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Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

« Les jeunes et l’incitation à la haine sur Internet ; victimes, témoins, agresseurs ? »

23 Janvier 2017 , Rédigé par CNRS Publié dans #Education

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programme-television.org

Ce colloque s'inscrit dans le cadre de l'appel à projet CNRS ATTENTAT - RECHERCHE. Il est organisé avec l'Unité de Recherche Migration et Société et l'ESPE de l'académie de Nice. Les financeurs sont par ordre d'importance :

  • le CNRS
  • le département recherche de l'ESPE de Nice
  • l'Institut de Recherche pour le Développement

Dans un contexte national et international d’augmentation générale du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie, la prévention et la lutte contre ces phénomènes sont des préoccupations majeures de nos sociétés (ECRI, 2012[1]). Les discours de haine et d’incitation à la haine à l’encontre des minorités ethniques, de religions spécifiques ou de populations vulnérables contribuent aux phénomènes de radicalisation et alimentent les extrémismes. Ils contribuent de même à accroître le sentiment d’insécurité et la violence. Ils altèrent le climat social et la vie politique de l’ensemble des citoyens.

La majorité des jeunes sont très actifs sur Internet où ils recherchent le contact continu avec le groupe de pairs (Boy, 2014 ; Mascheroni & Olafsson, 2014). Si dans les premières années du développement de la communication sur Internet, certains avaient été amenés à croire en l’émergence d’environnements virtuels libres de préjugés raciaux et racistes (Negroponte, 1995; Ess, 2001), la réalité est toute autre (Daniels, 2012). Comme souligné par Nakamura (2002), dès le début des années 2000, la question de la race reste présente sur internet, et avec elle celle du racisme. Selon le Comité des Ministres de l’Union Européenne dans sa Recommandation (97)20 sur le discours de haine, les discours haineux ou d’incitation à la haine peuvent avoir un impact plus important lorsqu’ils sont relayés par les médias. Grâce à Internet et aux médias sociaux, les groupes d’incitation à la haine tentent de recruter et promouvoir une identité collective, notamment auprès des jeunes générations (Perry & Olson, 2009).

En Europe, l’augmentation de la popularité des partis d’extrême droite a contribué à une plus grande inquiétude d’une partie de la population quant aux messages haineux publiés en ligne (Caiani & parenti, 2013 ; Lucassen & Lubbers, 2012). Cette inquiétude est aussi alimentée par les massacres et les actes terroristes qui sont pour la plupart revendiqués par des messages en ligne. C’est le cas en 2011, pour les attaques perpétrées en Norvège (Sandberg, 2013) et celles des écoles en Finlande en 2007 et 2008 (Oksanen, Nurmis, Vuori, & Räsänen, 2013), tout comme pour les attentats terroristes plus récents. La CNDH, dans son rapport de 2014, souligne que si l’augmentation moyenne des actes de racisme est faible, les discours de haine sur Internet se sont significativement développés. Tout comme se sont grandement développés les messages haineux visant l’identité singulière ou collective (INACH, 2012). Internet et l’accès continu aux réseaux sociaux et aux groupes de pairs, redessinent les modes de socialisation, la communication, les relations sociales et les processus de subjectivation contemporains mais aussi la définition des identités, fortement médiatisées. Si la mise en scène du soi en ligne peut contribuer à renforcer l’estime de soi et participer à la construction identitaire en permettant de jouer de ses différentes cartes identitaires avec un filet de sécurité (pseudonyme, distance) (Green & Haddon, 2009 ; Peter, Valkenburg, & Fluckiger, 2009), cela peut aussi être source de compétition entre les individus, dégénérer en rejet voire en « lynchage » en ligne.

Le cyberespace et plus particulièrement les réseaux sociaux sont considérés dans bien des discours publics et politiques comme le vecteur de propagande extrémiste voire de radicalisation des jeunes. Il est incontestable que les groupes radicaux et extrémistes ont recours au web afin de diffuser leurs messages et de tenter d’amener les jeunes à adhérer à leurs idéologies (Benschop, 2006 ; Knobel, 2012 ; Stevens & Neumann, 2009 ; Weimann, 2004).

 Aucune recherche à ce jour ne démontre qu’Internet radicalise les jeunes, contrairement au discours public souvent véhiculé. Si la cyberhaine est un phénomène ancien, (on pensera à la création du site web de Stormfront en 1995) comme le montrent Wolf et Foxman (2012), ce n’est qu’avec les évènements terroristes récents que le rôle des médias sociaux en termes d’incitation à la haine est devenu une question vive.

