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Vivement l'Ecole!

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Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

30 Janvier 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

Une actualité plutôt morose pour l’éducation cette semaine, entre une colère enseignante confrontée à la surdité du ministre, un confinement qui se profile mais ne s’annonce pas, et les étudiants qui n’en peuvent plus.


Colère

Cette semaine on a vu monter la colère des enseignants, colère qui s’est notamment exprimée lors de la grève du mardi 26 janvier. "Un appel à la grève et à la mobilisation a été lancé par six organisations syndicales, afin de réclamer de meilleurs salaires pour les enseignants, mais aussi dénoncer la gestion de la crise du Covid-19"
Pour comprendre cette colère profonde, on pourra aller lire des témoignages des personnels de l’éducation qui souhaitent notamment sauver le service public. (L’Humanité). Dans Le Monde, le SNUIPP résume la situation : “L’école « fait face à une crise grave et inédite où la réussite des élèves est menacée tandis que les personnels sont en première ligne et se sentent abandonnés. Des réponses à la hauteur des enjeux sont nécessaires pour permettre un tout autre service public d’éducation »”
En Dordogne, les professeurs d’EPS confrontés à l’interdiction du sport en intérieur, « manifestent "à poil" devant l’Inspection d’Académie ».

Et pourtant le ministre est complètement sourd à cette colère, lui qui se félicite des conclusions du Grenelle de l’éducation. Normal, il a tout fait pour que ce Grenelle propose ses idées à lui.
"Trois mois et une flopée de démissions plus tard (la CGT, la FSU, le pédagogue Philippe Meirieu), les dix ateliers mis en place viennent de rendre leur copie.
Jean-Michel Blanquer devrait rendre ses arbitrages dans quelques semaines. Mais, dès lundi 25 janvier au soir, sur LCI, le ministre a salué des perspectives extrêmement intéressantes ​. Pas étonnant. Une grande partie des recommandations vont dans le sens de ce qu’il prône depuis plusieurs années : affirmation de l’autorité de l’État, autonomie des établissements, libéralisation."
 Ouest-France

Une promesse non tenue : celle de la prime informatique qui devait être versée en janvier. « La prime informatique (150€ par an) est la seule revalorisation qui aurait du être touchée par la grande majorité des enseignants. Promise par le ministre pour le mois de janvier 2021 elle n’a pas été versée. " » Le Café pédagogique

Autre source de colère : la maternelle. Maternelle : Monsieur le Ministre, ça suffit !
“Le ministre n’oublie rien dans son entreprise de casse de l’école maternelle. Non content de la formater sur le modèle de l’école élémentaire, fort peu intéressé par la réaction massive que la note du CSP a provoquée, il vient de décider de ficher les enfants, dès 3 ans, sur la base de leurs comportements et ce jusqu’à la fin de leur scolarité." Une tribune à lire.
A lire aussi, deux essais vent debout contre Jean-Michel Blanquer
“Dans « Le Fiasco Blanquer » et « Jean-Michel Blanquer, l’Attila des écoles », Saïd Benmouffok et Pascal Bouchard s’appuient sur leur connaissance de l’école pour se livrer à une critique acérée de la politique du ministre de l’éducation nationale.” Par Luc Cédelle


Anticipation
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Le dessin de Fabien Crégut

C’est raté pour l’organisation. Pas un mot pour les écoles vendredi soir lors de l’intervention du premier ministre à l’issue du conseil de défense. Pourtant les enseignants aimeraient bien pouvoir anticiper, s’organiser. Ne pas « revivre le coup du "débrouillez-vous" ». Car, en effet « On est toujours les derniers informés, glisse une enseignante dans une école primaire bretonne. A chaque décision, on l’apprend d’abord dans la presse. » Comme elle, nombreux sont les professeurs à attendre les décisions concernant les prochaines vacances. Y aura-t-il trois semaines en février ? Ou deux ? Pour tout le monde en même temps ou par zones ? (Libération)

Pourtant le virus semble circuler de plus en plus dans les établissements :
« Les écoles connaissent ces derniers jours une flambée de cas de Covid-19, d’importants clusters apparaissent. Le protocole sanitaire, critiqué depuis des mois par tous les acteurs de l’Éducation nationale, est inefficace pour repérer et bloquer les transmissions. ». Et de nombreux scientifiques plaidaient cette semaine pour un reconfinement. “Jean-François Delfraissy a estimé dimanche que les nouveaux variants « changent complètement la donne ». (LeMonde)

La question se posait, et semble se poser encore de l’allongement des vacances d’hiver.Hypothèse évoquée par le porte parole du gouvernement jeudi matin, alors qu’au même moment le ministre de l’éducation disait le contraire. Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs été interdit de micro à la suite de cette cacophonie (selon Gala). En effet, “alors qu’un troisième confinement se profile, le ministre de l’Education réaffirme sa volonté de laisser les écoles ouvertes.
Laisser les écoles ouvertes quoiqu’il en coûte ? S’interroge Pascale Fourier sur son blog “ Responsable de la santé au travail de près de 850.000 de ses agents en poste devant élèves, que propose-t-il alors ? La fourniture de deux masques chirurgicaux par jour en remplacement des « masques-slips » ? Une priorité pour la vaccination de ceux qui seraient volontaires ? Non, rien.”

