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Vivement l'Ecole!

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Mettre l’élève au cœur du système éducatif et dépasser l’opposition sclérosante « transmission/construction » des savoirs

7 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Mettre l’élève au cœur du système éducatif et dépasser l’opposition sclérosante « transmission/construction » des savoirs

Mettre l’élève au cœur du système éducatif, c’est dépasser l’opposition sclérosante « transmission/construction » des savoirs

Un tournant professionnel – déjà engagé quoique en disent les détracteurs de l’École – est à approfondir, à élargir, rejoignant ainsi d’autres pays européens plus efficients sur ces questions. Soyons sérieux : aucun enseignant (enfin presque) ne pense sincèrement que parce qu’il a énoncé quelque chose, cela s’imprime par miracle sur le cerveau d’un élève. Et ce, quelle que soit la discipline scolaire : l’histoire comme les mathématiques ; la physique comme la littérature.

En revanche, des injonctions institutionnelles peu claires sur la nécessaire mise en activité des élèves, ont conduit par le passé à des pratiques scolaires qui font plus référence à de l’activisme qu’à de réels apprentissage. Nous avons déjà cité les cas courants d’actes du métier d’élèves (colorier une carte, recopier le résumé dans le cahier, reproduire le schéma fait par l’enseignant…) qui peuvent être effectués sans y réfléchir vraiment. Sans réfléchir DU TOUT!

Nous pensons que :

- Tout acte  d’enseignement doit favoriser des situations de « réelle »  activité des élèves, donc d’apprentissage:

Les possibles pédagogiques sont nombreux : situations-problèmes en sciences ; situations problématiques en sciences humaines ; écritures intermédiaires au sein du cours dans toutes les disciplines ; créations sous tous les canaux de communication ; recherches individuelles ; travaux de groupe pour répondre à une question de connaissances ; communications à faire devant une autre classe (jumelée) ; recherches internet sur l’objet du cours… Ces pratiques existent : mais quid de leur diffusion, de leur circulation, de l’analyse critique de didacticiens, d’une mise en synergie de l’existant… et de leur généralisation.  

- Les moments  d’enseignement-apprentissage que sont les temps de formalisation,  d’analyse, de synthèse et d’institutionnalisation des savoirs  ne doivent pas être négligés:

Menés par le maître, ce sont des moments forts où le groupe (classe ou groupes de besoins) est confronté à une stabilisation d’un savoir commun et collectif, validé par l’enseignant. Pourquoi ne pas privilégier également une inversion du moment de travail « à la maison » (qui peut se faire dans l’établissement scolaire, dans des lieux appropriés) ? C’est en amont (avant le cours) que l’élève peut être stimulé au plan de la curiosité en ayant à faire une tâche de mise en éveil : un très court texte à lire ; des documents à observer avec pour but de trouver des questions à se poser ; une définition à trouver… Le cours devient alors le moment où des échanges constructifs permettront au maître d’apporter éclairages et compléments d’explication. Le travail personnel n’est pas répétition mécanique, mais au contraire heuristique. Et le temps de la classe, un véritable moment de travail et non de simple écoute.

Trois  « fondamentaux pédagogiques » doivent  être désormais mis au cœur des pratiques :

- L’expérimentation (au sens large) par l’élève lui-même : 

- La recherche documentaire sous toutes ses formes, en intensifiant les efforts en direction des TICE, et en privilégiant une approche critique des sources et leur usage raisonné.

- La création de textes (littéraires, poétiques, synthétiques, documentaires, compte-rendu, description…) ; d’œuvres artistique, technique, théâtrale ; d’outils de communication.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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Plaidoyer pour l’Excellence et sa démocratisation exigeante...

7 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Photo MEN - NVB

Photo MEN - NVB

Samedi 5 novembre 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, était l’invitée de la Nuit de l’Agrégation, organisée à l’occasion du 250ème anniversaire du concours par la Société des Agrégés.

Retrouvez ici l’intervention de la ministre en forme de leçon d’agrégation.

                                __________________________

Madame la présidente de la société des agrégés,
Mesdames et messieurs les agrégés,
Mesdames et messieurs,

Au moment de commencer cette leçon, je veux vous dire le plaisir que j’ai à être parmi vous ce soir, en cette année où l’agrégation fête ses 250 années d’existence. 

Ce plaisir est encore renforcé par un soulagement : vous m’avez proposé une leçon. C’est un soulagement car j’ai craint, un instant, que vous n’ayez l’idée de ressusciter une autre épreuve de ce concours, moins connue : celle de la correction des copies, abolie en 1885.

« Pense-t-on politiquement comme on est socialement ? » tel est le sujet que vous avez soumis à ma réflexion.

Vous ressentez, je pense, comme moi, dans sa formulation même, cet alliage de réflexion, d’érudition, mais aussi de références sous-entendues qui fait le véritable sujet de leçon d’agrégation. Ce sujet, en apparence innocent, dissimule une citation célèbre, d’une étude célèbre, d’un auteur célèbre.

La candidate est donc supposée le faire finement remarquer par une phrase du type : « On reconnaît là, évidemment, la formule par laquelle Paul Lazarsfeld résume son paradigme déterministe, dans son enquête The People’s Choice, parue en 1944 aux Colombia University Press ». Ne pas reconnaître là, évidemment, Paul Lazarsfeld, exposerait la candidate à une question piégeuse d’un membre du jury, prononcée affablement : « Dites-moi, les travaux de Lazarsfeld vous sont-ils familiers ? »

Ces questions font l’effroi du candidat et la joie du reçu. Elles font partie de la légende de l’agrégation, de son folklore. Un peu comme l’inévitable condisciple croisé à la sortie d’une épreuve écrite qui s’exclame, profondément choqué : « Comment ! Tu n’as pas parlé de Schumpeter ?! »

Mais retournons à notre leçon.

La tension au cœur du sujet proposé est double : celle du déterminisme et de la liberté d’une part. Celle du politique et du social, d’autre part.

Cette tension s’aborde généralement à partir d’un cas précis : le vote. Il existe, si l’on schématise, deux conceptions de ce qui se passe quand on vote.

