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Vivement l'Ecole!

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À Dieppe, la fronde des professeurs documentalistes, exclus de la prime d’équipement numérique

17 Décembre 2020 , Rédigé par Paris Normandie Publié dans #Education

À Dieppe, la fronde des professeurs documentalistes, exclus de la prime d’équipement numérique

Dans les collèges et lycées, les professeurs documentalistes en charge des CDI ont été exclus de la prime d’équipement numérique qui sera versée en janvier 2021 aux enseignants. À Dieppe, ils se défendent face à une décision du ministère de l’Éducation nationale qu’ils estiment injuste.

C’est devenu une question de principe. « Franchement, on ne se bat pas pour une prime de 150 €, car son montant est minime, mais on a pris cette décision du gouvernement comme une claque dans la figure et l’expression d’un certain mépris. »

Caroline Leclerc est professeure documentaliste en poste au collège Delvincourt à Dieppe depuis sept ans. Un métier qu’elle a choisi en reprenant des études et en passant son CAPES, après une autre carrière professionnelle. Il lui donne satisfaction, grâce au contact avec les élèves et aux collaborations avec les autres enseignants. Au collège Delvincourt, avec le réseau d’éducation prioritaire (REP), elle est sollicitée pour des projets partagés avec les écoles du secteur.

« Réservée aux professeurs qui sont devant des élèves »

En novembre 2020, comme tous les enseignants, elle a reçu un courrier du ministère de l’Éducation nationale informant les professeurs du versement d’une prime de 150 € annuelle (durant trois ans) pour qu’ils s’équipent en matériel informatique. La période de confinement du printemps 2020 et l’enseignement à distance ont mis en évidence que de nombreux professeurs n’étaient pas outillés à domicile. Néanmoins, rapidement, les professeurs documentalistes ont compris qu’ils étaient exclus de cette prime au motif qu’elle était « réservée aux professeurs qui sont devant des élèves », selon les explications du ministre le 28 novembre 2020, lorsqu’il a été interrogé au Sénat sur cet oubli.

Un recours au tribunal

Une déclaration qui provoque donc la colère de ces professeurs documentalistes, car d’une part, ils sont régulièrement devant les élèves ne serait-ce que pour l’éducation aux médias ou des projets partagés avec d’autres enseignants. De plus, ce sont eux qui se chargent de l’évaluation des compétences numériques des élèves de collège ou ont en charge de mettre à jour les informations de l’espace numérique de travail (ENT) de chaque établissement...

« Avec d’autres collègues professeurs documentalistes du secteur, à Bacqueville-en-Caux et à Luneray notamment, nous sommes solidaires et partageons cette colère des 11 000 enseignants concernés en France. Nous envisageons à présent un recours devant le tribunal administratif pour attaquer le décret ministériel comme une mesure discriminatoire. » La médiatrice de l’Éducation nationale contactée par courrier comprend les arguments développés par les professeurs documentalistes et a transmis sa réponse au ministère.

Mireille Loubet

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«La mixité à l’école, c’est comme la vinaigrette : si on ne secoue pas, ça ne se mélange pas» (+ vidéo)

16 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

EXTRAITS

Longtemps les filles ont eu droit à une instruction différente et séparée. Pour passer le bac, elles ont dû, au lendemain de la Grande Guerre, forcer la porte des établissements de garçons, bien avant la loi de 1975. L’historienne Geneviève Pezeu revient sur cette «révolution silencieuse» pas encore achevée.

Pourquoi certaines femmes ont voulu très tôt intégrer les établissements secondaires de garçons ?

Cette révolution s’est installée en douceur et en silence. Avant la Première Guerre mondiale, on relève quelques tentatives. En 1911, Marie Curie aurait notamment voulu que sa fille fasse sa première et sa terminale au lycée de garçons Lakanal, à Sceaux. Ce qui lui a été refusé. C’est surtout après la Grande Guerre que les filles ont forcé la porte des établissements de garçons.

Le ministère commence à délivrer des autorisations via un certain nombre de circulaires. Les circonstances vont inciter des parents à demander l’intégration de leurs filles, de bonnes élèves aux ambitions universitaires, dans des établissements de garçons. Leur première motivation ? Qu’elles puissent préparer le bac - indispensable à la poursuite d’études supérieures - dans de meilleures conditions. Les établissements secondaires publics de filles existent depuis 1880, mais il a fallu attendre un décret de 1924 pour que ces institutions les préparent au bac.

Cependant, elles n’avaient pas assez de profs de latin, de maths ou de sciences, mais aussi trop peu d’élèves pour organiser des classes entières de préparation au bac. Ces filles complétaient donc les effectifs de garçons. Dans l’entre-deux-guerres, elles étaient toutefois très peu (deux, trois, dix, et au maximum quinze élèves). Ça a progressé, diminué, en fonction des besoins de ces établissements.

Ce «co-enseignement», comme il était appelé à l’époque, était d’abord toléré pour des raisons socioéconomiques ?

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte. Il permet d’éviter aux filles d’aller en internat, car elles peuvent choisir un établissement de garçons plus proche de chez elles. Elles n’ont cependant pas le droit à la cantine et sont toutes externes. C’était inimaginable qu’elles déjeunent avec les garçons. Des raisons économiques sont aussi invoquées par les municipalités, en particulier pour les collèges. A l’époque, les lycées, financés par l’Etat, assurent la scolarité de la onzième [actuel CP, ndlr] jusqu’à la terminale et aux classes prépa.

Quand on parlait de «collèges», c’était la même chose, sauf qu’il n’y avait pas de classes prépa. L’Etat payait les profs, et tout le reste était à la charge des communes. Ces collèges de petites et de moyennes villes leur coûtaient une fortune. L’enseignement étant resté payant jusqu’en 1930 (année où l’entrée en sixième devient gratuite), accueillir des filles renflouait les effectifs et permettait aux collèges de survivre durant les années de grande pauvreté de la France, dans les années 20 et 30. Au lycée en 1930, ce sont majoritairement les classes préparatoires de grandes villes qui reçoivent des filles.

