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Vivement l'Ecole!

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«Mon fils a le droit d'aller à l'école mais pas ma fille» : des classes à nouveau fermées et des parents résignés

30 Avril 2021 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education

«Mon fils a le droit d'aller à l'école mais pas ma fille» : des classes à nouveau fermées et des parents résignés

EXTRAITS

La rentrée des élèves des écoles maternelles et primaires lundi s'est accompagnée d'un renforcement du protocole sanitaire. Dès les premiers jours, des classes ont fermé, renvoyant une nouvelle fois les élèves chez eux.

Le protocole mis en place pour accompagner la réouverture des écoles maternelles et primaires après trois semaines de fermeture est clair : au moindre cas de Covid-19 détecté dans une classe, celle-ci doit fermer. Cette mesure, déjà appliquée dans les territoires les plus touchés, concerne depuis la rentrée du 26 avril tous les établissements. Résultat, seulement quelques jours après la rentrée, des dizaines de classes ont fermé leurs portes, renvoyant les élèves chez eux, auprès de leurs parents.

Sur les réseaux sociaux, ils sont plusieurs à exprimer leur mécontentement face à cette nouvelle fermeture. «La classe de cm1/cm2 de ma fille fermée ce midi. Des parents inconscients ont mis leur fils symptomatique à l'école alors qu'ils attendaient les résultats du test. Ils sont revenus le chercher à 10h, il était positif. Je suis furieuse contre la bêtise des gens»; «Et c'est reparti pour un tour, deuxième fois qu'il y a un cas de Covid dans l'école de la grande. École fermée jusqu'au 6 mai», peut-on lire sur Twitter.

(...)

En attendant la fin de la période d'isolement de leurs enfants, certains parents d'élèves, résignés, supposent que ce ne sera pas la dernière fois qu'ils seront confrontés à cette situation, comme Coralie : «on s'organise au jour le jour, et on s'attend à ce que les prochaines semaines soient en dents de scie, jusqu'au mois de juillet».

Emilie Roussey

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Pauvre brevet. Pauvres élèves. - Par Claude Lelièvre...

29 Avril 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Pauvre brevet. Pauvres élèves. - Par Claude Lelièvre...

La publication des disciplines retenues pour l'épreuve de sciences du brevet marque la volonté du ministre d'organiser cet examen comme s'il s'agissait d'une année normale en dépit des interrogations des organisations syndicales. Et pourtant l'histoire du brevet montre qu'il a pu connaître des variations extrêmes...

Le 25 avril, la CFDT, la FSU, l'UNSA, le SNALC et  SUD avaient demandé au ministre une réorganisation du brevet : « Les examens du collège  […] ne pourront se tenir comme prévu puisque l'année n'a pas été normale. Nous demandons que des décisions soient prises pour clarifier l'organisation et les attentes de l'ensemble des examens »

La publication trois jours après des disciplines retenues pour l'épreuve de science ( la série physique chimie et SVT en série générale ; et physique chimie et technologie en série professionnelle) « marque la détermination du ministre d'organiser le brevet comme dans une année normale » est-il souligné dans « Le Café pédagogique » de ce jeudi.

Et pourtant l'histoire très tourmentée du ''brevet'' montre que l'on est loin d'un examen emblématique , stabilisé et intouchable

En 1947, le brevet est transformé en « brevet d’études du premier cycle du second degré » (BEPC), son appellation nouvelle signant ce qu’il est devenu avant tout, à savoir un examen qui scande un cursus scolaire – celui du secondaire – désormais clairement constitué de deux « cycles ».

Bien que le BEPC soit considéré comme un examen de fin de cycle (le premier cycle du secondaire) à partir de 1947, sa détention n'a jamais été jugée nécessaire pour entrer dans le second cycle.
À partir de1978, c'est même en quelque sorte l'inverse qui a été décidé : les élèves ayant fait l’objet d’une orientation vers le second cycle de l’enseignement secondaire n’ont même pas à passer les épreuves du brevet pour l’obtenir. En 1981, le diplôme – désormais intitulé brevet des collèges – est attribué sans examen, au vu des seuls résultats scolaires.

En 1986, un « examen écrit » (en mathématiques, français, histoire-géographie-éducation civique) est réintroduit par le ministre de l’Éducation Jean-Pierre Chevènement avec le triple objectif annoncé de « revaloriser le diplôme », de « motiver » davantage les élèves, et de les « préparer » à aborder des examens ultérieurement. Lors de sa première mouture, le taux de reçus ne dépasse pas 49%.
En 1988, pour l’essentiel sur cette base, est créé le « diplôme national du brevet », avec trois séries : collège, technologique et professionnelle. En 2001, prise en compte d’options facultatives.

En 2006, s’ajoute l’option « découverte professionnelle ». En 2007, ajout de la note de vie scolaire ; le contrôle continu ne porte que sur les notes de troisième et le sujet du brevet devient national (auparavant, il y avait des sujets différents par région ; ils sont désormais nationaux, mais les barèmes de correction restent définis localement). En 2008, l’obtention du brevet est aussi conditionnée par celle du Brevet informatique et internet (B2i) et du niveau A2 (du Cadre européen de références pour les langues) dans une langue vivante. En 2010, une nouvelle option facultative est ajoutée : l’histoire de l’art (une épreuve orale devant un jury de 2 à 3 personnes, dont un professeur d’art plastique ou de musique). Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, et pour un diplôme dont l'examen a pu être tout à fait évanescent à certains moments de son passé ?

