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Vivement l'Ecole!

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Entretiens Jean Zay : Le récit du commun, l’Histoire nationale racontée par les élèves... Vidéo...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Histoire

Lundi 14 novembre, Les Entretiens Jean Zay recevaient Françoise Lantheaume, professeure des universités en sciences de l’éducation à l’Université Lumière Lyon 2 et Laurence De Cock, professeure d’histoire-géographie en lycée et docteure en sciences de de l’éducation, pour présenter et débattre des résultats de leurs travaux de recherche. Des travaux qui s’appuient sur une large enquête menée auprès d’environ 7 000 élèves âgés de 11 à 19 ans, à qui il a été demandé de raconter l’histoire nationale telle qu’ils la connaissent.

Les résultats de cette enquête ont été publiés dans l’ouvrage Le Récit du commun : l’histoire nationale racontée par les élèves, sous la direction de Françoise Lantheaume et Jocelyn Létourneau, avec une contribution de Laurence De Cock, paru aux Presses universitaires de Lyon en octobre 2016. Des résultats qui vont à rebours des clichés véhiculés sur l’Histoire de France et notre École.

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Education: les programmes des 7 candidats de droite... Bon courage...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

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La sélection avant l'entrée à l'université

Certains candidats proposent de permettre aux universités de sélectionner leurs étudiants.

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Donner plus d'autonomie aux universités

Certains candidats proposent d'aller plus loin que la réforme engagée sous Nicolas Sarkozy.

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Le collège unique

Certains candidats veulent remettre en cause le fonctionnement actuel de la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, en créant de nouvelles orientations.

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Donner plus d'autonomie aux collèges et lycées

Certains candidats proposent de donner des libertés supplémentaires aux établissements scolaires, sur le modèle de ce qui a été fait pour les universités sous Nicolas Sarkozy.

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La réforme des rythmes scolaires

La réforme des rythmes scolaires sous la gauche a instauré la mise en place de trois heures d'activités périscolaires par semaine à l'école primaire et la répartition du temps scolaire sur neuf demi-journées, dont le mercredi matin.

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Suspendre les allocations familiales aux parents d'élèves absentéistes

La mesure avait déjà été testée sous Nicolas Sarkozy.

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L'ensemble est à retrouver ci-dessous:

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J'ai été confrontée à l'angoisse des collégiens après les attentats...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Louise Tourret - Slate Publié dans #Education, #Politique

20minutes.fr

20minutes.fr

Les attentats du 13-Novembre, à Charlie Hebdo, à Nice ont obligé les parents à expliquer le terrorisme aux enfants. Un passage dans un collège parisien montre que les élèves ont toujours besoin de comprendre ce qu'il se passe dans leur pays.

Vous avez des enfants autour de vous? Ils ont peur depuis les attentats, peur du terrorisme? J’ai passé une grande partie de l’été, après l'attentat du 14 juillet à Nice, à expliquer à mon fils qu’on pouvait prendre le train, marcher dans la rue, aller à une fête foraine… En fait, j’avais peur. Et il a fallu en parler beaucoup pour essayer de faire baisser la tension. Au mois d’août, on apprenait que des exercices pour se préparer à d'éventuels attentats allaient être organisés dans les écoles. Et qu'il allait falloir devoir aborder encore ce sujet sensible dans les classes. Les enseignants avaient déjà dû y consacrer du temps après les attentats de janvier et novembre 2015.

J’avais pu constater, à travers de multiples entretiens et interviews, à quel point les élèves avaient besoin de parler de ce sujet. Nous sommes des millions dans ce cas. Parler des attentats, c’est aussi évoquer la façon dont on en parle, dont on parle des terroristes, de leurs motivations, ainsi que des raccourcis éventuels faits avec la religion. C’est questionner la manière dont nous nous informons, essayer de surmonter ses propres émotions. Vous trouvez que cela fait beaucoup pour un enfant de 7, 11 ou un ado de 13 ans? Pourtant, il semble que c’est exactement ce dont ils ont besoin. Juste de parler.

