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Vivement l'Ecole!

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Comment le ministre Blanquer peut-il encore mentir sur la situation sanitaire dans les écoles ?

9 Février 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Comment le ministre Blanquer peut-il encore mentir sur la situation sanitaire dans les écoles ?

EXTRAITS

JM Blanquer a fait sa rentrée médiatique cette semaine, sur la même ligne que celle tenue avant les vacances de Noël : les chiffres du Covid-19 à l’école sont bas, grâce à un protocole sanitaire renforcé. Des informations erronées, infirmées avant les vacances par plusieurs médias, mais cela n’empêche pas le ministre d’en faire la base de sa communication, à l’appui de la politique gouvernementale.

Des chiffres mensongers démasqués par les médias fin novembre

Après deux semaines d’un silence radio tout à fait inhabituel pour lui, on a retrouvé début janvier notre ministre exactement tel qu’on l’avait laissé mi-décembre :

« Nous avons demain une rentrée selon le protocole sanitaire renforcé que nous avons, qui un protocole sanitaire qui a fait ses preuves, je rappelle qu’avant les vacances de Noël nous avions un taux de contamination qui était de l’ordre de 0,3 % » (BFMTFV le 3 janvier)

C’est peu dire qu’on est nombreux à avoir été surpris, voire stupéfaits, par les chiffres donnés par le ministre : ce sont les mêmes que ceux annoncés en novembre et que plusieurs médias, notamment Libération et Le Monde, avaient "débunkés" afin de rétablir la vérité : les chiffres officiels du ministère étaient jusqu’à 20 fois inférieurs à celui de Santé Publique France dans certaines Académies ! Pire, quand les chiffres de l’EN ne montraient aucune évolution, ceux de SPF indiquaient clairement une nette augmentation à partir de la Toussaint (pour exemple, quand la région Auvergne Rhône Alpes a décidé de tester massivement dans les lycées, le taux de positivité est monté à 5%, 16 fois plus que le taux du ministre…). Le site AEF avait publié cette infographie montrant à quel point les données du ministère étaient éloignés de la réalité.

Une fois de plus, il s’agit pour JMB de minimiser la circulation du virus dans les écoles car, le premier ministre Castex l’a dit clairement : « Il faut que la situation soit gravissime pour fermer les écoles ». Je connais peu d’enseignants qui souhaitent la fermeture des écoles, cela signifierait des cours en distanciel et franchement, on préfère avoir nos élèves en face de nous ; en revanche je connais beaucoup d’enseignants qui aimeraient qu’on arrête de dire que tout va bien madame la Marquise.

(...)

La stratégie de communication, elle, fonctionne : « Plus je répète, plus j’ai raison ».

Des journalistes qui ne savent pas, une opinion publique qui ne veut pas savoir (à moins que ce ne soit l’inverse)

Si la première fois, en novembre, le ministre avait argué d’un système de comptage différent de celui de SPF pour justifier l’écart avec ses propres chiffres, reconnaissant à demi-mot qu’il n’avait pas toutes les données en sa possession, c’est cette fois-ci en pleine conscience et en pleine connaissance des choses que JMB ressort exactement les mêmes chiffres ! Comment expliquer qu’il puisse ainsi mentir sur des chiffres débunkés il y a un mois et que cela passe comme une lettre à la poste ?

Les journalistes sans contradiction

Si JMB peut asséner tranquillement des contrevérités, c’est avant tout parce qu’il a en face de lui, le plus souvent, des journalistes sans mémoire, complaisants et ignorants des dossiers de l’école. Il pourrait leur expliquer qu’il a personnellement lutté à mains nues contre un troll des cavernes dans une école pas plus tard qu’hier matin, il récolterait des oh et des ah admiratifs.

Depuis son arrivée rue de Grenelle, JMB peut compter sur une large partie de la presse pour relayer avec gourmandise ses propos, voire pour lui servir carrément de SAV (suivez mon regard, surtout l’œil droit). JMB choisit avec soin les médias dans lesquels il communique, il sait qu’il n’a rien à craindre d’eux, et quand il fait l’effort d’aller sur des terrains plus glissants, dans des médias moins acquis, on peut être sûr que les rares journalistes spécialisés dans l’éducation ne pourront pas l’approcher de trop près. Il est intéressant, d’ailleurs, de discuter off avec ces derniers : la communication avec le MEN est manifestement très difficile et la contradiction n’est pas tolérée ; il n’est pas rare que les rédactions reçoivent un appel courroucé suite à un papier négatif…

Sur Europe 1, la journaliste Sonia Mabrouk a bien opposé au ministre l’idée de chiffres différents, mais en les attribuant aux syndicats, ce n’est pas la même chose que les présenter comme des faits établis par des journalistes. Facile, pour JMB, de se dépêtrer de l’affaire, à tel point que c’est lui qui évoque les chiffres de SPF, comme un lapsus, avant de vite revenir à ses éléments de langage (il s’était visiblement préparé à contrer les chiffres de SFP, mais ça n’a même pas été la peine).

(...)

Ce même jeudi, on apprenait que le taux de positivité chez les 0-9 ans était monté à 10,3%, celui des 10-19 ans à 9,5%, bien au-dessus de la moyenne tous âges confondus (6,8%).

