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Vivement l'Ecole!

education

Après sa déroute électorale, Blanquer bénéficie de la création express d’un poste à l’université Assas

22 Juin 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

https://www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/0/2/213602-universite-paris-2-assas-dr-580x310.jpg

EXTRAITS

Le président de l’université Panthéon-Assas a été saisi d’une demande « exceptionnelle » : ouvrir un poste sur mesure pour accueillir l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, défait aux législatives.

L’enseignement supérieur ne manque visiblement pas toujours de moyens. L’université Paris 2 (Panthéon-Assas) a exceptionnellement décidé d’ouvrir un poste sur mesure au sein de son département de droit public pour accueillir l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, tout juste défait aux élections législatives, selon des informations de Mediapart.

La possibilité de créer ce poste ad hoc, à l’heure où les universités affrontent depuis des années une lourde pénurie de personnels, s’est concrétisée vendredi 17 juin, cinq jours après le premier tour des élections. Elle doit être finalisée prochainement, à l’occasion d’une réunion du département de droit public.

Première incongruité : elle a été annoncée par le président de l’université Stéphane Braconnier lui-même, et non par le directeur du département. Deuxième source de questionnement : le calendrier de l’annonce, intervenue quelques jours seulement après l’élimination, le dimanche 12 juin, de Jean-Michel Blanquer au 1er tour dans la 4circonscription du Loiret et alors qu’aucun poste n’avait été envisagé jusque-là. Troisième interrogation : les raisons de ce recrutement express.

(...)

Dans un message adressé à ses équipes, le président Stéphane Braconnier n’a pas caché le « caractère inhabituel, voire exceptionnel, de la demande », dont il dit avoir été « saisi »« Il m’a été demandé, en effet, d’envisager la possibilité d’accueillir au sein de notre université l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, agrégé de droit public en 1996 et spécialiste de droit constitutionnel et de droit public comparé », poursuit Stéphane Braconnier, lui-même professeur en droit public.

(...)

Dans son message, Stéphane Braconnier développe ensuite les raisons pour lesquelles le recrutement de Jean-Michel Blanquer, auquel il se dit « favorable », représenterait une bonne nouvelle pour l’université.

D’abord, « son arrivée éventuelle » se ferait sur un « emploi dédié et nouvellement créé », qui resterait donc « acquis de manière définitive à notre université », se félicite le président. Avant d’insister sur ce point : « Cette mutation, si elle devait se réaliser, permettrait à notre département d’obtenir de manière pérenne un poste supplémentaire de professeur, ce qui nous donnerait les moyens d’envisager des réductions d’effectifs [d’étudiants – ndlr] dans des cours ou séminaires pour lesquels cela peut s’avérer utile. »

Ensuite, estime le président de l’université, « l’arrivée d’un ancien ministre dans nos effectifs [de professeurs  ndlr] contribue, de manière générale, au prestige et donc à l’attractivité de notre établissement »« Même si cela n’est pas déterminant, ajoute Stéphane Braconnier, nous ne pouvons y être indifférents à un moment où la concurrence entre les établissements d’enseignement supérieur devient plus vive que jamais. » Et de considérer que sa « présidence pourrait bénéficier des contacts et de l’expertise institutionnelle de M. Blanquer » « Cela serait particulièrement précieux dans une période où plusieurs projets d’envergure sont lancés, qui nécessitent, pour certains, de nombreux appuis. »

(...)

« Comment peut-on imaginer que les deux tiers des cours d’une année soient faits par des gens qui ne sont pas titulaires ? », interrogeait alors, dans les colonnes de Libération, Anne Roger, secrétaire générale du syndicat SNESUP-FSU. « Ce n’est pas possible, c’est ingérable… » Impossible, sauf quand le candidat pour un nouveau poste est un ancien ministre. 

Sarah Brethes et Antton Rouget

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« Une vraie expérimentation républicaine pour répondre à la privatisation en marche de l’école »

21 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Une vraie expérimentation républicaine pour répondre à la privatisation en marche de l’école »

EXTRAITS

Le projet pour l’école d’Emmanuel Macron est une illusion, selon l’ancien recteur et directeur de cabinet de Vincent Peillon, Pierre-Yves Duwoye. Il appelle la communauté éducative à réclamer une loi d’expérimentation.

Le projet éducatif du président est un leurre destiné à faire croire, notamment aux professeurs, qu’ils auront la main pour faire bouger le système alors qu’il faut une loi d’expérimentation pour cela. Pendant ce temps, le gouvernement s’engagera plus résolument dans la voie d’une école libérale avec des unités d’enseignement en concurrence, choisissant leurs professeurs et leurs élèves, face à des parents consommateurs d’école. Ce projet accroîtra l’entre-soi et la ségrégation sociale. Pour autant, peut-on se satisfaire du fonctionnement de notre école publique actuelle – qui, en adoptant les mêmes règles de fonctionnement et la même organisation en tout point du territoire, estime garantir l’égalité des chances et la justice scolaire ?

De fait, l’école française est la meilleure du monde… mais pour 50 % des élèves ! Egalitaire dans les intentions, inéquitable dans les faits. Organisés de manière trop uniforme, les enseignements ne permettent pas de faire réussir tous les élèves à la hauteur de leurs possibilités. Parce que les rapports aux savoirs et à l’institution scolaire varient d’un enfant à l’autre, que les façons d’appréhender un sujet, de s’approprier une connaissance sont différentes et que l’école n’y répond que partiellement, malgré les efforts continus des professeurs pour adapter leur pédagogie.

