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Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

L’école peut-elle se passer de discipline?...

5 Août 2017 , Rédigé par Non Fiction Publié dans #Education, #Pédagogie

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L’école républicaine encourt souvent le reproche, dans une société qui valorise la réalisation individuelle, de mouler les individus dans un cadre uniformisant impropre à répondre aux transformations économiques et à épanouir les individus.

Certains reprochent à l’école de manquer d’autorité et prônent un « retour à la discipline ». D’autres, au contraire, proposent des modèles alternatifs au modèle républicain de l’enseignement public : ils tentent de penser une école qui, moins centrée sur la discipline de groupe, arriverait davantage à penser les individus et à se penser à partir d’eux.

D’un point de vue théorique, en France, la question de la place de la discipline à l’école s’inscrit dans un débat ancien entre la tradition issue de la pensée philosophique de Rousseau et celle issue de la pensée philosophique de Kant ou de la sociologie de Durkheim. D’un point de vue historique, elle pose le problème du modèle scolaire qui se met en place en France au XIXe siècle, dans le sillage de la Révolution française.

L’école intègre l’individu dans la société

Rousseau pense l’éducation comme une relation privilégiée entre un maître, envisagé davantage comme un guide que comme autorité, et un élève : il n’est pas question d’école. De leur côté, Kant, qui exerce une influence majeure sur les pédagogues de l’école républicaine, qui se met en place dans les années 1880, ou Durkheim, père de la sociologie française, auteur d’un cours intitulé l’Education morale, prônent une éducation collective. Pour ces deux penseurs, l’école est un groupe moral (Durkheim parle d’une « petite société ») qui intègre l’individu dans le monde social. Pour Kant, l’individu ne développe son sens moral que dans l’acquisition d’une morale collective qui le dépasse. Chez Durkheim, qui mène une réflexion sur la fonction sociale de l’école, celle-ci fait incorporer (au sens propre du terme) aux individus les principes, valeurs et comportement légitimés par l’ordre social. L’école contribue au maintien de l’ordre social. A l’école, dans la conception de Kant ou de Durkheim, l’individu apprend donc à se conformer. La conformité ne se veut pas un conformisme. Elle n’est pas une fin en soi. Elle permet à l’individu de dépasser ce qui en lui, relève de l’animal, du primitif, de la pulsion, pour développer son humanité. Une société dont la morale est fondée sur la raison émancipe les individus à la fois de leur animalité et du pouvoir arbitraire.

Chez Rousseau, l’enfant est bien l’objet d’une éducation, car il est naturellement un produit inabouti, incapable de prendre soin de lui-même, mais aussi parce que, confronté à la société des hommes et à ses vices, il risque de perdre sa nature intrinsèque d’être moral. Le maître, chez Rousseau, est alors un guide pour l’enfant dans sa propre nature (qui l’éloigne naturellement du mal) et dans sa confrontation à la nature, c’est-à-dire à ce que Rousseau appelle l’ordre des choses, ou encore, la nécessité. Il lui fait prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, autrement dit, de ses limites naturelles. Une telle éducation a pourtant bien, chez l’auteur du Contrat social, une finalité sociale et politique : rendre l’humanité à la nature, pervertie par la société, construire un corps politique capable de penser les relations individuelles à partir d’un principe de liberté.

(...)

Nada Chaar

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire aussi:

13.Le pragmatisme critique en pédagogie, par Irène Pereira

12. Paulo Freire : un pédagogue toujours aussi critique, par Irène Pereira

11. Pourquoi les profs râlent tout le temps ?, par Nada Chaar

     Partie 1 : une catégorie malheureuse ?

     Partie 2 : une identité en crise

10. Le pouvoir de la norme scolaire, par Irène Pereira

9. Pourquoi tous les élèves ne réussissent-ils pas à l'école ?, par Nada Chaar

8. Les élèves, des travailleurs comme les autres ?, par Irène Pereira

7. Quelle histoire à l'école ?, par Nada Chaar

6. Qu'est-ce qu'un bon prof ?, par Irène Pereira

5. La « rentrée » : un rite d’institution démocratique, par Nada Chaar

4. Comment forme-t-on l'esprit critique ? , par Irène Pereira

3. Mais que font les enseignants ?, par Nada Chaar 

2. L'école au défi des inégalités sociales, par Irène Pereira

1. L'école et la violence, par Nada Chaar

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Une brillante élève devenue bergère... et heureuse!...

5 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Orientation

(5 avril 2016)

Ici, en Béarn, mes amis sont sans doute mes "vrais" amis. Même si j'en ai aussi bien entendu, en Normandie. Mais, ici, ils sont authentiques. Ils ne sont pas professeurs déjà, et cela permet de respirer, de rencontrer des femmes, des hommes, des jeunes ou moins jeunes ancrés dans d'autres réalités que la mienne au quotidien. De rencontrer d'autres "possibles" aussi. D'autres rêves...

