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Vivement l'Ecole!

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Suicide d'une lycéenne transgenre : «Fouad assumait pleinement son identité»

19 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Suicide d'une lycéenne transgenre : «Fouad assumait pleinement son identité»

Après l'agitation des réseaux sociaux dénonçant la responsabilité de son établissement, les amies d'une élève transgenre qui a mis fin à ses jours mercredi à Lille se sont rassemblées pour lui rendre hommage et continuer la lutte contre la transphobie.

«On n’accuse personne» : les amies de Fouad, une lycéenne transgenre de 17 ans qui s’est donné la mort mercredi dans le foyer où elle résidait, refusent de céder à la polémique née sur les réseaux sociaux et d’incriminer leur établissement alors qu’une enquête se poursuit sur ce suicide. Ce vendredi matin, devant le lycée Fénelon de Lille, où était scolarisée Fouad, une cinquantaine de jeunes gens se sont assis sur la chaussée, en hommage à l’adolescente décédée. Dans la douceur et la dignité, des mots qui définissent Fouad selon ses proches.

Tous racontent le même épisode, qui a marqué la vie du lycée ces dernières semaines : le mercredi 2 décembre, Fouad est venue en jupe en cours. «Elle a enfin assumé de la porter, c’était un cap à franchir pour elle, pour assumer pleinement son identité», raconte Anabelle, une de ses amies, elle aussi transgenre et élève à Fénelon. Elle précise que l'adolescente avait commencé un traitement hormonal, entamé des démarches pour changer d’état civil, et réfléchissait encore à un nouveau prénom. Tout le monde l’appelait donc Fouad, les profs restant au «il» de la liste d’émargement, les élèves oscillant entre «il» et «elle».

Entretien houleux

Dans la cour, ce 2 décembre, la conseillère principale d’éducation (CPE) demande à Fouad, venue donc en jupe ce jour-là, de la suivre dans son bureau. S’ensuit un entretien houleux, dont un extrait a émergé par la suite sur les réseaux sociaux. Les mots sont mesurés, le ton très dur : «Je comprends ton envie d’être toi-même […] mais il y a des sensibilités différentes, des éducations différentes.» Fouad, en face, retient à grand-peine ses larmes. Les lycéens rencontrés ce vendredi soupirent : «La CPE, elle parle tout le temps comme ça avec tout le monde, elle manque de tact.» Fouad décide de quitter le lycée d’elle-même et appelle sa référente sociale au sein du foyer où elle réside.

«Elle nous a raconté que l’épisode avait été violent pour elle», témoigne Anabelle. Sur le groupe Snapchat de sa classe, Fouad poste le jour même un petit message : «Je suis venue en jupe et ils m’obligent à rentrer chez moi. Vs en pensez quoi ?» Les messages de soutien s’accumulent : «Pfff», «c grv pas normal». Alors Fouad poste des enregistrements où elle fait son coming out («Je vous fais la confession, je ne suis pas un garçon») et raconte l’entretien.

Sur le portable d’une des lycéennes présentes au rassemblement d’hommage, on entend la voix de l’ado : «Depuis le début de l’année, ils connaissaient ma situation, ils m’avaient dit que je pouvais venir comme je voulais tant que ce n’était pas provocant.» Mais la jupe en jean, sur des collants noirs épais, n’est pas passée. «C’est un truc, comment on peut dire, bien humiliant», réagit Fouad à propos de cette convocation chez la CPE. Entre-temps, le proviseur s’est saisi de l’affaire : «Il lui a téléphoné le mercredi après-midi pour lui indiquer qu’elle pouvait venir en jupe dès le lendemain», le jeudi 3 décembre, raconte Anabelle.

«Le problème vient de la génération d'avant»

Avec d’autres lycéens, elle vient montrer son soutien à son amie dès le 4 décembre, en improvisant des affiches, des feuilles imprimées de slogans, glissées dans des intercalaires transparents de classeur, scotchés aux fenêtres. «Nos tenues ne sont pas indécentes, ce sont vos regards qui le sont» «Stop aux discriminations et aux violences envers la communauté LGBTQIA+». Pour marquer le coup, quelques garçons se présentent aussi en jupe, en soutien, sans que la direction ne s’en offusque. «Ils sont un peu perdus», pose Anabelle, en référence à l’équipe d’encadrement.

C’est un sentiment largement partagé chez les élèves. «Le problème vient de la génération d'avant, qui n’est pas habituée à ces changements dans la société, explique Louise. Il faut que l’Education nationale intègre des moyens éducatifs sur le sujet, pour que cela n’arrive pas dans d’autres lycées.» Le groupe d’amies l’affirme, c’est désormais leur combat, avec l’hommage qu’elles préparent pour la rentrée, soutenu par le lycée : lâcher de ballons, fleurs, petits mots, chanson d’Indochine – Troisième sexe – par l’atelier musique.

Omar Didi, président du MAG Jeunes LGBT, partage leur avis : «Il n’y a pas de protocole clair au sein de l’Education nationale si un enfant a envie qu’on l’appelle par un autre prénom ou souhaite changer de tenue. Chaque établissement le fait à sa sauce, et c’est là le problème. Un enfant qui va s’affirmer en tant que personne trans a besoin d’avoir le soutien de l’Education nationale et de son établissement scolaire dans ses démarches.»

«Nous devons apprendre sur ces sujets-là»

Jeudi soir, un communiqué du rectorat de Lille défend le lycée : «L’élève, qui se trouvait dans un contexte personnel complexe, était accompagné [sic] dans sa démarche par l’équipe éducative de son foyer et de son établissement scolaire.» Pour autant, preuve que l’Education nationale peut être mal à l’aise avec les questions de transidentité, les communiqués diffusés ces dernières heures par le rectorat et le lycée Fénelon présentent Fouad comme «un» élève. Valérie Cabuil, rectrice de l’académie de Lille, reconnaît son «erreur», ajoutant : «Cela fait partie des choses que nous devons apprendre, on n’est pas toujours parfait sur ces sujets-là.»

Louise, Anabelle, Zya, Anouk se souviennent de Fouad, vivante et joyeuse, «toujours à faire des blagues, mais elle avait une maturité qui montrait qu’elle avait vécu des choses difficiles», précise Louise. De son parcours, elles ne savent rien, à part qu’elle était hébergée en foyer depuis toute petite. Fouad n’en parlait pas, «c’était son jardin secret qu’il fallait respecter», disent-elles. Une source proche de son ancien lycée précise que Fouad a longtemps vécu en famille d’accueil, avec qui elle s’entendait bien.

