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Vivement l'Ecole!

education

D'après JM Blanquer, le grand danger qui menace les écoles françaises. Le Covid ? Naaaaan!!!

19 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

What does 'woke' really mean and why is Tesla CEO Elon Musk mocking it? -  Deseret News

C'est le grand danger qui menace les écoles françaises. Le Covid ? Naaaaan.

L'idéologie woke évidemment, que peu savent vraiment définir mais Jean-Michel Blanquer est si content d'avoir trouvé un écran de fumée qu'il ne va pas s'en priver pour si peu. Le ministre de l'Education nationale entend ainsi créer à la rentrée un think tank autour de la défense des valeurs de la République, apprend-on ce matin dans le Figaro, afin de lutter, dit-il, contre cette «profonde vague déstabilisatrice pour la civilisation» que sont les woke et la cancel culture. Brrrr, ça fait peur.

D'après le quotidien, Jean-Pierre Chevènement et Manuel Valls ont été approchés pour participer à ce club de réflexion. Le deuxième nom ne vous est probablement pas inconnu : il s'agit de l'ancien Premier ministre français, ex-conseiller municipal de Barcelone, dont on a parlé ces derniers jours après que Libé a révélé que son gouvernement était au courant que le cimentier Lafarge versait de l'argent à Daesh.

Via Chez POL

@chez_pol

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« Le vaccin, ça va faire des zombies ! » : des ados déboussolés

19 Juillet 2021 , Rédigé par Le Point Publié dans #Education, #Jeunesse

Covid19 : la vaccination des 12-18 ans | Ministère de l'Education Nationale  de la Jeunesse et des Sports

EXTRAITS

Faut-il se vacciner ? « Le Point » est parti à la rencontre d’adolescents dont les avis divergent diamétralement, parfois même de leurs propres parents.

Le débat déchire la Toile et les rues depuis quelques jours : faut-il ou non se faire vacciner ? Les arguments divisent familles et amis, surtout à l’approche du mois d’août. Le Point est parti à la rencontre d’adolescents dont les avis divergent diamétralement, parfois même de leurs propres parents.

Pour Redouan et Lukas, 15 ans et résidant à Melun (77), leur choix fuse d’emblée : « Nous, on se fait pas vacciner, c’est mort. » Ces deux garçons affirment très vite avoir d’ailleurs pensé à tout : « En août, on part en vacances dans le Sud avec les parents d’un pote à nous, on leur a dit qu’on était vaccinés, mais on va se débrouiller pour trouver des QR codes », raconte Lukas, l’air goguenard. Opinant du chef, Redouan confirme : « Sur Snap, ça vend des QR codes, y a plein de pubs. » En effet, des business de pass sanitaires et QR codes fleurissent sur le réseau social Snapchat, proposant leurs services contre des sommes parfois astronomiques. « Au pire, on a des potes qui se sont fait vacciner qui vont nous filer leurs QR codes avec des photos de leurs cartes d’identité », ajoute Lukas, visiblement frileux à l’idée de débourser une grosse somme

(...)

Aïssatou, collégienne franco-sénégalaise de 14 ans, résidant à Montreuil (93), s’alarme elle aussi des réactions des antivaccins. Et pourtant, dans sa famille, personne n’est d’accord. « Ma mère s’est fait vacciner dès le début car elle est « personne à risque », mais mon père qui l’est aussi n’a pas voulu le faire. Il a peur que ça le tue dans quelques années alors qu’il va mieux depuis un an. C’est un complotiste, mon père ! » raconte-t-elle en levant les yeux au ciel. Les deux grands frères d’Aïssatou partagent l’avis de leur père et ne veulent pas se faire vacciner, au grand dam de leur mère. « Ma mère, qui a toute notre famille au Sénégal, sait que c’est dur en Afrique. Là-bas, on meurt du Covid et personne n’est vacciné, et la France nous donne cette chance et eux ils crachent dessus ! » Selon l’OMS, les morts du Covid en Afrique ont augmenté de 43 % la semaine dernière.

Nora Bussigny

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La prépa littéraire, école des garçons

18 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Bibliothèque ENS Ulm

Si les filles sont surreprésentées en khâgne, leurs homologues masculins, plus encouragés par les professeurs, raflent une bonne partie des places aux concours des prestigieuses ENS. D’anciens étudiants et étudiantes dénoncent la reproduction de ces mécanismes discriminatoires.

Les résultats du concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris en filière littéraire A /L sont tombés il y a quelques jours : sur les 72 admises et admis, 35 sont des admis, soit 48,6% de la liste. Si toute école d’ingénieur pourrait se réjouir d’une telle parité, cette dernière devient crispante pour qui est passé par une classe préparatoire littéraire, où le pourcentage moyen de garçons avoisine généralement 25% (24,8% des effectifs en première année en 2019, 27,6% en deuxième année en 2020). Nous voudrions aujourd’hui alerter sur cet écart de chances et tenter d’en discerner les causes.

Si la classe préparatoire a fait l’objet d’études sociologiques et si la question du sexisme en CPGE scientifique a déjà été soulevée, la prépa littéraire, malgré ses mécanismes propres, reste à la marge des études menées sur l’enseignement supérieur. Les épreuves orales favorisent peut-être les garçons : ils sont 38,4% des admissibles et 48,6% des admis. Une étude rapporte cependant qu’aux épreuves orales, le sexe représenté en minorité est favorisé par compensation, et ce dans les deux sens – même si de fait les proportions sont bien moins flagrantes chez les filles scientifiques. Indépendamment de ce biais du concours, c’est pour nous en amont que la discrimination s’opère, durant les deux ou trois années de classe préparatoire. Elle parachève des différences de traitement entre les sexes qu’on observe déjà de la maternelle au secondaire.

