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Vivement l'Ecole!

education

Tous évalués, tous menacés...

9 Septembre 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Politique, #Sociologie

A écouter en cliquant ci-dessous

Dimanche 9 septembre 2018

par Philippe Bardonnaud , Vanessa Descouraux , Géraldine Hallot

Enquête de satisfaction, fiche d'évaluation, site de notation d'hôtels ou de restaurants, aujourd'hui, tout le monde peut donner son avis sur tout le monde. Au risque parfois, de ruiner une carrière ou de mettre en péril la santé d'une entreprise.

Pour aller plus loin

Sur Cairn, article de la revue "Connexions" "Résister à la société de la norme et de l'évaluation" de Marie-José Del Volgo et Roland Gori, 2010

Sur le site du Nouvel Obs, article multimédia "Tous notés ? Contournons les applis qui encouragent l'évaluation permanente", 29 avril 2018

Sur le site du magazine "Psychologie", article de Ségolène Barbé, "Tous évalués", novembre 2008

Sur le site CITERES, CNRS-Université de Tours, article de Michel Chauvière « Ce que fait et produit l’évaluation généralisée »

Sur le site du Café pédagogique, article "Changer l'évaluation pour changer la société ?", mai 2016

Sur Cairn, article d'Yves Charles Zarka, "L'évaluation : un pouvoir supposé savoir", 2009

Sur le site Espace Temps, article de Christian Ruby, "Le paradigme de l'évaluation", 2004

Sur le site de Revue internationale d'éducation de Sèvres, article de Jacques Weiss, "Evaluer plutôt que noter", 1996

Documentation : Sabine Bonamy

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Stanislas Dehaene... Un jour pour... Un jour contre...

8 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Stanislas Dehaene... Un jour pour... Un jour contre...

e Ministère de l'Education Nationale est, depuis quelques jours, doté d'un Nième organisme appelé "Conseil Scientifique de l'Education Nationale". A sa tête, un neuroscientifique professeur au Collège de France, Stanislas Dehaene. 

Deux informations circulent à son sujet, ou plus exactement au sujet de :

- son avis sur la semaine de 4 jours à l'école primaire ;

- sa position par rapport à l'apprentissage de la lecture.

La semaine de 4 jours

Stanislas Dehaene s'est toujours opposé, comme l'actuel Ministre de l'Education Nationale à une certaine époque, à la semaine de 4 jours à l'école. Par exemple - mais j'aurais pu produire des dizaines d'autres sources - sur le site "Canal Académie" :

« Rien de la lecture n’est évident pour l’enfant. Il faut s’entraîner un peu tous les jours, avec des périodes de sommeil pour consolider l’apprentissage. En ce sens, la concentration de l’apprentissage sur une semaine de 4 jours est une absurdité » poursuit Stanislas Dehaene.

Pourtant, rappelle Jean-Michel Blanquer, la semaine de 5 jours au lieu de 4 existe déjà. « C’est la semaine de 9 demi-journées par semaine que les recteurs et inspecteurs d’académies sont invités à appliquer. Le cadre administratif et juridique le permet déjà. Il faut en effet une bonne répartition du temps comme le dit Stanislas Dehaene, mais jusqu’à présent, le problème n’a pas tellement été un problème d’ordre ministériel, mais un problème de responsabilisation des adultes, localement ». (Voir lien/source 1 en bas de page)

Quelle ne fut pas la surprise générale - sauf peut-être pour quelques médias privés de mémoire et militants politiques devenus très distraits - d'entendre le même néo-Président de commission scientifique affirmer sur France Inter le 11 janvier 2018 : "Semaine de 4 jours : Je ne suis pas sûr qu'il y ait erreur". (A réécouter/Lien 2 en bas de page)

Pour un scientifique, toujours très affirmatif dans ses déclarations, cette soudaine hésitation ne laisse pas de surprendre la communauté éducative. Car n'étant "pas sûr", doit-on comprendre que notre éminent chercheur, s'il cherche incontestablement beaucoup, n'a pas encore trouvé les Graal annoncés avec tambours et trompettes d'une renommée peut-être factice.

