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Vivement l'Ecole!

education

« Avec le masque, le cours est devenu une autoroute à une voix à sens unique »

29 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

https://medias.liberation.fr/photo/1332497-french-college-students-return-to-school-in-nantes.jpg?modified_at=1598457298&width=960

EXTRAITS

« Depuis quatre semaines, la reprise n’est pas celle dont nous avions rêvé », témoigne Muriel Conroy, professeure de français à Charenton-le-Pont.

Témoignage. Au collège, en trois mois, nous avons eu plusieurs rentrées des classes. La reprise de juin fut comme une fête, un long dimanche de retrouvailles. On reprenait la classe avec ses surprises, ses happenings, comme autrefois. On était si content d’avoir réussi à traverser tout cela ! On se reconnaissait avec tant de plaisir parce qu’on s’était fréquenté si différemment, les cours virtuels, les chats sur Pronote [un logiciel de gestion de la vie scolaire], les coups de fil de fin d’après-midi : on connaissait la famille, les aboiements du chien, les états d’âme sur les expériences de chimie, les aînés qui venaient dire bonjour pendant la classe virtuelle, les parents qui rentraient de l’hôpital.

Je me réjouissais de septembre après ces longs mois loin de la salle de classe, des élèves, de leurs regards, de leurs farces, de leurs étonnements, de leur enthousiasme, de leur paresse aussi, de leur cynisme parfois. De nouvelles classes, avec de nouveaux élèves.

Ils s’appellent Inna, Aboubakar, Louis, Marie, Savivan, Salima, Khadija, Ryan, Léo, Angelina, ou Beverly, Saïd, Stéphane, Erwan, Rouquayya, Shanna : autant de nouveaux visages pour l’année qui commence.

« Océan d’injonctions »

Ils sont revenus au début du mois de septembre. Beaucoup n’avaient pas travaillé depuis le mois de mars. Des raisons qui se perdent dans le brouhaha de la classe et des échanges désordonnés : qui avec un seul ordinateur à la maison pour une famille de quatre enfants ; qui un téléphone portable qui servait pour les cours en « visio » ; qui, égaré dans les devoirs, les matières, les cours virtuels, les manuels, les QCM, les cahiers, les dates limites, s’est découragé.

(...)

Eux ne voient pas mes sourires, mes grimaces, mes moues dubitatives, mes rictus sardoniques, mes indulgences attendries. Ils n’entendent pas mes blagues, ils ne comprennent pas mes clins d’œil faute de voir mes lèvres. Tout est devenu cours, exercices, polycopiés, projections au tableau ; je parle fort pour me faire entendre, tout est à marche forcée. Finis les chuchotis à ces deux-là qui s’amusaient ensemble, mes blagues en aparté, le cours est devenu une autoroute à une voix à sens unique. Les classes de 5e sont surchargées et ceux-là n’ont pas eu de vraie 6e.

Le masque nous empêche de faire connaissance. C’est difficile, la rentrée. Difficile de se faire confiance quand on ne se connaît qu’à moitié.

De temps en temps, s’il vous plaît, sans rien dire, furtivement, comme moi, baissez votre masque : une façon de s’envisager à nouveau.

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Budget 2021 : Quelle revalorisation réelle pour les enseignants ?

29 Septembre 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Revalorisation des enseignants : Blanquer pousse, Matignon et Bercy  temporisent | Les Echos

EXTRAITS

De quelle hauteur sera la revalorisation promise par JM Blanquer ? les premiers éléments officiels du budget 2021 seront connus le 28 septembre. Mais déjà JM Blanquer en a dévoilé les grandes lignes.

Que représente 1.4 milliard d'augmentation ?

"Ce qui se passe l'an prochain sur le plan budgétaire est exceptionnel", a déclaré JM Blanquer sur France Info le 25 septembre. Le ministre annonce 1.4 milliard d'augmentation de son budget dont 1 milliard "pour faire une augmentation naturelle" et 400 millions qui "ont vocation à être la première marche des marches suivantes".

