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Vivement l'Ecole!

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Apprendre tout au long de la vie scolaire... Un droit et des devoirs...

26 Juin 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Apprendre tout au long de la vie scolaire... Un droit et des devoirs...

Affirmer qu’apprendre tout au long de la vie scolaire est un droit entraîne, de la part des pouvoirs publics, des engagements forts.

- Engagement à mettre en place un « Service National de la Petite Enfance» (Idée, entre autres, de Philippe Meirieu)

 

L’enfant serait accompagné dans sa découverte du langage (et de la langue française), dans sa découverte du «vivre et faire ensemble», deux fondements de la citoyenneté débutante. Il pourrait, quand c’est possible et particulièrement dans les premiers mois de sa scolarité, être accompagné de ses parents dans cet apprentissage.

 

- Engagement à reprendre et appliquer le principe des cycles à l’école primaire. Une évaluation précise des acquis de cette réforme ambitieuse, de ses blocages devra être faite. Des réajustements seraient à envisager.

 

- Engagement à mettre tout en œuvre pour une mise en place des pédagogies différenciées. Leur promotion, depuis le milieu des années quatre-vingt, pour rendre plus efficace l’enseignement-apprentissage dans des classes devenues parfois très hétérogènes, n’a pas été suivie d’une réelle généralisation. Si des approches différenciées ont fini par infiltrer les pratiques, elles sont trop souvent le fait d’enseignants « innovants » en raison du surcoût de travail demandé, des problèmes liés à l’évaluation, des effectifs parfois pléthoriques. La restructuration des établissements en «unités éducatives» devraient, notamment en réduisant les effectifs pour certaines activités, en permettre la généralisation.

 

Un mémorandum des pratiques innovantes et de leur efficacité devrait faire l’objet d’une évaluation globale. Des moyens devraient être mis en place, au plan national et local (niveaux départementaux et régionaux) pour favoriser la diffusion des pratiques pédagogiques innovantes : mutualisation grâce à la mise en réseau internet des établissements ; journées d’études ; presse professionnelle spécialisée (ce qui n’existe pas dans notre métier contrairement à d’autres, les revues étant le plus souvent l’œuvre d’associations militantes).

 

- Engagement à offrir à tous les élèves la possibilité de capitaliser des acquis afin d’éviter les redoublements inefficaces.

 

- Engagement à supprimer tous les critères d’âge et à systématiser la « scolarisation par récurrence ».


L’École deviendra alors une «maison d’éducation» ouverte sur tous les apprentissages destinés à un public diversifié. Pour le moment, nous en sommes très loin. L'institution se contentant de gérer l'ingérable et de faire reposer le poids des problèmes engendrés par des décennies d'immobilisme sur les épaules des enseignants.

 

Pire même, le quinquennat qui s'achève a rendu ces derniers responsables des difficultés alors que les professeurs tentent, tant bien que mal, d'appliquer des directives contradictoires, souvent inutiles et en tout cas en décalage total avec les réalités du terrain.

 

Christophe Chartreux

 

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Pénurie d’enseignants dans les zones rurales : des “visio-remplaçants” prévus à la rentrée, vraiment ?

25 Juin 2022 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

Etudier à distance sans jamais rencontrer ses camarades de promo, une  épreuve | Les Echos Start

Les académies anticipent la rentrée tant bien que mal. Dernière trouvaille pour pallier le manque de remplaçants dans l’Éducation nationale : des enseignants en visioconférence. C’est ce que Nancy-Metz a décidé d’expérimenter dès septembre.

Les académies ne savent plus quoi inventer. À l’approche des grandes vacances, ça turbine pour pallier la pénurie chronique d’enseignants remplaçants. Parmi les trouvailles locales, on a beaucoup glosé sur les opérations « job dating » lancées par Versailles, puis Amiens, qui visent à créer un vivier susceptible de venir renflouer les effectifs de contractuels.

Mais les « innovations » dépendent aussi des spécificités locales. L’académie de Nancy-Metz, qui a perdu 495 postes d’enseignants du secondaire depuis 2017, a ainsi opté pour le recrutement d’une brigade de sept visio-remplaçants. Le rectorat souhaite qu’elle soit composée majoritairement de TZR volontaires – des professeurs titulaires affectés sur une zone de remplacement –, sans toutefois exclure la présence de contractuels. Dès la rentrée scolaire, ils seront prêts à venir en renfort, en cas d’absences dans l’académie.

Le principe a un air de déjà-vu : accueillis dans un établissement proche de leur domicile, ces enseignants feront cours à distance, devant un écran d’ordinateur fourni par l’Éducation nationale, à des élèves surveillés par des assistants d’éducation. Une formation est prévue pour leur apprendre à manier le logiciel, parler devant la caméra, projeter des contenus… Leurs missions dureront maximum sept semaines, ce qui correspond au laps de temps entre deux petites vacances scolaires. Par exemple pour remplacer au pied levé un enseignant qui doit subir une intervention chirurgicale non prévue et donc impossible à anticiper. Les absences de plus longue durée, liées à des congés maternité ou des arrêts maladie, seraient plus faciles à gérer, selon l’académie, qui affirme que l’expérimentation présentée en comité technique académique le 10 mars 2022 devrait être testée pendant deux ans maximum.