L'apprentissage de la lecture

Quant à ses positions sur l'apprentissage de la lecture, le monde des médias et réseaux relaient depuis quelques jours l'absolue confiance de Stanislas Dehaene en la seule méthode syllabique, le fameux B-A/BA.

Pourtant, les écrits et propos de notre chercheur, sont loin d'être aussi tranchés:

"Pour la lecture par exemple, la recherche en sciences cognitives a clairement démontré la supériorité de l’approche « phonique », l’enseignement systématique des correspondances graphème-phonème. Cependant, cela ne signifie en aucun cas que nous faisons l’apologie d’une méthode unique (« la » syllabique). Lorsqu’un ministre de l’éducation a voulu imposer le « b-a ba », j’ai réuni des chercheurs au Collège de France pour rappeler que les choses ne sont pas si simples. La seule chose qui importe au tout début de la lecture, c’est l’enseignement explicite et systématique des correspondances entre l’ordre temporel du langage parlé (la séquence de phonèmes) et l’ordre spatial de ce qui est écrit (l’agencement des graphèmes, de gauche à droite). Méthodes analytiques et synthétiques peuvent être toutes les deux phoniques. Dans l’état actuel des connaissances, on ne peut affirmer que l’une marche mieux que l’autre. On peut assembler des lettres en syllabes et en mots (b+a=ba, approche synthétique), mais aussi partir d’un vrai mot et le décomposer en graphèmes (approche analytique). Encore faut-il employer une progression rigoureuse, qui parte de mots très simples, avec un tout petit nombre de graphèmes connus de l’enfant, avant d’introduire progressivement des mots plus complexes. Partir d’un mot comme « fou », expliquer qu’il est composé de « f » et « ou », que si on change le premier son on obtient « chou »… : c’est une méthode analytique qui fonctionne (et qu’il ne faut surtout pas confondre avec l’approche globale, où l’attention ne se focalise pas sur la composition interne des mots). La recherche continue, et l’on redécouvre par exemple l’importance du geste d’écriture. Ecrire le mot lentement au tableau tout en l’épelant, faire tracer les lettres par l’enfant, sont bénéfiques, notamment parce que ces méthodes soulignent l’organisation  spatiale et temporelle du mot. " (Lien/Source 3 en bas de page)

Nous pourrions, sur ce sujet toujours sensible en France, produire bien d'autres propos de Stanislas Dehaene, tous allant dans le même sens: la méthode syllabique, présentée aujourd'hui sous l'autorité du même Dehaene comme DEVANT être LA méthode à suivre, ne présente aucun caractère miraculeux.

A l'écoute et à la lecture de ces propos, très contradictoires pour le moins, une question se pose : Stanislas Dehaene tient-il un discours lorsqu'il travaille dans son laboratoire et un autre, plus politiquement correct, lorsqu'il siège à la tête de la commission ministérielle? Il serait bon d'obtenir des éclaircissements rapides. Si la nature a horreur du vide, l'éducation a horreur des changements de pied.

http://www.canalacademie.com/ida9033-Apprendre-a-lire-de-nouveaux-outils-pedagogiques-elabores-a-partir-de-travaux-de-psychologie-cognitive.html

https://www.franceinter.fr/emissions/interactiv/interactiv-11-janvier-2018

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/03/13032014Article635302900918362864.aspx

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Eva Illouz : "L'injonction au bonheur a pour fonction d'anesthésier la souffrance sociale"...

8 Septembre 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Pédagogie

Ces diverses "rentrées en musique" ou "en chantant" ont quelque chose qui me gène...

Je ne parviens pas à définir quoi...

Peut-être cette injonction au bonheur... Ce qui aboutit à ça... (Voir vidéo ci-dessus):

"Rentrée "en musique" des personnels d'encadrement pour la réunion de rentrée avec les personnels de direction et d’encadrement." 

L'injonction au bonheur est à manier avec infiniment de prudence.

