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Vivement l'Ecole!

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Revue de Presse Education... Faits ? — Blanqueries — PDV — Commentaires — Distances...

23 Octobre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Faits ? — Blanqueries — PDV — Commentaires — Distances...

Une actualité centrée sur une vidéo et ses effets

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Faits?

Créteil : l’agression d’une enseignante choque
Un élève a braqué une arme factice sur sa professeure, jeudi 18 octobre. Il a été mis en examen dimanche 21 octobre.”

Indignation unanime après l’agression d’une professeure à Créteil

Blanqueries

Le ministre a aussitôt réagi, et va prendre des mesures, mais sur quoi ?

Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner condamnent avec la plus grande fermeté les menaces dont a été victime une enseignante
Communiqué de presse - Jean-Michel Blanquer - 21/10/2018
M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, et M. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, condamnent avec la plus grande fermeté les menaces et avanies dont a été victime une enseignante, ainsi que la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo de ces actes inqualifiables. Ils assurent à ce professeur et à l’ensemble de la communauté éducative leur total soutien.”

Éducation Des mesures contre les violences visant les enseignants 
Les ministres de l’Éducation et de l’Intérieur ont annoncé, ce dimanche, la réunion la semaine prochaine d’un comité stratégique pour un « plan d’actions ambitieux » contre les violences visant les enseignants. Cela fait suite à la diffusion, jeudi, d’une vidéo montrant un lycéen qui braque une arme factice sur sa professeure.”

Vidéo d’un lycéen braquant une arme sur son enseignante : Blanquer prône l’interdiction du portable au lycée
Le lycéen de 15 ans arrêté vendredi à Créteil après avoir braqué une arme factice sur sa professeure la veille a été mis en examen dimanche soir. La scène avait été largement 

http://www.cahiers-pedagogiques.com/ecrire/?exec=article_edit&new=oui&id_rubrique=31&bonjour=ouidiffusée sur Internet. Lundi, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer "encourage" l’interdiction du téléphone portable dans les lycées.”

Jean-Michel Blanquer : « Nous allons rétablir l’ordre »
Téléphone portable au lycée : Jean-Michel Blanquer « encourage l’interdiction »

Le ministre de l’Éducation nationale a affirmé vouloir « encourager l’interdiction du téléphone portable au lycée.”

Jean-Michel Blanquer incite à bannir le téléphone portable au lycée
VIDÉO. Pour le ministre, les réseaux sociaux encouragent les comportements comme celui du lycéen à Créteil. Il évoque la « responsabilisation des familles ».”

 

PDV

Sous le hashtag, la vague
#PasdeVague : les enseignants racontent ce qu’ils vivent au quotidien
Un nouveau hashtag exutoire a émergé sur les réseaux sociaux après qu’une professeure a été braquée par un élève dans un lycée de Créteil.”

#Pasdevague : le Metoo des enseignants ?
Ce matin dans vos journaux, des éditos très nombreux qui s’indignent de l’agression de cette enseignante en pleine classe par un élève qui brandit sur elle un pistolet à air comprimé. Indignation générale qui justifie peut-être cette Une du Parisien Aujourd’hui en France où le ministre de l’Éducation Nationale parle comme un ministre de la Police "Nous allons rétablir l’ordre", assène Jean-Michel Blanquer. Il en faudra davantage pour calmer la colère des enseignants et peut-être aussi la lassitude exprimée sur le réseau social Twitter à travers le hashtag Pasdevague ! Pas de vague qui pourrait bien devenir le balance ton porc des enseignants.”

Violences à l’école : des professeurs dénoncent sur Twitter le silence de l’Education nationale
"La parole se libère chez les enseignants. Des centaines de professeurs dénoncent sur Twitter, depuis dimanche 21 octobre, l’absence de réactions de l’Education nationale face aux violences qu’ils subissent."

 

Commentaires

Philippe Watrelot : Braquage(s) et effets d’aubaine...
Ce qui est délicat dans cette affaire de lycéen qui braque une arme sur une prof c’est de distinguer le fait lui même de l’exploitation médiatique et politique qui en est faite.”

Christophe Chartreux : Affaire de Créteil - Et si l’on cessait de sur-réagir ?...
Que de bêtises sont dites, écrites ! Dans l’effervescence, à chaud, tout le monde sur-réagit. Quelle que soit la position prise par les uns ou les autres, l’excès est démultiplié par les réseaux sociaux. C’est maintenant devenu une habitude.
Le geste de l’élève est EVIDEMMENT insupportable. Inacceptable ! On ne peut qu’apporter notre soutien à cette collègue. 
Mais entendre affirmer, au plus haut sommet de l’Etat, qu’ il y a eu "trop de laxisme" par le passé, cela me met hors de moi. L’ accusation, récurrente, est une paresse intellectuelle, une manœuvre politique grossière :[...]

