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Vivement l'Ecole!

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« Et ça marche, la laïcité ? » : des lycéens professionnels en débattent

11 Décembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Laïcité

« Et ça marche, la laïcité ? » : des lycéens professionnels en débattent

EXTRAITS

A Pessac, en Gironde, le lycée Philadelphe-de-Gerde a organisé une matinée d’ateliers en hommage à Samuel Paty.

« Mais pourquoi on est là ? » Les 215 élèves du lycée professionnel Philadelphe-de-Gerde à Pessac (Gironde) accueillent fraîchement la séquence consacrée à la laïcité, jeudi 9 décembre. Sous l’impulsion d’une enseignante de lettres et d’histoire, Catherine Ambeau, épaulée par la proviseure adjointe, Isabelle Carlin, l’établissement a vu les choses en grand en cette Journée de la laïcité à l’école. Un quiz, la réalisation d’affiches, l’inauguration d’un parvis Samuel-Paty et la plantation d’un arbre de la laïcité rythment la matinée de toutes les classes présentes.

La distribution de la Charte de la laïcité, au début du cours, suscite des récriminations dans la classe de terminale métiers du commerce et de la vente. « On nous la donne chaque année », lance un élève dépité. Au fur et à mesure du quiz, pourtant, les élèves se prêtent au jeu. « Nous sommes toutes et tous laïques »« la laïcité est contre les religions »« le principe de laïcité favorise le vivre-ensemble »… Les élèves ont à chaque fois cinq minutes pour juger si ces affirmations sont vraies ou fausses et argumenter leur choix. « Oui, on est laïque, on est cool avec toutes les religions, on cohabite avec tout le monde », affirme Damien (les prénoms des lycéens ont été changés). « On est laïque parce qu’on est obligés », rétorque Amira. « Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas être libre de m’habiller comme je veux, même au sein de l’école », estime la lycéenne, qui porte le voile en dehors de l’enceinte scolaire.

Les discussions glissent rapidement sur le terrain des discriminations et du racisme. « Si un musulman fait quelque chose de mal, on va en entendre parler pendant des semaines dans les médias. Quand c’est un chrétien, on n’en parle même pas », déplore Samira. Damien abonde : « Si l’Etat est laïque, pourquoi on entend les cloches des églises sonner ? Et pourquoi il y a des sapins de Noël dans les écoles ou les mairies ? » Samira s’est forgé une conviction : « Les gens racistes ne sont pas laïques. La laïcité leur sert de prétexte pour créer des conflits alors qu’elle devrait permettre de les éviter. »

(...)

« Malentendus »

Deuxième temps fort : la création de slogans et de dessins autour de la laïcité. Après avoir débattu du sujet, les lycéens ne manquent pas d’idées. « L’Etat te donne la liberté de croire en ce que tu veux. Tu peux croire en toi ou croire en Dieu, et peut-être même les deux », « l’union fait la force, la misère la divise »« nous sommes tous la France »« tous égaux, tous fraternels » peut-on lire sur leurs affiches. Amira se montre réticente : « La laïcité, ça ne sert à rien. On peut vivre ensemble sans. On sait se respecter, on est des êtres humains. » Un enseignant de français engage la discussion avec elle autour du vivre-ensemble et de la liberté. Elle finira par trouver sa punchline : « La liberté de croire ou de ne pas croire et le respect sont la clé de la collectivité. » « Ça ne sert à rien de s’énerver ou de se mettre en colère », remarque le professeur. « Ces élèves peuvent avoir des représentations culturelles ou identitaires qui font obstacle ou créent des malentendus autour de la notion de laïcité. Notre travail est d’aller au-delà pour former des citoyens. »

A l’issue des ateliers, les élèves descendent dans la cour accrocher leurs affiches et assister à l’inauguration du parvis Samuel-Paty. Catherine Ambeau l’imagine comme « un lieu vivant, une agora », avec au centre « un arbre de la laïcité ». Ses élèves de 2de ont choisi de planter un olivier. Parmi eux, Alban prend la parole d’une voix peu assurée : « C’est un symbole de paix, qui dure longtemps et sera toujours beau aux yeux de tous. Nous plantons cet arbre en l’honneur de Samuel Paty pour montrer que ce qu’il a fait n’était pas inutile. » Malgré les divergences qui ont pu s’exprimer tout au long de la matinée, les lycéens applaudissent.

Sylvie Lecherbonnier(Pessac (Gironde), envoyé spécial)

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La place des enfants dans l’épidémie : une insoluble controverse

11 Décembre 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

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EXTRAITS

Les enfants sont montrés du doigt à chaque nouvelle vague de Covid-19. Entre les épidémiologistes, qui insistent sur le rôle des écoles dans la circulation du virus, et les pédiatres, qui s’inquiètent de la santé mentale des plus jeunes, la discussion scientifique est vive. L’ouverture probable de la vaccination à tous les moins de 12 ans la complexifie.

Au printemps 2020, ils ont été confinés trois mois. Depuis, ils vivent au rythme des exclusions de l’école, parce qu’ils sont positifs ou contacts, et des fermetures de classe. Autour d’eux, les adultes s’écharpent sur un protocole sanitaire sans cesse changeant. Régulièrement, leur vie sportive ou culturelle est suspendue. Puis il est question que leurs vacances s’allongent ou qu’ils soient renvoyés chez eux par demi-classes. Et ils sont désormais les seuls Français à devoir porter le masque à l’extérieur, quand les adultes continuent à fréquenter des bars et des restaurants non ventilés. 

Le rôle des enfants dans l’épidémie est la plus grande controverse de cette pandémie. Elle oppose des scientifiques et des médecins, qui brandissent chacun des impératifs que l’on pensait inaliénables : le droit à la santé, à l’éducation, la protection des enfants. L’épidémiologiste Dominique Costagliola, la professeure Christèle Gras-Le Guen, cheffe de service de pédiatrie générale et des urgences pédiatriques au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Nantes (Loire-Atlantique) et présidente de la Société française de pédiatrie, et la pédopsychiatre Lisa Ouss de l’hôpital Necker, à Paris, fourbissent leurs arguments, souvent irréconciliables. Résumé en quatre questions.

(...)

Quel est le risque du Covid pour les enfants ? 

