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Vivement l'Ecole!

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Revue de Presse Education... Temps de travail - Politiques...

10 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

assurances.credit-agricole.fr

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Une courte revue aujourd’hui où il sera question de temps Longuet, et de paroles politiques.

Temps de travail

Déjà signalé hier, le rapport Longuet fait des vagues.

Un rapport explosif sur l’annualisation du temps de travail des enseignants de collège et de lycée par Marie-Christine Corbier. “On savait que François Fillon voulait « augmenter progressivement le temps de présence des enseignants du second degré dans l’établissement ». On découvre, dans un rapport du sénateur LR de la Meuse, Gérard Longuet, publié jeudi, comment cela pourrait se mettre en oeuvre, même si le candidat de la droite n’a pas détaillé jusque-là son projet.”

Rapport Longuet. Il faudrait augmenter et annualiser le temps de travail des profs, supprimer des options.

Faire plus travailler les profs, le rapport choc du sénateur Gérard Longuet, proche de François Fillon.CA RISQUE DE GRINCER - Le sénateur Gérard Longuet, soutien du candidat de la droite, prône dans son rapport l’annualisation du temps de travail des enseignants et son augmentation à hauteur de deux heures supplémentaires par semaine. Soit, peu ou prou, la proposition avancée par François Fillon.”

Et la ministre réagit. Exclusif : N Vallaud Belkacem : Longuet : Quelle méconnaissance du travail enseignant !« Comment ose-t-on avoir pour discours politique « il faut faire travailler davantage les enseignants » ? » Interrogée par le Café pédagogique le 9 décembre, la ministre réagit à la publication du rapport Longuet qui prévoit à la fois d’augmenter le temps de travail des enseignants et de leur supprimer les heures supplémentaires. Pour Najat Vallaud Belkacem, le raisonnement doit s’inverser. « La seule chose qu’il faut faire davantage c’est reconnaître davantage les enseignants ».”

Politiques

Marine Le Pen prône la fin de l’éducation gratuite pour les enfants étrangers. “La présidente du FN souhaiterait mettre un terme à ce droit constitutionnel pour les enfants étrangers en réclamant « la fin de la récréation ».”

Communiqué de presse de Najat Vallaud-Belkacem - Réaction aux déclarations de Mme Le Pen, députée européenne, présidente du Front national. “Je tiens à rappeler ici que c’est l’honneur de la République française de garantir aux enfants, à tous les enfants, le droit à l’éducation, c’est à dire le droit à un avenir. Par ces mots, que je condamne avec la plus grande force, Mme Le Pen fait preuve tout autant de son indifférence la plus totale à des situations humainement terribles affectant de jeunes enfants, que sa méconnaissance de tous les principes républicains et de toutes les conventions internationales dont la France est signataire : …

Et l’Express fait un petit rappel : Ecole payante pour les étrangers ? Les versions changeantes de Marine Le Pen.

Hamon veut étendre la réforme de l’éducation prioritaire aux lycées. “Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, a détaillé jeudi trois de ses mesures concernant l’éducation, parmi lesquelles l’extension au lycée de la réforme de l’éducation prioritaire et le recrutement de plusieurs dizaines de milliers d’enseignants.”

« N’oublions pas le bilan de M. Fillon en matière d’éducation ». “Lorsqu’il était premier ministre, François Fillon a détruit près de 80 000 postes à l’éducation nationale. S’il est élu président, il se propose de poursuivre cette politique. Ne l’oublions pas.”

Et puis pour éclairer un peu nos politiques, ce texte : Quel enseignement des religions dans un contexte laïque ? par Thibaut Tekla, doctorant en Sciences Religieuses, École pratique des hautes études (EPHE) – PSL. “Dans une recommandation adoptée en 2005 et intitulée « Éducation et religion », l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe indique que les gouvernements devraient encourager l’enseignement du fait religieux et promouvoir le dialogue entre les religions.
Ce texte précise également que l’école, en ce qu’elle forme l’esprit critique des futurs citoyens, doit également les former au dialogue interculturel et que cet enseignement doit s’inscrire dans les respects des valeurs de la Convention européenne des droits de l’Homme
.”

