, est pourtant en très forte hausse chez les plus jeunes. Il dépasse désormais 1 000 dans la tranche des 6-10 ans, par exemple. Cela signifie qu’en une semaine, plus d’un enfant sur 100 dans cette tranche d’âge a été testé positif. « On ne peut pas dire qu’il y ait une explosion », a insisté Jean-Michel Blanquer sur RTL, mettant en avant la forte accélération du dépistage. Qu’en est-il réellement ?

Taux d’incidence et taux de dépistage en forte hausse

Factuellement, il est vrai que le taux d’incidence « explose » chez les enfants. Dit de façon moins abrupte, il augmente très fortement. En un mois, il est passé de 50 à 1 000 chez les 6-10 ans (contre 210 lors du pic de la deuxième vague, début novembre 2020, et 350 à celui de celle d’après début avril 2021). Chez les 3-5 ans, l’incidence a grimpé de 40 à 460 sur la même période. Rappelons que les moins de 12 ans, contrairement aux adolescents, ne sont pas vaccinés (les piqûres pour les 5-11 ans devraient débuter le 15 décembre pour ceux fragiles, puis à partir du 20 décembre pour tous les autres).

Cela étant, le taux d’incidence ne reflète pas le nombre réel de contaminations. En effet, il s’agit uniquement des cas positifs qui sont recensés. Cet indicateur dépend donc très fortement du nombre de tests réalisés. Plus on teste, donc plus on cherche, et plus on peut s’attendre à détecter des enfants ayant été infectés. Et il se trouve que le dépistage s’est également très fortement accéléré chez les plus petits ces dernières semaines.

Parmi 100 enfants âgés de 6 à 10 ans, près de 20 ont été testés durant la semaine qui vient de s’écouler. C’est 14 fois plus qu’au pic de la deuxième vague, durant l’automne 2020, et quasiment 3 fois plus qu’à celui de la troisième vague, au printemps dernier. Le taux de positivité, lui, n’augmente que légèrement ces dernières semaines, un peu en dessous de 6 %.

Alors, pas de quoi s’alarmer ?

Du coup, aurait-on trouvé autant d’enfants positifs si on en avait testé autant il y a six mois ou un an ? Sans doute pas. Dans son point épidémiologique hebdomadaire paru ce jeudi soir, Santé publique France indique que le taux de positivité chez les enfants de 6 à 10 ans grimpe à 19% si l’on se concentre sur seuls symptomatiques. Ce qui fait dire à l’agence sanitaire que « le taux d’incidence important dans cette classe d’âge n’est pas seulement dû au fort taux de dépistage ».

L’épidémiologiste Mahmoud Zureik estime lui aussi qu’il serait « faux de dire que la hausse du nombre de cas est entièrement expliquée par celle du nombre de tests ». « Généralement, le nombre de tests suit le taux d’incidence car il y a tous les cas contact à dépister, et pas l’inverse », développe-t-il.

Certes, des opérations de dépistage sont parfois menées dans des écoles, sans forcément qu’il y ait des suspicions d’enfants positifs. Mais on est loin de campagnes « itératives » de tests, par exemple à raison d’un ou deux prélèvements chaque semaine pour un maximum d’enfants. C’est la stratégie qu’a mise en œuvre l’Autriche, par exemple.

Une autre explication tient aux caractéristiques du variant Delta, absent du paysage jusqu’à la fin du printemps dernier. Celui-ci est très transmissible (50 % fois plus que le variant Alpha, ultra-présent durant les premiers mois de l’année 2021 et lui-même 50 % plus contagieux que la souche d’origine). Ce qui fait dire à Mahmoud Zureik qu’on « n’aurait sans doute pas trouvé autant d’enfants positifs avant Delta pour un même nombre de tests ».

Les hospitalisations, l’indicateur crucial

Il y a des données qui ne sont pas perturbées par le nombre de tests réalisés : les hospitalisations et les décès. Si les enfants sont beaucoup moins à risques de formes graves, « des complications existent », nous rappelait récemment le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur.

