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Vivement l'Ecole!

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Situation sanitaire : et les écoles ?

2 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Situation sanitaire : et les écoles ?

Une réunion sanitaire s’est tenue avec le ministère en amont de l’intervention du premier ministre. Lors de cette réunion aucun scénario n’a été annoncé par le directeur de cabinet.

La FSU était reçue ce vendredi pour évoquer la situation sanitaire et son impact pour les établissements scolaires. Lors de ce rendez-vous, plusieurs points ont été évoqués parmi lesquels l’anticipation des scénarios possibles et de l’information faite aux personnels ont été centrales. Ainsi la possibilité d’un dézonage des vacances avec une semaine supplémentaire nécessite des éclaircissements. Le SNUipp avec la FSU n’est pas opposé à cette hypothèse qui permet d’éviter une fermeture totale des établissements pendant plusieurs semaines et si elle n’est pas conditionnée à un rattrapage ultérieur. Dans ce cas, quel retour en présentiel avec quel protocole après ces 3 semaines ? Et si le scénario le moins souhaitable, la fermeture totale des écoles, devait se mettre en place, la FSU a porté la demande d’anticipation pour permettre aux équipes de s’y préparer et de ne pas se retrouver dans la situation de mars dernier.

Le cabinet a, suite à l’intervention de la FSU, réaffirmé la volonté de garder les écoles ouvertes et n’a pas donné de réponses sur la possibilité de prolonger les vacances d’hiver.

D’autres sujets ont aussi été évoqués : demande d’un calendrier précis de vaccination, harmonisation de la prise en compte des cas Covid, clarification de la règle des 2 mètres à la cantine, situation administrative des personnes vivants avec des personnes vulnérables…. L’administration n’a réellement répondu que sur la doctrine de traçage qui va être modifiée : dorénavant le traçage des cas contacts se fera dès l’apparition d’un cas Covid dans une classe. Si le variant est détecté, la fermeture de classe aura lieu dès le premier cas de variant détecté, avec toute l’impossibilité actuelle à identifier rapidement le variant…

Par ailleurs, la FSU a relayé toutes les difficultés rencontrées sur le terrain par les personnels : manque de remplaçants qui amènent certains Dasen à fermer les écoles lorsque les enseignants sont absents, RASED détournés de leurs missions, cas covid non déclarés par les familles, non-respect des 7 jours d’isolement par les parents, non fermeture des écoles avec un nombre importants de cas positifs …

Face à tous ces questionnements, le Ministère fait mine d’écouter et répond peu. Pourtant, les équipes ont besoin de réponses au plus vite. Le ministère doit proposer dès maintenant des scénarios prenant en compte l’ensemble des problématiques et permettant à chacune et chacun d’appréhender cette période compliquée de la façon la moins anxiogène possible. Le déni permanent et l’improvisation sont insupportables.

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Réforme de la formation des enseignants : « Le risque d’un effondrement du vivier de candidats et d’une baisse de la qualité de l’enseignement »

2 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Réforme de la formation des enseignants : « Le risque d’un effondrement du vivier de candidats et d’une baisse de la qualité de l’enseignement »

EXTRAITS

Concours en deuxième année de master, perte du statut de fonctionnaire stagiaire, exigence disciplinaire aux épreuves… Dans une tribune au « Monde », un collectif de représentants de professeurs de biologie s’inquiète de la réforme de la formation initiale des enseignants qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2021.

Tribune. La réforme de la formation initiale et du recrutement des professeurs et des conseillers principaux d’éducation doit se mettre en place à la rentrée 2021, dans un contexte sanitaire très difficile. Cette réforme prévoit de déplacer les concours de recrutement des enseignants de la première année du master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) à la deuxième année, en supprimant le statut de fonctionnaire stagiaire en formation dans les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspe).

Si elle doit s’appliquer en l’état, cette réforme élaborée au forceps, sans réel travail de concertation avec les formateurs concernés, affectera selon nous la vie des étudiants qui s’engagent vers ces métiers, entraînant un effondrement du vivier de candidats mais surtout une baisse de la qualité de l’enseignement que les étudiants recrutés dispenseront à leurs élèves.

Avec cette réforme, les étudiants de deuxième année de master 2 MEEF (niveau bac + 5), pas encore lauréats du concours, seront affectés dans les établissements scolaires, en situation de responsabilité de classes, face aux élèves, sans aucun des deux éléments de sécurité actuels, à savoir la présence continue d’un tuteur ou la validation des compétences disciplinaires et professionnelles par un diplôme de master complet et/ou par la réussite à un concours. Ces éléments sont pourtant indispensables à la gestion de situations pédagogiques variées et complexes.

(...)

Reprendre une réelle concertation

Enfin, les lauréats de concours ayant suivi un cursus différent du master MEEF (ingénieur, master recherche, doctorat) auront droit à une formation complémentaire et à l’accompagnement d’un tuteur pendant leur première année d’enseignement, alors que les lauréats au même concours et diplômés d’un master MEEF n’en bénéficieront pas. Quel paradoxe !

Partant de ces constats et de notre expérience de la formation initiale des professeurs de SVT et de BGB, nous demandons au ministère de l’éducation nationale de retirer cette réforme bâclée, peu humaine, à contre-courant des enjeux environnementaux et sanitaires actuels. Nous souhaitons que le ministère crée les conditions de la reprise d’une réelle concertation, tant au niveau national avec les organisations syndicales représentatives qu’au niveau académique avec les équipes de formateurs impliqués, pour réfléchir à des contenus de formation initiale des professeurs encore plus solides, avec un niveau d’exigence raisonnable, à des conditions d’études permettant aux futurs enseignants d’atteindre sereinement tous leurs objectifs, et à une entrée progressive dans le difficile métier d’enseignant.

L’ambition de notre démarche est de contribuer à l’élaboration d’une formation initiale des enseignants qui réponde aux enjeux et aux défis de notre société du XXIe siècle, en préparant les élèves de notre pays à devenir des citoyens éduqués, éclairés et responsables.

Liste des signataires : Agnès Schermann, Françoise Salvadori et Christophe Guégo (Association pour la formation des professeurs de SVT) ; Serge Lacassie et David Boudeau (Association des professeurs de biologie et géologie) ; Marie Jidenko (Union des professeurs de physiologie, biochimie et microbiologie) ; Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et président de la Fédération BioGée.

A lire intégralement en cliquant ci-dessous

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Les cantines scolaires, « maillon faible » sanitaire contre le Covid-19...

1 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Fichier:Le Maillon faible logo TF1.jpg — Wikipédia

EXTRAITS

Pour la troisième fois depuis la rentrée, le protocole y est renforcé. Les responsables disent pourtant être « au maximum » de ce qu’il est possible de faire.