Si cette hausse de 1.4 milliard parait élevée, elle représente un faible pourcentage d'augmentation pour un ministère dont le budget devrait atteindre 54 milliards. Pour situer cette hausse il faut la comparer à celles des années précédentes. En 2017, N Vallaud Belkacem avait arraché 3 milliards à Bercy. En 2018, JM Blanquer avait obtenu une hausse de 1.3 milliard, qui s'est avérée insuffisante pour que les premiers dédoublements se fassent sans peser sur les autres classes. En 2019 le budget de l'éducation nationale augmentait de seulement  0.9 milliard. C'est pratiquement cette hausse qui a été renouvelée en 2020. Et on va le voir également en 2021.

(...)

On est bien loin de la revalorisation attendue par les enseignants dont les salaires sont nettement plus faibles que dans les pays voisins comme on l'a montré ici. On est aussi loin de la revalorisation nécessaire pour maintenir la retraite des enseignants, puisque le 1er ministre déclare qu'il n'enterre pas le projet. On aura plus d'information le 28 au soir pour y voir plus clair.

François Jarraud

Les scénarios envisagés en février 2020

Combien gagnent vraiment les enseignants ?

Sur le budget 2020

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... La crise sanitaire — Uniforme et correction — Et puis — Ressources...

29 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... La crise sanitaire — Uniforme et correction — Et puis — Ressources...

Et bien la première revue de la semaine reprend la litanie habituelle de la crise sanitaire et de ses conséquences. La polémique sur la "tenue" scolaire s’estompe, effet de température ? Et puis un drame. Mais quelques ressources pour s’alimenter.

La crise sanitaire

Saint-Lô. Décrochage scolaire : « Des causes variées »
Chaque année, des élèves envisagent de suivre une formation mais ont des difficultés à s’adapter « et à cause de la crise sanitaire, les portes ouvertes et immersions, qui permettaient aux jeunes de toucher du doigt un métier, n’ont pas eu lieu, explique Séverine Fenouillière, responsable du Centre d’information et d’orientation (CIO) de Saint-Lô. Certains se sont donc engagés dans une formation qui, finalement, ne leur convenait pas. » En revanche, selon la responsable : « C’est le cas tous les ans. La crise sanitaire n’est pas une cause majeure. »

Covid : Les chiffres contestables de l’Education nationale
Alors que l’épidémie s’accélère en France avec la création d’un nouveau niveau d’alerte et la mise en place de nouvelles mesures de lutte contre le Covid 19, elle régresserait rapidement dans les écoles et établissements scolaires. Qui peut croire cela ? Les données diffusées par le ministère vont à rebours de l’évolution nationale.”

École : tablettes, kit numérique, voici comment l’Éducation nationale prépare les cours à distance
Du primaire au lycée, une classe sur deux sera équipée d’un kit numérique dans tous les établissements. Pour l’heure, le dispositif est testé dans le Val d’Oise et dans l’Aisne.”
En cas de reconfinement, total ou partiel, l’objectif est d’assurer la continuité pédagogique. À terme, il s’agit également d’assurer la possibilité d’assurer un enseignement à distance, quand un prof est absent, par exemple. De toutes les façons, le matériel que vient de déployer l’Éducation nationale dans le Val-d’Oise et dans l’Aisne, dans des écoles pilotes, servira quoiqu’il arrive. Hors crise sanitaire, le numérique a vocation à s’inscrire dans la pratique habituelle de la classe. Jean-Michel Blanquer évoque les logiciels qui « permettent de faire du calcul mental de manière ludique et pertinente » et les « petits robots » qui, « dès la maternelle », vont « initier les enfants aux rudiments de la programmation et de la géométrie », rapportent Les Echos.

Le procès fait au grand méchant "enseignement à distance" ne rend pas service aux étudiants par Hugo F. Responsable de projets numériques dans l’enseignement à distance dans une université parisienne
On parle d’enseignement “dégradé”, on se moque de termes comme “séquence pédagogique”. Mais laisser des étudiants collés les uns aux autres dans des salles vétustes présente un risque majeur.”