Claude Lelièvre : Une nouvelle violence à l’Ecole ? Le ’’précédent’’ de Porcheville.
La nouveauté n’est pas évidente, même si la diffusion des images du ’’braquage’’ avec une arme factice d’une enseignante par un lycéen a gagné non seulement les réseaux sociaux mais aussi les chaînes en continu (et même les autres ) inscrivant de facto cet acte inadmissible dans la sphère politico-médiatique .”

Louise Tourret : 

http://www.slate.fr/story/168896/eleve-braque-enseignante-lycee-creteil-pas-de-vague-fait-divers-violence-ecole-education-nationale?fbclid=IwAR1PgQhM0maWzCF0KEP8sI6L6KXQWapuix2lcgTRto8hVLGRlimX5wdMjiE

Elle conclut son article ainsi : "Pour contredire une formule bien connue, le fait divers ne fait pas diversion, il nous fait voir ce que nous (trop de gens) ne voulons pas regarder et dont il faut de toute urgence s’occuper plus largement. Ça commence par s’écouter et ne pas remettre en cause la parole de celles et ceux qui témoignent, ne pas nier les incidents individuels, entendre et respecter les collectifs qui se mobilisent et sont en première ligne pour défendre les élèves. Des élèves, car c’est bien ce qui compte, pour qui une scolarité dans un cadre normal est tout simplement un droit."

 

Distances

Le livre du mois du n° 538 - La parole des élèves. L’école face à la violence : décrire, expliquer, agir, Éric Debarbieux, Armand Colin, 2017
Cet ouvrage est un point d’étape de la recherche universitaire sur la violence scolaire en France et à l’étranger, mais c’est aussi «  une œuvre de combat, d’intellectuels engagés contre tous les simplismes et les manipulations interminablement présentes avec le thème de l’insécurité  ». Éric Debarbieux et les autres contributeurs font le point sur les avancées scientifiques, sur les évolutions idéologiques, en particulier la mise en évidence du lien entre apprentissages et violences.”

Eric Debarbieux : L’impasse de la punition à l’école 
"Notre approche n’a rien d’idéologique. La question n’est pas d’être pour ou contre la punition, mais d’en montrer les difficultés et les insuffisances en ce qui concerne la question de la violence à l’école et du climat scolaire". Spécialiste de la violence à l’école, délégué ministériel à la lutte contre les violences scolaires sous deux présidents, Eric Debarbieux apporte dans son nouveau livre "L’impasse de la punition, Armand Colin) des données uniques (et surprenantes !) sur la réalité des punitions dans l’école française. A contre courant des dénonciations du laxisme qui sévirait à l’école, il en montre l’importance. Il établit aussi leurs retombées négatives sur la vie quotidienne dans les écoles. Il en tire la conclusion : il y a d’autres façons de gérer les relations dans les écoles dont certaines ont déjà été évaluées et expérimentées à grande échelle. La seconde partie de son ouvrage propose des contributions pour d’autres façons de gérer la vie quotidienne de l’école, de Freinet aux pratiques de justice restaurative.”

Claire Guéville : Réformes Blanquer, Blitzkrieg
Le gouvernement a adopté la stratégie de la guerre éclair sur tous les fronts y compris dans le domaine éducatif. Les réformes de l’enseignement secondaire et supérieur auxquelles il faut ajouter celles de la formation professionnelle, sont solidaires.”

L’ère de la post-vérité ?
L’irruption récente de la notion de « post-vérité », désignée comme mot de l’année 2016 par le dictionnaire d’Oxford, interroge profondément les relations entre politique et vérité en ce début de XXIème siècle. Mais cette question est-elle vraiment nouvelle ?

Raymond Aron : le chemin de la liberté
A l’occasion di 35ème anniversaire de la mort de Raymond Aron et du cinquantenaire de Mai 68, ce film dresse un portrait inédit de cet intellectuel majeur qui a, mieux que personne, analysé la fragilité des démocraties, de la paix et des libertés. Sur la base d’archives inédites et de nombreux témoignages, dont celui de Dominique Schnapper, la fille du philosophe, le récit nous révèle un homme sensible, passionné, loin d’être l’analyste froid et indifférent caricaturé par ses adversaires. Un documentaire de Fabrice Gardel. Une coproduction Plaj Productions & Public Sénat avec la participation de Toute l’Histoire.”

