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Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

Contre l'échec scolaire? Redoublement et chorale pour une rentrée en musique...

12 Juin 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Femme, Désespérée, Triste, Des Larmes

EXTRAITS

Redoublement, stages de remise à niveau, chorales, dédoublement des classes de CP-CE1 : Jean-Michel Blanquer planche déjà sur plusieurs mesures à mettre en place dès septembre, contre l'échec scolaire.

(...)

Le redoublement, « un outil pouvant être bénéfique »

Dans une interview au Parisien, le ministre de l’Education nationale affirme d’abord vouloir « faire en sorte que tous les élèves sortent du primaire en sachant lire, écrire et compter », jugeant « anormal » de ne pas avoir recours au redoublement. Selon lui, « il est absurde de laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards ».

Jean-Michel Blanquer souhaite ainsi abroger le décret de novembre 2014 sur les redoublements limités à des « cas exceptionnels ». A noter que selon Arrêts sur Images, le redoublement n’a jamais été « interdit » par le précédent gouvernement comme l’affirme le ministre, et que si « dans les faits, il a beaucoup diminué » depuis 2014, « la baisse remonte à bien avant » – le texte de Najat Vallaud-Belkacem n’ayant fait « qu’accentuer une dynamique existante. »

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Des « stages de remise à niveau » à la fin de l’été

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Selon lui, « ces stages de remise à niveau » d’une semaine « seront proposés fin août », en priorité dans les REP (réseaux d’éducation prioritaire), puis, « si possible, plus largement ». Ils seront centrés sur le français et les mathématiques, et seront dispensés par des « enseignants volontaires » rémunérés en heures supplémentaires. Ils ne seront pas obligatoires, mais seront « conseillés » aux familles d’enfants en difficulté.

Des chorales et des « pratiques instrumentales » dans « toutes les écoles »

Outre son dispositif « devoirs faits », qui permettra, grâce à des « études dirigées », aux élèves (en particulier les collégiens) de faire leurs devoirs à l’école, Jean-Michel Blanquer  propose de renforcer la place, « insuffisante en France », de l’éducation musicale, en secondaire mais aussi en primaire.

Le ministre voudrait ainsi introduire, « dans toutes les écoles et collèges », des chorales, et encourager « les pratiques instrumentales et les concerts ». Et de souhaiter « une prochaine rentrée en musique, dans un maximum d’endroits dès cette année, en mobilisant les élèves de l’année précédente ou des orchestres extérieurs ».

Dédoublement des classes de CP-CE1 : « il n’y aura pas de réduction de moyens »

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Afin d’obtenir « 100% de réussite en CP », le ministre de l’Education prévoit, dès la rentrée 2017, d’appliquer « le format de 12 élèves par classe » dans 2300 classes de CP en REP+. Selon lui, « le taux d’encadrement des autres classes ne sera pas dégradé », et « il n’y aura pas de réduction de moyens, au contraire ».

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Fabien Soyez

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"Vous savez qui est Albert Camus"... Programmé pour l'éducation?...

12 Juin 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

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Jean-Michel Blanquer, programmé pour l’éducation

Au-delà de son pragmatisme revendiqué, le nouveau ministre de l’éducation, ennemi du « pédagogisme » et féru de neurosciences, a des idées très arrêtées sur l’école.

« Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé… » Voilà le message que Jean-Michel Blanquer est venu porter jusque dans la classe de CP de Madame Rémy, à l’école Albert-Camus de Creil (Oise), mardi 23 mai. C’était, six jours après sa nomination, sa première visite en tant que ministre de l’éducation nationale. Et il a choisi de la faire en zone d’éducation prioritaire (ZEP), pour défendre l’une de ses mesures phares de la rentrée prochaine : les classes à 12 élèves en CP.

De lui, les enfants retiendront sans doute un « grand monsieur » en costume cravate gris, petites lunettes, crâne dégarni, l’air sérieux mais bienveillant, accompagné d’une nuée de caméras. Avant de les quitter, il leur a posé une question : « Vous savez qui est Albert Camus ? » Et eux de répondre : « C’est nous ! C’est notre école ! »

Sans doute que lui savait déjà, à 6 ans, qui était Albert Camus. Lui qui a grandi dans le cœur de Paris, aux côtés d’une mère enseignante et d’un père avocat. Qui a fait ses premières classes au cours Saint-Louis puis à Stanislas, prestigieux établissements privés. Qui a cumulé tous les titres que le système universitaire peut dispenser : maîtrise de philosophie, DEA d’études politiques à Sciences Po, diplôme de Harvard, doctorat et agrégation de droit public.

