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Vivement l'Ecole!

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Quelle autorité à l’école?...

5 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Quelle autorité à l’école?...

L’idée d’un rétablissement de l’autorité réapparait régulièrement dans le débat public, dans les propos des responsables politiques toute tendance confondue ! Quelle conception de l’autorité des maitres sous-tend-elle ? Qu’oublie-t-elle de prendre en compte et de dire ? En quoi véhicule-t-elle une vision simpliste et mythique de l’autorité, à l’opposé des évolutions sociétales et de l’état actuel des connaissances en sciences humaines ?

« Il n’y a plus d’autorité des maitres, il faut la rétablir. »
 
Parler de rétablissement de l’autorité suppose d’abord qu’il aurait existé un âge d’or de l’autorité à l’école, une période où l’autorité du maitre se serait imposée naturellement, sans discussion ni besoin d’être expliquée. Cette période serait celle des débuts de l’école de la République, où le statut d’un maitre détenteur et transmetteur exclusif du savoir suffisait à lui donner une autorité reconnue par des élèves conformes à ses attentes.

Si cette autorité a pu fonctionner avec les meilleurs, qu’en était-il pour tous les autres ? À cette époque, l’école ne scolarisait pas la quasi totalité des élèves d’une classe d’âge jusqu’à 16 ans et une bonne partie d’entre eux jusqu’à 18 ans, comme c’est le cas aujourd’hui, standard de tout pays développé oblige ! Veut-on, comme autrefois, exclure précocement de l’école les élèves qui échouent et ne garder que ceux qui réussissent ? Aux responsables politiques qui osent le proposer, l’on rétorque à juste titre la forte corrélation entre l’origine sociale et la réussite scolaire, la nécessité que l’école française démocratise la réussite scolaire. Or sur cette question, les tensions sont fortes entre catégories sociales.

« Il ne s’agit pas tant d’entreprendre une restauration impossible que de chercher à savoir quelles formes d’autorité pourraient convenir à des individus, adolescents ou adultes, épris de liberté et peu soucieux de rétrograder vers des formes archaïques d’exercice du pouvoir. »

Luc Ferry, Lettre à tous ceux qui aiment l’école, Odile Jacob-Scérén-CNDP, 2003, p. 51.

Rétablir l’autorité des maitres, c’est aussi considérer qu’elle se fonde exclusivement et a priori sur le savoir qu’il possède, comme si détenir des savoirs suffisait à les faire acquérir à des élèves. Or, le rapport social au savoir a énormément évolué. S’il occupe toujours une place déterminante, la légitimité de ses énoncés est interrogée de toutes parts. Trop souvent aujourd’hui, le savoir n’intéresse que s’il a une utilité sociale immédiate, alors qu’il est d’abord constitutif de l’édification et de l’émancipation de femmes et d’hommes, qui s’inscrivent ainsi dans des cultures qui les ont précédées. Les savoirs ne peuvent donc plus s’enseigner comme des croyances, pas plus qu’ils ne sont des opinions.

Travailler avec les élèves sur les origines et la validité des savoirs, leur apprendre à identifier systématiquement leurs sources sont incontournables. De plus avec la « révolution numérique », l’école n’a plus l’exclusivité de la transmission des savoirs, le professeur n’a plus le monopole du savoir fiable, la plupart des élèves pouvant accéder à des savoirs plus vérifiables et diversifiés. Et parce que le simple usage des technologies numériques ne garantit nullement qu’il y ait apprentissage et acquisition de savoirs, qu’on le veuille ou non, le métier de professeur est en mutation. Son autorité passe désormais aussi par sa capacité à créer des conditions didactiques et pédagogiques pour que les élèves soient en activité d’apprentissage sur des objets de savoir, non plus soumis à un savoir qui ferait autorité du seul fait que le professeur l’énonce

L’autorité n’est pas la soumission

Demander le rétablissement de l’autorité, c’est encore laisser planer un non-dit : l’autorité pourrait s’exercer par la force. Or, toutes les définitions de référence – dont celle d’Arendt toujours citée – disent très clairement que l’autorité est une influence qui, contrairement au pouvoir, s’exerce sans recours possible à la force. Ceux qui prônent le rétablissement de l’autorité la confondent donc avec la soumission par la force, laquelle, il est vrai, a été en usage dans l’école de la République. Les plus anciens se souviennent que l’instituteur qui donnait une claque à un élève recevait le soutien des parents, qui souvent corrigeaient à leur tour l’enfant à la maison.

