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Vivement l'Ecole!

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Ecoutons nos élèves...

19 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Résultat de recherche d'images pour "herculanum"

Lors d'un voyage en Italie avec mes élèves de 4è et 3è, j'ai pris le temps d'écouter, de les écouter, car nous disposions de ces heures d'échange qui manquent trop souvent au collège par la faute d'emplois du temps délirants d'absurdité. J'ai découvert d'autres pré-adolescents qui ont découvert j'espère un autre professeur.

De toutes ces conversations, avec les filles comme avec les garçons, le soir en bord de plage ou lors des pauses-déjeuner à Rome, Ostie ou Herculanum, jusque dans le train du retour, jusque dans la gare de Milan lors de notre correspondance vers Rome à l'aller puis Paris au retour, j'ai entendu leur curiosité, leur appétit de savoir, leur bonheur d'être ensemble, leurs émerveillements au Colisée ou devant les ruines  de la ville engloutie par les cendres du Vésuve.... Et puis j'ai très souvent entendu aussi leurs inquiétudes. L'avenir. Les 3è surtout. Ils quittaient le collège quelques mois après ce voyage.

Notre société française, ce "modèle", est fondée depuis des décennies sur le fait "certain" que l'Ecole aide les enfants à, au moins maintenir un rang social, au mieux aide celles et ceux qui partaient de très bas à gravir quelques échelons. Or depuis les années 1990, l'échelle est toujours là, l'Ecole aussi, mais elle semble ne "profiter" qu'aux plus favorisés à la naissance. Loin de moi l'idée d'en vouloir à ces excellents élèves. Je les ai toujours encouragés, félicités. Ai toujours interdit les moqueries à leur encontre: "Ah oui mais lui c'est un intello !"...

Il n'empêche que, pour reprendre une réflexion de François Dubet, "On traite mal ceux qui ne sont pas dans l'élite". Les clefs de la réussite scolaire sont détenues par les mêmes, plus fermement encore depuis la crise. Même les diplômés ne sont plus aussi certains de la valeur annoncée du diplôme obtenu. Alors, une peur en entraînant une autre, on conserve précieusement ces petits avantages personnels. On devient égoïste. On ne sait jamais. On n'est jamais trop prudent. Etc...

Et, d'émancipatrice l'Ecole a tendu un autre miroir à ses utilisateurs. celui de la "stagnation éducative". Tout s'est figé, comme les corps des suppliciés d'Herculanum enfermés dans leur prison de roche volcanique. Le divorce entre le "peuple" et les "élites" achève de se consommer. Une génération entière a désormais acquis la conviction tragique qu'il y a eu tromperie sur la marchandise. Une tromperie d'autant plus inacceptable que l'Ecole a continué de véhiculer l'idée d'un "contrat de confiance" qu'elle savait ne plus pouvoir honorer. D'où mon soutien total à la refondation de l'institution toute entière. Refondation qui n'est même plus discutable.

Dans les rires et les regards joyeux de mes élèves, dans les yeux gris-bleu de Sarah, dans les mots de Thomas et de Zoé, dans les colères soudaines de Jade, dans les courses folles de Pierre, Souad et Julie sur la plage, dans les mots de tous j'ai entendu leurs bonheurs présents et leurs peurs futures. Ces peurs qui sont le terreau du succès des discours réactionnaires.

Pour ces élèves-là, comme pour tous ceux de mes collègues, je souhaite une autre Ecole. Non pas une Ecole adaptée à la société qui va (mal) mais une Ecole qui ait un sens, qui donne du sens et qui indique quelle société nous voulons plutôt que d'accepter celle que nous subissons et, pire encore, faisons subir à nos élèves.

Christophe Chartreux

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Le tour d’honneur de Najat Vallaud-Belkacem – Reportage du Dauphiné Libéré...

19 Février 2017 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Décrochage

Retrouvez ici le reportage consacré par le Dauphiné Libéré à la visite de la ministre de l’Éducation nationale en Nord Isère, ce vendredi 17 février 2017, sur le thème du décrochage et pour l’inauguration de l’école maternelle de Diémoz.

Tout le monde veut une photo avec elle. Des élèves au personnel de  l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem a la cote. « Cela n’arrive qu’une fois dans une carrière qu’un ministre de l’Éducation nationale vienne dans son établissement », justifie tout sourire Jean-Louis Cornut, le chef d’établissement du lycée Ella Fitzgerald.

En déplacement hier, la ministre a commencé sa visite par un bain de foule devant le lycée face à des élèves surexcités. Qui crient leur joie d’avoir réussi un selfie.

« C’est extrêmement enthousiasmant »

Au delà du plan de communication, Najat Vallaud-Belkacem est venue découvrir un lycée. Si les élèves parfaits tenaient le premier rôle pour présenter l’établissement à la ministre, ceux qui ne sont pas dans les associations lycéennes, croisés au détour d’un couloir, ne sont pas en reste pour vanter les mérites de leur établissement : « On est bien ici, c’est top », peut-on entendre. Il faut dire que l’établissement qui compte plus de 2000 élèves a bonne réputation. Démonstration de l’atelier théâtre, présentation de la seconde à orientation professionnelle choisie et pour finir, table ronde autour du décrochage scolaire [lire ci-dessus], thème de la visite de la ministre. Qui ne manque pas de féliciter les troupes :

« C’est extrêmement enthousiasmant pour la ministre de l’Éducation nationale que je suis d’entendre tout cela », indique Najat Vallaud-Belkacem.