Mais celle-ci aurait déménagé, et Fouad préférait rester sur Lille. Elle était arrivée à Fénelon fin septembre, après la rentrée scolaire, et Louise se souvient encore du parcours du combattant pour lui décrocher l’autorisation de manger à la cantine, le premier midi. «Elle s’est tout de suite intégrée à la classe», précise-t-elle, et personne n’a été choqué par ses barrettes dans les cheveux ou son maquillage. Anabelle, de son côté, l’a rencontrée en cours de littérature anglaise. «Nous lisions un livre ensemble pour un projet, la Servante écarlate de Margaret Atwood. Maintenant j’imagine le livre sur son bureau et c’est douloureux.»

Stéphanie Maurice correspondante à Lille , Cécile Bourgneuf

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L'école maternelle menacée...

19 Décembre 2020 , Rédigé par Snuipp FSU Publié dans #Education

L'école maternelle menacée...

Arguant de la scolarisation obligatoire dès trois ans, le conseil supérieur des programmes (CSP) a publié une note qui marque un changement profond dans la vision de ce que doit être l'école maternelle. Penser l'école maternelle au rythme des enfants, comme le préconisait les programmes de 2015, c'est permettre à chacun d'évoluer à son rythme. Cette nouvelle conception de l'école maternelle ne fera qu'accroître les inégalités... même si le CSP allègue du contraire.

Les programmes de 2015 ont été le fruit d'une longue et largue consultation de la profession mais aussi de la communauté éducative. Construits dans une véritable démarche collaborative, ils ont été votés unanimement au conseil supérieur de l'Éducation (CSE) en 2015, rappelle SNUipp-FSU dans son communiqué. « Il y a la volonté », affirme le syndicat, « d'attaquer l'école maternelle dans ses fondements ». 

Pour rédiger la note « d'analyses et de propositions sur le programme d'enseignement de l'école maternelle », le CSP n'a consulté aucune organisation syndicale, aucun enseignante ou enseignant non plus et les rares références scientifiques abordées sont celles gravitant autant du Ministère, tels que Stanislas Dehaene ou encore Alain Bentolila. Et ce n'est pas vraiment une surprise, déjà en 2018, dans le dossier de presse du ministère de l'Éducation nationale et en 2019, dans la circulaire de rentrée, le ton était donné. Le CSP ne fait que reprendre à son compte les orientations ministérielles, devenant de fait, sa courroie de transmission. C'est aussi à nouveau l'exemple du peu de cas que fait ce ministère de la professionnalité enseignante et de sa conception très singulière d'une « école de la confiance... » 

Alors que les programmes 2015 placent l'enfant, et son développement, au centre des apprentissages, la note insiste sur le fait que les élèves de maternelle doivent être préparés à l'entrée en élémentaire. Cette préparation subordonne de fait l'école maternelle à l'élémentaire, faisant perdre de vue l'identité même de cette école si spécifique. « Les trois années de scolarité préélémentaire doivent assurer à tous les enfants des acquisitions qui leur seront nécessaires pour aborder avec confiance le cours préparatoire. Sans pour autant être l'antichambre de l'école élémentaire (sic), l'école maternelle doit permettre à tous les enfants d'accéder sans difficulté préalable aux apprentissages fondamentaux   ». Les programmes de 2015 avaient trouvé un équilibre entre la nécessaire préparation au CP et les objectifs spécifiques liés aux apprentissages des jeunes enfants. Les propositions de la note du CSP tendent à une réduction des programmes aux fondamentaux, et ce dès la maternelle, loin de l'objectif ambitieux d'une culture commune pour tous. 

Autre sujet d'inquiétude, les évaluations. Le CSP en préconise dès la PS et en GS, avec pour seul objectif d'en faire un outil de pilotage des enseignements. Une préconisation qui démontre encore une fois le manque de connaissance de l'école maternelle et des enfants qu'elle accueille. Mettre en place des évaluations normatives à un instant T, c'est faire fi des différences de rythme et de développement des élèves, c'est créer artificiellement de l'échec en traduisant les résultats en réussites ou échecs prédictifs d'une trajectoire scolaire. L'école maternelle doit rester le lieu de l'évaluation fondée sur l'observation des élèves en cours d'apprentissages à l'échelle du cycle. 

 Pour le SNUipp-FSU, l’école maternelle a surtout besoin d'une politique éducative qui prenne en compte sa singularité. Une politique qui fasse confiance aux enseignantes et enseignants sur le terrain, professionnels de l’éducation.

Le communiqué du SNUipp-FSU 
UNE VOLONTÉ D’ATTAQUER LA MATERNELLE DANS SES FONDEMENTS

Après avoir aménagé les programmes de l’école élémentaire, le ministre s’attaque à l’école maternelle. En prétextant de l’instruction obligatoire à 3 ans, alors que l’école maternelle était déjà fréquentée par 97% des enfants âgés de trois ans, le ministre a chargé le conseil supérieur des programmes (CSP) de modifier ceux de l’école maternelle.

Les programmes de 2015 avaient pourtant été plébiscités par la profession et l’ensemble de la communauté éducative. La place du langage, le rôle du jeu comme entrée dans les savoirs ou encore l’importance des activités sportives et artistiques comme l’attention particulière aux progrès de chaque élève y étaient affirmés. Ces programmes dessinaient les contours d’une école maternelle bienveillante et exigeante, soucieuse du développement langagier, sensoriel, culturel, corporel et social de tous les enfants.

La note du CSP remet complètement en cause la philosophie même de ces programmes. Les auteurs de la note confondent langue (syntaxe, vocabulaire) et langage, en mathématiques, l’importance de la cardinalité est mise en avant au détriment de la construction du nombre. De même, les différences entre enfants ainsi que l'importance d’apprendre ensemble via des interactions entre pairs sont gommées. Les apprentissages sont ainsi réduits à des procédures mécaniques et répétitives modifiant profondément le sens de l'école maternelle. Des propositions qui révèlent une profonde méconnaissance du développement de l’enfant, de leur diversité et de la didactique des enseignements en maternelle.