J'engage celles et ceux qui souvent veulent imposer le bonheur à consulter le lien ci-dessous et à méditer cette phrase:

Eva Illouz : "L'injonction au bonheur a pour fonction d'anesthésier la souffrance sociale"

ainsi que cette autre, totalement d'actualité:

[Le culte du bonheur créé] de nouvelles hiérarchies émotionnelles où ceux qui râlent, ceux qui sont en colère sont "pathologisés".    
(Eva Illouz) 

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La rentrée scolaire vue par France Culture...

8 Septembre 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

La rentrée scolaire vue par France Culture...

"Liberté, Egalité, Fraternité" : les élèves, les parents et les professeurs ont-ils toujours foi dans la devise républicaine inscrite sur le fronton de toutes les écoles ? En cette semaine de rentrée, France Culture a voulu questionner à travers sa série documentaire les inégalités sociales toujours plus importantes au sein de l'Ecole républicaine.

Pendant ce temps, d'autres débats autour de la pédagogie agitaient médias et réseaux sociaux : faut-il multiplier les cours d'éducation sexuelle pour briser le silence porteur de violence et de domination ?

Doit-on réformer l'orthographe et la grammaire, en commençant peut-être par simplifier les règles de l'accord du participe passé comme le préconise aujourd'hui la fédération Wallonie-Bruxelles?

Ou encore, comment démocratiser l’enseignement à l'heure où l'on constate l'échec des MOOCs, ces cours en ligne accessibles à tous qui ambitionnaient de révolutionner l'éducation il y a cinq ans à peine ?

Enfin, parallèlement à ces réflexions sociétales, La Compagnie des auteurs choisissait d'aborder la rentrée à l'aune des romans sur l'école avec Robert Musil et son élève Törless, Colette et son espiègle personnage de Claudine, ou encore Vargas Llosa, qui fit l'expérience douloureuse d'un internat militaire censé lui faire passer le goût des mots.

Belles écoutes !

Hélène Combis-Schlumberger

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Quand Stanislas Dehaene sombre dans les banalités...

7 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Quand Stanislas Dehaene sombre dans les banalités...

Lisant l'entretien donné à Libération (voir lien en bas de page) par Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste, neuroscientifique,  président du conseil scientifique de l'Éducation nationale, j'ai été effaré par tant de banalités.

Mais il y a  plus grave.

Les propos de monsieur Dehaene sont affligeants par ce qu'ils taisent:

- tout le travail sur la relation pédagogique;

- les situations d’apprentissages;

- la culture;

- les questions sociales;

Etc.

Stanislas Dehaene, et ce fut le même discours récemment sur France Inter,  recentre exclusivement son propos sur les "mécanismes".

Il ne s'agit là, ni plus ni moins, que d'un vaste tour de "passe-passe" pédagogique. Et quand je dis "pédagogique"... Bref.

Les médias font pourtant la part belle – cf. encore la Une de L’EXPRESS de cette semaine – au neuroscientifique.

Toute la macronie derrière lui soutient son propos lisse, moderne, loin des "vieux clivages", scientifique, rassurant…

Il twitte en anglais, enseigne au collège de France…

Un "premier de cordée" idéal… Il semble même séduire des mouvements pédagogiques...

Et pourtant, attention! Vraiment!

Christophe Chartreux

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Blanquer piégé sur le participe passé par manque de tolérance... Par Claude Lelièvre...

7 Septembre 2018 , Rédigé par EducPros - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Blanquer piégé sur le participe passé par manque de tolérance... Par Claude Lelièvre...

Le ministre de l’Education nationale a subi une épreuve quelque peu humiliantes faute que soient prises en compte par ses  »examinateurs » (des journalistes) et par lui-même (!) les « tolérances grammaticales ou orthographiques » de l’arrêté  » Haby » du 28 décembre 1976.

Sur France Info, le jeudi 6 septembre. L’un des journalistes interroge Jean-Michel Blanquer: « Les crèpes que j’ai mangées. Mangées? » «  »ées ». « Oui.! Les crèpes, virgule, j’en ai mangé. Mangé? » "ées, aussi ".  »Non , j’en ai mangé; avec en, c’est é ».  "Vous auriez dû dire les crèpes, virgule, j’en ai mangé’‘.  "C’est ce que j’ai dit, virgule ".