Quand on lui demande « qui il est » aujourd’hui, il répond : « un professeur ». Mais il n’est ni un instituteur ni un professeur de collège : Jean-Michel Blanquer est enseignant-chercheur. Un « intellectuel brillant », disent ceux qui l’ont côtoyé partout où il a pu enseigner – de la fac d’Assas en 1992 à Paris-III en 2004. Un homme d’action « hyperactif », pour ceux qui l’ont vu œuvrer sur le terrain en Guyane et à Créteil, et progresser à une vitesse éclair dans la haute hiérarchie de l’éducation nationale.

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Ceux qu’on foule aux pieds (aujourd’hui, au regard de l’actualité éducative)...

12 Juin 2017 , Rédigé par Questions de classe(s) Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "fouler aux pieds raisin"

Les mesures envisagées par le nouveau ministre de l’Éducation nationale n’ont rien de spectaculaires : l’annonce du recours plus fréquent au redoublement, une certaine latitude pour les rythmes scolaires, permettant de revenir à la semaine de quatre jours, le rétablissement des classes bilangues et la mise entre parenthèses des enseignements pluridisciplinaires en collège, rien qui paraisse cataclysmique même si on le juge négatif.

On ne peut s’empêcher de faire trois remarques :

- ces mesures sont socialement marquées : ce sont les enfants des classes aisées qui sont demandeuses des classes bilangues (et des langues anciennes) ; ce sont au nom de leur « fatigue » que l’on envisage de pouvoir revenir à la semaine de quatre jours – les autres enfants, eux, se lèvent aussi le mercredi ! Ce sont surtout les enfants des classes populaires qui redoublent.

- ce marquage social est aussi politique : c’est Sarkozy qui avait supprimé la cinquième matinée de travail scolaire, au grand dam de l’ensemble des chronobiologistes ; c’était aussi un clin d’oeil appuyé au monde enseignant, qui l’a compris via le syndicat majoritaire du secteur en ne pipant mot (même attitude aujourd’hui).

- il est aussi pédagogique : les EPI, quelque maladroite qu’ait pu être leur mise en œuvre, voulait promouvoir l’interdisciplinarité. Le front commun syndical mêlait ceux qui étaient « pour l’interdisciplinarité mais pas comme ça » - avec des arguments audibles - et ceux qui ont une conception blindée et aveugle des disciplines : c’était quand même un front commun.

Certes, ces retours en arrière marqués mais réalisés à pas feutrés (des coups de canif, pas une « casse », pour reprendre ce terme tant et si mal usité) risquent de rencontrer l’indifférence des parents des classes populaires, pas forcément au courant de ces questions et qui vont avoir bien d’autres soucis avec la réforme du code du travail. Les bénéficiaires, les enseignants corporatistes et les parents aisés, vont continuer à jouer double jeu, avec le souci proclamé de l’égalité des chances et des malchances, et la réalité des privilèges aux dépens des gens d’en bas.

J.-P. Fournier

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Revue de Presse Education... Ctrl-Z - Collège - Rythmes et blues - Redoublement - Ailleurs...

12 Juin 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Mains, Écrit, Journal Intime, Journal

EXTRAIT

Un bloc notes “blanquérisé”... Le ministre a multiplié les déclarations et les annonces. A tel point qu’on ne pourra tout évoquer dans cette chronique tardive. On essaiera surtout d’en faire une analyse générale et de se concentrer sur les plus importantes : le collège, les rythmes et le redoublement.

Ctrl-Z

Jean-Michel Blanquer a fait la Une de plusieurs quotidiens cette semaine (dont Libération et Le Parisien). Il faut dire qu’il a multiplié les déclarations sur de très nombreux sujets : rythmes scolaires, collège, devoirs, stages de remise à niveau, redoublement, baccalauréat, dates des vacances et bien d’autres encore...

Beaucoup de ces annonces visent à « détricoter » (c’est le terme le plus employé) les mesures prises précédemment. Une autre expression a fait florès pour le désigner : «  le ministre Ctrl-Z » celui qui annule ce qui a été fait précédemment. On peut aussi, et surtout, voir cette débauche d’annonces, comme de la communication politique à quelques jours des élections législatives.