Les résultats des évaluations nationales standardisées en CP, dont les finalités et la méthode sont contestables, serviraient aussi de prétexte pour réviser les programmes. Les objectifs de la maternelle seraient réduits à une préparation au CP et aux évaluations standardisées. L’obsession incessante de l’évaluation par ce ministère conduira inévitablement à classer les élèves dès l’âge de trois ans faisant ainsi reposer la responsabilité de l’échec scolaire sur les familles, notamment celles issues des milieux populaires. Ainsi voit-on réapparaître la tentation d’un dépistage précoce des enfants en forme de renoncement au “tous capables” qui devrait pourtant guider l’école.

Rendre l’instruction obligatoire à trois ans, sans investir pour une meilleure qualité de scolarisation dans l’école publique mais en resserrant les apprentissages sur les fondamentaux sans se soucier du développement de l’enfant c’est abandonner l’idée d’une école émancipatrice et démocratique qui permettrait la réussite de tous.

Pour prendre toute la part qui lui revient dans la réduction des inégalités scolaires, l’école première a besoin d'être confortée dans son fonctionnement actuel avec plus de moyens : effectifs réduits, formation initiale et continue spécifiques, locaux et matériels adaptés, une ATSEM par classe à temps plein, interventions du RASED...

L’école maternelle a surtout besoin d'une politique éducative qui prenne en compte sa singularité. Une politique qui fasse confiance aux enseignantes et enseignants sur le terrain, professionnels de l’éducation.

Paris, le 14 décembre 2020

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Pourquoi tant de haine contre l’école maternelle ?

18 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Maternelle

Pourquoi tant de haine contre l’école maternelle ?

La réforme des programmes de l’école maternelle vise notamment à multiplier les évaluations avant d’entrer au cours préparatoire, à coups de tests et de bilans de compétences.

Tribune. L’école maternelle bénéficie d’une image très positive et est appréciée de tous, comme l’atteste le fait que quasiment tous les enfants âgés de 3 ans et plus soient scolarisés, et cela depuis près de deux décennies, comme le notait en 2017 un rapport de l’Inspection générale. Malgré cela, le Conseil supérieur des programmes (CSP) vient de publier un document consternant appelé «Note d’analyse et de propositions sur les programmes de l’école maternelle». Il a pour visée de réformer l’école maternelle de façon à l’enfermer dans une seule de ses missions, celle de préparer au cours préparatoire, ou plus précisément aux tests d’entrée au cours préparatoire. C’est donc un changement d’identité de l’école maternelle qui se prépare.

La concomitance de deux événements qui, apparemment, n’ont rien à voir entre eux doit nous alerter : pile au moment où le Parlement examine une loi qui interdit l’instruction à domicile, le CSP publie un projet de refonte des programmes de l’école maternelle. Mais d’abord, pourquoi réformer l’école maternelle ? Le CSP est bien embarrassé pour répondre à cette question. Les auteurs de la note justifient la refonte des programmes par l’obligation d’instruction à partir de 3 ans inscrite dans la loi de 2019, puis par l’obligation de scolarisation qui va être votée. Mais eux-mêmes ne semblent pas croire à cet argument, d’autant que toutes les études montrent que ces mesures ne peuvent avoir d’incidence sur la fréquentation de l’école.

On se souvient qu’en 2019, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait tenté d’introduire dans sa mal nommée loi sur «l’école de la confiance», une mesure rendant obligatoire la scolarisation à partir de 3 ans afin que les municipalités soient obligées de financer l’école maternelle privée. Le Conseil constitutionnel avait retoqué cette mesure et le ministre avait dû se contenter du fait que la loi porte uniquement sur l’obligation d’instruction. Mais il n’allait pas en rester là : l’obligation de scolarisation réapparaît par le biais de l’article 21 du projet de loi «respect des principes de la République» (anciennement appelée loi sur le séparatisme) qui stipule : «l’instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou privés». Ainsi chassée par la porte, l’obligation de scolarisation revient par la fenêtre et est invoquée à point nommé pour justifier une refonte des programmes de l’école maternelle. Mais ce n’est qu’un prétexte. La refonte des programmes vise à satisfaire trois partis pris ministériels : concentrer l’enseignement sur les «fondamentaux» ; accélérer les apprentissages avec l’idée que cela ferait gagner des points dans les comparaisons internationales, piloter le système éducatif par l’évaluation.

A l’épreuve des tests

Le ton est donné par le mantra ministériel «lire, écrire, compter», (ou sa variante «lire, écrire, compter, respecter autrui») que les auteurs de la note psalmodient à intervalles réguliers. Mais que signifie «lire» ou «écrire» dans le texte du CSP ? On connaît la boutade d’Alfred Binet, le psychologue qui mit au point les premiers tests de QI, et qui, lorsqu’on lui demandait de définir l’intelligence, répondait : «c’est ce que mesure mon test», avec humour. Mais c’est sans humour que le CSP envisage la lecture uniquement sous l’angle des tests que passent désormais les élèves à l’entrée du cours préparatoire. De la riche palette des activités scolaires destinées à initier les enfants de maternelle au fonctionnement de l’écrit et à la culture de l’écrit, notamment grâce à la fréquentation de la littérature de jeunesse, il ne devrait donc subsister que les exercices qui visent à des apprentissages strictement techniques puisque ces derniers sont mesurés par les tests.

S’il est vrai que l’école maternelle prépare les élèves à entrer au cours préparatoire, est-il bien raisonnable de focaliser toute la scolarité en maternelle sur ce seul objectif, surtout si l’unique indicateur retenu est la réussite aux tests d’entrée au CP ? Les auteurs de la note en sont persuadés et ils fulminent contre les enfants de maternelle dont ils dressent un portrait calamiteux, quasiment haineux, parce que les résultats nationaux aux tests ne répondent pas à leur attente. Et au lieu de se demander si des tests auxquels l’ensemble des élèves échoue sont bien adaptés à leur âge, ils préfèrent croire que ce sont les élèves qui ne sont pas adaptés aux tests…