 Ce colloque international a pour objectif de présenter les travaux menés sur la question dans le cadre de l’appel à projets cnrs-attentats et de rassembler des chercheurs autour des questions de cyberhaine, d’incitation à la haine sur Internet, des identités religieuses des jeunes en ligne et hors ligne dans une approche multidisciplinaire de ces questions. Quelle est la prévalence de l’exposition des jeunes à des contenus haineux en ligne ? Quelle est leur implication en tant que victimes, auteurs ou témoins? Quelles sont les conséquences en termes socio-émotionnel et d’adhésion à des idées violentes voire extrêmes en ligne ? Comment s’articulent les identités individuelles, collectives, religieuses en ligne et hors ligne ?

Les présentations en Anglais ou en Français (service d’interprétariat) réuniront des chercheurs nord-américain et européens.

Ce colloque s’articulera autour de deux axes :

 I. L’analyse politique de la haine sur Internet en lien avec la jeunesse

II. L’implication des jeunes dans la haine sur Internet

[1] Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)

Comité Scientifique

Catherine Blaya (Dir. scientifique) (Université Nice Sophia Antipolis / URMIS)

Alessandro Bergamaschi (Université Nice Sophia Antipolis / URMIS)

Jean-François Bruneaud (Université de Bordeaux/LACES)

Sonia Dayan-Herzbrun (Université Paris Diderot / Laboratoire du Changement Social et Politique)

Aurélie Dumond (Université Nice Sophia Antipolis / URMIS)

Rania Hanafi (Université Nice Sophia Antipolis / URMIS)

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Limiter le nombre d'élèves par classe: une mesure à portée TRES limitée, voire contre-productive.

23 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

letemps.ch

letemps.ch

Limiter à 25 élèves par classe le nombre d’écoliers en CP, CE1, CE2.

Cette proposition flatte les oreilles des parents et des enseignants. Certainement pas celles des chercheurs.

La réduction généralisée du nombre d'élèves par classe est une mesure dont l'efficacité dépend de conditions particulières. Ces effets sont plus significatifs:

- dans les milieux défavorisés;

- pour les élèves du début du primaire;

- si le nombre d'élèves par classe est inférieur à 20.

Limiter à 25 ne sert à rien.

Il convient d'ajouter que les recherches américaines et canadiennes ont toutes démontré que la réduction d'élèves par classes n'a de réelle efficacité qu'à condition d'imposer une division par deux des effectifs.

Ce qui entraîne un coût non négligeable. Au Québec en 2000, l'application de cette mesure avait nécessité 300 millions de dollars de dépenses. (Conclusions du comité Champoux-Lesage).

Enfin, toutes les réductions d'effectifs n'ont de réelles chances d'entraîner une amélioration des résultats des élèves qu'à condition d'être accompagnées de changements radicaux dans les pédagogies utilisées.

On le voit, la simple annonce de "réduction d'effectifs à 25 dans le primaire" ne suffit pas à faire de cette proposition une réussite assurée.

Loin de là.

Christophe Chartreux

PS: Le service public d'aides aux devoirs est une FAUSSE bonne idée!

Elle ne fera que sanctuariser les inégalités.

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Éduquer à l’incertitude - Élèves, enseignants : comment sortir du piège du dogmatisme?...

22 Janvier 2017 , Rédigé par Dunod Publié dans #Education, #Pédagogie

La faible résistance des jeunes aux chants des sirènes religieuses, consuméristes ou complotistes est inquiétante. Avec la laïcité comme valeur, l’École demeure, pourtant, le lieu par excellence pour apprendre à résister à de telles emprises. Face aux questions existentielles des hommes, la science a multiplié les questions, mais n’a apporté aucune certitude.

L’École ne doit donc pas se tromper d’ennemi, et opposer dogmatiquement science et spiritualité. Ce qui jette les hommes les uns contre les autres, c’est le dogmatisme et l’addiction aux certitudes. Si l’École devenait le lieu où l’on apprend à « sentir ce qu’on pense et à penser ce que l’on ressent », l’incertitude serait sans doute moins angoissante, et la peur d’apprendre moins intense.