Alors que la rentrée 2017 est déjà sur les rails et les marges de manœuvre très étroites, beaucoup de ces déclarations n’auront, quoi qu’on en dise, que peu d’effets immédiats. Il faut aussi remarquer, en plus, que plusieurs de ses déclarations, rentrent en contradiction avec ses positions ou actions antérieures. Et surtout, elles envoient des signaux contradictoires qui, à terme, peuvent être néfastes à la volonté de changement du ministre. Comme le souligne Louise Tourret dans Libération  : « Les revirements actuels donneraient plutôt raison à ceux qui, sur le terrain, n’ont pas joué le jeu des réformes, les appliquant a minima, attendant un changement de ministre.  » et elles . Et « on laisse croire aux plus investis que leurs efforts sont vains… »

On a envie de dire au Ministre qu’à côté de Ctrl-Z, il y a aussi Ctrl-C et Ctrl-V pour reproduire les initiatives et les innovations au lieu de les décourager

Ce sont surtout les semaines précédentes au moment de la nomination du gouvernement qui ont été propices aux portraits. Cette semaine, on en trouve cependant un nouveau très intéressant dans Le Monde . Les deux journalistes, Aurélie Collas et Mattea Battaglia décrivent quelqu’un qui serait « programmé pour l’éducation » à la fois ennemi du pédagogisme et féru de neuro-sciences. Un “pragmatique” partisan du bottom-up (approche descendante) où on part des expérimentations pour ensuite évaluer et généraliser. Mais remarquent les deux auteures, « Rien de tout cela dans ses premières décisions, qui consistent surtout pour l’heure à défaire ce que la gauche avait entrepris. Sur les réseaux sociaux, on le surnomme déjà le « ministre des Ctrl + Z » ou du « détricotage ». Il avait pourtant assuré qu’il ne serait pas le ministre « des zigzags » ou des « stop and go ». ». C’est plus ou moins le même reproche qui est formulé par Jean-Pierre Veran sur son blog Mediapart . « Le ministre de l’éducation nationale a affirmé ne pas vouloir donner dans l’injonction, être pragmatique, prudent et à l’écoute. […] Et voici qu’hier ce même ministre soumet au conseil supérieur de l’éducation un décret qui prévoit une modification importante de l’organisation des collèges, avec le rétablissement des classes bi-langues et des enseignements de langues anciennes et l’amoindrissement de la place accordée à l’accompagnement personnalisé et aux enseignements pratiques interdisciplinaires. Et un autre qui prévoit le retour possible à la semaine de quatre jours de classe dans le premier degré. Ni l’un ni l’autre de ces décrets n’ont reçu l’assentiment du conseil supérieur de l’éducation, mais le ministre passera outre ces avis défavorables. Le changement, ce n’est pas pour maintenant ! ». Et le blogueur, ancien inspecteur, conclut : « Ces premiers signaux de l’action ministérielle pourraient laisser présager une école soumise au régime de la marche forcée si peu compatible avec la stabilité nécessaire au temps éducatif d’une part, l’autonomie des équipes d’établissement d’autre part. »

Comme l’évoque JP Véran, la semaine a aussi été marquée par la présentation, jeudi dernier, à l’organe consultatif qu’est le Conseil Supérieur de l’Éducation des deux propositions mises en avant par JM Blanquer : un décret sur la réforme des rythmes et un arrêté sur la réforme du collège. Les deux textes ont donné lieu à des votes négatifs mais on peut penser que le ministre passera outre cet avis consultatif. Nous allons détailler maintenant ces deux propositions ainsi que les déclarations sur le redoublement.

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Philippe Watrelot

Le bloc-notes complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Dès la maternelle, les enfants de bourgeois se reconnaissent...

11 Juin 2017 , Rédigé par Rue89 Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "Sociologie des enfants"

EXTRAIT

Etre un enfant, c'est disposer d'un corps de petite taille, avoir une dentition incomplète, un système immunitaire immature et être dans l'incapacité de se reproduire. Voilà pour l'aspect physiologique.

Parce que nous sommes inscrits dans une réalité culturelle, historique et sociale, l'enfance, cette période de vie courant de la naissance à la puberté, n'est pas une expérience homogène, mais "plurielle et potentiellement inégale".  

