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Vivement l'Ecole!

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A lire... QUAND LES ÉLÈVES NOUS ÉLÈVENT - De nouvelles voix éducatives - Frédéric Miquel

12 Janvier 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Couverture Quand les élèves nous élèvent

EXTRAITS

(...)

Dans quelles circonstances éducatives l’enseignant apprend-il de l’élève ?

Il faut d’abord rappeler que l’enseignant est d’une certaine manière un élève comme un autre, parce qu’il apprend de ses expériences et de ses épreuves, professionnelles entre autres, parce qu’il cherche à « s’élever » en permanence, parce qu’il a conscience de ses ignorances, etc. Mais de même qu’il n’y a pas de parents sans enfants, il n’y a pas d’enseignant sans élèves. « A quoi ça sert ce qu’on fait ? A quoi ça sert de lire ce poème ? », demandait récemment un élève à son enseignant lors d’un cours auquel j’assistais. « C’est un texte dont la lecture pourra peut-être t’aider à grandir », lui-a-t-il joliment répondu. L’élève « engendre » ainsi l’enseignant à travers les questions qu’il lui pose, en l’obligeant à s’interroger en permanence sur le sens de ce qu’il fait, sur sa mission et sur la fonction de l’école.

Au quotidien, l’effet de l’élève sur l’enseignant se mesure aussi au bonheur que celui-ci ressent lorsqu’un cours fonctionne bien et que cela le rassure sur son approche pédagogique et didactique. A l’inverse, il l’élève lorsqu’il lui pose une interrogation à laquelle l’enseignant n’a pas de réponse immédiate et qu’il est obligé d’élaborer une nouvelle stratégie pédagogique, voire de se former pour répondre à un échec éducatif.

L’élève permet aussi à l’enseignant de « grandir » en l’obligeant à se confronter à la diversité sociale et culturelle, en lui donnant ainsi des leçons humaines. Enfin, la réciprocité dans l’apprentissage existe quand l’élève apporte des connaissances, du savoir et des compétences à son enseignant, grâce à des talents dans un domaine précis, dans les arts, par exemple, ou dans le numérique, comme la période du confinement l’a souvent montré.

(...)

La formation initiale des enseignants aborde-t-elle suffisamment cet aspect humain du métier et de la relation éducative ?

Ce sont des dimensions que les périodes de stage et les premières situations de classe permettent d’appréhender, mais il est vrai que l’explicitation de ce qui se passe au quotidien en termes de relations humaines n’est pas prioritaire en formation initiale tant il y a déjà de notions à aborder. Avec les futurs professeurs en formation à l’Inspe [Institut national supérieur du professorat et de l’éducation] de Montpellier, nous commençons à travailler sur cette question pour qu’ils appréhendent dans sa globalité la relation éducative. Car, comme me l’a gentiment écrit Annie Ernaux après avoir lu le manuscrit de l’ouvrage, l’enseignant est « sans doute le seul acteur social aussi exposé, jugé, apprécié ou détesté, véritable personne publique, avec qui les élèves passent plus de temps qu’en famille. (…) Le premier message à donner aux enseignants en début de carrière serait de faire prendre conscience qu’ils ont à apprendre des élèves, que ces derniers les élèvent ».

Face à la crise des vocations, je suis d’ailleurs certain que la valorisation de cette éducation bilatérale si forte en classe entre les enseignants et leurs élèves est à même de revivifier le métier et de donner envie à des jeunes de devenir enseignants. Depuis le début de la pandémie, l’enseignement à distance, puis hybride, a rappelé en creux l’importance de cette relation humaine, de la communication non verbale en classe, de la présence, du corps, des échanges réciproques… En avoir été privé permet peut-être un peu plus qu’avant d’en avoir conscience.

Séverin Graveleau

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Écoles et Covid: les compromis à faire pour éviter une troisième vague...

12 Janvier 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Écoles et Covid: les compromis à faire pour éviter une troisième vague...

EXTRAITS

Le contexte épidémique français, ainsi que l'émergence d'une nouvelle souche britannique du SARS-CoV-2, doivent nous inciter à prendre des mesures fortes concernant les établissements scolaires.

Dans le JDD daté du 3 janvier 2021, le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la santé, a fait part de ses craintes vis-à-vis de la rentrée scolaire. «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l'étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique», explique-t-il, tout en évoquant la suspicion d'une plus grande contagiosité des variants anglais et sud-africain du SARS-CoV-2.

Le lendemain, dans les colonnes de France Info, le Pr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil et président du Conseil national de la pédiatrie, affirme que ce début d'année, après les vacances scolaires, est le bon moment pour reprendre l'école et considère qu'il n'y a pas lieu de revoir les protocoles sanitaires mis en place dans les écoles.

(...)