Puis, à partir de 2012, « l’attestation de maîtrise des connaissances et des compétences du socle commun au palier 3 » (qui correspond à la fin de la classe de troisième) est obligatoire. Le Conseil supérieur des programmes avait envisagé en 2013 de supprimer l'examen du brevet et de ne garder que la validation du socle commun, les compétences étant appréciées domaine par domaine (quatre compétences par domaine, soit une vingtaine au total).

Finalement, la nouvelle logique du « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » ne l'a pas emporté jusqu'au bout, et l'on se trouve pris dans une sorte de compromis à géométrie variable où l'on ne sait pas vraiment quelle est la place de l'examen du brevet.

Mais on doit reconnaitre aussi qu'on ne saisit pas la logique qui a présidé à l'ensemble de l'histoire du brevet; Et on peut s'étonner d'une position intangible ministérielle dans les circonstances actuelles ( compte tenu notamment du passé – voire du passif- du ''pauvre brevet'')

Pour en savoir plus « L'école d'aujourd'hui à la lumière de l'histoire » paru en mars aux éditions Odile Jacob

Claude Lelièvre

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Vaccination : les enseignants, c’est pour quand ?

29 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

2021-04-29

Les cours ont repris lundi, alors que le gouvernement refuse toujours d’accéder à la demande pressante des profs d’être vaccinés en priorité. Un non-sens pour ces personnels très exposés.

Ça bloque au gouvernement ? Les collectivités locales se bougent. A Cannes, La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) ou dans certains arrondissements parisiens, entre autres, les maires ont décidé de permettre à tous les profs volontaires d’être vaccinés contre le Covid, s’asseyant ainsi sur la sacro-sainte stratégie vaccinale française basée sur l’âge et non sur la profession. Certains, à l’instar de Rachida Dati dans le VIIe arrondissement de la capitale, se sont fait taper sur les doigts, mais continuent de défendre mordicus leur position. Il faut dire que l’affaire est pressante : profs, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et autres agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) réclament inlassablement depuis janvier à être piqués en priorité. «Il aurait fallu que la vaccination des personnels de l’Education nationale démarre dès le lendemain de la fermeture des écoles pour que, au retour de congés, tous ceux qui le souhaitaient puissent avoir été vaccinés. C’est de la perte de temps, du gâchis», déplore Haydée Leblanc, enseignante en CM2 et cosecrétaire départementale du SnuiPP-FSU (syndicat majoritaire dans le primaire) dans la Somme. Les cours ont repris ce lundi et les coupe-file ne sont toujours réservés qu’aux profs d’au moins 55 ans. Encore trois semaines de perdues.

«Dans une journée, je croise au moins 1 000 personnes»

«Il est bien évident que si on veut que les profs soient présents en classe parce qu’ils sont essentiels et si on veut faire tourner l’économie, il faut prendre les mesures nécessaires», juge Delphine, enseignante en CP-CE1 dans l’Essonne. Car depuis le début de la pandémie, le nombre d’enseignants absents est – assez logiquement – plus élevé qu’à l’accoutumée, et les remplaçants manquent. «La vaccination est un moyen essentiel pour que l’école puisse tenir. Evidemment, il n’est pas question de capter toutes les doses qui seraient disponibles et d’être la priorité absolue, mais il est essentiel qu’on progresse», plaide Stéphane Crochet, secrétaire général de SE-Unsa.

Dans la banlieue de Bordeaux, Cécile, prof d’allemand en lycée, s’alarme des conditions dans lesquelles elle doit exercer lorsque tous les élèves sont présents : «Si vous voyiez l’exiguïté de nos locaux : c’est les couloirs du métro aux heures de pointe. Dans une journée, je croise de plus ou moins loin au moins 1 000 personnes et je côtoie de très près quatre à six fois 30 personnes, entassées, dans des salles où toutes les fenêtres ne s’ouvrent pas parce que les charnières sont cassées. Et ce sont des semi-adultes qui ont fait du masque un enjeu de défi de l’autorité, en ne le portant pas, ou mal.» Aucun doute : pour elle, la vaccination, «c’est une nécessité».

«Se dépatouiller»

En conférence de presse la semaine dernière, le ministre Jean-Michel Blanquer a entrouvert une petite porte en affirmant que les personnels de l’Education nationale de plus de 50 ans exerçant en maternelle – où les enfants ne sont pas masqués – et auprès d’élèves handicapés pourraient être prioritaires. Contacté par Libération, le ministère affirme qu’il n’a pas de précisions à ce sujet pour l’instant. «Avec les enfants, on ne peut pas avoir de gestes barrières, être loin d’eux. On essaye au maximum, mais il y a des moments où ce n’est pas possible», assure Aurélie, AESH dans une école élémentaire des Deux-Sèvres. Son boulot : aider les trois enfants qu’elle suit à écrire, suivre le cours, faire les exercices… «Je suis assise à côté de chacun. Les hôtesses de caisse, elles, sont entourées de vitres toute la journée», compare-t-elle.