C'est ce que montre le riche petit livre de Martine Court, maîtresse de conférences en sociologie à l'université Clermont Auvergne, dont les travaux portent sur la socialisation pendant l'enfance et l'adolescence dans les sociétés occidentales. Et plus particulièrement sur la construction des différences de classes et de genre. 

Pour Rue89, elle développe ce que nous avons appris en lisant son dernier ouvrage, "Sociologie des enfants" (éd. La Découverte, mai 2017).

(...)

A l'école, on se mélange ?

Des travaux ont montré que les enfants ont plus facilement tendance à nouer des amitiés avec ceux qui leur ressemblent socialement.

Cela s'explique peu ou prou de la même manière que l'homophilie sociale observée à l'âge adulte. D'abord par la fréquentation de lieux de rencontre socialement homogène, en fonction du degré de mixité de l'école fréquentée par l'enfant. 

Martine Court continue :

"On se lie plus facilement avec des personnes qui ont les mêmes manières de penser, les mêmes goûts, les mêmes formes d'humour, les mêmes références culturelles.
Il n'y a pas de raison que ça ne marche pas aussi pour les enfants, si on admet qu'assez jeunes, les enfants ont des goûts culturels et des loisirs différents d'un milieu social à l'autre, n'ont pas les mêmes manières de parler, de se comporter, pas les mêmes formes d'humour."

C'est aussi quelque chose qui frappe les parents : dans la cour, dès la fin de la maternelle, filles et garçons se mélangent peu.

"C'est tout à fait vrai, massif, mais il ne faut pas l'exagérer", nuance Martine Court. 

"Cette tendance à fuir l'autre sexe est beaucoup plus vrai à l'école, un lieu public, exposé au regard des autres. Ça l'est moins à l'échelle du quartier, dans des lieux d'activités et de loisirs pour les enfants.
Je tiens à le souligner car il peut y avoir l'idée que si les filles préfèrent la compagnie des filles et les garçons préfèrent les garçons, c'est qu'on est biologiquement pas pareil. Il faut rappeler que ça dépend du contexte social et qu'il y a des lieux dans lesquels les enfants peuvent très bien jouer avec ceux de l'autre sexe."

Que se passe-t-il donc à l'école ? "Il y a beaucoup de contrôle social entre enfants", répond Martine Court. Jouer avec l'autre sexe, c'est à la fois risquer la moquerie de ne pas être conforme à son genre, de ne pas correspondre aux normes sexuées (une fille est un garçon manqué, un garçon une fi-fille). C'est aussi risquer les "elle est amoureuse, il est amoureux". L'autre forme de contrôle par laquelle les enfants maintiennent cette séparation entre les sexes.

Après, la séparation est liée aussi au fait qu'assez tôt, les enfants n'ont pas les mêmes goûts (les garçons préfèrent le foot à l'élastique, les filles l'élastique au foot). En tant que sociologue, je ne pense pas que ces goûts-là soient inscrits dans la nature des uns et des autres : il y a eu beaucoup de travaux qui ont montré que ces goûts s'apprennent très tôt."

Vacances et inégalités

Les inégalités qui affectent les enfants s'observent dans toutes les dimensions de la vie quotidienne. La sphère des loisirs n'y échappe pas. Dans son livre, Martine Court évoque aussi les vacances qui jouent "un rôle non négligeable dans la (re)production des inégalités sociales". 

"Les vacances, c'est un moment d'accès à la culture, c'est le prolongement des pratiques de loisirs que les parents vont organiser pendant l'année", développe Martine Court. 

Il ne s'agit pas que d'un moment d'apprentissage :  les activités pratiquées, les modes d'hébergement, les destinations ("plus ou moins lointaines, rares et prestigieuses") ont une valeur symbolique inégale. Martine Court :

"Le récit des vacances (aux copains, au maître ou à la maîtresse en classe) est un moment important, notamment dans la façon dont ça va être perçu par les autres et dans la façon dont on se perçoit soi-même.
Ça joue un rôle sur la conception du sens social, la place qu'on occupe par rapport aux autres, les réactions que cela suscite..."

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Emilie Brouze

L'article complet est à lire ci-dessous

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Quelle histoire de France faut-il écrire?...