Le rôle des enfants négligé

Un certain nombre d'études parues à ce jour montre que le rôle des enfants a vraisemblablement été sous-estimé, sinon négligé. Testant de manière plus systématique les enfants ou mesurant leurs anticorps, elles tendent à mettre en évidence le fait que les enfants sont au moins aussi infectés que les adultes par le SARS-CoV-2. Les enfants présentent également une charge virale aussi importante que celle des adultes. Dès lors, il n'y pas de raison qu'ils soient moins contagieux et aucune donnée ne va dans ce sens.

Par analogie avec la grippe, où 50% des personnes atteintes ont moins de 18 ans et sont des vecteurs notables du virus, l'hypothèse que les enfants participent de la transmission du SARS-CoV-2 est plus que plausible. L'hypothèse que cette transmission soit favorisée par l'école s'en trouve renforcée, alors que les enfants passent chaque jour plusieurs heures dans des lieux clos, mal ventilés, bondés et en forte promiscuité, avec une application difficile des gestes barrières.

En revanche, on sait que dans leur immense majorité, les enfants développent des formes de Covid-19 moins graves que les adultes, avec peu de complications et peu d'hospitalisations ainsi que très peu de décès. C'est justement parce que les plus jeunes ont moins de formes sévères et n'ont été que peu hospitalisés, qu'ils ont été moins testés au début de l'épidémie alors que les tests PCR étaient rares et réalisés essentiellement en milieu hospitalier. Aujourd'hui encore, on teste relativement peu les enfants. En effet, le test naso-pharyngé n'est pas facile à réaliser chez de jeunes enfants ou alors il est réalisé imparfaitement et donne lieu à des faux négatifs. À ce titre, le renforcement des tests et la surveillance épidémiologique annoncés par Jean Castex le 7 janvier fourniront, s'ils sont mis en œuvre, des données intéressantes, à défaut, vraisemblablement, d'être utiles pour endiguer seuls l'épidémie.

(...)

Ne pas rouvrir les écoles après les vacances de Noël aurait été une mesure sanitaire clé pour prévenir du risque de rebond en janvier.

Fermer les écoles serait une mesure particulièrement difficile, non seulement parce que l'éducation est un droit fondamental et qu'enfants et adolescents ont besoin d'une continuité pédagogique et d'une socialisation in situ, mais aussi parce que, pour les parents des plus jeunes, cela pose la question de la garde et donc un absentéisme de la moitié de la force de travail concernée. L'expérience du premier confinement a bien montré que ce problème se pose également pour les parents en télétravail.

Dans ce contexte de tension, ne pas rouvrir les écoles après les vacances de Noël aurait été une mesure sanitaire clé pour prévenir du risque de rebond en janvier. Contrairement à ce qu'a pu affirmer le Pr Cohen, cela aurait justement été le bon moment. En effet, limiter la transmission en milieu scolaire aurait pu permettre de ralentir le redémarrage épidémique favorisé par le développement du variant anglais sur notre sol, mais aussi parce que les températures froides, l'humidité et les comportements associés sont davantage propices à la contagion des virus respiratoires.

(...)

Aujourd'hui, la gestion de la crise sanitaire vue du côté du ministère de l'Éducation nationale semble bien peu au fait des risques réévalués à l'aune de la nouvelle situation épidémiologique en Europe et d'une nécessaire stratégie de prévention reposant sur la concertation.

Laure Dasinieres et Antoine Flahault

Tribune à lire intégralement en cliquant ci-dessous

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"Avant Blanquer, il n'y aurait pas d'avant" - Najat Vallaud-Belkacem (Vidéo)

12 Janvier 2021 , Rédigé par Youtube/V Cespedes Publié dans #Education

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Jean-Michel Blanquer sur Europe 1: "Autopromotion et chiffres miracles"

11 Janvier 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Jean-Michel Blanquer sur Europe 1: "Autopromotion et chiffres miracles"

EXTRAITS

(...)

Autopromotion et chiffres miracles

"Quand on regarde ce qu'on a fait, c'étaient les bonnes solutions... Le milieu scolaire n'est pas plus contaminé que la société... Souvent on constate que la contamination des acteurs scolaires est liée à une activité en dehors de l'école... On a trouvé la méthodologie qui nous a permis de contenir la contamination inférieure au reste de la société. Sachons avoir de l'autosatisfaction collective". JM Blanquer ne manque pas une occasion de faire de l'autopromotion et il l'a encore longuement fait le 10 janvier sur RTL.

A l'appui de ces propos les "bons chiffres" de son ministère sur l'épidémie dans les écoles et  établissements. Il annonce 1958 élèves contaminés dans la semaine allant du 1er au 7 janvier. Le problème c'est que le ministère de la Santé, sur Géodes , annonce 7746 jeunes de 10 à 19 ans contaminés et 2677 de 0 à 9 ans sur cette même semaine soit plus de 4 fois plus. Avec une belle tendance à la hausse sur le site Geodes de la Santé alors que le ministère de l'éducation nationale montre une baisse par rapport à fin décembre.

(...)