Je pense, par exemple, à cette bergère. Un vrai métier, difficile, surtout en milieu pastoral montagnard... Elle a 27 ans. Fille de hauts magistrats parisiens elle a quitté son cocon et la voie qu'on lui avait tracée pour choisir celle qu'elle avait choisie. Elle élève des brebis, des chèvres et fait du fromage. Excellent ! Elle parle beaucoup! Contrairement à la légende du berger "taiseux" et renfrogné ! Elle lit beaucoup aussi. Jean Genet, Fred Vargas, Annie Ernaux, Hemingway dont elle peut citer des passages par coeur. Elle aime Nirvana et Bach, Beaupain et Jordi Savall... Il faut la voir diriger son chien pour ramener l'animal égaré, l'écouter raconter la montagne, la dire, l'incarner. Les Pyrénées béarnaises prennent alors un sens qu'aucun ne pouvait deviner avant. Et puis, quand le temps vient pour moi de la laisser, elle m'offre un fromage. Toujours! Il est hors de question de refuser.

Parfois elle évoque son passé, ses professeurs. Elève brillante, elle était "destinée" à devenir haut magistrat comme maman et papa. Comme ses deux frères. Lorsqu'elle a annoncé, deux mois avant son Bac, qu'elle choisissait un chemin plus escarpé, moins droit, moins "évident" - mais évident pour qui? - ses parents et les enseignants de l'équipe pédagogique tombèrent de leur chaise.

"Bergère? Mais enfin tu es folle !Tu veux nous faire honte?..."

"Bergère? Mais enfin Mademoiselle M. vous n'y pensez pas. Vous êtes promise à une carrière brillante. C'est une lubie, une folie ! N'y pensez même pas et reprenez le cours de vos études ! Le Bac, les classes prépa vous tendent les bras!"...

Mais elle n'a écouté qu'elle. Aujourd'hui, elle ne regrette rien ! Même lorsque les fins de mois sont difficiles, même quand le temps est exécrable, même quand il faut veiller la nuit une bête malade ou qui met bas... Elle a CHOISI son orientation. Elle ne l'a pas SUBIE comme tant d'autres de ses camarades.

Ses parents l'ont comprise après bien des angoisses légitimes. Ses frères aussi. Parmi ses professeurs, un seul est venu lui rendre visite. Les autres l'ont oubliée. Elle ne leur en veut pas. Elle les comprend même car, dit-elle, "ils sont enfermés quand moi je suis libre. On ne peut pas se rencontrer. Ce serait plutôt à moi d'aller les voir, au "parloir". Et elle éclate de rire!

Un jour, je vous parlerai de mon copain maçon... Lui était très mauvais élève. Il n'était pas fait pour les études et les études n'étaient pas faites pour lui. Alors ils ont "divorcé"...

C'est une autre histoire...

Christophe Chartreux

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La pédagogie, cette histoire si ancienne...

4 Août 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Histoire, #Pédagogie

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Où peut-on lire ces "formules"?

1- « l’art d’instruire » et « le haut niveau scientifique ».

Qui a écrit?:

2- « Dans ces écoles, ce n’est donc pas les sciences qu’on enseignera mais l’art de les enseigner ; au sortir de ces écoles, les disciples ne devront pas seulement être des hommes instruits mais des hommes capables d’instruire. Pour la première fois sur la Terre, la nature, la vérité, la raison et la philosophie vont donc aussi avoir un séminaire ; pour la première fois, les hommes les plus éminents en tout genre de sciences et de talents, les hommes qui, jusqu’à présent, n’ont été que les professeurs des nations et des siècles, les hommes de génie vont donc être les premiers maîtres d’école d’un peuple. »

3- « Imagine-toi une assemblée composée de 1 500 à 1 600 personnes, la plus grande partie ayant déjà professé aux écoles militaires, dans les collèges, etc. D’autres professeurs, de physique, de chimie et, enfin, dans le nombre toutes les sciences, y sont réunis et chacun a son but proposé. Il serait inutile de faire l’éloge de nos professeurs, chacun sait que, réunis entre eux, ils sont le foyer des Lumières et de la République, de plus leurs actions sont autant de preuves qui attestent leur capacité et leur talent, donc cette école est vraiment digne de l’objet qu’on s’est proposé. »

4- « Le cours magistral est remis en question. Après les conférences, les élèves sont invités à débattre. Un journal sténographique qui a recueilli l’énoncé des leçons est imprimé et distribué chaque jour avant la leçon. C’est une période où la pédagogie prime sur le savoir »

Réponses:

1- Il s'agit de mots extraits du texte donnant naissance à l'Ecole Normale Supérieure, le 9 brumaire an III (30 octobre 1794);

2- C'est Joseph Lakanal qui s'exprime ici. Professeur de philosophie et député montagnard, il présente, au nom du Comité d’instruction publique, un rapport devant la Convention et il est d'une clarté absolue:

"Ce n’est donc pas les sciences qu’on enseignera mais l’art de les enseigner";

3- Il s'agit ici des élèves Antoine Bernard et Claude-François Camus, nommés par le district de Vesoul, rapportant leurs premières impressions (cités par l’historien Dominique Julia, auteur d’une somme, issue de vingt années de recherches, intitulée Une institution révolutionnaire et ses élèves);

4- C'est là le propos de Jean-Luc Chappey, Maître de conférence Institut d'Histoire de la Révolution Française.