Bernard Desclaux

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"Un incident dramatique mais exceptionnel" : pourquoi l'agression d'une professeure à Créteil n'est pas représentative des violences scolaires...

22 Octobre 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

"Un incident dramatique mais exceptionnel" : pourquoi l'agression d'une professeure à Créteil n'est pas représentative des violences scolaires...

EXTRAIT

Un élève du lycée Edouard-Branly a braqué une enseignante avec un faux pistolet et a ainsi relancé le débat sur les violences scolaires.

Indignation politique, "plan d'actions" annoncé par le ministre, vague de témoignages d'enseignants sur les réseaux sociaux... L'agression d'une professeure, braquée par un élève avec une arme factice au lycée Edouard-Branly à Créteil (Val-de-Marne), a relancé le débat sur les violences scolaires. L'élève en question a été mis en examen et Jean-Michel Blanquer a promis de "rétablir l'ordre et l'autorité" dans les établissements. Selon Benjamin Moignard, membre de l'Observatoire international de la violence à l'école (OIVE) et maître de conférences à l'université de Paris-Est Créteil, il s'agit d'un fait "spectaculaire et violent mais très isolé". L'école d'aujourd'hui est-elle plus violente que celle d'hier ? Eléments de réponses.

Le nombre d'incidents graves est stable

La violence scolaire est mesurée depuis 2007 via une enquête annuelle intitulée Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire (Sivis). Cet outil permet aux chefs d'établissement de faire remonter les incidents graves. Entre 2007 et 2017, date de la dernière enquête Sivis, leur nombre a peu évolué : il se situe autour de 14 pour 1 000 élèves durant une année scolaire.

Comme le rappelle un rapport sur la sécurité à l'école publié en 2017 par l'Institut national des hautes études de justice et de sécurité (INHESJ), il s'agit essentiellement d'atteintes aux personnes qui représentent environ 80% des faits déclarés. Arrivent en premier les violences verbales (42%), dont plus de la moitié sont dirigées contre les enseignants. Viennent ensuite les violences physiques – généralement entre élèves – qui représentent 30% des faits. Les autres violences constatées sont le racket, les atteintes à la vie privée et les violences à caractère sexuel. Mais aucune de ces dernières ne représente plus de 3% des faits.

S'agissant de ce qui s'est passé à Créteil, "c'est la première fois que j'ai écho d'un évènement de ce type-là en classe", souligne le sociologue Benjamin Moignard, qui travaille sur ces questions depuis quinze ans.

Il ne faut surtout pas en faire une règle. C'est un incident dramatique mais exceptionnel.

Benjamin Moignardà franceinfo

"Ce type d'agression précis n'est pas fréquent heureusement. Ce qui est fréquent, ce sont les agressions verbales", affirme également Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC), sur franceinfo.

La violence est concentrée dans certains lycées

Ces chiffres de la violence scolaire mesurée par l'enquête Sivis sont néanmoins plus élevés dans les lycées professionnels, où ils ont connu une hausse de 2007 à 2013 pour finalement se stabiliser entre 24 et 25 incidents pour 1 000 élèves. Par ailleurs, 5% des établissements déclarent un quart des faits, soit autant que les 70% d'établissements les moins touchés par la violence, selon le rapport de l'INHESJ

Cet incident à Créteil fait loupe sur les difficultés plus importantes des lycées professionnels et de certains établissements où se concentrent les problèmes.

Benjamin Moignard à franceinfo

Les enquêtes de victimation, mises en place pour compléter les signalements d'incidents graves et pour mieux évaluer le climat scolaire, confirment cette tendance. Si 94% des élèves déclarent se sentir "tout à fait ou plutôt bien" dans leur établissement, selon le dernier sondage publié en 2017, ce taux est légèrement inférieur (92,5%) dans l'éducation prioritaire.

Les sanctions sont appliquées 

Dans l'affaire du lycée Edouard-Branly, le fait que l'enseignante ait attendu le lendemain pour aller porter plainte et semble plus lasse que paniquée devant son ordinateur a été taxé de "laxisme""Trop souvent dans le passé, il y a eu un certain laxisme, notamment parce qu'il y avait des politiques du chiffre pour essayer d'avoir le moins de conseils de discipline possible", a par exemple estimé le ministre Jean-Michel Blanquer, annonçant un nouveau "plan d'actions ambitieux" contre les violences visant les enseignants, dont un renforcement du lien de l'Education nationale avec la police et la gendarmerie.