Certaines écoles se préparent à une éventuelle fermeture, en l’absence de consignes.
“ Pour ne pas être pris au dépourvu, les enseignants ont parfois perfectionné leurs outils pédagogiques en ligne et formé leurs élèves.”
A propos de l’enseignement à distance, un rapport est sorti sur le confinement de l’an dernier. “A partir d’une enquête réalisée auprès de 400 enseignants, l’Inspection générale de l’Education nationale porte un regard très critique sur la poursuite de l’enseignement pendant le premier confinement. Il préconise d’améliorer la formation pour les cours à distance, dans la perspective d’un éventuel reconfinement des écoles.” L’article


Déprime

Du côté des étudiants, la déprime augmente. Elle est d’abord le fait des cours à distance depuis plusieurs mois.
La galère des cours à distance : « La connexion a coupé… Je n’ai pas entendu la question » “Les syndicats étudiants ont appelé à manifester ce mercredi pour un « plan d’urgence ». Ils pointent le distanciel comme l’une des causes de leur mal-être. Reportage en cité U à Amiens dans la Somme.”
Cours en ligne : « L’enseignement désincarné est un simulacre »"Alors que débute le second semestre universitaire, élèves et enseignants vivent leur première rentrée en « distanciel ». Mais sans la dimension charnelle de l’expérience pédagogique, l’enseignement est dénaturé, déplore, dans une tribune au « Monde », Céline Letemplé, professeure d’anglais.”

Cette situation qui dure entraîne d’importantes difficultés, déprime, burn out, voire pire.
« Enseignants et étudiants, on est déjà tous en burn-out » : le monde de l’éducation en plein désarroi face à la gestion de la crise sanitaire
“Du secondaire au supérieur, élèves et professeurs ont manifesté, mardi, pour réclamer des moyens afin d’assurer à tous une continuité pédagogique en présentiel.”
Par Soazig Le Nevé

Pire : de nombreux étudiants doivent choisir entre manger et étudier car ils ont perdu l’emploi qui leur permettait d’avoir un revenu. On les voit très nombreux dans les distributions des associations caritatives. C’est pourquoi le programme des repas étudiants à un euro est bienvenue.
« Depuis le 25 janvier, tous les étudiants peuvent bénéficier de repas à un euro dans 400 points de distribution ouverts par les Crous. Un coup de pouce bienvenu en pleine crise sanitaire. »

Et le retour en présentiel ? Ce que prévoient les grandes écoles
“Le retour à petite dose de tous les étudiants dans leurs établissements, annoncé par Emmanuel Macron jeudi dernier, se mettra en place à partir de lundi et d’ici au 8 février au plus tard. Dans les grandes écoles, tous les étudiants n’ont pas la même envie de présentiel.”


Pour changer

Voici quelques articles intéressants et moins déprimants qui sont sortis cette semaine.

Tout d’abord, un article sur les professeurs documentaliste dont le métier est méconnu.« La caricature de la “dame du CDI”, c’est fini ! » : le blues des professeurs-documentalistes
« Les « profs-docs » se sont mobilisés en décembre après avoir été exclus du versement d’une prime informatique. Sans discipline propre, sans heures de cours dédiées ni salle de classe, la profession manque de reconnaissance et fait face à des difficultés au quotidien. » Par Séverin Graveleau.
Mais aussi une incursion chez un CPE.
“Insolence, bagarre, racket... Petit florilège des agressions auxquelles sont régulièrement confrontés les deux CPE d’un collège du nord-est parisien.” France Culture.

Quelques pistes pour démocratiser l’accès aux grandes écoles.
“Un rapport de l’Institut des Politiques Publiques publié en janvier révèle l’échec des tentatives mises en place depuis les années 2000 pour démocratiser les grandes écoles. C’est en réalité dès le lycée, lorsque les élèves formulent leurs vœux, que les mesures seraient les plus efficaces.”
Car en fait, dans les grandes écoles, la diversité sociale n’a pas progressé en dix ans
“Des élèves issus des couches les plus favorisées de la société et résidant en Ile-de-France : le vivier de recrutement de ces établissements n’a pas bougé, indique une vaste étude menée par un laboratoire de l’Ecole d’économie de Paris.”

Sur le site de la FCPE, une étude sur les relations entre l’école et les familles"L’institution scolaire, en s’ouvrant progressivement aux parents, a contribué à fabriquer une image du parent d’élève idéal, allié de l’école. Cependant, cette image du parent compétent, coopérant avec l’école et en maîtrisant les codes, fait courir le risque d’un jugement négatif sur les parents qui s’écartent de cette norme, au risque de les disqualifier à leurs propres yeux et aux yeux de l’institution. À ce titre, la formation des acteurs de l’école à la diversité des familles et à la relation à construire avec elles est une priorité, afin de ne pas redoubler les inégalités, en ajoutant aux difficultés de certains enfants celles de leurs parents face à l’école.” Par Pierre Périer, professeur en sciences de l’éducation, université Rennes 2 - CREAD

Des « apaches » aux « racailles » : « La perception de la violence change, pas les jeunes »
“Alors que le Sénat a adopté mercredi la réforme de la justice des mineurs, les historiens Véronique Blanchard et Mathias Gardet, auteurs d’un ouvrage consacré au traitement judiciaire de la délinquance juvénile dans l’après-guerre, retracent l’évolution des représentations, des normes sociales et des réponses pénales.”

