Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

education

Mais pourquoi donc faut-il sauver le soldat Blanquer?

31 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Régionales : Jean-Michel Blanquer jette l'éponge en Île-de-France - Le Point

Christian Lehmann est médecin et écrivain. Pour «Libération», il tient la chronique d'une société suspendue à l'évolution du coronavirus.

Le coût social et psychique du confinement est énorme, nous dit-on. Ces explications pourraient être entendues si le gouvernement et son administration faisaient tout pour éviter d’en arriver là. Mais un an après le démarrage de cette pandémie, nous sommes toujours à la traîne: les tests salivaires ne sont pas autorisés en France, le traçage est réduit à sa plus simple expression, les informations sur l’aérosolisation sont à peine évoquées. Et rien n’est fait dans le secteur scolaire pour sécuriser les établissements: ni autotests ni information claire aux familles ni consignes d’aération cohérente ni protocole adapté. Il a fallu ferrailler pendant des mois pour obtenir de masquer les élèves pour les protéger ainsi que les personnels, mais Jean-Michel Blanquer s’entête à inventer un monde merveilleux dans lequel son protocole sanitaire de Schrödinger, qui empile des mesures floues à mettre en place «dans la mesure du possible», règle le problème. Arc-bouté sur des sociétés savantes de pédiatrie incapables de se dédire, le ministre laisse flamber l’épidémie et feint de croire que ceux qui alertent sont des ayatollahs inhumains inconscients du risque éducatif pour les enfants.

On ne reconfinera pas tout de suite, mais Emmanuel Macron choisira probablement la fin de la semaine, qui correspond, oh quel hasard, au début des vacances scolaires. Manière de continuer à prétendre que les établissements scolaires ne participent en rien à la diffusion de l’épidémie. J’en viens à me demander quelles vidéos compromettantes possède le ministre, et pourquoi il est si important de sauver le Soldat Blanquer et la réalité alternative dans laquelle il semble vivre.

Une semaine après une nouvelle journée de grève des personnels, Ariane Deboise, 47 ans, professeure des écoles à Ivry-sur-Seine et représentante syndicale, a voulu témoigner de ce qui se passe en milieu scolaire:

«C’est écrit noir sur blanc dans le protocole sanitaire: les enfants à l’école primaire ne sont jamais considérés comme cas contacts. Une amie reçoit un mot dans le carnet de liaison de sa fille. " Il nous a été signalé un cas confirmé de Covid-19 au sein de la classe. Votre enfant n’est pas identifié, à ce stade, comme contact à risque." "C’est une blague ?, me demande-t-elle. Ma fille est en moyenne section, ils ne portent pas de masques, ils passent leur temps à léchouiller des trucs et à se léchouiller les uns les autres, malgré tous les efforts de la maîtresse. Comment peut-elle ne pas être cas contact ? C’est une blague ? "»

«Non, ce n’est pas une blague. Le Haut Conseil de Santé publique estime "qu’il n’y a pas lieu de considérer comme contact à risque un enfant de moins de 11 ans ayant eu un contact avec un adulte testé positivement Covid-19 qui porte un masque grand public de catégorie 1 (comme ceux fournis par le ministère de l’Éducation nationale, ndlr), ni un autre enfant de moins de 11 ans testé positivement Covid-19, bien qu’il ne porte pas de masque». Le HCSP souligne en effet dans cet avis que "les enfants jeunes sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la chaîne de transmission du Sars-CoV-2". Circulez, il n’y a rien à voir. "En conséquence, dans le premier degré […] l’apparition d’un cas confirmé parmi les élèves n’implique pas que les autres élèves de la classe soient identifiés comme contacts à risque."

«Cette mauvaise blague a été réitérée à l’envi dans la plupart des écoles de France, et ce courrier reçu est une déclinaison d’un courrier type proposé par notre hiérarchie. J’explique à mon amie les alertes que nos syndicats lancent depuis des mois maintenant. Mais la priorité c’est de laisser les écoles ouvertes, à n’importe quel prix, alors que parfois la moitié d’une équipe d’encadrants est positive. Les parents se débrouillent comme ils peuvent, en prenant une journée, ou en faisant garder leurs enfants, pour ne pas surcharger les classes qui restent ouvertes, sans aucun justificatif pour s’absenter de leur emploi, puisque l’établissement reste ouvert et prétendument en capacité d’accueillir.

«Découragés»

«L’absence de traçage dans les écoles n’est pas le fait d’une absence de moyens, mais bien d’une décision politique. Dans l’école où je travaille, nous nous étions organisés depuis la rentrée de septembre : les enfants mangeaient à la même table, les animateurs notaient les tablées quand il y avait des modifications, nous faisions respecter la distance en sport, et, en gros, nous aurions pu tracer les contacts des enfants, avec une petite marge d’erreur peut-être, mais disons de manière globalement satisfaisante. Travail important, contraignant pour les enfants comme pour les adultes qui les encadrent. Arrive le premier cas positif… pas de traçage. Le deuxième ? Pas de traçage non plus. Les suivants ? Idem. Nous nous sommes découragés. A quoi bon ? Après tout, peut-être avaient-ils raison, les enfants étaient peut-être très peu contaminants, c’est le discours martelé par les pédiatres après tout, pourquoi être plus royalistes que le roi… Et pourtant nous étions nombreux à être mal à l’aise vis-à-vis des familles. C’est l’étrange méthode Coué de Blanquer: répéter comme un mantra que l’école n’est pas un lieu de contamination, quitte à tordre les chiffres dans tous les sens, et à évacuer ceux qui gênent, ne nous convainquait guère.

«La blague était déjà mauvaise, elle devient sinistre. La présence des variants anglais et sud-africains sur notre territoire et les déclarations d’Alain Fischer, le monsieur Vaccin du gouvernement, sur la nécessité de vacciner les enfants, n’ont rien fait bouger du côté du ministère. Plus de sport en intérieur, certaines règles optionnelles pour la restauration devenues obligatoires, soit. Mais le traçage ? Rien n’a changé. Même pas a minima une information claire envers les familles.