Coronavirus : 900 étudiants de l’Université de Bourgogne priés de rester chez eux Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne
Deux "clusters" ou "foyers épidémiques" ont été découverts vendredi soir au sein de deux promotions de l’Université de Bourgogne. La direction de l’établissement demande donc à 900 étudiants de deux promotions de rester chez eux durant quinze jours.”

Covid-19 : « Penser accueillir l’ensemble des étudiants sans drame sanitaire relève de l’irresponsabilité », une Tribune de Olivier Bos, Nicolas Frémeaux, Paul Maarek, Universitaires
Alors que la plupart des universités de l’Union européenne ont décidé de privilégier les cours à distance, les universitaires Olivier Bos, Nicolas Frémeaux et Paul Maarek s’inquiètent, dans une tribune au « Monde », de voir certains établissements, en France, privilégier l’accueil du plus grand nombre d’étudiants.”

Uniforme et correction

Éducation : l’uniforme "suscite une sorte d’émulation", affirme Éric Brunet
ÉDITO - “En réaction au mouvement #lundi14septembre, le ministre de l’Éducation nationale a exhorté les élèves à venir habillés avec "une certaine sobriété" et "d’une façon républicaine". De quoi relancer le débat sur l’uniforme.”

C’est quoi, une tenue correcte ? par Audrey Renault
Exigée dans certains établissements scolaires, la bienséance des vêtements repose largement sur des stéréotypes de genre.
Jean-Michel Blanquer doit s’en mordre les doigts. Depuis sa sortie polémique du 21 septembre en réaction au mouvement #14septembre, demander à ses ami·es ou à ses followers de juger si sa tenue est suffisamment républicaine est devenue la blague du moment. Mais derrière les plaisanteries se cache un vrai débat : c’est quoi une tenue correcte ? Quels vêtements sont valides, autorisés, justifiés dans l’enceinte d’un établissement scolaire ?

Et puis

Suicide d’Evaëlle : ce que l’on sait de la mise en examen d’une enseignante pour harcèlement
Après le suicide de leur fille en juin 2019, les parents d’Evaëlle avaient porté plainte contre sa professeure de français, qui a été mise en examen au début du mois pour harcèlement sur mineure.”

Décès d’Evaëlle, 11 ans : qu’a dit la professeure pour être poursuivie pour harcèlement ? par Eteme Severine Celestine
On ne saurait ne pas se rappeler de la petite écolière Evaëlle qui s’était suicidée sur son lit en 2019. Elle n’en pouvait plus du harcèlement scolaire qu’elle subissait de la part de son professeur. De quoi est-il question exactement ? Nous revenons sur ce dossier.
Ce délicat sujet refait surface à la suite de la mise en examen d’une enseignante le 4 septembre 2020. Elle est accusée d’avoir harcelé une élève de 15 ans
.”

Une enseignante mise en examen après le suicide d’Evaëlle, 11 ans : "Elle a interdiction d’exercer son métier"
La professeure de français de la collégienne, disparue en juin 2019, a été mise en examen pour harcèlement, au début du mois. Un soulagement pour la famille d’Evaëlle.”

Ressources

L’éducation a besoin d’un horizon mobilisateur (1re partie) par Jean-Marie De Ketele sur les Cahiers pédagogiques
Avec humour, Coluche disait : « Il faut mettre d’urgence un frein à l’immobilisme ». Un des experts internationaux de l’éducation les plus réputés, nous livre quelques propositions pour y arriver dans le système éducatif. On commence par le pari de l’intelligence collective.”