D’où la proposition de Daniel Favre : développer la reconnaissance et la validation de l’expérience subjective, tout autant que la pensée critique, pour former une personne plus unifiée, donc difficile à manipuler – une personne qui, par son ouverture d’esprit et son sentiment de sécurité, peut relever les défis propres à l’évolution accélérée de notre monde.

DANIEL FAVRE Professeur en Sciences de l’éducation à la FDE-ESPE Université Montpellier, formateur d’enseignants depuis 1983, il a également été neurobiologiste de 1975 à 1990.

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Revue de Presse Education... Prédicat – Primaire - Mammouth – Mises au point...

22 Janvier 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

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Dans ce bloc notes, nous continuerons à nous intéresser au prédicat qui en est à sa troisième semaine et qui vient de franchir un stade nouveau avec le discours de François Fillon. On évoquera aussi la primaire de la gauche où les sujets d’éducation ont été abordés dans les deuxième et troisième débats. Nous prendrons aussi des nouvelles du Mammouth : un animal qu’il vaut mieux caresser dans le sens du poil. Et pour finir, je me livrerai à un exercice inhabituel en réagissant à des informations me concernant. Je suis équipé du tout-à-l’égo...

Prédicat (épisode 3)

Le prédicat passe brillamment la troisième semaine du concours du buzz imbécile et malveillant et de la polémique à la c... ! Après la phase de buzz à partir d’un billet de blog douteux et le copiage circulaire entre journaux qui en a suivi, on en est maintenant au stade de la récupération politique... J’attends toujours la quatrième phase avec la tribune de Finkielkraut sur la décadence de la civilisation et la défense du COD face à la barbarie qui ne saurait tarder... !
Cette semaine Le Figaro a donc consacré sa Une à la réforme de la grammaire avec plusieurs articles sur le sujet : un sur le “jargon” un autre sur la “guerre” du prédicat et enfin une interview d’Alain Bentolila pour qui, derrière cette notion grammaticale “ se cache une idéologie épouvantable”. Le Figaro essaie, en fait, de refaire le coup de la réforme de l’orthographe et d’attiser les peurs des parents soucieux de la réussite de leurs enfants en s’appuyant sur une vision patrimoniale et intangible de l’École et en cherchant à idéologiser et politiser un point didactique et relativement mineur. Et ça marche !

La preuve en est que, comme on le prédisait (!), ce sont maintenant les politiques qui s’en mêlent... “Des pédagogistes savants ont créé un fourre-tout : le prédicat. Un nouveau symbole de la dérive de l’enseignement qui s’éloigne du bon sens. […] Mes amis, libérons l’École de ces pédagogistes prétentieux” s’est écrié François Fillon dans une réunion publique à Oyonnax dans l’Ain le 19 janvier. A notre connaissance, Donald Trump ne s’est pas exprimé sur ce sujet...

Pour ne pas rester sur ce constat un peu désabusé et amer, on pourra se faire une opinion plus nuancée avec un bon article de synthèse dans Libération ou une interview de Sylvie Plane sur VousNousIls . On pourra aussi écouter l’émission Rue Des Écoles sur France Culture ou encore lire une interview de l’animatrice de Charivari à l’école dans L’Express .

On parie sur une quatrième semaine ?

(...)

Mammouth

Contrairement à ce que l’on pouvait croire, la chasse au « mammouth » reste un hobby d’aujourd’hui. Une chasse facile, au fond. Il suffit d’un titre accrocheur - « Raser Grenelle », « Les assassins de l’école » ou « Achever le mammouth » - pour s’assurer un succès de librairie et surfer sans vergogne sur la vague de l’antisystème. Alors, je veux être précise : je ne refuse pas la critique. Il y a, évidemment, des choses à changer, à faire évoluer. Mais je trouve profondément injuste le procès récurrent fait à l’Education nationale, d’ignorer délibérément les résultats de la recherche scientifique, de préférer le confort des certitudes idéologiques et des fausses évidences à l’effort hardi de réforme qu’exige l’état de notre système scolaire. Les difficultés et les problèmes existent, oui. Mais au fil des pamphlets, revient un refrain lancinant : les difficultés dans la maîtrise des fondamentaux ? La faute au mammouth ! Les inégalités sociales et scolaires ? La faute au mammouth ! L’orthographe, la condition enseignante, les relations avec les familles ? Le mammouth, encore le mammouth, toujours le mammouth. Vraiment ? Rien sur la situation de la société dans son ensemble ? Rien sur la promotion délirante d’un discours consumériste et matérialiste ? Rien sur les crises auxquelles nous faisons face ? La prétendue « critique » de l’Institution scolaire ne peut se résumer à « l’esprit qui toujours nie », pour reprendre la formule de Goethe. Elle doit tenir compte de ce qui est, au lieu de pontifier béatement en faveur de la suppression d’une méthode globale d’apprentissage de la lecture… pourtant disparue depuis des décennies. Voilà pourquoi je tiens à rappeler la réalité du ministère, loin des fantasmes véhiculés. ” C’est un extrait de la tribune proposée par la Ministre de l’Éducation Nationale à Libération le 16 janvier 2017.

