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Vivement l'Ecole!

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"Supprimer 100 postes de fonctionnaires, c’est fermer un lycée..."... En supprimer 500 000, c'est fermer la France!...

1 Décembre 2016 , Rédigé par Libération - Christian Eckert Publié dans #Education, #Politique

"Supprimer 100 postes de fonctionnaires, c’est fermer un lycée..."... En supprimer 500 000, c'est fermer la France!...

Extrait

A propos du programme de François Fillon...

(...)

Oui ce programme est irréaliste. Des dizaines de courriers d’élus, dont certains viennent de candidats à la primaire de droite, ont demandé en 2016 au ministre du Budget de bien vouloir renoncer à telle ou telle suppression de postes dans leurs territoires. Comment feront leurs signataires pour respecter leur promesse de supprimer chaque année 100 000 postes de fonctionnaires pendant 5 ans ?

Il faut dire aux Français que supprimer 3 postes de fonctionnaires, c’est fermer une trésorerie. Que supprimer 100 postes de fonctionnaires, c’est fermer un lycée. Que supprimer 1000 postes de fonctionnaires, c’est fermer une caserne ou un hôpital.

Il faut leur dire où seront supprimés ces 500 000 postes ! A l’hôpital ou dans l’Éducation nationale, qui comptent chacun près d’un million d’agents ? Dans les rangs de la police, de la gendarmerie, de l’armée, où ils sont plus de 500 000 agents publics à assurer chaque jour la sécurité des Français ?

Il faut dire que supprimer 500 000 postes en 5 ans, c’est ne remplacer aucun départ en retraite et ne recruter aucun jeune pendant 5 ans. Il faut dire à 5 générations d’étudiants qu’il n’y aura plus de concours d’entrée dans aucune administration publique.

On nous annonce des réductions massives d’emplois publics «dans les collectivités». Mais ces dernières s’administrant librement, limiter leurs embauches est inconstitutionnel. Et les élus de droite ont mené la fronde contre la baisse des dotations qui a enfin conduit les collectivités à maîtriser efficacement les dépenses et la progression de leur masse salariale.

Oui ce programme est irresponsable.

Supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, mais aussi baisser la dépense publique de plus de 100 milliards d’euros ? La France, qui se remet doucement mais sûrement de la crise de 2008, ne mérite pas ce choc brutal et violent. Depuis 5 ans, nous avons fait le choix de mener une politique juste et équilibrée.

Il faut le reconnaître, même si elle est encore convalescente, notre situation budgétaire s’améliore.

Nous ne pouvons laisser la droite faire croire aux Français que notre système prend l’eau, pour justifier par exemple la privatisation de la santé. Au contraire, les Français doivent savoir, que depuis 5 ans nous écopons les déficits creusés par la majorité précédente. Le déficit de l’Etat a été réduit de moitié : s’il culminait à plus de 140 milliards d’euros en 2011, il s’établit aujourd’hui en dessous de 70. Et pour la première fois depuis 2002, la dette de la sécurité sociale diminue. Le déficit de la sécurité sociale était de près de 24 milliards d’euros en 2010, il sera de 400 millions l’an prochain.

Ce n’est pas le moment, en 2017, de ruiner les efforts des Français.

(...)

Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget

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Revue de Presse Education... Au chevet du malade - Divers...

1 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Politique, #Médias

Revue de Presse Education... Au chevet du malade - Divers...

En attendant le choc PISA en fin de semaine, pour le moment c’est la claque TIMSS ! Et chacun court au chevet du malade. Un peu de divers pour compléter cette revue.

Au chevet du malade

Depuis hier et la parution des résultats de l’enquête internationale la France est malade des maths.
Le Café pédagogique titre : La France en queue de peloton en maths et en sciences au primaire.Les désastreux résultats de l’enquête internationale Timss sont sans appel : en fin de CM1, les jeunes français ont un niveau nettement inférieur à la moyenne des 49 pays participant à l’enquête. Celle-ci évalue les compétences en maths et en sciences. En Europe la France se retrouve tout à fait en bas du tableau, 22ème sur 22, un résultat détestable. La ministre a mis en avant le 29 novembre la responsabilité des programmes de 2008 et de la suppression de la formation avant 2012. Deux mesures du gouvernement Fillon. Le Cnesco appelle à mettre en place un plan de formation ciblé et à renforcer l’encadrement pédagogique des enseignants."