Sur ce point, la situation semble déjà critique lors de cette cinquième vague. 98 enfants de moins de 10 ans sont actuellement hospitalisés suite à une infection par le SARS-CoV-2, d’après Santé publique France. C’est quasiment un niveau record : il y en a eu jusqu’à 109 lors de la première vague et 112 lors de la deuxième vague.

Les admissions de jeunes enfants à l’hôpital (le « flux », à distinguer du « stock »), elles, sont mises à jour chaque jeudi soir. Les dernières disponibles portent sur la semaine du 29 novembre au 5 décembre, avec 137 hospitalisations d’enfants âgés de 0 à 9 ans (138 la semaine précédente et 107 celle encore d’avant). Là aussi, on est tout proche du record absolu de 148 admissions, début novembre 2020.

Or, on sait qu’il y a toujours un décalage d’environ 10 à 15 jours entre les contaminations, donc les cas positifs, et les formes graves (lorsqu’elles surviennent). Ainsi, on peut s’attendre à ce que les nombres de lits occupés et d’admissions à l’hôpital chez les moins de 10 ans atteignent voire dépassent, ces prochains jours, les pics atteints lors des vagues précédentes. Ce qui témoignerait d’un plus grand nombre de contaminations.

Nicolas Berrod

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Onze enfants racontent le monde qui se dessine

28 Décembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Enfance, #Education

regard-d-enfant - Un dernier livre avant la fin du monde

Quatre sujets émergent : l'environnement, l'égalité entre les filles et les garçons, la question sociale et le numérique.

Mercredi, nous nous sommes rendus dans un Centre de loisir, situé dans le 20ème arrondissement de Paris, Porte de Bagnolet. Un centre de l'association Réseau Môm'artre. Un centre qui concentre ses activités sur l’éducation et l’expression artistique et culturelle.

Ce mercredi, ils étaient 11, âgés de 5 ans et demi – la précision est d’importance ! – à 9 ans, à avoir accepté de nous répondre. De nous dire comment ils voient le monde qui se dessine sous nos yeux, de raconter ce qui les inquiète, ce qui les révolte, ce qui leur tient à cœur. Ils s’appellent Kays, Mickaël, Yousra, Camille, Antoine, Jeanne, Louis, Nelia, Rayan, Sofines, Sarah. De nos échanges, de nos discussions, un premier sujet a émergé, urgent et évident : la défense de l’environnement, des plantes et des animaux. Et quelques solutions ont été avancées. 

Autre sujet fondamental qui a émergé dans ce groupe passionné, ce petit échantillon qui ne représente que lui-même. L’égalité entre les femmes et les hommes. Entre les filles et les garçons. 

Mais les enfants n’oublient pas non plus la question sociale. Et ces injustices qu’ils voient, qu’ils rencontrent, littéralement vous allez l’entendre, les rebutent. 

Enfin un sujet les interroge : Internet, le numérique. Qui leur apportent disent-ils de formidables opportunités pour apprendre, jouer, découvrir. Mais dont ils reconnaissent sans coup férir les limites. 

Alors aujourd’hui et demain, bien sûr, les enfants sont à l’honneur. Mais pour les écouter plus encore, entendre parler d’eux un peu plus, l’enfance et les enfants sont au cœur des programmes de France Culture. Avec de très très belles et nombreuses émissions dédiées cette semaine, à réécouter. Le podcast des aventures du petit Nicolas. Et les envoûtantes fictions pour la jeunesse, aussi, diffusée tout au long de la semaine prochaine. Pour résumer, le mot de la fin revient à la plus jeune du de la petite assemblée !

Quentin Lafay

A écouter en cliquant ci-dessous

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Comment parler du changement climatique aux enfants

2 Novembre 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Enfance

Dénoncer les effets du changement climatique en images | Lense

Dénoncer les effets du changement climatique en images | Lense

Une discussion nécessaire pour prévenir et limiter leurs inquiétudes.

Fonte des glaces, inondations, incendies, hausse des températures: le monde se trouve chaque jour confronté un peu plus à une réalité anxiogène, celle du changement climatique. Une réalité qui préoccupe toutes les générations, notamment la jeunesse. Près de 45% d'entre eux disent même souffrir d’éco-anxiété, selon une étude menée sur les jeunes du monde entier.

