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Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

Nous ne sommes pas venu.e.s témoigner de la pauvreté mais de la solidarité - cese (Video)

15 Février 2017 , Rédigé par YouTube - CESE Publié dans #Education

A l’occasion du 30e anniversaire de l’avis de Joseph Wresinski «Grande pauvreté et précarité économique et sociale», le Conseil économique social et environnemental a organisé une séance plénière exceptionnelle portant sur la lutte contre la pauvreté.

Les élèves du lycée Le Corbusier d’Aubervilliers témoignent au CESE de la solidarité à l’œuvre dans leur ville.

Don du sang, récoltes de vêtements et de nourriture, maraudes, troc… tour d’horizon des initiatives et des associations qui font vivre l’entraide à Aubervilliers.

Merci à Salma Chaoui, Gaye Diawara, Maïsa Hammami, Ahmed Benali, Massena Benaichouche du lycée Le Corbusier et leur professeure Catherine Robert.

http://www.lecese.fr/content/30-ans-d...

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« Si tu savais Najat » : une fausse lettre de Jean d’Ormesson relayée par l’extrême droite...

15 Février 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Fake

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EXTRAITS

Présentée comme rédigée par l’écrivain et partagée des dizaines de milliers de fois sur Facebook, cette missive vient en fait d’un lecteur d’un site identitaire.

Une « lettre à Najat Vallaud-Belkacem », présentée comme rédigée par l’écrivain Jean d’Ormesson, a été partagée des dizaines de milliers de fois sur Facebook ces derniers jours. Elle a été publiée sur la page identitaire « Je suis Fier D’etre Francais » (sic), le dimanche 12 février, puis relayée, sous différentes formes, par de nombreux internautes d’extrême droite. Sauf que le membre de l’Académie française n’est pas l’auteur de ce texte particulièrement virulent. Explications.

(...)

Le problème, c’est que le texte n’a pas été signé par Jean d’Ormesson. Nous en avons au contraire retrouvé la trace, dans les grandes lignes, sur le site identitaire Nice Provence Info (que nous avons jugé régulièrement peu fiable dans notre outil Décodex).

Ce dernier a publié, le 12 octobre 2016, un commentaire signé d’un certain Jacques Bollak, qui correspond mot pour mot (à quelques détails près) à la pseudomissive de Jean d’Ormesson qui circule actuellement. Il s’agit donc, en réalité, d’un faux grossier.

Quant à ce dernier, il s’est certes opposé à la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem et avait écrit une lettre ouverte au gouvernement à ce sujet en 2015, mais on n’y retrouve aucune des formulations qui lui sont attribuées à tort aujourd’hui.

(...)

Adrien Sénécat

L'article complet est à lire ci-dessous

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"Fake News" : des professeurs américains lancent la résistance...

15 Février 2017 , Rédigé par La Tribune Publié dans #Education, #Médias

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De l'école primaire à l'université, des enseignants ont décidé de consacrer tout ou partie de leur cours sur la consommation de l'information, en particulier sur internet. Aujourd'hui, une partie non négligeable des jeunes ne savent pas distinguer les vraies des fausses sources d'information.

Après les géants de l'Internet, la bataille contre les "Fake News", ces fausses informations qui circulent en particulier sur la toile, se poursuit dans les salles de classe. Aux Etats-Unis, des enseignants de l'école primaire à l'université ont décidé d'inscrire dans leur cours une éducation à l'information, rapporte l'Associated Press (AP). L'idée est d'apprendre aux élèves, futurs consommateurs d'actualité, à distinguer les faits de la fiction.

Pour l'instant il ne s'agit que d'initiatives individuelles, mais le phénomène pourrait s'étendre. Un membre de l'Assemblée de Californie a proposé un texte en janvier, visant à introduire dans le code de l'Education de l'Etat la mise en place d'un cours de "civic online reasoning" ("critique civique en ligne", en français). L'enseignement s'adresserait au élèves du collège à la terminale.

Les jeunes ont des difficultés à identifier ce qui relève de l'information

"Un agent du FBI enquêtant sur Hillary Clinton retrouvé mort", "le pape François soutient la candidature de Donald Trump à la Maison-Blanche"... la propagation d'informations fausses durant la présidentielle américain a fait polémique au lendemain de la victoire du candidat républicain.

L'enjeu est d'autant plus important que les jeunes sont particulièrement crédules face aux informations qu'ils consultent en ligne. Une étude réalisée par des chercheurs de la Stanford Graduate School of Education a démontré par exemple que plus de 80% des collégiens interrogés se sont révélés incapables de distinguer une publicité native d'un véritable article de presse, malgré la présence de mots-clés comme "contenu sponsorisé" en tête de page.

De même, près du tiers des lycéens interrogés ont déclaré faire plus confiance à un article publié sur Facebook par un compte imitant Fox News qu'à un article du compte Facebook "vérifié" à cause d'éléments graphiques. Pourtant le premier est faux alors que le second est authentique.

