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Vivement l'Ecole!

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A lire... "Le Puy du faux" - Florian Besson, Mathilde Larrère, Guillaume Lancerneau et Pauline Ducret

22 Mars 2022 , Rédigé par Streetpress Publié dans #Histoire, #Education

https://backend.streetpress.com/sites/default/files/le-puy-du-faux.jpeg

SI UN ÉLÈVE REPREND ÇA EN COURS, IL AURA UNE MAUVAISE NOTE
« Le Puy du Fou a un discours anti-moderne, anti-Lumières et contre-révolutionnaire »
Quatre historiens, Florian Besson, Mathilde Larrère, Guillaume Lancerneau et Pauline Ducret, ont étudié le Puy du Fou, le parc de Philippe de Villiers. Bilan : on s’amuse bien, mais d’un point de vue historique, c’est du grand n’importe quoi.
Les auteurs le reconnaissent volontiers, pour ce travail, ils ont eu « des étoiles pleins les yeux et le cerveau qui bugge ». Trois jours durant, Florian Besson, Mathilde Larrère, Guillaume Lancerneau et Pauline Ducret, historiens et historiennes travaillant chacun sur une période historique distincte, ont arpenté les allées du Puy du Fou et assistés aux spectacles grandioses imaginés par l’homme politique réactionnaire Philippe de Villiers et ses équipes.
De ce travail ressort un livre, Le Puy du Faux, enquête sur un parc qui déforme l’histoire, à paraître ce jeudi 24 mars aux éditions Les Arènes. Dans lequel les auteurs dénoncent les erreurs historiques, les contre-vérités et une vision de l’histoire réactionnaire, identitaire, ultra-catholique, anti-universaliste et anti-républicaine du parc. On a donc discuté avec Mathilde Larrère, spécialiste du 19e siècle, et Guillaume Lancerneau, spécialiste de la Révolution française.
D’où est venue l’idée de travailler sur le Puy du Fou ?
Mathilde Larrère (ML) : L’idée de Florian Besson était de faire un livre qui traitait de l’usage public du passé. Ce qui a beaucoup été écrit sur le Puy du Fou, c’est ce qui concerne son traitement de la Révolution française, plus spécifiquement de la contre-révolution. En revanche, rien n’a été analysé sur le traitement des autres périodes, or le Puy du Fou couvre un arc chronologique très vaste, des romains jusqu’à la guerre de 14-18, voire dans le spectacle final quelques bouts sur la Libération.
Guillaume Lancerneau (GL) : J’ai fait ma thèse sur l’historiographie de la Révolution française, la manière dont on utilise l’histoire à des fins politiques, quels sont les enjeux politiques de cette mobilisation de l’histoire. Et donc il y avait un intérêt assez évident à travailler sur un avatar contemporain de cette manière de faire. D’autant plus que l’histoire de la Révolution est une période qui est particulièrement utilisée au Puy du Fou. L’idée était de réfléchir à travers ce livre à la dimension potentiellement périlleuse pour l’histoire et pour la politique des manières non contrôlées ou trop intéressées de faire vivre l’histoire.
Vous écrivez que la vision de l’Histoire présentée au Puy du Fou participe à une bataille culturelle menée par l’extrême droite. Pouvez-vous détailler ?
ML : Il y a, au Puy du Fou, l’idée d’une France éternelle qui n’aurait jamais bougé, une France catholique. Une idée qu’on peut retrouver chez De Villiers et Zemmour. Il y a dans les spectacles ou dans les décors des instrumentalisations, des erreurs et des travestissements historiques. C’est un discours qui valorise la royauté, l’aristocratie française, le catholicisme. Et qui, par ailleurs, est peu républicain, excluant des étrangers, et laisse peu de place aux femmes.
GL : La vision de l’histoire qui est proposée est très favorable au catholicisme, très conservatrice, traditionaliste sur les rapports de genre. Une lecture qui idéalise la nation française, le peuple français qui aurait toujours été identitaire à travers les âges. On retrouve les ingrédients d’un discours antimoderne, anti-Lumières, contre-révolutionnaire, anti-intellectualiste. Ce sont des discours qu’on trouvait déjà dans la droite conservatrice contre-révolutionnaire catholique de la fin XIXe siècle et dans le discours anti-intellectualiste des anti-dreyfusard.
La construction du roman national au Puy du Fou va jusqu’aux animaux présentés dans le parc…
GL : Il y a cette idée de conservatoire des races anciennes, le parc serait une sorte de refuge pour ces races (vaches, volailles, ânes) qui sont en fait totalement fantasmées, elles ont été inventées assez tardivement en réalité. Il y a un phénomène qu’on appelle l’invention de la tradition chez les historiens, je crois que le concept est assez parlant. On invente une tradition en disant qu’il y a des choses qui ont existé de tout temps alors qu’en réalité ce sont des re-créations relativement récentes et qui permettent de créer une fausse continuité entre des phénomènes historiques.
(...)
Lucas Chedeville
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« L’apprentissage des savoirs fondamentaux doit être pensé de manière systémique et porté par l’ensemble du collectif enseignant »