La première, déterministe, considère que des facteurs structurants influencent le votant. Peu importe les discours, les campagnes et les médias, le vote se détermine ailleurs – ce qui, soit dit en passant, laisse songeur quand on regarde le coût des campagnes présidentielles américaines actuelles.

Ce qui distingue les tenants du modèle déterministe, c’est la source principale d’influence : l’environnement social, c’est la thèse de Lazarsfeld ; le contexte géographique ; l’appartenance religieuse, aussi, phénomène étudié dans les années 1970 par Guy Michelat et Michel Simon en France ; ou bien, selon des chercheurs de l’université du Michigan,  l’« identification partisane », qui, dans le contexte français, correspond grosso modo au clivage droite-gauche.

Et comme ce clivage est régulièrement dénoncé comme obsolète, je ne résiste pas, sur ce sujet, au plaisir de citer Alain :

« Lorsqu’on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche a encore un sens, la première idée qui me vient est que l’homme qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche! »

Bref, dans toutes les approches déterministes, ce qui fait que je dépose ce bulletin dans l’urne me dépasse un peu.

Le second modèle s’est développé dans les années 1970, dans la lignée de la critique par Key de la « camisole de force » des déterminants, et tend à valoriser le libre-arbitre.

Mais moins qu’à la liberté transcendantale chère à Kant, c’est le modèle rationnel d’Anthony Downs dans An Economic Theory of Democracy qui est convoqué.

Le vote s’envisage alors  selon un modèle économique du libre choix comparatif : « Je tâte, je compare, et décidément le candidat A lave beaucoup plus blanc que le candidat B ! C’est lui qu’il me faut ! »

Comme souvent, la vérité est dans la nuance et l’entre-deux. On citera par exemple l’article « Les variables lourdes en sociologie électorale », de Nonna Mayer et Daniel Boy : « Son choix – celui de l’électeur – est le fruit d’un processus où se mêlent facteurs sociaux et politiques, structurels et conjoncturels, à long terme et à court terme ».

De la même manière que la pensée politique ne se résume pas au seul vote, l’être humain n’est ni un pur homo economicus, ni un animal politique à sang froid. Il est tout cela à la fois et ne s’y résume jamais. Il est sensible et sensé, et j’ajouterais pour ma part, avec Georges Steiner, que nous sommes aussi « un animal dont le souffle de vie est celui des rêves parlés, peints, sculptés et chantés ».

Ma première partie consistera donc à répondre oui à la question posée. Puis à répondre non. Puis à terminer, selon l’inspiration du moment, par une partie intitulée « peut-être » ou « pourquoi pas ? ».

Mais au moment de m’engager dans ce plan furieusement original, voici que se présente à moi un chemin de traverse que je m’empresse d’emprunter. 

Il y a, dans le déterminisme, quelque chose de contradictoire avec le politique. Et en cette année où nous célébrons les 80 ans du Front Populaire, il est difficile de ne pas évoquer la figure de Léon Blum.

Rien ne prédestinait le critique d’art bourgeois à devenir une figure marquante du socialisme français. Ce que nous dit le parcours de Blum, c’est qu’une pensée politique se forge aussi par la culture, par la réflexion, par l’ouverture à ce qui n’est pas soi.

Voilà comment un gouvernement qui a beaucoup fait pour le progrès social, beaucoup fait pour la condition ouvrière, était dirigé par un homme qui n’était ni ouvrier, ni issu du peuple, mais qui a su transcender sur le plan politique sa condition sociale.

Si vraiment le déterminisme triomphait, la politique s’abolirait d’elle-même. Il n’y a de politique que parce que l’on croit que l’on peut faire évoluer les choses pour l’ensemble de la société.

Vous savez, j’ai été ministre des droits des femmes. Et quand j’explique, encore aujourd’hui, que c’est une cause qui me tient à cœur, la réponse ne se fait pas attendre : « C’est normal, vous êtes une femme ! ».

Réponse banale, en apparence. Réponse pourtant très étonnante. Un homme qui se consacre aux droits de l’homme est un humaniste. Son horizon est le bien commun. Mais une femme qui défend les droits des femmes serait une sorte de lobbyiste, avec pour seule perspective son intérêt personnel.

Les droits des femmes ne sont pas un domaine réservé aux femmes ! Il ne s’agit pas d’un nouveau hobby typiquement « féminin », qui prendrait, au XXIème siècle, le relais du macramé ou du tricot.

Si je défends les droits des femmes, c’est d’abord en tant qu’être humain ; en tant que citoyenne d’une République dont la devise est liberté, égalité, fraternité ; en tant que démocrate et en tant que personne farouchement attachée à vaincre les inégalités. Toutes les inégalités.

C’est justement l’un des grands enjeux d’aujourd’hui, que de parvenir à faire cesser cette idée que l’on ne lutte que contre les inégalités dont on souffre ! Que de rappeler que lutter pour les droits des femmes, c’est aussi lutter pour ceux des hommes !

Et j’irai plus loin encore. Si vous ne pensez pas que l’on puisse s’abstraire de ce déterminisme, alors il n’y a aucun sens à enseigner.

L’École repose sur une idée fondamentale : celle du progrès. Celle de l’émancipation.

Alors, oui, on connaît les travaux de Bourdieu sur la distinction, sur la reproduction sociale. Et oui, évidemment, il y a dans ce qu’il dit énormément de choses justes. Mais je n’oublie pas non plus le Bourdieu des Méditations Pascaliennes, qui écrivait, je le cite : L’Ecole est un « temps libre et libéré des urgences du monde qui rend possible un rapport libre et libéré à ces urgences, et au monde. »

Ce faisant il remettait en évidence l’étymologie grecque du mot école : celle de skhôle, le temps libre.

L’École nous donne de la distance : celle de la connaissance. L’esprit qu’elle défend est l’esprit de complexité.

Apprendre, c’est développer une familiarité profonde avec ce qui au départ était inconnu, ou méconnu. C’est s’ouvrir aux autres, à l’altérité pour façonner avec eux quelque chose de commun.

Cette relation aux autres, c’est celle qui s’élabore à travers la maîtrise de la langue française et des fondamentaux ou par le respect des règles qui régissent la vie de l’école et la vie dans l’école.