Les temps ont changé et heureusement. Les normes sociales ont donc évolué et il est peu probable que l’on revienne en arrière. Certes, des enquêtes ont observé la montée d’une demande d’autorité chez les jeunes générations (bien que moindre que chez les plus âgés, d’ailleurs !), mais celle-ci est contradictoire : chacun souhaite un renforcement de l’exercice de l’autorité sur les autres et davantage de liberté pour soi-même.

L’autorité doit donc s’exercer autrement et la réponse par le rétablissement d’une autorité naturelle ou charismatique est non seulement mythique, mais inefficace. En faisant reposer l’autorité du professeur exclusivement sur des dons innés, des qualités personnelles hors du commun, des savoirs détenus, elle laisse l’enseignant démuni et la question « comment faire ? » est occultée. Or, des travaux de sciences de l’éducation s’appuyant sur les pratiques des enseignants ont étudié comment ils s’y prenaient pour exercer l’autorité autrement. Ils ont aussi montré comment l’autorité pouvait s’apprendre et s’acquérir. Dire qu’il n’y a plus d’autorité des maîtres, c’est laisser penser que toutes les façons d’exercer l’autorité seraient contestées par les usagers de l’école, alors que ce sont seulement certaines conceptions de l’autorité – l’autoritarisme et le laisser faire – qui le sont. Des conceptions qui ont fait leur temps !

Bruno Robbes

Maître de conférences en Sciences de l’éducation, Université de Cergy-Pontoise - ESPÉ de Versailles

A lire également :

Malentendus à propos de l’autorité à l’école, Bruno Robbes, Le Café pédagogique

L’autorité éducative. La construire et l’exercer Questions à Bruno Robbes

L’autorité éducative, déclin, érosion ou métamorphose Recension de l’ouvrage coordonné par Eirick Prairat

L’autorité éducative dans la classe - Douze situations pour apprendre à l’exercer Recension de l’ouvrage et interview de Bruno Robbes

                                    _________________________________________

Ce qu'en dit Michel Serres

« Les puissants supposés qui s’adressaient à des imbéciles supposés sont en voie d’extinction. Une nouvelle démocratie du savoir est en marche. Désormais, la seule autorité qui peut s’imposer est fondée sur la compétence. Si vous n’êtes pas investi de cette autorité-là, ce n’est pas la peine de devenir député, professeur, président, voire parent. Si vous n’êtes pas décidé à augmenter autrui, laissez toute autorité au vestiaire. L’autorité doit être une forme de fraternité qui vise à tous nous augmenter. Si ce n’est pas ça la démocratie, je ne connais plus le sens des mots ! »

Interview au Point, 21 septembre 2012.

Retour vers la rubrique Antidote

 

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Salut Gotlib... (Via ‏@Petit_Prof)...

4 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Salut Gotlib... (Via ‏@Petit_Prof)...
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Avec le FN, on est loin de l’école du peuple...

4 Décembre 2016 , Rédigé par SE-UNSA Publié dans #Politique, #Education

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cahiers-pedagogiques.com
 
Créé en 2013, le Collectif Racine vise à rallier les enseignants au Front National. Après avoir donné des consignes de vote aux élections professionnelles 2014 (en appelant à voter pour FO et le Snalc), ce collectif vient de faire 100 propositions à la candidate Marine Le Pen. Le SE-Unsa observe que le mot « penser » n’y figure pas…
 
Une extrême droite banale et paresseuse
 
Dans ce manifeste, toutes les figures imposées de l’extrême droite sont présentes. Sans surprise, le totem autoritaire côtoie le tabou pédagogique.
 
L’apprentissage de la lecture se conjugue à l’autorité du maître, forcément à réaffirmer. Le collège unique est honni pour ne pas mélanger les torchons et les serviettes… On veut recruter des professeurs de « droit et civisme », une nouvelle discipline destinée à remplacer la philo (pourtant réduite) en voie professionnelle.
 
Le prévisible « retour aux fondamentaux » est la solution à tout, accompagné par 3 heures de latin rendues obligatoires « pour les 4è et 3è se déterminant vers la poursuite d’études longues ». En histoire, le roman national va « forger l’appartenance à la nation, pour orienter la conduite ». Tout un programme.
 
La traditionnelle proposition des droites, dites fortes, de supprimer les allocations familiales aux parents des élèves absentéistes, est naturellement présente. Pourtant, ce dispositif mis en place sous le quinquennat précédent a fait preuve de sa totale inefficacité.
 