A vomir

«Mon amie a une oreille attentive, alors je raconte. Je raconte les appels affolés lors de nos permanences syndicales, la colère des collègues, le surnom donné à l’un de nos permanents syndicaux, Clusterboy, je lui lis ce message, reçu dans la journée : "Je suis positive depuis jeudi dernier. Ma directrice a appelé l’inspectrice qui lui a dit que j’étais irresponsable. Pourtant je me dévoue corps et âme à mon métier, nous avons une maîtresse absente depuis fin décembre, nous récupérons ses élèves et nous montons parfois à 40 dans ma classe. Un des élèves répartis dans ma classe était positif au Covid. Depuis vendredi, trois enseignantes sont positives ou cas contact. Le directeur du centre de loisir est positif, ainsi que trois animateurs et deux ATSEM. Le maire souhaite fermer l’école, mais l’inspectrice toujours pas. Le mot d’ordre, c’est se taire, ne pas fermer les écoles pour ne pas faire exploser les chiffres. La santé, ils s’en foutent. C’est à vomir. "»

«Je raconte aussi le cas de cette enseignante, qui reçoit un SMS de l’assurance maladie lui demandant de s’isoler, mais qui ne s’isole pas et assure la classe, parce que du point de vue du médecin de l’éducation nationale et de notre inspecteur, le risque de contamination, sur son lieu de travail, n’est pas avéré. Ce n’est pas, me confirme mon inspecteur en audience syndicale, à la caisse nationale d’assurance maladie de déterminer qui est cas contact dans les écoles: nous dépendons de la cellule dédiée à l’inspection académique. Dommage que le virus ne soit pas au courant.

Deux règles

«Et comme nous travaillons avec des personnels municipaux ou des intervenants extérieurs, deux règles, la règle commune et celle de notre administration, se heurtent parfois. Cette administration est, en quelque sorte, juge et partie. Comment lui faire confiance ? En pratique, les enseignants vont se faire tester, même lorsqu’on leur dit qu’ils ne sont pas cas contacts. Ils savent bien que dans la plupart des écoles, nous mangeons ensemble… à distance, certes, mais pas toujours, et pas toujours dans des pièces aérées. De nouvelles consignes sont tombées récemment : elles nous enjoignent à manger en quinconce, à plus de deux mètres d’écart, et en moins de 15 minutes, fenêtres ouvertes – ou, à défaut, dans nos classes. Je ne les remets pas en cause, elles sont sans doute justifiées. Reste à espérer que par la magie de l’effet performatif de la note de service, elles ne permettent pas d’évacuer tout bonnement la question des cas contacts entre enseignants – puisque nous ne sommes pas supposés, par définition, les enfreindre.

«Comme le signale le SNUIPP-FSU, le syndicat majoritaire dans le premier degré, dans un courrier au ministre de la Santé: "A l’heure actuelle, l’éviction et l’isolement des personnels qui ont été en contact avec un cas positif reposent sur les instructions des autorités locales de l’éducation qui ont aussi à charge d’assurer la continuité du service. Cela peut se traduire parfois par des refus de placement à l’isolement, ce qui est en totale contradiction avec la stratégie nationale relative à la rupture des chaînes de contamination… Les règles de cas contacts au sein de l’Éducation nationale doivent être les mêmes que dans le reste de la société. "

«Alors oui, tracer les enfants, cela signifierait fermer la classe pour une semaine dans une école maternelle. Personne ne le souhaite. Mieux tracer les cas contacts entre adultes, en prenant en compte la réalité de la vie des personnels, par une autorité de santé indépendante, ferait fermer des classes. Beaucoup, sans doute, et cela pèserait sur l’ensemble de la société. Mais à Noël, dans ma chambre, en tête à tête avec ma part de bûche et le résultat positif de mon test, face à la pile de livres dont, positive asymptomatique, j’allais profiter pendant une semaine de paresse forcée, je me suis demandée jusqu’où ce virus invisible, qui avait transité par moi à mon insu, sans doute depuis l’école, avait diffusé parmi ces gens que je vois tous les jours dans le quartier, qui il allait heurter de plein fouet, et quels deuils il allait peut-être engendrer.»

Christian Lehmann est médecin et écrivain

Lire la suite

« Le fiasco Blanquer », anatomie d’un ministre...

31 Janvier 2021 , Rédigé par L'instit'Humeurs Publié dans #Education

« Le fiasco Blanquer », anatomie d’un ministre...

EXTRAIT

« Avant toute chose, le blanquerisme est un autoritarisme. Il se caractérise par une prise de décision ultra-centralisée, l’effacement de la délibération collective, l’affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels et l’élimination systématique des opposants en interne (…). A l’épreuve du pouvoir, Jean-Michel Blanquer s’est montré despote quand on l’attendait démocrate, diviseur lorsqu’il fallait rassembler, sectaire là où il aurait dû s’ouvrir ». En 90 pages documentées Saïd Benmouffok, professeur de philosophie, fait un portrait sans concession du ministre JM Blanquer et propose une vision d’ensemble de son action, très sombre. Le fiasco Blanquer est aussi un livre politique – Benmouffok est de gauche et ne s’en cache pas, au contraire d’un ministre qui feint de ne pas être de droite – qui dénonce une certaine vision de l’école, en marche.