(...)

Comment le système scolaire s’est-il adapté à ces «intruses» ?

Dans l’entre-deux-guerres, des circulaires permettent cette adaptation. L’accueil est cadré pour limiter les contacts qui ne seraient pas purement scolaires. Au-delà de l’externat obligatoire, dans certains établissements, les filles n’entrent pas par la même entrée pour éviter de croiser les garçons. J’ai aussi pu retrouver quelques écrits de chefs d’établissement qui comptaient aménager de nouvelles toilettes dans l’optique d’accueillir des filles et sauver leur école.

Une ancienne élève en première et terminale au collège de Carpentras m’a confié à ce sujet : «Je crois qu’on se retenait. Comme on était externes, on allait faire pipi entre midi et deux.» Certains enseignements restaient séparés, comme le dessin. Pour les garçons, ils visaient plutôt à leur apprendre le dessin industriel alors que les filles avaient droit à un enseignement artistique. Le sport est également resté séparé très longtemps. En classe, les enseignants ont tendance à placer les filles soit devant pour les protéger, soit au fond pour que les garçons ne soient pas divertis par leur présence.

Certains profs s’imaginaient aussi qu’elles avaient besoin de plus de concentration pour tout comprendre. Ils avaient peur de recevoir les filles mais se sont rapidement rendu compte que leur présence polissait le comportement des garçons.

(...)

Cet historique influence-t-il notre système éducatif actuel ?

La mixité n’est toujours pas suffisamment pensée. Cette quasi-absence de débats fait qu’il n’y a pas de cicatrice, donc pas de formation. Pour les jeunes enseignants, elle est généralement noyée dans la réflexion «citoyenneté, laïcité et lutte contre les discriminations». En écrivant cet ouvrage, j’ai analysé a posteriori mon expérience d’enseignante. Quand je corrigeais les copies anonymes du bac, j’avais des préjugés. Si l’encre était violette, bleu turquoise, ou que l’élève mettait des ronds sur les «i», dans mon esprit c’était une fille. Je ne sais pas ce que ça impliquait pour la note finale, mais je mettais un sexe sur l’écriture.

En classe, j’avais aussi tendance à mettre une fille à côté d’un garçon turbulent pour réguler les attitudes. Pour ces filles tout comme pour les garçons calmes, jouer ce rôle de tampon doit être pénible. Si dès le plus jeune âge, tout le monde, professeurs compris, réfléchissait à la question du vivre ensemble, on n’aurait sûrement pas les mêmes réactions. Là, on impose. A noter aussi que l’orientation scolaire est le reflet de nos a priori genrés présents dans l’éducation de l’enfant en général, mais les préjugés véhiculés par les enseignants y participent. Beaucoup de sociologues ont démontré que les professeurs n’ont pas les mêmes attentes pour leurs élèves. Tout ça se reflète ensuite sur les choix d’orientation et sur les carrières.

(...)

Comment agir aujourd’hui en faveur de l’égalité par la mixité dans l’éducation ?

J’aime prendre la métaphore de la vinaigrette. Si on ne secoue pas, elle ne se mélange pas. Il faut secouer la mixité et la secouer tout le temps. Il faut en premier lieu parvenir à une prise de conscience - ce qui n’est pas toujours une évidence - en passant par de la formation, de la discussion. Il faut que les adultes prennent cette question en main et la fassent vivre auprès des jeunes. Ce mélange met en jeu toutes les autres formes de relations femmes-hommes, mais aussi avec l’autre, celui qui ne nous ressemble pas. Je parle d’hétérosociabilité égalitaire, c’est-à-dire une autre façon de penser la sociabilisation avec l’autre qui soit égalitaire. Changer les termes, ça peut aussi être une façon d’aider à le penser.

Marlène Thomas

Des filles chez les garçons. L’apprentissage de la mixité de Geneviève Pezeu Vendémiaire, 264 pp., 21€.

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Dispenses d'école les 17 et 18 décembre : «C’est de l’improvisation permanente»

16 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Dispenses d'école les 17 et 18 décembre : «C’est de l’improvisation permanente»

Le Premier ministre, Jean Castex, a suggéré ce mardi que les enfants n'aillent pas à l'école jeudi et vendredi, comme conseillé par le Conseil scientifique, pour limiter les risques de contamination à Noël. Une recommandation de dernière minute qui passe mal du côté des enseignants.

«Comment je vais faire avec mes secondes ?» Jean-Marie Evrard, prof d’histoire-géo en Seine-Saint-Denis, s’interroge après l’annonce du Premier ministre Jean Castex recommandant aux enfants de ne pas aller à l’école ce jeudi et vendredi. C’est ce que préconisait la veille le Conseil scientifique pour limiter les contaminations une semaine avant Noël. C’est justement ce vendredi que le professeur devait achever son programme sur la Renaissance avec des élèves de seconde. «Ils doivent terminer ce cours en groupe mais s’ils ne sont pas tous là, ça va pénaliser les autres et je devrais prévoir une autre session pour les absents à la rentrée», anticipe-t-il.

Ces recommandations lui compliquent bien la tâche alors qu’il voulait entamer un nouveau chapitre du programme à la rentrée et qu’une inspection l’attend bientôt dans cette classe. Ce prof, comme beaucoup de ses collègues, en a «ras le bol» de ces annonces gouvernementales de dernière minute : «C’est de l’improvisation permanente mais l’enseignement ce n’est pas au jour le jour. Je prépare mes cours moi !» Le ministère de l’Education nationale précise à Libération qu’il s’agit d’une simple «tolérance accordée aux familles, qui le souhaitent et le peuvent, d’isoler leurs enfants avant les fêtes». Une note a été adressée en ce sens ce mardi matin aux recteurs. Les absents, quelque soit leur âge, n’auront pas de sanction : leurs parents devront toutefois prévenir les établissements scolaires en amont. «Nous n’incitons pas [à ne pas mettre les enfants à l’école], a précisé le ministre de l’Education mardi soir sur RTL. Mais on peut comprendre, accepter et tolérer qu’une famille décide de ne pas les envoyer jeudi et vendredi». Jean-Michel Blanquer a précisé que ses propres enfants iraient bien à l’école puisque «le principe reste l’ouverture» des établissements scolaires jusqu’à vendredi. 

