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Vivement l'Ecole!

education

Sorbonne: ministre et intellectuels déconstruisent le «woke» lors d’un premier jour de colloque univoque

8 Janvier 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Sorbonne – Amphithéâtre Richelieu – La Direction des Affaires Culturelles

Racialisme, nouveau féminisme, «cancel culture»… La première journée du colloque sur la question de la déconstruction, auquel participait Jean-Michel Blanquer, s’est déroulée dans une salle acquise aux orateurs et sans contradiction. *

«Un événement intellectuel.» Installé en Sorbonne, sous les plafonds dorés de l’amphithéâtre Liard où apparaissent les noms de Descartes et Pascal mais aussi le monogramme de la République française, c’est ainsi que Jean-Michel Blanquer a introduit ce vendredi matin les deux jours de colloque «Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture». Ces rencontres, qui ont suscité beaucoup de débats ces derniers jours, ont été présentées par leurs organisateurs – le Collège de philosophie, l’Observatoire du décolonialisme, le Comité laïcité république – comme un rendez-vous scientifique nécessaire pour clarifier l’affrontement entre eux (les universalistes) et les autres (les intersectionnels). A en croire Emmanuelle Hénin, professeure de littérature et coorganisatrice, le moment est marqué par l’«urgence de restaurer un espace de dialogue et de controverse scientifique».

Comme sur les murs de l’amphi, la science et la politique se rejoignent vite, dès l’ouverture des discussions. Son discours à peine entamé, Jean-Michel Blanquer revient à l’une de ses idées chères : en matière d’écologie, de féminisme, de lutte contre les discriminations, «il y a une vision “woke” de l’écologie et une vision républicaine. Lorsque nous lisons Elisabeth Badinter, nous ne lisons pas d’autres auteurs de moindre qualité.» Le ministre de l’Education nationale déclare même faire front commun avec les chercheurs réunis : «C’est sur un grand vide que les théories dont nous ne voulons pas ont pu avancer.» Pour le combler, il appelle à défendre l’universalisme, la raison et l’humanisme. «Face à tant de relativisme qui consiste à dire que tout se vaut, le bien, le vrai, le beau doivent en permanence être repensés.»

Le relativisme ? Voilà l’ennemi ! Au cours de la journée, celui-ci prend plus d’un nom : «pensée “woke”»«enfermement “woke”»«religion qui distingue les élus des damnés». Sans oublier le racialisme, l’antiracisme, le nouveau féminisme ou l’intersectionnalité. Pour embrasser les mille visages de ces menaces académiques, les intervenants préfèrent souvent le mot «déconstruction» – «pédanterie à la portée de tous», affirme l’historien des idées Pierre-André Taguieff – dont il s’agit d’abord de faire la généalogie.

Etude des apories du déconstructionnisme

Le philosophe et coorganisateur Pierre-Henri Tavoillot fait naître la déconstruction avec la philosophie moderne. Elle se révèle vraiment problématique avec «la pensée 68, où la déconstruction devient un processus sans fin». Comprendre : où tout est toujours à déconstruire, sans débouché… constructif. Pour lui, le fonctionnement actuel de la déconstruction suit cinq étapes : tout est domination (1), l’Occident représente l’apothéose de cette domination (2). La décolonisation n’a en fait pas eu lieu (3) : il faut donc se réveiller («woke»), sortir de l’illusion que tout va mieux (4). Resterait à passer de la théorie à la pratique : une fois éveillé, il faut annuler («cancel culture», 5). Parmi les intervenants, l’hypothèse est volontiers acceptée.

La matinée poursuit l’étude des apories du déconstructionnisme. Le professeur de sciences politiques Pascal Perrineau déplore une conception où «le lieu politique serait un lieu de projection de dominations en tous genres. A la figure du prolétaire ont succédé d’autres figures de victimes : femmes, immigrés, racisés, minorités homosexuelles», oubliant les vertus de la démocratie représentative (développées un peu plus tard par le philosophe Pierre Manent). «Dans le combat politique et culturel, le “wokisme” donne un avantage à l’accumulation du capital victimaire par les mouvements intellectuels et politiques.» La référence au vocabulaire marxiste n’est pas anodine : les chercheurs présents insistent sur les liens avec le communisme et ses échecs au cours du XXe siècle, comme la romancière et enseignante Véronique Taquin, ou le philosophe Pierre-André Taguieff : «Le “wokisme” est la dernière version en date de la grande illusion communiste», dit-il. Alors que la révolution prolétarienne se proposait de détruire la société capitaliste pour réaliser universellement l’égalité, le «wokisme» se fixerait désormais rien de moins que l’objectif de «détruire la civilisation occidentale en commençant par criminaliser son passé tout entier».

Après cette vue d’ensemble, les tables rondes suivantes passent en revue les «domaines d’application du “wokisme”» : la race, l’islam, le genre et la «cancel culture». L’occasion pour l’essayiste Pascal Bruckner d’affirmer que «le “wokisme” constitue un nouveau racisme» par sa propension à ramener les individus à leur couleur de peau : «Plus on assimile les gens à leur épiderme, plus on les enferme dans une idéologie qui n’est pas sans ressembler beaucoup à l’idéologie coloniale.» Lors de ce passage en revue alternent de façon pas toujours claire des exposés de chercheurs (Bernard Rougier, Thibault Tellier…), et des interventions plus proches du témoignage comme celle du politologue Vincent Tournier, professeur à Sciences-Po Grenoble, qui a vu son nom affiché sur les murs de l’école l’an passé, au moment d’une polémique liée à l’emploi du terme «islamophobie» dans l’intitulé d’un colloque.