(...)

Une indispensable revalorisation

Beaucoup de choses se font déjà sans être reconnues, il faut les évaluer pour les consolider. Une loi permettrait d’expérimenter sur l’organisation même des unités d’enseignement, notamment sur les réseaux, ainsi que sur l’exercice du métier d’enseignant. Les professeurs doivent s’en saisir, sinon cela se fera sans eux.

C’est aux équipes de se saisir de tels projets dans une dynamique collective et non de concurrence. Pas question, donc, de rémunération au mérite appuyée sur les résultats des élèves – c’est une imposture –, mais une juste rémunération négociée pour des tâches ou des activités nouvelles ou supplémentaires, au-delà de l’indispensable revalorisation de base. C’est au Parlement qu’il revient de rendre possibles ces évolutions profondes en instaurant un cadre d’expérimentation prévu par l’article 37-1 1 de la Constitution. La clarté politique commande qu’une loi, débattue et approuvée par la représentation nationale, fixe le périmètre et les modalités de cette expérimentation parce qu’elle touchera au fonctionnement même de l’école. C’est aussi une garantie démocratique.

Pas de débats « locaux » bidons sur des questions que les équipes de terrain ont déjà comprises et analysées, mais un cadre légal pour qu’elles agissent. Si la communauté éducative ne se saisit pas elle-même de l’avenir de l’école de la République, l’alternative de la privatisation s’imposera.

Pierre-Yves Duwoye(ancien recteur et directeur de cabinet de Vincent Peillon)

https://www.lemonde.fr/education/article/2022/06/21/une-vraie-experimentation-republicaine-pour-repondre-a-la-privatisation-en-marche-de-l-ecole_6131322_1473685.html?xtor=EPR-33281056-[education]-20220621-[_titre_1]&M_BT=115764035545371

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Pour le grand oral du bac Blanquer, une saison 2 poussive et «chaotique»

21 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Grand oral du bac : dates et infos sur l'épreuve

La deuxième édition de l’épreuve commence ce lundi pour plus de 500 000 candidats. Malgré le retour d’expérience de 2021, élèves et professeurs pointent des problèmes structurels empêchant une préparation sereine. Des insuffisances faisant le lit du privé, qui creuse un peu plus l’écart au profit des plus aisés.

Aurore s’est inspirée de l’actualité pour son sujet de grand oral : «L’Allemagne et son positionnement vis-à-vis de la Russie avec le conflit actuel en Ukraine.» En terminale au lycée Camille-Guérin à Poitiers (Vienne) – doublette de spécialités histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) et sciences économiques et sociales –, elle martèle son «envie claire et nette de réussir cette épreuve, malgré les difficultés qu’on peut rencontrer». Avec plus ou moins de niaque, voire la motivation en berne, plus de 520 000 candidats se préparent dès lundi et jusqu’au 1er juillet à passer leur grand oral, dernière étape de ce nouveau bac allégé en épreuves.

L’un des totems de la réforme Blanquer, entré en vigueur en 2019, cet oral a été expérimenté pour la première fois l’an dernier. Comptant pour 10% de la note finale en filière générale et 14% en filière technologique, il se déroule en trois phases : une présentation de cinq minutes sur une question portant sur l’une ou les deux spécialités de l’élève (un sujet choisi et préparé en amont) ; dix minutes de questions-réponses sur cette problématique ; puis cinq minutes d’échange sur le projet d’orientation du candidat. Le jury est composé de deux professeurs, dont l’un enseigne dans l’une des spécialités de l’élève.

«Mise en œuvre largement perfectible»

Ce grand oral est critiqué pour son caractère socialement discriminant et trop formel, où l’évaluation des qualités oratoires prend le pas sur le reste. «Il vous suffit de répondre à quelques exigences de forme pour cocher toutes les cases», juge Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Dans cet exercice d’éloquence plus que de connaissances, difficile pour les enseignants de parvenir à trouver leur place. «Ils se sentent peu légitimes pour accompagner les élèves sur la forme», constate Thomas Comtet, directeur général de l’association Trouve ta voix qui intervient gratuitement dans des lycées prioritaires franciliens pour des initiations à la prise de parole en public. Si des profs ont été formés à cette nouvelle épreuve en visio ou en présentiel, force est de constater que des manques perdurent. «Dans mon établissement, aucun de mes collègues de SVT n’a reçu de formation, pointe Matthieu, professeur de SVT dans un lycée du Mans (Sarthe). Sur le papier, cet oral pouvait être intéressant mais sa mise en œuvre est largement perfectible.»

Submergée de propositions de webinaires de toutes sortes, Margaux (1), enseignante d’histoire-géographie dans un lycée parisien, concède : «Avec ce nouveau programme en spécialité HGGSP très costaud, je n’ai pas eu le temps. Il y avait peut-être l’illusion aussi qu’il n’y avait pas besoin [de se préparer] et que ça ne répondrait pas à nos soucis.» Formateur en art oratoire, Paul Vialard, qui a accompagné des professeurs dans le cadre de ce nouveau bac, voit dans cette réforme une «dynamique de long terme» permettant à «l’enseignement de l’oral d’irriguer tous les niveaux de scolarité alors que la France a un réel déficit».