Omniprésence vocale

On pourrait spontanément penser qu’une filière comprenant 75% de filles est à l’abri du sexisme. Bien au contraire, les classes préparatoires littéraires produisent des mécanismes discriminatoires qui leur sont propres. C’est précisément le statut minoritaire des garçons qui entraîne leur valorisation. Débordant du cadre quantitatif qui leur est alloué, en classe les 25% de garçons n’occupent ni 25% de la participation orale, ni 25% de l’attention des professeurs.

«Les garçons hésitent moins à interrompre la classe, à parler sans lever la main, à poser plus de questions. Ces comportements qui peuvent paraître anodins leur sont à terme très profitables : leur omniprésence vocale en classe les prépare pour les oraux, où l’aisance à communiquer avec un adulte, à formuler une pensée et à répondre aux objections sur l’instant sont des atouts indéniables», explique Jean* du lycée du Parc à Lyon.

Les garçons moins nombreux sont davantage individualisés par les professeurs dans des classes de 45 à 60 personnes : on apprend plus rapidement leurs prénoms, et au milieu de la masse des filles, on les reconnaît. La classe préparatoire est une épreuve de confiance en soi que les garçons, socialisés à être plus sûrs d’eux, réussissent plus aisément ; une mauvaise note les atteint moins personnellement, ils se pensent capables d’intégrer malgré un mauvais classement. Les garçons qui réussissent sont plus facilement qualifiés de génies, les filles de très bonnes élèves : «En deux années de prépa à Louis-le-Grand, je n’ai jamais entendu de professeur complimenter le génie d’élèves filles. Au contraire, les allusions à ces élèves masculins très intelligents”, “brillants”, qui “avaient intégré en carré” [intégrer l’école après deux ans de classe préparatoire sans redoubler, ndlr] étaient fréquentes», se rappelle Agathe, 21 ans, ancienne khâgneuse à Louis-le-Grand.

«Dans son histoire, la khâgne est masculine»

Les qualités requises à l’oral sont héritées d’une éloquence historiquement masculine : bien qu’en écrasante majorité, ce sont aux filles de s’intégrer à un système masculin. Il est en effet nécessaire de rappeler que le concours d’entrée à l’ENS Ulm est resté non-mixte jusqu’en 1985, ce qui correspond à la génération de nos enseignantes et enseignants les moins jeunes – d’autant plus nombreux dans les prépas les plus prestigieuses. Cela fait moins de quarante ans que les filles préparent l’école des garçons et elles y sont préparées majoritairement par des hommes, issus de la génération précédente de normaliens. Dans son histoire et ses attentes, la khâgne est masculine.

Le climat de favorisation se manifeste toutefois de manière plus pernicieuse encore que par cette adéquation entre des attentes masculines et des individus masculins : «Deux enseignantes d’âge mûr ont pris certains garçons sous leur aile : l’une les entourait simplement de sa bienveillance maternelle, l’autre les chaperonnait en leur consacrant individuellement beaucoup plus de temps (appels, longues conversations après les cours). Certains enseignants hommes ont créé des rapports encore plus ambigus : l’un invite à dîner son cercle de protégés garçons, l’autre prend des verres et va en soirée avec ses élèves en cachant à peine son intérêt pour certains, le dernier en drague franchement un par messages dès l’année finie. J’ai observé et appris tout cela au fur et à mesure ; c’était moins flagrant comme faits isolés pendant ma khâgne que ça l’est rétrospectivement comme dessin d’ensemble», témoigne Aude, 20 ans, ancienne khâgneuse dans un prestigieux lycée parisien.

Bienveillance de connivence

Le cas de cette classe préparatoire est à notre connaissance exceptionnel. Il est toutefois le symptôme exacerbé d’un phénomène qui se manifeste ailleurs de manière plus diffuse : ce sont bien plus souvent les garçons que l’on remarque, flatte et encourage comme êtres d’exception. Sous l’apparence d’un mentorat intellectuel, on les diagnostique comme brillants et on mise sur eux au concours. Quand cela ne relève pas de l’extase, même discrète, une bienveillance de connivence leur est bien plus aisément accordée. Autant d’outils leur permettent de se forger un aplomb qui est décisif dans la réussite de la classe préparatoire.

Nous ne témoignons ici que de l’échantillon de classes préparatoires représentées à l’ENS Ulm – qui reste toutefois pertinent dans le cadre d’un discours sur le concours d’entrée – en étant conscients du caractère marginal de la classe préparatoire littéraire dans le paysage universitaire français. Cette étude de cas permet néanmoins de relever les résistances des filières sélectives littéraires à une distribution égale des chances entre les filles, majoritaires, et les garçons, favorisés.

* Tous les prénoms ont été modifiés

Signataires : Mathias Abitbol, Rosanna Airiau, Laure Arcizet, Leïla Belhalfaoui, Louison Bernard, Elie Boisivon, Anaïs Calon, Ilaria Castagna, Emma Chiron, Mathieu Fantino, Sarah Fantino, Andreï Fedorovsky, Julien Gaffard, Héloïse Gambier, Elisabeth Ginot, Juliette Gouttière, Nisrine Hammani, Alice Helmreich, Charlotte Heyner, Anna Illes, Elena Isern, Rose-Salomé Lagaillarde, Titouan Lagrue, Sophie Lambert, Victoria Lavelle Girault, Madeleine Leidwanger, Quitterie Magnard, Ulysse Marquet, Océane Mascaro, Ciham Mesbah, Constance Mollet, Agnès Obrecht, Amandine Ougourlou-Oglou, Adèle Pauporté, Baptiste Perrault, Clémence Plantier, Mathilde Poquillon, Tara Pousse, Elie Pretot, Valentina Santamaria, Elsa Talina, Rachel Verdier-Riocreux, Hélie Vigor, Kenneth Zadji.