Le tabou pédagogique
 
Pour énerver l’extrême droite, parlons pédagogie.
 
Selon le Collectif Racine, il faudrait supprimer le conseil pédagogique au collège et abolir la « logique des cycles et des compétences ». Ou encore supprimer les Espé et le Conseil supérieur des programmes, ainsi que « les épreuves de mise en situation pédagogique, à la fois artificielles et idéologiques, des concours de recrutement, en recentrant l’ensemble des épreuves des concours sur les exigences et la maîtrise des savoirs disciplinaires. » Et de revendiquer « le cours magistral à tous les niveaux dans toutes les disciplines », la méthode syllabique et la notation chiffrée, mais aussi la proscription des « pseudo-enseignements ludiques qui, s’ils peuvent avoir quelque vertu éducative, n’en ont aucun en termes d’instruction ».
 
La belle affaire… mais pourquoi ? Difficile de comprendre cette haine pédagogique séculaire, qu’éprouvent l’extrême droite et ses lieutenants brevetés en conservatisme, tel Jean-Paul Brighelli et consorts. Pour le SE-UNSA, une explication est à rechercher dans le sens qui est donné à l’éducation. Alors que nous militons pour une éducation émancipatrice, libératrice qui donne à penser, d’autres préfèreraient une éducation synonyme d’obéissance et de soumission. Ainsi, les pédagogies actives qui interrogent le réel, produisent du commun et forgent les consciences relèvent-elles d’un choix politique qui n’a jamais été celui des conservateurs, qui veulent un entre-soi scolaire élitiste, à l’abri de toute contamination sociale et culturelle.
 
Ces choix ne relèvent pas simplement de l’école, ce sont des choix de société qui doivent être énoncés comme tels aux électeurs, particulièrement à l’orée de la campagne présidentielle, où l’école sera placée au centre d’intérêts qui la dépassent.
 
Suite et fin ci-dessous
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L'éducation 2012-2017... Dans les pas de Jean Zay...

4 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

tempsreel.nouvelobs.com

tempsreel.nouvelobs.com

La "politique éducative" est un grand "mot" souvent très mal utilisé. Tellement mal utilisé qu'il engendre toujours, depuis trois siècles, bien des malentendus.

Ce malentendu a parcouru tout le quinquennat de François Hollande. Alors que l'immense majorité des enseignants de ce pays a subi de plein fouet les attaques de la droite sarkozyste - 80 000 postes supprimés; fin de la formation initiale; fin, sans débat aucun, de la semaine de 4 jours et demi pour ne citer que ces mesures - une partie de ces mêmes enseignants a rechigné, a refusé parfois, les réformes entreprises par les ministres successifs, locataires du 110 rue de Grenelle.

Le consensus syndical acté lors de l'appel de Bobigny a volé en éclats lorsqu'il s'est agi d'appliquer les réformes annoncées en amont. Toutes les méthodes imaginables ont été utilisées pour dénaturer le message gouvernemental. C'est de "bonne" guerre. N'y revenons pas car ce n'est pas un sujet.

Tout ce que la France compte de commentateurs et d'experts en éducation aura passé cinq ans à débattre - excellente chose! - et à polémiquer - beaucoup moins utile car perte de temps et improductivité totale! - pendant que les élèves et les parents assistaient en spectateurs médusés au spectacle délétère et mortifère d'un combat très ancien. Une sorte de "remake" de la querelle des Anciens et des Modernes. Pour faire vite.

Cette "guéguerre", souvent ridicule par les arguments et moyens utilisés, notamment sur les réseaux dits "sociaux", illustre la poursuite d'un conflit entre deux écoles:

- l'école "démocratique" chère à Jules Ferry, mise en place pour fabriquer du "bon républicain", si possible le moins susceptible d'entendre les messages de quelque révolution sociale que ce soit. Chacun à sa place dans et par une école de "reproduction". Ecole construite par les élites pour les élites.

- l'école héritière de Ferdinand Buisson et de Jaurès, mise en musique par l'immense et tragique Jean Zay, Ministre du Front Populaire assassiné par la Milice de Laval et Pétain. Ce n'est pas qu'un hasard de l 'Histoire, qu'une vengeance de collabo. Pas seulement. C'est un type de société qu'il fallait massacrer!

D'un coté, donc, la démocratisation très politique de Ferry. 

De l'autre, la démocratisation sociale de Jean Zay.