Cette relation, c’est celle, essentielle, qui se façonne avec les professeurs. C’est aussi celle qui, à travers des lectures, des apprentissages, des visites ou des ateliers, va inscrire l’élève dans un héritage beaucoup plus vaste, celui des siècles passés.

Et c’est cette importance de la relation à l’autre et aux autres au sein de l’école, cette part essentielle à l’œuvre dans tout enseignement, qui m’amène à ne pas considérer qu’il y aurait d’un côté la question de la réussite de nos élèves et de leur formation, et de l’autre celle, plus accessoire, des inégalités et de la mixité sociale. Les deux sont profondément liés.

Affirmer la force de l’Ecole ne doit donc pas nous aveugler sur la situation.

Oui, les déterminismes sociaux et économiques existent. Oui, ils pèsent sur la scolarité de nos élèves. Et c’est justement parce que l’École est une institution précieuse, qu’il est important qu’elle ne soit pas une machine à reproduire les inégalités.

Alors, je sais que quand on traite des déterminismes, on se voit fréquemment opposer des contre-exemples. On vient même parfois me voir, en me demandant : « Vous êtes ministre ! N’êtes-vous pas la preuve que le système fonctionne ? »

Et quand on ne me questionne pas sur mon cas personnel, on me cite tel élève, dans une situation de précarité extrême, qui a réussi un parcours brillant.

Ces contre-exemples constituent d’indéniables réussites. Je les salue, et je m’en réjouis. Mais je refuse d’en faire des arguments pour ne rien changer.

Ces contre-exemples représentent ceux que Ferdinand Buisson appelait « les exceptions consolantes » ; ceux qu’Alain nommait les « pics superbes nés du peuple » utilisés pour « donner un air de justice à l’inégalité ».

Je crois au mérite. Je le défendrais toujours. Mais cela n’empêche nullement la lucidité.

En 9 ans, entre les résultats PISA 2003 et PISA 2012, la France est passée du groupe des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l’OCDE au groupe des pays dont la performance est dans la moyenne de l’OCDE. Et la France est devenue, triste victoire, la championne de l’OCDE du déterminisme social.

Le poids des inégalités économiques et sociales n’a jamais été aussi fort. Jamais nous n’avons connu de telles situations, avec plus de 82% de collégiens d’origine sociale défavorisée scolarisés dans 10 % seulement des collèges.

C’est la raison pour laquelle, avec la refondation de l’Ecole, nous avons mis en œuvre une entreprise de réforme d’une ampleur historique. Et cette ampleur, j’en suis consciente, a pu susciter, une certaine inquiétude. Des réserves aussi.

Mais cette ampleur était nécessaire : quel sens y aurait-il eu, par exemple, à ne pas prendre en compte la maternelle et le primaire ? Quel sens y aurait-il eu à se contenter de réformer le collège ? Et pouvions nous changer les programmes, sans changer, aussi, sur certains points, la façon d’enseigner ?

Il fallait agir, résolument, à tous les niveaux. Sans jamais perdre de vue deux dimensions essentielles : renforcer les apprentissages, en particulier les fondamentaux ; réussir une démocratisation de l’exigence, en agissant contre les inégalités économiques et sociales, et en renforçant la mixité.

Il y a une réplique du Mariage de Figaro que vous connaissez sûrement : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Cette phrase, j’aimerais qu’elle soit l’apanage du passé. Ce n’est pas le cas. Elle est encore d’actualité. Trop souvent, sous couvert de défendre le mérite, on promeut une excellence dynastique, et non une excellence républicaine.

On nous dit « démocratiser l’excellence c’est la pervertir ! ». Mais sauf erreur de ma part, il n’y a pas une quantité limitée d’excellence ! Tout comme il n’y a pas une seule voie qui y conduit ! Ce qui la caractérise, c’est l’effort, l’exigence, le travail et aussi, vous le savez bien, un certain plaisir ! Et cela, tout élève peut le développer, le ressentir. Mais encore aujourd’hui, « l’excellence » obéit à des logiques qui donnent un rôle trop important au milieu d’où vous venez.

Alors oui, il est difficile, pour quelqu’un qui a travaillé dur d’entendre que son contexte familial et social a contribué à sa réussite. Cela s’oppose à son ressenti personnel. Mais c’est un fait. Et ce n’est pas sale, ce n’est pas grave, tant mieux pour lui ! Mais je veux, moi, pouvoir offrir aussi cette chance à ceux qui ne l’ont pas ! C’est le sens par exemple des parcours d’excellence que nous avons mis en place. L’excellence Républicaine, c’est donner à tous les élèves les ambitions de leurs moyens ; ce n’est pas fossiliser une élite !

Arriver au sommet, c’est bien : mais si l’on veut parler de mérite et d’excellence, il faut aussi voir d’où l’on part. La ligne d’arrivée peut-être la même : mais dans un cas la scolarité, pour un élève, sera un 100 m, quand elle sera pour d’autres un marathon.

Si nous voulons que l’École continue à assumer la mission qui est la sienne depuis toujours, alors oui, il faut prendre en compte les inégalités.

Il y a pire que de voir une pensée politique déterminée par ce que l’on est socialement. C’est de voir la pensée tout court s’y soumettre, et la scolarité en dépendre.

Et si c’est particulièrement important aujourd’hui, c’est que l’École, en tant qu’institution, est dans une situation singulière.

Je n’aime pas idéaliser le passé. Mais je sais aussi que pendant longtemps, il y avait, au sein de la société française, un certain respect pour la culture, la connaissance et les savoirs.

Aujourd’hui, dès qu’ils sortent de l’école, nos élèves sont confrontés à des discours qui dévalorisent le savoir, l’art et la culture, et qui ne tendent qu’à valoriser ce qui est matériel, utilitaire, monétaire. Et le pire, dans ce discours dominant, où la valeur l’emporte sur les valeurs, c’est qu’il s’agit d’un mensonge faramineux.

En réalité, ceux qui font le monde d’aujourd’hui, ceux qui font les réussites d’aujourd’hui, doivent énormément à l’École, et à des filières et des disciplines que l’on tend à décrier.

Je n’ignore pas la crise des vocations qui affecte les filières littéraires. Mais c’est étonnant qu’à une époque où jamais les séries télévisées n’ont eu autant d’audience et d’influence, on oublie qu’elles viennent de l’écriture. Et si l’on y prête attention, on décèle dans leurs intrigues bien des emprunts à La Poétique d’Aristote.