Le livre du mois du n° 563, Actualité de la métacognition
Les gestes professionnels dans la classe. Éthique et pratiques pour les temps qui viennent, Dominique Bucheton. ESF sciences humaines, 2020
Voilà un ouvrage essentiel «  pour les temps qui viennent  ». Professeure de collège puis formatrice d’enseignants en formation continue et chercheuse, Dominique Bucheton s’est toujours intéressée aux problèmes se posant au cœur de la classe. Son itinéraire l’a conduite à proposer avec d’autres chercheuses et chercheurs une modélisation des gestes professionnels de l’enseignant, mais elle n’a jamais entretenu l’illusion que tout s’y passerait entre pédagogie et didactique.”

Et enfin la recension par Richard Etienne de mon livre Orientation scolaire : les procédures mises en examen. Quel débat dans une société démocratique ?
Bernard Desclaux, L’Harmattan, 2020
"Bernard Desclaux vient de publier Orientation scolaire : les procédures mises en examen. Il poursuit une finalité ouvertement « démocratique ». On a souvent parlé de démocratisation lors de l’accès de toutes et tous à l’enseignement secondaire mais les sociologues ont préféré les termes de démographisation ou de massification. Quel est l’enjeu de l’orientation ? S’agit-il de préparer une affectation dans des formations pour que les entreprises bénéficient de talents et aptitudes révélés par des tests ? Ou de faire coïncider un projet d’élève avec ses résultats scolaires dans un système régi par la notation ? Voire de remplacer les filières par un système d’options, comme le fait la réforme du lycée ?"

Bernard Desclaux

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Rentrée 2020 : l’inquiétante étrangeté...

28 Septembre 2020 , Rédigé par L'Ecole des Lettres Publié dans #Education

Covid-19 : comment se prépare la rentrée scolaire à l'étranger ?

EXTRAIT

Voilà deux semaines que les cours ont repris, et, comme dans une nouvelle fantastique de Maupassant, vous vous sentez saisi d’un trouble de la personnalité, d’un sentiment de dédoublement qui vous divise et vous clive dans l’inquiétante étrangeté des conditions de cette rentrée.

Entre envie et déprime

D’un côté, vous êtes heureux de retrouver votre établissement, vos collègues, vos élèves, une vie professionnelle riche d’échanges et de reconnaissances ; de l’autre, vous éprouvez la tristesse de ces masques, ces mesures restrictives, ces contraintes, ces menaces, et cette quasi-certitude d’une fermeture partielle ou totale à plus ou moins long terme. Comme en proie à une crise cyclothymique, vous alternez phases de confiance et d’envie et phases de déprime et d’angoisse, un jour capable d’oublier le contexte sanitaire et de rêver sorties scolaires, visites, rencontres, l’autre hanté par le spectre du travail à distance, de l’ordinateur régentant votre enseignement, du ministère contrôlant vos activités via ses sites officiels  et ses  plateformes numériques.

(...)

Pascal Caglar

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L’école au temps du coronavirus...

28 Septembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Dossier : Avec le coronavirus, le défi de l'école à distance… pour tous

EXTRAITS

Selon le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France, le milieu scolaire et universitaire est devenu la première « collectivité » de circulation du virus, devant les entreprises.

32 % des 899 clusters en cours d’investigation concernent le milieu scolaire et universitaire, précisent Mattea Battaglia et Camille Stromboni dans Le Monde.fr

"Avec 285 clusters, le monde éducatif passe, pour la première fois, devant celui de l’entreprise, qui en compte 195."

Il s’agit des clusters en cours d’investigation, et s’ils sont en constante augmentation dans les établissements scolaires et universitaires, lorsque l’on prend en compte l’ensemble des clusters identifiés (y compris ceux maîtrisés ou clôturés), les entreprises restent le premier type de collectivités touchées. Jusqu’à présent, Santé publique France ne distingue pas la part des clusters dans les universités et ceux des écoles, collèges ou lycées, mais il semble que les premiers soient à la fois plus nombreux et plus contaminants. Reste que dans les écoles, de nombreuses voix s’élèvent pour questionner l’assouplissement du protocole sanitaire et dénoncer un « deux poids deux mesures » entre le durcissement des consignes dans les bars ou les rassemblements et leur allègement dans l’enceinte scolaire.

