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Vivement l'Ecole!

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Le prédicat?... Une nouveauté?... Diable!...

7 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Predicat

Le prédicat?... Une nouveauté?... Diable!...

Le "prédicat" semble être le nouveau prétexte choisi par les opposants à toutes les réformes - je les appelle génériquement: les "anti-tout" - pour alimenter une polémique dont seul ce pays a le secret.

Au passage, vous remarquerez que les débats tournent toujours autour de la grammaire, de l'allemand, de l'histoire, du grec et du latin... Les disciplines nobles...

La SVT, l'EPS, l'anglais - où pourtant nos élèves ne brillent pas vraiment - ou la physique-chimie, tout le monde s'en contrefiche...

Mais revenons au latin...

Depuis toujours, il réserve une place de choix au "prédicat"... Sans que cela soulève la moindre protestation...

Si la notion est différente en latin comparée au français contemporain, il n'empêche que le terme - "prédicat" - qui semble horrifier quelques commentateurs pathologiques de la "chose scolaire" - toujours les mêmes - est utilisé depuis des lustres. Réservé aux latinistes certes...

Le fait de désormais l'employer aussi en grammaire française devrait rassurer les "classiques". Bien plus que les inquiéter...

Pour rappel: définition du prédicat en français:

Le prédicat est constitué de tous les mots qui n’appartiennent ni au groupe sujet ni au(x) groupe(s) complément(s) de phrase. C’est le groupe construit autour du verbe principal d’une phrase. Il contient donc le verbe principal et tous les éléments qui en dépendent.

Voir aussi ci-dessous

Extrait - afin d'être clair - de leçon de grammaire latine, leçon très traditionnelle:

Prédicat ou esse + attribut

Le prédicat est l'élément verbal affirmant une chose à propos du sujet. Il peut être réalisé par :

- un verbe désignant une action
Romulus ad regem impetum facit (Liv., 1, 5, 7),
"Romulus attaque le roi".

- un verbe désignant un état ou une manière d'être (+ attribut).

Le verbe esse "être", et les verbes assimilés à esse, tels fieri "devenir", uideri "sembler", manere "rester", declarari "être nommé", eligi "être élu", etc.) peuvent se rencontrer avec un attribut, qui spécifie une identité avec le sujet ou une qualité attribuée au sujet.

L'attribut, qui s'accorde éventuellement avec le sujet, peut être réalisé par un nom (ou ses substituts), un adjectif, un infinitif, un adverbe, ou même une proposition relative.
Ira furor breuis est (Hor., Ep., 1, 2, 62),
"La colère est une courte folie".

Docto homini uiuere est cogitare (d'après Cic., Tusc., 5, 111),
"Pour l'homme instruit, vivre, c'est penser".

Sic est uulgus (Cic., Com., 29),
"Le peuple est ainsi fait".

Quae tamen omnia dulciora fiunt moribus bonis (Cic., Sen., 65),
"Tous ces défauts cependant s'adoucissent par de bonnes habitudes".

Consules declarantur M. Tullius et C. Antonius (Sall., Cat., 24, 1),
"M. Tullius et C. Antonius sont nommés consuls".

                            ____________________________________

J'ajoute que, contrairement aux mensonges véhiculés par quelques-uns criant très fort et ayant rubrique ouverte dans des magazines aussi réputés que Télérama ou Le Point, les compléments ne disparaissent pas des programmes en cycle 3 (CM1/CM2/6e).

Enfin si les débats sur l'école pouvaient être recentrés sur les véritables enjeux, tout le monde ne s'en porterait que mieux.

A commencer par nos ELEVES!

Christophe Chartreux

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"Dessinez Créez Liberté", projet pour la liberté d'expression né après les attentats de Janvier 2015...

7 Janvier 2017 Publié dans #Education, #Charlie

Au lendemain des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015, plusieurs milliers de dessins furent envoyés à la rédaction de Charlie Hebdo, d’autres ont suivi intégrant dans leur geste les répliques de ces assassinats. Ils ont été réalisés par des enfants, des adolescents, des jeunes adultes, seuls, en classe, en groupe ou avec leurs parents.

L’élan de fraternité spontanée que représentent ces milliers de dessins raconte le choc de toute une génération. Une génération qui s’est emparée d’une feuille de papier pour s’approprier cette liberté d’expression si chère au pacte républicain, pour dire son soutien à Charlie, son incompréhension et sa colère, pour exprimer ses doutes et ses peurs face au terrorisme et à la mort, pour s’interroger sur la place de la religion et le rôle de la laïcité, pour affirmer la solidarité et la volonté de vivre ensemble.