Des bons mots et une réelle écoute lui ont suffi pour asseoir sa popularité. Pour que les recettes viennoises s’appliquent ailleurs, la ministre répond : « Il faut un cadre national et la mise en place de mesures mais aussi un engagement des équipes, notamment contre le décrochage scolaire. »

La lutte contre le décrochage scolaire, une priorité

Il y a moins de 100 000 jeunes qui sortent annuellement du système scolaire sans qualification. Un bon chiffre pour le ministère de l’Éducation nationale, qui a fait de la lutte contre le décrochage scolaire l’une de ses priorités.

Lors de la table ronde sur le sujet hier au lycée Ella Fitzgerald, la parole a été donnée à des élèves, à des parents, à des conseillères principales d’éducation, à des enseignants.

Deux mesures ont principalement été mises en avant par ces intervenants : le droit au redoublement après l’échec à un examen et les passerelles entre les filières.

À la rentrée dernière, 66 % des élèves ayant échoué, tous diplômes confondus, ont demandé à préparer à nouveau leur examen dans l’établissement (33 % à la rentrée précédente). Marion, en terminale littéraire pour la deuxième année, dit envisager le futur, « ce qui n’était pas le cas avant ». Le lycée de Vienne/Saint Romain-en-Gal fait partie des bons élèves, lui qui a mis en place un coaching scolaire, un tutorat avec des professeurs volontaires…

Les passerelles entre les différentes filières ont aussi été louées, comme celle existante entre le baccalauréat professionnel et les classes de STS, section technique spécialisée.

La ministre inaugure l’école maternelle de Diémoz

 

Il est 16 h 30 ce vendredi, mais bien que la cloche ait sonné à l’école maternelle de Diémoz, les écoliers ne semblent pas presser de partir en vacances. Et pour cause : petits et grands attendent d’apercevoir, même de loin, collés derrière la grille de l’école, Najat Vallaud-Belkacem.

Avec une petite demi-heure de retard, la ministre de l’Éducation nationale – tout sourire – arrive, au son des sirènes hurlantes, escortée par les gendarmes. Elle est venue inaugurer la nouvelle école de ce village rural de 2 600 habitants.

« C’est toujours un grand moment dans la vie d’une commune », déclare Christian Rey. Le maire socialiste, qui fête par ailleurs son anniversaire, n’est pas peu fier de recevoir cette invitée de marque dont le nom restera gravé dans le marbre, au côté du sien, sur la plaque accrochée à la façade de l’école.

Après la visite des locaux jugés « lumineux et très cocoon », Najat Vallaud-Belkacem confie : « J’y mettrais bien mes enfants ! Le chemin de l’école est le plus exaltant. Et les premières étapes sont précieuses. » La ministre rappelle aussi que l’école maternelle est une « spécificité française enviée ».

Au passage, la représentante du gouvernement ne manque pas de défendre son bilan, notamment l’instauration en 2015 des nouveaux programmes du primaire, le choix de la logique de territoire plutôt que la logique comptable avec les conventions ruralité « pour éviter de fermer des classes ».

Elle soutiendra Benoît Hamon « sans état d’âme »

En aparté, la ministre confirme soutenir « sans état d’âme » Benoît Hamon, même si, pour elle, François Hollande aurait été « le plus légitime ». Elle invite son camp « à se projeter dans l’avenir, poursuivre les réformes menées comme celle des rythmes scolaires qui a permis à 75 % enfants de pratiquer une activité périscolaire contre 25 % auparavant ».

Dans un discours très partisan, le député de la 8e circonscription, Erwann Binet, vante encore le bilan de la gauche, en particulier les créations de postes dans l’Académie de Grenoble (1 646 de 2013 à 2017). Aurélie Vernay, conseillère départementale LR, met en avant les actions de la majorité de droite, en faveur des collèges.

Au moment de couper le ruban, la ministre souhaite longue vie à cette « magnifique école » qui a bénéficié de subventions… de droite comme de gauche : 500 000 € de l’État, 700 000 € du Département et 25 000 € de la réserve parlementaire. À croire que l’éducation transcende les camps.

Reportages d’Édith Rivoire et Bénédicte Dufour pour Le Dauphiné Libéré.

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Le travail de groupes à l’école primaire : entre filles, entre garçons...

19 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

fille garçon école

Photo: pixabay

Vivre ensemble, travailler ensemble, telles sont les directives de l’école, mais faire travailler des élèves au sein de groupes de travail peut être un exercice ardu. L’observation de la formation spontanée des groupes met en relief les raisons qui conduisent certains élèves à se choisir ou à s’exclure.