Et le constat ne porte pas qu’en primaire ! Le Café pédagogique enfonce le clou.
TIMSS : Les performances des élèves des terminales scientifiques. La France a participé également à Timss Advanced, une évaluation des compétences en maths et en physique des élèves de terminale S et de CPGE. Le grand intérêt est de pouvoir suivre l’évolution des lycéens français depuis 1995, 1ère année de participation de la France à cette version de Timss. En France le niveau a chuté fortement en maths et encore plus en physique. Mais cela tient aussi à l’élargissement de la terminale S à des élèves peu intéressés par les sciences. L’école française est rattrapée par son élitisme et sa hiérarchisation qui veut que la filière S ne soit pas seulement scientifique mais avant tout celle des "bons élèves" qu’ils aiment ou non les sciences.”

La presse provinciale s’alarme également, par exemple : Ouest-France, Les élèves français, bonnet d’âne en maths. Et Le Républicain Lorrain, Maths : le très mauvais bulletin des écoliers français.

Après le constat, les accusations ou les remèdes sont aux choix.
"Transformer les enfants en petits chercheurs". Entretien de David Jasmin, directeur de la Fondation « La main à la pâte » pour la promotion des sciences.

Apprentissage des maths : « La formation initiale des enseignants n’est pas adaptée ». “Jean-François Chesné, directeur scientifique du Cnesco, revient sur les inquiétants résultats de la France affichés par l’enquête internationale Timss sur les mathématiques et les sciences.”

L’Express s’interroge : Elèves français nuls en maths : la faute à "un enseignement trop théorique" ?

Le Café pédagogique a interviewé Rémi Brissiaud : Les programmes de 2008 sont responsables." On veut en France que les enfants connaissent les nombres très loin et très tôt. A l’évidence il faut bien se dire que c’est impossible". Très critique des programmes de 2008, Rémi Brissiaud, spécialiste de l’apprentissage des maths au primaire, les rend responsables des mauvais résultats de Timss. Pour lui un accompagnement sérieux des nouveaux programmes de maternelle de 2015 et d’élémentaire de 2016 est nécessaire pour améliorer le niveau des écoliers français en maths.”

Et pour Libération, Marie Piquemal a choisi Stella Baruk : Les écoliers français zéro en maths « Un usage "scientifique"des dix doigts est fondamental ».La chercheuse en pédagogie des mathématiques Stella Baruk regrette le manque de formation des professeurs des écoles.”

Pour le Figaro, Mickaël Launay : « On ne peut enseigner les mathématiques sans leur donner du sens ». “INTERVIEW - Selon l’étude Timss de 2015, les écoliers français de CM1 sont les plus mauvais d’Europe en mathématiques. Pour l’intervenant Mickaël Launay, aimer les maths est surtout une question d’approche...
Normalien, auteur en 2012 d’une thèse sur les probabilités, Mickaël Launay se consacre aujourd’hui à la médiation et à la vulgarisation scientifique. Intervenant dans les écoles, créateur en 2013 de la chaîne Micmaths sur YouTube, il vient de publier Le Grand Roman des maths (Flammarion).« La plupart des gens aiment les maths sans le savoir », explique-t-il
.”

Et le SGEN-CFDT publie un texte qui est la version longue de l’interview parue dans Profession Éducation, le mensuel du Sgen-CFDT, n° 249 (novembre 2016). Cédric Villani est directeur de l’Institut Henri-Poincaré et membre du Conseil stratégique de la recherche.

Au fait, avec les maths, on compte ! Donc France Inter se demande si on ne pourrait pas Remonter les salaires des enseignants pour remonter le niveau en maths ?

Divers

Les défenseurs du logiciel libre découragés par l’Education nationale.Accusant l’Education nationale de privilégier des partenariats privés avec Microsoft au détriment de solutions alternatives gratuites, Framasoft ne répondra plus à ses sollicitations.”