22 Mars 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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Les savoirs dits « fondamentaux », qui ont leur place dans les programmes avancés par chacun des candidats à l’Elysée, « transcendent » l’ensemble des situations vécues par les élèves et doivent être portés, non pas par certains professeurs, mais par tout le « collectif », défend, dans cette tribune au « Monde », Maxime Scotti, lui-même enseignant.

Tribune. Lire, écrire, compter. Si les résultats des élèves dans la maîtrise de ces compétences sont loin des performances que l’on pourrait attendre d’un système éducatif comme celui de la France, les perspectives des candidats à l’élection présidentielle ne semblent pas non plus à la hauteur. La logique d’« accumulation » par l’augmentation des heures allouées à la construction de ces compétences est-elle la solution la plus pertinente ?

Si les différences de maîtrise des savoirs fondamentaux sont une source d’inégalités scolaires, il semblerait, au regard des évaluations de 6e, que les inégalités sociales en soient également la cause. Une note de la DEPP (le service statistique du ministère de l’éducation) de janvier 2021 portant sur l’analyse des résultats de 800 000 élèves de 6e en français et en mathématiques montre, en effet, que « les différences de distribution sont très marquées selon le profil social de l’établissement ». Un constat que l’on retrouve lors du test de fluence : dans les collèges les plus favorisés socialement, la proportion d’élèves atteignant un score de 120 mots s’élève à 68,4 %, alors qu’elle est de 40,2 % dans les collèges accueillant les élèves les moins favorisés

Au regard de ces résultats, bâtir une politique éducative sur la base de la constitution de groupes de niveaux afin de répondre aux besoins de chacun reviendrait à opérer une ségrégation sociale contre-productive. D’une part car les recherches en sciences de l’éducation ont montré que les classes de niveau ne présentaient aucun intérêt d’un point de vue pédagogique. D’autre part car un tel modèle viendrait rompre avec les valeurs républicaines d’égalité et de fraternité que l’école a pour mission de transmettre et de faire vivre aux élèves.

(...)

Les savoirs fondamentaux renvoient à l’idée de savoirs essentiels dont on ne peut faire l’économie si l’on souhaite que nos enfants s’intègrent, s’investissent et s’épanouissent pleinement dans la société. Pensé ainsi, leur apprentissage est conçu comme une condition de la réussite et se fait donc indépendamment du reste. Cette conception est sans doute à l’origine des propositions précédemment évoquées.

Cependant, un savoir n’est pas fondamental uniquement parce qu’il est essentiel. Il est fondamental, car il constitue un outil de base qui trouve son application dans de multiples situations. Lire, écrire, compter ne se suffisent plus à eux-mêmes, ils s’intègrent et se mobilisent dans la construction de compétences. Dès lors, ils ne sont plus l’objet d’une discipline scolaire, mais ils transcendent l’ensemble des situations vécues par les élèves durant leur scolarité.

La structure cloisonnée du système éducatif actuel, qui fait peser la responsabilité de l’acquisition de ces savoirs à certaines disciplines plutôt qu’à d’autres, fait vivre aux élèves des « temps forts » durant lesquels ces savoirs sont au cœur des apprentissages, et d’autres durant lesquels leur apprentissage devient secondaire, alors qu’il est tout aussi essentiel. Un mathématicien peut-il négliger la compréhension de la langue et la maîtrise de l’écriture ? Un géographe ou un historien peut-il être compétent sans comprendre et maîtriser les nombres ? Comment amener les élèves à comprendre l’importance de ces savoirs [autres que lire, écrire et compter] dès lors qu’ils ne concernent que quelques heures dans leur emploi du temps et sont abandonnés, voire négligés le reste de la journée ?

(...)