«On peut passer du simple au double en fonction de la façon dont on communique»

Justine (1), principale dans un collège de l’académie de Versailles, est «remontée comme un coucou». C’est d’ailleurs pour cela qu’elle accepte de parler, ce qui arrive rarement chez les chefs d’établissement. Sa messagerie professionnelle est déjà inondée de messages de parents paumés, cherchant à savoir si c’est grave, ou non, de faire louper deux jours d’école à leur enfant. Elle le sait, le nombre d’élèves présents en fin de semaine dépendra de sa réponse : «On peut passer du simple au double en fonction de la façon dont on communique. Si je leur envoie la note du conseil scientifique et que je leur explique qu’il vaut mieux rester chez soi, la plupart vont s’organiser. Mais si j’explique que c’est super important pour les élèves d’être présents alors ils seront beaucoup plus nombreux à venir», explique-t-elle. 

Elle a échangé à ce sujet avec d’autres chefs d’établissement dans la matinée pour savoir s’il fallait faire reposer toute la responsabilité sur les parents ou s’il valait mieux «leur enlever ce poids» en les aiguillant. De son côté, elle ne s’est pas encore décidée mais il faut aller vite, d’autant plus que le repas de Noël de ses 800 élèves doit être préparé ce mercredi. Il faut donc sortir la bonne quantité du congélo selon le nombre de collégiens prévus. Justine trouve en tout cas «rageant» de ne pas avoir décidé de confiner tout le monde jeudi et vendredi : «Cela aurait été bien plus simple, d’autant plus qu’on est préparés à faire du distanciel comme nous l’a demandé l’académie.»

«Rupture d’égalité entre les familles»

Ghislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, voit dans cette recommandation une «rupture d’égalité entre les familles», puisque certaines vont pouvoir se permettre de garder les enfants à la maison alors que d’autres non. Surtout, «cela acte le fait que le virus circule bien dans les écoles» remarque Ghislaine David, alors que le ministre de l’Education nationale ne cesse de répéter le contraire, assurant que l’école n’est pas un «nid à virus». En mai, Jean-Michel Blanquer disait même qu’il n’y avait «pas plus de risque à rester chez soi que d’aller à l’école». Rue de Grenelle, on confirme encore aujourd’hui «qu’il n’y a pas de circulation active du virus comme le montrent les chiffres transmis chaque semaine par les académies». Problème, ces chiffres sont très différents des données observées sur le portail de Santé publique France, comme l’expliquait CheckNews en novembre, montrant que le ministère minorait le nombre d’élèves réellement testés positifs.

Pour Ghislaine David, il est donc cette fois urgent de renforcer le protocole sanitaire dans les écoles pour la rentrée de janvier afin «de ne pas aller droit dans le mur». Seuls les lycées ont en effet obtenu le droit de faire cours en demi-groupes, depuis début novembre, pour mieux respecter la distanciation physique. Mais Jean-Michel Blanquer a précisé mardi soir qu’un renforcement du protocole n’était pas «à l’ordre du jour», tout comme un confinement scolaire. «La France est l’un des pays en Europe, pour ne pas dire le pays, qui a le mieux réussi son retour à l’école», a assuré le ministre en ajoutant que la rentrée se fera, comme prévu, le 4 janvier.

(1) Le prénom a été modifié.

Cécile Bourgneuf

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Revue de Presse Education... "C’est toujours chaud à propos de la maternelle, de la laïcité et de la crise sanitaire."

16 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... "C’est toujours chaud à propos de la maternelle, de la laïcité et de la crise sanitaire."

C’est toujours chaud à propos de la maternelle, de la laïcité et de la crise sanitaire. Heureusement il nous reste les sources et flexions pour prendre un peu de distance.

 

Maternelle

Ghislain Leroy : Pour une école maternelle de la résistance
Que penser des nouveaux programmes de maternelle ? Guislain Leroy, maître de conférences à l’université Rennes 2, les situe dans une évolution déjà ancienne qui affirme de plus en plus la "scolarisation" de l’école maternelle. Il dénonce le manque de bienveillance des enfants soumis, dans les nouveaux programmes, à une évaluation dès la petite section. Il proteste aussi contre l’impasse faite par le Conseil supérieur des programmes sur la recherche.”

La maternelle, « enfin » une école ? par Rachel Harent, Cahiers pédagogiques
Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a rendu publique une Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de la maternelle, le ministre de l’Éducation nationale lui ayant confié pour mission de se pencher sur ce niveau en 2020-2021. Cette note a provoqué beaucoup d’émoi chez les professeurs des écoles, en particulier ceux enseignant en maternelle : elle semble préfigurer des programmes centrés sur l’enseignement quasi exclusif des mathématiques et du français, et destinés à faire réussir aux élèves les tests passés à l’entrée en CP, plutôt qu’à leur faire apprendre ce qui leur sera nécessaire pour réussir au cours de leur scolarité.”

Arguant de la scolarisation obligatoire dès trois ans, le conseil supérieur des programmes (CSP) a publié une note qui marque un changement profond dans l’orientation des programmes de l’école maternelle. Alors que les programmes de 2015 ont été unanimement accueillis par la profession et la communauté éducative, les propositions du CSP sont très loin de faire l’unanimité.” Communiqué du Snuipp Fsu.