Une éducation civique à la consommation de l'information

Il semble ainsi nécessaire de mettre en place une éducation civique autour de la consommation de l'information, qui ne doit pas concerner que les aspirants journalistes mais bien l'ensemble des élèves.

Aux Etats-Unis, l'université Stony Brook (New-York) plaide depuis plus d'une décennie pour l'introduction de ce type d'enseignements dans les programmes scolaires. Son école de journalisme vient d'établir un partenariat avec l'université de Hong-Kong pour lancer un cours en ligne gratuit sur ce sujet.

Jean-Christophe Catalon

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L’éducation aux médias : une urgence contre la radicalisation cognitive des jeunes... (+ liens vers sites)

15 Février 2017 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Médias

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La radicalisation peut commencer très tôt chez les jeunes. Pour éviter cette fermeture des esprits et la fin du dialogue, l’éducation aux médias est un levier pour la fraternité et l’intelligence. Face à la submersion des informations produites par la numérisation et la connexion des réseaux humains et digitaux, nous sommes aujourd’hui face à un enjeu révolutionnaire « Comment identifier et dire la vérité ».

De Trump à Soral, de Daech à Dieudonné, la réalité est aujourd’hui contestée, outragée, modifiée par des théories complotistes et alternatives que nous devons d’abord combattre à l’école par une éducation aux médias offensive. Il est donc essentiel de repenser l’éducation aux médias et de construire les nouvelles formes d’info-apprendre de demain.

La fin de l’information ?

Au-delà de la confrontation des idées et des valeurs, le monde numérique, fait de tweets, de buzz et de théories manichéennes, est en train de construire une réalité alternative au sens orwellien. Sans y prendre garde, nous sommes en train de changer de monde. Si Beuve-Mery pouvait dire « le journal, c’est la réflexion et la radio l’émotion » aujourd’hui, nous pouvons dire « l’Internet, c’est la pulsion » (_ Monique Dagnaud. Sociologue et directrice de recherche au CNRS_).

Car le monde, à la fois par son accélération totale du temps et sa volonté libérale du sens a peu à peu fait imploser notre relation aux savoirs, à l’information et au sens. Cette révolution presque invisible nous domine si fortement qu’il est nécessaire de sortir momentanément du jeu des médias pour comprendre le motif inhumain qui se dessine. Sans y prendre garde, nous sommes en train de changer de monde. Cette dilution lente de l’information a trois causes essentielles que nous devons comprendre pour agir en éducateur et en citoyen.

(a) « Un excès d’informations rend insensible à l’information » (Umberto Eco). Peu à peu, sous le tsunami des informations, sous l’influence redondante de l’identique, les jeunes se détachent des médias. Quand la même opinion est copiée et recopiée, quand la part de l’analyse cède devant l’émotion et l’audience, l’information perd de sa pertinence et les jeunes ne croient plus en la valeur des opinions.

Dans une enquête d’Opinion Way de 2015, « Les Français et les propos haineux sur Internet », 26 % des jeunes de 18 à 24 ans ne considèrent pas la radio comme une source crédible. Ils sont 22 % de ces mêmes jeunes à considérer comme non-crédible la télévision. Dans cette même enquête, 26 % des jeunes de 18 à 24 ans ne considèrent pas la radio comme une source crédible.

Les sources d’informations les plus utilisées par ces jeunes pour s’informer sont à 53 % les réseaux sociaux, à 44 % les amis, à 42 % le « bouche à oreilles ». La jeunesse est donc aujourd’hui de plus en plus détachée des modalités classiques d’information. L’information qui forge l’opinion des jeunes n’est plus médiée par des journalistes et cela doit nous alerter sur notre capacité collective à diffuser des analyses et des arguments.

(b) « Les journaux ne sont pas faits pour divulguer les informations mais pour les couvrir » (Umberto Eco). L’information dans son traitement médiatique a beaucoup changé. L’idée que le travail du journaliste est essentiellement un travail réflexif et objectif a laissé la place à l’info réalité où la lutte contre le zapping devient l’alpha et l’oméga des médias. Émouvoir, plus que décrire, alerter plus qu’expliquer, participer plus que comprendre, les médias en ligne ont aujourd’hui du mal à conquérir de nouveaux publics et les jeunes s’éloignent de ces sources documentées et se méfient des journalistes. 35 % des jeunes de 18 à 26 ans interrogés par nos soins (Alava, 2016) déclarent que la télévision n’est pas crédible, 38 % pensent les journaux non-crédibles et globalement les sources les plus crédibles pour les jeunes sont dans l’ordre (Wikipédia 65 %, 42 % les vidéos YouTube, 38 % les posts Facebook et 15 % les sites d’alter-informations (Alter Info, Réseau Voltaire, Les moutons enragés, etc..). Cette rupture entre les jeunes et leurs médias doit nous interroger. Il n’est pas question pour moi ici de dire qui est responsable, mais bien de montrer en quoi une éducation aux médias est aujourd’hui un enjeu citoyen fondamental.