Le tsunami numérique et le « mammouth ».Passionné d’éducation, Emmanuel Davidenkoff s’est en particulier penché sur les (mauvais !) rapports qu’entretient depuis toujours notre système éducatif avec les révolutions technologiques successives. Concernant le « tsunami numérique » actuel, il semblerait qu’après un retard à l’allumage conséquent, le « système » ait enfin pris en compte une mutation si vaste que faire l’autruche plus longtemps était devenu impossible. Mais le chantier s’ouvre à peine. Petit bilan provisoire de ce qui a — et surtout de ce qui devrait — changer dans nos salles de classe.”

Le choc de simplification des bulletins trimestriels. “ Le mois de novembre marque la fin du premier trimestre, et donc la rédaction des bulletins et la préparation des conseils de classe. Nous sommes au pied du mur et, comme nous l’avions fait remarquer il y a longtemps à une direction qui n’a pas voulu l’entendre, les bulletins, cette année, c’est n’importe quoi.”

Philippe Torreton : « Si j’étais ministre de l’Éducation nationale, je rendrais la pratique du théâtre à l’école obligatoire ! ». "Au-delà de ce contexte familial, si je suis devenu comédien c’est d’abord grâce à l’école puisque c’est en son sein que j’ai découvert le théâtre. Je serai toujours redevable aux professeurs qui ont permis ça, à commencer par Gérald Désir, professeur de Français de 5e, qui a accompagné mes premiers pas au club de théâtre du collège Edouard-Branly de Grand-Quevilly. Si je m’exprime en effet régulièrement sur l’éducation, c’est pour défendre les liens entre l’école et les théâtres."

À l’occasion du 32e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, gros plan sur des ouvrages qui passionnent enfants et adolescents : les romans historiques. « Passionnant », « émouvant », « jamais ennuyeux »… "Les jeunes amateurs de romans historiques n’ont pas assez de mots pour qualifier l’objet de leur passion. C’est que la promesse de ces livres est belle : faire vivre l’histoire autrement, ou si l’on préfère raconter l’histoire – avec un grand H – à travers des histoires…"

Bernard Desclaux avec l’aide de Géraldine Duboz

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Education: la droite n'apprend pas ses leçons et ne retient rien du passé!

30 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education: la droite n'apprend pas ses leçons et ne retient rien du passé!

Le texte ci-dessous, écrit en plein quinquennat sarkozyste, est une réponse, un acte militant, un espoir.

- Une réponse à la très belle invite de François Dubet dans son introduction de L’école des chances : « que les acteurs politiques et syndicaux, les mouvements pédagogiques et les individus qui se sont longtemps battus pour plus de justice scolaire, n’abandonnent pas le combat » (2004);

- Un acte militant invitant tous ceux qui se reconnaissent dans une École de la République juste, capable d’offrir à chacun des perspectives d’avenir professionnelles comme personnelles, à lutter pour sa refondation tant la casse a été grande ces dernières années;

- Un espoir, qu’au-delà de clivages politiques qui régleraient, sur le dos de l’École, des points de vue divergents (chose légitime dans une démocratie), puisse émerger non un « discours de gauche ou de droite » sur l’École, mais un discours cohérent et responsable sur ce que les adultes d’aujourd’hui veulent pour nos enfants présents et à venir. Une manière aussi d’imaginer le monde qu'ils veulent voir construire par ces enfants-là... Au-delà de la transmission de savoirs et de savoir-faire, une École est toujours le reflet des valeurs privilégiées par la société qui la produit.