Et aussi:

"Des groupes de travail sont constitués pour les exercices de mathématiques, dirigés par les élèves les plus compétents" Marine Miller/Le Monde)

Tout cela prendra fin lorsque l'esprit de l'Ecole sera abandonné:

"(...) l’école de formation pour futurs instituteurs glisse au séminaire de haute science. « Il s’agit à présent d’une école encyclopédique, qui vise à devenir une pépinière de futurs professeurs d’écoles centrales (et plus tard de lycées) et non plus d’instituteurs », souligne Dominique Julia.

Le 16 avril 1795, Gilbert Romme, député montagnard, prononce l’oraison funèbre : « Je crois que le but de l’école est absolument manqué. Les élèves sont composés de deux sortes d’hommes : les premiers sont très éclairés sur certaines parties et le sont très peu dans d’autres, les seconds ne le sont dans aucune. (…) Cette école peut être utile pour ceux qui ont déjà des connaissances, elle est nulle pour ceux qui n’en ont pas. » La fermeture est votée un mois plus tard, le 19 mai. Fin de l’expérience révolutionnaire."

Vous pouvez lire l' "intégralité" (résumée) de l' Histoire de l'ENS en cliquant ci-dessous. L'article de Marine Miller est passionnant!

Christophe Chartreux

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Des avantages de l'évaluation par compétences...

4 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie, #Evaluation

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Depuis désormais quatre ans - tout a commencé en 2014 - les 6e de l'établissement dans lequel j'enseigne sont évaluées par compétences, sans notes chiffrées. Ces quatre années, dont la première fut riche en découvertes et en inquiétudes aussi - car défricher c'est s'engager sur des chemins parfois pleins de surprises - ont permis aux enseignants, aux élèves et aux parents de constater la pertinence d'autres méthodes d'évaluation que celles auxquelles des décennies d'habitudes avaient fini par faire croire à toutes et tous qu'elles étaient immuables, gravées dans le marbre, intouchables, voire "sacrées".

Or si l'école est un "sanctuaire" dans lequel le "sacré" et ses "rituels" doivent trouver et conserver leur place respective, il n'est écrit nulle part que ce "sanctuaire" doive rester fermé à l'expérimentation, au changement, au "faire autrement", à l'innovation. C'est ce que, très modestement, les équipes pédagogiques en charge des 6e ont entrepris de faire à partir de septembre 2014.

Je voudrais insister sur quelques points qui me semblent, à l'expérience, fondamentaux et à connaitre, à appréhender, si d'autres (comme beaucoup le font déjà et depuis bien plus longtemps que nous) enseignants souhaitent s'engager dans cette voie.

- l'évaluation sans notes ne doit JAMAIS être présentée - car c'est un non sens - comme une "suppression" des notes chiffrées, mais comme leur remplacement par une AUTRE méthode;

- l'évaluation par compétences (que par commodités je désignerai sous l'acronyme EPC) n'est pas une solution miracle, une baguette magique. C'est un outil de travail qui permet néanmoins, et beaucoup plus efficacement que les notes, de centrer les apprentissages sur les difficultés des élèves sans jamais retarder ceux dont les difficultés sont moindres ou inexistantes. Pour être plus clair

* les EPC ne ralentissent pas les meilleurs et aident les "moyens" et "faibles" à progresser bien plus rapidement et utilement qu'avec les notes.

* l'évaluation par compétences est un accompagnement permanent quand la note est une sanction définitive.

- les EPC doivent être expliquées, avant tous les autres "intervenants" impliqués, aux parents dès la mise en place du projet. Ce sont eux les plus inquiets souvent. Habitués qu'ils ont été aux notes en rouge et aux moyennes;

- la mise en place des EPC ne peut se faire qu'en EQUIPE pédagogique et avec le soutien de la hiérarchie de l'établissement. Il serait vain et épuisant de bâtir un projet sans l'accord de toutes et tous;

- il ne faut jamais avoir "peur" de se tromper au début. L'erreur ne doit pas être répétée mais elle est autorisée. Un exemple: j'ai toujours pensé, et le pense toujours, que l'élève de collège (c'est moins vrai au lycée) recevant une copie évaluée par chiffres ne lit pas l'appréciation. Encore moins si celle-ci est détaillée. Nos élèves, j'en ai fait l'expérience, lisent très peu, voire pas du tout, les annotations en marge. Seul compte le CHIFFRE!

J'ai longtemps pensé aussi, et ne le pense plus, que sans note chiffrée, l'élève lirait davantage son appréciation et ses annotations. Pas forcément! Souvent, très souvent, l'élève se satisfait de son code couleur et ne lit pas les appréciations que vous avez patiemment et consciencieusement rédigées.

Il existe alors une méthode très simple, une "ruse": rendre les copies SANS code couleur, avec uniquement les appréciations (brèves et précises pour des 6e), PUIS révéler le code couleur à la classe en projetant ces résultats au tableau et en vérifiant - c'est très rapide - que les élèves, toujours malicieux, n'ont pas transformé un "rouge" en "vert" vif sur leur copie!

Il est possible aussi, voire recommandé, de pratiquer l' auto-évaluation en fonction des appréciations et annotations. Un exercice ponctuel mais constructif sur la durée. Bien évidemment, c'est l'évaluation du professeur qui "fait loi".