(c) « Ce qui forme une culture n’est pas la conservation, mais le filtrage. Et Internet est le scandale d’une mémoire sans filtrage, où l’on ne distingue plus l’erreur de la vérité » (Umberto Eco). Quand il s’agit de faire le tri entre le vrai ou le faux, de savoir distinguer l’information de l’interprétation, nous sommes souvent en grande difficulté sur le Net tant aujourd’hui est devenue palpable cette phrase prémonitoire de Huxley écrite à Orwell parlant de la surveillance généralisée des populations « l’oligarchie régnante trouvera des moyens moins difficiles et moins coûteux de gouverner » et ce moyen est l’excès d’information.

Tout est accessible aujourd’hui et les codes éditoriaux, les modalités de diffusion, le style et l’écriture des médias et du cinéma ne se différencient plus des propos haineux, discriminatoires et radicaux. Un propagateur d’idéologie raciste ou terroriste a potentiellement le même accès sur l’Internet. Plus les jeunes désertent les médias, plus ils apprivoisent des formes nouvelles d’informations. 52 % des jeunes de notre enquête disent s’informer en regardant un post ou une vidéo sur YouTube plutôt que de lire un article en ligne.

La propagation « virale » des rumeurs ou des informations est devenue un mécanisme dominant que les journalistes recherchent eux-mêmes. « Si tu Likes, tu approuves et tu es complice » est un slogan que le Ministère de l’Éducation souhaite diffuser pour montrer le danger de la diffusion virale de propos ou d’actions cyberviolentes. Le Net est sans filtre, mais il n’est pas sans réaction, car rien n’oblige à faire en permanence la course au Buzz, ni à être complice par nos posts de propos haineux et mensongers.

« Sur Internet, les insultes et le harcèlement entre internautes se libèrent et se banalisent. Le Label Respect Zone est un outil inédit pour contrer positivement la cyberviolence. ».

Cette action conduite par des jeunes et des citoyens montre bien que rien n’interdit même sur le Web de valoriser des actions citoyennes, de promouvoir des sources d’informations objectives, de valoriser l’échange et le débat à la place de la violence et de la radicalisation. Internet n’est pas à lui seul le problème. Internet est aussi la solution et cette solution passe par une éducation aux médias ancrée dans la réalité des pratiques d’information et d’intervention de la jeunesse.

(...)

Professeur des Universités, Université Toulouse – Jean Jaurès

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Liens vers des vidéos "Education aux médias"

Les journalistes disent-ils tous la même chose ? - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Cinquième
3 déc. 2015
On savait depuis longtemps que l'immeuble était mal entretenu, mais cette histoire a attiré tous les médias du ...

C'est quoi l'éducation aux médias ? - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Seconde
18 déc. 2015
Dans le cadre du débat « Les jeunes et l'info » qui a eu lieu à France Télévisions le 10 novembre 2015 en présence ...

MOOC Éducation aux médias et à l'information à l'ère du numérique ...

 
www.sup-numerique.gouv.fr/.../mooc-education-aux-medias-et-a...
L'objectif de ce MOOC est de faire le point sur les questions d'éducation aux médias et à l'information à l ...

C'est quoi une information ? - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Cinquième
24 nov. 2015
Le pluralisme des médias ... Les clés des médias ... LE CLEMI; Avec le soutien de du ministère l'éducation ...

EMI 2 - Analyser les Images (Education aux médias) - YouTube

 
https://www.youtube.com/watch?v=miJ2ObMs-I4
10 oct. 2016 - Ajouté par Hygiène Mentale
Le projet de Rose-Marie Farinella, institutrice en Haute Savoie, qui anime des ateliers dans cette classe de ...

Nous sommes tous médias - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Cinquième
3 déc. 2015
Dimanche, il y a eu un incendie à la pizzeria en face du collège. Une...

Ça veut dire quoi le blasphème ? - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Cinquième
23 mai 2016
Le pluralisme des médias ... Les clés des médias ... LE CLEMI; Avec le soutien de du ministère l'éducation ...

Qu'est ce qu'une source ? - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Cinquième
3 déc. 2015
Le pluralisme des médias ... Les clés des médias ... nationale - Direction du numérique pour l'éducation; Avec le ...

Education aux médias : Comment rétablir la confiance ? - Francetv ...

 
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16 oct. 2015
Paris 19e arrondissement. Lycée Georges Brassens. Des élèves de seconde participent à leur premier atelier d ...

Les données personnelles - Francetv Éducation

 
education.francetv.fr › Éducation aux médias › Cinquième
24 nov. 2015
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Sortir... Week-end "Mardi Gras" Les carnavals créoles... Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

15 Février 2017 , Rédigé par Musée du Quai Branly-Jacques Chirac Publié dans #Education, #Art

Pour cette seconde édition des Week-ends, place aux carnavals créoles ! Direction la Louisiane, les Caraïbes ou Salvador de Bahía, pour décrypter ces fêtes populaires.