Mon école à la maison

Un collectif de sociologues et spécialistes de l’éducation a mené l’enquête au cours du confinement, puis du déconfinement, de la maternelle à l’université. L’ensemble, coordonné par Stéphane Bonnéry et Etienne Douat, est publié à La Dispute sous le titre L’éducation au temps du coronavirus. Ils soulignent l’aggravation des inégalités dans ce contexte, et l’accroissement de ce que Bourdieu et Passeron désignaient déjà dans les années 1960 comme la logique d’« indifférence aux différences ».

(...)

Le gouvernement des experts

« La Covid-19 n’a pas créé la crise des savoirs au service du pouvoir mais elle a créé un effet de loupe qui en accélère les conséquences. Le coefficient de défiance généralisée est encore plus élevé » observe Nicolas Roussellier dans la revue Études. L’historien et politiste examine les conséquences de la crise sanitaire sur le fonctionnement et l’image de l’État, qui en sort à la fois renforcé dans ses prérogatives régaliennes et affaibli par des défaillances stratégiques, comme l’affaire des stocks de masques, la question des mesures sanitaires à l’école ou celle des tests. Ce qui est à souligner, en l’occurrence, c’est la crise de l’expertise, au sens technocratique et scientifique. 

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Jacques Munier

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Directeurs d’école : un an après le suicide de Christine Renon, une profession sur le fil...

27 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAITS

Une marche du souvenir est organisée le 26 septembre à Pantin, en mémoire de la directrice retrouvée morte dans son établissement. Des concertations sont en cours pour diminuer la charge de travail de la fonction.

Il y a tout juste un an, le suicide de Christine Renon, une directrice d’école de 58 ans, déclenchait une vague d’indignation dans la profession. Une marche du souvenir devait être organisée, samedi 26 septembre, à Pantin (Seine-Saint-Denis), où exerçait cette enseignante. Décrite comme « engagée » par ses proches, elle avait été retrouvée morte le 23 septembre 2019, dans l’école maternelle Méhul. Les jours suivants, sa hiérarchie et ses confrères avaient reçu une lettre dans laquelle elle se plaignait de sa fatigue, de l’accumulation des tâches administratives, et témoignait de sa solitude face aux difficultés relationnelles avec les parents d’élèves.

Peu après le drame, le ministère de l’éducation nationale avait assuré qu’il ferait son possible pour « alléger » les charges qui pèsent sur les directeurs d’école, alors que la profession dénonçait des tâches administratives toujours plus lourdes, cumulées à une faible autonomie décisionnelle. Dans une vidéo adressée aux enseignants le 3 octobre 2019, jour des obsèques de Christine Renon, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, reconnaissait l’urgence de « trouver des réponses à des questions que nous nous posons depuis longtemps », et sur lesquelles « il n’y a pas de consensus ».

(...)

L’école est enfin, et surtout, un ovni juridique : elle appartient à la mairie, à qui elle rend des comptes sur son budget et ses dépenses, mais le directeur, lui, répond à la hiérarchie de l’éducation nationale. Il n’est pas le chef de l’établissement, et les autres enseignants ne sont pas ses subordonnés.

Les organisations syndicales se sont donc penchées, le 23 septembre, sur l’épineuse question de la « délégation de compétence académique », soit la manière dont le directeur pourrait acquérir plus d’autonomie dans ses décisions. Car c’est là que le bât blesse : les syndicats enseignants ne sont pas d’accord sur la meilleure manière de conférer plus d’autonomie à l’école primaire. La création d’un « statut hiérarchique » du directeur n’est pas à l’ordre du jour, car le syndicat majoritaire, le SNUipp-FSU, y est farouchement opposé. Le SE-UNSA et le SGEN-CFDT sont favorables, quant à eux, à la création d’un statut juridique de l’école, qui permettrait de donner plus d’autonomie financière et décisionnelle à l’équipe enseignante, sans créer de hiérarchie entre les enseignants et le directeur.