Mais, à la vérité, je ne pensais pas du tout à cela en me rendant à un atelier découverte média du collège Gérard Philippe, Paris XVIIIe  pendant les vacances de la Toussaint. Un atelier pour parler de mon métier dans un collège. Je connais déjà bien ce coin du nord de Paris, après Marcadet Poissonniers, près des voix de chemin de fer qui partent de la Gare du nord. Je viens à l’invitation de Laura Mougel, professeur d’Histoire-Géographie en charge de cet atelier. Nous devions discuter de mon travail. Nous avons parlé de l’islam, du regard des médias sur la religion, du terrorisme, du complotisme. La discussion était à la fois très angoissante –du fait des questions abordées– et rassurante, parce que je pouvais sentir à quel point ils avaient envie et besoin d’échanger sur ces questions. Je l’entends, la défiance envers les médias est bien présente, forte et elle appelle des réponses.

Laura Mougel: «Un petit groupe d'élèves de 6, 5 et 4e me suit depuis l'année dernière dans divers ateliers “découverte des médias”. Dans cet atelier, le temps importe moins et les élèves se risquent à toutes les interrogations: dernièrement sur la laïcité dans nos écoles, la liberté de culte, le mariage pour tous, l'homosexualité, les questions de genre, le terrorisme... Et on se surprend en tant que prof à découvrir une nouvelle facette de certains enfants. Tous les élèves se posent des questions, c'est même la base de l'apprentissage et de tout cheminement intellectuel. Mais ils restent des enfants, avec leur naïveté (comme croire des infos invraisemblables), mais avec aussi parfois une perspicacité qu'on ne soupçonnerait pas. Et également une angoisse très présente sur certains sujets qui m'interpelle beaucoup, sur l'extrême droite, le racisme, les terroristes, la guerre, la méfiance envers les médias traditionnels...

(...)

Louise Tourret

Suite et fin ci-dessous

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Education 2017 - 2022: Repenser une école à taille humaine dans une architecture adaptée...

19 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education 2017 - 2022: Repenser une école à taille humaine dans une architecture adaptée...

L’École donne souvent le sentiment de s’enliser : dans la routine du quotidien de la classe, dans la succession rituelle des cours, des changements de salles ou d’enseignants, dans cette image (partagée par les élèves comme les professeurs) de classes surchargées à l’intérieur d’établissements scolaires déshumanisés.

L’unité scolaire de référence : les « unités éducatives »

L’École doit profondément repenser les cadres et les structures qui se sont indurés depuis deux siècles. Pour apprendre « autrement » et « d’autres savoirs », il faut être capable d’opérer une rupture radicale dans le lieu même où elle opère. La forme scolaire dominante doit vraiment être interrogée, bousculée.

Une structure  d’établissement repensée

Dans ses grandes lignes, il faut imaginer (pour le collège et le lycée principalement) une autre vision de ce que peut être un établissement. Une structure matricielle pourrait se décliner comme suit :

- Établissements  (collèges/lycées) de 60/100 élèves :  C'est  à dire des « unités éducatives » (expression chère à  Philippe Meirieu), regroupées géographiquement par deux ou trois  de 100 élèves chacune et remplaçant les établissements/usines  pouvant dépasser 1500 élèves en collèges !

- Équipes  pédagogiques, au sens large, stables. Pour obtenir cette stabilité  il sera impératif de repenser le recrutement et les nominations  nationales qui, jusqu'à aujourd'hui, ne favorisent en aucun cas  cette stabilité souhaitable

- Fonctionnement  souple et articulé : temps passé en grands groupes, en groupes  stables, en groupes de besoin

- Une autre conception  du travail supposant une formation disciplinaire élargie et une  initiation à l’ensemble des savoirs que les élèves sont  supposés construire ; nouvelle compétence indispensable à un  moment où certains objets d’enseignement supposent des  collaborations interdisciplinaires, voire des recompositions  disciplinaires (la question du Développement Durable, par exemple).

Une structure souple  et modulable

Ces « unités éducatives » seront confiées à des équipes d’enseignants dont le service sera entièrement repensé, en concertation avec toutes les parties prenantes.

L’ensemble des élèves pourra ainsi être réuni régulièrement pour des mises au point institutionnelles, des propositions d’activités, des projets pédagogiques à construire mais aussi des déplacements non plus par classes mais par « unités éducatives » favorisant.

Les « classes » seront remplacées par des groupes de travail hétérogènes :

- groupes stables pour les 2/3 du temps employé

- groupes de besoins voire même de niveau pour le 1/3 restant du temps employé.

Groupes homogènes dans ce cas et très souples d’usage.