                                _______________________________________

2010-2011

 

Les enjeux sont considérables et il n’est pas question de développer ici un discours angélique : 17% d’une classe d’âge sortent du système éducatif sans diplôme ni qualification (Consulter le Centre d' Etudes et de Recherches sur les Qualifications: www.cereq.fr) soit environ 130 000 jeunes chaque année. Le rapport de la Cour des Comptes de juin 2010 pointe des données inquiétantes : à l’âge de 15/17 ans, des sources convergentes indiquent que 21% des élèves – situés par conséquent à la fin de la scolarité obligatoire – ont de grandes difficultés dans la lecture et ne maîtrisent pas les compétences de base en Français. Pour les mathématiques, certains chiffres sont alarmants : en fin de troisième, 73% des élèves ne maîtrisent pas le programme. Enfin, dans des domaines comme l’histoire-géographie-éducation civique - où l’on pourrait penser que les différences de niveau entre élèves sont moins fortes - les constats répétés de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du Ministère de l’Éducation Nationale) interpellent. Les évaluations-bilans, réalisées tous les 6 ans sur les compétences dans ces disciplines, révèlent qu’un peu plus d’un quart seulement des élèves manifeste des compétences dépassant les niveaux simples de repérage et de reproduction en ce qui concerne les capacités à se situer dans le temps et l’espace et à penser un phénomène à plusieurs échelles. Pour des disciplines dont l’ambition (pour tous, rappelons-le) est de « comprendre le monde, s’y situer et y agir en citoyens responsables », le constat est inquiétant. À défaut de fabriquer des élites, l’École républicaine aurait même du mal à contribuer à la construction de citoyens avisés ?

 

Plus grave : le rapport de la Cour des Comptes précédemment cité juge sans complaisance l’efficacité de notre système éducatif. La question de savoir si, dans le processus de démocratisation/massification, il y a eu réduction des inégalités ou pas, est tranchée. Ce ne sont pas les compétences générales qui diminuent - le « niveau » qui baisserait en somme - mais bien le fait que les écarts ne cessent de se creuser entre une petite partie d’élèves toujours plus performants et un nombre grandissant d’élèves en difficultés, voire en très grandes difficultés. Même si les enfants des classes populaires ont bénéficié de l’extraordinaire développement de l’enseignement secondaire entre 1985 et 1995, force est de noter que, sur les enfants d’ouvriers entrés en sixième en 1995, 18% sont sortis de l’enseignement secondaire sans aucun diplôme et 8% avec le seul brevet des collèges (voir les travaux de Jean-Pierre Terrail sur les enfants issus du monde ouvrier).

 

Une société courageuse, sûre des valeurs qu’elle défend, ne doit pas faire l’impasse sur une analyse rigoureuse du bilan de son École. Sans flagellation inutile, pour pouvoir regarder l’avenir avec lucidité. Oui, François Dubet a raison : tous ceux – et nous en faisons partie – qui se sont battus dans les trente dernières années pour donner le meilleur de ce que nous pensions pertinent pour nos élèves ; tous ceux qui se sont engagés dans un processus de remise en cause des pratiques enseignantes ; tous ceux qui ont proposé, innové, réfléchi, assumé au quotidien les réformes ou les ouvertures pédagogiques, milité pour une autre École ne doivent pas baisser les bras et témoigner de cette volonté de toujours remettre l’ouvrage sur le métier et de ne jamais abdiquer quand il s’agit de l’Éducation.

 

L’objectif est de contribuer sans tabou à un débat citoyen, à une réflexion sans exclusive sur tous les obstacles aujourd’hui repérés, et avancer des propositions. L’objectif est d’interroger certains des impensés de l’École, y compris sur des thématiques au caractère « explosif ». La société française a intériorisé le modèle de socialisation par l’École qui se met progressivement en place, dès le XVIIème siècle, dans les villes en Occident, et dont l’École de la IIIème République n’est finalement que le prolongement. Cette forme scolaire imprègne nos esprits au point de nous interdire une interrogation sur des questions pourtant simples et essentielles, prémices à la fondation d’une autre École. Oui, en ce début du troisième millénaire, il est possible et urgent de nous interroger sur des évidences.

 

- Faut-il conserver la classe comme structure de référence ?

- La notion de programme a-t-elle encore du sens dans le monde mouvant actuel ?

- L’établissement scolaire doit-il être une structure ouverte ou protégée ?

- Les disciplines scolaires (et savantes) doivent-elles être le cadre premier de toute programmation de l’enseignement ou la ressource à des questions anthropologiques que se pose tout individu (la vie, l’organisation en société, la gestion durable des ressources…) ?