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Parcoursup : l’heure de la dernière chance pour trouver une formation

18 Juillet 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

Après le 19 mai, quelles sont les prochaines dates clés de Parcoursup ?

EXTRAITS

Au rectorat de Paris, la commission d’accès à l’enseignement supérieur passe au crible les dossiers des candidats sans proposition d’admission qui ont demandé un accompagnement.

Trouver une place dans l’enseignement supérieur en dépit d’un dossier scolaire fragile ou d’un choix de formations pas toujours approprié : c’est la mission de la dernière chance que s’emploie à remplir l’équipe de Virginie Cousin-Douel, chef du service d’information et d’orientation de l’académie de Paris. Sans interruption, vendredi 16 juillet, la conseillère du recteur a passé en revue la situation individuelle d’une centaine de lycéens, candidats malheureux à des BTS tertiaires et production, filières sélectives au seuil desquelles seuls les très bons dossiers ont une chance de passer sur Parcoursup.

Au total, en France, sur 66 800 bacheliers encore sans proposition, 4 979 ont sollicité l’accompagnement des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) qui fonctionnent sous la houlette des recteurs d’académie jusqu’au mois de septembre. A Paris, Mme Cousin-Douel a enregistré 542 saisines, dont 370 de la part de bacheliers n’ayant reçu aucune proposition d’admission à l’issue de la phase principale, qui s’est achevée le 16 juillet.

Les deux années de crise sanitaire, alliées à l’enseignement à distance, ont compliqué la tâche des élèves de terminale pour construire un projet d’orientation solide, ce qui a pu amener certains à se fourvoyer en formulant trop de vœux pour des formations ultra-sélectives et/ou sans lien avec la nature de leur bac.

(...)

Le dossier suivant, celui d’un lycéen de la filière technologique, n’a pas reçu l’avis favorable du proviseur, lui non plus. « C’est étonnant, car il a de bons résultats en langue vivante, avec des capacités, mais un manque de régularité, observe Mme Pasco. Je m’interroge sur la cohérence entre sa mention bien au bac, les très bonnes appréciations tout au long de l’année, et cet avis finalement défavorable du proviseur… C’est un très bon dossier ! »

Entre les lignes, l’équipe perçoit un possible « problème de comportement » – qui ne peut être explicitement mentionné dans un dossier Parcoursup. « C’est une hypothèse que nous émettons et qui expliquerait cette pondération à la baisse de l’avis », indique Virginie Cousin-Douel, qui va proposer à ce jeune homme une place en BTS gestion de la petite et moyenne entreprise (GPME).

(...)

Quant à cet élève en bac professionnel gestion administration (GA), obtenu au rattrapage, son dossier aurait pu être désespéré ; 3 sur 20 en anglais, 6 en espagnol, 6 en français, 4 en histoire-géographie… « Il faut l’insérer très vite pour qu’il ne décroche pas », alerte l’inspectrice Corinne Pasco. Sa demande pour intégrer un BTS GPME est pourtant sans espoir, l’équipe pédagogique du lycée n’étant pas favorable à une quelconque poursuite d’études.

En fouillant dans son dossier, la CAES a trouvé la clé. « J’ai reçu ma carte d’électeur et je suis content de pouvoir voter aux élections régionales, d’exprimer ma voix. J’ai aussi fait du bénévolat pour les Restos du cœur en décembre 2019, porte de La Villette », a écrit le candidat qui se révèle sous un nouveau jour, celui de « l’engagement citoyen ». Virginie Cousin-Douel pense avoir pour lui une solution : la toute nouvelle formation d’initiative locale (FCIL) conçue avec la Ville de Paris pour permettre à des jeunes de passer le concours de gardien de la paix.

Soazig Le Nevé

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/17/parcoursup-l-heure-de-la-derniere-chance-pour-trouver-une-formation_6088583_3224.html?xtor=EPR-32280629-[a-la-une]-20210718-[zone_edito_2_titre_6]&M_BT=35093862765056

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A lire... "Tout sur la littérature jeunesse de la petite enfance aux jeunes adultes" par Sophie Van Der Linden

17 Juillet 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Littérature

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature jeunesse sans jamais oser le demander ! Qu'est-ce que la littérature jeunesse ? Quelles sont ses spécificités ? Ses types de livres ? Ses principaux genres ? Comment donner le goût de la lecture et la partager avec le jeune lecteur ? Quelle bibliothèque idéale proposer pour chaque âge, de la petite enfance aux jeunes adultes ? Une spécialiste nous dit tout.

https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782075136778-tout-sur-la-litterature-jeunesse-de-la-petite-enfance-aux-jeunes-adultes-sophie-van-der-linden/

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«La méditation de pleine conscience porte gravement atteinte à la laïcité», pour le président de la Ligue des droits de l’homme

17 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Tips for Making Meditation a Family Practice

Alors que le ministère de l’Education nationale examine la possibilité de déployer la pleine conscience dans plusieurs établissements scolaires, le président de la Ligue des droits de l’homme Malik Salemkour dénonce une atteinte à la laïcité.