(...)

L’éducation nationale renvoie elle aussi au dialogue social, et assume de « prendre le temps de la discussion », selon Vincent Soetemont. « On fera des propositions, avec l’objectif de simplifier la tâche et de clarifier les missions des directeurs », assure-t-il. En attendant, sur le terrain, les changements se font attendre. « Les directeurs demandent des réponses, et tout ce que l’on trouve à leur dire c’est : “On y travaille” », regrette Dominique Bruneau.

Violaine Morin

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Covid-19 : un tiers des clusters concerne l’école et l’université...

26 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Covid-19 : un tiers des clusters concerne l’école et l’université...

EXTRAITS

Avec 285 foyers de contamination en cours d’investigation, le milieu scolaire et universitaire devient la première « collectivité » de circulation du virus, devant les entreprises, selon le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France.

Les établissements scolaires et les universités sont-ils en passe de devenir les principaux foyers de contamination de cette nouvelle vague épidémique du Covid-19 ? Le dernier bulletin hebdomadaire de l’agence Santé publique France (SPF), publié jeudi 24 septembre, peut le laisser penser : 32 % des 899 clusters en cours d’investigation concernent le milieu scolaire et universitaire (chiffre arrêté au 21 septembre).

Avec 285 clusters, le monde éducatif passe, pour la première fois, devant celui de l’entreprise, qui en compte 195. Viennent ensuite les établissements de santé (97) et les « événements publics ou privés : rassemblements temporaires de personnes » (77), écrit SPF. Dans son précédent bulletin, daté du 17 septembre, le milieu scolaire et universitaire comptabilisait 160 clusters en cours d’investigation (soit 22 % du total), et 26 seulement au 10 septembre. Ces chiffres, établis « par type de collectivités », excluent les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et le « milieu familial restreint », précise l’institution.

A noter, toutefois : si l’on prend en compte l’ensemble des clusters identifiés (y compris ceux maîtrisés ou clôturés), et pas seulement ceux en cours d’investigation, les entreprises restent le premier type de collectivités touchées, avec 26 % du total des 2 442 foyers de transmission ; le milieu scolaire et universitaire en réunit 383, soit 16 % d’entre eux.

(...)

La rentrée universitaire, facteur du rebond épidémique

Ce qui est sûr, c’est que l’augmentation des clusters intervient à un moment où, dans le corps enseignant, de nombreuses voix s’élèvent pour questionner l’assouplissement du protocole sanitaire et dénoncer un « deux poids deux mesures » – entre le durcissement des consignes « en extérieur » (bars, rassemblements, etc.) et leur allègement dans l’enceinte scolaire. Depuis mardi 22 septembre, la définition des « cas contacts » chez les élèves comme parmi les enseignants du primaire a évolué, pour éviter au maximum les fermetures de classe.

Chez les médecins, on fait bien le distingo entre publics scolaire et universitaire. « On sait que les enfants sont très peu contaminants, quand les étudiants sont des vecteurs de contamination comme n’importe quels adultes », souligne Patrick Goldstein, patron des urgences du CHU de Lille et du SAMU du Nord.

(...)

Mattea Battaglia et Camille Stromboni

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Loi contre le séparatisme : bras-de-fer en coulisses entre Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer...

26 Septembre 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Interdire le voile aux accompagnatrices des sorties scolaires : défense de  la laïcité ou entrave à la liberté ?

Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation sont en désaccord sur certains point de ce texte qui doit être présenté par Emmanuel Macron la semaine du 28 septembre.

Le chef de l'État Emmanuel Macron doit dévoiler la semaine du 28 septembre les grandes lignes de la loi contre le séparatisme. En coulisses, une bataille d'influence oppose les ministres de l'Intérieur et celui de l’Éducation. Deux points opposent Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin. Le premier, c'est l’interdiction du voile pour les mères qui accompagnent les sorties scolaires. Le ministre de l’Éducation y était favorable, pas celui de l'Intérieur.