À l’école primaire, dans la cour de récréation ou à la cantine, les élèves ont tendance le plus souvent à se regrouper par sexe par peur du commérage et des moqueries et de la terminologie sexuelle et homophobe. La pression exercée entraverait toute autre configuration. Les élèves entretiennent la ségrégation par des mots et des jeux à charge hétérosexuelle (à chat… course, fuite). Cette séparation des corps constituerait une étape dans la construction des identités de sexe par des « évitements spatiaux » et des « violations de territoire »[1]. Ainsi, filles et garçons marquent et ritualisent des frontières de sexes en gage de paix sociale et personnelle dans les espaces « libres » de l’école.

Mais, qu’en est-il au sein de la classe et dans le choix de partenaires de travail ? comment s’établissent les groupes de travail au cycle 3 - notre terrain d’observation - comment la relation au travail pour les élèves est - elle traversée par des rapports sociaux de sexe ?
La classe est le lieu où certes se développent des compétences scolaires, mais pas seulement. En effet, un élève appartient à différentes catégories (sociale, linguistique, religieuse, ethnique…) et actualise ces dernières dans ses rapports à ses pairs et à son enseignante ce qui n’est pas sans influencer les situations d’apprentissage. Dans l’espace de la classe, comment mesurer l’impact de la vie socio-affective des élèves sur les situations d’apprentissage ? Peut-on faire l’hypothèse d’un choix de groupes de travail conforme à la catégorie « sexe » ? Cette conformité peut-elle s’expliquer par une attraction personnelle (c’est-à-dire un choix affectif) ou davantage par une attraction sociale (alors lié à un souci de performance) ?

L’approche sociométrique

Nous avons choisi de conduire une observation participante dans quatre classes de CE2, CM1 et CM2 de la région Centre pour comprendre les mécanismes opérants. Afin d’établir une mesure des relations au sein des groupes en classe, nous avons choisi l’approche sociométrique.
Pour chaque élève, il s’agit de prendre sa place dans le groupe, et de mettre à disposition ses propres compétences au service du travail commun. La difficulté du travail de groupe repose sur les effets des interactions entre pairs qui peuvent s’élaborer sur des rapports de domination ou de fascination. Mais, ces groupes de travail peuvent aussi favoriser la confrontation cognitive et permettre l’émergence de nouvelles représentations. En effet, chaque élève, dans son groupe, doit être confronté à « sa zone proximale de développement » [2] et aussi connaître la levée de freins dans ses rapports sociaux (timidité, angoisse…).

Ci-dessous un sociogramme réalisé dans une classe de CE2/CM1 et représentatif de l’ensemble des données. Parce que travailler en groupe peut conduire à certains résultats improductifs (investissement différent des membres, conflits, rejet, isolement, prise de pouvoir...). Il est nécessaire de proposer des configurations de travail qui prennent en compte les enjeux relationnels afin qu’une cohésion s’installe. De sorte qu’en mesurant les relations d’un groupe par un questionnaire,on modélise un système relationnel du groupe (Jacob Levy Moreno, 1933). C’est ce que l’on nomme le sociogramme, il peut prendre différentes formes (diagramme, tableau...). Ainsi, on peut proposer des sous-groupes de travail efficaces...", ce qui n’est pas rien dans une classe !.

(...)

Céline Delcroix

Filles et garçons à l’école

Coordonné par Isabelle Collet et Geneviève Pezeu

Comment vont les filles et les garçons à l’école ? Les anciens débats sont loin d’être clos et de nouvelles questions apparaissent. L’école mixte est régulièrement mise en cause, accusée de desservir tour à tour les filles ou les garçons. La question des violences sexistes et homophobes préoccupe tous les acteurs de l’école. Les garçons ne sont plus des élèves génériques exemplaires sur lesquels il faudrait aligner les filles : ils ont eux aussi un sexe et subissent eux aussi l’influence délétère des stéréotypes sexistes.
À travers ce dossier, nous désirons rendre compte des débats actuels, et aussi mettre en lumière l’inventivité et la créativité de tous celles et ceux qui agissent en faveur de l’égalité entre garçons et filles.

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Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Exemple "pédagogique" par l'image de la contradiction... Ou quand Macron "enfume"...

19 Février 2017 , Rédigé par Mediapart - Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Macron

L'enfumage de Macron sur le cannabis, de la dépénalisation à la «tolérance zéro»

Boulette.

Interviewé par le Figaro ce vendredi, Emmanuel Macron évoque sa politique dite de «tolérance zéro à l'égard de la délinquance», notamment en matière de stupéfiants. Au sein du même entretien, il semble se contredire lui-même, en déclarant d'abord qu'une amende de 100 euros payable sur-le-champ serait «plus dissuasive et efficace» qu'une «réponse pénale plus tardive et théorique». Une stratégie de «contraventionalisation» comme dira plus tard son porte-parole Arnaud Leroy correspondant donc concrètement à une dépénalisation - sous-entendu du cannabis. Dans son livre Révolution, il évoquait déjà cette piste, écrivant selon Paris Match qu'il est «vain de pénaliser systématiquement la consommation de cannabis».