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Stéréoptype - Les filles sont-elles vraiment nulles en maths ?

30 Janvier 2021 , Rédigé par horizon-gull Publié dans #Education

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Jean Zay reviens vite, ils sont devenus fous !

29 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Hommage à Jean-Zay ce mercredi 27 mai dans l'école qui porte son nom à  Grand-Quevilly

Liberté pédagogique, instrumentalisation des sciences cognitives, programmes indigestes... Un collectif de personnalités du monde de l’éducation dénonce les effets nocifs des réformes en cours et appelle la gauche à bâtir une alternative pour l'école de la République.

Tribune. Notre école va mal. Malgré les efforts et l’engagement de ses personnels, elle demeure inégalitaire, trop inégalitaire. L’architecture du système éducatif est sans cesse démontée et remontée par une frénésie de réformes, surtout depuis trois ans, souvent inefficaces, parfois délétères, aujourd’hui illisibles. Une seule certitude : tout le monde y perd.

La crise sanitaire a ravivé les sentiments contradictoires que nous inspire notre système scolaire et universitaire. Elle a placé au centre des regards l’ouverture ou la fermeture des établissements, a suscité l’expression d’un attachement très fort à l’école républicaine comme les plus vives critiques envers certains de ses fonctionnements.

L’école devrait être une promesse d’égalité sociale et d’émancipation pour tous les enfants. Or elle devient un instrument à formater, à broyer ceux qui n’entrent pas dans le moule au rythme prévu, ou selon les procédures gérées par les algorithmes d’orientation. Voulons-nous que les élèves soient de simple «machines à apprendre» ou à déchiffrer ? Que les étudiants soient renvoyés à leur solitude, sans accompagnement ou conseils, livrés à la responsabilité de «leurs» choix ? Que les chances de réussite soient à ce point dictées par le milieu social ? Est-ce le système scolaire que nous voulons ?

Véritable débat démocratique

Notre école a plus que jamais besoin d’humanité, de justice, d’échanges et de coopération. Certes, nous savons qu’elle ne peut pas créer le progrès social à elle seule, et qu’il faut agir en parallèle sur son environnement : la santé, le logement, l’emploi, la lutte contre la précarité, l’exclusion sociale, tous les racismes et autres discriminations. Mais nous savons aussi qu’il ne peut y avoir ni justice, ni démocratie authentique sans que l’on rende à l’Ecole publique sa place centrale dans la construction d’un projet politique de gauche.

Des générations d’enfants vont devoir faire face à de nombreux bouleversements sanitaires, écologiques, économiques, sociaux, humains. C’est pourquoi il est urgent de permettre à toutes et tous de découvrir ce que sont et comment doivent s’incarner l’intérêt général, la solidarité et le partage. La transmission des connaissances est plus que jamais nécessaire mais à condition qu’elle s’accompagne d’une formation à la lucidité et à l’esprit critique, qu’elle soit animée par le souci constant de former chacune et chacun au véritable débat démocratique.

Tant de défis mettent la République face à ses devoirs : aucun personnel enseignant ne doit être mis devant des élèves sans une solide formation académique, didactique et pédagogique permettant le travail collaboratif, la connaissance du système éducatif et celle du développement des élèves dans toutes ses dimensions, cognitives et émotionnelles, physiques et sociologiques. Aucun personnel de vie scolaire, aucun médecin, aucun psychologue, aucun agent intervenant auprès d’eux ne doit manquer au sein du service public. Et tous doivent pouvoir disposer de temps pour travailler ensemble.

Il faut en finir avec toutes les précarités et privatisations des aides éducatives qui ruinent la qualité du travail. En finir également avec l’entassement de dispositifs et de directives contradictoires émises dans la précipitation ; en finir avec des rythmes scolaires inadaptés, avec des classes surchargées dans des établissements trop grands et mal entretenus ; en finir avec la logique de concurrence et de tri social induite par l’inflation des évaluations, en finir surtout avec une politique qui se réfugie derrière le paravent des restrictions budgétaires pour justifier ses errances.

Education nationale caporalisée

Commençons donc par admettre que toutes celles et ceux qui sont sur le terrain ont quelque chose à dire à ceux qui les dirigent – et non seulement l’inverse – et que les élèves eux-mêmes, ainsi que leurs parents doivent être associés aux réflexions. Ainsi, la première tâche à laquelle devra s’atteler le ou la prochaine ministre de l’Education nationale est la construction d’une réelle démocratie scolaire qui donne aux acteurs et actrices toute leur capacité d’initiative et de réflexion. Alors on verra que les colères actuelles sont nées des erreurs majeures de ces trois dernières années : les faux-semblants des dédoublements de CP, argument publicitaire qui cache des situations diverses et inégalitaires selon les écoles ; la réforme du lycée qui désorganise les établissements et désoriente les élèves ; les programmes indigestes ne laissant plus aucune place ni aux savoirs critiques, ni à la liberté pédagogique ; les instrumentalisations des sciences cognitives dévoyées et transformées en produits de substitution aux approches sociologiques et philosophiques de l’école etc. Hélas, la liste est longue.