C’est, dans l’enceinte de l’école, le seul espace où les élèves sont autorisés à baisser le masque, s’exposant à l’épidémie. Pour la troisième fois depuis la rentrée, les cantines voient, cette semaine, leur protocole sanitaire renforcé. A compter de ce lundi 25 janvier, « le non-brassage entre élèves de classes différentes doit impérativement être respecté » au primaire, quand il n’était jusqu’à présent que vivement préconisé, peut-on lire sur la « fiche repère » à destination de la communauté éducative. Une mesure qui dit l’inquiétude, et la faible marge de manœuvre, des autorités.

Alors que l’hypothèse d’un reconfinement se fait chaque jour plus pressante, la question de l’organisation des repas demeure pour l’éducation nationale un casse-tête. La fermeture pure et simple des réfectoires, « maillon faible » sanitaire, est désormais une piste de travail. « Ce serait la mort dans l’âme, car, d’un point de vue social, éducatif, psychologique, il est très important d’avoir les cantines ouvertes », a défendu Jean-Michel Blanquer sur Franceinfo, le 19 janvier. D’autres options sont à l’étude, comme une « hybridation » des cours dans les collèges – cela se fait, depuis décembre 2020, dans les deux tiers des lycées –, explique-t-on dans l’entourage du ministre de l’éducation, qui ciblerait les classes de 4e et de 3e. Le prolongement des congés de février par une semaine de cours à distance, également évoqué, est une hypothèse qui n’est « pas privilégiée à ce stade », souligne-t-on rue de Grenelle.

En attendant que le gouvernement tranche, les collectivités, chargées du bon fonctionnement de la restauration scolaire, rapportent, à une large majorité, pouvoir difficilement faire « plus » ou « mieux » que ce qu’elles font déjà. Placer les élèves en quinconce, proscrire les distributions de nourriture « en vrac », privilégier les « plats complets » (de type lasagnes ou hachis parmentier) pour gagner un peu de temps sur les services, annexer d’autres salles… « On est au maximum », rapporte-t-on de la Seine-Saint-Denis à Villeurbanne (Rhône), de Rennes à Epinal en passant par Paris. « A la cantine, il n’y a plus de gras », soufflent les animateurs. Ou presque plus : ici où là, écoles et municipalités racontent exploiter d’« ultimes » marges de manœuvre pour « sécuriser » une pause déjeuner qui concentre l’inquiétude des parents.

(...)

« Non-sens »

Dans son école rurale, « très protégée », elle n’a comptabilisé, à ce jour, aucun cas positif. Et, a fortiori, aucun « cas contact » : sur ce point, l’éducation nationale continue de se référer à l’avis du 17 septembre 2020 du Haut Conseil de santé publique, qui estime qu’« il n’y a pas lieu de considérer comme cas contact à risque un enfant de moins de 11 ans ayant eu un contact avec (…) un autre enfant de moins de 11 ans testé positivement au Covid bien qu’il ne porte pas de masque ».

Un « non-sens » dénoncé par des enseignants, alors qu10 000 cas positifs ont été comptabilisés parmi les élèves, tous niveaux confondus, lors du dernier point de situation épidémique, le 22 janvier. « Les autorités sanitaires sont en train de réévaluer leurs recommandations dans le contexte d’émergence des variants, assure-t-on rue de Grenelle. Il est tout à fait possible que les règles d’identification évoluent dans les jours qui viennent. »

Une réunion est prévue entre le ministre de l’éducation et les organisations syndicales pour évoquer la situation sanitaire ce vendredi.

Mattea Battaglia

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Sire Conflexe et M. Tréma forgent une partie de l'âme du français

1 Février 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Mât, côte, sûr... L'accent circonflexe n'a pas dit son dernier mot ! -  Orthographe et Projet Voltaire

Comment faire l'accent tréma sur un clavier ? Touches à utiliser

[TRIBUNE] Ces deux compères risquent de laisser un vide sur la touche du clavier d'ordinateur où ils se côtoient.

Il y a dans les dictionnaires des trésors enfouis qui se révèlent aux curieux. On y trouve des usages qui se meurent, des formes désuètes que le temps va effacer pour toujours. Et quand ce n'est pas le temps, ce sont les claviers d'ordinateurs trop chargés de symboles et d'arobases pour tolérer longtemps les fantaisies de l'orthographe. Alors, voici, avant qu'ils ne disparaissent, l'histoire de deux compères, deux frères ennemis, deux vestiges hérités du passé: Sire Conflexe et Monsieur Tréma.

Sire Conflexe est comme un toit au-dessus d'une voyelle. Tandis que M. Tréma est le flocon qui s'en approche. Deux points en suspension dans l'air.

Sire Conflexe règne en maître. Ses accents concurrents, le grave et l'aigu, n'ont qu'une pente quand lui en a deux. Toujours en tête. Il a beaucoup d'admirateurs. Le flâneur dans les forêts de chênes, l'âne bâté satisfait de lui-même, le vieux croûton pâlot qui suit de sa fenêtre la femme court vêtue, le râleur qui se mêle sans arrêt des bêtises des autres, l'honnête benêt comme le crâneur bellâtre qui joue un rôle et ne pense qu'à paraître, la marâtre comme la câline, celui qui va au théâtre les jours de fête comme celui qui se rend à l'hôpital, celui qui se pâme devant des huîtres, des crêpes ou un gâteau, comme celui qui se bâfre au ragoût, au rôti ou au pâté, l'ami des bêtes comme l'inspecteur des impôts, le tôlier qui avance à la gnôle comme le môme bardé de diplômes, le hâbleur empâté comme le traînard un peu frêle, celui qui brûle une bûche dans le poêle comme celle qui se revêt d'un châle, celui qui dort à la fraîche comme celui qui cherche l'hôtel et le gîte sous la voûte des châteaux… Il y en pour tous les âges et tous les goûts. Incontestablement, Sire Conflexe trône. M. Tréma reste stoïque devant tant de conquêtes.

Sire Conflexe et M. Tréma se côtoient parfois. Ils partagent les piqûres de guêpes, la pêche à la foëne, l'île d'Haïti, une bâtisse exigüe, un caïman mâle, un pâton de farine de maïs, un coït bâclé... Et surtout, coïncidence sans doute, ils sont sur la même touche du clavier d'ordinateur. En binôme bien sûr. Avec avantage au Sire. Les uns, sur l'i, servent à souligner le son de la voyelle, à la mettre en valeur, tandis que ceux de l'u ne servent absolument à rien, à vous dégoûter de les utiliser.