Les allusions qu’on trouve dans cet extrait sont assez claires. Najat Vallaud-Belkacem s’insurge contre toutes les attaques qui sont portées à l’institution qu’est l’Éducation Nationale. Et elle semble renvoyer dos-à-dos le livre de Carole Barjon (« Mais qui sont les assassins de l’école  ») et celui de Bernard Toulemonde et Soazig le Névé ( “Et si on tuait le mammouth”). Elle conteste aussi la critique sur le caractère bureaucratique de son Ministère en affirmant que “à rebours des politiques éducatives descendantes à partir de la rue de Grenelle, j’ai décidé de construire une politique nationale à partir des solutions du terrain et de l’expertise scientifique. L’Education nationale n’est plus, loin s’en faut, ce cliché blessant du mammouth centralisé et ultra-jacobin. ”. En fait dans ce texte, la Ministre se livre à une double défense. D’abord celle des enseignants qui ont tendance à voir dans les attaques de l’institution une remise en cause de leur propre travail. Et ensuite celle de sa propre administration centrale (dont B. Toulemonde a été un membre éminent) qui est souvent qualifiée de bureaucratique.

Bernard Toulemonde et Soazig Le Neve n’ont pas apprécié cette tribune dans Libération et l’amalgame qui est fait avec le livre de C. Barjon. Ils lui répondent dans le même journal en l’interpellant : “Alors, Madame la Ministre, le « mammouth » n’est responsable de rien ?”. Pour eux, il faut distinguer l’institution et les enseignants, ils reprennent une métaphore que j’ai maintes fois utilisée : “Les enseignants sont-ils heureux ? Ils sont hélas comme l’orchestre du Titanic : ils font de leur mieux pendant que le navire coule… C’est donc un système qu’il faut modifier pour que, comme vous le souhaitez, nous ayons « une école ouverte sur le monde », « capable d’évoluer » et « d’adapter les méthodes d’apprentissages ».” Et ils reprennent leur credo fondé sur l’autonomie : “Pour cela, cessons de penser que la France d’en haut, celle de la rue de Grenelle, sait tout ce qu’il faut faire et que la France d’en bas n’a qu’à appliquer. Faisons vraiment confiance aux acteurs locaux, aux équipes d’établissement, laissons-leur de larges marges de liberté et accompagnons-les pour inventer les solutions de réussite de leurs élèves. Formons vraiment les enseignants à la pédagogie, modernisons cette gestion archaïque qui les désespère.

Cette polémique est assez emblématique de la difficulté du débat sur l’École. On en trouve une autre illustration avec un article de Louis Maurin sur le site (rénové) d’Alternatives Économiques qui est assez largement transféré et retweeté sur les réseaux sociaux. Le directeur de l’observatoire des inégalités affirme en titre “Non, l’école n’augmente pas les inégalités”. On ne va pas ici rentrer dans le débat assez technique et portant sur la méthodologie qui constitue le cœur de ce texte. On peut surtout souligner les raisons de son succès et l’usage qui peut en être fait. On peut en effet y voir une sorte de dédouanement de l’École (et par extension de ses enseignants) et c’est certainement une des raisons de l’intérêt qui y est porté. Mais il faudrait dire à tous ceux qui transfèrent ce texte (avec évidemment des arrières pensées syndicalo-politiques) en pensant qu’il exonère le système scolaire de toute responsabilité et qui le voient comme une forme d’absolution des enseignants (comme s’il fallait se sentir coupable personnellement du dysfonctionnement d’une institution) qu’il serait utile de lire aussi la fin du texte ! Louis Maurin précise : « L’école française ne ressemble pas au portrait qu’on en fait, cela n’empêche qu’elle peut mieux faire. Un constat raisonné pourrait aider à améliorer le niveau scolaire de notre pays et le rendre plus juste. […] Le système français n’est pas le pire au monde, il est hypocrite. Ce qui fâche, ce n’est pas ce qu’il est, mais l’écart entre un discours sur l’égalité scolaire et la réalité vécue par les « non-initiés » des milieux populaires. Leur rejet par le système est d’une rare violence et nourrit les tensions sociales. C’est l’un des piliers oubliés de la montée de l’extrême droite.[…] Si l’on croit, au contraire, qu’il est de l’intérêt général d’avoir une école plus juste, il est temps de mettre en œuvre non plus des replâtrages permanents mais des transformations de fond. »