A force d’attendre, l’heure tourne. Et la fin de l’année scolaire approche. Pour autant, les profs l’assurent : il n’est pas trop tard. «Avec la première dose, même si ce n’est pas du 100%, il y a une première protection, ce n’est pas peine perdue», défend Delphine. Elle-même, à 44 ans seulement, vient de réussir à dégoter un vaccin. Son médecin, estomaqué de voir que les enseignants n’étaient pas prioritaires, l’a mise en file d’attente pour bénéficier de doses restantes en fin de journée dans le centre de vaccination où il officie. Une semaine après, il l’appelait. «Comme souvent, les enseignants sont obligés de se dépatouiller pour faire les choses correctement», souffle-t-elle.

Elsa Maudet

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Les enseignants s’interrogent sur la mise en œuvre des autotests...

28 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Les enseignants s’interrogent sur la mise en œuvre des autotests...

EXTRAITS

Jusqu’ici recommandés aux élèves de plus de 15 ans, qui ouvriront la voie le 10 mai, ils pourront être utilisés dès la maternelle, a annoncé la Haute Autorité de santé. Mais dans les établissements scolaires, on attend encore des précisions sur leur déploiement.

A l’écran, des préados défilent en se mettant joyeusement un doigt dans le nez. « Vous savez faire ça ? », demande la vidéo, avant de montrer les mêmes utilisant un écouvillon d’autotest. « Alors, vous saurez faire ça. » Voilà comment le Luxembourg promeut, sur YouTube, le dépistage auprès des enfants et des adolescents : en promettant un geste rapide, indolore – et presque rigolo.

L’histoire ne dit pas si l’éducation nationale suivra cet exemple, alors que la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu, lundi soir, un avis positif sur l’usage des autotests pour les enfants – ils étaient jusqu’ici réservés aux plus de 15 ans. La HAS le recommande pour les enseignants et les élèves « dès la maternelle », mais précise que pour les jeunes élèves « il est préférable que le test soit fait par les parents ou le personnel formé », en insistant sur l’importance d’une mise à disposition gratuite et d’une « information complète et précise sur les modalités de réalisation ».

Aucune précision n’a pour l’instant été donnée, Rue de Grenelle, sur un éventuel élargissement des autotests en dessous de 15 ans. Les détails d’un déploiement « pour ces âges-là » seraient « en cours de calage » avec le ministère de la santé, explique l’entourage de Jean-Michel Blanquer, car cela implique « l’encadrement d’un adulte ».

Mais dans la communauté éducative, le feu vert de la HAS soulève déjà des questions, alors que le ministère a prévu la distribution de 64 millions d’autotests dès cette semaine aux enseignants du primaire, puis à ceux du secondaire la semaine du 3 mai, et enfin aux lycéens à partir du 10 mai.

(...)

Selon nos informations, les autotests devraient d’abord être distribués dans les lycées professionnels, le 10 mai, avant les voies générale et technologique. Dans cette filière, on trouve « de nombreux enseignants issus des écoles d’infirmiers, ou des diplômes de l’aide à la personne », affirme Pascal Vivier, secrétaire général du SNETAA-FO, « des professionnels capables d’apprendre aux jeunes à se servir des tests et d’encadrer ensuite les séances ».

Les choses sont moins claires pour le lycée général. Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN-UNSA, assure ne pas vraiment compter sur le « volontariat », après avoir eu entre les mains un « projet particulièrement complexe de protocole », qui implique de mettre les élèves dos à dos, matériel posé devant, sur une table désinfectée entre chaque usage. « Il va falloir répéter ça avec tous les élèves ?, s’interroge le proviseur. Clairement, il y a un effet de masse qu’on est les seuls à anticiper. »

(...)

Enfin, les tests réalisés à la maison ne régleront pas entièrement le problème de la traçabilité des cas. « Toute l’année, on a vu des enfants avec de la fièvre nous disant “Maman m’a donné un Doliprane”, alors que le protocole dit clairement qu’en cas de doute ils doivent rester chez eux », rappelle Guislaine David. Johanna Cornou assure, elle, qu’il y aura « toujours des parents qui refuseront de faire tester leurs enfants, ou qui les mettront à l’école quel que soit le résultat ». S’ils arrivent jusque dans les petites classes, les autotests permettront au moins de détecter le Covid-19 chez les tout-petits, très rarement testés jusqu’à présent.

Violaine Morin

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"Un nouveau contrat social pour la jeunesse" - Najat Vallaud-Blekacem

28 Avril 2021 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Politique

"Un nouveau contrat social pour la jeunesse" - Najat Vallaud-Blekacem
"Un nouveau contrat social pour la jeunesse" - Najat Vallaud-Blekacem

EXTRAITS

Najat Vallaud-Belkacem : «Je n’ai pas d’adversaire à gauche»

L’ex-ministre de François Hollande, qui défie le président sortant (LR) Laurent Wauquiez aux élections régionales en Auvergne Rhône-Alpes, plaide pour l’union de la gauche qu’elle espère réaliser au deuxième tour.