Il pourrait m'être dit, à juste titre, que cette "méthode" est possible avec des évaluations chiffrées. Certes mais l'évaluation chiffrée, quelle que soit la méthode de rendu des devoirs, reste une addition de points. Je devrais dire une soustraction puisque la note est le résultat d'erreurs sanctionnées par des points soustraits à un total de 20. L'EPC est une valorisation des acquis, un surlignage des réussites et, bien entendu, la mise en lumière pour l'élève du POURQUOI de ces échecs et du COMMENT ne pas les répéter;

- il convient aussi de très bien choisir les logiciels permettant l'enregistrement des évaluations. Je n'ai pas ici à en conseiller car chaque établissement à ses habitudes. Il devra être le plus simple possible et disposer d'outils permettant d'illustrer UTILEMENT les conseils de classes;

- ces conseils de classe DOIVENT (c'est mon avis) être dirigés par le Professeur Principal (en présence du Chef d'établissement ou pas) et par lui ou elle seul-e. Pourquoi cette insistance?

L'EPC est un travail d'EQUIPE. D'équipe PEDAGOGIQUE! Sans diminuer le rôle du chef d'établissement, il est impératif que ces moments de rencontre, de dialogues, de CONSEILS aux élèves et aux parents, restent la "propriété" des professeurs. Il est également capital à mes yeux que la CPE et la professeur-documentaliste assistent aux conseils de classes. Leur éclairage est toujours un "plus" indéniable.

Enfin - mais c'est une fin provisoire - je peux affirmer ici que les élèves évalués par compétences en 6e, l'année suivante en 5e et évalués de manière traditionnelle, n'ont connu aucun problème d'adaptation. L'EPC n'est pas un frein, un épouvantail ni la fin de la civilisation. (Je l'ai lu!).

J'espère avoir été utile en donnant mon éclairage. Il est certes engagé et convaincu. Je n'ai pas la prétention de l'imposer à qui que ce soit. Chacun choisira ce qui lui semble être le meilleur pour ses élèves et pour lui-même.

Bonnes vacances à toutes et à tous.

Elles sont là, évaluées par les couleurs du ciel ou la noirceur des nuages d'orage...

Christophe Chartreux

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On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

3 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Macron

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

Depuis deux mois, le microcosme s'étonnait, pour ne pas dire s'inquiétait en constatant que le président n'avait toujours pas nommé de collaborateur chargé de suivre les questions éducatives. Fallait-il y voir un désamour soudain pour le "combat premier" de sa campagne ? Ou l'influence occulte de la certifiée de lettres Brigitte Trogneux, qualifiée de meilleur ex-prof de France par Jean-Michel Blanquer dans une philippique énamourée ?

(...)

Gurvan Le Guellec

L'article complet est à lire ci-dessous. Vous y découvrirez le nom de l'heureux "élu"...

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Pourquoi ne parvient-on pas à se débarrasser des neuromythes?...

3 Août 2017 , Rédigé par L'école de demain Publié dans #Education, #Neurosciences

Mentale, Émoticônes, Icônes, Symboles

A l'heure ou les "neurosciences" s'apprêtent à faire une entrée fracassante (voir lien en bas de page), au sens premier du terme, dans l'école et notamment l'école primaire, voici une réflexion salutaire, voire salvatrice...

Christophe Chartreux

                                            ____________________________________

EXTRAIT

Difficile de rater, dans les rayons des librairies, cette pléthore d’ouvrages qui nous explique avec force détails que nous n’avons pas tous le même cerveau (dont, de toute façon nous n’utilisons qu’une infime partie !) et que les difficultés scolaires de nos enfants viennent très certainement du fait que les façons d’enseigner de l’École de la République n’étaient pas faites pour leur forme d’intelligence.

(...)

... les neurosciences, si elles nous apportent une meilleure connaissance du fonctionnement neurologique, ne peuvent qu’être un éclairage supplémentaire proposé aux professionnels de l’éducation au moment de faire des choix d’enseignement. Observées en laboratoire, les expériences menées ne peuvent être reproduites in vivo. Pourtant, de nombreux neuromythes sont considérés comme des savoirs acquis et fixés et sont parfois directement transposés dans les classes.

Pour n’en citer que quelques uns :

  • Non, écouter du Mozart n’améliore pas les performances cognitives. À la fin des années 1990, le gouverneur de Georgie (USA) a donc hélas dépensé 150,000 $ dans un programme d’achat de musique… pour rien. Et cela n’aide pas non plus les plantes à pousser, d’ailleurs.
  • Non, vous n’êtes pas « cerveau droit » ou « cerveau gauche », pas plus que votre sexe ne détermine les capacités de votre cerveau, que ce soit sur Terre, sur Mars ou sur Vénus.
  • Non, nous n’utilisons pas uniquement 10 % de notre cerveau.
  • Non, tout ne se joue pas avant 3 ans.
  • Non, faire de la gymnastique coordonnée n’a aucun effet sur les apprentissages. Même si c’est sûrement bénéfique pour lutter contre les effets du vieillissement articulaire.