Un lourd passif et une idéologie marquée

On se souvient de l’arrivée de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, en mai 2017, drapé dans une blancheur virginale tout à fait usurpée pour les connaisseurs de l’école. Présenté comme « issu de la société civile » et comme parfaitement neutre politiquement, il est en réalité tout l’inverse, ainsi que le rappelle Benmouffok : JM Blanquer fréquente les ministères de droite depuis 2006, quand il est nommé directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, sous Jacques Chirac, puis comme numéro 2 de l’EN en tant que directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) de Luc Chatel en 2009. Il est « le fil conducteur de la politique éducative du sarkozysme. D’ailleurs, on le surnomme à l’époque le « ministre bis », puisqu’il est en contact avec l’Elysée et s’autorise à prendre les devants sur de nombreux sujets sans passer par son ministre de tutelle. Il est l’homme fort de la droite à l’éducation, bien plus que les ministres successifs. Blanquer est bien celui qui a conduit l’essentiel des réformes » du quinquennat Sarkozy. Il est donc comptable de son bilan : « hausse des inégalités, baisse drastique des budgets et du nombre d’enseignants (…) Près de 150 000 jeunes se trouvent chaque année en situation de décrochage, tandis que 80 000 postes d’enseignants sont supprimés entre 2007 et 2012 ».

JM Blanquer mène notamment ce que Benmouffok qualifie de « chef d’œuvre sarkozyste » : « la suppression de l’année de stage à l’issue des concours d’enseignement. A la rentrée 2010, pas moins de 16 000 nouveaux profs sont envoyés devant leurs élèves, souvent à temps plein, sans avoir reçu de formation pédagogique ».

Entre 2012 et 2017, éloigné du ministère durant le quinquennat Hollande, JMB fourbit ses armes, travaille à ses réseaux et publie un livre programmatique qui lui servira de carte de visite auprès de tous les candidats de droite pour l’élection présidentielle de 2017 (il propose ses services à chacun, et tous acceptent). Pour Benmouffok, tout Blanquer est là, le futur ministre y dévoile sa pensée et son ambition : « le but de toute la démarche est la "recherche de la performance". Pour y parvenir, il est nécessaire d’aller vers une plus grande "responsabilisation des acteurs". Comment faire ? En passant par la "contractualisation" à tous les étages ». Le chef d’établissement a des pouvoirs accrus et devient "véritablement le patron de son établissement", "les résultats des élèves deviennent le critère majeur d’évaluation" des enseignants. Une agence extérieure mesure l’efficacité des équipes pédagogiques, les résultats sont « communiqués aux familles qui peuvent comparer les établissements mis en concurrence et choisir les plus performants ».

On est, on le voit, bien loin du personnage vierge et neutre vendu en mai 2017. « Loin d’un prétendu pragmatisme dépolitisé, son approche témoigne d’une adhésion profonde à une certaine vision du monde. Son modèle n’est pas à chercher dans le système éducatif d’un autre pays : il se trouve dans le fonctionnement de l’entreprise privée concurrentielle, c’est-à-dire dans la logique du marché appliquée à l’école ».

(...)

 

Suivez l'instit'humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

N.B. : je cesse ici ma recension du livre, mon billet est assez long comme ça, mais Benmouffok aborde d’autres sujets intéressants, notamment le scientisme de Blanquer, qualifié de neurobéat, ou sa vision de la laïcité, « autoritaire » et « agressive ». A lire...

Et pour ceux qui souhaitent approfondir les divers thèmes évoqués par Benmouffok et relatés dans ce billet, il est possible de taper "Blanquer" dans la barre de recherche de ce blog, on tombera sur tous les posts concernant le ministre depuis 3 ans 1/2 : beaucoup des dossiers en question y sont détaillés… C'est .

Lucien Marboeuf

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

30 Janvier 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

Une actualité plutôt morose pour l’éducation cette semaine, entre une colère enseignante confrontée à la surdité du ministre, un confinement qui se profile mais ne s’annonce pas, et les étudiants qui n’en peuvent plus.


Colère

Cette semaine on a vu monter la colère des enseignants, colère qui s’est notamment exprimée lors de la grève du mardi 26 janvier. "Un appel à la grève et à la mobilisation a été lancé par six organisations syndicales, afin de réclamer de meilleurs salaires pour les enseignants, mais aussi dénoncer la gestion de la crise du Covid-19"
Pour comprendre cette colère profonde, on pourra aller lire des témoignages des personnels de l’éducation qui souhaitent notamment sauver le service public. (L’Humanité). Dans Le Monde, le SNUIPP résume la situation : “L’école « fait face à une crise grave et inédite où la réussite des élèves est menacée tandis que les personnels sont en première ligne et se sentent abandonnés. Des réponses à la hauteur des enjeux sont nécessaires pour permettre un tout autre service public d’éducation »”
En Dordogne, les professeurs d’EPS confrontés à l’interdiction du sport en intérieur, « manifestent "à poil" devant l’Inspection d’Académie ».

Et pourtant le ministre est complètement sourd à cette colère, lui qui se félicite des conclusions du Grenelle de l’éducation. Normal, il a tout fait pour que ce Grenelle propose ses idées à lui.
"Trois mois et une flopée de démissions plus tard (la CGT, la FSU, le pédagogue Philippe Meirieu), les dix ateliers mis en place viennent de rendre leur copie.
Jean-Michel Blanquer devrait rendre ses arbitrages dans quelques semaines. Mais, dès lundi 25 janvier au soir, sur LCI, le ministre a salué des perspectives extrêmement intéressantes ​. Pas étonnant. Une grande partie des recommandations vont dans le sens de ce qu’il prône depuis plusieurs années : affirmation de l’autorité de l’État, autonomie des établissements, libéralisation."
 Ouest-France

Une promesse non tenue : celle de la prime informatique qui devait être versée en janvier. « La prime informatique (150€ par an) est la seule revalorisation qui aurait du être touchée par la grande majorité des enseignants. Promise par le ministre pour le mois de janvier 2021 elle n’a pas été versée. " » Le Café pédagogique

