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Vivement l'Ecole!

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La fermeture de établissements scolaires, une première historique? - Par Claude Lelièvre

31 Mars 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelievre Publié dans #Education, #Histoire

La fermeture de établissements scolaires, une première historique? - Par Claude Lelièvre

Comme l'Histoire a tendance à bégayer ces temps-ci, je pense que Le Monde me pardonnera de reproduire ici un an après ma tribune du 16 mars 2020 sur le sujet ( in extenso, en espérant qu'il y a prescription). Alea jacta est!

Coronavirus : « La fermeture générale des établissements scolaires est une première historique »
TRIBUNE
Claude Lelièvre
Historien, spécialiste de l'éducation

Grippe « espagnole », « asiatique », Mai 68, « H1N1 », etc. : la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires et universitaires, si elle a pu être mise en débat, « n’a pas d’antécédent historique », explique l’historien de l’éducation Claude Lelièvre dans une tribune au « Monde ».
Publié le 16 mars 2020 

La fermeture de l’ensemble des établissements scolaires et universitaires qui vient d’être décidée au plus haut sommet de l’Etat est indiscutablement une première. Elle n’a pas d’antécédent historique. Le mouvement de Mai 68 a bien entraîné la fermeture de fait de nombreux établissements ; mais cela n’a été nullement une décision du pouvoir exécutif et une mise en œuvre générale. Il en a été de même durant les deux guerres mondiales du XXe siècle, même si, ici ou là, pour des raisons variées, et en temps ou espaces limités, il y a eu des fermetures de certains établissements scolaires ou universitaires.

Il en a été de même pour les grandes épidémies, notamment grippales, du XXe siècle, même lorsqu’elles ont pu conduire à un nombre de décès fort élevé. Par exemple, pour la « grippe espagnole » vers la fin de la Grande Guerre, sans doute plusieurs centaines de milliers de morts en France et une grande opacité due à la censure dans un pays en guerre, ou bien encore pour la « grippe asiatique » de 1957, plus de 100 000 morts en France. « Un Français sur cinq a la grippe ; les hôpitaux sont surchargés ; les médecins doivent travailler jour et nuit ; la majorité des victimes sont des adolescents », titrait, au mois d’octobre de cette année-là, Le Journal du dimanche.

Fin septembre, dans Le Figaro, un conseiller municipal parisien du nom de Peretti avait bien suggéré de « renvoyer à une date ultérieure la rentrée scolaire, l’école étant un foyer de contamination par excellence ». Sans succès. Dans Le Figaro du 9 octobre, le professeur Etienne Chabrol lui avait répondu que « la riposte par les antibiotiques nous trouve mieux armés qu’à l’époque de la grippe espagnole ». On ne doute pas alors que les antibiotiques puissent être très efficaces contre les surinfections bactériennes, complications classiques de la grippe.

Vaccination de masse

Un demi-siècle plus tard, ce ne sont plus les antibiotiques qui sont mis en avant pour rassurer la population et éviter les mesures exceptionnelles, mais la vaccination. Dès l’été 2009, lors de l’épisode de l’épidémie H1N1, le gouvernement français fait savoir qu’il opte pour une campagne de vaccination de masse et fait le forcing. Cela n’est pas suivi par les Français avec beaucoup d’empressement. Finalement, selon le Haut Conseil de la santé publique, il y aurait eu près de 6 millions de personnes vaccinées et entre 12 et 18 millions d’immunisées contre le virus (la majorité l’ayant été par infection)

Le pouvoir de fermer des classes ou établissements scolaires est dévolu aux préfets. Si l’on en juge par l’intervention de Patrick Zylberman, professeur à l’Ecole des hautes études en santé publique, en 2009, à l’audition publique du Sénat sur « La gestion des pandémies : H1N1, et si c’était à refaire ? », cela n’a pas été jugé convaincant : « Le 15 août 2009, le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, a prôné la fermeture des classes dès que trois cas sont recensés parmi les élèves et le personnel en moins d’une semaine, expliquait alors le spécialiste. La mesure a été très prisée des préfets : le 18 novembre, 168 classes et 116 établissements sont fermés. Mais, curieusement, la France a envisagé de fermer des classes au moment où les Etats-Unis et le Royaume-Uni y ont renoncé, déçus par le peu de résultat de cette mesure. »

Pour ce qui concerne le coronavirus, il ne pouvait être question de s’appuyer sur une vaccination, faute de vaccin ad hoc. D’où des mesures de confinement, de « quatorzaines », de fermetures d’établissements scolaires plus ou moins ciblées spatialement afin de retarder la progression de l’épidémie. Avec in fine la décision sans précédent qui vient d’être prise.