D’après une étude britannique, les 12-16 ans seraient sept fois plus susceptibles que les adultes d’être la première personne contaminée au sein d’un foyer ; le plus souvent, ce serait donc l’adolescent qui contaminerait les autres personnes de la maison.

Enfin, toujours jeudi, on apprenait que deux clusters du variant anglais avaient été identifiés. L’un d’eux concerne deux écoles de Bagneux (92).

Nota : sur le totem d'immunité médiatique de JM Blanquer, lire cet excellent billet.

Suivez l’instit’humeurs sur Facebook et sur twitter @LucienMarboeuf.

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Covid-19 : les médecins de l'Éducation nationale demandent la fermeture de tous les établissements scolaires pour quatre semaines...

8 Février 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

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Fermer pour ralentir la circulation du virus et éviter un nouveau confinement, tel est l'argument du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires.

Les médecins de l'Éducation nationale demandent la fermeture de tous les établissements scolaires à partir de lundi 8 février pour la durée des vacances de février des trois zones géographiques, soit quatre semaines, afin de pouvoir faire face à la circulation du coronavirus en milieu scolaire.

Dans un communiqué du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU-UNSA Éducation), publié lundi, les médecins affirment que cette fermeture vise "à ralentir la circulation du virus dans les établissements scolaires afin de tenter d’éviter une fermeture qui risque d’être beaucoup plus longue dans le cadre d’un confinement, ce qui va à l’encontre de l’intérêt des élèves".

Le virus de plus en plus présent

Le syndicat majoritaire des médecins de l’Éducation nationale rappelle que les élèves "sont des maillons actifs de la chaîne de transmission, surtout depuis l’apparition des nouveaux variants". La présence du virus en milieu scolaire est "de plus en plus forte". Les médecins alertent sur le nombre d'établissements scolaires qui "s'épuisent" dans la gestion des cas d'élèves positifs ou cas contacts. Les fermetures de classes ou d'établissements "se multiplient". Ils soulignent également que "les tâches des ARS et des CPAM ont été déléguées aux professionnels de santé de l’Éducation nationale déjà surchargés de travail".

"Deux semaines de vacances d’hiver ne suffiront pas à diminuer l’incidence de la pandémie en milieu scolaire."

Syndicat national des médecins scolaires et universitaires 

Extrait du communiqué

D'autant plus que "le gouvernement a autorisé les déplacements dans l’Hexagone, donc le brassage des populations", font valoir les médecins de l'Éducation nationale. Ils demandent à leur ministre de tutelle de "tenir compte de l’avis des médecins de l’Éducation nationale qui sont experts de la promotion de la santé à l’école".

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La grande misère des écoles des quartiers populaires

8 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

La grande misère des écoles des quartiers populaires

On lira ci-dessous la lettre ouverte que les délégués de parents d'élèves de l'école maternelle Jean-Mermoz que fréquente mon petit-fils, ont envoyée aux représentants de la municipalité de Sarcelles (Val d'Oise).

Madame, Monsieur,

Les parents d’élèves de l’école maternelle Jean-Mermoz sont indignés, en colère, et inquiets par la dégradation de leur école.

En pleine crise sanitaire où l’on demande à ce qu’un protocole sanitaire soit appliqué, l’hygiène n’est pas respectée. En effet, nous constatons des sanitaires bouchés ou condamnés du fait d’une fuite d’eau qui n’a pas été réparée ; des robinets sont condamnés, alors que les enfants doivent se laver très souvent les mains afin d’éviter la propagation du COVID 19 ; des distributeurs de savon ont été retirés, car ils étaient cassés et n’ont pas été remplacés. La classe 9 de la petite section n’a pas de point d’eau.

Le matériel dans la salle de motricité, tels que les cerceaux, balles, ballons, cubes, briques, anneaux, n’a pas été nettoyé depuis plus d’un an, non plus que le local pour les vélos, et ce depuis plusieurs années.

La cour de récréation est dans un état désastreux ; les feuilles mortes jonchent le sol et s’introduisent à l’intérieur de l’école lorsque l’on ouvre la porte ; il y a des nids de poule en de nombreux endroits. Il est clair que cette cour n’est pas entretenue. Le toboggan a dû être condamné car la section sur laquelle glissent les enfants est cassée sur les côtés et présente des parties tranchantes sur lesquelles les enfants pourraient se blesser. Il faudrait soit le réparer, soit le remplacer. Même condamné il est dangereux car il suffirait d’une malheureuse minute d’inattention pour qu’un accident arrive, quand bien même le personnel est très vigilant.

La porte qui mène à la salle de motricité ne s’ouvre plus. Ce qui pose un grave problème de sécurité en cas d’incendie

Nous déplorons la perte d’agents d’entretien. Notre école n’est pas toute neuve, elle a besoin d’un entretien quotidien ainsi que d’un rafraîchissement, afin que nos enfants puissent apprendre dans une école digne de ce nom, car c’est un droit accordé à chaque enfant de pouvoir apprendre et s’épanouir dans une école convenablement entretenue et propre, surtout en temps de crise sanitaire.