(...)

En savoir beaucoup plus en cliquant ci-dessous

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"Tuer le Mammouth" ou cette manière de dire: "Et si on tuait l'égalité, principe de l'école de la République"...

7 Janvier 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

espace-sciences.org

espace-sciences.org

En finir avec le " mammouth "

EXTRAITS

(...)

Sur un ton incisif qui ne manque pas de dérision, Bernard Toulemonde et Soazig Le Nevé plongent le lecteur dans les coulisses d’une machine qui « sombre dans la déconfiture ». Des ministres qui passent sans laisser de traces, plus prompts à soigner leur communication qu’à lancer des réformes de fond.

Des syndicats puissants qui refusent tout changement. Des lobbies – associations de professeurs, inspection générale – qui défendent leur pré carré disciplinaire. Des zigzags incessants de réformes. Des enseignants « mal formés », assommés par une administration bureaucratique. Un métier « ancré dans le vieux monde », avec son cloisonnement disciplinaire, son individualisme, ses méthodes d’enseignement vertical.

(...)

Najat Vallaud-Belkacem ? « Disons-le tout net : il n’y a aucune vraie priorité de long terme mais seulement l’affichage d’une refondation à toutes les sauces ! », jugent les auteurs. La « refondation » de l’école ? Son ambition s’est éteinte au contact du « mur des réalités ». Les 60 000 postes promis ? « Nul ne sait combien ont servi à améliorer l’encadrement des élèves. »

Pour les auteurs, il serait donc plus que temps d’« enterrer le mammouth ». Remiser son ADN – qui repose sur un centralisme napoléonien – pour plus d’autonomie, d’innovation, de pouvoir aux acteurs locaux. Les mesures proposées ne sont pas inédites, et on sait que leur simple évocation suffit à soulever une levée de boucliers. La régionalisation de l’éducation, la liberté aux établissements de choisir leurs enseignants et de répartir leurs moyens, l’expérimentation d’une école du socle sont autant de casus belli pour une majorité de syndicats. (...)

Aurélie Collas

L'article complet (pour abonnés) est à retrouver ci-dessous

Mon commentaire s'adresse aux auteurs du livre, pas à l'auteur de l'article.

1- Ce livre s'inscrit, sous le masque d'une "sérieuse dérision" et sous couvert d'une "expertise", dans la longue liste des pamphlets n'ayant pour objectif que critiquer férocement l'école publique.

Ce qui en soi n'a rien de gênant. C'est même plutôt sain. Hélas, tous ces livres récemment sortis caricaturent, parfois mentent même.

Cette mauvaise humeur permanente, ne s'intéressant à l'école que pour en dire tout le mal possible, n'expliquerait-il pas le relatif attrait exercé par l'école privée, toujours à l'abri des critiques?... Elle.

2- Ils reflètent, tous ces ouvrages souvent aussi vite oubliés que lus, l'air du temps: l'immédiateté. Aucun ne s'appuie sur des analyses, enquêtes ou ouvrages historiques s'appuyant, eux, sur le "temps long". Ce temps long si nécessaire à l'Ecole, si indispensable pour observer et respecter les codes de l'analyse objectivement scientifique.

3- La Ministre ne ferait, à lire les auteurs, que de la com'. Mais ces mêmes auteurs reprochent à la même Ministre toutes ses décisions. Il faudrait savoir. Elle communique ou elle décide?

4- Enfin, "Et si on tuait le Mammouth" n'était qu'une manière habilement détournée d'affirmer: 

"Et si on tuait l'égalité,  principe de l'école de la République?"

Christophe Chartreux

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La fuite des élèves du public vers le privé? Ne nous emballons pas...

7 Janvier 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Public-Privé

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Extraits:

Historien, spécialiste de l’école, Claude Lelièvre rappelle que, chaque année, environ 150 000 élèves passent du privé au public, ou du public au privé.

- (...) Les esprits seront sans doute frappés par les nouveaux chiffres relatifs à la rentrée 2016, l’impression d’un « transfert » d’effectifs entre le public et le privé, mais la variation des parts de l’un et de l’autre – compte tenu des masses d’élèves concernées – n’est que de 0,2 %. Attention à ne pas s’emballer !

- (...) Cela fait de nombreuses années que la moitié seulement des familles utilisent le secteur public pour tous leurs enfants. Et il n’y a que 5 % des familles qui n’optent que pour le privé pour tous leurs enfants. (...)