(...)

Catherine Fournier

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Un prof dénonce l'inaction de Blanquer quand il était recteur à Créteil...

22 Octobre 2018 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

"Sollicités par le HuffPost, Jean-Michel Blanquer et l'académie de Créteil n'ont pour l'heure pas donné suite à nos demandes d'interviews."

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Quand les émotions prennent le pas sur la raison... (Vidéo)

22 Octobre 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

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Banco Blanquer: pour de vrais états généraux de la sécurité à l’école!... Par Claude Lelièvre...

22 Octobre 2018 , Rédigé par EducPros Publié dans #Education, #Politique

Banco Blanquer: pour de vrais états généraux de la sécurité à l’école!... Par Claude Lelièvre...

On peut reprendre la tribune que j’avais publiée dans  "Le Monde" en vue des "Etats généraux de la sécurité à l’école" organisés en avril 2010 par le ministre de l’Education nationale Luc Chatel ( et son DGESCO Jean-Michel Blanquer)

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Il faudrait une révolution copernicienne pour réussir les Etats généraux, par Claude Lelièvre

LE MONDE | 02.04.2010 à 13h51 • Mis à jour le 02.04.2010 à 13h51.Enseignants et élèves sont confrontés à des situations de plus en plus tendues dans les établissements scolaires. Le ministère de l’éducation réunit les 7 et 8 avril des états généraux pour tenter de trouver des remèdes à ce fléau.

« Pour que l’on ait de véritables Etats généraux de la sécurité à l’école, il faudrait sans doute que soient rédigés par tous les intéressés des « cahiers de doléances », et que l’on aboutisse à une « révolution copernicienne » dans le traitement du problème. La guerre, dit-on, est chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires ; il serait fâcheux de laisser les violences scolaires uniquement entre celles des experts. Il apparaît d’ailleurs que le premier d’entre eux, Eric Debarbieux, président du conseil scientifique installé par le ministre de l’éducation nationale, convient que les intéressés doivent prendre la parole.

On peut donc envisager en premier lieu la rédaction de cahiers de doléances dans les établissements dits « sensibles », avec le concours des principaux acteurs (les parents d’élèves, et les élèves eux-mêmes pour les plus âgés ; les enseignants et les équipes administratives et éducatives).

Mais il ne faudrait pas non plus que ces états généraux (et la rédaction de cahiers de doléances) soient limités aux établissements dits « sensibles », sous peine d’entériner une représentation commune mais fausse, à savoir que les violences scolaires seraient à la « marge » de l’école et le fait de « marginaux ».

Toute l’enquête historique que j’ai menée pour le livre paru chez Fayard en 2007 (Histoires vraies des violences à l’école, écrit avec Me Francis Lec, l’avocat-conseil national des Autonomes de solidarité laïque, une mutuelle qui aide les enseignants lorsqu’ils doivent faire face aux « risques du métier ») montre que la violence scolaire date de longtemps, et qu’elle a été présente toujours et partout (y compris dans les établissements les plus huppés), même si elle peut prendre des formes et des intensités quelque peu variables dans le temps et selon les secteurs scolaires, et surtout avoir des fréquences diverses. Tous les protagonistes de l’école sont concernés, même si tous ne sont pas touchés, ou de la même façon.

Ces Etats généraux de la sécurité à l’école pourraient donc être l’occasion d’une véritable « révolution copernicienne » dans l’appréhension et le traitement du problème de la violence à l’école. Un problème non pas à la « marge » ou le fait de « marginaux », mais « général », par-delà les dénégations séculaires et persistantes de l’institution scolaire. Peut-on enfin le poser ouvertement, en toute connaissance de cause, et « collectivement » (ce qui est une condition sine qua non pour que la violence scolaire soit non pas « éradiquée » – tâche sans doute impossible – mais maîtrisée au mieux, et au moins limitée).

Il s’agirait de progresser dans les sécurisations effectives. Et surtout pas son contraire : jouer – à bon compte – le jeu des peurs, des angoisses voire des fantasmes. Il est bien sûr plus facile de lancer des mots d’ordre péremptoires et hyperboliques du genre « tolérance zéro » que de mettre en oeuvre, pour l’ensemble des personnels de l’école, une ample formation initiale et continue à la prévention et à la gestion des conflits. Il est plus facile de disserter sur un retour au « sanctuaire scolaire », qui n’a jamais existé, plutôt que de partir de la réalité et de la généralité (dans le temps et dans l’espace) de la violence à l’école et de mettre, par exemple, en place un réseau dense de personnes chargées spécifiquement de prendre en charge les victimes.