En tant que parents, une question se pose: quelle attitude adopter face aux potentielles angoisses que peuvent ressentir ses enfants, jeunes ou adolescents, face au réchauffement climatique et à ses conséquences? Le média Wired s'est penché sur le sujet, en interrogeant plusieurs spécialistes.

Tout dépend de l'âge

Tout d'abord, il faut savoir que votre enfant a probablement déjà entendu parler du changement climatique, même les plus jeunes. Pour autant, les quelques informations que ces derniers ont pu intercepter sont souvent partielles, et, mal comprises, elles peuvent être source de détresse émotionnelle. Raison de plus pour aborder le sujet.

Ensuite, il est important d'adapter son discours en fonction de l'âge de l'enfant. Pour les moins de 6 ans, Leslie Davenport, autrice d'un cahier d'exercices pour aider les jeunes à comprendre le changement climatique, préconise de plutôt cultiver l'amour de l'enfant envers la nature à travers, par exemple, la beauté des plantes ou l'observation des changements de saison. Étant trop jeune pour comprendre ce qu'est véritablement le changement climatique, mieux vaut donc lui apprendre le respect de l'environnement par le biais de phrases telles que «la planète est notre maison, nous devons donc en prendre soin.».

Dans les discussions, l'important est surtout d'être le plus rassurant possible, ajoute le média américain, en expliquant, par exemple, «que le changement climatique est un gros problème, mais qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent ensemble pour le résoudre.». Rester dans du positif.

Connexion, action, honnêteté

Entre 7 et 12 ans, les enfants peuvent commencer à être particulièrement intéressés par la science du climat. Un moment charnière, où un sentiment d'angoisse peut aussi survenir. Pour aborder le sujet, il est conseillé de demander ce que votre enfant sait déjà sur le changement climatique. L'objectif ici est surtout de créer une connexion entre les deux interlocuteurs pour, ensuite, trouver ensemble des actions à mettre en place pour changer les choses à votre échelle. L'occasion parfaite pour stimuler son désir d'agir, tout en vous rapprochant de lui.

Passé l'âge de 13 ans, les discussions autour du climat changeront sûrement du tout au tout, prévient Wired: l'enfant aura ses propres sources. À cet âge-là, la meilleure des choses à faire est de répondre à ses questions, ses interrogations, tout en s'appuyant sur des sources fiables et vérifiées. C'est aussi l'occasion pour vous d'être véritablement honnête, en avouant peut-être vos propres craintes sur le sujet, ou même que vous n'avez pas toutes les réponses. Engager une conversation transparente, basée sur des données justes.

De manière générale, il faut toujours rester positif. «Essayer de les rassurer en les sensibilisant sans être dans le déni, en leur disant que nous allons faire notre part et être raisonnables dans la mesure du possible»explique au HuffPost la pédopsychiatre Christine Barois. Faire sa part, c'est aussi être exemplaire dans son comportement, en essayant de changer les choses au quotidien, pour donner de l'espoir.

Robin Tutenges

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A lire... "Rêver sous les coups - Mon combat contre les violences faites aux enfants" + vidéo

1 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Enfance

Rêver sous les coups - Dernier livre de Mohamed Bouhafsi - Précommande &  date de sortie | fnac

Ma vie bascule

Quand je replonge dans mon passé, tout est flou. J’ai des bouffées de souvenirs, des bribes de quotidien. La maternelle joyeuse à Paris, Samuel, mon meilleur ami qui m’invite toujours, mais que je n’invite jamais, le déracinement en banlieue, les posters de Zinédine Zidane et les allers-retours aux urgences pour recoudre une arcade. La mienne ou celle de maman.