Des déserts éducatifs ?

Du côté des syndicats, le scepticisme domine. « Penser que l’on peut assurer des remplacements par visioconférence est une illusion qui dénote une méconnaissance de la réalité du travail fait en classe : comment un enseignant pourrait-il enseigner à une classe qu’il ne connaît pas et dans une salle où il n’est pas ? » déplore le Snes-FSU Lorraine dans un communiqué. L’expérience du confinement prouve combien il est difficile en distanciel de motiver les élèves, de réajuster son enseignement au fil de la séance, de créer du dialogue avec la classe, de proposer une aide individuelle pour lever un blocage, d’instaurer un climat de confiance… Au niveau national, les syndicats craignent que ce ne soit qu’un premier pas destiné à être élargi à l’ensemble du territoire. Ce que dément l’académie, qui reconnaît volontiers que c’est un pis-aller : « On aurait préféré mettre des profs en présentiel, mais on ne trouve personne dans les zones rurales isolées de la Meuse ou des Vosges. Les profs habitant dans les grandes villes n’ont pas envie de faire une heure et demie de voiture pour aller travailler. On a un problème d’attractivité. Donc on préfère des brigades numériques que rien du tout. » Après les déserts médicaux, les déserts éducatifs…

Marion Rousset

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Ecoles primaires : les résultats des concours confirment la pénurie d’enseignants

25 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Ecoles primaires : les résultats des concours confirment la pénurie d’enseignants

EXTRAITS

Les postes aux concours ne seront pas tous pourvus. A Versailles et à Créteil, des centaines d’entre eux pourraient même rester vacants, alertent les syndicats. Face à l’urgence, les académies engagent des contractuels.

L’alerte avait été donnée à la mi-mai. Elle est désormais confirmée : les résultats définitifs des concours de recrutement des enseignants du premier degré, qui ont commencé à circuler dans toutes les académies – ou presque –, vendredi 24 juin, confirment, pour la rentrée 2022, les pires craintes agitées par les syndicats d’enseignants : à Paris, 62 enseignants manquent à l’appel (219 postes ouverts pour 157 admis). Il manque 660 postes à Créteil (1 079 postes, 419 admis) et 1 006 à Versailles (1 430 postes, 424 admis), selon les calculs du SNUipp-FSU.

Seulement un poste sur trois pourvu en Ile-de-France ? A ce stade, le « ratio choc » avancé, vendredi matin, par le site d’informations spécialisé Café pédagogique reste à confirmer : on attend encore, pour le 5 juillet, les résultats des deux concours complémentaires du premier degré instaurés, sous la gauche, à Créteil et à Versailles, pour, à l’époque déjà, tenter d’endiguer la tendance.

Mais difficile d’imaginer qu’ils puissent, à eux seuls, fournir les contingents nécessaires : ces deux concours n’offriraient, à eux deux, que 700 postes – 500 à Créteil, 200 à Versailles, de source syndicale. De son côté, l’éducation nationale préfère attendre les résultats de tous les concours (y compris du second degré) pour communiquer.

(...)

« Les élèves des quartiers populaires vont payer le prix fort »

En guise de solution « d’urgence », les rectorats misent, à ce stade, sur le recours aux contractuels. Ces dernières semaines, les académies en tension ont, pour certaines, organisé des « job datings », des opérations de recrutement express à leur intention. Le nombre de postes ouverts révélait, déjà, l’ampleur des besoins : à Versailles, on recherchait 700 contractuels pour les écoles primaires (1 300 personnels, en tout, en comptant le second degré). A Paris, quelque 250 postes étaient ouverts.

Une méthode qui inquiète la communauté éducative, en particulier dans les académies les plus touchées par la pénurie. « Les élèves des quartiers populaires vont payer le prix fort, s’alarme Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU. Mais, à court terme, on n’a pas d’autre choix que de recruter des contractuels » pour pallier l’urgence.

(...)

Mattea Battaglia et Violaine Morin

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Education : dans les lycées, le retour des maths en option ne semble pas emballer les élèves

24 Juin 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Mathematiques

Education : dans les lycées, le retour des maths en option ne semble pas emballer les élèves

Alors que les mathématiques font leur retour en classe de première en option dès la rentrée 2022, les établissements scolaires enregistrent peu de candidats jusqu'à présent. Un problème de calendrier mais aussi d'appétence pour la discipline, selon un proviseur. 

"Tout ça pour ça", c’est l’expression qui revient souvent, de la part des proviseurs, après l'annonce du retour des mathématiques dans le tronc commun au lycée, sous la forme d'un cours facultatif de 1h30 en classe de première. 

Entre 10 et 15 élèves sur 300 ont par exemple choisi l’enseignement dans ce lycée de Lannion, moins de 10 sur 160 dans cet établissement de Toulouse. Ou encore une vingtaine sur plus de 200 à St Quentin. Nulle part, les maths optionnelles semblent faire recette.