L’autre journaliste prend le relais dans l’interrogation du ministre de l’Education nationale: « Les deux euros que m’a coûté ce livre. Coûté?  » .  " é’‘.  "Oui".  »Ce n’est pas si difficile que ça. Puisque ce n’est pas le complément d’objet direct« .  "C’est plus subtil que cela en fait. Lorsque le participe passé du verbe coûter est employé au sens propre, il est invariable; mais il est variable lorsqu’il est utilisé au sens figuré"

Il est remarquable que ni les journalistes, ni surtout le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer n’ont songé aux « tolérances grammaticales ou orthographiques » de l’arrêté du 28 décembre 1976:

« Accord du participe passé conjugué avec avoir dans une forme verbale précédée de en complément de cette forme verbale: J’ai laissé sur l’arbre plus de cerises que je n’en ai cueilli ou j’ai laissé sur l’arbre plus de cerises que je n’en ai cueillies » « Participe passé des verbes tels que : coûter, valoir, courir, vivre, etc, lorque ce participe est placé après un complément: je ne parle pas des sommes que ces travaux m’ont coûté (coûtées). J’oublierai vite les peines que ce travail m’a coûtées (coûté)’

Au lieu d’évoquer ces  »tolérances » (par manque de  »science » ou de "pragmatisme", ses deux  »principes » proclamés?), le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer répond aux journalistes: « Bien sûr, il y a des subtilités. Mais pourquoi vouloir édulcorer les choses? Nous sommes un grand pays. Nous sommes structurés par notre langue. Son rôle est fondamentaml dans ce que nous sommes« 

Bigre, une invocation soudaine à la préoccupation politique  »identitaire? Ou bien tout simplement la conséquence plus ou moins inconsciente d’un aphorisme de Claudel : « la tolérance, il y a des maisons pour ça »

Claude Lelièvre

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Revue de Presse Education... Rentrée... Polémiques... Pédagogie...

7 Septembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Rentrée... Polémiques... Pédagogie...

C’est la rentrée ! Les médias en parlent beaucoup et certaines polémiques se poursuivent autour de la grammaire et de l’éducation sexuelle.

Rentrée

En cette première semaine de de cours, découvrons qui sont les professeurs. Les décodeurs du Monde se penchent sur les statistiques pour en dresser un portrait-robot.

« Pour la rentrée, les Décodeurs rappellent que 70 % des enseignants sont des femmes, avec un âge moyen de 43 ans et une rémunération de 2 332 euros. »

Revenons encore sur ParcourSup. « En France, la sélection par l’échec est une coutume »

« « Nous fabriquons des jeunes honteux de ce qu’ils sont », déplore la pédopsychiatre Catherine Jousselme. Elle analyse, dans un entretien, la sélection dans le système scolaire, qui débute bien en amont de Parcoursup. »

Certains villages ont obtenu le maintien de leur classe unique. La logique des habitants et des maires s’oppose à celle des autorités de l’éducation nationale.

« A Goupillières, comme dans dix autres communes du département, un référé a permis d’éviter la fermeture de l’école. L’éducation nationale a fait appel. Le petit village, où l’école-mairie est le seul service public, fait partie des dix communes de Seine-Maritime à avoir contesté devant le tribunal administratif le retrait d’un poste d’enseignant pour la rentrée 2018. Dans les écoles qui ne comptent qu’une seule classe, le retrait d’un poste conduit de facto à la fermeture. »

On publie un bilan des expérimentations de mixité sociale dans les collèges à Paris.
“ « L’enjeu est de convaincre les familles qu’elle ne pénalisera pas leurs enfants »
Une étude publiée jeudi fait le bilan des expérimentations menées à Paris depuis un an. Entretien avec le chercheur Julien Grenet, l’un des auteurs, qui parle de résultats « plutôt encourageants ».”

Polémiques

L’orthographe continue de déchaîner les passions. En cette rentrée, c’est l’accord du participe passé qui fait polémique.