Je vous souhaite un bon week-end réparateur.

Bernard Desclaux

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« N’oublions pas le bilan de M. Fillon en matière d’éducation »...

10 Décembre 2016 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

widewo.com

widewo.com

EXTRAITS

(...)

N’ayons pas la mémoire courte. François Fillon, alors premier ministre entre 2007 et 2012, a légué à la France et aux Français une immense dette éducative. Ses gouvernements, sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, ont détruit pendant la période près de 200 000 postes de fonctionnaires dont 80 000 pour l’éducation nationale.

Ces retraits massifs ont eu des conséquences concrètes : fermetures de classes dans le primaire, fermeture de sections dans les lycées professionnels et d’options dans les lycées généraux et technologiques, quasi-disparition des Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, éradication de la scolarité des moins de 3 ans et mise en place de l’école sur 4 jours, montée des effectifs par classe, fin de la formation des enseignants…

(...)

Combien d’enseignants, de personnels éducatifs pourtant indispensables ne seront ni remplacés, ni recrutés pour faire face aux difficultés d’une école massifiée et démocratisée ? Propose-t-on demain de raréfier l’accès à l’école, de trier les élèves, de filtrer voire empêcher les lycéens d’accéder à l’université alors qu’est déjà sur la table la disparition des lycées professionnels ? Scandaleux !

Olivier Caremelle (Président du Collectif des élus démocrates républicains à l’éducation)

Suite et fin (pour abonnés) en cliquant ci-dessous

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Education - En "avent" pour la désintox... 7

10 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Education - En "avent" pour la désintox... 7
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Lettre ouverte à Monsieur Gérard Longuet... "On travaille dans les Ecoles de France et d’Outre Mer! On travaille même beaucoup!"

9 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Lettre ouverte à Monsieur Gérard Longuet... "On travaille dans les Ecoles de France et d’Outre Mer!  On travaille même beaucoup!"

Monsieur Longuet,

La désinvolture, le je-m’en-foutisme, l’idéologie sur la base « A bas l’Ecole bourgeoise ! » ont peu cours dans l’enseignement, quoi que vous en pensiez. Un chiffre est tout à l’honneur des professeurs d’école, celui du taux d’absentéisme : 5,7 %, soit l’un des plus bas, toutes professions confondues. C’est pourtant l’absentéisme « énorme », dixit vous et vos amis, qui sert de premier indice à la « dégradation » de l’enseignement. 
 
On travaille dans les Ecoles de France et d’Outre Mer! Oui Monsieur Longuet, on travaille même beaucoup!

Nos collègues professeurs d'école (Je suis professeur en collège) n'échappent jamais à leurs élèves! : 37 semaines par an, ils se connaissent, se supportent, s’aiment et se détestent. Rien n’est plus important que la dimension affective  de l’enseignement du premier degré parce que les enfants y sont dans leur plus jeune âge et que la tête de l’enseignant ne change pas toutes les heures.

Une classe de maternelle, de CP ou de CM, c’est aussi une ambiance de travail, de confiance ou de défiance, de sympathie ou d’inimitiés, d’incompréhensions et de complicités. Une année scolaire est rythmée par des exercices, certes, mais AUSSI tissée de mille points de repères entre les gamins et leur maître-esse. Il n’ y a d’ailleurs rien de contradictoire entre cela et leur passion commune : apprendre à lire, écrire et compter. Vous n'êtes pas sans savoir - tout en feignant souvent de l'ignorer - que la France est championne d'Europe par le temps passé dans l'apprentissage des fondamentaux. 

L’une des obsessions du Professeur d’école, comme me l’a dit spontanément cette Institutrice (32 ans) landaise, "c'est de faire classe, et faire classe, c’est apprendre à lire". Hélas vous racontez à qui veut l'entendre que les Professeurs d’école ont perdu de vue cet objectif en laissant de coté les apprentissages fondamentaux. TOUTES les études prouvent pourtant que les maîtres passent leur temps, bien au-delà des horaires officiels, à faire du Français et du Calcul et, plus précisément, de la lecture et des opérations.

