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Vivement l'Ecole!

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Education - En "Avent" pour la désintox... 14

17 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education

Education - En "Avent" pour la désintox... 14
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« Rien ne peut expliquer que l’école amplifie les inégalités » Yann Algan - La Fabrique de la Défiance. (+ vidéo)

17 Décembre 2016 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Rien ne peut expliquer que l’école amplifie les inégalités » Yann Algan - La Fabrique de la Défiance. (+ vidéo)

EXTRAITS

Pour l’économiste Yann Algan, l’enseignement vertical à la française ne convient qu’à une minorité de bons élèves. Il propose d’explorer de nouvelles pistes pédagogiques.

L’économiste Yann Algan est professeur à Sciences Po. Spécialiste des politiques publiques et de l’éducation, il est notamment l’auteur de La ­Fabrique de la défiance, coécrit avec Pierre ­Cahuc et André Zylberberg (Albin ­Michel, 2012).

Pour cette rentrée des classes, nous avons eu grand plaisir à faire revivre ­les souvenirs d’école de personnalités du monde politique, artistique, économique… Et si l’on vous demandait, à vous, ce que l’école vous a apporté, que répondriez-vous ?

Je fais partie des personnes qui gardent un souvenir douloureux de l’école. J’étais un élève extrêmement dissipé et clairement en échec scolaire. Que ce soit durant ma scolarité à l’école primaire, à Tahiti, ou celle au collège et au lycée, à Paris, je passais toujours de justesse d’un niveau à l’autre et j’ai même redoublé. « J’espère que vous n’en avez qu’un comme ça ! », ne cessaient de dire les enseignants à ma mère. Cette période restera un trou noir dans ma vie : je me rappelle seulement de quelques phrases stigmatisantes.

Les seuls souvenirs positifs que je conserve sont liés à quelques-uns de mes camarades – c’est à l’école que j’ai construit les plus belles amitiés – et quelques professeurs. Ainsi, cet enseignant de français, en classe de troisième, qui m’a appris l’exigence, la motivation et la persévérance. « Yann, ne t’intéresse pas aux résultats, ce serait à désespérer dans ton cas. Mais il y a une chose que tu dois garder précieusement, c’est ton opiniâtreté. » Son conseil m’a un peu libéré, et peut-être guidé vers mes recherches actuelles sur le rôle des compétences non cognitives, dont la ténacité, l’audace et l’empathie sont la colonne vertébrale.

Ce n’est qu’en terminale que j’ai découvert le plaisir d’apprendre et que je me suis mis à travailler d’arrache-pied. Là encore, grâce à un enseignant : mon professeur de philosophie, M. Cabasso, que je salue.

(...)

Dans « La Fabrique de la défiance », vous décrivez le fonctionnement « vertical » de l’école, qui favorise le tri et la reproduction sociale. Est-ce cela qui est en cause ?

L’école française est effectivement l’archétype de l’enseignement vertical : l’enseignant professe au tableau et pose ses questions, tandis que les élèves prennent des notes et lui répondent. Un élève français comprend dès le CE2 qu’on attend de lui les bonnes réponses, et non les bonnes questions.

Les différentes enquêtes internationales portant sur les jeunes de 15 ans – quasiment la fin de la scolarité obligatoire – montrent une chose stupéfiante : deux de nos élèves sur trois disent consacrer tout leur temps, en classe, à la prise de notes en silence et n’avoir jamais travaillé en groupe.

Il n’est pas choquant qu’à certains moments l’enfant travaille seul ou qu’il prenne des notes, mais ce qui est frappant, quand on compare la France à d’autres pays, c’est le déséquilibre qui caractérise notre système éducatif : il est encore plus accentué qu’au Japon, un pays pourtant réputé pour sa pédagogie verticale.

D’autres pays, au contraire, mettent l’accent sur l’enseignement horizontal : les élèves posent des questions et travaillent en groupe, collectivement, sur des projets. Les pays scandinaves, les Etats-Unis mais aussi les pays méditerranéens et ceux d’Europe continentale parviennent à équilibrer au mieux travail collectif et cours magistraux. La France est le seul pays où le déséquilibre est aussi prononcé : nous sommes les champions de l’absence de travail en groupe !

(...)

Les réformes engagées par la gauche – notamment le « nouveau collège », qui se met en place à la rentrée – vont-elles, selon vous, dans le bon sens ?

