Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

education

Sortir de l’oubli les hussardes noires de la République...

5 Mars 2021 , Rédigé par Médiapart Publié dans #Education, #Histoire

Un modèle de l'Instruction républicaine | Histoire et analyse d'images et  oeuvres

EXTRAIT

Les femmes sont les oubliées de la laïcisation de l’école. L’historien François Jacquet-Francillon le relève, qu'on célèbre « les hussards noirs de la République en oubliant que la laïcisation incomba plus encore aux institutrices, est une sorte de scandale historiographique ». Le roman « Séduction » d’Hector Malot paru en 1881 est de ce point de vue un témoignage de première main.

Sortir de l’oubli les hussardes noires de la République et leur rôle majeur dans la laïcisation de l’école

Le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, approche.

Je saisis cette occasion pour rappeler le rôle majeur des premières institutrices laïques. Ce rappel est nécessaire car, comme l’a écrit l’historien François Jacquet-Francillon, « que nous continuions à célébrer les ‘hussards noirs de la République’ en oubliant que la laïcisation incomba plus encore aux institutrices, est une sorte de scandale historiographique ». Le roman Séduction d’Hector Malot paru en 1881 est de ce point de vue un témoignage de première main sur les premiers temps de notre école laïque à travers le destin d’une institutrice laïque au temps de Jules Ferry.

Le texte qui suit est un extrait d’une étude[1] qu’on peut retrouver dans un dossier Hector Malot, l’écrivain instituteur (direction Christa et Jean-Paul Delahaye), paru dans la revue dirigée par Francis Marcoin, les Cahiers Robinson n° 45, Presses de l’Université d’Artois, 2019.

Le roman Séduction (1881) d’Hector Malot, la question laïque au cœur de l’actualité

Travailler sur ce roman me paraissait d’autant plus utile que pour décrire la situation particulièrement difficile des premières institutrices laïques, la référence est jusqu’à présent le roman « L’institutrice de province » de Léon Frapié, publié en 1897. L’auteur y raconte l’histoire de Louise Chardon, jeune institutrice très investie dans son métier mais qui se heurte aux nombreuses difficultés que peut rencontrer une institutrice laïque dans un village à l’époque: hostilité du curé, des notables, mais aussi manque de soutien de ses supérieurs, de ses collègues, des parents, etc. Rien ne lui est épargné et sa vie devient une sorte de martyre. En mai 1897, le critique littéraire Francisque Sarcey[2] publie un compte rendu du roman de Frapié dans les Annales politiques et littéraires. Il demande à cette occasion à ses lectrices institutrices de lui écrire pour lui dire «si tout ce que dit M. Léon Frapié est vrai»[3]. Sarcey reçoit des dizaines de réponses qui témoignent de la justesse du roman[4]. Mais, ni à ce moment ni plus tard, il n’est fait mention du roman d’Hector MALOT, Séduction, paru pourtant 18 ans auparavant, qui évoque le même sujet[5]. Cet oubli est d’autant plus étonnant et injuste que ce roman de Malot très documenté est au cœur de la mise en œuvre de l’école républicaine au temps de Jules Ferry et que c’est un roman engagé qui soutient la position du gouvernement républicain en matière de laïcité.

(...)

Jean-Paul Delahaye

Lire la suite

Mireille Brigaudiot : Non, le programme pour l’école maternelle 2015 n’est pas « coupé » du CP

5 Mars 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Mireille Brigaudiot : Non, le programme pour l’école maternelle 2015 n’est pas « coupé » du CP
EXTRAIT
Depuis la parution de la note du CSP, qui a été vivement critiquée par l’ensemble de la profession, le ministère justifie régulièrement son projet de re-écriture du programme 2015 de maternelle par la récente obligation scolaire à 3 ans. D’après lui, Il faudrait recentrer les injonctions officielles sur les fondamentaux que le programme de 2015 aurait en quelque sorte « oubliés ». Je veux ici lever un malentendu car les futurs apprentissages du lire-écrire sont totalement visés par le programme actuel.
Des objectifs travaillés jusqu'au CP
Dans le domaine du Langage, ce programme tient, à la fois la connaissance qu’on a de l’acquisition du langage des enfants des 2-3 ans (c’est l’amont de la maternelle), et ce qu’on sait des apprentissages du lire-écrire au CP (c’est l’aval de la maternelle). De plus, ce texte reprend le cadre de la loi dite Peillon de 2013 dont les buts étaient d’élever les connaissances et de réduire les inégalités.
C’est pourquoi les 8 objectifs Langage de ce programme sont ordonnés (même si tous les objectifs sont travaillés tout au long du cycle, mais selon des modalités différentes). Ils commencent par la condition nécessaire à l’activité langagière en milieu collectif, « oser entrer en communication », et se terminent par la condition d’un bon démarrage du lire-écrire au CP, « découvrir le principe alphabétique et commencer à écrire tout seul ». Tous les autres objectifs s’inscrivent dans une suite de conquêtes propres aux enfants, et dans ce cadre.
(...)
Mireille Brigaudiot Membre du groupe d’experts chargés de la rédaction du Programme 2015 maternelle.