La mise en place, en 2007, d’un socle commun de compétences et de connaissances affichait la volonté d’évaluer la maîtrise de ces savoirs et d’autres, indépendamment des disciplines scolaires, et donc de permettre à chaque enseignant de s’y investir au sein de sa matière. Cependant, la culture disciplinaire française étant très forte, la responsabilité est toujours restée de celle des professeurs de français et de mathématiques.

Maxime Scotti, professeur d’EPS en collège

Texte complet en cliquant ci-dessous

https://www.lemonde.fr/education/article/2022/03/22/l-apprentissage-des-savoirs-fondamentaux-doit-etre-pense-de-maniere-systemique-et-porte-par-l-ensemble-du-collectif-enseignant_6118551_1473685.html?xtor=EPR-33281056-[education]-20220322-[_titre_2]&M_BT=115764035545371

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Présidentielle – Grand oral Éducation

22 Mars 2022 , Rédigé par Snes FSU Publié dans #Education

Jeudi 24 mars, le SNES-FSU organise un débat sur l’avenir du service public d’Education : projets des candidats, interpellations du SNES et des internautes…il est temps de parler sérieusement de l’avenir des collèges, lycées et CIO !

Le service public d’Éducation est aujourd’hui à un tournant. Absence de revalorisation salariale conséquente, 7900 suppressions d’emplois dans les collèges et lycées publics en 5 ans, réformes profondément inégalitaires à l’image de la réforme du lycée, formation des futurs professionnels de l’Éducation sacrifiée, pilotage vertical et autoritaire, gestion chaotique de la crise sanitaire…ces dernières années ont été marquées par un ensemble de mesures qui ont profondément mis à mal le service public d’Éducation.

Les débats de fond sur l’avenir des collèges et des lycées n’ont pas ou peu existé dans cette campagne. Les s candidatures officielles sont désormais connues. Il est indispensable de mettre sur le devant de la scène les enjeux éducatifs pour le prochain quinquennat.

Le SNES-FSU organise un grand oral des représentants éducation des candidats (sauf les candidats d’extrême droite et ceux impliqués dans des affaires de violences sexistes et sexuelles) sur le thème de l’avenir de l’Éducation nationale.

Quand ?

Jeudi 24 mars, de 17h à 20h15

Où ?

A suivre en direct sur nos réseaux : Twitter, Facebook, Youtube et Instagram

Le principe

Les représentants des candidats auront 10 mn pour présenter leur projet éducatif, puis ils répondront aux questions du SNES et à des questions posées en direct par les internautes.

A cette occasion, le SNES-FSU rendra aussi public son manifeste pour le second degré : nos attentes et nos propositions pour revaloriser les personnels et reconstruire le service public d’Éducation.

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Bientôt des journées plus courtes à l’école ?

21 Mars 2022 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Une rentrée scolaire « plutôt sereine » pour les communes

EXTRAITS

Mieux conjuguer « activités éducatives, culturelles et sportives » pour les enfants : c’est ce que veut faire l’ORTEJ en réorganisant le temps scolaire.

Un manifeste de l’ORTEJ (Observatoire des Rythmes et des Temps de Vie des Enfants et des Jeunes) propose de modifier l’organisation du temps scolaire, en s’adaptant davantage au rythme de l’enfant : ces changements permettraient selon l’Observatoire d’améliorer les résultats du système éducatif français.

Des journées plus courtes

« L’efficience de notre système scolaire ne saurait se limiter à une plus grande autonomie des établissements scolaires et au renforcement du travail en équipe des enseignants » peut-on lire dans le manifeste. Dans ce texte, l’ORTEJ pointe du doigt certaines caractéristiques de l’école française – qui seraient à revoir – dont la semaine de 24h et de 4 jours, les journées de 6h (en moyenne) et les devoirs à la maison.

(...)

Chloé Le Dantec

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"Andjaro, ce logiciel expérimenté pour mieux gérer les remplacements dans l'Education nationale" - Mais sans remplaçants !

20 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

INFO JDD. Covid-19 à l'école : une application bientôt déployée pour  remplacer rapidement les profs absents

Le logiciel Andjaro est actuellement testé dans plusieurs départements de France. Il permet à l'Education nationale de faciliter le remplacement des professeur absents. Le gain de temps est considérable.