« Les crêpes que j’ai mangé » : « un nouvel accord pour le participe passé La fédération Wallonie-Bruxelles souhaite modifier les règles du fameux « accord du participe avec l’auxiliaire avoir », jugées complexes et grammaticalement peu pertinentes. Et invite les autres pays francophones à la suivre. »

Une première réaction particulièrement hostile, celle de Romain Vignest :« Renoncer à maîtriser la langue, c’est renoncer à penser » « L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire ».

Et une autre qui trouve la proposition hors-sujet. « Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire ». « Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, enseignante et présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet. »

Du côté de la Suisse, on analyse les différentes réactions sur les réseaux sociaux.

“Sur les réseaux, la levée de boucliers est quasi générale. « Il faut être sot pour penser et dire que l’orthographe est la science des ânes. Aussi ardu soit-il, l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir est un exercice de gymnastique intellectuelle qui fait appel à l’agilité de notre esprit, donc à notre intelligence », affirme Olivier Siou, rédacteur en chef adjoint du service politique de France Télévisions. Darius Rochebin défend lui aussi ce trésor de la francophonie : « Se rappeler que les règles, même quand elles sont arbitraires à l’origine, sont maintenant le corps vivant de la langue. Danger de mutilation, danger de se couper des grands auteurs. »”

Claude Lelièvre analyse lui-aussi les réactions et revient sur les réformes grammaticales. Je participe (passé) : un passif ?

« L’un s’en prend au "Monde’’ qui a offert dans sa rubrique ’’Idées’’ une tribune ’’pour’’ et une tribune ’’contre’’ la modification de l’accord du participe passé. L’autre pointe que les ’’pédagos’’ n’ont pas le minimum de perception politique qu’ont leurs adversaires. »

L’autre polémique de la fin de l’été, c’est l’éducation sexuelle à l’école. De nombreuses rumeurs ont circulé cet été.

Education sexuelle à l’école : le gouvernement veut avancer malgré les rumeurs
« Des rumeurs qui rappellent celles qui avaient circulé au moment des "ABCD de l’égalité", un dispositif visant à promouvoir l’égalité filles-garçons qui avait été abandonné en 2014 face aux polémiques. "Je sais bien que ce type de sujets est souvent un ventilateur à fantasmes", a souligné Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de rentrée. "Il n’y aura pas d’éducation à la sexualité explicite à l’école primaire, rien qui heurte le bon sens de tout père ou mère de famille". »

Malgré tout le gouvernement martèle son engagement
« Marlène Schiappa et Jean-Michel Blanquer vont envoyer aux recteurs une circulaire leur demandant de mettre en œuvre la loi qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité, de l’école au lycée. »

Pour terminer, un entretien très intéressant dans le Café pédagogique. A l’heure où le ministère entend évaluer les élèves (et, visiblement leurs enseignants), il est bon de se pencher sur les effets néfastes de ces évaluations dans les pays qui y ont recours.

« Que nous apprennent les batteries d’évaluations nationales sur l’efficacité d’un système éducatif ? Pas grand chose et surtout rien d’essentiel, répond Stéphanie Demers, professeure à l’Université du Québec en Outaouais. Dans cet entretien donné au Café pédagogique elle montre non seulement les retombées négatives de ces système d’évaluation mais aussi leur incapacité à évaluer réellement la valeur d’une éducation. »

Géraldine Duboz


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Qu'est-ce qu'apprendre?...

7 Septembre 2018 , Rédigé par Cairn info - Liberation Publié dans #Education

Qu'est-ce qu'apprendre?...

A l'Interview assez hallucinante de Stanislas Dehaene dans Libé, donnée à l'occasion de la sortie de son livre "Apprendre" - Odile Jacob - 22 euros 90 et dans laquelle le chantre des neurosciences  affirme: "L'apprentissage c'est ce qui caractérise notre espèce" - affirmation TRES discutable; je préfère celle-là: "Rire est le propre de l'homme" - j'offre cette lecture comparative:

  1. Apprendre, c’est désirer
  2. Apprendre, c’est persévérer
  3. Apprendre, c’est construire
  4. Apprendre, c’est interagir
  5. Apprendre, c’est prendre des risques
  6. Apprendre, c’est changer
  7. Apprendre, c’est exercer un drôle de métier
  8. Apprendre, c’est mobiliser et faire évoluer un rapport au savoir
  9. Et alors ?
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Parcoursup : « En France, la sélection par l’échec est une coutume » ...