Invitation à la fête et à la découverte, le carnaval n’en reste pas moins empreint d’ambivalences. Lieu par excellence du déguisement et de la fantaisie, il apparaît comme un exorcisme collectif alternant réjouissances et célébration de la mémoire historique collective, rupture et rencontre des cultures et des identités. 

Durant deux jours, découvrez ce qui relie et ce qui différencie les carnavals des Caraïbes de ceux des Antilles, de La Nouvelle-Orléans ou de Salvador de Bahía, à travers une série d’activités et de performances !

Au programme

Samedi 18 février 2017 : FOCUS SUR LA NOUVELLE-ORLÉANS

Une journée d'activités pour découvrir les Mardi Gras Indians de La Nouvelle-Orléans ainsi que l'univers culturel et musical qui y est associé.

Dimanche 19 février 2017 : Focus sur la Martinique

Une plongée en musique et en contes au cœur des Antilles et du carnaval martiniquais !

Et bien d'autres renseignements utiles sur le site du Musée ci-dessous

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L'Accompagnement Personnalisé (L'AP)?... C'est possible et porteur de progrès pour les élèves...

15 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

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Les mots ont un sens. Au-delà de la définition donnée par les textes officiels, il y a les pratiques que les professeurs de collège - je ne parle ici que du collège et du français - appliquent avec leurs élèves au cours des séances hebdomadaires inscrites dans leur emploi du temps.

"Accompagnement"... Oui, il s'agit bien d'accompagner, de "tenir compagnie" à Estelle qui peine en grammaire, à Pierre qui déteste la conjugaison ou à toute la classe qui trouve bien le long le chemin entre cette satanée consigne incompréhensible et la réalisation de ce qu'elle vous impose de faire. Entre bien d'autres obstacles que la langue et son emploi ont pris un malin plaisir à installer sur le parcours piégeux d'une scolarité collégienne...

"Personnalisé"... Oui, il s'agit bien de nous adresser à vous toutes et tous qui êtes une classe mais aussi à toi qui es un-e élève.

Les objections à la faisabilité, à l'efficacité de cet Accompagnement Personnalisé n'ont pas attendu sa mise en place pour être soulevées. Je ne vais pas ici les reprendre toutes, me contentant de commenter la plus entendue : " L'AP c'est bien gentil, un truc pondu par les technocrates de la Rue de Grenelle! Mais on fait comment avec des classes de vingt-cinq à trente éléves de 6e par exemple? Hein, on fait comment? Ben on peut pas! Encore une mesure ridicule!" Nous avons toutes et tous été confrontés - ou avons été les auteurs - de ce discours.

Les réseaux sociaux, cette caisse de résonance qui fabrique de l'opinion, ont contribué à donner de l'AP une image souvent apocalyptique, une activité pédagogique vouée à un échec annoncé a priori, une récréation destinée à faire croire qu'au Ministère le sort des élèves en difficulté serait soudain devenue la priorité, une "mesure-gadget", une lubie de la Ministre, etc. J'en passe et des bien pires. Des sites entiers, certains ayant pignon sur rue y compris celle des écoles, ont consacré des pages entières d'analyses, des émissions aux parfums savants, mais aux goûts amers de la mystification. Dans quelques cas, il s'agissait quasiment d'un "délit d'entrave numérique", ce dernier n'existant pas encore.

Etre opposé à une réforme, dire "Je suis contre" est une opinion et celle-ci est respectable. Son expression doit être libre et défendue, encore plus lorsqu'elle est argumentée et accompagnée de propositions. En revanche, présenter tel ou tel autre aspect de la réforme du collège en préférant l'approximation, parfois le mensonge éhonté à l'information, à l'éclairage par les faits n'est pas acceptable.

Alors qu'en est-il dans la réalité maintenant que l'Accompagnement Personnalisé s'installe dans nos collèges? Mon "exemple" - je suis loin d'être exemplaire! - n'a aucune valeur générale. Pourtant, d'après les "remontées" de terrain et les expériences de collègues, cet "exemple" n'est absolument pas unique.

Voici ce que fut ma première séance d'AP/6e en français: (je ne présente ici que l'aspect "organisationnel", vous épargnant le contenu de la séance portant sur l'utilisation et la variation des procédés de reprise et de substitution pour écrire de manière à être compris)

- 12 élèves devant moi;

- les 13 autres travaillent avec la Professeure-documentaliste. Je dis bien "TRAVAILLENT". Ils ne lisent pas des bandes dessinées (je n'ai rien contre les bandes dessinées!) ni ne bavardent à demi allongés dans des fauteuils.

Inversion chaque semaine. Tous les élèves conservent bien les 26 heures obligatoires et AUCUNE heure de marge n'est subtilisée à qui que ce soit. Une organisation que je n'ai pas mérite d'avoir mise en place (comme tous mes collègues) puisque celle-ci fut conseillée à de très nombreuses reprises lors des journées de formation "Collège2016". Conseils soulevant chez quelques-uns de grands éclats de voix ou de rire fort malvenus. "L'homme seul qui hurle des mensonges dans la foule silencieuse est toujours plus audible que tous ceux qui se taisent. Pourtant il ment". Proverbe bérbère. Passons...