Après une année de lancement chaotique – où le grand oral faisait figure de survivant d’un bac décimé par la pandémie – Matthieu, l’enseignant sarthois, reconnaît «des améliorations conjoncturelles» liées à une situation sanitaire plus apaisée. Un «mieux» relevé également par Thomas Comtet, «parce qu’il y a un précédent pour les élèves comme pour les professeurs». Fabrice Frattini, professeur de mathématiques au lycée Gutenberg de Créteil (Val-de-Marne), nuance : «Dans mon établissement, peu de profs de spécialité ont été convoqués pour être dans le jury l’an dernier. On sait lire les bulletins officiels [comportant la description de l’épreuve et la grille d’évaluation, ndlr] mais on n’a pas le retour d’expérience.» Cette préparation inégale des professeurs fait directement écho à celle des élèves, parfois poussive, et du temps consacré à cet exercice.

Manque de temps et démotivation

«Il n’y a aucune plage dédiée à la préparation du grand oral dans l’emploi du temps [contrairement aux engagements de Jean-Michel Blanquer à l’annonce de la réforme], des programmes de spécialités toujours aussi lourds à boucler. On n’a pas le temps d’entraîner correctement les élèves à ces épreuves», lâche Matthieu. Un constat dressé par l’ensemble des enseignants interrogés. Cet étau s’est trouvé encore resserré par le report des écrits de spécialités à la mi-mai au lieu de la mi-mars, en raison de la pandémie. «Dans mon lycée, on avait une heure chaque semaine pour travailler dessus avec un professeur, ce n’est pas le cas dans d’autres établissements», illustre Julie, scolarisée au lycée Georges-Brassens à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime), en précisant que «sans cette heure, ça aurait été plus compliqué».

Dans de nombreuses classes, cet ajournement n’aura fait que réduire le temps à consacrer à la préparation du «Grand O». «On a mis les élèves au travail surtout depuis le 12 mai, parce qu’avant on était dans la course pour préparer les écrits. Pour travailler l’oral, il faut avoir traité une bonne partie du programme. C’est très difficile de le faire dès novembre ou janvier», déplore Margaux, enseignante dans un lycée parisien. Même constat du côté de Créteil et du Mans où la «préparation s’est faite sur un temps assez court en fin d’année», loin de la perspective d’un travail étalé sur deux ans promise initialement. Oumarou, en terminale au lycée Gutenberg à Créteil, avoue s’être «senti comme s’[il] étai[t] en vacances» après les épreuves de spécialités«Je n’avais plus envie de travailler, d’apprendre. Elles m’ont achevé.» Il ne s’est réellement penché sur son grand oral que deux semaines avant la date butoir. Une démotivation relevée aussi par le Snes-FSU : «Au lendemain de ces épreuves, on a vu des élèves être bien plus absents, ou être là sans être là. Ils estiment que leur année est finie.»

Entre les jours fériés, les journées dévolues à la correction des écrits et autre bac blanc de philo, Margaux n’a pas eu ses effectifs au complet depuis la mi-mai. «Ce calendrier erratique entraîne une perte de lien. Je n’ai pas pu les préparer car mes élèves étaient extrêmement fuyants : soit ils étaient absents, soit ils ne faisaient pas le travail demandé. En terminale, en fin d’année, vous n’avez plus de prise, il n’y a même plus la carotte de la note», souffle la prof d’histoire-géo, désabusée. Certains élèves lui ont même «demandé un sujet à présenter lors du grand oral le dernier jour de cours. C’est la première fois que j’ai eu envie de démissionner de l’Education nationale».

«Vends sujet de SES pour 20 euros»

Chaque sujet étant personnel, les enseignants se retrouvent contraints d’individualiser leur suivi, mais impossible en si peu de temps de le faire de manière égale pour tous. «Je n’ai pu consacrer que trois minutes à certains élèves sur leur sujet alors que j’ai passé trois heures avec d’autres. Il y en a même avec qui je travaille par téléphone. Ce nouveau bac est chaotique», lance Fabrice Frattini. Pour Aurore, la lycéenne poitevine, «la préparation s’est vraiment mise en route après la mi-mai», tout comme pour Oumarou. Faute d’assez de temps en classe, Aurore échange également avec ses enseignants «très dévoués» en dehors des cours «en passant par un document partagé pour leur transmettre notre version écrite, en leur envoyant des e-mails, en s’enregistrant par audio et vidéo», indique-t-elle. Emportée dans cette course contre la montre, la lycéenne n’a pas pu passer d’oraux blancs.

Capitalisant sur le stress et la fainéantise de certains de leurs condisciples, une poignée de jeunes ont senti le bon filon en proposant sur les réseaux sociaux dès juin 2021 et jusqu’en mai de monnayer leur sujet. «Je vends mon sujet du bac anglais et SES à 15 euros, j’ai eu 15/20 au grand oral», propose l’une sur Twitter. «Ayant eu 18 au grand oral, je vends un sujet de SES pour 20 euros afin de vous garantir un résultat et une bonne note au bac», promet un autre. Contactés, certains vendeurs plaident «l’humour», assurant ne «pas avoir voulu tirer bénéfice de la galère des autres». Martin (1), lui, n’a «rien vendu» : «Les lycéens de terminale ne sont pas désespérés pour acheter des sujets et ce même à un prix dérisoire.» Cet étudiant, qui a décroché un 19 en numérique et sciences informatiques en 2021, explique sa tentative : «J’aurais beaucoup aimé, l’année dernière, trouver un sujet déjà complet dans la forme attendue et n’avoir qu’à l’apprendre par cœur.» Comme lui, Tony (1) a reçu une vingtaine de demandes. Face à la galère de «recevoir l’argent», il a «abandonné mais [a] aidé quelques personnes en les guidant dans leurs recherches». Pro bono.