Au risque de me répéter, on devrait pouvoir critiquer l’institution qu’est l’École sans que cela soit vu comme une attaque des enseignants eux-mêmes qui font du mieux qu’ils peuvent dans un système qui dysfonctionne. Et pareillement, on devrait pouvoir pointer le fonctionnement bureaucratique de l’administration sans s’exposer à des protestations énergiques de cette technostructure persuadée dans une sorte de discours performatif que la volonté de ses membres tient lieu de politique et qui nie ou minimise la pesanteur du système. J’ai pu éprouver personnellement l’une et l’autre de ces difficultés !

Le mammouth est un animal revêche et susceptible !

(...)

Philippe Watrelot

Vous retrouverez son toujours remarquable bloc-notes en entier par l'intermédiaire d' un clic ci-dessous

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Non à l'autonomie libérale des établissements! Oui à l'autonomie pédagogique et républicaine...

21 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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A bien plus de 80 ans, Michel Serres nous parle souvent d'un monde en métamorphose pour lequel il est urgent et nécessaire d'inventer d' "inimaginables nouveautés". Très souvent aussi, à propos des pédagogies du XXIème siècle, le "vieux jeune homme" conseille d'en expérimenter en même temps qu'apparaissent les nouvelles technologies.

Depuis fort longtemps déjà, des Philippe Meirieu ou Edgar Morin, chacun à leur manière, ne disent pas autre chose. Pourtant, malgré ces avis éclairés, malgré des expériences innovantes aux réussites incontestables, malgré des travaux, des séminaires, des colloques, des conférences nationales et internationales, malgré les résultats d'enquêtes (dont PISA mais pas seulement), malgré les recommandations d'experts reconnus comme de praticiens anonymes, l'Ecole évolue peu, se contente ici d'ordinateurs, là de tableaux blancs interactifs mais refuse de bouleverser ses habitudes. 

Incompréhensible attitude puisque dans le même temps, un certain nombre de professeurs critique allègrement le "système", renâcle devant toutes les réformes, le terme de "réforme" servant à lui seul de repoussoir. Il faut dire que les désormais politiquement ultra-corrects Finkielkraut, Polony, Zemmour, Brighelli entonnent partout où ils passent le chant du conservatisme revendiqué. "L'école est par nature conservatrice" a même déclaré Rama Yade... Affirmation révélatrice néanmoins d'une position hélas largement partagée à l'intérieur même de l'institution scolaire, y compris dans l'électorat de gauche TRES à gauche.

A toutes ces frilosités, car pour beaucoup d'enseignants la peur de l'inconnu est très présente, je choisis et choisirai toujours les audaces d'un Michel Serres, les visions d'un Edgar Morin, les courages d'un Philippe Meirieu... Tous, avec d'autres, ont raison depuis longtemps. Chaque année qui passe voit leurs analyses confortées, leurs avertissements justifiés. QUAND donc enfin allons-NOUS, toutes "catégories éducatives confondues", avoir le courage de les entendre ? Combien d'années d'échecs faudra-t-il pour que NOUS prenions à bras-le-corps les transformations nécessaires qu'une Ministre courageuse a portées? (et qu'elle aurait aimé plus radicales et plus audacieuses encore mais les inerties sont redoutablement puissantes dans la "maison Education"). Combien de milliers de gamins abandonnés en cours de scolarité faudra-t-il pour que NOUS mettions en place les outils QUI EXISTENT permettant l'arrêt du massacre ? Quand déciderons-NOUS de modifier radicalement un système qui ne reproduit pas les inégalités sociales mais - bien pire - les creuse davantage encore ?