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Marie Poulnais, étudiante en biologie : “Certains n’ont que quinze euros par mois pour manger” + Vidéo

5 Mars 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education, #Université

EXTRAIT

ÊTRE ÉTUDIANT EN TEMPS DE PANDÉMIE – Entre deux cours et les sorties entre amis, Marie Poulnais consacre quinze heures par semaine à une épicerie solidaire pour étudiants. Où elle constate l’afflux massif, depuis plusieurs mois, de jeunes de plus en plus démunis.

Si l’on ne faisait qu’observer Marie Poulnais, son enthousiasme et son sourire, on pourrait croire qu’elle nous raconte son projet de voyage au Canada. C’est là-bas, au Québec, qu’elle aimerait vivre sa troisième année de licence de biologie, avant un master, un doctorat, puis une carrière dans la recherche en biologie cellulaire… On n’y est pas encore. En attendant, le Covid prive nombre de ses camarades d’emploi, donc de ressources, donc de nourriture, et Marie Poulnais n’a pas tellement le loisir de rêver grands lacs et chiens de traîneaux. Elle gère l’Agoraé de Brest, l’une des épiceries solidaires que la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) a implantées partout dans l’Hexagone. En souriant, donc.

À l’entendre, il est tout à fait naturel de consacrer quinze heures par semaine aux gens qui souffrent. Quinze heures ? Elle réfléchit, compte sur ses doigts, oui, c’est à peu près le temps que lui demande son rôle d’intermédiaire avec les donateurs. Entreprises, organismes publics, particuliers, banque alimentaire : ça vient d’un peu partout. Il faut « gérer cette générosité en ciblant les besoins » et « pérenniser la structure ». Car plus ça va, plus le local de 25 mètres carrés mis à disposition par la faculté des sciences paraît petit. Un second ne serait pas du luxe pour recevoir davantage de produits, créer un espace de rencontres, et surtout absorber l’afflux massif d’étudiants. En quelques mois, Marie Poulnais a constaté l’évolution du spectre des bénéficiaires, élargi désormais aux écoles de commerce ou d’ingénieurs. Même si la plupart des deux cents inscrits restent des étudiants étrangers à la faculté. « Certains n’ont que 15 ou 20 euros par mois pour manger. 

(...) 

Michel Bezbakh

Suite et fin (abonnés) en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Dépistage des collégiens et lycéens franciliens :"un crash test" pour le syndicat enseignant SNES-FSU

4 Mars 2021 , Rédigé par france bleu Publié dans #Education

Crash Test

Depuis novembre, les collégiens et les lycéens sont "très peu testés" dans la région, selon la porte-parole du syndicat enseignant SNES-FSU. Sur France Bleu Paris, Sophie Venetitay dénonce "un manque d'organisation" et réclame la mise en place d'un dépistage massif et des prélèvements salivaires.

Alors que les tests salivaires sont arrivés dans certaines écoles primaires dans la région depuis lundi, où en est le dépistage du Covid-19 dans les collèges et les lycées? La porte-parole du SNES-FSU, premier syndicat des collèges et des lycées, Sophie Venetitay parle de "crash test". "Encore une fois, beaucoup de décalage entre les annonces et la réalité sur le terrain. Priorité au primaire, sauf qu'aujourd'hui les collégiens et les lycéens sont très peu testés", selon la représentante syndicale, invitée de France Bleu Paris ce mercredi. 

"Depuis novembre, à peine 10 à 15% d'élèves ont été testés" en Ile-de-France, indique Sophie Venetitay. Les collégiens et les lycéens peu adeptes du tests PCR avec écouvillon dans le nez. C'est pourquoi elle réclame des tests salivaires dans ces établissements. Elle demande aussi plus de transparence sur les chiffres (nombre de tests pratiqués, nombre de contaminations). Sophie Venetitay dénonce "une omerta" de la part du gouvernement, "une volonté de mettre la poussière sous le tapis". 