Faire le vide dans sa tête. Rester attentif à son environnement, aux mouvements de son corps et laisser venir ses pensées, sans tenter de les contrôler. Concentration maximale sur sa respiration. Résultat : une meilleure gestion du stress, de la colère et autres émotions nocives. Telles sont les promesses alléchantes de la méditation de pleine conscience (MPC). Cette méthode d’origine bouddhiste connaît une popularité croissante, jusqu’aux bancs mêmes de l’école publique. Le député LREM d’Ille-et-Vilaine Gaël Le Bohec a proposé d’expérimenter cette pratique dans près de 250 classes, du CM1 à la cinquième. Cette idée, examinée par le ministère de l’Education nationale, a provoqué l’ire de la Ligue des droits de l’homme (LDH), qui a publié un communiqué contre le projet. Le président de l’association, Malik Salemkour, alerte l’opinion publique sur la dangerosité d’une telle introduction dans les programmes scolaires et rappelle les missions de l’Etat vis-à-vis de ses enfants.

Pourquoi publier un tel communiqué contre la méditation ?

La volonté d’imposer, de surcroît à des enfants, une technique sur laquelle se cristallisent des doutes et des contestations, est problématique. La LDH a donc jugé normal de mettre en garde les citoyens quant aux risques induits par l’introduction de la méditation de pleine conscience à l’école : d’une part, les attaques de panique et épisodes psychotiques ; d’autre part, les craintes de manipulation par des mouvances sectaires. Car cette méthode se trouve d’ailleurs dans le viseur de certaines associations de lutte contre les dérives sectaires comme la Miviludes, qui rappellent que l’on ne connaît pas les effets à long terme d’une telle ingérence dans le comportement des enfants et dans leur conscience.

Parallèlement à cette expérimentation, constatez-vous un recours croissant à la méditation de pleine conscience ?

La multiplication des initiatives locales nous a alertés. En septembre 2019, La Rochelle a soumis une initiation à la méditation aux 5 000 enfants scolarisés dans la ville. Dans son rapport, Gaël Le Bohec affirme par ailleurs que cette méthode a déjà été utilisée dans 425 établissements, répartis dans 23 académies en France. Passé ce constat, toute la question est de savoir si l’Education nationale doit laisser se poursuivre l’extension d’une pratique douteuse, exercée par des intervenants extérieur aux classes, non habilités, et dont la nomination est laissée à la seule appréciation des enseignants ou chefs d’établissement. La méditation de pleine conscience n’est ni contrôlée ni avalisée. Ce qui pose d’ailleurs la question des intérêts économiques en jeu, puisqu’il est tout de même question de prestations payantes…

«On tombe dans une démarche comportementale qui n’a rien à voir avec l’éveil. En concentrant la pensée sur la vacuité, cette pratique ouvre la voie aux fragilisations psychologiques et aux manipulations mentales. […] C’est inquiétant, et surtout ça n’a pas sa place dans l’Education nationale.»

—  Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'homme

Vous indiquez dans votre communiqué que «certaines conséquences préoccupantes de la pratique de la MPC ont été signalées». Quelles sont-elles ? Quelles sont vos sources ?

Les membres du groupe Phénomène sectaire de la LDH ont mené un vaste travail de documentation. En 2018, Anne Josso, alors secrétaire générale de la Miviludes, rapporte avoir reçu une centaine de plaintes concordantes liée à la méditation. Les rapports de l’association font état de problèmes de santé et formes d’abus – comme la déstabilisation mentale et l’instrumentalisation – induits par la MPC. Des universitaires britanniques de la revue scientifique Plos One ont aussi observé que la pleine conscience pouvait provoquer des crises de panique, de dépression ou de dissociation chez un quart des individus qui la pratiquent.

Plus généralement, vous percevez cette méditation comme un problème politique ?

Oui car, avec la MPC, l’Education nationale sort du cadre des missions qui lui ont été attribuées, à savoir instruire et émanciper les enfants. Avec cette méditation, on tombe dans une démarche comportementale qui n’a rien à voir avec l’éveil. En concentrant la pensée sur la vacuité, cette pratique ouvre la voie aux fragilisations psychologiques et aux manipulations mentales. Ce qui peut rapidement conduire à une perte d’esprit critique, voire à l’assujettissement de l’individu. C’est inquiétant, et surtout ça n’a pas sa place dans l’Education nationale.

Pourquoi jugez-vous les pratiques de la pleine conscience contradictoires avec la laïcité ?

La laïcité fait partie des principes fondateurs de notre République. Elle implique que l’Etat n’impose ni façon de penser ni ordre moral. C’est la liberté de conscience, à savoir la liberté de choisir comment agir et penser, qui est ici mise à mal. Car la pleine conscience, dans ces différentes expérimentations, est imposée aux enfants. Si les adultes sont libres de leurs pratiques parascientifiques, les enfants eux, doivent donner leur consentement. En agissant sur leurs comportements inconscients, la MPC porte gravement atteinte à la laïcité.

Les origines bouddhistes de la pleine conscience constituent-elles un argument supplémentaire ?

La MPC peut effectivement sembler problématique dans la mesure où elle trouve ses racines dans la spiritualité bouddhiste. D’autant qu’au sein du think tank américain Mind and Life, qui promeut et finance la MPC, siègent des représentants de différentes obédiences bouddhistes et de la mouvance anthroposophique. On retrouve aussi à leurs côtés des chamanes et des individus liés à la mouvance New Age, à l’origine de nombreuses psycho-sectes et psychotechniques depuis la fin du XXe siècle. Il y a, à ce niveau-là aussi, un fort besoin de clarification et de transparence.