Il est néanmoins tout aussi incontestable que, comme de tout temps, certains professeurs s’en sortent plus ou moins bien. Isolé dans sa classe, l’enseignant a trop souvent tendance à se « couper du monde ». Il ne peut pourtant s’abstraire, contrairement à ce qu’affirme Jean Paul Brighelli, l'un de vos auteurs de chevet, de l’environnement de son établissement.

"Faire classe", c’est aussi comprendre pourquoi Mathieu ne desserre plus les dents depuis 15 jours, pleure près de la fenêtre et s’isole en récréation. C’est veiller à ce que Julie, dont les parents viennent de divorcer, quitte bien l’école avec son père (ou avec sa mère) qui en a la garde. (Se tromper par ignorance peut vous valoir la visite de la Police et des ennuis très graves, en maternelle en tout cas !). C’est surveiller les résultats de Mohammed, inexplicablement en chute libre ce trimestre ; c’est prendre le temps d’expliquer au père de Nassira que les filles ne sont pas irrémédiablement vouées au mariage à l’âge de 11 ans ; c’est se demander pourquoi Olivier refuse d’ôter son anorak avant de s’apercevoir qu’il a les bras marqués de traces de brûlures de cigarettes.

En collège, s’isoler du monde extérieur, sanctuariser à l’extrême l’Ecole dans son ensemble, c’est ne pas savoir entendre l’adolescente paniquée qui demande à son professeur ce qu’ elle doit faire après sa première nuit passée sans protection avec son petit copain. (J’ai personnellement vécu cette situation d’écoute délicate).

Si nous, les enseignants, ne pouvons plus nous pencher sur ces cas, en plus de notre coeur de métier, qui le fera ?

Au vu du nombre de postes que vous promettez fièrement de supprimer si par malheur - mais ce n'est pas fait! - vous parvenez au pouvoir, de nombreux Mathieu et bien des Nassira n'auront plus que le silence comme interlocuteur!

Pour tous ceux-là et pour tous les autres, je ne vous laisserai aucun répit pour préserver l'Ecole des conséquences de vos funestes projets!

Christophe Chartreux

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Coup de coeur... Ferdinand Buisson...

9 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Coup de coeur... Ferdinand Buisson...

Politique

À ce mot se rattachent deux questions qui intéressent directement l'instruction primaire. La première pourrait se poser ainsi: «Quelle influence a la politique sur l'organisation, la direction et la marche de l'enseignement primaire en général? » La seconde : « La politique peut-elle, doit-elle entrer dans les programmes de l'école primaire? L'une touche surtout au personnel de l'administration, l'autre à la pédagogie; celle-ci a trait à l'enseignement proprement dit, l'autre à l'histoire générale des institutions scolaires dans notre pays et dans d'autres pays.

Commençons par la question didactique et théorique: nous en tirerons plus aisément les applications aux autres formes d'intervention de la politique en général dans les écoles.

Quelle part convient-il donc de faire dans l'enseignement primaire, public ou libre, à l'ensemble des notions que résume sans les bien définir le mot Politique? Le seul énoncé de la question eût peut-être frappé d'étonnement les pédagogues d'autrefois. Et pourtant, il suffit de s'entendre. Du jour où l'on a compris que l'instruction populaire n'était plus seulement l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, du jour où l'on a voulu qu'il fût donné aux enfants du peuple, sinon une éducation libérale, du moins une première initiation «aux notions indispen sables à tout homme», de ce jour-là on s'est engagé à leur communiquer les éléments, les rudiments de l'instruction civique, c'est-à-dire de ce qui constitue le fonds stable, commun et essentiel de la politique. Nous avons rappelé dans ce Dictionnaire même, au mot Civique (Instruction), que plusieurs années avant la Révolution c'était un avis devenu général en France, parmi les auteurs de Plans d'éducation, qu'il importait d'enseigner dans les écoles « les devoirs communs à tous les citoyens, les lois qu'il est indispensable de connaître et les principes de la constitution nationale». Combien plus un tel enseignement est-il nécessaire dans un temps et dans un pays de suffrage universel!