Candidate socialiste à la présidence de la région Auvergne Rhône-Alpes, Najat Vallaud-Belkacem cible le bilan du président sortant (LR) Laurent Wauquiez. Et livre les détails de sa mesure prioritaire : un « nouveau contrat social pour la jeunesse ».

En tant qu’ex-ministre de l’Education nationale, que pensez-vous des modalités de la rentrée scolaire ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM. Tout le monde préfère les écoles ouvertes aux écoles fermées. Mais les conditions dans lesquelles se fait cette rentrée ne sont pas satisfaisantes. Il y a un manque de préparation évident. Il aurait fallu en priorité vacciner tous les enseignants. On n’a pas prévu les remplaçants pour assurer la continuité pédagogique. Une partie de l’enseignement continue à se faire à distance, mais les outils numériques ont été sous-dimensionnés occasionnant à nouveau des bugs.

(...)

Quelle sera votre grande priorité si vous êtes élue ?

Je veux proposer un nouveau contrat social pour la jeunesse. Nous le lui devons. Ce sera un plan extrêmement ambitieux de 200 millions d’euros chaque année pour venir en aide aux jeunes aujourd’hui livrés aux difficultés et qui mobilisera tous les champs de compétence de la région, avec une obligation de résultat. Je ferai notamment passer de 100 000 à 500 000 le nombre d’entrées en formation professionnelle sur l’ensemble du mandat. A travers une société foncière régionale, on construira pour les jeunes des habitations de haute qualité environnementale comprenant des espaces de coworking. J’aiderai les jeunes travailleurs modestes à accéder à la propriété avec jusqu’à 40 % de réduction du coût du logement. Je prévois enfin la gratuité des transports pour les moins de 25 ans les plus précaires, des transports scolaires, des billets de TER à un euro le week-end pour tous les 16-25 ans qui rentrent chez eux, ou encore une flotte de vélos électriques en location longue durée pour les trajets plus courts. Je veux à la fois une ambition historique de reconstruction et de relance pour cette « génération Covid » qui est aussi la « génération Climat ».

(...)

Par Jannick Alimi et Julien Duffé 

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Éducation : des étudiants refusent les examens en présentiel et portent plainte contre deux ministres

28 Avril 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Certains étudiants devront passer leurs examens en présentiel. Plus de 1 000 d'entre eux ont porté plainte contre le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, pour mise en danger de la vie d'autrui. 

Léa et Tony sont étudiants en deuxième année de BTS commercial. Leur examen final se déroulera en présentiel, ce qui les met en colère. Ils n'apprécient pas ce rassemblement d'élèves, alors que les cours à distance leur sont imposés depuis un an. Au-delà de l'aspect sanitaire, ils soulèvent un problème d'équité. "Déjà l'année dernière, on a pu mettre en place un contrôle continu alors qu'ils étaient arrivés au terme de leurs cours, donc ils ont eu tous les cours, explique Léa. Et nous, on a été impactés sur un an et demi, mais on compte quand même nous faire passer un examen." 

Plainte contre Jean-Michel Blanquer 

Les élèves de BTS réclament un contrôle continu, en lieu et place des examens de fin d'étude. Ils ont porté plainte contre le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, se veut rassurante. "On a déjà l'expérience de concours qui parfois ont rassemblé des centaines d'étudiants venant de toute la France, (…) avec aucune constatation de cluster formé lors de ces examens", a-t-elle commenté mardi 27 avril, sur France Inter. Seule concession, les étudiants auront droit à une session de rattrapage. 

Certains syndicats lycéens réclament également le passage du baccalauréat en contrôle continu, à 100%. "Les lycées privés, pour la plupart, sont restés en 100% présentiel très longtemps alors que les lycées généraux sont passés assez rapidement dans cette dimension de la demi-jauge, donc il y a une égalité qui est totale", estime Pablo Béjar, secrétaire national du mouvement national lycéen (MNL). Dans l'enseignement supérieur, chaque établissement pourra à compter du 3 mai décider des modalités d'examen.

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Ecoles - « On a l’impression que le gouvernement est toujours aveugle et sourd », fustige Najat Vallaud-Belkacem

27 Avril 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education

Invitée de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », l’ancienne ministre de l’Education nationale, désormais candidate socialiste aux régionales en Auvergne Rhône-Alpes dénonce le manque de « préparation » de l’exécutif et « l’aveuglement » du ministre Jean-Michel Blanquer quant aux contaminations en milieu scolaire.

 

Un farouche désaveu. Invitée de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous » ce mardi, Najat Vallaud-Belkacem a pilonné « l’impréparation » du gouvernement dans la réouverture des écoles lundi 26 avril. « On est tous d’accord pour dire qu’il faut des écoles ouvertes. Mais quelles sont les conditions de la réouverture ? Ce qui me frappe c’est le manque de préparation, l’absence d’anticipation du gouvernement », a soulevé l’ancienne ministre de l’Education nationale de François Hollande.