Ces groupes de travail peuvent être de taille variable selon les disciplines et très perméables à toute arrivée ou sortie d’élève, selon les difficultés ou progrès de celui-ci. En collège et dès les « groupes-classe nouveaux arrivants », il sera mis en place (entre autres outils) un système de tutorat pour les élèves décrocheurs, ceux dont les incivilités sont fréquentes et qui auront été repérés en amont grâce au travail commun des équipes pédagogiques de CM2 et de collège. Mesure qui doit rester exceptionnelle en raison des moyens mobilisés en amont. Dans ce dernier cas ultime, il conviendra de renforcer significativement les dispositifs existants : classes relais nécessitant des moyens matériels et humains. Il conviendra également de reconsidérer l’exclusion temporaire comme n’étant pas toujours sécuritaire mais bel et bien éducative.  

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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Education 2017-2022... Prôner le travail en équipe et revendiquer des formations ne sont pas l’aveu d’une incompétence. Il s’agit au contraire d’une dimension de la profession…

19 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education 2017-2022... Prôner le travail en équipe et revendiquer des formations ne sont pas l’aveu d’une incompétence. Il s’agit au contraire d’une dimension de la profession…

Prôner le travail en équipe et revendiquer des formations, du soutien dans ce domaine est souvent pris comme l’aveu d’une incompétence. Il s’agit au contraire d’une dimension de la profession… qui n’est apprise nulle part. L’institution faisait, il y a à peine 5 ans, comme s’il s’agissait d’une compétence « naturelle » (contrairement à ce qui existe en entreprise). Une équipe, surtout si elle a en charge des enfants (mais c’est également vrai dans le monde du soin), cela se construit. 

Il est donc particulièrement important de veiller et favoriser des équipes stables, co-construisant, avec tous les acteurs des règles de fonctionnement largement explicitées aux élèves ; des équipes soudées et proches des élèves ; des équipes motivées car parties prenantes du projet de l’établissement ; des équipes fonctionnant sur « l’autorité expliquée », sans concession mais juste.

- des équipes fortement impliquées dans les projets artistiques, sportifs, environnementaux et culturels des élèves, leur suivi scolaire personnalisé et la participation à la gestion, par contrat personnel des élèves en difficulté ou en situation de décrochage. Afin de renforcer l'implication des équipes, de la faciliter, il conviendra d'éviter le « parachutage » des professeurs débutants dans des endroits où ils n’ont aucun lien et qu'ils veulent quitter au plus vite pour pouvoir repartir chez eux. Ceci aurait pour effet de construire solidement la pérennité des équipes pédagogiques, condition absolument nécessaire pour un travail efficace sur la durée.

Quant à l’accompagnement lui-même, il peut revêtir des formes multiples. Aider à la gestion des groupes. Favoriser la mise en œuvre de pratiques innovantes : celles liées aux nouvelles technologies ; aux Éducations à… l’environnement, la citoyenneté, qui sont, par définition, pluridisciplinaires ; celles permettant des activités d’exploration du tissu économique environnant (découvrir une exploitation agricole ou un chantier en construction en compagnie de professionnels par exemple). Améliorer la mise en pratique de projets éducatifs (à partir de la mise en place de crédits pédagogiques) en relation étroite avec les lieux de culture : musées, écomusées, théâtres, cinémas, centres culturels… Le monde associatif, les travailleurs sociaux, le monde professionnel ainsi que la société civile doivent pouvoir contribuer à retisser du lien et montrer, par la preuve, la cohésion d’ensemble du monde des adultes face aux jeunes : nous le réaffirmons, l’Éducation est l’affaire de tous. La mobilisation d’équipes enseignantes, identifiées par les élèves autour de projets en prise sur le monde environnant, peut être un gage supplémentaire de la mobilisation des élèves et de leur prise en compte du « sens » que doivent avoir les apprentissages.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary
 

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Classes prépas, la fabrique des élites...

18 Novembre 2016 , Rédigé par Sciences Humaines Magazine Publié dans #Education

Classes prépas, la fabrique des élites...

EXTRAITS

Malgré la hausse des effectifs, les classes préparatoires aux grandes écoles demeurent élitistes tant par leur recrutement que par leur fonctionnement.