Le président de la République a réaffirmé, lors de son allocution, fonder cette décision historique sur les avis de scientifiques. Les scientifiques, sur le cas moins grave de la grippe saisonnière, estimaient, dans une longue mise au point datée du 31 mars 2015, sur « l’efficacité de la fermeture des écoles comme mesure de la lutte contre la grippe » ; que celles-ci « demeurent peu concluantes. […] Les chercheurs soulignent le manque de données empiriques solides qui permettraient des comparaisons entre les communautés ayant opté pour la fermeture d’écoles et d’autres qui ne l’ont pas fait ».

Des familles coéducatrices ?

Quoi que l’on puisse penser de l’opportunité de cette décision sans précédent et de sa date, elle est prise et ne sera pas réévaluée avant pas mal de temps : pas avant les vacances de printemps, a déclaré le ministre de l’éducation nationale (suggérant, par ailleurs, que cela pourrait être bien après ; « jusqu’à nouvel ordre »).

Le risque d’inégalité renforcée selon les familles (déjà très présent en France si l’on en juge par les évaluations PISA selon les milieux socioculturels) devrait donc être un souci de premier plan lors de la mise en place des dispositifs d’« école à la maison ».

Si cette fermeture des établissements d’enseignement dure plus longtemps qu’on l’imagine, comme il est probable, les familles (surtout certaines d’entre elles, en général de milieux socioculturels favorisés) vont prendre de fait une place plus importante voire inédite dans les processus scolaires de par, entre autres, la nécessité qu’elles ont de suivre de près l’enseignement à distance délivré à leur enfant. Historiquement, l’école de la République s’est construite en laissant les parents d’élèves dans une position marginale. Durant toute une période, cela ne va plus être le cas. Et si cela dure longtemps, il ne sera plus question de revenir purement et simplement à la situation précédente. Si la famille a « fait école », elle pourra dire qu’elle peut continuer à « faire école » et être effectivement coéducatrice dans l’école.

Claude Lelièvre

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Covid-19 : dans les écoles, de plus en plus de fermetures de classes et des contaminations sous-estimées

30 Mars 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Covid-19 : dans les écoles, de plus en plus de fermetures de classes et des contaminations sous-estimées

Depuis plus de trois semaines, le nombre de classes et d'écoles fermées ne cesse de croître. Alors qu'un nouveau protocole sanitaire a été publié, la situation semble de plus en plus tendue.

La situation des écoles face au Covid-19 sera-t-elle tenable encore longtemps ? Alors que le gouvernement reste catégoriquement opposé à la fermeture généralisée des écoles, le nombre de classes fermées ne cesse de croître, tout comme les contaminations des enfants. Les chiffres publiés par le ministère de l’Education nationale témoignent d’une nette accélération ces dernières semaines. Et la situation pourrait en réalité être bien pire, affirment les syndicats enseignants, qui pointent du doigt les grands écarts entre les chiffres de leur ministère de tutelle et ceux des autorités sanitaires.

D'après les derniers chiffres publiés par l'Education nationale, le nombre de classes fermées bondit littéralement d'une semaine à l'autre. Vendredi 26 mars, le ministère en dénombrait 3 256, soit 1 238 de plus qu'une semaine avant et une hausse de plus de 60%. L'académie de Créteil, dont dépendent les départements de Seine-Saint-Denis, de Seine-et-Marne et du Val-de-Marne, est de loin la plus touchée, avec 536 fermetures. Et l'académie de Lyon enregistre la plus forte hausse, avec 177 classes fermées contre 24 la semaine précédente, soit une augmentation de près de 640%.