J’ai une impression chaotique, diffuse. Je n’ai pas d’albums photo, pas de films de vacances, peu de Noëls en famille. Ma mémoire défaillante a fait le tri. Elle a opté pour un reset général. Pourtant, même si, au fil des années, je me suis employé à tout cacher, à tout enfouir, à tout gommer, je dois essayer de parler aujourd’hui. Il est temps de puiser au plus profond de moi. Ma tribune pour le Journal du dimanche publiée après le drame de Daoudja et ces cris perdus dans la nuit parisienne ont été un déclic et ont amorcé mon travail de résilience. Devant les réactions unanimes après mes prises de parole chez Jean-Jacques Bourdin ou à Quotidien, je dois continuer, poursuivre le chemin. Tous me l’ont demandé. Anonymes, stars, hommes politiques. Mais surtout celles et ceux au front, Fabienne Quiriau, la directrice générale de la CNAPE, une fédération d’associations pour la protection de l’enfance, Isabelle Debré, la présidente de L’Enfant bleu, qui me propose d’en devenir le parrain. Il s’agit maintenant de concrétiser mon engagement. D’aider.

Mon credo doit être utile à d’autres : se construire avec et jamais contre.

Je suis le porte-voix de dizaines d’enfants. Je n’ai pas de rôle ni de mission, mais j’éprouve une responsabilité. Ma parole doit en libérer d’autres. Je me sens le grand frère de tous ces enfants meurtris et maltraités.

Ce sont eux qui me donnent le courage de tout raconter.

 

Né le 17 mai 1992, à Oran

 

Quand je demande à maman de me raconter ma naissance, elle reste évasive.

« Tu es né sans pleurer. Dès que la sage-femme t’a mis dans les bras de ton papa, tu t’es recroquevillé et tu as hurlé de toutes tes forces. »

Rien d’autre, maman ? Je finissais par me calmer, j’avais droit à une berceuse, je m’endormais contre lui ? « Non, tu pleurais et c’est tout. Je devais te reprendre à chaque fois. Mais il n’y a pas eu beaucoup de fois. »

 

Maman

 

Je vois bien que maman m’aime plus que M., papa, mon père. Maman, c’est les câlins, les baisers, les compliments, les rires, les sorties scolaires, les vêtements Sergent Major et TonyBoy trop stylés, les anniversaires surprises au McDo de la Gare du Nord, les histoires pour m’endormir, les promesses, les rêves. Lui, c’est les critiques, les absences, les gifles, les cris, les dents cassées, les cuites, les meubles renversés. J’ai beau chercher, fouiller, la fin de l’histoire avec lui est toujours dégueulasse.

Je comprends que maman me donne tout l’amour qu’il est incapable de m’offrir. Elle est là pour équilibrer et j’ai de la chance. Ma petite enfance est une succession de coups à prendre et de coups à éviter. Maman et moi, on doit faire bloc. J’ai peur pour elle et je sens qu’elle a peur pour moi. On est indissociables, liés pour toujours contre lui.

Si je la lâche, elle meurt ; si je faiblis, elle ne s’en sortira pas.

Maman est mon héroïne, ma vie. Elle est belle, forte, courageuse. Je la suis partout à la trace. Il est hors de question que je reste seul à la maison en attendant qu’elle rentre du travail. On ne sait jamais. Je suis encore trop petit. Et c’est dangereux.

 

Let me Raï

 

Maman gère le Paris Athènes en face de la Gare du Nord. Le bar est à papa, mais c’est maman qui y travaille. J’adore cet endroit. Il y a des gens de tous les styles et de toutes les couleurs. Les éboueurs prennent un café avec les migrants qui prennent une cigarette avec les petits vieux du quartier. Il y a toujours des croissants sur l’immense comptoir et Douha Alia de Cheb Mami dans les enceintes. Kader, un sans-papiers avec des trapèzes de boxeur, m’apprend à jouer au baby-foot et au flipper Demolition Man. J’ai droit à un sandwich thon-crudités pour dîner puis je m’endors sur la banquette en skaï marron qui fait transpirer ma joue. Je suis le roi du Paris Athènes.

À 23 heures, maman me réveille, c’est la fermeture. Elle me prend dans ses bras, je cale mon visage dans son cou. Elle est épuisée par sa journée à rallonge, mais on habite tout à côté et elle insiste pour me porter.

La porte s’ouvre. Papa est assis sur le canapé, entouré de cadavres de bières. Son regard de reproche quoi qu’on fasse ou dise. On est surpris qu’il soit déjà rentré, et avec maman on n’a pas trop confiance dans les surprises. Normalement, il rentre plus tard. Ivre, plus ou moins agacé suivant le montant perdu aux dominos ou aux machines à sous, mais si on dort, il ne nous réveille pas.