Nous tenons à préciser que tous les agents de la ville présents au sein de l’école (ATSEM, femmes de ménage…) font un travail formidable malgré des conditions difficiles.

Vous comprendrez Madame, Monsieur, la colère, le désarroi et l’inquiétude des parents dont les enfants sont accueillis dans une école mal entretenue et qui ne cesse de se dégrader. Nous sommes tous concernés par l’avenir de nos enfants. Ils ont le droit d’avoir une scolarité comme tout le monde. Vous avez le devoir, en tant que responsables et élus de la mairie, de leur garantir ce droit.

Dans l’attente d’une réponse rapide de votre part, nous vous remercions de votre compréhension.

L’ensemble des parents d’élèves de l’école Jean-Mermoz de Sarcelles.

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« Vouloir rendre “rentable” l’école maternelle est une aberration technocratique »

8 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Vouloir rendre “rentable” l’école maternelle est une aberration technocratique »

EXTRAITS

L’école maternelle ne doit pas devenir un centre d’entraînement aux épreuves d’entrée au cours préparatoire, expliquent trois professeures d’université dans une tribune au « Monde ». Elles dénoncent la vision utilitariste d’une récente « note d’analyse et de propositions », produite par le Conseil supérieur des programmes.

Tribune. Née sous la IIIe République, l’école maternelle concilie aujourd’hui trois impératifs : accueillir le jeune enfant, l’éduquer, le préparer à sa scolarité future en œuvrant à son développement cognitif, social et culturel. Ce point d’équilibre a été formalisé par le programme scolaire actuel, qui répond aux attentes des familles et donne satisfaction aux enseignants. Publié en 2015, ce programme, qui a recueilli une très large approbation, avait été élaboré en faisant appel à tous les secteurs de recherche concernés par l’école maternelle, à l’expertise des enseignants et à la collaboration des partenaires de l’école.

Rien, donc, ne justifie qu’on veuille rompre cet équilibre et contraindre l’école maternelle à renoncer à une grande partie de ses missions. Pourtant, c’est ce qu’envisage le Conseil supérieur des programmes (CSP), dans une « note d’analyse et de propositions » où il suggère une refonte du programme qui focalise l’école maternelle sur quelques apprentissages ciblés qui seraient intensément travaillés. Les propositions du CSP sont motivées par un objectif dont la note ne fait pas mystère : améliorer les scores aux évaluations que passent les enfants à leur entrée au cours préparatoire.

(...)

Stigmatiser des petits de 3 ans

Ce choix politique procède d’une vision technocratique de l’école. Les auteurs de la note cherchent en effet à améliorer la rentabilité de l’école maternelle en restreignant son champ et en anticipant les apprentissages ultérieurs. Cette doctrine est à mettre au compte d’une connaissance très lacunaire de l’école maternelle et des jeunes enfants. En effet, les auteurs ne se sont autorisés à consulter que trois chercheurs en grâce auprès du ministre, en se privant de la connaissance des apprentissages spécifiques à l’école maternelle, domaine pourtant bien exploré par la recherche. Ils restent donc à la surface des choses et ne s’intéressent pas aux transformations substantielles que l’école maternelle vise pour chaque enfant, et qui demandent du temps.

(...)

Appauvrissement des capacités

Leur méconnaissance de l’école maternelle rend les auteurs de cette note inaptes à comprendre la nature des apprentissages profonds dont cette école a la charge. Aussi leur note évacue-t-elle d’un trait de plume tout ce qui a trait aux apprentissages langagiers : dans leur projet de refonte du programme, il n’est plus question que l’école aide les élèves à apprendre à parler, écouter, réfléchir, essayer de comprendre et, progressivement, essayer d’écrire et de lire.

Plutôt que d’amener les élèves à réaliser ces activités cognitives de haut niveau, ils préfèrent leur faire faire des exercices empruntés à l’école élémentaire et même au collège. Ce choix, qui constitue un aveu de leur ignorance des processus de développement du langage chez les enfants de 3 à 6 ans, témoigne de leur incapacité à saisir ce qui se joue en propre à l’école maternelle. Cette absence de clairvoyance va de pair avec leur conviction que l’école élémentaire devrait servir de modèle à l’école maternelle.

(...)

Pourtant, cette approche utilitariste ne saurait conduire qu’à un appauvrissement des capacités des enfants en occultant tous leurs apprentissages en situation informelle, si nécessaires à leur développement et à leur curiosité intellectuelle. Il reste à espérer que la faiblesse du document présenté par le CSP, bâclé, mal organisé, plein de contradictions internes et d’erreurs factuelles, lui vaudra le sort qu’il mérite : être oublié dans un tiroir.

Mireille Brigaudiot, maîtresse de conférences honoraire en sciences du langage, Pascale Garnier, professeure en sciences de l’éducation, Université Sorbonne Paris Nord, et Sylvie Plane, professeure émérite en sciences du langage, Sorbonne Université, ancienne vice-présidente du Conseil supérieur des programmes

Liste complète des signataires : https://ecolematernellevivante.wordpress.com/

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Covid-19 : moins concentrés, plus bagarreurs et soucieux… Les enfants sont eux aussi bouleversés par la pandémie

8 Février 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

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EXTRAIT

Depuis la rentrée de septembre, les élèves reprennent des habitudes que les six mois précédents avaient estompées. Mais les professionnels de l'enfance constatent les dégâts de la crise sanitaire sur l'attention, la gestion des émotions ou encore les apprentissages.