Cette dynamique pourrait continuer de s'accélérer dans les prochains jours, à la faveur des nouvelles mesures annoncées le 26 mars par le ministère de l'Education nationale. Désormais, dans les 19 départements sous "mesures de freinage fortes", les classes doivent être fermées dès le premier cas de Covid-19 découvert. De quoi faire grimper le nombre de fermetures de classes, qui devrait être connu en fin de semaine.

La liste du nombre d'établissements entièrement fermés pourrait elle aussi s'allonger. Vendredi, le ministère en dénombrait 148, contre 80 une semaine auparavant, soit une hausse de 85%. Ces fermetures concernent jusqu'à présent surtout les écoles (116). Dans le secondaire, seuls 22 collèges et 10 lycées étaient à l'arrêt le 26 mars.

Mais pour les syndicats, ces chiffres officiels seraient très éloignés de la réalité. "Certains établissements sont déclarés comme ouverts alors qu'ils fonctionnent sans enseignants", affirme Guislaine David, porte-parole du Snuipp, le syndicat majoritaire des professeurs des écoles. Les enseignants pointent aussi du doigt le nombre de contaminations rapporté par le ministère de l'Education nationale, qui est très en deçà des résultats publiés par les autorités sanitaires.

Ainsi, le 26 mars, l'Education nationale comptait 21 183 cas positifs parmi les élèves de la maternelle au lycée, sur une semaine, alors que Santé publique France, l'organisme chargé de la surveillance de l'épidémie, déclare plus de 57 000 nouvelles contaminations pour les moins de 20 ans. Dont plus de 80% ont moins de 18 ans, d'après le bulletin épidémiologique du 25 mars.

En réalité, les chiffres publiés par l'Education nationale sont basés sur du déclaratif. "Le ministère ne recense que le nombre de cas rapportés par les parents aux directions des établissements scolaires. Sauf que rien n'oblige les familles à déclarer que leurs enfants sont contaminés", explique Guislaine David. Un vrai problème pour les syndicats, qui affirment qu'un grand nombre de parents n'alertent pas les écoles en cas de test positif. "Il arrive régulièrement que des enfants racontent à leur professeur que papa et maman sont malades. Ils ont le Covid", assure Guislaine David. Les chefs d'établissement n'ont pas non plus de droit de regard sur les résultats des tests réalisés dans les écoles. "Là encore, seuls les parents y ont accès et ils n'ont pas l'obligation d'informer les directions en cas de test positif", précise la responsable syndicale.

Guislaine David dénonce une situation de plus en plus intenable. "Les écoles fonctionnent aujourd'hui en mode dégradé. De plus en plus d'enseignants sont déclarés cas contacts et ne sont pas remplacés. Résultat, on a des classes surchargées dans lesquelles les enfants sont massés. Tout le contraire de ce que nous demande le protocole sanitaire. Ce n'est plus possible de fonctionner comme ça."

 

Brice Le Borgne - Mathieu Lehot

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Covid-19 : en Ile-de-France, l’éducation nationale se prépare à une explosion du nombre de classes fermées

30 Mars 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

On ferme ! / Tourisme et vin : l'agenda, les news / Tourisme / iCCI, le  réseau de l'entreprise / CCI Bordeaux - Chambre de Commerce et d'Industrie  de Bordeaux

EXTRAITS

Le nouveau protocole sanitaire prévoit la fermeture d’une classe dès qu’un seul cas positif au Covid-19 est confirmé. Sur le terrain, on déplore une mesure trop tardive, qui complique grandement la vie des établissements.

« C’est mécanique », disent les enseignants. Le tour de vis donné au protocole sanitaire, qui impose, depuis lundi 29 mars dans les dix-neuf départements reconfinés, la fermeture d’une classe dès qu’un cas positif au Covid-19 y est détecté, ne peut qu’augmenter le nombre de fermetures. En Ile-de-France, elles ont déjà flambé : 160 classes ont été recensées comme fermées à Paris lors du dernier bilan hebdomadaire, communiqué vendredi 26 mars, 315 dans l’académie de Versailles et 536 dans celle de Créteil.

Pour disposer de nouveaux chiffres, il faudra « sans doute » attendre jusqu’à mercredi et le conseil de défense convoqué par le chef de l’Etat à cette échéance, souffle-t-on dans les rectorats. Mais de Paris à la Seine-Saint-Denis, en passant par le Val-de-Marne, les syndicats d’enseignants ne sont guère optimistes.