Lors de son audition par le Sénat, Dominique Costagliola a rappelé les chiffres de décès du Covid chez les enfants : « Il y a eu, depuis le début de l’épidémie, 15 décès d’enfants de 10 à 19 ans, 3 décès chez les 5-11 ans. Pourquoi est-ce qu’on doit accepter que des enfants meurent ? », a-t-elle interrogé.

La Haute Autorité de santé, dans son avis du 25 novembre sur la vaccination des enfants, a contextualisé ces chiffres en rappelant qu’il y a eu 420 000 cas de Covid-19 chez les enfants de 5 à 11 ans, dont 28 % ont présenté des symptômes. Parmi ces enfants, 1 294 ont été hospitalisés, dont 225 en soins critiques. La toux, la fièvre, une diarrhée, des vomissements ou de la fatigue étaient les principales causes d’hospitalisation. Plus rares, mais plus graves, des enfants et des adolescents ont été victimes de syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques (PIMS, selon l’acronyme anglais). Au 21 novembre, en France, 702 enfants ont développé un PIMS à la suite d’un Covid. Un enfant est décédé, les autres se sont rétablis sans séquelles apparentes.

À ces chiffres, la Société française de pédiatrie en oppose d’autres : chaque année, il y a 30 000 hospitalisations et 20 décès chez les enfants de moins de 1 an dus à la bronchiolite, 250 décès chez les 0-19 ans dus à la grippe, 14 000 hospitalisations chez les moins de 3 ans dues aux gastro-entérites virales, 35 000 enfants hospitalisés après une crise d’asthme. « Malgré le fort impact sur la santé des enfants de ces nombreux virus, aucune fermeture de classe ou de collectivité n’a jamais été envisagée jusqu’au Sars-CoV-2 », rappelle la SFP.

L’épidémie de bronchiolite est actuellement « folle, raconte la professeure Gras-Le Guen. Nos services, nos urgences, nos réanimations sont saturées, on est au bord de l’explosion. C’est la bronchiolite qui nous épuise, nous préoccupe, ce n’est pas le Covid. Tous les enfants sont testés à l’entrée de l’hôpital : ce n’est pas le Covid qui cause des bronchiolites. Il y a vraiment un décalage entre les discours médiatiques, qui ne tournent qu’autour du Covid, et ce qu’on vit sur le terrain. Pourquoi n’y a-t-il pas des messages de santé publique à destination des parents de nourrissons, qui ne doivent pas aller dans les transports publics, les supermarchés, qui ne doivent pas laisser les bébés être embrassés par toute la famille ? Laisser penser que les pédiatres laissent mourir les enfants du Covid est assez provocateur… »

Dominique Costagliola en convient : « Est-ce qu’on est assez attentifs aux autres épidémies chez les enfants ? Est-ce qu’on ne doit pas remettre en cause certaines pratiques ? Par exemple, d’autres pays vaccinent les enfants contre la grippe. »

(...)

Faut-il vacciner les enfants ?

La Haute Autorité de santé a rendu le 25 novembre un avis favorable à la vaccination des enfants de 5 à 11 ans à risque de formes sévères de Covid-19, qu’ils souffrent de maladies cardiaques, neurologiques, de diabète, d’obésité ou de trisomie 21. Ils pourront recevoir leur première dose de vaccin pédiatrique à partir du 15 décembre.
Lundi 6 décembre, Olivier Véran a annoncé qu’une vaccination plus large des enfants serait possible, d’un point de vue logistique, à partir du 20 décembre. Elle resterait sur la base du volontariat, a assuré le ministre. Elle a débuté aux États-Unis, en Israël, au Canada, au Québec.

Un seul vaccin, celui de Pfizer, a une formulation pédiatrique adaptée. Une étude clinique a été conduite sur 3 000 enfants. À partir de cette étude, l’Agence européenne des médicaments a donné un avis favorable à son utilisation. Est désormais attendu l’avis de la Haute Autorité de santé française.

Pour l’épidémiologiste Dominique Costagliola, « si seulement 30 % des enfants étaient vaccinés, et même si le vaccin ne diminue que de 50 % la circulation du virus, cela aurait un impact sur l’épidémie et sur les fermetures de classes. Il ne faut pas penser une politique vaccinale en fonction des hésitants. La vaccination ne suffit pas, mais associée aux autres gestes barrières, elle peut nous éviter de nouvelles mesures contraignantes ».

Les pédiatres sont encore réservés : « Cela fait 30 ans que je vaccine des enfants, rappelle Christèle Gras-Le Guen. Mais il me paraît impensable de recommander ce vaccin avant d’avoir des données plus complètes. Les États-Unis ont débuté la vaccination des enfants début novembre, ils commencent tout juste à injecter la deuxième dose. Il faut être très vigilants. S’il y a un seul problème avec un enfant vacciné, les conséquences seraient catastrophiques. »

La pédiatre invite aussi à « ne pas se tromper de cible. Sommes-nous contraints de vacciner 5 millions d’enfants pour protéger 5 millions d’adultes qui n’ont pas souhaité le faire ? »

Caroline Coq-Chodorge

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Les adolescents face au complotisme

11 Décembre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Jeunesse

Enquête : les jeunes, 1res victimes du complotisme - GEO Ado

Plus de huit adolescents sur dix croient, au moins, à une théorie du complot. On parle ici des 10 à 15 ans. Une étude récente montre que ces jeunes adhèrent au moins à l'une des ces théories fumeuses. Quelles sont les raisons qui poussent ces ados vers le complotisme ? Le décryptage de la psychanalyste Claude Halmos. 

Une étude sur l’attitude des adolescents face aux théories complotistes, réalisée par l’Institut CSA pour Milan Presse, a été publiée la semaine dernière. Elle montre que 85% d’entre eux croient vraie au moins l’une de ces théories. Et l’importance de ce pourcentage fait évidemment réfléchir.

franceinfo : Comment pensez-vous que l’on puisse l’expliquer ? Et comment aider ces adolescents ? 

Claude Halmos : Parmi les raisons qui poussent ces adolescents vers le complotisme, certaines sont sans doute les mêmes que les adultes : l’influence des réseaux sociaux, et le sentiment de supériorité que procure l’adhésion à ces théories.

Une supériorité acquise à peu de frais (puisque l’on peut se croire, sans avoir rien étudié, plus savant que les scientifiques). Mais qui tente aussi de compenser un sentiment d’infériorité, toujours très destructeur. Il est souvent lié, chez les adultes, à une absence de reconnaissance sociale ; et il se double, chez les adolescents, d’un sentiment – générateur de révolte – de ne pas être reconnus dans leurs familles.