Les accusations aujourd’hui répandues « d’élitisme » des classes préparatoires amalgament souvent de manière simpliste sélection et fabrication des élites. Or il y a bien deux questions à poser : les classes préparatoires fabriquent-elles l’élite, ou ne font-elles que la sélectionner ? Le travail fondateur de Pierre Bourdieu (et Monique de Saint-Martin) dans La Noblesse d’État (1989) portait de ce point de vue non pas un, mais deux coups à l’idéologie méritocratique. Il démontrait d’une part l’élitisme évident, indissociablement scolaire et social, du recrutement des élèves de classes préparatoires. Il avançait aussi que leur fonction tenait davantage à cette sélection, et à la consécration de la population ainsi sélectionnée (la « fonction sociale », de production d’une noblesse, des classes préparatoires), qu’à la formation des élèves (leur fonction technique d’apprentissage).

Les statistiques disponibles année après année montrent la permanence d’un recrutement biaisé vers le haut de l’espace social, qui parachève des inégalités devant l’école opérant tout au long de la trajectoire scolaire. Plus de la moitié des élèves (et même plus des deux tiers dans certaines filières) sont issus de familles dont les parents (cadres ou professions intellectuelles supérieures) ne constituent que moins d’un sixième de la population active, et les enfants d’ouvriers ne composent que de 2 à 6 % des effectifs préparatoires.

(...)

Tant par son recrutement que par ses destinées et ses contenus, la formation des classes prépas est donc un processus, non seulement de fabrication, mais bien de reproduction des jeunesses dominantes. Il ne s’agit cependant ni d’un processus infaillible, ni d’un processus homogène, et il se fait à la fois l’écho, la pierre de touche et la matrice de processus qui affectent plus largement l’école, la stratification sociale et les processus de domination.

Muriel Darmon, Sociologue et directrice de recherche au CNRS, elle a récemment publié Classes préparatoires. La Fabrique d’une jeunesse dominante, La Découverte, 2015

Bibliographie

• « La production d’une noblesse scientifique : enquête sur les biais de recrutement au concours de l’ENS »
Marianne Blanchard et al., rapport ENS, 2014. 
• « Les étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles. Rentrée 2011 » 
Gaelle Gateaud, Note d’information 12.02, MESR-SIES, avril 2012. 
• Passer les frontières sociales. Comment les « filières d’élite » entrouvrent leurs portes 
Paul Pasquali, Fayard, 2014. 
• « La fabrication familiale et scolaire des élites » 
Agnès van Zanten, L’Année sociologique, vol. LXVI, n° 2, 2016.

En chiffres

5 % des élèves entrés en 6e accèdent chaque année à une classe préparatoire aux grandes écoles. Ils étaient environ 86 000 élèves en classes préparatoires en 2015-2016 (62 % en filière scientifique, 23 % en filière commerciale, 15 % en filière littéraire).
Source : Éducation nationale (voir lien ci-dessous)

Article complet a retrouver ci-dessous

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Question d’actualité sur les lycées en éducation prioritaire...

18 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Education Prioritaire

Question d’actualité sur les lycées en éducation prioritaire...

Mardi 15 novembre, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a répondu à une question d’actualité du député Olivier Marleix sur les lycées en éducation prioritaire.

Réponse de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à la question du député Olivier Marleix :

Monsieur le député, c’est une très agréable surprise pour moi que de vous entendre soutenir avec autant d’emphase l’éducation prioritaire et, par conséquent, la réforme que nous avons conduite en faveur des écoles et des collèges, dans un premier temps.

Elle a permis d’avoir une carte plus socialement juste et des moyens d’action beaucoup plus efficaces, avec, je le rappelle, un effort budgétaire de près d’un demi-milliard d’euros pour l’éducation prioritaire.

Vous dites une chose qui est juste : c’est que notre réforme de 2014 a concerné les écoles et les collèges et qu’elle n’a pas encore concerné les lycées, qui seront à leur tour réformés, bien sûr, durant le prochain quinquennat que nous effectuerons.

J’en viens à votre question. S’agissant des lycées actuellement en zones d’éducation prioritaire, je veux rassurer les personnels : en attendant cette réforme, bien entendu, les moyens dévolus à ces établissements sont entièrement maintenus pour la prochaine rentrée. J’en ai déjà informé les personnels de ces lycées et j’ai décidé par décret de maintenir pour deux années supplémentaires les indemnités liées au statut d’éducation prioritaire.

Par ailleurs, un arrêté paru jeudi dernier sur la mobilité des enseignants du second degré prévoit que les affectations en « établissements en affectation prioritaire à valoriser » ou APV – ouvrent droit à la bonification de sortie anticipée du dispositif pour le mouvement 2017.