Sauf qu'à la question suivante du Figaro, le candidat d'En Marche répond : «je ne crois pas à la dépénalisation des "petites doses" ni aux peines symboliques, cela ne règle rien». Début novembre, dans un entretien vidéo pour Mediapart à retrouver ci-dessus, Macron disait à ce sujet avoir une «opinion pas définitive» (une habitude visiblement chez lui), expliquant qu'«il y a des choses qu'on mâture, plutôt que dire une chose et d'y revenir, je préfère être très transparent». Tellement «transparent» que le lecteur du Figaro pourra donc comprendre que le candidat ni de droite ni de gauche est contre la dépénalisation, tout en proposant de l'instaurer de facto.

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Où sont dans nos écoles Avicene et Averroès?...

18 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Bien plus que les musulmans et l'Islam, qui n'en sont pas un, et l'islamisme qui en est un, il existe un poison violent tuant les relations entre les communautés musulmanes et les autres : celui de l'ignorance. Cette ignorance de la culture arabo-musulmane - et plus largement l'ignorance des cultures autres que celles considérées comme universelles, c'est à dire les cultures européennes et nord-américaines - est particulièrement visible dans les programmes scolaires français. Même si, le programme d'Histoire de cinquième consacre trois heures à la naissance de l'Islam. Ce qui est peu sur l'ensemble d'une scolarité de collège (quatre ans).

Il y a pire. En effet, l'Europe, terre de la Révolution française, des Droits de l'Homme et du Citoyen, terre de laïcité - notamment et primordialement la France - a toujours considéré ses "valeurs" comme universelles. Les exporter, fut-ce par la force, a longtemps servi de doxa intellectuelle. Nous ETIONS (sommes encore?) la civilisation.

Au nom de cette "supériorité éclairante" héritière de l'Europe dite des Lumières et dont il n'est pas question de contester les évidents apports, nos programmes scolaires ont, en toute bonne foi, privilégié Rabelais, Ronsard, Molière, Balzac, Flaubert, Hugo, Camus, Shakespeare, Goethe, Dante. En musique, nous écoutons et faisons découvrir Mozart, Bach, Beethoven, Vivaldi et tant d'autres. Je pourrais citer les philosophes, les romanciers contemporains. Les peintres évidemment...

Mais prenez la peine d'ouvrir les manuels de littérature de nos collégiens et lycéens. Prenez le temps de consulter les auteurs étudiés dans Universités de Lettres. Où donc sont passés les grands poètes soufis, les musiciens arabes et arabo-andalous, les philosophes... Où sont Averroès et Avicenne? Où est l' "Islam des Lumières"?... Où sont les textes merveilleux de l'Inde ancienne, chefs-d’œuvre absolus, du Mahâbhârata ? Pourquoi nos élèves n'approchent-ils jamais ces auteurs-là, pour nombre d'entre eux, aussi importants par leur talent et leur message qu'un Montesquieu ou qu'un Verdi ?

Il serait temps d'ouvrir les esprits à l'universel et non continuer de commettre l'erreur de croire que l'Universel serait la chasse-gardée de quelques-uns.

Il serait temps de briser le mur de l'ignorance qui sépare les hommes.  Quelle tristesse, quel drame de constater que le monde arabe est circonscrit à une religion quand il est surtout cultures, musiques, poèmes, chants, danses, peintures, orfèvreries, architectures, philosophies, théâtres, cinémas... Rendez vous, comme je l'ai ici conseillé, au Louvre, Département des arts de l'Islam... Vous verrez... Vous VERREZ! Rendez vous à l'Institut du Monde Arabe à Paris... Rendez vous à la Grande Mosquée de Cordoue... Rendez vous à l'Alhambra de Grenade... Rendez vous à Fès... Ouvrez les yeux, touchez, goûtez, écoutez, respirez, aimez...

Il faudra un jour prochain faire entrer dans nos programmes scolaires toutes les richesses des "mondes lointains" aujourd'hui si proches. Nous partagerons alors, par delà les océans, les trésors de nos cultures respectives qui, loin de s'opposer, se complètent souvent, s'enrichissant les unes les autres...

A travers les siècles... Pour nous comprendre...

Christophe Chartreux

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Najat Vallaud-Belkacem, un bilan assumé et revendiqué...

18 Février 2017 , Rédigé par France Bleu Isère Publié dans #Education, #Politique

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2016/02/26/scolarisation-des-eleves-presentant-des-troubles-autistiques-ou-des-troubles-envahissants-du-developpement-50-emplois-dedies-pour-lannee-scolaire-2016-2017/

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2016/02/26/scolarisation-des-eleves-presentant-des-troubles-autistiques-ou-des-troubles-envahissants-du-developpement-50-emplois-dedies-pour-lannee-scolaire-2016-2017/

La ministre de l'Education nationale était en visite en Rhône-Alpes ce vendredi 17 février, dans un lycée puis dans une école maternelle. En cette fin de quinquennat, Najat Vallaud-Belkacem défend le bilan du gouvernement, tout en assurant soutenir le candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

Najat Vallaud-Belkacem a rendu visite au lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal sur le thème de la lutte contre le décrochage scolaire. Puis à Diémoz, elle a inauguré la nouvelle école maternelle qui peut accueillir 120 élèves. Un établissement de 1400 mètres carrés qui a coûté 2 millions d'euros dont 700.000 à la charge du département. L’occasion pour elle de dire à quel point l’école maternelle française est enviée à l’étranger, et l’importance qu’elle a pour les premiers apprentissages.