6 Septembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup : « En France, la sélection par l’échec est une coutume » ...

EXTRAITS

« Nous fabriquons des jeunes honteux de ce qu’ils sont », déplore la pédopsychiatre Catherine Jousselme.

Eduquer pour faire croître et non pour « casser » les vocations. Tel devrait être le centre de nos préoccupations, selon Catherine Jousselme, pédopsychiatre et chef du pôle enseignement-recherche de la Fondation Vallée, institution de soins en pédopsychiatrie située à Gentilly (Val-de-Marne). Au sein d’une société « méprisante par son élitisme », elle s’inquiète de voir monter le stress chez des jeunes dont les passions et compétences n’ont été ni repérées ni cultivées par le système scolaire.

Pour une pédopsychiatre, la procédure Parcoursup, c’est quoi ?

(...)

Parcoursup s’articule à la réforme du bac 2021, qui n’est pas encore en place. Donc les générations actuelles sont entre deux et c’est très compliqué. Et puis en France, la sélection par l’échec est une coutume. « Tu ne pourras pas aller en S », « tu finiras en bac pro »… Nous fabriquons une classe de jeunes honteux de ce qu’ils sont, et de « ne pas avoir le niveau ». Certaines séries sont toujours vues comme des dépotoirs. Comment considérerait-on l’élève Victor Hugo aujourd’hui, alors que la filière littéraire est encore dévalorisée ? Finalement, le sujet de la sélection n’est pas tant APB ou Parcoursup, il se situe bien en amont.

Qu’a changé Parcoursup dans la vie des lycéens ?

Parcoursup – comme APB – demande aux élèves de se projeter après le bac alors qu’ils ne l’ont pas encore. Faire ses choix d’orientation en janvier, c’est délirant ! Et avoir des réponses positives ou négatives avant même les épreuves écrites du bac, ça met une pression difficile à gérer pour beaucoup. Le critère principal de cette sélection reste les bulletins scolaires de première et ceux du premier trimestre de terminale : comment garder l’envie d’apprendre dans ces conditions ?

La gestion de l’attente est de plus en plus anxiogène. Avec l’application Parcoursup, le stress de la vérification est quotidien. Ça peut vraiment devenir maltraitant ! Parmi les candidats encore en attente cet été, les plus sages auront éteint leur portable et confié à des proches la mission de faire le point. Les plus fragiles seront restés collés à leur téléphone avec une tachycardie matinale et la sensation d’être « pas comme les bons qui savent déjà où ils vont ».

(...)

A quel moment les enfants découvrent-ils la notion de sélection ?

Très tôt malheureusement… Dès la petite section de maternelle, quand l’enseignant lit une histoire, les enfants qui ont l’habitude des livres depuis toujours naviguent facilement dans l’organisation temporelle (début, cheminement, fin). Mais ceux pour qui c’est nouveau sont perdus. Alors il y a ceux qui s’agitent et sont vite punis, ceux qui s’inhibent, mais ne gênent personne, ceux qui gardent l’envie de s’accrocher. D’emblée, les enfants qui apprécient la lecture se distinguent de ceux qui restent « à côté » de l’histoire. Ce sont ces derniers qu’il faut aller chercher, au risque de les perdre et de cliver la classe, en oubliant la richesse qu’ils peuvent apporter au groupe à leur façon, avec leurs outils propres. C’est pour cela qu’il est si important d’avoir des classes à petits effectifs, avec des enseignants formés.

Les bulletins scolaires, à leur manière, creusent aussi les écarts. Dans mes consultations, j’en vois de toute sorte : avec des notes, des couleurs, des « notions acquises », « en cours d’acquisition », etc. La façon de rendre compte des résultats des élèves diffère selon les établissements, cela pose question dans un pays où la scolarité est censée être la même pour tout le monde. L’enfant qui est déjà dans les notes comprend tout de suite la sélection par les résultats scolaires. Comment permettre à chacun de développer au mieux toutes ses capacités si les élèves eux-mêmes construisent leurs valeurs identitaires à partir de leurs notes, de la nature de leur série (la sacro-sainte « S sinon rien »…) ou de l’estampillage de leur lycée (avec cette idée qu’un 16/20 ici ne vaut pas un 16 là…) ? Quelle société méprisante dans son élitisme…

(...)