Maman me donne les instructions comme une automate. « Va dans ta chambre, mon chéri. Pyjama, les dents et dodo. » Papa se lève. Il se met à la cogner. Il y a du sang. Je veux protéger maman, je tente de m’interposer. Mon petit corps se bloque entre les jambes de maman comme un rempart, une barrière. Je valdingue. Papa est en train de la démolir. Maman se recroqueville, le supplie d’arrêter. J’ai peur que maman meure sous mes yeux. Ça sera de ma faute. Je pleure, je morfle, il se défoule sur moi.

 

Mohamed Bouhafsi (avec Géraldine Maillet) - Rêver sous les coups - Mon combat contre les violences faites aux enfants 

 

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Protection de l’enfance : les associations dénoncent une avancée en trompe l’œil pour les jeunes majeurs

10 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Enfance

Les sans-domicile, de plus en plus souvent des personnes seules - Actualité  fonction publique territoriale

L’amendement surprise du gouvernement, adopté mercredi, sur la généralisation de la protection de l’enfance jusqu’à 21 ans pour les jeunes issus de l’Aide sociale à l’enfance laisse un goût d’inachevé aux associations.

La surprise du gouvernement ne convainc pas totalement. Déposé mardi, jour d’ouverture de l’examen du projet de loi sur la protection de l’enfance à l’Assemblée nationale, l’amendement portant sur la généralisation de la prise en charge des anciens enfants placés jusqu’à 21 ans avait fait naître beaucoup d’espoir. Si les associations saluent une avancée après son adoption mercredi, le texte laisse un goût d’inachevé et elles appellent à la vigilance.

Les associations accompagnant les majeurs et les professionnels de l’aide sociale à l’enfance (ASE) attendaient depuis longtemps la généralisation de l’accompagnement des jeunes majeurs. Actuellement, les départements, compétents en matière de protection de l’enfance, n’ont pas l’obligation de prendre en charge les jeunes passés par l’ASE une fois leurs 18 ans révolus. Conséquence : les jeunes adultes qui ne bénéficient pas du «contrat jeune majeur», une extension de leur protection jusqu’à leurs 21 ans, et qui n’ont pas de solutions pérennes à leur majorité (emploi, poursuite des études dans l’enseignement supérieur, solution de logement ou d’hébergement) sont contraints de se débrouiller par eux-mêmes.

Et les chiffres sont implacables. Un quart des sans-abris nés en France «sont d’anciens enfants placés en protection de l’enfance», selon le rapport sur l’état du mal-logement de 2019 de la Fondation Abbé-Pierre. Entre 18 et 25 ans, plus d’un tiers des SDF sont d’anciens majeurs issus de l’ASE. «Les anciens enfants placés ne sont pas seulement en surreprésentation dans la rue, ils le sont également dans les hôpitaux psychiatriques, dans la population carcérale, etc.», indique Lyes Louffok, membre du Conseil national de la protection de l’enfance, lui même ancien enfant placé et auteur de Dans l’enfer des foyers (1). Il y avait donc urgence à systématiser l’accompagnement socio-éducatif, psychologique et pour le logement de ce public.

C’est à cette problématique que le gouvernement, jusque là sourd aux demandes des associations, apporte une réponse. C’est «un amendement qui va garantir à tous les jeunes majeurs une solution d’accompagnement », assure-t-on du côté du secrétariat d’Etat à la Protection de l’enfance. Les mineurs non accompagnés, anciennement «mineurs étrangers isolés», devraient pouvoir également bénéficier de cet accompagnement à leur majorité. «Il n’y a aucune disposition qui limite l’accès au contrat jeune majeur, confirme l’entourage du secrétaire d’Etat Adrien Taquet. La seule disposition, c’est celle d’avoir été confiée à l’ASE à un moment de sa minorité.» Aussi, cette généralisation du «contrat jeune majeur» pourrait intervenir à n’importe quel moment du parcours des anciens enfants placés entre 18 et 21 ans.