Une candidature bien préparée

Bien qu'affirmant vouloir rester ministre jusqu'en 2022, JM Blanquer est "tête de file" de LREM pour les régionales et il prépare sa candidature. Mais il se présente "contre personne", dit-il. Et surtout pas contre V Pécresse, la présidente LR du conseil régional d'Ile de France. "C'est important de construire des majorités d'idées" , dit le ministre. Surtout avec la droite. Là c'est parfaitement clair 6 mois avant l'événement.

François Jarraud

Les enseignants vaccinés en mars ?

La stratégie de l'immobilisme

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Pandémie : les étudiants remuent partiels et terre...

11 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Pandémie : les étudiants remuent partiels et terre...

EXTRAITS

En pleine pandémie et alors que le premier semestre universitaire s’achève, les étudiants doivent passer leurs examens, dans les amphis ou chez eux. Entre risque sanitaire, sentiment d’abandon et triche généralisée, ils racontent à «Libération» la galère à laquelle ils sont confrontés.

Emilie (1) ne veut plus mettre les pieds dans sa fac pour ses examens. Etudiante en anglais en troisième année à la Sorbonne, elle a pourtant bien tenté de passer un partiel, le 4 janvier. Mais elle est ressortie «hallucinée» de la façon dont les choses étaient organisées : «Tables et chaises pas désinfectées, salles pas aérées, pas de gel hydroalcoolique, les copies manipulées à tout va… Au moins, contrairement à d’autres, je n’ai pas eu à lécher le bordereau d’anonymat pour le coller sur ma feuille.» La direction de la Sorbonne assure que les mesures sanitaires sont bien respectées, mais pour Emilie, hors de question de retourner dans un amphi. A la place, elle enchaîne depuis plusieurs jours les blocus de l’université, accompagnée de sa meilleure amie. De toute façon, elle se voyait déjà rater les examens : «Je suis sous traitement depuis plusieurs semaines pour une dépression. J’ai complètement lâché l’affaire pendant le reconfinement. J’envisage d’arrêter la fac», confie l’étudiante de 21 ans. Raison de plus, pour elle, de se mobiliser : «On ne dénonce pas juste les conditions sanitaires des partiels en présentiel, mais aussi le fait que les examens ne sont pas adaptés au contexte dans lequel on a eu cours ces derniers mois.»

Blocus et boycotts

(...)

Olivier (1), lui aussi à la Sorbonne, a effectué ses partiels sur place. Et il s’en serait bien passé : «On était tellement rapprochés qu’on rigolait en se disant qu’on aurait tous le Covid. Et le mec derrière moi a dit : "Bah moi, je l’ai." J’ai cru qu’il rigolait, sauf que j’ai appris ensuite qu’il était vraiment malade, ce con !» Les étudiants cas contacts ou positifs au Covid sont normalement priés de rester chez eux et de passer leurs partiels aux rattrapages… en juin. L’idée de réaliser ses épreuves aux côtés de potentiels malades ne rassure pas du tout Lisa, 25 ans, en licence à la fac de lettres de Nancy. Immunodépressive, elle craint pour sa santé : «On était une centaine dans une salle trop petite pour accueillir tout le monde. Le prof paniquait parce qu’il manquait des chaises. Je n’étais pas du tout à l’aise.» Elle raconte même ne pas avoir pu aller se laver les mains aux toilettes parce qu’elles étaient fermées. Ethan, en deuxième année de médecine à l’Université de Paris, décrit les mêmes problématiques : «On a dû attendre une heure et demie dans une salle entre deux épreuves, à plus de 400 étudiants. Les gens ont retiré les masques, n’ont pas respecté les gestes barrières, ont mangé dans la classe… On met nos vies en danger.» A force de mobilisation, «on a obtenu que les partiels soient réalisés en distanciel», poursuit l’étudiant de 19 ans.

Pyjama et tee-shirt XXL

Mais là encore, ce n’est pas forcément simple. Lina, 19 ans et étudiante en sciences politiques, se sent dépassée toute seule chez elle : «En ce moment, par exemple, je prépare un dossier d’une trentaine de pages pour l’examen d’une matière sur laquelle je n’ai eu cours qu’une seule fois, et j’en ai quatre autres à faire, ça prend un temps fou.» Elle travaille d’arrache-pied, jusqu’à 4 heures du matin, avec la crainte de mal faire : «Je ne suis pas encadrée et je ne sais pas si ma méthodologie est bonne. En plus, certains profs corsent les sujets parce qu’ils se disent qu’on est chez nous et que c’est plus facile. C’est comme si on avançait dans le vide pour finir par se prendre un mur.» Amel, 20 ans, peine quant à elle à se concentrer. En troisième année de géographie à l’université de Lyon, il lui reste un partiel de quatre heures à distance : «Je préfère être dans le silence complet avec un examinateur. Je sais que je ne serais pas aussi efficace chez moi avec l’ordi, le téléphone, la télé… ce n’est pas facile comme ça.» Les épreuves à distance ne se passent pas beaucoup mieux pour Marie, 18 ans. Assise en tailleur sur son lit, elle vient de passer son examen de première année de psycho en bas de pyjama à carreaux et tee-shirt XXL. Pas très solennel pour son tout premier partiel, d’autant plus qu’elle entendait son père en télétravail dans la pièce d’à côté et que ses chats venaient s’allonger sur son clavier. Cette étudiante en première année à l’université de Strasbourg devait répondre à un QCM de 80 questions en deux heures. Elle estime n’avoir trouvé la bonne réponse qu’à la moitié d’entre elles. Habituée à être encadrée, elle savait que ce serait bien différent à la fac. Mais pas à ce point. «On doit travailler sans aucune aide. On a juste eu quatre TD par matière. Pour les cours magistraux, on n’a pas de profs, ils nous ont envoyé des diaporamas. Je ne savais pas comment préparer ce partiel, j’ai dû me débrouiller seule et je n’étais pas prête.» Résultat, elle est «quasi certaine» de finir aux rattrapages.

