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Vivement l'Ecole!

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La Macronie a perdu les profs... A cause de Blanquer...

4 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Urgence sociale et environnementale – Plus Jamais ça !

BLANQ-HATE

• Certains à LREM n'ont pas perdu l'espoir d'infléchir à gauche le futur programme présidentiel d'Emmanuel Macron. Cette envie n'est pas seulement idéologique, elle est pragmatique, à en croire un député de l'aile gauche macroniste. «Il y a un vide sidéral sur la gauche de gouvernement et sur l'écologie de gouvernement. De notre côté, on a un problème de crédibilité malgré notre bilan parce que les grandes voix sont à droite et que Nicolas Hulot nous a plantés au bout d'un an», détaille-t-il. Parmi ces «grandes voix», il y a notamment Jean-Michel Blanquer, dont l'influence dépasse la rue de Grenelle.

Notre député gauchiste estime ainsi que, quels que soient les efforts déployés, certains électeurs, comme les enseignants, ne resigneront pas pour 5 ans de Macron en 2022. 

«Sur les profs, on a perdu la partie. Jean-Michel Blanquer est trop haï. Les recteurs nous disent que le problème, c'est le ministre», rapporte cet élu issu du PS.

En clair : même si le gouvernement décidait d'une revalorisation massive du salaire des profs, ceux-ci ne reviendraient pas voter Macron.

En 2017, d'après l'Ifop, 38% du milieu enseignant avait pourtant porté son choix sur le candidat LREM, contre 23% pour Jean-Luc Mélenchon et 15% pour Benoît Hamon. 4 ans et demi plus tard et un Jean-Michel Blanquer en plus, le désaveu est cinglant. 

ChezPol

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QU’IL VIENNE ME CHERCHER

• Cinq ans c’est long, surtout vers la fin. C’est ce que semble se dire Jean-Michel Blanquer après tout un quinquennat - mouvementé - à l’Education nationale. Il rêve désormais de débuter un second quinquennat Macron dans un costume plus régalien. Mais avant, il devrait passer par l’étape législatives et lorgne notamment, selon la Dépêche, sur la circonscription d’Amérique latine des Français de l’étranger. Comme par hasard, la députée sortante de cette circo, Paula Forteza, élue avec l’étiquette LREM en 2017, s’est éloignée de la majorité et soutient désormais l’écolo Yannick Jadot. Et cet «intérêt soudain» de Blanquer la fait sourire. «Il y a quelques mois, c’était Aurélien Lechevallier…», souffle-t-elle au sujet de l'ambassadeur en Afrique du Sud, dont le nom avait été évoqué en macronie pour reprendre sa circo. Elle persifle : «Je connais bien les Français de l’Amérique latine et des Caraïbes. Je reviens tout juste d’un long déplacement au Costa Rica et au Mexique : aujourd’hui plus que jamais, ce n’est pas en leur expliquant qu’on candidate pour devenir ministre de l’Intérieur et se rapprocher de la sphère directe d’Emmanuel Macron qu’on gagne leur confiance.» Pour Forteza, élue avec 60% face à l’ex-EE-LV Sergio Coronado, les Français de la région «ont besoin d’élus qui se concentrent sur les problématiques actuelles des Français de l’étranger», comme «l’accès aux vaccins, l’application du pass sanitaire, le soutien face à la crise économique liée au COVID…» plutôt que d’un député cherchant à nourrir son ambition personnelle. S.T.

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Education : une mission du Sénat pour évaluer les réformes de Jean-Michel Blanquer

3 Octobre 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education

Education : une mission du Sénat pour évaluer les réformes de Jean-Michel Blanquer

Alors que Jean-Michel Blanquer a dépassé depuis peu le record de longévité d’un ministre de l’Education nationale sous la Ve République, une mission d’information du Sénat veut faire le bilan de ses principales réformes.

Pour cette dernière rentrée du quinquennat, il est temps de relever les copies de Jean-Michel Blanquer. C’est un peu le sens de la mission d’information que vient de lancer la commission de la culture et de l’éducation du Sénat. « On est parti du constat que le ministère Blanquer aura épousé l’ensemble du quinquennat. Ce qui est extrêmement rare. Avec un mandat aussi long, nous ne pouvions pas nous passer de faire un bilan de l’application de ses réformes sur le terrain », explique le sénateur LR Max Brisson, corapporteur de la mission avec Annick Billon (centriste) et Marie-Pierre Monier (PS).

Après 4 ans et 4 mois et 13 jours rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer vient en effet de dépasser le record de longévité au ministère de l’Education détenu jusque-là par Christian Fouchet sous le gouvernement Pompidou (4 ans, 3 mois et 26 jours).