Travail (en partie) avec les fiches d'accompagnement EDUSCOL qui sont très bien faites! Il est faux de dire que, parce que la source est institutionnelle, le travail proposé est "forcément" et "évidemment" infaisable. Il est faux de dire que le site Eduscol n'est qu'un insondable fouillis chronophage. J'ai mis cinq minutes, je dis bien cinq minutes, aidé par mon "ami" GOOGLE, pour trouver ce que je cherchais. Si certains collègues estiment qu'il est moins chronophage de réaliser soi-même TOUTES les séances de leurs classes respectives, sans aide aucune mise pourtant à notre disposition (et pas seulement sur EDUSCOL bien entendu), je leur souhaite bien du courage. S'inspirer des séances EDUSCOL n'interdisant nullement d'ajouter - c'est même préférable pour une simple raison de "confort pédagogique" - sa touche personnelle, d'adapter tel ou tel exercice proposé au groupe ou à tel ou tel élève, de transformer telle ou telle consigne si le besoin s'en fait sentir.

En une seule séance, j'ai constaté tous les avantages que je vais pouvoir tirer de cet "AP" pour faire progresser TOUS les élèves, quel que soit leur niveau.

Quel dommage, me disais-je en terminant cette séance... Quel dommage de n'avoir plus que quatre années devant moi... J'aurais tant aimé pouvoir enseigner ainsi encore longtemps et contribuer à poursuivre la construction d'une refondation qui n'en est qu'à ses balbutiements. Entendre cet élève me dire: "C'est mieux de travailler comme ça m'sieur"...

Aidons-la à bien grandir, cette réforme... C'est ce seul "mal" là que je lui souhaite...

Christophe Chartreux

PS: j'ai poursuivi évidemment les séances d'AP depuis ce texte. Elles n'ont fait que renforcer mes convictions.

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A Saint-André de Cubzac, des lycéens font de l'histoire et du français sans s'en apercevoir...

15 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Histoire

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Tous les quinze jours, «Libération» met en avant des initiatives d'enseignants motivés. Aujourd'hui, Maud Madec-Loeuil, prof-documentaliste et Laurence Lefebvre-Druelle, prof de lettres-histoire.

Ils sont enseignants et débordent d’idées et d’envies. Dans leur classe, ils tentent de nouvelles manières d’enseigner, en inventent ou réinventent. Parfois ça foire, parfois ça marche. Depuis la rentrée, Libération met en avant une initiative concrète dans l’Education nationale tous les quinze jours. Ce mardi, un duo de choc : Maud Madec-Loeuil, 38 ans, prof-documentaliste et Laurence Lefebvre-Druelle, 42 ans, prof de lettres-histoire. Nous les avions croisées lors du forum des profs innovants, organisé fin novembre par le Café pédagogique. Passionnées et inséparables, elles parlent d’une seule voix.

L’établissement. «Nous enseignons dans un lycée professionnel, au nord de Bordeaux, à Saint-André de Cubzac. Nos élèves sont en maintenance industrielle, logistique, électrotechnique ou commerce. Et disons qu’ils n’ont pas tous envie d’être là. Forcément, quand ils se retrouvent chez nous par défaut, ils ne sont pas motivés, les classes sont plus agitées. Notre premier défi, c’est d’arriver à donner du sens à leur apprentissage. Les amener ensuite à s’ouvrir le plus possible pour acquérir une culture générale.»

L’idée. «Nos élèves aiment inventer, laisser libre cours à leur imagination. Et ils aiment écrire. On s’est en rendu compte un peu par hasard il y a trois ans. Ils étaient en train de fabriquer un poisson en cours de maintenance industrielle, on leur a proposé d’inventer l’histoire de ce poisson. Jusqu’ici, on faisait des ateliers d’écriture que nous animions déjà en binôme. Là, c’était l’étape d’après : ils devaient écrire un roman sur ce poisson et en référer à des élèves de CM2 d’une école voisine, qui ont participé aux illustrations notamment. Les petits sont des lecteurs exigeants, ils relevaient la moindre incohérence dans l’histoire. Le projet a bien marché. Tellement bien, d’ailleurs, que le retour en classe classique a été rude. Ces élèves qui avaient écrit sans s’en rendre compte dix pages du roman bloquaient à nouveau pour m’écrire 30 lignes en classe, et rendaient à nouveau des copies blanches…. Il fallait trouver un subterfuge. Les remettre en situation de créer tout en abordant les points du programme cette fois. On a cogité, travaillé. On s’est amusé aussi. Nous avons inventé une famille, avec un immense arbre généalogique qui va de l’époque des Lumières à aujourd’hui. Chacun des personnages avait une petite carte d’identité, avec quelques mots sur son rôle dans l’Histoire et une contrainte d’écriture. Par exemple, Clothilde, une suffragette, pour parler de la condition des femmes. Chaque élève avait son personnage, libre à lui de choisir le mode d’écriture, avec une cohérence évidemment historique. Conversation téléphonique, lettre, article de journal… Leur imagination n’était pas bridée.»