 

Ces questions appartiennent à tous et ne doivent pas être confisquées par des technocrates s’arrogeant le droit de penser pour le reste de la société. L’école est l’affaire de tous : ce devrait même - avec d’autres questions sociétales (la santé, les retraites, la dépendance, l’emploi, l’organisation des territoires…) - être le champ prioritaire de l’exercice de la citoyenneté.

 

Une autre École est possible. Elle dépend de nous. À condition d’en comprendre les réels enjeux. Il est terminé le temps où un nouveau ministre de l’Éducation nationale pouvait rassurer le peuple, par une habile rhétorique, en déclarant a priori, qu’il ne changerait rien. Le temps est au contraire venu de revendiquer une juste et urgente révolution, certainement même une « métamorphose » au sens défini par Edgar Morin : pas de promettre l’infaisable, mais de revendiquer une rupture radicale pour une École qui a rencontré ses limites.

 

Le réalisme et la raison invitent à admettre que « tout » n’est pas possible en même temps ni tout de suite : l’important, si notre vision séduit, sera de déterminer, avec pragmatisme, la feuille de route pour les dix ans à venir. Deux mandats présidentiels en somme...

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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Si en 2016 nos élèves, mais aussi nos collègues professeurs des écoles - dont on ne louera jamais assez le remarquable travail qu'ils accomplissent au quotidien - sont frappés de plein fouet par la récente enquête portant sur le niveau des CM1 en mathématiques, c'est parce que pendant la période 2007-2012 tous les travers dénoncés dans le texte que vous venez de lire n'ont jamais été mis en cause.

Bien au contraire!

Au lieu de prendre le taureau par les cornes, comme l'ont fait Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, ceux qui étaient en responsabilités entre 2007 et 2012 ont aggravé les dysfonctionnements par des décisions et déclarations aberrantes!

- Suppression de 80 000 postes;
- Formation supprimée;
- Professeurs de maternelle comparés à des "nourrices remplaçant des couches" (X Darcos);
- "Le curé plus important que l'instituteur" (N Sarkozy);
- Des programmes 2008 d'une rare indigence.

Et j'en passe!

Tous ces errements, toutes ces stupidités ont des conséquences sur le temps long. L'école est une forêt vivante. Un incendie peut la détruire en quelques minutes. Il lui faudra 20 ans pour retrouver sa force!

Qu'on y prenne garde, car en écoutant attentivement François Fillon, ces aberrations sont dans les tiroirs, prêtes à être appliquées à nouveau.

Décidément, à droite, on ne retient rien des leçons du passé!

Christophe Chartreux

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Pédagogie des mathématiques... Chercheurs, mettez-vous d'accord!...

30 Novembre 2016 , Rédigé par France Info - Libération Publié dans #Education, #Mathématiques

«Un usage "scientifique"des dix doigts est fondamental»      

(...)

Quelle est la bonne méthode ?

Bien séparer la compréhension des opérations sans l’encombrer de concret. Il faut d’abord comprendre la nature de l’addition, de la soustraction, de la multiplication et de la division avant de l’appliquer à des pommes, des poires ou des oranges. On posait récemment un problème à une élève de primaire : il y a 29 élèves dans une classe, dont 16 garçons. Combien y a-t-il de filles ? Elle a écrit 29 + 16 = 45. L’opération est juste, pas le raisonnement. L’enfant a raison, mais elle n’a pas compris le sens de l’addition. Là, il faut insister sur un point : arrêtons de culpabiliser l’écolier. En l’occurrence, l’élève a bien fait son opération, mais elle ne s’applique pas à la question posée. Il faut travailler d’abord sur le raisonnement : c’est quoi une addition ? Et ensuite aller vers le concret. Il faut faire des allers-retours entre nombre et «nombre-de», avec des énoncés rigoureux. De ce point de vue, je constate tous les jours ce que l’étude souligne. Les professeurs des écoles sont trop mal à l’aise en France avec les mathématiques. Il faut faire un effort de formation.

Comment appréhender les nombres ?