Et l’adhésion aux théories complotistes peut être une façon d’exprimer cette révolte. De dire aux adultes : vos idées sont fausses, vous vous trompez, et vous nous trompez. Votre monde, on n’en veut  plus !

Quelles conséquences cette adhésion aux théories complotistes, peut-elle avoir sur les adolescents ?

Elle peut avoir des conséquences très graves. S’engager pour la planète et le climat, c’est un engagement positif : il s’appuie sur des données exactes, il donne une prise sur les choses, et il va dans le sens de l’avenir, et de la vie.

Mais croire que la science ment, que des organisations secrètes contrôlent le monde, et que l’État manipule les citoyens, c’est s’identifier à l’image d’un être méprisé et persécuté, dans un monde mensonger. Et se mettre dans une position de défiance généralisée qui, compte tenu de la fragilité de l’adolescence, peut conduire à un sentiment d’impuissance désespérant, et lourd de conséquences.

Et l’étude le montre : 9 sur 10 des adolescents interrogés pensent que les informations peuvent être déformées. Mais 69% d’entre eux ne cherchent jamais, pour autant, à les vérifier. Peut-être par paresse, mais peut-être aussi du fait de ce sentiment d’impuissance.

Comment peut-on les aider ?

Il faudrait que leurs parents les aident à réfléchir. Leurs parents, les adolescents le disent, sont leur première source d’information (avec, en seconde position, la télévision pour les 10/13 ans, et les réseaux sociaux pour les plus de 13 ans). Mais il faudrait qu’ils commencent à parler de tout cela avec leurs enfants, beaucoup plus tôt qu’ils ne le font. En sachant qu’ils ne vont pas les inquiéter, mais au contraire, les aider.

Un enfant peut entendre parler à tout moment, à l’école, dans la rue ou dans les transports, de l’actualité. S’il a l’habitude d’en discuter avec ses parents, il leur posera des questions ; sinon, il n’osera pas. Il cherchera des explications ailleurs, et cela fera de lui une proie pour les réseaux.

Donc, dès 6 ans, l’entrée à la "grande école", on parle en famille, de l’actualité !

Claude Halmos

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"Les Français délaissent la géographie alors que c’est une clé de lecture du monde qui nous entoure !"

10 Décembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Licence Géographie et aménagement

A quoi sert la géographie ? À l’occasion du bicentenaire de la société française de géographie, son secrétaire général Jacques Gonzales nous rappelle l’importance des explorations et des territoires encore à découvrir.

Il y a 200 ans, en décembre 1821, a été fondé par plus de 200 personnalités, la société de géographie. Vétérans d’Egypte, voyageurs, navigateurs, écrivains, savants, tous se sont alors attelés à découvrir, inventorier, nommer les minéraux, les végétaux, les animaux, les peuples et les coutumes.

Jacques Gonzales, professeur en biologie à l’Université Paris 6, est aujourd’hui le secrétaire général de la société de géographie. 

La société de géographie : découvertes et explorations  

L’enseignement de la géographie devient primordiale à la suite du désastre de 1870, après la guerre franco-prussienne, quand il apparaît que la France n’y connaît rien à la géographie, selon Jacques Gonzales. De grands géographes vont apparaître comme Paul Vidal de La Blache ou Elisée Reclus. En 1878, la société de géographie construit un immeuble au 184 boulevard Saint-Germain et occupe toujours ce lieu aujourd’hui. L’année suivante, en 1879, Ferdinand de Lesseps y organise un congrès pour déterminer le tracé du canal de Panama et devient président de la société en 1881. Ainsi la société de géographie va favoriser la découverte de l’intérieur de continents comme l’Afrique, l’Asie et de grands prix vont être remis notamment à  Charles de Foucauld, officier de cavalerie devenu explorateur et géographe ; Pierre Savorgnan de Brazza, officier de marine et explorateur d’Afrique centrale ; ainsi que des visiteurs de l’Asie centrale comme Gabriel Bonvalot et des découvreurs du pôle nord comme Roald Amundsen. 

Les sociétaires vont développer le goût des voyages avec la création d’associations qui y concourent : le club alpin français, le Touring club de France, et l’alliance française qui va permettre l’essor de la francophonie. Des mondes insoupçonnés vont faire la une des journaux, notamment, la découverte des gouffres par Edouard-Alfred Martel, père de spéléologie qui deviendra président de la société ; le monde sous-marin avec le prince Albert Ier de Monaco accompagné de Jean-Baptiste Charcot ; et Jules Vernes, sociétaire de 1865 à 1894, très assidu aux conférences et qui s’est servi de toutes ces découvertes pour écrire ses œuvres sans voyager physiquement. 

Les activités de la société de géographie peuvent être découvertes aujourd’hui sur son site internet et nous continuons à remettre chaque année un grand prix aux amoureux de la géographie, des écrivains comme Jean-Paul Kauffmann, Jean-Christophe Rufin, Erik Orsenna ou des passeurs de sciences comme Jamy Gourmaud. On salue aussi de grands exploits comme celui de Bertrand Piccard qui a fait le tour de la planète en avion solaire et qui est aussi acteur des promotions des énergies nouvelles.

"Connaître la Terre sous tous ses aspects"
D’après Jacques Gonzales, promouvoir la géographie en la faisant aimer est l’objectif premier de la société de géographie. Il s’agit de connaître la Terre sous tous ses aspects physiques géologiques, cartographiques mais aussi à travers l’humain avec l’économie, la sociologie ou encore la géopolitique. La géographie représente une connaissance globale et permet d’envisager les scénarios d’avenir pour l’aménagement des territoires.

Les français d’une certaine tranche d’âge délaissent la géographie alors que c’est une clé de lecture du monde qui nous entoure. 

Selon Jacques Gonzales, il est certain que les fonds marins sont encore méconnus, et pourtant ils représentent 4/5 de la surface du globe terrestre, ainsi que l’Antarctique. 

Actualité : Pour fêter le bicentenaire de cette institution, Jacques Gonzales a publié un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Glénat, Décrire la Terre, écrire le monde ; et la grande cérémonie du bicentenaire de la société de géographie se tiendra le 15 décembre prochain dans l'amphithéâtre de la Sorbonne.