Mais sans moi, dit sire Conflexe, les mots ont un autre sens. Sur et sûr, mur et mûr, mat et mât, jeune et jeûne, du et dû, fut et fût, colon et côlon… Certes, répond, M. Tréma. Mais que dis-tu de mais et maïs? Égalité.

Mais ils sont le plus souvent voisins sans se toucher vraiment. Quand l'un s'éveille à Noël, l'autre attend Pâques. Le premier, entêté, ne s'arrête pas de sitôt et revient alors en août. L'un trouve le son de flûte trop aigüe. L'autre l'accuse d'être un païen sans respect pour les jours de carême. Dans le jardin, l'un cultive la mâche et l'autre la cigüe. Quand l'un cueille les pâquerettes, l'autre suit les astéroïdes. Quand ils sont mécontents, l'un charge à la baïonnette tandis que l'autre, un peu lâche, se contente de blâmer. L'un se rêve en goëland quand l'autre reste à son râteau. IIs se disputent même parfois. Bâtard! Naïf!

Que deviendront-ils? Ils étaient à égalité. Ils le resteront. Ils partiront bientôt. Ensemble. Pour ne pas dire côte à côte. Beaucoup nous ont déjà quitté. Il y a des options –avec ou sans accent– qui ne sont que des leurres. Pourquoi garder un toit à abîme lorsque tout est perdu. Pas de blâme, c'est ainsi. Quel gâchis. On ne peut être et avoir été. Mais quand ils ne seront plus, le français aura perdu un peu de son âme.

Nicolas-Jean Brehon

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Culture - "On voudrait pas crever sans avoir dit un mot"...

1 Février 2021 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Art

Segment | Le Téléjournal Montréal avec Patrice Roy | ICI Radio-Canada.ca  Télé

Le monde d’après du spectacle vivant, se résumera-t-il finalement à la destruction d’un nombre incalculable de lieux et de compagnies ? Il est urgent de rouvrir au plus vite les théâtres et les autres lieux d’art et de création.

C’est conscients du caractère critique de la situation sanitaire mais habités d’un profond sentiment d’urgence que nous prenons aujourd’hui la parole pour affirmer que la fermeture indéfinie de tous les lieux d’art et de création est un désastre - social, humain, artistique - et que la réponse qu’y apportent le ministère de la Culture et le gouvernement n’en prend pas la mesure.

Désastre pour les lieux, leurs acteurs, pour l’ensemble des compagnies du spectacle vivant. Désastre plus lourd encore pour les compagnies indépendantes. Depuis bientôt un an, notre réalité, bouleversée par l’apparition du Covid-19, ne cesse de nous devancer et de réclamer de nous mille ajustements. Ces ajustements, notre secteur n’a cessé de les faire, ses protocoles sanitaires sont parmi les plus stricts qui ont été établis.

Devant l’horreur d’une crise économique qui se profile mais qui pour certains, est déjà bien là, le gouvernement a fait des «gestes» : tout allait changer, «quoi qu’il en coûte», il y avait un monde d’avant, il y aurait désormais un monde d’après. Il y eut les plans de relance français, européens.

Les mesures économiques prises par le gouvernement dans notre secteur : l’année blanche, l’autorisation des répétitions, des résidences, l’encouragement au report des représentations, ou à leur dédommagement, ont permis à beaucoup d’entre nous de ne pas sombrer, et ce n’est pas rien au vu de ce qui se passe dans d’autres secteurs où la misère atteint aujourd’hui un point dangereusement extrême.

Mais ces mesures ne concourent pas à préparer la reprise qui se présente comme un épouvantable casse-tête pour les théâtres et n’offrent, du fait de l’empilement des reports, aucune perspective de création et de diffusion aux moins dotés d’entre nous.

Beaucoup l’ont souligné, relance et soutiens se sont concentrés sur les mieux installé·e·s. Les plus faibles, les plus fragiles, ont continué à se fragiliser et à s’affaiblir. Qu’a-t-il été proposé à ceux qui n’étaient pas «premiers de cordée» ? «Enfourcher le tigre» !

«Enfourcher le tigre» ayant consisté pour la plupart d’entre nous à imaginer dans l’urgence des projets pour un «été apprenant» qui n’aura été, par manque de moyens et pour l’essentiel, qu’une vaste garderie.

Le gouvernement ne profiterait-il pas de la pandémie non pour inventer un monde d’après mais pour aggraver le monde d’avant : laisser se détricoter les réseaux de solidarité, le droit du travail, la protection sociale et, chemin faisant, se débarrasser d’une bonne partie des intermittents. Intermittents dont le régime, effectivement protecteur, est une épine dans le pied des tenants de la «fluidification du marché du travail».

Le monde d’après du théâtre se résumera-t-il finalement à la destruction d’un nombre incalculable de lieux et de compagnies ?

C’est à cette aune que nous analysons l’actuelle confusion du ministère de la Culture, à cette aune le silence étourdissant de Roselyne Bachelot, à cette aune l’actuelle absence de nouvelles mesures de soutien aux arts vivants.

A cette aune aussi, le plan de relance de la culture du mois de septembre 2020, où l’ensemble des compagnies «non conventionnées», celles employant la majorité de ceux qui œuvrent dans le spectacle vivant, n’ont eu pour tout soutien que 10 malheureux millions d’euros. Dix millions à se partager avec les lieux du théâtre privé ! Dix millions à comparer aux plusieurs centaines de millions consacrés aux institutions et lieux qui «font rayonner la France».

Force est de constater que cette politique - qui fait prime à la seule notabilité - est l’aggravation de celle qui se mène depuis plusieurs années déjà.

L’immense majorité des compagnies a vu, saisons après saisons, ses possibilités de jouer et de montrer leur travail se réduire.

L’été venu, les spectacles s’empilent jusqu’à l’absurde dans le off du Festival d’Avignon à côté duquel le Far West est désormais une aimable colonie de vacances.

La «grande famille» du spectacle se brise, et il semble bien que le ministère veuille planter le dernier clou de son cercueil.

Cette mise en concurrence de tous, associée à la baisse continue de moyens et de possibilités de certains et au subventionnement toujours accru d’autres, la politique de soutien actuelle ne la corrige pas, elle est d’ailleurs conçue par nombre de «décideurs» comme une «rationalisation» d’un secteur qui aurait connu, selon eux, une expansion excessive.

Pour cette façon de voir, il y aurait «trop de propositions, trop d’artistes». Nous croyons exactement le contraire. C’est que nous partageons la conviction de Tchekhov selon laquelle on peut priver l’homme de tout (quoique pas trop) mais certainement pas de la possibilité de chercher un sens à sa vie (ce qui ne veut pas dire le trouver).