Quand cesserons-NOUS de prêter des oreilles bien trop attentives aux "Macron", ces candidats "youpiii" vendant en excellents (dé)marcheurs une autonomie libérale des établissements alors qu'il convient urgemment de faciliter l'autonomie pédagogique des enseignants dans une "école démocratique", émancipatrice et républicaine!

Faisons un rêve... 2017 et l'échéance majeure des présidentielles, au milieu d'un monde chaotique, dangereux, bouleversé, replié sur les petits nationalismes égoïstes NOUS offriront peut-être l'occasion d'oser...

D'oser avec l'audace tranquille et lumineuse d'un Michel Serres...

Christophe Chartreux

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A Lire... "Je ne capitule pas - Après les attentats de Charlie Hebdo : à quoi ça sert un prof ?" (+ video)

21 Janvier 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

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« Sauf exception, vous et moi, on ne fréquente pas les mêmes types. Mes potes sont dangereux : ils pensent toujours en avance des autres. Vous croyez que je dis ça parce que je vis en banlieue et que j’y suis prof ? Pas du tout. Pour vous, Montaigne, par exemple, c’est un vieux mort il y a des siècles, qui parle dans un langage qu’on ne comprend pas et dont on n’a rien à fiche. Pour moi, c’est un gars qui en a, parce qu’il faut en avoir, au XVIe siècle, pour braver la censure, risquer l’exil ou la mort, regarder autrement que tout le monde, et déclarer face à un Indien exhibé par le roi que c’est pas de la marchandise, c’est un humain. Ils sont comme ça, mes potes. Ils s’appellent Aristote, La Boétie, Molière, Voltaire, Victor Hugo, Robert Desnos, Prévert ou Camus. Y’en a même des vivants : Schmitt, Pennac, Abd Al Malik, Daoud… Mon boulot, c’est de faire le “truchementˮ, le passeur d’art entre eux et la centaine d’ados qu’on me confie tous les ans depuis plus de vingt ans. »

Lire également le trés beau portrait de Marie-Sandrine Lamoureux, écrit par Monique Royer, en cliquant ci-dessous

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Prédicat - Le coup de colère de Michel Lussault/Vidéo (Merci à lui!)

21 Janvier 2017 , Rédigé par Educavox - Claude Tran Publié dans #Education, #Predicat

EXTRAITS

Cette conférence a été l'occasion pour le professeur Michel Lussault, directeur de l'IFE mais également président du conseil supérieur des programmes " à ses heures perdues", de dire, en ouverture des travaux, son émoi et sa colère aux 450 personnels de l'éducation participant à ce plan national de formation.

"Depuis quelques jours, annonce-t-il, nous sommes confrontés à une polémique sur le prédicat qui personnellement me laisse pantois »

(...)

"Il est assez inquiétant, ajoute Michel Lussault, de voir que dans les milieux même de l'éducation on peut devenir imbécile à peu de frais.

Je suis très frappé de voir à quel point dans ce pays certains semblent refuser qu'on puisse débattre de l'éducation à partir des faits avérés, prouvés par la Recherche et pas simplement à partir des fantasmatiques et à partir des idéologies, les pires de surcroît, que nous avons aujourd'hui en rayonnage.

On peut être amusé par ce qu'on lit !

C'est aussi une vraie question politique, c'est aussi une question majeure que de savoir si nous serons capables collectivement, de faire de l'éducation un véritable champ du débat public et donc un véritable champ de choix politique éclairé.

Ou si nous allons consentir pour l'éducation aussi, à un style de démocratie d'opinion ou seules les passions l'emportent dans les délibérations collectives.

Je suis frappé de voir à quel point il reste difficile en France de parler sereinement et j'allais presque dire intelligemment des questions d'éducation sans verser dans une sorte d'hystérie assez curieuse.

La coupe est pleine nous n'avons pas les discussions sur l'éducation que cette question mérite dans un grand pays de formation comme la France

Et que nous allons finir par le payer très cher."

(...)