(...)

Evaluations faussées

(...) ... C’est aussi pour éviter la triche que certains profs de la Sorbonne font venir les étudiants sur place : «Il y a des épreuves, comme la traduction d’un texte, où la documentation à laquelle les élèves ont accès à distance fausse les évaluations, estime Alain Tallon, doyen de la fac de lettres. Or le but des partiels est de déterminer leurs compétences.» Mais retourner à la fac juste pour «ça» n’amuse pas du tout Laura, étudiante en double licence à Paris. A Noël, elle a pris la décision de ne pas voir sa famille, à cause du Covid. «Et pourtant on m’impose de passer cinq partiels à l’université pour éviter la triche, alors que les conditions sanitaires ne sont pas réunies, soupire-t-elle. Il faut réfléchir aux raisons qui poussent certaines personnes à tricher : tout le monde n’a pas eu accès aux outils pour suivre les cours à distance, certains se sont retrouvés seuls, ont eu des problèmes de santé mentale. Comment préparer des partiels alors qu’on encaisse tout depuis des mois ?»

Cécile Bourgneuf , Cassandre Leray

(1) Ces prénoms ont été modifiés.

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TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

11 Janvier 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Environnement, #Education

TRIBUNE. Environnement : et si on revoyait les programmes du collège et du lycée ?

EXTRAITS

Deux chercheurs en sciences de l’éducation, Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst, appellent la France à rafraîchir l’apprentissage à l’école des réalités environnementales pour le rendre plus « politique ».

Par Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst

Nous sommes au cœur d’un changement climatique majeur, d’un appauvrissement de la vie sur Terre, et de phénomènes de pollution de plus en plus destructeurs. Nous avons chaque jour l’expérience d’une zoonose devenue pandémique, de migrations climatiques qui s’intensifient, de records de douceur hivernale et de canicule estivale, d’une intensification de tempêtes et d’ouragans, etc.

Mais, face à ces réalités, nous n’avons pas l’air de croire en ce que nous savons. Et nos dirigeants non plus. C’est un rapport nouveau à l’idéal des Lumières, qui semblait guider nos sociétés occidentales depuis plus de deux siècles : nous ne sommes plus illettrés, inféodés à des traditions et des superstitions. Pourtant, il est possible que nous versions collectivement dans une nouvelle ignorance. Nous savons, mais ne voulons pas savoir.

(...)

Revoir de toute urgence les programmes

De plus, il faut revoir de toute urgence les programmes scolaires, particulièrement au collège et au lycée, de chacune des matières enseignées pour que nous enseignions l’ampleur de l’altération du système Terre de nature anthropique, et travaillions à assurer la pérennité de l’aventure humaine à partir d’une transformation de sa relation au vivant.

Il faut développer fortement notre culture scientifique : éducation au climat et à ses interactions avec le vivant, compréhension du fonctionnement systémique de la biosphère, intégration des limites planétaires à ne pas franchir pour ne pas courir le risque d’emballements irréversibles… Cela doit se faire sur fond d’une critique vive du capitalisme rentier et spéculatif de nos sociétés, qui ne cesse de nous conduire toujours plus en avant dans l’anthropocène.

Oui, l’éducation doit devenir davantage « politique » et quitter son apparente « neutralité » qui n’est autre que le relais des logiques du marché ! Enfin, il s’agit de chercher par tous les moyens possibles à apprendre d’autres types de relation au monde : en renonçant à faire du vivant seulement une « ressource » pour générer des gains, ou encore en apprenant à écouter le monde et non pas uniquement à le manipuler techniquement.

(...)

Renaud Hétier et Nathanaël Wallenhorst sont enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation et notamment auteurs de « Résistance, résonance – Apprendre à changer le monde avec Hartmut Rosa » (Le Pommier, 2020).