- (...) Il y a chaque année une « transhumance » d’environ 150 000 élèves du privé vers le public, et du public vers le privé. ?

- (...) L’écart des résultats entre public et privé est de 31 points. En prenant en compte la pondération sociale (le privé est moins fréquenté que le public par des élèves d’origine populaire), la différence de performance est réduite à 8 points. (...)

- (...) pour moi, ce que l’on vient chercher dans le privé, c’est plutôt l’entre-soi.

- On peut songer à faire dépendre les apports financiers publics accordés aux établissements privés sous contrat de leur degré de mixité sociale. (...)

L'entretien complet, mené par Mattea Battaglia est à retrouver en cliquant ci-dessous (pour abonnés)

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École primaire : "Ici, nous avons vu que chacun avait les mêmes chances d'accéder à la connaissance" B Cazeneuve... (Video)

6 Janvier 2017 , Rédigé par Gouvernement Publié dans #Education

Bernard Cazeneuve et Najat Vallaud-Belkacem ont visité, le 6 janvier, l’école primaire Philippe-Arbos de Clermont-Ferrand. A cette occasion, le Premier ministre a salué le travail des enseignants tout en soulignant que l'amélioration des taux d'encadrement permet d'avoir une attention plus grande à chaque élève et notamment ceux qui sont en difficultés.

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SOS Education: pédagogie nouvelle et... maison de redressement.

6 Janvier 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

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Le texte que j'ai récemment publié sur le racisme culturel m'a poussé à  m'intéresser d'un peu plus prêt à Sos Education (1), une association qui  semble avoir une grande influence sur les milieux réactionnaires (2.)  Quel ne fût pas mon étonnement de constater que le site de cette  association mêlait des réflexions sur les méthodes « d'éducation  nouvelle » à des positions ultra-autoritaires.             

ur le site de SOS Education, le contraste est saississant. D'un côté, des vidéos proposent des techniques d'enseignement mettant au premier plan l'élève, ses goûts, son corps. On y encourage l'apprentissage active des notions scolaires, le dialogue, l'individualisation de l'enseignement. On y affirme l'existence de multiples formes d'intelligence, ce qui oblige chaque professeur à s'appuyer sur l'intelligence spécifique de chaque enfant pour stimuler sa confiance et son estime de soi. De sympathiques professeurs viennent exprimer leur joie de nouer un lien pédagogique nouveau avec leurs élèves. Des parents participent à des sessions de formation pour aider leurs enfants à mieux apprendre. Bref, après des dizaines d'années où la « pédagogie » a été décriée par les milieux réactionnaires au profit de méthodes d'enseignement dites traditionnelles, basées sur la discipline, la passivité, le respect total de la parole du professeur, on soutient aujourd'hui des méthodes que ne renieraient aucun des disciplines de Montessori, Freinet, Coussinet et autres. Certes, tout cela intervient plus d'un siècle après le début des réflexions sur l'éducation nouvelle et après des décennies de critique acerbe des pédagogies gauchistes, ou de l'esprit de Mai 68. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. On ne peut que se réjouir que les réactionnaires placent dorénavant l'enfant au centre du projet éducatif et favorise de nouvelles relations entre les profs et les élèves.

Mais d'un autre côté, et sur le même site, est proposée la signature d'une pétition pour un « Pacte pour l'école » dont les 5 priorités visent, au contraire, à renforcer des formes d'éducation les plus autoritaires.

La première priorité est assez anodine

« L’École doit retrouver sa première mission qui est d’instruire les enfants. Les horaires du primaire, renforcés, doivent être essentiellement consacrés aux savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, connaître notre histoire. Tous les enfants doivent savoir lire en fin de primaire. Un test national de déchiffrage, dont les résultats par établissement seront transparents, doit être mis en place en fin de CP et de CE1. Un test à l'entrée en 6e validera la maîtrise des fondamentaux et permettra aux élèves en difficulté de bénéficier de dispositifs de remédiation personnalisés. »

On s'étonne tout de même de quelques éléments. Le test national paraît prendre place un peu tôt. Les enfants « n'ayant pas tous les mêmes formes d'intelligence », on peut penser que tous n'apprendront pas au même rythme. S'agira-t-elle seulement de déchiffrer (ânonner) ou de comprendre ce qu'on lit ? D'autre part pourquoi « notre » histoire plutôt que « notre » géographie ou « notre » environnement. Enfin, nous aimerions en savoir plus sur les « dispositifs de remédiation personnalisés » et le destin des enfants qui ne maîtriseront pas les fondamentaux.