En outre, ce dispositif sera reconduit pour les personnels exerçant en lycées APV pour les mouvements 2018 et 2019.

Je conclus en vous disant que l’éducation prioritaire, ce n’est pas seulement la réforme de 2014 : c’est aussi ce qui est entré en vigueur à cette rentrée, autrement dit les parcours d’excellence qui permettent aux élèves, de la classe de troisième jusqu’à la terminale, d’être accompagnés dans le cadre d’un tutorat d’excellence. C’est je crois ce que nous souhaitons tous.

Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education Nationale

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Apprendre...

18 Novembre 2016 , Rédigé par Philippe Meirieu Publié dans #Education, #Pédagogie

lapasserelle.ma

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APPRENDRE

Si je laisse de côté, un instant, les  observations, lectures, travaux et réflexions qui constituent mon  quotidien, depuis bien longtemps maintenant, sur la question des  apprentissages… si je mets entre parenthèses la multitude de données,  stabilisées ou embryonnaires, minutieusement recueillies et  rigoureusement collectées par les psychologues, les sociologues, les  anthropologues et les didacticiens sur ce que c’’est « apprendre »… si  je me demande ce que, dans ces conditions, je peux dire sur cette  question, qui soit vraiment essentiel à mes yeux… alors, de toute  évidence, c’est en termes de « principes » qu’il faut que je m’exprime.  Des « principes » qui renvoient tout autant à des expériences qu’à des  valeurs, des « principes » qui ressaisissent ce en quoi « apprendre »  est, au-delà des « faits », un « événement » proprement humain dont  l’apparente banalité cache le caractère profondément mystérieux –  j’allais dire miraculeux.

Bien sûr, comme tout le monde, je connais la chanson qui tourne en boucle : «  Apprendre, c’est construire des connaissances et pouvoir les réutiliser  à sa propre initiative. Tout individu apprend de manière singulière et  en interaction avec les autres ; il le fait à partir de ce qu’il est et  sait déjà, en fonction des contraintes et des ressources de la situation  dans laquelle il se trouve… Et c’est cette situation que l’enseignant  ou le formateur doivent concevoir de manière aussi rigoureuse que  possible afin de faire échapper l’apprentissage à l’aléatoire des  rencontres individuelles et de permettre à chacune et à chacun d’accéder  à un niveau supérieur de développement cognitif. » Bien  évidemment, il ne faut pas mépriser une telle définition. C’est un  refrain qui permet de scander une infinité de couplets, sur tous les  tons et dans tous les domaines. Aucun enseignant, jamais, n’en épuisera  la fécondité. Se la rappeler tous les matins et mettre à l’épreuve de  ses exigences sa pratique quotidienne relève de la plus élémentaire «  hygiène professionnelle ». Élaborer, à partir de là, des séquences  d’apprentissages rigoureuses en se plaçant « du point de vue de celui  qui apprend » pour se demander « ce qu’il doit faire dans sa tête et  comment l’y amener » est le b.a.-ba de toute pédagogie. Et une  entreprise profondément nécessaire et salutaire qui restera à remettre  sans cesse en chantier.

Pour autant, à s’en tenir à cette « mécanique  », on risque bien des déconvenues. Et, d’abord, de voir son énergie  technicienne s’épuiser face à l’indifférence, se briser contre le refus  et la violence de certains, avant de se retourner, in fine, en fatalisme  conformiste. Et puis – il faut bien le dire – la complexité d’un  enseignement entièrement chevillé à cette définition de l’apprentissage,  alliée à la difficulté de sa mise en œuvre dans des situations  institutionnelles particulièrement contraintes, finit par épuiser  beaucoup de bonnes volontés. Je connais quelques « pédagos », de la  maternelle à l’université, - et même quelques formateurs en pédagogie ! –  qui, las de « construire des séquences d’apprentissage » et de tenter  de faire exister, dans le scepticisme général, un autre modèle que  l’auditorium-scriptorium, aspirent secrètement à « faire un beau cours  »… et advienne que pourra ! Nul, d’ailleurs, ne peut dire ici : «  Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ! » D’autant plus qu’après avoir  cédé à la tentation, on observe parfois que, contre tout pronostic  pédagogiquement correct, les résultats ne sont peut-être pas si  catastrophiques que cela…

C’est pourquoi il faut accepter que « quelque  chose » se joue sur une autre scène, ailleurs que dans la « bonne  conception » et la « gestion rigoureuse » des dispositifs. Il y a  toujours, en effet, un « je ne sais quoi » ou un « presque rien », comme  dit Vladimir Jankélévitch, qui fait toute la différence. « Quelque  chose » d’indéfinissable, qui s’échappe dès que la recherche académique  tente de le formaliser, qui se volatilise dès que la hiérarchie  institutionnelle veut le cerner et s’efforce de le ficher.