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Rentrer - Fermer - Yaka - Laïcité

11 Janvier 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Rentrer - Fermer - Yaka - Laïcité

Dans ce début d’année 2021 déjà très chahuté, la rentrée de janvier n’a pas fait trop de vagues en dehors du cercle de la presse écrite. On peut pourtant y voir un système diamétralement opposé entre le supérieur qui veut revenir en présentiel et un secondaire qui aimerait bien des aménagements, voire une partie en distanciel. Une question se pose aussi sur la laïcité dans les écoles, en gros points d’interrogations.


Rentrer

Début janvier, rentrée des vacances de fin d’année sur fond aggravé de COVID...
Des interrogations sont apparues dans la presse suite à l’émergence des variants britanniques et sud-africains.
Ainsi, dans les Echos, Tifenn Clinkemaillié présentait le cas pratiquement unique de la France en Europe
« Les douze millions d’élèves Français sont retournés en classe ce lundi. Alors que l’impact des fêtes sur l’épidémie reste encore incertain, certains parents, syndicats et scientifiques s’inquiètent de cette réouverture. En Europe, la majorité des élèves sont encore à domicile. ». Plusieurs articles en début de semaine reprenaient les recommandations des épidémiologistes et le cas particulier de la France concernant ses écoles. Ils ne condamnaient cependant pas l’immobilisme du ministre...
Lucien Marboeuf fait une excellente analyse de cette situation sur son blog : Je me contente de citer un court extrait (mais je vous encourage à aller lire tout son billet, excellent comme toujours) : « Des journalistes qui ne savent pas, une opinion publique qui ne veut pas savoir (à moins que ce ne soit l’inverse) »

En attendant, dès cette semaine, un cas du variant britannique a été découvert à Bagneux raconte Le Parisien.

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Le dessin de Fabien Crégut


Fermer ?

Des demandes d’ajustements ont été faites dès la fin décembre, notamment par les parents d’élèves. Mais la réponse du gouvernement, et du ministre en particulier est toujours la même : il ne faut pas fermer les écoles.
On le lit encore dans Vousnousils ce mercredi : « Il ne faut pas d’emblée priver les enfants d’école alors que c’est quelque chose d’essentiel, simplement parce que l’on aurait des interrogations qui sont très discutables », a estimé Jean-Michel Blanquer. Syndicats, parents et scientifiques étaient en effet nombreux à s’inquiéter, la semaine dernière, de la réouverture des écoles après les fêtes de fin d’année, et à demander le décalage de la rentrée comme cela a été décidé ailleurs en Europe. ». Je reviendrai sur ce résumé de l’interview sur Europe1 tant c’est un résumé de la pensée blanquérienne sur cette question.
Il l’a d’ailleurs répété aujourd’hui sur RTL.
Peut-on revenir sur cette incapacité à penser autrement que binairement ? Certes, le ministre maintient le système hybride dans les lycées au-delà du 20 janvier (alors que de nombreux lycées sont repassés en 100% présentiel au moins pour les 1ères et terminales en raison de la réforme du lycée et du bac et des craintes concernant les épreuves de mars. Mais il ne semble pas capable, ou refuse d’évoquer d’autres possibilités pour continuer le prof-bashing (ce tas de fainéants qui ne veulent pas bosser).
Pourtant, très peu d’enseignants se résoudraient de bon gré à un nouveau confinement dur, mais, parlez avec eux du protocole renforcé et vous obtiendrez au mieux un hurlement de rire (oui, au mieux...). A ce sujet, la palme de la meilleure ouverture d’article concernant l’éducation revient à Thomas Poupeau dans cet article « Ils n’en attendaient « pas grand-chose »… et ils ont eu raison » (évoquant les syndicats).
Pourtant, cette possibilité des demi-groupes systématiques était évoquée très tôt par les enseignants, mais pas par le ministre.
Et ce, alors même que l’enseignement hybride augmente énormément la charge de travail des enseignants et qu’ils sont tous largement épuisés.

Il serait bon d’examiner, ce que refuse de fait le ministre mais je laisse la parole sur ce sujet à Philippe Watrelot qui a publié ce texte après ma propre rédaction et l’a bien mieux expliqué que je n’avais réussi à le faire.


Yaka

Le principe du Yaka pour la reprise à l’université... ou même le principe du silence complet. Le Premier ministre n’en a pas dit un mot
Dans Libération, Cécile Bourgneuf rappelle que « La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait prévu un retour à l’université pour les étudiants les plus fragiles dès ce lundi. Mais les établissements ont été prévenus trop tard pour s’organiser et prévoient, au mieux, du soutien scolaire. »
N’ayant pas envie de m’apesantir sur un sujet difficile, je vous recommande d’écouter cette émission de RTL, en particulier le passage très parlant de Caroline Muller (un résumé ici en moins de deux minutes. J’ai 96 étudiants cette année, je n’en ai jamais rencontré un seul réellement et cette situation est très pesante pour eux, pour moi aussi. Très déçue une étudiante me disait récemment "mais alors, madame, on ne vous verra jamais ?" car je n’ai cours avec eux que jusqu’en février... Enseigner ne peut se résumer à se parler derrière un écran, quel que soit le temps qualitatif qu’on accorde aux jeunes en-dehors des cours.
Tous les articles sont à l’avenant, dans La Croix c’est Manuel Tunon de Lara, président de la CPU qui parle de perspectives mauvaises car « seuls peuvent être accueillis pour l’instant, par groupe de dix, des étudiants de première année guettés par le décrochage. La reprise des cours attendra, déplore-t-il, pour l’immense majorité des étudiants, même si beaucoup « vont mal » psychiquement. »
Dans Le MondeSoazig Le Nevé a recontré François Germinet, président de Cergy-Paris Université (et ex-président du CPU), qui a le même discours.