Marie Sorbier

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Covid-19 : Jean-Michel Blanquer a-t-il raison de dire qu'il n'y a pas d'"explosion" de l'épidémie à l'école ?

10 Décembre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

https://media.sudouest.fr/1813102/1000x500/36168812.jpg?v=1616783921

Les enfants sont certes plus dépistés qu'avant, mais les tests révèlent la forte circulation du virus à l'école. Et, s'ils sont bien moins exposés aux formes graves de la maladie, les jeunes représentent un risque de contamination pour les adultes qui les entourent.

En pleine cinquième vague de l'épidémie de Covid-19 et à l'approche des fêtes de fin d'année, les contaminations constatées chez les enfants inquiètent. Pourtant, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est voulu rassurant, mardi 7 décembre au micro de RTL. "On ne peut pas dire qu'il y ait une explosion. Le mot est trop fort, a-t-il nuancé. Il y a un taux d'incidence qui est en train d'augmenter." Le ministre a avancé une explication : "C'est tout simplement parce qu'on fait beaucoup plus de tests chez les enfants. (...) Ce qui a explosé, c'est le nombre de tests faits pour les enfants." Jean-Michel Blanquer dit-il vrai ou "fake" ?

Des contaminations en hausse chez les enfants

Semaine après semaine, les chiffres de Santé publique France (SPF) confirment la flambée épidémique. Dans toutes les classes d'âge certes, mais chez les plus jeunes en particulier. Le taux d'incidence (c'est-à-dire le nombre de nouvelles contaminations détectées sur une semaine rapportées à une population de 100 000 personnes) grimpe en flèche.

Au 5 décembre, le taux d'incidence atteint 578 chez les moins de 10 ans, contre 431 dans le reste de la population. En un mois, la hausse est vertigineuse : plus 1 019%. Une progression deux fois plus forte chez les 0-9 ans que dans le reste de la population.

Si l'on s'intéresse aux classes d'âge scolaires, c'est en élémentaire et au collège que le taux d'incidence est le plus élevé. La semaine du 29 novembre, le taux d'incidence des 6-10 ans culminait à 988 et celui des 11-14 ans à 609, selon les données de SPF. L'augmentation a été respectivement de 1 264% et 860% en un mois.

 

Une population plus testée qu'avant…

Mais, comme le relève Jean-Michel Blanquer, le nombre de tests pratiqués est lui aussi en forte augmentation, notamment chez les plus jeunes. Au 5 décembre, le taux de dépistage (le nombre de personnes testées sur une semaine rapporté à une population de 100 000 habitants) s'envole à 12 800 chez les moins de 10 ans, contre 6 889 dans le reste de la population.

Le dépistage du Covid chez les 0-9 ans a progressé de 1 703% en un mois. Soit 12 fois plus que dans le reste de la population. Au sein des classes d'âge scolaires, ce sont les élèves d'élémentaire, maternelle et collège qui sont le plus testés. Le taux de dépistage y atteignait respectivement 18 977, 11 500 et 9 562 au 29 novembre.

"On teste plus. C'est sûr que ça peut faire augmenter le nombre de résultats positifs", confirme Christèle Gras-Le Guen, cheffe du service de pédiatrie au CHU de Nantes et présidente de la Société française de pédiatrie.

"Initialement, on n'avait que les tests PCR, avec des écouvillons pas très agréables, qu'on réservait avant tout aux enfants avec des symptômes. Pendant un temps, on a donc surtout testé les enfants avec des symptômes. Aujourd'hui, on a des tests moins traumatiques, qui permettent de tester plus d'enfants", fait remarquer la pédiatre, évoquant les tests antigéniques et les prélèvements salivaires. Si les enfants avaient été plus testés au cours des quatre précédentes vagues, le taux d'incidence au sein de cette population aurait donc peut-être été plus élevé.

… mais un taux de positivité qui ne baisse pas

Toutefois, l'observation d'un troisième indicateur semble contredire l'argument du ministre de l'Education nationale : le taux de positivité (c'est-à-dire le nombre de personnes testées positives par rapport au nombre de personnes testées).

Plus on teste largement une population, plus on a de chances de trouver des personnes testées négatives, comme l'a déjà expliqué franceinfo. Une politique de dépistage massive entraîne donc une baisse du taux de positivité des tests. Or ce n'est pas tout à fait ce que l'on constate actuellement avec les enfants.

Chez les moins de 10 ans, le taux de positivité des tests a certes chuté de près de 32% en un mois, passant de 6,7% au 5 novembre à 4,6 % au 5 décembre. Mais depuis la mi-novembre, ce taux s'est stabilisé, alors même que les enfants étaient de plus en plus testés.

 

L'immunologue Frédéric Altare, directeur de recherche à l'Inserm à Nantes, souligne "une contradiction" dans l'argumentaire de Jean-Michel Blanquer. "On trouve peut-être beaucoup de cas à l'école, parce qu'on les détecte davantage maintenant. Mais cela ne veut pas dire que cela ne flambe pas dans les écoles. Cela veut dire qu'il était temps de les diagnostiquer. Le chiffre en lui-même est grave."

Un quatrième indicateur, le taux de reproduction (autrement dit le nombre de personnes infectées en moyenne par une personne contaminée), confirme l'importance de la vague épidémique à l'école. Il a été calculé dans une modélisation coordonnée par l'épidémiologiste Vittoria Colizza, directrice de recherche à l'Inserm, et prépubliée jeudi 9 décembre (lien en PDF).

Avec le variant Alpha, le taux de reproduction du virus était évalué à 1,4 à l'école élémentaire et de 1,46 dans le secondaire, durant la vague épidémique du printemps 2021. Mais avec le variant Delta, plus contagieux, le taux de reproduction est désormais estimé à 1,66 en élémentaire, contre 1,4 dans la population générale. Il est en revanche évalué à 1,10 dans le secondaire. Un écart attribué à la vaccination, celle-ci n'étant pas encore ouverte à tous les enfants de moins de 11 ans, alors que 76,2% des 12-17 ans sont complètement vaccinés, selon SPF.

"Les enfants sont une source majeure de contamination"

Les plus jeunes sont "une population à risque majeur de circulation du virus, souligne l'immunologue Frédéric Altare. C'était un peu moins le cas avec la souche initiale, mais le variant Delta est tellement plus contagieux qu'il se transmet même chez les enfantsCeux-ci restent asymptomatiques majoritairement, mais ils transmettent le virus."