Rétablir la confiance passe par deux préalables : miser sur le travail de groupe et mélanger les publics scolaires pour faire barrage à l’entre-soi. C’est la voie qui me semble être engagée avec la réforme du collège promue par la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, qui demande aux enseignants de privilégier une approche interdisciplinaire. Je loue personnellement le courage de notre ministre. Une fois passé l’écume des crispations, l’histoire retiendra ses réformes.

(...)

A l’ère des savoirs immédiatement accessibles, le numérique peut-il contribuer à l’avènement de cette « autre » école ?

Qui peut ignorer que le numérique nous autorise à imaginer d’autres réponses pédagogiques ? Il peut être utilisé comme un levier d’innovation central. Il permet tout d’abord d’assurer la couche fondamentale des compétences : un MOOC [formation en ligne ouverte à tous] ou une tablette digitale sont mobilisables à tout instant par les élèves, et ils peuvent répéter plusieurs fois les notions fondamentales sans se lasser, sans se fatiguer, sans se désespérer…

Le numérique permet également de personnaliser l’enseignement et de détecter les difficultés des élèves : il est maintenant possible, à partir des tablettes, de détecter les difficultés d’apprentissage de la lecture de chacun. Cette révolution va permettre d’enrichir le métier des enseignants en leur permettant de personnaliser davantage leur enseignement. Cela leur permettra également de disposer de plus de temps pour se focaliser sur le développement des compétences sociales et non cognitives des élèves, un champ qui, par définition, ne peut se passer du contact humain.

Propos recueillis par Aurélie Collas et Mattea Battaglia - Le Monde

L'entretien complet (pour abonnés) est à retrouver ci-dessous

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Renforcement de l'autorité? Etrange dans un pays où la hiérarchie à l'école est plus forte qu'ailleurs... (+ commentaire)

17 Décembre 2016 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Pédagogie

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EXTRAITS

(...)

A l’école, « la prise de notes en silence »

L’école française est construite sur le même modèle que l’entreprise : loin d’être un lieu ­ « ludique et citoyen », comme le résume ironiquement Nicolas Sarkozy, elle est marquée par des relations d’autorité plus prononcées que dans les autres pays européens. « Elle est l’archétype de l’enseignement vertical, expliquait l’économiste Yann Algan le 27 août dans le supplément « Idées » du Monde. L’enseignant professe au tableau et pose ses questions, tandis que les élèves prennent des notes et lui répondent. Les différentes enquêtes internationales portant sur les jeunes de 15 ans montrent une chose stupéfiante : deux de nos élèves sur trois disent consacrer tout leur temps, en classe, à la prise de notes en silence et n’avoir jamais travaillé en groupe.

Anxiété des élèves, maintien du cours magistral, omniprésence de la notation : dans ses analyses sur la France, l’enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), qui porte sur plus de 500 000 élèves âgés de 15 ans scolarisés dans plus d’une cinquantaine de pays, dépeint elle aussi une école verticale et centralisée.

Une différence suffit à résumer ce climat quelque peu autoritaire : dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la plupart des élèves (69 %) sont invités à transmettre au chef d’établissement des commentaires écrits sur l’enseignement qu’ils reçoivent. Cette pratique est en revanche peu répandue en France (23 %), où elle est considérée comme une intolérable atteinte à la nécessaire dissymétrie entre le maître et l’élève.

Contrairement à ce que disent certains hommes politiques, l’autorité est donc loin d’avoir déserté l’école. « Elle est bien présente et on le mesure, par exemple, au fait que les élèves français sont moins absentéistes que les autres, explique Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE. Ce phénomène s’explique sans doute par le fait qu’il y a, en France, plus de discipline et de sanctions qu’ailleurs : l’institution scolaire contrôle de près les élèves. Dans notre pays, ce n’est pas l’autorité qui manque, mais la flexibilité : les établissements et les professeurs disposent de peu d’autonomie. Les difficultés de l’école ne seront donc pas réglées par l’instauration d’un uniforme ou l’obligation de chanter La Marseillaise. »

(...)

Anne Chemin

L'article complet (pour abonnés) est à retrouver en cliquant ci-dessous ou en achetant la version papier en kiosque ce 17 décembre

Commentaire

L'autorité est nécessaire, toujours.

Mais elle ne porte de fruits utiles à tous qu'à condition d'être :

- justifiée

- expliquée

- partagée

D'où l'importance des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires qui permettent aux élèves, évidemment d'apprendre, mais surtout de FAIRE, d'AGIR, voire de CREER. Encadrés par l'équipe enseignante, mais la bride lâchée sur leur cou.