Mais alors, si ce sont des mythes, pourquoi ne sont-ils pas tombés dans les oubliettes de l’histoire des sciences, comme la terre plate, la bosse des maths et le lien direct de parenté entre le parisien et le chimpanzé du zoo de Vincennes ?

(...)

Face aux apports des neurosciences pour l’éducation, il serait sage de procéder avec prudence et d’accepter de les voir telles qu’elles sont : des sciences en évolution et en construction.

François Taddei

La totalité du billet est à lire en cliquant ci-dessous

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Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain...

3 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain...
Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain!

 

Il en est des débats comme des plats. Plus on repasse les mêmes, moins on a envie d'y goûter. Ce fut le cas pendant des mois au sujet de la réforme du collège, dite "Collège2016". Celle-ci, après avoir franchi les obstacles mis en travers de son chemin, s'est installée. Elle fut accusée de tous les maux par les mêmes qui ont mis en oeuvre son empêchement d'abord, puis le ralentissement de son application effective et enfin son application.

Cette réforme serait, je cite :

- "responsable de la mort du Latin, du Grec et de l'Allemand", alors que Latin, Grec et Allemand sans la réforme auraient poursuivi l'entre-soi dans lequel ces options étaient confinées et leur inéluctable descente aux enfers par la réduction des effectifs concernés, chaque année un peu plus importante. Or, Latin, Grec et Allemand ont désormais tout pour « reprendre des couleurs » ;

- "responsable de la haine de l'excellence et des bons élèves", alors que la réforme ne s' "attaque" pas aux bons élèves mais met à disposition des enseignants les outils nécessaires à la réduction des écarts entre les plus en difficultés et ceux n'en ayant aucune ou très peu;

- "responsable du nivellement par le bas", alors qu' un nombre d'élèves bien plus important qu'auparavant aura accès à ce qui, avant la réforme, lui était souvent interdit;

- "responsable de la désorganisation des établissements par la précipitation qui a présidé sa mise en application", alors que les débats ont commencé il y a des années. Souvenons-nous de l'Appel de Bobigny qui portait en germes tout ce que la réforme du collège met aujourd'hui en application. Cet appel fut présenté et approuvé par TOUS les syndicats d'enseignants le 20 octobre...2010! Avant l'élection de François Hollande, Vincent Peillon travaillait DEJA à la mise en place de cette réforme. Ce dernier, comme Benoit Hamon puis Najat Vallaud-Belkacem n'ont eu de de cesse d'impliquer des centaines de professionnels de l'éducation pour une construction préparée et concertée.

Tout cela en contradiction absolue avec la nécessité affirmée, y compris par les opposants les plus virulents, de réformer le collège, ce "maillon faible".

Des opposants :

- attaquant très violemment l'Aide Personnalisée et les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui pourtant offrent la possibilité de croiser les disciplines (sans jamais les remettre en cause), en donnant du sens aux apprentissages jadis cloisonnés, en plaçant les élèves dans des situations de construction et de réalisation de projets ;

- mettant en doute les capacités des enseignants à travailler en équipe, voire en affirmant que tous les enseignants de collège travaillaient DEJA en équipe - ce qui est très rare et ne concerne que quelques collègues par équipe pédagogique. Ce travail en équipe est pourtant - toutes les études le démontrent, tous les établissements dits "innovants" travaillent ainsi depuis des années avec des résultats incontestables et incontestés - une urgence dans un pays où, il est vrai, le travail en équipe est étranger à l’organisation historique du système éducatif très pyramidal. A ce sujet je ne peux que conseiller la lecture éclairante du texte de Daniel Calin ici http://dcalin.fr/textes/equipe.html

- mettant en cause la simultanéité de la refondation des programmes ET de l'évaluation, alors que c'est à cette condition de simultanéité dans le temps que la réforme entre en cohérence avec ses attendus. Procéder par étapes successives eût amené les élèves du niveau 3e à attendre... 2020 (!!) pour espérer être concernés, ce qui aurait entraîné des distorsions TRES désorganisatrices!

Tout cela soutenu par quelques "experts" véritables ou autoproclamés, chroniqueurs permanents et omniprésents, humoristes sans humour, philosophes trop heureux de se voir offrir des tribunes inespérées transformées en polémiques alimentant les réseaux sociaux de commentaires d'une indigne violence, plus inacceptable encore quand elle est l'oeuvre d'enseignants.

Qui n'a pas entendu les Christophe Barbier, Natacha Polony, Nicole Ferroni, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Jean-Paul Brighelli, et tous ceux que j'oublie car je préfère les oublier, ne s'en porte que mieux tant leurs diatribes, critiques outrées et outrancières, caricatures approximatives jusqu'aux mensonges, n'apportaient strictement rien au débat nécessaire que tous ceux-là n'ont contribué qu'à assécher, faute d'arguments et de propositions attendues.

On les attend encore!

Mais faisons quelques rappels :

- La réforme du collège, qui aurait pu aller plus loin, plus vite, plus fort - la Ministre l'aurait souhaité - a l'immense mérite d'exister ENFIN pour commencer à grandir.

- C'est une réforme de gauche. Ce qui a déplu à certains, y compris à cette autoproclamée "vraie gauche", aujourd'hui "France Insoumise" qui battait le pavé avec... le SNALC (Syndicat enseignant "marqué à droite" comme on dit).