La priorité numéro 2 est plus ambigüe

« Un pré-recrutement des professeurs sera mis en place dès le niveau bac+2 pour les meilleurs étudiants. Les jeunes professeurs seront formés à la philosophie et l'histoire des religions. Leur affectation se fera sur la base d'un recrutement par le chef d'établissement. Leur rémunération ne sera plus définie en fonction de la seule ancienneté, mais de la difficulté de leur poste, de leur investissement personnel et de la progression de leurs élèves. Les Zones d'Éducation Prioritaires (ZEP) offriront aux professeurs expérimentés des rémunérations particulièrement attractives. Les professeurs seront notamment évalués sur leur exemplarité ».

Une formation à la philosophie ? On peut comprendre mais pourquoi aux religions ? S'agit-il de rappeler les origines chrétiennes de « notre » histoire ? On ne sait pas. Par contre, la privatisation de l'éducation et le renforcement du pouvoir du chef d'établissement sont assumés. Celui-ci sera même tout-puissant. Décidant des recrutements et sans doute aussi de l'évaluation des enseignants et de leur niveau de rémunération, ce sont aussi les chefs d'établissement qui seront juges de leur « exemplarité ». Devront-ils éviter les gros mots, porter un costume, être nationaliste, hétérosexuel, marié, catholique, baptisé ? Devront-ils utiliser une pédagogie unique ? Rien n'est dit sur cette notion d'exemplarité, elle peut donc être source de tous les fantasmes. On s'imagine facilement les conséquences d'un tel pouvoir mis dans les mains d'un seul homme : le piston, le conformisme, la corruption, le harcèlement moral et sexuel. On en a froid dans le dos.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Des Turcs aux Chinois: l'impact des origines sur la réusssite scolaire...

6 Janvier 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

francetvinfo.fr

francetvinfo.fr

Plusieurs études récentes mettent en évidence une sous-performance des enfants d'immigrés à l'école. Dans le détail, il apparaît que les enfants issus de l'immigration turque ont de moins bons résultats scolaires que les enfants originaires d'Asie. Longtemps, ce sujet sensible a été laissé aux marges de la recherche scientifique. Des chercheurs expliquent les raisons de ces différences et insistent sur le fait qu'être issu d'un milieu social défavorisé reste le principal facteur d'échec.

C’est bien connu, les petits d’origine asiatique excellent dans les disciplines scientifiques. Ce qui n’est pas le cas de leurs camarades d’origine turque, qui peinent à maîtriser la langue française et campent dans l’échec scolaire. Il faut aussi compter avec le jeune Africain subsaharien, qui perturbe sans cesse l’harmonie de la classe. Sans parler du petit d’ascendance maghrébine qui se désintéresse de l’école. Ces clichés tenaces sur les potentiels des enfants d’origine immigrée (13 % des élèves de 15 ans selon l'OCDE) irriguent l’imaginaire collectif. Et aussi, à leur corps défendant, parfois celui de certains enseignants. Le sujet est miné, tant il touche à des tabous. Comment prendre en compte certaines données sans essentialiser les élèves ni prêter le flanc aux préjugés racistes les plus crasses ?

La question est de moins en moins éludée par les chercheurs. Cela se traduit par la parution d'études et de rapports solides scientifiquement s’intéressant à l’origine migratoire des élèves pour évaluer son impact sur l’échec scolaire. D’abord, en décembre 2015, l’enquête Trajectoires et origines de l’Institut national d’études démographiques (INED) consacre à ce sujet un chapitre intitulé « Trajectoires du primaire au supérieur des descendants d’immigrés et de natifs d’un DOM ». Les trois auteurs, Yaël Brinbaum, Laure Moguérou et Jean-Luc Primon, questionnent le système éducatif français et sa manière d’appréhender les inégalités. Leur constat est limpide. Depuis le début de leur scolarité, les enfants d’immigrés ont plus de difficultés que les autres, toutes choses égales par ailleurs. Preuve de cette inégalité, dès l’école primaire, les descendants de parents turcs sont 17 % à redoubler en cours préparatoire. Ce chiffre descend à 2 % pour les enfants d’immigrés d’Asie du Sud-Est.  