Réforme du bac, dédoublement de classes, attractivité du métier d’enseignant

Difficile toutefois pour les élus de traiter en quelques mois, l’ensemble des mesures éducatives prises depuis 2017, ils ont donc défini des thèmes. « On ne bayera pas tout, nous allons faire un zoom sur l’abaissement de la scolarisation obligatoire à 3 ans, quelles conséquences cela a entraîné pour les collectivités locales ? », cite par exemple Max Brisson.

Cette mesure est issue de la loi pour « une école de la confiance » adoptée en 2019. Un texte qui a revu la formation des enseignants pour la consacrer majoritairement aux savoirs disciplinaires fondamentaux et à la connaissance des valeurs de la République. Son article 1er sur « l’engagement » et « l’exemplarité » des professeurs avait braqué le corps enseignant à l’époque. Ces deux points seront au programme des travaux de la mission d’information.

Les sénateurs se pencheront sur le dédoublement de classes mis en œuvre dès la rentrée 2017, sur l'attractivité du métier d’enseignant et sur la réforme du baccalauréat. « Il s’agit de savoir si les élèves ont véritablement la liberté de choisir leurs options. Est-ce que cette réforme a été passée à la moulinette de la réalité des lycées ? A-t-elle véritablement mis fin aux filières comme le souhaitait le ministre » ? s’interroge le sénateur LR.

« Nous ne sommes pas des procureurs »

La mission a prévu une série d’auditions, des acteurs institutionnels, des syndicats mais aussi des acteurs de terrain « qui ont un regard de praticiens » et prévoit de remettre son rapport en janvier. Jean-Michel Blanquer pourrait être auditionné dans les prochaines semaines au moment de la préparation du Budget.

« Nous agirons avec la hauteur de vue et la sagesse du Sénat. « Il ne s’agit pas de faire un rapport à charge mais d’exercer notre mission de contrôle du gouvernement. Contrairement à ce que peut dire une certaine ministre nous ne sommes pas des procureurs. Il ne s’agit pas non plus de remettre un rapport laudateur. Pour ça, le ministre n’a pas besoin du Sénat », conclut Max Brisson.

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Parcoursup : le taux de satisfaction des candidats en baisse

2 Octobre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Parcoursup : le taux de satisfaction des candidats en baisse

EXTRAITS

Un sondage publié par le ministère de l’enseignement supérieur indique que 30 % des lycéens ne sont pas satisfaits des réponses obtenues de la part des formations sur Parcoursup

Quel est le bilan de Parcoursup ? En cette rentrée, les statistiques se croisent et ne sont pas toujours concordantes. A en croire la ministre de l’enseignement supérieur, 239 bacheliers (contre 591 en 2020) sont actuellement encore accompagnés par leur rectorat pour trouver une place dans l’enseignement supérieur, alors que 501 000 autres sont déjà affectés. « Depuis 2017, nous faisons avancer la démocratisation et la réussite et cette année n’y déroge pas », s’est félicitée Frédérique Vidal devant la presse jeudi 30 septembre. « Un pont a été créé entre le lycée et l’enseignement supérieur, sous la forme d’un langage commun avec la fiche avenir, les attendus des formations ou encore les cordées de la réussite », a-t-elle ajouté. En outre, 50 % des lycéens technologiques ont reçu une proposition en IUT et 73 % des bacheliers professionnels en BTS.

Au regard des derniers indicateurs publiés par le ministère au terme de la phase principale d’affectation le 17 juillet, apparaît pourtant « un gouffre », selon Maryam Pougetoux, porte-parole de l’UNEF. A cette date, 22 000 lycéens avaient quitté la plate-forme et 66 000 n’avaient reçu aucune réponse tandis que près de 5 000 avaient saisi leur rectorat pour être accompagnés dans leur recherche. Mercredi 29 septembre, la syndicaliste étudiante a été reçue par le cabinet de la ministre à qui elle a déposé 400 dossiers de candidats ayant sollicité le service d’aide de l’UNEF, SOS inscriptions. Parmi eux, « une majorité de jeunes qui étaient sur des listes d’attente et qui n’ont jamais obtenu de place ».

(...)

Dans un sondage destiné à mesurer la satisfaction des lycéens à l’issue de cette campagne d’affectation, apparaît nettement une insatisfaction grandissante. Cette étude, publiée le 30 septembre et réalisée par Ipsos auprès de 1 010 lycéens (à 80 % issus d’un bac général et à 70 % des filles), révèle que 30 % des lycéens (21 % en 2020) ne sont pas satisfaits des réponses obtenues de la part des formations et 36 % (contre 26 %) du délai avec lequel ils ont reçu ces propositions. Plus largement, 82 % jugent la plate-forme « stressante » (contre 77 %) et 61 % estiment qu’elle n’est pas « juste » et ne traite pas tous les candidats de la même manière.