Car, comme dans un théâtre, il y a bien de la  machinerie dans la rencontre « enseigner – apprendre » - et j’avoue  bien volontiers être de ceux que les machineries séduisent infiniment –  mais il y a aussi de l’événement, des désirs qui s’engrènent en une  vibration irréductible à toute analyse rationaliste. Ce qui se passe là  échappe en effet, tout à la fois, au langage inspectoral classique –  cette association subtile de caractérologie et de moralisme – et au  discours techniciste qui mêle habilement, en évoquant les « compétences  », le behaviorisme et le management. Ce qui se passe là relève de la  transmission, dès lors que l’on ne réduit pas ce terme à la formule «  transmission de savoirs », mais qu’on l’entend comme « transmission d’un  rapport au savoir ».

Il est là « l’événement » en effet – autant  qu’on puisse le décrire : dans l’exigence que « l’appreneur » entretient  avec ce qu’il enseigne et dans la jouissance qu’il trouve à exercer  cette exigence.

Car ce qui caractérise un « savoir enseigné  », c’est bien l’exigence de précision, de justesse, de rigueur et de  vérité qui supporte son énonciation elle-même. C’est l’exigence d’une  formulation exacte qui ne laisse rien échapper, c’est l’effort pour  aller le plus loin possible dans l’intelligibilité du propos : mieux  comprendre pour mieux convaincre, explorer toutes les possibilités pour  illustrer et expliquer, chasser les malentendus, écarter les  incompréhensions… Cette exigence intérieure du « transmetteur » restitue  au savoir sa vitalité ; elle lui donne une « voix », bien loin de la «  pédagogie bancaire » dénoncée par Paulo Freire. « Quelque chose » prends  corps, là, maintenant : un savoir se dit avec une forme humaine qui  transgresse toutes les notices encyclopédiques et tous les manuels  académiques. Un savoir habité par un être et « défossilisé » en quelque  sorte par le travail intellectuel dans lequel cet être se risque et  qu’il laisse apparaître à ceux auxquels il enseigne.

Mais cette exigence n’est contagieuse que si  elle est aussi, et simultanément, jouissance. Gaston Bachelard disait  qu’enseigner c’est « transformer l’ennui de vivre en joie de penser ».  C’est là, d’ailleurs, le seul moyen pour que l’exigence ne soit pas  l’apanage du maître, mais qu’elle se propage grâce aux satisfactions  qu’elle procure à celui qui comprend. Car le plaisir de comprendre,  c’est l’illumination, comme disait Saint Augustin. On n’y voyait  rien et voilà que quelque chose émerge du brouillard : on n’est plus  dans le noir et, même, on n’est plus seul. Comprendre, c’est, tout à  coup, ne plus être englué, c’est sortir des sables mouvants de  l’égocentrisme et des préjugés, c’est dépasser l’angoisse de l’inconnu  et la peur de l’altérité, c’est accéder à un modèle qui relie les choses  entre elles et les rend intelligibles… C’est pourquoi, d’ailleurs, les  véritables connaissances n’alourdissent pas le sujet qui connaît, elles  l’allègent : « Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! J’y vois, je sais… Et,  même, je peux expliquer ! » Certes, en expliquant lui même à d’autres ce  qu’il vient de comprendre, le sujet va découvrir qu’il ne sait pas  vraiment, pas assez, pas complètement. Et, pour accéder encore plus à la  jouissance du connaître, il lui faudra précisément mettre en œuvre  l’exigence dont elle est solidaire.