Le syndicat SNES-FSU déplore "un manque d'organisation, d'anticipation". "Nous on demande un dépistage massif pour les élèves et les enseignants, c'est surréaliste de dire que l'école est la priorité et de ne pas mettre les moyens, on est incapable de tester comme il faut les élèves et les adultes."

Des professeurs vaccinés avant fin mars ? 

Autre sujet d'inquiétude pour les enseignants, le protocole sanitaire. "La situation se dégrade et pour autant le protocole sanitaire a été allégé", regrette la porte parole du syndicat enseignant. 

Sophie Venetitay réclame aussi des réponses sur le calendrier de la vaccination. "On souhaite que les professeurs soient vaccinés comme prévu avant la fin du mois de mars. On a demandé au ministère le calendrier précis, aucune réponse."

"Garder les écoles ouvertes est une très bonne chose mais il faut se donner les moyens. Et aujourd’hui ce n'et pas le cas. Au Royaume-Uni ils sont en mesure de tester deux fois par semaine les élèves"

Mélodie Pépin - France Bleu Paris

Lire la suite

L’école dans la crise due au Covid-19 : « Le plus inquiétant n’est pas le savoir non-acquis, mais la démotivation d’une part importante des élèves »

4 Mars 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

L’école dans la crise due au Covid-19 : « Le plus inquiétant n’est pas le savoir non-acquis, mais la démotivation d’une part importante des élèves »

EXTRAITS

Le professeur en sciences de l’éducation Jean-Marie de Ketele analyse la façon dont la France a géré la question scolaire dans cette année marquée par la pandémie.

Jean-Marie de Ketele est professeur émérite en sciences de l’éducation à l’Université catholique de Louvain (Belgique), professeur émérite titulaire de la chaire Unesco en sciences de l’éducation à Dakar et rédacteur en chef de la Revue internationale d’éducation de Sèvres.

Pourquoi la France a-t-elle gardé coûte que coûte ses écoles ouvertes à partir de mai 2020 ? Avons-nous fait preuve de dogmatisme à ce sujet ?

De l’étranger, la France donne le sentiment d’être un pays où la pensée, la réflexion et, d’une certaine façon, l’idéologie priment sur l’action. Dans le contexte de la pandémie, les principes ont prévalu – notamment celui de l’école républicaine et l’idée que tout le monde doit avoir accès à la même chose. Les politiques sont conscients que l’écart entre les élèves très brillants et ceux qui le sont moins pose problème. Fermer les écoles, c’était risquer d’accroître le fossé entre les quelques élèves bien soutenus par les parents et les autres. Ailleurs, on a parfois pensé autrement, en faisant primer les impératifs de santé.

Il est intéressant de noter que la France a tenu ce discours d’égalité, alors qu’en pratique elle est l’un des pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] où les indices d’équité sont les plus mauvais. Pendant cette crise, le système français a semblé souffrir de son jacobinisme, appliqué à un territoire par ailleurs fragmenté.

A titre d’exemple, de nombreux pays ont voulu soutenir les structures scolaires par le biais de dispositifs d’aide et de rattrapage, entre autres pendant les vacances d’été. Mais là où la France est partie de directives centralisées, d’autres ont choisi de soutenir des initiatives locales. Au Québec, par exemple, c’est à l’échelle locale que l’on a essayé d’analyser les besoins et de mobiliser les ressources pour réduire les inégalités liées au Covid. Dans un pays centralisé où certains territoires sont ghettoïsés, il faudrait réussir à faire davantage confiance au terrain, à ceux qui savent ce qu’ils peuvent faire et ne pas faire.

(...)

L’école française, du fait des points faibles que vous évoquez, aura-t-elle plus de mal à se relever de cette crise que celle d’autres pays d’Europe ?

Il y a beaucoup de décrochages, surtout dans certains milieux, mais ce n’est pas spécifique à la France. Le plus inquiétant, à mon sens, n’est pas le « non-acquis » mais la démotivation scolaire, qui touche une part importante des élèves. Les enseignants eux-mêmes rapportent que la motivation, lors de leurs 50 % de temps en classe, n’est plus la même qu’avant : il est difficile pour un jeune de rester mobilisé dans un système hybride.