Nous avons besoin d’un projet éducatif à long terme, de la maternelle à l’université, solide et stable, échappant aux caprices d’un ministre, à la temporalité politicienne, et garanti par l’existence d’une instance supérieure représentant toutes les forces vives de la société, indépendante, garante de l’acceptation, du suivi et de la continuité des réformes éducatives. Nous appelons donc à ce que l’éducation soit au cœur des échéances électorales à venir et que ceux et celles qui solliciteront nos suffrages nous montrent concrètement comme elle peut relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés.

Certaines expériences historiques peuvent nous inspirer. Celle du ministère Jean Zay par exemple sous le Front Populaire, ou du plan Langevin Wallon en 1947 malheureusement resté lettre-morte. Les deux plaçaient, au-dessus de tout, la boussole de la démocratisation scolaire. Mobilisons-nous contre les coups portés à une Education nationale caporalisée et vendue à la découpe. Nous créons aujourd’hui le collectif Jean Zay pour bâtir le projet d’une école démocratique, progressiste, laïque, républicaine. Le chemin est long et ce texte n’est qu’un premier pas. Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent nos idées à les porter ensemble.

Signataires : Marc Bablet, Inspecteur académique honoraire ; Said Benmouffok Professeur de philosophie, conseiller éducation à la Mairie de Paris ; Pascal Bouchard, Journaliste spécialisé en éducation ; Agathe Cagé, Politiste ; Laurence De Cock, Professeure d’histoire-géographie ; Veronique Decker, Directrice d’école honoraire ; Delphine Guichard, Professeure des écoles, auteure du compte @Charivari à l’école ; Delphine Hammel, Cadre territoriale spécialisée en politiques éducatives ;Patricia Legris, Maitresse de conférence à l’université Rennes 2 : Olivier Loubes, Professeur d’histoire en CPGE ; Philippe Meirieu, Professeur en sciences de l’éducation à l’université Lyon 2 ; Joelle Paris, Responsable FCPE Hauts-de-Seine ; Philippe Watrelot, Professeur de SES, formateur à l’INSPE Sorbonne-Université ; Rachid Zerrouki, Professeur en SEGPA, auteur du compte @Rachid l’instit.

Le Collectif Jean Zay rassemble plusieurs personnalités du monde de l’éducation engagées à construire un projet politique pour l’élection présidentielle de 2022.

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"Les tentatives de suicides des enfants ont doublé"...

29 Janvier 2021 , Rédigé par RTL Publié dans #Education

page 17) - Julia2019

Coronavirus : "Les tentatives de suicides des enfants ont doublé", alarme une pédiatre

INVITÉE RTL - Pauline Chaste, cheffe du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker à Paris, s'inquiète d'une "vague qui ne ralentit pas" depuis novembre à cause notamment de "l'aspect anxiogène de la situation".

Les conséquences de l'épidémie de coronavirus et des confinements successifs sont alarmantes chez les enfants et de nombreux pédiatres appellent à ce que les écoles restent ouvertes dans les prochaines semaines. C'est le cas de Pauline Chaste, cheffe du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker à Paris, qui livre un chiffre glaçant sur la situation : "on a observé un doublement des tentatives de suicides" chez les enfants de moins de 15 ans "depuis début novembre".

"C'est un constat que l'on a partagé avec d'autres collègues de pédopsychiatrie, notamment à la Pitié Salpêtrière et à l'hôpital Robert Debré" alarme Pauline Chaste. Elle explique que cette situation est inédite puisque "quand on compare aux autres années, en septembre-octobre, on était proche des années les plus hautes et depuis novembre, on est vraiment très au-dessus avec un doublement des tentatives de suicides".

"Cette vague ne ralentit pas" s'inquiète la pédiatre qui souligne qu'"on a pas d'autres explications que la succession des confinements et l'aspect anxiogène de la situation". Autre point d'alerte que souligne Pauline Chaste, "une des augmentations importantes est liée aux tentatives de suicides violentes comme les défénestrations par exemple". Elle ajoute être inquiète à court terme car "les hôpitaux sont saturés et on ne sait plus où hospitaliser les enfants

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A lire... Covid-19 : une crise organisationnelle (+ vidéo)

29 Janvier 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

EXTRAIT

"Le 17 mars 2020, devant la menace que fait peser le Coronavirus sur la santé de la population, la France entre en confinement. Aux premiers instants de stupeur succède rapidement un très large consentement à respecter une mesure pourtant inédite, perturbante et à bien des égards hors norme. Du jour au lendemain, la vie se déplace des espaces publics et de travail vers les espaces privés. L’activité économique connaît un ralentissement brutal. Les frontières se referment, tandis que les transports collectifs s’arrêtent. Tous les soirs, le pays suit la situation dans les hôpitaux publics, placés en première ligne de ce qu’Emmanuel Macron a qualifié le 12 mars au soir de « guerre contre un virus ».