Solidarité ou recherche de la facilité, les réseaux sociaux comme TikTok regorgent de sujets clés en main. «Si on avait le temps de les préparer, ces problématiques ne se poseraient pas», remarque Matthieu, alerté par des élèves sur ces pratiques. Il présage : «Dans cinq ans, ça sera pire puisque davantage d’élèves seront passés. On va vers une mascarade.» Pour éviter ces écueils, l’enseignant propose qu’une part de la notation soit réservée aux professeurs encadrant, qui évalueraient l’investissement dans la préparation comme du temps des Travaux personnels encadrés (TPE) de l’ancien bac.

Oral sous assistanat

Les élèves ne sont pas les seuls à surfer sur les insuffisances de l’Education nationale. Des entreprises privées proposent, moyennant quelques centaines d’euros, un coaching individuel ou en groupe sur une ou plusieurs séances. Alexandre Labadie, qui a longtemps travaillé dans l’enseignement privé, a lancé en septembre L’Ecole du grand oral. «Pour l’instant, je suis à une quinzaine de demandes dont certaines pour l’oral de français», explique-t-il. Conscient que l’oral est un «marqueur social» et que son offre creuse encore l’écart aux profits des plus aisés, il a lancé une chaîne YouTube dispensant des conseils gratuits. Comptez sinon 295 à 690 euros selon le nombre de séances.

Pas de «chiffres mirobolants» non plus pour Marie-Hélène Giannesini, fondatrice d’Oralsup, qui propose des offres de préparation au grand oral : une trentaine de jeunes accompagnés en groupe cette année et une soixantaine en individuel (350 à 500 euros). «Je suis plutôt en fin de carrière, je ne me suis pas dit que j’allais gagner un tas d’argent avec ça mais je ne voulais laisser passer cette belle perspective de travailler la prise de parole avec les jeunes», reconnaît celle qui a longtemps enseigné en droit et en sciences politiques. L’Ecole supérieure de journalisme de Lille s’est aussi engouffrée dans la brèche. Une centaine de jeunes ont été formés cette année individuellement (250 euros) ou collectivement. Paul Vialard, lui, compte ses coachings individuels au grand oral «sur les doigts d’une main» (une cinquantaine d’euros de l’heure) et intervient en parallèle dans des lycées de Sarcelles (Val-d’Oise) ou encore des Mureaux (Yvelines).

Qu’il soit payant ou gratuit, cet accompagnement supplémentaire pose en tout cas un problème d’égalité. «Le fait d’intervenir dans une classe plutôt qu’une autre, dans un établissement plutôt qu’un autre, crée une inégalité des chances. Ce n’est pas un rôle qu’on a envie de jouer», assure Thomas Comtet. Il appelle à accompagner «ces actions isolées» d’une vraie réflexion «systémique». Une transition que l’association Trouve ta voix espère accompagner en formant des élèves de lycées prioritaires à la prise de parole dès la seconde, sa proposition phare. Margaux, la professeure d’histoire-géo, pose, elle, un œil inquiet sur un «Grand O» sous assistance : «Que ça soit par la famille, le prof particulier ou l’achat de sujet, c’est l’idée que l’école ne répond plus aux besoins pour préparer ce bac.»

Marlène Thomas

(1) Les prénoms ont été changés.

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Un adolescent tente de se suicider dans son collège... (Etablissement privé catholique sous contrat)

21 Juin 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Comment aider les jeunes dans le besoin à l'occasion de la Journée mondiale  de la prévention du suicide ? - Humanium

Hauts-de-Seine : un adolescent tente de se suicider dans son collège, dénonçant des violences verbales d’un professeur

Un garçon de 13 ans a tenté de se défenestrer au début du mois de juin, dans un collège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) après des violences verbales de la part d'un professeur, selon les informations de franceinfo ce mardi.

Une procédure disciplinaire a été engagée contre le professeur par l'académie de Versailles après la tentative de suicide d'un collégien de 13 ans, il y a quinze jours. Le 7 juin, cet adolescent, scolarisé dans un collège de garçons de Saint-Cloud, établissement privé catholique sous contrat avec l'Etat, a tenté de sauter par la fenêtre à la fin d'un cours.

Exclu de la classe pour avoir été "dissipé", l'élève affirme avoir été insulté une première fois par ce professeur de maths. Il est ensuite rentré dans la classe à la fin du cours pour reprendre ses affaires. Là, l'enseignant l'a de nouveau insulté, selon la mère du garçon, avec des propos "très humiliants, d'aliéné mental, de débile'". Il se dirige alors vers la fenêtre "pour effectuer l'irréparable", affirme sa mère à franceinfo. "Heureusement, deux de ses copains sont aussitôt allés vers lui et l'ont supplié de ne pas faire ce geste, alors qu'il avait déjà commencé à enjambé la fenêtre. Une enseignante est également intervenue pour le calmer. Durant tout ce temps, le professeur était dans la classe et n'a pas réagi", affirme la mère de famille.