Entre ces deux voies, les Ministres de l'Education du quinquennat qui s'achève ont résolument emboîté le pas de la démocratisation sociale. Najat Vallaud-Belkacem en particulier, elle qui - les symboles ont un sens - a demandé de pouvoir travailler sur le bureau qu'utilisait Jean Zay lorsqu'il exerçait ses fonctions ministérielles.

Ce choix leur a été reproché souvent! Une aberration, voire la transgression ultime de ce qu'est la mission suprême de l'Ecole:

emmener le citoyen de demain, grâce à une école juste et efficace, vers  le maintien et la défense de la République. Et d'une République sociale!

Et laïque. Il faut rappeler sans cesse que c'est ce gouvernement, cette Ministre qui ont heureusement réintroduit:

- l'apprentissage de la laïcité et de la morale civique;

- la création du parcours et de la réserve citoyenne;

- l'approfondissement de l'éducation contre le racisme et l'antisémitisme;

- la priorité à l'égalité filles/garçons;

- la connaissance et transmission des valeurs républicaines.

Voilà quels furent les messages de nos ministres et de la dernière en date en particulier.

Il en est deux autres, concernant la démocratie et la politique, qu'il convient de ne pas oublier et de méditer:

La démocratie est une "démopédie" - éducation du peuple - comme le rappelle très justement Vincent Peillon dans la revue L'Histoire de décembre. Sans pour autant rejoindre la "démopédie" de Ferry.

Quant à la politique, écoutons Michelet: "Quelle est la première partie de la politique, l'éducation. La seconde? L'éducation. Et la troisième? L'éducation".

République, Laïcité, Démocratie, Education!

Quatre mots qui illustrent l'oeuvre de Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem. Cette dernière ayant eu l'immense mérite, quels que soient les reproches qu'on puisse lui faire ici ou là, d'être restée avec nous, les enseignants, à nos cotés, et de nous avoir TOUJOURS défendus contre les attaques permanentes d'une droite prête à vendre l'école!

A la vendre!

Christophe Chartreux

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Jean Zay

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Revue de Presse Education... Extraits du Bloc Note des Cahiers Pédagogiques...

4 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Politique, #Médias

Revue de Presse Education... Extraits du Bloc Note des Cahiers Pédagogiques...

EXTRAITS (d'un bloc-note TRES fourni et passionnant!)

(...)

Coucou Robert...

La ministre a commenté sur son site personnel et sur les réseaux sociaux la décision du chef de l’État et se dit “fière du bilan de l’action de redressement du pays qu’il aura engagée”. Et d’une certaine manière, une bonne partie de son action est d’ores et déjà dans la valorisation du bilan de l’action gouvernementale dans le domaine qui est le sien. Et elle fait preuve d’une réelle combativité dans la campagne qui a d’ores et déjà commencé. On peut en donner deux illustrations.

C’est d’abord dans la publication d’un calendrier de l’avent de la désintox où elle démonte les principales rumeurs et fausses affirmations dont elle et son action ont été l’objet.

La combativité on la trouve aussi dans sa visite à Béziers vendredi au lycée Jean Moulin où elle y a entonné "Le Chant des partisans" . Elle participait à un atelier autour de l’EMC sur le thème des valeurs de la République, la ministre de l’Education a pu apprécier les projets des élèves de terminales S et L, dont un portait sur la vie du résistant Jean Moulin. Une occasion pour la ministre d’évoquer « Le chant des partisans ». Elle a ainsi demandé à la cinquantaine de lycéens présents : « vous connaissez les paroles  » avant de rajouter « j’aime beaucoup ce chant, donc allez-y, chantez-le ? » Pour accompagner sur Twitter la vidéo du chant, la ministre de François Hollande a écrit ce message : " la République est partout chez elle. Dans la ville de Jean Moulin comme ailleurs, l’Histoire ne doit être ni falsifiée, ni instrumentalisée." Un petit message à l’adresse du maire de la ville, Robert Ménard...

Coucou Robert... !

(...)

... L’école française était mal classée dans la dernière enquête Pisa publiée en 2013, mais cette dernière avait été réalisée en 2012 – difficile, donc d’incriminer le gouvernement actuel. La prochaine enquête Pisa, celle de 2015, doit être publiée le 6 décembre prochain. Et elle a donc été réalisée en 2014 sur des élèves de 15 ans révolus et qui ont donc fait l’essentiel de leur scolarité entre 2005 et 2014. Ils étaient en 6ème en 2010 et au CP en 2005. Les enfants qui sont rentrés au cours préparatoire en 2012 seront évalués dans l’année 2021 par le système PISA. ... Les deux autres études récentes sur le niveau des élèves en dictée ou en mathématiques et en sciences (voir plus bas le chapitre sur TIMMS) ont également de quoi inquiéter. Mais comme elles ont été réalisées en 2015, elles ne prennent pas en compte certaines réformes comme les nouveaux programmes instaurés à la rentrée 2016.