"Quand est-ce qu'on va pouvoir reprendre le sport ?" Cette question, Florence, enseignante en Bretagne, l'entend tous les jours dans la bouche de ses élèves de CM2. Une interrogation qui reste sans réponse. Comme elle, vous avez été nombreux à répondre à notre appel à témoignages, pour nous raconter comment les enfants vivaient la pandémie de Covid-19, que vous soyez enseignant, psychologue, animateur ou accompagnant scolaire.

Car si la pandémie n'est pas simple à vivre pour les adultes, elle est, pour les enfants, surtout source de confusion. Pour Arnaud Bobet, psychologue au Mans, la crise sanitaire a exacerbé les angoisses de certains. 

"Au départ, ils viennent rarement pour des problèmes liés au Covid-19. Mais quand on creuse, on voit que ce contexte ne leur permet pas de gérer un stress supplémentaire qui, habituellement, aurait été contenu."

Arnaud Bobet, psychologue à franceinfo

Le praticien a vu ses demandes de rendez-vous "multipliées par cinq" ces derniers mois. Le délai d'attente moyen est passé de "quinze jours à un mois" pour recevoir un nouvel enfant.

Les enseignants recueillent aussi souvent la parole de ces jeunes enfants perturbés : "Un élève m'a parlé de manière très précise des problèmes financiers de ses parents, générés par le Covid-19. A 4 ou 5 ans, ce n'est vraiment pas un âge où l'on doit être soucieux à cause de ces problématiques. C'est violent de voir des enfants aussi jeunes qui ont conscience de ces conséquences", souligne Bénédicte Le Falher, professeure des écoles en grande section à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

(...)

Marianne Chenou

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Luttons ensemble contre le formatage de l'esprit ! - Christophe Chartreux

7 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Culture

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De la culture avant toute chose !...

Il y avait jadis, sur France Inter, une émission intitulée "De la musique avant toute chose".

Sans verser dans une nostalgie toujours trompeuse, ce temps-là semble s'être perdu dans un autre: celui de la vitesse et de la bêtise triomphante dominée toutes deux par un maître aux dents longues: le marché, ce marché organisateur de ce que Tzvetan Todorov a appelé "Le nouveau désordre mondial". De la musique avant toute chose, nous sommes passés, sans nous en rendre compte tant la perversité du "système" est grande, à "de la bêtise avant toute chose". Il suffit pour cela d'allumer son téléviseur et cette bêtise ruisselle sur tous les plateaux des chaînes dites d'informations en continu, à quelques très rares exceptions près, rendant celles-ci plus précieuses encore.

Je ne définirai pas ici ce concept de "bêtise" triomphante. Bernard Stiegler l'a fait avant et mieux que moi. Philippe Meirieu, Denis Kambouchner et, encore, Bernard Stiegler en parlent aussi fort bien dans L'Ecole, le numérique et la société qui vient paru aux éditions Mille.et.une.nuits. (Vous pouvez aussi écouter leur entretien à ce sujet ICI )

En revanche il me semble nécessaire de dire que l' Ecole, au sens le plus large et institutionnel du terme, a un rôle capital à jouer pour contrer les effets ravageurs de cette "bêtise" installée, chaque soir sur nos écrans. Je dis "chaque soir" car nos élèves ont encore la chance de ne pas être scotchés devant la télévision durant la journée, passant d'émissions d'une rare stupidité à des feuilletons profondément, n'ayons pas peur des mots, stupides. A moins bien entendu de "zapper" vers des chaînes dites "culturelles" mais, autre perversion organisée sciemment, destinées aux initiés. La culture, les arts, aujourd'hui en France, ne sont pas partagés. Ils sont "réservés".

L'Ecole donc, au-delà de l'Histoire des Arts - à laquelle il conviendrait d'adjoindre une "Histoire des sciences" - qu'il faut maintenir et renforcer par tous les moyens, de la maternelle à la terminale, dans toutes les filières, doit être un fer de lance, une "base avancée" du développement, de la vulgarisation DES cultures, DES arts, de TOUS les arts. Je suis aujourd'hui - et depuis fort longtemps - persuadé que les dictatures qui nous écrasent, qui s'installent dans nos "parts de cerveau disponible", dictatures de la bêtise et du marché, seront combattues par la possibilité offerte à toutes et tous d'entrer dans ces "mondes réservés", de les investir et d'y investir.

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N'est-il pas scandaleux, dramatique, que quatre-vingt pour cent des élèves d'un collège rural - le mien, mais pas que le mien - n'aient jamais mis les pieds plus d'une fois, en troisième, dans un musée, dans un théâtre, dans une salle de concert? Ne parlons pas de "galeries de peinture"! L'une de mes élèves a cru que j'évoquais la galerie marchande du supermarché voisin!