L'épidémie de Covid l'a montré : la gestion des remplacements peut vite tourner au casse-tête quand de nombreux professeurs sont absents. Un logiciel mis au point par une start-up privée aide à la gestion des remplacements dans les entreprises. Il s'appelle Andjaro et, est aussi utilisé dans l'Education nationale pour les écoles primaires. Il est expérimenté pour l'instant dans le Lot et dans la Somme depuis mai 2021 et dans une dizaine d'autres départements depuis la rentrée de septembre.

"Un simple clic fait que tout le monde est prévenu"

A Amiens, devant son ordinateur, Sandrine Garidi, chef de la Division des personnels enseignants dans la Somme, explique le fonctionnement et considère que "c'est une application simple à utiliser". Dès qu'un professeur est absent, l'information est saisie dans le logiciel Andjaro. "Par exemple ce matin, dit-elle, nous avons un absent à l'école Pigeonnier, il a été déclaré, c'est pour une classe de CM2. Donc là, je vais chercher, je demande à Andjaro un remplaçant disponible. On clique et l'écran nous donne la liste des personnes disponibles". C'est ensuite la gestionnaire des remplaçants qui choisit dans la liste. 

Dès qu'elle valide le nom, le remplaçant reçoit un mail ou un SMS avec toutes les informations : "l'école où il doit aller, précise Sandrine Garidi, le nom de la personne qu'il doit remplacer, le niveau de classe, les horaires de l'école, l'adresse de l'école, et même l'itinéraire". Le directeur de l'école qui a fait la demande est aussi averti qu'un remplaçant va arriver. "Un simple clic fait que tout le monde est prévenu instantanément, rajoute Sandrine Garidi. C'est important d'informer le directeur au plus vite car il attend de savoir si l'enseignant de son école sera remplacé pour en informer bien évidemment les parents ou pour organiser la répartition des élèves s'il ne l'est pas".

"On peut gagner aujourd'hui jusqu'à 2h-2h30"

"C'est à dire qu'aux environs de 8h30-8h40 au maximum, tout le monde est placé. On peut gagner aujourd'hui jusqu'à 2h-2h30" complète Fabrice Decle, secrétaire général de la Direction des services de l'Education nationale de la Somme. "Aujourd'hui, si vous dites aux secrétaires de circonscription, qui gèrent les remplacements, qu'on a expérimenté Andjaro et qu'on s'arrête, elles vont pleurer ! Parce qu'aujourd'hui, elles n'ont plus, au grand maximum, qu'un ou deux coups de fil à donner contre une centaine précédemment. Et généralement les élèves voient les remplaçants arriver bien plus tôt qu'auparavant".

Mais les syndicats y voient une gestion un peu déshumanisée. Remi Nucibella, représentant du syndicat des enseignants Snuipp dans la Somme, dénonce des "notifications qui arrivent en permanence et parfois très tard le soir sur les portables des remplaçants." Il reconnaît néanmoins que certains de ses collègues sont satisfaits car ils ont les informations plus rapidement. Mais il regrette le manque de concertation au départ et la mise en place brutale.

"La difficulté de la mise en place de l'expérimentation a été de faire comprendre aux concepteurs d'Andjaro, que dans l'Education nationale, nous avions une terminologie particulière" reconnaît Fabrice Decle. "On ne parle pas de manager chez nous. On ne parle pas de mission. Là en fait, on confrontait deux mondes, celui de l'entreprise et celui de l'Education nationale qui étaient différents et qui n'utilisaient pas les mêmes termes."

Un manque néanmoins de remplaçants

Avec ce système, il n'y a pas plus de remplaçants pour autant. "On a assez peu de remplaçants disponibles, confirme Sandrine Garidi, donc on est obligé effectivement de faire un choix en fonction de critères que nous avons établis. Par exemple, la priorité est donnée aux petites écoles de moins de quatre classes, où les élèves du professeur absent ne peuvent pas être répartis dans les autres classes, ou encore dans les écoles où une sortie scolaire est prévue ou une séance de piscine."

Il reste les cas particuliers d'absences plus complexes qu'il faut traiter directement par téléphone. Andjaro permet d'aller plus vite sur les absences les plus urgentes et les plus simples, dans les écoles primaires uniquement. Mais il ne résoudra pas les problèmes récurrents de remplacements dans l'Éducation nationale. Ce logiciel apporte simplement un gain de temps dans l'organisation.