Le billet complet est à retrouver ci-dessous

 

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A Lire... "La vie a plus d'imagination que toi" par Najat Vallaud-Belkacem - Sortie le 1er mars

21 Janvier 2017 , Rédigé par Grasset Publié dans #Education, #Politique

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« Je sais bien, je m’étais juré que je ne raconterais pas, jamais. Que je garderais pour moi ce qui n’appartient qu’à moi. Mais je ne m’appartiens plus tout à fait,: pourquoi et comment je suis devenue française semble poser problème, dans un pays traversé par les doutes. Alors, d’autres ont pris le relais, comblent les silences, racontent, imaginent, affabulent. Il faudrait laisser dire, comme toujours. Par conviction intime, et pour éviter les pièges. Mais ma petite histoire est devenue collective, publique, démocratique, républicaine, politique. Une histoire française, de fait, parce que je suis Ministre de la République, que j’ai porté la parole de mon pays et que, parfois, on lui prête mon visage. Ni belle, ni sale, juste une histoire vraie dont j’ai bien voulu qu’elle dise un peu de moi, si elle peut dire aussi un peu de la France. »
 
Najat Vallaud-Belkacem
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Revue de Presse Education... Présidentielle - Orientation - Formation professionnelle...

20 Janvier 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

sabine-buis.fr

sabine-buis.fr

Toujours la présidentielle mais qui donne l’occasion à JiMo d’un comeback qui ne nous rate pas ! Un peu d’orientation et de formation professionnelle compèteront cette revue de fin de semaine.

Présidentielle

Programmes peu ou pas néo-libéraux pour l’enseignement supérieur et la recherche. Michel DELARCHE analyse ce qu’en pense le groupe JP Vernant qui “termine sa revue des programmes électoraux par ceux des candidats esquissant une approche plus ou moins critique de la politique néo-libérale suivie sous Sarkozy et Hollande. Les détails de la revue sont ici."

Le groupe JP Vernant conclut provisoirement son analyse ainsi : L’intérêt des principaux candidats pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche est très variable. Quatre candidats proposent une vision articulée et des perspectives claires, déclinées en propositions de politiques publiques qu’il est raisonnablement possible de mettre en œuvre : M. Mélenchon, M. Montebourg, M. Peillon et M. Fillon. Ils proposent une gradation entre un programme de rupture et un programme de prolongation par continuité de la politique suivie depuis 10 ans.”

En visite à Florange, Mélenchon en défenseur de l’enseignement professionnel. “"50% de la jeunesse scolarisée est dans l’enseignement professionnel, technique. La moitié de la jeunesse de France. On n’en parle jamais. C’est comme les salariés : c’est les plus nombreux, et on n’en parle nulle part", a ajouté le candidat avant de présenter son plan de "filière polytechnique". Il ajoute "On pourra aller du CAP jusqu’au bac professionnel. Et après on arrive à brevet de technicien supérieur, et quand on aura fini, ça peut être qu’on pourra passer une licence professionnelle. C’est moi qui l’ai créée, je sais comment ça marche !".” J’ai un doute, c’est Claude ALLÈGRE qui avait signé l’ARRÊTÉ DU 17-11-1999 qui crée cette forme de licence dans le cadre de la mise en oeuvre du LMD en France.

Primaire à gauche : l’amnésie de Benoît Hamon sur les ABCD de l’égalité à l’école. “L’ex-ministre de l’éducation s’est fait reprendre, plutôt à raison, par son prédécesseur Vincent Peillon au cours du troisième débat. Explications.”

Vousnousils poursuit ses interview, aujourd’hui, Interviews Hamon/Peillon : leurs visions de l’éducation. “Vousnousils a interrogé les principaux candidats à la primaire de la gauche sur leur vision de l’éducation. Focus sur Benoît Hamon et Vincent Peillon, qui ont été ministres de l’Éducation nationale lors du dernier quinquennat.”

Présidentielle 2017 : le programme éducatif de François Fillon. “François Fillon, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon… Dans les semaines à venir, les protagonistes tenteront de convaincre les électeurs de leur confier les rênes du pays à l’occasion de l’élection Présidentielle qui se tiendra les 23 avril et 7 mai 2017. L’occasion pour Tonavenir.net de commenter les programmes des principaux candidats en matière d’Education et plus précisément leurs propositions concernant l’amélioration du processus d’orientation scolaire et des moyens alloués à cette mission.