(...)

Marie Piquemal

Suite et fin de l'article en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Innovation - Roman national - Orientation

15 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Innovation - Roman national - Orientation

Deux zones sur trois en vacances, les questions d’éducation ne fourmillent donc pas dans nos médias. Quelques interviews intéressantes ont toutefois retenu notre attention.

Innovations et suivi des élèves (chouette on en parle !)

« Comment Jean-Rostand est devenu le meilleur collège REP+ de France ». C’est ce que nous montre Anna Benjamin dans l’Express. La réponse tient en trois mots : discipline, innovations pédagogiques et suivi personnalisé des élèves, judicieusement harmonisés pour que ce collège casse son image de « collège pourri » et obtienne désormais le meilleur taux de réussite au DNB des collèges REP+ de France. « C’est tout le fonctionnement de l’établissement qui est tourné vers la résolution des conflits et le suivi des élèves. [...] L’alchimie, c’est aussi l’innovation pédagogique. Les professeurs sont unanimes, en REP+, on n’enseigne pas comme ailleurs. Fin des notes de la 6e à la 4e, semestrialisation de l’année avec quatre bulletins par an remis en mains propres aux familles, annualisation des sciences de la 6e à la 4e, ils ont bousculé leurs pratiques. Au lieu d’1h30 par semaine par classe, les enseignants de SVT, technologie et Sciences physiques et chimie enseignent ainsi 4h30 hebdomadaire à chaque classe pendant trois mois. "Cela nous permet de connaître les élèves plus rapidement, de cibler leurs difficultés, mais aussi qu’ils ne perdent pas le fil", selon Laetitia Léger, professeur de SVT. [...]

Les enseignants n’ont pas attendu la réforme du collège pour tester l’interdisciplinarité. Portée par la stabilité de l’équipe pédagogique, ça fonctionne, selon Isabelle Delobel : "On est un petit noyau à être arrivé il y a vingt ans, tout le monde travaille ici par choix, pour se sentir utile. En revanche, on ne compte pas nos heures."

L’enseignement intégré de science et technologie (EIST) en 6e, qui favorise le décloisonnement entre disciplines, est un exemple de ce travail d’équipe. »

Tout ce que certains affirment depuis des mois ne pas pouvoir fonctionner semble avoir fait ici ses preuves.

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Dessin de Fabien Crégut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme en écho à cet article, raisonnent les propos tenus par Daniel Pennac dans le Monde à l’occasion de la sortie de son nouvel opus des Malaussène. Interviewé par Catherine Vincent, il revient sur son passé de « mauvais élève » déjà formidablement abordé dans Chagrin d’école :« La culpabilité ! Mes bulletins scolaires me le confirmaient tous les mois : si j’étais un crétin, c’était absolument de ma faute. D’où une détestation de moi, un complexe d’infériorité et surtout de culpabilité – cette vision catastrophique que les enfants peuvent avoir d’eux-mêmes quand ils ont le sentiment que leur personnalité dépend essentiellement des conséquences d’une évaluation scolaire ». Il y aborde aussi ses débuts comme professeur de lettres : « Par hasard. Parce que ma maîtrise de lettres terminée – heureuse époque où on pouvait devenir prof avec une maîtrise ! [...] on me propose un poste dans l’enseignement privé à Soissons, dans l’Aisne. Et je me retrouve – deuxième hasard – avec des gosses dans mon genre, des élèves de troisième en classe dite "aménagée" (et le dirlo qui beuglait : "Pas à ménager en deux mots, hein Pennacchioni !" – bienvenue dans la connerie pédagogique). La vocation est arrivée après quelques heures de cours.

[...] Très vite, je comprends que je dispose d’une culture que les autres n’ont pas. Je sais ce qu’un mauvais élève ressent. Je connais la chaîne des réactions : peur, échec, inhibition, mensonge, honte, violence, etc. Je sais qu’il me faut avant tout guérir le gosse de sa peur [...] Si je parviens à l’intéresser à la littérature, à éveiller sa curiosité pour la si passionnante grammaire, la peur le quittera. »

A la fin de l’entretien la journaliste demande à l’écrivain, ancien prof, quel message il aurait à délivrer à l’Éducation nationale. La réponse est un plaidoyer pour la pédagogie :

« D’abord, recrutez vos inspecteurs parmi des professeurs innovants, dont les innovations peuvent être théorisées et exportées. Envoyez ces inspecteurs dans la France entière à la recherche d’enseignants pédagogiquement passionnés, sérieux, méthodiques et inventifs – il y en a beaucoup ! –, qui ont su convertir leurs classes à la joie d’apprendre… Cela améliorera probablement les choses.