En baisse également, l’accompagnement au sein de leur lycée, notamment de la part de leur professeur principal. Ils sont 76 % (contre 82 %) à avoir pu bénéficier de son aide pour préparer la phase de formulation des vœux et 30 % à ne pas avoir été accompagnés du tout durant tout le processus, depuis la formulation jusqu’à la confirmation de leurs vœux.

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Soazig Le Nevé

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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La jeunesse à genoux vue par Emmanuelle Bayamack-Tam : «Le vocabulaire de la soumission et de l’humiliation est toujours le même»

2 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

A partir de la vidéo glaçante de jeunes gens interpellés par les forces de l’ordre à Mantes-la-Jolie en 2018, l’autrice d’«Il est des hommes qui se perdront toujours» réfléchit sur tout ce que l’autoritarisme policier, les réformes Blanquer ou les mesures sanitaires infligent à une jeunesse sommée de se tenir «sage».

Les images filmées à Mantes-la-Jolie relèvent donc à mon sens d’un anachronisme perturbant, mais il faut croire que l’on trouvera toujours des gens pour en faire s’agenouiller d’autres, au nom du maintien de l’ordre, mais surtout en vertu d’un principe de jouissance beaucoup moins avouable. Car si la vidéo dont elles sont extraites a paru scandaleuse à beaucoup, elle a également suscité une vague de jubilation narquoise : finalement, ils l’avaient bien cherché, ces jeunes, banlieusards de surcroît, qui auraient dû être à l’école au lieu de manifester et de faire brûler des poubelles. C’est cette jubilation narquoise que l’on entend dans la phrase prononcée (sans doute par l’auteur même de ces images), et si la formule a eu un tel succès, c’est probablement aussi parce qu’elle traduit une sorte d’idéal pédagogique – à la fois fantasmatique et réactionnaire. S’il y a des gens pour croire qu’une bonne classe, c’est précisément «une classe qui se tient sage», les enseignants savent que c’est exactement l’inverse.

Une classe, des élèves, ça s’agite, ça remue, ça discute. Une classe dans laquelle on a «figé la situation», pour reprendre les mots d’un représentant de l’UNSA Police, est une classe dans laquelle il ne se passe rien, hormis l’ingurgitation passive de contenus privés de sens. Sans compter que des classes, il n’y en a quasi plus dans les lycées généraux, la réforme Blanquer ayant pulvérisé ce qui relevait somme toute d’un collectif, soit un groupe d’une trentaine de jeunes gens, réunis pour deux ou trois ans, partageant des cours, des enseignants, des horaires, et donc du temps de réflexion, des questionnements et des émotions. Aujourd’hui, par le jeu des options, les élèves de première et de terminale n’appartiennent plus vraiment à des groupes-classes. Ils ont cours tantôt avec certains, tantôt avec d’autres, et se croisent sans avoir le temps de se connaître vraiment.

Répression de plus en plus brutale

Les faits datent de presque trois ans, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les classes (enfin, ce qu’il en reste dans les lycées généraux) ne se sont jamais tenues plus sages qu’en ces deux dernières années scolaires, pandémie aidant. On m’objectera que les virus ne relèvent pas d’une intentionnalité humaine, et que personne n’a souhaité confiner la jeunesse, entraver à ce point sa liberté d’action et de mouvement. Certes, mais cela n’enlève pas leur caractère étrangement prémonitoire à ces images. Pour «figer une situation», rien de tel que la maladie, la mort, et les mesures sanitaires que l’on prend pour s’en prémunir. Évidemment, c’est tout le pays (voire tous les pays) que la pandémie a contraint à l’obéissance et à l’immobilité, mais c’est bien le sort fait à la jeunesse qui est le plus préoccupant.

Qu’on la mette à genoux pendant des heures, ou que l’on accepte qu’elle ne puisse plus aller en cours, sortir, voir ses amis, manger dehors, aller danser, j’y vois un effarant continuum de violence et de mépris. On a continué à maltraiter cette jeunesse. On a continué à la préférer «sage», soumise, arrêtée dans ses projets, enrayée dans ses désirs. Et c’est très grave. Car ce n’est pas la même chose d’être confiné à 18 ans et de l’être à 40 ; il est beaucoup plus délétère d’être privé d’émulation, de rencontres et d’échanges imprévus, alors que l’on est un être en pleine mutation et en pleine formation.