«Cet amendement a été travaillé avec les départements», déclare le ministère, qui ajoute que l’Etat participera au financement de la prolongation. Mais pour les associations, il n’apporte aucune mesure pour contraindre ces collectivités territoriales à appliquer l’extension du «contrat jeune majeur». «Il y a certains départements qui accordent très peu de contrats jeune majeur, reconnaît le ministère. La loi fera changer les choses.»

«Décevant»

Si Lyes Louffok a pu dans un premier temps saluer l’avancée, son enthousiasme est retombé comme un soufflet «en allant dans les détails» de l’amendement. «Décevant», c’est le premier mot qui lui vient à l’esprit. Il déplore que l’amendement ne précise pas l’accompagnement «à titre temporaire» que devront proposer les présidents de département aux jeunes. «Le département reste souverain. Il jugera à la fois du périmètre et de la durée de la prise en charge. Pour nous, ce n’est pas du tout sécurisant. C’est le statu quo.» Dans un communiqué, publié jeudi, le collectif Cause majeur ! regrette également que «la rédaction de l’amendement exclut les jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse tout comme ceux vulnérables dont les difficultés n’ont pas été repérées durant leur minorité».

Et même la proposition «systématique» de la «garantie jeune», une allocation mensuelle qui permet «d’accompagner les jeunes entre 16 et 25 ans en situation de grande précarité vers l’emploi ou la formation» ne satisfait pas. Lyes Louffok dénonce un simple effet d’annonce. «L’immense majorité des jeunes issus de l’ASE y était déjà éligible, affirme-t-il. Ce n’est pas révolutionnaire pour nous.» Les espoirs reposent désormais sur les sénateurs, qui étudieront le texte après son passage en première lecture à l’Assemblée nationale. «On va tout faire pour convaincre les sénateurs de nous aider en modifiant cet article [l’article 3 du projet de loi sur la protection de l’enfance, que modifiait l’amendement du gouvernement, ndlr], en imposant que la protection soit réelle jusqu’à 21 ans», annonce Lyes Louffok.

Margaret Oheneba

(1) Dans l’enfer des foyers, Lyes L., Lyes Louffok et Sophie Blandinières, 224 pages, 2014.

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Enfants placés : violence à tous les étages

3 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Enfance

Aide sociale à l'enfance : une assistante familiale creusoise se sent  "abandonnée"

Que ce soit en foyer ou en famille d’accueil, les jeunes qui bénéficient de l’Aide sociale à l’enfance subissent des violences diverses, que l’institution n’écoute et n’accompagne pas suffisamment, note une étude de l’Ined.

Le sujet s’est imposé par la force des choses. Engagées dans une enquête sur les trajectoires des jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), des chercheuses de l’Ined (Institut national d’études démographiques) ont constaté qu’une thématique revenait fréquemment dans la bouche des interrogés : la violence. Elles ont donc décidé de recentrer leur étude sur ce thème spécifique et ont publié, en juin, «La violence sous protection : expériences et parcours des jeunes récemment sortis de placement», travail basé sur les paroles de 37 jeunes venant de quitter le giron de l’ASE. En voici les principaux enseignements.

Dans les familles d’accueil, le risque accru des violences psychologiques

Nombre de documentaires ont révélé le climat violent pouvant régner dans des foyers de la protection de l’enfance, où coups et insultes sont légion. Mais il est une violence plus difficile à percevoir et, a fortiori, à montrer : la violence psychologique. Les familles d’accueil en sont, indique l’étude, «le lieu de prédilection».

Des filles, en particulier lorsqu’elles sont étrangères ou d’origine étrangère, dénoncent l’exploitation dont elles font l’objet. «On pliait les vêtements, on triait les vêtements [des] enfants [de la mère d’accueil], enfin les femmes de ménage quoi, toujours H24. Elle m’a fait faire le lit au moins dix fois. Avant elle a dit : “Si tu fais pas très bien ton lit, ben il faut que tu laves tout avec de l’eau de javel parce que ça va laisser vos microbes ici, vous les Africaines on sait pas si vous avez le sida ou des trucs comme ça, faut bien nettoyer”», relate Rosie, qui affirme avoir été mise dehors sous la pluie ou avoir dû manger la nourriture que les enfants de la famille avaient fait tomber.