N'est-il pas tragique que des élèves de collège n'aient pas accès à l'Art sauf une heure par semaine grâce à nos collègues professeurs d'Arts plastiques et de musique qui font tout ce qui est dans leur pouvoir, avec passion, mais dont la parole "compte" si peu lors des conseils de classe?

N'est-il pas signifiant de constater avec tristesse que de nombreux collègues souhaitent la disparition pure et simple de l'Histoire des Arts au collège? Si tel était le cas, ce serait alors laisser porte grande ouverte à la "misère symbolique", dernière marche avant la misère tout court*, dont les victimes sont toujours les mêmes enfants, des mêmes catégories sociales, écrasés par la bêtise médiaticopolitique.

L'Ecole doit être rempart et fer de lance: rempart contre les assauts d'un néo-libéralisme d'une perversité extrême et fer de lance d'une conquête à venir, celle d'une "Education artistique vivante"! Nous, enseignants, quel que soit notre "niveau", quelle que soit la matière enseignée, DEVONS être les phares d'une nouvelle culture républicaine à diffuser par tous les moyens imaginables, y compris les plus contemporains (Internet).

Redonnons la parole à l'intelligence partagée! Redonnons la parole à l'Art! Travaillons main dans la main avec les artistes! Luttons ensemble contre le formatage de l'esprit !

Une révolution à venir!...

Christophe Chartreux

A lire absolument: Education artistique: l'échec n'est pas permis par Philippe Meirieu

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Revue de Presse Education... Concert de blues - Dissonances - Harmonies...

7 Février 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Concert de blues - Dissonances - Harmonies...

Oh comme nous aimerions partager une revue de presse joyeuse, optimiste. Nous jouons contre des éléments plus forts que notre envie, unissant chorus pandémique et sourdines ministérielles. Du blues, des dissonances et des harmonies, voilà le menu de la semaine.

Concert de blues

Pas de nouveau confinement (pour le moment) mais un nouveau protocole. Le journal du redéconfinement proposé par Les Jours fait le point sur les nouvelles mesures dans un contexte où «  Les cas de grand n’importe quoi se multiplient sur ce qu’il faut faire dans les écoles : cas contact sans fermeture de classe, sécurité aléatoire d’un établissement à l’autre ». Le rythme s’accélère comme le constate Le Midi Libre dans l’Aude « Changement de décor ce vendredi 5 février, avec un nombre de classes revu à la baisse (5), mais cette fois cinq écoles et un collège du département fermés. » L’Obs comptabilise en France «  934 classes sont fermées en raison de cas de Covid-19 ».
« Covid-19 : moins concentrés, plus bagarreurs et soucieux… Les enfants sont eux aussi bouleversés par la pandémie », alertent des professionnels de l’enfance, enseignants comme psychologues.
Pendant que Jean-Michel fait le zouave selon l’Humanité, localement les équipes éducatives cherchent des solutions pour respecter les directives récentes. « Afin d’appliquer les nouvelles règles, comme la distance entre les élèves, le collège-lycée La Fontaine n’a pas eu d’autre choix que d’aménager l’espace habituellement dédié au sport et de faire appel à des parents bénévoles pour assurer la surveillance  » rapporte Alexis Morel sur le site France-Info.
La pandémie se rajoute aux restrictions de moyens. «  On n’imagine pas l’énergie qui est déployée par ces enfants, par les adultes qui les entourent, par un établissement. Mais même les plus grandes volontés rencontrent leurs limites quand elles mènent trop de batailles, et qu’elles sont trop seules. », témoigne une enseignante dans une tribune publiée par Libération où elle raconte le quotidien d’un collège classique meurtri par la mort d’un élève victime d’une guerre des quartiers.
A Givors, deux enseignants sont en grève de la faim. "Par notre action collective, par notre mobilisation, par notre grève de la faim, nous crions à la République à quel point nos élèves comptent pour nous. Nous voulons avoir les moyens de les accompagner, de les aider à grandir... et ce quoi qu’il en coûte".
A Caen, des chefs d’établissement ont manifesté mercredi devant le rectorat. « Ils s’inquiètent des suppressions de postes annoncées pour la rentrée prochaine, alors qu’ils doivent faire face aux difficultés scolaires liées à la crise sanitaire. » explique France-Bleu Normandie.
Les personnels de l’Education Nationale étaient appelés à faire grève et manifester ce mardi. Un mouvement peu relayé dans la presse. « Gestion calamiteuse de la crise sanitaire, conditions d’enseignement dégradées, salaires en berne, suppressions de postes incessantes… les motifs de la colère étaient vastes  » précise l’Humanité. Alexis Morel pour Radio France consacre un reportage aux raisons de cette colère.
La lassitude n’épargne pas les professeurs de l’enseignement supérieur assignés derrière leur écran pour cause de distanciel. « Il n’est pas dans notre tradition de nous plaindre. En tant que professeurs des universités, nous avions un statut considéré comme élitiste qui, aujourd’hui, ne correspond plus du tout à la réalité  », témoigne Sébastien Saunier, enseignant à Toulouse 1 Capitole.