Ils sont d’ailleurs nombreux à avoir déposé une « alerte sociale ». « A ce stade, il y a peu d’écoles, sur les 608 que compte le département, où il n’y a pas de cas Covid », rapporte Clément Peyrottes, porte-parole du SE-UNSA pour le Val-de-Marne. « Sur la journée de lundi, on a déjà 113 classes fermées, sans avoir eu toutes les remontées. Si on ferme une classe pour chaque cas, vous pouvez compter plus de 600 classes fermées d’ici à mercredi. »

Le même raisonnement tient ailleurs en Ile-de-France, en particulier en Seine-Saint-Denis, département durement touché par l’épidémie. Là, des équipes ont déjà exercé leur droit de retrait, constatant que la nouvelle règle « un cas, une fermeture » ne répond pas à pas toutes leurs difficultés. Dans certains établissements, on parle de se mettre en grève – même si les syndicats ne relèvent, à ce stade, pas de « mouvement massif ».

(...)

« Au rythme où l’on va, les écoles finiront par se vider d’elles-mêmes, ne serait-ce que parce que les remplaçants ne sont pas suffisants », fait valoir Hervé Lalle. Ce directeur d’une école maternelle n’accueille plus, depuis le 24 mars, que trois classes sur cinq : une petite et une moyenne sections ont fermé après qu’un enfant dépisté positif au Covid-19 y a été déclaré dans chacune.

(...)

Dans le premier degré, la nouvelle règle « un cas, une fermeture » semble à peu près claire. « Mais en collège, on a des groupes de langues où les élèves sont mélangés, prévient une enseignante d’Aubervilliers. La moitié de mon groupe peut être évincée et pas l’autre, ça n’a aucun sens ! » La réforme du lycée, qui a bouleversé la composition des classes, complexifie aussi la donne. « La notion de classe n’a plus guère de sens, explique Redouane Mhamdi, porte-parole des proviseurs du SNPDEN-UNSA. Les élèves sont mélangés en spécialité, en langues, en EPS… »

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Mattea Battaglia et Violaine Morin

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Covid-19 : à l’école, quatre scénarios à étudier

30 Mars 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Trèfle à quatre feuilles : botanique, symbole, croyances - Ooreka

La question de la fermetures des écoles pour endiguer l’épidémie ne cesse de se poser dans le corps enseignant et chez les parents d’élèves, alors que le ministère de l’Education semble se satisfaire de sa stratégie : une classe fermée pour un cas détecté. D’autres voies sont-elles possibles pour mettre tout le monde d’accord ?

Vu la courbe des contaminations et les prévisions des services de réanimation, difficile de ne pas se poser la question : faut-il garder les écoles ouvertes ? N’est-ce pas le dernier levier pour (tenter de) freiner une épidémie qui semble, par endroits, hors de contrôle ? Vendredi, 3 256 classes étaient fermées (soit 0,6% du total), contre 2 018 la semaine précédente. Pas de nouveau recensement officiel depuis. Libération passe en revue quatre scénarios possibles, plus ou moins radicaux… et plus ou moins efficaces.

Scénario 1 : fermeture généralisée des établissements scolaires

Ce serait un retour vers un confinement strict, comme en mars 2020, quand écoles, collèges, lycées et universités ont fermé leurs portes. Une situation inédite dans l’histoire de notre pays. Cette hypothèse, que nombre d’épidémiologistes demandent depuis plusieurs semaines, est – à cette heure – toujours écartée par Emmanuel Macron. Le Président en fait une fierté nationale, au cœur de sa stratégie. Si sur le plan sanitaire la fermeture des écoles se justifie dans les départements en alerte rouge, politiquement, c’est une autre histoire. Pour sauver la face, le gouvernement a tout de même une autre option (qui revient au même) : avancer, voire rallonger, les vacances scolaires. Dans le calendrier initial, la zone A (notamment l’académie de Lyon) attaque en principe les congés samedi 10 avril. Dans moins de deux semaines, donc. Le syndicat majoritaire des enseignants du primaire (Snuipp-FSU) y est favorable : «Aujourd’hui, ce n’est plus tenable dans les endroits où l’épidémie flambe. On fait croire que les professeurs malades sont remplacés, c’est faux. On est forcé de répartir les élèves dans les autres classes… Le virus circule encore plus vite.»