Sonia Princet

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Proposition d'Emmanuel Macron sur l'éducation : les enseignants travaillent déjà entre "42 et 47 heures" par semaine, selon un syndicat

20 Mars 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Proposition d'Emmanuel Macron sur l'éducation : les enseignants travaillent déjà entre "42 et 47 heures" par semaine, selon un syndicat

Le président sortant propose, dans son programme en vue de la présidentielle de 2022, de conditionner la revalorisation salariale des enseignants à l'acceptation de nouvelles missions : remplacements, suivi personnalisé d'élève, accompagnement périscolaire, etc.

Didier Georges, secrétaire national du SNPDEN-Unsa, le syndicat des personnels de direction dans l'Éducation nationale, a dénoncé vendredi 18 mars sur franceinfo la "fausse nouvelle idée" d'Emmanuel Macron qui propose, dans son programme de candidat de conditionner une revalorisation de la rémunération des enseignants à l'acceptation de "nouvelles missions". Ces missions seront le "remplacement systématique des enseignants", un "suivi plus individualisé des élèves" ou encore un "accompagnement dans le périscolaire". Pour Didier Georges, cette proposition risque de créer "un temps de travail hebdomadaire" qui serait "extrêmement difficile à supporter" puisque, selon lui, les enseignants travaillent déjà entre "42 et 47 heures" par semaine.

franceinfo : Une revalorisation des salaires des enseignants en contrepartie de remplacements. Est-ce une bonne idée ?  

Didier Georges : C'est une fausse nouvelle idée. On fait déjà du remplacement entre enseignants. C'est très difficile à faire. Statutairement, on a déjà fait une imposition du nombre d'heures supplémentaires qu'ils ne peuvent pas refuser. Donc, il y a déjà eu une mesure comme celle-là qui a été prise par les gouvernements précédents. Et aujourd'hui, si on leur demande de travailler encore plus... Ils travaillent déjà beaucoup et toutes les études ont démontré qu'ils travaillaient entre 42 et 47 heures hebdomadaires pour un service de base. Donc, vous imaginez qu'avec encore plus de prestations dues à l'État, on les amènerait à un temps de travail hebdomadaire, préparations et corrections comprises, qui serait extrêmement difficile à supporter.

Pourquoi existent-ils des difficultés de remplacement des enseignants ?

Il y a la question des enseignants et des brigades de remplaçants, ce qu'on appelle les contractuels, qui sont des personnels recrutés par les inspecteurs et qui sont censés remplacer les collègues absents. La période de pandémie qu'on vient de traverser a pas mal sollicité ces dispositifs de remplacement. Mais il y a surtout un manque de vivier. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, y compris chez les titulaires, il n'y a plus assez d'enseignants. Donc, avant de demander aux enseignants de travailler plus, il faudrait peut-être déjà en recruter. Ce serait un préalable indispensable.

Faut-il réfléchir à une revalorisation non conditionnée ?

Il faut réfléchir à une revalorisation. Mais la contrepartie qu'évoque Emmanuel Macron dans son programme me semble n'être qu'une autre étape. D'abord, redonner de l'attractivité à ce métier pour qu'on ne soit pas à 20% de contractuels, mais qu'on revienne à des niveaux de contractuels, donc de professeurs non titulaires, un peu plus raisonnables. Et puis, redonner envie aux étudiants, aujourd'hui à l'université, de devenir enseignants. Je ne crois pas que ce soit le cas. Les études le montrent en tout cas. Il y a un désamour pour cette fonction alors qu'elle est éminemment noble.

Êtes-vous favorable à plus d'autonomie pour les établissements secondaires, les collèges et les lycées ?

Absolument opposés pour plein de raisons. Il faut se rappeler de l'histoire et l'histoire est importante. Dans les années 2005-2010, il y avait déjà des établissements avec la labellisation ECLAIR, écoles, collèges, lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite. Ces établissements avaient des droits de recrutement sur les enseignants. Outre le fait que cela a pu poser des tensions internes, ça n'a pas fonctionné. Et puis, sincèrement, aujourd'hui, on est en train de parler de l'Éducation nationale. On est en train de parler d’école qui se doit d'être juste et équitable, et on va mettre les établissements et les chefs d'établissement en concurrence les uns aux autres pour recruter des personnels qui seraient prétenduement meilleurs que l'autre, alors qu'on sait très bien que cela ne se joue pas là-dessus. Cela se joue aussi sur une question de moyens, il faut le dire, mais cela se joue aussi sur une question de bien-être dans les établissements. La proposition du président candidat n'en est pas une, puisque c'est du recyclage d'idées qui n'ont déjà pas fonctionné. Donc, on n'est pas dupes et on est contre.