- C'est une réforme solidaire dans un pays qui vit, depuis plusieurs années, une crise des solidarités et des replis identitaires. Replis se manifestant par des exclusions aux visages multiples qui sont autant de négations de l'égalité des droits:

exclusion de ceux qui ont toujours moins;
exclusion des quartiers dits "difficiles";
exclusion de toutes les minorités;
exclusion des familles non francophones;
exclusion d'établissements à l'écart des métropoles, isolés en milieu rural;
exclusion des "étranges étrangers" et de tous ceux qui ne sont pas "nous";
exclusion des décrocheurs, "produits" non pas par le collège, mais par ses dysfonctionnements.

Ceux-ci aggravés par le gouvernement actuel, dont nous aurions du attendre le meilleur de la droite et de la gauche quand nous n'avons que le pire de la droite. Gouvernement qui n'a de cesse et n'aura de cesse d'appliquer des politiques de destruction d'emplois (300 000 dans la fonction publique! Fourchette basse!), de sélection par l'échec, de refus du concept d'éducabilité condamnant, comme un Bruno Le Maire dans son programme de candidat à la primaire de la droite, un élève faible en CM2 sans lui laisser d'autre espoir qu'une orientation par l'échec, donc subie. A dix ans!

Aggravés enfin par un Président de la République ayant fait le choix de laisser les clefs de la Rue de Grenelle à des responsables dont le passé au Ministère de l'Education Nationale fut surtout un passif:

- 80 0000 postes supprimés;

- fin de la formation initiale;

Je ne parle ici que des plus "hauts faits d'armes".

La réforme du collège a fait un choix, voulu et porté par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem à laquelle l'Histoire donnera raison et rendra hommage. Ce choix, c'est celui du refus d'un autre choix, souvent illustré par les travaux de François Dubet: "Le choix de l'inégalité" qui accompagne toujours les exclusions que nous venons d'énumérer.

Un refus motivé, non pas  - comme l'a très rapidement affirmé Jean-Marie Blanquer aux premiers jours de son entrée en fonction, donnant quelques gages aux "extrémistes du passé" et au "champions de l'élitisme dynastique" - par la volonté d' un égalitarisme utopique et dangereux, mais pour simplement respecter une valeur fondatrice de notre République:

l'égalité, celle des droits et devoirs, l'égalité par le rééquilibrage des moyens, aussi: donner plus à ceux qui ont moins. C'est clair, simple et tellement évident!

L'Ecole est pourtant devenue, silencieusement et de manière chaque année de plus en plus prégnante, un terrain de jeu réservé à quelques-uns. A ces "quelques-uns" très au courant des codes scolaires obscurs à tant d'autres, ces "quelques-uns" culturellement armés pour accompagner leurs enfants vers la réussite.

Doit-on les en blâmer? Certainement pas! En revanche, inquiétons nous de constater à quel point les exclus - toujours issus des mêmes catégories sociales - seront de plus en plus exclus. Surtout lorsque ces "exclus" ne constituent plus - inconsciemment - un "terrain d'avenir" pour celles et ceux qui en ont la responsabilité pédagogique mais sont stigmatisés, transformés en "problèmes". Combien de fois ai-je entendu cette phrase lors des conseils de classe:

"Cet élève pose problème". Comprendre: "Cet élève EST un problème". Terrible! Alors ceux-là ne sont plus des élèves. Ils se transforment en "décrocheurs", "absentéistes permanents", "intenables", "irrécupérables". En un mot ils deviennent responsables, coupables de leur malheur. Et coupables du malheur qu'ils infligent aux autres, "ceux qui suivent".

Nous - les enseignants - touchons alors du doigt cette crise des solidarités.

Comment aurions-nous pu - et les opposants à la réforme du collège auraient du s'interroger avant de crier à la fin de la civilisation par l'abandon du Latin et du Grec, abandon absolument jamais acté - participer à cet abandon des solidarités?

Comment pourrons-nous accepter de tenir grande ouverte la porte du triomphe à une idéologie de droite dont l'objectif annoncé est de briser plus encore toute velléité solidaire à l'égard de celles et ceux que les dysfonctionnements de l'école - dysfonctionnements que cette idéologie de droite à alimentés de manière continue - ont contribué à écarter?

Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais!

Voilà pourquoi j'ai soutenu cette réforme:

-    de gauche, sociale et solidaire, sans rien rabattre sur le "niveau" ni sur les "disciplines"; à l'opposé de l' "identitarisme" triomphant;

- bienveillante et lucide car consciente du danger réel des "communautarismes";

-    à contre-courant des "gauloiseries" sarkozystes, des excès zemmouriens, de la "francité en danger" chère à Alain Finkielkraut, de l' "égalitarisme" et du "pédagogisme" si facilement pointés du doigt par paresse intellectuelle.

-    élitiste! Mais un élitisme républicain permettant à toutes et tous de toucher au meilleur à l'opposé de cet élitisme dynastique le permettant à quelques-uns seulement.

Voilà pourquoi j'ai soutenu Vincent Peillon et Benoit Hamon. Voilà pourquoi j'ai soutenu et soutiens Najat Vallaud-Belkacem dans ses combats.