Laïcité

Laïcité : un enseignant pris à partie dans un collège de Lyon, ses collègues en grève
“Un professeur d’histoire-géographie du collège des Battières, à Lyon 5e, a été pris à partie par un parent après un cours traitant de la laïcité. Il doit aujourd’hui quitter son établissement. Ses collègues ont débrayé ce lundi 4 janvier. Ils dénoncent le fait que le rectorat n’ait pas réglé le problème.”

Éducation Un collège lyonnais en grève pour défendre la laïcité par Olivier Chartrain.
“Le 9 novembre 2020, un professeur d’histoire-géographie du collège des Battières, à Lyon (Rhône), est pris à partie par un parent d’élève qui remet en cause le contenu d’un cours sur la laïcité. Reçus au collège, les parents refusent de s’excuser. L’enseignant porte plainte pour diffamation, le 13 novembre, et reçoit la protection ­juridique” Cet article est réservé aux abonnés

Lyon. Le professeur pris à partie par un parent d’élève après un cours sur la laïcité veut changer de métier
“Un professeur d’histoire-géographie avait été pris à partie devant un collège de Lyon (Rhône) en novembre dernier après un cours sur la laïcité. Une plainte pour diffamation avait été déposée (classée sans suite) et parent d’élève avait été auditionné par la police. Les collègues de l’enseignant s’étaient mis en grève lundi 4 et mardi 5 janvier, réclamant une action du rectorat. Le professeur a de son côté décidé de changer de métier, selon les médias lyonnais.”

Suite à une enquête sur la laïcité à l’école : « La pression sur les enseignants, au nom de revendications religieuses, semble s’étendre, confirme Iannis Roder, directeur de l’Observatoire de l’éducation à la Fondation Jean-Jaurès qui a commandé l’enquête. Il appelle les personnels de direction à soutenir les enseignants. »
Le même sondage affirme que 49%des enseignants se seraient déjà autocensurés sur ce sujet.
Le dossier de CharlieHebdo, Yannick Haenel raconte : « J’ai été professeur pendant plus de quinze ans. Ça a commencé au début des années 1990. J’étais fou de littérature, mon enthousiasme débordait, j’avais la vocation. À 21 ans, j’ai passé le Capes et l’agrégation de lettres modernes  ; j’ai eu les deux. Je me suis retrouvé, un mois et demi plus tard, sans préparation, face à une classe d’un lycée d’Orvault, dans la banlieue nantaise. Les élèves avaient 17 ans, quatre ans à peine nous séparaient, mon enthousiasme était contagieux. Puis, après cette année de stage, j’ai été muté en banlieue parisienne où j’ai enseigné dans des collèges, en ZEP (zone d’éducation prioritaire), à Villiers-le-Bel, Argenteuil, Louvres et dans bien d’autres villes encore du Val-d’Oise, ainsi qu’à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. »
Ce dossier mentionne aussi la nécessité d’aider les enseignants à maitriser des méthodes pour aider les enfants à distinguer croire et savoir. Il évite aussi l’écueil de reprendre un certain nombre de questions hors sujet du sondage IFOP, notamment il ne reprend pas celle sur les absences d’enfants à l’école pour cause de fêtes religieuses, absences parfaitement légitimes (relire la loi de 1905 semble nécessaire).
Dans Regard, l’enquête est relativisée par la sociologue Françoise Lantheaume
à voir ici en vidéo qui rappelle que cette enquête avec un petit échantillon est contredite par la plupart des enquêtes quantitatives et qualitatives sur ce sujet. A croire que tous les territoires de la République ne sont pas tant perdus...
Morceaux choisis : « ça n’a pas beaucoup de sens de demander aux enseignants s’ils ont quelque chose à signaler sur l’ensemble de leur carrière. Ce qui serait étonnant c’est qu’il n’ait rien à signaler - d’autant qu’on ne sait pas ce qu’il y a derrière ce que les enseignants signalent. » ; «  Il faudrait déjà savoir quels sont les enseignants qui se sont autocensurés. Ce sont souvent les plus jeunes enseignants. Ça converge avec un résultat d’une enquête qualitative - sur les religions en milieu scolaire - que nous menons depuis cinq ans. », ce qui est évoqué aussi dans le dossier (que je recommande vraiment) de Charlie mentionnant les réactions inquiétantes d’étudiants se destinant au professorat qui ne comprennent pas que l’on puisse critiquer la religion.
«  Ce sondage s’intéresse aux ressentis, aux représentations, notre enquête s’intéresse aux situations réelles. »