Absence de moments de questions

Evidemment, une parole manque aux échanges : celle des «wokistes déconstructeurs» dont les approches sont critiquées à longueur d’interventions. Dans la salle, on reconnaît quelques visages de chercheurs qui pourraient s’en réclamer : l’absence de moments de questions ne leur permettra pas de tenter la controverse, dans une salle bien remplie et de toute façon visiblement acquise aux orateurs. «Cancel culture» appliquée aux “woke” ? Presque. Très en verve, le sociologue et chroniqueur à CNews Mathieu Bock-Côté entre dans la tête d’un «woke» : «un voyage en folie» pour expliquer «comment, pour les woke, l’universalisme est le vrai racisme». Il y explique que pour eux, la suprématie blanche serait dissimulée derrière la référence à l’universalisme, qu’il faudrait donc combattre pour faire ressortir les mécanismes de domination. Conclusion : «Pour nous [les blancs], exister, c’est expier ad vitam aeternam.» Rires et applaudissements fournis.

Aux abords de la salle, la présence d’une caméra de télévision suscite un moment de confrontation entre des étudiants (de divers collectifs, dont l’Unef et Solidaires) qui ont déployé une banderole «Combattons la banalisation de l’islamophobie», et d’autres qui portent des sweats du syndicat de droite UNI. C’est là qu’a lieu la controverse, et pas dans l’amphi Liard, où la déconstruction du déconstructionnisme s’opère en un long sermon… au pied un immense tableau de Richelieu, lui aussi présent sous les lambris dorés.

Thibaut Sardier

Pour la contradiction, voir le fil Twitter ci-dessous

CC/Webmaster

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Covid-19 : dans les écoles, la semaine de toutes les tensions

8 Janvier 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Mon école va craquer. En grève le 13 ! | SNUipp-FSU 22

EXTRAITS

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau protocole sanitaire, à la rentrée, et face à la poussée des contaminations sous l’effet du variant Omicron, les enseignants et les parents ont l’impression de naviguer à vue. La quasi-totalité des syndicats appelle à une grève jeudi 13 janvier.

Par  et 

« Cours ou pas cours ? » « Classe ouverte ou classe fermée ? » Les parents d’élèves, qui ont navigué à vue tout au long de cette première semaine de l’année, ont désormais au moins une certitude concernant les jours qui viennent : jeudi 13 janvier, certains risquent de devoir se passer d’école. Pour ce jour, la quasi-totalité des syndicats d’enseignants ont appelé, vendredi 7 janvier, à la grève.

Le SNUipp-FSU, majoritaire dans le premier degré, et le Snudi-FO entendent mobiliser au primaire, tandis que le SE-UNSA, le SNES-FSU, la CGT-Educ’action et SUD-Education, tout comme le Snalc, appellent également les collèges et les lycées à débrayer. Leurs mots d’ordre se recoupent : plus de sécurité et plus de stabilité face à la vague de Covid-19 qui déferle sur l’école. Avec, en sous-texte, la revendication d’un retour au protocole « un cas, une fermeture ».

Car, depuis la rentrée, lundi 3 janvier, les classes ne ferment plus, ni au premier cas ni même après trois cas positifs, comme c’était le cas depuis début décembre, quand le variant Omicron du SARS-CoV-2 a commencé à faire parler de lui. A la place, les enfants doivent être testés à trois reprises en une semaine dès qu’ils sont en contact avec un camarade contaminé. C’est, en tout cas, la théorie : dans les faits, l’éducation nationale faisait état, jeudi 6 janvier, de plus de 9 000 classes fermées, trois fois plus qu’avant les congés de Noël. Et le parcours de dépistage imposé s’est mué, pour beaucoup de parents, en parcours du combattant, au cours d’une semaine tendue.

« Ça devient délirant »

Julie (les personnes citées uniquement par leur prénom ne souhaitent pas donner leurs noms de famille) en sait quelque chose. Près de Lille, cette mère de famille de 41 ans a vécu au rythme des tests à J 0, J + 2 et J + 4, comme le veut le protocole. Pour sa fille de 5 ans, qui supporte très mal les tests dans le nez, elle a préféré chercher un laboratoire proposant des tests salivaires. Avec les délais pour obtenir un rendez-vous puis recevoir le résultat, la petite Ninon, déclarée cas contact dès le lundi de la rentrée, n’a pu retourner en classe que jeudi après-midi.

Devant les pharmacies et les laboratoires, nombre de parents, comme elle, ne cachent plus leur colère. « Deux heures d’attente en plein hiver, c’est une honte d’imposer ça à des enfants », tempête Caroline, dont l’aîné des deux garçons, 6 ans, a été identifié cas contact mercredi. Après avoir été « éconduite en labo » où elle espérait un test salivaire, elle s’est tournée vers la « pharmacie du coin ». Y a pris « son ticket ». S’est retrouvée à « faire la queue sur un parking », avec devant elle des « enfants qui hurlaient », derrière elle des « antivax qui se vantaient de leur prétendue liberté »… « Ils s’y sont mis à deux pour ceinturer mon fils et lui mettre un écouvillon dans le nez. » Cette mère, qui défendait pourtant le principe du dépistage à l’école, doute de se plier de nouveau à l’exercice.

(...)