 

Crise sanitaire

Note d’éclairage du Conseil scientifique COVID-19 12 décembre 2020 ACCOMPAGNER UNE FIN D"ANNEE PAS COMME LES AUTRES
Libérer les jeudi 17 et vendredi 18 décembre

Auto-confinement avant les fêtes : les enfants pas obligés d’aller à l’école jeudi et vendredi
Pour éviter une troisième vague en janvier, le Conseil scientifique recommande l’auto-confinement. Le Premier ministre conseille à ceux qui le peuvent de ne pas envoyer leurs enfants à l’école jeudi et vendredi.”

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Crise sanitaire : Comment les autres pays ont-ils réagi ? sur le Café pédagogique
A force de dire que la France a géré mieux que les autres pays la crise sanitaire, ça donne envie d’y aller voir de plus près. Personne ne peut faire cette comparaison mieux que l’OCDE, un organisme neutre, qui a une vision mondiale de la situation et dont l’expertise en éducation est reconnue. Dans une étude publiée fin novembre, l’OCDE étudie les réponses des systèmes éducatifs à la crise sanitaire dans ses différentes dimensions. La France est citée 6 fois. Elle n’a pas ébloui les membres de l’OCDE. Et plusieurs dimensions jugées essentielles n’ont pas atteint la rue de Grenelle…

 

Laicité

Instruction en famille : « Ne vaut-il pas mieux endiguer les quelques dérives que d’enterrer une liberté ? » Tribune de Bernard Toulemonde, Juriste, inspecteur général honoraire
Le projet de loi « confortant les principes républicains » prévoit une limitation de l’instruction en famille pour lutter contre les « séparatismes ». Le juriste et inspecteur général honoraire Bernard Toulemonde rappelle que, en France, l’instruction est obligatoire, pas l’école.”

« Le gouvernement affirme renforcer la laïcité, alors qu’il porte atteinte à la séparation des religions et de l’Etat »
Pour l’historien et sociologue Jean Baubérot, le projet de loi sur les séparatismes « confortant le respect des principes républicains » remet en cause des libertés fondamentales et risque d’être contre-productif.” Propos recueillis par Claire Legros

 

Sources et flexions

Comment l’architecture peut transformer l’école
Le ministère de l’Education nationale compte sur la rénovation des établissements scolaires vieillissants pour les rendre compatibles avec les nouvelles méthodes pédagogiques. Pour diffuser cette nouvelle architecture scolaire encore faudra-t-il l’apport des enseignants et des collectivités.” abonnés

« Etats généraux du numérique pour l’éducation : et après ? »
Tribune de Pascal Plantard, Professeur d’anthropologie, membre du Cread (université Rennes-II) et codirecteur du GIS M@rsouin et André Tricot, Professeur de psychologie cognitive, membre du laboratoire Epsylon (université Paul-Valéry-Montpellier-III)
Pascal Plantard, professeur d’anthropologie des usages du numérique, et André Tricot, professeur de psychologie cognitive, analysent, dans une tribune au « Monde », l’organisation et les propositions issues des Etats généraux du numérique pour l’éducation” abonnés

Les dossiers des sciences de l’éducation 41 | 2019 La recherche francophone en éducation : réseaux, échanges, publications
Sous la direction de Richard Étienne, Vincent Dupriez, Olivier Maulini et Maurice Tardif
À l’occasion des rencontres de juillet 2019 à Toulouse, le comité d’organisation du Réseau international de recherche en éducation et en formation (REF) et le comité de rédaction des Dossiers des Sciences de l’éducation ont décidé de consacrer ce numéro 41 de la revue à une mise en perspective de la recherche francophone dans la discipline des sciences de l’éducation et de la formation.
Le REF est né en 1989. Ses diverses rencontres, maintenant organisées tous les deux ans dans l’un des quatre pays fondateurs (France, Belgique, Québec, Suisse), ont vu le nombre de symposiums, qui sont la marque distinctive de son fonctionnement, augmenter de 4 à 37 (Toulouse, 2019) et l’effectif des participantes et participants connaître la même croissance. Précédées et/ou suivies par une journée de colloque(s), ces rencontres contribuent à la réalisation et à la diffusion de la recherche comme en témoignent les dizaines de publications (plus de 140 livres ou dossiers de revue à ce jour)
.”

 

Bernard Desclaux

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Maternelle - « Quel nouveau programme ? », « Ah bon ? Qui a dit ça ?! », « C’est quoi cette histoire encore ? »

15 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Maternelle

Maternelle - « Quel nouveau programme ? », « Ah bon ? Qui a dit ça ?! », « C’est quoi cette histoire encore ? »

EXTRAIT

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a rendu publique une Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de la maternelle, le ministre de l’Éducation nationale lui ayant confié pour mission de se pencher sur ce niveau en 2020-2021. Cette note a provoqué beaucoup d’émoi chez les professeurs des écoles, en particulier ceux enseignant en maternelle : elle semble préfigurer des programmes centrés sur l’enseignement quasi exclusif des mathématiques et du français, et destinés à faire réussir aux élèves les tests passés à l’entrée en CP, plutôt qu’à leur faire apprendre ce qui leur sera nécessaire pour réussir au cours de leur scolarité.