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Illustration de Fabien Crégut
Dissonances

« Appartenance syndicale, pratiques culturelles et électorales sont de plus en plus différenciées dans le corps enseignant, comme le montre une enquête de l’IFOP pour la Fondation Jean Jaurès. » La fin d’une culture commune chez les enseignants est annoncée par Le Monde.
Pour les jeunes enseignants, le COVID complique encore plus la donne. « Absence de lien avec les collègues, directives changeantes, rapport aux élèves bouleversé… les conséquences de la pandémie rendent le début de carrière encore plus délicat. » Violaine Morin souligne l’incidence des difficultés de la communication distante ou à distance sur l’entrée dans le métier.
Une entrée qui sera quelque peu différente l’an prochain avec la nouvelle formule du CAPES. « Deux ou trois épreuves d’admissibilité et deux épreuves d’admission, dont un entretien « sur la motivation du candidat et son aptitude à se projeter dans le métier de professeur » explique vousnousils, rajoutant « Ces nouvelles épreuves ne font pas l’unanimité auprès des enseignants ».
Ces expressions de mal-être et d’incompréhensions semble résonner dans le vide comme les réponses formatées et déconnectées de la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, Sarah El Haïry, à la détresse des étudiants relayée par le Youtubeur Hugo Travers. « Semblant débiter un catéchisme républicain, s’appuyer sur des éléments de langage et vendre les dernières mesures gouvernementales – « 1 jeune, 1 solution » – comme un sésame, rien n’y fait.  » commente Télérama.
Pourtant, « En réalité, il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences graves que peut avoir la crise sanitaire sur l’état psychologique et matériel de nombreux étudiants » écrit le sociologue Olivier Galland. Loin de l’image d’Epinal, il existe des difficultés psychologiques inhérentes à la vie étudiante, l’isolement d’une vie distante et confinée les amplifie.
« Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Paris Ve. Dans le bureau de Frédérique Vidal, malgré les piles de dossiers, l’ambiance est apaisée et la ministre, sereine en apparence. Très. Trop.  », contraste saisissant décrit par le Huffington Post entre la sérénité d’une « Ministre fantôme » et le chaos ressenti par nombre d’étudiants et d’enseignants du supérieur.
« En 90 pages documentées Saïd Benmouffok, professeur de philosophie, fait un portrait sans concession du ministre JM Blanquer et propose une vision d’ensemble de son action, très sombre » dans « le fiasco Blanquer » dont Lucien Marboeuf fait la recension. A la lecture, tout semble d’une logique imparable, de la mise au pas d’une institution à l’empreinte très droitière d’une politique éducative.


Harmonies

Allons sur le versant positif. Pas réellement au départ puisqu’il est question de l’expulsion d’une famille. Mais, la mobilisation d’une école toute entière met du baume au coeur. A Paris, un mouvement de solidarité s’est construit pour « Une enfant pleine de ressources, volontaire, qui ne cesse de progresser malgré les difficultés, la fatigue des trajets, la crainte d’une expulsion. » témoigne son enseignant. On leur souhaite de réussir pour que Fatimate puisse grandir et apprendre sereinement.
Regardons aussi la créativité des enseignants, celle qui permet par exemple de poursuivre le dialogue entre élèves de différents pays malgré l’impossibilité de se rencontrer en vrai. Pilar Carilla et Cécile Morzadec racontent comment « des enseignants français, belge et espagnols ont trouvé des moyens pour que les rencontres entre leurs élèves aient bel et bien lieu, malgré l’impossibilité de se déplacer du fait de la situation sanitaire  ». Bonne idée que de faire vivre malgré les aléas le programme ERASMUS qui constitue une belle réussite européenne. « Dix millions de personnes ont bénéficié du programme Erasmus depuis sa création en 1987.  », l’objectif est de doubler le nombre de bénéficiaires en sept ans en touchant de plus larges publics : apprentis, lycéens, adultes en formation par exemple.
Les salles de spectacle sont fermées certes mais l’art continue de s’épanouir en milieu scolaire. « Vingt-cinq terminales du lycée agricole La Touche à Ploërmel dans le Morbihan viennent de recréer, en posant devant un appareil photo, des peintures classiques. Des œuvres qu’ils ont choisies pour magnifier la vie rurale  » raconte le Journal du Dimanche. L’école est un refuge pour les troupes de théâtre . « Comme partout en France, les théâtres subventionnés parisiens continuent à accueillir des artistes en résidence et, surtout, à mener des actions culturelles en milieu scolaire. » peut-on lire aussi sur le site du JDD.
« Je suis complètement admirative de ce que les communautés éducatives mettent en œuvre. », Barbara Martin nourrit son optimisme avec la vitalité des enseignants et l’élan de la jeunesse. Elle fait partie de ces chefs d’établissement pour qui la co-construction et l’égalité des chances ne sont pas des vaines expressions.
Alors, oui co-construisons. Un nouveau souffle viendra peut-être d’une mobilisation collective pour la démocratisation de l’école à l’heure où « Notre école a plus que jamais besoin d’humanité, de justice, d’échanges et de coopération  » comme le constate le collectif Jean Zay dans une tribune publiée dans Libération. «  Commençons donc par admettre que toutes celles et ceux qui sont sur le terrain ont quelque chose à dire à ceux qui les dirigent – et non seulement l’inverse – et que les élèves eux-mêmes, ainsi que leurs parents doivent être associés aux réflexions.  » sonne comme un appel à contributions auquel vous pouvez répondre sur la plateforme du collectif.