« Continuité pédagogique » à géométrie variable

Au fil des jours, de plus en plus de parents sont ainsi contraints de garder leurs enfants à la maison. Il y a ceux dont les enfants se sont révélés positifs au SARS-CoV-2 – à ce stade, l’éducation nationale en compte 50 000. D’autres restent coincés à demeure dans l’attente de résultats de tests, mais aussi, bien souvent, parce que leurs enseignants sont eux-mêmes absents. Auditionné au Sénat, mercredi, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a avancé le chiffre de 7 % de professeurs non revenus en classe, en estimant que le « pic » d’absences ne devrait pas dépasser 15 %. Le conseil scientifique Covid-19 estimait, en décembre, qu’un tiers des enseignants pourraient être touchés courant janvier.

L’exercice statistique est néanmoins sujet à critique. Dans les rangs syndicaux, on fait valoir que les enseignants malades ne donnent pas tous la raison de leur absence, de même qu’on ignore l’état de santé des enfants restés chez eux, par précaution, depuis les vacances. Entre lundi et vendredi, directeurs et chefs d’établissement ont recensé jusqu’à un tiers d’absents dans les écoles, et entre 10 % et 20 % dans les collèges et lycées. Des moyennes.

A tous les élèves restés chez eux, que propose l’école ? Une « continuité pédagogique » à géométrie variable, rapportent les familles. Aux premières heures de la crise sanitaire, Jean-Michel Blanquer avait imposé l’expression pour désigner l’effort de maintien des cours à distance, en dépit du confinement. Deux ans plus tard, enseignants et élèves vont et viennent au gré des tests, alternant isolement et reprise des cours. Une nouvelle donne qui empêche, de fait, la mise en place d’un système « rodé ».

(...)

Au terme de cette folle semaine, si l’éducation nationale n’a fait état que de vingt écoles, six collèges et deux lycées totalement fermés, nombre d’entre eux, officiellement comptabilisés comme ouverts, se disent « désorganisés ». Privés de « vie scolaire » – quand les conseillers principaux et les assistants d’éducation manquent à l’appel –, de « capitaine » – quand les absences se multiplient à la direction, au secrétariat, à l’intendance… Certains ont, dès cette première semaine, fait le choix de débrayer, en équipe, faisant valoir leur droit de grève ou leur droit de retrait. C’est le cas d’une dizaine de collèges et de lycées de l’académie de Créteil.

D’autres rapportent « bricoler », au jour le jour, avec parfois un fort impact sur l’organisation des journées. Comme quand, faute d’employés municipaux, il faut renoncer à la cantine. La mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a sauté le pas : les parents d’écoliers ont reçu un courrier, vendredi 7 janvier, leur demandant de préparer des pique-niques pour la semaine à venir. D’autres collectivités en discutent, anticipant des perturbations. « Habituellement, en cas de grève, un service minimal est assuré avec des paniers-repas, explique Sandra Buteau, de la FCPE du Rhône. Mais comment fera-t-on dans une période aussi dégradée ? On ne pourra pas mettre tous les enfants dans un gymnase avec un pique-nique pour chacun ! »

(...)

« Cela devient lourd à porter »

« Nous partageons un sentiment d’exaspération », confirme Sylvie Bailleul, également affiliée au SNUipp-FSU et directrice d’une école maternelle dans le Gard qui a déjà été fermée pendant trois semaines en décembre. « Les enfants en élémentaire qui arrivent seuls mais dont la classe est fermée, faut-il les renvoyer ou les garder dans l’école ? Tout cela devient lourd à porter. » Dans le département, malgré des recrutements de remplaçants, 99 classes sont toujours fermées.

Devant les grilles des écoles, collèges et lycées, dans les infirmeries scolaires, on craint de ne plus parvenir à distinguer qui accueillir, qui laisser dehors. Le traçage des cas contacts, mission impossible ? « Avec 20 cas par jour, donc 100 sur une semaine, on ne peut pas mettre quelqu’un au portail en permanence pour dire aux élèves : “Toi, tu es à J + 2, toi à J + 4, s’inquiète le proviseur Bruno Bobkiewicz. A terme, on risque de se retrouver avec ce problème : être incapables d’identifier qui a le droit d’être là. »

(...)

Officiellement, côté ministère, il n’est pas question de bouger la ligne. Jean-Michel Blanquer l’a rappelé vendredi : il veut tenir le cap du gouvernement depuis le printemps 2020, celui des écoles ouvertes. Coûte que coûte.

 et 

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Grève des enseignants le 13 janvier : "On n'a jamais vu ce niveau d'exaspération et d'épuisement", alerte le syndicat SE-Unsa

8 Janvier 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Covid : appel à la grève nationale dans les écoles le 13 janvier

La grande majorité des syndicats d'enseignants appellent à une grève dans toute la France jeudi 13 janvier. Ils dénoncent les mesures prises par le gouvernement dans les établissements scolaires pour lutter contre le Covid-19.

Les syndicats d'enseignant sont vent debout contre la gestion de l'épidémie de Covid-19 par le gouvernement dans les établissements scolaires. "Il y a des annonces qui se succèdent tous les jours et un manque de personnel alors que les contaminations se multiplient", se désole Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat enseignant SE-Unsa, vendredi 7 janvier sur franceinfo. Le syndicat, comme le Snuipp-FSU, appelle à la grève dans l'Éducation nationale jeudi 13 janvier, pour avoir "les conditions d'une école sécure sous Omicron".