Cessez de penser que l’enseignement est réductible à la transmission d’un savoir et à l’évaluation de ce qui a été retenu ! Ce qui marche, c’est le partage de l’enthousiasme. Vos professeurs ne sont pas là pour faire peur, mais pour vaincre la peur d’apprendre. Une fois cette peur vaincue, les élèves sont insatiables : les efforts consentis seront alors infinis. Apprendre à apprendre, c’est ce que l’on n’apprend pas aux professeurs. Et surtout, partout, toujours, que les enseignants cessent de faire peur ! Et d’avoir peur ! Je suis un militant de la dédramatisation. »

Roman national et origines chrétiennes (misère on en parle encore !)

France Info est revenu dans une vidéo sur la question de l’enseignement du « roman national ». « Pour certains, il faudrait avant tout enseigner à nos enfants que les origines de la France sont gauloises, chrétiennes, et héroïques. » Les journalistes en ont discuté avec un étudiant et un professeur d’histoire croisés lors d’un micro trottoir mais ont aussi recueilli les avis forcément divergent de Laurence de Cocq et Dimitri Casali. On est admiratif du calme conservé par la première qui sans nier « une fonction identitaire de l’enseignement de l’histoire » atténuait son importance, et fut coupée par un « on n’est pas au zuzuland » de l’historien zémmourien.

On pourrait le renvoyer à cet interview de Paul Veyne paru fin décembre dans Le Monde des religions, dans lequel le grand historien de l’Antiquité proclamait : « La question des origines chrétiennes de la France est un faux débat. » Il y précisait que « l’Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’Homme, de la liberté de pensée, de la liberté sexuelle, du féminisme et du socialisme. Toutes choses qui sont étrangères, voire opposées, au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui. La morale chrétienne prêchait l’ascétisme et l’obéissance. L’individualisme de notre époque, par exemple, est aux antipodes de la soumission, de la piété et de l’obéissance chrétiennes. » Et pour lui, si ce thème de nos racines religieuses revient si souvent sur le tapis depuis quelques décennies, « les raisons sont purement politiques. Parler de racines religieuses permet de se montrer vertueux, attaché à certaines valeurs comme la charité. » On a toutefois vu les limites de ce pari quand on se proclame chrétien sans vraiment être vertueux...

Orientation scolaire (c’est le moment d’en parler)

Comment faire tomber la pression des parents ? Voilà une bonne question quand on aborde ce sujet de l’orientation scolaire. On y a tous fait face d’abord comme élève, puis comme enseignant et enfin comme parent (avouons-le !). C’est Le Parisien qui se penche sur le problème en relatant une expérience mise en place dans le centre d’information et de documentation de la jeunesse (CIDJ). « Quoi de plus vertigineux pour un collégien que de choisir une voie pour l’avenir ? Le faire sous l’œil de ses parents rongés d’angoisse, répond-on au CIDJ. Dans ce haut lieu parisien de l’orientation scolaire, les conseillers se sont lassés du bal des parents stressés, qui chaque samedi poussent la porte de leur institution, à la recherche d’un parcours sans heurts et plein de débouchés pour leur enfant. Pour eux, le CIDJ a monté un café des parents tous les samedis et propose désormais, chaque lundi et jeudi matin pendant les vacances scolaires, des ateliers parents-collégiens. Toute l’originalité du concept tient dans son organisation : jeunes et adultes sont séparés, pour réfléchir à tête reposée chacun de son côté et en petit comité. »

Deux médias économiques abordent également ce thème de l’orientation mais sous le prisme de l’apprentissage, pour se féliciter de son développement dans la fonction publique. « Apprentissage : un objectif en passe d’être atteint dans la fonction publique » titre Boursier.com. Même son de cloche sur BFMbusiness qui a compté « deux fois plus d’apprentis dans la fonction publique qu’en 2015 » et précise que « le président de la République, François Hollande, s’est félicité des 8300 jeunes en apprentissage dans la fonction publique d’État. Un chiffre proche de l’objectif fixé à "10000 apprentis" fin 2017. »

Pour terminer, en cette Saint Valentin, lisons Nadir Dendoune sur sa page "La chronique du tocard" du Courrier de l’Atlas : « Des bons profs, bienveillants et encourageants, aujourd’hui j’en connais plein. J’aurais tant aimé en avoir des comme ça dans ma jeunesse.

Parfois, on a l’impression qu’ils aiment leurs élèves comme si c’était leurs propres enfants. Ils leur offrent des livres, des bouquins qui leur parlent, qui racontent l’histoire de leurs parents, des livres à la plume enjouée. Ils les emmènent en sortie, parfois sur leur temps libre, font venir dans leur classe des intervenants. Ils les encouragent, les félicitent. Ça ne leur viendrait jamais à l’idée de les humilier. Plus que tout, ils veulent qu’ils "réussissent".J’en connais même qui passent tous leurs week-end et leurs vacances pour écrire 1000 choses sur les copies, pour que leurs élèves comprennent leur note, et progressent. ».