Les auteurs de la note ne se sont autorisés à consulter que trois chercheurs en grâce auprès du ministre et en ont interprété les propos, se privant ainsi des apports de la recherche en sociologie, linguistique de l’acquisition, didactique, etc. qui permettent de comprendre l’école maternelle. C’est dommage. Ils nous auraient épargné des remarques qui confinent souvent à l’absurde ou des propositions puisées dans le répertoire de l’école élémentaire, voire du collège, comme si cela pouvait hâter la croissance des petits de maternelle. Ils se seraient abstenus de se plaindre que les élèves de maternelle ne maîtrisent pas les marques des relations de cause et de conséquence, parce qu’ils auraient su qu’elles s’acquièrent plus tard. Ils auraient évité de préconiser aux maîtres de petite section d’exiger d’enfants de 3 ans qu’ils reformulent leur propos jusqu’à arriver à une forme correcte, car ils auraient su que le grand défi des enseignants de petite section est d’amener les enfants à oser prendre la parole en classe. Ils auraient évité de dire des élèves qui ne savent pas encore écrire qu’ils doivent tenir un «cahier de mots» comme on le fait à l’école élémentaire ou au collège…

Le bilan de compétences des enfants

Tous ceux qui connaissent l’école maternelle sont atterrés par cette note du CSP, qui s’attache à détruire toute l’expérience acquise par l’école maternelle à travers une attaque frontale contre un programme qui avait reçu l’assentiment de la communauté éducative. Cela pour satisfaire une frénésie évaluative qui trouve son point d’orgue dans la proposition de faire un bilan de compétences des enfants de 3 ans, lors de leur entrée en petite section. Pour terminer sur une note optimiste, on signalera qu’il reste malgré tout un passage à sauver de cette note du CSP, celui où est formulé le souhait que les enseignants bénéficient de plus de formation et que les effectifs des classes soient moins nombreux.

Sylvie Plane - professeure émérite de sciences du langage, ancienne vice-présidente du Conseil supérieur des programmes

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Derniers chiffres de contaminations à l’école. Après une accalmie, ils repartent à la hausse...

18 Décembre 2020 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Derniers chiffres de contaminations à l’école. Après une accalmie, ils repartent à la hausse...

Le ministère de l’Education nationale publie les derniers chiffres de contaminations à l’école. Après une accalmie, ils repartent à la hausse.

Le ministère de l’Education nationale publie chaque semaine les chiffres de contaminations du premier et second degrés réunis.

Dans le bilan du vendredi 18 décembre, les chiffres repartent à la hausse: ils sont plus élevés que ceux des deux dernières semaines. On compte ainsi 5264 élèves contaminés sur les 7 derniers jours, contre 4548 la semaine passée, et 5128 il y a deux semaines.

Du côté des personnels, on compte 904 personnes positives au covid sur les 7 derniers jours, contre 754 la semaine passée, et 748 il y a quinze jours.

Dans le bilan du vendredi 11 décembre, les chiffres étaient toujours en baisse chez les élèves. On dénombrait en effet 4548 élèves contaminés sur les 7 derniers jours – soit 580 de moins que la semaine précédente. En 24h, on comptait 685 élèves contaminés – contre 691 une semaine avant. En revanche, du côté des personnels, une légère hausse était constatée : on dénombrait 754 cas positifs sur les 7 derniers jours, contre 748 la semaine précédente. En 24h, 129 cas supplémentaires étaient enregistrés contre 114 la semaine précédente

(...)

Sandra Ktourza

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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18 décembre - Journée mondiale de la langue arabe 2020

18 Décembre 2020 , Rédigé par Centre d'études arabes - Rabat Publié dans #Education

18 décembre - Journée mondiale de la langue arabe 2020

Le 18 décembre 

 

La journée mondiale de la langue arabe 

 

La Journée mondiale de la langue arabe est célébrée le 18 décembre. l'UNESCO, initiateur de l'événement, a retenu cette année ce thème : 

 

Les académies de la langue arabe : une nécessité ou un luxe ? 

  مجامع اللغة العربية: ضرورة أم تَرَف؟

 

 https://fr.unesco.org/commemorations/worldarabiclanguageday

 

https://ar.unesco.org/commemorations/worldarabiclanguageday

 

Pour célébrer cet événement et mettre à l'honneur la langue et la culture arabes, les élèves et les enseignants des établissements français au Maroc programment des activités et des projets.

 

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Ces facs qui restent fermées et ces prépas qui peuvent accueillir leurs élèves... Rupture d'égalité?

18 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Ces facs qui restent fermées et ces prépas qui peuvent accueillir leurs élèves... Rupture d'égalité?

Sur les bancs des classes préparatoires, des élèves suivis et privilégiés

Syndicats et professeurs dénoncent une «rupture d’égalité» entre les facs qui restent fermées et les prépas qui peuvent accueillir leurs élèves.

Alors que le monde estudiantin continue de se débattre face au décrochage massif qu’engendre la fermeture des universités depuis le reconfinement, certaines formations sont sujettes à un traitement de faveur. Les BTS et classes préparatoires aux grandes écoles ont reçu l’autorisation de poursuivre leur cursus en présentiel. «Je n’ai même pas l’impression d’être confinée», témoigne Leire, étudiante en hypokhâgne dans le prestigieux lycée Henri-IV à Paris. Dans sa classe, ils sont 46 élèves à venir assister à leurs trente heures de cours hebdomadaires en présentiel. «Nous portons des masques et mettons du gel mais les distanciations sont impossibles à respecter», souligne l’étudiante.

«Inégalitaire»

Même constat pour Philippe (1), professeur dans une classe préparatoire aux écoles de commerce dans un lycée de l’Est parisien. «A 44 dans une salle, difficile d’appliquer les gestes barrière. […] Je ne comprends pas à quel titre nous devons échapper à l’effort collectif d’un pays contre l’épidémie de Covid-19, alors que nous sommes déjà les privilégiés de l’enseignement supérieur», s’insurge ce professeur d’histoire qui dénonce un arbitrage «totalement injuste» du gouvernement. Il n’est pas le seul. Des syndicats étudiants et professionnels de l’enseignement supérieur, pointent une «incohérence déconcertante» de l’exécutif.

«Nous sommes dans une zone de non-droit», estime Olivier Coquard, professeur dans la prépa littéraire d’un grand lycée de la capitale. Perplexe, cet enseignant d’histoire peine à comprendre pourquoi ils n’ont pas reçu les mêmes consignes que les universités, totalement fermées, ou les lycées, dont les cours ont été maintenus en demi-classe. «En prépa, même nos étudiants les plus fragiles ont la chance d’être remarquablement suivis, toutes les conditions sont réunies pour qu’ils résistent au cataclysme social que représente cette période, tandis que les universités sont totalement laissées à l’abandon», souligne-t-il. Pour la présidente de l’Unef, Mélanie Luce, «le gouvernement a une fois de plus tranché en faveur d’une solution très inégalitaire socialement».