Si ces images dérangeantes nous ont finalement trop peu dérangés, elles ont été jugées suffisamment emblématiques pour que le journaliste David Dufresne intitule Un pays qui se tient sage (2020) le documentaire qu’il a consacré aux violences policières, opérant par ce titre un changement d’échelle tout à fait éclairant : si les jeunes des quartiers sensibles subissent quasi quotidiennement ces violences, ils n’en ont pas, ou plus, l’apanage, puisque des manifestations de citoyens lambda, pas forcément jeunes ni issus des banlieues, font l’objet d’une répression de plus en plus brutale. Notons d’ailleurs que dans les jours qui ont suivi l’interpellation des jeunes de Mantes-la-Jolie, la posture qui leur a été imposée a été reprise et mimée par ces manifestants lambda (gilets jaunes, lycéens de tous milieux sociaux…), qui entendaient transformer la posture humiliante en manifestation de solidarité et finalement, en acte d’insoumission.

En ces temps de rentrée scolaire et universitaire, souhaitons-nous de retrouver des classes qui ne soient pas trop «sages», parce que la sagesse qui s’obtient par la coercition et l’humiliation n’a aucune valeur et aucun intérêt. Et souhaitons-nous aussi de retrouver des jeunes que les mesures prophylactiques n’auront pas conditionnés à l’atonie, à l’immobilisme, à l’isolement, au confort apparent du «distanciel» et de ce qu’Alain Damassé appelle la «grande couveuse» ou le «techno cocon» – et dont il a très justement dénoncé le caractère préjudiciable. Une situation figée, ça ressemble quand même furieusement à la mort…

Emmanuelle Bayamack-Tam, écrivaine

Dernier ouvrage paru (sous le pseudonyme Rebecca Lighieri) : Il est des hommes qui se perdront toujours (éd. POL, 2020)

«En présence des images» est une série conçue par la Fondation Evens et LE BAL, en partenariat avec Libération, avec le soutien du ministère de la Culture.

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Campagne « laïcité » de Blanquer : un flop et des affiches à la poubelle

2 Octobre 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Laïcité

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/968x546/public/000_9ln6ph.jpg?itok=rgg8YHdk

Un mois après le lancement de l’opération par le ministère de l’éducation nationale, nombre d’établissements scolaires n’ont toujours pas accroché les fameuses affiches. Retour sur une déconfiture.

Une campagne « faite pour unir », avait lancé Jean-Michel Blanquer, fin août, en présentant huit affiches censées « promouvoir la laïcité » à l’école. « Permettre à Sasha et Neissa d’être dans le même bain, c’est ça la laïcité »« Permettre à Milhan et Aliyah de rire des mêmes histoires, c’est ça la laïcité », etc. Un mois plus tard, alors que ces posters ont été diffusés dans toutes les écoles, les collèges et les lycées de France, nombre de chefs d’établissement ont fait le choix de ne pas les installer, a constaté Mediapart.

D’emblée, des critiques avaient surgi pour dénoncer, derrière un message a priori bon enfant, une certaine « confusion » des concepts, voire un « dévoiement raciste » – les enfants d’immigrés pouvant apparaître comme les principaux obstacles à la laïcité.

À l’arrivée, « j’ai bien reçu les affiches, mais elles sont restées dans leur enveloppe », confie le directeur d’une école primaire REP+ de Nîmes (Gard). L’homme, qui n’est pas syndiqué, a pris sa décision après en avoir discuté avec ses collègues.

« C’est beaucoup d’argent dépensé de façon inutile, parce que la laïcité, ce n’est pas ça pour nous. Prendre la petite fille d’origine maghrébine comme étant musulmane ou comme ayant un problème pour mettre un maillot de bain, c’est très cliché. Nous nous sentons en décalage avec cette campagne », poursuit l’enseignant, qui non seulement émet de sérieux doutes quant à son efficacité, mais redoute aussi un effet boomerang. « Dans nos quartiers, l’islam politique est un vrai problème, je ne le nie pas, mais cela ne concerne qu’une population minoritaire. Pour l’instant, on arrive à travailler sur tout ça par petites touches, et j’ai peur qu’en affichant ces images, au contraire, on mette le feu aux poudres. »

Dans un collège des quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), une principale non syndiquée les juge « hors sujet »« Et d’autant plus en REP+, où je n’ai de cesse de lutter contre ces préjugés dont sont victimes nos élèves. »

Même son de cloche dans un collège de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), où plus de 400 élèves répondent à l’appel chaque matin. « Je vous avoue que je les ai mises à la poubelle, lâche le principal, engagé auprès du Snupden, syndicat de personnels de direction affilié à la FSU. J’ai rangé le petit guide républicain dans la bibliothèque, mais je ne vais pas garder les choses sans intérêt. Il y a des moments où les bras m’en tombent. »

Plus souples, d’autres ont fini par les installer, mais sans grande conviction. Regrettant une « polémique inutile », le principal d’un collège de Caen, qui avoisine les 1 400 élèves, s’avoue dubitatif quant à la portée de cette campagne. « Ces affiches ne me choquent pas, mais si on pense que c’est en affichant ce genre de choses que les élèves capteront le message, on se trompe. Si cinquante élèves les ont lues, je pense que c’est le bout du monde. Que j’affiche ou pas, cela passe totalement inaperçu. »

"Cette campagne n’est pas entrée dans les établissements."