C'est ainsi que je conçois l'EPI.

Rendons nos élèves autonomes! Nous ne perdrons RIEN de notre "autorité"! Bien au contraire, elle sera valorisée et reconnue.

Christophe Chartreux

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Travailler à plusieurs... (+ commentaire)

17 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

everside-team-building.fr

everside-team-building.fr

Aujourd’hui encore la forme scolaire "une heure - un cours - un enseignant" est largement dominante dans notre système éducatif. Néanmoins, les enseignements d’exploration au lycée imposent aux enseignants de travailler ensemble. Chantal Tuffery-Rochdi, enseignante de mathématiques à la Réunion, a travaillé pour sa thèse sur les pratiques des enseignants de MPS (méthodes et pratiques scientifiques). Elle répond aux questions des Cahiers pédagogiques.

Méthodes et pratiques scientifiques est un enseignement d’exploration proposé aux élèves en classe de seconde générale et technologique. Est-ce de l’inter ou de la pluridisciplinarité?
 
Chantal Tuffery-Rochdi : L’enseignement d’exploration MPS est un enseignement pluridisciplinaire qui implique des professeurs de Mathématiques, de Sciences de la vie et de la Terre, de Sciences physiques et chimie, et plus exceptionnellement de Sciences de l’ingénieur. Lors de mes observations, j’ai surtout constaté une juxtaposition d’enseignements disciplinaires avec assez peu d’interactions entre les professeurs sur le contenu des séances menées individuellement. Seules les séances de présentation du thème sont menées en co-animation. Dans un des lycées, sur le thème « Science et œuvres d’art », j’ai pu néanmoins constater une tentative de conception collective de séances par les deux professeurs de sciences (SVT et SPC) proche de la méthode préconisée pour l’EIST (enseignement intégré des sciences et de la technologie) en collège. Dans ce lycée, l’équipe est stable depuis plusieurs années, il est donc possible de construire un projet en interdisciplinarité ; mais pour cela, le groupe doit réfléchir au projet en amont et bien souvent les équipes de MPS ne se découvrent que lors de la rentrée scolaire.
 
En revanche, contrairement à ce qui est souvent regretté pour les TPE, en MPS les mathématiques ne sont pas limitées à un rôle d’outil au service des autres disciplines.

Quelles sont selon vous les motivations ou les réticences des enseignants de mathématiques à ce travail pluri ou interdisciplinaire avec des enseignants scientifiques ?

C. T.-R. : Il me semble qu’il y a surtout des craintes, donc des réticences, pour plusieurs raisons, dont certaines ne concernent pas uniquement les enseignants de mathématiques.

Tout d’abord les thèmes proposés sont souvent bien loin des connaissances universitaires des professeurs de mathématiques qui ne voient pas quel rôle peuvent y tenir les mathématiques. Ensuite, les démarches attendues (de projet, d’investigation) en MPS sont assez éloignées de leur pratique quotidienne, ce qui est peut-être moins le cas pour les enseignants de SVT ou de physique-chimie.

Une autre difficulté tient au fonctionnement de cet enseignement d’exploration ; le plus souvent, chaque semaine, deux enseignants sur trois interviennent auprès d’un groupe d’élèves avec parfois une pause la quatrième semaine. Cela a pour conséquence qu’un enseignant peut ne voir les élèves qu’une ou deux fois par mois et ce sont des groupes d’élèves issus de toutes les secondes et non pas de la classe de l’enseignant. Ainsi, il les connaît très peu et les voit peu souvent.

La dernière raison, c’est le peu de considération qui est parfois accordé à cet enseignement d’exploration par l’administration. J’ai rencontré des enseignants de sciences à qui l’on donnait une petite salle banalisée, pas du tout fonctionnelle pour mettre en place des expérimentations.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Commentaire:

  • Il faut oser le dire : les personnels éducatifs ne savent pas travailler en équipe

Leur métier, dans un quasi face à face avec des élèves, ne les y incite pas. Le système éducatif français, à la logique descendante, favorise plutôt la soumission aux normes ou l’esprit rebelle ; peu, la recherche de solutions par l’échange et le consensus. Les questions matérielles ne sont pas négligeables : des emplois du temps différents et l’absence de lieux appropriés ne sont guère propices à des échanges porteurs.

Il faut également oser le dire : la question des différences de statuts entre enseignants peut être un obstacle à certaines collaborations. Ce sont des choses connues, qui font partie des non-dits et qui demeurent – même si elles s’estompent avec les nouvelles générations de professeurs issues des IUFM et bien plus encore des ESPE - et même si chacun s’en défend.