"Nous avons essayé de l'exprimer de toutes les façons mais nous n'avons pas été entendus", s'agace le représentant, qui explique que c'est pour cela que la grève a été décidée. "Sur le terrain, la tension est extrêmement forte", s'alarme Stéphane Crochet. Le syndicat SE-Unsa évoque "les remontées du terrain" de la part des enseignants. "On n'a jamais vu ce niveau d'exaspération et d'épuisement."

"On a des collègues en pleurs qui passent leurs soirées à envoyer des messages aux familles pour leur faire comprendre la nouvelle procédure." Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat d'enseignants SE-Unsa à franceinfo

S'il veut que les syndicats retirent leur appel à la grève, "le gouvernement doit s'engager à travailler autrement, à faire descendre la pression", estime Stéphane Crochet. Il appelle le gouvernement à "fournir des matériels de protection alors qu'il est question de masques chirurgicaux pour la fin du mois de janvier" et réclame "un protocole sanitaire qui soit tenable et applicable".

"Nous avons une partie des élèves dans les établissements et d'autres qui sont chez eux. Je ne comprends pas que le ministre dise qu'on peut tout assurer, l'enseignement en présentiel et l'enseignement à distance alors que nous manquons de professeurs", s'indigne-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Crochet estime que le "niveau de désorganisation nécessiterait au moins de la part du gouvernement qu'il y ait de l'humilité pour qu'on fasse corps ensemble et non pas que nous découvrions tous les jours de nouvelles annonces".

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Jean-Michel Blanquer, le ministre que les profs détestent - Vidéo

7 Janvier 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Nouvelle vague de Covid en France et… nouveau protocole sanitaire pour les écoles, collèges et lycées. Parents, élèves et enseignants n’en peuvent plus. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est mis en cause. Et pas seulement pour sa gestion de la pandémie. Notre reportage à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, et pour en parler : Pascal Bouchard, auteur de Jean-Michel Blanquer. L’Attila des écoles, et Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU. 

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« Une pagaille indescriptible » à cause du Covid : appel à la grève dans les écoles le 13 janvier

7 Janvier 2022 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education

grève à Rome

Le premier syndicat du primaire le Snuipp-FSU « appelle les personnels des écoles à se mettre en grève le jeudi 13 janvier, face au chaos mais également au mépris et aux mensonges, pour obtenir les conditions d’une école sécurisée sous Omicron ».

Le Snuipp-FSU, premier syndicat d’enseignants du primaire, qui dénonce « une pagaille indescriptible » dans les écoles en raison de l’épidémie de Covid-19, a annoncé ce vendredi 7 janvier lancer un appel à la grève nationale jeudi 13 janvier, proposant à toutes les organisations syndicales de l’éducation de s’y joindre.

« La situation depuis la rentrée de janvier engendre une pagaille indescriptible et un sentiment fort d’abandon et de colère parmi les personnels des écoles », dénonce le Snuipp-FSU dans un communiqué. Il regrette notamment le fait que « lors de la réunion sanitaire d’hier (jeudi, NDLR), le ministre est resté sourd une nouvelle fois aux exigences portées par les organisations syndicales pour sécuriser l’école ».

Le Snuipp-FSU « appelle donc les personnels des écoles à se mettre en grève le jeudi 13 janvier, face au chaos mais également au mépris et aux mensonges, pour obtenir les conditions d’une école sécurisée sous Omicron », est-il écrit.

Concrètement, les enseignants ont jusqu’à lundi soir pour se déclarer grévistes.

Protocole, masques et remplaçants

« Il s’agit de revoir le protocole avec notamment le retour à la règle protectrice un cas positif = fermeture de la classe, l’isolement des cas contacts intrafamiliaux et une politique de tests préventifs hebdomadaires salivaires systématiques », demande le syndicat.

Les personnels « doivent être équipés dès maintenant de masques chirurgicaux, et FFP2 pour ceux qui le souhaitent, des autotests doivent leur être fournis et les salles de classe et de restauration équipées en capteurs de CO2 ».

Selon le Snuipp, « le ministre clame maintenir les écoles ouvertes mais le choix politique du gouvernement est bien d’assurer l’accueil des élèves, pour permettre aux parents d’aller travailler, aux dépens de la santé des personnels, de celle des enfants, de leurs familles. Sur le terrain la réalité est bien toute autre, les directeurs, directrices et les enseignants, enseignantes ne peuvent plus exercer correctement leurs missions d’enseignement », affirme-t-il.

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13 janvier - Toutes et tous en grève ! Ecoles, collèges, lycées, universités !

7 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

FO SNICA | PREAVIS : Les jeudis des semaines paires, du 13 janvier au 7

Mon école va craquer

Comme prévu, la situation épidémique atteint des sommets de contamination. Le ministre de l’éducation, lui, continue de faire le choix de maintenir les écoles ouvertes « quoi qu’il en coûte ». Il allège les mesures protectrices, notamment sur les fermetures de classe et l’isolement des élèves, désorganisant totalement l’école, mettant les personnels, les élèves et leur famille en danger et les enseignant·es en souffrance professionnelle. Le SNUipp-FSU considère que la situation n’est plus tenable et appelle les personnels à se mettre en grève le 13 janvier. Il propose aux autres organisations syndicales de s’y joindre.