 

Monique Royer aux manettes cette semaine pour l’équipe revue de presse des Cahiers Pédagogiques

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Inceste: Macron appelle à la rescousse une médecine scolaire déjà exsangue...

7 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

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EXTRAITS

Pour le chef de l’État, l’école doit devenir le lieu du dépistage des violences sexuelles faites aux enfants. Mais cette annonce surprend les professionnels de la santé scolaire, dont le rôle de vigie a été, ces dernières années, mis à mal.

Le 23 janvier dernier, le président de la République poste une courte vidéo sur Twitter en soutien au mouvement de libération de la parole des victimes d’inceste et promet la création de « deux rendez-vous de dépistage et de prévention contre les violences sexuelles faites aux enfants – l’un au primaire, l’autre au collège ». Ils « seront mis en place pour tous, dans le cycle de visites médicales obligatoires existantes », précise Emmanuel Macron. Cette annonce « rassurante » pour les uns, « à côté de la plaque » pour d’autres, met les professionnels de la santé scolaire en ébullition.

« La médecine scolaire est exsangue, alerte la docteure Jocelyne Grousset, du syndicat de médecin SNMSU-Unsa (majoritaire). J’espère que cela signifie que le gouvernement va donner à la médecine scolaire les moyens de réaliser ses missions dans le cadre d’une véritable politique nationale de santé publique contre toutes les violences faites aux enfants et que cette mission ne sera pas externalisée ».

Les établissements scolaires sont a priori un poste d’observation privilégié pour repérer les signes de violences sexuelles intra-familiales, près de 100 % d’une classe d’âge étant scolarisée de la maternelle au lycée. Or, sur une classe de 30 élèves âgés de 10 ans, un à deux enfants ont été incestés à la maison, estime l’anthropologue Dorothée Dussy, autrice d’un ouvrage célèbre sur le sujet (Le berceau des dominations. Anthropologie de l’inceste – épuisé, il doit reparaître en avril chez Pocket).

Face à l’ampleur du problème, les 7 700 infirmières, les 3 500 assistantes sociales, les quelque 900 médecins et psychologues scolaires, sous tutelle de l’Éducation nationale, sont en première ligne de la communauté éducative. Mais ils souffrent de la décrue dramatique des effectifs de médecins, non remplacés, en burn out ou affectés au suivi du Covid, et les infirmières se sentent très seules. « Il y a 15 ans, les missions étaient réalisables, ce n’est plus le cas », résume la docteure Grousset. Un médecin est amené à suivre en moyenne 14 000 élèves, avec des disparités criantes selon les académies.

En plus, l’incertitude prédomine : la médecine scolaire pourrait être transférée aux conseils départementaux, selon un projet de loi de décentralisation dit « 4D » – l'examen prévu ce mois-ci en conseil des ministres pourrait être reporté. Le texte prévoit de créer un service de santé scolaire en fusionnant avec les équipes départementales de la Protection maternelle et infantile (PMI), elles-mêmes très mal dotées – leurs moyens ont baissé de 25 % en 10 ans, selon un rapport de 2019.

Pour Léa*, infirmière scolaire dans l’Hérault, les visites médicales actuellement obligatoires à  6, 12 et 15 ans n’ont jamais été le cadre de révélations. « En quinze-vingt minutes seul à seul avec un enfant, je ne sais pas comment je peux parvenir à les faire parler sur ce sujet, surtout les plus petits qui ont du mal à verbaliser et à prendre conscience qu’ils vivent quelque chose d’anormal. Je risquerais de les brusquer ou de créer des angoisses injustifiées », confie-t-elle.

Chaque année, entre octobre et janvier, Léa assure les visites médicales systématiques des enfants en grande section, avant leur entrée au CP, alors qu’ils ont en principe déjà vu les équipes de PMI en moyenne section. Beaucoup d’infirmières boycottent d’ailleurs cette visite des 6 ans depuis 2015, parce qu’elles estiment qu’elles devraient pouvoir l’assurer en binôme avec le médecin scolaire, comme c’était le cas auparavant.

« Petit à petit, le taux de couverture qui était de 80 % dans le public et le privé a chuté du fait de la décrue des effectifs de médecins, avec un désengagement dramatique sur les établissements privés », relève Fabienne Quiriau, directrice générale de la CNAPE, une fédération d’associations de la protection de l’enfance.

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Tous les acteurs dénoncent l’absence de continuum de suivi et de soins des victimes d’inceste. La fusion de la médecine scolaire avec les services de PMI peut avec une certaine logique renforcer les réseaux et la collégialité pour créer un filet de sécurité autour des enfants. Mais pour Fabienne Quiriau, « cela implique de répondre aux questions de l’exercice de ces métiers et de leur éthique, qui est soumise au secret professionnel ; et aussi de l’appartenance, car les professionnels de santé scolaire craignent de dépendre à l’avenir d’une entité politique ».