On observe aussi, depuis les poèmes latins d’Ovide, jusqu’à certaines chansons actuelles, en passant par les poèmes de Chénier, la persistance de certains thèmes, comme celui du paraklausithyron, où le poète se lamente devant la porte close de celle qu’il aime.

Voilà pourquoi ce que j’ai voulu faire, à la tête de ce ministère, c’est créer des liens. Rapprocher les savoirs. Généraliser aussi, ce qui, jusqu’à présent, était réservé à quelques-uns. 

J’ai voulu rappeler, en somme, la force de cette simple conjonction de coordination : le « et ».

Oui, on peut à la fois ne rien négliger de l’instruction et ne pas méconnaître la formation du citoyen !

Oui, on peut développer l’éducation artistique et culturelle et s’assurer que tous nos élèves connaissent l’Histoire, les mathématiques et les sciences !

Oui, nous avons besoin du numérique et des langues et cultures de l’Antiquité !

Et oui, on apprend en suivant des cours, mais aussi en faisant, en s’engageant dans des projets : c’est la force des parcours comme des EPI que de lier les connaissances et l’expérience, les savoir et les savoir-faire.

En favorisant l’interdisciplinarité – qui, comme son nom l’indique, ne supprime pas les disciplines, mais favorise les interactions entre elles – on renoue avec une haute ambition, celle de l’humanisme, qui portait une certaine conception de l’être humain et de l’ouverture au monde.

Articuler les connaissances à des projets, c’est ancrer les savoirs dans une pratique qui renforce leur sens. C’est ne plus laisser dépendre ce sens du seul capital culturel dont vous héritez.

On ne prive jamais impunément un être humain de sens. Car alors, vous pouvez être assurés qu’il va aller le chercher ailleurs. Autre part. Et généralement, vers le pire. Loin de l’humanisme et de ce qui nous rassemble.

Alors, pour revenir in extremis au sujet de cette leçon, pense-t-on politiquement comme on est socialement ?

Sans doute un peu. Non sur le mode d’un déterminisme sclérosant, mais comme une source d’inspiration.

Oui, dans les idées que je défends, comme dans mon action, il entre sans doute la force  d’un souvenir vécu : celui de l’élève que je fus, dans un de ces quartiers que l’on qualifie pudiquement de « difficile ». Une élève qui n’a pas oublié ses camarades de classe qui n’ont pas eu sa chance.

Voilà ce qui nourrit en moi une conviction profonde : le grand défi que nous devons relever aujourd’hui, depuis la maternelle jusqu’à l’université, c’est celui d’une démocratisation exigeante.

C’est ainsi que nous pourrons assurer, à chaque élève, d’où qu’il vienne, qu’il n’a pas devant lui un destin à subir, mais bien un avenir à construire.

Je vous remercie.

Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

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Où l'on apprend que #college2016 n'a pas entraîné l'apocalypse promise. Bien au contraire...

6 Novembre 2016 , Rédigé par ToutEduc Publié dans #Education, #college2016

Où l'on apprend que #college2016 n'a pas entraîné l'apocalypse promise. Bien au contraire...

EXTRAITS

(...)

 

ToutEduc: Sur une échelle de 1 à 10, quel vous semble être le niveau d’adhésion des personnels enseignants et d’éducation ? 

Séverine : 8

Marie-Paule : Il me semble qu'il y a adhésion sur les objectifs visés pour la majorité des collègues (6 ou 7 sur une échelle de 10) mais l'ampleur de la tâche effraie un peu tout le monde, notamment ceux qui sont très impliqués et exigeants. Plusieurs sont venus me dire qu'ils avaient beaucoup de travail en ce moment mais .... que c'était passionnant et particulièrement riche !

Christine : Pour moi, pour le moment, c'est encore trop tôt et là encore très variable... Mais je pense que cela dépend beaucoup de la capacité de la direction du collège à mobiliser ou non ses troupes dans le sens de l'acceptation de la réforme.

Bruno : Dans mon collège, qui n'est pas représentatif (chance d'avoir un nombre suffisant de professeurs très moteurs et "leaders" qui engagent une dynamique positive), je dirai niveau 8.

Gérard : Une vraie surprise agréable ici, je dirais 8.

Isabelle : On ne peut répondre à cette question de façon collective. Certains personnels sont clairement à 10 sur cette échelle et cela depuis l'annonce de la réforme (je les appellerais les "pionniers"). D'autres sont à zéro, ce sont ceux qui étaient contre la réforme dès son annonce. Mais même parmi eux on en trouve qui essaient de s'adapter et de réfléchir à leur référentiel de compétences, à leurs EPI (je les appellerais les "réfractaires"). Entre les deux, le "marais", ceux qui ont peur du changement mais qui sont à la recherche de solutions pour améliorer la réussite des élèves. Parmi eux se trouvent de nouveaux convertis qui, après avoir goûté aux compétences en sixième (que nous avions mises en place juste avant), ont rejoint le groupe des pionniers. Le groupe des "réfractaires" devient de plus en plus minoritaire (…).

Anne-Marie: 7

(...)

L'article complet est à retrouver ci-dessous

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Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...

6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...

Le second débat des primaires de la "droite et du centre" (quel est le candidat du centre parmi les 7 prétendants?) devait, ce jeudi 3 novembre, être en partie consacrée à l'éducation.

Il n'en fut quasiment rien. C'est seulement au-delà de 23h, après avoir passé plus de vingt longues, très longues minutes, à disserter de Monsieur Bayrou qu'enfin les "Juppé and co" livrèrent leurs projets.

A peine 10 minutes. Une très et trop visible volonté d'en finir. Avec la volonté affichée de ne surtout pas en dire trop. Reconnaissons à Ruth Elkrief le courage tardif d'avoir insisté pour connaître le chiffre qu'aucun ne veut lâcher:

"Combien de postes d'enseignants allez-vous supprimer?"

Nous n'avons pas obtenu de réponses.

Quant aux "idées" lancées par les uns et les autres, elles furent affligeantes de banalité, de bêtise - oui de BETISE! - et d'approximations!