Ce qui surprend dans ce basculement, outre son ampleur et sa rapidité, c’est son caractère apparemment inévitable. Rares sont les voix qui s’élèvent alors pour contester la mesure ou en suggérer d’autres, moins radicales. À l’heure où nous écrivons ces lignes, elle semble encore faire largement consensus. Et si certains aujourd’hui regrettent son caractère uniforme, sans aucune forme d’ajustement à des situations individuelles ou locales, ils admettent volontiers qu’au vu des données qui étaient alors disponibles, ils auraient probablement pris la même décision. Bref, alors que la gestion de la crise fait l’objet de nombreuses critiques et de plaintes en justice, la décision de confiner qui est pourtant au cœur de l’action de l’État durant la pandémie de Coronavirus n’est guère (ou pas encore) remise en cause."

Covid-19 : une crise organisationnelle

Une enquête « à chaud » auprès d'acteurs de la crise du Covid-19, qui, plutôt que des défaillances individuelles ou des dysfonctionnements techniques, met en avant des facteurs organisationnels : mauvaises leçons tirées du passé, faux sentiment de sécurité, confiance aveugle dans les outils de planification.

De mars à mai 2020, les Français ont dû rester confinés chez eux. Comment cette mesure aux effets considérables a-t-elle pu être présentée comme la seule solution face à la pandémie de Covid-19 ?

Les auteurs, qui ont mené l'enquête « à chaud » auprès d’acteurs de la crise, formulent quelques hypothèses originales. Plutôt que des défaillances individuelles ou des dysfonctionnements techniques, ils mettent en avant des facteurs organisationnels : mauvaises leçons tirées du passé, faux sentiment de sécurité, confiance aveugle dans les outils de planification.

Leur analyse des relations de pouvoir dans la gestion de la crise révèle d’autres phénomènes surprenants, tels que la création de nouvelles instances dans un paysage déjà saturé d’organisations et le niveau inédit de coopération au sein des hôpitaux..

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Blanquer/Attal - "Ministre-amateur, c'est un métier"

29 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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L'un sur France Inter, l'autre sur France 2, Attal et Blanquer se sont contredits au même moment ce jeudi matin à propos du rallongement des vacances scolaires pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Il y a au moins une constante dans la gestion de la crise du Covid-19, c’est la capacité, somme toute assez incroyable, du gouvernement à se contredire tout seul. Loin de nous l’idée de traquer la moindre petite erreur comme des procureurs mais, tout de même...

Sur France Inter, Gabriel Attal évoque l’hypothèse remise au goût du jour d'un reconfiement «serré» avec, notamment, la fermeture des écoles. «On a toujours comme boussole, autant que c’est possible, de permettre à nos enfants d’aller à l’école», assure-t-il. Et le porte-parole du gouvernement d’aborder la possibilité d’allonger les vacances d’hiver. «Tous les scénarios sont sur la table, rien n’est exclu. On arrive sur une période de vacances de février où sur un mois, selon les trois zones, il y a les vacances. Il est donc possible de réfléchir à rallonger les vacances d’un côté et de l’autre. Mais notre objectif reste que les enfants puissent continuer à apprendre», a-t-il ajouté. Ce scénario, proposé notamment par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, est donc sur la table.

Oui mais non

Mais au même moment sur France 2, le ministre de l’Education nationale passe un coup d’éponge et hop, la table est quasiment vide. «Ça serait un moindre mal. Mais encore faut-il démontrer que les vacances sont moins contaminantes comme période que la période scolaire. Ce n’est pas acquis. Je constate qu’au retour des vacances de la Toussaint et des vacances de Noël, on a une courbe épidémique qui monte dans les dix jours qui suivent et qui montre que c’est plutôt dans la période extra-scolaire qu’on s’est contaminé», indique Jean-Michel Blanquer. 

Et le même de préciser, toutefois, que «rien n’est jamais exclu». D’autant que le ministre lui-même assure se baser sur uniquement trois sources scientifiques dont… le conseil scientifique. Les parents d’enfants scolarisés, eux, attendront encore un peu avant d’en savoir plus. Ou pas. Enfin peut-être.

Sylvain Chazot

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Reconfinement : certaines écoles sont déjà préparées à l'enseignement à distance, en cas de fermeture

29 Janvier 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Reconfinement : certaines écoles sont déjà préparées à l'enseignement à distance, en cas de fermeture

Les établissements scolaires pourront-ils éviter la fermeture si le gouvernement annonçait un troisième confinement lié à l'épidémie de Covid-19 ? Pour ne pas être pris au dépourvu, les enseignants ont parfois perfectionné leurs outils pédagogiques en ligne et formé leurs élèves.

Dans la classe de CM1 de Catherine Deutsch, jeudi 28 janvier, c'est répétition générale : "En cas de confinement, qu'est-ce que vous faites les loulous ?", demande l'enseignante de cette école du 20e arrondissement de Paris, classée en éducation prioritaire. Vous tapez l'adresse de mon site.... Et quand on clique sur le bouton, c'est le questionnaire qui apparaît". Cette fois, Catherine Deutsch l'assure, elle ne sera pas prise au dépourvu.