« Quel nouveau programme ? », « Ah bon ? Qui a dit ça ?! », « C’est quoi cette histoire encore ? », « Ce n’est pas sûr encore… Si ? », « Encore ?! Ras le bol !  », « Mais faut vraiment qu’ils mettent leur grain de sel partout ! », « Et ça va servir à quoi de changer de programme ?  », « Et c’est encore le yo-yo ! Un coup c’est ci, et après ça, et maintenant re-ci, pfffff...  », «  Et c’est quoi le but ? »

Voici quelques réactions qui ont surgi quand j’ai demandé à mes collègues s’ils étaient informés qu’un nouveau programme pour l’école maternelle allait surgir du chapeau ministériel. Pour faire simple, la première réaction a été une surprise, parfois agacée, parfois teintée de lassitude blasée. Un orage, ça finit toujours par passer…

Mais, au fait, c’est quoi un programme ? Plus ou moins explicitement, un programme a deux visées. La première est de donner les grandes orientations, il recèle les buts sociopolitiques de ses créateurs. Par exemple, dans le programme 2015 était écrit « L’école maternelle est une école bienveillante, plus encore que les étapes ultérieures du parcours scolaire. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité. Elle s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser. En manifestant sa confiance à l’égard de chaque enfant, l’école maternelle l’engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et réussir sa scolarité et au-delà. »

Sont donc ici exprimés une visée émancipatrice dépassant le cadre scolaire (l’enfant y apprend à penser et agir par lui-même, à devenir un être singulier dans le collectif, la réussite visée n’étant pas seulement scolaire), ainsi que le postulat que tout enfant peut apprendre, quels que soient son origine, son milieu de vie, ses difficultés.

La deuxième visée d’un programme est de préciser ce que les enfants-élèves doivent apprendre en classe pour avancer avec réussite sur le chemin de l’école, et comment les enseignants doivent s’y prendre. Le fait par exemple d’indiquer que l’enfant apprend en jouant, en résolvant des problèmes, nécessite pour l’enseignant de maternelle de mettre en place des environnements et situations d’enseignement-apprentissage où l’enfant joue pour apprendre, où l’enfant résout des problèmes pour apprendre. Y sont également présentés, de façon plus précise, des gestes professionnels tel que « l’enseignant s’adresse aux enfants les plus jeunes avec un débit ralenti de parole » (programme de 2015).

 

(...)

 

Rachel Harent
Professeure des écoles dans le Finistère


À lire également sur notre site
L’École maternelle par celles et ceux qui la font vivre par Rachel Harent

« L’école maternelle, est une école à part entière, école première où l’on apprend ensemble ! », lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale

Jean, Sofiane, Shaïma et Pauline, avant-propos de notre n° 517 "Tout commence en maternelle", par Christophe Blanc et Valérie Neveu

La réussite pour tous en CP : oui, mais comment ? Par Claude Seibel

 

Suite et fin en cliquant ci-dessous

 

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Les programmes de maternelle menacés...

15 Décembre 2020 , Rédigé par Snuipp FSU Publié dans #Education

Les programmes de maternelle menacés...

Arguant de la scolarisation obligatoire dès trois ans, le conseil supérieur des programmes (CSP) a publié une note qui marque un changement profond dans l'orientation des programmes de l'école maternelle. Alors que les programmes de 2015 ont été unanimement accueillis par la profession et la communauté éducative, les propositions du CSP sont très loin de faire l'unanimité.

Les programmes de 2015 ont été le fruit d'une longue et largue consultation de la profession mais aussi de la communauté éducative. Construits dans une véritable démarche collaborative, ils ont été votés unanimement au conseil supérieur de l'Éducation (CSE) en 2015, rappelle SNUipp-FSU dans son communiqué. « Il y a la volonté », affirme le syndicat, « d'attaquer l'école maternelle dans ses fondements ». 

Pour rédiger la note « d'analyses et de propositions sur le programme d'enseignement de l'école maternelle », le CSP n'a consulté aucune organisation syndicale, aucun enseignante ou enseignant non plus et les rares références scientifiques abordées sont celles gravitant autant du Ministère, tels que Stanislas Dehaene ou encore Alain Bentolila. Et ce n'est pas vraiment une surprise, déjà en 2018, dans le dossier de presse du ministère de l'Éducation nationale et en 2019, dans la circulaire de rentrée, le ton était donné. Le CSP ne fait que reprendre à son compte les orientations ministérielles, devenant de fait, sa courroie de transmission. C'est aussi à nouveau l'exemple du peu de cas que fait ce ministère de la professionnalité enseignante et de sa conception très singulière d'une « école de la confiance... » 

Alors que les programmes 2015 placent l'enfant, et son développement, au centre des apprentissages, la note insiste sur le fait que les élèves de maternelle doivent être préparés à l'entrée en élémentaire. Cette préparation subordonne de fait l'école maternelle à l'élémentaire, faisant perdre de vue l'identité même de cette école si spécifique. « Les trois années de scolarité préélémentaire doivent assurer à tous les enfants des acquisitions qui leur seront nécessaires pour aborder avec confiance le cours préparatoire. Sans pour autant être l'antichambre de l'école élémentaire (sic), l'école maternelle doit permettre à tous les enfants d'accéder sans difficulté préalable aux apprentissages fondamentaux   ». Les programmes de 2015 avaient trouvé un équilibre entre la nécessaire préparation au CP et les objectifs spécifiques liés aux apprentissages des jeunes enfants. Les propositions de la note du CSP tendent à une réduction des programmes aux fondamentaux, et ce dès la maternelle, loin de l'objectif ambitieux d'une culture commune pour tous. 

Autre sujet d'inquiétude, les évaluations. Le CSP en préconise dès la PS et en GS, avec pour seul objectif d'en faire un outil de pilotage des enseignements. Une préconisation qui démontre encore une fois le manque de connaissance de l'école maternelle et des enfants qu'elle accueille. Mettre en place des évaluations normatives à un instant T, c'est faire fi des différences de rythme et de développement des élèves, c'est créer artificiellement de l'échec en traduisant les résultats en réussites ou échecs prédictifs d'une trajectoire scolaire. L'école maternelle doit rester le lieu de l'évaluation fondée sur l'observation des élèves en cours d'apprentissages à l'échelle du cycle. 

Le communiqué du SNUipp-FSU 
UNE VOLONTÉ D’ATTAQUER LA MATERNELLE DANS SES FONDEMENTS

Après avoir aménagé les programmes de l’école élémentaire, le ministre s’attaque à l’école maternelle. En prétextant de l’instruction obligatoire à 3 ans, alors que l’école maternelle était déjà fréquentée par 97% des enfants âgés de trois ans, le ministre a chargé le conseil supérieur des programmes (CSP) de modifier ceux de l’école maternelle.