Les effets pervers de cette politique accentuent la relation de dépendance des uns et des autres vis-à-vis de leur tutelle ou de ceux qui les accueillent (lieux d’accueil qui, d’ailleurs, eux aussi n’en peuvent plus). Bien sûr, ces relations ont toujours existé, mais des mécanismes les contenaient. Des mécanismes qui - c’est essentiel - font aussi d’un pays une démocratie.

Disons-le, les aides distribuées aux lieux labellisés ne «ruissellent» pas toujours ; l’argent versé pour les captations ne suffira pas à relancer une activité dont le cœur est la présence vive ; les aides apportées selon le «chiffre d’affaires» sont un contresens tragique quant à ce que doit être une politique culturelle, sans parler de leur arbitraire - quid des compagnies qui n’ont pas créé en 2019 ou 2020 et dont le «chiffre d’affaires» est alors très faible ?

Nous affirmons qu’il faut rendre des moyens et de l’autonomie à chacun. Nous affirmons qu’à court, moyen et long terme, seules une multiplication des aides à la production, à la création, à la diffusion, l’ouverture de nouvelles plages de jeu dans les théâtres, la création et le soutien de et aux lieux intermédiaires, constitueraient un véritable plan de relance qui, faisant fond sur l’immense potentiel de l’ensemble du secteur du spectacle vivant, serait un soutien pour tous.

Nous ne demandons pas l’aumône, nous demandons une politique audacieuse, de celles qui mettent les femmes et les hommes en leur centre.

Notre secteur, avec d’autres, agonise et sert, depuis plus d’un an, de variable d’ajustement à la politique sanitaire. Et précisément parce que la circulation du virus et de ses variants est là, que tous souffrent et sont mortellement effrayés, nous demandons d’avoir le courage politique de rouvrir, au plus vite, les théâtres et les autres lieux d’art et de création, de leur donner une visibilité sur l’avenir. Non seulement pour que nous ne «crevions» pas mais aussi pour que nous puissions à nouveau remplir notre indispensable mission : réunir, raconter, questionner, bouleverser, alléger, réparer.

Un collectif de compagnies du spectacle vivant

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La grève dans l’éducation nationale au ban des JT...

1 Février 2021 , Rédigé par Acrimed Publié dans #Education

Audiences annuelles 2016 : TF1, France 2, France 3 et Canal+ au plus bas -  Puremedias

EXTRAITS

Mardi 26 janvier, une journée de grève était organisée dans toute la France par six fédérations syndicales de personnels de l’éducation nationale. Une mobilisation rejointe par les infirmières scolaires, les lycéens, les étudiants, la principale fédération de parents d’élèves. Bref, un périmètre large et inédit, pour protester contre la gestion de la crise sanitaire, et revendiquer une hausse des salaires. Et une actualité « chaude », pourtant réduite au silence dans les journaux télévisés des trois grandes chaînes généralistes.

(...)

... de cette journée nationale de grève et de mobilisation, il ne fut pas du tout question dans le JT de 20h de TF1. Parmi les grands titres : l’interdiction des masques artisanaux ; les contrôles pour le respect du couvre-feu (jugés insuffisants – journalisme policier quand tu nous tiens) ; les avions cloués au sol par manque de voyageurs ; le superéthanol ou encore une escapade de 5 minutes dans les îles autour d’Helsinki pour étancher la « soif d’évasion » des téléspectateurs.

(...)

Le 20h de France 2 fait à peine mieux. Avec pour les grands titres : le vaccin, la fermeture (possible) des écoles, les violences au Pays-Bas, le trafic d’antiquités issues de zones de guerre, et les enjeux de la libération des animaux de cirque. Le sujet dédié à la question de la fermeture des écoles prend soin de ne pas aborder les questions de conditions de travail, ou les polémiques sur la gestion de la crise sanitaire en milieu scolaire… Là encore, comme sur TF1, l’actualité internationale bénéficie d’un long coup de projecteur : qu’il s’agisse des Pays-Bas, du bilan humain du Covid en Grande-Bretagne, des États-Unis. La question de la journée de grève sera tout de même traitée au bout de 21 minutes de journal… en 23 secondes chrono (pour un JT d’une durée de 37 minutes)

(...)

Pas un témoignage, pas un mot sur le contexte, les enjeux de la mobilisation. Bref, un fait divers balayé d’un revers de main. En comparaison, le sujet sur les animaux de cirque bénéficiera d’un temps sept fois supérieur (2 minutes 45 secondes). Un laborieux « fact-checking » autour d’une vidéo montrant un test pour le Covid réagissant au Coca-Cola ? Près de six fois plus de temps (2 min 10). Idem pour la chanson d’un postier écossais faisant le « buzz » sur les réseaux sociaux (encore elle).

(...)

Et le constat est le même – en pire – dans le 19/20 de France 3. Au programme des grands titres : vaccin (sujet traité sous toutes ses coutures), éoliennes (encore elles), et un refuge pour bétail en souffrance (décidément). L’information sur les mobilisations dans l’éducation nationale intervient cette fois au bout de 8 minutes et 17 secondes de JT (sur 25 minutes). 

(...)

... Entre mimétisme (mêmes sujets, mêmes cadrages) et information spectacle, les JT du 26 janvier donnent un nouvel exemple de l’ineptie des choix éditoriaux des grands-messes de l’info. Pour qui la dernière vidéo à succès sur les réseaux sociaux a, semble-t-il, plus d’importance que la situation et l’avenir du système scolaire.

Frédéric Lemaire

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Plus de 11 millions de filles pourraient ne pas retourner à l'école après la crise du COVID-19 (Vidéo)

31 Janvier 2021 , Rédigé par Unesco Publié dans #Education, #Femme

11 million.

That’s the number of girls who might not return to school this year due to COVID-19’s unprecedented education disruption. This alarming number not only threatens decades of progress made towards gender equality, but also puts girls around the world at risk of adolescent pregnancy, early and forced marriage, and violence. For many girls, school is more than just a key to a better future. It’s a lifeline.

Join UNESCO and members of the Global Education Coalition in a new #LearningNeverStops campaign to ensure that every girl is able to learn while schools are closed and return to the classroom when schools safely reopen. Let’s speak out for the 130 million girls who were already out of school before the pandemic, and work together to safeguard their right to education. It’s time to turn this crisis into an opportunity to build back equal. And it starts NOW!