Le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) a publié fin septembre son rapport sur le système scolaire, qui a fait grand bruit, dans lequel le facteur migratoire y est abordé comme l’un des facteurs aggravant les inégalités. Plusieurs des contributions de chercheurs détaillent ce sujet (elles sont à découvrir ici). L’Insee y a également consacré une note baptisée « La réussite scolaire des enfants d’immigrés au collège est plus liée au capital culturel de leur famille qu’à leur passé migratoire » (à lire en intégralité ici), publiée fin novembre 2016. Enfin, l’enquête triennale PISA a également évoqué cette thématique dans sa dernière livraison. D’après l’OCDE, un enfant d’immigrés a quatre fois plus de risques d’avoir des difficultés scolaires qu’un natif, selon la terminologie employée.

Bien entendu, l’institution a toujours détourné le regard de ces facteurs tant elle entretient le mythe de l’école républicaine, égale pour tous, aveugle et imperméable aux différences de ceux qui la fréquentent. Mieux, elle se voit encore comme un potentiel levier de mobilité sociale pour les plus faibles.

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, les choses sont plus complexes. Les chercheurs mettent en évidence le poids de l’origine migratoire à plusieurs niveaux dans les parcours scolaires. Avec les difficultés induites par l’absence de statistiques ethniques, interdites en France. Pour obtenir des indicateurs fiables, les sociologues se fondent sur le pays d’origine des parents, avec un biais, et non des moindres, celui de ne pas avoir de données statistiques sur ce qu’on appelle la deuxième ou troisième génération.

Mathieu Ichou, chercheur à l’Ined, a consacré certaines de ses recherches à ce sujet précis et confirme ces impasses. Mais la tendance se renverse peu à peu. « Pendant longtemps, cela a été difficile pour les sociologues de travailler sur la question migratoire et ethnique. Ce n’était pas dans l’air du temps car longtemps, la lecture marxiste et celle du modèle républicain d’assimilation français primaient. Les travaux se sont aussi beaucoup concentrés sur les enfants d’origine maghrébine et d'Europe du Sud. » Mais peu sur les enfants turcs et asiatiques. 

De son côté, Fabrice Dhume, sociologue et enseignant-chercheur à l’université Paris-Diderot, complète ce propos et constate que les réticences tombent peu à peu à mesure que les études se penchent sur la question. Une évolution imputée à un renversement de perspective : « Pour comprendre les enjeux, il faut un changement de paradigme par rapport aux explications habituelles : on a toujours pensé les choses en termes d’intégration, en présupposant que les problèmes venaient d'un défaut d'adaptation des personnes immigrées et de leurs descendants, par rapport à une société présumée stable, accueillante, non problématique… Or, cette théorie assimilationniste ne marche pas car, si les personnes s'adaptent effectivement, la société française développe des résistances très importantes, et refuse de considérer certains groupes comme légitimement citoyens. Il faut donc renverser le prisme, en se penchant sur les discriminations. »

Jean-Paul Caille, responsable des panels d’élèves, chargé d’études à la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), liée au ministère de l’éducation nationale, est l’un des auteurs de la note de l’Insee et l’un des précurseurs sur la question, qu’il dissèque depuis les années 1990 sur la base d’un panel d’élèves. Ce bon connaisseur de l’institution scolaire explique qu’il n’a jamais eu « aucun tabou » à explorer ce phénomène. Il lui a fallu articuler plusieurs données dans ce panel de 3 910 élèves suivis pour obtenir des explications plus complexes pour décortiquer les raisons de l’échec scolaire. « On a pris en compte le capital culturel, à savoir les diplômes des parents et le volume de la bibliothèque familiale. On a regardé le milieu social : l’âge, la classe mais aussi les revenus et le fait que la mère travaille ou non, s’il s’agit d’une famille recomposée, la taille de la fratrie et bien évidemment le sexe de l’enfant. Autant de caractéristiques qui vont peser dans leur parcours. »

Ces préalables posés, plusieurs données sautent aux yeux lorsqu’on épluche les différentes études. D’abord, il existe une surreprésentation des élèves sortant de l’école sans diplôme parmi les enfants d’immigrés. Les filles sont mieux loties que leurs homologues masculins. Au-delà de ce biais de genre, on découvre que les élèves issus de l’immigration asiatique surclassent nettement leurs autres camarades ayant une origine migratoire. De l’autre côté du classement, les performances scolaires des petits Turcs s’effondrent.

(...)

Faïza Zerouala

Suite et fin  à retrouver ci-dessous (pour abonnés)

 

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L’OZP a été reçu le 3 janvier 2017 au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. "Le « Plus de maîtres que de classes » est un succès"

5 Janvier 2017 , Rédigé par OZP Publié dans #Education

L’OZP a été reçu le 3 janvier 2017 au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. "Le « Plus de maîtres que de classes » est un succès"

A la demande du cabinet, une délégation de l’OZP a été reçue au MEN le 3 janvier 2017 par Eric Tournier, conseiller en charge de l’éducation prioritaire, en présence de Marc Bablet, chef du bureau de l’éducation prioritaire à la Dgesco.