Les programmes de 2015 avaient pourtant été plébiscités par la profession et l’ensemble de la communauté éducative. La place du langage, le rôle du jeu comme entrée dans les savoirs ou encore l’importance des activités sportives et artistiques comme l’attention particulière aux progrès de chaque élève y étaient affirmés. Ces programmes dessinaient les contours d’une école maternelle bienveillante et exigeante, soucieuse du développement langagier, sensoriel, culturel, corporel et social de tous les enfants.

La note du CSP remet complètement en cause la philosophie même de ces programmes. Les auteurs de la note confondent langue (syntaxe, vocabulaire) et langage, en mathématiques, l’importance de la cardinalité est mise en avant au détriment de la construction du nombre. De même, les différences entre enfants ainsi que l'importance d’apprendre ensemble via des interactions entre pairs sont gommées. Les apprentissages sont ainsi réduits à des procédures mécaniques et répétitives modifiant profondément le sens de l'école maternelle. Des propositions qui révèlent une profonde méconnaissance du développement de l’enfant, de leur diversité et de la didactique des enseignements en maternelle.

Les résultats des évaluations nationales standardisées en CP, dont les finalités et la méthode sont contestables, serviraient aussi de prétexte pour réviser les programmes. Les objectifs de la maternelle seraient réduits à une préparation au CP et aux évaluations standardisées. L’obsession incessante de l’évaluation par ce ministère conduira inévitablement à classer les élèves dès l’âge de trois ans faisant ainsi reposer la responsabilité de l’échec scolaire sur les familles, notamment celles issues des milieux populaires. Ainsi voit-on réapparaître la tentation d’un dépistage précoce des enfants en forme de renoncement au “tous capables” qui devrait pourtant guider l’école.

Rendre l’instruction obligatoire à trois ans, sans investir pour une meilleure qualité de scolarisation dans l’école publique mais en resserrant les apprentissages sur les fondamentaux sans se soucier du développement de l’enfant c’est abandonner l’idée d’une école émancipatrice et démocratique qui permettrait la réussite de tous.

Pour prendre toute la part qui lui revient dans la réduction des inégalités scolaires, l’école première a besoin d'être confortée dans son fonctionnement actuel avec plus de moyens : effectifs réduits, formation initiale et continue spécifiques, locaux et matériels adaptés, une ATSEM par classe à temps plein, interventions du RASED...

L’école maternelle a surtout besoin d'une politique éducative qui prenne en compte sa singularité. Une politique qui fasse confiance aux enseignantes et enseignants sur le terrain, professionnels de l’éducation.

Paris, le 14 décembre 2020

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Gestion de la crise sanitaire coté "Education" - La France n'éblouit pas les membres de l'OCDE...

15 Décembre 2020 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Gestion de la crise sanitaire coté "Education" - La France n'éblouit pas les membres de l'OCDE...

EXTRAITS

Crise sanitaire : Comment les autres pays ont-ils réagi ? 

A force de dire que la France a géré mieux que les autres pays la crise sanitaire, ça donne envie d'y aller voir de plus près. Personne ne peut faire cette comparaison mieux que l'OCDE, un organisme neutre, qui a une vision mondiale de la situation et dont l'expertise en éducation est reconnue. Dans une étude publiée fin novembre, l'OCDE étudie les réponses des systèmes éducatifs à la crise sanitaire dans ses différentes dimensions. La France est citée 6 fois. Elle n'a pas ébloui les membres de l'OCDE. Et plusieurs dimensions jugées essentielles n'ont pas atteint la rue de Grenelle...

Assurer la continuité éducative

Dans tous les pays la crise sanitaire a durement touché les systèmes éducatifs. Elle a laissé des traces durables. Mais tous les pays n'ont pas vu dans la crise les mêmes défis. Et c'est sans doute là que l'on distingue le mieux les particularités françaises.

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Distributions d'ordinateurs

Plusieurs pays ont largement distribué des ordinateurs et des accès Internet aux élèves qui n'avaient pas de matériel. Au Chili 125 000 ordinateurs avec connexion Internet payée ont été donnés aux familles. La ville de Rome en a fait autant en Italie. Le Portugal aussi avec en sus un système d'échange de cours par la poste pour les zones blanches. Au Chili 380 000 élèves ont reçu leurs cours par voie postale grace à la mobilisation de l'armée de l'Air. La rue de Grenelle et ses 2000 ordinateurs "prêts à être distribués" fait petit joueur.

Soutenir défavorisés et étrangers

La question de la continuité pédagogique n'est donc pas qu'un problème éducatif. C'est aussi une question sociale rappelle l'OCDE. Certains parents partaient désavantagés comme ceux ayant des revenus faibles ou d'origine étrangère ou encore ceux exerçant des métiers prioritaires. L'OCDE cite la France pour l'ouverture d'écoles pour les enfants de soignants.  L'Angleterre a maintenu ses écoles ouverte spour de nombreuses catégories de la population. Les Pays Bas ont ouvert des écoles pour tous les élèves qui ne pouvaient suivre l'enseignement à distance. Le Portugal a ouvert 800 écoles pour les enfants des travailleurs essentiels.

Le soutien social est aussi nécessaire. Au Royaume Uni le système de repas gratuits a été maintenu malgré l'épidémie.  En Suède le gouvernement a annulé les prêts étudiants.

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Une solution fréquente a été l'ouverture d'écoles d'été. Loin d'être une spécificité française, elles ont fleuri un peu partout. Au Royaume Uni un milliard de livres a été débloqué pour faire face aux besoins exceptionnels. La France a financé un million et demi d'heures supplémentaires sans qu'on sache si elles ont été vraiment consommées. La Suède , l'Autriche, certains Lander ont ouvert des camps d'été pour que les élèves récupèrent leur retard. Certains pays ont mis en place des programmes accélérés. Le Canada a voté 2 milliards pour le retour à l'école.