11 Juin 2017 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Histoire

Leçon, Retour À L'École, L'Éducation

EXTRAIT

La campagne présidentielle a relancé le débat autour de la nécessite de réécrire le roman national. Heureusement, l'ouvrage «L’Histoire mondiale de la France» répond avec intelligence au défi de raconter notre passé dans toute sa complexité. Et notre quiz pour tester vos connaissances.

On est parfois atterré par la méconnaissance des politiques français quand ils parlent de l’histoire de France: comment peuvent-ils si souvent se réclamer d’une histoire qu’ils connaissent de manière si approximative? Jean-François Copé qui parle du pont d’Arcole en flammes ou bien de Robespierre comme d’un homme qui «guillotinait d’abord et parlait après»? Jean-Christophe Cambadélis qui parle de Valls et de Hollande comme l’épée et le bouclier, soit une comparaison utilisée par les défenseurs de Pétain pour décrire de Gaulle et le vieux maréchal? La liste tend vers l’infini.

Un sentiment de malaise de plus en plus renforcé depuis que, durant la campagne présidentielle, certains ont affirmé vouloir remettre le récit ou le roman national au goût du jour dans les écoles. Car à les en croire, si ce pays désespère, si de plus en plus de jeunes vivent dans la précarité, si les aînés ne se portent guère mieux, si la colère gronde et si un parti extrémiste de droite est arrivé au deuxième tour de la présidentielle, cela n’est pas à cause du chômage de masse, de l’échec des politiques économiques enchaînées par tous les gouvernements successifs depuis trente ans pour y remédier, des affaires de corruption qui touchent la classe politique ou de la déconnexion totale entre les élites et le peuple non! C’est parce qu’on ne parle plus de Clovis et de Voltaire à l’école, ce qui convenons-en est beaucoup plus grave –même si c’est totalement faux.

Une inévitable vision caricaturale?

Comment expliquer cette vision si caricaturale? Par la manière dont l’enseignement de l’histoire se fait? Certes, du primaire au lycée, les programmes d’histoire sont chargés et il faut aller vite –et tout le monde ne fait pas des études supérieures en histoire. L’enseignement de l’histoire avant l’université est-il pour autant caricatural? Certainement pas à en lire les programmes. Encore moins à en écouter un professeur d’histoire-géographie, Hervé V., interrogé à ce sujet:

«Avec des classes de 4e, par exemple, sur un sujet aussi complexe que la Révolution, on est forcément obligé de prendre des raccourcis. Mais cela ne signifie pas que l’on caricature. Quant à l’idée de faire passer un récit national en classe, cela n’a aucun sens. L’histoire est une science. Certes, on peut parsemer son cours d’histoires (avec un s), d’anecdotes, qui permettent aux élèves de se raccrocher à quelque chose. Mais sur la globalité, un cours ne saurait être un récit, même s’il convient naturellement de le structurer et de lui donner un fil conducteur.»

Renouer d’une autre manière avec le récit et la chronologie, c’est l’audacieux pari d’un livre sorti l'an dernier et qui a fait grand bruit, L’Histoire mondiale de la France, sous la direction de Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, spécialiste de l’histoire médiévale. Reprenant le canevas classique de la chronologie, il se propose d’offrir ce qui se fait de plus avancé en matière de recherche historique. Le format: 10.000 signes par notice, une date, un événement recontextualisé, exposé, révisé par une ou un spécialiste du sujet car l’époque où une seule personne pouvait prétendre écrire seul une histoire complète de la France est totalement révolue – sauf pour l’immense Lorant Deutsch, bien sûr.

(...)

Antoine Bourguilleau

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"Pour Julie, un redoublement ne serait-il pas souhaitable?"...

11 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Livres, Étudiant, Apprendre, Lire

Le mois de juin dans tous les collèges de France, de Navarre et d'ailleurs, est celui des réunions en tout genre. Le dernier conseil d'administration et les derniers conseils de classe...

"Monsieur, vous croyez que je vais passer?"

Cette question-là revient souvent dans la bouche des élèves. J'ai pris l'habitude depuis une dizaine d'année de leur annoncer, individuellement et en particulier, ce que je dirai de leur trimestre et de leur année pendant le conseil de classe qui les concerne. De leur année en effet car j'ai trop souvent été choqué par le fait que bien des décisions étaient prises après l'examen des résultats du troisième trimestre seulement.