Une belle déclaration d’amour aux enseignants, pas à tous certes, s’il en reste qui ressemblent à son ancienne professeure de français dont il décrit les méthodes humiliantes au début de son texte, dans un chagrin d’école.

Laurent Fillion

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Mixité à l'école: «La fuite vers le privé est certes une réalité, mais il faut la pondérer»...

14 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Mixité

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Etienne Butzbach, coordinateur du réseau «mixité» au sein du Cnesco, suit depuis un an et demi des politiques publiques menées localement. Pour lui, rien ne peut aboutir sans l'acceptation des parents.

(...)

Vous suivez sept expérimentations menées en métropole, les projets se ressemblent-ils les uns les autres ?

Les situations sont assez variées d’un territoire à l’autre. A Nancy, la démarche de concertation est assez exemplaire ; à Clermont-Ferrand, la rectrice joue un rôle moteur déterminant. A Nîmes, trois universitaires sont associés à la réflexion depuis trois ans… Les outils utilisés sont différents d’un territoire à l’autre, certains jouent sur la carte de formation pour rendre un collège ségrégué plus attractif par exemple. Toulouse mène certainement la politique la plus ambitieuse, en activant plusieurs leviers à la fois.

A Toulouse deux collèges ghettoïsés des quartiers pauvres vont être fermés pour les reconstruire plus loin dans quelques années. Le temps des travaux, les élèves seront envoyés par bus dans les collèges des beaux quartiers. N’est-ce pas le retour du «busing», une mesure défendue à l’époque de Nicolas Sarkozy par Fadela Amara ?

Ce n’est pas du simple «busing», non. Le projet toulousain est beaucoup plus large et ambitieux. A mon sens, sur un sujet aussi sensible que la mixité, il y a plusieurs points cruciaux qui doivent être pris en compte pour qu’une politique publique fonctionne. Et c’est, me semble-t-il, le cas à Toulouse. D’abord, les parents. Il faut absolument les associer à la démarche, y compris ceux qui sont les plus éloignés de l’école. Les parents doivent être au cœur de la politique éducative. A Toulouse, une vraie politique de concertation locale a été menée, avec un grand nombre de réunions publiques pour associer les parents.

Autre public décisif, parfois oublié dans les expériences passées : les professeurs. On ne peut pas mener une politique de mixité sans les enseignants. C’est un point central, qui nécessite un vrai travail en amont car les enseignants ne sont pas forcément préparés pour gérer les conséquences de la mixité. Enseigner dans une classe où les élèves ont des niveaux scolaires très différents est plus difficile [la prochaine conférence du Cnesco porte sur la différenciation pédagogique, ndlr].

Enfin, il faut arriver à faire travailler de concert les différentes institutions publiques qui se partagent les compétences en matière éducative. Avec les vagues de décentralisation, les compétences sont partagées entre les collectivités (la municipalité pour les écoles, le département pour le collège) et les rectorats, services déconcentrés de l’Etat. Cela nécessite de savoir coconstruire une politique publique.

Le secteur multicollège, possibilité désormais prévue par les textes, permet au département, seul compétent pour la sectorisation (telle rue dépend de tel collège), de définir une zone plus large englobant deux ou trois collèges. Et ainsi (re)donner la main au rectorat chargé de répartir les élèves dans les établissements. N’est-ce pas une façon de simplifier l’action publique ?

On présente le secteur multicollège comme la solution magique. Pour moi, elle ne l’est pas. C’est un leurre pour les parents : on leur fait croire qu’ils peuvent choisir l’un ou l’autre des collèges de la zone élargie, mais en réalité, c’est une illusion, puisque l’idée est de mélanger les élèves pour avoir de la mixité. Cela ne peut pas fonctionner pour la raison que j’évoquais tout à l’heure : il faut absolument l’acceptation des parents pour qu’une politique en matière de mixité fonctionne.

L’un des arguments qui revient beaucoup quand on discute avec les parents – et c’était encore le cas à Toulouse – c’est la question du privé. Les familles s’interrogent : ces expérimentations ne vont-elles pas fragiliser encore plus l’enseignement public, au profit du privé sous contrat qui continue de faire ce qu’il veut ?

La fuite vers le privé est certes une réalité, mais il faut la pondérer. Si l’on regarde les données chiffrées, le privé ne concourt que pour une partie à l’évitement. C’est de toute façon un état de fait : le droit français consacre une liberté de choix de l’enseignement aux parents. Les moyens d’action dont dispose l’Etat envers le privé sont donc limités. Une fois que l’on a dit ça, ne nous cachons pas derrière cet argument pour ne rien faire dans le public. Il faut arrêter de se mortifier et avancer. Il faut atténuer les effets de la ségrégation générée par l’enseignement public lui-même. Il n’y a pas de fatalisme, d’autant qu’il y a un important effet zapping chez les familles : si le collège public de secteur est performant, la plupart des parents y enverront leurs enfants plutôt que de le contourner en les envoyant dans le privé.

Marie Piquemal

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