S'ils sont bien moins souvent hospitalisés pour Covid que leurs aînés, ils représentent un risque potentiel de contamination pour leurs proches adultes. Le quatrième volet de l'étude épidémiologique ComCor sur les circonstances et les lieux de contamination, piloté par l'Institut Pasteur et publié dans le Lancet le 25 novembre, a mis en évidence que, chez les plus de 40 ans, la présence d'enfants dans l'entourage est associée à un sur-risque d'infection qui va de +30% si ce sont des collégiens à +90% si ce sont des enfants de moins de 3 ans. "Les enfants sont une source majeure de contamination", insiste Frédéric Altare. "Ils ne sont pas le moteur de l'épidémie, mais ils participent bien sûr à la circulation du virus", confirme Christèle Gras-Le Guen.

"On n'a pas appliqué aux enfants les mesures barrières mises en place pour les plus grands, comme si on considérait que les enfants ne pouvaient pas être infectés ni transmettre le virus."

Frédéric Altare, immunologue 

à franceinfo

"A ces âges-là, poursuit l'immunologue, ils ne portent pas le masque le plus souvent. [Le port du masque est redevenu obligatoire à l'école dès le CP avec le nouveau protocole sanitaire.] Ils ne sont pas soumis au pass sanitaire. Ils ne sont pas vaccinés, parce qu'ils n'ont pas encore l'âge de l'être. Ils sont donc à risque de produire beaucoup plus de virus que les adultes quand ils l'attrapent."

Le scientifique pointe "une erreur majeure" l'assouplissement du protocole sanitaire à l'école au mauvais moment. "La doctrine au début, c'était : s'il y a un cas dans une classe, on ferme la classe. Mais alors que l'épidémie remontait, il y a quelques semaines, on a inversé la logique. On a dit : quand il y a un cas, on ne ferme plus la classe, on se contente de tester. On a fait l'inverse de ce qu'il fallait faire."

La modélisation dirigée par l'Inserm plaide pour un autre protocole, dit "itératif". En testant toutes les semaines au moins trois quarts des élèves d'une même classe, sans attendre l'apparition d'un cas de Covid, un tiers des contaminations seraient évitées, en élémentaire comme dans le secondaire. Frédéric Altare l'assure "Il y aurait moins de cas chez les adultes si on avait pris des mesures dès le mois d'octobre, dès que ça commençait à repartir, en surveillant beaucoup mieux les petites classes."

 

Benoit Zagdoun

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Covid-19 : le dépistage actuel à l’école primaire ne permet pas de casser les chaînes de transmission

9 Décembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAITS

Une modélisation de l’Inserm révèle l’importance de la circulation du variant Delta à l’école. Si la stratégie de dépistage déployée aujourd’hui ne peut stopper la propagation du virus, un autre protocole serait plus performant. Par ailleurs, la vaccination de la moitié des 5-11 ans ferait chuter de 75 % le nombre d’infections.

C’est une nouvelle peu réjouissante, doublée d’une piste pour sortir de l’impasse. La stratégie de dépistage du SARS-CoV-2, telle qu’elle est aujourd’hui déployée dans toutes les écoles élémentaires de France ne semble pas en mesure de casser les chaînes de transmission. Avec ce protocole, « le nombre d’enfants détectés positifs reste insuffisant », explique Vittoria Colizza (Inserm, Sorbonne Université, Paris). Telle est une des conclusions de la modélisation qu’elle a coordonnée, publiée jeudi 9 décembre en pré-print.

Depuis le 6 décembre, dès qu’un écolier est détecté positif, chaque élève de la classe doit être testé ; ensuite, seuls les enfants positifs ou qui refusent le test sont tenus de rester chez eux, la classe ne fermant qu’au troisième cas. Le but de ce protocole dit « réactif » est de limiter les fermetures de classe préjudiciables aux élèves.

« Un autre mode de dépistage permettrait, lui, de stopper la circulation du virus au sein des écoles primaires, donc de protéger les enfants et leur entourage vis-à-vis des infections », souligne Vittoria Colizza. Il s’agit du protocole dit « itératif ». En clair, un test est proposé chaque semaine à tous les enfants de la classe, sans attendre que l’un d’entre eux ait été détecté positif. Seuls les écoliers contaminés sont alors renvoyés chez eux. L’atout de ce protocole : chez les moins de 10 ans, les cas asymptomatiques sont très fréquents, justifiant de réitérer les tests chez le plus grand nombre. Un enjeu crucial, alors que le taux d’incidence de l’infection grimpe en flèche chez les 6-10 ans : au 5 décembre, il était de 988 cas pour 100 000 habitants, contre 666 cas une semaine plus tôt et 347 deux semaines auparavant.

Comment les auteurs ont-ils procédé ? Pour développer leur modèle de circulation du virus à l’école, ils se sont fondés sur des données collectées en France, avant la pandémie, dans une école primaire et un établissement du secondaire.

Des groupes d’enfants et d’enseignants ont été équipés de puces à radiofréquence mesurant leurs contacts de proximité au fil de leurs diverses activités (cours, récréations, sports, cantine…). A partir de ces données et des résultats des dépistages pilotes menés dans 683 écoles, lors de la vague Alpha au printemps 2021, les chercheurs ont développé un premier modèle. Un modèle qu’ils ont ensuite corrigé par l’incidence de l’épidémie dans le reste de la population, pour tenir compte des infections introduites à l’école, et par les prévalences mesurées en milieu scolaire.

(...)

La dernière leçon à retenir de la modélisation de l’Inserm concerne un sujet très débattu, la vaccination des 5-11 ans. Si l’on parvenait à vacciner 20 % des enfants de cette tranche d’âge, suggère cette modélisation, on réduirait de 38 % le nombre de cas. Et en vaccinant la moitié des enfants, on ferait chuter de 75 % le nombre d’infections. Selon cette modélisation, par conséquent, « la vaccination des 5-11 ans sera un élément protecteur collectif pour la population scolaire, indique Vittoria Colizza. Par rapport aux enjeux actuellement pris en compte dans l’évaluation de l’intérêt de la vaccination des enfants scolarisés en primaire, notre étude apporte une perspective supplémentaire en montrant qu’elle réduit la circulation du virus à l’école et permet de garder les classes les plus ouvertes possibles. Elle apporte donc un bénéfice collectif direct aux enfants, au-delà de les protéger du risque d’infection [malgré la probabilité très faible, quoique non nulle, de faire une forme grave à cet âge] et du risque de Covid long. » Telle pourrait donc être, d’ici à quelque temps, la seconde voie de sortie de cette crise sanitaire qui menace les apprentissages.