Mais il y a un écueil à éviter; il faut craindre de confondre, même sans le vouloir, les notions générales et fondamentales de la politique impersonnelle, nationale, théorique, qui sont du domaine de l'enseignement commun, avec les vues étroites, les doctrines particulières, les opinions et les passions de la politique militante et quotidienne. Apprendre  aux enfants ce que la France a dû successivement à la royauté et à la République; leur imposer le respect pour toutes les traditions respectables, tout en gravant dans leur esprit l'idée du progrès; leur mettre sous les yeux l'état du peuple, la condition du pauvre, de l'ouvrier, du paysan sous l'ancien régime et les forcer à reconnaître, par voie de comparaison, ce que le nouveau régime a fait pour le bonheur et pour l'honneur de la nation; les familiariser avec les principes de 1789, avec les droits de l'homme, avec la souveraineté du peuple, avec la devise française par excellence : «Liberté, égalité, fraternité»; avec les règles fondamentales de la division des pouvoirs et de l'organisation du gouvernement dans un État républicain; faire et bien faire tous ces enseignements, sans doute c'est faire de la politique, car c'est préparer l'enfant à aimer son pays, à obéir aux lois, à respecter le gouvernement, à user de tous ses droits et ses devoirs politiques. Mais une telle action sur l'esprit de la jeunesse n'est interdite, n'est déplacée dans aucune école: elle fait partie du programme obligatoire de l'école publique. Ce n'est pas un empiétement, ce n'est pas une pression, ce n'est pas un abus, c'est l'oeuvre même de l'éducation morale et civique dans ce qu'elle a, il est vrai, de plus délicat, mais aussi de plus légitime et de plus noble.

Ferdinand Buisson, Extrait de l'article «Politique», Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (1882-1887) ,Éd. Kimé, 2000, p. 230-231.
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Enfants étrangers : "Les mots de Marine Le Pen rappellent ceux de Mégret"...

9 Décembre 2016 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

europe1.fr

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La dirigeante du Front national prône la fin de l’éducation gratuite pour les enfants étrangers. Décryptage avec Valérie Igounet, historienne de l'extrême droite. 

Non, le Front national n'a pas changé. Sa présidente, Marine Le Pen, l'a encore démontré ce jeudi, alors qu'elle était l'invitée de l'institut de sondage BVA pour un de ses petits-déjeuners "Pop 2017". Lors de ce rendez-vous, la candidate d'extrême droite a prôné la fin de la scolarisation des enfants étrangers en situation irrégulière, et réclamé une "contribution" pour ceux dont les parents en situation régulière ne travaillent pas. Elle a lancé :

"La solidarité nationale doit s'exprimer à l'égard des Français. Je n'ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : 'Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement.'"

Avant d'ajouter : "Maintenant, c'est terminé, c'est la fin de la récréation !"

La dirigeante a par ailleurs confirmé que son parti envisageait un accès restreint à la gratuité d'autres services publics et à certaines prestations sociales pour "les étrangers qui arrivent dans le pays et n'ont pas encore cotisé et payé d'impôt".

"Elle fait du lepénisme pur"

Voir Marine Le Pen défendre des positions aussi radicales n'est pas en soi une surprise. En dépit des tentatives de dédiabolisation entreprises depuis son arrivée à la tête du FN, ce parti n'a en vérité jamais dévié de ses fondamentaux (rejet de l'immigration, préférence nationale...), rappelle l'historienne Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême droite :

"Elle fait ici du 'lepénisme' pur. Ses mots, sa phraséologie rappellent même beaucoup ceux de Bruno Mégret, quand il était secrétaire général du parti."

En 1991, Bruno Mégret publiait "50 propositions sur l'immigration". Parmi les idées alors défendues par le dirigeant frontiste, une vague de dénaturalisation, mais aussi... l'instauration d'un quota d'immigrés par classe. Point n°19 : 

"La présence massive d'enfants immigrés dans certaines classes remet en cause la scolarité d'enfants français. Dans certains établissements, ce sont près de 50 nationalités qui se côtoient. Il est nécessaire d'établir un quota maximum d'enfants étrangers par classe, afin de permettre aux jeunes Français des quartiers défavorisés de suivre un enseignement normal et de rompre avec un enseignement à deux vitesses, selon que l'on soit issu d'un milieu favorisé ou non."