Pour ce faire, nous avons sollicité deux personnes susceptibles d’éclairer ces projets à l’aune de leurs expériences et sensibilités respectives : Yves Destribats et Bernard Desclaux

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Fillon et l’éducation dessin de JiMo

Orientation

En cette période d’inscriptions des voeux dans APB, les salons et les conseils, les articles “alarmes” fleurissent dans la presse.
APB : « Les jeunes doivent faire attention au calendrier et suivre scrupuleusement les règles ». “INTERVIEW - Martine Vanhamme-Vinck, directrice du Centre d’Information et d’Orientation Médiacom, donne ses conseils pour réussir son inscription sur la plate-forme APB.”

Francetvinfo titre : Admissions post-bac : le casse-tête des bacheliers.

Et l’Etudiant, Lycéens ZEP à Marseille : "Il est plus compliqué pour nous de viser les grandes écoles"

« Les conseils d’orientation donnés aux élèves varient selon leur milieu », propos recueillis par Séverin Graveleau pour Le Monde. “Ce vendredi 20 janvier marque l’ouverture des inscriptions sur le portail Admission post-bac (APB 2017), qui permet chaque année à quelque 800 000 élèves et étudiants en réorientation de faire leurs vœux d’études dans le supérieur. Quelles informations reçoivent les élèves au moment de faire leur choix d’orientation ? C’est la question que se pose depuis 2013 la sociologue Agnès van Zanten dans le cadre de plusieurs travaux sur les politiques d’orientation scolaire, les prescripteurs et les lieux d’orientation. Selon elle, les conseils donnés par les équipes éducatives au moment où les élèves doivent faire ce choix diffèrent du tout au tout, selon que l’on soit dans un lycée favorisé ou non. Un biais qui vient accentuer les inégalités sociales et scolaires. Entretien.”

APB : les erreurs d’orientation post-bac coûtent un demi milliard d’euros par an par Marie-Christine Corbier pour Les EchosPrès de quatre étudiants sur dix se réorientent entre la première et la deuxième année d’études supérieures, selon France Stratégie. L’organisme propose, entre autres, de réformer le bac.”

Et pendant ce temps, Inquiétude pour l’avenir des CIO haut-rhinois. “La fermeture de trois des 14 Centres d’information et d’orientation (CIO) alsaciens devrait être officialisée en mars prochain. Tous les CIO visés se trouvent dans le Haut-Rhin. Pessimistes, les principaux syndicats enseignants tâchent toutefois de mobiliser.”

Formation professionnelle

Quel avenir pour le lycée professionnel ?Souvent décrit uniquement en terme de relégation, le lycée professionnel est maintenant compris comme un univers mal connu et vécu de façon beaucoup plus nuancée. C’est aussi ainsi que le montre "Le lycée professionnel : relégué et avant gardiste ?", un petit livre issu des entretiens Ferdinand Buisson et publié par l’Ifé. Regroupant plusieurs travaux de spécialistes, l’ouvrage interroge surtout l’avenir du lycée professionnel et sa nécessaire réorientation.”

Bruno Devauchelle : Numérique : Qu’a-t-on appris de l’enseignement professionnel ?Au début des années 1980 les enseignants des disciplines techniques des Lycées Professionnels et Techniques (devenus ensuite Technologiques) ont dû s’adapter à la réalité professionnelle à laquelle ils préparaient leurs élèves. Ce fut particulièrement le cas de la nécessaire adaptation liée au développement de l’informatique aussi bien dans le tertiaire que dans l’industriel. Rappelons ici quelques exemples : la bureautique, les logiciels professionnels de comptabilité, les machines à commande numérique ou encore les systèmes de découpe assistée par ordinateur, sans oublier la célèbre CAO-DAO (conception et dessins assisté par ordinateur). Ce qui est impressionnant, avec le recul, c’est de constater que loin d’être ridicules, les établissements et les équipes enseignantes ont su mettre en place les moyens adaptés pour que leurs élèves sachent s’insérer dans les nouveaux contextes professionnels. Qu’a t-on fait de leur expérience ?

Et justement Didier Cozin, ingénieur de formation professionnelle réfléchit sur Formation et éducation, les illusions numériques. “À chaque saut technologique depuis les années 70 (le minitel, puis le PC et enfin Internet), de jeunes pousses ou de vieux briscards proclament la fin de l’éducation en salle, la révélation d’un monde éducatif enfin parfait : lisse, propre, bon marché, réplicable à l’infini. Le numérique serait à même de résoudre nos immenses défis éducatifs.”

Je vous souhaite un beau week-end.
Bernard Desclaux

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