                                                          __________________________________

11 millions

C'est le nombre de filles qui pourraient ne pas retourner à l'école cette année en raison de la perturbation sans précédent de l'éducation du COVID-19. Ce nombre alarmant menace non seulement des décennies de progrès accomplis vers l'égalité des sexes, mais expose également les filles du monde entier au risque de grossesse chez les adolescentes, de mariage précoce et forcé et de violence. Pour de nombreuses filles, l'école est plus que la clé d'un avenir meilleur. C’est une bouée de sauvetage.

Rejoignez l'UNESCO et les membres de la Coalition mondiale pour l'éducation dans une nouvelle campagne #LearningNeverStops pour garantir que chaque fille puisse apprendre pendant que les écoles sont fermées et retourner en classe lorsque les écoles rouvriront en toute sécurité. Prenons la parole pour les 130 millions de filles qui n’étaient déjà pas scolarisées avant la pandémie et travaillons ensemble pour sauvegarder leur droit à l’éducation. Il est temps de transformer cette crise en une occasion de reconstruire sur un pied d’égalité.

Et ça commence MAINTENANT!

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Mais pourquoi donc faut-il sauver le soldat Blanquer?

31 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Régionales : Jean-Michel Blanquer jette l'éponge en Île-de-France - Le Point

Christian Lehmann est médecin et écrivain. Pour «Libération», il tient la chronique d'une société suspendue à l'évolution du coronavirus.

Le coût social et psychique du confinement est énorme, nous dit-on. Ces explications pourraient être entendues si le gouvernement et son administration faisaient tout pour éviter d’en arriver là. Mais un an après le démarrage de cette pandémie, nous sommes toujours à la traîne: les tests salivaires ne sont pas autorisés en France, le traçage est réduit à sa plus simple expression, les informations sur l’aérosolisation sont à peine évoquées. Et rien n’est fait dans le secteur scolaire pour sécuriser les établissements: ni autotests ni information claire aux familles ni consignes d’aération cohérente ni protocole adapté. Il a fallu ferrailler pendant des mois pour obtenir de masquer les élèves pour les protéger ainsi que les personnels, mais Jean-Michel Blanquer s’entête à inventer un monde merveilleux dans lequel son protocole sanitaire de Schrödinger, qui empile des mesures floues à mettre en place «dans la mesure du possible», règle le problème. Arc-bouté sur des sociétés savantes de pédiatrie incapables de se dédire, le ministre laisse flamber l’épidémie et feint de croire que ceux qui alertent sont des ayatollahs inhumains inconscients du risque éducatif pour les enfants.

On ne reconfinera pas tout de suite, mais Emmanuel Macron choisira probablement la fin de la semaine, qui correspond, oh quel hasard, au début des vacances scolaires. Manière de continuer à prétendre que les établissements scolaires ne participent en rien à la diffusion de l’épidémie. J’en viens à me demander quelles vidéos compromettantes possède le ministre, et pourquoi il est si important de sauver le Soldat Blanquer et la réalité alternative dans laquelle il semble vivre.

Une semaine après une nouvelle journée de grève des personnels, Ariane Deboise, 47 ans, professeure des écoles à Ivry-sur-Seine et représentante syndicale, a voulu témoigner de ce qui se passe en milieu scolaire:

«C’est écrit noir sur blanc dans le protocole sanitaire: les enfants à l’école primaire ne sont jamais considérés comme cas contacts. Une amie reçoit un mot dans le carnet de liaison de sa fille. " Il nous a été signalé un cas confirmé de Covid-19 au sein de la classe. Votre enfant n’est pas identifié, à ce stade, comme contact à risque." "C’est une blague ?, me demande-t-elle. Ma fille est en moyenne section, ils ne portent pas de masques, ils passent leur temps à léchouiller des trucs et à se léchouiller les uns les autres, malgré tous les efforts de la maîtresse. Comment peut-elle ne pas être cas contact ? C’est une blague ? "»

«Non, ce n’est pas une blague. Le Haut Conseil de Santé publique estime "qu’il n’y a pas lieu de considérer comme contact à risque un enfant de moins de 11 ans ayant eu un contact avec un adulte testé positivement Covid-19 qui porte un masque grand public de catégorie 1 (comme ceux fournis par le ministère de l’Éducation nationale, ndlr), ni un autre enfant de moins de 11 ans testé positivement Covid-19, bien qu’il ne porte pas de masque». Le HCSP souligne en effet dans cet avis que "les enfants jeunes sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la chaîne de transmission du Sars-CoV-2". Circulez, il n’y a rien à voir. "En conséquence, dans le premier degré […] l’apparition d’un cas confirmé parmi les élèves n’implique pas que les autres élèves de la classe soient identifiés comme contacts à risque."

«Cette mauvaise blague a été réitérée à l’envi dans la plupart des écoles de France, et ce courrier reçu est une déclinaison d’un courrier type proposé par notre hiérarchie. J’explique à mon amie les alertes que nos syndicats lancent depuis des mois maintenant. Mais la priorité c’est de laisser les écoles ouvertes, à n’importe quel prix, alors que parfois la moitié d’une équipe d’encadrants est positive. Les parents se débrouillent comme ils peuvent, en prenant une journée, ou en faisant garder leurs enfants, pour ne pas surcharger les classes qui restent ouvertes, sans aucun justificatif pour s’absenter de leur emploi, puisque l’établissement reste ouvert et prétendument en capacité d’accueillir.

«Découragés»

«L’absence de traçage dans les écoles n’est pas le fait d’une absence de moyens, mais bien d’une décision politique. Dans l’école où je travaille, nous nous étions organisés depuis la rentrée de septembre : les enfants mangeaient à la même table, les animateurs notaient les tablées quand il y avait des modifications, nous faisions respecter la distance en sport, et, en gros, nous aurions pu tracer les contacts des enfants, avec une petite marge d’erreur peut-être, mais disons de manière globalement satisfaisante. Travail important, contraignant pour les enfants comme pour les adultes qui les encadrent. Arrive le premier cas positif… pas de traçage. Le deuxième ? Pas de traçage non plus. Les suivants ? Idem. Nous nous sommes découragés. A quoi bon ? Après tout, peut-être avaient-ils raison, les enfants étaient peut-être très peu contaminants, c’est le discours martelé par les pédiatres après tout, pourquoi être plus royalistes que le roi… Et pourtant nous étions nombreux à être mal à l’aise vis-à-vis des familles. C’est l’étrange méthode Coué de Blanquer: répéter comme un mantra que l’école n’est pas un lieu de contamination, quitte à tordre les chiffres dans tous les sens, et à évacuer ceux qui gênent, ne nous convainquait guère.