(...)

Alors que le recours aux cours particuliers est important dans les catégories favorisées, on a constaté que les parents issus de l’immigration se sont davantage mis ensemble pour aider leurs enfants. Ce principe collaboratif existe donc en France, mais plutôt dans les familles populaires, où les parents s’organisent avec la famille élargie. On fait appel à l’oncle ou au neveu, à celui qui a eu une bourse dans tel établissement, pour faire de l’aide aux devoirs. Il y a eu des initiatives remarquables sur le terrain, c’est indéniable. Il faut maintenant les valoriser.

Violaine Morin

Lire la suite

Education nationale : Les heures supplémentaires compensent-elles vraiment la suppression de postes dans les collèges et lycées ?

4 Mars 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Education nationale : Les heures supplémentaires compensent-elles vraiment la suppression de postes dans les collèges et lycées ?

FAKE OFF Selon Jean-Michel Blanquer, la suppression de postes dans l'enseignement secondaire est compensée par le budget alloué aux heures supplémentaires 

Invité de France Inter ce mardi, Jean-Michel Blanquer a défendu sa stratégie consistant à créer plus de postes dans le premier degré pour donner la priorité aux savoirs fondamentaux. 

A en croire le ministre de l'Education nationale, ce choix stratégique ne se ferait pas au détriment du second degré, malgré la suppression annoncée de 1.800 postes pour la rentrée 2021.

Ces suppressions seraient en effet compensées par les heures supplémentaires prévues dans le budget du gouvernement. Mais celles-ci sont loin d'être intégralement consommées, en plus de nuire à la qualité de l'enseignement, estiment les syndicats d'enseignants.

« Blanquer ment. » Le ministre de l’Education nationale s’attendait-il à voir émerger un tel hashtag sur Twitter ce mardi, peu après son passage dans la matinale de France Inter ?

Des mesures sanitaires prises dans les établissements scolaires pour lutter contre la propagation du Covid-19 aux questions relatives à la prime informatique à destination des enseignants, les propos de Jean-Michel Blanquer ont poussé des internautes à dénoncer, à travers ces mots-clés, ses supposées intox. Notamment sur la question des moyens alloués par le ministère à l’enseignement en maternelle et en primaire. 

« Bien sûr, c'est exact de dire qu'il y a parfois des suppressions de postes [dans les collèges et lycées, mais] nous les compensons en heures supplémentaires », précisait-il à ce propos, alors que le premier degré devrait compter 56.000 élèves en moins en 2021, et que le second degré s’attend à en accueillir 43.518 de plus.

FAKE OFF

Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Education nationale confirme que les chiffres avancés fin décembre pour la rentrée scolaire 2021 restent d’actualité : « Il est toujours prévu une création de 2.489 postes dans le premier degré et une suppression de 1.800 postes équivalent temps plein (ETP) dans le secondaire. Celle-ci sera toutefois compensée par 1.847 ETP en heures supplémentaires annualisées (HSA). »

Que signifie concrètement, au sein des établissements, une telle « compensation » ? Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat Snes-FSU, explique : « Le ministère supprime des postes assurés par des personnes physiques, des adultes présents pour encadrer les élèves, pour les remplacer par des heures supplémentaires qui sont réparties entre les professeurs toujours en poste. A titre d’exemple, la suppression d’un poste en sciences industrielles dans un établissement est censée être compensée par ses collègues de la même discipline, qui doivent se répartir des heures supplémentaires d’enseignement. »

« Toutes  les heures supplémentaires ne sont pas consommées, loin de là »

« L’argument du ministère est de dire que les élèves ne voient pas leurs heures d’enseignement diminuer puisque ces suppressions seraient compensées par des heures supplémentaires annualisées. Mais toutes les heures supplémentaires prévues dans le budget de l’Education nationale ne sont pas consommées, loin de là », déplore-t-elle.