Sophie Vénétitay, secrétaire nationale du Snes-FSU

Depuis son collège de La Rochelle (Charente-Maritime), où elle officie comme principale adjointe, Audrey Chanonat juge que ces slogans nécessiteront « un très long travail de décryptage ». « Et il va justement falloir expliquer pourquoi la laïcité ne peut pas être raccourcie en un slogan », ajoute cette secrétaire nationale du Snpden-UNSA, le principal syndicat de chefs d’établissement.

Loin d’être marginales, toutes ces réactions seraient symptomatiques du malaise ambiant, selon le Snes-FSU, principal syndicat d’enseignants. « Cette campagne n’est pas entrée dans les établissements, résume Sophie Vénétitay, sa secrétaire nationale. On l’a analysée comme quelque chose qui peut être un problème plus qu’autre chose. On fera ce que l’on sait faire : former les élèves sur un temps long, et pas juste sur une campagne de com’. »

Du côté de la Vigie de la Laïcité, fondée par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène (anciens responsables de l’Observatoire de la laïcité), on compatit. « Je peux comprendre que les enseignants soient très gênés de mettre ces affiches. Derrière l’a priori jovial et tolérant, il y a une réassignation des élèves à leur identité », déplore encore un membre de l’équipe.

Autant de « maladresses » qui ont même fait bondir une partie du Conseil des Sages, mis en place par le ministère de l’éducation en 2018, et sur lequel Jean-Michel Blanquer semble avoir fait l’impasse pour cette campagne programmée à la va-vite. « C’est une occasion manquée », confie l’un des membres, sous couvert d’anonymat. « On nous a dit qu’elle avait été faite dans l’urgence. Mais on a été tellement vite qu’on a manqué la cible, poursuit-il. On le regrette fortement, on l’a fait savoir au ministre. »

Sur son blog, Catherine Kintzler, professeure honoraire de philosophie et membre du Conseil, fulmine : « Non seulement ces huit affiches sont selon toute probabilité issues d’un travail mené en comité restreint, non seulement elles font écran, en s’imposant de manière tapageuse, aux documents autrement réfléchis et durables (on l’espère) que je viens de citer [comme le vade-mecum de la laïcité à l’école – ndlr], mais encore elles véhiculent une vision de l’école à laquelle je ne cesse de m’opposer depuis bientôt 40 ans », argue-t-elle, tranchante.

Un désaveu massif en somme, qu’après coup le ministère entend... Il aurait même prononcé quelques excuses à demi-mot. « Le ministère nous a dit : “Désolé, ça a été fait dans l’urgence. On aurait dû...” Mais je n’en prends pas ombrage », assure le Sage Iannis Roder, plutôt séduit, pourtant, par l’angle « positif » des affiches.

Reste à connaître le coût de ce flop... Questionnés, ni le ministère de l’éducation nationale ni le service d’information du gouvernement n’ont souhaité nous répondre.

Prisca Borrel

https://www.mediapart.fr/journal/france/011021/campagne-laicite-de-blanquer-un-flop-et-des-affiches-la-poubelle?utm_source=20211001&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20211001&M_BT=16590131223

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Vrai ou Fake : le régime de Vichy a-t-il vraiment protégé les Juifs français ?

2 Octobre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Histoire, #Politique

Le polémiste Éric Zemmour a affirmé à plusieurs reprises que le régime de Vichy avait protégé les Français de confession juive pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Vrai ou Fake du jeudi 30 septembre passe cette déclaration au crible.

Sur Europe 1 et CNews, Éric Zemmour a déclaré que, de 1940 à 1944, le régime de Vichy a "protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers". Mais l’affirmation du polémiste est-elle vraie ? En 1940, le régime de Vichy, soumis à l’Allemagne, cible principalement les Juifs étrangers, "avec une loi qui, dès octobre 1940, les internait et des premières rafles en 1941 qui les visaient", précise Laurent Joly, historien de la Shoah et directeur de recherche au CNRS. Ainsi, même si des Juifs français ont aussi été arrêtés, la grande majorité des arrestations concernent les étrangers.

Un basculement s’opère dès 1942. L’Allemagne élabore la Solution finale, l’extermination totale des Juifs. Le régime de Vichy n’est plus simplement soumis aux ordres nazis, et va collaborer pleinement pour livrer des Juifs étrangers et français. "La politique de Vichy consiste à collaborer et à mener une politique antisémite propre qui vise à se débarrasser du maximum de Juifs indésirables. Et c’est une politique qui, de fait, n’a absolument pas été protectrice des Juifs français, puisque dès la rafle du Vel’ d’Hiv’, 3 000 enfants français ont été arrêtés", rappelle Laurent Joly.