"C'est peut être dû à l'arrivée tardive de l'information", suppose Olivier Beaufrère, proviseur dans l’Essonne et secrétaire national du syndicat des chefs d’établissements SNPDEN. "Par ailleurs, les élèves ont perdu l'appétence pour les mathématiques. C'est là, la vraie réflexion à conduire pour la rentrée 2023."

"Il faut vraiment avoir une vision d'ensemble et non pas une vision parcellaire sur quelques heures en année de première." Olivier Beaufrère à franceinfo

Dans la plupart des lycées, les élèves pourront choisir cet enseignement facultatif jusqu’au dernier moment, à la rentrée de septembre. Mais comme il a été annoncé très tard, alors que les organisations d’emplois du temps étaient déjà bien avancées, il risque d’être proposé sur les derniers créneaux horaires disponibles : le soir après 17h, ou le mercredi après-midi.

Noémie Bonnin

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Toujours plus d’étudiants en difficulté financière se rendent dans les distributions d’aide alimentaire

24 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Universite, #Jeunesse

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EXTRAITS

Avec la hausse continue des prix, les associations s’alarment du nombre de jeunes hommes et femmes qui ont du mal à s’alimenter, une fois le loyer et les études payés.

Ce mardi soir, une cinquantaine de personnes patientent devant le Bar commun, un lieu associatif du quartier populaire de la Goutte d’Or, à Paris. Comme toutes les semaines, l’association Linkee y réalise une distribution gratuite de produits, principalement alimentaires, destinés aux étudiants.

Vêtus de tee-shirts jaunes ou bleus, les bénévoles, souvent des étudiants eux-mêmes, s’affairent à orienter les jeunes vers les produits collectés. Midou, 20 ans, repart avec un chariot entier. Arrivé du Maroc il y a deux ans, cet étudiant en informatique dans une école privée vit avec 500 euros par mois. Une fois qu’il a payé son loyer, il n’a plus beaucoup d’argent pour s’alimenter. « Toute ma famille a cotisé pour financer mon école, je ne peux pas leur demander de m’aider », confie ce petit dernier d’une fratrie de six enfants.

Créée en 2016, l’association Linkee fournit, sur présentation d’une carte étudiante valide, fruits, légumes, féculents, fromages… souvent bio, labélisés ou issus du commerce équitable. « On récupère surplus, invendus et produits abîmés – mais encore bons – auprès d’agriculteurs, grossistes ou commerçants », expose Julien Meimon, fondateur de Linkee. Dans ses trente sites en France, l’association propose également un soutien psychologique, via l’association les Psys du cœur, et donne aussi des places de cinéma, théâtre ou opéra.

(...)

« Plus d’étudiants en difficulté financière »

Feres Belghith, directeur de l’observatoire de la vie étudiante (OVE), un organisme public, note que les remontées des établissements universitaires et des associations étudiantes convergent dans le sens d’une « plus grande proportion d’étudiants semblant être en difficulté financière » en cette fin d’année. « Il y a une réelle surprise de la part d’associations caritatives comme la Croix-Rouge ou le Secours populaire de voir de plus en plus d’étudiants demandeurs qu’ils ne connaissaient pas avant dans leur structure. Ce ne sont, pour l’instant, que des témoignages de terrain, mais c’est un indicateur », ajoute le directeur de l’OVE.

L’inflation rend les choses encore plus difficiles pour ces jeunes. Les dernières données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) font état d’une hausse des prix à la consommation de 5,2 % sur une année. « Les vêtements, je n’en achète même plus ! », lâche Désir, 23 ans, à la sortie du Bar commun. Etudiant en deuxième année de gestion, il s’attelle le week-end à livrer des plats à vélo pour Uber Eats, parvenant ainsi à se dégager entre 300 et 400 euros par mois, en plus des 100 euros de sa bourse étudiante du Crous et de ses 190 euros d’aide personnalisée au logement (APL). Une fois factures et loyer payés, il lui reste environ 100 euros pour vivre. « Je n’utilise cet argent que pour mes besoins primaires : le logement et la nourriture », constate le jeune, qui ne souhaite pas demander à ses parents, « eux-mêmes ric-rac » sur le plan financier.

(...)

Devant le Bar commun, la file ne désemplit pas. Le sac rempli de fruits et légumes, Désir s’évertue à relativiser sa situation. Il vivait auparavant dans une chambre de bonne de 9 mètres carrés, à Nanterre. Désormais, il loue un studio du Crous, « un 22 mètres carrés, pour 450 euros ».

Florian Mestres

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Les jeunes lisent-ils encore ? (Vidéo)

24 Juin 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Lecture

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Que penser de l’éducation positive ?

24 Juin 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Jeunesse

4 conseils simples et concrets pour appliquer l'éducation positive -  Magicmaman.com

Résumé

Parentalité bienveillante, discipline positive, éducation bienveillante... Que signifient ces termes et faut-il adopter ces pratiques ? Nos experts vous répondent.