Florence Rosier

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Coronavirus : Seulement 20 % des écoles, 38 % des collèges et 54 % des lycées sont dotés de capteurs de CO2

9 Décembre 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Détecteur de CO2 - KANE CO2 - NICOLAS VAN OS KANE INTERNATIONAL

La généralisation des capteurs de CO2 dans les établissements, voulue par le ministre de l’Education, n’est pas encore une réalité

- Les capteurs de CO2 mesurent la concentration de dioxyde de carbone dans l’air de chaque pièce.

- Quand le seuil est dépassé, l’appareil le signale, indiquant la nécessité d’aérer immédiatement les lieux. Un outil utile dans la lutte contre la propagation du coronavirus.

- Mais ils ne sont pas encore assez répandus dans les établissements scolaires, malgré l’aide du ministère aux collectivités territoriales en difficulté pour les financer.

Réclamée par les syndicats enseignants et les associations de parents d’élèves depuis plusieurs mois pour lutter contre l’épidémie de  Covid-19, la généralisation de  capteurs de CO2 dans les établissements scolaires n’est pas encore une réalité. Selon nos informations, confirmées par le ministère de l’Education, seulement 20 % des écoles, 38 % des collèges et 54 % des lycées sont actuellement dotés de capteurs de CO2. Et le ministère ne précise pas de quel nombre d’appareils dispose chacun de ces établissements.

Ces appareils mesurent la concentration de dioxyde de carbone dans l’air de chaque pièce. Quand le seuil est dépassé, l’appareil le signale, indiquant la nécessité d’aérer immédiatement les lieux. Un outil utile dans la lutte contre la propagation du virus.

Une aide financière pour les collectivités en difficulté

Invité mardi sur RTL, le ministre de l’Education a déclaré qu’ils n’étaient « pas la solution magique au problème ». Même si lors de sa conférence de rentrée, Jean-Michel Blanquer avait fait part de son souhait de « généraliser les capteurs de CO2 ».

Sur RTL toujours, Jean-Michel Blanquer a rappelé que l’équipement des établissements concernant ces dispositifs relevait d’une « compétence des collectivités ». Car ce sont les mairies qui sont chargées des écoles élémentaires et maternelles, les départements assumant cette responsabilité pour les collèges, et les régions pour les lycées. Dès la rentrée, le ministre avait annoncé le soutien financier de son ministère aux collectivités pour l’achat de capteurs, qui coûtent de 50 à 600 euros, selon leur sophistication.  « On a déjà une enveloppe de 20 millions d’euros pour rembourser les collectivités locales qui le demandent, mais seulement les collectivités nécessiteuses », a d’ailleurs rappelé Jean-Michel Blanquer sur RTL.

Des appels de toutes parts

Sur le terrain, la communauté éducative trouve que les choses ne vont pas assez vite. « On constate une forte disparité d’équipement selon les régions », indique Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. Le syndicat a déposé une alerte sociale lundi auprès du ministère pour dénoncer les conditions d’exercice du personnel éducatif lors de cette cinquième vague. Le SE-Unsa a aussi effectué cette démarche.

Le SNUipp-FSU a également appelé le ministère à « contribuer à doter toutes les écoles de capteurs CO2 ». Dans une tribune publiée fin août dans Le Monde, une trentaine de médecins et enseignants indiquaient que « la recommandation d’équiper les établissements de détecteurs de CO2 ne peut suffire : cela doit être la règle ». Mais un frein financier existe bien chez les collectivités, qui sont déjà confrontées à une hausse de leurs dépenses pour financer des masques, désinfecter les locaux, prévoir du personnel pour assurer la restauration scolaire en respectant les gestes barrières…

Delphine Bancaud

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L'instit des «grandes gueules» - Souvenirs d'un prof dans les médias - Texte intégral

9 Décembre 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Médias

Autisme - Sylvain Grandserre, instituteur : « Mes collègues ont peur »

EXTRAIT

Invité pendant 12 ans à des débats radio/TV, je livre une analyse des mécanismes de fabrication du buzz et pointe la dérive de ces médias. Une conviction : la zemmourisation médiatique encourage la trumpisation politique. Il ne s'agit pas de «cracher dans la soupe», mais de comprendre pourquoi elle a désormais si mauvais goût. Ce récit a fait l'objet de l’émission Arrêt sur images du 26/03/2021.

On peut retrouver ci-dessous le lien vers l'émission du 26/03/2021  d'ARRÊT SUR IMAGES de Daniel SCHNEIDERMANN entièrement consacrée à cette série d'articles. Cette interview d'une heure a immédiatement suscité de très nombreuses réactions sur Twitter, notamment des deux journalistes/présentateurs/animateurs, mais aussi de leurs nombreux followers, preuve qu'on peut parler d'une émission sans même avoir pris le temps de la regarder. Mais il n'est pas trop tard ! Surtout si l'on veut sortir des caricatures.

Emission d'ARRÊT SUR IMAGES => Grandes Gueules : "On achète notre liberté de parole pour créer le clash".

https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/grandes-gueules-on-achete-notre-liberte-de-parole-pour-creer-le-clash

PARTIE 1

Invité douze années à une émission de radio pionnière dans les débats médiatiques, j’analyse ici cette expérience inédite, d’autant plus importante qu’elle annonçait l’avènement du « buzz » et de la zemmourisation des grands médias privés. Occasion aussi de réfléchir aux moyens d’en finir avec cette lente dégradation qualitative et démocratique de notre système d’information. 

Avant d’entrer dans les détails de mon expérience, je veux exposer ici ce qui motive mon écriture. L'univers médiatique est relativement hermétique, peu accessible si on n'y travaille pas. Certes, il arrive que les uns et les autres y fassent quelques incursions le temps d'un reportage, d'une interview, d'une invitation. Mais il est rare qu'une personne totalement étrangère à ce domaine y vienne si souvent, aussi longtemps, qui plus est dans un groupe TV/radio/presse en pleine expansion.