Scénario 2 : continuer à fermer, classe par classe

C’est le scénario actuel, qui a la particularité de ne rassurer ou de ne satisfaire personne. Exception faite du gouvernement peut-être. Jeudi dernier, le Premier ministre annonçait un protocole sanitaire renforcé dans les 19 départements confinés. Avec, pour principal changement, la fermeture des classes dès le premier cas de Covid confirmé. Et non plus à partir de trois cas, ce qui reste la règle pour les autres départements. Selon les retours du terrain, les messages de fermeture de classes tombent comme à Gravelotte dans les boîtes mail des parents. Même s’il n’est pas possible d’avoir de vue d’ensemble : le ministère ne communique pas de chiffres pour l’instant. «Certains établissements sont dans une situation très critique, les classes ferment les unes après les autres, alerte Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU. Dans ces cas-là, je ne comprends pas : arrêtons de tergiverser et fermons l’établissement en entier une semaine. Pourquoi jouer la montre si ce n’est pour l’affichage des chiffres ?» Elle réclame aussi davantage de tests massifs dans les établissements, regrettant qu’ils soient encore trop peu acceptés par les élèves. «Aujourd’hui, la stratégie «tester, isoler, tracer» ne fonctionne pas.»

Scénario 3 : classe à mi-temps, pour tous

Pour l’instant, seuls les lycées des départements confinés sont tenus de fonctionner en «demi-jauge». Avec une ambiguïté derrière ce terme : la moitié de l’effectif s’entend à l’échelle de l’établissement, et non de chaque classe. Du coup, certaines classes, notamment les prépas, fonctionnent à effectif complet, comme avant. «Il faut imposer des demi-groupes partout, et étendre le principe aux collèges des 19 départements, réclame Sophie Vénétitay, du Snes. C’est une mesure évidente, urgente, si on veut éviter de tout fermer. Chaque jour compte.» A appliquer aussi dans les écoles maternelles et primaires ? C’est un scénario crédible, qui fait d’ailleurs partie des plans élaborés par le ministère au cœur de l’été dernier. Un premier test grandeur nature avait d’ailleurs été effectué, à la sortie du confinement en mai dernier, de façon improvisée. «Le seul problème, c’est qu’on est toujours dans la même improvisation, se désole Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU. On aurait dû préparer les élèves, leurs parents, que chacun sache comment s’y prendre. Mais le ministère était tellement dans le déni que nous n’avons pas pris ce temps d’anticipation.»

Scénario 4 : accélérer la campagne de vaccination pour tous les profs ?

Pas gagné. Guislaine David, du Snuipp, est à deux doigts du rire nerveux «Encore faudrait-il qu’il y ait les doses… Et en avoir fait une priorité dès le mois de janvier.» Le corps enseignant représente plus de 800 000 agents, auxquels s’ajoutent le bataillon de professeurs contractuels et le personnel qui intervient auprès des élèves (Atsem, personnel du périscolaire, AESH, agents d’entretien…). Quand bien même tous seraient vaccinés dans les prochaines semaines, cela ne résoudrait pas la circulation du virus d’élève à élève.

Marie Piquemal

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Coronavirus : Jean-Michel Blanquer publie une parodie de Pink Floyd en faveur du maintien de l'ouverture des écoles, son autrice lui répond

30 Mars 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Ils quittent une entreprise pour y revenir peu après, promotion à l'appui :  qui sont ces salariés boomerang ? | LCI

Le tweet du ministre de l’Education nationale n’est pas passé inaperçu. Dimanche, Jean-Michel Blanquer a partagé sur son compte Twitter une parodie du titre Another brick in the wall de Pink Floyd, dans laquelle les chanteurs militent pour les cours en présentiel. Une initiative qui n’a pas manqué d’agacer, alors que la pandémie continue de sévir dans les écoles.