Autre source de colère : la maternelle. Maternelle : Monsieur le Ministre, ça suffit !
“Le ministre n’oublie rien dans son entreprise de casse de l’école maternelle. Non content de la formater sur le modèle de l’école élémentaire, fort peu intéressé par la réaction massive que la note du CSP a provoquée, il vient de décider de ficher les enfants, dès 3 ans, sur la base de leurs comportements et ce jusqu’à la fin de leur scolarité." Une tribune à lire.
A lire aussi, deux essais vent debout contre Jean-Michel Blanquer
“Dans « Le Fiasco Blanquer » et « Jean-Michel Blanquer, l’Attila des écoles », Saïd Benmouffok et Pascal Bouchard s’appuient sur leur connaissance de l’école pour se livrer à une critique acérée de la politique du ministre de l’éducation nationale.” Par Luc Cédelle


Anticipation
JPEG - 72.1 ko
Le dessin de Fabien Crégut

C’est raté pour l’organisation. Pas un mot pour les écoles vendredi soir lors de l’intervention du premier ministre à l’issue du conseil de défense. Pourtant les enseignants aimeraient bien pouvoir anticiper, s’organiser. Ne pas « revivre le coup du "débrouillez-vous" ». Car, en effet « On est toujours les derniers informés, glisse une enseignante dans une école primaire bretonne. A chaque décision, on l’apprend d’abord dans la presse. » Comme elle, nombreux sont les professeurs à attendre les décisions concernant les prochaines vacances. Y aura-t-il trois semaines en février ? Ou deux ? Pour tout le monde en même temps ou par zones ? (Libération)

Pourtant le virus semble circuler de plus en plus dans les établissements :
« Les écoles connaissent ces derniers jours une flambée de cas de Covid-19, d’importants clusters apparaissent. Le protocole sanitaire, critiqué depuis des mois par tous les acteurs de l’Éducation nationale, est inefficace pour repérer et bloquer les transmissions. ». Et de nombreux scientifiques plaidaient cette semaine pour un reconfinement. “Jean-François Delfraissy a estimé dimanche que les nouveaux variants « changent complètement la donne ». (LeMonde)

La question se posait, et semble se poser encore de l’allongement des vacances d’hiver.Hypothèse évoquée par le porte parole du gouvernement jeudi matin, alors qu’au même moment le ministre de l’éducation disait le contraire. Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs été interdit de micro à la suite de cette cacophonie (selon Gala). En effet, “alors qu’un troisième confinement se profile, le ministre de l’Education réaffirme sa volonté de laisser les écoles ouvertes.
Laisser les écoles ouvertes quoiqu’il en coûte ? S’interroge Pascale Fourier sur son blog “ Responsable de la santé au travail de près de 850.000 de ses agents en poste devant élèves, que propose-t-il alors ? La fourniture de deux masques chirurgicaux par jour en remplacement des « masques-slips » ? Une priorité pour la vaccination de ceux qui seraient volontaires ? Non, rien.”

Certaines écoles se préparent à une éventuelle fermeture, en l’absence de consignes.
“ Pour ne pas être pris au dépourvu, les enseignants ont parfois perfectionné leurs outils pédagogiques en ligne et formé leurs élèves.”
A propos de l’enseignement à distance, un rapport est sorti sur le confinement de l’an dernier. “A partir d’une enquête réalisée auprès de 400 enseignants, l’Inspection générale de l’Education nationale porte un regard très critique sur la poursuite de l’enseignement pendant le premier confinement. Il préconise d’améliorer la formation pour les cours à distance, dans la perspective d’un éventuel reconfinement des écoles.” L’article


Déprime

Du côté des étudiants, la déprime augmente. Elle est d’abord le fait des cours à distance depuis plusieurs mois.
La galère des cours à distance : « La connexion a coupé… Je n’ai pas entendu la question » “Les syndicats étudiants ont appelé à manifester ce mercredi pour un « plan d’urgence ». Ils pointent le distanciel comme l’une des causes de leur mal-être. Reportage en cité U à Amiens dans la Somme.”
Cours en ligne : « L’enseignement désincarné est un simulacre »"Alors que débute le second semestre universitaire, élèves et enseignants vivent leur première rentrée en « distanciel ». Mais sans la dimension charnelle de l’expérience pédagogique, l’enseignement est dénaturé, déplore, dans une tribune au « Monde », Céline Letemplé, professeure d’anglais.”

Cette situation qui dure entraîne d’importantes difficultés, déprime, burn out, voire pire.
« Enseignants et étudiants, on est déjà tous en burn-out » : le monde de l’éducation en plein désarroi face à la gestion de la crise sanitaire
“Du secondaire au supérieur, élèves et professeurs ont manifesté, mardi, pour réclamer des moyens afin d’assurer à tous une continuité pédagogique en présentiel.”
Par Soazig Le Nevé

Pire : de nombreux étudiants doivent choisir entre manger et étudier car ils ont perdu l’emploi qui leur permettait d’avoir un revenu. On les voit très nombreux dans les distributions des associations caritatives. C’est pourquoi le programme des repas étudiants à un euro est bienvenue.
« Depuis le 25 janvier, tous les étudiants peuvent bénéficier de repas à un euro dans 400 points de distribution ouverts par les Crous. Un coup de pouce bienvenu en pleine crise sanitaire. »

Et le retour en présentiel ? Ce que prévoient les grandes écoles
“Le retour à petite dose de tous les étudiants dans leurs établissements, annoncé par Emmanuel Macron jeudi dernier, se mettra en place à partir de lundi et d’ici au 8 février au plus tard. Dans les grandes écoles, tous les étudiants n’ont pas la même envie de présentiel.”


Pour changer

Voici quelques articles intéressants et moins déprimants qui sont sortis cette semaine.