Une demande du rectorat

Si l'école devait fermer en raison d'un reconfinement, la professeure des écoles a amélioré son site mis sur pied à la va-vite l'an dernier avec quizz et exercices. De quoi être sereine pour ses élèves : "Eux ils sont préparés depuis septembre, le site est déjà prêt, les élèves connaissent les règles, ils sont tous équipés. C'est assimilé pour eux donc je leur dis : 'si on est confinés à partir de demain, demain matin on se donne rendez-vous sur le site internet', ça fonctionne."

"On n'est plus du tout dans le même scénario que l'année dernière où tout était nouveau, ils connaissent."

Catherine Deutsch, enseignante en CM1 à franceinfo

D'ailleurs, le rectorat de la capitale vient de demander aux directeurs d'écoles de vérifier si les "dispositifs d'enseignement à distance" étaient prêts à être activés. C'est bien le cas, dans cette école de l'est parisien, selon sa directrice Pauline Grouas-Laurent : "On sait déjà comment on va organiser l'enseignement de la petite section jusqu'au CM2. On a par exemple en CP des enseignants qui travaillent une communication par mail quotidienne, en CM2 de la classe virtuelle, en CM1 le site de la classe, etc."

"Parfois les parents ne comprennent pas trop, on ne sait pas quoi faire"

Tous ces dispositifs virtuels ne calment cependant pas l'appréhension d'Amira, 9 ans : "Je n'aime pas trop rester tout le temps à la maison et travailler sur l'ordinateur. Je n'ai pas très envie qu'on soit reconfinés parce qu'on n'est pas très concentrés avec les bruits de la maison. Parfois les parents ne comprennent pas trop, on ne sait pas quoi faire." D'autant qu'à en croire les syndicats, toutes les écoles ne sont pas aussi préparées. Depuis le premier confinement, aucune formation n'a été mise en place pour l'enseignement à distance, selon le SNUIPP, et la prime d'équipement informatique de 150 euros n'a toujours pas été versée.

Dans l'immédiat, Pauline, la directrice de cette école parisienne aimerait surtout pouvoir anticiper : "Ce qui est difficile c'est de ne pas savoir comment on fera dans quinze jours. On a besoin de le savoir vite, que l'on ne soit pas dans le flou le plus total tout le temps". La hantise de tout directeur : devoir tout réorganiser du jour au lendemain comme en 2020.

Alexis Morel

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Confinement «serré» ou vacances scolaires fusionnées, le gouvernement occupe le terrain médiatique

28 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Déconfinement : les Français sont "massivement inquiets", selon Alain  Duhamel

A l'orée de deux grosses journées de concertation à tous les étages, les membres du gouvernement font assaut de pédagogie dans les médias, préparant les esprits à de nouvelles décisions.

De quel «retour vers le futur» la France va-t-elle écoper ? Un confinement calqué sur celui de mars dernier, ou un ressemblant à celui de novembre ? Avec ou sans écoles ouvertes, en d’autres termes. Avant d’engager quarante-huit heures de consultations avec les partenaires sociaux et les partis politiques, l’exécutif a fait (de nouveau) assaut de pédagogie médiatique et sanitaire jeudi après quatre jours d’une cacophonie grandissante au sommet de l’Etat sur le tour de vis à venir. 

A la sortie du Conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a évoqué un confinement «serré», déclenchant un vaste exercice d’exégèse de la parole officielle dans tous les sens. Jeudi, il a (un peu) précisé le terme, évoquant sur France Inter le retour à un «confinement qui a des effets suffisamment rapides et efficaces pour freiner davantage la circulation du virus». Ce qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick mais qui permet d’occuper l’espace en attendant un hypothétique Conseil de défense sanitaire ce week-end. «Ce n’est pas des décisions qu’on prend au pifomètre, ça se travaille avec les scientifiques, avec les épidémiologistes», a-t-il insisté, concédant en creux que toute précipitation serait socialement compliquée à assumer après quasiment un an de vie suspendue pour cause de pandémie: «Si on avait annoncé des décisions avant les deux semaines [annoncées pour faire le bilan du couvre-feu national à 18 heures, ndlr], les Français nous l’auraient reproché.»

Allonger les vacances de février 

Au même moment sur France 2, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, était lui aussi interrogé sur le retour de restrictions très strictes comme au printemps : pas d’école pour les enfants, commerces fermés, règle du kilomètre maximum ou une seule heure de sortie autorisée ? «Il ne faut s’interdire aucun scénario donc nous travaillons à ce scénario mais ce n’est pas celui qu’on privilégie a priori», a fait valoir Blanquer. Dans les écoles, «à ce stade, les contaminations n’explosent pas», a-t-il assuré, soulignant une fois encore que la France était «l’un des pays qui, en 2020, aura le plus sauvegardé de jours de classes pour les enfants», une «victoire» et une «fierté collective».