La ministre de l'Education nationale assume son bilan alors que le quinquennat s'achève. Notamment sur la réforme des rythmes scolaires. Najat Vallaud-Belkacem n'aime pas qu'on lui fasse remarquer que d'une commune à l'autre, la différence de moyens financiers crée des inégalités quant aux activités périscolaires proposées.

Après la réforme des rythmes scolaires, 75% des enfants ont accès à des activités périscolaires

« Avant la réforme, il y avait des disparités dans l’accès aux activités. Les familles qui avaient les moyens de payer l’association sportive, le conservatoire etc, y envoyaient leurs enfants. Les autres restaient devant la télé. Et personne ne s’en plaignait. Vient la réforme des rythmes scolaires qui a précisément vocation à lutter contre ces inégalités-là, et là on nous raconte que ça crée des disparités. » Et la ministre donne des chiffres : avant la réforme, 25% des enfants faisaient des activités de loisirs, de culture, de sports. Aujourd’hui la proportion est passée à 75%.

Je ne passe pas mon temps à ressasser qu'il y a des gens parmi nous qui se sont opposés à notre quinquennat▬ Najat Vallaud-Belkacem

Interrogée sur le début de campagne poussif de Benoît Hamon, qu'on ne sent guère aidé par un gouvernement qu'il a bien critiqué, Najat Vallaud-Belkacem assure que même si elle aurait préféré que François Hollande se représente, même si elle soutenait Manuel Valls, elle se range derrière l'élu de la primaire.

Et elle se livre à un exercice d'équilibriste : revendiquer un bilan de gouvernement tout en faisant campagne pour celui qui l'a dénigré. «Le bilan de ce quinquennat est éminemment positif, et je pense que tout ça sera reconsidéré à sa juste valeur assez rapidement. Donc n’étant pas pessimiste là-dessus, je ne passe pas mon temps à ressasser qu’il y a des gens parmi nous qui se sont opposés à notre quinquennat. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de voir que derrière la candidature de Benoît Hamon, qui l’a emporté, il y a eu une demande de la part des électeurs de la primaire, qu’on soit capables de dessiner un projet de société. Donc je pense qu’il faut qu’on soit capables de tenir cet équilibre sur ses deux jambes : oui ce bilan est bon, et oui il faut ne pas s’en contenter et se projeter dans l’avenir ».

Et la ministre de conclure : « c’est pour cela qu’il faut qu’on fasse campagne, et pour ce qui me concerne, je la fais ».

Jacky Page

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Revue de Presse Education... Divers - Orientation - Supérieur...

18 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Divers - Orientation  - Supérieur...

Pour changer, on commencera par du divers, ensuite l’orientation sera à l’honneur ainsi que le supérieur.

Divers

Le collectif Aggiornamento histoire-géographie. « Le collectif Aggiornamento histoire-géographie a été créé en 2011. Il est animé par une vingtaine d’enseignants qui relaient des informations ou font des propositions concernant l’enseignement de l’histoire-géographie : réformes scolaires, refonte des programmes, nouveaux outils pédagogiques ou expériences d’enseignement, actualité culturelle et des recherches universitaires en cours. »

Inspecteurs territoriaux : on les voit médiateurs, ils se sentent fatigués Annie Feyfant pour l’IFE lit l’étude de Georges Fotinos et José Mario Horenstein.« “Le Moral des inspecteurs IEN, IA-IPR : qualité de vie au travail et épuisement professionnel” est arrivé sur mon bureau ce matin. Lors de sa présentation, en novembre dernier, elle avait eu quelques échos dans les médias. À croire que ceux-ci découvraient soudain qu’une profession plutôt discrète était susceptible de souffrance au travail.
La presse s’est donc emparé de “l’épuisement professionnel” d’un quart des inspecteurs, parlant de leur stress au travail voire de leur situation de burn-out
. »

Au BO du 16 février 2017 : partenariat avec le ministère de la Défense, Campus des métiers et des qualifications et enseignement adapté.

L’apprentissage jusqu’à 30 ans est testé dans sept régions. « Pour aider à lutter contre le chômage des jeunes, sept régions expérimentent l’entrée en apprentissage jusqu’à 30 ans au lieu de 25 ans depuis le 1er janvier 2017. Le test sera mené jusqu’à fin 2019, avant une éventuelle généralisation sur tout le territoire. »

Orientation

Orientation, que choisir ? (2). Vous irez voir le dessin de Fabrice Erre.