Nous avons à notre disposition nos dix doigts, c’est un outil merveilleux… dont on nous dit qu’il ne faudrait pas se servir. Alors que c’est parfaitement naturel, nous comptons les kilomètres, les litres en base 10. On veut rendre les nombres concrets, alors que nous avons nos deux mains. Aborder la dizaine par un usage «scientifique», rigoureux, des dix doigts est quelque chose d’absolument fondamental. Ça rend les choses sensibles. Je dis sensible et pas concret. Les enseignants sont déstabilisés face à cette question, mais c’est un excellent moyen de construire des images mentales. L’enfant va très vite comprendre les dizaines, jusqu’à 70, 80, 90 et 100. Ensuite, il faut bien faire la différence entre nombre, une notion abstraite, et «nombre-de» qui, lui, devient concret.

(1) Les Chiffres ? Même pas peur ! de Stella Baruk, PUF (mai), 224 pp, 10,99 €.

Marie Piquemal

Entretien complet ci-dessous

Entre des "mathématiques concrètes" et des "mathématiques abstraites", il va falloir choisir...

N'étant pas DU TOUT "expert" en pédagogie des mathématiques, je me garderai bien prendre parti...

Christophe Chartreux

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TIMSS2015 - Une mise au point historique calculée ... Par Claude Lelièvre...

30 Novembre 2016 , Rédigé par Claude Lelièvre - Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #TIMSS

TIMSS2015 - Une mise au point historique calculée ... Par Claude Lelièvre...

L'enquête internationale Timss rendue publique aujourd'hui montre que les élèves français testés en CM1 sont loin d'être performants en mathématiques. Ce n'est pas la première fois, loin s'en faut, que l'on peut constater leur faible niveau en cette matière. Mais cette comparaison internationale devrait enfin faire mouche.

Il y a tout juste vingt ans, par exemple, la Direction de l'évaluation et de la prospective a rendu public les résultats d'une enquête sur les compétences des élèves en lecture ainsi qu'en calcul et géométrie à l'entrée de la classe de sixième. Les résultats en mathématiques étaient beaucoup plus préoccupants qu'en lecture : 24% des élèves ne maîtrisaient pas les compétences de base (contre 9% en lecture) ; et seulement 18% maîtrisaient les compétences approfondies (contre 41% en lecture).

Et pourtant l'attention médiatique et ''politique'' s'est portée alors sur la lecture... Il est vrai qu'en France, on est moins porté sur les mathématiques que sur l'écrit : on fait des ''erreurs'' en calcul, mais des ''fautes'' en orthographe. On peut presque se vanter de ne pas savoir utiliser correctement la ''règle de trois'' (un Français sur deux ne la maîtrise pas), mais il en est tout autrement pour le non respect de l'orthographe.

Autre point sensible : de quand peut-on dater cette faiblesse en mathématiques dans le primaire ? On se contentera ici, dans un premier temps, de la reprise du billet que j'ai posté début juillet 2013 sur Mediapart.

Comme le montre sans appel une étude de Thierry Rocher à partir d' épreuves comparables passées par des élèves de fin de CM2 en 1987,1999 et 2007 ( dans le cadre de la DEPP ), les performances en calcul se sont fortement dégradées entre 1987 et 1999, puis sont restées relativement stables, à ce bas niveau, en 2007.

«En 1987, souligne Rémi Brissiaud, près de vingt ans après Mai 68, dix-sept ans après la réforme des maths modernes, les élèves calculaient encore bien. Pour donner une idée de ces performances, on peut noter qu'une multiplication telle que 247x36 était réussie par 84% des élèves de CM2 en 1987 ; l'addition en colonnes de trois nombres 19786+215+3291 était réussie par 94% de ces élèves. Dans un cas comme dans l'autre il sera difficile de faire mieux à l'avenir parce que de tels taux sont élevés et, à partir d'un certain score, il est difficile de progresser encore : on appelle cela un effet ''plafond'' » .