Les propos tenus ce jeudi par Marine Le Pen s'inscrivent en tout point dans la continuité de cette pensée : distinction entre deux catégories d'enfants, immigration vue comme une déferlante et un péril... "A certains égards, elle frappe même encore plus fort que son prédécesseur", juge l'historienne.

Faire passer les divergences du FN au second plan

Pourquoi Marine Le Pen, qui s'évertue d'ordinaire à lisser son image, s'est-elle laissée aller à ce type de déclarations jeudi ? Ce timing n'a rien d'anodin, relève Valérie Igounet. Sur l'économie, et plus récemment sur la question de l'IVG, des lignes de fracture sont apparues au sein du FN entre la ligne de Marine Le Pen et celle de sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen. Des signes de divergence malvenus à quelques mois d'une présidentielle pour laquelle la dirigeante nourrit de grandes ambitions.

Valérie Igounet analyse :

"Parler d'immigration aujourd'hui, pour Marine Le Pen, c'est tenter de faire passer au second plan ce qui divise le parti, en faisant beaucoup de bruit sur une thématique qui fait consensus dans les rangs du FN."

Sur ce sujet, en effet, Marion Maréchal-Le Pen ne la contredira pas.

Sébastien Billard

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« Avez-vous invité les femmes de ménage analphabètes ? »

9 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Parents

education.gouv.fr

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« Comment aider nos enfants à réussir ? L’affaire de tous » Tel était l’intitulé du Forum Rue des écoles organisé le 5 novembre dernier à Nantes, en partenariat avec Canopé, le Cnesco, la Ligue de l’enseignement, la ville de Nantes et France Culture. L’occasion de soulever quelques belles questions sur la place des parents dans l’école.

L’objectif affiché de la table ronde était d’analyser comment les communautés éducatives se mobilisent pour la réussite des élèves en favorisant l’expression de tous leurs membres. Il s’agissait aussi, selon l’invitation, de savoir si ces politiques éducatives étaient «  claires et compréhensibles pour toutes les familles, quelle que soit leur origine sociale  ». Force fut de constater, dès l’entrée dans la salle, que la diversité des familles nantaises était loin d’être représentée, prouvant par-là la difficulté à mobiliser largement un samedi après-midi sur ces questions

La table ronde s’organisait en deux temps : des interventions rythmées par les questions de Louise Tourret, journaliste animatrice du magazine «  Rue des écoles  » sur France Culture, durant une heure puis une heure d’échanges avec la salle. Y intervenaient Agnès Florin, professeure émérite de psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’université de Nantes, Robert Rakocevic, chargé d’études internationales à la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale, Françoise Gillot-Gravouil, directrice de l’école Françoise Dolto à Nantes (REP+), Charles Amiot, délégué régional de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), Clémence Rouart, parent bénévole de l’Amicale laïque du Coudray et Myriam Naël, adjointe en charge de l’éducation et de la réussite éducative de la ville de Nantes.

Les interventions se sont articulées autour de différentes thématiques. Tout d’abord, le concept de réussite éducative demandait à être clarifié. Il dépasse largement la simple réussite scolaire car il pose la question de l’épanouissement de l’enfant en tant que personne, de l’acquisition de compétences sociales. Dans ce cadre, l’école devient une affaire globale et son rôle est de créer un tissu de relations autour de l’enfant, dont les parents sont le centre, dans une perspective de coéducation. Mais dans cette perspective, l’école doit aussi être un lieu de plaisir, où l’on se sente accueilli, en tant qu’enfant comme en tant que parents. Est-ce toujours bien le cas aujourd’hui ? Poser la question c’est déjà un peu y répondre…

La place des parents

C’est d’ailleurs la question de la place des parents qui a occupé la majeure partie des interventions. Comment favoriser l’implication parentale dans une école française qui a tant de mal à faire rentrer les parents dans l’école, à créer un sentiment d’appartenance à une communauté éducative et un sentiment de sécurité des parents vis-à-vis de l’institution scolaire ?