En savoir plus

Que vaut l'éducation positive à l’épreuve de la vie quotidienne ? Conduit-elle à devenir un parent quasiment modèle ? Comment ne pas tomber dans la tyrannie de la parentalité parfaite ?

Éléments de réponses avec nos experts.

Éducation positive, qu'est-ce que c'est ?

On en parle de plus en plus mais cette appellation peut recouvrir des réalités diverses. Nos invités donnent leur définition.

Selon Rebecca Shankland, professeure des universités en psychologie, « le terme éducation positive fait référence à une éducation qui favoriserait le bien-être et le développement optimal de l'enfant. Donc l'objectif, c'est vraiment de pouvoir offrir un contexte favorable au développement de l'enfant, ce qui repose notamment sur une éducation non-violente. On parle des cris, mais il y a aussi les violences éducatives ordinaires, les fessées, les gifles, etc. Les recherches aujourd'hui ont mis en évidence que ces violences éducatives ordinaires n'apportent pas de bénéfices en termes d'amélioration des comportements de l'enfant. »

Pour Héloïse Lhérété, rédactrice en chef de Sciences Humaines, il est important de connaître un peu l’histoire de ce mouvement. Elle s’intéresse donc à l’adjectif « positif », qui peut être accolé à plusieurs termes, comme éducation positive, parentalité positive, autorité positive, etc. Elle explique : « c'est un terme qui est plutôt ambigu, ambivalent. La psychologie positive, c'est un mouvement qui s'est développé à partir de la fin des années 1990, avec l'idée qu'il fallait faire une révolution dans la psychologie, ne plus s'intéresser seulement à ce qui conditionne le malheur, la détresse, la dépression, le dysfonctionnement, mais aussi à ce qui conditionne le bien-être, l'épanouissement, la réussite. Donc, l'éducation positive s'inspire de ce mouvement pour dire qu'il faut mettre les besoins de l'enfant et tout ce qui conditionne son épanouissement au centre de l'éducation. Ce sont d'abord ses besoins effectivement de compétences, d'autonomie, et de proximité relationnelle aussi. »

Ali Rebeihi donne la définitions du Conseil de l’Europe, qui date de 2006 « L’éducation positive, c’est un comportement qui vise à élever l'enfant et à le responsabiliser, qui est non violent et qui lui fournit reconnaissance et assistance en établissant un ensemble de repères favorisant son plein développement. »

Il y a ensuite différentes façons d'appliquer ces théories.

Éducation positive : panacée ou péril social ?

Pour Didier Pleux, psychothérapeute, qui est pourtant d’accord avec la définition du Conseil de l’Europe, puisque qu'elle est dans l'intérêt des enfants, l’éducation positive à la française est un leurre. Pour lui, il faut ajouter du négatif dans l’éducation positive, et augmenter le seuil de frustration des enfants. Selon Didier Pleux toujours, les enfants doivent apprendre le principe de réalité et acquérir le sens de l'effort.

Selon Rebecca Shankland : « il faut aider l'enfant à faire avec ses émotions. Il ne s'agit pas de montrer que du positif (...). La psychologie positive, à travers ces interventions, tend à permettre un fonctionnement optimal, c'est-à-dire avoir accès à des ressources ou pouvoir mobiliser les ressources de son environnement pour faire face aux situations qu'on rencontre dans le quotidien. »

C’est un sujet complexe car la définition de l’éducation positive — et les principes qui en découlent — n'est pas la même pour toutes et tous. Héloïse Lhérété l’explique : « En fait, c'est une galaxie assez complexe, avec des figures différentes. » Certaines personnes sont contre la sanction par exemple, quand d’autres peuvent y faire appel.

Pour Nicolas Santolaria, journaliste au Monde, il y a aussi des bons côtés. Il prend l’exemple de la sortie d’école : « C’est vrai que souvent, devant l'école, on s'aperçoit qu'il y a un peu deux camps, il y a les parents qui hurlent et ceux qui arrivent à parler calmement à leurs enfants. C'est un des aspects de l'éducation positive, le fait que ça nous a amenés à réfléchir justement au comportement qu'on pouvait avoir. On parlait tout à l'heure des violences éducatives ordinaires, des comportements qu'on n'aurait pas forcément avec des adultes et qu'on se permet avec les enfants. Donc ça, c'est un des aspects intéressants, je trouve.

Mais c’est aussi un marché devenu lucratif avec des publications (livres, podcasts, ateliers, etc.), et toute une sphère d'influence, qui peut pousser les parents à se conformer à un perfectionnisme parental. La sociologue Eva Illouz parle d'une « Happycracy, pour décrire une industrie du bonheur et du développement personnel dangereuse.