Rémi Brissiaud (ancien élève de l'école normale d'instituteurs de Paris, professeur de mathématiques pendant 20 ans, puis maître de conférences en psychologie expérimentale depuis 15 ans) situe le « basculement » en 1986. « C'est alors que Jean-Pierre Chevènement est ministre de l'Education nationale qu'est publié le premier texte institutionnel qui accompagne ce basculement. C'est la circulaire sur l'école maternelle dans laquelle on lit : « Progressivement, l'enfant découvre et construit le nombre. Il apprend et récite la comptine numérique » (MEN, 1986). Le ministre pensait évidemment que ce changement s'effectuait dans le bon sens, lui qui est l'inspirateur du mouvement des enseignants ''républicains'' : enfin on allait se remettre à enseigner les nombres à l'école ! Il était loin d'imaginer qu'enseigner le comptage à l'école selon la pédagogie de sens commun, c'était en fait importer en France la culture pédagogique des premiers apprentissages qui prévaut aux Etats-Unis [et non pas renouer avec un passé pédagogique français].Il était encore plus loin d'imaginer que cela produirait un effondrement du calcul chez les écoliers français. Il est vrai que Jean-Pierre Chevènement n'a fait qu'initier un processus : dans les instructions et textes d'accompagnement qui ont suivi, les enfants devaient apprendre à compter-numéroter toujours plus tôt, toujours plus loin ».

Il y a pourtant – disait il y a trois ans Rémi Brissiaud - des raisons d'espérer, avec notamment la publication d'un rapport sur l'école maternelle d'octobre 2012 signé par Viviane Bouysse ( spécialisée dans les maternelles ) et le doyen de l'IG du primaire, Philippe Claus  qui pointent que « les apprentissages''culturels'' que symbolise l'omniprésence de la suite numérique ont pris le pas sur le traitement des quantités et la relation entre nombre et quantité ».

Claude Lelièvre

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Revue de Presse Education... Enquêtes - CIO - Ressources...

30 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

http://artgalleryenc.com/home/index

http://artgalleryenc.com/home/index

Peu de choses encore aujourd’hui dans l’actualité de l’éducation. PISA approche et les résultats de TIMSS sont arrivés, alors ça grince ! Un petit coup d’éclairage sur les CIO, et quelques ressources pour terminer cette revue légère.

Enquêtes

TIMSS : Premier coup de cymbale pour Pisa... “Quels seront les résultats de la France dans la grande enquête internationale PISA ? On ne le saura réellement que le 6 décembre. Mais le 29 novembre paraissent les résultats de TIMSS, une enquête sur le niveau en maths et en sciences. Une sorte de préfiguration du Pisa 2015…”

L’inquiétant niveau des élèves français en maths et sciences. “L’enquête internationale Timss, rendue publique mardi 29 novembre, décrit une chute des performances en terminale S et de lourdes difficultés en CM1.”

« Les élèves ne savent pas ce que sont les mathématiques ». “La dernière étude internationale « Trends in Mathematics and Science Study » montre que le niveau en terminale S a baissé de 107 points depuis 1995. Une dégringolade qui ne surprend pas les professeurs de mathématiques du supérieur.”

Les écoliers français, cancres de l’UE en maths : une "génération sacrifiée" ? “La ministre de l’Education rejette la responsabilité de ces mauvais résultats sur les années Sarkozy... et Fillon.”

CIO

Six CIO fermés dans le 93. "" Supprimer des CIO c’est supprimer un service public de proximité gratuit au service des jeunes, élèves ou décrocheurs, des parents, des allophones, des élèves du privé, des étudiants, des adultes ; c’est refuser une réflexion sur les besoins de notre public en terme d’accès à un service d’orientation à la hauteur de notre ambition ; c’est perdre un peu plus le contact avec les décrocheurs et les élèves venant d’arriver en France, particulièrement nombreux dans le 93 ; c’est rendre plus difficile le travail avec les parents et les équipes éducatives des collèges et lycées". Une intersyndicale Snes, Fo, Cgt, Se-Unsa et Fcpe du 93, demande le maintien de 6 centres d’orientation CIO qui vont être fermés dans le 93. Le conseil départemental a décidé de ne plus prendre en charge le loyer, la compétence orientation étant passée à la région Ile de France."