Voilà pourquoi j'ai soutenu et soutiens une réforme qu'il serait très dangereux de détricoter pour la remplacer par ce que nous avons subi dans le passé.

Et qui a lamentablement échoué...

Christophe Chartreux

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« Parler bambin », et regarder de faux livres?...

2 Août 2017 , Rédigé par Album "50" Publié dans #Education, #Pédagogie

« Parler bambin », et regarder de faux livres?...

EXTRAIT

Fortement soutenu par l’agence « La France s’engage », le programme de sur-stimulation langagière « Parler bambin » est présenté ici ou là comme la panacée pour réduire les écarts de compétences  langagières des jeunes enfants, particulièrement dans les zones urbaines sensibles. Salué par les uns, notamment des professionnels de la petite enfance grenoblois qui ont testé le dispositif lorsqu’il était encore à l’étude, et qui reconnaissent que l’expérience les a incités à interagir plus et mieux avec les tout petits, le dispositif est pourtant controversé.

Un article publié sur le site « Les Pros de la petite enfance » résume les inquiétudes nées de l’extension peut-être un peu rapide et systématique de ce programme : celles par exemple des psychanalystes, qui redoutent un dispositif normatif, générateur de stress quand il stigmatise des « retards » enfantins qui ne sont que des rapports à une norme quantitative rigide1. Craintes aussi des orthophonistes, qui s’inquiètent de la dimension étroitement utilitariste et comportementaliste du dispositif, et lui reprochent de s’appuyer sur une conception réductrice du langage et de son développement :

« Parler bambin » est un programme utilitariste, instrumental et de performance : il ne s’agit pas du développement de l’enfant, mais de l’élève et de son avenir scolaire. Il comporte des risques de non respect de son rythme de développement2.

Craintes encore de la part du collectif « Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans » (né en 2006 au moment où le gouvernement invitait à dépister dès l’âge de la maternelle des troubles comportementaux « susceptibles d’évoluer en délinquance »), qui dénonce dans ce dispositif une vision très étriquée des échanges langagiers, notamment dans une tribune relayée par Mediapart :

Le langage ne véhicule pas seulement l’information, il n’est pas uniquement outil technique de communication mais il exprime les premières représentations qui permettront à l’enfant de développer sa subjectivité naissante et ses capacités de symbolisation. L’enfant apprend à parler en partageant avec les autres enfants et les adultes du plaisir – ou du déplaisir –,  s’appuyant sur les supports langagiers divers qui véhiculent affection, sens, humour, images, sentiments, comme par exemple la peur, la jalousie… Sont minimisées dans le rapport les vertus éducatives du jeu, du chant, des comptines, de la poésie, du rire…, où l’acquisition de mots se fait au travers du désir de relation avec l’autre.3

Bien que j’aie mes convictions, étayées par plusieurs années de lectures sur le sujet, je ne me prononcerai pas ici sur le fond du débat. Qu’il me soit permis seulement d’apporter ma contribution à ce concert d’interrogations inquiètes, en m’attachant aux outils livresques promus dans le cadre de ce dispositif « Parler Bambin », outillage proposé aux crèches et structures d’accueil participantes, mais aussi aux familles des enfants bénéficiaires.

(...)

Cécile Boulaire

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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"Ce qui est terrible pour les ados, c'est que (se) détruire marche à coup sûr, alors que réussir est aléatoire" Philippe Jeammet

2 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

"Ce qui est terrible pour les ados, c'est que (se) détruire marche à coup sûr, alors que réussir est aléatoire" Philippe Jeammet

"Ce qui est terrible pour les ados, c'est que (se) détruire marche à coup sûr, alors que réussir est aléatoire"

Philippe Jeammet

Tu vois Julie (mais ils ou elles pourraient s'appeler Arthur, Maud, Laure, Stéphanie, Pierre, Hugo, Tom ou Sélim), les vacances cela sert aussi à ça: ralentir jusqu'à s'arrêter et faire le point... Réfléchir... Pendant ces neuf mois qui nous ont réunis, de quoi avons-nous eu le temps? A-t-on pris le temps? Oui parfois nous avons profité de quelques minutes volées aux "bien nommés" (?) emplois du temps pour nous évader et échapper aux obligations nécessaires... Plus rarement avons-nous délibérément choisi de ne pas céder aux injonctions des programmes: "Allez, tant pis pour ce petit retard! On pousse tables et chaises! On se pose et on se parle"... Tu te souviens? C'était tellement bien!

Tu vois Arthur, je vais te retrouver dans deux mois. Enfin peut-être! Je ne sais pas si tu seras dans la 3e qui m'aura été attribuée. Tu auras changé. On change vite à 14 ans. Moi je n'aurai que vieilli... Tu seras moins timide, ou plus encore. Je ne sais pas. Oui tu vas changer et, alors que depuis des décennies, seuls les élèves se transforment sans qu'aucun programme ni méthode ne varient vraiment, tu vas découvrir un "nouveau collège". Dans la douleur de tes inquiétudes légitimes.