Mais en réalité, c’est surtout la tension avec la liberté de conscience qui doit nous alerter. D’autres pratiques, par exemple le judo, ont été développées par des sachants religieux. De la même manière, la MPC n’est pas clairement spirituelle ; il n’y a pas d’incitation directe à adhérer aux croyances bouddhistes. C’est avant tout lié au fonctionnement du corps et de l’esprit.

Que dit ce projet de la vision de l’éducation portée par le gouvernement ?

Ces expérimentations sont surtout révélatrices de la vision de l’éducation portée par Jean-Michel Blanquer qui, sur des arguments de sécurité, de protection, veut encadrer les comportements de la jeunesse selon son idée du bien. L’éducation a pourtant vocation à aider les enfants à devenir pleinement citoyens par l’esprit critique et par l’émancipation.

Propos recueillis par Justine Wild

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Bac 2021 : une commission d’enquête parlementaire s’impose

17 Juillet 2021 , Rédigé par Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public Publié dans #Education

Bac 2021 : une commission d’enquête parlementaire s’impose

La session 2021 du baccalauréat clôt une année scolaire chaotique par un désastre institutionnel. La mascarade d’épreuve de philosophie, un «grand oral» inapproprié, des irrégularités en cascade et des dysfonctionnements techniques kafkaïens ont laissé les professeurs et tous les personnels de l’Éducation nationale indignés et accablés. Ils ont assisté, impuissants, à l’effondrement de l’institution républicaine qu’ils ont choisi de servir.

Une telle incurie est inégalée. Pour tous les professeurs qui l’ont subie, cette gabegie est d’autant plus insupportable qu’elle était prévisible. Il conviendrait de remonter aux mois de mai et juin 2020, au cours desquels la rentrée scolaire 2020 aurait dû être préparée, pour saisir la profondeur des responsabilités de cet effondrement. Au lieu de travailler à empêcher la catastrophe annoncée, le ministère a refusé d’entendre les propositions et les alertes.

Compte tenu de la gravité et de l’immensité du désastre de la session 2021 du baccalauréat, pour lesquelles on ne peut invoquer l’excuse d’un rodage technique, l’APPEP demande la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’établir les faits et les responsabilités.

Dans l’attente d’un tel rapport, l’APPEP conteste la poursuite de réformes imposées au pas de charge et au mépris du travail des enseignants, de leur expérience et de leur jugement.

Elle dénonce l’instrumentalisation de la pandémie par le ministère pour accélérer l’imposition d’un baccalauréat d’établissement dont la valeur dépendra désormais en grande partie de la réputation du lycée d’origine des candidats.

Elle conteste l’accentuation des pressions exercées sur les professeurs par des familles, des élèves, des chefs d’établissement, et même par l’inspection et les futurs professeurs référents. Elle déplore que les professeurs de philosophie ne trouvent plus, dans l’exercice de leur métier, de contrepoids institutionnel protecteur. Elle accuse le ministère de transformer les élèves en consommateurs de notes, indifférents à leur instruction. Elle refusera de nouveaux reculs de la liberté pédagogique des enseignants, consubstantielle à l’exercice éclairé et responsable de leur métier.

L’impréparation de la prochaine rentrée fait aujourd’hui craindre une répétition du chaos que nous avons connu cette année.

Soucieuse d’une année scolaire 2021-2022 la moins mauvaise possible, l’APPEP réclame d’ores et déjà :

  • que les épreuves de spécialités et des ex-«E3C» soient programmées pour le mois de juin 2022, à titre d’épreuves nationales et anonymes ;
  • que le «grand oral» soit supprimé et que l’année scolaire soit mise à profit pour concevoir dans la concertation une épreuve orale qui consacre un travail effectif des élèves et puisse en conséquence être réellement évaluée lors d’un examen.

Pour la philosophie, l’APPEP demande :

  • que soit dédoublée au moins une heure hebdomadaire en voie technologique;
  • que la responsabilité d’organiser les devoirs surveillés de philosophie préparatoires à l’épreuve du baccalauréat incombe à l’administration des lycées, l’éclatement des classes et des emplois du temps rendant cette tâche impossible aux professeurs ;
  • que les sujets du baccalauréat soient choisis avec davantage de discernement et de soin, dans le respect des programmes et des instructions officielles ;
    que l’épreuve d’oral de contrôle soit définie pour la session 2022 à l’identique de celle de la session de 2021 pour tenir compte des difficultés prévisibles ;
  • et que les professeurs de philosophie qui le souhaitent puissent effectivement assurer l’enseignement moral et civique, et soient soutenus par l’inspection de philosophie.

Pour la spécialité HLP, l’APPEP demande :

  • que l’égalité horaire entre la littérature et la philosophie prévue par les textes soit respectée dans chaque lycée ;
  • que les heures de concertation entre professeurs de lettres et de philosophie soient inscrites dans les services ;
  • que les épreuves soient mieux définies ;
  • que les jurys de «grand oral» soient tous composés d’un professeur de lettres et d’un professeur de philosophie ;
  • que les professeurs convoqués pour évaluer l’épreuve écrite, le «grand oral» et l’oral de contrôle aient enseigné HLP en Terminale ;
  • et que l’épreuve de Première dure 4h pour tenir compte de la hausse annoncée de son coefficient et de la spécificité de cette spécialité bidisciplinaire.