Conflit systématique avec le professeur

L'adolescent assure que les relations sont tendues avec l'enseignant depuis plusieurs mois. Sa mère raconte que "tous les jours", son fils rentre chez lui en disant "c'est parti dans tous les sens, le professeur s'est énervé", une situation qu'elle décrit comme revenir "en permanence". Elle en veut à l'enseignant et dénonce le manque d'accompagnement de la part de l'établissement qui a laissé repartir son enfant seul, après sa tentative de suicide.

Elle n'a été prévenue par le collège que le lendemain soir. À franceinfo, elle confie que ce n'est que le soir de l'évènement qu'elle a compris que quelque chose s'était déroulé en classe : "Je n'ai eu aucune alerte, personne ne m'a donné l'information sur ce fait grave. C'est en voyant les notifications sur mon téléphone, d'une discussion des parents sur un groupe WhatsApp, que j'ai l'information sur un fait grave qui s'est déroulé dans la classe. Je lis, je ne réagis pas, et j'attends la version de mon fils. En pleurs, il m'explique, en rage, que lors du cours de maths, le professeur l'a repris et insulté, avant qu'il ne tente de se défenestrer", détaille la maman. Une version qui corrobore avec la version racontée par les parents sur la messagerie, assure-t-elle, précisant s'être procuré des "audios des insultes vraiment insoutenables" prononcés par l'enseignant.

L'académie déjà saisie

La mère de l'adolescent, qui reconnait que son enfant a pu avoir un comportement dissipé en classe malgré des efforts notables depuis plusieurs mois, a porté plainte, tout comme la famille d'un autre enfant. L’académie avait été saisie, fin mars, par une famille concernant des exclusions répétées d’un élève et des mots injurieux. Le directeur du collège a indiqué, courant avril, avoir reçu l’enseignant pour rappel aux obligations et avoir organisé une médiation avec la famille.

Une enquête est ouverte. L'académie de Versailles a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’enseignant et assure avoir informé la direction diocésaine des Hauts-de-Seine, dont dépend le collège, des faits reprochés afin qu’elle puisse analyser strictement le fonctionnement de la direction de l’établissement. Les services académiques précisent par ailleurs qu'ils accompagnent l'élève et sa famille qui envisagent un changement d'établissement avec un retour vers l'enseignement public.

Noémie Bonnin

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10 points sur les salaires enseignants

19 Juin 2022 , Rédigé par Grand Continent Publié dans #Education

10 points sur les salaires enseignants

EXTRAITS

C'est une exception continentale qui s'aggrave avec le temps : les enseignants français commencent leur carrière avec un niveau de salaire inférieur d’environ 10 % à leurs homologues de l’Union européenne et de l’OCDE. Cette synthèse en 10 points, 1 carte et 9 graphiques mobilise pour la première fois des données nationales inédites sur l’évolution des salaires dans le temps long. Elle montre comment s'est installée cette situation alors que les candidats de tous bords proposent des augmentations de salaire.

KEY POINTS

- Alors qu’entre 2005 et 2019, les salaires enseignants ont augmenté en moyenne de 11 % dans les pays de l’OCDE, ils ont baissé de 2 à 6 % en France sur la même période (et de 7 % à 10 % depuis 2000).

- Un agrégé ou une agrégée au dernier échelon de la classe normale reçoit ainsi aujourd’hui un salaire net équivalent au salaire d’un ou d’une certifiée à l’échelon 9 en 1982.

- Depuis 40 ans, le salaire net mensuel moyen des enseignants du secondaire, a baissé d’environ 400€ par mois en euro constant, ce qui représente une baisse de 10 % à 15 % de leur pouvoir d’achat.

- La forte baisse du pouvoir d’achat des enseignants à partir des années 1990 n’a pas concerné tous les fonctionnaires. Les données de l’INSEE révèlent un décrochage marqué des salaires enseignants par rapport à ceux des autres cadres, et notamment des cadres de la fonction publique.

Parmi les dossiers laissés sur la table du nouveau ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, par l’ancien titulaire du poste Jean-Michel Blanquer, figure en bonne place la question de la rémunération des enseignants. Lors de l’élection présidentielle de 2022, les différents candidats ont multiplié les promesses, plus ou moins précises, d’augmentation des salaires. Le programme de Yannick Jadot et d’EELV proposait une augmentation de 20 % des enseignants et enseignantes sur le quinquennat, concentrée en priorité sur le début et le milieu de carrière, alors que celui de Jean-Luc Mélenchon et de LFI proposait une augmentation de 30 % (15 % d’augmentation immédiate du point d’indice et 15 % de revalorisation indiciaire à négocier avec les syndicats). Quelques jours avant la fin de la campagne, Emmanuel Macron a lui-même fini par proposer une augmentation des salaires enseignants de l’ordre de 10 %, sans qu’il ne soit très clair au début si cette augmentation concernerait tous les enseignants et enseignantes où seulement les titulaires en début de carrière, et si cela devait se faire en échange, ou non, de contreparties.

Pour éclairer et mettre en perspective ces promesses, nous nous proposons de faire une synthèse en dix points de l’évolution des salaires enseignants. Nous commencerons par replacer cette question dans son contexte politique et au regard des comparaisons internationales, avant de présenter des données nationales inédites sur l’évolution sur longue période des salaires.