Claude Lelièvre en a fait l'excellente analyse dans L'Obs. (Voir le lien ci-dessous).

Depuis cette soirée consacrée à d'autres sujets dont très peu intéressent les français, je me demande:

1- si l' éducation intéresse les candidats de la droite. Vu leur précipitation pour ne surtout pas en parler, j'en doute;

2- si les compétences des uns et des autres sont suffisantes pour aborder un sujet complexe qui met en jeu l'avenir de notre pays. Souvent, lors des rares entretiens au cours desquels les candidats de droite acceptent de parler de l' Ecole, j'ai ressenti un "malaise": ces gens-là ne maîtrisent absolument pas les dossiers. Leur vision est très éloignée du réel. Peut-être d'avoir trop lu Madame Barjon ou Monsieur Brighelli les aveuglent-ils. Ce qui expliquerait les outrances, les caricatures, les erreurs, les mensonges.

Comparant avec ce qui a été accompli depuis 2012 par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem, je me disais et me dis encore qu'il serait légitime de choisir et de défendre la poursuite de la refondation en cours - car elle n'est pas achevée! - plutôt que la critiquer sans relâche, oubliant trop souvent l'Ecole que la droite promet!

Le temps des choix approche. Celui des engagements clairs aussi.

La question est très simple et elle est la suivante:

entre l'Ecole de l'uniforme, de la sélection dès la 6e (la sélection toujours des mêmes!), de la suppression des postes, de l'autonomie totale et ultra libérale sans discernement, de la mort du "collège unique" et l'école refondée, appuyée sur l'excellence pour TOUTES ET TOUS, sur la formation retrouvée, sur l'ouverture au numérique pour un XXIe siècle maîtrisé, sur l' élitisme républicain plutôt que dynastique, sur le respect des enseignants et la reconnaissance de leur travail, qu'allons-nous choisir?

Dans mon cas - vous l'aurez deviné - certainement pas la triste et grisâtre salle de classe des Juppé et autres.

J'ai choisi, depuis longtemps l'école que voulait un Jean Zay et que, dans sa lignée, construit Najat Vallaud-Belkacem! Avec les enseignants sur le terrain!

Nous pouvons réaliser le rêve de Jean Zay A CONDITION de ne pas nous fourvoyer dans des disputes intestines ni dans des "non choix" qui mettraient à bas et pour des années tout le travail entrepris avec courage et abnégation!

C'est maintenant!

Christophe Chartreux

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...
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Une "Ecole" fondée sur des réalisations concrètes... Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire (Vidéo)

6 Novembre 2016 , Rédigé par Assemblée Nationale Publié dans #Education, #Politique

Une "Ecole" fondée sur des réalisations concrètes... Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire (Vidéo)

Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire

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    "Apprendre, cela s’apprend"...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par Christine Vallin Publié dans #Education

    "Apprendre, cela s’apprend"...

    Jean-Michel Zakhartchouk, professeur honoraire en réseau d’éducation prioritaire et rédacteur aux Cahiers pédagogiques, est intervenu à Auby, devant soixante enseignants du premier et second degré. Le sujet ? Apprendre à apprendre.

    Je vous invite à lire le compte-rendu complet de cette rencontre, rédigé par Christine Vallin, en suivant le lien ci-dessous.

    Oui apprendre, cela s'apprend. Il existe même un plaisir d'apprendre. Si si, je vous assure...

    Je renvoie, à ce sujet, au second lien ci-dessous.

    Christophe Chartreux

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    Une "salle des parents" dans tous les établissements scolaires...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

    Une "salle des parents" dans tous les établissements scolaires...

    Pour la refondation d’un autre  rapport Parents/École

    L’École est l’affaire de tous. Elle est le « socle » de la société du futur, là où se construisent les bases du vivre ensemble, les fondements d’une culture partagée, l’inculcation des premières règles du fonctionnement citoyen, la partie commune de notre appartenance à une « nation ». Tous doivent y contribuer : chacun à sa place, mais les uns AVEC les autres et non les uns CONTRE les autres. Ainsi penser un « lieu » institutionnalisé où, sans intrusion ni rejet de part et d’autre, puisse être organisées la rencontre entre tous les acteurs concernés est une urgence.

    La question de la place des parents dans l’École a toujours crispé : les positions des uns et des autres pourraient se résumer autour de la revendication des enseignants à se penser légitimes en raison de leurs compétences professionnelles, distanciées face à des parents dont les attitudes seraient saturées par les affects. De leur côté, beaucoup de parents, que l’École renvoie à leur propre parcours personnel et leur propre histoire, ont un regard acéré sur ce qu’ils considèrent comme efficace, surtout si cela a bien fonctionné pour eux. Au fond, l’École est perçue de manière bivalente : comme entité à part de la société (« on y met ses enfants ») ; comme un lieu dont chacun se sent expert. Ces antagonismes, parfois entachés de violences symboliques et verbales, doivent être dépassés.

    L’idée d’une aide à la parentalité, avec la création d’Écoles de parents, ouvertes gratuitement à toutes les familles, avait provoqué des remous lors des débats précédant dernières l'élection présidentielle de 2007. La proposition du Groupe Éducation – Savoirs et émancipation qui avait réfléchi, pour le Parti socialiste en particulier, à la question du collège et qui suggérait que, stratégiquement, une salle collégiale pour les parents (et les associations agrées) puisse être implantée en proximité de la salle des professeurs risquerait de provoquer les mêmes effets. Il faut rester prudent face à des positions purement électoralistes, car l’enjeu est d’importance.

    Il conviendrait d’y rendre possible très rapidement des rencontres de plusieurs types. Ainsi, ces écoles des parents pourraient être des lieux où les parents démunis trouveront des formations, des conseils à l’aide aux devoirs, des lieux où des conseillers d’orientation psychologue scolaire tiendront des permanences, des lieux où des échanges informels sur des projets scolaires pourront être partagés entre les différents acteurs et proposés ensuite aux instances compétentes (conseil d’École ; conseil d’administration des établissements…).

    Il conviendrait aussi d’associer les parents d’élèves, volontaires et via leurs instances représentatives, à la réflexion précédant la rédaction des projets d’école et d’établissement (comme c'est le cas en Finlande par exemple). 