"On pourrait se passer des six premiers mois et commencer l' année en avril pour l'arrêter en juin" ai-je osé dire un jour à un Principal, sur un ton mi-amusé, mi-énervé. Je ne me suis pas fait que des amis. Mais quoi, nos élèves travaillent, et nous avec eux, depuis septembre non?

"Pour Julie, un redoublement ne serait-il pas souhaitable?"

Le redoublement... La grande peur de Julie, de Selim ou de Paul... L'humiliation, la sanction suprême... La rupture avec les copines et les copains... J'ai moi-même vécu cette épreuve. J'arrivais du Maroc et l'adaptation à la France a été douloureuse. J'avoue aussi que cette année-là, je n'avais pas fait beaucoup d'efforts. J'ai donc "repiqué" à l'identique pour les programmes, parfois avec les mêmes professeurs, souvent avec les mêmes exercices, toujours dans le plus grand ennui. Et, en travaillant encore moins, je suis passé...

"Le redoublement doit être profitable aux élèves dont l'équipe pédagogique est certaine qu'il leur sera utile" nous dit-on souvent. Il ne doit plus être une sanction. J'approuve cette manière de voir les choses. Mais je persiste à penser qu'il s'agit d'un pis-aller.

Le redoublement est une des très rares solutions, dans un système cloisonné, qui n'autorise pas l'élève en difficulté à pallier ses lacunes en cours d'année, si ce n'est par quelques mesurettes qui donnent bonne conscience à défaut de résultats tangibles.

Le redoublement, même s'il est moins fréquent que du temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, est le symbole de l'enfermement né de l'organisation du système. Julie a souffert toute l'année... Elle n'a pas beaucoup travaillé non plus, c'est vrai... Mais voila, elle est en quatrième, elle restera en quatrième toute l'année suivante. Aucune passerelle possible, aucune remédiation et, de mauvaises notes en mauvaises notes, d'incompréhension en incompréhension, elle perd pied, elle se noie. "Une élève à la mer!"... Oui, mais on n' a pas de bouée... Alors nage, Julie, comme tu peux... Le prochain bateau te prendra à son bord pour recommencer la traversée... Tu n'as pas aimé le premier voyage ? Tant pis ! Tu en subiras un second, à l'identique ! Mal de mer inclus dans le prix du billet!

Plus les années passent, moins j'apprécie le cérémonial administratif de ces conseils de classe. Nous cautionnons un mode de fonctionnement à mes yeux obsolète, parfois d'une injustice flagrante, mais qui nous donne une certaine importance. Beaucoup de destins se jouent pendant une heure, une heure seulement pour décider d'une orientation, d'une vie. C'est terrifiant! Oh bien sûr, ils se jouent aussi tout au long de l'année... Comme me l'a vertement fait remarquer un collègue :

"Tout compte fait, c'est de leur faute s'ils redoublent! Les principaux responsables, c'est eux quoi!"

Alors nage Julie... Nage jusqu'à l'épuisement, jusqu'au dégoût... On n'a pas les bouées... Mais ce n'est pas de notre faute... La seule coupable, c'est toi !

Pour nous, tout va bien... Juillet est en vue...

Christophe Chartreux

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Cohérence des acteurs, continuité des apprentissages...

11 Juin 2017 , Rédigé par Tap-Tap - CANOPE Publié dans #Education, #Pédagogie

Apprendre, Les Mathématiques, Enfant

Le réseau Canopé a publié récemment le 183ème numéro de sa revue Diversité, un numéro en adéquation avec nos réflexions autour de la cohérence des acteurs éducatifs et de la continuité des apprentissages.

À l’heure où les modalités d’apprentissage se diversifient considérablement, où les occasions d’apprendre sont de plus en plus nombreuses – dans un foisonnement qui brouille les frontières entre les différents espaces éducatifs –, l’idée d’une éducation globale tend à s’affirmer parmi les acteurs de l’éducation, avec l’ambition de mettre en continuité et en cohérence les rôles respectifs de l’école, des familles, des acteurs sociaux et/ou des territoires, et la volonté de réconcilier l’élève considéré dans un contexte scolaire avec l’enfant qu’il est aussi, par ailleurs.

Ce numéro de Diversité explore cette question des continuités – et discontinuités – éducatives et de la cohérence des parcours d’apprentissage, ainsi que celle des articulations entre des espaces-temps éducatifs multiples. Il propose en particulier de mettre au jour les conditions et les modalités de mise en œuvre effective de ces différents temps pour apprendre.