Évidemment, rien de tout cela n’est simple  dans le quotidien de la classe. « L’événement » n’advient pas  miraculeusement à chaque instant, transformant l’heure de cours en  extase cognitive collective et permanente ! Évidemment, « l’événement »  ne survient pas indépendamment du contexte, des pré-requis et des  cultures de référence. Il n’émerge pas en apesanteur psychologique et  sociologique. Mais il représente une possibilité – la seule, à vrai dire  – d’introduire, dans l’horizontalité des rapports institutionnels régis  par la cohorte des attentes et des évaluations, la verticalité de  l’apprendre… Et il faut parier sur le fait qu’un « événement » de ce  type, même partiel, même fugace, donne la possibilité à des élèves de  donner aux savoirs ce « sens » si recherché : non dans l’utilité  immédiate, mais dans la satisfaction culturelle qui exhausse au-dessus  de la gangue du quotidien et permet d’entrer, même timidement, dans  l’aventure de l’apprendre. Il y a là de quoi espérer une expérience dont  les effets pourront se répercuter sur l’ensemble du « métier d’élève ».

Et qu’on ne croit pas que faire ainsi l’éloge  de « l’événement » discrédite tout effort pour construire des  dispositifs pédagogiques, bien au contraire ! D’une part, parce que  cette construction elle-même engage son concepteur dans cette  exploration exigeante des savoirs qui permet de faire et de transmettre  l’expérience de la jouissance du comprendre. D’autre part, parce qu’une  situation d’apprentissage permettra d’autant plus de faire émerger «  l’événement » qu’elle sera mieux conçue et sans, pour autant, bâillonner  la voix de l’enseignant ni verrouiller l’aventure intellectuelle  collective que représente toute transmission authentique.


                                                                        -o0o-

Au total, si je voulais formuler en quelques  phrases la pédagogie de l’apprentissage à laquelle je suis attaché  aujourd’hui, fidèle à ce qu’Olivier Reboul et Daniel Hameline m’ont  eux-mêmes appris, je me satisferais volontiers de quelques « principes  régulateurs », au sens kantien du terme, susceptibles de guider notre  action :

- Nul ne peut apprendre à la place de  quiconque et l’apprentissage requiert un engagement du sujet qu’il est  le seul à pouvoir effectuer

- Quiconque enseigne doit néanmoins concevoir des situations  qui soient les plus adaptées aux élèves et les plus rigoureuses  possibles en fonction des savoirs à transmettre.

- La transmission, pour autant, ne survient jamais  mécaniquement : elle est rencontre entre une « intention d’enseigner »  et une « volonté de comprendre ».

- La « volonté de comprendre » peut naître, chez l’élève, de  la découverte de la « joie de penser » quand un adulte sait l’incarner  avec lui.

- Ainsi conçue, la question de l’apprentissage a un  caractère fondamentalement heuristique et radicalement subversif. Elle  permet de repenser l’acte d’enseignement et, plus largement,  l’institution scolaire en les articulant au principe de l’éducabilité de  tous et de chacun.

Bien sûr, l’existence de «  principes régulateurs » n’empêche aucun spécialiste de poursuivre, dans  son domaine, la recherche de « principes constitutifs ». Il existe des «  faits positifs » sur la question de l’apprentissage qui restent encore  très largement à recueillir et à comprendre. Les sciences humaines comme  les neurosciences ont ainsi, devant elles, un immense champ  d’investigation. Travail légitime évidemment, dès lors qu’elles ne  discréditent pas a priori le questionnement et le discours proprement pédagogiques.

Philippe MEIRIEU  

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Emmanuel Macron sur l'éducation : un air de déjà-vu...

18 Novembre 2016 , Rédigé par L'Obs - Caroline Brizard Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAITS

Le candidat d'En marche ! mise sur l'école primaire et sur la plus grande autonomie du système éducatif. Loin d'être révolutionnaires, ces propositions font largement consensus.

Le nouveau candidat à la présidentielle assure qu’il veut mettre l’école au cœur de ses priorités, et il a détaillé son programme dans un récent entretien à "l’Obs", sans qu'on le voie renverser les tables. Pour résumer : il s’inscrit dans l'esprit de la loi de refondation de l’école de l’ex-ministre de l’Education Vincent Peillon (priorité au primaire), avec un soupçon de libéralisme de droite (plus d’autonomie aux écoles) et un message rassurant envoyé aux élites sociales (maintien des classes prépas et des grandes écoles puisque le système marche). "Il fait le grand écart en parlant à la fois à la gauche et à la droite ", résume Jean-Paul Delahaye, directeur de l’enseignement scolaire de Vincent Peillon jusqu’en 2014. Revue de détail. 