Pour Nicolas Santolaria, cela comporte aussi un danger : « on a une espèce de sentiment univoque, finalement, on perd la diversité des émotions, des sentiments. Il y a une forme de perte dans l'écologie des émotions. Et ça, c'est un petit peu le risque qui va avec l'éducation positive. À mon sens, il y a effectivement une nécessité à frustrer l'enfant. »

L’éducation positive a donc des avantages, énoncés par Héloïse Lhérété à la fin de l'émission : « Le grand bienfait, c'est de diminuer les violences à l'intérieur de la famille. C'est ça avant tout. Et puis ça aide les parents aussi à se renseigner sur leurs enfants, à mieux les comprendre, à mieux les connaître, à peut-être mieux les accompagner et à favoriser aussi leur créativité, pas seulement leur obéissance, à produire des adultes plus créatifs. » Rebecca Shankland ajoute que cela permet de développer les « compétences socio-émotionnelles ».

En revanche, des inconvénients et des dangers existent, notamment pour les parents, comme cette dernière l'explique : « Cette exigence très élevée qui pèse sur les parents peut augmenter la charge mentale, voire engendrer un burn-out, avec des effets contreproductifs », mais aussi pour les enfants qui pourraient courir le risque d'être trop centrés sur eux-mêmes.

Pour en savoir plus l'éducation positive, notamment sur les débats sur les sanctions et les récompenses, écoutez l'émission dans son intégralité.

Ali Rebeihi

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Violences sexuelles à CentraleSupélec: «Arrêtons de crier qu’il faut libérer la parole si nous ne sommes pas capables de la recevoir»

24 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Droit des femmes

Loi de 2018 contre les violences sexuelles : quel bilan ? | vie-publique.fr

Depuis la publication, en octobre, d’un rapport faisant état d’une centaine d’agressions sexuelles et de viols à l’école d’ingénieurs, la direction a pris des mesures de prévention mais ne semble pas en capacité de régler les signalements en interne.

Elodie (1) n’oublie rien, elle se refait le film dans sa tête. Cette soirée avant les vacances de Noël, avec un camarade «un peu solitaire». Elle ne le connaît pas plus que cela, il a l’air «sympa». Ils se retrouvent dans l’espace commun de sa résidence sur le campus de CentraleSupélec, à Gif-sur-Yvette (Essonne). Les étudiants ne sont pas nombreux, la plupart sont rentrés chez eux pour les fêtes. C’est la première fois qu’ils discutent vraiment tous les deux. Il se sert une bière, elle un soft. Elodie évoque des échanges «intéressants», qui tournent notamment autour des violences sexuelles. Des échanges «sans jamais aucun rapport de séduction». Puis une absence, des sensations de vertige comme cela lui arrive régulièrement, dit-elle. Pour autant, elle ne le soupçonne pas de l’avoir droguée. «Je me sens mal, je le lui dis et il vient me réconforter. La posture change un peu. Quelques instants plus tard, je me rends compte que l’on est en train de coucher ensemble, mais je suis incapable de me souvenir ce qu’il s’est passé entre les deux moments.»

Suivent des minutes interminables. Elle refuse mais «il insiste, physiquement». «Il commence à m’étrangler. Je le repousse avec le bras. Mais je vois que plus je le repousse, plus il kiffe.» Elodie prétexte une réunion. «Encore deux minutes», décide-t-il. L’étudiante lance un minuteur sur son téléphone et ne bouge plus. Lui se plaint de ne pas avoir le temps de «terminer». Elle prévient qu’elle appellera quelqu’un s’il ne part pas alors il s’exécute. Il l’embrasse même avant de partir. «Comme s’il était mignon», ironise-t-elle, amère. Plus tard, il lui envoie un texto : «C’est bon, j’ai fini en me branlant.» Encore une heure après : «Tu diras pas que tu voulais pas, on est d’accord ?»

Aujourd’hui, Elodie pose des mots précis sur ce qu’il s’est passé : «C’est un viol.» D’après son témoignage, les faits rapportés sont juridiquement qualifiables de «viol» et d’«agression sexuelle». «Je connaissais le sujet, je pensais que je serais capable de dire non…» C’est la première fois qu’Elodie raconte cet épisode. Si elle le fait auprès de Libération, c’est parce qu’elle dit s’être rendue compte que «sans détails, les gens ne comprennent pas qu’il ne s’agit pas que de chiffres». Elle n’a pas porté plainte, ni signalé les faits auprès de son administration : «Je ne suis pas à l’aise avec la gendarmerie et je me méfie de la direction de l’école. Une autre étudiante a déjà fait un signalement et cela s’est mal passé.»

«Quelle tenue portiez-vous ?»

Depuis le mois d’octobre, le sujet des violences sexistes et sexuelles (VSS) est brûlant sur le campus après la publication d’une enquête interne menée à l’école d’ingénieurs, qui avait révélé une centaine de cas d’agressions sexuelles et de viols, pour la seule année universitaire 2020-2021. «On était choqué», assure Antoine, élu étudiant auprès du conseil d’administration de l’université Paris-Saclay et étudiant en deuxième année. Pour autant, toutes les personnes interrogées par Libération tiennent le même discours : «Nous savions que cela existait, comme partout, et surtout sur un campus refermé sur lui-même avec 4 000 étudiants dont une très large majorité d’hommes.» «C’est une ambiance qui existe dans beaucoup d’écoles d’ingénieurs», estime Antoine.