Tout d’abord, un article sur les professeurs documentaliste dont le métier est méconnu.« La caricature de la “dame du CDI”, c’est fini ! » : le blues des professeurs-documentalistes
« Les « profs-docs » se sont mobilisés en décembre après avoir été exclus du versement d’une prime informatique. Sans discipline propre, sans heures de cours dédiées ni salle de classe, la profession manque de reconnaissance et fait face à des difficultés au quotidien. » Par Séverin Graveleau.
Mais aussi une incursion chez un CPE.
“Insolence, bagarre, racket... Petit florilège des agressions auxquelles sont régulièrement confrontés les deux CPE d’un collège du nord-est parisien.” France Culture.

Quelques pistes pour démocratiser l’accès aux grandes écoles.
“Un rapport de l’Institut des Politiques Publiques publié en janvier révèle l’échec des tentatives mises en place depuis les années 2000 pour démocratiser les grandes écoles. C’est en réalité dès le lycée, lorsque les élèves formulent leurs vœux, que les mesures seraient les plus efficaces.”
Car en fait, dans les grandes écoles, la diversité sociale n’a pas progressé en dix ans
“Des élèves issus des couches les plus favorisées de la société et résidant en Ile-de-France : le vivier de recrutement de ces établissements n’a pas bougé, indique une vaste étude menée par un laboratoire de l’Ecole d’économie de Paris.”

Sur le site de la FCPE, une étude sur les relations entre l’école et les familles"L’institution scolaire, en s’ouvrant progressivement aux parents, a contribué à fabriquer une image du parent d’élève idéal, allié de l’école. Cependant, cette image du parent compétent, coopérant avec l’école et en maîtrisant les codes, fait courir le risque d’un jugement négatif sur les parents qui s’écartent de cette norme, au risque de les disqualifier à leurs propres yeux et aux yeux de l’institution. À ce titre, la formation des acteurs de l’école à la diversité des familles et à la relation à construire avec elles est une priorité, afin de ne pas redoubler les inégalités, en ajoutant aux difficultés de certains enfants celles de leurs parents face à l’école.” Par Pierre Périer, professeur en sciences de l’éducation, université Rennes 2 - CREAD

Des « apaches » aux « racailles » : « La perception de la violence change, pas les jeunes »
“Alors que le Sénat a adopté mercredi la réforme de la justice des mineurs, les historiens Véronique Blanchard et Mathias Gardet, auteurs d’un ouvrage consacré au traitement judiciaire de la délinquance juvénile dans l’après-guerre, retracent l’évolution des représentations, des normes sociales et des réponses pénales.”

Lire la suite

Stéréoptype - Les filles sont-elles vraiment nulles en maths ?

30 Janvier 2021 , Rédigé par horizon-gull Publié dans #Education

Lire la suite

Jean Zay reviens vite, ils sont devenus fous !

29 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Hommage à Jean-Zay ce mercredi 27 mai dans l'école qui porte son nom à  Grand-Quevilly

Liberté pédagogique, instrumentalisation des sciences cognitives, programmes indigestes... Un collectif de personnalités du monde de l’éducation dénonce les effets nocifs des réformes en cours et appelle la gauche à bâtir une alternative pour l'école de la République.

Tribune. Notre école va mal. Malgré les efforts et l’engagement de ses personnels, elle demeure inégalitaire, trop inégalitaire. L’architecture du système éducatif est sans cesse démontée et remontée par une frénésie de réformes, surtout depuis trois ans, souvent inefficaces, parfois délétères, aujourd’hui illisibles. Une seule certitude : tout le monde y perd.

La crise sanitaire a ravivé les sentiments contradictoires que nous inspire notre système scolaire et universitaire. Elle a placé au centre des regards l’ouverture ou la fermeture des établissements, a suscité l’expression d’un attachement très fort à l’école républicaine comme les plus vives critiques envers certains de ses fonctionnements.

L’école devrait être une promesse d’égalité sociale et d’émancipation pour tous les enfants. Or elle devient un instrument à formater, à broyer ceux qui n’entrent pas dans le moule au rythme prévu, ou selon les procédures gérées par les algorithmes d’orientation. Voulons-nous que les élèves soient de simple «machines à apprendre» ou à déchiffrer ? Que les étudiants soient renvoyés à leur solitude, sans accompagnement ou conseils, livrés à la responsabilité de «leurs» choix ? Que les chances de réussite soient à ce point dictées par le milieu social ? Est-ce le système scolaire que nous voulons ?

Véritable débat démocratique

Notre école a plus que jamais besoin d’humanité, de justice, d’échanges et de coopération. Certes, nous savons qu’elle ne peut pas créer le progrès social à elle seule, et qu’il faut agir en parallèle sur son environnement : la santé, le logement, l’emploi, la lutte contre la précarité, l’exclusion sociale, tous les racismes et autres discriminations. Mais nous savons aussi qu’il ne peut y avoir ni justice, ni démocratie authentique sans que l’on rende à l’Ecole publique sa place centrale dans la construction d’un projet politique de gauche.

Des générations d’enfants vont devoir faire face à de nombreux bouleversements sanitaires, écologiques, économiques, sociaux, humains. C’est pourquoi il est urgent de permettre à toutes et tous de découvrir ce que sont et comment doivent s’incarner l’intérêt général, la solidarité et le partage. La transmission des connaissances est plus que jamais nécessaire mais à condition qu’elle s’accompagne d’une formation à la lucidité et à l’esprit critique, qu’elle soit animée par le souci constant de former chacune et chacun au véritable débat démocratique.

Tant de défis mettent la République face à ses devoirs : aucun personnel enseignant ne doit être mis devant des élèves sans une solide formation académique, didactique et pédagogique permettant le travail collaboratif, la connaissance du système éducatif et celle du développement des élèves dans toutes ses dimensions, cognitives et émotionnelles, physiques et sociologiques. Aucun personnel de vie scolaire, aucun médecin, aucun psychologue, aucun agent intervenant auprès d’eux ne doit manquer au sein du service public. Et tous doivent pouvoir disposer de temps pour travailler ensemble.