Certains jeunes lecteurs auront sans doute du mal à imaginer que, dans les années 80 dans certains lycées, les agrégés ne mangeaient pas à la même table que les certifiés. Anecdote savoureuse, située immédiatement après la victoire de la gauche en 1981 : dans un collège de région parisienne, qui recevait toute une brochette d’inspecteurs supposés porter la rénovation, le principal avait fait réaliser des cartons de présentation de ses enseignants de 3 couleurs différentes. Objectif ? Permettre la « visualisation immédiate » des PEGC, des certifiés, des agrégés lors de leur prise de parole !

Certains jeunes lecteurs auront sans doute peine à croire que j'ai personnellement vécu l'expérience douloureuse de l'injure: être traité de "sous-prof" car le Professeur d'Enseignement Général des Collèges que j'ai toujours été heureux d'être (la bivalence me convenant tout à fait) avait eu l'outrecuidance - c'était il y a cinq ou six ans - de contredire très aimablement une agrégée.

Tout cela démontre qu'aujourd'hui encore, heureusement de moins en moins, dans le "travailler ensemble", ce n'est pas seulement le "travailler" qui pose problème, c'est surtout le "ensemble"...

Christophe Chartreux

PS: la collègue agrégée et moi-même sommes réconciliés depuis. Il aura suffi de communiquer. Très important!

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Postes dans l'Education - Ce que la droite a DETRUIT... Ce que la gauche a CONSTRUIT... Région par région...

16 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Postes dans l'Education - Ce que la droite a DETRUIT... Ce que la gauche a CONSTRUIT... Région par région...

Postes dans l'éducation.

Région par région, ce que la droite a DETRUIT... Ce que la gauche a CONSTRUIT.

Cette droite qui annonce qu'elle se tient prête à recommencer...

En pire!

 

 

 

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Education - En "Avent" pour la désintox... 13

16 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education

Education - En "Avent" pour la désintox... 13
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Philippe Meirieu : " Pour que le numérique fasse Ecole "... (Vidéo)

16 Décembre 2016 , Rédigé par Educavox Publié dans #Education, #Pédagogie, #EcoleNumerique

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L'habit ne fait pas le moine... Fillon filou! Par Claude Lelièvre...

16 Décembre 2016 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

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Il ne s'agit pas de se voiler la face. Et on peut même se rhabiller. Le mot d'ordre ''l'uniforme à l'école'' est un ovni. Les méandres à ce sujet du grand patineur de flou artistique François Fillon sont tout à fait instructives, à l'instar de ses palinodies à propos de la Sécurité sociale.

Le 14 décembre 2003, Xavier Darcos (alors ministre délégué à l'Enseignement scolaire) déclare publiquement que « la question de l'uniforme en classe mérite d'être posée. Les tenues vestimentaires qui signalent les origines sociales des élèves et qui installent une sorte d'agressivité contre les rangers ne correspondent pas à l'esprit d'une classe où tout le monde doit être respectueux d'autrui ».

Cette déclaration avait été précédée de peu par celles de François Baroin et de Renaud Donnedieu de Vabres évoquant le retour des « tabliers gris » pour lutter contre les enfants « fashions victims » et surtout combattre la « montée des communautarismes et le voile à l'école ». Dès le début la question du « retour » (?) de l' « uniforme à l'école » est pour le moins à ''géométrie variable'' (dans ses attendus comme dans ses formes). Et cela ne va pas cesser, bien au contraire.

Toujours est-il que le ministre de tutelle de Xavier Darcos (à savoir Luc Ferry, alors ministre de l'Education nationale) renvoie le ministre délégué à l'Enseignement scolaire dans les cordes : « Le port de l'uniforme n'est plus possible. Tous ceux qui disent que le seul moyen de défendre la République est de revenir aux plumes Sergent Major affaiblissent l'idée républicaine ».

Rien n'est donc décidé. Rien n'est décidé (ni même évoqué) non plus lorsque François Fillon prend la succession de Luc Ferry à la tête du ministère de l'Education nationale, de mars 2004 à juin 2005.

En 2007, et pour la première fois dans un programme en vue des élections présidentielles, Philippe de Villiers préconise « le port obligatoire de l'uniforme à l'école et le drapeau tricolore hissé dans toutes les cours de récréation » (à partir de là, et c'est une nouvelle fois une variante de'' l'ovni'' « uniforme à l'école », cette association inédite aura une certaine postérité dans certaines propositions ultérieures).