Quid des vacances scolaires qui, pour la zone A (qui comprend les académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Poitiers) doivent débuter samedi 6 février ? «On a toujours comme boussole, autant que c’est possible, de permettre à nos enfants d’aller à l’école, a abondé Gabriel Attal. On arrive dans la période des vacances de février […] Il est évidemment possible d’allonger les vacances d’un côté ou de l’autre», comme l’avait suggéré le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, dans Libération mardi.

Jean Castex doit mener jeudi et vendredi une série de consultations avec des parlementaires, associations d’élus et partenaires sociaux. Le Premier ministre débutera ce cycle de visio-conférences à 15 heures avec les présidents de groupe du Sénat, avant d’échanger avec ceux de l’Assemblée nationale à 16 h 45. Accompagné de plusieurs membres du gouvernement pour ces rendez-vous (Olivier Véran, Marc Fesneau, Gabriel Attal, Jacqueline Gourault), il consultera ensuite les associations d’élus à 18 h 30. Enfin, il fera un même point de situation vendredi à 15 h 30 avec les partenaires sociaux, notamment en compagnie de la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Laure Bretton

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Dans les écoles, le coronavirus en liberté...

28 Janvier 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Dans les écoles, le coronavirus en liberté...

EXTRAITS

Les écoles connaissent ces derniers jours une flambée de cas de Covid-19, d’importants clusters apparaissent. Le protocole sanitaire, critiqué depuis des mois par tous les acteurs de l’Éducation nationale, est inefficace pour repérer et bloquer les transmissions.

Une dizaine de milliers d’enseignants ont défilé, mardi 26 janvier, à l’appel des syndicats pour protester contre la gestion de la crise sanitaire dans les écoles, qu’ils jugent inefficace, et leurs conditions de travail dégradées.

Les chiffres leur donnent raison, les contaminations au coronavirus sont en forte hausse depuis une semaine dans les établissements scolaires. Le 22 janvier, l’Éducation nationale a indiqué que 10 003 élèves ont été signalés positifs dans les 7 jours précédents, contre 7 782 une semaine plus tôt.

« Le ministre continue à nous dire que la situation est maîtrisée. Pourtant, on constate une hausse de près de 30 % des cas chez les élèves, de près de 40 % chez les adultes, explique Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU. Cela corrobore des remontées du terrain. Et on a l’impression que dans chaque école, il y a désormais plus de cas. »

Depuis le début de l’année, d’importants clusters ont en effet été décrits, comme à Thiais, dans le Val-de-Marne.

Le samedi 9 janvier à 18 h 36, une agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem), qui seconde les enseignants de l’école maternelle Jeanne-d’Arc, prévient la mairie qu’elle est positive au coronavirus. Le lundi, une autre Atsem se révèle positive. La directrice veut alors fermer l’école. Cette décision ne sera pas prise. Pendant ce temps, les cas positifs n’ont cessé de se déclarer. Le mardi, deux autres Atsem sont positives ainsi qu’un animateur, puis le mercredi trois enseignants, les jeudi et vendredi, deux enfants de l’école et une autre Atsem encore.

Pour l’agence régionale de santé (ARS), ce vendredi-là, malgré 11 cas positifs, « il n’y a pas de mesures spécifiques à prendre à l’égard des enfants », puisqu’il y a « 2 enfants positifs sur 227 ». Seuls « les adultes doivent être testés ». Le dimanche seulement, elle décide de fermer l’école le lundi matin. Ce jour-là, la gardienne de l’école est également testée positive.

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Autre école, autre cluster, politique différente, mais même réticence : dans une école élémentaire du Plessis-Belleville, dans l’Oise, quand les cas de Covid-19 se sont multipliés dans la semaine du 11 janvier, le maire a invité les familles à faire tester les enfants. Les cas positifs ont été trouvés en nombre : 19 enfants, avant qu’une décision de fermeture ne tombe, le 18 janvier dernier, mais là encore très tardivement.

« Dans la semaine du 11 janvier, un professeur a été testé positif », raconte le maire Dominique Smaguine. « Le personnel qui s’occupe de l’entretien de la classe a été invité à se faire tester et s’est révélé positif, puis un animateur, un autre professeur », énumère-t-il. Entre le jeudi et le vendredi sont tombés les résultats positifs de 19 enfants. « À ce moment-là, l’agence régionale de santé et la préfecture décident de ne pas fermer l’école. Seules quatre classes sont fermées, celles dont les enseignants sont positifs », explique le maire.

Ce sont les parents qui ont finalement contraint les autorités à la fermeture, en retirant d’eux-mêmes leurs enfants : « Le lundi matin, seuls 17 enfants sur 190 se sont présentés, l’école a fermé en fin de matinée », explique le maire.

En réponse à nos questions, l’Éducation nationale temporise, expliquant que « chaque situation est différente, il faut parfois un peu de recul pour décider d’une fermeture ». Constate-t-elle une multiplication des clusters ? « Nous ne parlons jamais de cluster, mais de cas, poursuit le ministère. À partir de 3 cas dans une classe, elle ferme. »

L’ARS Hauts-de-France précise qu'elle « intervient en appui sur les situations complexes telles que les clusters. Lorsqu'il y a des chaînes de transmission, et une suspicion de circulation de variants, l’ARS peut être amenée à recommander à l’Éducation nationale la fermeture d’une ou plusieurs classes, voire d’un niveau ou d’un établissement ».