Cette prise en charge (très aléatoire) des victimes est en effet très caractéristique de cette « marginalisation » de fait du problème des violences scolaires, puisqu’elle reste centrée sur l’individu victime qui doit trop souvent encore être le centre d’initiative de sa sauvegarde (comme si cela était toujours perçu avant tout comme un phénomène d’ordre individuel, voire qui n’arrive qu’à certains individus), sans prise en compte collective et effective du contexte professionnel dans lequel cela se produit.

La psychologue Anne Joly a bien situé le problème posé : « A travers l’agression d’un enseignant, l’élève attaque la partie professionnelle de l’individu : son engagement, son image, ses desseins, ses croyances, ses valeurs. Pour cette raison, à l’approche clinique du sujet traumatisé doit s’adjoindre une clinique du professionnel. » Or la médecine du travail n’existe pratiquement pas dans le monde scolaire. Et cela en dit long, finalement, sur la façon dont l’employeur dénie la nécessité de prendre en compte sous tous ses aspects l’existence des violences à l’école, en particulier dans leurs conséquences concrètes sur ses personnels.

En tout état de cause, il faut en finir avec la « loi du silence » (et son corollaire, le sentiment de « honte »), qui isole, affaiblit, fait retomber sur chacun (dans la solitude) ce qui devrait être assumé et traité ouvertement et collectivement. Les violences scolaires ne sont pas une maladie contagieuse, et encore moins honteuse. Ces Etats généraux sur la sécurité à l’école ne peuvent avoir quelque utilité et quelque effet sensible que s’ils contribuent à libérer un espace de parole pour que ce sujet soit enfin débattu et traité effectivement, non pas dans le sensationnalisme de mauvais aloi ou la discrétion bureaucratique, mais ouvertement et collectivement, dans toute sa généralité et ses facettes. Une « révolution copernicienne », à vrai dire.

Claude Lelièvre est professeur émérite d’histoire de l’éducation à l’université Paris-V.

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Affaire de Créteil - Et si l'on cessait de sur-réagir?...

22 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Affaire de Créteil - Et si l'on cessait de sur-réagir?...

Affaire de Créteil - Braquage d'une collègue

Que de bêtises sont dites, écrites! Dans l'effervescence, à chaud, tout le monde sur-réagit. Quelle que soit la position prise par les uns ou les autres, l'excès est démultiplié par les réseaux sociaux. C'est maintenant devenu une habitude.

Le geste de l'élève est EVIDEMMENT insupportable. Inacceptable! On ne peut qu'apporter notre soutien à cette collègue. 

Mais entendre affirmer, au plus haut sommet de l'Etat, qu' il y a eu "trop de laxisme" par le passé, cela me met hors de moi. L' accusation, récurrente, est une paresse intellectuelle, une manœuvre politique grossière:

- elle permet de ne pas évoquer le présent;

- elle exonère le gouvernement actuel de toutes responsabilités alors que quelques-uns de ses membres éminents ont occupé des postes à hautes responsabilités par le passé qu'ils accusent;

- elle excuse le gouvernement actuel de ne rien entreprendre  pour atténuer, puis faire disparaître, les effets TRES dangereux de la non mixité socio-territoriale;

- elle permet au gouvernement de justifier le détricotage des politiques antérieures.

Avant de sur-réagir comme l'a fait le gouvernement, mais pas seulement lui, ne serait-il pas préférable d'attendre les conclusions des enquêtes administratives? De faire CONFIANCE aux membres du conseil de discipline souverain?

Ne serait-il pas intelligent d'éviter les annonces populistes consistant à réclamer l'interdiction des téléphones portables dans les lycées, comme si là se trouvaient les raisons des problèmes de violences scolaires?

Ne serait-il pas enfin prudent de respecter le temps judiciaire? 

C'est à dire exactement ce que réclamaient les députés de la majorité à propos de l'affaire Benalla qui, en son temps et entre autres "bêtises", avait braqué une serveuse à l'aide d'un - vrai - revolver, tout cela sous les yeux du candidat devenu Président.