Après le choc, s’est rapidement posée la question des signalements auprès de la cellule contre les violences et le harcèlement de l’école, créée avant la publication du rapport. Interrogé par le Monde en octobre, Romain Soubeyran, le directeur de l’établissement, expliquait n’avoir reçu «aucun signalement de violences sexistes ou sexuelles au cours de l’année». Par la suite, plusieurs associations ont encouragé les éventuelles victimes à parler. Ainsi, selon plusieurs sources, au moins deux signalements visant un même étudiant, un pour viol et un pour agression sexuelle, auraient été soumis à la direction de CentraleSupélec. Une plainte pour viol aurait également été déposée. «Il y a, a priori, une commission de discipline en cours, explique une source. Et de ce que j’ai compris, il devrait y avoir des sanctions.» Contactée, la direction de l’école indique ne pas souhaiter «communiquer sur ce sujet dans le but de préserver la dignité des personnes». Elle précise néanmoins que l’école peut «diligenter une enquête interne pour donner suite à un signalement», «prendre des mesures conservatoires qui permettent de protéger la victime» et enfin «saisir le conseil de discipline qui doit décider de sanctionner s’il estime que l’école a subi un préjudice».

Problème : plusieurs sources indiquent qu’il y aurait eu des «soucis» dans la gestion de ce signalement. «La victime avait préparé un texte dans lequel elle expliquait exactement tout ce qu’il s’était passé, avec des détails dans le déroulé de ce qu’elle avait subi. Mais personne ne l’avait prévenu que tout ça serait relu devant toute la commission [quatre professeurs et quatre étudiants, ndlr]», soupire un étudiant. D’autres évoquent des remarques déplacées de la part d’une encadrante présente dans la commission de discipline. Cette personne, une professeure, décrite comme «pas du tout à l’aise avec le sujet» aurait eu un comportement «catastrophique» face à la victime. «Elle a dit tout ce qu’il ne fallait pas dire», résume une source interne à l’école. «Pourquoi vous l’avez laissé entrer chez vous ?» «Pourquoi ne pas avoir appelé à l’aide ?» «Quelle tenue portiez-vous ?» En commission, la même personne aurait estimé «qu’il ne faut pas aller en soirée aussi tard si c’est pour se plaindre ensuite» et que «sa fille aurait passé un sale quart d’heure si elle se comportait» comme la victime. Des blagues auraient également été faites entre différents membres sur le sujet des violences sexuelles. «C’est totalement inapproprié. Pour moi, cette commission n’est pas apte à gérer des dossiers de violences sexuelles», rage une étudiante.

«Manque de courage» et «frilosité»

Avec le temps, l’expérience négative de cette victime, qui n’a pas souhaité répondre à Libération, est arrivée aux oreilles d’autres étudiants du campus. Tout comme la lourdeur des démarches. Des retours qui font peur aux victimes qui auraient envie ou besoin de témoigner, comme Elodie. «Ça ne me donne pas envie de porter plainte ou de signaler à l’école, assure-t-elle. Et puis, j’ai quoi comme preuve ?» «Cela me paraît inadmissible que l’administration ne soit pas capable de traiter ce genre de cas de façon humaine et de qualité, se plaint Etienne (1). Ces gens ne sont pas formés à traiter les violences sexistes et sexuelles, qui sont des choses graves, qui ont un réel impact psychologique sur la personne.» Même s’il concède que l’école a semblé «motivée pour faire bouger les choses» après la publication du rapport en octobre, il dénonce un «manque de courage» et une certaine «frilosité». «J’espère qu’il ne s’agit pas de mauvaise volonté de la part de l’administration.» Elodie, elle, va plus loin : «Arrêtons de crier qu’il faut libérer la parole si nous ne sommes pas capables de la recevoir !» Interrogée à ce sujet, la direction de CentraleSupélec n’a pas répondu. Elle ajoute néanmoins que «la formation aux VSS fait partie intégrante du plan d’actions 2021-2023 pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes de CentraleSupélec».

Neuf mois plus tôt, après la publication du rapport, l’administration de CentraleSupélec avait pris des mesures. Dans les médias, Romain Soubeyran, avait rapidement affirmé avoir remis l’étude à la procureure d’Evry. Si, au moment où nous écrivons ces lignes, le parquet d’Evry n’a pas souhaité répondre à nos questions, la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) confirme auprès de Libération qu’à la «suite de la parution des résultats d’un sondage sur les violences sexuelles et sexistes mi-septembre 2021, le directeur de CentraleSupélec a informé le parquet de l’Essonne. Ce dernier a saisi la gendarmerie pour enquêter sur le sondage, ainsi que sur toutes plaintes pouvant résulter d’un signalement en rapport». Par la suite, informe la DGGN, une permanence journalière a été mise en place par les gendarmes de la compagnie de Palaiseau du 12 octobre au 17 décembre 2021. Principalement présents pour faire de la prévention – un flyer avec une adresse mail et un numéro de téléphone dédiés aux violences sexistes et sexuelles a notamment été distribué –, les militaires étaient aussi là pour prendre d’éventuelles plaintes.