Les conseillers d’orientation de Seine-Saint-Denis craignent des fermetures de CIO. “ En Seine-Saint-Denis, les syndicats des conseillers d’orientation assurent que 6 des 17 CIO, les centres d’information et d’orientation, pourraient fermer. Le rectorat réfléchit à des regroupements. Depuis septembre, le conseil départemental a stoppé le financement du loyer de 8 de ces centres.”

Ressources

75 EPUB Gallica sélectionnés par le ministère de l’Education nationale. “Le saviez-vous ? Gallica propose plus de 3 600 EPUB à télécharger gratuitement. Le ministère de l’Education nationale en a sélectionné 75 à destination des enseignants et des élèves de Lettres, tous genres confondus (roman, théâtre, poésie, conte, etc.) en littératures française et étrangère. Balzac, Baudelaire, Cervantès, Dante, Dickens, Dumas, Flaubert, Maupassant et bien d’autres : remplissez sans plus tarder vos tablettes de classiques !”

Et puis pour réfléchir à la notion d’innovation, les réflexion de Claude Lelièvre lors de FEI16 : Le cours magistral : Comment une ’’innovation’’ devient ’’tradition’’. “Le cours magistral une innovation ? C’est la thèse soutenue par Claude Lelièvre le 26 novembre lors du 9ème Forum des enseignants innovants. Intervenant aux cotés d’Eric Charbonnier et de 5 enseignants innovants, Claude Lelièvre revient sur l’histoire du cours magistral, une innovation de la fin du 19ème siècle. Alors tout ce qui est traditionnel aujourd’hui a été une innovation ?”

Et Claude Lelièvre précise : “Dans l’enseignement secondaire, c’est seulement vers la fin du XIXème siècle que le ’’cours magistral’’ prend vraiment son essor. Cette innovation - qui va devenir en une génération le socle même de ce que nous désignons maintenant sous le nom d’’’enseignement traditionnel’’ - est au confluent de différents changements (dont certains interagissent entre eux). C’est d’ailleurs le plus souvent comme cela que les innovations (du moins celles qui ’’réussissent’’ et perdurent) prennent racine et se sédimentent pour devenir une ’’tradition’’.”

Bernard Desclaux

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Les grands penseurs de l'éducation... Dossier Sciences Humaines... (Pour abonnés)

29 Novembre 2016 , Rédigé par Sciences Humaines Magazine Publié dans #Education

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Depuis l’Antiquité, les grands penseurs de l’éducation sont loin d’avoir parlé d’une seule voix. Si, pour tous, philosophes, moralistes, théoriciens ou praticiens, l’éducation était la pierre de touche pour construire un monde répondant à leurs attentes, certains jugeaient nécessaire de façonner les jeunes générations, prônant parfois le formatage ou l’endoctrinement. D’autres, plus humanistes, ont défendu la liberté de l’enfant et un enseignement plus démocratique. Certains, tel Confucius, ont posé les fondements d’une éducation rigoureuse qui règle encore l’ensemble des rapports sociaux dans plusieurs pays d’Asie. D’autres furent des penseurs paradoxaux, comme Rousseau qui produisit un célèbre traité qu’il savait lui-même inapplicable. D’autres encore furent des sauveurs d’enfants comme Janusz Korczak durant la Seconde Guerre mondiale ou des militants animés d’un esprit missionnaire tel Ferdinand Buisson, apôtre de la foi laïque…

Au 19e et au 20e siècle, des psychologues, des sociologues, des économistes et aujourd’hui des neuroscientifiques abordent les questions d’éducation à travers les théories de la connaissance, le développement de l’intelligence, le fonctionnement du cerveau ; ou de l’économie politique, sommée de faire face aux grands enjeux d’une éducation qui concerne maintenant l’ensemble des enfants de la planète.

C’est aussi le moment où émergent au début du 20e siècle de grandes figures de la pédagogie comme Maria Montessori, John Dewey, Célestin Freinet…

Ce numéro invite des penseurs de tous pays qui ont proposé une conception robuste de la manière d’éduquer. Et qui tous ont quelque chose à nous donner à penser sur les manières d’apprendre, de former, de transmettre et en définitive de forger les sociétés humaines. 

Martine Fournier

Sommaire du dossier et liens (pour abonnés) à retrouver ci-dessous

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