O21 : comment vaincre la peur de l’orientation ? « Dominique Steiler, invité dans le cadre du nouvel événement Le Monde O21/s’orienter au 21e siècle qui se tient à Villeurbanne les 15 et 16 février, explique l’importance de se connaître soi-même avant de choisir une orientation. Il propose également des pistes de réflexion pour repenser le fonctionnement des institutions scolaires, “trop axé sur la peur”, et invite les élèves à écouter leurs émotions, car “tout ce qu’ils ressentent est légitime”. »

Sur Educpros, interview de Pierre Mathiot : "Avec les Parcours d’excellence, l’enjeu d’une orientation ambitieuse". « Un an après sa nomination, Pierre Mathiot, délégué ministériel aux Parcours d’excellence, souligne la difficulté de construire des partenariats durables entre collèges et établissements d’enseignement supérieur. L’enjeu, pourtant, est bien de “préparer au mieux l’orientation vers le supérieur”. »

Psychologues de l’Éducation nationale (ex-COP) : « nous ne sommes pas assez nombreux ». « Suite au décret du 1er février 2017, les conseillers d’orientation-psychologues deviennent des psychologues de l’Éducation nationale. Cette nouvelle dénomination est l’occasion de découvrir plus concrètement ce métier avec Sylvie Amici, présidente de l’Acop-F. »

Pendant ce temps, La Nouvelle République soutient les CIO : dans le Loir-et-Cher - Romorantin-Lanthenay - Des conseils précieux pour les élèves au CIO. « Déménagé il y a moins d’un an, le centre d’information et d’orientation conseille des lycéens en pleine période de pré-inscriptions pour la rentrée. » Et en Indre - Le Blanc - Le CIO au service des futurs étudiants. « Le Centre d’information et d’orientation se mobilise pour aider les futurs étudiants dans le choix de leurs études et les stratégies à mettre en place. »

Aux programmes

Présidentielle 2017 : que proposent les candidats pour les banlieues ? « Éclairage - À moins de trois mois de l’élection présidentielle, les affrontements entre forces de l’ordre et population en banlieue parisienne ont relancé le débat sur les quartiers dits sensibles. »

Obligation scolaire de 3 à 18 ans ? Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires. « Cet objectif a été réaffirmé la semaine dernière par Najat Vallaud-Belkacem (ministre de l’Éducation nationale, et qui souhaite le rester si Benoît Hamon l’emporte), objectif qu’elle avait avancé dès septembre dernier. Mais est-il populaire ? Pas sûr, même dans les milieux enseignants. Toujours est-il qu’il figure aussi désormais dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. »

Michel Lussault : "Je plaide pour une licence aux deux premières années très générales". « Un enseignement moins spécialisé dans le secondaire, une licence universitaire ouverte à tous avec deux premières années non disciplinaires… Michel Lussault, ancien président d’université, aujourd’hui président du Conseil supérieur des programmes, donne à EducPros sa vision du bac - 3/bac + 3. »
Ce qui nous amène au ...

Supérieur

Charles Dubar : "Rares sont les fonds qui ne s’intéressent pas à l’éducation" par Cécile Peltier. “Alors que certains fonds d’investissement s’intéressent aux grosses structures de l’enseignement supérieur, Platina Partners se positionne au contraire sur les petits acteurs du secteur. Charles Dubar, directeur associé du fonds indépendant européen, détaille sa stratégie, à l’occasion de la conférence EducPros du 23 février 2017.”

Faut-il enseigner l’innovation aux étudiants ? « L’innovation est un des termes les plus médiatisés et qui s’est presque “banalisé”. Il est donc normal de retrouver ce concept dans les cursus d’enseignement mais on peut s’interroger sur la pertinence d’enseigner une matière qui s’appuie déjà sur les fondamentaux et les outils d’autres disciplines bien établies comme la stratégie, le marketing, l’économie, la finance, etc. ? Finalement, l’innovation n’est-elle pas juste une nouvelle manière de repenser certains outils ou certaines méthodes existants dans une logique accrue de différenciation et de compétitivité des organisations ? » Mais il n’y a pas qu’une « matière » dit-il, il y a aussi transdisciplinarité, démarche d’exploration et de sensibilisation à l’entrepreneuriat.

Pour le Pape François, l’université est un lieu d’éducation à la solidarité. « Lors de sa visite à l’Université Roma Tre, dans la matinée de ce vendredi 17 février 2017, le Pape François n’a pas prononcé le discours qui était prévu, mais en a remis le texte au recteur. » Vous en lirez les principaux points. « Enfin, face à la peur de l’Occident face à l’étranger qui pourrait menacer la culture chrétienne de l’Europe, le Pape précise que la première menace pour la culture chrétienne en Europe provient de l’intérieur, à travers les tentations du repli sur soi. Le Pape invite donc à une formation universitaire qui pousse les jeunes vers la solidarité et non pas l’individualisme ».