Il faut en finir avec toutes les précarités et privatisations des aides éducatives qui ruinent la qualité du travail. En finir également avec l’entassement de dispositifs et de directives contradictoires émises dans la précipitation ; en finir avec des rythmes scolaires inadaptés, avec des classes surchargées dans des établissements trop grands et mal entretenus ; en finir avec la logique de concurrence et de tri social induite par l’inflation des évaluations, en finir surtout avec une politique qui se réfugie derrière le paravent des restrictions budgétaires pour justifier ses errances.

Education nationale caporalisée

Commençons donc par admettre que toutes celles et ceux qui sont sur le terrain ont quelque chose à dire à ceux qui les dirigent – et non seulement l’inverse – et que les élèves eux-mêmes, ainsi que leurs parents doivent être associés aux réflexions. Ainsi, la première tâche à laquelle devra s’atteler le ou la prochaine ministre de l’Education nationale est la construction d’une réelle démocratie scolaire qui donne aux acteurs et actrices toute leur capacité d’initiative et de réflexion. Alors on verra que les colères actuelles sont nées des erreurs majeures de ces trois dernières années : les faux-semblants des dédoublements de CP, argument publicitaire qui cache des situations diverses et inégalitaires selon les écoles ; la réforme du lycée qui désorganise les établissements et désoriente les élèves ; les programmes indigestes ne laissant plus aucune place ni aux savoirs critiques, ni à la liberté pédagogique ; les instrumentalisations des sciences cognitives dévoyées et transformées en produits de substitution aux approches sociologiques et philosophiques de l’école etc. Hélas, la liste est longue.

Nous avons besoin d’un projet éducatif à long terme, de la maternelle à l’université, solide et stable, échappant aux caprices d’un ministre, à la temporalité politicienne, et garanti par l’existence d’une instance supérieure représentant toutes les forces vives de la société, indépendante, garante de l’acceptation, du suivi et de la continuité des réformes éducatives. Nous appelons donc à ce que l’éducation soit au cœur des échéances électorales à venir et que ceux et celles qui solliciteront nos suffrages nous montrent concrètement comme elle peut relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés.

Certaines expériences historiques peuvent nous inspirer. Celle du ministère Jean Zay par exemple sous le Front Populaire, ou du plan Langevin Wallon en 1947 malheureusement resté lettre-morte. Les deux plaçaient, au-dessus de tout, la boussole de la démocratisation scolaire. Mobilisons-nous contre les coups portés à une Education nationale caporalisée et vendue à la découpe. Nous créons aujourd’hui le collectif Jean Zay pour bâtir le projet d’une école démocratique, progressiste, laïque, républicaine. Le chemin est long et ce texte n’est qu’un premier pas. Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent nos idées à les porter ensemble.

Signataires : Marc Bablet, Inspecteur académique honoraire ; Said Benmouffok Professeur de philosophie, conseiller éducation à la Mairie de Paris ; Pascal Bouchard, Journaliste spécialisé en éducation ; Agathe Cagé, Politiste ; Laurence De Cock, Professeure d’histoire-géographie ; Veronique Decker, Directrice d’école honoraire ; Delphine Guichard, Professeure des écoles, auteure du compte @Charivari à l’école ; Delphine Hammel, Cadre territoriale spécialisée en politiques éducatives ;Patricia Legris, Maitresse de conférence à l’université Rennes 2 : Olivier Loubes, Professeur d’histoire en CPGE ; Philippe Meirieu, Professeur en sciences de l’éducation à l’université Lyon 2 ; Joelle Paris, Responsable FCPE Hauts-de-Seine ; Philippe Watrelot, Professeur de SES, formateur à l’INSPE Sorbonne-Université ; Rachid Zerrouki, Professeur en SEGPA, auteur du compte @Rachid l’instit.

Le Collectif Jean Zay rassemble plusieurs personnalités du monde de l’éducation engagées à construire un projet politique pour l’élection présidentielle de 2022.

Lire la suite

"Les tentatives de suicides des enfants ont doublé"...

29 Janvier 2021 , Rédigé par RTL Publié dans #Education

page 17) - Julia2019

Coronavirus : "Les tentatives de suicides des enfants ont doublé", alarme une pédiatre

INVITÉE RTL - Pauline Chaste, cheffe du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker à Paris, s'inquiète d'une "vague qui ne ralentit pas" depuis novembre à cause notamment de "l'aspect anxiogène de la situation".

Les conséquences de l'épidémie de coronavirus et des confinements successifs sont alarmantes chez les enfants et de nombreux pédiatres appellent à ce que les écoles restent ouvertes dans les prochaines semaines. C'est le cas de Pauline Chaste, cheffe du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker à Paris, qui livre un chiffre glaçant sur la situation : "on a observé un doublement des tentatives de suicides" chez les enfants de moins de 15 ans "depuis début novembre".

"C'est un constat que l'on a partagé avec d'autres collègues de pédopsychiatrie, notamment à la Pitié Salpêtrière et à l'hôpital Robert Debré" alarme Pauline Chaste. Elle explique que cette situation est inédite puisque "quand on compare aux autres années, en septembre-octobre, on était proche des années les plus hautes et depuis novembre, on est vraiment très au-dessus avec un doublement des tentatives de suicides".

"Cette vague ne ralentit pas" s'inquiète la pédiatre qui souligne qu'"on a pas d'autres explications que la succession des confinements et l'aspect anxiogène de la situation". Autre point d'alerte que souligne Pauline Chaste, "une des augmentations importantes est liée aux tentatives de suicides violentes comme les défénestrations par exemple". Elle ajoute être inquiète à court terme car "les hôpitaux sont saturés et on ne sait plus où hospitaliser les enfants

Lire la suite

A lire... Covid-19 : une crise organisationnelle (+ vidéo)

29 Janvier 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

EXTRAIT

"Le 17 mars 2020, devant la menace que fait peser le Coronavirus sur la santé de la population, la France entre en confinement. Aux premiers instants de stupeur succède rapidement un très large consentement à respecter une mesure pourtant inédite, perturbante et à bien des égards hors norme. Du jour au lendemain, la vie se déplace des espaces publics et de travail vers les espaces privés. L’activité économique connaît un ralentissement brutal. Les frontières se referment, tandis que les transports collectifs s’arrêtent. Tous les soirs, le pays suit la situation dans les hôpitaux publics, placés en première ligne de ce qu’Emmanuel Macron a qualifié le 12 mars au soir de « guerre contre un virus ».