Des mesures inconséquentes

Au 5 janvier, la France dénombrait 332.252 nouveaux cas en 24h. Malgré une contagiosité accrue du variant Omicron, en particulier chez les 6-10 ans, et la fermeture de 9 200 classes et 47 453 cas confirmés d’élèves le 6 janvier, le Ministre ne prend pas la mesure de la situation et se félicite de garder les écoles ouvertes coûte que coûte. Faisant des paris risqués pour la santé, il allège les mesures de tests et d’isolement. Pourtant « sur le plan purement scientifique, il est demandé de faire un PCR ou un test antigénique à J0, ce qui est souvent inutile car le délai d’incubation est autour de cinq jours.[…] le test à J6 n’a pas été gardé alors que c’est celui qui est le plus significatif » explique Michaël Rochoy, médecin et membre du collectif « du côté de la science ».
Autre exemple du déni de réalité, l’approvisionnement en autotests gratuits en pharmacie n’a pas été anticipé, entraînant une pénurie qui les rend peu voire pas accessibles. Si l’annonce par le premier ministre de la fourniture de masques chirurgicaux aux personnels répond à la demande récurrente du SNUipp-FSU, elle reste à concrétiser rapidement puisque c’est maintenant que les écoles en ont besoin. La nécessité d’une fourniture également en masques FFP2 reste prégnante notamment pour les enseignant·es de maternelle et les AESH très proches des élèves. Et que dire des mensonges de Jean-Michel Blanquer sur la prétendue faible contamination des enseignant·es, sur l’équipement soit disant généralisé en capteurs de CO2 ou sur les masques FFP2 « réservés au soignant·es ».

Des écoles au bord de l’implosion

Les règles plus souples de cette rentrée, conjuguées au variant pour l’instant le plus contagieux que l’on connaisse, entraînent des absences désordonnées des élèves et des équipes éducatives (PE, AESH, ATSEM, personnels du périscolaire), qui impactent l’école dans son ensemble. Les enseignant.es, les directeurs et directrices, subissent ainsi un nouvel alourdissement des tâches et de leurs charges mentales : vérification des attestations sur l’honneur des parents, suivi logistique des isolements, tout en veillant à une forme de continuité scolaire…
Les injonctions contradictoires de dernière minute obligent à des ajustements permanents et épuisants. Le tout sous une pression sociale intense due à l’absence de règles permettant aux parents de garder leurs enfants à domicile sans perte de salaire. Le 6 janvier au soir, après la réunion au ministère, c’est ainsi un nouvel allégement du protocole des 3 tests qui est acté et toujours pas de prise en compte du nécessaire isolement des cas contacts intrafamiliaux de moins de 12 ans.

C’est juste plus possible !

Le ministre se vante de maintenir les écoles ouvertes pour habiller son choix politique de faire de l’école une garderie, pour permettre aux parents d’aller travailler, au mépris de la santé des personnels, de celle des enfants, de leurs familles. Et en réponse à l’engagement des enseignantes et enseignants, à la limite de l’épuisement, le président de la République conditionnerait une potentielle augmentation salariale à une augmentation de leur temps de travail ! Ce mépris est insupportable alors que les personnels portent l’école à bout de bras depuis deux ans.

Il est urgent de revoir les règles de fonctionnement avec le retour à la règle protectrice “1 cas positif = fermeture de la classe”, l’isolement des cas contacts intra-familiaux, une politique de tests préventifs hebdomadaires salivaires systématiques avec une campagne de conviction à mener auprès des familles. Dès maintenant les personnels doivent être équipé·es de masques chirurgicaux, et FFP2 pour ceux qui le souhaitent, des auto-tests doivent leur être fournis et les salles de classe et de restauration équipées en capteur de CO2. Il faut enfin élargir le vivier de remplaçant·es pour pallier les absences en abondant et recrutant les listes complémentaires ainsi qu’en recrutant des titulaires via un collectif budgétaire.

 Par ses propos et ses actes, Jean Michel Blanquer a perdu toute légitimité comme ministre de l’Education nationale. Le SNUipp-FSU appelle les personnels à participer massivement à la grève du 13 janvier prochain pour faire cesser le mépris et les mensonges et porter les conditions d’une école secure sous Omicron. Il propose à toutes les organisations syndicales de l’éducation de se joindre à cette journée pour la sécurité sanitaire de nos écoles et le nécessaire recrutement de personnels.

https://snuipp.fr/actualites/posts/mon-ecole-va-craquer

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Pédagogie. Comme sortir de « la folie de l’évaluation » à l’école ?

7 Janvier 2022 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education

Evaluation par compétences : faut-il arrêter les notes ? - #PROFPOWER

C’était le thème d’un colloque qui s’est tenu fin 2021 à Paris. Pour sortir de cette « constante macabre » qui veut que dans une classe, il y ait forcément des mauvais élèves, les pédagogues comme Philippe Meirieu invitent à pratiquer l’évaluation par contrat de confiance avec les élèves.

À quoi sert-il de noter les élèves ? On évalue tout et partout. Vous achetez quelque chose ? Dans la foulée, vous recevez un mail qui vous demande d’évaluer le vendeur. Postuler que la qualité se fonde sur la concurrence est quand même une idéologie extrêmement étrange​, s’agaçait récemment Philippe Meirieu, le pape de la pédagogie à la française, lors d’un colloque consacré à la folie de l’évaluation

On oublie que notre mission, c’est de former des jeunes et non pas de les évaluer et de les classer, juge André Antibi. Ce chercheur en mathématiques et sciences de l’éducation fut le premier, en 1988, à définir ce qu’il a appelé la constante macabre : Inconsciemment, les enseignants s’arrangent toujours, sous la pression de la société, pour mettre un certain pourcentage de mauvaises notes.