(...)

Kevin Hédé

(Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous)

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Bac de français 2022 : « Les femmes sont mieux prises en compte dans les œuvres au programme »

17 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

Olympe de Gouges, figure de l'Histoire et emblème du féminisme

EXTRAITS

De plus en plus d’autrices sont désormais au programme du bac de français, remarque dans un entretien au « Monde » Françoise Cahen. Un réel progrès, selon cette professeure de français au lycée d’Alfortville, qui avait lancé une pétition à ce sujet en 2016.

Olympe de Gouges, Madame de La Fayette, Marguerite Yourcenar et Nathalie Sarraute : quatre autrices sont au programme du bac de français des séries générales et technologiques en 2022. En 2016, Françoise Cahen, agrégée et docteure en lettres modernes, enseignante au lycée Maximilien-Perret d’Alfortville, avait lancé une pétition, signée par quelque vingt mille personnes, pour dénoncer l’absence d’écrivaines au programme de terminale de l’ex-filière littéraire. Une initiative qui lui avait valu le soutien de la ministre de l’éducation nationale de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem, et l’inscription au programme du bac L 2017 de La Princesse de Montpensier, une nouvelle de Madame de La Fayette. Six ans plus tard, Françoise Cahen reconnaît que les lignes ont bougé.

Olympe de Gouges, Madame de La Fayette et Marguerite Yourcenar figuraient parmi les autrices que vous mentionniez dans votre pétition il y a six ans. Elles font désormais partie du programme de français au baccalauréat. Comment percevez-vous cette évolution ?

La place des femmes a vraiment changé, elles sont mieux prises en compte. Olympe de Gouges constitue un excellent choix. Le texte étudié au programme – Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – permet de travailler sur la notion d’égalité entre les hommes et les femmes dans la littérature. Il s’agit toutefois d’un texte court, pas très substantiel à étudier pour les élèves. Comme on ne connaît pas bien Olympe de Gouges, il me semble qu’on n’a pas osé aller vers ses pièces de théâtre. L’une d’elles, sur l’esclavage, aurait peut-être été plus riche pour le baccalauréat.

De réels efforts ont été entrepris depuis la pétition. Toutefois, les autrices citées en 2016 sont seulement un petit lot de femmes connues. On pourrait peut-être aussi faire surgir plus de femmes occultées par l’histoire littéraire. Par leurs travaux, les universitaires ont la capacité de les rendre visibles, notamment en les mettant au programme de l’agrégation, comme ils l’ont fait avec Christine de Pizan, une poétesse méconnue du Moyen Age.

Cela a permis de diffuser ses œuvres, d’enrichir les études sur elle, de l’intégrer aux cours des professeurs d’université. Aujourd’hui, de façon très concrète, on la retrouve dans nos manuels au lycée. Les universités peuvent et doivent donc nous aider à consacrer ces autrices. On multiplierait ainsi les œuvres de ces femmes susceptibles d’être au programme du baccalauréat de français.

(...)

Pensez-vous que le nouveau ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, pourra apporter une dynamique nouvelle sur ces sujets ?

Ses travaux d’universitaire et ses recherches laissent entrevoir qu’il est très sensible aux problématiques d’égalité culturelle. Je crois qu’il restera forcément quelque chose de visible de ses idées. S’il a accepté la mission, c’est qu’il estime nécessairement pouvoir agir sur ces questions. Ces sujets peuvent être tout à fait stimulants intellectuellement : ils font bouger nos références, provoquent de nouvelles rencontres entre la littérature et les élèves.

Florian Mestres

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Lâchez les baskets de vos enfants

17 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Tote Bag - Lâche moi les baskets

Pendant les grandes vacances, il faut donner aux jeunes personnes l’occasion de cogiter en silence, se tromper, faire des bêtises. Cesser la course folle et ses évaluations permanentes et revendiquer le droit au retard.

Dans quelques semaines, les enfants seront en vacances. Les «grandes vacances» font résonner dans l’imaginaire collectif un mélange de nostalgie et d’inquiétude. Comment occuper les enfants pendant tout ce temps ? Les questions se pressent. Doivent-ils travailler, se demandent les parents anxieux à l’idée – largement saugrenue – du risque d’oubli des connaissances engrangées en une année scolaire ? Comment «mettre à profit» cette oisiveté ? Le spectre atroce de la perte de temps conduit à redouter, avant même que les intéressés ne se soient plaints, l’ennui ou la tristesse. Et si c’était notre propre peur du vide qui s’exprimait là ? La perspective de cette période sans école témoignerait alors de notre rapport angoissé à l’enfance, aussi bien à l’énigme qu’elle représente qu’à l’angoisse dont nous n’hésitons pas à la charger.

L’enfance est en principe le temps de la formation du sentiment de soi. C’est durant ce temps, plus ou moins long selon les sociétés mais d’une durée minimale incompressible, que se forgent les grandes questions de l’existence et le désir qui accroche à la vie. La satisfaction des besoins élémentaires, pour nécessaire qu’elle soit, ne suffit pas à construire un sujet. Transmettre le désir de vivre constitue la part la plus difficile et la moins codifiable de l’éducation. Cela exige peu et beaucoup et à la fois : garder son oreille ouverte aux interrogations parfois déconcertantes que ces jeunes personnes nous adressent, et leur laisser du temps pour cogiter en silence, se tromper, voire faire des bêtises.