(...)

Contre les réductions de postes, le syndicalisme enseignant mettra-t-il ses querelles au second plan ? C’est la question que pose Luc Cédelle à deux acteurs majeurs du syndicalisme enseignant. Bernadette Groison (FSU) dans la lettre de l’éducation du 28 novembre et Christian Chevalier dans la lettre datée du 5 décembre . Quand on fait remarquer à la secrétaire générale de la FSU que certains de ses adhérents ont passé quatre ans à suggérer que les 60 000 postes étaient plus ou moins illusoires et que le pouvoir en place ne se distinguait guère de la droite, elle répond “La FSU n’a jamais tenu ce discours. Il y a eu des désaccords sur certains sujets - les rythmes, le collège... -, mais nous n’avons jamais dit que les 60 000 postes n’étaient pas créés, même s’il peut en manquer quelques centaines dans le dernier budget et s’il reste, dans certaines disciplines, des postes vacants. Nous avons toujours été, ces dernières années, dans la nuance. Or la nuance, c’est cela qui est difficile à pratiquer dans notre pays. ”. Christian Chevalier lui répond une semaine plus tard : “Nous ne sommes pas d’accord sur de nombreux aspects de la refondation, mais nous nous trouvons aujourd’hui face à des projets qui font l’unanimité contre eux et seraient de nature à justifier une bataille commune.”.

(...)

PISA Rapido

Ce TIMSS n’est qu’un apéritif pour nous préparer à la digestion de PISA...

Les résultats de l’enquête internationale menée en 2015 devraient être révélés le 6 décembre prochain. Y aura t-il, cette fois-ci, un “PISA-Choc” ? C’est ce que souhaitait Jean-Paul Delahaye dans le Café Pédagogique il y a quelques jours. Pour l’ancien conseiller spécial de Vincent Peillon et ancien directeur général de l’enseignement scolaire, “La France a longtemps tergiversé et a perdu beaucoup de temps, préférant dénigrer le thermomètre, et a même pris de 2002 à 2012 l’exact contrepied de ce qu’il aurait fallu faire en supprimant 80 000 postes et une matinée de classe pour les enfants de l’école primaire (une mesure d’adulte pour les adultes et contre les enfants qu’aucun pays au monde n’a songé à imiter), en divisant par trois la scolarisation des enfants de moins de trois ans, en réduisant de façon scandaleuse les crédits sociaux destinés aux élèves pauvres, et en supprimant carrément toute formation professionnelle de ses enseignants, pour ne prendre que quelques exemples de politiques ayant aggravé notre situation. Une sorte de « PISA choc à l’envers » en quelque sorte. ”

Toutefois, gardons nous de tomber dans le travers des palmarès. C’est en substance ce que nous dit Marie Duru-Bellat dans The Conversation . Elles insiste sur les limites de ces enquêtes et rappelle qu’ “une enquête ne fait pas une politique”.

Mattea Battaglia dans Le Monde continue dans la même veine en insistant sur les dangers des comparaisons internationales quand on les lit uniquement sous l’angle du "palmarès".

Luc Cédelle, pour sa part, formule un espoir “le temps des interprétations raisonnables est-il venu ? ” . “La principale donnée que PISA, depuis 2000, a fait émerger est que, par-delà les moyennes, l’école française est efficace pour les élèves privilégiés et inefficace pour les autres. Enquête après enquête, les écarts, insensiblement, se creusent. Ce constat, devenu banal, n’apporte en lui-même aucune conclusion tranchée en matière de politique éducative. En rapport avec l’actualité, il convient cependant de noter que les données de 2015 ne seront pas le résultat de la politique suivie depuis 2012... et qu’elles ne sauraient non plus justifier une réduction du nombre d’enseignants. ”

(...)

Philippe Watrelot

Le Bloc-Note complet est à retrouver ci-dessous

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Enseigner plus explicitement : Pourquoi ? Qui ? Quand ? Quoi ? Où ?