Les deux professeurs interrogés par Libération s’accordent à dire que les grandes écoles pèsent lourd dans la balance des négociations. De plus, elles bénéficient de l’appui des rectorats. «Ces établissements tiennent à ce que leurs concours se déroulent normalement», affirme l’enseignant en prépa de commerce.

«J’étais rassuré et je me sens hyper privilégié de continuer les cours physiquement, parce que j’ai très mal vécu le premier confinement, indique Théo, en khâgne au lycée Hélène-Boucher, dans le XXe arrondissement de Paris. J’ai clairement un avantage sur mes amis qui [dans les universités] galèrent en suivant des cours magistraux sur Zoom.» Pour Leire, c’est une chance : «Nous sommes suivis de près par nos professeurs et notre direction. Les risques de décrochage sont fortement pris en charge par les équipes pédagogiques, contrairement à l’université.»

A la fin de l’année, Théo sera candidat à des masters universitaires tout en sachant qu’il aura un véritable atout par rapport aux étudiants des universités dont le niveau aura nécessairement été affecté par les deux confinements.

«Aucune nouvelle»

Il y a une «rupture d’égalité», dénonce Paul Mayaux, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). A l’Unef, Mélanie Luce rappelle que «pendant que les élèves de prépas continuent de travailler les concours des grandes écoles, à la fac, les étudiants sont en train de craquer psychologiquement». Elle observe «un décrochage monstre […], bien plus qu’au printemps».

Un constat que partage, Philippe, l’enseignant en prépa aux écoles de commerce : «A l’université, les étudiants représentent les publics les plus fragiles, ils sont souvent les plus précaires, les moins encadrés. Ce deuxième confinement est catastrophique pour eux.»

Dans un communiqué, le syndicat Snesup pointe l’opacité des décisions et le manque de communication du gouvernement. «Jusqu’à aujourd’hui nous n’avons toujours aucune nouvelle de [la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal] alors qu’une rencontre hebdomadaire sur la situation relative à la crise sanitaire et à la gestion des enseignements avait été promise le 30 octobre dernier par le cabinet», tonne le syndicat enseignant.

Au sujet de la reprise progressive des cours à l’université évoquée par le gouvernement à partir de la rentrée de janvier, Paul Mayaux estime que les universités ne seront pas prêtes, faute de moyens. «On ne peut pas dédoubler les classes et les professeurs si les budgets restent les mêmes», précise le dirigeant de la Fage. «Nous réclamons depuis le mois de juin la mise en place d’un protocole permettant de ne pas fermer complètement les universités, abonde Mélanie Luce. Pourquoi ne pas s’être préparé quand il était encore temps alors que les prépas n’ont même pas eu à ajuster leur offre pédagogique ?»

(1) Le prénom a été modifié.

Pauline Achard

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Revue de Presse Education... Absence tolérée - Enseignement - Carte scolaire - Divers - Ailleurs...

18 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Absence tolérée - Enseignement - Carte scolaire - Divers - Ailleurs...

Unanimité dans les médias. Unanimité contre le ministère : contre l’autoconfinement, contre la carte scolaire, contre les nouveaux programmes de maternelle. Le ministère fait très fort.


Absence tolérée

 

La dernière décision du gouvernement fait l’unanimité contre elle chez les enseignants et les personnels de direction qui n’acceptent pas le mépris de leur travail. Les enfants ne sont donc plus "non-contaminants" ? L’école est désormais à la carte ? Une garderie ?

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Le dessin de Fabien Crégut

L’école facultative jette le trouble
“L’annonce surprise par J Castex, le 15 décembre, que les élèves pourront ne pas venir en classe les 17 et 18 décembre jette le trouble chez les enseignants et les personnels de direction. Aucune déclaration officielle ne laissait présager cette décision alors que presque quotidiennement le ministre de l’éducation nationale répète que rien n’est plus important qu’aller à l’école. Elle ajoute à la désorganisation du système éducatif. Mais on s’interroge aussi sur les raisons qui ont conduit le gouvernement à prendre subitement cette décision et sur ce que cela veut dire pour la rentrée de janvier.”

Jean-Michel Blanquer : « La recommandation est d’envoyer les enfants à l’école »
“Les enfants pourront ne pas aller à l’école jeudi et vendredi, a annoncé Jean Castex mardi matin. « N’incitons pas » à cela, s’est agacé le ministre de l’Education, mardi soir : « L’absence (sera) tolérée, mais le principe c’est l’ouverture (des écoles) et chacun vient. »”

Dispenses d’école les 17 et 18 décembre : « C’est de l’improvisation permanente »
« Le Premier ministre, Jean Castex, a suggéré ce mardi que les enfants n’aillent pas à l’école jeudi et vendredi, comme conseillé par le Conseil scientifique, pour limiter les risques de contamination à Noël. Une recommandation de dernière minute qui passe mal du côté des enseignants. »

Auto-confinement : « je continuerai à dire à mes élèves qu’ils devront rattraper les cours de jeudi et vendredi »
« Les parents qui le souhaitent pourront ne pas envoyer leurs enfants à l’école jeudi et vendredi prochain. Une décision que déplorent les enseignants. » Pas mal de réactions d’enseignants qui ont beaucoup d’humour.


Enseignement

 

La note du CSP sur les programmes de l’école maternelle fait aussi l’unanimité contre elle.

Gilles Brougère : Le jeu et l’école maternelle française, une incompréhension récurrente
“Il suffit de lire la note d’analyse et de proposition sur le programme d’enseignement de l’école maternelle du CSP pour retrouver l’incapacité récurrente des textes officiels concernant l’école maternelle à comprendre ce qu’il y a derrière la question du jeu. Pour le dire rapidement après quelques propos généraux sur la place du jeu et du jeu libre en particulier et des références aux apprentissages informels assez peut fondés, il n’est jamais question que de contrôle, de vérification, et de développement d’exercices qui n’ont de jeu que le nom. Il est pourtant question du jeu qui serait libre – mais peut-on considérer comme jeu une activité qui ne le serait pas ? – « que lorsqu’il laisse à l’enfant la pleine initiative ».”