Ce qui surprend dans ce basculement, outre son ampleur et sa rapidité, c’est son caractère apparemment inévitable. Rares sont les voix qui s’élèvent alors pour contester la mesure ou en suggérer d’autres, moins radicales. À l’heure où nous écrivons ces lignes, elle semble encore faire largement consensus. Et si certains aujourd’hui regrettent son caractère uniforme, sans aucune forme d’ajustement à des situations individuelles ou locales, ils admettent volontiers qu’au vu des données qui étaient alors disponibles, ils auraient probablement pris la même décision. Bref, alors que la gestion de la crise fait l’objet de nombreuses critiques et de plaintes en justice, la décision de confiner qui est pourtant au cœur de l’action de l’État durant la pandémie de Coronavirus n’est guère (ou pas encore) remise en cause."

Covid-19 : une crise organisationnelle

Une enquête « à chaud » auprès d'acteurs de la crise du Covid-19, qui, plutôt que des défaillances individuelles ou des dysfonctionnements techniques, met en avant des facteurs organisationnels : mauvaises leçons tirées du passé, faux sentiment de sécurité, confiance aveugle dans les outils de planification.

De mars à mai 2020, les Français ont dû rester confinés chez eux. Comment cette mesure aux effets considérables a-t-elle pu être présentée comme la seule solution face à la pandémie de Covid-19 ?

Les auteurs, qui ont mené l'enquête « à chaud » auprès d’acteurs de la crise, formulent quelques hypothèses originales. Plutôt que des défaillances individuelles ou des dysfonctionnements techniques, ils mettent en avant des facteurs organisationnels : mauvaises leçons tirées du passé, faux sentiment de sécurité, confiance aveugle dans les outils de planification.

Leur analyse des relations de pouvoir dans la gestion de la crise révèle d’autres phénomènes surprenants, tels que la création de nouvelles instances dans un paysage déjà saturé d’organisations et le niveau inédit de coopération au sein des hôpitaux..

Lire la suite

Blanquer/Attal - "Ministre-amateur, c'est un métier"

29 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

https://www.francetvinfo.fr/image/75rszkwhj-224e/580/326/20780677.jpg

L'un sur France Inter, l'autre sur France 2, Attal et Blanquer se sont contredits au même moment ce jeudi matin à propos du rallongement des vacances scolaires pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Il y a au moins une constante dans la gestion de la crise du Covid-19, c’est la capacité, somme toute assez incroyable, du gouvernement à se contredire tout seul. Loin de nous l’idée de traquer la moindre petite erreur comme des procureurs mais, tout de même...

Sur France Inter, Gabriel Attal évoque l’hypothèse remise au goût du jour d'un reconfiement «serré» avec, notamment, la fermeture des écoles. «On a toujours comme boussole, autant que c’est possible, de permettre à nos enfants d’aller à l’école», assure-t-il. Et le porte-parole du gouvernement d’aborder la possibilité d’allonger les vacances d’hiver. «Tous les scénarios sont sur la table, rien n’est exclu. On arrive sur une période de vacances de février où sur un mois, selon les trois zones, il y a les vacances. Il est donc possible de réfléchir à rallonger les vacances d’un côté et de l’autre. Mais notre objectif reste que les enfants puissent continuer à apprendre», a-t-il ajouté. Ce scénario, proposé notamment par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, est donc sur la table.

Oui mais non

Mais au même moment sur France 2, le ministre de l’Education nationale passe un coup d’éponge et hop, la table est quasiment vide. «Ça serait un moindre mal. Mais encore faut-il démontrer que les vacances sont moins contaminantes comme période que la période scolaire. Ce n’est pas acquis. Je constate qu’au retour des vacances de la Toussaint et des vacances de Noël, on a une courbe épidémique qui monte dans les dix jours qui suivent et qui montre que c’est plutôt dans la période extra-scolaire qu’on s’est contaminé», indique Jean-Michel Blanquer. 

Et le même de préciser, toutefois, que «rien n’est jamais exclu». D’autant que le ministre lui-même assure se baser sur uniquement trois sources scientifiques dont… le conseil scientifique. Les parents d’enfants scolarisés, eux, attendront encore un peu avant d’en savoir plus. Ou pas. Enfin peut-être.

Sylvain Chazot

Lire la suite

Reconfinement : certaines écoles sont déjà préparées à l'enseignement à distance, en cas de fermeture

29 Janvier 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Reconfinement : certaines écoles sont déjà préparées à l'enseignement à distance, en cas de fermeture

Les établissements scolaires pourront-ils éviter la fermeture si le gouvernement annonçait un troisième confinement lié à l'épidémie de Covid-19 ? Pour ne pas être pris au dépourvu, les enseignants ont parfois perfectionné leurs outils pédagogiques en ligne et formé leurs élèves.

Dans la classe de CM1 de Catherine Deutsch, jeudi 28 janvier, c'est répétition générale : "En cas de confinement, qu'est-ce que vous faites les loulous ?", demande l'enseignante de cette école du 20e arrondissement de Paris, classée en éducation prioritaire. Vous tapez l'adresse de mon site.... Et quand on clique sur le bouton, c'est le questionnaire qui apparaît". Cette fois, Catherine Deutsch l'assure, elle ne sera pas prise au dépourvu.