Au-delà de la prochaine rentrée scolaire, face au champ de ruines, l’APPEP appelle celles et ceux qui sont attachés à l’École républicaine à continuer de partager informations et propositions, avec pour objectif immédiat de garantir aux lycéens des épreuves de baccalauréat nationales, terminales et anonymes, condition insuffisante mais nécessaire d’égalité républicaine.

TÉLÉCHARGEMENT DES FICHIERS LIÉS
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Vaccination : Blanquer à nouveau pris de court

16 Juillet 2021 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

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EXTRAITS

Des "campagnes de vaccination spécifiques" auront lieu dans les collèges et les lycées à la rentrée. Cette annonce lancée par Emmanuel Macron le 12 juillet prend de court le ministre de l'éducation nationale qui, le 8 juillet, invitait à vacciner les élèves durant les vacances. Il doit aussi décider de la vaccination des enseignants. Et pour une fois anticiper ?

Macron contredit Blanquer

"Pour les collégiens, les lycéens, les étudiants : des campagnes de vaccination spécifiques seront déployées dans les établissements scolaires dès la rentrée". L'annonce d'Emmanuel   Macron le 12 juillet contre dit, une nouvelle fois, son ministre de l'éducation nationale.

Intervenant le 8 juillet sur LCI, JM Blanquer invite les élèves à se faire vacciner durant les vacances. Parce que la vaccination durant l'année scolaire "quand vous faites cela vous désorganisez le système. il y a moins de cours", dit-il. Il doit maintenant mettre en place ce qu'il ne souhaitait pas.

Le précédent du déploiement des autotests dans les établissements scolaires, principalement des lycées, juste avant la fin de l'année scolaire, montre qu'effectivement la vaccination dans les établissements ne sera pas une mince affaire.

(...)

Le 8 juillet, JM Blanquer dit que 75% des enseignants sont déjà vaccinés, un nombre dont on ignore d'où il sort. Le 13 juillet, interpellé par le député LR Patrick Hetzel, JM Blanquer dit que  "dès que cela a été possible, et en restant cohérents avec la politique de vaccination consistant à privilégier les plus vulnérables, nous avons ouvert des couloirs prioritaires, notamment pour les professeurs de plus de 55 ans. Contrairement à ce que vous venez de dire, il y a eu, notamment au mois de juin, des campagnes visant tant les élèves que les professeurs pour les inciter à se faire vacciner". Mais en même temps, le ministre continue, comme en avril, à minimiser la nécessité pour les enseignants d'être vaccinés. " Qui plus est, selon les études de Santé publique France, les professeurs sont une catégorie moins contaminée que la moyenne de la population", dit le ministre. Or cette étude a été réalisée avec le premier virus du Covid avant même l'arrivée du variant anglais qui avait déjà changé la donne.

Dans ce domaine, comme dans tant d'autres en ce qui concerne la pandémie, il apparait que le ministre n'a rien anticipé. Il lui reste quelques semaines pour organiser une vaccination des élèves. Et pour avoir une réponse claire sur la vaccination des enseignants.

François Jarraud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Entre 7 000 et 10 000 mineur·e·s se prostituent en France, selon un rapport inquiétant

16 Juillet 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Jeunesse

Prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis : « Le parcours de ces  jeunes filles est marqué par les violences subies »

Un rapport remis mardi au gouvernement dresse un constat alarmant sur la prostitution des mineur·e·s en France : entre 7 000 et 10 000 enfants et adolescents seraient concernés. Le développement du proxénétisme sur les réseaux sociaux permettrait à de plus en plus de jeunes d'y accéder.

Le nombre de mineur·e·s victimes de proxénétisme n'a cessé d'augmenter en France : le service statistique ministériel de la sécurité intérieure a recensé une hausse de 70 % en cinq ans. Le secteur associatif, lui, comptabilise entre 7 000 et 10 000 jeunes se prostituant. Ces chiffres préoccupants sont mis en avant dans un rapport du groupe de travail sur la prostitution des mineur·e·s. Ce dossier a été remis, ce mardi, au secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, Adrien Taquet. Celui-ci a annoncé un plan national pour lutter contre cette pratique pour l'automne 2021.

Principalement de jeunes adolescentes "vulnérables"

Selon ce rapport, les victimes de proxénétisme sont majoritairement des jeunes filles de 15 à 17 ans. L'association d'aide aux prostitué·e·s l'Amicale du Nid 95 n'accompagnent, par exemple, que 10% de garçons. Ces mineur·e·s sont généralement issus de milieux défavorisés. Ainsi, sur les 113 signalements comptabilisés par le parquet de Bobigny l'année dernière, plus de deux tiers d'entre eux concernaient des jeunes originaires de Seine-Saint-Denis, et notamment des villes touchées par la pauvreté.

Le groupe de travail relève aussi la "vulnérabilité" des jeunes victimes, souvent en situation de rupture familiale. Entre 40% et 49% des mineur·e·s disent avoir subi des violences pendant leur enfance, notamment familiales et/ou sexuelles, avant de se prostituer. Selon Arthur Melon, secrétaire général de l'association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), “des circonstances particulières accroissent la potentialité de basculer dans la prostitution : une rupture familiale, une période d'errance (fugue ou rejet de la cellule familiale) ou une addiction (alcool, drogues)."

Les mineur·e·s étranger·e·s, parfois isolé·e·s, sont également nombreux à avoir recours à la prostitution. Souvent très vulnérables, les trafiquants de migrants les poussent à cette pratique "comme moyen de remboursement du coût du voyage", révèle la Fondation Scelles. Leur prise en charge est d'autant plus compliquée qu'ils leur fournissent de faux passeports ou leur demandent de mentir sur leur âge.