Christophe Chartreux

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Une nouvelle violence à l'Ecole? Le ''précédent'' de Porcheville... Par Claude Lelièvre

22 Octobre 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Une nouvelle violence à l'Ecole? Le ''précédent'' de Porcheville... Par Claude Lelièvre

La nouveauté n'est pas évidente, même si la diffusion des images du ''braquage'' avec une arme factice d'une enseignante par un lycéen a gagné non seulement les réseaux sociaux mais aussi les chaînes en continu (et même les autres ) inscrivant de facto cet acte inadmissible dans la sphère politico-médiatique .

Dans le livre que j'ai écrit avec Françis Lec (l'avocat conseil national de la Fédération des Autonomes de Solidarité laïque) et qui est paru chez Fayard en 2007 sous le titre "Histoire vraie des violences à l'Ecole'' , on peut trouver entre autres le passage suivant ( pages 174-175):

L’agression filmée de Porcheville : une première ?

Très à la mode chez certains adolescents en Angleterre, le jeu du « Happy slapping » (joyeuse claque) consiste à gifler ou à boxer quelqu’un au hasard dans un lieu public sans aucune raison ; la scène (qui dure quelques secondes) est filmée à l’aide d’un portable, puis mise en ligne sur Internet et diffusée dans les heures qui suivent l’agression.

Le « Happy slapping » est apparu en France depuis quelques mois, et des dizaines d’adolescents en ont été victimes lorsque, le 24 avril 2006, il atteint pour la première fois une enseignante, professeure au lycée professionnel Lavoisier de Porcheville. Avant même le début de son cours, l’un de ses élèves majeurs lui lance une chaise à la figure, l’accable de coups de poing, lui fait un croche-pied et continue de la frapper au sol. La scène est filmée durant près de quinze secondes par un camarade de classe et diffusée quelques heures plus tard sur les portables de leurs relations.

Placé en garde à vue, puis laissé en liberté, l’auteur de l’agression filmée a simplement expliqué que l’enseignante « l’énervait ». La rapide médiatisation de ces violences amène le procureur de la République de Versailles à reconnaître qu’il y avait eu mauvaise appréciation du Parquet sur cette affaire. L’agresseur est finalement renvoyé devant le Tribunal correctionnel pour violences volontaires ayant entraîné une ITT de moins de huit jours sur une personne chargée d’une mission de service public, et son complice est poursuivi pour complicité, défaut d’assistance à personne en danger et atteinte à l’intimité de la vie privée. L’auteur des violences est condamné le 15 mars 2007 à une peine de 20 mois de prison ( dont sept mois avec sursis ), assortie d’une obligation de travail et de soins médico-psychologiques.

De nouvelles préoccupations ministérielles ?

Le ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, prend la mesure de l’émotion du monde enseignant devant ces nouveaux ‘’risques du métier’’ et les dangers encourus par les élèves. Dans le « guide pratique » envoyé à chaque enseignant par le ministère à la rentrée scolaire 2006 ( « Réagir face aux violences en milieu scolaire » ), un passage est dûment consacré aux blogs et un autre au « Happy slapping ».

En cet automne 2018, va-t-on reprendre et continuer en l'occurrence la longue succession de ''plans contre les violences scolaires'' qui se sont succédé (et multiplié) de 1990 à 2011? Va-t-on revoir à cette occasion les annonces fracassantes (et soi-disant définitives) même au plus haut de l'Etat, sans que cela s'avère opérationnel ou même opérant? On peut le craindre. Mais on va voir.

Claude Lelièvre

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Conseil Supérieur des Programmes... Des nouveaux programmes sous influence réac ?

21 Octobre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Conseil Supérieur des Programmes... Des nouveaux programmes sous influence réac ?

Le Conseil supérieur des programmes planche jusqu'au 2 novembre sur les futurs parcours des élèves de seconde et de terminale. Entre fuites de documents, accusations de fake news et soupçons de dérive idéologique.

Calendrier ultracompressé, atmosphère de travail délétère et soupçons de coup de vis conservateur : c’est dans ce contexte loin d’être idéal que le Conseil supérieur des programmes (CSP) attaque ce lundi sa troisième semaine de travail autour des nouveaux programmes du lycée. La tâche est costaude. Depuis le 10 octobre et jusqu’au 2 novembre, les 17 membres de cette instance sont censés découvrir, amender et voter pas moins de 82 parcours des classes de seconde et première. «La fabrique des programmes n’est jamais facile, mais là c’était particulièrement mal parti avec un temps aussi resserré», regrette Claire Guéville, secrétaire nationale du Syndicat national des enseignants du second degré (Snes). «Le rôle du CSP est réduit à celui d’une chambre d’enregistrement», tacle Denis Paget, ancien membre du Conseil, dont le mandat s’est achevé le 10 octobre.