Pourtant, sans même évoquer les enfants esclaves qui, loin de nos regards, fabriquent nos biens de consommation, les enfants sont aujourd’hui souvent exclus de l’enfance. Non seulement la Libération des enfants, pour reprendre un titre d’Alain Renaut en 2002, ne paraît plus à l’ordre du jour, mais les enfants semblent désormais à la fois adulés et méprisés, au sens qu’Axel Honneth donne au mépris, celui d’un défaut de reconnaissance. On les adore, on les cocoone et on veut leur plaire, mais on les laisse souvent tomber. L’augmentation des pensées et des passages à l’acte suicidaires chez les moins de 13 ans – constatée par la Haute Autorité de santé en septembre 2021 – est un révélateur inquiétant de la souffrance des enfants. Moins graves mais tout aussi préoccupants, les cauchemars de fin du monde sont devenus courants dans les générations d’aujourd’hui. L’éco-anxiété se manifeste dès l’enfance.

L’enfant d’aujourd’hui est évalué en tout

Parmi les droits inaliénables de l’enfant, devrait figurer le droit au retard. L’enfance est aujourd’hui soumise à une course folle. Les parents soucieux vivent en état d’urgence (dès la maternelle, il faut penser au cursus universitaire) ou rivalisent narcissiquement en exhibant les marques supposées de la précocité de leur enfant. Les prétendus stades de l’évolution intellectuelle et motrice, qui ne reposent pourtant que sur des statistiques, sont tenus pour des réalités quasi ontologiques. On calcule l’avance ou le retard avec lesquels l’enfant atteint ces échéances. L’enfant d’aujourd’hui est évalué en tout. L’esprit de l’école maternelle, qui insuffla à la pédagogie certaines de ses plus belles réussites dans la prise en compte de la spécificité de l’enfance, n’a plus grand-chose à envier à celui des classes préparatoires aux grandes écoles.

Fascinés que nous sommes par l’intelligence, par ailleurs si vive, de l’enfance, nous ne nous intéressons qu’à celle-ci, au détriment de la subjectivité enfantine. C’est ainsi que le jeu n’a souvent de valeur, pour les parents, que s’il stimule l’intellect, alors que jouer librement et gratuitement, pour l’enfant, c’est jouer à vivre sa vie. Certes, l’enfant apprend vite, mais il est aussi très rapidement traversé par l’angoisse. Des adultes par ailleurs hantés par la sécurité, se dispensent parfois de procurer à leur enfant la sécurité psychique la plus élémentaire, en ne lui cachant rien du désastre écologique ou de leur vie sentimentale. Ils l’aiment petit, mais le croient déjà grand quand ils lui demandent ce dont ils sont incapables, comme se déscotcher des écrans, ainsi le montre Eva-Marie Golder dans Un temps pour apprendre. Un espace pour penser.

Si l’histoire de l’enfance, est, comme l’a montré en son temps Philippe Ariès, celle du détachement du paradigme de l’âge adulte, ce travail n’est pas accompli une fois pour toutes. Nos sociétés cognitivistes devraient profiter des vacances pour s’y atteler, et, pendant ce temps, laisser les enfants tranquilles.

Hélène L'Heuillet

Chronique assurée en alternance par Michaël FœsselSandra LaugierFrédéric Worms et Hélène L’Heuillet.

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Changement de salle, ventilateurs, système D… comment les écoles s’organisent contre la canicule

17 Juin 2022 , Rédigé par l'Obs Publié dans #Education

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Les établissements scolaires cherchent des solutions pour limiter l’inconfort des élèves pendant cette intense vague de chaleur.

Certains demandaient la fermeture des écoles et le report des épreuves du bac, pour éviter aux lycéens de devoir plancher sous des températures caniculaires. Mais le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, s’y est opposé mercredi 15 juin, indiquant que les épreuves se dérouleraient « selon les modalités et les horaires qui ont été prévus ». Alors dans les écoles, où la température dépasse parfois les 30 degrés dans les salles de classe, les personnels sont obligés de s’organiser.

Outre les indispensables bouteilles d’eau, le lycée Victor-Louis de Talence, en banlieue de Bordeaux, a ainsi mis des brumisateurs à la disposition des élèves, rapporte l’AFP. Ici le personnel a « fait très attention à choisir les plus fraîches et à aérer depuis 5h30 ce [mercredi] matin », relève Anne Bisagni-Faure, rectrice de l’académie de Bordeaux.

Si l’Education nationale conseille de « maintenir les stores ou volets fermés », des professeurs dont les salles ne sont pas équipées ont quant à eux dû faire usage du système D, en collant papiers ou cartons aux fenêtres pour limiter l’entrée du soleil.

Certains misent sur l’usage de ventilateurs mais, les écoles n’étant pas toujours équipées, font appel à l’aide des parents d’élèves, comme ils le rapportent sur les réseaux sociaux.

« On va travailler sous les arbres »

Au lycée d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), le proviseur revoit de son côté l’organisation des salles de classe : « Pour le bac, j’utilise un tiers des salles environ. Je choisis celles qui sont au rez-de-chaussée, à l’ombre, plein Nord… celles qui sont les moins exposées », explique-t-il au « Parisien ».