4 Décembre 2016 , Rédigé par ifé - Centre Alain Savary Publié dans #Education, #Pédagogie

Enseigner plus explicitement : Pourquoi ? Qui ? Quand ? Quoi ? Où ?

Que signifie enseigner plus explicitement ? Qui explicite ? Expliciter quoi ? Expliciter quand ? Sylvie Cèbe, Jacques Bernardin et Patrick Rayou ont donné leur point de vue lors d'une session de formation des formateurs REP+ organisée à l'IFÉ par le bureau de l'Education Prioritaire de la DGESCO en collaboration avec le Centre Alain Savary, lors d'une table ronde animée par Fabienne Paulin Moulard (IGEN).

Télécharger tout le dossier (PDF - 20 pages - 2,1 Mo)

Suivre les liens ci-dessous pour rejoindre le site de l'Ifé et voir les vidéos proposées

Toutes sont passionnantes. Je recommande néanmoins l'avant-dernière: 

Expliciter quoi ? (Réponse de Sylvie Cèbe et de Jacques Bernardin en 20 min 52)

"Il y a très souvent des exercices dont on postule qu'à force d'en faire ils (les élèves) vont extraire les procédures (...). Ce dont on s'est aperçu, c'est que c'est vrai pour le littéral, mais dès lors qu'il y a de l'inférentiel, alors tous les élèves n'arrivent pas à extraire la procédure qui permet de le faire."

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Apprendre tout au long de la vie scolaire est un droit qui entraîne de la part des pouvoirs publics des engagements forts...

3 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Apprendre tout au long de la vie scolaire est un droit qui entraîne de la part des pouvoirs publics des engagements forts...

PROPOSITION

Affirmer qu’apprendre tout au long de la vie scolaire est un droit entraîne, de la part des pouvoirs publics, des engagements forts.

Pourquoi pas à partir de 2017, vers une "révolution scolaire"...

Avec les propositions d'engagement suivantes:

- Engagement à mettre en place un « Service National de la Petite Enfance » (Idée, entre autres, de Philippe Meirieu)

L’enfant sera accompagné dans sa découverte du langage (et de la langue française), dans sa découverte du « vivre ensemble », deux fondements de la citoyenneté débutante. Il pourra, quand c’est possible et particulièrement dans les premiers mois de sa scolarité, être accompagné de ses parents dans cet apprentissage.

- Engagement à reprendre et appliquer le principe des cycles à l’école primaire. Une évaluation précise des acquis de cette réforme ambitieuse, de ses blocages devra être faite. Des réajustements seront envisagés.

- Engagement à mettre tout en œuvre pour une mise en place des pédagogies différenciées. Leur promotion, depuis le milieu des années quatre-vingts, pour rendre plus efficace l’enseignement-apprentissage dans des classes devenues parfois très hétérogènes, n’a pas été suivie d’une réelle généralisation. Si des approches différenciées ont fini par infiltrer les pratiques, elles sont trop souvent le fait d’enseignants « innovants » en raison du surcoût de travail demandé, des problèmes liés à l’évaluation, des effectifs parfois pléthoriques. La restructuration des établissements en « unités éducatives » devraient, notamment en réduisant les effectifs pour certaines activités, en permettre la généralisation.

Un mémorandum des pratiques innovantes et de leur efficacité devra faire l’objet d’une évaluation globale. Des moyens devront être mis en place, au plan national et local (niveaux départementaux et régionaux) pour favoriser la diffusion des pratiques pédagogiques innovantes : mutualisation grâce à la mise en réseau internet des établissements ; journées d’études ; presse professionnelle spécialisée (ce qui n’existe pas dans notre métier contrairement à d’autres, les revues étant le plus souvent l’œuvre d’associations militantes).

- Engagement à offrir à tous les élèves la possibilité de capitaliser des acquis afin d’éviter les redoublements inefficaces.

- Engagement à supprimer tous les critères d’âge et à systématiser la « scolarisation par récurrence ».

L’École deviendra alors une « maison d’éducation » ouverte sur tous les apprentissages destinés à un public diversifié.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

Pour aller plus loin…

Meirieu Philippe & Guiraud Marc (1997) L’École ou la guerre civile. Paris : Plon.
Meirieu Philippe (2002) Repères pour un monde sans repères. Paris : Desclée de Brouwer.
Meirieu Philippe (2006) Écoles : demandez le programme ! Issy-les-Moulineaux, Paris : ESF-Éditeur-France.

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Education - En "avent" pour la désintox... 3

3 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education

Education - En "avent" pour la désintox... 3
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