Dans un rapport de novembre 2020, la commission de la Culture, de l’Education et de la Communication du Sénat dressait le même constat à propos des HSA  : « Les heures supplémentaires budgétées ne sont pas consommées. Ainsi, 12,3 millions d’euros de crédits pour les heures supplémentaires n’ont pas été consommés en 2019. »

Et cette situation n’a rien de surprenant, selon Sophie Vénétitay : « C’est humainement impossible à tenir, puisque les professeurs sont censés intégrer à leur emploi du temps des heures d’enseignement pour ces classes supplémentaires, ce qui leur laisse moins de temps à consacrer à leurs propres classes. Le ministère le sait très bien mais continue la même politique. C’est un tour de passe-passe de sa part car il ne s’agit pas d’une vraie compensation. Donc l’affirmation de Jean-Michel Blanquer est vraiment à nuancer. »

Des heures supplémentaires qui représentent « près de 9 % des heures d’enseignement »

La commission sénatoriale ne disait pas autre chose dans son rapport de l'automne 2020. « Dans les établissements, du fait des enseignants à temps partiel et ceux dont l’état de santé ne permet pas de faire des heures supplémentaires, l’enveloppe des HSA porte souvent sur la moitié à peine des enseignants de la discipline concernée. Dans les faits, il n’est pas rare de demander à un personnel d’effectuer trois voire quatre HSA », soulignaient ainsi ses auteur. Et d'ajouter que depuis le projet de loi de finances (PLF) 2019, le ministère a recours « de manière constante » à ces heures supplémentaires en guise de compensation aux suppressions de poste, au point qu’elles représentent « aujourd’hui près de 9 % des heures d’enseignement. »

Cette stratégie – que le ministère justifie, selon le rapport sénatorial, par l’anticipation de la baisse de postes nécessaires dans l’enseignement secondaire à compter de 2023 –, a aussi un impact concret sur la manière d’enseigner. « L’augmentation des effectifs d’élèves et la suppression de postes a pour effet premier de faire disparaître les cours en demi-groupe. Quatre heures de français en demi-groupe deviennent ainsi quatre heures en classe entière, ce qui représente une dégradation claire des conditions d’enseignement », souligne la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU.

Et si le ministère de l’Education admet « que ce rééquilibrage global [du secondaire], lié à une démographie très variable d’une académie à l’autre, peut donner lieu à des augmentations ou diminutions des ressources globales d’heures d’enseignement selon les académies », Jean-Michel Blanquer reconnaissait lui-même, sur France Inter, la difficulté de poursuivre une telle stratégie sur le long terme : « Il est exact que les suppressions de postes ne peuvent pas éternellement se réaliser dans l'enseignement secondaire, on est bien d'accord, c'est aussi sur ce quoi je travaille pour le budget 2022. »

Alexis Orsini

Lire la suite

IVAN LEVAÏ, UNE VOIX DANS LE SIÈCLE (5 ÉPISODES) Épisode 2 : L’école de la méritocratie

3 Mars 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Ivan Levaï par Claude Truong-Ngoc 5 octobre 2013 01.jpg

Malheureux et malaimé à son domicile, Ivan Levaï est adopté par l’école de la République. Bon élève, il y grandit auprès de maîtres bienveillants et exigeants. L’un d’eux, via un journal-école, l’initie à la presse.

A Ménilmontant, au lendemain de la guerre, l’école permet un brassage social salvateur pour Ivan Levaï, qui y oublie les brimades de son foyer. Il vit chez une tutrice qu’il baptise Folcoche, en référence à la cruelle mère du roman d’Hervé Bazin « Vipère au poing ». Il connaît une enfance douloureuse affectivement, multiplie les fugues et va jusqu’à faire des tentatives de suicide. Il incarne avant l’heure un modèle de résilience.

"En 1949, suite à une fugue, je fuis "Folcoche", un jour de colère. Je couche dans les rues, j'ai froid, j'ai rien. Je me suis retrouvé avec une primo-infection des poumons, dans un préventorium, l'antichambre du sanatorium. J'y suis resté un an et demi, allongé toute la journée. Je faisais de la chainette et je lisais tous les poètes et les romanciers : Balzac, Dumas, Stendhal, Hugo. Et, j'ai découvert Georges Brassens avant Georges Brassens, son roman La Tour des miracles. "

"C'est au lit, malade, que j'ai beaucoup lu"

Ivan Levaï est formé sur les bancs de l'école par les hussards noirs de la République chers à Jules Ferry. Son instituteur de cours moyen lui propose d’être rédacteur-correcteur dans le journal fait par la classe. La graine de l’information est semée chez ce grand curieux. Bon élève, sensible à la poésie et à la culture, Ivan Levaï trouve le moyen d’assouvir sa curiosité et sa soif de savoir par les livres. Il complète son apprentissage en écumant les bibliothèques.