«La blague était déjà mauvaise, elle devient sinistre. La présence des variants anglais et sud-africains sur notre territoire et les déclarations d’Alain Fischer, le monsieur Vaccin du gouvernement, sur la nécessité de vacciner les enfants, n’ont rien fait bouger du côté du ministère. Plus de sport en intérieur, certaines règles optionnelles pour la restauration devenues obligatoires, soit. Mais le traçage ? Rien n’a changé. Même pas a minima une information claire envers les familles.

A vomir

«Mon amie a une oreille attentive, alors je raconte. Je raconte les appels affolés lors de nos permanences syndicales, la colère des collègues, le surnom donné à l’un de nos permanents syndicaux, Clusterboy, je lui lis ce message, reçu dans la journée : "Je suis positive depuis jeudi dernier. Ma directrice a appelé l’inspectrice qui lui a dit que j’étais irresponsable. Pourtant je me dévoue corps et âme à mon métier, nous avons une maîtresse absente depuis fin décembre, nous récupérons ses élèves et nous montons parfois à 40 dans ma classe. Un des élèves répartis dans ma classe était positif au Covid. Depuis vendredi, trois enseignantes sont positives ou cas contact. Le directeur du centre de loisir est positif, ainsi que trois animateurs et deux ATSEM. Le maire souhaite fermer l’école, mais l’inspectrice toujours pas. Le mot d’ordre, c’est se taire, ne pas fermer les écoles pour ne pas faire exploser les chiffres. La santé, ils s’en foutent. C’est à vomir. "»

«Je raconte aussi le cas de cette enseignante, qui reçoit un SMS de l’assurance maladie lui demandant de s’isoler, mais qui ne s’isole pas et assure la classe, parce que du point de vue du médecin de l’éducation nationale et de notre inspecteur, le risque de contamination, sur son lieu de travail, n’est pas avéré. Ce n’est pas, me confirme mon inspecteur en audience syndicale, à la caisse nationale d’assurance maladie de déterminer qui est cas contact dans les écoles: nous dépendons de la cellule dédiée à l’inspection académique. Dommage que le virus ne soit pas au courant.

Deux règles

«Et comme nous travaillons avec des personnels municipaux ou des intervenants extérieurs, deux règles, la règle commune et celle de notre administration, se heurtent parfois. Cette administration est, en quelque sorte, juge et partie. Comment lui faire confiance ? En pratique, les enseignants vont se faire tester, même lorsqu’on leur dit qu’ils ne sont pas cas contacts. Ils savent bien que dans la plupart des écoles, nous mangeons ensemble… à distance, certes, mais pas toujours, et pas toujours dans des pièces aérées. De nouvelles consignes sont tombées récemment : elles nous enjoignent à manger en quinconce, à plus de deux mètres d’écart, et en moins de 15 minutes, fenêtres ouvertes – ou, à défaut, dans nos classes. Je ne les remets pas en cause, elles sont sans doute justifiées. Reste à espérer que par la magie de l’effet performatif de la note de service, elles ne permettent pas d’évacuer tout bonnement la question des cas contacts entre enseignants – puisque nous ne sommes pas supposés, par définition, les enfreindre.

«Comme le signale le SNUIPP-FSU, le syndicat majoritaire dans le premier degré, dans un courrier au ministre de la Santé: "A l’heure actuelle, l’éviction et l’isolement des personnels qui ont été en contact avec un cas positif reposent sur les instructions des autorités locales de l’éducation qui ont aussi à charge d’assurer la continuité du service. Cela peut se traduire parfois par des refus de placement à l’isolement, ce qui est en totale contradiction avec la stratégie nationale relative à la rupture des chaînes de contamination… Les règles de cas contacts au sein de l’Éducation nationale doivent être les mêmes que dans le reste de la société. "

«Alors oui, tracer les enfants, cela signifierait fermer la classe pour une semaine dans une école maternelle. Personne ne le souhaite. Mieux tracer les cas contacts entre adultes, en prenant en compte la réalité de la vie des personnels, par une autorité de santé indépendante, ferait fermer des classes. Beaucoup, sans doute, et cela pèserait sur l’ensemble de la société. Mais à Noël, dans ma chambre, en tête à tête avec ma part de bûche et le résultat positif de mon test, face à la pile de livres dont, positive asymptomatique, j’allais profiter pendant une semaine de paresse forcée, je me suis demandée jusqu’où ce virus invisible, qui avait transité par moi à mon insu, sans doute depuis l’école, avait diffusé parmi ces gens que je vois tous les jours dans le quartier, qui il allait heurter de plein fouet, et quels deuils il allait peut-être engendrer.»

Christian Lehmann est médecin et écrivain

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« Le fiasco Blanquer », anatomie d’un ministre...

31 Janvier 2021 , Rédigé par L'instit'Humeurs Publié dans #Education

« Le fiasco Blanquer », anatomie d’un ministre...

EXTRAIT

« Avant toute chose, le blanquerisme est un autoritarisme. Il se caractérise par une prise de décision ultra-centralisée, l’effacement de la délibération collective, l’affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels et l’élimination systématique des opposants en interne (…). A l’épreuve du pouvoir, Jean-Michel Blanquer s’est montré despote quand on l’attendait démocrate, diviseur lorsqu’il fallait rassembler, sectaire là où il aurait dû s’ouvrir ». En 90 pages documentées Saïd Benmouffok, professeur de philosophie, fait un portrait sans concession du ministre JM Blanquer et propose une vision d’ensemble de son action, très sombre. Le fiasco Blanquer est aussi un livre politique – Benmouffok est de gauche et ne s’en cache pas, au contraire d’un ministre qui feint de ne pas être de droite – qui dénonce une certaine vision de l’école, en marche.

Un lourd passif et une idéologie marquée

On se souvient de l’arrivée de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, en mai 2017, drapé dans une blancheur virginale tout à fait usurpée pour les connaisseurs de l’école. Présenté comme « issu de la société civile » et comme parfaitement neutre politiquement, il est en réalité tout l’inverse, ainsi que le rappelle Benmouffok : JM Blanquer fréquente les ministères de droite depuis 2006, quand il est nommé directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, sous Jacques Chirac, puis comme numéro 2 de l’EN en tant que directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) de Luc Chatel en 2009. Il est « le fil conducteur de la politique éducative du sarkozysme. D’ailleurs, on le surnomme à l’époque le « ministre bis », puisqu’il est en contact avec l’Elysée et s’autorise à prendre les devants sur de nombreux sujets sans passer par son ministre de tutelle. Il est l’homme fort de la droite à l’éducation, bien plus que les ministres successifs. Blanquer est bien celui qui a conduit l’essentiel des réformes » du quinquennat Sarkozy. Il est donc comptable de son bilan : « hausse des inégalités, baisse drastique des budgets et du nombre d’enseignants (…) Près de 150 000 jeunes se trouvent chaque année en situation de décrochage, tandis que 80 000 postes d’enseignants sont supprimés entre 2007 et 2012 ».