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"Si Macron continue comme ça, Nike va finir par délocaliser ses usines en France." (Les profs à 1 minute 34)

20 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Macron qui dévoile son programme, confrontation entre Zemmour et Jadot, un vaccin français disponible en mai, et des castors réintroduits à Londres, c'est l'actu du jour!

Retrouvez « le Journal de 17h17 » dans Par Jupiter ! sur France Inter et sur https://www.franceinter.fr/emissions/...

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Table-ronde "L'éducation populaire une réponse aux enjeux politiques, sociaux … (Vidéo)

20 Mars 2022 , Rédigé par Rencontres nationales de l'Éducation populaire Publié dans #Education

Table-ronde co-organisée avec Libération, animée par Alexandra Schwartzbrod, directrice adjointe de la rédaction de Libération et romancière.

Les invités :

· Philippe Meirieu, professeur des universités en sciences de l’éducation,

· Lucie Bozonnet, actrice de terrain, Vice-présidente du CNAJEP, MRJC,

· Lauren Lolo, fondatrice de l’association « Cité des Chances »,

· Robin Renucci, acteur et réalisateur,

· Camille Louis, philosophe et dramaturge.

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Lettre d'un vieux prof au président-candidat - Par Philippe Watrelot (Extrait)

20 Mars 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Monsieur le Président, je vous fait une lettre", par Annie Ernaux sur  France inter - Le blog de Roger Colombier

EXTRAIT

Monsieur le Président Candidat, je vous fais une lettre que vous ne lirez sûrement pas… Vous avez montré jeudi 17 mars que vous n’en aviez rien à faire des enseignants et du sort de l’éducation publique. Vos propositions montrent une méconnaissance de la réalité du fonctionnement de l’école et la représentation que vous avez du métier d’enseignant ne peut être ressentie que comme du mépris.

Monsieur le Président Candidat, je vous fais une lettre que vous ne lirez sûrement pas...

Vous n’en avez peut-être pas le temps mais surtout vous avez montré jeudi dernier (17 mars) que le sort des enseignants et de l’éducation publique ne vous intéressait pas.

Lors de votre interminable conférence de presse, vous avez évoqué brièvement l’école comme étant un des deux « immenses chantiers » - l’autre étant la santé - auxquels vous voulez vous attaquer en « changeant de méthode ». Quand on songe à la verticalité technocratique qui a caractérisé l’action de votre ministre de l’éducation pendant cinq ans, on attend de voir le changement de méthode pour établir ce « pacte » que vous évoquez.

Mais un pacte c’est comme la confiance ou le respect, ça ne s’impose pas... Comment croire à l’idée même d’une « vaste concertation » quand les conclusions semblent déjà écrites ?

Les mots que vous avez eus ensuite montrent une méconnaissance du métier et du fonctionnement de l’école.

Parlons d’abord de certaines de vos propositions qui témoignent d’une méconnaissance de la réalité du métier...

• « remplacer les enseignants absents » dans le secondaire est l’exemple même de la fausse bonne idée. Vos conseillers vous ont quand même dit que ce n’était pas possible dans le primaire mais ils auraient pu vous dire aussi que la coïncidence entre les heures d’absence et la possibilité de remplacement est très rare. Ils auraient du vous dire aussi que si ce problème se pose c’est surtout parce qu’il n’y a plus de « vivier » de remplaçants. C’est surtout une question de remplaçants (et donc de recrutement et d'attractivité)

• « renforcer les fondamentaux et faire plus de sport » : sur quel temps scolaire ? Qu’est ce qu’on retire ? Qu’est-ce qui n’est pas « fondamental » alors que donner du sens aux apprentissages passe par le dialogue entre les matières. Dans quels locaux va t’on pratiquer l’activité physique ? Il ne suffit pas de visiter des établissements Potemkine pour prétendre connaitre la réalité pratique des Écoles.

(...)