La maternelle mérite mieux que ça !
Communiqué de presse du CRAP-Cahiers pédagogiques
« Rien ne peut nous convenir dans la note d’analyse et de propositions du Conseil supérieur des programmes sur la maternelle !
Il s’agit de changer les programmes seulement cinq ans après la promulgation des précédents, en expliquant au passage aux enseignants que désormais, ils vont véritablement enseigner, tandis que jusqu’ici ils n’apprenaient rien de sérieux aux élèves. »

C’était mieux avant ?
Pourquoi les élèves régressent-ils ? Familles et enseignants ne sont pas d’accord…
“Si la majorité des Français admettent que le « niveau baisse » et que l’école n’est plus un acteur majeur « pour aider la jeunesse face à ses difficultés », les avis en revanche divergent sur les réponses à apporter, nous apprend un sondage réalisé à la rentrée.” abonnés

Esprit Montessori es-tu là ? » La girouette Blanquer a encore tourné !
Par Claude Lelièvre
« A peine arrivé au ministère de l’Education nationale, Blanquer avait invoqué « l’esprit Montessori ». Les nouvelles instructions qui viennent de paraître sous sa houlette pour la maternelle sont aux antipodes. La girouette Blanquer vire dans le sens du vent de la régression historique. »

Éducation : « La contrainte est essentielle pour devenir un être social »
Entretien “L’amour seul ne suffit pas pour élever un enfant. Le parent doit aussi parfois endosser le mauvais rôle de celui qui dit « non » afin de lui donner les outils pour évoluer avec les autres. Entretien avec Caroline Goldman, psychologue et professeure de psychologie.” Recueilli par Emmanuelle Lucas. abonné

« Etats généraux du numérique pour l’éducation : et après ? »
Pascal Plantard, professeur d’anthropologie des usages du numérique, et André Tricot, professeur de psychologie cognitive, analysent, dans une tribune au « Monde », l’organisation et les propositions issues des Etats généraux du numérique pour l’éducation
« Aujourd’hui, on fait comme si tous les enfants et les adolescents savaient utiliser les technologies numériques, alors que la recherche démontre depuis vingt ans que les caractéristiques des « digital natives » ne correspondent qu’à une minorité des jeunes. Cela conduit à un dessaisissement éducatif vis-à-vis du numérique, en particulier dans les familles et les quartiers populaires. Le confinement a rendu ce phénomène très visible. » Abonnés

Comment donner l’envie de lire aux enfants ?
« Quels livres pour lancer les enfants dans la lecture ? Comment cultiver le goût de la lecture en famille ? De nombreuses études montrent que la réussite scolaire, le développent cognitif, l’art de bien s’exprimer à l’oral, de développer son vocabulaire, son style puise largement ses racines dans la lecture. »

« Montrer aux élèves que l’Afrique fait partie de l’histoire du monde »
ENTRETIEN. « Faire entrer l’Afrique dans les classes ? Coconseiller pédagogique de la saison Africa2020, Naïl Ver-Ndoye explique le cheminement adopté avec Alexandre Lafon. »


Carte scolaire

 

En 2021, l’éducation nationale continuera à favoriser l’école primaire
« Le ministère a dévoilé mercredi la répartition des moyens alloués à chaque académie, dont Créteil et Versailles sortent gagnantes. En revanche, le second degré perd à nouveau des postes, malgré une hausse des effectifs. »

Carte scolaire du 2d degré : Les heures supplémentaires remplacent-elle vraiment des postes ?
« Officiellement, malgré 1800 suppressions de postes à la rentrée 2021, il n’y a pas d’inquiétude à avoir dans le 2d degré. Les heures supplémentaires vont "plus que compenser" les postes supprimés. Rien n’est moins sur. La réalité c’est qu’il y a 4 fois plus de postes supprimés qu’en 2019 et deux fois plus qu’en 2020. Et qu’il y aura des enseignants en moins dans 25 académies avec 43 500 élèves supplémentaires. Les syndicats s’inquiètent. Le Se Unsa parle de dégradation des conditions de travail. »


Divers

 

Pour Samuel, la réponse de la famille du professeur Paty à l’avocat d’Abdelhakim Sefrioui
Par Virginie Le Roy, Avocate de la famille de Samuel Paty
« Suite à la publication d’une lettre ouverte de l’avocat de Sefrioui à Emmanuel Macron, la famille de Samuel Paty sort du silence par la voix de son avocate Virginie Le Roy, et dénonce une « provocation ». »

Partiels à distance à l’université : « C’est trop facile, tout le monde triche »
« A l’université, de nombreux étudiants avouent avoir recours à la triche pour obtenir de bons résultats. Et mettent en place de nombreuses tactiques pour ne pas se faire prendre. »

La France ne respectera pas cette préconisation pour les surveillants de la garderie qu’est devenue l’éducation nationale.
Vaccin : les enseignants doivent être prioritaires selon l’UNESCO et l’UNICEF
L’UNESCO, l’Internationale de l’Education et l’UNICEF appellent à rendre prioritaires à la vaccination les enseignants et personnels d’éducation. Explications.
“« Les écoles sont irremplaçables ». Dans une vidéo publiée en début de semaine, la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, et le Secrétaire général de l’Internationale de l’éducation David Edwards unissent leurs voix pour demander aux gouvernements d’ajouter les enseignants à la liste des groupes prioritaires pour le vaccin contre la Covid-19. Ils ont été suivis de près par l’UNICEF dans cette démarche.”

Le port du masque a modifié le rapport profs-élèves par Thomas Messias
« Voix qui fatigue, gêne, perte de chaleur humaine... Les profs font le bilan d’une fin 2020 placée sous le signe du masque. »


Ailleurs

 

L’actualité éducative n’est pas plus réjouissante à l’étranger.

En Pologne, un ministre d’extrême droite pour reprendre en main l’éducation nationale
« Depuis sa prise de fonctions, le 19 octobre, Przemyslaw Czarnek ne cesse de faire les gros titres. Son obsession : extirper l’« idéologie LGBT », la « théorie du genre » et la « pédagogie de la honte » de l’institution. »

Boko Haram revendique l’enlèvement de centaines de lycéens au Nigeria
« Boko Haram a revendiqué mardi l’enlèvement de 333 lycéens, disparus dans la nuit de vendredi à samedi à Kankara. Des discussions sont en cours entre les kidnappeurs et le gouvernement local. En 2014, l’organisation djihadiste avait enlevé 276 lycéennes à Chibok. »

 

Géraldine Duboz

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«C’est une urgence»: les députés s’alarment des conséquences du Covid sur les jeunes...