 

Preuve en est, la plateforme numérique des cours à distance, le CNED, a encore rencontré des problèmes, lundi. « Le CNED a bugué une fois de plus ! Cela traduit un manque d’anticipation qui vient d’un aveuglement du problème dans les écoles », ne manque pas de fustiger la socialiste. En clair : « Longtemps le ministre Jean-Michel Blanquer a nié que le virus pouvait circuler parmi les élèves dans les écoles. Depuis le début, rien n’est anticipé dans les établissements scolaires : les cantines sont des clusters, les enseignants ne sont pas vaccinés. » La candidate aux régionales en Auvergne Rhône-Alpes reste marquée par l’exemple du lycée de Seine-Saint-Denis où 20 parents d’élèves sont décédés du covid-19 depuis le début de l’épidémie. Elle interroge : « On a arrêté les établissements scolaires pendant 4 semaines, on aurait pu se donner pour priorité de vacciner les enseignants, pourquoi on ne l’a pas fait ? »

 

Tout à sa campagne contre le président de région sortant, Laurent Wauquiez, elle a tout de même reconnu que l’ancien président de LR a « bien fait » en installant des purificateurs d’airs dans les établissements. « Il s’est retrouvé comme d’autres collectivités locales à devoir pallier les carences de l’État. On a l’impression que le gouvernement est toujours aveugle et sourd », constate la socialiste. Un manque d’investissement du gouvernement envers ces populations ? Najat Vallaud-Belkacem pense que « la pauvreté et la précarité » ne sont pas le centre « d’intérêt principal de ce gouvernement ». Si elle concède qu’elle va remettre ses propres enfants à l’école, elle craint déjà de nouvelles fermetures et des professeurs contaminés. Seront-ils remplacés ? « Non, il n’y a pas de remplaçants prévus », déplore-t-elle.

Pierre Maurer

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« Il est à craindre, pour le futur, que le SARS-CoV-2 et ses variants fassent des écoles des foyers épidémiques importants »

27 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Il est à craindre, pour le futur, que le SARS-CoV-2 et ses variants fassent des écoles des foyers épidémiques importants »

EXTRAITS

Selon un collectif de médecins et de chercheurs, il serait nécessaire de prendre des mesures plus contraignantes pour réduire la transmission du Covid-19 à l’école.

Tribune. Malgré ses appels à la vigilance, le premier ministre Jean Castex a donné le sentiment, lors de sa conférence de presse du 22 avril, que nous étions entrés dans une nouvelle ère. « Le pic de la troisième vague semble derrière nous », a-t-il déclaré. Le bout du tunnel serait en vue, avec une fin programmée de l’épidémie et un retour à la vie normale à l’été.

Pourtant, après seulement trois semaines de mesures de freinage plus ou moins renforcées, le niveau de circulation virale reste très élevé en France. De l’ordre de 30 000 nouveaux cas positifs par jour, alors que l’on teste moins, notamment dans les tranches d’âges les plus basses. La France est aujourd’hui l’un des pays où l’incidence est la plus forte : presque deux fois plus de nouveaux cas quotidiens rapportés à la population que l’Italie et l’Allemagne et treize fois plus que le Royaume-Uni. Si la vaccination avance, les services de réanimation ne désemplissent pas et les nouveaux variants, touchant davantage de sujets plus jeunes, menacent l’efficacité vaccinale.

L’évolution serait plus favorable dans les régions les plus touchées (Ile-de-France, Hauts-de-France et Alpes-Maritimes). La fermeture des établissements scolaires au moment des vacances de printemps y était la seule mesure supplémentaire significative pour freiner l’épidémie. Quel effet aura sa levée, alors que le virus circule à un niveau bien plus élevé que chez nos voisins lorsque ceux-ci ont commencé à déconfiner ?

(...)

Anticiper la rentrée de septembre

La meilleure prise en compte annoncée du risque de contamination par voie aérienne dans les établissements scolaires va dans le bon sens. Il est enfin admis que le port du masque, dans un espace clos, insuffisamment ventilé et densément fréquenté, ne constitue pas une protection suffisante. L’aération est clé. Jean-Michel Blanquer a déclaré « encourager » les collectivités à se doter de détecteurs de CO2 et de purificateurs d’air. Déclaration qui ne laisse entrevoir aucun soutien financier de l’Etat. Protéger la santé au sein des écoles impose de doter les établissements de tels équipements si l’on décide de les ouvrir. A défaut d’appareils, la simple ouverture des fenêtres est impérative. Là encore, un nouveau protocole prévoyant d’aérer les classes une fois par heure est insuffisant, très en dessous de celui en vigueur en Allemagne qui, sur la base de données scientifiques, recommande une aération trois fois par heure.

Même si les enfants subissent très peu de formes graves, ils sont infectés à proportion de leur exposition et peuvent transmettre le virus. Avoir un enfant scolarisé dans le secondaire accroît de 30 % le risque pour les parents d’être infectés, selon l’étude Comcor menée par l’institut Pasteur. Pour Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, « l’école est le talon d’Achille assumé du dispositif actuel ». Elle devient donc plus que jamais un lieu stratégique pour enrayer la circulation du SARS-CoV-2 et doit être la priorité dans la lutte contre l'épidémie.