En mai 2008, Xavier Darcos devient ministre (cette fois de plein exercice) de l'Education nationale . Le 18 janvier 2009, en visite à Londres et sans doute inspiré par les costumes cravates gris et les chemises blanches des jeunes élèves de la City of London Academy, le ministre se dit favorable à ce que, dans l'Hexagone, les élèves d'un même établissement portent une tenue identique. « Cela n'a rien de scandaleux. Cela supprime les différences visibles de niveau social ou de fortune. C'est un facteur d'intégration supplémentaire ». Xavier Darcos ne fait pas alors la promotion de la blouse grise d'antan. Il en conçoit plutôt une version modernisée à l'instar des universités américaines via le port d'un tee-shirt siglé qui signale l'appartenance à l'établissement (là encore, aussi bien les ''attendus'' que la forme de ''l'uniforme à l'école'' varient une nouvelle fois).

Mais, finalement, rien n'est décidé. Et le Premier ministre de l'époque (un certain François Fillon) ne se manifeste d'aucune façon en l'occurrence.

Il faut attendre fin 2011 pour enregistrer sa première réaction publique. Dans le « Figaro » du 16 novembre 2011, la journaliste Marie-Estelle Pech indique que « l'UMP propose d'expérimenter, dans les établissements, le port d'un «vêtement commun», afin de ''gommer les inégalités sociales'' et de renforcer «un esprit d'appartenance». Cette décision, qui «serait discutée dans les conseils d'administration» des établissements scolaires, figure parmi les propositions de l'UMP sur «le pacte républicain et la nation» destinées à alimenter le projet présidentiel. La décision d'introduire la blouse ou l'uniforme dépend aujourd'hui de chaque établissement, qui peut décider de l'inscrire dans le règlement intérieur. Cette pratique ne fait plus recette, faute de demande des parents et des enseignants, souligne-t-on au SNPDEN, le principal syndicat de chefs d'établissement. Jusqu'en 1968, les élèves portaient traditionnellement une blouse. Il s'agissait alors de protéger de l'usure et des taches les vêtements, plus coûteux qu'aujourd'hui ».

Le Premier ministre François Fillon déclare alors dans une réunion publique d'un millier de personnes en Loire-Atalntiuqe : « Je me réjouis de la proposition qui a été faite par plusieurs de nos parlementaires d'expérimenter la mise en place d'une tenue uniforme dans certains de nos établissements scolaires. Une tenue uniforme serait le signe qu'à l'école il n'y a pas de différence de classes, pas de différence sociale. C'est un des éléments forts de l'intégration républicaine ». Bigre. Et cela d'autant plus que rien ne se passe en fait à ce sujet jusqu'en mai 2012, date à laquelle François Fillon doit céder sa place à Jean-Marc Ayrault à la suite de l'élection présidentielle.

En août 2013, François Fillon indique que « L'Ecole doit être le creuset du civisme et de l'égalité républicaine. Les distinctions sociales ou d'origines doivent s'effacer au profit d'un esprit d'unité. Je propose d'instaurer une tenue uniforme des élèves dont les modalités doivent être définies au niveau de chaque établissemen».

Dans une tribune parue dans le « Figaro » du 7 mai 2015, François Fillon déclare : « Je suis favorable à ce que tous les élèves portent une tenue uniforme afin de créer un esprit de communauté et d'éviter les querelles sur les marques de vêtements ou sur la longueur des jupes »

En septembre 2016, au cours de l'université d'été à La Baule, François Fillon conclut : « je veux une école du respect, de l'autorité, symbolisés par le port de l'uniforme »

Enfin, lors du second débat télévisé de la primaire de droite, François Fillon déclare urbi et orbi : « Je propose un uniforme parce que je pense que c'est moderne, une bonne manière de montrer à un enfant qu'il entre dans une nation ».

On l'aura compris, le filou Fillon est entré plus tard que d'autres dans la rhétorique de « l'uniforme » (ou de « la tenue uniforme ») à l'école. Mais il s'est vite rattrapé pour en faire également un ''ovni'' (à ''géométrie variable'', aussi bien dans ses ''attendus'' que dans ses ''propositions concrètes'' possibles)...

Claude Lelièvre

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Primaire, Mixité sociale - Entretien de la matinale de France Info... Najat Vallaud-Belkacem... (Vidéo)

16 Décembre 2016 , Rédigé par NVB - Dailymotion Publié dans #Education, #Politique

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