"C'est dans la bibliothèque municipale que j'ai lu ce qu'on ne lit pas aujourd'hui, même la Nouvelle Héloïse. J'avais le choix de 9000 bouquins. Et comme les heures étaient longues, comme au préventorium,  je prenais tout ce qui me tombait sous la main. C'était formidable car je n'avais pas d'argent pour aller au cinéma. Je n'avais rien."

Grâce à la mère d’un copain, il assiste gracieusement à des représentations à l’Opéra de Paris. Il furète déjà dans les escaliers de service et les loges pour approcher les artistes. Ainsi grandit-il porté par sa culture, sa débrouillardise et la leçon de celle qu’il appelle tante Alice et auquel il sera fidèle toute sa vie « Mon garçon, sois bien simple ». 

Une série d'entretiens proposée par Caroline Bonacossa, réalisée par Doria Zenine. Prise de son : François Rivalan. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Bibliographie sélective

Caroline Bonacossa

Lire la suite

Tests salivaires : comment Jean-Michel Blanquer est passé de 50 000 à 3 000 tests en deux jours

2 Mars 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Tests salivaires : comment Jean-Michel Blanquer est passé de 50 000 à 3 000 tests en deux jours

Les tests salivaires dans les écoles, présentés comme l'ultime recours pour ne pas fermer les établissements scolaires, peinent à démarrer. Hier sur France Inter, le ministre de l'Education nationale avançait plusieurs chiffres. Nous les avons vérifiés.

Jean-Michel Blanquer annonçait hier sur France Inter le recrutement de 1700 médiateurs pour faciliter l'organisation des prélèvements car les écoles manquent de personnels pour effectuer ce dépistage. Les tests ont commencé la semaine dernière dans la zone A. Le ministre avance des chiffres mais qu'en est-il exactement ? 

50 000, 10 000 ou 3 000 tests ?

Le ministre a-t-il du mal à faire les comptes ? Ou joue-t-il sur les mots ? En tous cas, les chiffres se dégonflent au fil des heures ! Avant hier, lundi 1er mars, Jean-Michel Blanquer annonçait que 50 000 tests salivaires avaient été mis à disposition des écoles la semaine dernière, dans la zone A. Hier, mardi 2 février, à 8h20 sur France Inter, il reconnaissait qu'on était "en-dessous de 10 000 réalisés". Quelques heures plus tard, vers 11h, lors d'une réunion avec les organisations syndicales, son cabinet parlait de 3 000 tests seulement, ce qui correspond à une dizaine d'écoles dans les huit académies qui avaient repris après les vacances.

Ces derniers temps, le ministre insiste sur le déploiement de ce dépistage. Pas une déclaration sans les évoquer. 

Mi-mars ou fin mars ? 

Jean-Michel Blanquer promet 300 000 tests par semaine pour la mi-mars c'est-à-dire dans moins de 2 semaines, malgré les difficultés d'organisation sur le terrain. Les infirmières et médecins de l'Education nationale sont déjà accaparés par la mise en place des tests antigéniques dans les collèges et lycées. Les tests salivaires nécessitent une organisation plus lourde avec l'envoi des échantillons de salive aux laboratoires, la prise en compte de la carte vitale des parents de l'enfant. Les écoles n'ont pas les personnels suffisants. Le ministre a ainsi annoncé que des médiateurs viendraient en renfort pour ces tâches.

Mais son cabinet a rectifié le calendrier auprès des syndicats et prévoit plutôt 300 000 tests à la fin du mois de mars, le temps que l'organisation trouve son rythme de croisière.

Le précédent des tests antigéniques

L'emballement pour ces tests salivaires rappelle celui pour les tests antigéniques : un million de tests annoncés en novembre dernier, alors que finalement 10 000 avaient été réalisés à la veille des vacances de Noël, soit 1% ! Il faut en effet distinguer les tests disponibles et les tests réellement passés par les élèves ou les personnels. Une question de vocabulaire qui entretient le flou dans la communication ministérielle.

Sonia Princet

Lire la suite

Tests salivaires dans les écoles : une ambition… et des questions sur ce moyen de dépistage du Covid-19

2 Mars 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Tests salivaires dans les écoles : une ambition… et des questions sur ce moyen de dépistage du Covid-19

EXTRAITS

Quelque 1 700 médiateurs doivent être recrutés d’ici à juin pour aider le personnel à atteindre l’objectif de 300 000 tests par semaine.