Méfiance vis-à-vis de la presse

Par ailleurs, d’autres initiatives ont vu le jour. La direction de l’école signale qu’elle a passé un partenariat avec l’association «France Victimes» afin de «diversifier les procédures d’alerte en proposant une écoute extérieure à l’environnement de CentraleSupélec». Des «staffeurs» (personnes formées pour repérer des situations problématiques, aider et orienter les victimes), ont été mis en place lors des soirées organisées par l’école. «La plupart des projets viennent quand même des associations, qui les proposent à l’administration puis les mettent en place de A à Z, précise Etienne, étudiant en deuxième année et ancien membre de l’association Çapèse. L’administration se permet souvent de s’approprier le mérite.» De son côté, Aurélie Metzelard, présidente de l’association féministe, collectif à l’origine du questionnaire, préfère souligner que l’association est «libre de travailler comme [elle] le souhaite» et que «l’appui de l’école [leur] donne aussi une légitimité en plus pour les élèves».

La présidente assure toujours recevoir des témoignages anonymes, notamment sur Instagram. «Ce sont des personnes qui demandent de l’aide, qui veulent savoir qui contacter.» Des témoignages que continue aussi de recevoir Ibtissam Hamich, ancienne présidente de l’association. «Beaucoup moins qu’il y a quelques mois, précise-t-elle. Mais nous ne sommes pas une aide professionnelle. Je n’encourage pas forcément les gens à venir me parler d’ailleurs. J’encourage simplement les personnes qui ont besoin de parler et qui ne savent pas à qui, à venir. Mais je ne peux rien faire d’autre pour elles que de donner des ressources : des contacts de psychologues, d’avocats, de juristes, etc.»

Aujourd’hui, tous les étudiants contactés insistent aussi sur la «prise de conscience collective» qui semble avoir eu lieu. D’autres regrettent le déficit d’image que la médiatisation de ce rapport a engendré à l’encontre de l’école. «Simplement parce que j’étudie à CentraleSupélec, je me suis fait traiter de violeur lors d’une compétition sportive», raconte Antoine. Des associations étudiantes ont perdu des partenariats avec des marques après la publication des résultats du questionnaire. C’est pour cette raison que les centraliens seraient aujourd’hui très méfiants, notamment vis-à-vis de la presse. «Je sais que des étudiantes et des étudiants ont peur de ne pas être employables en sortant de l’école à cause de cette image.» «Il ne faudrait pas non plus que des femmes hésitent à venir à Centrale à cause de cette image et que l’on se retrouve avec encore plus d’hommes qui alimentent cette ambiance de boys club, craint Antoine. Mais nous sommes assez fiers d’avoir pu sortir une telle enquête et de ne pas avoir étouffé ces affaires de violences sexuelles en fermant les yeux.»

Ludovic Séré

(1) Les prénoms ont été changés.

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Vacances d'été - Que risquent les parents qui veulent retirer leurs enfants de l'école plus tôt ?

24 Juin 2022 , Rédigé par bfmtv Publié dans #Education

Les voitures idéales pour partir en vacances avec sa famille - Partir en  vacances

Certains parents peuvent vouloir partir en vacances plus tôt et faire louper des cours à leurs enfants. Mais l'Education nationale prévoit des sanctions, jusqu'à même 135 euros d'amende.

C'est le début de l'été et les vacances scolaires arrivent à grands pas. Le jeudi 7 juillet prochain, les écoliers vont pouvoir quitter les bancs des classes pour deux mois.

Mais la tentation de certaines familles de partir plus tôt en vacances et donc de faire manquer des cours à leurs enfants est grande. Moins de circulation sur les routes, prix des locations plus bas, les avantages sont attrayants... Mais pas sans conséquences.

Car l'assiduité scolaire est obligatoire pour tous les enfants 3 à 16 ans qui doivent "assister aux cours prévus dans son emploi du temps sauf s'il(s) bénéficie(nt) d'une autorisation d'absence", précise le site Service public.

Une absence qui peut être considérée comme injustifiée

"Lorsqu'un enfant manque momentanément la classe, les personnes responsables doivent, sans délai, faire connaître au directeur ou à la directrice de l'établissement d'enseignement les motifs de cette absence", note aussi l'article L131-8 du Code de l'éducation.

L'absence d'un élève doit alors entrer dans l'un de ces quatre motifs: maladie, réunion solennelle de famille, empêchement causé par un accident de transport, enfant qui suit ses représentants légaux hors périodes de vacances.

Dans le cas contraire, l'absence est considérée comme injustifiée par le chef d'établissement. "Tout autre motif d'absence peut être examiné et faire l'objet d'une enquête", indique le site de l'Éducation nationale. Le départ prématuré en vacances n'est donc pas un motif d'absence même si les parents fournissent de justificatifs de réservation.

Et si certains décident de partir tout de même, la loi prévoit des sanctions. "En cas d'absences répétées, justifiées ou non, le directeur de l'école vous contacte pour faire le point sur la situation de votre enfant", explique Service public.