Sur ce sujet, plusieurs articles à signaler et lire :
Dans Le Monde, Mattea Battaglia réfléchir aux« cours de récréation, la question des religions à hauteur d’enfant. Le sujet, au cœur des débats publics avec le projet de loi « confortant les principes républicains », s’impose aussi dans les conversations d’enfants et d’adolescents. En quels termes ? Et pour dire quoi ? » « Et moi, si je crois en rien, est-ce que je ne suis rien ? » Quand Alain Talleu, enseignant à Bailleul (Nord), a entendu cette question parmi ses élèves de CM1-CM2, il a mis un point d’honneur à s’en saisir. « Tu ne crois pas en l’existence du Dieu des chrétiens, ni dans le Dieu des musulmans ou des juifs, mais tu n’es pas rien pour autant : simplement, tu n’es pas un croyant.  »Laurent Klein, l’un des enseignants de cet article signe le même jour une tribune réclamant un enseignement du fait religieux à l’école.

Claude Lelièvre s’interroge sur la loi séparatismes, pardon "principes républicains" et la défense des enseignements laïques. « Pour ce qui concerne les questions scolaires, le projet de loi contre « le séparatisme », rebaptisé projet de loi « confortant les principes républicains », est nettement dominé par les préoccupations d’ordre sécuritaire. » Une belle mise en perspective, avec de nombreux rappels.

Emilie Kochert, qui vous souhaite une bonne année, malgré l’impression d’un remake apocalyptique de 2020, allez, février sera meilleur...

La revue de presse des Cahiers pédagogiques évolue ! Aujourd’hui, on trouve facilement des tas d’articles en ligne, qui circulent et s’échangent notamment sur les réseaux sociaux. Nous avons donc pensé que ce que nous pouvions vous apporter, c’était autre chose, soit le recul et le temps du commentaire, en proposant une revue de presse hebdomadaire, plus hiérarchisée, plus sélectionnée et largement commentée, toujours, bien sûr, sous l’angle des questions éducatives.

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L’égalité scolaire, un enjeu de survie pour la démocratie... (Vidéos)

10 Janvier 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

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Comment le ministre Blanquer peut-il encore mentir sur la situation sanitaire dans les écoles ?

10 Janvier 2021 , Rédigé par France Info - L'Instit Humeurs Publié dans #Education

Comment le ministre Blanquer peut-il encore mentir sur la situation sanitaire dans les écoles ?

EXTRAIT

JM Blanquer a fait sa rentrée médiatique cette semaine, sur la même ligne que celle tenue avant les vacances de Noël : les chiffres du Covid-19 à l’école sont bas, grâce à un protocole sanitaire renforcé. Des informations erronées, infirmées avant les vacances par plusieurs médias, mais cela n’empêche pas le ministre d’en faire la base de sa communication, à l’appui de la politique gouvernementale.

Des chiffres mensongers démasqués par les médias fin novembre

Après deux semaines d’un silence radio tout à fait inhabituel pour lui, on a retrouvé début janvier notre ministre exactement tel qu’on l’avait laissé mi-décembre :

« Nous avons demain une rentrée selon le protocole sanitaire renforcé que nous avons, qui un protocole sanitaire qui a fait ses preuves, je rappelle qu’avant les vacances de Noël nous avions un taux de contamination qui était de l’ordre de 0,03 % » (BFMTFV le 3 janvier)

C’est peu dire qu’on est nombreux à avoir été surpris, voire stupéfaits, par les chiffres donnés par le ministre : ce sont les mêmes que ceux annoncés en novembre et que plusieurs médias, notamment Libération et Le Monde, avaient "débunkés" afin de rétablir la vérité : les chiffres officiels du ministère étaient jusqu’à 20 fois inférieurs à celui de Santé Publique France dans certaines Académies ! Pire, quand les chiffres de l’EN ne montraient aucune évolution, ceux de SPF indiquaient clairement une nette augmentation à partir de la Toussaint (pour exemple, quand la région Auvergne Rhône Alpes a décidé de tester massivement dans les lycées, le taux de positivité est monté à 5%, 16 fois plus que le taux du ministre…). Le site AEF avait publié cette infographie montrant à quel point les données du ministère étaient éloignés de la réalité.

 

 

Une fois de plus, il s’agit pour JMB de minimiser la circulation du virus dans les écoles car, le premier ministre Castex l’a dit clairement : « Il faut que la situation soit gravissime pour fermer les écoles ». Je connais peu d’enseignants qui souhaitent la fermeture des écoles, cela signifierait des cours en distanciel et franchement, on préfère avoir nos élèves en face de nous ; en revanche je connais beaucoup d’enseignants qui aimeraient qu’on arrête de dire que tout va bien madame la Marquise.