Les tests salivaires proposés aux élèves et aux enseignants volontaires permettront-ils de garder les écoles ouvertes ? C’est leur « objectif fondamental », a défendu le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, lundi 1er mars, lors d’un déplacement à Lavoncourt (Haute-Saône), dans une école où plus de 90 % des familles ont accepté que leur enfant soit testé en ce jour de rentrée pour la zone C.

(...)

« Dans le flou »

« Nous sommes dans le flou, nous ne savons pas quelle mission supplémentaire va peser sur nos épaules », s’alarme Saphia Guereschi, porte-parole des infirmières du SNICS-FSU. « Rien ne semble avoir été anticipé pour la mise en œuvre de ces tests, renchérit Guislaine David, porte-parole des enseignants du SNUipp-FSU. Les professeurs des écoles y sont favorables, cela fait même six mois qu’ils les réclament, rappelle la syndicaliste, mais ils ne sont ni infirmiers ni personnels de laboratoire. »

Les enfants du primaire n’étaient testés, jusqu’à présent, qu’en cas de cluster avéré –possiblement à partir de trois cas positifs au Covid-19, ou lorsqu’un variant du virus était identifié. Dans les collèges et les lycées, en revanche, des tests antigéniques sont proposés sur la base du volontariat depuis novembre 2020, sans qu’on ne dispose, à ce jour, d’aucun bilan permettant d’objectiver leur déploiement. Le ministère de l’éducation a assuré aux syndicats qu’ils disposeraient bientôt d’un « point hebdomadaire » sur ces dépistages académie par académie.

Dans un communiqué daté du 28 février, le syndicat SNUipp-FSU, majoritaire au primaire, a demandé au ministre un « cadrage clair sur le déroulé de la campagne de dépistage » (cadrage « diffusé sous peu », promet-on Rue de Grenelle), ainsi que des précisions sur le rôle et les gestes à assumer par les enseignants. Des enseignants inquiets : une « notice » diffusée sur les réseaux sociaux, il y a quelques jours, laissait entendre qu’ils auraient à superviser les opérations. « Dans au moins deux écoles de la Loire et du Rhône, des collègues ont eux-mêmes fait les prélèvements », assure Guislaine David.

(...)

Sur le lieu, le rythme des tests, on sait encore peu de choses, sinon qu’ils seront d’abord déployés dans les « zones à risques », dont la vingtaine de départements en surveillance renforcée. Les laboratoires chargés des prélèvements devront livrer les résultats sous 24 heures aux représentants légaux des élèves et aux médecins scolaires. Les écoles, elles, ne se verront communiquer que le nombre de cas positifs et pas l’identité des enfants. Aux familles de se manifester.

Plusieurs campagnes de dépistage devraient être menées, à intervalles réguliers, dans des établissements sélectionnés pour mesurer la progression de la contagion, explique-t-on au cabinet Blanquer où l’on tient toujours à distance, à ce stade, l’hypothèse d’un reconfinement scolaire.

(...)

Mattea Battaglia

Article compet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Tests salivaires dans les écoles : 1 700 médiateurs recrutés pour un dispositif aux contours très flous...

2 Mars 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Tests salivaires dans les écoles : 1 700 médiateurs recrutés pour un dispositif aux contours très flous...

Le ministre de l’Education nationale a annoncé ce mardi le recrutement d’étudiants en médecine ou encore en pharmacie pour aider à réaliser ces tests dans les établissements scolaires. Car, pour le moment, les dépistages peinent à se mettre en place et les directives sont loin d’être claires.

Le ministre de l’Education nationale le répète en boucle : il faut «garder les écoles ouvertes», assurant, encore une fois, ce mardi sur France Inter qu’il y a «bien sûr des contaminations à l’école, mais pas plus qu’en-dehors. Pour l’enseignement primaire, c’est même moins que dans le reste de la société.» Alors pour tenter de rassurer parents et enseignants, Jean-Michel Blanquer mise désormais sur les tests salivaires dans les écoles, avec un «objectif ambitieux : 300 000 tests par semaine. Nous en avons les moyens», a-t-il annoncé lundi en déplacement dans une école à Vesoul, en Haute-Saône. Se fixer des objectifs, c’est bien. Encore faut-il les réaliser, et dans de bonnes conditions. Là-dessus, les syndicats enseignants sont plus que sceptiques.

Où les tests salivaires sont-ils organisés et depuis quand ?