Mettre le paquet sur le primaire

(...)  Emmanuel Macron propose de mettre le paquet là où les besoins sont les plus criants, à savoir les écoles des réseaux d’éducation prioritaire (ex-ZEP) des quartiers populaires, en y enrôlant des professeurs expérimentés, mieux payés, à qui on laisserait une liberté pédagogique plus forte.

"On se réjouit de voir ce projet de concentration des moyens sur les publics les plus défavorisés", commente Jean-Paul Delahaye, auteur d'un rapport sur la grande pauvreté. Mais les ministres de gauche n’ont pas attendu le fringant trentenaire pour commencer à mettre ce programme en œuvre. Un effort a été fait ces dernières années pour scolariser les enfants de moins de 2 ans dans les quartiers populaires. Les écoles y bénéficient aussi de "plus de maîtres que de classes", une mesure phare de la loi de refondation qui permet d’aider plus particulièrement ceux des élèves qui sont à la peine.

(...) Quant à la liberté pédagogique des professeurs des écoles, à savoir leur possibilité de choisir comment enseigner, "elle existe déjà", rappelle Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa (...)

(...) il faudrait mieux payer les professeurs de l'éducation prioritaire, les former régulièrement, et leur faire retrouver la considération sociale dont jouissent l’ingénieur ou le médecin…

Le souhait n'est pas neuf (...) La revalorisation des primes (entre 1.700 et 2.400 euros par an) aux professeurs de l’éducation prioritaire, école et collège, a eu un effet sur les recrutements : 12% de professeurs hors éducation prioritaire ont demandé leur mutation en éducation prioritaire pour la rentrée 2016 contre 6% en  2015 (...)

A quoi s’ajoute l’octroi d’un avancement plus rapide dans la carrière : "Les collègues restés huit années en éducation prioritaire auront accès directement à la 'classe exceptionnelle', donc un salaire plus élevé", résume Christian Chevalier (...)

Une plus grande mixité sociale au collège

(...) Comment Emmanuel Macron, lui, s’y prendrait-il ? En enrichissant l’offre scolaire dans les collèges de quartiers populaires pour qu’ils attirent les bons élèves du secteur, voire des élèves venus d’ailleurs par dérogation. Bonne idée, qui est précisément expérimentée à cette rentrée.

(...)

Emmanuel Macron ne touche pas aux programmes. Pour ce qui est du contenu des études, il conserve l’idée d’un socle commun de connaissances et de compétences. Rien de révolutionnaire, donc.

Une meilleure orientation professionnelle au lycée

Le slogan de Macron est une antienne reprise à gauche comme à droite.(...)

Un enseignement supérieur plus autonome

"L’autonomie des universités telle qu’elle a été mise en œuvre depuis dix ans est en trompe-l’œil", affirme ce proche d’Emmanuel Macron. Il faut accepter que le système se différencie, et qu’il y ait à la fois des universités de proximité tournées vers les bassins d’emplois locaux, formant des étudiants à bac+2 et des universités de rang international à bac+5, qui auraient toutes le droit d’ouvrir des diplômes dont la validation serait l’insertion sur le marché professionnel, sans avoir à passer par les fourches caudines du ministère de l’Enseignement supérieur".

Mais pas touche aux classes prépas et aux grandes écoles. Jean-Paul Delahaye résume :

"Pas question de faire bouger une organisation des études qui fait bien réussir les classes supérieures."

Emmanuel Macron est plutôt d’avis d’accompagner les rapprochements progressifs - et très lents - entre les écoles et l’université, pour y "permettre des formations d’excellence". Mais celles-ci existent déjà au niveau du master. Il s’agirait donc seulement de les y développer.

Un système éducatif déconcentré

Emmanuel Macron met ses pas dans ceux des ministres de l’Education qui se succèdent rue de Grenelle depuis dix ans. La gestion du mammouth est déjà largement décentralisée. Les recteurs d’académie sont les patrons chez eux, ils gèrent déjà les personnels, par exemple - sauf les agrégés. (...)

Caroline Brizard

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Mr Fillon et ses amis: un assassinat de l'école est en préparation!...

18 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Mr Fillon et ses amis: un assassinat de l'école est en préparation!...

Et en plus, Mr Fillon, je suis loin d'être seul! (A lire en suivant le lien)

Bon courage et je ne souhaite qu'une chose: que vous ne parveniez JAMAIS à mettre en place le programme de déséducation en préparation dans vos rangs. Les vôtres comme ceux de vos amis!

Un "assassinat de l'école"!

Christophe Chartreux

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