Une pleine collaboration de Vichy

De ces enfants arrêtés lors de cette rafle en juillet 1942, il reste les fiches d’identité, orange pour les enfants juifs étrangers et bleu pour les enfants juifs français. En les comparant, on peut voir que 80% des enfants juifs arrêtés au Vel’ d’Hiv’ étaient français. Au total, pendant la guerre, 50 000 Juifs étrangers ont été déportés hors de France, pour 24 000 Juifs français.

Une différence qui s’explique notamment par une meilleure intégration de ces derniers dans la société, et qui ont donc disposé de plus de relais pour s’en sortir. "Ils avaient beaucoup plus d’atouts pour survivre, parce qu’ils parlaient français et ils étaient beaucoup plus en lien avec l’environnement non juif", confirme Laurent Joly. Il est donc faux de dire que Vichy a protégé les Juifs français. Philippe Pétain et son régime ont pleinement collaboré avec l’Allemagne, en particulier à partir de 1942, en arrêtant des Juifs aussi bien étrangers que français.

L. Brisson, Y. Moine

https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/histoire/vrai-ou-fake-le-regime-de-vichy-a-t-il-vraiment-protege-les-juifs-francais_4791205.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

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Classes dédoublées : Un bilan très décevant

30 Septembre 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/614319f43e454633816eeeb5/large/image.jpg?v=1

EXTRAIT

Lancée en 2017, la politique de dédoublement des classes de CP et CE1 de l'éducation prioritaire est régulièrement mise en avant par JM Blanquer. C'est aussi la vitrine sociale du gouvernement qui y a consacré des moyens importants : près de 11 000 classes ont été créées depuis 2017. Le bilan que vient de publier la Depp montre pourtant peu de progrès dans les résultats. Si les élèves des classes dédoublées font de véritables progrès en CP et en CE1, ceux ci ne se détachent pas vraiment entre classes dédoublées et classes à composition identiques mais non dédoublées. L'écart entre l'éducation prioritaire et les écoles hors éducation prioritaire ne s'est pas réduit. Compte tenu de son coût, une autre politique éducative s'impose.

Une politique phare

Lancée en 2017 la politique de dédoublement des classes de Cp et CE1 en éducation prioritaire a supprimé les politiques précédentes comme les "plus de maitres que de classes". Depuis 2017, 10 800 classes ont été ouvertes. Et on peut estimer le coût de cette politique à plus de 500 millions soit deux fois la revalorisation accordée aux enseignants.

L'étude publiée par la Depp, à laquelle collaborent Pascal Bressoux et Thierry Rocher, évalue cette politique sur plusieurs années ce qui est tout à fait nouveau. Une première évaluation était parue en janvier 2019. Elle avait montré des résultats décevants.

Si l'on en croit un communiqué du ministère, "l’étude... met en évidence des effets positifs sur la conduite de la classe, sur le sentiment des enseignants de pouvoir aider leurs élèves et sur les pratiques de différenciation. Concernant les acquis des élèves, l’effet sur deux ans (CP puis CE1) est positif : les élèves de classes dédoublées en REP+ ont, en fin de CE1, des résultats supérieurs aux élèves issus de classes ayant des caractéristiques similaires mais n’ayant pas bénéficié de la réforme. Ces effets sont statistiquement significatifs : cela correspond à une diminution de 16 % de l’écart observé en début de CP entre le groupe REP+ et le groupe hors Éducation Prioritaire en français et de 38 % en mathématiques. Le dispositif favorise donc la réduction des inégalités sociales à l’école".

Quand les classes dédoublées ne dont pas mieux que leurs équivalents non dédoublées

Malheureusement l'analyse des données de l'étude est loin de confirmer cet enthousiasme. Comme en 2019, il y a un écart important entre le communiqué de presse et les données.

On le voit déjà  l'évolution des taux de réussite aux items communs entre le début CP et la fin de CE1.

(...)

François Jarraud

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Devoirs à la maison, une guerre qui dure - Par Claude Lelièvre

30 Septembre 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

Devoirs à la maison, une guerre qui dure - Par Claude Lelièvre

EXTRAIT

La rentrée scolaire a eu lieu, et avec elle les enjeux autour des devoirs à la maison reviennent sur le devant de la scène. Peut-on vraiment donner en primaire aux élèves du travail à réaliser hors de la classe ? C’est une question qui est régulièrement posée et sur laquelle un flou demeure. Si les élèves peuvent avoir des lectures à faire ou des leçons à apprendre chez eux, les enseignants ne doivent en principe pas leur confier d’exercices écrits.