Aux dernières nouvelles, Gérald Darmanin a obtenu gain de cause sur ce point il y a quelques jours. Mais la donne a peut-être changé : Emmanuel Macron avait validé certains articles du projet de loi la semaine dernière, avant de finalement réclamer plus de temps pour revoir le texte. C'est ce qui explique que le report du discours sur le sujet initialement prévu mardi 22 septembre à Lunel.

Désaccord sur le contrôle des associations sportives

Gérald Darmanin est également en désaccord avec Roxana Maracineanu, ministre délégué aux Sports... dont le ministre de tutelle n'est autre que Jean-Michel Blanquer. Ce deuxième bras-de-fer porte sur le contrôle des associations sportives. Nombre d’entre elles inquiètent les autorités, en raison de dérives séparatistes. Auparavant, ces clubs devaient obtenir l’agrément du préfet pour exercer, et il pouvait être retiré en cas d'irrégularités. Mais depuis l'adoption d'une loi de simplification de leur régime, les associations peuvent exercer dès lors qu'elles sont affiliées à une fédération agréée par l’État.

Le ministère de l'Intérieur aimerait revenir à la formule initiale, avec contrôle du préfet, mais le ministère des Sports s'y opposait fermement. Et là aussi, selon une source, Emmanuel Macron a tranché en faveur de Gérald Darmanin. Évidemment, tous ces acteurs tempèrent les tensions qui ont pu exister. "C'est le propre des sujets interministériels, insiste un conseiller, c’est normal que chacun veuille enrichir le texte." Cela explique pourquoi la rédaction du projet de loi prend plus de temps qu'escompté.

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"Coronavirus : les clusters remontent en flèche dans les écoles"...

26 Septembre 2020 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

https://static.actu.fr/uploads/2020/06/masque-classe-eleve-coronavirus-covid-19-rouen-854x569-1-854x569.jpeg

EXTRAIT

Le gouvernement a pris le parti d'alléger les consignes sanitaires dans les établissements scolaires, alors que les cas de contaminations se multiplient depuis la rentrée. D'après Santé Publique France, le milieu scolaire et universitaire représente un tiers des clusters en cours d'investigation.

« Comme avec le nuage de Tchernobyl, on a l'impression que le virus s'arrête aux portes de l'école ». Au lendemain du tour de vis annoncé par le gouvernement pour limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus, les syndicats enseignants s'interrogent. Pourquoi l'école est-elle « absente de la gestion de la crise sanitaire » ?

La semaine dernière, un allègement du protocole dans les établissements scolaires a été décidé à la suite d'un avis du Haut conseil pour la santé publique (HSCP), selon lequel les enfants sont peu susceptibles de se contaminer entre eux et de contaminer les adultes.

Pourtant, s'il a été observé que les enfants présentent en majorité des formes légères ou asymptomatiques d'infection, il n'est pas certain qu'ils soient moins contagieux, les études scientifiques se contredisant sur ce sujet. « Quand ils présentent des symptômes, les enfants excrètent la même quantité de virus que les adultes et sont aussi contaminants qu'eux. On ne sait pas à quel point les enfants asymptomatiques peuvent infecter d'autres personnes », pointait ainsi un récent rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Le milieu scolaire est dans tous les cas loin d'être épargné par le retour en force de l'épidémie. Alors que le nombre de contaminations bat de nouveaux records en France, le dernier rapport hebdomadaire de Santé Publique France, publié jeudi, montre que les établissements scolaires font partie des premiers foyers épidémiques.

En première place des clusters en cours d'investigation

Alors que, durant l'été, les entreprises sont restées en tête des lieux d'apparition des clusters, le milieu scolaire et universitaire vient de remonter en première place cette semaine. Sur les 899 clusters en cours d'investigation, 285 ont été recensés en milieu scolaire (soit 32 % du total), contre 195 en entreprise (soit 22 %).