Et pour finir, une réflexion à propos du numérique. Dans les Echos, Florian Malecki, Directeur Marketing Produits International de SonicWall, se demande : Sécuriser les réseaux scolaires : comment protéger les enfants des menaces sur Internet ? « L’enseignement actuel demande un accès important à des informations et à des ressources sur Internet. À cet égard, les établissements scolaires doivent faire face à une forte pression de l’État, des parents et de groupes d’intérêts spéciaux, qui leur demandent de surveiller leurs réseaux afin de prévenir tout abus contre les enfants et adolescents dont ils ont la responsabilité. »

Bon week-end à touts et à tous, bonne reprise pour les uns et bonne vacances pour les autres.

Bernard Desclaux

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Obligation scolaire de 3 à 18 ans? Par Claude Lelièvre...

17 Février 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Cet objectif a été réaffirmé la semaine dernière par Najat Vallaud-Belkacem (ministre de l'Education nationale, et qui souhaite le rester si Benoît Hamon l'emporte), objectif qu'elle avait avancé dès septembre dernier. Mais est-il populaire ? Pas sûr, même dans les milieux enseignants. Toujours est-il qu'il figure aussi désormais dans le programme de Jean-Luc Mélenchon.

« Aller plus loin sur l'Education lors du prochain quinquennat, c'est proposer, comme je le ferai, d'étendre la scolarité obligatoire de 3 ans à 18 ans », avait-t-elle déclaré le 17 septembre 2016.

Une scolarité obligatoire à partir de 3 ans ne va certes pas de soi (car, depuis 1882, ce n'est pas la ''scolarisation'' à proprement parler qui est obligatoire, mais ''l'instruction''). Cependant elle ne pose pas un problème majeur dans la mesure où, dans les faits, les plus de trois ans sont déjà quasiment tous ''scolarisés'' (même si c'est de façon plus ou moins continue et effective).

Il n'en va pas de même pour les plus de 16 ans, car un pourcentage non négligeable d'entre eux ne sont pas du tout scolarisés (même en comptant ceux en apprentissage).

En France, pour l'année scolaire 2014-2015, le taux de scolarisation des jeunes qui avaient atteint 17 ans révolus au 1er janvier 2015 a été de 91,6% et celui de ceux qui avaient atteint 18 ans révolus de 77,5%.

En 2012, année où une vaste enquête a été menée dans les 28 pays de l'Union européenne, on a constaté qu'en moyenne 80,4% des jeunes de 18 ans étaient encore scolarisés, mais seulement 75,4% en France (soit 5% de points en moins que la moyenne). Dans neuf pays des Etats membres de l'Union cette proportion était égale ou supérieure à 90% (dans l'ordre croissant : Pays-Bas, Slovénie, Estonie, Pologne, Finlande, Lettonie, Suède, Lituanie, Irlande où elle atteint plus de 99%).

Si l'on en juge par certains sondages (récents ou anciens) dans les milieux enseignants, la prolongation de la scolarité obligatoire est loin d'aller de soi pour une part importante d'entre eux.

En octobre 2012 (au moment de la concertation ayant précédé la loi de refondation de l'Ecole), le réseau social enseignant ''Néo-Prof'' a organisé une consultation à ce sujet. Seulement 25% des votants (un bon millier) se sont prononcés pour une scolarisation obligatoire jusqu'à 18 ans (67% jusqu'à 16 ans, et 7% sans avis). C'est certes un réseau plutôt ''conservateur'', mais cela donne quand même une certaine indication relative.

On peut noter toutefois que les réticences ont été nettement plus importantes dans le passé. Dix ans après la mise en place effective de l'instruction obligatoire jusqu’à 16 ans, un sondage est effectué par la SOFRES en décembre 1977 auprès d’un ‘’échantillon représentatif’’ des enseignants à qui l’on pose la question suivante : "A quel âge l’interruption de la scolarité obligatoire devrait-elle être possible : à 14 ans, à 16 ans, ou à 18 ans ? ". 48% des enseignants se prononcent pour 14 ans ( et 12% pour 18 ans ).

En septembre 1985 la SOFRES repose la même question à un ‘’échantillon représentatif’’ d’enseignants. 42 % d’enseignants (6% de moins qu’en 1977) se prononcent pour la possibilité d’interruption de la scolarité à 14 ans, et 15% pour la repousser jusqu’à 18 ans (3% de plus qu’en 1977)

En tout état de cause cet objectif d'allongement de la ''scolarité obligatoire'' est à des années-lumières des propositions énoncées par François Fillon qui ne trouve rien de mieux que de faire du brevet une condition de passage en seconde (ce qu'il n'a jamais été!) ou bien par Marine Le Pen qui se prononce pour « la suppression progressive du collège unique et l'autorisation de l'apprentissage à partir de 14 ans » (article 81 de son programme présidentiel).

Claude Lelièvre

La vidéo d'illustration est ajoutée par mes soins

CC

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Présidentielle 2017... Hamon: mixité socio-scolaire et "crime contre l'humanité"...

17 Février 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique, #Hamon

EXTRAIT

(...)