Philippe Watrelot, Professeur de Sciences économiques et sociales, formateur, militant pédagogique, ancien président du CRAP-Cahiers Pédagogiques

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Education/Etats-Unis -"Une cancel culture majoritairement pratiquée par le camp conservateur"

20 Mars 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

https://focus.telerama.fr/2022/02/10/0/0/0/0/1000/0/60/0/b8684a3_212290002-000-9xb4kk.jpeg

EXTRAITS

Aux Etats-Unis, des livres renvoyés de l’école

Même un monument comme « Maus », d’Art Spiegelman, en a fait les frais. Depuis la pandémie, les conseils d’école, qui choisissent les livres destinés aux élèves, intensifient la mise à l’index des ouvrages traitant de sexe, de genre ou de « race ». Une cancel culture majoritairement pratiquée par le camp conservateur.

Mary Ellen Cuzela s’approche du pupitre en bois. Au micro, sa voix est parfaitement calme, mais une colère froide l’anime. Cette habitante de Katy, dans la banlieue de Houston (Texas), aux Etats-Unis, fait face aux membres du conseil d’école dont ses enfants dépendent. C’est une réunion de routine, une parmi d’autres, un soir de novembre 2021, mais, pour elle, c’est enfin l’occasion de se faire entendre. « Nous avons besoin de votre aide et d’un plan d’action immédiat pour nettoyer les livres obscènes, vulgaires et pornographiques qui se trouvent actuellement dans les bibliothèques » des établissements du district, lance-t-elle. Dans sa main droite, Me and Earl and the Dying Girl, de Jesse Andrews, que les lycéens de Katy peuvent trouver dans leurs écoles.

Un roman où deux copains de terminale bidouillent un film pour une amie atteinte d’un cancer. « Je veux savoir comment ce livre a été approuvé et qui l’a approuvé », intime Mary Ellen Cuzela. Elle ouvre le livre, trouve la page qu’elle avait préalablement sélectionnée et lit quelques extraits, dont un dialogue entre les deux jeunes qui parlent de « bouffer de la chatte », avant que le narrateur note qu’il arrive souvent à l’un d’eux d’être « vraiment grossier ». Elle n’ira pas plus loin, l’affaire est entendue pour elle. « Et ce n’est qu’un seul livre. Il y en a plusieurs centaines que nous devons vérifier dans nos bibliothèques », conclut-elle, sous les applaudissements.

(...)

Rouages essentiels d’un système éducatif public américain largement décentralisé, les conseils d’école sont composés de membres élus par la population dans la plupart des Etats. Ces school boards ont un rôle-clé : ce sont eux qui définissent les politiques éducatives et ce qui peut être lu – ou non. Dans un pays toujours aussi profondément divisé dix-huit mois après la défaite de Donald Trump et la victoire de Joe Biden, ces instances se sont transformées en nouveaux champs de bataille idéologique et les manuscrits sont pris en otage. Dans plusieurs Etats s’exprime la volonté de contrôler au plus près ce qui se passe dans les salles de classe.

Au nom des « valeurs de la communauté »

Ces dernières années, des projets de loi ont par exemple été déposés, au niveau local, pour interdire l’enseignement dans les écoles de sujets comme la critical race theory, que les républicains abhorrent. Cette notion, forgée dans les années 1970 et qui vise à montrer le caractère systémique des discriminations, est pourtant essentiellement étudiée à l’université. En Floride, un texte, surnommé par ses opposants « Don’t say gay », vise à très fortement restreindre ce que les professeurs peuvent enseigner en termes « d’orientation sexuelle ou d’identité de genre ». Adopté par le Sénat et la Chambre des représentants de l’Etat, il n’attend que la signature du gouverneur, ce qui devrait être une formalité.

La triste palme du livre le plus ciblé a été remportée en 2020 et pour la troisième année d’affilée par George, d’Alex Gino, selon le décompte de l’Association des bibliothèques américaines (American library association). Le roman raconte l’histoire d’un petit garçon qui a une certitude : celle d’être une fille. Il est attaqué pour différents motifs : « contenu LGBTQIA + », « en conflit avec un point de vue religieux » ou encore parce qu’il ne reflète pas « les valeurs de la communauté ». En deuxième position se trouve Stamped : Racism, Antiracism, and You de Jason Reynolds et Ibram X. Kendi, qui critiquent la façon dont les Etats-Unis n’ont pas, selon eux, réussi à s’attaquer à la question du racisme dans le pays.

« Nous assistons à un phénomène nouveau lié à cette campagne politique autour de ce qu’on appelle la critical race theory, qui est utilisée comme faux prétexte pour s’en prendre à des livres qui offrent des perspectives alternatives sur l’histoire du racisme et de l’esclavage », dénonce Deborah Caldwell-Stone, une responsable de l’Association des librairies américaines. Cette dernière rappelle que le choix d’utiliser ces œuvres littéraires n’est pas le résultat d’un processus aléatoire.