Nous vous relayons avec beaucoup d’intérêt les quelques articles en accès libre, fruit d’entretiens avec trois sociologues et professeurs en sciences de l’éducation :

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Quand Chatel, Darcos et de Robien parlaient du redoublement...

10 Juin 2017 , Rédigé par Liberation - Le Monde - La Croix Publié dans #Education, #Pédagogie

Travail, Éduquer, Red, Crayons, Plan

Quelques souvenirs, en remontant le temps...

Tout d'abord, Luc Chatel, Ministre (UMP) de l'Education Nationale/26 février 2011:

«C’est une bonne chose que nous réfléchissions à réduire le nombre de redoublements. Le système en faisant la solution par rapport aux difficultés scolaires n’a pas porté ses fruits» : le ministre de l’Education Luc Chatel a dit, jeudi sur France 2, tout le mal qu’il pensait du redoublement, inefficace selon lui et en plus coûteux. Mais soucieux de calmer la polémique, il est resté prudent sur l’initiative prise par l’inspecteur académique du Calvados, qui a instauré un étrange système de bonus-malus, retirant des postes à la rentrée aux collèges ayant trop de redoublants, en ajoutant à ceux qui en ont le moins. Cette initiative «n’a pas vocation à être généralisée», a-t-il déclaré. Selon l’inspecteur, les 1 050 redoublants annuels du Calvados coûtent 8,5 millions d’euros, soit 170 postes. Or, «le redoublement ne sert à rien dans 99,5% des cas». De nombreuses études vont en effet en ce sens. Mais ni l’inspecteur ni le ministre ne proposent de solutions alternatives. «Je crois plutôt à un soutien scolaire, à un accompagnement personnalisé tout au long de la scolarité», a vaguement dit Chatel.

Puis Xavier Darcos, Ministre (UMP) de l'Education Nationale/5 octobre 2008

Une réforme profonde du lycée, avec, dès la rentrée 2009, un remodelage complet de la classe de seconde. C'est, à en croire le Journal du Dimanche, l'annonce que devrait faire "prochainement" le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos.

Le projet du ministre consisterait à bâtir un tronc commun pour tous les élèves de seconde, dans lequel on trouverait lettres, mathématiques, histoire-géographie, deux langues vivantes et sport. "A ce jour, note le JDD, la physique-chimie, l'éducation civique et les sciences naturelles ne font donc plus partie des enseignements obligatoires. Pas plus que l'économie, déjà exclue par une précédente réforme."

Ce tronc commun devrait représenter 60 % des cours. Le reste serait divisé en deux types de modules, détaille le journal : "les 'exploratoires' (25 % du total) et ceux 'd'accompagnement' (15 %)". L'année scolaire serait par ailleurs découpée en deux semestres au lieu de trois trimestres. A la fin du premier semestre, les élèves pourront changer de module, ce qui constitue, pour le JDD, "une révolution : la fin du programme figé pour l'année entière". Autre piste qui devrait être suivie par M. Darcos : rendre le redoublement "anecdotique", alors qu'aujourd'hui 15 % des élèves de seconde redoublent chaque année.

(...)

Enfin, Gilles de Robien, Ministre (UDF et plein d'autres partis de droite et du centre), de l'Education Nationale/4 octobre 2006.

(...)

Les études internationales rappellent que la France est championne du redoublement.

- En France, on redouble trop. Ce n'est bon ni pour les élèves ni pour une bonne utilisation de l'argent public. En lien avec le socle commun, la mise en place d'évaluations nouvelles en CE1 et en CM2 ainsi que les « parcours personnalisés de réussite éducative » devraient permettre de remédier à ce problème. Nous avons inscrit dans la loi le principe de la liberté pédagogique. Je lance aujourd'hui un appel aux équipes pédagogiques : essayez d'autres solutions pour accompagner les élèves. Je m'engage à ce que tous les moyens financiers qui seront économisés pour éviter le redoublement soient réinvestis dans des dispositifs d'aide et de soutien aux élèves en difficulté.

(...)

En 2017, alors que les débats sur l'école ne devraient pas porter sur le redoublement, il en est toujours question à longueur d'articles, d'analyses, de commentaires et d'émissions de radios et télés.