La France est un pays qui n'aime rien tant que se projeter dans le passé. Il faudrait quand même, non pas oublier un passé glorieux et moins glorieux, mais cesser de faire référence en permanence à notre Histoire pour l'unique plaisir masochiste de nous y enfermer en n'osant plus nous tourner résolument vers l'avenir, malgré des atouts incontestables et que nous envient bien des pays étrangers.

Parmi ces atouts, il y a toi Arthur, cette jeunesse qui "fait peur" à bien des adultes quand elle devrait au contraire nous porter à l'optimisme! A condition bien entendu de ne pas réduire celle-ci à des rêves de milliardaire dans une France "startupisée"!

Tu vois Maud, le collège ne t'accueillera plus l'an prochain. Tu as eu ton Brevet. Je t'en félicite! Ce n'est pas un examen facile pour ces élèves qui, comme toi, ont souffert pendant quatre ans mais ont voulu aller au bout et, avec acharnement, abnégation, patience, rires et larmes, malgré les difficultés héritées année après année et depuis le CP, ont décroché ce premier diplôme d'une vie... Tu iras en lycée professionnel. C'est ton choix et celui dicté par ton parcours. Je suis fièr de toi!...

Vous voyez, toutes et tous, à quel point "réussir" est une longue marche et pas du tout un long fleuve tranquille. Et ceci pour TOUS les élèves, excellents, moyens et plus fragiles, qui parfois, devant des programmes ayant attendu un temps certain pour être renouvelés, s'ennuient à mourir.

Je vous souhaite de belles vacances, que vous changiez d'horizon ou pas pendant cette période qui est aussi un apprentissage. Je déteste, vous le savez, les "conseils d'adultes", ces recommandations dont nous-mêmes savions nous affranchir lorsque nous avions votre âge. Si je devais néanmoins me plier à l'exercice, je vous dirais ceci:

"Profitez de cet été pour vivre, rire, chanter, aimer et danser. Pour faire des rencontre loin des réseaux "sociaux" qui n'offrent que des profils quand on veut des amis! Ouvrez plutôt vos yeux et vos oreilles... Ils sont vos cahiers, bien moins évanescents...

Vous n'oublierez jamais le parfum délicat de cette joue embrassée, ni l'odeur matinale du pain posé sur la table et n'attendant que vous, ni le bruit du vent couvrant à peine le clapotis joyeux de la rivière toute proche...

Vous n'oublierez jamais la caresse intime de l'eau glissant entre vos doigts, apaisant votre soif...

Vous n'oublierez jamais ce regard appuyé dans le silence d'une rencontre éphémère...

Vous n'oublierez jamais ce livre, ce seul passage, ces quelques lignes, ce seul mot peut-être, qui feront de vous un autre ou une autre...

Dont vous vous souviendrez...

Alors vous aurez réussi!

A jamais!

Christophe Chartreux

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Latin - "Nous ne venons pas de nulle part" - JM Blanquer... En effet, nous venons de partout...

2 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Latin - "Nous ne venons pas de nulle part" - JM Blanquer... En effet, nous venons de partout...

Depuis quelques semaines, le nouveau locataire de la rue de Grenelle, Ministre de l'Education Nationale, affirme à qui veut l'entendre que sans le latin, l'apprentissage du français s'avère difficile. Pourquoi alors ne pas commencer le latin dès le CP? Pourquoi, en collège, le maintenir en option réservée à quelques-uns?

Lorsque le Ministre évoque, en interview, le latin - et il l'évoque désormais systématiquement, au moins autant que Montessori, c'est dire - il ne manque jamais d'utiliser les mots "civilisation", "racines/enracinement", "origines", "sources de vie"

Je cite:

"Pourquoi le latin ? Parce que nous ne venons pas de nulle part. Il faut donner des racines et des ailes aux enfants, ne pas opposer tradition et modernité. Il y a un besoin de sens, un besoin d’enracinement et aussi de projection dans le futur. On aura du mal à se projeter dans l’avenir si on n’a pas de racines. Notre langue a une architecture, une grammaire, ses origines doivent être explicitées. 

J’ai vu des initiatives intéressantes à l’école primaire – notamment autour de l’étymologie. Ce qui peut même devenir ludique pour les enfants ! Pour moi, il n’y a pas de langues mortes. Elles méritent plus que d’autres le qualificatif de langues vivantes, car elles sont les sources de vie de notre langue."

Très souvent il ajoute: "Nous ne voulons pas de nulle part"... Un mantra...

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

Nous ne venons, en effet, pas de nulle part. Notre langue ne vient pas de nulle part. Nous, comme elle, venons de partout.

Je conseille à ce sujet la lecture de L'Amiral des mots, Pierre Aroneanu et Laurent Berman - Syros Edition.

Préface de l'auteur

"A tous ceux qui, au nom d'une écologie raciale, parlent de "nettoyer" leur environnement, je dédie ce conte.

Ils apprendront ainsi que, comme Monsieur Jourdain parlait en prose sans le savoir, ils parlent arabe, hébreu, hindi, malais, algonquin, nahuatl et même chinois, sans le vouloir."

Laissons le mot de la fin à Albert Jacquard, cité par l'auteur:

"Ma langue est belle parce qu’elle s’est enrichie de toutes les autres"

Christophe Chartreux

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