Aucune information de contexte n’accompagne cette vidéo sous-titrée en anglais, et tournée en Californie, selon BFMTV. Le titre, rebaptisé « Another window on Zoom », « Une fenêtre de plus sur Zoom ». « On déteste l’éducation en ligne, on a vraiment l’impression d’avoir perdu le contrôle, on ne se rappelle plus les maths et la physique, si seulement ils nous laissaient tranquilles (…) Rester à la maison si longtemps, c’est si injuste et si cruel », chante ce collectif d’adultes, traduit par BFM.

« C’est assez différent de la situation en France »

Ce sont ensuite des enfants qui reprennent en chœur : « On a juste besoin d’apprendre en chair et en os. On ne peut pas être sur Internet toute la journée. On veut voir nos copains à l’école. On ne peut plus rester à la maison (…) Au bout du compte, on n’est qu’une fenêtre de plus sur Zoom. »

Ce lundi, Ifat Orgad, l’autrice de la vidéo, a répondu au tweet de Jean-Michel Blanquer. « Je suis vraiment contente que Monsieur Blanquer ait apprécié ma vidéo. Cependant, c’est basé sur la situation où je vis en Californie, où les professeurs ont déjà été vaccinés. C’est assez différent de la situation en France », a-t-elle écrit. Comme l’explique le site de Francetvinfo, les écoles californiennes sont fermées à cause de la pandémie depuis mars 2020. C’est « pour réveiller les autorités et leur montrer la frustration des parents et des élèves », qu’Ifat Orgad a publié cette vidéo le 16 mars dernier, précise-t-elle au site d’infos.

En France, l’initiative du ministre de l’Education nationale a été très critiquée sur Twitter, où les internautes ont signalé leur mécontentement avec le hashtag #BlanquerSors. Plusieurs personnalités se sont exprimées, comme Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), ou le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure.

Au niveau national, le nombre d’élèves contaminés par le coronavirus a encore augmenté en une semaine, passant de plus de 15.000 à plus de 21.000 (soit un taux de 0,17 % contre 0,13 % il y a une semaine). Le nombre de personnels contaminés est également en hausse de 1.809 à 2.515, soit 0,22 %. En Seine-Saint-Denis, département où le taux d’incidence au coronavirus est le plus élevé de France, d’autres enseignants ont exercé leur droit de retrait en fin de semaine dernière, comme au collège Politzer de La Courneuve.

L.Br

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Ballaké Sissoko ft. Sona Jobarteh...

29 Mars 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

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Écoles ouvertes : le pari morbide de Blanquer et Macron (Vidéo)

29 Mars 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Ce lundi, beaucoup d’écoles n’ouvriront pas leurs portes. Malgré les encouragements des rectorats et du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, certains enseignants vont faire valoir leur droit de retrait. Depuis l’émergence du variant anglais du Covid-19, la situation sanitaire est telle que dans nombre d’établissements, le personnel n’en peut plus, quand il n’est pas lui-même infecté. Retour aujourd’hui sur un pari manifestement perdu : celui de maintenir les écoles ouvertes coûte que coûte.

☞ Écoles : « On est dans le mur et le ministre dans le déni ».

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Covid-19 : « Il n’est pas possible d’attendre 2022 pour qu’Emmanuel Macron et le gouvernement rendent des comptes »

29 Mars 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Covid-19 : « Il n’est pas possible d’attendre 2022 pour qu’Emmanuel Macron et le gouvernement rendent des comptes »

EXTRAITS

Jugeant que leurs décisions ont permis à l’épidémie de s’intensifier, la sociologue Barbara Serrano appelle, dans une tribune au « Monde », les responsables politiques à justifier publiquement leurs choix par des données objectivables.

Tribune. Il y a un an, le 17 mars 2020, la France était confinée pour faire face à la pandémie de Covid-19 devenue hors de contrôle. Fin janvier, le mot d’ordre du président de la République est désormais « Tout sauf le confinement ». Il rejette alors la proposition d’un confinement strict d’un mois défendue par le conseil scientifique.

Seule cette mesure aurait permis de ramener la circulation du virus SARS-CoV-2 autour de 5 000 contaminations par jour – seuil fixé par Emmanuel Macron lui-même pour contrôler l’épidémie et déconfiner –, contre plus de 30 000 par jour actuellement. Elle nous aurait fait gagner du temps en reprenant la main sur le traçage des contaminations et en avançant la campagne de vaccination.