Valoriser les progrès

Le problème des profs est qu’on a tous été de bons élèves​, juge Corinne Ottamani-Croc, ancienne enseignante de mathématiques à Muret (Haute-Garonne,) qui fut l’une des premières à expérimenter l’évaluation par contrat de confiance.

Dès 2011, une circulaire ministérielle demandait aux enseignants d’annoncer aux élèves les contrôles et les notions qu’ils aborderaient. En 2015, un décret fustigeait la « notation-sanction à faible valeur pédagogique » et demandait aux enseignants de « privilégier une évaluation positive, simple et lisible, valorisant les progrès et encourageant les initiatives ». Certains enseignants appliquent cette règle, mais la pratique est encore loin d’être généralisée.

Évaluation en deux temps

Faut-il renoncer à évaluer les élèves ? Il n’y a pas besoin de faire des neurosciences pour savoir qu’il faut travailler régulièrement​, juge André Antibi, taclant au passage Stanislas Dehaene, le président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale, qui a imposé des évaluations nationales en CP, CE1, sixième et seconde.

Les élèves doivent certes intérioriser l’exigence​, comprendre les critiques formulées par le professeur, juge Philippe Meirieu. Mais à quoi bon les clouer au pilori par une mauvaise note ? Le pédagogue invite à pratiquer la double évaluation – on évalue une notion, on explique à l’élève où il s’est trompé, on réévalue plus tard cette même notion, et c’est la deuxième note qu’on prend –, voire l’auto-évaluation ou l’évaluation entre élèves.

En faisant cela, en prévenant l’élève sur quoi il va être interrogé, l’élève se dit : c’est simple, il suffit que je révise et que je travaille. Il n’y a pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour avoir de bonnes notes ! Et le professeur devient un partenaire, un allié des élèves​, estime Corinne Ottamani-Croc.

A méditer.

Arnaud Bélier

https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/pedagogie-comme-sortir-de-la-folie-de-l-evaluation-a-l-ecole-f1935080-5c2d-11ec-874b-5720349d4e86

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Suivi des cas de Covid à l’école : parents excédés, enseignants à bout

7 Janvier 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Profs épuisés : Chatel conteste l'étude

                        Oui l' Ecole manque de tout après 5 années de blanquérisme... / CC

                                                              ______________________

Entre les personnels et les élèves absents, il devient très difficile d’assurer la sacro-sainte continuité pédagogique. Le gouvernement, lui, ne prend pas de décisions à la mesure de l’urgence.

Par où commencer ? Depuis lundi, l’école craque de toutes parts, pas facile de savoir par quel bout prendre le problème. Il y a cette directrice d’école à bout de force qui fond en larmes devant ses élèves et leurs parents, ces surveillants essorés de devoir aller chercher des enfants cas contact à la pelle dans leurs salles, ces parents qui poireautent une heure et demie devant la pharmacie pour faire tester leurs marmots…

Selon Jean-Michel Blanquer, mercredi, 7% des professeurs étaient absents – et non absentéistes comme le ministre aime à le dire, insinuant un manque de bonne volonté de leur part. Selon lui, ce chiffre «ne devrait pas dépasser normalement 15%». Fin décembre, le Conseil scientifique anticipait, lui, 30% de professeurs manquants en janvier. Pour ne prendre qu’un exemple, dans une école maternelle de L’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), trois enseignants sont absents sur les six. «On n’a pas de remplaçants, donc les enfants ne sont pas là», indique la directrice, Marie-Hélène Plard, représentante du SNUipp-FSU.

Mais les professeurs ne sont qu’un morceau d’un grand tout : CPE, surveillants, infirmières, agents d’entretien etc. sont tout autant positifs, cas contact ou obligés de garder leurs enfants. Ainsi, au lycée Antonin-Artaud de Marseille, un personnel de direction, une partie des surveillants, 10 profs sur 120 et 7 agents d’entretien sur 13 manquent à l’appel. A Provins (Seine-et-Marne), le lycée Thibaut-de-Champagne est passé en distanciel total «compte tenu de la dégradation de la situation épidémique et du nombre important de personnels absents, auxquels s’ajoutent des mouvements de grève depuis [mardi], la sécurité des élèves et des personnels ne pouvant être assurée». Dans certaines zones rurales, les conducteurs de bus scolaires sont eux aussi contraints de quitter le boulot, résultat les enfants n’ont pas de transport pour aller à l’école.

Une calamiteuse gestion sanitaire

En cette rentrée, le gouvernement a souhaité maintenir le protocole sanitaire au niveau 2 dans les collèges et les lycées, excluant ainsi le passage à l’enseignement hybride. Mais de fait, les cours se déroulent de plus en plus en demi-jauge, tant le nombre d’élèves absents est élevé. Jeudi, 28 établissements (20 écoles, 6 collèges et 2 lycées) ainsi que 9 202 classes étaient fermés. 47 453 élèves et 5 631 personnels ont été testés positifs entre lundi et mardi. Et les mauvaises surprises d’enfants ou d’adolescents envoyés à l’école alors qu’ils sont cas contact sont légion. Les bacs blancs, organisés d’ici peu, se feront sans une partie des effectifs.