17 Décembre 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

«C’est une urgence»: les députés s’alarment des conséquences du Covid sur les jeunes...

EXTRAITS

Fracture numérique, décrochage scolaire, précarité étudiante et médecine scolaire aux abois… Le rapport de la commission d’enquête sur l’impact de l’épidémie sur les enfants et la jeunesse vient d’être rendu public. L’une de ses propositions est l’accès au RSA dès 18 ans.

L’exécutif multiplie les prises de parole dirigées vers la jeunesse, qu’il semble percevoir comme un bloc unique, homogène et branché en permanence sur les réseaux sociaux sur lesquels ils s’adressent à eux. Or, il faudra plus que des discours et des interviews sur des radios branchées pour endiguer un fossé qui ne cesse de se creuser. Après l’Observatoire des inégalités, c’est au tour de l’Assemblée nationale d’alerter sur l’impact désastreux du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse, et notamment les plus précaires.

Pendant quatre mois, et après plus de 80 heures d’auditions, les parlementaires ont publié, mercredi 16 décembre, un rapport de commission d’enquête, long de près de 260 pages, portant plus de 80 propositions, pour « mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse ». La commission est présidée par la députée LREM Sandrine Mörch, aux côtés de la rapporteuse PCF, Marie-George Buffet, ancienne ministre de la jeunesse et des sports.

« Il faut que ces sujets trouvent leur place dans l’hémicycle ! L’enfant et le jeune sont traités par rapport à l’éducation nationale, l’enseignement supérieur… Mais il n’y a pas de réflexion publique, de discours politique sur les enfants ou les jeunes, en dehors de leur place à l’école, à l’université. C’est une urgence », assure la députée communiste auprès de Mediapart.

L’épidémie, qui touche principalement les personnes âgées, a aussi eu de fortes répercussions sur la santé des enfants et des jeunes, et en premier lieu, les plus pauvres. 

Les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) interrogés par les parlementaires s’inquiètent des effets de la sédentarité sur leurs élèves et mettent en évidence « une prise de masse corporelle graisseuse, ainsi qu’une diminution de leurs capacités physiques », chez les plus défavorisés d’entre eux. « D’autre part, la fermeture des cantines scolaires a entraîné des frais, les familles ayant dû prendre en charge ces repas sans bénéficier des subventions que constituent les tarifs sociaux », peut-on aussi lire dans le rapport.

(...)

La mission appelle à engager des mesures pour y remédier. « La prise de conscience est réelle et le confinement a eu le mérite de faire faire un bond technologique à de nombreux enseignants, notamment ceux qui étaient jusque-là les plus éloignés du numérique. » Elle propose de mieux former les enseignants au numérique et d’associer le secteur associatif pour aider les familles à s’initier à l’informatique. La mission incite le gouvernement à mettre à disposition du matériel dans les établissements scolaires.

Le confinement a toutefois, et c’est un point positif, révélé la force du lien entre les professeurs et les familles de leurs élèves. Les premiers se sont adaptés en quelques jours à peine pour basculer vers l’enseignement à distance. Une solidarité forte s’est manifestée à cette occasion. « Sans formation particulière, nombre d’entre eux ont trouvé le ton juste et ont su entretenir un lien social et maintenir le lien professeur/élève », retrace la mission. Ils ont aussi dû gérer les situations sociales et financières parfois délicates des familles.

La rapporteure Marie-George Buffet le raconte. « Dans les hôtels sociaux, des femmes nous ont expliqué comment avec leurs portables, elles essayaient d’établir les liens nécessaires à la continuité pédagogiques. Parfois, certaines osaient dire à l’enseignant, au directeur, la situation dans laquelle se trouvait leur famille. Et en général, la réponse était tout à fait formidable, avec des professeurs qui venaient porter les devoirs, qui venaient voir les enfants. »

La rapporteure déplore la polémique qui a éclaté lorsque des médias ont estimé que 4 à 5 % des enseignants avaient disparu des radars pendant la période. Elle condamne « ces poussées démagogiques qui s’attaquent à l’ensemble d’une profession en se fondant sur des chiffres non étayés ».

(...)

Les classes populaires ont été plus frileuses pour remettre leurs enfants à l’école, dans ce moment entre mai et juillet où celle-ci n’a pas été réellement obligatoire. La mission salue toutefois la mise en place des « vacances apprenantes » avec le dispositif « École ouverte », l’accueil de loisirs ainsi que les colonies de vacances. Elle appelle à pérenniser les crédits destinés aux colonies de vacances au sein du programme.

La période du confinement a été un puissant facteur d’aggravation des inégalités scolaires. Le décrochage scolaire a été important. Des élèves ne répondaient pas aux sollicitations des professeurs. Selon le ministère, au collège, sur les quatre niveaux, environ 4,7 % des élèves sont non répondants. Ce chiffre atteint 10,3 % pour les sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA), en lycée d’enseignement général et technologique. Le taux est de 3 % en voie générale et de 6,6 % en voie technologique. En lycée professionnel, 9,7 % des élèves sont non répondants.

Là encore, ces chiffres cachent de fortes disparités, explique le rapport. « Une seule comparaison, présentée par Mostafa Fourar, recteur de l’académie de Toulouse, qui était jusqu’en juillet 2020 recteur de l’académie de Guadeloupe, l’illustre : “À la Guadeloupe, nous avons perdu pratiquement 18 % des élèves. C’est énorme. Pour Toulouse, c’est un peu moins de 5 %”. »

(...)

Le rapport de la commission, présidée par une députée de la République en marche, a été voté à l’unanimité alors même que le président écartait, il y a peu, toute hausse du RSA ou extension aux 18-25 ans. La commission qui porte ce rapport est composée de 29 députés, dont 14 membres de LREM.

Selon nos informations, le point de désaccord le plus fort entre les députés de la commission était justement l’accès au RSA dès 18 ans. De leur côté, les députés LREM plaident plutôt pour l’extension de la « garantie jeune ». Ils ont, cependant, tous voté le rapport dans lequel est inscrite l’extension du RSA dès la majorité.

Dans son interview du 14 octobre accordée à TF1 et France 2, le chef de l’État expliquait que cela ne favorise pas un retour à l’activité. « Plus on augmente de manière unilatérale tous nos minima sociaux – on ne les rabaisse jamais après –, plus on rend difficile le retour à l’activité. C’est ce que l’on a constaté », arguait alors le président. Un « on » dont on se demande encore qui il englobe puisque les associations de lutte contre la pauvreté, les travailleurs sociaux, et aujourd’hui des députés, semblent penser le contraire. 