Le 27 août, juste avant la rentrée, les établissements scolaires occupaient la huitième place de ce tableau classant les clusters « par type de collectivités » (hors Ehpad et milieu familial), avec 28 clusters identifiés et 5 en investigation. Et il y a une semaine encore, les chiffres étaient de 198 clusters identifiés et 160 en investigation.

Santé Publique France note que cette tendance est particulièrement présente en Provence Alpes Côte d'Azur, où « les nombres de clusters signalés augmentent de façon importante notamment ceux survenus en milieu scolaire, universitaire et en Ehpad ».

Le milieu scolaire et universitaire ne fait pas partie des secteurs les plus « à risque », selon le rapport, les « clusters à criticité élevé » étant surtout localisés dans les Ehpad, où la population est la plus vulnérable. Mais le facteur de « criticité » calculé par Santé Publique France s'y élève tout de même à 17,7 %, soit un chiffre comparable à celui des entreprises (19,7 %), qui comprend les restaurants et les bars. De plus, dans les écoles, le potentiel de propagation du virus est deux fois plus important, avec une population moyenne exposée de 247 personnes contre 113 dans les entreprises.

(...)

 

Leïla Marchand

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Les mères, porteuses d’une nouvelle force politique ?

26 Septembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique

EXTRAIT

"L'État s'en prend à nos enfants". Pour la politologue Fatima Ouassak, l'école française produit des inégalités structurelles massives qui touchent principalement les enfants issus de classes populaires. Elle milite pour la prise de pouvoir des mères dans l'espace public.

https://twitter.com/franceculture/status/1309560803830493184

Elle milite pour la prise de pouvoir des mères dans l'espace public : la politologue Fatima Ouassak publie "La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire" (La Découverte, Août 2020). L'occasion de revenir avec elle sur l'urgence d'une lutte collective.

La question de l'empowerment des femmes demeure au cœur des enjeux du féminisme, dans la sphère professionnelle, les relations amoureuses, sexuelles, dans l’exercice du pouvoir politique… Ces prises de pouvoir sont multiples; elles révèlent la pluralité des facettes d’une individualité. Pourtant, si ces combats sont de plus en plus audibles dans l’espace public, la politologue Fatima Ouassak relève que ces luttes ne se sont pas appropriées à la question pourtant éminemment politique de la visibilité des mères

Fatima Ouassak est politologue et consultante en politiques publiques. Son engagement associatif et militant puis sa réflexion sur le statut des mères sont nés de son expérience de la maternité qui l'a confrontée à des petites et grandes violences, sociales et institutionnelles, qu'elles soient visibles - quoique encore tabous - ou latentes. Elle en tire le constat d’une ambivalence profonde du statut de la mère, tantôt puissante, tantôt reléguée au silence.  

"Être mère est un paradoxe. C’est effectivement se sentir puissante, parce qu’on porte la vie et on donne naissance, on a l’entière responsabilité de l’enfant pour lequel on est l’ultime référence. Mais c’est aussi l’expérience de la dépossession de cette puissance, de ne pas être considérée dans ce rôle de mère, dans cette responsabilité. C’est quelque chose que j’ai vécu comme paradoxal. (…) Ce paradoxe m’a conduit à réfléchir aux façons de me réapproprier cette puissance, petit à petit, au fur et à mesure des entraves, des expériences. Cela m’a éveillée sur le pouvoir que l’on pouvait prendre en tant que mère, avec d’autres mères, comment on pouvait se battre pour nos enfants. "     
(Fatima Ouassak)

Dans  La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire (La Découverte), elle évoque les obstacles qui ont fondé ses combats qu’elle entend pluriels : à la croisée des luttes féministes, elle pense la prise de pouvoir des femmes autant dans leur expérience de la maternité au sein des associations Front de Mères que face aux discriminations, elle préside ainsi l’organisation Le Réseau Classe / Genre / Race. 

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Olivia Gesbert

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