A cette question, chaque intervenant a tenté de répondre avec son angle d’étude ou d’observation. Robert Rakocevic a rappelé que des politiques d’implication parentale dans l’école ont été mises en place dans différents pays européens, dans le but de lutter contre les déterministes sociaux. Si les effets directs de ces politiques restent très mesurés à l’échelle nationale, leurs effets latéraux à l’échelle locale sont eux bien plus forts, permettant l’intégration dans des communautés éducatives locales.

Agnès Florin a pour sa part souligné que le type de relations mis en place avec les parents était essentiel et devait favoriser la coopération et la bienveillance, sous peine de créer chez l’enfant des conflits de loyauté néfastes à sa réussite éducative. Françoise Gillot-Gravouil a étayé ce point de vue par son expérience de directrice d’école dans l’éducation prioritaire, en expliquant comment, dans son école, elle cherche à inviter les parents à prendre leur juste place dans l’école, en les accueillant dans leurs identités et en explicitant régulièrement le travail de l’école. Mais elle reconnaît que c’est un travail de longue haleine, jamais achevé et toujours fragile, et qu’il ne faut pas rechercher le «  parent parfait  ».

Ce postulat d’accompagnement des parents sans jugement, c’est aussi celui de l’AFEV qui forme les étudiants de l’association à accompagner l’enfant dans sa scolarité avec les parents et non sans eux ou contre eux.

Doléances de parents

Lors des échanges avec la salle, ce sont d’ailleurs majoritairement des parents d’élèves qui ont pris la parole, pour témoigner de leur insatisfaction quant à l’organisation des activités périscolaires et du décalage entre un discours sur la réussite éducative et l’encadrement des activités périscolaires par des animateurs peu formés. Cette tension entre les attentes fortes de certains parents et l’offre éducative s’est aussi retrouvée dans les questionnements de parents quant à la faiblesse des pédagogies actives telles que la pédagogie Freinet, au cœur du projet de l’école publique Ange-Guépin, sans que ce projet n’ait essaimé pour le moment dans d’autres écoles ou dans un collège. Ces demandes, légitimes certes, illustrent de façon très claire le décalage entre le propos des intervenants, centré sur les publics éloignés de l’école et leur inclusion dans la communauté éducative, et le public composé très majoritairement de parents d’élèves très favorisés et très exigeants quant à l’institution scolaire et à ce qu’elle devrait offrir.

La question aussi de la formation des enseignants à développer les compétences sociales et à gérer les conflits chez les élèves a été durement posée par une mère d’un élève en décrochage scolaire suite à un harcèlement, ainsi que par deux anciens enseignants en lycée professionnel reconvertis en formateurs dans la lutte contre le harcèlement scolaire.

Mais c’est certainement la dernière intervention qui restera comme la plus marquante de cette table ronde, celle d’une institutrice retraitée d’Afrique noire, qui a raconté comment son père analphabète l’avait, à l’époque coloniale, encouragée dans sa réussite éducative en s’impliquant quotidiennement de façon ludique et humoristique dans ses apprentissages sans pour autant maîtriser le français. Ayant eu connaissance de la table ronde par la presse, elle s’est interrogée sur l’absence des populations immigrées illettrées à ce type de forum, alors même qu’elles sont au cœur des enjeux, et a demandé si «  on avait pensé à inviter les femmes de ménage qui ne savent pas lire  ».

C’est bien là l’enjeu et Louise Tourret le reconnaît bien volontiers en lui répondant : la question de la réussite éducative est investie d’abord par ceux dont les enfants réussissent déjà bien…

Anne Pedron-Moinard Enseignante d’Histoire-géographie à Nantes

A lire également :

Canopé propose un dossier sur son site comprenant des interviews complémentaires des intervenants du forum de Nantes.

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Education - En "avent" pour la désintox... 6

9 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Education - En "avent" pour la désintox... 6
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