(...)

Derrière l’optimisme de l’exécutif, nous sommes frappés par l’absence d’objectifs sanitaires clairs, corrélés à des indicateurs chiffrés. Le volontarisme affiché ne peut cacher le flou de la base sur laquelle s’appuient les décisions annoncées. L’épidémie en France se situe sur un plateau très élevé et c’est à ce moment que commencent à être levées les mesures de freinage, au risque d’une reprise épidémique.

Thierry Baubet, psychiatre, chef de service psychiatrie addictologie, Hôpital Avicenne (AP-HP)* ; Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie, hôpital Saint-Antoine (AP-HP) ; Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie (Strasbourg)* ; Matthieu Calafiore, médecin généraliste, maître de conférences des universités, directeur du département de médecine générale de la faculté de Lille* ; Franck Clarot, médecin légiste, radiologue, vice-président de la Fédération nationale des médecins radiologues (Seine-Maritime)* ; Corinne Depagne, pneumologue (Lyon)* ; Jonathan Favre, ancien chef de clinique de médecine générale à Lille* ; Guillaume Gorincour, radiologue, vice-président du conseil départemental de l’ordre national des médecins (Bouches-du-Rhône)* ; Mélanie Heard, responsable du pôle santé du cercle de réflexion Terra Nova ; Stéphane Korsia-Meffre, vétérinaire et rédacteur médical* ; Christian Lehmann, médecin généraliste, écrivain* ; Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l’Union Française pour une médecine libre (UFML)* ; François-Xavier Moronval, médecin urgentiste (Lorraine)* ; Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales, hôpital Tenon (AP-HP) ; Michaël Rochoy, ancien chef de clinique de médecine générale à Lille* ; Hélène Rossinot, médecin spécialiste de santé publique, écrivaine* ; Dominique Salmon, chef du service des maladies infectieuses et tropicales, Hôtel-Dieu (AP-HP) ; Barbara Serrano, consultante indépendante et maîtresse de conférences associée à l’Université de Versailles-Saint-Quentin* ; Elisa Zeno, ingénieure de recherche, cofondatrice de l’association École et familles oubliées ; Florian Zores, cardiologue (Strasbourg)* ; Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin*.

 

 

 

* Membres du collectif Du côté de la science

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École : face au covid, faut-il inventer un nouvel hygiénisme ?

27 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

École : face au covid, faut-il inventer un nouvel hygiénisme ?

A la lumière des savoirs actuels, comment penser une école mieux adaptée à la lutte contre les épidémies ?

Actuellement des formes plus contagieuses du virus circulent… Le nombre de cas recensés reste important et pourtant les écoles rouvrent leur porte. Bientôt collèges et lycées aussi, avec des aménagements un peu repensés (et le nouveau protocole publié vendredi concerne tous les niveaux de la scolarité – il devrait aboutir à de nombreuses fermetures de classes si les élèves et les enseignants sont bien dépistés. Nous allons en parler).

Mais est-on en mesure d’appliquer des mesures suffisamment efficaces pour casser le cycle fermeture / réouverture des classes voire des écoles ? Et quelles seraient-elles ? Que peut-on améliorer dans les protocoles sanitaires scolaires ?

Il faut sans doute revenir à la notion ancienne d’hygiénisme, c’est à dire l’ensemble des principes selon lesquels les pratiques collectives et les normes architecturales doivent suivre des règles inspirées par la médecine dans le but de protéger la population des épidémies et des virus. Voilà qui nous ramène au XIXème siècle, au choléra et à la tuberculose, combattus grâce au lavage des mains et à l’ouverture des fenêtres… Justement les sujets dont tout le monde parle en ce moment ! On va se demander pourquoi ces mesures ne sont pas si facile à remettre en place dans les écoles en 2021 après un an d’épidémie…

Ajoutons que ces questions d’amélioration des protocoles, avec en particulier un point sur la mesure de la qualité de l’air, sont aujourd’hui portées par des collectifs professionnels, citoyens et scientifiques - nous allons les écouter dans cette émission. Nous entendrons ainsi le mathématicien Bertrand Maury, professeur au Laboratoire de Mathématiques d’Orsay, Université Paris-Saclay et membre du collecif Projet CO2, l'historien de l’éducation à l’université de Picardie Jules Verne et auteur de Réformer le système éducatif (PUR, 2021) Julien Cahon, la co-secrétaire générale et porte parole du SNUipp-FSU Guislaine David, et Marion Damuni, membre du collectif “Ecole et familles oubliées”.

Vous entendrez également dans cette émission la voix d'Antoine Flahault (entretien pré-enregistré), médecin épidémiologiste, directeur de l’Institut de santé globale à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et auteur de Covid, le bal masqué (Dunod, 2021).

Les risques à l’école

Selon Antoine Flahault, il y a plusieurs talons d’Achille dans la stratégie de riposte contre la pandémie en Occident, et l’école est clairement l’un d’eux.