S’il me paraît contreproductif de vivre dans le monde des Bisounours, en alimentant des rêves, sans tenir compte de la réalité des capacités de chacun, il me paraît très grave de laminer la créativité de certains, parce qu’on n’a pas cherché à l’analyser et à la comprendre. Pour avancer ensemble dans une solidarité qui seule fait le ciment des sociétés solides, il faut éviter la stigmatisation, l’humiliation, les choix par défaut et par facilité. Un être humain, a fortiori quand il est jeune, c’est une promesse de multiples bourgeons et l’arbre de la vie doit toujours rester vert.

Propos recueillis par

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Quelle interdiction du téléphone portable? "Non mais allo quoi!"...

6 Septembre 2018 , Rédigé par Se Unsa Publié dans #Education

Quelle interdiction du téléphone portable? "Non mais allo quoi!"...

Non mais allo, quoi ? Les media  ont saturé leurs publics du « téléphone portable interdit dans les écoles et collèges » pendant toute cette semaine de rentrée….Des journaux de 20 heures de TF1, France 2 et consorts aux fils d’actu des chaines d’information continue en passant par radios, presse papier et numérique... Pas un organe de presse n’a résisté à évoquer le sujet, de la brève à l’émission d’une heure, en passant par le micro-trottoir ou la parole aux auditeurs... Pas une oreille ou un œil ouverts sans tomber sur un commentaire sur cette fameuse loi « qui est très regardée par la presse étrangère aussi » s’enorgueillit le Ministre de l’Education Nationale, lors de récents tweets.

Et bien entendu, ce fut l’occasion de ne pas aller voir plus loin que le bout de son nez, pour se féliciter la plupart du temps de cette mesure qui apparaissait alors autant éducative, punitive que de prévention sanitaire ! Ils vont voir ce qu’ils vont voir tous ces adolescents accrochés à leurs écrans, en passant la porte de leurs établissements, on va les déconnecter, à force de loi, et on va les mettre face à des cahiers, livres et crayons, comme au bon vieux temps !
Et pourtant….. Les acteurs éducatifs que sont les chefs d’établissements, les inspecteurs, les CPE, les enseignants, savent bien que cette loi qui est censée interdire en fait autorise ! Elle autorise les usages pédagogiques, et personnels, c’est le règlement intérieur des établissements qui statue, et donc rien de très nouveau sous le soleil de rentrée !

« Art. L. 511-5. – L’utilisation d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques par un élève est interdite dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges et pendant toute activité liée à l’enseignement qui se déroule à l’extérieur de leur enceinte, à l’exception des circonstances, notamment les usages pédagogiques, et des lieux dans lesquels le règlement intérieur l’autorise expressément. »

Car qui pourrait contester qu’un téléphone portable en 2018, c’est tout à la fois, un appareil photo, une caméra, un micro, un mini-ordinateur ? Et des usages pédagogiques, on peut en inventer à l’infini avec une telle technologie….. De l’apprentissage des usages d’internet à la photographie du tableau de la salle de cours pour finir de recopier à la maison, ou de l’enregistrement d’un exercice oral en cours de langue à l’utilisation de la vidéo en arts plastiques…..

Ce sont bien les équipes éducatives qui pourront définir dans leur règlement intérieur les usages qu’ils autorisent, alors pourquoi ne pas communiquer sur cet aspect de la loi ? C’est un acte de confiance, que de laisser décider ceux qui éduquent au quotidien, mais ce n’est pas l’angle de communication politique qui a été pris. Dommage! Mais les esprits progressistes auront compris que tout ceci n’est qu’affaire de bruit médiatique….

Lisez en complément l’avis du SE UNSA sur la question de la loi qui autorise, par ici ecoleetsociete.se-unsa.org

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