(...)

Une augmentation spectaculaire

La pratique des banned books n’est pas nouvelle. Sexe, avortement, théorie de l’évolution… : déjà, dans les années 1980, des écrits étaient mis à l’index par des parents mécontents. Vingt ans plus tard, la série des Harry Potter a connu le même sort un peu partout dans le pays. La raison ? Des familles chrétiennes dénonçaient une valorisation de l’occulte et de la sorcellerie. Mais une vigueur nouvelle s’exprime ces temps-ci. L’Association des bibliothèques américaines a recensé 330 manuscrits mis en cause ou interdits en quatre mois, entre septembre et décembre 2021. En 2019, dernière année au cours de laquelle les écoles ont été complètement ouvertes, avant la pandémie, elle en avait comptabilisé 377.

(...)

Les chiffres sont invérifiables, mais ses membres ont une réelle capacité à faire du bruit, souvent sur fond de polémique. « Nous n’essayons pas d’interdire des livres, soutient Tiffany Justice. Mais les enfants ne doivent pas être exposés au sexe tout le temps. Or ces livres sont disponibles dans les bibliothèques des écoles primaires et des collèges. Pour nous, il est clair que ce sont les parents qui doivent en parler à leur enfant. L’important n’est pas de savoir s’il s’agit d’un homme avec un homme, d’un homme avec une femme ou d’une femme avec une femme, il s’agit du sexe en général. »

Sur son site Internet, une autre organisation, No Left Turn in Education, répertorie les ouvrages « utilisés pour diffuser des idéologies radicales et racistes aux élèves », qui « rabaissent notre nation et ses héros, révisent notre histoire et nous divisent en tant que peuple dans le but d’endoctriner les enfants avec une idéologie dangereuse ». Sa fondatrice, Elana Yaron Fishbein, refuse de parler de censure. « Nous sommes pour la liberté, d’ailleurs, les gens peuvent aller acheter ces livres en ligne ou dans une librairie », affirme cette mère au foyer qui vit dans la banlieue de Philadelphie. « Les enfants qui n’ont pas d’argent, c’est dans une bibliothèque scolaire qu’ils ont accès aux livres, note l’écrivain Bill Konigsberg. Donc si, c’est de la censure. »

Un potentiel électoral certain

Moms for Liberty comme No Left Turn in Education se définissent comme des associations non partisanes. « Beaucoup d’Américains se sentent politiquement orphelins parce que les gens que nous avons élus nous ont laissés tomber, considère Tiffany Justice, sympathisante des républicains. Les parents devraient avoir le droit fondamental de diriger l’éducation de leurs enfants. Je me fiche que vous soyez démocrate ou républicain, si vous êtes à mes côtés et soutenez les droits parentaux, alors je voterai pour vous. » Les politiques, eux, ont bien perçu le potentiel électoral de ce mouvement.

Le républicain Glenn Youngkin en a même fait un élément de sa campagne pour devenir gouverneur de Virginie, en novembre. Sa victoire incite certains de ses collègues conservateurs à se saisir de cette thématique en vue des élections de mi-mandat, en novembre. Les mères de famille, de banlieue notamment, sont particulièrement courtisées. « Nous vivons actuellement une période de polarisation intense et une véritable guerre culturelle, déclare Jonathan Friedman, de PEN America. Beaucoup de politiciens pensent que c’est un sujet gagnant et n’hésitent pas à s’en servir. Le camp des conservateurs met beaucoup d’énergie dans cette affaire quand, en face, les libéraux ne s’attendaient pas à se battre sur ce terrain. »

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Des éditeurs sont à la manœuvre. Le PDG de Penguin Random House, Markus Dohle, a récemment annoncé qu’il ferait don de 500 000 dollars (452 000 euros) à PEN America pour lutter contre les mises à l’index. Selon lui, il y va « de l’avenir de notre démocratie ». Les lecteurs, aussi, n’hésitent pas à réagir. Ils se sont rués sur Maus, après la mauvaise publicité qui lui a été faite. En quelques jours, la BD d’Art Spiegelman s’est installée dans la liste des meilleures ventes du New York Times. Deux mois plus tard, elle est toujours en rupture de stock sur le site américain d’Amazon.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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