On a de plus en plus de parents qui ont pris la mesure du problème, aujourd’hui ils nous interpellent et réclament un protocole strict pour leurs enfants et leur famille. Guislaine David

Il me semble que l’âge joue un rôle moins important que les conditions sociales. Antoine Flahault

En terme de transmission c’est le rassemblement des enfants en milieu confiné, durant de longues heures, qui augmente le risque. Antoine Flahault

Santé et éducation

On ne peut pas dissocier le droit à la santé et le droit à l’éducation, l’école doit être la priorité, rappelle Marion Damuni

Depuis le début du 19ème siècle la santé est une question récurrente qui est reliée aux agencements des établissements scolaires. Julien Cahon

Si on prend l’exemple de l'école de plein air et de toutes cette vague hygiéniste, ça disparait au moment des années 50 dans une période de grands progrès médicaux dans la lutte contre les épidémies. Julien Cahon

La sécurité des élèves

Le rôle qu’on veut jouer en tant que parent c’est d’abord de protéger la sécurité physique de nos enfants, explique Marion Damuni.

Nous avons voulu utiliser le vécu de nos enfants et les informations scientifiques pour écrire notre propre protocole sanitaire. Marion Damuni

Si les enfants portent correctement les masques, si les classes sont bien ventilées, si les élèves ne sont pas trop brassés et que les moments de pauses sont sécurisés, on peut laisser les écoles ouvertes. Antoine Flahault

…. et du personnel scolaire

Le risque avec les enfants c’est qu’ils sont souvent asymptomatiques, donc on ne voit pas forcément qu’ils sont contaminants, analyse Guislaine David.

Dès que la vaccination a été possible nous avons fait la demande que les enseignants soient vaccinés en priorité, certains pays européens ont réouvert leurs écoles après avoir vacciné le personnel scolaire. Guislaine David

On est toujours à proximité des élèves, notamment en maternelle où les élèves ne sont pas masqués, il faut pouvoir être protégé et la vaccination fait partie de cette protection. Guislaine David

Nous sommes favorables aux écoles ouvertes mais il faut pouvoir mettre en oeuvre un protocole qui sécurise, il faut prévoir, anticiper et protéger tout le monde. Guislaine David

La qualité de l’air en question 

Selon Antoine Flahault, la santé respiratoire des enfants, au-delà de cette pandémie, est un enjeu qui a été négligé trop longtemps. 

Les détecteurs de CO2 c’est aussi une demande que l’on fait depuis le mois de septembre. Marion Damuni

La voie aérosol est primordiale dans la transmission de ce virus. En milieu confiné, intérieur, il se peut que ces aérosols restent en suspension pendant plusieurs minutes ou plusieurs heures. Antoine Flahault

Il est souvent difficile en regardant une pièce d’avoir une idée de la qualité de l’air et de la ventilation. Bertrand Maury

Quelles pistes

Les questions du traçage et du non brassage des élèves sont essentielles, rappelle Marion Damuni.

Ce que nous proposons c’est d’adapter les mesures à la situation épidémique, de ne pas faire comme s’il ne se passait rien autour de nous. Guislaine David

Le capteur, qui est un instrument de mesure de l’air, peut faire l’objet d’un travail pédagogique avec les élèves. Bertrand Maury

On participe à sa propre santé, à sa propre existence, on croit beaucoup à l’aspect participatif de la science. Bertrand Maury

Il faut fonctionner avec le Covid mais ne pas le laisser prendre de l’ampleur à l’école, or jusqu’à présent il ya eu un déni de la contamination à l’école de la part du gouvernement. Guislaine David

Louise Tourret

https://www.franceculture.fr/emissions/etre-et-savoir/etre-et-savoir-du-lundi-26-avril-2021?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OojN5VSMd2TMt8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=653301#xtor=EPR-2-[LaLettre26042021]

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Covid-19: «Il faut créer une task force pour lutter contre le virus à l’école»

26 Avril 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Covid-19: «Il faut créer une task force pour lutter contre le virus à l’école»

EXTRAITS

Alors que les écoles rouvrent ce lundi 26 avril, Mélanie Heard, coordinatrice du pôle santé du think tank Terra Nova, propose de repenser les protocoles sanitaires à l’école. La normalienne préconise de créer une stratégie plus globale de lutte contre le virus dans les établissements en misant davantage sur la prévention.

(...)

Dans votre note, vous expliquez que les protocoles sanitaires créés par l’éducation nationale ne suffisent pas à contrôler l’épidémie dans les écoles. Selon vous, quelle serait la bonne stratégie à adopter ?

Mélanie Heard : Les protocoles ne suffisent évidemment pas. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de changer les comportements qui permettent de lutter contre l’épidémie. Avec les protocoles, on perd de vu l’objectif principal : faire changer les comportements du quotidien. Ce qu’il faut faire, c’est permettre à des enfants, à des adolescents de s’approprier les risques qui peuvent changer leurs vies. Et cela ne se fait pas avec des réglementations.

Quand on veut convaincre un adolescent de ne pas fumer, de bien manger ou de mettre un préservatif, on se donne les moyens de faire une expertise et des campagnes de prévention. C’est ce que fait la France en termes de santé publique depuis des décennies. Le monde entier nous envie. C’est, par exemple, le programme MangerBouger, qui a fait des campagnes sur les réseaux sociaux, du marketing social auprès des jeunes pour leur expliquer quels sont les bons comportements à adopter pour rester en bonne santé.