A ce rythme échevelé s’est ajoutée une autre critique, celle d’un virage conservateur orchestré par la nouvelle direction du CSP, très proche du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, et qui n’a pas donné suite aux sollicitations de Libération. Pour comprendre les origines de cette guérilla idéologique, il faut revenir à la naissance du Conseil. Créée en 2013 par Vincent Peillon, l’instance avait pour ambition d'introduire plus de pluralisme dans la conception des programmes scolaires, en faisant notamment de la place à des représentants de la société civile. Mais l’arrivée de Jean-Michel Blanquer Rue de Grenelle marque un tournant. En septembre 2017, le géographe Michel Lussault, président du CSP, démissionne en dénonçant le «mépris» et la «désinvolture» du ministre, regrettant ses «annonces souvent unilatérales et idéologiques»

«Coquille vide»

La nouvelle présidente, Souâd Ayada, professeure de philosophie et inspectrice générale de l’Education nationale, débarque avec des opinions bien tranchées. Dans une interview-bazooka au Point, l’été dernier, elle s’en prend à ceux que son ministre nomme les «pédagogistes» «Moi, je crois que l’enseignement scolaire doit rester scolaire.» Le 30 septembre, Marie-Aleth Grard, vice-présidente d’ATD Quart Monde et membre du CSP, présente à son tour sa démission, jugeant qu'«on ne peut plus discuter» au sein de l’instance. Au site spécialisé le Café pédagogique, elle explique : «On n’est pas proche du tout des parents en général, et encore moins des parents pauvres.»

Pour Viviane Youx, présidente de l’Association française des enseignants de français (Afef), le CSP n’est plus aujourd’hui qu’une «coquille vide aux ordres du ministre»«L’objectif est d’aller le plus vite possible dans la conception des programmes pour passer en force et ne pas laisser aux enseignants le temps d’y réfléchir, regrette-t-elle. Le temps politique est toujours catastrophique pour l’éducation.» La mise au pas du CSP, où les inspecteurs généraux (l’élite administrative du ministère) ont fait leur retour en force, rencontre tout de même quelques résistances.

Citadelle assiégée

Courant octobre, le Snes publie sur son site Internet les ébauches de programmes sur lesquelles planche le CSP. Le 10 octobre, l’historienne Laurence de Cock s’émeut dans Libération que l’histoire de l’immigration et celle des femmes n’y trouvent pas une plus grande place. Fureur de la direction du Conseil qui évoque dans un communiqué des «documents de travail falsifiés», soutenant que l’histoire de l’immigration sera bien abordée en classe de première. Le ministre Jean-Michel Blanquer rétorque aussi violemment sur France Inter, parlant même d’une «infox». Or, selon Denis Paget, qui a siégé au CSP jusqu’au 10 octobre, l’histoire de l’immigration était bien absente des projets de programmes révisés. «Tant mieux si la mobilisation a permis de les réintégrer», dit-il.

La direction du CSP se retranche de plus en plus. Désormais, les membres ne peuvent plus plancher en amont sur les projets de programmes, par crainte des fuites. Seule solution : venir sur place, le matin même entre 9 heures et 10 heures, pour en consulter une version papier à rendre à la fin. «C’est n’importe quoi, on découvre les programmes le jour J, avec l’impression qu’on parle des codes de l’arme nucléaire», s’emporte Erwan Le Nader, président de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), qui a été reçu par le CSP il y a quelques semaines.

«Lagarde et Michard»

Au-delà d’une méthode qui «dysfonctionne totalement», il estime que le fond même des nouveaux programmes pose question. Notamment pour les matières sensibles (histoire, français, sciences économiques et sociales), dont chaque réforme déclenche des soupçons de biais idéologique. Pour sa matière, il regrette la «prédominance de la microéconomie», au détriment notamment des questions comme «le rôle de l’Etat dans les politiques publiques». En français, Viviane Youx s’inquiète d’une vision «très chronologique de type Lagarde et Michard». Autre grief : la probable disparition de l’écriture créative au baccalauréat, laissant comme seules épreuves la dissertation ou le commentaire de texte. 