Une organisation par les réseaux (sociaux)

Suite à la pandémie et aux confinements, la prostitution sur la voie publique recule. C'est par les réseaux sociaux ou les sites d'annonces que les prostitué·e·s sont mis en relation avec leurs clients. Les proxénètes utilisent également ces outils pour recruter des jeunes de 14 à 25 ans.  Le numérique permet aux mineur·e·s "de s'initier à des comportements pré-prostitutionnels, n'impliquant pas des contacts physiques avec les clients" comme l'envoi de photos dénudées, ajoute Arthur Melon de l'ACPE.

Internet permet également de réserver des chambres d'hôtel mais surtout des Airbnb, qui sont moins facilement traçables. La procureure de la République d'Évry note ainsi une "professionnalisation des réseaux de proxénétisme de mineurs" dans son département. Avec des techniques similaires à celles du trafic de stupéfiants, la prostitution de mineur·e·s est de plus en plus structurée et hiérarchisée, s'inquiète le rapport.

Du côté des mineur·e·s, des difficultés à se reconnaître victimes

Ces mineur·e·s ne reconnaissent pas forcément être victimes du proxénétisme. La procureure de la République d'Évry l'explique ainsi : "ces jeunes [filles] sont en effet généralement attirées par l'appât du gain et banalisent les relations sexuelles tarifées auxquelles elles se prêtent. Elles considèrent les jeunes hommes participant à leur activité (réservant les lieux de prostitution, publiant leurs annonces, les surveillant pendant les actes sexuels, mais aussi récupérant un pourcentage des gains) comme des 'collaborateurs' ou des 'protecteurs'."

Une étude du département du Nord de 2021 montre qu'un mineur prostitué sur deux reconnaît des aspects positifs à la prostitution. L'autonomie financière, principalement, mais aussi le besoin d'affection, le sentiment de reprendre le contrôle sur sa vie, d'appartenir à un groupe ou d'être considéré comme un adulte sont les arguments avancés par ces jeunes.

Un plan de lutte du gouvernement 

Face à ces constats alarmants, le rapport du groupe de travail préconise une meilleure formation des acteurs de la lutte contre la prostitution, ainsi qu'une meilleure coordination entre eux au niveau local. "L’enjeu de la prise en charge réside dans la capacité à proposer des réponses à la fois dans l’urgence et dans la durée" résumé le dossier. Les experts proposent de travailler sur la "prise en charge médicale tant physique que psychique" de ces jeunes, ainsi que sur "l'accès à l'hébergement" en évitant de les placer "plusieurs nuits en foyer d'urgence ou en hôtel", où leurs proxénètes "les retrouvent systématiquement".

Avec le développement de la prostitution sur les réseaux sociaux, le rapport réclame plus de moyens pour la police. Cela permettrait notamment à des officiers de réaliser des enquêtes sous pseudonymes sur Internet. De plus, le groupe de travail réclame des campagnes de prévention à destination des jeunes mais aussi des parents.

Morgane Moal

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Une génération sacrifiée sur l’autel du nouveau bac: le naufrage du Grand Oral

15 Juillet 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Fichier:JEAN LOUIS THÉODORE GÉRICAULT - La Balsa de la Medusa (Museo del Louvre, 1818-19).jpg

EXTRAITS

Candidats "à terre", parents "choqués, indignés, tristes, en colère" et professeurs désabusés.

BAC 2021 - “Je ne comprends pas”. Tels sont les mots de nombreux candidats du bac à la publication des résultats. Alors que les journaux titrent sur la bienveillance démesurée des jurys, des lycéens ont lu leur relevé de notes avec stupéfaction: ils y ont découvert des 7, 5, 2 voire 1… alors qu’ils avaient travaillé toute l’année et obtenu des moyennes honorables aux trois trimestres dans le contexte que l’on sait. Du côté de leurs professeurs, c’est la consternation: comment comprendre de tels résultats? Depuis l’intérieur du mammouth, nous levons le voile sur les raisons d’un carnage qui avait tout de prévisible.

Certains ironisent sur un bac “facile à avoir” et proclament que le niveau des élèves serait en baisse. L’humiliation est d’autant plus grande pour les élèves qui ont découvert des notes infamantes comme “récompense” du travail de toute une année. Dans ce ratage, deux épreuves sont à la dérive: le Grand Oral (GO) et l’épreuve anticipée de français (EAF).

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“Des questions étranges”

Les récits que font ces élèves des entretiens menés naviguent ainsi entre Ionesco et Kafka. Claire*, 17 ans, témoigne : « On m’a posé des questions étranges. Un des jurys m’a demandé un exemple d’algorithme, j’ai répondu Parcoursup en détaillant cette plateforme comme je pouvais. Il m’a demandé un autre exemple d’algorithme, j’ai répondu la calculatrice, il m’a demandé de préciser pourquoi et d’un coup, toujours en regardant la fenêtre, le jury me pose cette question : En quelle année la calculatrice a-t-elle été inventée ? J’ai été choquée et très déstabilisée par cette question ». En plus de questions sans rapport avec la spécialité évaluée, la candidate, qui a présenté une question transversale à la spécialité HLP (humanités, littérature et philosophie, NDLR) et à la spécialité Sciences Economiques et Sociales (SES), a aussi relevé une absence d’interrogations sur ses matières : « Je n’ai reçu aucune question de cours sur chacune de mes spécialités ; je parlais pourtant d’œuvres littéraires ou encore de certains philosophes ainsi que de certains termes économiques. Ils n’ont jamais été relevés ». Cerise sur le gateau : des attitudes d’intimidation : « Un des membres du jury m’a demandé la date de l’Intelligence artificielle, ce qui est assez difficile à déterminer… Ma réponse ne lui a sûrement pas plu car il a fait une drôle de tête, à demi dégoûté. Les exemples que j’ai cité comme le transhumanisme (au programme de la spécialité HLP, NB) semblait aussi l’énerver étrangement. »