«On doit assurer, avec le pôle médico-social, le suivi des cas positifs, des cas contact, le contact tracing. Ça nous prend un temps monstre», souffle Vincent, CPE au collège Auguste-Delaune de Bobigny (Seine-Saint-Denis), bloqué depuis lundi par des parents excédés par ce qu’ils dénoncent comme une calamiteuse gestion sanitaire et un manque général de moyens. «Ma journée au sein d’un secrétariat médical me change beaucoup des métiers de l’éducation», ironise une de ses consœurs dans le Val-d’Oise, dont le téléphone sonne sans discontinuer pour signaler des cas. Pendant ce temps, les actions de prévention et les projets que mènent habituellement les services de vie scolaire ont disparu, faute de temps disponible.

Dans les écoles primaires, qui sont, elles, au niveau 3 du protocole sanitaire, le brassage d’élèves est interdit. Ce qui veut dire pas de dispersion des enfants dans les autres classes lorsqu’un professeur est absent, mais aussi fin des inclusions dans des classes classiques, plusieurs heures par semaine, pour les enfants handicapés ou allophones scolarisés en classes spécialisées. Au Mans, les élèves handicapés de Guillaume Agnoli ne peuvent ainsi plus suivre les cours de sciences, arts ou EPS correspondant à leur niveau. «Ils loupent pas mal du programme», s’inquiète cet enseignant d’Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire), syndiqué au SNUipp-FSU.

Face à ce paquebot qui prend l’eau et alors que les enseignants réclament ardemment masques FFP2, capteurs de CO2, purificateurs d’air et remplaçants, Jean Castex a annoncé jeudi avoir décidé «avec le ministre de l’Education nationale», «d’ici la fin de ce mois de fournir à tous les personnels enseignants des masques chirurgicaux». Un geste totalement sous-dimensionné par rapport à l’urgence de la situation.

Elsa Maudet

Suicides, agressions, violences... des profs en souffrance | CNEWS

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Covid : Les pédiatres redoutent une hausse des hospitalisations fin janvier

7 Janvier 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Ne laissons pas les enfants devenir les victimes cachées de la pandémie de  COVID-19 | UNICEF France

Alors que le nombre d'hospitalisations d'enfants pour Covid augmente ces derniers jours, les cas graves restent rares. Les enfants placés en réanimation le sont en général pour des syndromes inflammatoires multisystémiques pédiatriques, des PIMS. Les médecins craignent une nouvelle vague importante de cas avec Omicron.

Deux fois plus d'enfants hospitalisés en réanimation pour Covid-19 en ce début janvier par rapport au plus fort de novembre ou de décembre. Mardi soir, lors du débat sur la pass vaccinal, le ministre de la santé Olivier Véran s'en est ému devant les députés rappelant que si "les risques pour un enfant de présenter une forme grave sont très faibles, [...] il y en a".

Une très faible partie hospitalisée

La semaine précédent la rentrée, selon les chiffres de Santé publique France, 77 317 enfants de 0 à 9 ans étaient positifs au Covid. Une très faible partie d'entre eux ont du être hospitalisés, 254 soit 0,33%. Et une frange encore plus faible placée en réanimation. Soixante-quatre mardi soir selon les chiffres cités par le ministre. Mais "soixante enfants qui sont en réanimation pour une maladie infectieuse, c'est déjà énorme", s'attriste Olivier Véran. "La dynamique épidémique, même si elle est moins impressionnante dans les chiffres que s’agissant des adultes, poursuit son augmentation."

L'augmentation du nombre de cas chez les enfants suit en effet la pente des contaminations des adultes et plus particulièrement celle des 30-40 ans, les personnes en âge d'être parents. Selon la Société française de pédiatrie, cette hausse est donc le parfait témoin de la large circulation dans la population du virus et, l'école étant fermée pendant les vacances, c'est bel et bien la contamination intra-familiale qui est en cause. 

Quel profil pour les enfants hospitalisés ? 

Les remontées statistiques de la Société française de pédiatrie montre trois grandes catégories d'enfants hospitalisés pour Covid. Son président, le professeur Robert Cohen entre dans le détail : "On compte 30 à 40% d'enfants de moins de trois mois car ils sont très vite hospitalisés en cas de grosse fièvre par exemple pour surveillance. Ensuite il y a 10 à 20% de co-infections virales, c'est à dire le Covid lié à une autre maladie comme la bronchiolite ou la grippe. Enfin, on a 20% de pathologies aggravantes comme la drépanocytose ou la mucoviscidose, en fait toutes les comorbidités.

Quant aux enfants hospitalisés en réanimation, pour plus de la moitié, ils le sont pour syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique, dit PIMS. Depuis le début de la pandémie, 745 cas de PIMS en lien avec la COVID-19 ont été dénombrés en France. 745 en lien avec la COVID-19. Santé Publique France note une nouvelle augmentation du nombre des cas depuis fin novembre.

Aujourd'hui, c'est ce syndrome qui inquiète les pédiatres et pour lequel ils se préparent. Les PIMS se déclarent en effet 15 jours à 3 semaines après la contamination. Le Covid peut même passer inaperçu et pourtant déclencher une inflammation générale. Les plus graves débouchent sur des myocardites et des complications cardiaques. D'où les hospitalisations en réanimation. 

Les PIMS, principale cause des entrées en réanimation

"Les PIMS, ils ne sont pas encore là, ils seront là dans 15 jours et ça, ça nous inquiète, confie le professeur Fabrice Michel, chef de service d'anesthésie et de réanimation pédiatrique de l'hôpital de la Timone à Marseille. Là, étant donné qu'il y a manifestement un très grand nombre d'enfants touchés bien qu'il ne soit pas grave au moment de l'infection, ils pourraient développer ce fameux PIMS et on peut imaginer qu'on va avoir un peu plus de PIMS que la vague précédente. Donc c'est quelque chose sur lequel on est très vigilant et on se prépare dans notre organisation."