Autant d'inflexions qui témoignent, d’après Denis Paget, d’une «hausse du niveau d’exigence» «Ces nouveaux programmes seront très difficiles pour une partie des élèves, avec une survalorisation de l’aspect chronologique. Les gens qui poussent en ce sens ont l’idée que le lycée n’est pas pour tout le monde. Le but, c’est de le profiler comme l’antichambre de l’université.»

Sylvain Mouillard

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Education - Il n'existe pas de culture magique...

20 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Art

Education - Il n'existe pas de culture magique...

Edouard Philippe, Premier Ministre, a publié il y a quelques mois un livre intitulé Des hommes qui lisent chez Lattès. Le chef du gouvernement y livre sa vision de la culture. Celle-ci permettrait, c'est la thèse sous-tendue par le contenu de l'ouvrage, d'assurer à la génération présente et à celles à venir un futur étincelant dont l'illustration se trouve sous nos yeux: le quinquennat actuel. Il fallait y penser. 

Comme si la culture et ses pratiques diverses, notamment la lecture, suffisaient à bâtir les structures d'une politique. 

Comme si la culture, la lecture, la musique suffisaient à donner envie d'échafauder une société sans haine ni violence.

Comme si - et je ne parle plus ici du livre d'Edouard Philippe mais ne m'en éloigne pas vraiment - une "rentrée en musique" suffisait à créer du lien dans une école tout à coup bienheureuse. Par la magie de la baguette d'un chef.

Comme si la promotion des arts et de la culture, notamment par "le goût du livre et la pratique musicale", suffisaient à faire d'un enfant un être épanoui, complet et ouvert au monde. Un enfant "libre" en quelque sorte.

Comme s'il suffisait de chanter ou de pratiquer un instrument pour "créer du bonheur". Je cite le Ministre de l'Education Nationale dans un entretien donné au magazine Le Point :

"Le théâtre ou les pratiques musicales collectives, qu'il s'agisse de chorale ou d'orchestre, sont très importants, car ils supposent l'écoute de l'autre pour atteindre une harmonie collective. La musique crée tout simplement du bonheur. Et son bienfait cognitif est démontré."

On ne peut s'empêcher, tant en lisant Edouard Philippe que les ministres de l'Education Nationale et de la Culture, de soupçonner une forme d'instrumentalisation de la culture à des fins uniquement politiques. 

Comment peut-on croire, et surtout faire croire, que la seule apparition "magique" du bonheur à l'écoute d'un concerto ou à la lecture de Proust permettrait à n'importe quel élève de s'emparer des clefs de compréhension du monde qui l'entoure et, souvent, l'agresse ? C'est oublier très et trop aisément que la lecture, l'écoute d'un morceau, la pratique d'un instrument, le jeu d'un acteur disant un grand texte sont D'ABORD affaire d'éducation. De même qu'apprécier tel ou tel chef-d'oeuvre, quel que soit son domaine, est aussi affaire d'éducation.

C'est exactement ce qu'en dit la philosophe et historienne Perrine Simon-Nahum dans Libération :

"La culture est semblable à la démocratie. Pas plus que cette dernière n'est le régime du consensus, mais bien, comme le montrait l'historien François Furet, celui de la crise, la culture ne saurait se résumer au seul sentiment de plaisir et de facilité qu'Edouard Philippe se plait à décrire. Les livres sont, certes, les compagnons indispensables d'une vie mais ils se gardent d'être toujours dociles et sympathiques. Ils peuvent aussi être violents, voire hostiles, se dérober et nous échapper".

J'engage vivement  le Premier Ministre, le Ministre de l'Education Nationale et celui de la Culture à cesser de croire pouvoir transformer un peuple d'enfants en peuple apaisé par la seule pratique, détachée de tous pré-requis éducatifs.

N'oublions jamais que les allemands composaient l'un des peuples les plus érudits d'Europe avant de se donner à l'enfer du nazisme. N'oublions jamais que les idéologues Khmers Rouges firent leurs études dans les plus prestigieuses universités françaises. Pour quels résultats?... 

Il n'existe aucune "culture magique". La culture à elle seule, détachée de tout et offerte à la seule pratique, ne sera jamais un viatique suffisant. Chanter, lire, jouer, quoi qu'en disent les "sciences cognitives", ne suffisent pas ex nihilo à rendre un enfant "libre"! Encore moins à servir de marchepied à une politique!  

Il n'est de "culture" que celle qui s'apprend, s'apprivoise et se maîtrise. Toutes les autres approches ne peuvent rien entraîner de positif. Bien au contraire...

Christophe Chartreux

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