Le 18 avril, Emmanuel Macron écrivait une lettre ouverte à la jeunesse dans laquelle il rappelait que «la République ne remplit pas sa promesse d’émancipation» et refusant que l’on se résigne au «c’était mieux avant».

Pourtant, lors de l’installation de son gouvernement, ni le Premier ministre ni les ministres ne se sont vu confier la mise en œuvre d’une politique de la jeunesse. Absente de tout intitulé ministériel, la jeunesse est la grande oubliée du début de ce quinquennat. C’est un signal négatif au moment où près des deux tiers des jeunes de 18 à 34 ans n’ont pas pris part au vote au premier tour des législatives.

La jeunesse ne peut être oubliée ou juste rattachée à un ministère qui n’en porte même pas la responsabilité dans sa dénomination : en ne la situant pas comme une priorité clairement visible, elle demeure l’angle mort des politiques publiques.

Les premières victimes des difficultés d’insertion

Depuis trente ans, les jeunes sont les premières victimes des difficultés d’insertion sociale et professionnelle. Le taux de chômage des actifs de moins de 25 ans (23,6 %) est plus de deux fois supérieur au reste de la population active. Plus de 1,7 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en formation, ni en emploi, ni scolarisé(e)s. Le rapport de confiance des jeunes au pacte de solidarité intergénérationnelle et aux capacités d’action de la République est menacé.

En janvier, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, installait le conseil d’orientation des politiques de jeunesse regroupant l’ensemble des acteurs de la jeunesse : l’Etat et ses agences, les collectivités, les associations, les partenaires sociaux et les jeunes eux-mêmes. Cela a réaffirmé ainsi le besoin d’une approche concertée et transversale.

Au-delà du sport, des loisirs – nécessaires – mais auxquels certains veulent trop souvent cantonner la jeunesse, il s’agit maintenant de porter une politique qui touche le logement, l’éducation, la formation, l’engagement citoyen, l’emploi, les affaires sociales, le numérique, la transition écologique et solidaire mais aussi la justice et la cohésion des territoires.

C’est pourquoi, nous attendons, après le second tour des législatives, que votre gouvernement définisse un(e) chef(fe) de file rattaché(e) au Premier ministre qui puisse porter l’ambition d’une véritable politique de la jeunesse interministérielle et transversale. Emmanuel Macron écrivait en avril vouloir «parler aux jeunes de ce pays». Il doit désormais agir avec et pour eux.

Autres signataires : François Soulage, président du collectif Alerte ; Quentin Henaff, Forum français de la Jeunesse ; Lilâ le Bas, présidente de l’Unef ; Jimmy Losfeld, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) ; Florent Gueguen, Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars); Elsa Bouneau, présidente du Scoutisme français

Simon Besnard Président du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse , Sandrine Charnoz membre du Bureau de l’Union nationale des missions locales , Antoine Dulin vice-président du Conseil économique, social et environnemental , Daniel Frédout Président du Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'éducation populaire