FAÏZA ZEROUALA ET KHEDIDJA ZEROUALI

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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La start-up nation commence désormais en maternelle...

17 Décembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Maternelle

La start-up nation commence désormais en maternelle...

EXTRAIT

Jeudi 10 décembre, mes collègues et moi étions très occupées à rattraper chez quelques jeunes élèves les effets d’une déscolarisation prolongée, lorsque nous avons eu connaissance d’une note émanant du CSP. Laquelle note formule des propositions pour une modification des programmes de maternelle.

Un changement de programme. Il ne manquait plus que cela pour achever une année qui nous a vu construire à marche forcée un enseignement à distance, puis un enseignement hybride au printemps, puis une grande reprise en main éducative au mois de septembre avec des enfants qui ont passé six mois loin de l’école. Nous commençons tout juste à pouvoir construire de nouveaux apprentissages, à trouver une organisation avec un protocole sanitaire qui semble enfin s’être stabilisé… Nous voilà sommées de nous projeter dans une nouvelle logique pédagogique. Je l’avoue, j’étais passablement irritée lorsque j’ai commencé la lecture des cinquante pages de la Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle (ça ne s’est pas amélioré par la suite).

Dans sa forme et son ton, le texte est un peu décousu. Après une introduction sur les « enjeux de la maternelle  » et un paragraphe sur le jeu, on trouve trois chapitres : un sur le langage, un sur les nombres, et un dernier sur les sciences.

UNE IMAGE NÉGATIVE DES ENSEIGNANTS ET DES ÉLÈVES

La première moitié du document adopte un ton plutôt blessant pour les enseignants, les élèves et les familles. Grâce à « l’instruction obligatoire à partir de 3 ans », l’école maternelle devient une « école à part entière », « une école de l’exigence et de l’ambition ». Je découvre qu’en travaillant en maternelle depuis douze ans, jusqu’ici, je n’étais pas enseignante « à part entière  ». Plus loin, on demande aux enseignants de « renoncer à parler bébé  », ils apprécieront. On est dans la veine de la communication du ministère depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer : nier l’expertise de l’enseignant, le traiter comme un exécutant.

Les élèves, eux, sont regardés sous l’angle de leurs déficits et non de leurs potentiels : « Nombre d’entre eux arrivent à l’école à l’âge de 3 ans en parlant un français très éloigné de celui qu’ils vont apprendre à lire et à écrire. Il s’agit d’abord d’une pauvreté de vocabulaire et de sa compréhension approximative ou erronée. »

À ce stade, il faut rassurer les familles : l’immense majorité des enfants de 3 ans possède toutes les capacités pour acquérir ces compétences au cours des années suivantes. En effet, si l’on prend les résultats de l’évaluation nationale de début de CP de 2019 fournis par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance ), 85,8 % des élèves réussissent l’épreuve « comprendre des textes à l’oral », 84% réussissent à l’épreuve « comprendre des phrases à l’oral » [1].

Les passages consacrés aux nombres et aux sciences ont un ton plus consensuel. Ils correspondent davantage à ce que j’attends d’un programme : décrire les processus d’apprentissage, proposer des démarches d’enseignement que l’on juge plus efficaces ou plus appropriées, mettre en garde contre des oublis ou des pratiques sources de malentendus chez l’élève, et enfin fixer des objectifs d’apprentissage.

Voilà pour la forme, et sur le fond, que dit-elle, cette note ?

(...)

Maëliss Rousseau

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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"Des enseignants en moins dans 25 académies avec 43 500 élèves supplémentaires"

17 Décembre 2020 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

"Des enseignants en moins dans 25 académies avec 43 500 élèves supplémentaires"

Officiellement, malgré 1800 suppressions de postes à la rentrée 2021, il n'y a pas d'inquiétude à avoir dans le 2d degré. Les heures supplémentaires vont "plus que compenser" les postes supprimés. Rien n'est moins sur. La réalité c'est qu'il y a 4 fois plus de postes supprimés qu'en 2019 et deux fois plus qu'en 2020. Et qu'il y aura des enseignants en moins dans 25 académies avec 43 500 élèves supplémentaires.

(...)

Le tour de passe passe

"IL y aura une diminution des emplois de 1800 postes", dit-on au ministère, au nom du "rééquilibrage premier et second degrés". Mais "les moyens seront en réalité renforcés par une compensation en heures supplémentaires allant au delà des 1800 postes", ajoute-il.

La vérité c'est que les heures supplémentaires (HSA) correspondant à 1847 postes budgetées ne seront pas forcément effectuées. C'est notamment ce qu'a relevé le Sénat lors de son examen de la loi de finances au vu de ce qui s'est passé les années précédentes.

Interrogé sur ce point le ministère ne donne pas de chiffres sur la consommation des heures supplémentaires en 2019-2020. "Le rapport du Sénat exprime la réalité", reconnait le ministère. "Mais globalement la hausse est effective de façon nette car 70% des enseignants du 2d degré à temps complet ont pris au moins 2 heures supplémentaires". L'argument ne dit rie de la consommation réelle des heures supplémentaires. Le ministère a un argument de secours : le recul démographique présent dans le 1er degré va toucher le second à partir de 2023. Il vaudrait mieux éviter les "effets de rigidité" en créant des postes.

Pour cette raison la présentation officielle des moyens par le ministère qui confond postes et moyens d'enseignement nous semble très partiale.

(...)

Tout  cela aura des conséquences dans les établissements. Souvent les heures allouées ne seront pas prises et cela se traduira par des options supprimées et des dédoublement refusés.  La prise en compte des heures supplémentaires n'est pas la panacée. Le rendement en 2021 sera plus faible qu'en 2020. Partout cette astuce rend plus compliquée la construction des emplois du temps. Et finalement cela touche le travail des élèves et des enseignants.

Le budget d'austérité qui est imposé dans le second degré est aussi difficilement compatible avec une mise en oeuvre normale de la réforme du lycée. Pour avoir lancé sa réforme du lycée sans avoir sanctuarisé de moyens, JM Blanquer a connu bien des problèmes depuis 2019. Cela risque fort de continuer...

François Jarraud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/12/16122020Article637437167823976425.aspx

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