Ces violences s’installent d’autant plus aisément que les assistants familiaux comme les jeunes accueillis n’ont souvent que peu de liens avec l’ASE. «Je n’ai eu qu’une visite en l’espace de cinq ans, c’est pas normal. […] C’est comme si j’avais été abandonnée. […] Je n’avais pas de lieux pour parler de ce qui n’allait pas», raconte ainsi Emilie. Les parents accueillants, eux, manquent de relais et de soutien face à des jeunes difficiles.

La nature même de la relation entre les enfants et leurs familles d’accueil peut être source de conflits. «Alors que [les jeunes] attendent un investissement affectif de la part [des assistants familiaux], ils s’aperçoivent parfois que leur accueil repose sur une transaction financière, ce qui peut être très mal vécu», indique l’enquête. Clara affirme même qu’«à la fin, ben ils sont devenus extrêmement méchants jusqu’à dire que j’étais qu’une fiche de salaire, que je servais à rien quoi».

Lorsque des jeunes parviennent à dénoncer des problèmes, «la réponse institutionnelle est presque toujours le déplacement de l’enfant vers un autre lieu de vie». Sans, donc, que la famille ne soit ni sanctionnée ni accompagnée.

Dans les foyers, une violence banalisée

Dans les foyers, la violence s’exerce surtout entre pairs. «Il faut jouer des coudes, montrer qu’on ne se laissera pas faire et tenir sa réputation», note l’étude. Interrogée par les chercheuses, Nadejla résume : «Soit tu choisis d’être le larbin des gens, soit tu choisis d’être parmi les boss. Il faut choisir son camp. Parce que si tu te bagarres pas, t’es considérée comme une personne faible.» Toutefois, si le niveau de violence est «probablement plus élevé» dans les foyers que dans les familles d’accueil, «l’accompagnement par l’équipe éducative permet de canaliser les agressivités».

A noter que «les jeunes confrontés à des violences avant le placement tendent à relativiser celles subies dans l’institution, attitude particulièrement fréquente chez les garçons». Ainsi, «toute une partie des actes qui seraient probablement évalués par un observateur extérieur comme de la violence reste en sourdine».

Face aux violences sexuelles, la parole de la victime remise en question

Parce qu’elles ont un parcours chaotique, peuvent être turbulentes, difficiles à gérer, les victimes d’agressions sexuelles peuvent voir leur parole remise en cause lorsqu’elles osent en parler. Elles «restent fréquemment perçues comme fragiles psychologiquement, pouvant élaborer de fausses histoires pour mettre à mal l’institution», indique l’étude. Ce qu’illustre Justine : «Mon éducateur ne me croyait pas. Il croyait que je mentais juste pour quitter le truc [le foyer, ndlr]

Faute de crédibilité, la victime n’est pas suffisamment accompagnée, psychologiquement ou pour porter plainte, et finit «dans tous les cas» par être changée de lieu d’accueil, afin d’être séparée de l’auteur des faits, qu’il s’agisse d’un professionnel, du conjoint d’une «mère d’accueil» ou d’un autre jeune. «La réparation psychologique passe par la reconnaissance des faits, et celle-ci semble absente», constate l’Ined.

Des moments charnières dans le parcours au sein de l’ASE

Le premier placement peut être particulièrement violent pour les jeunes, en particulier lorsqu’ils n’ont pas été informés de ce qui allait se passer et encore moins consultés. «Si la séparation lors de la première entrée en placement est mal préparée, ou bien si les enfants sont malmenés au cours du premier placement, alors une méfiance qui ne sera parfois jamais levée, s’instaure», alerte l’étude.

A l’autre bout du processus, la sortie du giron de la protection de l’enfance peut provoquer «une véritable souffrance». A 18 ans, 21 s’ils bénéficient d’un contrat jeune majeur, ils doivent se débrouiller seuls. Ils le savent depuis longtemps, les éducateurs ne manquant pas de leur rappeler régulièrement l’échéance, ce qui cause du stress chez certains. «Mineur c’est beau et majeur c’est la catastrophe, résume Nadjela. Ils te le disent : “T’es considéré comme majeur, t’es dehors.”»