    Il conviendrait enfin que tous les collèges et lycées disposent d’au moins un(e) infirmier(e) et un(e) conseiller(e) d’orientation psychologue scolaire à temps plein, les parents étant démissionnaires sur au moins deux sujets sensibles : la sexualité et la contraception, quel que soit le milieu social, au collège et au lycée.

    Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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    Sarkozy et l'éducation : entre mépris et méconnaissance... En 2012 comme en 2016...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par Bruno Julliard Publié dans #Politique, #Education

    Sarkozy et l'éducation : entre mépris et méconnaissance... En 2012 comme en 2016...

    Ecrit par Bruno Julliard le 6 mars 2012. Cet article évoque le "moins-disant" éducatif du candidat Sarkozy de l'époque.

    Ce "moins-disant", c'est exactement celui de TOUS les candidats de droite et du centre en 2016.

    Alain Juppé, comme les autres.

    Christophe Chartreux

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    Un "moins-disant éducatif". C'est ainsi que Bruno Julliard, chargé de l'enseignement scolaire dans l'équipe de François Hollande, qualifie le projet pour l'école présenté par Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Un projet qui s'inscrit selon lui dans la lignée de ce qui a été fait dans ce domaine depuis 5 ans.

    Mardi 28 février, le candidat Nicolas Sarkozy annonçait à Montpellier ses propositions pour l’éducation. L’occasion de constater une fois encore à quel point le président méconnaît le monde de l’enseignement et l’urgence à le repenser en profondeur.

    Se résumant à un moins-disant éducatif, son projet pour l’école est autoritaire, concurrentiel et appauvri. Il n’a tiré aucune leçon de son bilan désastreux en la matière et persiste dans l’annonce de "réformes" qui ne reposent sur aucune autre pensée que la rationalisation budgétaire, ou pire la culture du chacun pour soi. Assumant un populisme inquiétant, il n’a su qu’accuser les enseignants d’être les responsables fainéants de l’échec scolaire, dressant les familles contre l’institution scolaire, ses professionnels et leurs syndicats.

    Méconnaissance et mépris du monde de l’éducation

    Travailler plus pour gagner plus. Malgré l’échec cuisant de son ancien hymne de campagne, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à proposer aux enseignants cette solution inefficace, faisant fi de la réalité de leur profession. Il est vrai que le sujet n’est pas pour lui d’améliorer les conditions de travail des enseignants, mais évidemment de trouver un moyen pour poursuivre les suppressions de postes.

    La revalorisation du métier d’enseignant est une priorité absolue qui ne peut se contenter d’une réponse budgétaire. Nous devons revenir sur la dramatique réforme de la formation des enseignants qui s’est traduite par une suppression de celle-ci. La création des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation qui intégrera le mélange des niveaux et la recherche pédagogique pour un travail en commun dès l’origine et s’organisera autour de l’alternance est une réponse d’avenir.

    La formation continue, les déroulements de carrières, la création de nouveaux postes d’enseignants pour adopter le principe de "plus de maîtres que de classes" sont aussi des conditions de revalorisation et d’amélioration du métier d’enseignant et de réelles réponses à la crise éducative que traverse le pays.

    Déni de crise éducative

    Cette crise éducative que Nicolas Sarkozy semble ignorer est pourtant bien réelle et touche encore plus violemment les élèves les plus en difficultés. Les études internationales sont sans appel, de par son élitisme intrinsèque et sa propension à la sélection par l’échec, l’Ecole ne joue plus son rôle d’ascenseur social.

    Or, Nicolas Sarkozy est sans conteste l’homme qui a rendu l’école et la réussite encore plus inaccessibles et inégalitaires : suppression de la carte scolaire, disparition programmée des RASED, baisse du montant des bourses [1], chute drastique des subventions versées aux associations au titre de l’accompagnement éducatif [2], suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes… La liste est longue et les inégalités se creusent. Pourquoi avoir supprimé par dizaines de milliers des postes dans l’Education nationale ? L’homme qui a supprimé 80.000 postes d’enseignants et 35.000 postes de surveillants depuis 2007 découvre donc aujourd’hui "qu’il faut mettre des adultes dans les établissements".

    La seule proposition concrète destinée aux élèves les moins favorisés énoncée par le candidat est l’amplification des internats d’excellence. En 5 ans, Nicolas Sarkozy a créé 26 internats d’excellence, accueillant 2200 internes en France. Tous les jeunes ne méritent-ils pas d’être aidés ? Que propose-t-il pour les jeunes décrocheurs et pour les 150.000 jeunes qui continuent de quitter l’école sans qualification ?

    Néant pédagogique et absence d’ambition pour le savoir de tous

    Il semblerait également que Nicolas Sarkozy n’estime toujours pas nécessaire de s’inspirer des fondements pédagogiques incontournables sur l’apprentissage du savoir pour la réussite de tous. Il avait déjà largement démontré son passéisme contre-productif à travers quelques réformes insensées : baisse de l’accueil en maternelle des enfants de moins de 3 ans, semaine de 4 jours, suppression de la formation des enseignants.

    Pour compléter son bilan chaotique, le candidat président, qui pense qu’enseigner n’est pas un métier et que la pédagogie est forcément innée, propose désormais la fin du collège unique, instaurant des parcours différents en classe de 4ème et 3ème. Nous savons pourtant que les systèmes les plus performants sont ceux aux troncs communs les plus longs [3].

    Nous savons qu’orienter les élèves trop tôt revient à accentuer les inégalités sociales et abaisser le niveau général des élèves. C’est pourquoi nous devons maintenir le collège unique, non pas pour en faire un collègue uniforme, mais parce qu’il est celui qui conduit toute une classe d’âge à l’acquisition d’un socle de culture commune qui émancipe le plus grand nombre.

    [1] Le montant des bourses est passé de 570,6 millions d’euros en 2011 à 531, 8 millions d’euros en 2012, soit une chute brutale de 6,8%

    [2] chute de 32% entre 2012 et 2011

    [3] cf Etude PISA 2006

    Bruno Julliard

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    Revue de Presse Education... Bloc-notes...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

    Revue de Presse Education... Bloc-notes...