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Même retour du côté de profs qui échangent sur les groupes fermés des réseaux sociaux : « Je suis un peu amère (…) ; beaucoup de 9 et de 10 et une collègue de HLP qui se montre narquoise, soupire, lève les yeux au ciel et rit même quand vient le sujet de l’orientation… Je ne vous raconte pas à quel point mes élèves en ressortent avec un sentiment de honte et d’incompréhension… » L’attitude de certains jurys se révèle en effet problématique : « Des collègues de mon lycée d’« élite » se sont gobergés de la « nullité » des candidats qu’ils ont fait passer dans un établissement rural avec un mépris et une méchanceté odieux. Je ne suis pas très étonnée que certains aient eu de mauvaises notes si j’en juge par ces deux spécimens. » Les cas de notes infamantes sont aussi constatés par les professeurs pour leurs élèves : « Une de mes élèves, excellente et qui a tout de même obtenu la mention très bien, a eu 6 à son grand oral. Et apparemment les élèves passés par son jury ont tous des notes très basses. Est-ce parce qu’ils viennent d’un petit lycée rural privé ? Est-ce la question histoire-géo sur l’évolution de la place des femmes dans l’histoire qui n’a pas plu ? ». Car oui, la grande majorité des élèves confrontés à ce problème sont… des filles.

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“Il y a des cons partout et certains sont profs”

Mais des raisons plus obscures sont à soulever : comment expliquer l’attitude odieuse de certains jurys ? A cette question, la réponse « il y a des cons partout et certains sont profs » ne suffit pas. Bien plus tôt, la session 2021 a été marquée par un sabotage en règle des conditions d’évaluation des candidats.

Le contexte était difficile : convoqués au dernier moment, parfois très loin de chez eux, certains jurys se sont vus catapultés face à des élèves dont il n’enseignaient pas la matière et ont été sommés de les évaluer sans charte d’évaluation, à l’aide d’une seule grille d’appréciation dépourvue de barème officiel. S’y est ajoutée une particularité cette année : tous les professeurs convoqués en tant que jury ont dû reconduire leur dossier de prise en charge financière pour être payés, l’année dernière ayant été une année blanche. Ledit dossier devait être complété avant le 2 juillet, soit alors que les corrections n’étaient pas achevées et que le serveur sur lequel téléverser les documents était, comme tous les autres serveurs de l’Education nationale (saleté de Russes), sujets à des bugs à répétition. Résultat : l’espoir d’être rémunéré un jour s’envole vite… Et pour certains, leur motivation avec. Le taux horaire de 14,72€ par heure d’interrogation orale a en aigrit, légitimement, plus d’un. Et la perspective de n’être payé, si l’on l’est, qu’au bout de 6 mois à 2 ans, ne constitue pas non plus une bonne manière pour l’Education Nationale de soigner ses troupes.

On peut donc comprendre que les conditions de réalisation de la mission de jury aient été particulièrement difficiles. Mais, pour citer une mère d’élève abasourdie par la manière dont son enfant a été traitée lors du Grand Oral, « comment un jury peut manquer de respect à ce point à un élève ? ».

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Le ras-le-bol de certains correcteurs les a-t-il conduits à prendre les élèves pour bouc-émissaires ?

La piste n’est malheureusement pas à écarter. Mais une autre doit être dévoilée : pour la première fois dans l’histoire du baccalauréat, il n’y a pas eu, cette année, de réunion d’harmonisation à l’issue des corrections. Cette réunion sert habituellement à faire dialoguer les différents membres d’un jury pour parvenir à des moyennes de lots de copies ou de prestations orales cohérentes et uniformes. Pour le bac de français cette année par exemple, cette réunion a été portée sur les convocations, puis annulée, puis a fait l’objet d’une nouvelle convocation, puis a été annulée de nouveau… L’harmonisation des notes a été conduite par le seul coordinateur de jury (équivalent d’un président de jury) « au fil de l’eau ». Faut-il préciser que ce coordinateur, nommé par les inspecteur académiques, effectue ce travail supplémentaire contre… zéro rémunération ? Question financière mise à part, la question des principes d’harmonisation se posent, surtout lorsque c’est un même jury qui a distribué des notes humiliantes (le numéro du jury est porté sur la convocation, NB).

Ce sont donc des candidats « à terre », des parents « choqués, indignés, tristes, en colère » et des professeurs désabusés qui ont reçu hier l’annonce d’une nouvelle réforme de la réforme du bac. - Professeurs qui ont appris la nouvelle par les médias, une fois de plus. « Je prônais cette réforme qui mettait en avant la place de l’oral au baccalauréat », déclare une mère d’élève. « Je suis outrée ; au lieu d’apprécier d’avoir obtenu leur baccalauréat, nos enfants n’auront retenu que cet échec à l’oral, se remettant en question injustement ». Ironie du sort, sa fille a pour projet professionnel de devenir professeure des écoles.

Entre génération sacrifiée et professeurs au pilori, que reste-t-il de nos vocations ?

Par Esther P. - Professeur de lettres modernes

* Les prénoms ont été modifiées.

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