Dans les zones où le virus circule le plus et, en priorité, dans les écoles maternelles et élémentaires. Ces tests sont en effet non invasifs, donc moins impressionnants que les tests antigéniques réalisés essentiellement dans des collèges et lycées depuis le mois de novembre. Les écoles retenues devront organiser ces tests «à échéance régulière, sûrement tous les quinze jours», indique le ministère de l’Education nationale. La campagne a démarré dans des écoles de la zone A la semaine dernière avec 10 000 tests réalisés au lieu des 50 000 à 80 000 tests annoncés au départ. Le dispositif s’étend désormais aux zones B et C, de retour de vacances. Selon Jean-Michel Blanquer, 50 000 à 80 000 tests doivent être effectués cette semaine avant de passer à 300 000 tests hebdomadaires «d’ici la mi-mars».

Qui les réalise ?

C’était la grande question du côté des enseignants. En milieu de semaine dernière, le ministèreindiquait à Libération que ces tests seraient effectués en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS) et les infirmières scolaires, «quand c’est possible». L’équipe de Jean-Michel Blanquer n’en savait en réalité pas davantage. Or, depuis, une note de la direction académique du Rhône adressée au directeur d’une école test a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux. On y apprenait que les dépistages seraient réalisés, la première fois, «par le personnel d’un laboratoire avant d’être ensuite encadrés par les personnels de l’Education nationale ou des collectivités territoriales». Selon Ghislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU, des enseignants de la Loire ont même déjà fait passer des tests salivaires aux enfants «après avoir été sommairement formés par les équipes des laboratoires qui ont ensuite récupéré les échantillons».

Ce mardi, Jean-Michel Blanquer donne enfin des précisions aux informations apportées la veille par le ministère à Libération sur la mobilisation de médiateurs. «A partir d’aujourd’hui nous allons recruter 1 700 médiateurs (étudiants en médecine, en pharmacie ou dans d’autres domaines) de façon à appuyer les personnels mobilisés pour réaliser ces tests», a déclaré le ministre de la rue de Grenelle.

Comment se déroulent ces tests ?

Les laboratoires apportent le matériel nécessaire et leur personnel doit obligatoirement être présent pour la première intervention, afin de former le personnel scolaire médical. Lors du dépistage, les enfants doivent cracher dans un flacon, avec au moins un millimètre de salive. Pour les plus petits, la salive peut être prélevée directement sous la langue à l’aide d’une pipette. Les échantillons sont ensuite analysés dans un laboratoire de biologie médicale qui communique directement le résultat aux familles, sous vingt-quatre heures. S’il est positif, les parents sont tenus d’informer l’école. Les laboratoires peuvent, eux, uniquement communiquer aux écoles le nombre de cas positifs enregistrés. Lorsque qu’un élève est testé positif au Covid, le laboratoire doit vérifier s’il s’agit d’un variant. Une classe doit fermer lorsqu’elle compte trois cas de variants anglais et un seul cas du variant sud-africain ou brésilien. Mais, pour cela, les familles doivent prévenir l’établissement de leur enfant.

Sont-ils obligatoires ?

Non, ces tests se font seulement sur la base du volontariat. Comme pour les tests antigéniques, les élèves doivent être munis d’une autorisation signée des parents et d’une photocopie de leur carte vitale. Les enseignants doivent récupérer ces papiers et les remettre à la direction de leur établissement. Enfin, le personnel scolaire peut aussi bénéficier de ces tests.

Pourquoi les syndicats enseignants sont-ils en colère ?

Ils déplorent le manque total d’organisation et une «grande opération de communication orchestrée par Jean-Michel Blanquer. C’est un fiasco : rien n’a été anticipé», dénonce Ghislaine David. Comment les salles prévues pour les dépistages seront-elles désinfectées ? Quelles sont les consignes d’aération pour empêcher le virus de circuler si des enfants positifs crachent dans un tube ? A ces questions, le ministère répond que l’organisation se fera au cas par cas.

Le SNUipp-FSU, premier syndicat enseignant réclame un arrêté pour clarifier les choses et dénonce «une politique du chiffre purement scandaleuse». Le gouvernement promet d’atteindre un objectif de 300 000 tests salivaires par semaine mais quand on regarde du côté des tests antigéniques, il y a de quoi se méfier. En janvier, Jean-Michel Blanquer tablait sur un million de tests antigéniques alors que seulement 50 000 tests sont péniblement réalisés chaque semaine, par manque de candidats. Le gouvernement espère que les tests salivaires auront plus de succès.

Cécile Bourgneuf

Lire la suite