Cette pédagogie est nécessaire. Elle permet de faire prendre conscience aux jeunes des risques qu’ils prennent et qu’ils représentent pour leurs entourages, en ne respectant pas les gestes barrières. Un protocole n’est donc pas suffisant, d’autant plus que ceux actuellement en vigueur dans les écoles ne conviennent pas du tout. 

Pourquoi ne conviennent-ils pas ?

Pour répondre à cette question, il faut se demander de quoi nous avons besoin. On a besoin de trois choses. D’abord, d’une stratégie de dépistage qui permette d’organiser la surveillance de l’épidémie et d’alerter si nécessaire. C’est la partie épidémiologique de l’action. Ensuite, on a besoin de faire changer les comportements. Il faut des outils didactiques pour que les enseignants puissent parler avec leurs élèves. On a aujourd’hui, par exemple, aucune idée des conséquences des protocoles sur la vie des jeunes qui doivent les respecter.

Enfin, il faut comprendre la pratique des enseignants. Combien d’enseignants se battent pour faire respecter les gestes barrières ? Pour faire porter le masque correctement à leurs élèves heure par heure, jour après jour, depuis des mois ? Qu’est-ce que cela leur fait ? Quels moyens vont-ils trouver pour y parvenir ? Est-ce qu’ils ont trouvé des outils qui fonctionnent ou des astuces pour sensibiliser leurs élèves ? Comment les enseignants font pour annoncer que la semaine suivante il y a une campagne de dépistage et que c’est important que tout le monde y aille ? Quels sont leurs arguments ? Qu’est-ce qui se passe si les élèves disent : « Moi, je n’irai jamais » ? Où sont les outils qui permettraient aux enseignants de répondre aux enfants qui disent : « Je ne mettrai pas le masque correctement », « Je n’irai pas me faire dépister », « J’organise mon anniversaire samedi », etc. ?

Le protocole sanitaire imaginé par École et familles oubliées répond, en partie, à ces questions. Mais il faut organiser une grande réflexion sur ces dernières. Cela aurait déjà dû être fait depuis longtemps.

(...)

En quoi, selon vous, le milieu scolaire favorise-t-il la circulation du virus ?

Le plan de pandémie grippale de 2011 indique « qu’une fermeture des écoles peut participer à l’atténuation de l’impact d’une pandémie », car le virus circule plus chez les enfants. En cas de pandémie, les enfants deviennent les réservoirs de circulation virale. C’est la première chose à faire. Si vous regardez le discours d’Emmanuel Macron du 12 mars 2020, lors du premier confinement, il explique que les enfants sont ceux qui propagent le plus rapidement le virus.

Puis, après les premiers résultats de l’enquête d’Arnaud Fontanet sur le foyer de contamination de l’Oise, puis celle de l’Institut Pasteur, on observe un changement de cap. Les enfants ne sont finalement pas plus touchés, comme si on s’était inquiété pour rien. D’où la phrase : « Les enfants ne sont pas un moteur de l’épidémie », sous-entendu contrairement à la grippe. Ils ne sont peut-être pas un amplificateur, mais le virus circule quand même dans leur rang. Comme dans le reste de la société.

Dire que les chiffres de contamination ne baissent pas alors que les écoles sont fermées, c’est quand même de l’escroquerie de haut niveau. Je ne pensais pas que le gouvernement serait capable de dire une telle chose. 

(...)

L’argument principal invoqué par le gouvernement est celui des conséquences pédagogiques pour les enfants de rater l’école, et de celles sur leur vie future…

La perte d’apprentissage chez les enfants est évidemment réelle. Il y a aussi énormément de littérature qui essaie de discuter sa quantification. Cela n’est pas simple. Pour deux semaines manquées, est-ce qu’on a réellement perdu un jour ou deux jours d’apprentissage ? Parce que, dans les faits, on n’a pas vraiment perdu deux semaines.

Il y a des experts à l’Unesco qui montrent cela. Il y a aussi des études qui ont été menées aux États-Unis après l’ouragan Katrina qui font aujourd’hui référence. Elles montrent les effets à long terme de la fermeture des écoles sur les élèves qui ont été affectés. Elles abordent aussi la méthodologie utilisée pour évaluer les pertes de chance des élèves qui ont perdu des mois d’école. Donc, on se doute qu’il y a des conséquences réelles, il faut maintenant se doter d’outils pour les mesurer.

De manière générale, que pensez-vous de la gestion de la crise sanitaire dans les écoles par l’éducation nationale ?

Je pense que cela a été très mal géré. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas d’épidémiologistes chevronnés, de renom, nommés à la tête de l’élaboration d’un plan de prévention à l’école. Des gens comme Dominique Costagliola, François Bourdillon ou William Dab, qui savent faire cela. Il faut créer une « task force école » pour construire un plan solide de lutte contre le virus à l’école. Une stratégie globale. Je ne sais pas qui s’occupe de la stratégie au ministère, mais cela m’étonnerait que cela soit un vrai expert du sujet.

Ismaël Bine

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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