Evidemment, en nombre absolu de cas, cela ne représente pas beaucoup d'enfants. Tous les pédiatres contactés par France Inter tiennent à le rappeler. "Nous ne sommes pas du tout dans des situations comparables à celles des adultes", nuance le professeur Pierre-Louis Léger, chef de service réanimation néonatale et pédiatrique à l'hôpital Trousseau à Paris

Mais ce qu'on ne connaît pas, c'est l'effet d'omicron. Va-t-il ou non produire autant de PIMS, plus ou moins ? On doit rester vigilant.

Avant d'ajouter : "Etre vigilant mais ne pas paniquer : ces maladies maintenant sont bien décrites et les pédiatres connaissent bien les symptômes ; les traitements sont bien codifiés et l'évolution est favorable dans la très grande majorité des cas. On constate que le vaccin a un effet protecteur contre les PIMS." Un argument qu'a bien entendu Olivier Véran, ardent promoteur de la vaccination pour les enfants. 

Anne Orenstein

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Serpent de mer - "Présidentielle 2022 : Macron s'attaque au temps de travail des enseignants"

6 Janvier 2022 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

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« Il faut revaloriser les salaires, certes, mais surtout repenser la fonction » des enseignants, affirme le chef de l'Etat dans son interview au « Parisien ». « Le sujet, c'est le temps scolaire et la liberté qu'on peut donner à certaines écoles de bâtir leur propre projet pédagogique selon leur territoire. »

C'est d'une certaine manière la première proposition de campagne pour l'école du quasi-candidat à l'élection présidentielle . Et elle va faire débat. Dans son interview au « Parisien », Emmanuel Macron lie l'augmentation du salaire des enseignants - qu'il faut « améliorer » - au « temps de l'enseignement » qui « n'est pas satisfaisant par rapport au nombre d'enseignants embauchés ».

Le chef de l'Etat fait explicitement référence à une note de la Cour des comptes publiée mi-décembre . Les magistrats financiers y recommandent de réorganiser le système scolaire autour des chefs d'établissement et d'intégrer une forme de rémunération au mérite des enseignants dont le temps de travail serait annualisé.

« Repenser la fonction »

Le système actuel est « trop rigide », estime Emmanuel Macron qui veut, « comme pour les soignants, […] redonner du sens sur le terrain ». « Il faut revaloriser les salaires , certes, mais surtout repenser la fonction, poursuit-il. Le sujet, c'est le temps scolaire et la liberté qu'on peut donner à certaines écoles de bâtir leur propre projet pédagogique selon leur territoire. »

C'est le projet d'« école du futur » , avec une certaine autonomie de recrutement du chef d'établissement, qu'Emmanuel Macron a commencé à dessiner à Marseille en septembre dernier. Le chef de l'Etat avait d'ailleurs indiqué que l'expérimentation marseillaise pourrait être « généralisée » si les résultats étaient « concluants ».

« L'idée, qui pourrait être une grande réconciliation avec les enseignants, serait de mieux valoriser le temps extrascolaire qui pourrait être aussi bien de la formation que des réunions entre enseignants, voire du périscolaire », décrypte le député LREM Sacha Houlié, impliqué sur les questions d'éducation dans le cadre de la préparation de la campagne.

Ce qui suppose de modifier les obligations de service des enseignants, un sujet hautement sensible pour les syndicats. Sacha Houlié décline cette revalorisation annoncée en « trois leviers » : d'abord, « prendre en compte ce qui est déjà fait et le valoriser pour augmenter le salaire » - c'est l'augmentation de base, en quelque sorte ; ensuite, « diversifier les tâches complémentaires qui peuvent porter sur le périscolaire ou la formation durant les vacances scolaires » ; enfin, la rémunération pourrait être encore « améliorée » pour ceux qui prendraient en charge certaines missions « comme le remplacement ». Cela se ferait « d'abord par expérimentation sur la base du volontariat ».

Récompenser « les amoureux du métier »

Il y aurait donc « une valorisation de l'existant pour mieux rémunérer ce que font déjà les enseignants, récompenser le bon travail, et distinguer ceux qui font un bon travail de ceux qui font un travail meilleur encore », poursuit le député. Les engagements en réseau d'éducation prioritaire et le nombre de réunions parents-professeurs réalisées pourraient donner lieu à un complément de rémunération. Les obligations de service seraient ainsi « diversifiées » et récompenseraient les enseignants qui s'impliquent dans des sorties scolaires ou dans le périscolaire.

Le député cite aussi le cas d'écoles maternelles dans sa circonscription où certains enseignants « déploient des trésors d'inventivité pour aider les élèves à rattraper des difficultés de langage ou de vocabulaire ». « C'est ce type de démarche qui mériterait d'être valorisé », poursuit-il. Dans l'Education nationale, on sait très bien qu'il y a des enseignants qui ont 1.000 projets et c'est ceux-là qu'on veut récompenser », ce sont « les amoureux du métier ».

La revalorisation serait, de fait, liée à une annualisation du temps de travail, au lieu des durées hebdomadaires qui régissent aujourd'hui le statut des enseignants. La différenciation du temps de travail pourrait même être non pas annuelle mais « sur la carrière », avec des temps de travail « plus importants pour certaines catégories d'âge et moins pour d'autres », glisse Sacha Houlié.

Marie-Christine Corbier

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