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L’opinion publique n’y connait rien et ne veut pas savoir

Du côté du grand public, on ne connait rien aux dossiers de l’école non plus, et on n’a pas de raison de douter de la parole d’un ministre a priori. Le quidam, dans son canapé, écoute JMB lui dire que le taux de positifs à l’école est faible, 0,3% c’est précis, ça a l’air très vrai comme chiffre, on peut passer à autre chose, sans transition un reportage sur la neige en Espagne. La majorité des auditeurs / téléspectateurs n’aura pas accès aux vrais chiffres, parce qu’elle ne va pas les chercher, ne s’informe que mollement, et surtout n’en a pas vraiment envie, en réalité, l’école, elle s’en fout un peu, il lui suffit de comprendre que rien d’inquiétant ne s’y passe – et c’est ce que lui dit le ministre.

C’est un peu la même chose chez les parents d’élèves : certes ils s’intéressent naturellement plus à la réalité de l’école, c’est vrai certains sont sceptiques, s’interrogent, s’informent mieux, mais la grande majorité dispose des mêmes éléments que les autres. Et, sans doute, eux ont plus encore intérêt à croire que l’école n’est pas un lieu de risque pour leur progéniture, cela voudrait dire que leur marmaille n’a rien à y faire et, accessoirement, qu’il faut la garder (le confinement de mars-avril en a quand même traumatisé plus d’un, je sais de quoi je parle, si je n’ai pas adoré ça en tant que prof j’ai encore moins aimé en tant que parent, occuper la petite dernière de 2 ans ½ toute la journée, avec le boulot, ça a été long, très long, et pourtant j’aime infiniment ma fille).

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Ce même jeudi, on apprenait que le taux de positivité chez les 0-9 ans était monté à 10,3%, celui des 10-19 ans à 9,5%, bien au-dessus de la moyenne tous âges confondus (6,8%).

D’après une étude britannique, les 12-16 ans seraient sept fois plus susceptibles que les adultes d’être la première personne contaminée au sein d’un foyer ; le plus souvent, ce serait donc l’adolescent qui contaminerait les autres personnes de la maison.

Enfin, toujours jeudi, on apprenait que deux clusters du variant anglais avaient été identifiés. L’un d’eux concerne deux écoles de Bagneux (92).

Lucien Marboeuf

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Le billet complet - passionnant comme toujours - est à lire en cliquant ci-dessous

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Comment les élèves interprètent-ils les écarts de réussite en classe ?

10 Janvier 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

Comment les élèves interprètent-ils les écarts de réussite en classe ?

EXTRAIT

Léa, Nina et Jules sont en CP depuis déjà 2 mois. Aujourd’hui, leur maîtresse leur annonce qu’ils vont découvrir un nouveau son. La maîtresse écrit au tableau la lettre « s », se retourne et demande aux enfants « Quel son fait cette lettre ? ». Aussitôt, une petite main se lève. C’est celle de Léa. Elle est bien vite suivie de trois autres mains.

Nina et Jules, qui ne connaissent pas la réponse, se retournent en voyant ces mains se lever. Ils espèrent ne pas être les seuls dans ce cas. La maîtresse interroge Léa qui connaît déjà le son de toutes les lettres. Elle donne la réponse attendue par la maîtresse qui lui sourit et la félicite : « C’est très bien ! ». De leur côté, Nina et Jules se demandent bien comment fait Léa pour toujours connaître les bonnes réponses. Pourquoi eux n’y arrivent-ils pas ?

Comme dans cet exemple, les contextes de classe mettent en évidence de nombreuses différences entre les enfants. Cela peut concerner les résultats aux devoirs et contrôles, la rapidité et la facilité avec lesquelles les enfants exécutent diverses tâches, leurs préférences pour certains domaines scolaires, la façon dont ils parlent, dont ils sont habillés, etc.

Mais comment les élèves interprètent-ils ces différences qui sont données à voir quotidiennement ? Répondre à cette question est fondamental puisque de nombreuses recherches en psychologie montrent aujourd’hui que la façon dont les élèves expliquent ces différences a des conséquences importantes sur la motivation, les performances scolaires et la construction des inégalités.

Biais cognitifs et culturels

De nombreuses recherchent suggèrent que le regard des enfants sur les différences qu’ils observent dans la classe est biaisé. Ils ont tendance à expliquer les écarts par des caractéristiques internes des personnes (comme leur intelligence ou leur motivation), plutôt que par des causes externes ou situationnelles (telles que les stéréotypes, les pratiques éducatives parentales).

Ce biais (inherence bias) est dû à une combinaison de choses. Tout d’abord, il est favorisé par les propriétés du système cognitif, notamment le fonctionnement du système attentionnel et de la mémoire. Par exemple, comparés à des facteurs tels que l’origine sociale, les facteurs intrinsèques sont plus saillants et observables – ils viennent à l’esprit plus facilement et ils sont plus simples à mémoriser.

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Sébastien Goudeau

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