Thiais est en Île-de-France, Le Plessis-Belleville se situe à quelques kilomètres de cette région, où la situation épidémique devrait inciter à la plus grande prudence. Car le variant anglais, plus transmissible, s’y propage vite : il représente déjà 9,4 % du millier de tests séquencés entre le 11 et le 21 janvier, a alerté l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), mardi 26 janvier.

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Ce protocole sanitaire passe à côté de nombreux cas dans les écoles. Comme l’expliquait déjà Libération en novembre, les chiffres de l’Éducation nationale sont bien inférieurs aux chiffres de tests positifs chez les 0-19 ans remontés par les laboratoires de biologie à Santé publique France : plus de 20 000 tests dans la semaine du 15 janvier, selon les derniers chiffres disponibles, contre 7 782 recensés par l’Éducation nationale.

© Mediapart
 
Certes, les enfants de 0 à 3 ans ne sont pas scolarisés, ainsi qu’un petit nombre d’adolescents, mais cela ne suffit pas à expliquer ce différentiel de 1 à 3. « Les chiffres de Santé publique France sont remontés par les laboratoires pharmaceutiques, explique le ministère. Nos chiffres se basent sur du déclaratif : la plupart des enfants se font tester dans des laboratoires de ville. Si le résultat est positif, l’école n’est pas forcément informée. » Guislaine David du Snuipp-FSU confirme : « Des directeurs remontent le fait que certaines familles ne signalent pas le Covid de leur enfant, surtout s’il y a des frères et sœurs qui seraient alors privés d’école. »

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« L’Éducation nationale approfondit le système qu’on dénonce depuis des mois, explique Saphia Guereschi, du Syndicat national des infirmières conseillères de santé de l’Éducation nationale (SNICS-FSU). Nous, on pense qu’il faut envoyer une équipe mobile dans les écoles à chaque cas positif. Au lieu de cela, ils lancent des opérations de dépistage à l’aveugle dans des établissements où il n’y a pas de cas, et où très peu d’élèves acceptent le testOn épuise ainsi les moyens de l’Éducation nationale pour une apparence de sécurité. Et pendant que nous faisons du tracing, nous ne sommes pas auprès de nos élèves qui vont mal. »

CAROLINE COQ-CHODORGE

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"« Oui ou non y a-t-il de la contagion dans les écoles ? » Bien évidemment qu’il y a de la contagion !"

28 Janvier 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

"« Oui ou non y a-t-il de la contagion dans les écoles ? » Bien évidemment qu’il y a de la contagion !"

EXTRAITS

Selon Vittoria Colizza, chercheuse spécialisée dans la modélisation des épidémies, les mesures actuellement en vigueur seront insuffisantes pour contrer les variants plus contagieux du Covid-19.

La chercheuse Vittoria Colizza dirige, à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), un laboratoire spécialisé dans la modélisation des épidémies. Si la fermeture des écoles n’apparaît pas inéluctable, un nouveau confinement lui semble la seule mesure à même de permettre de reprendre le contrôle de l’épidémie dès lors que le variant britannique − baptisé « VoC 202012/01 » − aura pris le dessus sur les variants historiques. L’appliquer uniquement aux plus de 65 ans n’empêcherait pas les hôpitaux d’être débordés si le virus circulait librement dans le reste de la population.

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La fermeture des écoles est-elle inévitable ?

A la sortie du premier confinement, nous avons modélisé différents scénarios de réouverture des écoles. Lorsque l’incidence diminue, la réouverture des écoles ne pose pas de problème. En revanche, à partir du moment où l’incidence est constante ou augmente, cette ouverture, notamment les collèges et lycées, a un effet significatif sur la circulation du virus, et sur le nombre d’hospitalisations.

Pendant des mois, il y a eu un débat autour de la question : « Oui ou non y a-t-il de la contagion dans les écoles ? » Bien évidemment qu’il y a de la contagion ! Mais le risque dépend de toutes les mesures prises par ailleurs.

Si on fait le choix de les garder ouvertes, il faut être prêt à fermer beaucoup d’autres choses. Avec le variant, cela va devenir un point clé.

(...)

Quels scénarios testez-vous pour la suite ?

Nous regardons l’effet qu’aurait un confinement comme celui du printemps ou celui de l’automne. Il faut comprendre que les mesures prises jusqu’à aujourd’hui, même si elles sont bien respectées, vont être moins efficaces face à un virus plus contagieux.

Peut-on penser qu’à l’été, avec une grande part de la population vaccinée ou immunisée, l’épidémie s’arrêtera ?

Le nouveau variant, plus contagieux, augmente mécaniquement le seuil dit « d’immunité collective » qui fait régresser l’épidémie sans mesure de contrôle, et qui était estimé à 66 %-70 % environ pour les variants historiques. Même avec 40 % de vaccinés, nous serons donc loin de ce seuil. La vaccination compensera en quelque sorte l’assouplissement des mesures restrictives. On pourra rouvrir certains lieux, mais sans abandonner le masque.

Propos recueillis par David Larousserie et Chloé Hecketsweiler

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