Les efforts ministériels ont le mérite d'avoir existé. Mais on le voit la France n'est pas seule à avoir développé des stratégies durant le confinement et après. Elle n'est surement ni le pays le plus inventif ni celui qui s'est le plus préoccupé des élèves "particuliers".

François Jarraud

L'étude OCDE

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

 

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Revue de Presse Education... Maternelle — Laïcité — Supérieur — Sources et flexions...

15 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Maternelle — Laïcité — Supérieur — Sources et flexions...

Les projets concernant les maternelles sont peu appréciés, et la laïcité très défendue. De nombreuses questions portent sur le supérieur. Et on terminera par quelques ressources et réflexions.


Maternelle
 
Maternelle : Mireille Brigaudiot : "On va vers des échecs considérables"
" On va vers des échecs considérables en CP. Les enfants, surtout en REP, seront perdus devant le « charabia » des correspondances graphèmes – phonèmes le jour de la rentrée". Spécialiste de l’apprentissage du langage, Mireille Brigaudiot analyse la Note du CSP sur les nouveaux programmes de maternelle.”

Ne les laissons pas abîmer l’école maternelle Par Marc Bablet Blog : Le blog de Marc Bablet
Jusqu’à présent Jean-Michel Blanquer n’avait pas osé s’attaquer vraiment à la maternelle tant il savait que les programmes de 2015 étaient le fruit d’un consensus appuyé sur des constructions professionnelles collectives. Aujourd’hui il met en avant un texte du conseil « supérieur » des programmes qui met en question le sens de cette école.”


Laïcité
 
1905-2020 : le long chemin de la laïcité en France avec Patrick Weil sur FranceCulture
La laïcité est-elle en danger ? Cent quinze ans après la promulgation de la loi de 1905 entraînant la séparation des Églises et de l’Etat, l’assassinat au mois d’octobre dernier du professeur Samuel Paty remet en cause un principe jusqu’alors intimement lié à l’histoire de France.”

Laïcité : Les fausses annonces de JM Blanquer
Clôturant le 9 décembre le colloque organisé par le Conseil des sages de la laïcité, une institution qu’il a crée, JM Blanquer a insisté sur la place centrale de la laïcité. Il a fait plusieurs annonces qui ne devraient pas être difficiles à réaliser. Le ministre promet de mettre en place ce qui existe déjà…

« Parce qu’ils sont profondément attachés à la laïcité les mouvements d’éducation populaire ne veulent pas l’enseigner comme un catéchisme » Tribune d’un Collectif
La laïcité s’incarne quand des personnes se rencontrent, travaillent ensemble et progressent ainsi vers plus de lucidité et de fraternité soulignent dans une tribune au « Monde » un collectif de représentants de dix-huit mouvements et associations.”


Supérieur
 
PLF 2021 : le budget pour l’enseignement supérieur et la recherche, à la hauteur des enjeux ? Pauline Bluteau
À quelques semaines de l’adoption définitive du projet de loi de finances 2021, le doute s’installe du côté de l’opposition. Les 600 millions d’euros supplémentaires prévus pour l’enseignement supérieur et la recherche ne permettraient pas d’accompagner correctement les établissements du supérieur dans un contexte de crise sanitaire.”

Enseignement supérieur et recherche : Hervé Morin demande l’arbitrage de Jean Castex
Université. Le président de la Région Normandie est remonté contre l’État. Il juge très insuffisants les crédits accordés à l’enseignement supérieur et à la recherche en Normandie. Il en appelle désormais à l’arbitrage de Matignon.”

Enseignement supérieur : un rapport propose de nouvelles pistes pour accroître la diversité
Des nouvelles pistes dans l’enseignement supérieur, mais aucune ne sera imposée, reconnaît le ministère.”

Universités fermées : le Conseil d’Etat sur la ligne du gouvernement Par Olivier Monod
La santé psychique des étudiants inquiète leurs professeurs qui ont saisi le gouvernement et le Conseil d’Etat pour une réouverture des universités. Celle-ci devrait avoir lieu début janvier pour « des étudiants ciblés ».”

DOSSIER. Grandes écoles : le défi de la crise sanitaire sur L’Obs
L’enseignement supérieur doit se remettre en question. Les grandes écoles, elles aussi impactées par la crise sanitaire et sociale que nous traversons, doivent se réinventer. Les étudiants de ces formations sélectives font face à un nouveau type d’enseignement mêlant distanciel et présentiel, cours en direct ou enregistrés. Ils sont également plus sujets au stress et au risque de décrochage. La perte des petits boulots, comme le manque de relations sociales, fragilise ces jeunes pourtant considérés comme privilégiés. Et comment vivent-ils les immersions à distance censées remplacer les séjours à l’étranger, emblématiques de ces parcours ? « L’Obs » passe en revue, à travers des expériences et des exemples précis, tous ces bouleversements.”


Sources et flexions
 
Est-ce la faute des enseignants si l’école aggrave les inégalités ?
La parution mardi 27 septembre du rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) « Inégalités sociales et migratoires : comment l’école amplifie-t-elle les inégalités » a suscité beaucoup de commentaires et de réactions. Ce rapport le mérite, car il est important et est le résultat d’un travail rigoureux de plus d’une vingtaine d’équipes de chercheurs français et étrangers qui font le tour de la question. On aurait pu cependant espérer une lecture plus sérieuse de la part des médias généralistes, qui le réduisent à tort à une remise en cause de l’éducation prioritaire.”