    Le bloc notes hebdomadaire se concentre en fait sur deux jours ! Non seulement parce que la reprise des cours s’est faite en fin de semaine mais surtout parce que le mercredi 2 et le jeudi 3 novembre ont rassemblé l’essentiel de l’actualité. Le mercredi était la journée de lutte contre le harcèlement et le jeudi concentrait plusieurs sujets. C’était la date choisie pour le deuxième débat de la primaire de la droite. L’éducation aurait du en constituer un thème important et a été bâclée en douze minutes. C’était aussi la diffusion de “Prof à la gomme” un reportage d’Envoyé spécial consacré au recrutement des profs vacataires. Pour faire bonne mesure on évoquera également dans ce bloc-notes, la célébration des 250 ans de l’agrégation et quelques lectures. Bonne reprise ?

    12 minutes

    Jeudi 3 novembre : deuxième débat des candidats à la primaire de la Droite. Il a fallu attendre 22h50 pour qu’on parle brièvement pendant douze minutes, de l’Education Nationale...

    Lamentable, tout comme les propositions...

    Toutefois avant de détailler celles-ci, il faut quand même dire que si l’éducation, pourtant annoncée comme l’un des trois thèmes majeurs de ce débat, a été si peu (et mal) traitée, cela ne tient pas seulement aux candidats. C’est aussi la responsabilité des journalistes qui s’excitent sur de la politique fiction (vote pour Hollande au 2eme tour) et les querelles de personnes (20 minutes sur le cas Bayrou...) tellement ils sont eux mêmes englués dans le microcosme...

    Le constat de la faible place de l’éducation est partagé par les journalistes spécialisées. C’est le cas de Caroline Beyer dans Le Figaro tout comme chez Louise Cunéo qui s’était déjà livrée avant le débat à une analyse des programmes dans Le Point . Trois mots clés traversent ce court moment d’échange sur ce thème pourtant majeur : “autorité”, “fondamentaux” et “sélection”.

    Tous les candidats prônent la restauration (ah, bon elle a disparu ?) de l’“autorité” et relie cela à la nécessité d’une autonomie accrue des chefs d’établissements : “pour une école avec davantage d’autorité, il faut, selon eux, que le directeur en ait davantage sur ses enseignants (en pouvant notamment les choisir et les évaluer lui-même), ce qui leur permettra à leur tour d’en avoir davantage sur les élèves. souligne Louise Cunéo .

    Sur ce thème de la verticalité et de l’autorité c’est Jean-François Copé qui va le plus loin sur ce terrain. Chant de la Marseillaise, levée de drapeau, port de l’uniforme “comme en Grande-Bretagne”…

    L’accent est aussi mis sur les « fondamentaux » - les fameux lire, écrire , compter – dont il faut augmenter les horaires mais dont la maîtrise devient la condition même du passage en classe supérieure. Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, pas question de laisser passer dans le niveau supérieur les élèves qui ne maîtrisent pas la lecture à la fin du CP. Ils sont presque tous d’accord pour créer une rupture à la fin du CM2 en instaurant une évaluation empêchant l’entrée au collège d’élèves qui n’auraient pas les prérequis suffisants.

    Seule Nathalie Kosciusko-Morizet se démarque en étant la seule à défendre le collège unique, s’opposant au “tri des enfants à l’âge de 11 ans”. À l’opposé on trouve Bruno Le Maire qui, comme il l’avait déjà fait valoir dans son opposition à la réforme du collège, défend “une intelligence de la main qui vaut l’intelligence de l’esprit et pense que tout le monde n’a pas le talent de faire des études. Quel sort pour les “vaincus” ? Les candidats souhaitent globalement développer l’apprentissage et même le proposer, pour Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, dès 14 ans. Et pour Sarkozy, les “décrocheurs”, les jeunes entre 18 et 25 ans qui n’auront ni formation ni emploi, seront envoyés au service militaire obligatoire.

    On a aussi évoqué brièvement la question des suppressions de postes d’enseignants. Tous les candidats se sont tous déjà prononcés pour des suppressions de postes de fonctionnaires mais il y a toujours après ce débat, beaucoup de flou sur ce qui est prévu pour l’éducation. Seul Nicolas Sarkozy a réitéré ses déclarations précédentes sur les enseignants : “Qu’ils travaillent plus, que leur nombre soit diminué et qu’ils soient mieux payés.

    Résumons... Autonomie des chefs d’établissement qui pourraient recruter et évaluer leurs enseignants, remise en cause du collège unique (sauf NKM et Juppé mais qui n’a rien dit là dessus jeudi soir), sélection à l’entrée en sixième voire même dès le CP (Sarkozy), uniforme (Copé), développement du privé (Poisson) , apprentissage confié aux entreprises (tous...) , augmentation du temps de travail des enseignants, suppression des rythmes scolaires... Et puis ces leitmotivs que sont la supposée "restauration" de l’autorité et les fameux "fondamentaux"...

    Ce que je retiendrai pour ma part c’est une indignation et un non-dit. L’idée qui me révolte c’est qu’il y aurait des enfants "doués" et d’autres qui n’auraient pas de "talent" pour les études, et que finalement si certains sont en échec ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux et à leurs parents... À aucun moment, on a parlé d’inégalités sociales et encore moins de justice sociale. Ce qui se passe aujourd’hui dans ce semblant de débat sur l’école est bien une question de lutte des classes. L’École de la droite c’est l’école de l’inégalité, de la remise en cause du droit à la réussite pour tous les jeunes et de la sélection précoce...

    (...)

    Philippe Watrelot

    Suite et fin du très fourni bloc-notes cette semaine en cliquant ci-dessous

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    Un sujet trop souvent minoré, pourtant essentiel: l'architecture scolaire...

    5 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

    architopik.lemoniteur.fr

    architopik.lemoniteur.fr

    L’architecture scolaire est un sujet considéré comme secondaire et minoré.