Jusqu'à 135 euros d'amende

À partir de quatre demi-journées d'absence, le directeur d'établissement doit informer la Dasen (directeur académique des services de l'Education nationale). Les parents risquent alors 135 euros d'amende. Et si ces absences compromettent l'éducation de l'enfant, la sanction peut même aller jusqu'à 30.000 euros d'amende et deux ans de prison.

Mais dans les faits, très peu de familles sont sanctionnées chaque année. D'autant les procédures sont longues et ont peu de chance d'aboutir lors des derniers jours de l'année scolaire. Beaucoup d'enseignants appellent donc les parents à les prévenir en amont de l'absence de certains élèves.

Le secrétaire général du syndicat des enseignants de l'UNSA, Stéphane Crochet, expliquait l'année dernière sur notre antenne que "si certaines familles ont la nécessité de s'absenter les deux derniers jours pour des raisons familiales, autant le dire et échanger en amont".

Pauline Boutin

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Parcoursup : les professeurs principaux de terminale se désolent de l’opacité et des incohérences de la plate-forme d’orientation

23 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Parcoursup: comment va se passer la phase d'admission? - La Voix du Nord

EXTRAITS

Les enseignants ne comprennent pas toujours les propositions faites à leurs élèves et se retrouvent en difficulté pour les aider.

Ils scrutent les résultats de leurs élèves, leur progression sur les listes d’attente. Ils évaluent les chances des uns et des autres d’intégrer telle formation en analysant le rang du dernier admis à la session précédente. En quelques années, les professeurs principaux des lycéens de terminale sont devenus des experts de Parcoursup. Le jargon de la plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, son calendrier, ses différentes phases n’ont plus beaucoup de secrets pour eux, et, pourtant, ils n’en ont pas encore percé tous les mystères. Pourquoi, à la veille de l’ouverture de la phase complémentaire, les élèves d’une classe ont quasiment tous reçu au moins une proposition, alors que dans une autre, près d’un quart est toujours en attente ? Les enseignants ne le comprennent pas, alors qu’au niveau national plus de 86 % des candidats ont déjà reçu une proposition d’admission, selon les statistiques ministérielles.

Si « la logique » est respectée dans la plupart des cas, les professeurs principaux remarquent tous « des anomalies » entre les propositions que reçoivent certains candidats et leur profil ou leur niveau. Ces enseignants parlent même d’« aberrations » lorsqu’il leur arrive de comparer les résultats de différents lycéens. Les exemples sont légion. Jérôme Derancourt, professeur de mathématiques près de Lyon, n’arrive pas à saisir les différences de situation entre deux de ses élèves qui souhaitent intégrer la même licence de Staps. « L’un a été pris dès le premier jour et l’autre est encore très loin sur la liste d’attente. Pourtant, le deuxième possède le BAFA et pratique un sport au niveau régional », raconte l’enseignant.

Anne Bey, professeure de mathématiques à Montpellier, s’étonne du sort de cet « élève exceptionnel en sciences » qui n’est encore accepté dans aucune classe préparatoire alors que d’autres élèves moins brillants le sont. L’enseignante échafaude des hypothèses : « Les notes en français semblent peser pour départager les candidats, même pour des formations scientifiques. »

Hervé Lacrampe s’interroge aussi. L’enseignant d’histoire-géographie au lycée Jean-Macé, à Niort, accompagne un lycéen qui a fait un break d’un an pour effectuer un tour du monde à vélo. « L’an dernier, il était pris dans deux licences de droit sur les six auxquelles il avait candidaté. Cette année, il est accepté partout avec les mêmes vœux », constate-t-il, dubitatif.

(...)

« Découragement et résignation »

Comment aider les élèves dans ce flou ? Pour la plupart, les professeurs principaux ne disposent pas de formation à l’orientation et les cinquante-quatre heures qui devraient être dédiées à ce suivi dans les emplois du temps des élèves passent souvent à l’as. Des liens étroits entre lycée et enseignement supérieur restent à construire. Les enseignants ont alors « peur de se tromper » lorsqu’ils prodiguent leurs conseils. Hervé Lacrampe a coaché une de ses élèves qui souhaite intégrer Sciences Po Paris. « Elle devait produire trois écrits. Je lui ai fait retravailler plusieurs versions pour que le résultat final soit plus percutant, plus original, sans savoir vraiment ce que l’école attendait. » Il a pensé « être dans le vrai » quand il a vu qu’elle était admissible. Autre difficulté : lors de la phase d’admission principale – qui s’étale cette année du 2 juin au 15 juillet, les élèves quittent rapidement les cours pour passer le bac. L’accompagnement se fait alors par mail et téléphone pour les professeurs principaux.

(...)

« La phase d’attente crée du découragement et de la résignation chez nos élèves, qui ont le sentiment d’être classés et parfois déclassés, se désole-t-il. Je ne peux pas accomplir cette mission correctement, je ne suis pas d’accord avec ce système, et pourtant je dois en assurer le service après-vente. Autant arrêter. »

Sylvie Lecherbonnier

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