Au secours!!!!

Christophe Chartreux

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Pour aller au-delà du redoublement, des 4 jours ou de la place du latin/grec...

10 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Crayons, Couleur, Tirage Au Sort

 

Une société courageuse, sûre des valeurs qu’elle défend, ne doit pas faire l’impasse sur une analyse rigoureuse du bilan de son École. Sans flagellation inutile, pour pouvoir regarder l’avenir avec lucidité. Oui, François Dubet a raison : tous ceux – et nous en faisons partie – qui se sont battus dans les trente dernières années pour donner le meilleur de ce que nous pensions pertinent pour nos élèves ; tous ceux qui se sont engagés dans un processus de remise en cause des pratiques enseignantes ; tous ceux qui ont proposé, innové, réfléchi, assumé au quotidien les réformes ou les ouvertures pédagogiques, milité pour une autre École ne doivent pas baisser les bras ni abdiquer quand il s’agit de l’Éducation.

 

Pour aller au-delà du redoublement, des 4 jours ou de la place du latin/grec...

 

La société française a intériorisé le modèle de socialisation par l’École qui se met progressivement en place, dès le XVIIème siècle, dans les villes en Occident, et dont l’École de la IIIème République n’est finalement que le prolongement. Cette forme scolaire imprègne nos esprits au point de nous interdire une interrogation sur des questions pourtant simples et essentielles, prémices à la fondation d’une autre École. Oui, en ce début du troisième millénaire, il est possible et urgent de nous interroger sur des évidences qui vont bien au-delà des débats actuels, à la mode, provoquant "coms" et "buzz" mais très éloignés des priorités majuscules:

 

-  Faut-il conserver la classe comme structure de référence ?
- La notion de programme a-t-elle encore du sens dans le monde mouvant actuel ?
-  L’établissement scolaire doit-il être une structure ouverte ou protégée ? 
-  Les disciplines scolaires (et savantes) doivent-elles être le cadre premier de toute programmation de l’enseignement ou la ressource à des questions anthropologiques que se pose tout individu (la vie, l’organisation en société, la gestion durable des ressources…) ?

 

Et bien d'autres questionnements évidemment...

 

Ces sujets appartiennent à tous et ne doivent pas être confisqués par des technocrates s’arrogeant le droit de penser pour le reste de la société. L’école est l’affaire de chacun : ce devrait même - avec d’autres questions sociétales (la santé, les retraites, la dépendance, l’emploi, l’organisation des territoires…) - être le champ prioritaire de l’exercice de la citoyenneté. Najat Vallaud-Belkacem avait commencé à accompagner l'Ecole sur ce chemin. Manifestement, son successeur souhaite aller "en marche" arrière. C'est dramatique de conséquences à court, moyen et long terme.

 

Une autre école est possible (Nécessaire?)...

 

Une autre École est possible. Elle dépend de nous. À condition d’en comprendre les réels enjeux. Il est terminé le temps où un nouveau ministre de l’Éducation nationale pouvait rassurer le peuple, par une habile rhétorique, en déclarant a priori, qu’il ne changerait rien. Le temps est au contraire venu de revendiquer une juste et urgente révolution, certainement même une « métamorphose » au sens défini par Edgar Morin :

 

pas de promettre l’infaisable, mais la revendication d'une rupture radicale pour une École qui a rencontré ses limites.

 

Christophe Chartreux

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Pour aller plus loin…

 

Duru-Bellat Marie. Les inégalités sociales à l’école. Paris : PUF, 2002.

Dubet François. Faits d’école. Paris : Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2008. En particulier la quatrième partie : l’école juste.

Maurin Éric. Le Guetto français. Paris : Éditions du Seuil, 2004.

Maurin Éric (2009) La peur du déclassement, une sociologie des récessions. Paris : Éditions du Seuil.

Meirieu Philippe & Frackowiak Pierre. L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société ? L’Aube, 2008.

Paget Denis. Petite histoire des collèges et des lycées. Nantes : éditions du temps, 2008.

Peugny Camille (2009) Le déclassement. Paris : Grasset.

Revue Française de pédagogie – recherches en éducation n°167 (avril-mai-juin 2009). Dossier « Retours sur la seconde explosion scolaire ».

Terrail Jean-Pierre. De l’inégalité scolaire. Paris : La Dispute, 2002.

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