Mixité sociale et scolaire

Benoît Hamon a défendu son idée de "mixité scolaire". Selon lui, la diversité du niveau des élèves et leurs origines sociales sont des facteurs de réussite à l'école. "Je ne dis pas que ce sera simple", admet le candidat socialiste à la présidentielle qui prévoit que les parents d'élèves puissent faire "plusieurs vœux". "La mise en œuvre de la mixité scolaire doit répondre à la mixité sociale. Plus un établissement est homogène socialement, plus il concentre des problèmes pour les élèves en difficulté. Il faut donc passer à la mixité scolaire en élargissant les bassins de recrutement."

Le candidat à la présidentielle réitère également sa volonté que "l'enseignement privé soit associé, par la discussion". "Nous avons le devoir d'organiser la mixité sociale au bénéfice de tous", a-t-il conclu.

Les mots d'Emmanuel Macron sur la colonisation

Benoît Hamon est revenu vendredi sur les propos d'Emmanuel Macron, à Alger, mardi dernier, qui a qualifié la colonisation française de "crime contre l'humanité". Pour Benoît Hamon, c'est "un fardeau suffisamment lourd pour ne pas s'engager à la légère", en invitant le candidat d'En Marche ! à prendre la mesure de ses propos.

"Il faut qu'Emmanuel Macron dise à qui il pense et s'il envisage que, demain, des personnes soient poursuivies devant un tribunal international", déclare le candidat socialiste. "Crime contre l'humanité, ce n'est pas juste une formule, cela renvoie à la Shoah, aux génocides. Sur ces blessures-là, il ne faut pas jeter de sel, car on se retrouve dans la position où, comme président de la République, il faudra rendre des comptes. Moi, je ne m’engage pas aujourd’hui à l’aventure sur ce terrain-là."

L'intégralité du verbatim est à retrouver ci-dessous

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Apprendre à nos élèves "juste parce que c'est beau"...

17 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Je lis régulièrement "M Le Magazine du Monde". Il paraît chaque samedi. Grand amateur de ballets classiques, admirateur de Marie-Agnès Gillot, danseuse Etoile à l'Opéra de Paris, mon regard fut il y a quelques mois attiré par un rapide portrait fait d'elle.

Elle y confiait ceci :

«J'adorais mon grand-père. Il m'a appris plein de choses qui ne servent à rien comme pêcher la crevette, dessiner, apprivoiser les oiseaux, apprendre le nom des arbres».

Ce qui me fit réfléchir...

L'Ecole est en refondation. Trop, pas assez, trop rapidement, trop lentement, pas comme il faudrait pour les uns, comme il ne faut surtout pas pour d'autres. Là n'est pas le sujet de ma réflexion du moment. Voilà donc une danseuse qui, se souvenant de son grand-père adoré, conserve de lui l'image du pédagogue qu'il fut sans même le savoir. Un pédagogue particulier puisqu'il lui apprit des "choses qui ne servent à rien".

"Qui ne servent à rien..."

Et si, de temps à autres, nous, pédagogues experts, professeurs de profession, maniant les programmes avec dextérité, maîtrisant nos savoirs comme personne, capables de construire une séance qui s'achève "pile" sur la sonnerie de fin de cours, ne devrions-nous pas parfois prendre le temps, un temps nullement perdu, d'apprendre à nos élèves ces "choses qui ne servent à rien" ?

J'entends d'ici les quelques-uns, toujours les mêmes, poussant de hauts cris, bras levés vers le ciel, implorant la mémoire des anciens et m'accusant de dangereuse démagogie.

Comment? Ne pas respecter les programmes ? Emmener les élèves vers des «savoirs douteux», même pas évaluables  ? Scandale  !

Comment  ? Oser faire découvrir des savoirs inutiles  ? Quand tout savoir se doit, c'est un dogme scolaire, d'être utile et seulement utile  ? Scandale  !

Loin de moi l'intention de ne pas respecter les programmes ! En plus de trente-quatre ans de bons et loyaux services - je crois - , j'ai toujours mis un point d'honneur à obéir à la vraie seule injonction qui nous soit imposée: respecter ces fameux programmes et en laisser des traces.

Le grand-père de Marie-Agnès Gillot a laissé les traces que j'aimerais aussi laisser, prétentieusement sans doute, dans la mémoire de mes élèves. Ces traces indélébiles liées à des moments où, tout en apprenant ces «choses qui ne servent à rien», ces choses qu'on ne notera pas, ces choses qui ne feront pas l'objet d'un devoir, d'un contrôle, nous construirons ensemble des souvenirs, des souvenirs formateurs de l'adulte que chacun de nos élèves deviendra bientôt. Réapprendre, par exemple, qu'un livre est fait pour être lu avant d'être étudié. Et même, pourquoi pas, de ne pas être étudié du tout.

De temps en temps...

Je souhaite à tous les élèves de ce pays de conserver en mémoire aussi bien des formules mathématiques que la promenade qu'un jour un professeur de français vous fit faire, arrêtant le cours en son milieu, parce qu'il avait envie de vous montrer un paysage d'automne, de vous lire quelques passages de Flaubert et de Maupassant au milieu d'une Normandie vivante, loin du cadre strictement fermé de la salle de classe...

Et de vous montrer quelques libellules frôlant l'eau de la rivière...

Juste parce que c'est beau...

Christophe Chartreux

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