La circulaire du 29 décembre 1956 a en effet édicté « la suppression des devoirs à la maison ou en étude », avec des attendus significatifs qui restent très actuels :

« Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants. Enfin, le travail écrit, fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoir écrit ne sera demandé aux élèves hors de la classe. »

Bien qu’« impérative », cette circulaire restera pour l’essentiel lettre morte… Et c’est en invoquant précisément cela que Jean‑Pierre Chevènement a justifié son choix de tenter de « rétablir » officiellement les devoirs écrits en février 1985 (afin, disait-il, de régulariser cet état de fait pour mieux l’encadrer…). En vain, le Premier ministre Laurent Fabius s’y étant opposé.

Études surveillées

En septembre 1995, en plein débat sur les rythmes scolaires, François Bayrou (alors ministre de l’Éducation nationale) décide que « pour lutter contre les inégalités des situations familiales » des études dirigées en classe se substitueront désormais aux « devoirs écrits » à la maison, « les élèves n’ayant plus que du travail oral à faire ou des leçons à apprendre ». En réalité, la pratique des devoirs après la classe n’a pas cessé alors, on le sait. Et pourtant les parents en général – et surtout certains en particulier – ne sont pas les mieux placés pour encadrer ces temps en principe scolaires.

Au début de la campagne pour les élections présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy, évoquant les « orphelins de 16 heures » a plaidé sur TF1 en octobre 2006 pour une généralisation des études surveillées afin que « l’ensemble des familles de France puissent venir chercher leurs enfants une fois les devoirs faits, à 18 heures ». Le point 10 du projet législatif pour l’éducation adopté par l’UMP en 2007 (pour la législature de 2007 à 2012) est un engagement précis en ce sens, mais plus fort encore (études dirigées et non pas simplement surveillées). En réalité, durant le quinquennat 2007-2012, il ne sera vraiment tenté de mettre en place ce type de dispositifs que dans les zones d’éducation prioritaire.

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Claude Lelièvre

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Cécile Roaux : La direction d’école à l’heure du management

30 Septembre 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

La direction d'école à l'heure du management - Cécile Roaux - Education et  société - Format Physique et Numérique | PUF

EXTRAITS

Si la loi Rihlac a le mérite de remettre sur le devant de la scène la question du pilotage de l'école primaire, il est à craindre qu’elle ne modifie pas réellement le quotidien des directions d’école et leur pouvoir d’action... Même avec une autorité fonctionnelle, le directeur devra se débrouiller avec ce dont il dispose, c’est-à-dire pas grand-chose ".  Alors que la loi Rilhac est discutée à l'Assemblée le 29 septembre, Cécile Rouaux, docteure en sciences de l'éducation (Cerlis université de Paris), publie « La direction d’école à l’heure du management. Une sociologie du pouvoir » (PUF). Forte de son expérience de professeure des écoles et de directrice, son travail de recherche donne un éclairage nouveau, tout autant scientifique que de terrain, de ce qu’est la réalité d’une école primaire et du rôle primordial des directeurs et directrices d’école. Un livre qui tombe à pic avec le vote à l’assemblée du projet de loi Rihlac. Il en éclaire les enjeux, met en évidence les limites de la proposition de loi et permet de comprendre un peu mieux le fonctionnement si particulier des écoles françaises du premier degré. 

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Donner un statut au directeur signifie-t-il leur donner du pouvoir ? Qu’est-ce que cela apporterait à part « une satisfaction égotique » ?

Un statut ne permettra pas au directeur d’école d’acquérir davantage de « pouvoir » pour changer le fonctionnement d’une organisation telle que l’école, qui se caractérise par un travail en silos très protecteurs. C’est l’exact opposé du travail transversal. Si l’on pose le problème en termes sociologiques, le directeur ne contrôlera rien d’important lui permettant d’obtenir la coopération de ceux qu’il est supposé animer.

Pourtant, les missions officielles de ce directeur sans statut mais surtout sans réel pouvoir, sont lourdes. Il est « responsable de l’ordre et de la sécurité des personnels et des biens », qu’il s’agisse de crises particulières ou de travaux dans l’établissement, il est aussi censé « animer, impulser et piloter le projet d’école en y associant tous les acteurs et partenaires de la communauté éducative ». Pas simple.

Même avec une autorité fonctionnelle, le directeur devra se débrouiller avec ce dont il dispose, c’est-à-dire pas grand-chose. A noter que plus l’équipe enseignante est importante, plus les interactions se multiplient et rendent complexe l’obtention d’un consensus entre la classe et l’établissement. La sociologie des organisations a depuis longtemps montré que le pouvoir s’inscrit dans une relation déséquilibrée mais réciproque dans laquelle chacun a des ressources. Penser que tout acteur en charge d’une école est forcément un petit chef, un renégat, ou un planqué et le cantonner à une responsabilité jugée d’essence inférieure est une véritable violence symbolique.  Au-delà des moyens ou d'un statut fonctionnel, il s’agit surtout de s'interroger en termes concrets sur la réalité telle qu’elle est et les règles du jeu fixées par les acteurs eux-mêmes. 