Mon précédent billet, dans l'urgence d'une réponse à la nouvelle offense qui était faite à mon métier, ne faisait que dévoiler ce que j'avais pu découvrir. Je souhaite ici prendre le temps d'une plus longue description et d'une analyse plus profonde. On ne peut imaginer uniquement des médias publics, même si - à titre personnel - j’en fais grande consommation. A moins de vouloir tout nationaliser, il faut d'urgence réfléchir à ce que peuvent être les modèles - notamment économiques - de médias privés, indépendants à la fois des grandes fortunes qui font main basse sur le secteur, et des logiques financières qui poussent leurs acteurs à rechercher le clash afin d’assurer leur rentabilité au travers d’audiences ainsi dopées. Mais d’abord, pour cette première partie, j’explique d’où je pars et donc d’où je parle.

On parle de quoi ?

Pendant douze ans, j’ai participé plus de 300 fois aux « Grandes Gueules » (ou « GG »), une émission quotidienne de deux à trois heures de débats, novatrice à son lancement (août 2004), diffusée initialement sur la radio RMC puis en simultané à la télévision sur RMC STORY (ex NUMÉRO 23, « chaîne de la diversité ») depuis septembre 2016. Elle est animée, conjointement ou alternativement, par les journalistes Alain MARSCHALL et Olivier TRUCHOT qui officient également sur BFM/TV, chaîne de télévision appartenant au même groupe média NEXTRADIO TV.

Cette émission, qui boucle sa 17e saison, est essentielle dans la stratégie du groupe puisqu'elle est mise à l’antenne, en direct ou en rediffusion, près de 30 heures par semaine (1). Chaque jour, s’y retrouvent trois intervenants parmi les 15 recrutés. Chacun est avant tout présenté selon sa profession : l'avocat (il y en a trois), le fromager (qui est plutôt devenu chef d’entreprise), la prof d'histoire-géo (qui ne l’est plus), l’instit (qui l’était vraiment), l'éducateur (qui est encore bien plus que cela), l'étudiant (qui publie déjà un livre), l’agriculteur (ancien responsable syndical), la fonctionnaire (qui fut porte-parole de Manuel VALLS), l’éditrice (qui est la compagne d’un important homme politique) l’ancienne SDF (qui heureusement ne l’est plus), le directeur marketing (qui fut aussi mannequin)... 

Chacun exprime librement son opinion mais sur les sujets retenus préalablement par l’équipe de l’émission. Les thèmes abordés sont présentés sous la forme d'une question assez binaire du type "pour ou contre". Ce concept est ainsi présenté : « Chez nous, c’est comme dans un repas de famille, on se retrouve pour discuter de l’actualité, on s’engueule, parfois des propos dépassent notre pensée. Ce n’est pas grave, on s’excuse et la conversation continue » (Olivier TRUCHOT, lefigaro.fr, 25/09/2018). Bref, des débats à la bonne franquette pour les uns, bien franchouillards pour d’autres, encadrés par deux journalistes expérimentés mais dont le rôle ici sort largement du cadre habituel d'une mission d’information pour glisser vers un show d'opinions (c’est même un slogan de la station, « RMC, votre radio d’opinions »).

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Sylvain GRANDSERRE
Maître d’école en Normandie
Ex-chroniqueur radio/tv
Auteur de « Un instit ne devrait pas avoir à dire ça ! » (coédition ESF / La Classe)

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Comment et pourquoi l’image de l’école se dégrade ?

8 Décembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Ecole : le moral des directeurs se dégrade, selon une étude

78% des personnes interrogées se disent inquiets quant à la situation de l’éducation et de l’école en France. La même proportion estime que la situation s’est dégradée au cours des 5 dernières années.

Rendue publique la semaine dernière, une enquête ViaVoice réalisée pour Libération, révèle des résultats tranchants. 78% des personnes interrogées se disent inquiets quant à la situation de l’éducation et de l’école en France. La même proportion estime que la situation s’est dégradée au cours des 5 dernières années. Un sentiment transpartisan, qui fait quasi-consensus à gauche, à droite, au Rassemblement national, ou parmi les sans-parti.  Seule exception : les soutiens de la majorité, qui sont 58% à partager ce ressenti. Adrien BROCHE, chargé d’études à l’Institut ViaVoice, nous explique ce que le terme de dégradation recouvre.

Prenons du champ, regardons au-delà des 5 dernières années. En 2019, dans la vivante et vivifiante revue en ligne AOC, paraissait un article intitulé « Faut-il avoir confiance dans l’éducation ? », signé François DUBET. Selon lui, 3 postulats fondaient la confiance dans l’école. Le premier : celui de la croyance dans les progrès de l’égalité. Le deuxième : celui du développement du capital humain. C’est-à-dire, et je cite François DUBET, que « les longues formations scolaires soient un investissement utile à chacun et que les plus qualifiés soient mieux payés. » Dernier postulat : l’école comme vecteur du progrès des Lumières, de la Raison, de l’esprit démocratique.

Or, dans leur mise en œuvre, les trois ont généré de la déception de masse. L’égalité ? Je ne reviens pas ici sur les études PISA, les statistiques qui tracent le déterminisme de classe de l’école républicaine, les inégalités sourdes produites par la complexité du système, par la distinction et le jeu des filières, des options, des établissements…

La rentabilité des diplômes, ensuite ? Globalement, c’est vrai, il vaut mieux faire des études. Et l’école demeure, j’ouvre les guillemets, « rentable ». Mais le chemin entre la formation et le marché du travail n’est pas fluide. Combien de diplômés, notamment généralistes, vivent la précarité, l’incertitude, la difficulté à trouver un emploi ?

L’accès à la raison, enfin ? L’école n’a plus le monopole de la transmission. Le téléphone lui fait concurrence, l’écran expose d’autres vérités. Comme l’explique François DUBET, « le métier des enseignants perd ainsi de son prestige et de son autorité morale. » On saisit mieux, donc, les sentiments que les Français ressentent pour l’école et expriment dans l’enquête ViaVoice.  Des sentiments que nous explicitent Adrien BROCHE.

Par ailleurs, selon la même enquête, deux Français sur trois considèrent que la place occupée par « l’école et l’éducation […] dans la campagne présidentielle » n’est « pas assez importante ». Selon Adrien BROCHE, c’est un sujet dont la gauche devrait se saisir sans attendre pour espérer peut-être s’extraire des bas-fonds.