JM Blanquer mène notamment ce que Benmouffok qualifie de « chef d’œuvre sarkozyste » : « la suppression de l’année de stage à l’issue des concours d’enseignement. A la rentrée 2010, pas moins de 16 000 nouveaux profs sont envoyés devant leurs élèves, souvent à temps plein, sans avoir reçu de formation pédagogique ».

Entre 2012 et 2017, éloigné du ministère durant le quinquennat Hollande, JMB fourbit ses armes, travaille à ses réseaux et publie un livre programmatique qui lui servira de carte de visite auprès de tous les candidats de droite pour l’élection présidentielle de 2017 (il propose ses services à chacun, et tous acceptent). Pour Benmouffok, tout Blanquer est là, le futur ministre y dévoile sa pensée et son ambition : « le but de toute la démarche est la "recherche de la performance". Pour y parvenir, il est nécessaire d’aller vers une plus grande "responsabilisation des acteurs". Comment faire ? En passant par la "contractualisation" à tous les étages ». Le chef d’établissement a des pouvoirs accrus et devient "véritablement le patron de son établissement", "les résultats des élèves deviennent le critère majeur d’évaluation" des enseignants. Une agence extérieure mesure l’efficacité des équipes pédagogiques, les résultats sont « communiqués aux familles qui peuvent comparer les établissements mis en concurrence et choisir les plus performants ».

On est, on le voit, bien loin du personnage vierge et neutre vendu en mai 2017. « Loin d’un prétendu pragmatisme dépolitisé, son approche témoigne d’une adhésion profonde à une certaine vision du monde. Son modèle n’est pas à chercher dans le système éducatif d’un autre pays : il se trouve dans le fonctionnement de l’entreprise privée concurrentielle, c’est-à-dire dans la logique du marché appliquée à l’école ».

(...)

 

Suivez l'instit'humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

N.B. : je cesse ici ma recension du livre, mon billet est assez long comme ça, mais Benmouffok aborde d’autres sujets intéressants, notamment le scientisme de Blanquer, qualifié de neurobéat, ou sa vision de la laïcité, « autoritaire » et « agressive ». A lire...

Et pour ceux qui souhaitent approfondir les divers thèmes évoqués par Benmouffok et relatés dans ce billet, il est possible de taper "Blanquer" dans la barre de recherche de ce blog, on tombera sur tous les posts concernant le ministre depuis 3 ans 1/2 : beaucoup des dossiers en question y sont détaillés… C'est .

Lucien Marboeuf

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

30 Janvier 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

Une actualité plutôt morose pour l’éducation cette semaine, entre une colère enseignante confrontée à la surdité du ministre, un confinement qui se profile mais ne s’annonce pas, et les étudiants qui n’en peuvent plus.


Colère

Cette semaine on a vu monter la colère des enseignants, colère qui s’est notamment exprimée lors de la grève du mardi 26 janvier. "Un appel à la grève et à la mobilisation a été lancé par six organisations syndicales, afin de réclamer de meilleurs salaires pour les enseignants, mais aussi dénoncer la gestion de la crise du Covid-19"
Pour comprendre cette colère profonde, on pourra aller lire des témoignages des personnels de l’éducation qui souhaitent notamment sauver le service public. (L’Humanité). Dans Le Monde, le SNUIPP résume la situation : “L’école « fait face à une crise grave et inédite où la réussite des élèves est menacée tandis que les personnels sont en première ligne et se sentent abandonnés. Des réponses à la hauteur des enjeux sont nécessaires pour permettre un tout autre service public d’éducation »”
En Dordogne, les professeurs d’EPS confrontés à l’interdiction du sport en intérieur, « manifestent "à poil" devant l’Inspection d’Académie ».

Et pourtant le ministre est complètement sourd à cette colère, lui qui se félicite des conclusions du Grenelle de l’éducation. Normal, il a tout fait pour que ce Grenelle propose ses idées à lui.
"Trois mois et une flopée de démissions plus tard (la CGT, la FSU, le pédagogue Philippe Meirieu), les dix ateliers mis en place viennent de rendre leur copie.
Jean-Michel Blanquer devrait rendre ses arbitrages dans quelques semaines. Mais, dès lundi 25 janvier au soir, sur LCI, le ministre a salué des perspectives extrêmement intéressantes ​. Pas étonnant. Une grande partie des recommandations vont dans le sens de ce qu’il prône depuis plusieurs années : affirmation de l’autorité de l’État, autonomie des établissements, libéralisation."
 Ouest-France

Une promesse non tenue : celle de la prime informatique qui devait être versée en janvier. « La prime informatique (150€ par an) est la seule revalorisation qui aurait du être touchée par la grande majorité des enseignants. Promise par le ministre pour le mois de janvier 2021 elle n’a pas été versée. " » Le Café pédagogique

Autre source de colère : la maternelle. Maternelle : Monsieur le Ministre, ça suffit !
“Le ministre n’oublie rien dans son entreprise de casse de l’école maternelle. Non content de la formater sur le modèle de l’école élémentaire, fort peu intéressé par la réaction massive que la note du CSP a provoquée, il vient de décider de ficher les enfants, dès 3 ans, sur la base de leurs comportements et ce jusqu’à la fin de leur scolarité." Une tribune à lire.
A lire aussi, deux essais vent debout contre Jean-Michel Blanquer
“Dans « Le Fiasco Blanquer » et « Jean-Michel Blanquer, l’Attila des écoles », Saïd Benmouffok et Pascal Bouchard s’appuient sur leur connaissance de l’école pour se livrer à une critique acérée de la politique du ministre de l’éducation nationale.” Par Luc Cédelle


Anticipation
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Le dessin de Fabien Crégut

C’est raté pour l’organisation. Pas un mot pour les écoles vendredi soir lors de l’intervention du premier ministre à l’issue du conseil de défense. Pourtant les enseignants aimeraient bien pouvoir anticiper, s’organiser. Ne pas « revivre le coup du "débrouillez-vous" ». Car, en effet « On est toujours les derniers informés, glisse une enseignante dans une école primaire bretonne. A chaque décision, on l’apprend d’abord dans la presse. » Comme elle, nombreux sont les professeurs à attendre les décisions concernant les prochaines vacances. Y aura-t-il trois semaines en février ? Ou deux ? Pour tout le monde en même temps ou par zones ? (Libération)