Et quand les salles de classe sont trop chaudes pour étudier correctement, certains décident tout simplement de les quitter : « Dès que c’est possible, qu’on n’a pas de travaux d’écriture ou qui nécessitent une posture assise à une table, on va travailler dans la cour, à l’ombre, sous les arbres », explique la directrice d’un établissement de Perpignan auprès de France-Bleu.

Les températures devraient dépasser les 40 °C localement vendredi avant un pic samedi. Plus de 500 000 lycéens de terminale de lycées généraux et technologiques passent actuellement leurs épreuves du bac.

La rédaction de L'Obs

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Manquements de l’Etat: enquête ouverte après la plainte de la famille de Samuel Paty

16 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Samuel Paty aurait pu être sauvé » : une partie de la famille du professeur  porte plainte contre l'administration - Elle

Des proches de l’enseignant assassiné en octobre 2020 estiment que l’administration ne l’a pas assez protégé. Des investigations sont menées par le parquet de Paris.

A la recherche d’éventuelles failles. Une enquête a été ouverte à Paris en avril pour omission de porter secours après la plainte contre l’administration révélée par Libé de dix membres de la famille de Samuel Paty, assassiné en octobre 2020, indique ce jeudi une source proche du dossier.

Un an et demi après l’assassinat de Samuel Paty près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), dix membres de sa famille avaient porté plainte à Paris contre l’administration, qu’ils jugent fautive de n’avoir pas protégé le professeur. «Des fautes ont été commises tant du côté de l’Education nationale que du côté du ministère de l’Intérieur, sans lesquelles Samuel Paty aurait pu être sauvé», avait indiqué leur conseil, Me Virginie Le Roy.

Me Francis Szpiner, avocat de l’ancienne compagne et du fils de Samuel Paty, avait indiqué sur Twitter à l’époque du dépôt de plainte que la première avait «appris avec surprise le dépôt d’une plainte contre X pour non-empêchement de crime, procédure à laquelle elle n’entend pas s’associer». L’ancienne compagne de l’enseignant «considère que l’idéologie salafiste est seule responsable de la mort de Samuel Paty et que l’Etat l’a toujours, ainsi que son fils, soutenue», avait-il ajouté.

Longue de 80 pages, la plainte de Me Le Roy ciblait les délits de «non-empêchement de crime et de non-assistance à personne en péril» et visait «plusieurs agents du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Education nationale» qui ont eu à connaître, directement ou indirectement, de la situation de Samuel Paty. L’un des enjeux juridiques devrait être de savoir si ces agents pouvaient avoir conscience de l’existence d’une menace réelle, ciblée et immédiate visant le professeur.

Lent engrenage

Dans le détail, la plainte rappelle le lent engrenage, débuté par un cours sur la laïcité dans le collège début octobre 2020, qui a abouti à l’assassinat le 16 du professeur âgé de 47 ans par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d’origine tchétchène.

Le jeune homme de 18 ans, radicalisé, lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet et avait revendiqué son geste en se félicitant d’avoir «vengé le prophète», avant d’être tué par la police.

Libération

Mise à jour : à 10 h 55, avec l’ajout de contexte.

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Quand les écrans créent des enfants sauvages

16 Juin 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Top 10 des meilleurs films pour enfants (10+) à voir absolument

Résumé

35 000 enfants dans toute la France ont relevé le défi de passer 10 jours sans écrans récréatifs. Objectif, réduire la surconsommation d'écrans des enfants qui dépasse largement la limite sanitaire de 2h par jour et par enfant. Une entreprise difficile, dans le quartier populaire d'Amiens nord.

En savoir plus

D'études en étudesles chiffres de la surconsommation d'écrans récréatifs (c'est à dire, dessins animés, films, jeux vidéos, réseaux sociaux etc..) chez les enfants ne cessent d'augmenter, sans créer de sursaut. Les moins de 3 ans consomment en moyenne 3 heurs d'écrans par jour, les 8-12 ans près de 5 heures et les 12-18 près de 7 heures par jours. C'est ne partant de ce constat que le défi 10 jours sans écrans, 10 jours pour voir autrement s'est créé il y a quatre ans.

Cette année 35 000 enfants ont tenté l'expérience, porté par plus de 250 structures éducatives (écoles, collèges, lycées) culturelles ou sportives. Il s'agit de récolter des points pour faire gagner sa classe ou son école, si on ne regarde pas d'écrans le matin, ni le durant les repas, ni en rentrant de l'école, ni avant de se coucher ni  bien sûr dans sa chambre  la nuit. Une règle des 4 pas préconisée par les pédiatres qui n'est presque jamais appliquée.

Pourtant les risques pour la santé (retard de développement et d'acquisitions intellectuel et moteurs) son réels particulièrement pour les enfants de moins de 6 ans.

 
© Radio France - Cécile de Kervasdoué
Sur les portes du centre social Alco à Amiens nord, les préconisations de temps d'écrans pour les enfants

Sur les portes du centre social Alco à Amiens nord, les préconisations de temps d'écrans pour les enfants

Dans le quartier populaire d'Amiens nord où 4000 enfants tentent de relever le défi. La cité éducative a organisé une multitude d'activités mais pour les familles priver les enfants, et surtout les adolescents, d'écran semble devenu presque impossible.

L'équipe de la rédaction

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