Clotilde de Gastines

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Grenelle de l’éducation : « La question de l’autonomie des établissements est susceptible de changer profondément le système éducatif »

7 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAITS

Courant février, le ministère de l’éducation nationale devrait annoncer les mesures sur le métier d’enseignant décidées à la suite du Grenelle de l’éducation. L’économiste Asma Benhenda apporte son éclairage sur les principales propositions issues des discussions ayant eu lieu depuis novembre.

Jean-Michel Blanquer l’avait promis avant que la crise sanitaire ne vienne bousculer l’agenda : la deuxième partie du quinquennat serait consacrée à la « carrière » des enseignants. Fin janvier, les différents ateliers du Grenelle de l’éducation avaient à peine remis leur copie que le site d’information spécialisée Cafepedagogique.net s’alarmait des « recommandations explosives » qui en sont issues. Ce qui n’est pour l’instant qu’une « synthèse » des discussions ayant eu lieu depuis novembre entre les participants du Grenelle doit donner lieu, mi-février, à des annonces sur « une évolution profonde du système éducatif et des métiers des personnels ». Tour d’horizon des principales « idées » du Grenelle avec Asma Benhenda, économiste spécialiste de l’éducation et autrice de Tous des bons profs - Un choix de société (Fayard, 2020).

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Le Grenelle propose de renforcer l’autonomie des établissements avec des « projets d’autonomie et de réussite des établissements ». Est-ce un enjeu central ?

On est ici devant une logique de décentralisation défendant l’idée que les acteurs locaux sont plus à même de prendre les bonnes décisions sur le fonctionnement qu’un régulateur centralisé, en fonction du contexte local ou du projet d’établissement. C’est cette philosophie qui a poussé au développement depuis trente ans des Charter Schools aux Etats-Unis, des Academies au Royaume-Uni, ou des Fristående Skolor en Suède. Ces écoles sont financées par le public mais bénéficient d’une large autonomie en termes d’allocation de budget, de projet pédagogique, de recrutement, etc., un peu sur le modèle du « privé sous contrat » français.

Les évaluations montrent que cette décentralisation, si elle n’est pas absurde, n’a pas d’impact clair : aux Etats-Unis et en Suède, il semble qu’une partie de ces établissements parviennent à améliorer le destin de leurs élèves, mais au Royaume-Uni, les Academies n’ont pas les résultats escomptés. Selon les points de vue, la mise en concurrence des établissements qui découle bien souvent de cette logique soit accentue le risque d’accroissement des inégalités territoriales, soit crée de l’émulation et pousse à l’innovation pédagogique… Jusqu’où le ministère pourrait pousser le curseur de l’autonomie ? Cette question susceptible de changer profondément le système éducatif doit en tout cas faire l’objet d’un débat démocratique impliquant « tous » les acteurs de l’école (enseignants, mais aussi parents, élèves, etc.), plus large que celui ayant eu lieu durant le Grenelle.

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Le Grenelle propose d’ailleurs d’intégrer dans les obligations réglementaires de service « un temps de travail en équipe ». Cela va-t-il dans le bon sens ?

Les enquêtes internationales de l’OCDE montrent souvent que les enseignants français se sentent isolés et pas soutenus. Les enseignants sont interdépendants les uns des autres malgré leurs disciplines, leurs statuts, leurs salles de classe, dans la mesure où ils partagent les mêmes élèves. Les temps formalisés d’échange entre eux leur permettent d’en prendre conscience et de se synchroniser. C’est donc plutôt une bonne idée, à condition que ces heures soient rémunérées, et même qu’un espace soit aménagé dans l’établissement pour favoriser cette collaboration.

Il est important de favoriser cette relation horizontale entre professeurs dans les établissements, et pas seulement verticale avec un chef d’établissement auquel on donnerait plus de pouvoir sur l’équipe éducative. Cela pourrait aussi potentiellement permettre de les garder plus longtemps, de développer une culture d’établissement, etc.

Cet entretien paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au « Monde », vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

Séverin Graveleau

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500 classes supplémentaires fermées en une semaine...

5 Février 2021 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

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EXTRAIT

Le ministère de l’Education publie les chiffres de contaminations à l’école. En une semaine, le nombre de classes fermées a bondi.

Le ministère de l’Education nationale publie chaque semaine, depuis septembre 2020, les chiffres de contaminations du premier et second degrés réunis. Une semaine après la rentrée des vacances de Noël, ils étaient très bas. Depuis, ils augmentent, bien que la progression sur les deux dernières semaines soit moins forte que sur les précédentes.

Le point de situation du vendredi 5 février fait ainsi état pour les élèves de 12 520 cas confirmés de covid à l’école cette semaine, contre 11 864 la semaine passée. Pour les personnels en revanche, on note une très légère baisse : 1808 contaminations contre 1864 la semaine dernière.

On observe par contre un bond du nombre de classes fermées : elles passent ainsi de 444 à 934 en une semaine.

Une progression constante des contaminations d’élèves

Les 10 000 cas confirmés avaient été franchis deux semaines auparavant, comme en attestait le point de situation du vendredi 22 janvier.

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Sandra Ktourza

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