Alors, Guillaume, et maintenant ? Eh bien, affrontons les problèmes, dans leur démesure. Parlons du futur de la formation professionnelle et pas uniquement de l’avenir de l’ENA. Accompagnons-les vaincus de la méritocratie plutôt que de nous contempler dans le miroir de nos grandes écoles. Abordons le sujet de la valorisation du métier d’enseignant sans le circonscrire à ceux de la rémunération ou d’autorité.  La liste est longue, mais il faudra la parcourir, et bien au-delà. Car il n’y aura pas de refonte, de refondation, de sursaut, de renaissance, de projet de société digne de ce nom, sans école proche de ses citoyens. Car c’est l’école, qui est et qui reste, justement… le point de départ de tout le reste.

Quentin Lafaye

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Des professeur.e.s des écoles épuisé.e.s

8 Décembre 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Témoignages : pourquoi les enseignants démissionnent-ils ? - VousNousIls

EXTRAITS

Épuisés, oui les profs sont épuisés. En cette fin d’année, à dix jours des vacances scolaires, les enseignants et enseignantes n’en peuvent plus. Pas de cette fatigue habituelle liée à l’excitation des enfants avant Noël. Non une fatigue plus profonde. Pourtant, ils et elles tiennent le cap, « pas pour l’institution, vraiment car si cela ne tenait qu’à cela, cela fait des semaines que je serais arrêtée. Mais pour les enfants, nos élèves. Eux on y tient alors on essaie malgré tout… » explique Lilou, directrice d’une école maternelle de Seine-Saint-Denis qui témoigne sous pseudonyme par crainte de sa hiérarchie. Un ras-le-bol qui cache surtout un mal-être dont témoignent aussi Mme Maïs, Sandrine et Christelle. Toutes sous pseudo par volonté de garder l’anonymat.

Madame Maïs : Des mesures qui créent de la tension dans les écoles

Madame Maïs, les utilisateurs de Twitter la connaissent bien. Enseignante en CE2 à Paris, elle partage des tranches de vie de sa classe avec ses milliers d’abonnés. Elle partage aussi son ras-le-bol quant au manque de considération pour le monde enseignant. Et cette période est dure pour la jeune enseignante. « On a commencé l’année normalement, on a recommencé à monter des projets, à organiser des choses… et là, nouvelle vague et rebelote. On a l’impression qu’on en voit plus le bout de cette crise sanitaire ». Dans son école de 17 classes, cinq classes ont déjà fermé à cause du Covid. Aujourd’hui, avec le nouveau protocole, plus de classes fermées, les élèves sont absents et concrètement, cela signifie pour les enseignantes et enseignants, faire classe en présentiel et en distanciel. « Je travaille en REP, mes élèves ne sont pas équipés. Alors lorsqu’ils sont absents, je prépare des enveloppes d’activités que les parents ou des proches viennent chercher. Puis je leur demande de me les déposer dans la mesure du possible. J’envoie aussi des mails, j’essaie de faire en sorte de ne pas les perdre ». Même avec la meilleure volonté du monde, Mme Maïs, comme les autres enseignants et enseignantes, a du mal à mener de front les deux dispositifs d’enseignement.

Du côté de la gestion de la situation par l’institution. Là aussi, c’est la colère qui domine. « Le problème, c’est qu’on a un gouvernement qui n’anticipe rien – contrairement à d’autres pays qui sont proactifs et dans des mesures d’endiguement. On a l’impression qu’ils sont dans la réaction permanente. Comme leur dernier protocole. C’est une vaste blague. À part la piscine, mettre le masque dans la cour de récréation. Sérieusement, ils savent ce que c’est qu’une cour de récré ? C’est impossible de fliquer tous les élèves – et pour un effet dont on ne sait même pas s’il est pertinent. Les réponses proposées pour faire face à la crise sont inappropriées. On dirait qu’ils n’ont rien appris de ces deux dernières années ».

Autre objet d’irritation : la communication du ministère. « On a un Ministre qui pérore que tout va bien, que tout est très bien géré alors que c’est faux. Sur le terrain, les enseignants et surtout les directeurs et directrices sont débordés. Celui de mon école a passé trente heures la semaine dernière à gérer la situation Covid, tout cela en plus de son travail habituel. C’est délirant ».

Et tout cela engendre de l’épuisement qui impacte la qualité des relations selon Mme Maïs. Des relations entre enseignants mais aussi des relations avec les parents. « On sait que certains parents ne jouent pas le jeu et ne font pas tester leur enfant, des parents qui ne veulent et ne peuvent pas garder leur enfant – et je les comprends, mais le résultat, c’est la flambée des cas dans l’école. On a l’impression qu’ils pensent qu’on ne veut pas travailler mais nous on rêve de revenir à une vie normale, on rêve d’avoir tous nos élèves et de faire classe normalement… »

(...)

Sandrine : Quitter l’enseignement pour ne plus cautionner

Même son de cloche du côté de Sandrine, enseignante dans une classe de CP du sud-ouest. Après vingt ans d’exercice, elle cherche très sérieusement une porte de sortie, « mais ce n’est pas facile de quitter l’éducation nationale pour faire autre chose ». Pourtant, ses élèves, Christelle les aime et c’est justement ce qui justifie son envie d’arrêter. « Je ne peux plus, je n’en peux vraiment plus. Je ne veux plus cautionner ce que l’on fait à toute ces générations d’enfants. Nos élèves vivent dans le dénouement qu’il soit culturel, social ou économique. La semaine passée, un de mes élèves n’est pas venu à l’école car sa chaussure, qui était tombée par la fenêtre, était trempée, et comme il n’en a qu’une paire… Nos élèves ont été abandonnés par la République, c’est ça la réalité. On fait culpabiliser les parents, les enseignants, parfois même les enfants et ceux qui devraient culpabiliser, ceux qui devraient avoir honte, s’en sortent à merveille avec des effets de manches qui me donnent envie de vomir ». Tous les soirs, Christelle pleure. Lors de notre entretien, elle s’est aussi effondrée. Son épuisement, son mal-être est palpable. « Ça allait déjà mal avant la pandémie, mais le Covid, c’est la cerise sur le gâteau. J’enseigne à des élèves de CP, on me demande de garder le masque toute la journée, de leur faire garder le masque. Mais je n’y arrive pas, je préfère prendre le risque »

(...)

Lilia Ben Hamouda

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