Eric Tournier souligne que le dispositif d’éducation prioritaire marche maintenant sur deux jambes, le volet pédagogique et le volet mixité sociale. La carte de l’éducation prioritaire devrait, comme cela était prévu, être mise à jour pour la rentrée 2019.

Le « Plus de maîtres que de classes » est un succès et concerne les deux tiers des écoles en éducation prioritaire (92% pour les REP+). 1 900 postes supplémentaires seront créés à la rentrée 2017.

La scolarisation des moins de trois ans progresse également en éducation prioritaire (21% dans le dispositif et 23% en REP+) contre 9% seulement hors éducation prioritaire. Une action commune avec la CAF vise à développer la demande sociale.

Marc Douaire, au nom de l’OZP, estime que la refondation va dans le bon sens. Il met en avant la centration sur le pédagogique, la continuité pédagogique dans le cadre de la scolarité obligatoire, la notion de collectif professionnel… Il insiste sur le sens de l’éducation prioritaire contre les risques de dispersion et la tentation de considérer l’éducation prioritaire comme un simple instrument d’obtention de moyens supplémentaires.

Pour l’OZP, la priorité est de sanctuariser tout ce qui lui paraît positif : les moyens, la carte jusqu’en 2019, les personnels sur poste spécifique, le dispositif PDMQDC et la scolarisation des moins de trois ans, la pondération, l’allocation progressive des moyens, la formation de formateurs éducation prioritaire...

(...)

Suite et fin à retrouver ci-dessous:

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Six-Fours-les-Plages : le maire ne veut pas de cours d'arabe, il envoie la police municipale à l'école...

5 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #arabe

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Une ordonnance du tribunal administratif de Toulon nous apprend  que le député-maire de Six-Fours-Les-Plages, Jean-Sébastien Vialatte  (LR), a envoyé la police municipale devant une école afin de signifier  l'opposition de la mairie à la tenue d'un cours d’arabe facultatif.  Contacté par LCI, l'élu confirme l’envoi des policiers municipaux. 

Souvenez-vous. C’était à la rentrée 2016. Un message diffusé sur Facebook sème la panique parmi les parents d’élèves. Une mère de famille assure que sa fille, scolarisée à l’école primaire Reynier de Six-Fours-les-Plages, dans le Var, va devoir suivre des cours d’arabe. Une polémique montée en épingle à partir d’un énorme malentendu.

En effet, à l’époque, Les Décodeurs du Monde expliquent que ces cours, loin d’être obligatoires, sont en fait proposés en dehors du temps scolaire, et ce de manière facultative. Qu’importe, le député-maire de la commune, Jean-Sébastien Vialatte (LR), fait savoir auprès de l’inspecteur d’académie de l’Education Nationale qu’il s’opposera à la tenue de ces cours. Le temps passe, l’affaire s’essouffle. Mais ce mercredi 4 janvier dans la soirée, un spécialiste du droit administratif replace l’histoire sur le devant de la scène, dans une série de tweets. Il a appris, un peu plus tôt dans la journée, qu’elle a fait l’objet d’un recours devant le tribunal administratif de Toulon.

Un pli pour s'opposer à la tenue du cours

Nous sommes donc le 28 novembre 2016. Un déféré préfectoral a été déposé pour contrer la volonté du maire d’interdire ces cours, et une audience se tient devant le juge des référés. Pourquoi amener à nouveau ce dossier devant la justice, alors que la rentrée est passée depuis déjà quelques mois ? L’ordonnance rendue le jour même, que nous avons pu consulter dans son intégralité, nous apporte la réponse. Jean-Sébastien Vialatte a en effet demandé, à deux reprises, l’intervention de la police municipale auprès de la personne en charge de ces fameux cours d’arabe.

L’ordonnance précise ainsi : "Il ressort des rapports de constatation dressés par la police municipale que celle-ci est intervenue à l’école Reynier les jours prévus pour la dispense de cet enseignement ; qu’elle a, le 18 novembre 2016, constaté que le cours avait été annulé et, le 25 novembre 2016, remis à l’enseignant un pli émanant de la mairie sans pour autant s’opposer à la tenue du cours."

(...)

L'article complet est à retrouver ci-dessous:

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