    Ponctuellement, des réalisations montrent la réelle volonté - et le talent - d’architectes novateurs, soucieux de prendre en compte la spécificité des fonctions multiples de l’École d’aujourd’hui. Mais l’architecture scolaire est le plus souvent (pour des raisons budgétaires et par manque de connaissance fine de ce qui fait le quotidien de la vie scolaire dans cet espace clos) le reflet matériel et spatial de conceptions d’un autre temps. Un espace segmenté où domine l’unité de base héritée de la forme scolaire (Vincent, Lahire & Thin) : une salle, un maître, une classe, un objet disciplinaire. Mis à part le cas spécifique des lycées professionnels et techniques dont les ateliers/laboratoires sont dédiés à des activités propres, nos établissements scolaires sont des suites de salles clonées. Le modèle est finalement parfaitement disjonctif, à l’image des savoirs enseignés parcellisés dénoncés par Edgar Morin.

    Pour travailler autrement, il s’agira là de procéder à une profonde réforme des structures spatiales nécessaires à l’étude et de concevoir des lieux qui soient « aussi » des lieux où se construisent une culture commune, des liens sociaux, l’apprentissage du collectif, la réalisation de projets et actions diversifiés, et où tous les croisements de groupes à géométrie variable que nous avons décrits dans les points précédents soient possibles et naturels. 

    C’est un lourd chantier qui ne peut être envisagé que sur le moyen terme : réhabilitations de ce qui peut l’être et programmes de travaux de construction étagés sur 15 ans pour aboutir progressivement à la réduction du nombre d’élèves par établissement.

    Deux préoccupations majeures présideront à ce chantier :

    - à l’image du lycée Kyoto (Région Poitou-Charentes), celle de l’excellence environnementale : zéro énergie fossile et 100% d’énergie propre ;

    - celle de l’adéquation entre le Projet pour une nouvelle École du XXIème siècle et sa réalisation spatiale : ancrage et inscription pertinente dans l’espace local ; qualité des lieux dédiés à l’étude et à la diversité des activités ; osmose avec le tissu local d’activités (entreprises, activités culturelles, liens intergénérationnels, etc.).

    Une  pluralité de lieux pour répondre aux contraintes du fonctionnement  novateur des « unités éducatives »

    Les lieux appellent les comportements : il importe donc d’en imaginer qui soient sereins, propices à l’étude comme à la vie collective. Nous devons en finir avec ces salles de classes où s’installent bruyamment nos élèves, certains n’enlevant même pas leur manteau tant ils ont hâte de quitter le sinistre endroit. Nous devons en finir avec ces établissements où même des élèves volontaires n’ont pas de lieux où travailler (ou lire) contraints par le manque d’espaces adaptés, par des horaires trop rigides et un manque d’encadrement adulte posant des problèmes de sécurité. Nous devons en finir avec ces établissements où les enseignants n’ont pas suffisamment de lieux calmes où s’isoler pour travailler (sauf à se réfugier dans des classes vides) alors même que leurs fonctions nécessitent une présence de plus en plus importante dans les établissements scolaires.

    - À chaque lieu doit correspondre telle ou telle posture mentale requise. Nos élèves sauront, dès leur entrée dans espace particulier, quelle attitude est attendue de leur part. L’espace ne sera plus seulement un lieu de « rassemblement », mais un lieu dédié à telle ou telle activité, clairement définie par l’architecture adaptée choisie.

    - Nos établissements scolaires doivent se doter de salles de travail ; de salles de réunions équipées ; de salles de spectacle ; d’au moins une salle en amphithéâtre ; de petites bibliothèques spécialisées en plus du CDI. 

    - L’architecture des établissements scolaires doit aussi favoriser ce qui améliore le « vivre ensemble ». Les salles d’études et d’ateliers, les salles de classes, la bibliothèque/CDI, les salles de réunions et la salle des professeurs doivent communiquer. Il faut cesser de croire que l’enseignant sera plus tranquille en « s’encloisonnant ». Il doit « habiter » l’École pendant le temps qu’il y passe. Ce sera d’autant plus facile dans des unités éducatives à taille humaine (60/100 élèves).

    - Les surveillants, qui n’enseignent aucune discipline et de ce fait peinent à trouver une légitimité disciplinaire, doivent sentir et partager la présence des enseignants lors des périodes quotidiennes « hors-classe ».

    - L’École doit, par son architecture nouvelle, être bien entendu un lieu de travail le plus calme possible, ce qui sera favorisé par l’emploi de matériaux naturels, une réflexion sur la lumière (exemple de Kyoto). Les lieux de vie doivent être séparés en fonction des moments et activités quotidiennes : enseignement ; repas ; pauses ; rencontres avec tel ou tel enseignant ; etc. L’École doit aussi être un lieu qui fasse une belle place à l’accueil des parents, des associations, du monde professionnel environnant : que l’École ne soit plus un sanctuaire fermé, parfois « barbeletisé », vidéo-surveillé, mais transparent et acteur de son environnement urbain ou rural.

    - La question des accès aux établissements et de la circulation interne des élèves doit être l’objet d’une étude particulière. Chaque lieu doit être accessible facilement et sera d’autant plus aisé à surveiller qu’il sera plus respecté. La question doit être pensée en lien avec les questions de gestion : place et rôle des surveillants, du personnel d’entretien et de gestion dans le dispositif éducatif ; taux d’encadrement adulte ; présence pour des activités variées d’acteurs extérieurs appartenant à la société civile.

    L’architecture scolaire est un enjeu futur capital qui devrait être l’objet de toutes nos attentions et s’appuyer mieux que cela n’est fait sur les analyses qu’en font les usagers au quotidien.

    Pour aller plus loin…

    Berteloot Dominique (1997) Aménager l’école, la cour, les espaces intérieurs. Paris : Hatier, Collection « Questions d’école », n° 5

    Chatelet Anne-Marie & Le Cœur Marc [dir.] (2005) L’architecture scolaire. Essai d’historiographie internationale. Lyon : INRP.

    Chupin Julie & Sobocinski Aurélie [dir.] (2009) Quand l’école innove. Paris : Éditions Autrement.
     
    Derouet-Besson Marie-Claude (1998) Les murs de l’école. Éléments de réflexion sur l’espace scolaire. Paris : Métaillé.

    Lafitte René et le groupe VPI (2006) Essai de pédagogie institutionnelle. L’École, un lieu de recours possible pour l’enfant et ses parents. Nîmes : Champ social éditions. Collection « psychothérapie institutionnelle ».

    Sites à consulter: 

    www.icem34.fr

    Christophe Chartreux

    arval-archi.fr

    arval-archi.fr

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