Du fait du « pari politique » d’Emmanuel Macron, l’épidémie s’est intensifiée et, comme avaient mis en garde les modélisateurs, plusieurs régions à forte densité, telles que l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, puis aujourd’hui le Rhône, l’Aube et la Nièvre, ont largement dépassé les seuils d’alerte de 250 cas hebdomadaires pour 100 000 habitants, seuils déjà moins stricts que ceux fixés dans les pays voisins (par exemple, 100 pour 100 000 en Allemagne).

(...)

Long déni de Jean-Michel Blanquer

Rendre des comptes signifie justifier ses choix et ses changements de cap par des données objectivables. Le gouvernement doit expliciter ce que furent et ce que sont désormais les objectifs à atteindre (empêcher la saturation des services de réanimation ? Préserver l’économie du pays et maintenir les écoles à tout prix ? Sauver un maximum de vies ?), énoncer les moyens mis en œuvre pour atteindre ces objectifs, donner au public les éléments d’information pour comprendre les choix opérés, comme les options qui ont été écartées…

La place de l’expertise, de la science, la question de la transparence des données sont ici fondamentales. Comment justifier que le ministère de la santé garde sous le boisseau, parfois jusqu’à un mois après les avoir reçus, les avis du conseil scientifique censés être rendus publics « sans délai » ? Comment légitimer l’absence de transparence sur l’état sanitaire des écoles et des classes (nombre de tests antigéniques pratiqués, nombre d’enfants positifs) ?

Comment expliquer ce long déni du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, concernant les contaminations dans ses établissements, à rebours de toutes les études épidémiologiques internationales, faisant de la France le seul pays où les enfants n’étaient pas contaminants ?

(...)

Barbara Serrano est sociologue et conseil en stratégie de concertation, maîtresse de conférences associée à Paris-Saclay, cofondatrice du collectif Du côté de la science, ex-commissaire de la Commission nationale du débat public.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/29/covid-19-il-n-est-pas-possible-d-attendre-2022-pour-qu-emmanuel-macron-et-le-gouvernement-rendent-des-comptes_6074828_3232.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1617003592

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Bernard Jomier : "Emmanuel Macron a fait le même choix moral que Trump ou Bolsonaro"

29 Mars 2021 , Rédigé par L'Express Publié dans #Education

Bernard Jomier : "Emmanuel Macron a fait le même choix moral que Trump ou Bolsonaro"
Bernard Jomier : "Emmanuel Macron a fait le même choix moral que Trump ou Bolsonaro"

Pour le sénateur de Paris, "c'est la première fois que les pouvoirs publics décident de ne plus faire de la vie humaine la valeur cardinale de notre société".

Médecin généraliste, le sénateur de Paris (apparenté socialiste) a été le visage l'an dernier de la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise sanitaire. Bernard Jomier, qui préside à présent une mission d'information sur les mesures envisagées en matière de confinement, dénonce le virage stratégique pris depuis janvier par Emmanuel Macron. Il alerte aussi contre tout optimisme excessif : la vaccination ne nous exonérera pas d'adopter une stratégie "zéro covid", assure-t-il. 

L'Express : "Nous avons eu raison de ne pas reconfiner la France à la fin du mois de janvier", revendique Emmanuel Macron. Il refuse aussi tout "mea culpa". A tort ? 

Bernard Jomier : Le choix qu'il a fait à la fin du mois de janvier était très structurant. Contrairement à ce que je lis parfois, il n'y a pas eu de défaut d'anticipation. Fin janvier, le chef de l'Etat a été informé des prévisions du Conseil scientifique, qui prévoyait pour la mi-mars une situation très dégradée.

(...)

Propos recueillis par Jean-Baptiste Daoulas et Stéphanie Benz

Article complet à lire en cliquant ci-dessous (Abonnés)

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Un an de covid dans l’Éducation nationale (mars 2020 - mars 2021) - Vidéo

29 Mars 2021 , Rédigé par Snes FSU Publié dans #Education

Mars 2020 - Mars 2021 :

ordres, contre ordres, approximations, annonces de dernière minute sur l’ouverture, la fermeture, les protocoles, les tests, la vaccination, le bac…

Un an dans la vie des personnels de l’Éducation nationale :

https://www.snes.edu/article/covid19-...

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