Professeur clandestin Par Cl R Blog : Miscellanées
Titulaire d’un CAPES estampillé par la République Française, me voici promue par un décret du 07 décembre au rang de professeur digne d’exception. En plus de ma légendaire agilité pour enseigner malgré les entraves placées sur mon chemin, j’ai été pourvu officiellement d’une cape d’invisibilité : j’ai l’immense pouvoir institutionnalisé d’enseigner sans être face aux élèves. Qui suis-je ?

Kéren Desmery : Le difficile parcours de l’Éducation Morale et Civique
Chercheuse postdoctorale à l’École Pratique des Hautes Études, Kéren Desmery publie un ouvrage, tiré de sa thèse, sur l’enseignement de l’Éducation Morale et Civique (EMC) (Pour une éducation à la liberté responsable : les perspectives d’un enseignement moral et civique, éditions Libermirabilis). Dans cet entretien, la jeune chercheuse revient sur l’histoire de l’EMC, avec sa dimension d’appréhension de la laïcité, son évolution et sur ses différents enjeux.”

100 ans après, quelle orientation ? Par Jacques Vauloup le lundi 14 décembre 2020
Avec La naissance de l’orientation professionnelle en France (1900-1940), l’historien Jérôme Martin documente les origines, il y a un siècle, de l’orientation professionnelle et du métier de conseiller d’orientation. Au croisement de l’histoire sociale, de l’histoire de l’éducation et de celle de la psychologie, il éclaire les conditions d’apparition de la question de l’orientation, ses bases idéologiques et scientifiques et la diversité des acteurs.”

Le lent et beau combat de la mixité à l’école
Dans son livre Des filles chez les garçons, l’historienne Geneviève Pezeu retrace la longue évolution des mentalités qui a permis aux filles de se faire une place dans la même classe que les garçons.” abonnés

 

Bernard Desclaux

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Blanquer? "... revêtir les habits de l'intransigeance pour enfoncer des portes déjà ouvertes"/Christian Chevalier

14 Décembre 2020 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Blanquer?  "... revêtir les habits de l'intransigeance pour enfoncer des portes déjà ouvertes"/Christian Chevalier

EXTRAITS

Laïcité : Les fausses annonces de JM Blanquer 

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Une épreuve aux concours qui existe déjà

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"A partir de la session 2022 les concours de recrutement apprécieront les connaissances des candidats sur les valeurs de la République et la laïcité. Leur formation sera adaptée pour les préparer", affirme JM Blanquer.

Une affirmation qui ne devrait pas trop changer les habitudes des Inspe. De 2011 à 2014, la formation initiale des enseignants comportait une épreuve "agir en fonctionnaire de l'Etat" qui incluait les valeurs de la république, la laïcité étant expressément nommée. Depuis 2015 les concours de recrutement des enseignants comportent toujours une épreuve sur les valeurs de la République et la laïcité.

(...)

Un engagement des parents qu'ils prennent déjà

La seconde annonce ministérielle est présentée comme la nécessité "de mobiliser la société civile et en premier lieu les parents d'élèves". "Il y a un immense sujet de ce coté", dit JM Blanquer. Il annonce la mise en place d'une "charte des droits et devoirs qui sera signée entre les parents et l'école". Celle-ci existe déjà. Depuis 2015 la Charte de la laïcité, voulue par V Peillon et portée par N Vallaud-Belkacem, est présente dans tous les carnets de correspondance et signée par les parents.

 

Sur twitter, Christian Chevalier, ancien secrétaire général du Se-Unse et actuellement membre du CESE, parle de "revêtir les habits de l'intransigeance pour enfoncer des portes déjà ouvertes"...

 

F Jarraud

 

Le discours du ministre

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

 

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Autoévaluation des établissements : attention, danger !

14 Décembre 2020 , Rédigé par Snes-FSU Publié dans #Education

Autoévaluation des établissements : attention, danger !

Cette démarche figure dans la loi « pour une école de la confiance » de juillet 2019.Elle est prévue en deux temps : une autoévaluation suivie d’une évaluation externe.

La première phase est en cours de lancement. Encore une demande hors-sol signant l’obsession de ce gouvernement : affaiblir le service public d’Éducation. Les équipes sont invitées à multiplier les réunions pour réaliser un diagnostic guidé servant de base à l’évaluation externe qui arrivera du rectorat ou de la DASEN dans un second temps. La finalité est de forcer à modifier les projets d’établissement ou contrats d’objectifs.

Tout se passe comme si une partie de l’administration continuait aveuglément son travail. Comme si la gestion de la crise sanitaire ne bouleversait pas les établissements, comme si personne ne savait ou ne voulait voir que les personnels sont exténués. Poursuivre ce dispositif est une maltraitance de l’institution. L’auto-évaluation vise à faire porter à l’établissement la responsabilité des difficultés rencontrées.

Elle sert, sous des mots creux flatteurs (« partagé » « coconstruction » « acteurs » « territoire ») à culpabiliser les personnels engagés à réaliser des« progrès » quand l’État, lui, détruit les emplois et s’attaque aux métiers. Aucun personnel d’orientation recruté, 7 500 suppressions d’emplois d’enseignants en quatre ans dans le second degré public, 70 000 élèves en plus mais l’auto-évaluation va solutionner toutes les difficultés, c’est certain. Faire « mieux » d’école en quelque sorte !

Par ailleurs, l’auto-évaluation peut être un outil de déréglementation au nom de l’adaptation au « local ». Le but est de juger l’action de l’établissement non plus sur la base d’ambitions réelles et de critères nationaux objectifs mais sur celle de la « valeur ajoutée »apportée sans que l’on sache de quoi il s’agit.

Le SNES-FSU appelle à dénoncer ce dispositif qui n’a rien à voir avec la nécessité de faire des diagnostics comme de fixer à tous les établissements, sur tout le territoire, des objectifs ambitieux en leur donnant les moyens humains et matériels de les réaliser. Les « performances » immédiatement quantifiables ne mesurent pas la qualité du service public d’éducation qui a pour objectif le progrès de fond sur le long terme.

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