Des pistes d’amélioration

Que faire de tout cela ? Les chercheuses suggèrent notamment de contrôler davantage les lieux de placement, d’écouter les jeunes et de les associer aux décisions. Elles conseillent aussi de travailler sur les sorties de l’ASE afin qu’elles soient moins vécues comme un traumatisme.

Mais l’enjeu dépasse le seul cadre de l’Aide sociale à l’enfance, car les jeunes sont souvent confrontés à de la violence avant même leur placement : «Lutter contre la violence en institution suppose aussi de lutter contre la violence qui s’exprime dans la société, hors de ses murs. Une politique sociale visant à réduire les violences sociales serait certainement la politique de prévention des violences institutionnelles la plus efficace.»

Elsa Maudet

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Couvre-feu : «Les voisins ont souvent un rôle clé pour signaler les cas de maltraitance d'enfants»

17 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Enfance

Violence à l'encontre des enfants : la Covid-19 a des conséquences  "dramatiques" dans le monde, alerte l'OMS - Actusoins actualité infirmière

Avec le couvre-feu avancé à 18 heures, les acteurs de la protection de l’enfance redoutent une recrudescence des maltraitances envers les enfants. Joanny Moulin, avocat au barreau de Marseille et président de l’association Parole d’enfant, appelle à la vigilance collective.

L’annonce du couvre-feu généralisé à 18 heures, dès ce samedi, ne laisse pas les acteurs de la protection de l’aide à l’enfance indifférents. Environ 80% des violences faites aux enfants sont commises dans l’environnement familial. Cette mesure fait craindre une nouvelle hausse des maltraitances envers les enfants, analyse Joanny Moulin, avocat au barreau de Marseille et président de l’association Parole d’enfant. 

Le couvre-feu avancé à 18 heures entraînera-t-il automatiquement une recrudescence de la maltraitance infantile?  

Je pense que ce sera le cas. Les bourreaux passeront plus de temps avec leurs victimes, en l’occurrence des enfants. Ces derniers auront beaucoup moins de contacts avec l’extérieur. Par conséquent, ils auront plus de difficultés à dénoncer les violences morales ou physiques qu’ils subissent. Les témoins seront plus rares. Dans cette situation-là, les voisins peuvent souvent avoir un rôle clé pour signaler les cas de maltraitance. C’est un constat que l’on a observé notamment durant le premier confinement.

Quelles sont les violences qui sont les plus susceptibles d’augmenter ? 

Toutes les formes de violence augmenteront sûrement. Au sein de l’association Parole d’enfant, nous sommes souvent sollicités pour des coups reçus ou des agressions sexuelles intra-familiales. Il arrive aussi que des mineurs soient les agresseurs. Les personnes qui nous appellent ont du mal à contacter directement les pouvoirs publics. Nous apportons aux victimes, une aide psychologique et juridique en se portant partie civile. 

Comment lutter efficacement pour tenter d’éviter ce phénomène? 

Il faut attirer l’attention de la population sur la situation, et en particulier celle des professionnels qui ont un lien direct avec les enfants : les enseignants, les médecins, les éducateurs, les animateurs…  Ces acteurs doivent être formés, afin de pouvoir repérer les signes qui ne trompent pas : bleus récurrents sur le corps, changement d’attitude soudaine, etc. Rappeler aux enfants leurs droits et leurs devoirs est tout aussi important.  Il est essentiel de leur expliquer que leur corps leur appartient, pour les encourager à dénoncer leurs actes dont ils ont été victimes. Pour eux, il est souvent difficile de le faire surtout lorsqu’un membre de leur famille est impliqué. 

Est-ce que cette mesure impactera le travail de votre association, Parole d’enfant ? 

Nos missions ne s’arrêteront pas à 18 heures. Nous serons disponibles à tout moment. Ceci contrairement au premier confinement où nos missions d’interventions ont été un peu réduites. Les enfants étaient confinés en structure d’accueil sans pouvoir rendre visite à leur famille, ou ils devaient rester à leur domicile et bénéficiaient d’un accompagnement moins intensif et régulier des acteurs de la protection de l’enfance. 

Kadiatou Sakho

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