Pourtant le virus semble circuler de plus en plus dans les établissements :
« Les écoles connaissent ces derniers jours une flambée de cas de Covid-19, d’importants clusters apparaissent. Le protocole sanitaire, critiqué depuis des mois par tous les acteurs de l’Éducation nationale, est inefficace pour repérer et bloquer les transmissions. ». Et de nombreux scientifiques plaidaient cette semaine pour un reconfinement. “Jean-François Delfraissy a estimé dimanche que les nouveaux variants « changent complètement la donne ». (LeMonde)

La question se posait, et semble se poser encore de l’allongement des vacances d’hiver.Hypothèse évoquée par le porte parole du gouvernement jeudi matin, alors qu’au même moment le ministre de l’éducation disait le contraire. Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs été interdit de micro à la suite de cette cacophonie (selon Gala). En effet, “alors qu’un troisième confinement se profile, le ministre de l’Education réaffirme sa volonté de laisser les écoles ouvertes.
Laisser les écoles ouvertes quoiqu’il en coûte ? S’interroge Pascale Fourier sur son blog “ Responsable de la santé au travail de près de 850.000 de ses agents en poste devant élèves, que propose-t-il alors ? La fourniture de deux masques chirurgicaux par jour en remplacement des « masques-slips » ? Une priorité pour la vaccination de ceux qui seraient volontaires ? Non, rien.”

Certaines écoles se préparent à une éventuelle fermeture, en l’absence de consignes.
“ Pour ne pas être pris au dépourvu, les enseignants ont parfois perfectionné leurs outils pédagogiques en ligne et formé leurs élèves.”
A propos de l’enseignement à distance, un rapport est sorti sur le confinement de l’an dernier. “A partir d’une enquête réalisée auprès de 400 enseignants, l’Inspection générale de l’Education nationale porte un regard très critique sur la poursuite de l’enseignement pendant le premier confinement. Il préconise d’améliorer la formation pour les cours à distance, dans la perspective d’un éventuel reconfinement des écoles.” L’article


Déprime

Du côté des étudiants, la déprime augmente. Elle est d’abord le fait des cours à distance depuis plusieurs mois.
La galère des cours à distance : « La connexion a coupé… Je n’ai pas entendu la question » “Les syndicats étudiants ont appelé à manifester ce mercredi pour un « plan d’urgence ». Ils pointent le distanciel comme l’une des causes de leur mal-être. Reportage en cité U à Amiens dans la Somme.”
Cours en ligne : « L’enseignement désincarné est un simulacre »"Alors que débute le second semestre universitaire, élèves et enseignants vivent leur première rentrée en « distanciel ». Mais sans la dimension charnelle de l’expérience pédagogique, l’enseignement est dénaturé, déplore, dans une tribune au « Monde », Céline Letemplé, professeure d’anglais.”

Cette situation qui dure entraîne d’importantes difficultés, déprime, burn out, voire pire.
« Enseignants et étudiants, on est déjà tous en burn-out » : le monde de l’éducation en plein désarroi face à la gestion de la crise sanitaire
“Du secondaire au supérieur, élèves et professeurs ont manifesté, mardi, pour réclamer des moyens afin d’assurer à tous une continuité pédagogique en présentiel.”
Par Soazig Le Nevé

Pire : de nombreux étudiants doivent choisir entre manger et étudier car ils ont perdu l’emploi qui leur permettait d’avoir un revenu. On les voit très nombreux dans les distributions des associations caritatives. C’est pourquoi le programme des repas étudiants à un euro est bienvenue.
« Depuis le 25 janvier, tous les étudiants peuvent bénéficier de repas à un euro dans 400 points de distribution ouverts par les Crous. Un coup de pouce bienvenu en pleine crise sanitaire. »

Et le retour en présentiel ? Ce que prévoient les grandes écoles
“Le retour à petite dose de tous les étudiants dans leurs établissements, annoncé par Emmanuel Macron jeudi dernier, se mettra en place à partir de lundi et d’ici au 8 février au plus tard. Dans les grandes écoles, tous les étudiants n’ont pas la même envie de présentiel.”


Pour changer

Voici quelques articles intéressants et moins déprimants qui sont sortis cette semaine.

Tout d’abord, un article sur les professeurs documentaliste dont le métier est méconnu.« La caricature de la “dame du CDI”, c’est fini ! » : le blues des professeurs-documentalistes
« Les « profs-docs » se sont mobilisés en décembre après avoir été exclus du versement d’une prime informatique. Sans discipline propre, sans heures de cours dédiées ni salle de classe, la profession manque de reconnaissance et fait face à des difficultés au quotidien. » Par Séverin Graveleau.
Mais aussi une incursion chez un CPE.
“Insolence, bagarre, racket... Petit florilège des agressions auxquelles sont régulièrement confrontés les deux CPE d’un collège du nord-est parisien.” France Culture.

Quelques pistes pour démocratiser l’accès aux grandes écoles.
“Un rapport de l’Institut des Politiques Publiques publié en janvier révèle l’échec des tentatives mises en place depuis les années 2000 pour démocratiser les grandes écoles. C’est en réalité dès le lycée, lorsque les élèves formulent leurs vœux, que les mesures seraient les plus efficaces.”
Car en fait, dans les grandes écoles, la diversité sociale n’a pas progressé en dix ans
“Des élèves issus des couches les plus favorisées de la société et résidant en Ile-de-France : le vivier de recrutement de ces établissements n’a pas bougé, indique une vaste étude menée par un laboratoire de l’Ecole d’économie de Paris.”

Sur le site de la FCPE, une étude sur les relations entre l’école et les familles"L’institution scolaire, en s’ouvrant progressivement aux parents, a contribué à fabriquer une image du parent d’élève idéal, allié de l’école. Cependant, cette image du parent compétent, coopérant avec l’école et en maîtrisant les codes, fait courir le risque d’un jugement négatif sur les parents qui s’écartent de cette norme, au risque de les disqualifier à leurs propres yeux et aux yeux de l’institution. À ce titre, la formation des acteurs de l’école à la diversité des familles et à la relation à construire avec elles est une priorité, afin de ne pas redoubler les inégalités, en ajoutant aux difficultés de certains enfants celles de leurs parents face à l’école.” Par Pierre Périer, professeur en sciences de l’éducation, université Rennes 2 - CREAD

Des « apaches » aux « racailles » : « La perception de la violence change, pas les jeunes »
“Alors que le Sénat a adopté mercredi la réforme de la justice des mineurs, les historiens Véronique Blanchard et Mathias Gardet, auteurs d’un ouvrage consacré au traitement judiciaire de la délinquance juvénile dans l’après-guerre, retracent l’évolution des représentations, des normes sociales et des réponses pénales.”

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