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La loi Rihlac serait-elle la solution ?

Si la loi Rihlac a le mérite de remettre sur le devant de la scène la question du pilotage de l'école primaire, il est à craindre qu’elle ne modifie pas réellement le quotidien des directions d’école et leur pouvoir d’action. Investir dans la connaissance comme préalable à l’action, est plus que jamais une obligation si l'on souhaite une véritable transformation en profondeur, systémique et exigeante de l’école. Cela permet d’éviter de prendre des décisions à l’aveugle, sans portée réelle, si ce n’est d’éloigner un peu plus ceux qui décident, de ceux sur lesquels ces décisions s’appliquent, avec le risque d’oublier le problème réel.

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Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

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Proposition de loi Rilhac : "Choisir mes enseignants ne m’intéresse pas", affirme une directrice d'école opposée à un changement de statut

30 Septembre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

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Une proposition de loi visant à réformer le statut des 45 000 directeurs d'école est examinée mercredi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Son initiatrice, la députée LREM Cécile Rilhac souhaite leur conférer une autorité hiérarchique sur les autres enseignants. 

Cécile Bouchet est directrice d'une école de huit classes au Neubourg, une commune située dans un secteur plutôt rural du département de l'Eure. Pour la rencontrer, il faut attendre la fin de la journée lorsqu'elle se libère de toutes les sollicitations, celles de collègues, d'élèves ou encore de parents. "Là c’était au sujet des tests salivaires mais il y a aussi les imprévus, raconte-t-elle. Par exemple, jeudi dernier une collègue m’a annoncée qu’elle était malade et qu’elle n’allait pas pouvoir venir. Le même matin, une autre collègue m'a dit qu’elle ne pouvait pas venir parce que son fils était malade et là, je me suis retrouvée avec deux classes sans enseignants”.

Cécile Bouchet bénéficie d'une décharge pour gérer ses missions administratives : pendant ce temps, un autre enseignant prend en charge sa classe de CP. Le temps de décharge de direction varie en fonction de la taille de l'école. Cécile Bouchet est libérée chaque jeudi. Une journée qu'elle ne voit souvent pas passer. "J’ai les élections de parents d'élèves à préparer, envoyer des listes pour la photo de classe, appeler l’inspection pour demander conseil sur un problème qui m’a été rapporté...”  

Un travail varié, chronophage et souvent stressant

"Entre deux [tâches] le téléphone sonne et à la fin de la journée, on est bien fatiguée", dit-elle d’un rire désabusé "nerveusement, physiquement on n'en peut plus". Cécile Bouchet ne compte pas ses heures, elle passe du temps à l'école tous les week-ends. Pour cet investissement, la directrice d'école touche 150 euros de prime par mois. Malgré les difficultés, elle apprécie cette fonction qu'elle occupe depuis six ans et elle ne désire en aucun cas avoir de l'autorité sur ses collègues. C'est ce que vise la proposition de loi déposée en mai 2020 par la députée La République en marche Cécile Rilhac et examinée en deuxième lecture mercredi 29 septembre 2021 à l'Assemblée nationale. “Le fond de l’histoire, je ne le saisis pas bien. Sincèrement, être amenée à choisir mes enseignants, ça ne m’intéresse pas. Non, ça ne peut pas fonctionner", estime la directrice d'école qui préférerait "avoir plus de temps pour l’administratif parce que parfois c’est vraiment la course. On est à la fin septembre et j’ai l’impression d’être déjà bien fatiguée. C’est vrai que parfois c’est un peu pesant”.

Dans la classe voisine, Émilie Franc, enseignante en CE1/CE2 est, elle aussi, opposée à l'instauration d'un rapport hiérarchique entre les directeurs d'école et les autres enseignants. "Très sincèrement, je ne pense pas que ce soit une bonne solution." 

"On travaille vraiment en équipe et le message du directeur, est, je pense, plus fort, justement parce qu’on bosse d’égal à égal." 

Émilie Franc, enseignante franceinfo

Le chef de l'État a par ailleurs annoncé lors d'un déplacement à Marseille le 2 septembre dernier, vouloir mettre en place une expérimentation en ce sens,"dès la rentrée 2022-2023" dans 50 écoles de quartiers difficiles la cité phocéenne. "Il faut que ces directeurs d'école puissent choisir l'équipe pédagogique", avait alors déclaré Emmanuel Macron. La proposition a été froidement accueillie par les syndicats enseignants des Bouches-du-Rhône. Mais si cette question fait débat, il y a en revanche consensus sur le besoin de revalorisation de cette fonction de direction d'école.

Noémie Bonnin

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