Une demande du rectorat

Si l'école devait fermer en raison d'un reconfinement, la professeure des écoles a amélioré son site mis sur pied à la va-vite l'an dernier avec quizz et exercices. De quoi être sereine pour ses élèves : "Eux ils sont préparés depuis septembre, le site est déjà prêt, les élèves connaissent les règles, ils sont tous équipés. C'est assimilé pour eux donc je leur dis : 'si on est confinés à partir de demain, demain matin on se donne rendez-vous sur le site internet', ça fonctionne."

"On n'est plus du tout dans le même scénario que l'année dernière où tout était nouveau, ils connaissent."

Catherine Deutsch, enseignante en CM1 à franceinfo

D'ailleurs, le rectorat de la capitale vient de demander aux directeurs d'écoles de vérifier si les "dispositifs d'enseignement à distance" étaient prêts à être activés. C'est bien le cas, dans cette école de l'est parisien, selon sa directrice Pauline Grouas-Laurent : "On sait déjà comment on va organiser l'enseignement de la petite section jusqu'au CM2. On a par exemple en CP des enseignants qui travaillent une communication par mail quotidienne, en CM2 de la classe virtuelle, en CM1 le site de la classe, etc."

"Parfois les parents ne comprennent pas trop, on ne sait pas quoi faire"

Tous ces dispositifs virtuels ne calment cependant pas l'appréhension d'Amira, 9 ans : "Je n'aime pas trop rester tout le temps à la maison et travailler sur l'ordinateur. Je n'ai pas très envie qu'on soit reconfinés parce qu'on n'est pas très concentrés avec les bruits de la maison. Parfois les parents ne comprennent pas trop, on ne sait pas quoi faire." D'autant qu'à en croire les syndicats, toutes les écoles ne sont pas aussi préparées. Depuis le premier confinement, aucune formation n'a été mise en place pour l'enseignement à distance, selon le SNUIPP, et la prime d'équipement informatique de 150 euros n'a toujours pas été versée.

Dans l'immédiat, Pauline, la directrice de cette école parisienne aimerait surtout pouvoir anticiper : "Ce qui est difficile c'est de ne pas savoir comment on fera dans quinze jours. On a besoin de le savoir vite, que l'on ne soit pas dans le flou le plus total tout le temps". La hantise de tout directeur : devoir tout réorganiser du jour au lendemain comme en 2020.

Alexis Morel

Lire la suite

Confinement «serré» ou vacances scolaires fusionnées, le gouvernement occupe le terrain médiatique

28 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Déconfinement : les Français sont "massivement inquiets", selon Alain  Duhamel

A l'orée de deux grosses journées de concertation à tous les étages, les membres du gouvernement font assaut de pédagogie dans les médias, préparant les esprits à de nouvelles décisions.

De quel «retour vers le futur» la France va-t-elle écoper ? Un confinement calqué sur celui de mars dernier, ou un ressemblant à celui de novembre ? Avec ou sans écoles ouvertes, en d’autres termes. Avant d’engager quarante-huit heures de consultations avec les partenaires sociaux et les partis politiques, l’exécutif a fait (de nouveau) assaut de pédagogie médiatique et sanitaire jeudi après quatre jours d’une cacophonie grandissante au sommet de l’Etat sur le tour de vis à venir. 

A la sortie du Conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a évoqué un confinement «serré», déclenchant un vaste exercice d’exégèse de la parole officielle dans tous les sens. Jeudi, il a (un peu) précisé le terme, évoquant sur France Inter le retour à un «confinement qui a des effets suffisamment rapides et efficaces pour freiner davantage la circulation du virus». Ce qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick mais qui permet d’occuper l’espace en attendant un hypothétique Conseil de défense sanitaire ce week-end. «Ce n’est pas des décisions qu’on prend au pifomètre, ça se travaille avec les scientifiques, avec les épidémiologistes», a-t-il insisté, concédant en creux que toute précipitation serait socialement compliquée à assumer après quasiment un an de vie suspendue pour cause de pandémie: «Si on avait annoncé des décisions avant les deux semaines [annoncées pour faire le bilan du couvre-feu national à 18 heures, ndlr], les Français nous l’auraient reproché.»

Allonger les vacances de février 

Au même moment sur France 2, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, était lui aussi interrogé sur le retour de restrictions très strictes comme au printemps : pas d’école pour les enfants, commerces fermés, règle du kilomètre maximum ou une seule heure de sortie autorisée ? «Il ne faut s’interdire aucun scénario donc nous travaillons à ce scénario mais ce n’est pas celui qu’on privilégie a priori», a fait valoir Blanquer. Dans les écoles, «à ce stade, les contaminations n’explosent pas», a-t-il assuré, soulignant une fois encore que la France était «l’un des pays qui, en 2020, aura le plus sauvegardé de jours de classes pour les enfants», une «victoire» et une «fierté collective».

Quid des vacances scolaires qui, pour la zone A (qui comprend les académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Poitiers) doivent débuter samedi 6 février ? «On a toujours comme boussole, autant que c’est possible, de permettre à nos enfants d’aller à l’école, a abondé Gabriel Attal. On arrive dans la période des vacances de février […] Il est évidemment possible d’allonger les vacances d’un côté ou de l’autre», comme l’avait suggéré le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, dans Libération mardi.

Jean Castex doit mener jeudi et vendredi une série de consultations avec des parlementaires, associations d’élus et partenaires sociaux. Le Premier ministre débutera ce cycle de visio-conférences à 15 heures avec les présidents de groupe du Sénat, avant d’échanger avec ceux de l’Assemblée nationale à 16 h 45. Accompagné de plusieurs membres du gouvernement pour ces rendez-vous (Olivier Véran, Marc Fesneau, Gabriel Attal, Jacqueline Gourault), il consultera ensuite les associations d’élus à 18 h 30. Enfin, il fera un même point de situation vendredi à 15 h 30 avec les partenaires sociaux, notamment en compagnie de la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Laure Bretton

Lire la suite